Le devoir, 5 juin 1999, Cahier B
L K 1) E V OIK.I.E S S A M E I) I 5 E T l> 1 M A N C 11 E (i .1 L! I X I !l !» !l ?LE r't •' '.NUSW ¦ ’ : ' CINEMA: PATHÉTIX.PAGE B 3 THÉÂTRE: LES 15 JOURS DES RÉGIONS PAGE B 4 GARGOUILLES ET GARGOUILLIS PAGE B 8 Disques page B 5 Arts visuels page B 7 MUSIQUE page B8 Présence autochtone, une manifestation qui rencontre LE PUBLIC PAR L’ENTREMISE DE LA MUSIQUE, DE LA PEINTURE, DES MÉTIERS TRADITIONNELS ET DU CINÉMA DES ABORIGÈNES DE PAR LE MONDE, REPREND SES DROITS SUR LE QUARTIER LATIN DU 8 AU 22 JUIN.L’ÉVÉNEMENT, NÉ D’UNE VOLONTÉ DE RÉCONCILIATION, DANS LA FOULÉE DE IA CRISE D’OKA, EST EN PASSE DE DEVENIR UNE CÉLÉBRATION DE LA CULTURE AUTOCHTONE DANS TOUS SES ÉTATS.SOURCE: PRESENCE AUTOCHTONE BRIAN MYLES LE DEVOIR VOIR PAGE B 2: AUTOCHTONE es bureaux abritant l’organisation de Présence autochtone sont à l’image des origines du festival: modestes.Le plâtre s’effrite sur les murs intérieurs de l’immeuble, et sur les calorifères sont apparues des taches de rouille.Pour tenir la fenêtre de la salle de conférence ouverte en une matinée humide, la brosse du tableau a été réquisitionnée.Sur le tableau apparaît un diagramme de forme conique.S’agit-il d’un tipi?Que non! C’est une illustration de l’effet d’une projection au «cristal liquide».Il reste moins d’une semaine avant le lancement de la 9 édition de Présence autochtone, ce qui fait qu’André Dude-maine et une dizaine de personnes travaillent d’arrache-pied au local de Terres en vues, l’organisme qui chapeaute le festival.Tout doit être fin prêt pour que les Montréalais assistent en grand nombre à cette manifestation autochtone et inuit, sous le thème «Les territoires de la création».Sans fard et sans plumes Préparez-vous à subir une transformation, lançait André Dudemaine à la presse, la semaine dernière, lors du dévoilement de la programmation du festival.Transformation parce que Présence autochtone offre un condensé de la culture autochtone qui se présente sans fard, sans plumes et sans clichés.Près des deux tiers des 111 films et vidéos qui seront présentés sont le fruit de créateurs autochtones, explique M.Dudemaine.«Le public est tellement habitué à voir les Premières Nations à travers une fenêtre, une grille, une lunette d'approche, poursuit-t-il.Et là, on enlève la fenêtre, la grille ou la lunette, et vous voilà avec les Premières Nations.C’est un ébranlement des certitudes, une découverte de la multiplicité des réalités autochtones qui est insoupçonnée de l’extérieur.» + ; D1A B 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 E T 1) 1 M A N C 11 E (ii loluc |uuu FRANÇOIS-RENÉ DUCHABLE, piano ZZZ- Ult PROGRAMME TOUT CHOPIN V /iZi EMMANUEL PAHUD, flûte programme R eimke.Weber.Poulenc.Boulez et J olivet Dm DiliWHIion de 4K5*"* alUL ii- lundi N niivi’inliic 11,1111 i c lundi JJ nuvriiilne l1|1,,, GRIGORI SOKOLOV, piano PROGRAMME à déterminer_ I i* 111.Hill I N j.invirl JOUI) JAIME LAREDO, violon T” programme Stravinski.Rorem Busoni.Copland fl Ravel I u lundi I j.illviiM J(100 BARBARA HENDRICKS, soprano au piano, Staffan Scheja programme à venir r I i- Iluidi .US k-viu-i 20U0 LE QUATUOR DE TOKYO programme Debussy.Webem et Schumann I e lundi I î ni.us 2000 HÉLÈNE MERCIER, piano avec LE QUATUOR DE LEIPZIG , programme Mozart Mtndtiïsohn et Dvorak v Lunh,nM1 ?La série TOPAZE, 5e Salle, Place des Arts, 20 h l e lundi I t décembre l°oo SHELLEY KATZ, piàSo programme lis Variations Goldberg de I S bach l e lundi I 7 avril 2000 U QUATUOR ARTHUR-LEBLANC et .JAMES CAMPBELL, clarinette * khubert Zemlinski et Françaix PROGRAMME Sch t F rançaix HORS SÉRIE I e dimanche I r lévriei 2000, 20 h UN PIANISTE DE RÉPUTATION MONDIALE DONT LE NOM SERA DÉVOILÉ EN SEPTEMBRE TOUS LES PROGRAMMES SONT ANNONCES SOUS RESERVE DE MODIFICATION Parterre ri Série Émeraude Corbeille A-B Corbeille C-D-E Étudiants Ie'abonnement 135$ 100$ 65$ 2 2e abonnement 130$ 100$.65 S 9 Billet(s) à l’unité 25$ 20$ 12$ Série Topaze • Seulement 40$ 18$ i Abonnés Émeraude 30$ Billelbl à l’unité 22$ 10$ M Concert Hors série 50$ 45$ 45$ TéL (514) 845-0532 ^TMicontinefllBl @ Téléc.: (514) 845-1500 Site Web : wntwprofliumqao / Courriel : (oncerts@promusi0 00090 ••••••••••* ««•* !•••• #•••• ••••••*' ¦••••• •«•••?••••••••• »•••••••«00**0> •••••••••••• >••••• •••••• • •••• liisqu^aii 24 octobre 1999 • • • • •••••••••*••& •• • • •••*•< •*»«•• «••* >••• » ••• • ••«••••• •••••! >•••• • ••«•! « * • ••»••••?• •• •••*»•• >•• • • ••••«•••#•• • •••••I ••••«•••••• '••• • '•*••• • ••••••••••< >•••* >00000 00000000 !•••• • •• ••?• •• • •• • ••»• L’exposition dresse un bilan de l’aeiivité artistique des années 1 !)(i0-1970 au Québec.Au eours de ees deux décennies, la planète est en ébullition.Le Québec aussi! He nouveaux artistes émergent.La soeiété les inspire.Ils veulent se rapproeher du public.mm ••• • • •• •••¦*••••••••••••••• •«•4 4 0 4 4 4 4 4 4 4 4 0 4 4 4 4 MUSrii DE I A CIVILISATION 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 Hîi.me Oellmosie.Iliiéliçi: • ((IJj tiCI >U • www.mqij.flig 4 0 0- ?» ¦ ¦ VITRINE SUITE DE LA PAGE B 5 en juge la valeur par rapport au dernier Junkies.Ni passé ni futur qui tiennent ici: rien que de la musiqup .délicieusement dissolue et triste.A goûter seulement si l’on est accro.Curieusement, c’est grâce à ce disque que je le suis à nouveau.S.C.u TOUT LE MONDE AU CIEL Claude Péloquin A .Musi-Art (GAM) Quand je pense à Claude Péloquin, je vois une chemise hawaïenne avec un gars dedans, les deux volant au-dessus de la salle de bal du Wes-tin Mont-Royal sur un tapis de Turquie (c’est plus parti).Souvenir surréaliste d’une rarissime apparition fmblique du plus fameux drop-out de a chanson québécoise à l’occasion de l’intronisation de son Lindbergh au panthéon des Classiques de la n SOCAN.Je n’ai rien retenu de son laïus d’acceptation audit gala, sinon que personne n'avait rien compris et qu’on avait tous bien rigolé.C’est précisément ce que j’espérais du retour inattendu sur disque de Pélo-le- parolier-de-Charlebois-première-époque: ne rien piger et pouffer un brin.Écouter cet album comme on lit un article de Hunter S.Thompson, le célèbre trippeux du magazine Rolling Stone et auteur de Fear And Loathing In Las Vegas.Pour l’effet Hélas, c’est raté.A jeun, c’est franchement imbuvable.Drogué, je n'ai pas essayé, imbibé non plus.Imaginez du Lucien Francœur sans l’humour, de la poésie de «bars mal famés», d’indiens «déracinés» et d’«amour dans le triangle des Bermudes» débitée sans rythme sur fond de rock lourdaud ou de pseudo hip-hop mâtiné de techno pour faire jeune.Imaginez une version parlée de Lindbergh, genre Gainsbourg-Gainsbarre des dernières années, velléité d’auteur qui veut absolument chanter sa meilleure.On se demande quelles vieilles amitiés ont joué, quelles dettes d’honneur on a acquittées pour qu’une compagnie de disques accepte de cautionner une telle indulgence.Pire, on ne voit la chemise hawaïenne nulle part dans le livret.Inexcusable.S.C.De nouveaux Beethoven et des Brahms plus anciens BEETHOVEN -BRENDEL - RATTLE Ludwig van Beethoven: Intégrale des cinq concertos pour piano (n° 1, en do majeur, op.15; n° 2, en si bémol majeur, op.19; n° 3, en do mineur, op.37; n° 4 en sol majeur, op.58; n° 5, en mi bémol majeur, op.73 «L’Empereur»), Alfred Brendel, piano; Orchestre philharmonique de Vienne, dir.: Simon Rattle.Fourreau de trois disques, durée totale: 2 heures 57 minutes 50.Philips 462 781-2 FRANÇOIS TOUSIGNANT De son vivant, Beethoven était réputé pour déménager souvent, très souvent.L’histoire récente du monde de la radio montréalaise montre que, même après sa mort, notre cher compositeur n’a pas perdu ses excentriques habitudes, descendant du paradis pour se loger en 111e Notre-Dame.Cela n’empêche pas certains interprètes de lui rendre fréquemment visite, comme le prouve cette nouvelle et troisième intégrale de ses cinq concertos pour piano par Alfred Brendel.Pour la chronique, la première date des années 70, avec l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam dirigé par son chef titulaire d’alors, Bernard Haitink; la seconde, des années 80, sous la baguette de James Levine, et qui apportait la jouvence d’une cure d’enregistrement numérique.On voit l’écart entre une vision de l’accompagnement plus sérieuse (Haitink) et plus opératique (Levine).Pourquoi un artiste revient-il souvent au même répertoire?Arthur Schnabel a proposé cette réponse en affirmant vouloir se consacrer à de la musique dont la partition est toujours supérieure à ce qu’un interprète peut en tirer; ainsi, il admettait devoir éternellement devenir meilleur.De toutes les versions qui existent, en intégrale comme en enregistrements individuels ou en couplage, cette nouvelle «proposition» de Brendel joue de conjonctions astrales rarissimes.Tout d’abord, sa longue affiliation intime avec l’Orchestre philharmonique de Vienne (Wiener Philharmoniker); Brendel est à ce point aimé par ces musiciens qu’ils l’ont même élu — des élections qui se font à l’unanimité! — membre honorifique de la formation, le troisième pianiste à recevoir cet honneur depuis sa fondation en.1842! Une telle histoire d’amour passe aussi bien en salle que sur disque.D y a aussi la rencontre, en 1993, du jeune chef britannique Simon Rattle avec l’orchestre, qui a, apparemment, déclenché des passions folles dans une ville où la musique est chose plus sérieuse encore que la politique.La chimie du terreau est donc prémonitoire de grandes choses.Ces grandes choses, on les entend tout au long de cette intégrale.La prise de son y est si formidable qu’on ne perd rien des nombreuses subtilités qui la font se démarquer de tant d’autres.Le piano, comme toujours chez Philips, est rayonnant, même si certains aigus sont à la limite de la dureté, voire de la sécheresse.Cela, après tout, c’est un peu la marque de commerce de Brendel.L’orchestre est somptueux, avec cette singularité des timbres des bois qui font sa réputation et son unicité.En chef musicien, Rattle sait les faire nous caresser les oreilles comme exploser en victorieuses fanfares.Arrivons tout de suite aux subtilités.Deux exemples vous convaincront de ce que l’art de la conjugaison Rattle-Vienne peut donner: l’exposition des quatrième et cinquième concertos (L’Empereur) Dans le premier, sur la carte de visite lancée d’entrée de jeu par le pianiste, Rattle fait commencer l'orchestre de manière imperceptible, comme une douce poursuite de l’impression favorable laissée par cette introduction.C’est tellement beau, simple et parfait que c’en est indescriptible.Alors que dans L’Empereur, c’est l’énergie sans agressivité des accents qu’il imprime aux lignes qui épate, comme la clarté des dialogues entre les instruments.Des instants comme ceux-là, cette intégrale en regorge au point où on l’écoute sans jamais ressentir quelque sensation de blasé ou de déjà vu.Ce ne sont ici que des détails.Importants, certes, mais qui ne seraient rien s’il n’y avait une communication et une communion de style, de technique et d’esprit entre tous les interprètes.Je n'insisterai jamais assez là-dessus: cette intégrale en est une dans laquelle l’union du penser et du faire trouve une très belle réalisation musicale et artistique.Les concertos de Beethoven, s’ils demeurent des compositions virtuoses, sont plus que des moments d’épate digitale; sans être des sommets de réflexion dans la création de Beethoven — le concerto est après tout un genre plus léger dans sa conception —, ils demeurent néanmoins une pierre de touche du répertoire à laquelle les grands artistes aiment revenir, comme pour faire un bilan d’eux-mêmes et aussi pour nous apporter le fruit de leur expérience et de leurs réflexions sur des pages qui, comme le disait Schnabel, restent souvent bien plus riches que ce qu’on peut en jouer en une fois.Pourquoi, alors, se contenter d’une seule version.Après avoir entendu quelques fois cette intégrale, on se rend compte avec étonnement qu’elle était nécessaire.Pierre-Léon Tétreault Territoires d'allégresse Tel un hommage à Jean-Paul Riopelle Travaux récents & lancement de l'album d'estampes «Partout le Jazz» OTTAWA / 3 mai-10 juin Galerie Jean-Claude Bergeron 150, St-Patrick (613) 562-7836 QUEBEC 23 mai-15 juin Galerie Madeleine Lacerte 1, Côte Dinan (418) 692-1566 MONTREAL 4 juin-10 juillet Galerie Du Gazon-Couture 1460, Sherbrooke ouest (514) 286-4224 Sergiu Celibidache CELIBIDACHE -BRAHMS - SWR Johannes Brahms: Les Quatre Symphonies (n° 1, en do mineur, op.68; n° 2, en ré majeur, op.73; n° 3, en fa majeur, op.90; n° 4, en mi mineur, op.98); répétition du premier mouvement de la quatrième symphonie.Orchestre symphonique de la radio allemande du Sud-Ouest à Stuttgart (SWR), dir.: Sergiu Celibidache.Fourreau de quatre disques, durée totale: 192 minutes 38.DGG 459 635-2 Celibidache, Sergiu Celibidache, un nom de légende.En fait, la plupart des mélomanes ne connaissent que le nom, les plus chanceux un disque, les rares privilégiés un souvenir de concert.C’est que Celibidache n’aimait pas beaucoup les tournées et détestait par-dessus tout les enregistrements.Pour lui, la musique était affaire de concert, le chef se faisant intermédiaire entre les musiciens, le public et la partition.Un studio lui semblait plus stérile qu’une salle de chirurgie après l’asepsie la plus rigoureuse.Pour gagner sa vie, celui qui a commencé sa carrière au sommet comme chef de l’Orchestre philharmonique de Berlin après la guerre et avant le retour de Furtwângler en 1952 puis fait des tournées internationales va devenir chef d’orchestre de radio, notamment à Stuttgart et à Stockholm.L’Allemagne et la Suède, à l’instar de nombre de pays européens, sont en effet des lieux où la radio produit des concerts pour nourrir sa programmation, et les diverses stations en produisent en si grand nombre qu’elles se sont dotées de formations symphoniques de premier plan.On connaît moins ces orchestres — ils enregistrent souvent peu, mais ils ont souvent à leur tête des chefs importants.Celibidache s’est donc concentré sur son travail avec ces organismes.Reconnu pour son excen- tricité dans les tempos (on les trouve trop rapides, trop lents, avec des changements qui paraissent arbitraires mais qui apportent toujours un éclairage insoupçonné sur des partitions connues), comme maniaque du détail en répétition, aussi à l’aise dans le grand répertoire germanique que dans les feux d’artifice français et les envolées russes, notre Roumain, à sa mort récente, ne laissait donc que bien peu de témoignages «réels» et concrets de son activité.Il se trouve qu’il avait oublié que les radios, ça enregistre, et parfois tout! Ne voilà-t-il pas qu’après d’âpres négociations avec la succession, la DGG a obtenu les droits sur de nombreux rubans, notamment ceux de la radio de Stuttgart, et quelle en profite pour rendre disponibles ces souvenirs d’un soir qu’on croyait à jamais éteints, sinon enfouis dans la mémoire des chanceux qui pouvaient être présents en salle.Le projet d’une magistrale «Celibidache Edition» envahit les rayons.Égoïstement, j’ai choisi de vous parler des quatre symphonies de Bralims, histoire d’entendre ce que cela pouvait bien donner.Le chef y prend d’incroyables libertés avec la musique.Rallentandos exagérés dans les épanchements mélodiques — qui, remar-quons-le, le deviennent ici vraiment; clarté percutante dans les syncopes; usage de pathos tel que, parfois, on se prend à penser à Tchaikovski dans le chant tendu des violons.On s’étonne avec joie de l’exubérance énergique des finales ou de certains scherzo, de certains traits d’accompagnement.Toujours on se dit que, même si «on n’aime pas trop ça», c’est néanmoins plus que défendable comme version: on se passionne pour sa vision si intime de ce répertoire.En génie, il allie avec un rare bonheur l’écoute au deuxième degré, celui où le moment est aussi important que sa place dans l’avancement du propos.Ainsi, quand, dans un mouvement lent, celui de la deuxième symphonie par exemple, le thème revient en s’enrichissant, ou que l’harmonie se fait plus dense, Celibidache prend un plaisir sensuel à se mettre à étirer le temps pour WI-RMEK NKUMKISTKK qu’on profite davantage de ces moments bénis.Un autre bel exemple de son art d’interpréter la battue est le premier mouvement de la troisième symphonie.Chaque zone tonale ou thématique est caractérisée, par sa nature propre, dans un déroulement temporel caractéristique (par zone tonale, une expression un peu pédante mais qui,est la seule utilisable ici, je parle de sections oil toute la musique s’articule ou s’oppose dans une tonalité autre que cq qu’on entendait et qui ne sert pas de modulation).L’harmonie se ipet donc à respirer et ne se contente plus de notre qu’une colonisation du discours; elle devient l’expression de sa nature même.En cela, Celibidache a probablement raison de s’être,vu comme un pur Allemand musical.„ Il a aussi des trucs.J’en retiens un qui étonne dans ce genre de musique: celui de ne pas outrageusement appuyer les basses pour les alourdir, j’oserai même avancer que cet allégement des contrebasses assoit enepre plus la richesse des symphonies, au lieu de l’écraser.Et, quoi qu’on puisse en dire ou en penser, au bout du compte, toutes ces «déviations» produisent un parfait effet d’équilibre psychologique et musical.Cet artiste qui disait se fier à $on inspiration et à son intuition (tout le contraire de Brendel!), à être prêt à tout changer sur le coup du moment, ce chef offre une vision profondément unifiée de chacune des symphonies.Comme il a de la personnalité, vous allez sursauter peut-être à l’entendre chanter ou crier ici ou là.Entendre tousser aussi.Fennez les yeux et imaginez vous au concert Cela demande un léger effort d’imagination: la prise de son est adéquate mais manque un peu de relief fies enregistrements furent faits il y a vingt ans pour la radio, loin des idées numériques et des systèmes perfectionnés d’aujourd’hui).Par coqtre, le nettoyage est fort bien fait Écoute-t-on plus Brahms que Celibidache?Pour ma part, je ne sais pas encore.Pour tout vous dire, cela m’est égal: la musique est tellement bonne que j’aurais honte de ne pas m’en satisfaire.Le 7 juin 1994 RENÉ DEROUIN larguait 19 000 pièces céramiques du projet MIGRATIONS au fond du fleuve Saint-Laurent ¦ ¦WWWT0" " EN LIBRAIRIE Éditions l’Hexagone : 1996 RESSAC.De Migrations au Largage I, E I) E V OIK.I.E S S A M E I) I 5 E T 1) I M A N (' Il E (i .1 U I X I !» !» !» B 7 t ] i| r » 1 K à i it ! I 11 K : 1 * r *» * i k t , * - ; \ l ARTS VISUELS Collectionneurs de rêves Des abîmes de couleurs r/jw'A %- * l * °* À > .».DAVID BOLDUC DERNIÈRE JOURNÉE EXPOSITION ANN McCALL ŒUVRES RÉCENTES VERNISSAGE LE JEUDI 10 JUIN DE 18H À 20H EN PRÉSENCE DE L'ARTISTE JUSQU'AU 30 JUIN 1999 Edgar Degaa.Edgar Degas par lui-même.1857.Eau-forte Camille Pissarro.La Masure.et pointe-sèche, impression 1879.Aquatinte, eau-forte, monotypée.3* état.Collection vernis mou et émeri, imprimé Josefowiti.en couleurs.6* état.Collection Josefowitz.17 juin 22 août 1999 DEGAS et PISSARRO Alchimie d’une rencontre Cette exposition conçue par le Cabinet cantonal des estampes de Vevey (Suisse) compte 87 eaux-fortes, lithographies et monotypes réalisés par deux des plus grands graveurs impressionnistes, Edgar Degas et Camille Pissarro.Heures d'ouverture: Tous les jours de 10 h à 17 h 45; le mercredi de 10 h à 21 h 45.Droits d'entrée: Adultes: 7$; Aînés (65 ans et plus): 6$; Étudiants: 2,75$; Jeunes de 12 à 16 ans : 2 $ ; Moins de 12 ans et Amis du Musée du Québec : entrée gratuite.Renseignements: (418) 643-2150 www.mdq.org Parc des Champs-de-Bataille, Québec Le Musée du Québec : L’Art de passer à 1 an MUSÉE DU QUÉBEC S Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.Galerie Art Mûr encadrements Michel Savage «Sang fleurs» œuvres récentes (poèmes de Laurier Beauchamp) du 1 5 mai au 26 juin 3429 rue Notre-Dame ouest (près de Greene) 514-933-07 Avec sa galerie de portraits, Jean-Jacques Ringuette dresse une liste de types associés à la mascarade JACQUES HURTUBISE Galerie Graff 963, rue Rachel Est Jusqu’au 26 juin BERNARD LAMARCHE En 1998, Jacques Hurtubise a vu ses œuvres s’introduire dans plusieurs lieux.Le plus prestigieux était sans au-cuh doute le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), qui lui consacrait une première rétrospective depuis 1981, couvrant quarante ans de carrière du peintre jusqu’en 1997.Aussi, la galerie Waddington & Gorce, rue Sherbrooke Ouest, donnait l’occasion de compléter le parcours de l’exposition muséale en présentant des œuvres récentes.En même temps, rue Rachel, la Galerie Graff présentait l’excellent Noir et blanc, une exposition à caractère historique construite autour de tableaux exempts de couleur qui, dit le peintre, lui permettent de ne saisir que la forme.Onze tableaux, répartis entre 1961 et 1995, étaient accrochés, démontrant une force de composition remarquable.C’est au même endroit que l’on retrouve aujourd’hui Hurtubise, avec des œuvres toutes nouvelles.Là, il reprend le même principe de composition à avoir mené à la réalisation de tableaux dans les années 90, à savoir la répétition d’un même motif.Hurtubise a utilisé le même pochoir pour chacun des tableaux, restant alors à remplir les plages de couleurs délimitées par les lignes que donne la matrice.Les œuvres de la fin du parcours de la rétrospective du MBAM fonctionnaient selon ce principe.Ces dernières, ainsi que les toiles présentées chez Waddington & Gorce, pouvaient laisser le spectateur froid alors quelles négociaient mal avec un axe central érodé, rappelant en moins systématique les masques de lions des aimées 80, parfai- tement symétriques.Cette séquence — les nouvelles toiles présentées à Graff évitent cet écueil — donnait l’impression que le peintre, voulant rompre avec la symétrie tout en flirtant avec elle, n’avait su articuler sa surface pour y imprégner une structure claire.Défier l’œil La nouvelle série parvient à mieux cerner par la ligne les plages de couleurs investies.D en résulte une surface plus dynamique, étalée de façon moins égale, moins proche, donc, d’un all-over qui aurait eu du mal à çoncéder la ligne verticale du centre.À peu de détails près, toutes les toiles se ressemblent la même ligne-contours délimite la surface de toutes les toiles.11 en va ainsi également des seize petits formats sur papier que contient l’exposition.Si le noir et blanc permettait à Hurtubise de ne saisir que la forme, ces nouvelles toiles lui permettent à loisir de déployer les pouvoirs de la couleur.Avec des caches découpés à fX-acto, le peintre élabore des formes ajourées appliquées au fond du tableau.D couvre de couleurs ces trouées par la suite puis, avec le négatif de la première forme, complète le tableau par des contrastes extrêmes, avec une tout autre facture quant à l'application des pigments colorés.Dans les meilleurs cas, les contrastes et les tensions de l'espace pictural sont fascinants, créant des abîmes de couleur.Quelques toiles et œuvres sur papier explorent des oppositions de noir et de blanc pour lesquelles le peintre est toujours aussi habile.Dans le catalogue de la rétrospective du MBAM, l’historien de l’art François-Marc Gagnon écrit qu’Hurtubise «est un peintre qui corrige», précisant de surcroît que chez Hurtubise, «même le splash est corrigé».Ici, les toiles défient l’œil, se plaisent à présenter de petites mais essentielles variations de l'une à l’autre.Dans le même texte, Gagnon rapproche Hurtubise de l’art pop.La ligne-contour grasse qui vient surligner les arabesques des pochoirs, permet de soutenir cette hypothèse.Hurtubise a toujours su mimer les splash de couleur de la peinture gestuelle.Ici, les contours gras ne sont pas sans résonner de styles proches de la bande dessinée.De fait, ces toiles se rapprochent des incommensurables univers auxquels le trait des bédéistes donne souffle.11 n’en faut pas plus pour être retenu à ces toiles.SOURCE GALERIE CRAKE, DANIEL ROUSSEL Jacques Hurtubise, Barjols, Provence III, 1998.IL Y A CERTAINEMENT L’OCÉAN Jean-Jacques Ringuette Galerie Rochefort 455, avenue du Mont-Royal Ouest, local 603 Jusqu’au 15 juin BERNARD LAMARCHE Jean-Jacques Ringuette est de ces artistes dont le travail est diffusé plus abondamment à l’étranger qu’ici.De fait, une de ses séries photographiques, en particulier, a voyagé.Tous ceux qui ont vu les corps masculins émaciés de sa série Ecce Homines -Les offenses crépusculaires ont très certainement gardé un souvenir vif de ces images, tant elles sont incisives.La série a récemment été présentée à Rome, à la Galerie II Ponte, dans le cadre de l’événement Orrizonte Québec, organisé à l’automne dernier par le Musée du Québec.L’institution des plaines d’Abraham a également soutenu cette année le travail de Ringuette lors de la vitrine Québec a Catalunya, au Centre d’art Santa Monica à Barcelone, en Espagne, puis dans le cadre du Printemps du Québec à Paris, au prestigieux Passage de Retz.Les deux événements, des expositions de groupe, étaient organisés sous le commissariat de Louise Déry, anciennement du Musée du Québec, actuelle directrice de la Galerie de l’UQAM.Des extraits de Ecce Homines avaient aussi été retenus par le commissaire d’exposition allemand Hans-Micheal Herzog pour être présentés à la Kunsthalle de Bielefeld et à la Haus am Waldsee, de Berlin, dans un accrochage portant sur le corps.Enfin, ses images ont fait partie de l’exposition r Emote au Hyde Park Center de Chicago.C’est dire que la carrière internationale de Ringuette va bon train.Au Québec, la dernière exposition particulière du photographe remonte à 1993, à la galerie Vu, mais il avait été remarqué lors de l’exposition Blaast, organisée par la galerie Rochefort à l’église Saint-Pierre Apôtre en 1997.Cette précédente série de portraits, très troublante, affiche donc des hommes aux corps maigres, torses nus, et emprunte certains traits puisés dans la tradition chrétienne des représentations du Christ, tirés de l’iconographie des dépositions, des crucifixions, des pietà de même que de scènes de martyrs.En prenant des modèles nettement contemporains, Ringuette, dans ses photographies, détourne l’héritage chrétien pour y inscrire des préoccupations actuelles, liées à l’érotisme, à l’ère du sida et à l’esthétique publicitaire.' Ces images de la différence, à peine soutenables, exposent des corps fragilisés par leur apparence et par la pose que leur donne le photographe.En outre, la gestuelle retenue mais combien significative des modèles contribue à cette atmosphère de malaise.Ainsi, Ringuette parvenait à produire une imagerie singulièrement affectée, sans jamais tomber dans le maniérisme.Le malaise prorient sans doute de la prise en charge, par la photographie, de ce type d'incarnation, habituellement réservé à la peinture.Les océans À la galerie Rochefort, Ringuette présente actuellement une nouvelle série de portraits.Formellement, ces images reprennent la composition des précédentes en ce qu’elles jouent de cadrages similaires et de regards tout aussi fuyants (à l’exception de deux images, dont un autoportrait) et insaisissables que pour la première série.Or ces personnages, campés par des proches du photographe, permettent de poursuivre plus avant l’exploration du vocabulaire de gestes et d’attitudes que Ringuette valorise.Le photographe sait habilement jouer de l'ambiguïté féconde que l’image arrêtée articule entre le statisme de la pose et le SOURCE GALERIE ROCHEFORT Extrait de la série II y a certainement l’océan.Photographie noir et blanc.WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1K4 Tél.: 847-1112 Fax : 847-1113 Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h 3 E-mail : wadgorce@total.net | Web : http://www.total.net/~wadgorce mouvement esquissé par le geste.Très articulée, cette série rappelle la photographie de studio de la fin du XIX' siècle, avec ses attitudes figées et ses poses artificielles, mais élabore la pratique de l’image photographique comme outil d’introspection.Sur fond noir, tous les personnages semblent qux prises avec des visons extatiques.À chacun est attribué un accessoire qui engage la représentation dans des lieux imaginaires, de la même manière que certaines photographies connues ornant la devanture de quelques théâtres.Très «actés», ces portraits possèdent de riches dimensions affective et fantasmatique.Cette théâtralité est exacerbée par le recours systématique au «bougé» dans l’image.De cette façon, les attributs qui complètent la persona des personnages deviennent indécidables.Dans certaines images, il est impossible d’être totalement certain de la nature de ces objets, comme pour cet homme portant à son œil ce qui ressemble à des chaînes d’engrenage, ou dans cet autre portrait où l’objet possède des connotations phalliques.Ailleurs, un simple néon à la forme ronde devient à la fois un hublot d’ou percent le regard et une auréole décrochée de la tête d’un ange.Dans l'angle où il est présenté, cet objet évoque en plus l’ellipse des médaillons antiques.Ailleurs, ce personnage semble illuminé par sa «vision».L’œil exorbité par la lentille qu’il tient devant son visage, il manipule une pyramide acérée, tel un improbable outil de la vision.Autrement, ce personnage féminin, portant à l’épaule un rouleau de papier, relevant son chandail sur son abdomen pour ne dévoiler que du ride, une immatérialité qui fait se fondre son corps avec le noir du fond.Dans ce que Ringuette appelle une «dramaturgie de l’objet», dans cette galerie de portraits, il dresse une liste sobre de types associés à la mascarade et, par-dessus tout, à l’excentricité, comme si ces personnages collectionnaient les rêves.À l’entrée de l’exposition, une courte série de quatre formats réduits montre de petites constructions de bois voguant dans un paysage imaginaire.Sur ces abris de fortune flottent, peut-être, les songes troubles expirés par les têtes absentes des personnages.Une fine production.AG * * > -i T ,?'¦* :ï 3 juin 29 août 1999 Plonge/ dans l'imaginaire, le rêve et la fantaisie de l'univers du peintre Jean Dallaire (1916- 1%5).aissez-vous envoûter par les œuvres parfois surréalistes, souvent poétiques, de ce grand artiste québécois.Radio-Canada 1ST Télévision Palnmome canadien Li imm.ith lit.mi - oresenlnUïiii GERARD DANSEREAU Vélins, fusées et espace l a b I u ,i il x r c c dits liisi/uiiil 26 juin m GALERIE SIMON BLAIS ¦ Wl, rue CLirk Montréal H2I 213 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 b W h 30 Du 1" au U juin 1099 Andrée Favre, Guy Savard, Isabella Smolka Trois artistes diplômés de l’École des beaux-arts du Centre des Arts Saidye Bronfman GALERIE DOMINION I ITS.rue Sherbrooke Ouesi.Montréal S45-7471 Du lui), au sen, rie Hlh a I7h PROFITEZ DE NOTRE FORFAIT SEJOUR ET MUSEE HÔTEL Loews le concorde • CHAMBRE AVEC VUE SUR LE FLEUVE • PETIT DÉJEUNER BUFFET • BILLETS POUR LE MUSÉE À partir de 99$ par personne, par nuit, en occupation double.Taxes non incluses.Chambre en classe Hospitalité.QUÉBEC L'HÔTEL OFFICIEL DE L'EXPOSITION, À PROXIMITÉ DU MUSÉE DU QUÉBEC, INFORMATION / RÉSERVATION 1 800 463-5256 I.E I) E V (tIH.LES S A M E I) I 5 E T I) I M A X (' Il E I» .1 E I X I It !l I) ' I1HI1 ^ Gargouillis sous les gargouilles On peut essayer de s’en abstraire, surtout le matin, l’oreiller sur la tète, cherchant à rattraper le sommeil qui s’entête à fuir.Vain espoir.Les bruits de Paris vous rejoignent, vous déchirent les tympans.Klaxons, injures des chauffards, rumeur qui gronde avec la foule en mouvement perpétuel, tintamarre des tasses à café sur la terrasse du bistrot du coin.Je crie pitié au nom de mon épuisement postmarathon cannois.Rien à faire: il faut émerger des limbes pour rejoindre ce chaos ambulant qu’est la rue.Ça se corsera plus tard, devant un flot roulant de manifestants handicapés qui bloqueront la circulation par ce beau samedi de mai, revendiquant bien haut le droit à la dignité humaine.Et les automobilistes en furie, tête à queue dans leurs bouchons, de klaxonner de concert.Le gai Paris carbure au vacarme, à la contestation chronique et aux institutions vénérables et essentielles qui ferment boutique à tout bout de champ pour cause de grogne.Une grève des transports en commun paralysera dans quelques jours les routes, avec embouteillages en gerbe.Je l’ai échappé belle et l’ignore encore candidement.Sous les gargouilles, ça gargouille ferme.Et déclinez ce verbe à tous les temps.C’est décidé: je pique vers le Louvre.Manque de pot: la pyramide est scellée comme un tombeau de pharaon.Au Musée d’Orsay, même cadenas rageur.C’est la grève des musées.On ne passe plus.«Retournez chez vous, braves gens.Et quand il y aura des sous à injecter dans nos salaires et des effectifs accrus, on dépoussiérera la Joconde.Promis.» Bon! bon! puisque c’est comme ça.Qu’importe?je me dis, philosophe.Paris est un musée à ciel ouvert de toute façon.Je reviens sur mes pas, di- Otlile T rem b lay rection le vieux Marais, histoire d’admirer l’hôtel de Sens où vécut la reine Margot, filant tout droit jusqu’à la rue de Sévigné où le musée Carnavalet, prenant le contre-pied de ses semblables, miracle!, affiche ouvert.Merveilleux endroit, soit dit en passant.Nulle part ailleurs on ne vous expliquera en long et en large, avec œuvres, maquettes et artéfacts à l’appui, les dessous sanglants de la Révolution française.Frissons garantis.Cette fois, heureuse initiative, en guise d’exposition provisoire, jusqu’au 20 juin, on y a mis en quelque sorte Paris en bouteille, laissant les sceptiques, qui croyaient l’exercice impossible, confondus.Eh oui, le parcours de l’heure au Carnavalet s’intitule Les Rues de Paris au XVIII' siècle, et passe par le regard allumé d’un chroniqueur d’époque: Louis Sébastien Mercier, qui décrivit les ridicules et les manies de ses contemporains avec un plaisir féroce que vous partagez illico, en transposant le tout au présent, il va sans dire.Si l’on voit le Paris d’aujourd’hui comme un cirque amusant autant qu’anarchique, c’est — soyons juste — faute d’avoir connu celui d’hier, plus désorganisé encore.Une petite visite dans le passé s’impose donc, livrée sur place avec la visite guidée.Illustrant des extraits de la prose de notre homme, des tableaux, des gravures, des enseignes, des documents d’archives, des objets de la vie courante venant réveiller ce cirque englouti.On a même droit à un dentier en os, à un peigne à poux, à un bigoudi en terre cuite et à d’autres témoins dérisoires d’un quotidien révolu.Il n’y a pas à dire: les objets de tous les jours, des fois, ça parle plus fort des réalités d’hier qu’un beau tableau bien enjolivé.Mais qui est donc ce Louis Sébastien Mercier?me demanderez-vous.Un badaud impénitent à la plume acérée, également journaliste, essayiste, romancier à ses heures, qui croquait ses concitoyens sur le vif dans les rues agitées de la Ville lumière à la veille de la Révolution française.Il rigolait ferme quand il ne pleurait pas un peu sur le sort des prostituées (innombrables), des enfants abandonnés (plus nombreux encore) et de la misère endémique d’un peuple n’ayant pas encore le loisir des grèves à répétition mais rouspétant tout de même et se préparant mine de rien à couper le cou aux aristos.En attendant, ça roulait cahin-caha.Circulation dangereuse, notez-vous, en déambulant sur les grands boulevards?Peccadilles! Jadis, le piéton n’avait qu’à implorer le ciel d’être épargné avant de traverser la chaussée: «Le maître vous renverse, le valet s’égosille, et se ramasse qui peut», décrivait Mercier.Quand un cocher vous a moulu tout vif, on examine chez le commissaire si c'est la grande ou la petite roue.Le cocher ne répond que de la petite, et si vous expirez sous la grande, il n'y a point de dédommagements pécuniaires pour vos héritiers.» Quant aux bruits de Paris, le chroniqueur les a connus plus pittoresques que nos klaxons contemporains, nourris qu’ils étaient par les cris des marchands ambulants s’égosillant sur tous les tons, sans parler des coqs, poules et bétail d’abattoir qui poussaient cocoricos et meuglements d’un arrondissement à l’autre.Déficiente, l’hygiène parisienne contemporaine?Allons donc! Süskin, avec son roman Le Parfum, avait donné un aperçu de l’odeur nauséabonde qui émanait autrefois des abords de la Seine.Louis Sébastien Mercier en rajoute dans la description olfactive: contenu des pots de chambre jeté par la fenêtre au moyen des gouttières, latrines publiques inexistantes, chic Parisiens faisant leurs besoins à tout venant, au jardin des Tuileries surtout, devenu le rendez-vous général des sans-culottes avant la lettre.Ajoutez au tableau l’eau potable puisée directement à la Seine, avec couleur et dépôts en prime.«Les quais, en particulier, révoltent également l’œil et l'odorat, de préciser le chroniqueur, et les excréments du peuple avec leurs diverses configurations sont incessamment sous les yeux des duchesses, des marquises et des princesses.» Comme quoi, progrès il y eut bel et bien au fil des siècles.Gardons le moral.A moins que les crottes humaines n’aient été tout bonnement remplacées par celles des chiens.Paris sera toujours Paris, et dans les musées de l’avenir, les visiteurs écarquilleront à leur tour grand les yeux: «Grèves, embouteillages, manifestations, bombes, vous dites?» Et ils verseront une larme attendrie sur un téléphone portable, témoin survivant du fou Paris des temps jadis otremblay@ledevoir.com M U S I Q U E Parodies, clins d’œil et pochades encore ri une Cheap Imitation d’Éric Satie, mais l’un des points marquants de sa production tendant à recouvrer pour la musique une liberté de plus en plus grande se situe en 1952 avec la pièce en trois mouvements 4’33”, d’où ne jaillit aucun son intentionnel fie pianiste David Tudor, encore lui, respecta l’esprit de Cage et ne fit aucun geste durant ce mouvement qui équivaut à une pause).A recenser comme curiosité?Pas tout à fait, car cela donna aussi l’idée à d’autres de tenter cette expérience de silence, troublé il est vrai par un concert de toux ou quelques borborygmes.C’est par un euphémisme que Jean et Brigitte Massin s’en tirent dans leur ouvrage Histoire de la musique occidentale, publié chez Fayard, qualifiant une génération de «provocateurs» — surtout à l’œuvre en Amérique, mais pas uniquement — de «praticiens de la dénégation stimulante».Entende qui pourra.Les auteurs, fort à propos, soulignent l’affinité entre les excentricités d’un Marcel Duchamp et celles d’un John Cage («Ce n'est pas par hasard que la première réponse musicale à la provocation surréaliste survint à l'heure où la musique inventait de se faire concrète ou électronique.»).De Cage, cet ouvrage retient que la fréquentation de la sagesse orientale a pu déterminer chez lui «l’importance nouvelle donnée au silence comme élément constitutif du fait musical».Si l’on a pris un billet pour un opéra bouffe ou si on se prépare à entendre les drôleries ou les facéties d’un Offenbach, rien ne se produit d’inattendu.Mais chez d’autres musiciens couramment identifiés à un courant bien «normé», il peut être amusant de constater que beaucoup ont fait des incursions dans le trivial et que l’humour, le rire en coin, leur sied bien dans l’ensemble, comme a tenu à le rappeler en décembre dernier I Musici de Montréal, qui donnait au Monument-National, outre la Plaisanterie musicale de Mozart, La Serva Padrona (Pergolesi) et II Maestro di Capella, de Cimarosa.Mauricio Kagel en compagnie de Lorraine Vaillancourt, en 1992.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lorenzaccio, créé en 1972 à l’ouverture de la Biennale de musique contemporaine de Venise — rien ne passe inaperçu quand c’est Bussotti qui s’en mêle, comme lorsqu’il demande au pianiste David Tudor, auquel il dédie ses Cinq pièces., de passer des gants épais pour, dit-on, éviter de frapper des sons isolés et potentiellement mélodieux! Silence Comment ne pas inclure dans ce groupe de provocateurs John Cage (1912-1992)?Il commit entre autres musiciens doués, non conformistes, sachant manier le scalpel ou se faire sarcastiques — comme Poulenc-dans Les Mamelles de Tirésias — pour mieux disséquer un genre dans lequel ils prétendent innover ou dont ils veulent se distancier.Mauricio Kagel peut entrer dans cette catégorie, lui qui, en Argentine, milita pour la Nueva Mùsica et, une fois installé à Cologne, pour la Neue Musik.On connaît ses Marches pour rater la victoire et son Staatheater, qui comprend un «ballet pour non-danseurs», où les acces- soires comprennent un pot de chambre ou un clystère prêt pour administrer un lavement fia première eut lieu à Hambourg en 1971).Rires grinçants?Sans doute, mais contribution à une remise en question de ce que Kagel perçoit comme un encroûtement.Que dire de l’Italien Sylvano Bussotti, auquel on prête un «langage extrême» dans sa production multimédia, dans ce Bussottioperaballet où il s’est longtemps investi?Bussotti a dessiné lui-même.les costumes de son opéra en 23 scènes, Les musiciens dits classiques ont-ils toujours conservé l’allure compassée que l’on pourrait attribuer, par exemple, à des courtiers de Bay Street?CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Mozart a pratiqué l’humour facile dans une Plaisanterie musicale (K.522) parsemée de fausses notes et de passages obstinément pompiers; certains ont pu reprocher à ce géant incontesté quelque «musiquette» çà et là.C’est tout comme si on s’autorisait à bouder un dramaturge qui insère des passages loufoques visant à atténuer la trame sérieuse, voire tragique, d’une pièce! I Musici de Montréal a d’ailleurs gravé une version désopilante de cette Plaisanterie, sur un disque Chandos où se retrouvent également la valse-caprice Wedding Cake, de Saint-Saëns, et Le Carnaval des animaux, d’un compositeur qui ne s’interdisait pas les imitations — et qui à son tour fut pastiché (par représailles ou juste pour rire?).Modeste Moussorgski, que l’on associe le plus souvent aux œuvres colossales que sont Boris Godounov et La Khovanchtchina, n’a pas hésité à plonger dans la satire: Séminariste est une chanson où se mélangent les mots latins indigestes et les pensées galantes d’un futur prêtre énamouré de la fille du pope.De façon plus marquée, dans sa Chanson de Mé-phisto dans la taverne d'Auerbach, Moussourgski nous sert une cascade de rires dont l’occasion est l’incongruité d’admettre une puce à la cour et de la décorer — c’est Chalia-pine, semble-t-il, qui a donné le ton à d’autres chanteurs célèbres en incluant dans ses récitals cette chanson, aussi connue comme La Puce et qui fut orchestrée par Stravinski.Déconstruction Parodie, clin d’œil, pochade, c’est ce à quoi m’a fait songer l’autre jour la réécoute de l’un des derniers airs que chante Macheath dans YOpéra de quatre sous: Sauvé! Sauvé!.(Ge-rettet.).Rien ne manque aux trémolos qui s’imposent lorsqu’un Kurt Weill nargue l’opéra bourgeois.Ef que dire de certaines pièces d’Eric Satie qui participaient à une sorte de déconstruction du langage musical courant, à une époque où Cocteau y allait de ses arlequinades?L’un des pianistes longtemps identifiés à l’héritage de George Gershwin, Oscar Levant, s’est moqué des «clichés» de Pelléas et Méli-sande, de Debussy; il a signé dans les années 30, à Hollywood, un opéra intitulé Le crayon est sur la table, dont personne aujourd’hui ne se plaint qu’il n’ait pas été conservé.Gershwin lui-même dut s’incliner devant l’insuccès de ce qu’il présentait — en 1934, un an après l’arrivée d’Hitler à la Chancellerie! — comme une échappée chez des Allemands comiques.Pardon my English ne connut en fait que 46 représentations.Les disques Elektra Nonesuch l’ont repris sur CD en 1996 sans prétendre en faire un hit.Par moments, il est rafraîchissant de rencontrer des provocateurs, des 25 $ ainé-e-s 20 S étudiant e s 10 $ Réseau Admission (plus redevances) (514) 790-1245/1 800 361-4595 et à l'entrée une heure avant le concert JACQUES NADEAU LE DEVOIR John Cage VERDI: REQUIEM et La Traviata : Prélude -Acte 3 La Forza del destino : Ouverture Chœur Polyphonique de Montréal Chœur de Laval La Chapelle de Montréal Petits Chanteurs de la Cathédrale L' Ensemble Orchestral de Montréal 160 voix et 65 musiciens direction YANNICK NÉZET - SÉGUIN Michèle Boucher, soprano Danièle LeBlanc, mezzo-soprano Marc Hervieux, ténor Marc Belleau, baryton-basse vendredi 11 juin 1999 à 20h Basilique NOTRE-DAME 116 Notre-Dame ouest (métro Place-d'Armos) la Chaîne culturelle vous offre encore plus.411' Radio-Canada www.radiocanada.ca 3 FM 9H.3 FM Lamcquc Moncton 101,9 FM Allardvillc 101, S FM Kmiouski CHE COUP DE THÉÂTRE aux Quinze jours de la dramaturgie Enregistrée à Ottawa, l’émission donne notamment la parole au directeur artistique du Théâtre français du CNA, Jean-Claude Marcus, à la mcttcurc en scène Louise Naubert et aux auteurs Massa Makan Diabaté et Stefan Psenak.Également au programme : une table ronde sur les nouveaux enjeux de la création théâtrale en région avec René Cormier et Marc Haentjens.Animation : Mario Girard Réalisation : Claire Couture EUDI Le talent s’exprime au 30e Concours national des jeunes interprètes De mardi â jeudi, â 13 h 30, l’émission CONCERTS D’ÉTÉ présente les meilleurs moments des demi-finales de ce concours prestigieux dont l’édition 1999 est consacrée au piano et au chant.Jeudi soir à 19 h 30, ce sont les finales de chaque catégorie qui seront diffusées â l’émission RADIO-CONCERTS.Des prix totalisant plus de 60 000 $ sont offerts cette année aux lauréats.Animation : Mario Paquet Réalisation : Rosemarie Bastarache CREDI T RADIO-CONCERTS vous transporte au Festival de musiques au présent Les chefs Walter Boudreau et Denys Bouliane dirigent simultanément l’Orchestre symphonique de Québec pour présenter Les Espaces éclatés, un concert spectaculaire utilisant tout l’espace de la salle du Palais Montcalm à Québec.En vedette : Evelin Auger au trombone.Au programme, des œuvres de Xiaogang Ye, Gerald Barry, Denys Bouliane, Charles-Edward Ives, Denis Dion et Linda Bouchard.Animation : Catherine Perrin Réalisation : Chantal Bélisle et Dominique Soutif 100,9 FM Chicoutimi 95,3 FM 90,7 FM 104,3 FM 100,7 FM 102,5 FM 90,3 Québec Estrie Mauricie- Montréal Ottawa-Ilull Tort Centre du Québec
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