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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-05-08, Collections de BAnQ.

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L E I) E V OIK, L E S S A M EDI 8 ET D I M A N C 11 E !) M A I 199 9 ?LE DEVOIR ?Lettres québécoises Page D 3 La chronique de Robert Lalonde Page D 4 Le feuilleton Page D 5 Littérature française Page D 6 Essais québécois Page D 7 Littérature jeunesse Page D 8 La vie littéraire Page D 9 Formes Page D 10 ?LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Enfants, s’abstenir! L’héritage des frères Grimm nous est donné avec son lot de méchanceté et de cruauté qui prend sa source dans les traditions orales.Aujourd’hui encore, les tenants de la rectitude politique trouveront dans ces contes matière à redire.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le pire de Grimm: violence, cannibalisme, cruauté, la version non expurgée de Cendrillon et autres contes.réservés aux adultes», annonce avec un noir sensationnalisme le dossier de presse.On croirait entendre un bonimen-teur alléchant le client à la porte d’un club sadomaso.De quoi, on en conviendra, mettre l’eau à la bouche du pervers tapi dans le cœur de chacun de nous.Car les contes de fée façon Charles Perrault, c’est bien beau, mais décidément trop joli pour être honnête, édulcoré, aseptisé.On se doutait bien qu’il avait enjolivé le portrait des Cendrillon, Blanche-Neige et compagnie, ce Perrault-là.Pas étonnant que Disney se soit inspiré de ses histoires pour faire ses animations guimauve.Ce n’est pas aux frères Jacob et Wilhelm Grimm qu’il aurait voulu puiser.Ces Allemands-là ne buvaient pas du petit lait «Politically incorrect», voire suspects, souvent violents, leurs contes à eux, tirés pourtant de la même tradition orale qui circulait de pays en pays en changeant de langue et de version.Et pourtant.dès les premières parutions en 1823 des Contes de l’enfance et du foyer, les frères Grimm ont dû expurger quelques outrances, histoire du moins d’écarter les références sexuelles et les scènes d’inceste, à défaut des épisodes sanglants qui captivaient les jeunes lecteurs.Une version non expurgée Et voici donc, classée XXX, que la version non expurgée des contes recueillis à quatre mains nous est livrée.«Le présent recueil souligne leur côté noir et présente à un public adulte des contes marqués par des scènes d’une épouvantable violence, par des retournements saisissants, explique en préface Maria Tatar.Et d’évoquer les descriptions d’inceste, de meurtre, de mutilation et de cannibalisme remplissant les pages de ces histoires qu’on raconte aux enfants avant leur dodo.Et faites de beaux rêves avec ça.Précisons que l’ouvrage est fort joli, avec gravures et illustrations superbes et terrifiantes.Voici un fort esthétique voyage à travers 19 contes cruels.Prenons Cendrillon, par exemple.Là où Charles Perrault, suivi de Disney, clôturait son histoire par une édifiante scène de réconciliation entre la belle et ses méchantes sœurs, nulle pitié pour elles dans la version Grimm.Aux noces de Cendrillon, des colombes s’empressent de crever les yeux des deux vilaines.Plus horrible encore sera le châtiment réservé à la mauvaise servante d’une princesse dans La Gardeuse d’oies.La voilà jetée entièrement nue dans un tonneau hérissé de clous pointus à l’intérieur et traînée à travers rues par deux chevaux blancs jusqu’à ce que mort s’ensuive.Douloureux, ça! Côté mœurs, ça swingue allègrement.Rainponce, la jeune fille aux VOIR PAGE D 2: GRIMM ' .Il est médecin.Son roman-brulôt parle de médecine.Avec La Maladie de Sachs, Martin Winckler a remporté l’an dernier le prix France-Inter.ROBERT CHARTRAND Foisonnant, déroutant au départ, ce gros roman dans lequel Martin Winckler fait tenir des destins entiers, ceux de petites gens pour la plupart, un peu à la manière de Georges Pérec dans La Vie mode d’emploi, que Winckler avait dévoré en 1978 et dont le nom de plume rappelle celui de Gaspard Winckler, ce personnage de Pérec.Qui parle, se demande-t-on en lisant les premières pages de La Maladie de Sachs?Le docteur Bruno Sachs, bien sûr, mais aussi ses patients, sa secrétaire.«Comme lecteur ou comme spectateur, j’aime les formes complexes, les narrations superposées qu’on peut retrouver dans certaines séries télévisées ou dans des romans de science-fiction, je pense en particulier à ceux de John Brunner, très construits, qui extrapolent sur des problèmes actuels: surpopulation, pollution, explosion de l’informatique.» Mais Martin Winckler a fait en sorte que, la première surprise passée, on s’y retrouve aisément.La Maladie de Sachs est un roman polyphonique parfaitement maîtrisé.Ces structures narratives complexes ne sont-elles pas plus répandues dans le monde anglo-saxon?«Je le pense, oui.Je suis influencé par la littérature anglo-saxonne dans la forme -— j'ai d’ailleurs traduit plusieurs livres de l’anglais —, mais pas dans l’écriture ni dans la syntaxe.Par exemple, je me refuse à employer une langue parasitée par le vocabulaire courant, et notamment des termes anglais.Je la parle comme tout le monde, mais je me refuse à l'écrire.» Autobiographique Roman autobiographique, La Maladie de Sachs, dont le personnage principal est médecin comme Martin Winckler lui-même?C’est, en tout cas, un livre très personnel, tout entier nourri de sa propre vie.«Bien sûr, le livre est pétri de mon expérience personnelle.Les anecdotes sont parfois inventées; quant à VOIR PAGE D 2: WINCKLER Notre époque appartient-elle aux media ?Variations sur un rapt annoncé.LIBERTÉ 242 avril 1999 140 pages 6$ f LE DEVOIR.LES SA M EDI 8 ET DI M A N C H E !) M AI I il !) 9 Livres WINCKLER «La douleur a raison contre le médecin» , SUITE DE LA PAGE D 1 ceîfes qui sont authentiques, je les ai réorganisées pour faire sens.Certaines, plus prégnantes, ont résonné en-moi de façon extrêmement vive.» La chose est frappante, en effet: on, sent, dans les paroles et les pensées des personnages, un poids de vécu qui ne trompe pas.«Mais ce poids n'est pas que le mien.Quelqu’un m'a fait remarquer que mon livre était celui qu’on aurait attendu d’un homme plus âgé — j’ai 44 ans: c’est que je suis l’héritier de ^expérience de mon père, qui était médecin lui aussi, et de maîtres qui m’ont beaucoup appris.» Martin Winckler se souvient d’avoir dit un jour à un patient qui se disait très souffrant: «Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop?» Son père, à qui il avait raconté la scène, lui avait alors lancé: «Tu n’as jamais le droit de dire ça.La douleur a rai-spfi contre le médecin.Tu n’as pas à Ifi; nier ou à en douter.Tu dois d’abord le soulager et après tu pourras discuter avec lui.» Martin \Vinckler n’a jamais oublié la leçon.«Mon père m’avait parlé sur un ton qui voulait dire: si tu ne peux pas çnmprendre ça, alors tu ne peux pas soigner.» .Dans le cabinet du docteur Sachs, comme sans doute dans celui qu’a tenu Martin Winckler pendant douze ans dans la région du Mans, les patients s’amènent avec leurs petits bDbos, leurs malaises plus ou moins précis.Parfois, ils commencent par parler de leur travail ou de leurs difficultés de couple, ou encore de la maladie d’un proche, comme s’ils venaient consulter à sa place.«J’ai aussi appris cela, au fil de ma propre pratique: souvent, la demande apparente d’un patient n’est pas la vraie, c'est-à-dire que le symptôme JACQUES GRENIER LE DEVOIR Martin Winckler qu’il apporte au médecin est un prétexte, au double sens du terme: à la fois vague raison et pré-texte.Bref, une façon d’entrer en contact.C’est une accroche, comme les auteurs en mettent au début d’un suspense.Elle est signifiante, mais le soignant intelligent doit la prendre comme telle; il doit la déposer, mais sans l’oublier.Dans la région où j’exerçais, celui qui allait voir le médecin se devait d’avoir une maladie.Mais au bout de quelques années, comme les gens avaient appris à me connaître, ils savaient qu’ils pouvaient venir me parler sans me présenter d’abord une maladie.Ça permettait de gagner beaucoup de temps!» Martin Winckler fait tenir au doc- • • ( PALMARÈS de nos cinq suceurs* Ventes du 28 au 4 mai 19Ç lleS | )9 ” I 1 1 NOMBRE DE SEMAINES | .f 1 DEPUIS LEUR PARUTION : i 2 BOGRAPH La prisonnière M.Oufklr Grasset ; 2 4 SANTÉ Je mange, je maigris et je reste mince! M.Monttgnac Flammarion : 3 1 ROMAN Une veuve de papier John Irving Seuil ; 4 28 ROMAN Q.La petite fille qui aimait trop les allumettes • Gaëtan Soucy Boréal 5 1 THRILLER L'associé John Grisham R.Laffont ; 6 6 ESSAI Passage obligé Charles Slrols Homme : 7 12 ROMAN Q.Le pari * D.Demers Q.Amérique 8~ 3 THRILLER Babylon babies M.G.Dantec Gallimard 9 8 ESSAI L'ingratitude V Flnklelkraut Q.Amérique 10 7 SPIRITU.L’art du bonheur Dalaï-Lama R.Laflont *1 5 ESSAI Les bœufs sont lents mais la terre est patiente P.Falardeau VLB R 13 ROMAN Aux fruits de la passion D.Pennac Gallimard 13 29 SANTÉ Recettes et menus santé M.Montlgnac Trustar 14 11 ROMANO.Taxi pour la liberté G.Gougeon Libre Expr.15 12 ROMAN Geisha A.Golden Lattes 16 9 B.D.Agrippine et l'ancétre C.Bretecher Bretecher 17 15 ROMAN La maladie de Sachs « M.Winckler POL 18 49 ROMAN Q.Maître Eckhart » J.Bedard Stock 19 99 CUISINE Pinardises : recettes & propos D.Pinard Boréal 20 8 ESSAI Q.400 capsules linguistiques G.Bertrand Lanctôt 21 18 PSYCHO.L'ogre intérieur C.Olivier Fayard 22 99 SPIRITU.Conversation avec Dieu T.01 * N.Walsch Ariane 23 13 ROMAN L'équilibre du monde R.Mlstry Al.Michel 24 5 ROMAN Q.Les trois premiers coups P.Légaré Stanké ' 25 37 ROMAN Sous le soleil de Toscane « F.Mayes Quai Voltaire ! 26 ! 33 ROMAN Les particules élémentaires M.Houellebecq Flammarion ¦27 12 PSYCHO.La force du désir W.Paslnl O.Jacob ! 28 22 SPIRITU.Manuel du guerrier de la lumière P.Coelho Carrière ! 29 99 ROMAN Q.Pauline Harvey Herbes Rouges ! 30 61 roman Océan mer » A.Barlcco Al.Michel : 31 2 ESSAI L-B Robi ta il le Robert Davies : 32 99 ESSAI Contrôler ou influencer William Glasser Logiques : 33 15 B.D.Tintin au pays des soviets Hergé Casterman :34 6 FLORE Jardins d'ombre et de lumière A.Mondor Homme ! 35 5 CUISINE La cuisine de Marguerite M.Duras Benoit Jacob ; 36 12 GUIDE Gîtes du passant du Québec '99 Collectlt Ulysse : 37 13 SPIRITU.Conversation avec Dieu T.03 N.Walsch Ariane ;38_ 45 ROMAN L'empreinte de l'ange t Nancy Huston Leméac/A-Sud ; 39 1 1 12 ROMAN Manuel de chasse et de pêche à l’usage des jeunes filles Melissa Bank Rivages ! 40 3 B.D.Jim Davis Paws ’ 41 24 SANTÉ Ménopause, nutrition et santé Lambert Lagacé Homme : 42 99 ESOTÉR.La magie blanche E-P Sperandlo Québécor : 43" 4 SPIRITU.PemaChodron Table Ronde .44 15 ESSAI Lettre à un français qui veut émigrer au Québec Carl Dubuc Boréal ¦ 45 99 ROMAN Philippe Deletm Arpenteur I V : Coups de coeur Renaud-Bray .1* semaine sur notre liste Montréal Extérieur (514) 342-2815 1-888-746-2283 www.renaud-bray.com Av.Parc • C-d-Neiges • Ste-Cath.• St-Denis • Brossard 276-7651 .342-1515 • 876-9119 .499-3656 • 443-5350 1 m teur Sachs des propos souvent cinglants à l’endroit du corps médical: ces médecins qui soignent des maladies, et non des malades, sont traités de kapos, voire de grands Mengele! «Les médecins français sont surtout formés à faire le diagnostic des maladies, qu’ils font entrer dans de petites cases.Ce qui n’y entre pas est considéré comme nul et non avenu, ou comme parasite.Une telle attitude me hérisse.Tout ce que le patient apporte doit être pris en compte, de manière à ce que cela fasse sens.» Morphine Par ailleurs, le médecin doit trouver une solution immédiate aux difficultés de ses patients.11 est tenu, notamment, de soulager sa douleur: le docteur Sachs, lui, administre sans réticence de la morphine à ses patients, ce qui fait sourciller le pharmacien du coin.«On peut soulager instantanément la douleur dans 95 % des cas avec des antalgiques.Il n’y a pas à tergiverser là-dessus.Ce qui est important pour le soignant, c’est de prendre en compte l’immédiateté de la douleur.Et de bien entendre que la personne qui vient le voir ne le fait pas par désœuvrement: elle souffre réellement, pour mille raisons.C’est notamment de cela que je voulais rendre compte dans mon roman: un médecin généraliste — un médecin de famille, si on veut —, lorsqu’il èst mis en présence des gens, se trouve devant cet antagonisme entre sa formation — qui est théorique, arbitraire, terroriste, tyrannique, y compris pour lui-même — et la réalité des gens qui n’est pas réductible à cette formation.Il doit faire face à cet antagonisme avec intégrité, et au besoin dire merde aux règles!» Cette attention et cette écoute indispensables ne sont plus répandues dans les campagnes, où pourtant on se connaît mieux, où on a le temps.Selon Martin Winckler, il y a des médecins de quartier dans les grandes villes qui ont cette relation, qui est d’abord affaire d’attitude du soignant.Car comme le dit un personnage du livre: «Pour être un bon soignant, il faut être patient.» Winckler, pas plus que son personnage du docteur Sachs, n’en a contre ses confrères, mais plutôt contre l’institution, la profession qu’il trouve rétrograde.«Et rigide.Inhumaine.Corporatiste.Méprisante.Ce que je déteste le plus, c’est leur morgue — et j’utilise le mot sciemment.Pour la profession, les gens sont des tas de chair qu’ils touchent avec des gants.Rendez-vous compte: jusqu’à la fin du siècle dernier, les médecins faisaient des examens gynécologiques avec des gants de ville; et après avoir disséqué des cadavres! D’où les épidémies de fièvre puerpérale.C’est un médecin d’origine hongroise, Semmelweis, sur qui Louis-Ferdinand Céline a fait sa thèse de doctorat, qui a eu l’intuition géniale d’exiger des étudiants qu’ils se lavent les mains avant d’examiner leurs patientes.» Caste Martin Winckler reconnaît que plusieurs de ses confrères sont de vrais soignants.«Mon problème, ce sont les 80 % de services qui ne marchent pas, et non les 20 % où ça marche bien.Ces médecins qui font leur boulot sont la norme.Et on n’a pas à féliciter la norme.Mais le corps médical, que j’ose appeler le cadavre médical français, est une caste abominable qui s’autoreproduit dans les facultés.J’ai d’ailleurs réclamé publiquement l’abolition du Conseil de l’ordre des médecins, qui a le statut d’une juridiction d’exception et n’est là que pour défendre ses membres contre les patients.» Paru en février de l’an dernier, La Maladie de Sachs a dès le départ été un succès public avant de remporter le prix France-Inter en mai.«C’est un prix magnifique, attribué par des lecteurs et des critiques de toutes les régions.C’est le plus représentatif des Français qui lisent, contrairement aux gros prix qui sont annexés aux nécessités économiques des grandes maisons d’édition, qui téléguident les choix des jurés.» Ce prix a offert à Martin Winckler une tribune privilégiée qui lui permet de continuer à dénoncer l’inhumanité de la profession médicale officielle.Celle-ci, d’ailleurs, n’a pas cru bon de réagir au roman et aux propos vitrioliques de son auteur.«Je crois qu’effectivement, ils préfèrent se taire.Car s’ils essayaient de me contredire, il y a un tel mouvement de sympathie pour le roman qu’ils se feraient vite rabrouer.Imaginez: depuis un an et demi, il n’y a pas eu une seule ligne sur mon livre dans le périodique officiel des médecins de France.C’est extraordinaire! Il y a là une reconnaissance implicite que je trouve absolument fabuleuse.» N’est-il pas révélateur, comme il est dit dans le roman de Martin Winckler, que la profession ne daigne jamais donner aux maladies des noms de patients qui en sont affligés?Martin Winckler, lui, a eu l’heureuse idée d’attribuer à ses personnages des noms d’écrivains: ils s’appellent Cocteau, Daudet, etc.Ces patients qu’il a écoutés et soignés, il leur a donné la parole dans son roman-brûlot: ils en sont les auteurs, eux aussi.LA MALADIE DE SACHS Martin Winckler P.O.L., Paris, 1998,478 pages U Les Corbeaux tel qu’illustré par Tracy Arah Dockray.GRIMM SOURCE l’RE AUX CLERCS SUITE DE LA PAGE D 1 longs cheveux qui faisait monter son amoureux au haut de sa tour en le hissant avec ses tresses, s’envoie en l’air dans la version Grimm avant de devenir enceinte, épisode qui fut dès la seconde version expurgé de toute passion sexuelle.Jeune fille aux mains coupées par son père, fiancé déterminé à couper le corps de sa promise en petits morceaux pour mieux la saler et la manger, la cruauté s’étale quand l’inceste n’en prend pas le relais.Dans Mille-pelages un roi veuf convoite sa propre fille, forcée à fuir ses désirs en se déguisant en servante.D’autres contes troublent à un autre niveau, tel le très court L’Enfant têtue, dans lequel une petite fille désobéissante meurt puis tend son petit bras de façon à ce qu’on ne puisse l’ensevelir.La maman devra se rendre dans la tombe pour donner un coup de baguette au bras récalcitrant.C’est ici tout le drame d’une mortalité infantile endémique, à une époque où les épidémies fleurissaient, qui surgit à travers cette histoire.Contes cruels peut-être, mais qui viennent faire écho aux siècles plus cruels encore dans lesquels ils s’inséraient.La Mort de la petite poule en témoigne, qui ne sera que succession de décès jusqu’au trépas du dernier témoin.«Et cui, MI1I1H1 La petite fille qui aimait trop les allumettes.«Un romancier exceptionnel et extraordinaire, [,.] une œuvre qui le situe tout naturellement parmi les plus grands écrivains québécois.» RÉGINALD MARTEL • La Presse « Gaétan Soucy s’impose aujourd’hui parmi les meilleurs romanciers d’expression française et, sans doute, la plus incontestable révélation de ces dernières années.» PIERRE LEPAPE • Le Monde 182 PAGES • 19,95 $ à Boréal TJ Qui m’aime me lise.cui, cui, mon histoire est finie», comme aurait dit Tante Lucille.Famines, misère, maumariées, guerres sanglantes entre belles-mères et brus; tout ce qui tapissait la vie des paysans s’empressait de devenir conte en de dérisoires tentatives de conjurer un méchant sort qui collait à leur destin.«Nous savons maintenant que ces histoires rassemblées au XIX' siècle dans les anthologies de contes populaires prennent leur source dans une culture paysanne irrévérencieuse qui s’oppose consciemment à la classe dirigeante de la féodalité», explique Maria Tatar.Transposer ses frustrations dans le royaume du conte', c’est se venger des nantis, mais c’est aussi pouvoir rêver de richesse, de réussite et de pouvoir.Aujourd’hui, le cinéma offre un même exutoire en forme de romances de riches et célèbres comme à travers force films d’horreur.L’héritage des frères Grimm est parmi nous.CONTES CRUELS Les frères Grimm Préface de Mara Tatar 111.de Tracy Arah Dockray Traduction de l’anglais par Jacques Martinache Le Pré aux clercs, Paris, 1998, LIVRES PRATIQUES Détection et prévention SUICIDE MODES DE PRÉVENTION Viviane Janouin-Benanti Isabelle Quentin éditeur Montréal, 1999, 204 pages Cet ouvrage écrit par une chercheuse française multidisciplinaire, qui a fait un séjour de plus eje six mois au Canada et aux Etats-Unis, propose des processus relationnels de détection et de prévention du suicide destinés à l’entourage de personnes vulnérables, en danger de suicide.Ce livre ariî-ve à son heure puisque le Québec, avec ses 1500 suicides par année, dont 1200 chez les hommes, détient le record de toutes les provinces canadiennes.Des geste simples peuvent faire la différence, affirme l’auteure, qui nous suggère ici des façons de faire, convaincue qu’il peut toujours en être autrement.Renée Roman Le Centre Communautaire Juif présente pour une seule et unique conférence à Montréal Mardi 11 mai 1999 - 20h00 Salle Sinaï - 5480, avenue Westbury - 735-7474 MAREK HALTER «JÉRUSALEM, CARREFOUR DES RELIGIONS» Défenseur des droits de l’homme et de la paix au Proche-Orient, Marek Halter vient à Montréal présenter son dernier ouvrage, Les mystères de Jérusalem, publié aux Editions Robert Laffont.1 % 4* I.K 1) K V OIK.I.K S S A M K 1) I 8 K T DI M A X (' Il E il M Al I il il il -w Livres »- LETTRES QUÉBÉCOISES Vie de chien, vie de château binaire coeur [H0\L\ISI La cour intérieure Ijustc/i/tTiiènh Marc Dauphin » André Croteau Lr5*mT-5gira — Il ne faudra pas tuer Madeleine \ encore une fois RÉMONIt ANGES Boréal Qui m'aime me lise.Lectures üe Roland Giguère, Louise Dupré, Pierre Ouellet et Yves Préfontaine Vendredi 14 mai, de 17 h à 19 h Lectures de Robbert Fortin, Tony Tremblay, Stéphane Surprenant et Claude Péloquin Vendredi 21 mai, de 17 h à 19 h LES 5 À SOUHAITS À l'heure de l’apéro, des 5 à 7 littéraires animés par le poète José Acquelin, en présence des musiciens Pierre St-Jak et Normand Gulbeault PRIX DES LIBRAIRES 1999 344 PAGES • 25,95 $ MARIE LABERGE La Cérémonie aives ROMAN « La Cérémonie des anges nous remue.Au-delà de la mort, le roman parle de la foree sauvage de la vie, de la pérennité du bonheur, de l’essence de l’amour.» LISE LACHANCE • Le Soleil « Le cinquième roman de Marie Laberge résonne comme un éloge de la passion.La passion d’aimer, de vivre intensément, sans demi-mesures.» MARIE LABRECQUE • Voir Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal H2L3Z5 l’union OEf ECELfVA/NEÇ ET éCtLlVA INÇ QM^RÉCOlÇ PB.êfENTÉ Lectures de Jean-Marc Fréchette, Martine Audet, Patrick Lafontaine et Monique Deland paN /3 Ville de Montreal dé I» CuftW» LK DEVOIR surtout ce pauvre James James, si malchanceux ou malheureux en amour, une vraie vie de chien.Il ne faudra pas tuer Madeleine encore une fois est aussi un récit amoureux, en prime.Et Guy Lalancette est, dès ce premier roman, un jongleur maître de son art.Frissons et manoir Après Insulaires, un recueil de nouvelles «gothiques» remarquablement réussies qui avait paru en 1996, on pouvait attendre du premier roman de Cliristiane Lahaie qu’il nous procure des frissons de la même qualité, d’autant que le décor de La Cour intérieure y est tout à fait propice: l’histoire, en effet, se déroule pour l’essentiel dans un manoir anglais, propriété d’un chanteur rock vieillissant, Jason Mallory, qui a entrepris une ultime tournée de spectacles à travers le monde.Pendant son absence, une jeune fille est engagée comme «liouse-sitter»; ünda Sorrento va donc habiter la demeure de la vedette et, par désœuvrement, inviter ses amis à venir lui tenir compagnie.Ce sera, pour eux tous, la vie de château à peu de frais.Ces jeunes gens sont bien sous tous rapports.Ils ont fait des études et paraissent plutôt sympathiques.Seule Michelle Lyons a un profil quelque peu inquiétant: troublante et troublée, elle s’amuse à séduire les garçons puis les laisse tomber; et elle semble être anorexique.Il y a entre elle et Linda Sorrento une vieille animosité, mais rien qui puisse mener à des horreurs.C’est donc du manoir que doivent venir le danger et, éventuellement, la peur et le mal.D’une chambre condamnée, par exemple, ou d’un vitrail dont le dessin ressemble au visage de l’épouse décédée du chanteur?L’étrange et l’effrayant sont donc dans les lieux.Le manoir Mallory pourrait bien être hanté.Mais on a peine à frissonner avec ces jeunes gens dont la mentalité et les comportements sont ceux de grands adolescents plutôt gentils.L’anorexie n’est-elle pas, justement, une jnaladie typique de l’adolescence?A cause d’eux, le manoir maudit a parfois des allures de colonie de vacances pour jeunesses fortunées.Linda Sorrento, Michelle Lyons ont d’ailleurs des fan- tasmes de midinettes: chacune se voit vivre une idylle avec le chanteur propriétaire.Et l’écriture de Cliristiane Lahaie est aussi sage que ses personnages.Les chutes des chapitres, par exemple, installent une tension intéressante, perdue par la suite dans une narration abstraite qui domine les personnages au lieu de les accompagner dans leurs angoisses.Bref, ces personnages qui paraissent bien jeunes pour ce qui leur arrive, et trop gentils, de même que le charme cossu du lieu se prêtent mal à un climat de roman noir.Il se passera bien des choses graves dans La Cour intérieure, mais le lecteur, lui, n’aura eu des sueurs froides que s’il y met du sien.On ne retrouve pas ici l’atmosphère troublante des nouvelles d’insulaires, ce brouillard, ces rumeurs, ces silhouettes fantomatiques, toute cette étrangeté habilement distillée qui nous tenait en haleine dans chacune des nouvelles.Symptôme révélateur de l’embarras de l’auteure: la répétition quasi effarante des noms des personnages, comme si l’auteure même tentait de se convaincre de leur existence.Le nom de Linda Sorrento, par exemple, est repris plus de dix fois dans les deux premières pages du roman.r chart rand(a videotron, ca Christiane Lahaie- 'i Le premier roman d’un jongleur maître de son art IL NE FAUDRAIT PAS TUER MADELEINE ENCORE UNE FOIS Guy Lalancette VLB, Montréal, 1999,215 pages LA COUR INTÉRIEURE Christiane Lahaie L’instant même, Québec, 1999, 181 pages Quand on apprend que le 3 octobre 1993, selon une dépêche du journal de Béat-ville, un caniche dont la maîtresse s’appelle La Joconde a été étranglé près du café Madeleine et qu’une semaine plus tard, dans le même café, un berger allemand, propriété de M.Père La-chaise, a été tué par balles, on se dit qu’on sait peu de choses.Et pourtant.Ces deux faits divers, estampillés en tant que pièces d’un dossier d’enquête d’un certain inspecteur Morelli, et dont le nom de code est «L'affaire de la 53 rue», encadrent le premier roman de Guy Lalancette dont on nous dit qu’il enseigne l’expression dramatique depuis un quart de siècle dans une école de Chi-bougamau.Mais entre ces deux morts d’animaux, il y a surtout un récit noir et métaphysique, absurde et labyrinthique, drôle, tragique, une intrigue fumeuse qui se dévoile en se dérobant, et, pour tout dire, un sacré livre qui nous tient par la barbichette jusqu’à la toute fin.Chiens et maîtres De chiens il sera question, et de leurs maîtres et d’autres habitués du çafé Madeleine dans la première partie qui occupe les deux tiers du roman, pièce de, dossier également, et qui s’intitule «Ébauche de roman par James James».Celui-ci est un témoin de seconde main dans les «affaires», celle de la mort des chiens et celle de l'assassinat, un an auparavant, de la tenancière du café Madeleine.James James est un narrateur récalcitrant, cachottier parfois — de la vraie graine de romancier.Ses précisions sont elles-mêmes des énigmes: «Je sais bien qui je suis et s'il m'arrive de parler de moi à la troisième personne, c’est que je ne suis pas seul.» James vit avec Sophie, une jeune fille qui prend plaisir à lui lancer des remarques assassines, et qui s’appelle sans doute Clémence Dalmain; comment être sûr des autres quand on se dit soi-même, comme James, «défait en dedans» et fier d’avoir développé des «réflexes de disparition»?Est-il lui-même un autre, lui qui affirme tranquillement «J’ai trente-trois ans de retard sur l’image que j’attends de moi.» On ne sera pas étonné, dès lors, qu’il tarde, sciemment parfois, à éclaircir le mystère des morts, et celui plus immédiat de son étrange guet: pourquoi attend-il sous la pluie battante, silhouette qui «emprunte à Zorro et à Orson Welles», qu’apparaisse, près de l’unique lampadaire de la ville, la jeune femme aguichante qu’il appelle la Fille?Et puis, il cherche, oh! comme il cherche à comprendre sa Sophie — chacun a droit à ses préoccupations —, tout autant qu’à reconstituer les circonstances exactes de l’assassinat de Madeleine et de celui des chiens.Mais peut-on parler d’assassinat à propos d’animaux?Suivent cette ébauche de roman, deux autres parties, une «Confession» et un «Journal intime» qui sert à James de «vide-poches confidentiel» — le contenu hétéroclite nous en assure —, deux nouvelles pièces du dossier de police où on retrouve les mêmes événements et les mêmes personnages qu’auparavant: Sophie, Madeleine, Morelli lui-même, mais aussi un voisin de palier de James, Joseph Armand Georges-Aimé Dufault, dit «Vie la victoire», qui n’a rien à voir avec le fait divers — ce qui n’est pas une raison pour 1,’exclure de lliistoire! —, un Passant Eventuel qui pourrait, pourquoi pas, s’appeler Yvan Sévigny.On croise même H.Bénac, cet universitaire français, «agrégé de lettres chez Hachette» comme James est vendeur occasion- Rober t C h artrand nel à la mercerie Jim Jalbert & Fils, et qui est l’auteur très réel d’un dictionnaire des synonymes et d’ouvrages sur la dissertation; Bénac devient ici une référence ironique, qui cautionne au besoin les audaces d’écriture du narrateur.Puis, il se métamorphose en personnage alors qu’il se prénomme tout à coup.Hermione! Le récit de Lalancette progresse, si l’on peut dire, par cercles concentriques, avec de nombreux retours d’épisodes et de personnages, dans une sorte de maelstrom parfois étourdissant où on se perd pourtant moins qu’il n’y paraît.Où l'intrigue est sans cesse déconstruite, et où les témoignages ainsi que l’identité même des protagonistes sont problématiques.Si bien que le lecteur se prend à penser • que toute cette histoire, cette enquête policière, pourrait n’être qu’un leurre pour l’accrocher.Et il s’y laisse prendre! De dénégations en remises en question, le roman de Guy Lalancette travaille à faire le vide sur son propre objet.On croirait entendre le narrateur nous répéter Allez, circulez, il n’y a rien à voir.On se dit que tant d’inconnu doit bien cacher quelque chose, et d’énorme encore.Et on lit jusqu’à la fin.L’énigme, pourtant, finit par livrer sa clef, mais inutile de tricher: on n’y comprendra rien si on n’a pas d’abord lu tout le livre, car tout, dans H ne faudra pas tuer Madeleine encore une fois, se tient Quant à l’intrigue, elle se révèle aussi affective que policière, voire métaphorique.Les personnages ne sont pas des animaux, bien sûr, et James assure que Sophie n’est pas une chienne, mais ils ont par moments, Les bourgeons de l’espoir d’André Croteau 652 pages - 29,95 $ La Route de Parramatta de Louise Simard 504 pages - 24,95 $ L’anneau de Qabriele de Marc Dauphin 748 pages - 34,95 $ Am cœur d’une Amérique encore vierge (Charlotte et la mémoire du cœur nous transporte dans l’Amérique de la fin du XVIIIe siècle.DANS LA MÊME COLLECTION : Notre guide pour ce voyage dans le temps : une jeune femme de la noblesse allemande, la baronne Charlotte von Riedesel, épouse du général chargé des troupes allemandes levées par l’Angleterre pour prêter main-forte à son armée dans sa lutte pour combattre les révoltés américains.Amour, aventure et soubresauts de l’histoire s’entremêlent pour nous tenir en haleine tout au long de cette fresque historique peuplée de personnages fascinants et colorés qui, chacun à sa façon, révèlent une facette de cette contrée à apprivoiser.Militaires, serviteurs, voyageurs, Amérindiens, bandits et héros, tous ont à se montrer dignes de ce pays qui ne saurait tolérer la lâcheté.Charlotte et la mémoire du cœur 509 pages - 29,95 $ Un portrait vibrant du Nouveau Monde réalisé par jEAN-PlERRE WlLHELMY, coauteur de plusieurs romans dont La Guerre des autres, De père en fille et Le Secret de Jeanne, et par LORRAINE ÜESJARLAIS, une germanophone qui cosigne ici sa première fiction romanesque.I Ml IM StMUIIl' 1 ^C(H^ lUffAHulÜ 1 L E 1) E V 0 I R , LES S A M EDI 8 E T D I M A N C II E !) M Al I il il il D.4 LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Livres LA CHRONIQUE Flammarii les hommes disent pas et qui transforme toute leur existence 1 essai 12,95 $ IA DEMANDE Michèle Desbordes Éditions Verdier, Paris,1998 Noir, c’est noir Turgeon retrace le Montréal de 1849 JOUR DE FEU Pierre Turgeon Flammarion Québec Montréal, 1999,271 pages JEAN CHARTIER LE DEVOIR 'pierre Turgeon a brossé une .fresque troublante du Montréal c e 1849.Il décrit la ville à l’époque < es lampes à gaz, des trottoirs de bois, des cabriolets et des Fever Sheds, ces baraques dans le port où on avait retenu en quarantaine, deux ans plus tôt, les dizaines de milliers d’Irlandais des «bateaux du typhus».Le romancier a fouillé les archives pour ce portrait de la ville au XIX' siècle, une ville de misère et d’argent, une ville polluée.Il décrit des scènes extraordinaires sur le Montréal du port et du canal de Lachine, les meilleures scènes depuis le texte du dramaturge Joseph Schull, qui avait décrit le Montréal des émeutes de 1832 dans Rébellion, chez Boréal, voilà deux ans.Le romancier connaît bien la configuration du Montréal de 1849; il va des rues de terre aux rues pavées et aux circuits de prestige: la rue Wellington, la côte Metcalfe et la rue Redpath, qui montait tout droit, elle, chez le propriétaire de la Montreal G3s and Light.XDhez les ouvriers de la nouvelle construction du canal de Lachine, il évoque la concurrence entre les deux aqueducs de Montréal: celui de la Haute Ville, l’aqueduc McTavish, qui fournissait l’eau de source de la montagne aux riches, et celui des pauvres, en bas, qui puisait l’eau polluée à même le canal de Lachine.Il y a dans ces pages l’atmosphère des révoltes de 1848 qui hantent l’Europe.Le monde de Victor Hugo se sent chez les insurgés de cette époque.Mais à Montréal la lutte prend une autre allure dans cette poussée.Quelle bonne idée que ce retour au XK' siècle dans le Montréal de 1849! Les historiens évacuent trop souvent ces années de feu et de sang.Pierre Turgeon a trouvé son Gavroche, un jeune noble ruiné qui a peiné au transport du charbon, seigneur du Grand Remous de Chambly des orangistes, près de la colonne Nelson: «Comme chaque fois qu’il passait près de la statue du destructeur de la marine française, Stéphane éprouva la vague envie de la faire sauter par une charge de poudre bien placée, mais des éclats de voix l’arrachèrent à sa rêverie.Des hommes sortaient en criant de l’une des tavernes du port et, au lieu de se disperser, ils s’attroupaient dans la rue de la Commune, bloquant le passage.» La manière de Turgeon joue avec les gris.L’intrigue progresse rapidement, avec des héros forts pour un roman qui se lit d’une traite.Le romancier raconte ainsi la vie à Montréal: «Mais le cocher vira à gauche sur la côte Metcalfe, qui menait vers les hauteurs du mont Royal, puis il tira énergiquement sur les rênes.Le cheval se dressa sur ses pattes postérieures en hennissant puis ses sabots frappèrent lourdement le pavé.» Ou encore: «Quelques vêtements déchirés accrochés à des buissons, près des crevasses les plus dangereuses du mont Royal, sur les pentes duquel s’aventuraient encore des loups, avaient servi de mise en scène à la comédie.Devant des bancs de neige qui, dans les ravins, recouvraient presque la cime des arbres, on avait fini par reporter les battues au printemps.» Une saga Pierre Turgeon a commencé la saga avec Les Torrents de l’espoir.Les paradis perdus.Ce roman s’ouvrait aux rapides de Chambly en novembre 1837, dans le moulin du Richelieu soumis aux bombardements, et il conduisait le héros à la veille de ce deuxième roman, qui se déroule en une journée, le 25 avril 1849, jour de la mise à feu du parlement de Montréal par les tories.Le présent livre se situe au moment de la perte du statut de capitale par Montréal, du coup de force et de la terreur dans la ville que les tories menaçaient dans leur marche allant du Champ-de-Mars à la place d’Youville, où ils brisaient tout sur leur passage.Cela survient deux ans après le typhus de 1847 évoqué dans le premier roman.Le romancier prévoit de traverser la deuxième moitié du XK siècle lors du troisième livre de cette saga.Ro be rt Lalonde Allongés sur une couverture posée sur l’herbe comme une nappe de pique-nique, nous avons festoyé d’étoiles, ma fille et moi, durant plus de deux heures, n faisait un ciel de nuit américaine, d’un clair bleu de lac au bord de l’horizon, où brûlaient les Gémeaux comme des diamants sous l’eau, indigo sombre au-dessus de nos têtes, où rugissait le Lion et se reposait le Bouvier.Munis du Cherche-étoiles de Maurice Proven-cher (éditions Broquet), nous avons peu à peu repéré le Dragon, sans sa queue, le Cancer, en poussière de plâtre, peut-être Hercules, pareil à un cerf-volant dépenaillé, et la Lyre, à laquelle un petit avion aux feux clignotants tressait des cordes fluorescentes.Les grenouilles flûtaient leurs amours nui-teuses, de temps à autre la chouette hululait, et le chien bâillait, avalant deux ou trois nébuleuses qui, imaginais-je, devaient avoir un bon petit goût de lait caillé.Puis, passant d’astres en comètes, je navigue, en cosmonaute ravi, dans les phrases de Michèle Desbordes, écrivaine qui sait virguler — c’est-à-dire modérément — mais surtout conter la vie, sans trop en écrire, pour ainsi dire en pointillé.Il n’est pas malaisé de quitter le ciel étoilé et d’entrer dans sa galaxie: à l’œil nu et la tête encore pleine de traces de phosphore, je repère aisément les artistes voyageurs, grimpés sur leurs chevaux, traversant la plaine lombarde, passant le col du mont Genièvre, arrivant à Lyon, fourbus et pleins d’espérance, avant de gagner enfin la Sologne et Romorantin, où «la lumière irisait la frange incertaine des futaies».Le maître, le vieil architecte humaniste, proche de la paix, proche de la mort, emmène ses élèves Fan-foïa, Melzi et Saloï, en France: le roi veut la beauté italienne pour ses ponts, ses jardins, ses esplanades, ses nouveaux palais.L’histoire peut commencer, l’histoire de La Demande, comme une légende répondant à l’inassouvissable désir de savoir qui mène l’homme et son destin.Il y est question «d’ors légers, dont la propriété a été détruite par la troupe lors de l’insurrection de 1837.Ce héros redonnera vie à son amoureuse par le recours au courant électrique et sauvera son beau-père retenu prisomiier dans la cave d’un bouge en trouvant les passages secrets de la ville, au point de rencontre des égouts du parlement, mis à feu, et de la rue de l’Aqueduc.Personnages et intrigue Turgeon a écrit un roman fort, son huitième: il pousse la note avec les personnages maléfiques et l’intrigue amoureuse.Contre le propriétaire de la taverne du port qui fomente l’incendie du parlement, contre l’homme du gaz, l’auteur fonce.Il magnifie les coups d’éclat et donne vie à la ville be-sogneusé.Les vilains prennent l’allure de géants maléfiques.Avec Turgeon, noir, c’est noir.Dès l’incipit, il donne le ton à ce roman: «Durant la nuit, la rue Saint-Paul ressemble à une tranchée où l’on circule dans les ténèbres.» Ce lancement en écriture passe de l’ombre à la lumière, par touches de clair-obscur pour un roman qui éclaire l’histoire cachée.Soudain, des traces surgissent de l’eau, des égouts, du canal, de la boue et des voies du gaz.Le héros part en reconnaissance au Champ-de-Mars, lieu de rencontre REUTERS «Il faisait un ciel de nuit américaine, d’un clair bleu de lac au bord de l’horizon, où brûlaient les Gémeaux comme des diamants sous l’eau.» La demande Alors, un coup le fils reparti et sa cuisine bien rangée, la servante avance son tabouret tout près de la table du maître.A présent «ignorante de l’abandon, de l’idée même d’abandon, partie avec les souffrances et les choses à ne pas dire», elle va lui faire sa demande.Vous lirez, je ne vous conterai pas le désir d’éternité de cette femme, qui n’a peur ni de vivre ni de mourir.Soupçonnez seulement ce que, un coup le livre achevé, vous ne verrez toujours pas clairement, mais qui se fera une place en vous, comme le scintillement des étoiles qui dure encore dans mes prunelles.Qui se tait et paraît tout endurer, croisant et décroisant les mains sur ses genoux, n’est pas aveugle et sourd pour autant, ne désire pas moins l’éternité que les faiseurs de miracles.Tant que l’être est en vie, même perclus de vieillesse, de fatigue et d’hébétude, il voit la lumière, il espère.On regarde, on pense connaître, comprendre, puis on oublie ceux et celles qui ne disent mot, qui sourient à l’oiseau qui les frôle et ferment les yeux sur leur indicible «demande».Tout est dit et non pas épelé, encore une fois comme les constellations, dans le ciel de cette nuit: un brasille-ment par-ci, une nébuleuse par-là, de la poussière, des émiettements, un pâle iXRidroiement filant dans la nuit J’aime les livres denses et ajourés, — qui se laissent lire comme se laissent déchiffrer Hercules et le Dragon — tissés de phrases qui font entrevoir et n’expliquent pas.La Demande en est un, qui nous dit qu’il est [xwsible de cesser d’ignorer à quoi l’autre pense quand il dit «je ne pense à rien» tout en formulant muettement sa demande.PIERRE TURGEON insondables», ceux du fleuve, d’un enfant qui chante, «d’un pied sur l'autre, éperdument», de l’instant qui seul compte, de ces «bonheurs entrevus d'un coup, aussi forts, aussi fous que des bonheurs d’amour».Il y est question d’enfants à peine nés et qui «meurent du mauvais lait», des avoines, des blés qui ne poussent pas sans la sueur des hommes, du créateur et de ses belles églises, du peuple qui marche dans les rues «pour honorer Dieu», des champs où, pour éloigner le démon des troupeaux, on fait «passer les bêtes au travers des feux».C’est un bourg paisible, tragique et paisible.Le maître dessine, imagine des arcades, des vasques, de beaux dallages bordés d’églantiers, un escalier de marbre large comme celui du paradis.Il achève un carnet, et aussitôt en commence un autre, où il fait la liste «des eaux, feux, guerres et déluges, des animaux, du visible et de l’invisible, de tout ce qu’il y a à connaître de la terre et du ciel».La servante Pendant ce long temps-là, une ser- vante lave dans la cour, tord ses linges d’un coup de poignet, puis lève les yeux vers le maître et ses élèves.Elle les écoute, peut-être les épie.Elle les attendait, on ne sait trop pourquoi.Mais peut-être se trompe-t-on: elle attendait, oui, sans doute, mais comme attendent les servantes d’auberge, depuis toujours et pour toujours.Elle marche «avec une vaillance qui fait penser au bonheur», pose le pain et le vin sur la table et s’assied, les mains sur ses jupes, dans la demi-clarté de la petite salle.Elle est attentive aux tumultes et au désespoir du maître, à ses escaliers fous, à ses anges sans ailes, à ses crinières de chevaux de, marbre pur, à ses mots, qu’elle ne décrypte pas mais qui lui font voir la for- -ce, la beauté.Elle se dit que cet hom-me-là, qui sait peindre un corps d’homme, un corps de femme, qui dér fait même la peau des cadavres pour dessiner les muscles, les organes, les nerfs, oui, que cet homme-là doit bien «connaître l’invisible».Les étés passent, les blés jaunissent, la servante prépare les repas, lave et paraît rêver, le soir, assise à regarder ses mains, sur une maigre chaise droite, devant la porte de la cour.Mais la voilà qui se lève brusquement, s’en va ; étendre le linge au jardin, ou cueillir des herbes pour la soupe.Elle man- ; monne, s’extasie, coule à droite et à gauche des regards pareils à ceux des.suppliciés que dessine le maître.Vient l’hiver, la servante chauffe les chambres, le maître écrit et dessine, tout en épiant, à son tour, la servante, devinant «le regard sous la paupière immobile, transparente, figée comme l’argile doucement travaillée des porcelaines».' La servante, un beau jour, s’absen: ; te.Elle ne revient qu’au bout d’un : mois, avec un lourdaud à la cervellei l très ralentie.On se dit que le chat est : enfin sorti du sac, que les œillades : pointues, les murmures sorciers, que les terribles sourires, que la honte çt : le désir avaient peut-être depuis long:.temps annoncé ce doux monstre, de fils effrayant.Mais rien ne changé -vraiment: le fils travaille à l’auberge, la servante aussi, le maître dessine, dessine, ils se regardent sans rien dire, ils vont bientôt mourir, tous les deux, «offerts et consentants».Pour tous les hommes et les proches qui partagent leur vie ! M ale Menopause du psychothérapeute JED DIAMOND est l’un des premiers ouvrages à avoir décrit ce que vivent les hommes au mitan de leur vie.Sa traduction en langue française se trouve dans toutes les librairies sous le titre : andropause.L’auteur y explore l’ensemble des transformations physiques et des préoccupations d’ordre psychologique qui traduisent un changement important dans la vie de l’homme aux abords de la cinquantaine.Un essai qui confirme l’existence de l’andropause et met en relief ses nombreuses similarités avec la ménopause.Un livre qui offre de nouvelles perspectives de vie aux baby-boomers et qui propose une nouvelle définition du rôle des hommes dans notre société.andropause ce que les hommes ne disent pas et qui transforme toute leur existence de Jed Diamond 344 pages - 29,95 $ Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal 112L 3Z5 GERARD BOUCHARD Gérard Bouchard La nation québécoise au futur et au passé rlb éditeur Un essai capital sur T avenir de la nation québécoise.g rlb éditeur www.edvlb.com cbiZ' £\s t* CsfcV- Festoyer d’étoiles l L E I) E V (I I It .I.E S S A M EDI S E T I) I M A N C II E !) M Al I !) !> 9 -w Livres •*- LE FEUILLETON Le hasard et la nécessité TOUS LES NOMS José Saramago L; Traduction du portugais par Geneviève Leibrich ; j Seuil, Paris, 1999,271 pages M JÊk vec Miguel Torga et An-tonio Lobo Antunes, José Saramago est certainement l’un des grands noms de la littérature portugaise, et après avoir lu Tous les noms, on ne peut en douter.Tout comme il nous faut reconnaître que le prix Nobel de la littérature qui lui a été décerné en 1998 était largement mérité.Ce jeune homme de 77 ans, fils de paysan, communiste dans l’âme, qui mit si longtemps à se jeter dans l’écriture (il commettait son premier roman à l’âge de 58 ans), est ce qu’on pourrait appeler un conteur philosophique doublé d’un formidable observateur du monde.ancien comme moderne.Car c’est un homme du livre.Le temps, pour lui, est un patient ouvrage.L’honneur même du Nobel qu’il a reçu compte peu ici.«Ce prix, c'est comme la couronne de Miss Portugal: l’an prochain, on l'aura oublié.» Comme il a raison de ne pas se laisser distraire par cette échelle qui ne monte vers aucun ciel et qui pourrait le priver de la concentration dont il a besoin pour poursuivre son œuvre, lui à qui il reste peut-être si peu à vivre.Alors il s’enferme dans sa petite île des Canaries, à Lanzarote, où il vit depuis maintenant sept ans, et cultive son indifférence.Modeste et pudique mante contre les puissances envahissantes du monde, mais qui, on l’espère pour sa santé, le rendra un peu moins visible, le temps que la parade ait fini son petit tour de piste et que le quotidien envahisse à nouveau la rue.La France le découvrait il y a douze ans, au moment de la parution de son roman Le Dieu manchot, une œuvre baroque qui nous plongeait dans le Lisbonne du XVIII' siècle où le roi Jean V dilapidait l’or du royaume en forniquant avec les nonnes du couvent d’Ovidelas, sous l’œil exorbitant d’éclopés et de bossus.Dans R L’Évangile selon Jésus-Christ (Seuil, 1993), il signait un remak.satanique de la Bible qui lui a valu dans son pays les foudres de l’Église.Dans Le Radeau de pierre (Seuil, 1990), il détachait la péninsule ibérique du reste de l’Europe et la laissait dériver à travers l’Atlantique comme un vaisseau fantôme.On le voit, l’eurosceptique José Saramago ne dédaigne pas à aller à contre-courant et on pourrait bien lui donner raison un jour, quant les technocrates auront fini de faire de l’Europe un monde économiquement intégré et politiquement conforme.La littérature est une résistance aux certitudes du présent, elle creuse le temps pour mieux en faire ressortir les courants souterrains et les impasses.Elle remet au cœur du vivant sa part nocturne et rappelle l’inépuisable errance humaine.Un monde kafkaïen Il y a de la jubilation à entrer dans Tous les noms, une œuvre qui rappelle étrangement Kafka, même dans le traitement des noms.Nous nous retrouvons dans un édifice gouvernemental, le Conservatoire général de l’état civil, dans un pays où il pleut le plus souvent et où les gens traversent le paysage comme des ombres.La ville n’a d’ailleurs guère d’importance, tout se passant, ou presque, entre le Conservatoire et, à partir de la seconde moitié du livre où il apparaît, le Cimetière qui le jouxte — l’un étant le reflet de l’autre.Monsieur José, le seul personnage qui ait un nom dans le roman, est un obscur petit fonctionnaire, un commis aux écritures.Tous les jours il doit faire des fiches des vivants et des morts et les classer selon une règle immémoriale qui consiste à les séparer.Dans ces labyrinthiques catacombes des vivants et des morts, la vie est terne, sans surprise, sans lumière, et la hiérarchie, quoique morne, parfaitement expressive dans son formalisme sans appel.Depuis vingt-cinq ans qu’il y travaille, monsieur José n’a jamais été pris en défaut.Il a pourtant une passion qui va bouleverser sa vie.Oh, une passion bien insignifiante: il collectionne les coupures de journaux et de revues de gens célèbres — gens célèbres dont il a néanmoins parfaitement conscience qu’ils pourraient bien, demain, disparaître sans même que l’on se souvienne de leur nom.C’est là une sorte de jeu compensatoire pour ce commis aux écritures dont la vie est sans relief et qui vit seul dans une petite maison délabrée attenant au Conservatoire.L’événement déclencheur, c’est par hasard qu’il surviendra.Un jour qu’il rapporte illégalement des fiches de gens célèbres à sa maison, il en découvre une qui, par mégar-de, s’est collée aux autres, celle d’une femme inconnue.Dès lors, et en raison même du «hasard» qui lui a fait croiser son chemin, se forme en lui le projet de connaître cette femme, ce qui va l’amener à commettre une série d’irrégularités dont il ne se serait pas cru capable: Jean-Pierre Denis ?Beau, complètement délirant, souvent angoissant, et d’une parfaite maîtrise A»"** Uïtarb: Les Bourgeois de Minerve SU*Peï Maryse Rouy Un arbre devant ma porte Cécile Gagnon PIERRE FALARDEAU entrer la nuit au Conservatoire par une porte interdite, falsifier des documents officiels, pénétrer par effraction dans une école, dormir dans un cimetière la nuit.Logique paranoïaque Sa quête est devenue une véritable obsession, voire même une menace pour sa santé, à tel point qu’il lui arrive en effet de plus en plus souvent de parler à son plafond qui, soit dit en passant, a des pensées hautement métaphysiques et ne se gêne pas pour lui tenir le crachoir.«Quant aux pensées métaphysiques, cher monsieur, permettez-moi de vous faire remarquer que n'importe quelle tête est capable de les produire, ce que souvent elle ne réussit pas à faire c’est trouver les mots pour les exprimer» Comme dans les romans kafkaïens, ce qui domine est la logique paranoïaque.Monsieur José est constamment en train de traduire ses angoisses en dialogues fantaisistes auxquels il finit lui-même par croire.Sans le savoir, il a ouvert une sorte de boîte de Pandore (celle de la liberté et du désir) qui concerne les «possibilités» que nous écartons quotidiennement sans même nous en apercevoir.Ainsi, dans ce dialogue imaginaire avec l’Angoisse: «Nous sommes trop absorbés pour nous apercevoir que ce qui nous arrive laisse intact à chaque instant ce qui pourrait nous arriver, Cela veut-il dire que ce qui pourrait arriver se régénère en permanence, Il y a non seulement régénération mais aussi multiplication, il suffit de comparer deux jours qui se suivent, Je n'aurais jamais pensé qu’il en soit ainsi, Ce sont des choses que les angoissés sont seuls à savoir.» Il faudrait tout citer, tant son récit répond d’une logique implacable et tant sa narration, son écriture (sauf le découpage en chapitres, on ne trouve quasiment pas de paragraphes, comme si la parole obéissait à une interrogation — pour ne pas dire un interrogatoire — ininterrompue) colle parfaitement à cet univers.concentrationnaire?Pas vraiment.Plutôt trop fonctionnel, sans imaginaire, sans respir, sans âme.Et c’est bien pourquoi le dysfonctionnement soudain de mon- 240 pages, 22,95 S Voici l’histoire d’une femme, Georgina Bonenfant, d’une époque, le milieu du XIX* siècle, d’une passion, l’architecture, et d’un drame, le grand feu qui ravagea la région du lac St-Jean en 1870.Portrait social et historique, Un arbre devant ma porte est, avant tout, le drame humain d’une jeune épouse aux prises avec les multiples difficultés et obligations de son époque.Si la littérature québécoise ne manque pas de modèles de femmes fortes et déterminées, des figures masculines aussi vindicatives et têtues que Vital ne sont pas légion.Voici un couple hors de l’ordinaire.QUÉBEC AMÉRIQUE 4^ www.quebec-amerique.com Un franc-parler qui dérange, une liberté de pensée qui réjouit.if vlb éditeur www.edvlb.com o&ci' yyclAsio-t'Y etc Lcx- titird^extu'vc REUTK(tS José Saramago, Prix Nobel de littérature 1998 (à gauche), est félicité par le premier ministre portugais Antonio Guterres lors d’une réception en son honneur, à Lisbonne, en octobre dernier.FALARDEAU Les bœufs SONT LENTS MAIS LA TERRE EST PATIENTE sieur José apparaît comme une preuve de santé et de liberté.Je ne vous ai encore rien dit des changements que va introduire le Conservateur en chef à la fin du roman, et du berger qui, au petit matin, déplace les noms sur les tombes, ceux de la section des suicidés qui occupe l’extrémité du cimetière.Pourquoi?Parce que si les gens se suicident parce qu’ils ne veulent pas être trouvés, alors, par la malice d’un berger, ils «seront définitivement à l’abri des importunités».Comme le dit le berger à monsieur José venu se recueillir sur la tombe de la femme inconnue, «il n’y a pas de plus grand respect que de pleurer une personne qu’on n’a pas connue».N’est-ce pas ce que monsieur José avait entrepris, sans même le savoir! C’est beau, complètement délirant, souvent angoissant, et d’une parfaite maîtrise.denisjp@mlink.net essai 21,95 S Maryse Rou^ % Æ?320 pages, 24,95 $ Les lecteurs et les lectrices de Maryse Rouy connaissent déjà son intérêt voire sa ferveur pour l’époque médiévale.Cette fois-ci, elle nous transporte au cœur même de l’histoire languedocienne.La découverte du corps assassiné d’un religieux minera les assises du petit village.Qui est coupable?Dès que la nouvelle est connue, les enquêteurs arrivent avec leur cohorte de méfiance, de terreur et de délation.Un troisième roman réussi de Maryse Rouy.Elle a si bien intégré ses matières que jamais le lecteur n’a l'impression de se faire faire la leçon - d'Histoire ou d'histoire.Un voyage sympathique dans le temps et dans un coin de pays où l'histoire parle encore.- Sonia Sarfati, La Presse I P-6 LE DEVOIR.LES S A M E I) I 8 ET DI M ANCHE !) M AI 1999 fl* i] ¦ AMfx T 17 TT 17 O ^«04 '¦[ • POLARS L I V R E S ^ LITTÉRATURE FRANÇAISE New York et Rome, villes ouvertes LES APACHES Lorenzo Carcaterra • Traduit par Jacques Martinache libre Expression, collection «Thriller» Montréal, 1999,358 pages Si vous avez lu Sleepers, qui racontait l’histoire de quatre jeunes garçons maltraités par un gardien sadique dans une maison de correction, vous connaissez déjà Lorenzo Carcaterra.Mais peut-être en avez-vous vu l’adaptation cinématographique par Barry Levinson qui, malgré une brochette impressionnante •d’acteurs-vedettes dont Robert De Niro, Brad Pitt, Dustin Hoffman, Jason Patrie et Kevin Bacon, ne rendait ;pas tout à fait justice au talent certain de ce jeune romancier.Les Apaches, second roman de Carcaterra, gravite autour du personnage de Giovanni Frontieri dit Boomer, ex-flic de New York, à qui un ami confie la mission de retrouver sa Tille de douze ans récemment enlevée.Au sein des Apaches, petite équipe informelle de défroqués du NYPD composée de Pins, Geronimo, Reverend Jim et Mrs.Columbo, Booster met tout en œuvre pour retrouver l’adolescente.-» Ce qui semblait au départ une banale histoire d’enlèvement s’enlise et mène les Apaches sur la piste d’un réseau de trafic de crack qui ravage la Grosse Pomme et utilise des géthodes peu catholiques pour le ansport de ses marchandises.Et ¦comme bien d’autres avant eux, les Apaches en seront réduits à se faire ¦hors-la-loi pour combattre le crime, à emprunter les moyens de ceux-là ;jtnêmes qu’ils combattent afin de les [traquer sur leur propre terrain.Tant •et si bien que la frontière entre bien !et mal, bons et méchants, deviendra îde plus en plus floue, de plus en Jplus vague.Dans ce second roman, Carcaterra montre qu’il sait manipuler efficacement les ficelles du thriller.Bien que la composition de ce roman soit assez classique et l’intrigue parfois prévisible, il n’en demeure pas moins que cette histoire est menée adroitement par quelqu’un qui sait raconter .une bonne histoire.Et ça pourrait fai-;re un bon film, si le réalisateur est à ;la hauteur.LA SERVANTE DU SEIGNEUR Denis Bretin et Laurent Bonzon Editions du Masque Paris, 1999,362 pages Rome, premier dimanche de l’Avent, an 1003.Alors qu’il s’apprête à quitter ce bas monde pour un autre qu’il espère .meilleur, Gerbert d’Aurillac, passé à ; l’histoire sous le nom de Sylvestre II, pape de l’an mil, rédige les dernières pages du journal qu’il a entamé quelque temps auparavant.Des événements qu’il évoque, il préférerait pouvoir en oublier jusqu’au souvenir.Puy-en-Velay, octobre 1998.Lors de travaux de réfection au presbytère, une salle secrète, enfouie depuis des siècles, est découverte.Cette trouvaille met au jour une mécanique étrange, venue d’un passé lointain.Troublé, l’abbé Cheu-plain appelle à la rescousse un ami d’enfance, Augustin Meninchou, éminent spécialiste de l’horlorgerie ancienne.Meninchou n’en croit pas ses yeux: cette machine pourrait bien être la toute première horloge à échappement mécanique et daterait des alentours de l’an mil.Et le sceau qu’elle porte tend à confirmer une légende, vieille de plusieurs siècles, selon laquelle le pape Sylvestre II lui-même aurait été le concepteur d’une horloge mystérieuse aux messages obscurs.C’est le point de départ de cette intrigue millénariste, finement menée par un jeune duo d’écrivains qui signe ici son tout premier roman.Alternant entre le présent (1998) et le passé (an 1003), cette histoire se tisse lentement, comme les rouages d’une vieille mécanique qui se remettent tranquillement en marche avant de dérailler.La découverte de cette étrange horloge aura des répercussions insoupçonnées, provoquant morts et violence, allant même jusqu’à faire trembler le Vatican, qui tente par tous les moyens d’étouffer l’affaire.Maniant habillement la langue verte caractéristique des romans noirs, Bretin et Bonzon signent ici un récit original.Malgré certaines longueurs, notamment les séquences se déroulant chez les romanichels, ce roman propose une intrigue efficace et rondement menée.Un projet ambitieux pour un premier roman.Ces deux jeunes écrivains pleins de promesses pour- éditions INRS LlBER Culture et société éthique publique revue internationale d'éthique sociétale et gouvernementale débat «La vérité en politique» André Pratte, Claude Ryan, Jean-Herman Guay André Blais, André Petitat Guy Lachapelle II nque ili» .tout La vente,.en politique L’avenir des services publics zone libre Jürgen Habermas Gérard Raulet, Michel Dion dossier «L’avenir des services publics» Jacques Beauchemin Louise Vandelac Claire Poitras 144 pages, 20 dollars raient bien s’avérer les Boileau-Nar-cejac du nouveau millénaire.LE MEURTRE DU LAC Martha Grimes Traduction d’Alexis Campon Presses de la Cité Paris, 1999,389 pages Martha Grimes, célèbre écrivaine américaine et professeur de littérature anglaise, est surtout connue pour ses romans à énigme dans la plus pure tradition des crime stories à l’anglaise.Plusieurs de ses histoires, aujourd’hui célèbres, mettent en vedette un détective de la police de Sa Majesté, le très respectable inspecteur Richard Jury.Après plusieurs succès populaires dont Les Cloches de Whitechapel, Le Mystère de Tarn House, L’Affaire Salisbury et Meurtre sur la lande, Grimes récidive avec une histoire quelque peu surprenante et qui s’éloigne sensiblement du genre auquel elle avait habitué son public, nombreux et fidèle.Emma, une jeune adolescente de douze ans, passe le temps comme elle le peut dans ce vieil hôtel vétuste de Spirit Lake où elle habite avec sa mère.Elle s’ennuie.Près du lac, on retrouve le corps sans vie d’une certaine Fern non loin de l’endroit où s’était noyée, quarante années auparavant, la petite Mary-Evelyn De-vereau.Une aura de mystère a toujours entouré la mort tragique de cette enfant.Il n’en faut pas moins pour piquer la curiosité d’Emma qui décide de mener sa propre enquête sur la mort de Fern.S’agit-il d’un suicide?D’une mort accidentelle?Ou encore d’un meurtre?Rapidement, les deux énigmes apparaissent nimbées d’un même mystère.Et si elles étaient liées?Le shérif du comté, Sam De-Gheyn, ne voit pas les choses du même œil et réfute catégoriquement les fabulations saugrenues avancées par la jeune adolescente.Empruntant la forme d’un journal intime auquel la narratrice confie ses déductions et réflexions, ce roman de Grimes, sympathique et rafraîchissant, devrait rassembler les suffrages et plaire aux ados autant qu’aux adultes.Le style d’écriture privilégié, simple et enjoué, sied à ravir au propos de cette jolie histoire de meurtre et d’enquête.Marie Claude Mirandette iviAiaiiÀ GlÜiVlEU Le mewÈê mm Une ode basque à Cuba Le roman d'exil d’Eduardo Manet D’AMOUR ET D’EXIL Eduardo Manet Grasset, Paris, 1999,279 pages GUYLAINE MASSOUTRE La Santera, toute noire coiffée d’un fichu blanc, calée dans sa chaise berçante au fond d’une pièce sombre, fume son cigare rituel.Encore nimbée des odeurs de la décoction de basilic, dans laquelle elle a pris un bain pour chasser les mauvais esprits, elle attend le Commandante.Fidel en personne.Elle a un plan à lui proposer.Et quelques grigris pour la chance.D faut lire le déjeuner qui s’ensuit, c’est impayable.Sachez que cela se finit par un échange de jerricans de D.D.T.contre les cafards.Voilà.Le roman est bourré de semblables anecdotes, savoureuses, typiques de la vie cubaine.On ne saura jamais assez à quel point elle est originale, si dramatique et si inventive qu’elle subjugue.Eduardo Manet la raconte à merveille.Il force notre admiration, ravive les mythes, débride notre imagination.Tout y passe, de Hilda Reyes, la danseuse d’Alicia Alonzo, à Rosa-la-Gallega, aux joues rondes comme des fesses et aux fesses rondes comme des montgolfières.«Babylone caraïbe, La Havane est immortelle.Elle a depuis longtemps déjà pactisé avec dieux et diables.Corrompue, fardée, meurtrie, quoi qu'elle subisse, elle renaît toujours de ses cendres.Belle de jour hautaine giflée par tous les ouragans.Belle de nuit aguicheuse à qui l’on pardonne toutes les infidélités.» Ainsi, Franc Nichele, envoyé du journal Le Monde à Cuba, stigmatisait-il la maléfique capitale de l’île rouge (22 novembre 1997).C’est l’esprit du livre de Manet; l’excès tropical, tantôt paradis tantôt enfer, y nourrit abondamment notre imagination.Du mythe à l’histoire Du côté de l’enfer, l’île a un passé chargé.Le roman s’intéresse en particulier à Antton le Basque, un antifranquiste exilé à Cuba qui n’a pas hésité à soutenir le réseau révolutionnaire clandestin en lutte contre Batista.Esteban, le narrateur, remonte dans sa mémoire.Antton, son parrain, y joue un rôle de plus en plus important, au fur et à mesure que les années passent.La mère d’Esteban a aimé Antton, au point de donner sa vie pour le protéger des sbires de Batista.Or, ce que l’enfant n’avait pas compris, l’homme mûr le découvre en profondeur.Au point de retourner au lieu natal de son héros disparu, le Pays basque espagnol.Le roman de Manet est bouleversant, à bien des égards, pour les portraits humains qu’il met en scène.L’amour et la liberté y sont des forces vives qui déplacent les êtres.Qui exigent leur âme.Esteban ne sait pas qu’au terme de sa quête, là où les choses prennent tout leur sens, il renoncera à la superbe Berta Maria Diaz, son amante, la militante irréprochable auprès de laquelle il mène une vie libre, presque parfaite.Berta la passionaria s’énerve, pressent que son amant s’éloigne avec «la force d’un orage tropical».Dévorée de jalousie, à la hauteur de sa passion torride, elle doit céder devant l’ampleur de la crise morale d’Esteban.Car celui-ci semble avoir Eduardo Manet D’amour et d’exil roman r fait sien les mots du Basque: «L’exilé est enchaîné à sa nostalgie, à sa rage impuissante.» Une manière de dire qu’on ne renonce jamais à ses valeurs.Sinon mourir.L’utopie du bonheur Le roman de Manet n’a donc rien d’un plaidoyer anticastriste.Ce qui tranche avec la littérature récente des exilés cubains.L’amour de Cuba, sans illusion, sécrète une espérance, l’utopie d’un monde meilleur.Ici ou ailleurs.Esteban a reçu en héritage le sens de l’exil.Bien des Cubains, désenchantés, accablés par «le néant quotidien», comme l’écrit Zoé Valdés, se disent aujourd’hui disposés à émigrer.Mais que savent-ils de l’amour véritable, eux qui n’ont pour discours que le manque de visas et la rareté des devises?Que leur fait miroiter le vent du large?Manet permet d’y réfléchir, sans rien trancher.Chacun se souvient que le régime n’avait pas de mots assez durs pour désigner ceux qui fuyaient la patrie de Fidel.Eduardo Manet est de ceux qui ont quitté l’île verte il y a trente ans.Aujourd’hui, il pèse, en français, sa réalité d’exilé.Tout comme Esteban choisit de s’établir dans un coin de Pays basque: par pure nécessité intérieure.La mosaïque tropicale Les choses ont tranquillement changé à Cuba.Dans la Vieille Havane, tous ces gallegos, ces Maures, «ce sont en réalité des Turcs, des Syriens, des Libanais, des Marocains.ces Juifs viennent d’Europe centrale, de Hon- Eduardo Manet SSCt grie, de Pologne, de Crimée, de Berlin.les autres de tous les coins d'Espagne, mon fils.ils sont tous là, mon fils, les Andalous, ceux des îles Canaries et des îles Baléares.des Aragonais et des Asturiens, en pagaille.sans parler des Catalans qui sont légion.Et puis il y a nous, les Basques».Antton le Basque possède le regard étranger qui perçoit la richesse de cette mosaïque humaine.A ce creuset où l’utopie attira tant de monde — c’est un grand mérite de ce livre que de le décrire — répond la couleur locale antillaise: le rhum, le crabe et des femmes exquises comme des mangues parvenues à maturité.Berta Maria Diaz, née en 1960, est l'héroïne ouragan du roman, une passionaria mulâtre rayonnante de beauté, de santé et de joie de vivre, «une fleur des tropiques bien de chez nous, pensais-je., un métissage réunissant pour le meilleur les qualités de l’Afrique et celles de l’Asie, le mystère et l'énergie, la subtilité et la vaillance, une sensualité à fleur de peau.».Sacrée Berta.Manet, comme son homonyme peintre, excelle dans le portrait.En quelques phrases simples, il brossé des silhouettes typées et attachantes, avec une intelligence du croquis, un brin caricatural, qui fait penser à l’écriture de Sergio Kokis.N’y cherchez pas toutefois l’exubérance d’un Alejo Carpentier, ni le mordant caustique d’une Zoé Valdés.Cinquante ans de vie politique mouvementée dirigent le livre, avec une clarté d’écriture et une sobriété comparables aux écrits documentés de Gabriel Garcia Marquez.Habile dans le dialogue, toujours bien senti, l’auteur de théâtre qu’il est par ailleurs sait faire voir et faire croire.Le Centre Communautaire Juif présente pour une seule et unique conférence à Montréal Mercredi 12 mai 1999 - 20h00 Salle Sinaï - 5480, avenue Westbury - 735-7474 PAUL-LOUP SULITZER «Itinéraire d’un multimillionnaire du livre» Paul-Loup Sulitzer est le champion du best-seller mondial.Chaque sortie de livre se chiffre en millions dans plus de 70 pays et en 17 langues.Champs Flammarion Au seuil du troisième millénaire, Champs est la référence incontournable.HELLER HISTOIRE DE IA RUSSIE ÎW ¦ rUonrtwmn SOLS LA DIRECTION DE BERNARD VINCENT HISTOIRE , DES ETATS-UNIS Champ» Wirnnûrion BRAUDEL GRAMMAIRE DES CIVILISATIONS Champs Flammarion Champs Flammarion vous offre lu chance de gagner, par tirage au sort, ces 3 livres (5 tirages).Retournez le coupon à : Champs Flammarion 375, avenue Laurier Ouest Montréal (Québec) 112V 2K3 Nom Adrc sse.Code postal 8-5-99 1 I.E I) E V OIK.1.E S S A M EDI 8 E T D I M A N C Il E !) M Al I !) il !l Livres -*¦ ESSAIS QUÉBÉCOIS Va-t-on s’en sortir un jour ?LA NATION EN QUESTION Michel Seymour L’Hexagone, Montréal, 1999,210 pages NATIONALITÉ, CITOYENNETÉ ET SOLIDARITÉ Sous la direction de Michel Seymour Éd.Liber, Montréal, 1999,510 pages Va-t-on s’en sortir un jour?Telle est la question, formulée dans un soupir, que semblent avoir envie de se poser de plus en plus de citoyens canadiens et québécois au sujet de notre sempiternel contentieux constitutionnel.Lutte nationale, guerre de pouvoirs, arguties vaseuses visant à détourner de l’essentiel?Les points de vue s’entrechoquent, se multiplient, se répètent et le malaise perdure.C’était, hier, un affrontement tranché qui opposait deux camps qu’on croyait bien définis: les fédéralistes et les souverainistes.Décrété réducteur, ce paradigme a fait place, ces dernières années, à une discussion soi-disant plus subtile mettant aux prises les conceptions civiques, ethniques et culturelles de la nation.S’est-on pour autant rapproché d’une solution acceptable pour la majorité des protagonistes?L’état actuel du débat impose la constatation inverse: les perspectives se sont modifiées, d’aucuns ont changé leur fusil d’épaule, mais l’imbroglio demeure entier.Ex-président des Intellectuels pour la souveraineté, le philosophe Michel Seymour, avec La Nation en question, nous propose un retour éclairé sur l’évolution récente du débat.Passant en revue les contributions les plus significatives émises dans ce cadre, le professeur de l’Université de Montréal insiste sur un nécessaire dépassement de l’opposition entre la nation ethnique et la nation civique de même que sur l’urgence de «dépolitiser la question».En soulignant les limites du nationalisme strictement civique mis de l’avant par le fédéraliste Jean-Pierre Derriennic, qui «entraîne très souvent l’exclusion des nations minoritaires», en rejetant le nationalisme civique habermassien proposé par le souverainiste Claude Bariteau pour cause de non-opéra-tionnalité dans le contexte canado-québé-çois, en critiquant la position de Neil Bis-soondath au sujet du multiculturalisme, en décrétant dépassé le concept de nation culturelle tel que défendu par Fernand Dumont ét, à partir d’un point de vue différent, par Charles Taylor, Michel Seymour déploie ses grandes qualités de pédagogue et fait œuvre très utile.Ce débat est complexe; les lumières du philosophe nous conduisent avec intelligence et honnêteté dans le dédale.Sérénité Cela dit, la plus grande qualité de cet essai est ailleurs.En effet, dans cette discussion explosive où la propagande partisane côtoie le plus souvent un ressentiment de mauvais aloi, la contribution de Michel Seymour brille par sa sérénité: «Il n’y a pas, écrit-il, de complot canadien pour étouffer le Québec ni de conspiration ànti-Québec ou de stratégie préméditée pour saper l'émancipation québécoise.» Il y a plutôt une conception canadienne de la nation, légitime en elle-même, qui heurte une conception québécoise, tout aussi légitime, et c’est en ce sens qu’il faut parler, selon Seymour, de faillite du fédéralisme call a dien tel que conçu actuellement.En d’autres termes, c’est parce qu’il refuse de reconnaître concrètement son statut d’État multinational que le projet canadien mérite d’être remanié, idéalement sans préjudice pour tous ceux qui le composent: «Le problème canadien, faut-il le rappeler, ne réside pas dans le refus québécois d’admettre leur identité civique canadienne, mais bien dans le refus canadien 'd’admettre la nation québécoise.Et c'est ce refus qui constitue un argument de poids en faveur de l’indépendante du Québec.» En ce sens, la solution Seymour passe par une adhésion au concept de «nation sociopolitique québécoise», le seul modèle vraiment apte, selon lui, à tenir compte avec-justice de tous les éléments de la problématique.Comment définir cette nation?Le philosophe résume: «Tout d’abord, une communauté linguistique doit être majoritaire sur un territoire donné.Il faut ensuite qu'elle constitue dans le monde entier le plus important échantillon d'une communauté linguistique partageant la même histoire et la même culture.C’est de cette manière qu’elle peut accéder au statut de majorité nationale.Il faut enfin qu ’elle oc- SOURCIC L’HKXAGONK Michel Seymour 1 Louis Cor ne II ie r ?Les lumières du philosophe Seymour éclairent le dédale constitutionnel cupe un certain territoire reconnu.C’est la condition pour qu’on puisse inclure des minorités de langue et de culture différentes au sein de la nation.» C’est à partir de cette base que Seymour réfléchit ensuite au statut des Anglo-Québécois, à celui des nations autochtones, des communautés culturelles et à l’éventuelle offre de partenariat à proposer au reste du Canada.Exhaustif ou presque (l’auteur ne laisse rien au hasard, ce qui est très rare en cette matière), clair malgré sa complexité, le projet de Michel Seymour mérite d’être reçu et discuté avec sérieux.Que l’on partage ou non ses conclusions n’enlève rien à cette démarche dont la teneur pédagogique et l’honnêteté intellectuelle me semblent admirables.Quant à moi, j’ai déjà témoigné, dans cette chronique, de mon attachement à la conception dumontienne de la nation.Aussi, à ce titre, je récuse donc l’invitation lancée par Michel Seymour à rejeter la conception culturelle de la nation sous prétexte qu’elle serait dépassée.Je suis parfois, ainsi que Dumont l’était avant de nous quitter, un peu déprimé, mais je reste, à ce sujet et dans une certaine mesure, volontariste.MICH Kl.SKÏMOlill U c,!iatif)ii question Une somme imposante Les inlassables de la question nationale, les irréductibles passionnés qui chercheraient à en avoir tout leur soûl, pourront aussi consulter Nationalité, citoyenneté et solidarité, une imposante somme réflexive réalisée sous la direction du même Michel Seymour dans le cadre d’un colloque qui s’est tenu à Montréal du 21 au 23 mai 1998.Provenant d’horizons divers (anthropologie, histoire, droit, philosophie, science politique, sociologie), les vingt-cinq participants à ce collectif tentent de penser la nation dans une perspective libérale (principalement d’inspiration anglo-saxonne) et à partir de quelques sous-thèmes structurants: la nation et les minorités, la supranation et le partenariat, la nation ethnique et la nation civique, solidarité nationale et solidarité sociale, les autochtones et le droit à l’autodétermination et nationalisme et libéralisme.J’ai déjà recensé et commenté plus longuement, dans les pages du Devoir, les travaux de certains des participants à ce projet (Gérard Bouchard, Alain Finkielkraut, Michel Seymour et, dans un contexte un peu différent, Guy Lachapelle).Pour le reste, une fois n’est pas coutume, mon papillonnage à travers cette galerie de penseurs, plus enclins pour la plupart à l’exposé technique et au maniement conceptuel quintessencié qu’à la pratique de l’essai au sens propre du terme, m’a permis de rencontrer deux vérités qu’on ne méditera jamais trop et que je vous rapporte ici puisque l’occasion m’en est donnée.D’abord, celle-ci de Christian Dufour, pour relativiser l’écœurement ressenti par certains devant la relance éternelle du débat: «On peut ne pas y voir que des avantages, mais mieux vaut tenir des référendums, multiplier les sondages, que de se faire la guerre ou de procéder à du nettoyage ethnique à la serbe.» Disons que j’aurais écrit «à la Milosevic», mais c’est un autre débat et l’essentiel de la formule ne doit pas nous échapper.Ensuite, celle-là de Thierry Hentsch, pour redire que la question nationale ne devrait jamais servir à gommer la question sociale, mais lui être attachée: «Si nous laissons l’État et le principe de solidarité qui fonde son action aller à sa dissolution ou, simplement, à une situation où l’État amoindri, toujours en baisse de légitimité, n’a plus qu’à gérer l’adaptation de l’entreprise Québec ou de l’entreprise France au marché mondial, et que nos premiers ministres respectifs se transforment en voyageurs de commerce à plein temps, alors toute notre discussion est parfaitement inutile.» Alors, va-t-on s’en sortir un jour?La question est mal posée: la réflexion continue.Et la vie aussi.Ça devrait aller de pair.louis.coniellier@collamiucl.qc.ca l'union ûGf GCfUVMiNEf ET ÉCfUVAiNÇ QyéEÉCOlÇ P (LÉ f E N TE CARTE BLANCHE À LA SARDeC Des soirées de littérature et de télévision, animées par Jean-Pierre Laurendeau, avec projections et rencontres d’auteurs, soulignant les 50 ans de la Société des auteurs, recherchistes, documentalistes et compositeurs.eri1 LlTTEP-ATU ILE /N/po-pemvAi.(V'4-J fzf-3003 Mercredi 12 mai, à 20 h Les premiers romans de la télé Présentation de auatre célèbres téléromans : Les Plouffe de Roger Lemelin ; Le Survenant de Germaine Guèvremont ; La Pension Velder de Robert Choquette ; tes Belles Histoires des pays d'en Haut de Claude-Henri Grignon.Jeudi 13 mai, à 20 h S’adapter soi-même Présentation de La Petite Patrie (en présence de Claude Jasmin) et des Fils de la Liberté (en présence de Louis Caron).Vendredi 14 mai, à 20h Le livre et les émissions jeunesse Présentation d'épisodes de la série Fanfreluche (en présence de Kim Yaroshevskaya) et de « Le Complot » de la série la courte échelle (en présence de Victor Harrouch).Samedi 15 mai, à 20 h Mon roman à la télé Présentation de L'Ombre de l'Épervier (en présence de Noël Audet) et de Les Filles de Caleb (en présence d'Arlette Cousture).Dimanche 16 mai, à 20 h Adapter l’oeuvre d’un autre Présentation de Blanche (en présence de Louise Pelletier) et de Au nom du père et du fils (en présence de Robert Gauthier).5! CINIMATHIQUE À la Cinémathèque québécoise (salle Fernand-Séguin) 335, bout, de Maisonneuve F.st Métro Berri-Uqam Prix d'entrée : 4 $ Renseignements : (514) 1142-9763 unteil de 1 Am du Canada The t itud* Council foi the Am Canadlï CONSfll DIS ARTS IT DIS IITTRU DUQUfBtC CONSEIL r*/ Ville tte Montréal S«tvfc> O* ta cohun f/X'l tU'lIct LE DEVOIR y TVR F S FT ÏÏF^ TDFFS jY V 1YJLÜ JL 1 LJ LO llLJLJLu !P ;v.PRIX TRILLIUM 1999 PRIX CHAPTERS BOOKS 1999 pour un premier roman Enfance André Alexis «André Alexis est un écrivain dont le souffle naît de profondes inspirations.» I lélène l.e Beau, File-Québec «lin mystère réjouissant qui se dévoile pudiquement, dans la dernière page.» Pascale Navarro, Voir 2SS PACES.21.95 S On n'emprunte qu'aux riches La valeur sociolinguistique et symbolique des emprunts Chantal Bouchard «les apprentis sorciers du débat linguistique auraient intérêt, au lieu de dire n'impone quoi, à méditer ce petit livre.» Louis Cornelier, Le Devoir Coll, l es grandes conférences •t.s pages.5.95 s Mailles à l'envers Jean-Louis Major «la manière de jean-Louis Major, pleine de finesse joyeuse, narquoise souvent, est tout à fait réussie.» Robert Chartrand, Le Devoir 152 PAGES.17,95 S Chantal Bouchard On n'emprunte 1 qu’aux riches rt *» mS-iXpif .Va »mpru»n | L'État-providence des entreprises Les politiques canadiennes de promotion de l’investissement direct étranger André Raynauld et Françoy Raynauld Une analyse des politiques d'aide aux investisseurs étrangers et une question gênante : les gouvernements en ont-ils pour leur argent?232 PAGES.24.95 S L’Etat- providence r .des .entreprises MI 31 l L E DEVOIR.LES S A MED! 8 E T I) IMAM C H E !) M Al 1 !) Î) !) *r Livres » LITTÉRATURE JEUNESSE Au bord de la marginalité Pour les treize ans et plus ' DO POUR DOLORÈS Carole Fréchette La courte échelle, coll.«Roman +», Montréal, 1999,148 pages (13 ans et plus) Son premier roman jeunesse, Carmen en fugue mineure, s'est classé en bonne position parmi les 10 titres préférés des adolescents au palmarès des clubs de la Livromanie en'1997, après avoir frôlé les honneurs à deux reprises (finaliste au prix Christie ainsi qu’au prix Brive/Montréal).L’auteure Carole Fréchette propose de nouveau au public adolescent un roman nettement au-dessus de la mêlée: Do pour Dolorès.Même style percutant et efficace, des personnages flamboyants et libres qui dérangent, des scènes qui laissent leur marque jusque dans la psyché, des trajectoires hors du cotrimun.Le récit démarre au milieu d’un grand désordre de verre brisé en pleine rue Sainte-Catherine.Véro est sous le choc.Elle croit avoir aperçu Dolorès.Qui est cette Dolo-rèê?Quelle est la raison d’un tel émoi?Pourquoi la supposée Do s’est-elle sauvée à l’appel de son nom?Quelles seront les conséquences de cette apparition?C’est ce qiïç l’auteure dévoile par petites touches au fil des confidences de Véro, la narratrice, qui fut jadis la meilleure amie de Do et qui s’emploiera, malgré le déluge de conseils sages, à retrouver sa trace.Le lecteur revivra d’abord la rencontre des deux adolescentes, la fascination et l’apprivoisement, découvrira les conditions de vie inhabituelles au bord de la marginalité de cette gitane nouveau genre, assistera à la naissance de leur projet audacieux de voyage à la recherche du;père de Véro.Autant celui-ci est flou et lointain, autant celui de Do esfchaleureux et merveilleusement original.Le lecteur ressentira aussi la blessure.Le manque.La cassure.Les événements se bousculent, les indices sont aussi minces que les arguments du pressenti.De l’intuition.A la lecture, la différence infranchissable entre l’autre et soi-même rétrécit.Une percée de lumière dans un sous-bois.Le désir •GROUPE SCABRINI IMPRIMEUR PRÉSENTE LES Carole Fréchette DO pour Dolorès ic- court*.&hcil£ d’amitié se renforce.L’autre qui est souvent ce que l’on n’ose pas.La tentation de l’audace s’empare de nous.Oser être différent.Roman substantiel et consistant.JOURNAL D’UN BON À RIEN Michel Noël Hurtubise HMH, coll.«Atout», Montréal, 1999,256 pages (13 ans et plus) Après les deux tomes de Dompter l’enfant sauvage (éd.Michel Quin-tin) parus cet automne, l’auteur Michel Noël, récipiendaire du prix du Gouverneur général en 1997 pour La Ligne de frappe (HMH), poursuit l’histoire de Nipishish, cet enfant amérindien arraché à sa famille et à sa forêt dans les années 50 pour être «instruit» dans un pensionnat.De retour dans son village, Nipishish (14 ans) est écartelé entre la tradition et les voies de l’avenir, entre ses souvenirs idéalisés et la réalité de la vie amérindienne.Les voitures et les maisons carrées font leur apparition dans le camp.Il s’ennuie de la douce Pinamen, ne sait plus qui il est, Blanc ou Indien.On lui assigne une famille d’accueil en ville.Il décide de n AG M V MARQUIS i m p r i m e u r***' La passion du livre.1- LE PARI, Dominique Demers, Québec Amérique 2- LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES.Gaétan Soucy, Boréal 3- TAXI POUR LA LIBERTÉ, Gilles Gougeon, Libre Expression T Essais Québécois : - l- LES BŒUFS SONT LENTS MAIS LA TERRE EST PATIENTE.Pierre Falardeau, VLB éd.2- PASSAGE OBLIGÉ.Charles Sirois, Éd.de l’Homme 3- L'INGRATITUDE, Finkielkraut / Robitaille, Québec Amérique .Livres jeunesse Québécois Romans Québécois 1- CHARLOTTE PORTE-BONHEUR, Macha Grenon, Alexandre Stanké 2- LES PIÈGES DE CLÉMENTINE.Christine Brouillet, La courte échelle 3- NOÉMI T.7, Gilles Tibo, Québec Amérique Poésie Québécoise 1- MUSÉE DE L'OS ET DE L'EAU, Nicole Brossard, Soroit Livres pratiques -JE MANGE, JE MAIGRIS ET JE RESTE MINCE.Michel Montignac, Flammarion - RECETTES ET MENUS, Michel Montignac, Trustar Romans Étrangers UNE VEUVE DE PAPIER, John Irving, Seuil BABYLON BLUES, Maurice G.Dantec, Gallimard L’ASSOCIÉ.John Grisham, Robert Laffont Essais Étrangers • LA PRISONNIÈRE.Michèle Fitoussi, Grasset ¦ L'OGRE INTÉRIEUR.Christiane Olivier, Fayard ¦ L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE T.2.Daniel Goleman, Robert Laffont Le coup de coeur Québécois lilltlM LE Fl’R E T E l R 1- LE VASTE MONDE.Robert Lalonde, Boréal Le coup de coeur de Mvriam Bédard nouveau I 1- IA CITÉ DES INTELLIGENCES, Sylvie Gendreau, Géra Ce livre nous porte à réfléchir sur la vie, à chercher tes moyens d’équilibrer tes forces du cœur et celles de l’esprit, et à réinventer sa vie grâce à l’utilisation du multimédia - très stimulant ! Myriam Bédard, triple médaillée olympique | Archambault Musique et litres, 849-6201 • librairie Champin»), 844-2987 • Librairie Clément Morin, (819) 379-4153 : librairie du Soleil, 1613) 241-6999 • librairie du Square.849-7617 • Ubralrie Gallimard.499-2012 , librairie Carneau Inc., 384-8760 • librairie CC lara.(819) 966-0344 • librairie Hermès Inc.274-3669 ! Ubralrie le Fureteur Inc., (490) 469-9997 • librairie le Parchemin.849-9243 • Ubralrie Monet, 337-4083 1 librairie Olivieri.739-3639 • Ubralrie Pantoute.(418) 694-9748 • librairie 3'augeols.(418) 681-0294 tenter sa chance et de retourner à l’école.Journal d’un bon à rien est le récit à la première personne de son questionnement et de ses mésaventures.Les commentaires de Nipishish embrassent la sédentarisation qui s’amorce, les tentations de la société de consommation, le rôle des agents de la faune (présentés comme des lâches plutôt sournois), l’ignorance, l’impuissance d’un peuple dont le destin commence à basculer.Ineffable, cette scène où le clan de Manie s’installe à l’indienne dans la maison carrée construite pour des besoins de citadins; inoubliable, cette scène des femmes en colère défiant les gardes-chasse après le Makoucham; triste, le regard du sage Poné constatant que les agents du ministère ont filé en douce pendant son histoire.Le point de vue adopté est volontairement subjectif et partial, les Indiens apparaissant en victimes, subissant les décisions absurdes des Blancs, les méprisant secrètement et les enviant en même temps.En ville, Nipishish se met les pieds dans les plats jusqu’aux oreilles.Et c’est à suivre.MA PRISON DE CHAIR Susanne Julien Pierre Tisseyre, coll.«Faubourg St-Rock» Montréal, 1999,156 pages Susanne Julien a souvent réservé des surprises à ses fans, amateurs de la collection «Faubourg St-Rock» où simples lecteurs de l’une ou l’autre publication.Thèmes sociaux (sida, pauvreté.), historiques, romans policiers ou fantastiques, personnages fantaisistes tels que ce Jo-saphat Célestin Dumbell (Des mots et des poussières)-, les oeuvres se suivent et ne se ressemblent pas.Dans Ma prison de chair, l’auteure reprend le personnage de Caroline (présente à quelques reprises dans d’autres titres de la collection) pour en fair.e le point central de son roman.A la suite d’un accident de moto, la voilà clouée au lit par un joli coma; ce qui en fait le témoin idéal de tout ce qui se noue et se dénoue au Faubourg, à la condition, bien sûr, que son coma ressemble à une paralysie, raccourci que l’auteure ne s’est pas gênée de prendre.Aveux, pleurs et réconciliations se succèdent donc à son chevet, pendant que la confidente enrage de ne pouvoir intervenir.Pressentant quelque drame entre Maxime, un camarade de la poly, et la directrice adjointe, l’indispensable Mme Visvikis, Caroline décide de s’en mêler: communication par la pensée, voyage astral, adieu le réalisme, bonjour n’importe quoi! ' Le récit décolle en même temps que l’esprit de Caroline et la fantaisie est bien servie.Malheureusement, les personnages et les motivations souffrent d’une légère surdose de facilité.On n’y croit pas tout à fait.On sent les ficelles de l’auteure à travers la fausse urgence, mais le voyage est tout de même agréable.A condition, bien sûr, d’aimer les ultralégers! Gisèle Desroches Héros méchants, méchants héros i • Les écrivains pour adolescents osent dangereusement Alors que résonnent encore les cris d’horreur du Colorado et de l’Alberta, deux romans troublants mettent en scène des adolescents cruels et criminels.MON AMITIÉ AVEC TULIPE Anne Fine Traduction de l’anglais par Dominique Kugler L’école des loisirs, coll.«Médium», Paris, 1998,196 pages DE IA TENDRESSE Robert Cormier Traduction de l’américain par Frederique Pressmann L’école des loisirs, coll.«Médium», Paris, 1999,204 pages CAROLE TREMBLAY On ne peut plus se fier à personne, même pas aux auteurs de fiction, pour distinguer avec précision les bons des méchants.C’est encore plus vrai avec les écrivains pour adolescents, qui ont de plus en plus tendance à abandonner le manichéisme moralisateur au profit d’oeuvres plus denses, plus complexes, mais aussi beaucoup plus déroutantes.La Britannique Anne Fine n’a jamais porté de gros sabots.Mais dans Mon amitié avec Tulipe, elle fignole ses dentelles comme jamais.Le sous-titre, «On ne naît pas méchant», pouvait faire craindre une eau de rose savonneuse à rincer la bonne conscience.Il n’en est rien.Avec ce récit d’une amitié «particulière», l’auteure éclaire à petites touches les zones obscures de la cruauté, zigzaguant sur les frontières floues entre le bien et le mal.Elle dessine avec tendresse un personnage de monstre, tout à la fois charmant et pervers, dont les motivations oscillent constamment entre le plaisir libre et gratuit du geste destructeur et l’exorcisme cathartique qu’il procure à son âme blessée.Tulipe, une fillette solitaire aux cheveux en bataille, traîne dans les champs qui entoure le Palace, le nouvel hôtel où la famille de Nathalie vient d’emménager.Nathalie voudrait bien lui offrir son amitié, mais Tulipe est étrange.Elle est insolente, menteuse, imprévisible; par contre, son intelligence vive et son imagination singulière en font une camarade de jeu incomparable, capable d’inventer mille façons étonnantes de s’amuser.Le malaise qu’elle provoque chez Nathalie fait bientôt place à la fascination.Au fil des mois, puis des ans, Tulipe utilise cet envoûtement pour entraîner sa seule amie dans des activités toujours plus risquées, toujours plus cruelles.Avec la venue de l’adolescence, les jeux d’enfants prennent de plus en plus des allures d’actes criminels.Lorsque Tulipe va torturer psychologiquement des parents qui viennent de perdre leur enfant ou qu’elle va mettre le feu à des granges, Nathalie comprend qu’il est temps pour elle de rompre les liens avant d’être avalée par la haine et l’inconsolable détresse de son amie.Mais la dangereuse Tulipe ne pardonnera pas cette trahison.DU 20 MAI AU 6 JUIN 1999 — s* édition Festival de Théâtre des Amériques En collaboration avec ASSOCIATION NATIONALE DES ÉDITEURS DE LIVRES FRANCE POUR UN OUI OU POUR UN NON de Nathalie Sarraute Mise en scène de Jacques Lassalle Avec Johanna Nizard Jean-Damien Barbin Nicolas Bonnefoy Hugues Quester Théâtre national de la Colline Compagnie Jacques Lassalle, Pour Mémoire Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E.Du 21 au 28 mal Monument-National Salle Ludger-Duvernay v=/ Articulée (514) 871-2224 LA FERME DU GARET de Raymond Depardon Mise en scène de Marc Feld Avec Claude Duneton et Gérard Barreaux à l’accordéon Théâtre du Maraudeur et ses coproducteurs Du 23 au 26 mal Sur ta scène du ^— Théâtre Denise-Pelletier grTW J INFO-FESTIVAL (514) 871-2224 __ _ it -, www.fta.qc.ca LSiUéiUiÜ?Le roman se termine sur le Palace en flammes et la culpabilité immense de Nathalie de n’avoir rien pu faire pour sauver son amie ni pour protéger sa propre famille.Assassin à 18 ans Dans De la tendresse, de l’Américain Robert Cormier, on monte d’un cran dans l’horreur en passant de la méchanceté de Tulipe q l’univers plus froid et calculateur d’Eric, un serial killer de 18 ans.Incarcéré dans un centre de détention pour jeunes après avoir frpidement abattu mère et beau-père, Eric ne pense qu’à une seule chose, terminer rapidement sa peine pour saisir de nouveau, dans une étreinte fatale, de belles filles aux cheveux fous.Ce qu’il a déjà fait trois fois sans se faire prendre.Comme dans le roman d’Anne Fuie, le criminel est présenté comme un être doté d’un puissant pouvoir de séduction.Charmant, gentil, attentionné, tout le venin de son être se concentre dans cette action très précise qui consiste à étrangler des jeunes filles aux longs cheveux noirs, reconstituant par ce rituel macabre un souvenir d’amour partagé avçc sa mère.En fait, par ses crimes, Eric ne fait que répondre à un violent besoin de tendresse.Et c’est littéralement dans ces termes que l’auteur décrit les scènes de meurtre.En contrepoint des états d’âme et des émotions du jeune homme se joue la partition de Lori, une jeune fugueuse qui s’est mise en tête de l’ai- mer.Elle est prête à le suivre malgré tout ce qu’il représente.Pourchassé par un vieil inspecteur, qui soupçonne Eric d’être capable du pire, le cquple ; de mal-aimés roule à travers les Etats-Unis dans une vieille camionnette, transportant côte à côte leur mal de vivre impossible à partager, à la fois méfiants et reconnaissants envers l’autre d’être là.Véritable thriller, le roman emprunte au cinéma non seulement sa trame narrative de road movie mais aussi cette façon détachée et «immorale» de traiter les criminels, comme s’il s’agissait de héros comme les autres.Au cinéma, comme en littérature jeunesse, on ne démonise plus les «méchants».On a plutôt tendance à les présenter comme les victimes d’un monde contre lequel ils retournent leurs armes.Mais s’ils ont droit aux circonstances atténuantes, les monstres n’ont pas pour autant accès à la rédemption.Dans De la tendresse, la fin tragique survient là où on ne l’attendait pas.Et s’il n’est pas exactement puni pour ce qu’il a fait, Eric n’est pas plus sauvé par l’amour inconditionnel que Tulipe ne l’était par l’amitié.Alors que résonnent encore les cris d’horreur du Colorado et de l’Alberta, ces deux romans posent des questions troublantes et cruelles, cruelles puisqu’elles sont sans réponse et qu’elles nous laissent avec le malaise entier.S’il est vrai que les méchants sont des êtres profondément malheureux, il est aussi vrai que nous ne pouvons pas grand-chose pour les délivrer d’eux-mêmes et qu’il faut trouver, à tout le moins, un moyen de ne pas, en être les victimes.Robert Cormier De la tendresse Médium TSUBAKI de Aki Shimnzaki Dans un stvle sobre et évocateur, ce court roman entremêle horreur planétaire et drame intime ; le parlent des camélias (tmbalti) s’y confond avec le image du champignon atomique.» Monique Roy, Châtelaine I,montant.I.e récit, sublime, de la lorce tranquille, de 1 héroïsme triste, de l’intervention, dans un monde dévoré par les passions destructrices.A lire d'urgence, sous un cerisier en fleurs!» Roger Chénier, libraire « |.] nn roman court, dense, dérangeant, qui se joue au passé de Nagasaki |.| ( ."est beau, la voix est là.• I lélène Le Beau, Me Québec -Vie et mort se tiennent complices lace à ce qui nous échoit.( est là oit réside la grande beauté déroutante île Isnl/itld, dans celte réflexion sur le sort des humains et sur la maniéré de sen délivrer.Yvon Momoya.Ici LEMÉAf'/ACTES SI 7) LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET D I M A N C II E 9 MAI 1 9 9 9 I) 9 Ws Livres LA VIE LITTÉRAIRE Pleins feux sur la littérature LVNEQ fera la fête du 13 au 21 mai Pour une cinquième saison, le printemps est annonciateur de mille et un mots avec le début du Festival de la littérature, présenté par l’Union des écrivains québécois et mettant la poésie à l’honneur cette année.Au menu, littérature mise en scène, en images et en musique.Et l’écrivain Alexandre Jardin alimente l’industrie de la thérapie de couple! Ma rie-Andrée Chouinard Le Devoir Alors que Montréal enfile son air coquin du printemps, la littérature revêt ses plus beaux atours.C’est le cinquième Festival de la littérature qui commence, qu’on se le dise! Du 13 au 21 mai, les mots sont à l’honneur à l’occasion de cette fête orchestrée par l’Union des écrivains québécois (UNEQ).Même si Montréal récolte la part du lion en ce qui a trait aux activités, c’est à travers la province qu’on fait une pause littéraire, ne serait-ce que pour jeter un regard différent sur les écrits, les marier à d’autres formes d’art ou encore simplement rencontrer les auteurs de tous ces mots qui font l’âme de notre littérature.Au nombre des activités, qui sont multiples et nécessitent la participation de quelque 150 écrivains ainsi que d’une centaine d’artistes d’autres disciplines, notons-en quelques-unes: d’abord, un hommage montréalais à laiittérature du Bas-Saint-Laurent, le sainedi 15 mai.D commence dès llh par un brunch littéraire à la Maison des écrivains en présence d’auteurs dont Robert Lalonde, Madeleine Ga-grtôn et Sergio Kokis.Après un après-midi sous le signe de la littérature et des animations jeunesse, la librairie Olivieri (avenue de la Côte-des-Nêiges) ouvre ses portes à des écrivains dont les écrits ont été inspirés des travaux de trois photographes du Bas-Saint-Laurent.Un clarinettiste devrait enrober ces lettres de plusieurs notes endiablées.En fin de journée, un spectacle de contes inspiré de la formule des Grandes Gueules de Trois-Pistoles mettra en vedette quelques célèbres conteurs dont Michel Faubert.Le vendredi 14, une soirée Acadie-Louisiane-Québec animée par Michel Garneau met en vedette poésie et musique.On jase, on jazz réunira sur une même scène des poètes et musiciens d’Acadie, de Louisiane et du Québec.Le poète-chanteur québécois Raoul Duguay sera du nombre! Continuant de défiler quelques-unes des activités auxquelles vous pourrez participer, notons aussi un spectacle, le mardi 18 mai, au cours duquel littérature et tango seront en vedette.Nous sommes d’Amérique, annonce le titre du spectacle (à 20h au Lion d’Or, suivi d’une soirée dansante), qui présente des danseurs de tango mariés à des écrivains venus des trois Amériques: Joël Des Rosiers (Haiti), Pierrç Nepveu (Québec), David Homel (Etats-Unis) et Gilberto Flores Patino (Mexique), entre autres écrivains.Danseurs et bandonéoniste (accordéoniste) seront de la partie.Le dimanche 16 mai, le carré Saint-Louis ouvre son espace de liberté à la parole littéraire.Dès llh, un marché de la poésie est installé en plein cœur du parc sous un chapiteau: des maisons d’édition vous invitent à venir fureter parmi leurs perles poétiques.En début d’après-midi, le micro est passé aux auteurs de la relève qui n’ont pas encore été publiés, de même qu’à de jeunes enfants et à des poètes plus aguerris.La fanfare Pourpour colorera la fiesta.Tourisme Plateau Mont-Royal a également eu la géniale idée de présenter «Le Plateau de Michel Tremblay», une promenade de trois heures en autocar et à pied qui permettra de découvrir l’histoire du Plateau à travers les célèbres Chroniques de l’un de nos au- JACOUES NADEAU LE DEVOIR Madeleine Gagnon LIVRES ANCIENS ET MODERNES • Achat • Vente • Expertise JL BOUQUINERiE SAINT-DENIS 4075.rue St-Denis (angle Duluth) Achats à domicile (514) 288-5567 teurs les plus connus.C’est gratuit! Le départ sera donné le 16 mai à 12h30 au carré Saint-Louis.Réservations: (514) 524-8767, poste 25.L’activité sera reprise du 13 juin au 5 septembre.Et enfin, tous les jours, le Cabaret des Terrasses Saint-Sulpice (rue Saint-Denis) se transformera en lieu de prédilection pour les confidences littéraires avec la tenue des «cinq à souhaits».Ces cinq à sept poétiques permettront d’entendre tous les jours des poètes différents présenter leurs écrits accompagnés de musiciens.On y verra notamment Roland Giguère, Yves Préfontaine, Louise Dupré, Paul Bélanger et d’autres encore.Le cinquième Festival de la littérature commence le jeudi 13 mai et se poursuit jusqu’au vendredi 21 mai.Info-Festival: (514) 828-3003.Alexandre Jardin et la thérapie de couple Qui n’a pas entendu parler des lubies amoureuses de l’écrivain Alexandre Jardin?Après Le Zèbre, Fanfan, Bille en tête et L’île des Gauchers, le jeune auteur français est d’ailleurs devenu le confident épisto-laire de milliers de lecteurs troublés par sa façon de réinventer continuellement la spontanéité amoureuse avant qu'elle ne s’enlise dans la grisaille du quotidien.Eh! bien, Alexandre Jardin et ses drôleries littéraires se transportent jusque dans la vraie vie.J’en veux pour preuve ce communiqué reçu cette semaine et faisant la promotion de la tenue prochaine d’un atelier au montréalais Centre Saint-Pierre.Titre de l’atelier: «La Reconquête amoureuse».Le lien avec la littérature et le Jardin en question s’explique tout simplement par le fait que les organisateurs de l’atelier, sociologue et thérapeute, se sont inspirés du roman L'île des Gauchers pour bâtir l’atelier destiné «aux couples qui ont envie de raviver la flamme des premiers jours».À l’image du bouquin, on prévoit même la tenue d’un bal des amoureux.«Surfile légendaire des Gauchers, la fantaisie est de mise mais des règles du jeu vous invitent à un processus complexe afin de séduire sans relâche l’élu de votre cœur, explique-t-on.C’est l’exercice auquel les couples sont conviés tout au long du week-end afin de regagner l’amour, la passion, le romantisme et la séduction délaissés au profit de la routine, des tâches domestiques, du travail quotidien et de l’éducation des enfants.» Entièrement inspirée du cœur du livre — où le personnage principal tente de conquérir sa douce en l’emmenant sur l’île des Gauchers —, l’atelier prévoit d’abord l’arrivée dans l’île des Gauchers en montgolfière (le tout recréé par un décor, bien sûr), des activités favorisant la communication, un passage du côté des îles du Silence et de la Vérité (présentes dans le roman), et enfin le bal des amoureux, où les déclara- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alexandre Jardin fions d’amour seront de mises.On se demande bien ce que dirait l’auteur s’il apprenait la tenue de cet atelier.En entrevue au Devoir il y a quelques mois, il confiait tout de même recevoir des milliers de lettres en relation avec la parution de L’île des Gauchers, bon nombre d’entre elles provenant du.Québec! Ce n’est qu’un au revoir.Quant à l’auteure de ces lignes, c’est ici qu’elle vous salue bien bas pour mieux vous retrouver non pas «à l’aube de l’an 2000» mais plutôt les deux pieds dedans.Cette absence temporaire lui permettra de se mettre plusieurs beaux bouquins sous la prunelle en plus d’accoucher non pas d’un premier roman mais d’un deuxième marmot.Au plaisir, et bonnes lectures! LIVRES PRATIQUES Santé ! LES VERTUS DE L’AIL Gepeviève Pelletier Les Editions Québécor Outremont, 1999,140 pages On revient de plus en plus aux remèdes naturels qui ont fait leur preuve de tout temps.Ce guide nous renseigne sur l’histoire, la culture et la consommation de l’ail ainsi que sur son utilisation comme traitement curatif ou préventif.Bien sûr, tout le monde s’insurge contre les effets de l’ail sur lTia-leine.L’auteure y donne donc toute une série de conseils pour se débarrasser de la mauvaise haleine causée par l’ail: après consommation, mâchez du persil, des grains de café, des graines de cardamone, de la menthe fraîche, des feuilles d’eucalyptus ou des grains d’anis.Alors pourquoi se priver de ses bienfaits?ARROSEZ LES FLEURS PAS LES MAUVAISES HERBES! Fletcher Peacock Les Editions de l’Homme Montréal, 1999,160 pages Écrit par celui qui se définit lui-même, non sans un clin d’œil, comme professeur du bonheur, cet ouvrage élabore une stratégie qui vise à améliorer nos relations familiales, amoureuses et professionnelles.Il a été rédigé à partir de séminaires et de conférences données par ce consultant en communication un peu partout à travers le monde.Les éditeurs en ont conservé la forme du «français parlé» afin d’en «préserver la fraîcheur, le dynamisme et l’enthousiasme que suscite l'auteur dans ses formations professionnelles».Au lieu de s’attarder à chercher les causes de nos difficultés dans le domaine des relations, Peacok nous invite à en découvrir les solutions.Un guide positif truffé de courtes histoires simples et éclairantes.LES HUILES ESSENTIELLES Danielle Huard en collaboration avec Isabelle Huard Les Éditions Québécor Outremont, 1999,197 pages C’est la mode, tout le monde en parle, on en vend partout Pour vous guider dans le labyrinthe de l’aromathérapie et des huiles essentielles qui se re- trouvent naturellement dans les diverses parties des plantes, des herbes, des fleurs, des fruits, des bois et des épices, voici un guide qui vous apprendra tout ce que vous devez savoir pour profiter de ces techniques de médecine naturelle et alternative.CARNET DE VOYAGE Utilis éditeurs Montréal, 1999,160 pages Voyager constitue une expérience qui devrait être heureuse et permettre d’emmagasiner des souvenirs.Ce carnet de voyage a un double objectif: dans un premier temps, celui de mieux préparer au voyage puis, dans un deuxième temps, celui d'être un aide-mémoire où noter ses impressions de voyage au jour le jour.On trouve donc en première partie de ce carnet des renseignements utiles sur les papiers à apporter avec soi, les assurances, les questions de santé, les bagages, les douanes, les questions d’argent, l’éthique du voyageur ain$i que quelques conseils pour partir en toute sécurité et un carnet d’adresses.Puis vient, en deuxième partie, le carnet de voyage proprement dit Une excellente idée de cadeau pour qui s’envole vers d’autres deux.DEBAT Main basse sur l’éducation À l'occasion du lancement d'un ouvrage collectif sur l'éducation publié aux éditions NOTA BENE, la librairie Olivieri vous invite à débattre avec : Gilles GAGNÉ, Jean LAROSE, Hugues BOISVERT, directeur du département de sociologie de l'Université Laval, coordonnateur de Main basse sur l'éducation professeur de littérature à l'Université de Montréal, collaborateur à Main basse sur l'éducation directeur du Service des sciences comptables, HEC, auteur de L'université à réinventer (ERPI, 1997) Jeudi 13 mai à 19 h R.S.V.P.739-3939 Le Ministère, les syndicats et les Facultés d'éducation finiront-ils par tuer l’école?Neuf auteurs dénoncent l’aveuglement de cette triple alliance.Olivieri librairie-bistro 5219 ch.de la côte-des-neiges T 514.739.3639 F 514.739.3630 H3T 1Y1 métro côte-des-neiges Notre bistro est ouvert tous les Jours à partir de 11 heures Guy Demers Sabines L'ovulation est-elle un antidote contre le fanatisme religieux?Guy Demers Sabines 216 p.• 22,95 $ 'A .* - Wfwrra 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 \ 1 Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 : 1-: .Courriel: xyzed@mlink.net l’union DES ECILlVAi NEÇ et ECILlVAlNÇ Q_y E ?E C O l Ç P (LE Ç ENTE iNieo-eEçTi vAL llh 12 h MARCHE DE LA POESIE Présence de nombreux éditeurs de poésie au Cane Saint-Louis En collaboration avec la Fédération des producteurs de lait (W ^-3003 DU 13 AU 21 MAI 1999 DES 5 À SOUHAITS À l'heure de l'apéro, des lectures au Cabaret des Terrasses Saint-Sulpice (relâche le samedi 15 mai 1999) DU 12 AU 16 MAI 1999 CARTE BLANCHE À LA SARDEC Cinq soirées de littérature et de télévision, avec projections et rencontres d’auteurs En collaboration avec la Cinémathèque québécoise VENDREDI 14 MAI 1999 22 h ON JASE, ON JAZZ Une soirée de poésie et de musique Acadie-Québec-Louisiane à la Maison de la culture Frontenac En collaboration avec les Éditions Perce-Neige et la Chaîne culturelle de Radio-Canada DIMANCHE 16 MAI 1999 9 h PROMENADE SUR LES PAS DES ÉCRIVAINS Parcours littéraire sur les traces des poètes de l'École littéraire de Montréal En collaboration avec le Cetuq de l'Université de Montréal A LA BOHEME Parcours littéraire sur le Plateau Mont-Royal Une présentation de Tourisme Plateau Mont-Royal 12 h 30 LE PLATEAU DE MICHEL TREMBLAY Parcours littéraire inspiré des Chroniques du Plateau Mont-Royal Une présentation de Tourisme Plateau Mont-Royal 13 h LITTÉRATURE AU CARRÉ Fête littéraire et musicale au Cané Saint-Louis En collaboration avec la Fédération des producteurs de lait 14h ÉTATS d’ÂME, ÉTATS DE LANGUE Vernissage d'une exposition Une présentation du Centre d'Exposition Lanaudiére LUNDI 17 MAI 1999 20 h FOUS SOLIDAIRES Spectacle de littérature et chanson en hommage au poète Gilbert Langevin à la Maison de la culture Frontenac MARDI 18 MAI 1999 19 h30 LES MARDIS FUGÈRE Jean Fugère s’entretient avec Lise Payette à la Maison de la Culture Frontenac Une présentation de la Maison des écrivains 20 h NOUS SOMMES D’AMÉRIQUES Soirée littéraire, musicale et dansante au Lion d'Or MERCREDI 19 MAI 1999 20 h UN BLEU D’AMÉRIQUE Soirée de lectures de poésie En collaboration avec le Goethe-Institut ^ A c O t ^ 11 h le samedi 16 mai 1999 En collaboration avec le Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent Un atelier d’écriture dans un brunch Entre deux croissants et un café, une rencontre littéraire organisée par le Camp littéraire Félix à la Maison des écrivains (réservation obligatoire) 12 h à 17 h Le Bas-Saint-Laurent jette l’ancre ! Tout un après-midi d’animations jeunesse organisées par l'équipage de la Bibliothèque Ste-Blandine et le Salon de littérature de Mont-Joli à la Bibliothèque Frontenac 17 h Départ sur l'image Une rencontre entre écrivains et photographes sur fond musical organisée par le Salon du livre de Rimouski à la Librairie Olivieri 20 h 30 L’Encre rêve Soirée littéraire et musicale à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur 22 h 30 Le Saint-Laurent conté d’amont en aval Spectacle de contes au Sergent recruteur organisé par le Rendez-vous des Grandes Gueules de Trois-Pistoles - Hydro-Québec en collaboration avec les Productions du Diable Vert Canada Le Conieil det Am The Canada Council du Canada for the Am CONSUL DISANTS IT OIS LITTBIS DU QUf BIC CONSEIL DISERTS Ville de Montréal Sarvxa
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