Le devoir, 11 juin 1999, Page(s) complémentaire(s)
FONDE 19 10 PERSPECTIVES Chacun son métier.M O N T R Ê A L .L E V E N I) R E I) I IDÉES Normand Baillargeon: Les chiens ont soif, page A 9 .1 11 I N I !» !) !> POLITIQUE Alternative unie: Preston Manning remporte son pari, page A 5 ?PLAISIRS Une visite dans des bars de danseuses nues, page B 1 Si les jeunes du secondaire boudent la formation professionnelle depuis 20 ans, les commissions scolaires, elles, annoncent des relances de ce secteur depuis 30 ans, avec, il faut le dire, de piètres résultats.Elles tentent à nouveau leur chance en s’engageant à faire passer les jeunes de ce secteur de 12 à 50 % en dix ans.Les commissions scolaires blâment les parents, coupables de pousser leurs enfants vers le droit ou la médecine même s’ils n’ont pas l’étoffe pour compléter une telle formation.Elles dénoncent le discours voulant qu’il n’y ait pas de salut hors de l’université.La semaine dernière, au congrès de la Fédération des commissions scolaires, l’ex-ministre libéral de l’Industrie et du Commerce, Gérald Tremblay, aussi président du 35' Mondial des métiers, prévu pour l’automne à Montréal, a clamé devant des centaines de commissaires qu’il serait très fier s’il avait une fille qui voulait être coiffeuse.Il a été bien reçu par des commissaires qui veulent briser le mythe selon lequel la formation professionnelle serait un cul-de-sac.Les commissions scolaires croient qu’une valorisation de l’enseignement technique résoudrait le grave problème du décrochage au niveau —secondaire tout en donnant au Qué-bec les travailleurs qualifiés dont il ¦mm! ' S manque cruellement.Elles ont rai-m « ^ jB son, mais le chemin qu’elles ont pro- posé la semaine dernière suppose une réforme de l’ensemble de l’en-seignement secondaire, où la place de la formation générale, si fonda-rir Mil mentale, demeure obscure.Paule des Les commissions scolaires propo-Riviôr e s sent clue ^es élèves qui optent pour la formation technique en secondai-?re IV ou V puissent revenir et avoir accès au cégep puis à l’université.«Un jeune du secondaire général prend un cours d’introduction en informatique pendant qu’un jeune au secteur professionnel étudie l’électroménager de systèmes informatisés.Pourquoi dira-t-on que la seconde formation est plus "cheap” que la première?», demande Berthier Dolbec, de la Fédération des commissions scolaires.Ce dernier croit aussi que les connaissances en physique de l’élève qui aura complété deux ans de formation professionnelle (en métallurgie ou en hydraulique, par exemple) seront équivalentes à celles du jeune du secteur général.L’un et l’autre devraient pouvoir entrer au cégep et suivre les mêmes cours de physique ou de mathématiques, poursuit M.Dolbec en cachant mal une profonde irritation envers le réseau collégial qui, il y a deux ans, a haussé les exigences d’entrée.«Je veux bien rêver avec eux, mais les cégeps sont là pour desservir les jeunes tels qu’ils existent, pas les jeunes dont on peut rêver», plaide M.Dolbec.Les collèges, eux, voient les choses d’un autre œil.Pour eux, il n’est pas question de fermer les yeux sur d’éventuelles lacunes en formation générale.Qu’ils convoitent le secteur préuniversitaire ou général du cégep, qu’ils aient suivi une formation générale ou professionnelle au secondaire, tous les jeunes devront posséder une culture générale.La Fédération des cégeps ne ferme pas la porte à la reconnaissance d’équivalences mais demeure prudente.On le voit, tous les éléments d’un beau conflit sont réunis.D’un côté, ceux qui souhaitent ajuster le système pour garder le plus grand nombre possible d’enfants à l’école.De l’autre, ceux qui croient qu’il est impérieux de ne faire aucune concession en ce qui a trait à la qualité de la formation générale.Le ministre de l’Education, François Legault, ne reconnaissait-il pas récemment que si les entreprises sont généralement satisfaites des compétences professionnelles des jeunes, elles se plaignent en revanche de leurs difficultés avec la langue maternelle et la langue seconde?Il reste que cet accent des commissions scolaires sur la formation professionnelle a tout pour emballer non seulement le ministre de l’Education mais le premier ministre, qui a parlé, lors de l’assermentation du conseil des ministres, le 15 décembre dernier, de «la révolution de la formation technique et professionnelle».Diverses études québécoises viennent confirmer que le nombre de jeunes qui s’inscrivent en formation professionnelle est quatre fois plus élevé dans les deux tiers des pays de l’OCDE.Il est clair que de nombreux pays ont développé une culture en ce domaine.Par exemple, le système des apprentis en Allemagne permet aux jeunes d’être pris en charge assez tôt dans leur vie par des entreprises.Il reste que le taux de chômage des jeunes est élevé, plus qu’ici, dans de nombreux pays européens.Et tout le monde le dit, une formation trop pointue ne rend service à personne, surtout si elle est dispensée tôt dans la vie.Mais pendant que l’opposition entre formation générale et formation professionnelle reste entière, il s’en trouve plusieurs pour montrer du doigt un autre mal, soit le statut précaire de 85 % des 7500 enseignants de ce secteur, oubliés de la CEQ comme des commissions scolaires.M É T É 0 Montréal Ensoleillé.Chaud et humide.Max: 30 Min: 15 Québec Ensoleillé.Chaud.Max: 29 Min: 14 Détails, page 15 6 AVoir.Annonces Avis publics.B 6 Culture.B H Economie.A 6 Ix?monde.B 7 Les sports.B 6 Montréal.A 3 Mots croisés.B (i A 5 13 8 INDE X .B 10 .A4 Politique., Éditorial.A 8 Télévision.www.ledevoir.com YANNIS BEHRAKI REUTERS Des soldats américains ont débarqué près de Skopje, en Macédoine, avant d’amorcer leur mission de paix au Kosovo.Les troupes serbes ont quitté triomphalement la province yougoslave après la signature du traité entre l’OTAN et le gouvernement Milosevic.Louise Arbour fait le saut La procureure en chef du TPI quitte son siège pour devenir juge à la Cour suprême du Canada La paix s’annonce fragile Le Conseil de sécurité de l’ONU autorise l’envoi d’une force internationale au Kosovo D’APRÈS ASSOCIATED PRESS, LA PRESSE CANADIENNE ET REUTERS Nations unies — Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné hier son feu vert à l’envoi d’une force internationale au Kosovo en vue d’assurer le retour en toute sécurité de quelque 860 000 réfugiés chassés de la province serbe.Le conseil a adopté la résolution autorisant le déploiement de la KFOR par 14 voix pour et une abstention, celle de la Chine.La résolution 1244 appelle également les Nations unies à s’atteler à la reconstruction de la province, détruite par la guerre et par les 11 semaines de bombardements de l’OTAN, et à créer une administration civile provisoire qui donnerait une autonomie substantielle au Kosovo.«Aujourd’hui, nous voyons au moins le début de la fin d’un chapitre sombre et désespéré dans l’histoire des Balkans», a déclaré Kofi Annan au conseil.Le secrétaire général des Nations unies a toutefois prévenu que l’avenir du Kosovo était loin d’être sûr et nécessitait l’engagement de la communauté internationale pour permettre aux milliers de réfugiés de rentrer chez eux sans danger et de reconstruire leurs vies après la plus grave crise de réfugiés qu’ait connue l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.«Après la violence, les abus en matière de droits de l’homme, les expulsions et la dévastation de ¦ L’éditorial de Guy Taillefer, page A 8 l’année dernière, la tâche de reconstruction du Kosovo» et du rétablissement d’un semblant de vie normale est «immense», a-t-il dit Les 15 pays membres du Conseil de sécurité ont voté après l’annonce de la suspension des bombardements sur la Yougoslavie par le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, l’Alliance atlantique ayant observé un début de retrait des troupes serbes du Kosovo.Les premiers éléments de la force, composée de militaires de pays membres de l’OTAN et d’autres pays, pourraient arriver dès aujourd’hui, selon M.Solana.La Chine et la Russie avaient refusé de voter tant que l’OTAN n’aurait pas cessé ses opérations aériennes.Pékin avait tenté de VOIR PAGE A 10: PAIX Ryan réprouve Turnon sociale MICHEL VEN NE LE DEVOIR Dans un texte à paraître dans le numéro courant de la revue canadienne Inroads, l’ancien chef du Parti libéral du Québec, Claude Ryan, propose une critique virulente de l’entente sur l’union sociale conclue le 4 février entre le gouvernement fédéral et les provinces, sauf le Québec.M.Ryan dénonce d’abord la «rupture déplorable» à laquelle a donné lieu cette négociation.Contrairement à ceux qui disent que c’est Lucien Bouchard qui s’est volontairement isolé en refusant de signer l’entente, l’ancien ministre de Robert Bourassa affirme que le Québec «fut lâché par ses partenaires au moment crucial de la décision».VOIR PAGE A 10: RYAN Livré en pâture REUTERS JACQUES VILLENEUVE s’est soumis à une autre conférence de presse hier, épreuve qu’il aurait bien échangée contre un après-midi sur le bord de la piscine, a-t-il avoué.Malgré tout, il affirme que les journalistes sont plus respectueux, même si on lui pose beaucoup de questions sur sa vie amoureuse.Pendant ce temps, le festival de la course automobile se transporte au centre-ville de Montréal.À lire en pages A 3 et B 6.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Après des mois de spéculations, la procureure en chef du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, la Canadienne Louise Arbour, a finalement décidé de quitter son poste pour siéger à la Cour suprême du Canada., La ministre de la | Justice, Anne McLel-lan, en a fait l’annon-1 ce hier, quelques heures à peine après l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies, .d’une résolution en- L°u,se Arbour térinant le plan de paix pour le Kosovo.Cette nomination survient aussi deux semaines après que Mme Arbour a fait le geste sans précédent d’inculper pour crimes contre l’humanité un chef de gouvernement en exercice, le président yougoslave Slobodan Milosevic.Quatre de ses acolytes ont fait l’objet d’accusations similaires.Elle empêchait du même coup que M.Milosevic puisse négocier son impunité et mettait les diplomates au pied du mur.Mme Arbour entrera en fonction à la Cour suprême le 15 septembre prochain, mettant fin un an plus tôt que prévu à son mandat de quatre ans.Elle occupera un des trois postes ontariens, en remplacement du juge Peter Cory, qui a pris sa retraite le 1" juin dernier.Son arrivée portera à trois le nombre de femmes siégeant à la Cour suprême, une première dans l’histoire de ce tribunal.Ce sera aussi la première fois que le banc de neuf juges sera majoritairement francophone.La candidature de Mme Arbour faisait l’objet de spéculations depuis des mois.Le premier ministre Jean Chrétien n’avait toutefois pas caché il y a quelque temps qu’elle était sa candidate préférée.Il avait pensé la nommer en novembre 1997, au moment de remplacer le juge John Sopinka qui était décédé subitement.Elle n’avait pas été retenue pour ne pas interrompre trop rapidement son mandat au Tribunal international.On craignait à l’époque, et il y a encore quelques mois, que son départ nuise aux travaux du Tribunal international.Sa décision, il y a deux semaines, de porter des accusations contre M.Milosevic ont calmé ces inquiétudes, note Errol Mendes, directeur du Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne de l’Université d’Ottawa.VOIR PAGE A 10: ARBOUR Sécuritaires, les refuges pour femmes battues ?A Saint-Jean-sur-Richelieu, une femme a été assassinée par son conjoint alors qu’elle séjournait dans une maison pour femmes violentées ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Une femme a été assassinée par son conjoint, dans la nuit de mercredi à hier, à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans la maison pour femmes violentées où elle avait trouvé refuge.Consternées par cette première tragédie du genre au Québec, les intervenantes dans le domaine ne jugent toutefois pas souhaitable de remettre en cause le fonctionnement de ces maisons d’hébergement.La victime, âgée de 42 ans, dont l’identité n’a pas été officiellement dévoilée, a été abattue de sept coups de feu et serait morte sur le coup.Son conjoint, un menuisier-contracteur de 44 ans qui s’est rendu, quelques heures plus tard, à la police du Haut-Richelieu accompagné de son avocat, comparaîtra aujourd’hui au Palais de justice de Saint-Jean.Il n’avait aucun antécédent criminel.La police n’avait jamais été appelée à intervenir auprès de ce couple qui vivait ensemble depuis 20 ans.La victime avait demandé refuge auprès de la maison d’hébergement Coup d’elle pour se mettre à l’abri de la violence psychologique de son conjoint.Quelques minutes après avoir allumé un incendie dans sa ihaison, dans le but apparent de détourner l’attention des policiers, le suspect se serait présenté vers 2h50 du matin à la maison Coup d’elle, où sa femme avait trouvé refuge un mois auparavant.Il aurait défoncé la porte d'un coup de pied et demandé sans succès à l’intervenante de faction où était sa conjointe.Il l’aurait malheureusement lui-même trouvée à l’étage de la résidence, qui abritait quatre autres femmes et six enfants, et aurait déchargé sur elle son fusil de calibre 20 avant de prendre la fuite en voiture.Impuissante, l’intervenante de la maison d’hébergement a pendant ce temps alerté les policiers et aidé les autres occupants de la maison à s’enfuir.Ces dix femmes et enfants ont par la suite été amenés à l’hôpital local avant d’être envoyés dans d’autres maisons d’hébergement.Encore sous le choc de la tragédie, la coordonnatrice de la maison d’hébergement, Sylvie Langlais, assurait hier que toutes les mesures de sécurité avaient pourtant été prises.Le terrain était clôturé, les portes étaient munies d’un système de verrouillage automatique, l’entrée de quiconque était étroitement contrôlée, des boutons d’urgence étaient disposés partout et les téléphones étaient programmés sur le 911.Le refuge étant ouvert dans la petite ville depuis 1982, son emplacement avait toutefois perdu graduellement de son secret «Il nous était bien arrivé que des hommes viennent de temps en temps garer leur voiture devant la maison VOIR PAGE A 10: REFUGES » * » 778313000689 L E D nom, L E V E N I) R E I) I 11 JUIN 1 !» !) !» i 5 t » i i 9 t •_______________________________________________________________________ t r Secteur public -* LE" «- POLITIQUE L’Alternative unie Les négociations avec Québec tournent en rond Les syndicats croient que le gouvernement veut gagner du temps Officiellement, les négociations du secteur public ont commencé au début du mois de février.Sur le terrain, toutefois, les syndicats pensent que le gouvernement ne cherche qu’à gagner du temps.MARIO CLOUTIER DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC La timide mise au jeu officielle des négociations du secteur public en février dernier n’a donné lieu jusqu’ici qu’à du jeu au ralenti, constatent les trois grandes centrales syndicales, CSN, FTQ et CEQ.Cinq mois plus tard, les véritables pourparlers sur les clauses normatives n’ont à peu près pas commencé aux tables .sectorielles et on parle déjà d’un ajournement pour les vacances estivales.Bref, lçs représentants des syndiqués de l’État pensent que le gouvernement veut gagner du temps et ' se demandent bien pourquoi.: : «Il n’y a pas d’élections en vue, pas de référendum.Où est l’intérêt poli-tique à gagner du temps?», se demande le président de la Fédération de la ) santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Louis Roy.Il reconnaît que les ententes éventuelles sur les milliers de clauses normatives en cause représenteront un coût pour le trésor québécois mais ajoute que cela ne saurait justifier l’absence de volonté gouvernementale pour «accélérer les choses» du côté des négociations.Les syndicats, qui représentent ; environ deux tiers des 400 000 em-.pjoyés de l’État, ont tous noté dans • çf s discussions sur les clauses nor-; pjatives que le mandat des négociateurs patronaux ne semble pas être de réellement négocier.Les parties en cause en sont encore à expliquer des principes, soit leurs positions respectives (offres et demandes).Dans plusieurs cas, le dépôt des offres patronales n’est pas encore terminé.«Un an après l’échéance de la convention collective, 14 mois après le dépôt de la demande syndicale, il est inexcusable, inacceptable que la partie patronale ne puisse faire connaître sa position initiale complète sur l’ensemble de la convention collective», a fait savoir le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CEQ), Luc Savard.«On n’a pas vraiment commencé à négocier», confirme d’ailleurs le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), Gilles Giguère.Il explique que bien des échanges entre représentants syndicaux et patronaux portent encore sur la décentralisation des négociations.Pourtant, le premier ministre Bouchard a clairement laissé entendre le 28 avril dernier qu’il ne fallait pas s’engager dans «cette vieille tentative toujours avortée de vouloir décentraliser les négociations».«Une fois la décentralisation levée, a expliqué Louis Roy, on n’a rien reçu d’autre des négociateurs patronaux, sauf pour un article de convention, que des principes.H y a un net décalage.Les négociateurs patronaux en sont là où nos négociateurs en étaient il y a un an.» Certains négociateurs patronaux connaîtraient très mal leurs dossiers, ajoutent les leaders syndicaux.Ils n’ont clairement pas «le mandat de négocier», pense Gilles Giguère.La CEQ insiste sur le fait que les représentants du gouvernement n’ont pas présenté de réponse aux négociateurs syndicaux sur des questions aussi cruciales pour les enseignants que les enfants handicapés ou en difficulté d’apprentissage.Dans plusieurs cas, les syndicats du secteur public obtiendront le droit de grève à l’automne, soit après les délais prévus à la loi pour la médiation et l’émission des avis de débrayage.Des médiateurs sont intervenus dans plusieurs secteurs, mais comme le soulignent les syndicats du secteur public, cette étape n’aura rien fait pour accélérer îes négociations.«La fin d’une médiation, souligne la CEQ, doit être le moment pour les parties de mesurer les convergences et les divergences, de s’étendre sur l’ordre des sujets à aborder, sur un échéancier, toutes choses rendues impossibles par la désinvolture de la partie patronale.» L’échéancier qui semble surtout intéresser les négociateurs patronaux, soutient Louis Roy, de la FSSS, est surtout l’ajournement des «négociations» pour les vacances estivales.Les travaux cesseraient normalement peu après la fin de la médiation, soit le 30 juin, pour ne reprendre qu’au mois d’août.Les syndicats se disent très déçus de ne pas avoir fait plus d’avances pour régler les milliers de clauses normatives ouvertes aux discussions.Selon la CSN, deux mois de travail sérieux seront nécessaires pour en venir à bout avant de pouvoir aborder les questions salariales.«De ce côté, ils ne sont pas partis pour en donner beaucoup, rappelle Gilles Giguère, du SCFP.On veut que ça commence, les négociations sur les clauses normatives, sinon ça va être la congestion à l’autre bout.» De son côté, plusieurs des 90 000 membres de la FSSS manifesteront leur mécontentement mercredi prochain devant les établissements de la santé partout à travers le Québec.Vifs échanges avec Charest Il faut choisir entre la santé et les impôts, dit Marois L’écoute d’un témoignage pour réfléchir dur va propre rie.Québec (PC) — La ministre d’É-tat à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marois, a demandé hier à l’opposition libérale de se brancher: on ne peut pas baisser les im-.pots et, en même temps, augmenter les dépenses de l’État dans tous les ; secteurs, y compris celui de la santé.Bombardée de questions pendant 45 minutes sur l’état du réseau de la santé au Québec, sur ce que le chef de l’opposition libérale Jean Charest a qualifié «d'échec retentissant», la ministre a reconnu les moments difficiles vécus par le système de santé pour finalement terminer la période de questions en demandant aux libéraux de se faire une idée sur ; leurs priorités.«Nous sommes cohérents et logiques, a-t-elle lancé, et sans doute ’ pas mal plus que le chef de l’opposition, qui fait intervenir ses députés sur le fait qu’on manque de ressources ici et là, auprès des femmes en difficulté, dans les hôpitaux, dans les centres d’accueil pour les personnes âgées, mais en même temps, de l’autre côté de la bouche, il ne cesse de répéter de baisser les impôts.Il faudrait pourtant qu'il choisisse.» Pour le chef libéral, la solution à court terme pour corriger la situation est de refaire le débat de la réforme de la santé «pour qu’on puisse reprendre le travail manqué, les ra- Jean Charest Pauline Marois tés de la réforme et qu’on puisse rassurer la population».«Chaque jour qui passe, a soutenu M.Charest, nous confirme à quel point la réforme est un échec retentissant.Des infirmières sont en négociation, il y aura pénurie d’infirmières.Du côté des médecins, il y a pénurie et le gouvernement refuse toujours de le reconnaître.«Pourtant, a-t-il poursuivi, après les avoir incités à prendre leur retraite il y a deux, voilà qu’il est pris pour les rappeler au travail.Il y a pénurie de radio-oncologues, d’hémato-oncologues, d’orthopédistes.On fait face à un sous-financement chronique, en plus des problèmes d’équipement et de planification et, à cela, s’ajoute le fait qu’on doit maintenant envoyer des patients se faire soigner aux Etats-Unis.«Quand le gouvernement va-t-il reconnaître l’échec de cette réforme?a demandé M.Charest.Quand le gouvernement va-t-il proposer à l’Assemblée nationale un vrai débat?» Pour la ministre de la Santé, toutefois, tous les efforts sont faits pour corriger les situations difficiles.«Il n’y a pas d’échec de la réforme de la santé et des services sociaux, a répliqué Mme Marois.Il y a cependant des difficultés et, bien sûr, elles sont sérieuses.On ne fait pas des changements comme ceux-là sans que cela provoque un certains nombre de difficultés, et c’est normal qu’il en soit ainsi.«Nous admettons qu’il y a des difficultés, qu’il y a des problèmes, personne ne l’a jamais nié», a-t-elle précisé avant d’affirmer que jamais la réforme n’a été faite dans le but de réaliser des économies et pour atteindre le déficit zéro, même si les apparences peuvent sembler trompeuses.«Nous n’avons pas fait une réforme pour faire des resserrements budgétaires, a indiqué la ministre.Nous l’avons faite pour offrir de meilleurs services à la population québécoise en même temps que nous devions régler le problème du déficit budgétaire, et les deux combinés ont créé des perturbations dans le réseau de la santé et des services sociaux.Il n’y a personne d’entre nous qui nie ça.» Celui d’un chef (le file D1 J.- Robert Ouimet, Ph.D., MC, MQ, Président et chef de la direction de Ouimet-Cordon Bleu Inc.Mercredi 16 juin 1999, de 7h à 9h • Hôtel Ix- Reine Elisabeth Renseignements: téléphone: (514) 848-0841 télécopieur: (514 ) 848-1106 Si intéressé, poster le chèque de 44 $ à : « Rencontre.< Silence intérieur et prière du Québec », C.P.99, suce, du Parc, Montréal (Québec) 112W 2NI Preston Manning remporte son pari Plus de 60% des réformistes endossent le projet d'un nouveau parti capable de rallier la droite MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le chef réformiste Preston Manning a remporté son pari hier soir.Un peu plus de 60 % des membres de son parti qui ont participé au référendum sur son projet d’Alternative unie l’ont endossé.M.Manning était visiblement soulagé en annonçant les résultats car la campagne qui a précédé le vote a été houleuse et a divisé son caucus.Au moins 15 députés ont ouvertement combattu l’idée de travailler à la formation d’un nouveau parti capable de rallier la droite et défaire les libéraux.Quelques dissidents ont même soutenu qu’un vote serré obligerait leur chef, qui a initié et porté «l’Alternative unie» à bout de bras depuis un an, à reconsidérer son leadership.Plus personne ne l’exigeait hier soir après avoir appris que le OUI l’avait emporté avec 60,5 % des voies comparativement à 39,5% pour le NON.Une majorité des réformistes de la Saskatchewan et du Yukon ont rejeté la proposition défendue par M.Manning et ceux du Manitoba étaient divisés en deux.Environ la moitié des 70 000 membres du Reform ont exercé leur droit de vote.«Je veux reconnaître les préoccupations de ceux qui ont voté NON et je les assure que je vais tout ce que je peux pour y répondre au cours de la prochaine.La conclusion, cependant, est que le membership a parlé, nous devons tous respecter cette décision et aller de l’avant pour construire ensemble une meilleure solution de rechange aux libéraux», a déclaré Preston Manning avant de rencontrer son caucus pour panser les plaies.Tous les députés interrogés, y compris les dissidents, disaient à leur sortie que «la démocratie avait parlé» et que le parti avait maintenant le mandat d’entreprendre les préparatifs LE DEVOIR Preston Manning était soulagé.pour la mise sur pied d’un nouveau parti, un processus qui devrait prendre au moins six mois.Si le projet s’avère réaliste, les réformistes seront invités à l’entériner dans le cadre d’un second référendum.C’est à ce moment que le leadership de M.Manning sera mis à l’épreuve puisqu’il a lui-même promis, l’an dernier lors du congrès de son parti qui a donné le coup d’envoi de «l’Alternative unie», de tout mettre en jeu, y compris sa tête.Plusieurs dissidents, dont Lee Morrison, ont dit qu’ils collaboreraient aux travaux des différents comités préparatoires, pour faire leur part d’abord mais aussi pour jouer «les chiens de garde» des principes réformistes.La direction du parti est visiblement consciente que la partie n’est pas entièrement gagnée, le second référendum devant être gagné par un vote des deux tiers.Ils ont déjà envisagé une solution de rechange si le projet de nouveau parti s’enlise.Le député Jason Kenney insistait hier sur la possibilité que le Reform se rabatte sur la présentation d’un seul candidat de la droite dans certains comtés.Le but de «l’Alternative unie» est de toute façon de mettre fin à la division du vote de droite entre conservateurs et réformistes, en particulier en Ontario.L’autre but est aussi de sortir les réformistes de l’impasse, eux qui n’arrivent pas à percer à l’est du Manitoba.M.Manning est cependant confronté depuis le début à un obstacle de taille: l’opposition obstiné des conservateurs et de leur chef, Joe Clark.Ce dernier a soutenu, depuis Calgary, que la victoire de M.Manning restait insuffisante pour lui faire changer d’idée.Selon lui, les tergiversations du Reform n’ont fait que donner le champ libre aux libéraux depuis un an.Il a ajouté que son propre parti présenterait des candidats dans les 301 circonscriptions fédérales.?Le 951 FM est entre bonnes mains Depuis son passage à la bande FM, la Première Chaîne de Radio-Canada a connu quelques difficultés qui se sont traduites essentiellement par une perte de la qualité de réception de ses émissions dans certains secteurs de la région métropolitaine.Une fois le diagnostic établi, Radio-Canada a élaboré plusieurs options technologiques pour remédier définitivement à cette situation que nous déplorons tous et dont nous nous excusons sincèrement auprès de nos fidèles auditeurs.Les mois qui viennent seront donc consacrés à l'étude de faisabilité de chacune des options élaborées dans le but d'assurer un rétablissement durable au coût le plus bas possible.En attendant la fin de cette démarche, Radio-Canada lance un programme de visites à domicile dans la région de Montréal.Durant l'été, une équipe-conseil se rendra chez ceux qui en feront la demande pour tenter d'identifier si d'autres problèmes mineurs ne sont pas la cause de la mauvaise qualité de réception du 95,1 FM.Pour prendre rendez-vous, vous devez composer le (514) 597-7051.Bien sûr, ces visites ne régleront pas tout.Mais elles pourront à tout le moins augmenter considérablement vos chances de partager le plaisir des nombreux auditeurs qui captent correctement le 95,1 FM.La Direction de la Radio française de Radio-Canada première chaîne il!' Radio-Canada D1D A 10 I.K I) K V O 1 H .I.K V K X I) H K I) I 11 .1 U I X I il !» !» -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES RYAN PAIX Pour une troisième fois, le Québec a été «lâché» parses partenaires SUITE DE LA PAGE 1 S’appuyant sur la version des faits fournie par le gouvernement du Québec, et qui «n’a pas été contredite», M.Ryan rappelle que c’est «la troisième fois au cours des 30 dernières années qu’après s’être engagé dans une démarche commune avec les autres provinces et territoires, le Québec aurait été lâché en cours de route parses partenaires».Un premier abandon ayant eu lieu en 1981, lors de la négociation sur le rapatriement de la Constitution, un second en 1990, lors de l’échec de l’Accord du lac Meech.M.Ryan rappelle que, jusqu’au 28 février 1999, les provinces s’étaient entendues sur le contenu d’une entente prévoyant notamment un droit de retrait avec compensation financière de toute initiative fédérale, auquel le Québec s’était rallié à Edmonton en août.Mais qu’à peine une semaine plus tard, le 4 février, les autres provinces s’alliaient à Jean Chrétien pour adopter un texte différent qui ne convenait plus au Québec.Dans ce texte de 19 pages, dont Le Devoir publiera des extraits samedi (sur le pouvoir fédéral de dépenser) et lundi (sur les voies d’avenir pour les fédéralistes québécois), M.Ryan scrute l’accord à la loupe pour se rendre compte que, dans la plupart des aspects, cette entente ouvre la porte à une domination fédérale accrue dans le champ des politiques sociales.Le résultat obtenu par cette entente n’entame pas la préférence de M.Ryan pour le fédéralisme canadien.Il rappelle à quelques reprises dans le texte que c’est à titre de
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