Le devoir, 30 juin 1999, Cahier A
LE DEVOIR Le Devoir ne sera pas publié demain, 1" juillet, en raison de la Fête du Canada Vol.X C - N “ 1 4 4 PERSPECTIVES Un doigt dans l’engrenage Quand tout a été dit, il reste à le répéter.Lundi à Toronto, les représentants des six équipes canadiennes de la Ligue nationale de hockey ont donc répété qu’ils étaient pris à la gorge par les taxes et le taux de change du dollar, et le ministre John Manley a répété que le gouvernement fédéral était prêt à faire un effort, à condition bien sûr que tout le monde a mari usque ad mare fasse aussi un effort.Je an Dion Gary Bettman, le commissaire de la LNH, a répété que la ligue faisait déjà à peu près tout ce qui est en son pouvoir en offrant aux «pauvres» un programme de compensation financière pour leur péché de se trouver dans le meilleur pays du monde.Bob Goodenow, le président de l’Association des joueurs, a répété que les salaires élevés ne sont pas le problème.On a aussi répété, d’une manière générale, que le hockey professionnel voulait être traité comme n’importe quelle autre industrie.Comme n’importe quelle autre industrie, faut-il comprendre, qui a épongé des pertes de 170 millions de dollars au cours des deux dernières années et qui a connu une hausse de la rémunération moyenne de ses employés d’environ 550 % en huit ans, qui l’a fait passer à 1,2 million $ US.Et on a répété que l’inflation salariale est une question de régie interne, qu’on la réglera c’est promis à la fin de la présente convention collective qui viendra à échéance en 2004 — aussi bien dire dans mille ans —, que la solution réside dans un appui public, comme cela se fait si bien aux Etats.Du nouveau?Peut-être un peu.Les clubs ne cachent plus guère leur désir de mettre la main sur une partie au moins des dizaines de millions qui aboutissent,chaque année dans les coffres de l’État grâce aux paris sportifs.En matière d’odeur de l’argent dont on raconte qu’elle n’existe pas, on remarquera qu’il est significatif que le sport professionnel, qui a toujours affirmé éprouver une sainte horreur de tout ce qui touche de près ou de loin au jeu, ait désonnais de meilleures, disons, dispositions à cet égard.Mais au delà de ces rengaines — ou faudrait-il dire à cause de ces rengaines, qui illustrent l’ampleur des dégâts —, il est plutôt surprenant que l’on discute autant, et avec autant de ferveur, de recours qui sont pour l’essentiel un cataplasme sur une jambe de bois.Ou un sparadrap sur un quadruple pontage.Le chiffre de 15 millions, nié par M.Manley, a été avancé comme aide fédérale possible.Les équipes canadiennes, elles, espéreraient une somme avoisinant les 60 millions.Le problème étant que c’est déjà trop et, en même temps, ce n’est manifestement pas assez.Trop, faut-il vraiment en faire la démonstration?On ne reprendra pas ici le sempiternel débat sur l’impact économique du sport de spectacle, sur la justesse de dégrèvements fiscaux pour millionnaires qui ne réussissent pas à mettre de l’ordre dans leurs propres affaires et sur l’assurance que de pareils versements permettraient d’éviter ce que l’on veut éviter, à savoir le déménagement des équipes canadiennes.Pas assez, parce que si les clubs perdent vraiment 85 millions par année, il suffit d’un petit calcul pour voir que.Mais ce n’est pas là l’important de l’histoire.L’important, c’est que les propriétaires se sont fait lessiver lors des dernières négociations, en 1994, et qu’ils vivent depuis avec une entente qui permet aux mieux nantis d’entre eux, pour qui les petits marchés peuvent bien aller chez le diable voir s’ils y sont — partage des revenus dans la LNH: 9 %; dans la NFL 86 % —, de foutre le bordel en offrant des contrats délirants.Que vous avez plus de chances de gagner en pariant que les Expos vont gagner la Série mondiale qu’en misant sur la possibilité que l’Association des joueurs accepte d’ouvrir la convention avant son terme.Que les joueurs, tout Canadiens soient-ils dans leur majorité, ont autant à cœur le sauvetage des équipes canadiennes que le sort des îles Caiman, où ils iraient cependant jouer s’ils en avaient le loisir comme les grands sportifs européens résident à Monaco.Bref, que personne ne, sait où on en sera dans deux ans à peine et que mettre l’État là-dedans, c’est mettre le doigt dans un engrenage aux ressorts plus que douteux.fi n’est pas dit que l’Etat irait loin, mais l’ironie est que s’il ne va pas loin, ça ne sert pas à grand-chose.On en voit l'exemple avec les Expos: Québec a promis huit millions par année (160 millions en tout), mais en plus, il faut recapitaliser l’équipe, et trouver de l’argent pour un nouveau stade, et construire ce stade, et si jamais on fait tout ça, on aura quoi?Une équipe qui devra fonctionner dans un système où les masses salariales nécessaires à un espoir de championnat auront dépassé la centaine de millions de dollars américains.Admirable cercle vicieux, décrit par le président des Oilers d’Edmonton, Glen Sather: face à la montée des salaires, les équipes font construire de nouveaux amphithéâtres afin d’augmenter leurs revenus; pour rentabiliser ces arénas, elles doivent les remplir; pour les remplir, il faut un club gagnant; pour avoir un club gagnant, il faut aller chercher de bons joueurs, ce qui fait augmenter la masse salariale.En somme, pour se donner les moyens de verser plus d’argent aux joueurs, on verse plus d’argent aux joueurs.Est-ce vraiment un problème de taxes et de taux de change?M É Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 25 Min: 16 T É 0 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 26 Min: 14 Détails, page B 8 INDEX Annonces B 6 Le monde .B Avis publics.B 4 Les sports .B Culture B 8 Montréal .A Économie B 2 Mots croisés.B Editorial A (î Politique .A Horizons B 1 Télévision .B www.ledevoir.com M 0 N T R É A L , LE M E 11 (’ 11 E I) I JOSÉE BLANCHETTE Déménager ou rester là?page B 1 :i o .1 U 1 x i il il il ÉCONOMIE La CVMQ approuve avec conditions la restructuration des Bourses, page B 2 8 7 C + T A X E S = I $ / T O R t) X T (I I $ ?EXCEPTÉ LIVRAISON LOCALE LES ACTUALITÉS Montréal restreint la circulation des camions, page A 4 B ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement s’apprête à agir dès aujourd’hui pour forcer le retour au travail des infirmières mais il répugne encore à présenter à l’Assemblée nationale un projet de loi spéciale.Le premier ministre Lucien Bouchard a indiqué que le conseil des ministres, qui se réunira demain, fera le point sur la situation dans le réseau de la santé et prendra une décision quant aux moyens à prendre pour que cesse la grève illégale des infirmières.«Des décisions seront prises VOIR PAGE A 8: BOUCHARD Feu vert au Festival de jazz Grève illégale des infirmières Bouchard promet d’agir aujourd’hui «Le gouvernement ne cédera pas» JACQUES NADEAU LE DEVOIR DES OUVRIERS mettaient hier la touche finale aux préparatifs en vue de la vingtième édition du Festival international de jazz de Montréal, qui débutera officiellement demain.Ci-dessus, un travailleur achève la construction d’une immense scène à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.La forêt boréale canadienne est menacée Un rapport du Sénat sonne l’alarme LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Un rapport du Sénat rendu public hier confirme que la forêt boréale canadienne est «menacée» autant par les méga-problèmes d’environnement, comme le réchauffement climatique et l’amenuisement de la couche d’ozone, que par la surexploitation industrielle et les provinces qui l’autorisent chaque année plus au nord, au détriment de sa survie.Au moment où l’industrie forestière québécoise tente de se relever de L’Erreur boréale du duo Desjardins-Monderie, le rapport du sous-comité du Sénat sur la forêt boréale conclut que «la forêt boréale canadienne est sollicitée au point qu’elle ne saurait plus être gérée comme elle l’est maintenant».Québec pourra cependant se consoler en se disant qu’il n’est plus seul sur le banc des accusés.En Alberta et dans d’autres provinces de l’Ouest, la forêt boréale est envahie non seulement par les forestiers mais par les exploitants miniers et les prospecteurs, qui y ont aménagé routes et lignes sismiques pour y exploiter plus de 88 000 puits de pétrole et de gaz.En Alberta, le rythme du déboisement progresse de 192 kilomètres par année vers le nord.Le déboisement au profit de nouveaux pâturages dépasse dans certains cas les surfaces coupées à blanc! Mais les sénateurs à l’origine de ce rapport, qui y tra- vaillent depuis deux ans et qui ont évalué les méthodes Scandinaves et russes d’exploitation, notent explicitement la progression des coupes au Québec jusque «dans les très vieilles forêts à croissance lente du territoire de la Baie-James», les plus cruciales pour les grands animaux qui habitent ce qu’on considère maintenant comme les plus grands espaces vierges de la planète.Le rapport précise que le Québec déboise annuellement plus de 500 kilomètres carrés de forêt boréale, «essentiellement sur des territoires de chasse familiaux des Cris».En Ontario, ajoutent les sénateurs, il n’y a plus une seule portion de la forêt nordique publique qui n’ait pas encore été octroyée aux industriels.Cette province vient toutefois de donner un sérieux coup de barre en accordant une protection totale à 378 sites de sa forêt boréale, soit 12 % de ce vaste écosystème et 8,8 % de toute cette province.Au Québec, rien de tel.Le comité sénatorial, qui a tenu des audiences à travers tout le Canada et rencontré des experts de plusieurs pays européens, ajoute aux dangers de la surexploitation la menace des changements climatiques et l’amincissement de la couche d’ozone.Ces menaces sous-évaluées visent autant la forêt boréale canadienne, qui équivaut au quart de cet écosystème forestier planétaire, que les autres grandes forêts alaskanes, russes et Scandinaves.Globalement, VOIR PAGE A 8: FORÊT Les infirmières iront jusqu’au bout Un décret ne ferait pas reculer les grévistes MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Saint-Hyacinthe — Les infirmières du Québec poursuivront leur grève générale illimitée même si le gouvernement devait adopter un décret sur leur retour au travail.«Seul un déblocage de la négociation, tant sur le plan normatif que salarial, pourrait ramener [les infirmières] au travail, a déclaré Jennie Skene, présidente de la Fédération des infirmières, hier en fin de journée.Nous venons d’entendre un cri du cœur extrêmement fort.» Les 600 délégués régionaux de la Éédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) étaient réunis hier en conseil fédéral dans un hôtel de Saint-Hyacinthe, afin de faire le bilan sur leurs négociations avec le gouvernement, sur les moyens de pression exercés et sur les sanctions VOIR PAGE A 8: INFIRMIÈRES ¦ La situation dans les hôpitaux, page A 3 ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6 Ôcalan est condamné à mort La condamnation à mort hier du chef rebelle kurde Abdullah Ôcalan a été accueillie plutôt fraîchement en Europe, où de nombreux pays, dont la France, ont appelé la Turquie à ne pas appliquer la sentence.La diaspora kurde en Europe a multiplié les manifestations pour protester contre le verdict.Ën revanche, les États-Unis ont modéré leurs critiques à l’endroit de la justice turque.L’Union européenne a demandé par la voix de l’Allemagne une commutation de la peine.Voir pages B 1 et B 5 Le cirque des pauvres Des comédiens luttent contre les injustices sociales et la mondialisation de l’économie Le ton est à l’humour, mais les sujets abordés sont graves et sérieux.Après une absence de plus de deux ans, Le Cirque en cash, de Norman Na-wrocki, grand dénonciateur des injustices sociales, de la mondialisation de l’économie et du vent de néolibéralisme qui souffle sur le monde, est de retour à Montréal.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Ce «cabaret communautaire» montréalais met en scène des riches et des pauvres jouant ensemble une grande parodie qui ressemble à la vie.Des géants comme Brian Mulroney, Pierre Karl Péladeau et Laurent Beaudoin y sont incarnés par des marionnettes géantes, et des assistés so- ciaux y traînent leur misère comme des vadrouilles.Le discours est radical: les pauvres sont exploités, et les riches jettent l'argent par les fenêtres.Tous ont un talent magique pour faire disparaître leur pécule.Le message est clair: la privatisation corrompt, et la mondialisation jette les gens à la rue.C’est «le cirque du réel», comme on le décrit en présentation, où les femmes de ménage rencontrent les hommes d’affaires, les premières nettoyant généralement les dégâts des seconds.«Le spectacle tente de répondre aux questions “pourquoi on est pauvres?” et “qu’est-ce qu’on peut faire pour s’en sortir?”.C’est un spectacle très engagé», disait Norman Na-wrocki, qui a écrit les textes, peu avant le spectacle.Cette fois-ci, ils sont quatre comédiens à tenir l’affiche, dont la célèbre Chatouille, alias Sonia Côté, qui joue le rôle du Money Man clownesque, un homme d’affaires obsédé de profits, qui est aussi le personnage pivot du spectacle.«IJ ne pense qu’à vendre, acheter, commercialiser», explique VOIR PAGE A 8: CIRQUE - JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sur la scène du Cirque en cash, le Money Man, incarné par la clownesse Chatouille, côtoie les femmes de ménage.4 Merci de votre précieuse collaboration Hydro-Québec vit actuellement un conflit de travail.D'ici à ce que la situation revienne à la normale, nous vous rappelons que vous pouvez payer votre facture à votre institution financière ou adhérer à notre service de paiement autorisé.Et si vous déménagez, n'oubliez pas de nous aviser au moins sept jours à l'avance : • par téléphone, au numéro indiqué sur votre facture, ou • en remplissant le formulaire que vous trouverez sur notre site Internet : www.hydroquebec.com/residentiel Notre priorité :vous offrir un service de qualité, Les Services à la clientèle Hydro Québec WBÊÊBBBSÈSSBËBSSBBBÊÊBÈ8SÊBBÊBSB8Bt&BSBSSË&ÈSSÊËBÊÊ3ÊBSSBÊÊSÊSËBËBSÊBSBÊ mmmmm I LE DEVOIR.L E M E R C R E D I 3 (I .1 U I N I » 9 9 A 3 — LE DEVOIR « _ .MONTREAL JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les petits-enfants de Pierre Perrault tentaient de se consoler hier sur le parvis de l’église Saint-Viateur.% f | Des adieux à Pierre Perrault empreints de sérénité La situation dans les hôpitaux Le calme avant la tempête ?Les Montréalais semblent avoir bien compris que ce n’est vraiment pas le temps d’être malade Les Montréalais semblent avoir bien assimilé les messages apocalyptiques des associations de ci et de ça.Non, ont-ils réalisé, ce n’est vraiment, vraiment pas le temps d’être malade.LOUISE LEDUC LE DEVOIR La salle d’attente de l’urgence de l’hôpital Saint-Luc était presque déserte hier après-midi.«C’est plus tranquille que jamais!» s’étonnait le gardien de l’endroit, Philippe Bédard.A l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui, cet hiver, a défrayé les manchettes pour ses salles d’urgence bondées, l’attente n’était que d'une heure et demie.Les Montréalais ne se sont pas davantage pressés aux portes des urgences de l’Hôtel-Dieu ou de l’Hôpital juif.Pour tout dire, seul le personnel de Sacré-Cœur semblait débordé, hier après-midi.Mark Petrellis, qui prenait un petit bol d’air, était de ceux qui ont attendu la dernière extrémité avant de se présenter à l’hôpital, en fin de semaine.«J’ai commencé à avoir très mal jeudi, mais je suis allé travailler le lendemain.Je ne voulais absolument pas aller attendre des heures à l'hôpital.» Erreur: c’était une appendicite, et dimanche il a dû être opéré en catastrophe.L’enfer, depuis?«Non, on me soigne très bien, et les infirmières sont de bonne humeur.Moi, ce que je trouve dommage, c’est qu'elles risquent de ne rien gagner, même si leurs revendications sont justes.» Aux étages de l’hôpital Saint-Luc, c’était autant le calme plat qu’à l’urgence.Normal: dans tout le CHUM, 232 lits ont dû être fermés à cause de la grève des infirmières, venant s’ajouter aux 201 autres qui le sont de toute façon à cause des activités ralenties de l’été.À l’hôpital Saint-Luc, aucun des patients rencontrés n’a dit avoir constaté une détérioration des soins infirmiers.Tous disaient être traités aux petits oignons.Seul inconfort: les klaxons et les appels à la SO-SO-SO-solidarité qu’entendent du matin au soir à longueur de journée les patients dont les chambres donnent sur les piquets de grève.C’est le cas de Gérard Fontaine, qui émerge d’un coma diabétique.«Oui, ça fait du bruit, mais je les approuve, les infirmières.» Patient, le patient- Robert Racicot, responsable du secteur «qualité et plaintes» pour Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu de Montréal, a aussi expliqué que les plaintes des patients n’étaient pas plus nombreuses que d’habitude.N’empêche, le CHUM continuait hier de se faire très alarmiste.«La direction et les autorités médicales du CHUM sont d’avis que si la situation actuelle devait perdurer, ne serait-ce que quelques jours, la santé de nombreux patients pourrait être sérieusement compromise», peut-on lire dans leur communiqué.Cela vaut tout autant pour les patients hospitalisés que pour les patients en attente de chirurgie.» Dans les faits, il appert que les plus à plaindre sont bel et bien ceux qui sont en attente d’une chirurgie.Selon les associations d’employeurs du réseau de la santé, 10 300 chirurgies d’un jour auraient été reportées depuis le début de la grève.Pas difficile, non plus, d’imaginer la situation plus chaotique, mais moins visible de l’extérieur, dans les CLSC.Toujours selon les associations d’employeurs, 11 000 rendez-vous et 22 (XX) visites à domicile auraient été annulés jusqu’ici.Alors que les menaces de Québec pleuvent sur les infirmières, elles ont au moins reçu l’appui officiel, hier matin, des physiothérapeutes, des travailleurs sociaux, des audiologistes, des technologues en radiologie et des ergothérapeutes, par l’entremise de l'association qui les représente.N’empêche, le CHUM continuait hier de se faire très alarmiste Le choix de la Ville Les funérailles du documentariste ont eu lieu le jour de son anniversaire BRIAN MYLES LE DEVOIR C> était l’anniversaire et les funérailles de Pierre Perrault, hier après-midi.La famille du cinéaste qui s’est éteint aux premières heures de la Saint-Jean-Baptiste a voulu que le service funéraire soit une célébration de la parole et de la vie du disparu.N’eût été d’une maladie sans pitié, le documentariste aurait célébré hier son 72 anniversaire de naissance.L’épouse de M.Perrault, Yolande Simard, les enfants, petits-enfants et amis du couple ont donc lancé un dernier au revoir à cet amant du Québec, en l’église Saint-Viateur, pour ensuite célébrer sa fête au restaurant La Spa-ghettata, où la grande famille du cinéma québécois avait été chaleureusement conviée.Le destin a voulu que les funérailles de Pierre Perrault coïncident avec son anniversaire, comme il a voulu que l’auteur de Pour la suite du monde disparaisse le jour de la Fête nationale.Des centaines de personnes se sont réunies à l’église Saint-Viateur pour une cérémonie portée par les mots, la poésie.Le service a commencé par la lecture des six premiers jours de la Genèse, récit biblique dans lequel Dieu enfante le ciel, la Terre, la lumière et les eaux qui grouillent d’un grouillement d’êtres vivants.Quoi de plus approprié pour un homme qui a décrit, aimé et épousé un territoire qu’il a défriché et ensemencé au moyen de sa caméra?Le fils du cinéaste, Mathieu, a par la suite rendu un touchant hommage à son père, faisant un parallèle entre son instinct et sa passion pour la chasse — «c’était chez lui viscéral, c'était essentiel» — et son habileté à «lire les hommes».Comme à la chasse, il trouvait les meilleurs spécimens de l’humanité dans leur demeure, leur tanière, a poursuivi le fils.Il les débusquait, devinait lesquels se laisseraient prendre par la pellicule.Mathieu Perrault a enfin remercié sa grand-mère pour avoir mis Pierre au monde et sa mère pour l’avoir «remis au monde en lui offrant un pays».Mme Simard est en effet celle qui a présenté au documentariste les hommes et les femmes qui allaient devenir les personnages centraux de la trilogie de l’île aux Coudres, celle qui lui a transmis sa passion pour le fleuve.Des descendants de Grand-Louis Harvey et d’Alexis Tremblay, figures de proue des trois premiers films de Perrault, étaient présents Des descendants de Grand-Louis Harvey et d’Alexis Tremblay, figures de proue des trois premiers films de Perrault, étaient d’ailleurs présents aux funérailles.Viateur Tremblay (petit-fils d’Alexis et fils de Léopold), sa sœur Jocelyne et Noëlle-Ange Harvey (petite-fille de Grand-Louis) avaient fait le chemin de l’île aux Coudres à Montréal; d’une île de 1000 âmes à une autre plus peuplée, plus étouffante.Jocelyne Tremblay n’était pas venue à Montréal depuis une bonne quinzaine d’années, et son frère déplorait le manque de chaleur des gens, que l'on ne peut aborder ici pour une discussion impromptue sur la rue.Ils retourneront vite à l’île aux Coudres, que tous deux se promettent de ne jamais quitter.Mais ils tenaient à tout prix à saluer Pierre Perrault «Il nous a donné notre passé», a résumé d’un trait Viateur Tremblay, les yeux rongés par la peine.Il a vu Perrault et son équipe débarquer à l’île aux Coudres alors qu’il n’avait que six ou sept ans, au début des années 60.«Tous ses films, ça se passait dans la cuisine chez nous ou dans la cuisine chez mon grand-père», se rappelle-t-il avec un sourire.«Il voulait dire ce qui se passait, c'était quoi le vécu.Il filmait les gens au naturel.» Pierre Perrault, c’était un peu son deuxième père, un peu son enfance, un peu son passé, avoue-t-il dans une conversation sur le parvis de l’église.Mme Harvey se joint à la conversation qui bifurque rapidement sur le devenir de l’île aux Coudres: exode des jeunes et de la main-d'œuvre, vieillissement de la population, baisse de la natalité et ouverture au tourisme (mais jusqu’à quel point?) sont autant de sujets qui volent en l’air.Noëlle-Ange Harvey et Viateur Tremblay s’obstinent comme leurs grands-parents auparavant.C’est l’histoire qui se répète.«Toi, faut que tu viennes chez nous», lance finalement Noëlle-Ange au journaliste avant de prendre le chemin du restaurant.La famille avait préparé un «repas d’anniversaire et d'adieu pour Pierre», un festin composé d’omelette aux lardons et de truite fumée, d’aile de raie, de saumon de l’Atlantique en croûte, de jarret d’agneau et de fraises de l’île d’Orléans, «servies avec crème de l’habitant et sirop d'érable».Pierre Perrault aimait la vie.Condos et commerces dans l’ancienne usine Redpath KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal favorisera le développement résidentiel combiné à l’installation de commerces dans l’ancienne raffinerie de sucre Redpath, située sur le bord du canal de Lachine.En avril dernier, après que le projet initial d’un centre d’interprétation sur l’histoire de l’industrialisation canadienne eut été mis de côté notamment par le gouvernement fédéral, l’administration du maire Pierre Bourque décidait, par l’entremise de la Société de développement de Montréal (SDM), de lancer un appel public de propositions pour la mise en valeur de cet immense complexé industriel datant du début du XIX'' siècle.Le conseil d’administration de la SDM a choisi, hier, l’un des projets qui lui avaient été soumis et transmettra sa recommandation au comité exécutif.Le dossier sera tranché mercredi prochain.Mais d’ores et déjà, les autorités montréalaises ont adopté une orientation.«Je vise la construction de condos et de lofts d’artistes, par exemple, à prix abordable dans les étages supérieurs.En bas, on pourrait avoir différents commerces et, au-dessus, des bureaux», a expliqué au Devoir le responsable politique du dossier du canal de Lachine au comité exécutif, Pierre Paquin.Au moins deux promoteurs immobiliers ont déposé un projet, dont l’un serait associé à l’ancien conseiller municipal dans le Sud-Ouest, Robert Ga- Martial BOUCHER Grandeur nature 4e secondaire Enseignement moral.272 pages - 16,40$ LjDEC inc.(514)843-5991 ilMF SOLUTION En uente dans toutes les librairies (514) 257-871 1 I -888-234-8533 www.davp.org DÉVELOPPEAIENr Ef MIX Solde estiva 20% à 60% de rabais et plus BOUTIQUE 0-18 ans £ Maternité 1007, rue Laurier Ouest Montréal (Québec) H2V 2L1 Tél.: 274-2442 gnon.Le Regroupement pour la relance économique et sociale du Sud-Ouest (RESO) a également déposé un projet mais celui-ci mise essentiellement sur la revitalisation industrielle de la Redpath.L’organisme communautaire a des partenaires d’affaires, dont Phyllis Lambert, directrice du Centre canadien d’architecture, Daniel Langlois, président-directeur général d’Ex-Centris, et Phil O’Brien, de Devencore.Selon le porte-parole du RESO, Pierre Richard, le projet de quelque 20 millions vise à restaurer le vaste complexe de 165 000 pieds carrés et à y intégrer des entreprises spécialisées en imagerie.Cela s’inscrit dans la mouvance de la nouvelle économie que l’on retrouve dans le Sud-Ouest et à proximité (entreprises dans les domaines de la télévision et des technologies numériques), et en complémentarité à la Cité du multimédia, entre autres.Mais redonner une vocation industrielle à la Redpath, l’un des témoins du fait que le canal de Lachine a été le berceau de l’industrialisation au Canada, ne fait pas partie des visées de Montréal; le projet du RESO semble mort-né.«C’est utopique de penser qu'on peut y faire de l’industriel.[.] Il faut arrêter de pelleter des nuages», tranche M.Paquin.Chose certaine, le développement résidentiel risque de soulever un tollé dans le quartier.Il y a une crainte que l’habitation ne soit pas compatible avec le mandat public et récréotouris-tique sous-jacent à la revitalisation du canal de Lachine.Il est prévu de rouvrir le canal à la navigation de plaisance d’ici trois ans.Au cours des derniers mois, le choix de l’administration Bourque de favoriser le développement résidentiel dans des zones patrimoniales fia Ferme sous les Noyers sur le flanc du mont Royal) ou industrielles (Habitat Chambord, au sud de la voie ferrée sur le Plateau Mont-Royal) a provoqué une levée de boucliers chez la population.La Redpath pourrait s’inscrire dans cette lignée.Du point de vue patrimonial, la Ville assure toutefois que la préservation du caractère patrimonial de la Redpath fait partie des conditions auxquelles devaient se soumettre les personnes qui ont répondu à l’appel de propositions.Pierre Paquin jure qu’un promoteur qui voudrait agir autrement le trouvera sur son chemin.Héritage Montréal émet tout de même certaines réserves à voir des promoteurs immobiliers prendre en main l’avenir de la Redpath.Le porte-parole de l’organisme, Dinu Bumba-ru, a dit n’avoir vu aucune obligation de cette nature à la lecture du devis de la Ville, non plus que des modalités de conservation.«Il y a de bonnes intentions.Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions», a commenté M.Bumbaru.Jacques Ferron Jacques Ferron Contes Bibliothèque du Nouveau Monde -K 594 pages *40$ é, ié Ov Enfin rassemblés en un seul recueil tous les Contes qui ont fait la renommée de Ferron.à JJ LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ En vente chez votre libraire DE MONTRÉAL IPUMi DISTRIBUTION M D E S L E I) E V OIK.L E M E R C R E I) I 3 0 ,1 U I N 1 !) !) !) A 4 LES ACTUALITES Réfection de la Grande Côte des Éboulements Les opposants n’abandonnent pas Estimant qu’il s’agit du patrimoine collectif des Québécois, ils réclament une rencontre d’urgence avec Chevrette À qui appartient la Grande Côte des Éboulements?Aux gens de Charlevoix, disent les maires.À tous les Québécois, disent les opposants à la réfection.Ceux-ci n’abandonnent pas leur lutte et réclament une rencontre avec le ministre des Transports, Guy Chevrette, d’ici demain.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Rabroués par des maires de la région de Charlevoix, les opposants q la réfection de la Grande Côte des Eboulements n’ont pourtant pas l’intention de se taire.Tandis que les bulldozers ont commencé à déplacer la terre sur les battures au pied de la pente, les opposants ont répondu hier matin à leurs détracteurs et exigé une rencontre avec le ministre des Transports, Guy Chevrette, dans les 48 heures.Le temps presse, soulignent-ils, mais il n’est pas trop tard.La semaine dernière, des maires de Charlevoix — dont la présidente de l’Union des municipalités régionales de comté (UMRCQ) et préfet de la MRC de Charlevoix, Jacynthe Simard — ont dénoncé les contestataires de la réfection de la côte, «des gens qui n'y circulent pas».Hier, le professeur d’urbanisme et président d’Héritage Montréal, Gérard Beau-det, a qualifié cet argument d'«irrecevable» et dit se sentir «autorisé» à s’impliquer dans le débat, même s’il ne fréquente pas régulièrement Charlevoix.«D’une part, parce qu’il n’y a pas unanimité en région, a lancé M.Beau-det.Mais aussi, d’autre part, parce qu’un territoire, un paysage et un patrimoine ne sauraient par définition appartenir aux seuls résidants permanents d’un lieu.La région de Charlevoix n’est pas la propriété exclusive de ses habitants, pas plus que la métropole ou la capitale ne sont l’affaire de leurs seuls résidants.» Les Charlevoisiens sont plutôt les «fiduciaires d’un patrimoine collectif, selon Gérard Beaudet.«Cette qualité leur impose une grande responsabilité envers l’ensemble de la collectivité québécoise, voire internationale.Certains privilèges exceptionnels s’accompagnent de responsabilités tout aussi exceptionnelles.On doit savoir être à la hauteur.» Le professeur à l’Institut d’urbanisme s’en est également pris à l’affirmation de Jacynthe Simard, qui déclarait «Quand le perron de la porte n’est pas sécuritaire, on s’assure de le rendre sécuritaire.» «On se contentera de rappeler que lorsqu’on a le privilège d’habiter une belle résidence dont la galerie comporte de magnifiques boiseries ciselées, évoque M.Beaudet, il est particulièrement inconvenant de la remplacer par une vaste terrasse en béton, aussi durable et sécuritaire soit-elle.» Rencontre d’ici demain Les contestataires, menés par le porte-parole du Regroupement pour la protection de Saint-Joseph-de-la-Rive, Bernard Gauthier, ont demandé hier matin une rencontre avec le ministre des Transports, Guy Chevrette, d’ici 48 heures.«On veut tenter d’amener le gouvernement à réaliser que le citoyen a le droit de parole dans ce dossier», dit Bernard Gauthier.Les contestataires demandent d’abord l’arrêt des travaux déjà en chantier et, ensuite, que des audiences publiques en bonne et due forme soient convoquées ou, du moins, qu’un comité technique d’experts neutres se penche sur la question.Sinon?Les opposants songent à passer au niveau international pour alerter l’opinion internationale sur la situation de l’aménagement territorial au Québec.Un appel en Cour suprême est toujours sur la table, même si cette action ne sera appliquée «qu’en dernier recours».Mais surtout, les opposants croient que le gouvernement n’ose pas faire marche arrière avec son projet.«Sauf que le coût politique, patrimonial et financier est plus dur qu’accepter une consultation publique», croit Bernard Gauthier.Le projet.de réfection de la côte des Eboulements n’a pas été soumis aux audiences publiques prévues à la Loi sur l’environnement puisque la largeur moyenne de la route qui sera construite est inférieure à 35 mètres.En effet, en ajoutant une seconde phase de travaux en repavant certaines rues de Saint-Joseph-de-la-Rive, au bas de la côte, la largeur moyenne est passée de 42 à 32 mètres.«Ce n’est pas concevable de faire un tel aménagement du territoire avec un tel clivage dans l’opinion publique», a «La région de Charlevoix n’est pas la propriété exclusive de ses habitants» lancé Michel Gariépy, doyen de la faculté d’aménagement à l’Université de Montréal.Des audiences publiques permettraient, selon lui, une analyse complète du projet pour que la population «se rallie autour du projet plutôt que de se rallier contre».D’ailleurs, de part et d’autre, on se dispute l’appui des résidants du coin.Le président de la Société d’histoire de Charlevoix, Serge Gauthier, affirme «qu’une grande partie, pas loin de la majorité» des citoyens de Charlevoix est contre le projet.Gérard Beaudet s’est enfin demandé si l’actuel gouvernement tient tant à passer à l’histoire en léguant un si piteux héritage.«Tient-il à rejoindre ceux qui ont mené à terne la traversée hydroélectrique de l’île d’Orléans, l’autoroute des battures de Beauport, la pénétration autoroutière sur le flanc nord du promontoire de Québec ou encore les destructions massives réalisées pour la construction de la Place Radio-Canada et de l’autoroute Ville-Marie?Le moins qu’on puisse dire est que sa candidature doit être prise au sérieux.» Montréal restreint la circulation des camions Certaines rues seront complètement interdites aux poids lourds d'ici la fin de l'été KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR Les résidants de Montréal pourront dorénavant dormir sans le grondement des camions dans leur voisinage.C’est du moins l’un des effets possibles du nouveau plan de circulation des camions, qui entrera en vigueur d’ici la fin de l’été.Ainsi, certaines rues de Montréal seront complètement interdites aux camions, sauf pour les livraisons locales.Les Montréalais habitant à l’angle des rues Saint-Denis et Jarry, par exemple, ne devraient plus voir de gros mastodontes sur la rue Saint-Denis alors que ce sera le cas jusqu’à 19h sur la rue Jarry.Les rues Côte-des-Neiges, Saint-Laurent, Papineau et Pie-IX seront les principales artères nord-sud où la cir- culation de camions sera permise 24 heures par jour.Dans le sens est-ouest, les grands axes de circulation sont le boulevard Henri-Bourassa, l’autoroute Métropolitaine, les rues Sherbrooke et Notre-Dame.Outre les Montréalais, les municipalités d’Outremont et de Westmount, par exemple, bénéficient du plan de camionnage.Ces villes demeureront des enclaves de calme.Ainsi, à Outremont, la seule rue où la circulation de camions (et d’autobus, hormis ceux de la STCUM) est permise est la rue Van Horne, et seulement entre 7h et 19h.Même chose à Westmount, où le camionnage est interdit après 19h sur les rues Sainte-Catherine et Sherbrooke.Sur cette dernière rue, d’ailleurs, une fois la frontière avec Montréal franchie, le camionnage est permis en tout temps.C’est ce qui ressort entre autres de la carte détaillée du réseau de camionnage que la Ville de Montréal a rendue publique hier.Les orientations de la municipalité sont toutefois connues depuis l’année dernière alors qu’elle lançait le remplacement de la signalisation sur son territoire (4500 panneaux indiquant autant les restrictions que les permissions de circuler pour les camions) et investissait 800 000 $.«On propose un mariage de raison pour assurer la quiétude des zones résidentielles tout en permettant le développement économique», a indiqué Noushig (§) (*) EXCEPTÉ LIVRAISON TRANSIT ?LOCALE t Eloyan, responsable politique du transport au comité exécutif de Montréal.Même si l’élaboration de ce plan s’est faite en collaboration avec le secteur du camionnage, certaines inquiétudes persistent.«On ne rencontre pas pour l’instant de résistance.Mais c'est nouveau.C’est sûr que ça va changer les habitudes et qu’il va y avoir des délais qui risquent d’entraîner une hausse des coûts de transport», a commenté Yves Marchand, vice-président de l’Association du camionnage du Québec.Ces délais découleront des détours imposés aux camionneurs.Ces der- niers ne pourront plus traverser des quartiers résidentiels pour emprunter des raccourcis.En vertu du Code de sécurité routière, des amendes allant de 175 à 525 $ pourront être imposées.M.Marchand estime qu’il s’agit de contraventions démesurées.Mais ce ne sont pas les seuls irritants qu’il entrevoit pour les 1200 entreprises que son association représente.11 dit avoir besoin de six mois pour informer convenablement les camionneurs des changements.Or la promulgation de la réglementation se fera dès que le ministère des Transports aura reçu la résolution des conseils municipaux des villes limitrophes appuyant le plan de Montréal.A la mi-août, cela devrait être chose faite.Par la suite, les camionneurs auront deux mois de grâce pendant lesquels les policiers ne distribueront que des billets de courtoisie.CARRIERES ET PROFESSIONS Division scolaire franco-manitobaine n° 49 Apprendre et grandir ensemble ENSEIGNANTE La Division scolaire franco-manitobaine est à la recherche de candidat.e.s pour combler un poste à / 'Ecole Précieux-Sang et l'Ecole Taché : Poste permanent à 92 % - M à 8 musique / harmonie L'entrée en fonction se fera le 30 août 1999.Veuillez indiquer votre intérêt par écrit en communiquant avec le directeur général avant le mercredi 7 juillet 1999 : Monsieur Léo Robert Division scolaire franco-manitobaine n 49 Case postale 204, 485 chemin Dawson I.orette MB R0A 0Y0 Téléphone: (204) 878-9599 Télécopieur: (204) 878-9407 Lemploi f **cbercbe% CONSEILLER(ERE) EN EVALUATION MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION FREDERICTON Le Collège Durocher Saint-Lambert est une Institution d'enseignement secondaire à caractère confessionnel de loi catholique.Il accueille, dans deux pavillons de taille moyenne, plus de 1900 garçons et filles de taire à la 5e secondaire.Il est reconnu pour offrir un enseignement de haut niveau, un encadrement et un suivi individuel attentif.Afin de compléter son équipe de direction, le Collège sollicite des candidatures pour le poste de: Directeur(trice) des services pédagogiques Sous l’autorité de la directrice générale, vous serez entièrement responsable du développement, de l'organisation et de la coordination des différents services et projets pédagogiques du Collège.Parmi les dossiers relevant de votre mandat, mentionnons, entre autres, la maquette de cours, les politiques d’évaluation de l’enseignement, l'animation de la commission pédagogique et des comités, l'implantation des NTIC, le matériel didactique, les programmes de perfectionnement, la recherche et le développement pédagogique, l'orientation des différents services de soutien à l’enseignement (APQ, audio-visuel, bibliothèque, orientation).Vous détenez un autorité fonctionnelle d'expert pédagogue exercée en complémentarité et en interdépendance avec les directions du pavillon.Exigences: • Autorisation légale d'enseigner au secondaire et expérience d'enseignement de dix (10) ans • Formation universitaire de 1er cycle (une formation de 2e cycle en pédagogie sera considérée comme un atout) • Savoir-faire et réalisations significatives en recherche et développement de la pédagogie au secondaire • Habiletés reconnues en animation, travail d'équipe et gestion de projet Le poste fait partie des emplois de cadre du Collège et est assujetti aux politiques de rémunération et d'avantages sociaux des emplois de cadre.Si ce défi stimulant vous intéresse, veuillez faire parvenir votre curriculum vitae avant le 5 juillet 1999 à l'attention de la directrice générale à l’adresse suivante: La direction de la mesure et de l'évaluation du secteur francophone du ministère de l’Éducation, un employeur offrant l'égalité d’accès à l'emploi, est à la recherche d'une personne pour combler le poste de conseiller(ère) en évaluation responsable de la mesure externe en Français langue première.Relevant du directeur de la mesure et de l'évaluation, la personne choisie devra assurer le développement, l'administration et la correction de tests diagnostiques au primaire et d'examens sommatifs provinciaux au secondaire en Français langue première.Elle devra aussi produire des rapports analytiques des résultats de ces examens et offrir des services spécialisés de consultation au personnel du Ministère et des districts scolaires francophones de la province.Le titulaire sera appelé à siéger à divers comités professionnels, à faire un certain nombre de déplacements à l'intérieur de la province et à effectuer d'autres tâches connexes au sein de l'équipe de la direction.La personne choisie aura su démontrer les connaissances, les habiletés, les aptitudes et les capacités requises pour l'accomplissement des tâches susmentionnées, notamment des ÉDUCATION habiletés d'analyse, de communication et de recherche ainsi que les qualités de chef d'équipe.Elle devra être titulaire d’un diplôme universitaire au niveau de la maîtrise, préférablement en mesure et évaluation, et avoir accumulé une expérience dans ce domaine.Une certaine connaissance et des aptitudes dans l'utilisation d'outils informatiques et statistiques sont requises.Une excellente connaissance du français parlé et écrit est essentielle.La préférence sera accordée aux personnes possédant une connaissance de l'approche communicative en enseignement du Français.Les candidat(e)s sont priés de déclarer clairement la pertinence de leur formation et de leur expérience par rapport au poste affiché.TRACEMENT: de 1 762 $ à 2 317 $ à la quinzaine (Catégorie salariale 6).Les demandes doivent porter le numéro du concours 99-2000-09 et doivent être envoyées AU PLUS TARD 7 juillet 1999, à la Direction des ressources humaines, Ministère de l’Éducation, C.P.6000, bureau 375, 3iéme étage, Kings Place, Fredericton (N.-B.) E3B 5H1.Télécopieur : 444-4761 Nouveau ili Brunswick DYAD, développeur de jeux (série Puzz-3D CD), cherche SPÉCIALISTES MONTAGE VIDÉO / INfOGRAPHISTES Experfise nécessaire : systèmes inrormaTiques, Form-Z, Electric Image, Photoshop, Illustrator.Baccalauréat design graphique (ou domaine connexe).Aptitudes illustration recommandées.Bilingue.Envoyez CV/démos à : ]ean-Alexis Doyon, Studio Digital DYAD, 430 Ste-Hélène, Suite # 102, Montréal, QC, H2Y 2K7.fax : (514) 499-1218 www.dyad.com Orphelins de Duplessis La rencontre avec Perreault n’a rien donné LOUISE LEDUC LE DEVOIR Les orphelins de Duplessis n’ont pas fini de hanter le gouvernement du Québec.Au terme d’une rencontre avec le ministre des Relations avec les citoyens, Robert Perreault, le porte-parole des orphelins, Bruno Roy, a conclu hier à une impasse.Près de quatre mois après que Lucien Bouchard eut annoncé à l’Assemblée nationale la création d’un fonds d’aide de trois millions, aucune somme n’a encore pu être versée.Hier encore, les deux parties sont restées braquées sur leurs positions.Le ministre Perreault a continué de répéter l’offre immuable de Québec; le Comité des orphelins de Duplessis, lui, continue de revendiquer une indemnisation individuelle pour les torts subis par chacun de ses membres, rejoignant ainsi la position du Protecteur du citoyen, Daniel Jacoby.«Contrairement aux autres provinces du Canada où des événements comparables ont eu lieu, le ministre Perreault ne reconnaît même pas le principe de la nécessaire réparation», se plaint Bruno Roy.«Tant que ce principe ne sera pas reconnu, nous continuerons notre lutte», a-t-il promis.La rencontre, qui a duré un peu plus d’une heure, s’est tout de même déroulée dans la politesse, et l’attaché de presse du ministre Perreault, Jean Garon, s’est montré surpris de la sortie des orphelins de Duplessis.«La discussion a été très cordiale et nous avons cru comprendre, quand nous nous sommes laissés, que Bruno Roy allait étudier les questions soulevées, tout simplement», a-t-il expliqué.Le ministre Perreault a surtout tenté hier de discuter de la façon de mettre en place le fonds d’aide, ainsi que des ressources et des services à proposer aux orphelins.«Il faut dire qu’il s’agissait d’une rencontre exploratoire, la première que tient M.Perreault, qui est nouvellement responsable du dossier», a rappelé son attaché de presse, Jean Garon.Les orphelins de Duplessis, eux, n’en sont pas à la case départ.Avant d’être entendues par le ministre Perreault, leurs demandes ont été successivement étudiées par l’ancien ministre de la Justice, Paul Bégin, par le premier ministre Lucien Bouchard et par le ministre de la Solidarité sociale.Sous le règne de Maurice Duplessis, une collusion entre l’Etat, l’Eglise et le gouvernement avait fait en sorte cine des centaines d’enfants sains d’esprit soient étiquetés débiles mentaux.Par cette manœuvre, les communautés religieuses recevaient des subventions plus élevées et espéraient ainsi pouvoir joindre les deux bouts.E N H R E F Aide aux Kosovars Ottawa (AFP) — La ministre canadienne de la Coopération, Diane Mar-leau, a annoncé hier le lancement d’un programme d’action contre les mines terrestres au Kosovo.Par le biais de l’Agence canadienne de développement international (ACD1), le Canada va fournir cinq millions de dollars canadiens sur trois ans pour ce programme qui vise principalement à offrir de l’aide aux victimes des mines terrestres.11 vise aussi à aider au déminage, sensibiliser la population sur les dangers que représentent les mines et à mettre en place un centre local d’action.O Collège Durocher Saint-Lambert 857.rue Riverside Saint-Lambert (Québec) J4P1C2 Télécopieur: 450-465-0860 Un enfant heureux apprend mieux Le Collège favorise l'égalité des chances dans l'emploi.Nous remercions tous les candidats et candidates.Toutefois, nous ne communiquerons qu'avec les personnes choisies pour entrevue, qui devront être disponibles les 8 e! 9 juillet 1999 Université d’Ottawa Département de sociologie Poste de professeur(e) remplaçant(e) • Poste d’un an au rang d'adjoint(e) (junior) débutant le 1*' août 1999.• Compétences sociologique et/ou anthropologique en rapports sociaux de sexe/études féministes combinés avec compétences en études ethniques ou en développement.Capacité d'enseigner en français, dans une de ces combinaisons de domaines à la maîtrise et enseignement au niveau du premier cycle.Capacité d'enseigner la méthodologie qualitative ou d'enseigner en anglais serait des atouts, ainsi que la capacité d'enseigner un cours interdisciplinaire d'introduction en Études des femmes.Dossier de recherche.• Exigences: - détenir un doctorat - expérience d'enseignement - publications - bilinguisme actif Avant le 10 juillet 1999 il nous faut recevoir votre curriculum vitae accompagné d'une lettre de présentation décrivant votre expérience en enseignement et en recherche, une publication, et les coordonnées,(y compris téléphone, courriel) de trois références avec qui nous pourrions communiquer tout de suite.Veuillez faire parvenir ces documents à: Ann Denis, Directrice, Département de sociologie, Université d'Ottawa, 550 rue Cumberland, C.P.450, Suce.A Ottawa, Ontario, Kl N 6N5.No.de télécopieur: 613-562-5906.Conformément aux exigences prescrites en matière d'immigration au Canada, la priorité sera accordée aux citoyen(ne)s canadien(ne)s et aux résident(e)s permanent(e)s.L'Université d'Ottawa a une politique d'équité en matière d'emploi.Le département encourage fortement les femmes et les membres des communautés minoritaires à présenter leur candidature.théâtre ufru APPEL DE CANDIDATURES DIRECTION DE PRODUCTION Le Théâtre UBU, compagnie de théâtre de création, recherche des candidates pour assurer le poste de direction de production.Sous l'autorité du directeur artistique, le ou la titulaire de ce poste assumera les responsabilités suivantes: Coordination générale de l’ensemble des activités de production de la compagnie / Supervision des aspects techniques, matériels et budgétaires des productions / Participation à l’élaboration des budgets de production Engagement du personnel technique requis par les productions / Organisation technique et suivi des tournées au Québec et à l'étranger / Gestion des équipements et locaux de la compagnie Exigences Formation en direction technique et/ou de production / 5 années d'expérience dans la direction de production au Québec et à l'étranger / Un sens de l'organisation et une capacité à diriger un groupe de travail avec dynamisme et leadership / Une connaissance approfondie des méthodes de production et du processus de création artistique / Une bonne connaissance de la langue française et de la langue anglaise, parlées et écrites.La rémunération sera déterminée en fonction de la compétence et de l’expérience du (de la) candidat(e).L'entrée en fonction est prévue pour août 1999.Les candidatures, accompagnées d'un curriculum vitæ et de références, devront nous parvenir au plus tard le 1" juillet 1999.Théâtre UBU, Poste de direction de production 4387, avenue Christophe-Colomb, Montréal (Québec) H2J 3G4 Fax : (514) 521-7157 / ubu@surf.to LE DEVOIR, L E M E R C R E I) I 3 O ,1 II I N I il il il A 5 -* LE DEVOIR ?- POLITIQUE Accès à l’égalité Vers un forum politique permanent Des programmes nécessaires, dit la CDP NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Les programmes d’accès à l’égalité, qui visent à corriger la discrimination dans l’emploi dont sont victimes certaines catégories de citoyens, ont été pertinents et devraient être poursuivis, estime la Commission des droits de la personne (CDP).Dans son dernier rapport annuel, récemment déposé à l’Assemblée nationale, la CDP analyse les programmes mis en place au Québec depuis 1986 pour augmenter le nombre de femmes, d’autochtones, de handicapés ou de personnes provenant de groupes minoritaires dans les secteurs public et privé.Par exemple, dans la fonction publique, le nombre de femmes a augmenté de 18,3 % en 12 ans alors qu’au même moment, le nombre d’emplois réguliers régressait de 5,4 %.Au total, le nombre de femmes fonctionnaires a progressé de 37,6 à 47 % au cours de la même période.Par contre, les programmes ont été moins efficaces pour les communautés culturelles, dont la présence dans la fonction publique n’a grimpé que del % de 1990 à 1996.Le nombre d’employés provenant de ces communautés culturelles est passé de 1092 à 1102 pendant cette période.Il y a par contre eu baisse chez les groupes n’ayant pas été ciblés prioritairement par les programmes d’accès à l’égalité: le nombre de personnes handicapées à l’emploi de l’Etat a chuté de 10 %.Quant aux autochtones, leur effectif a chuté de 14,3 %.Enfin les anglophones ont connu une réduction de 11,6 % de leur nombre.Dans le secteur privé, les entreprises de 100 employés et plus qui souhaitent obtenir des contrats ou des subventions de plus de 100 000 $ du gouvernement devaient s’engager à mettre en place un programme d’accès à l’égalité conforme à la Charte des droits.L’an dernier, 154 entreprises étaient donc soumises à cette obligation.La CDP évalue que les effectifs féminins y ont progressé de 3,4 % pendant que les effectifs totaux chutaient de 4,9 %.Il y a également eu hausse de 18,9 % des employés provenant des communautés culturelles au sein de ces entreprises.De plus, ces programmes d’accès «ont contribué largement à sensibiliser les gestionnaires de ces entreprises aux risques de discrimination dans la gestion des ressources humaines», constate la CDP.Ces programmes «demeurent nécessaires pour corriger la situation de personnes faisant partie de groupes plus fréquemment victimes de discrimination», conclut la commission.Droit de 3 $ sur chaque pneu neuf NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Chaque pneu neuf vendu au Québec coûtera 3 $ de plus à compter du 1" octobre prochain, a annoncé hier le ministre de l’Environnement, Paul Bégin.Les sommes ainsi accumulées seront versées dans un fonds environnemental destiné à vider, sur une période de duc ans, la cinquantaine de lieux d’entreposage de pneus usagés à travers le Québec.La taxe devrait rapporter la première année quelque 14 millions de dollars au fonds environnemental.De plus, les fonds serviront au financement du programme de gestion des pneus usagés, dont un bon nombre sont actuellement recyclés.«L’accumulation des pneus usagés représente des risques majeurs pour l'environnement, parla contamination de l'eau, de l’air et du sol en cas d'incendie, sans compter la santé des citoyens, qui est menacée, et la réhabilitation des lieux», a mentionné le ministre Bégin en annonçant la nouvelle.Il a cité l’exemple de l’incendie de pneus à Saint-Amable en mai 1990.Des millions de pneus avaient alors brûlé pendant quatre jours à l’occasion de ce désastre écologique.Selon une étude de Recyc-Québec datant de ce mois-ci, 4,4 millions de pneus neufs d’automobile et 350 000 pneus de camion sont vendus au Québec chaque année.On estime également que quelque 25 millions de pneus usagés sont accumulés un peu partout sur le territoire.Bouchard et les chefs autochtones cherchent un compromis Les négociations se poursuivront d’ici une autre rencontre au sommet cet automne Une première rencontre en 11 ans entre un premier ministre du Québec et l’ensemble des chefs autochtones a eu lieu hier.Québec et les Premières Nations cherchent à s’entendre sur la création d’un forum politique, et ce, malgré leurs différends territoriaux.MARIO CLOUTIER DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC Le gouvernement Bouchard et les chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador poursuivront le dialogue afin de faire avancer l'idée d’un forum politique permanent Destiné à régler les problèmes survenant entre le gouvernement et les Premières Nations, voire certaines crises épisodiques, cette «table» Québec-autochtones fera l’objet de négociations d’ici une prochaine rencontre au sommet à l’automne.Les deux parties acceptent d’en discuter malgré leurs apparents différends territoriaux.«Nous nous entendons pour ne pas nous entendre sur tout», a d’ailleurs déclaré le premier ministre Bouchard à l’issue de cette première rencontre en 11 ans entre un premier ministre québécois et l’ensemble des chefs des Premières Nations habitant le Québec.M.Bouchard a expliqué qu’il s’attend tout de même à voir les négociations progresser dans les prochains mois en vue de la création de ce forum politique permanent, dont l’idée provient de la politique autochtone du gouvernement adoptée l’an dernier et d’un accord-cadre de collaboration générale entre Québec et les Premières Nations.D’ici l’automne, les deux parties ont, en principe, accepté qu’un groupe de travail conjoint fesse avancer ce dossier.Le chef de l’Assemblée des Pre- mières Nations du Québec et du La-brador (APNQL), Ghislain Picard, souligne toutefois que l’option souverainiste du gouvernement actuel représente un obstacle dans ces pourparlers.M.Heard soutient qu'il faudra rester «vigilants» sur les objectifs poursuivis par le gouvernement Bouchard durant les présentes négociations avec les autochtones.Même s’il adhère à une volonté de négociation, malgré des «positions pas nécessairement convergentes», le chef de l’APNQL rappelle que les autochtones ont une démarche «égalitaire», réclamant essentiellement les mêmes droits que les Québécois, notamment celui à l’autodétermination.«H y a des prétentions autochtones que nous n'acceptons pas», a répliqué, ixmr sa part, le premier ministre Bouchard en soulignant que le forum que souhaite créer son gouvernement se convertira justement en lieu de rencontre et d’échanges permanent, qui aidera à résoudre et à prévenir des problèmes économiques, sociaux et territoriaux.En outre, dit-il, la déclaration de 1985 de l’Assemblée nationale — reconnaissant l’autonomie des Premières Nations au sein du Québec — devrait représenter une base solide pour entreprendre la création d’une structure permanente de dialogue entre les nations quçbécoise et autochtones.A ce sujet, le ministre responsable des Affaires autochtones, Guy Chevrette, a annoncé qu’une entente politique sera signée «incessamment» entre son gouvernement et les Inuits du Nunavik.Le président de la société Makivik, Pita Aatami, a expliqué hier que les Inuits souhaitent, en tait, un amendement à la convention de la Baie-James et la création d'tme commission tripartite fédéra-le-provinciale-inuite pour étudier la création d’un gouvernement autonome au Nunavik à l’intérieur du Québec.Québec a d’ailleurs signé hier une entente de 25 millions avec l’administration régionale Kativik pour le financement du développement des com- munautés inuites.De plus, deux autres accords ont été annoncés avec les Innus D’Unamen Shipu et les Abénakis d’Odanak et de Wôlinak.L’entente avec les Innus concerne le réaménagement de l’aéroport de La Romaine sur la Côte-Nord et l’amélioration de son chemin d’accès.Les travaux, qui seront terminés en l’an 2000, étaient réclamés par les Innus depuis plus de 20 ans.L’accord avec les Abénakis touche aux droits de chasse et de piégeage à des fins alimentaires de ces autochtones du centre du Québec.En Abitibi, par contre, le conflit entre les Algonquins et les travailleurs forestiers n’est toujours pas réglé, a reconnu le ministre Chevrette, sur les coupes de bois dans le parc de la Vérendrye.Le ministre se dit confiant de régler le dossier sans que la paix de la région soit menacée.Une collaboration du gouvernement fédéral serait toutefois nécessaire, a-t-il expliqué, en raison des demandes territoriales exprimées par les Algonquins.- / 't Ottawa veut approfondir ses relations avec les Etats-Unis Marchi confirme Varrêt des visites ministérielles à Cuba MANON CORNELLIER LE DEVOIR Après dix ans de libre-échange, le gouvernement fédéral cherche des moyens non seulement pour améliorer mais aussi approfoncjir les relations du Canada avec les Etats-Unis.Mais il n’est pas question, pour ce faire, d’aller jusqu’à adopter une monnaie commune ou une union douanière, a répété hier le premier ministre Jean Chrétien.Le ministre du Commerce international Sergio Marchi a pour sa part confirmé l’arrêt des visites ministérielles à Cuba, y compris celle qu’il comptait faire bientôt D s’agit d’un des premiers effets du réexamen des relations canado-cubaines annoncé en mars par le premier ministre à la suite de la condamnation de quatre dissidents politiques.M.Chrétien avait lui-même demandé leur libération lors de son passage à La Havane.Le ministre Marchi a précisé que cette décision ne remettait pas en cause la politique canadienne «d’engagement constructif» avec Cuba.Un geste, cependant, devait être fait pour faire comprendre au régime castriste le sérieux de la désapprobation canadienne, a-t-il dit à sa sortie de la réunion du cabinet, qui portait sur de tout autres questions.Cette retraite estivale de deux jours, consacrée au bilan des deux premières années de son gouvernement, devait aussi permettre de faire le point sur l’état des relations politiques et çom-merciales entre le Canada et les Etats-Unis.Ce sujet a accaparé l’essentiel de la journée d’hier, en présence de l’ambassadeur du Canada à Washington, Raymond Chrétien.La grande question était de savoir si Ottawa envisage ou non une union monétaire ou douanière avec les Etats-Unis.«On n’a pas parlé de cela», a dit M.Chrétien à sa sortie de la première journée de réunion de son cabinet.D a tenté, dès son entrée, de minimiser l’importance de ces échanges.«C’est notre plus grand partenaire commercial.\.\Je ne sais pas pourquoi on s'excite avec ça.Ce qui serait surprenant, ce serait qu’on ne s'intéresse pas à nos relations avec les États-Unis.» Peu de choses ont filtré, mais le ministre Sergio Marchi a indiqué à sa sortie de la réunion qu’il «y avait plusieurs options sur la table, à l'exclusion de l’union monétaire».A l’entendre, il est clair qu’Ottawa ne cherche pas que des améliorations de circonstances mais une façon d’approfondir encore davantage les liens entre les deux pays.«Nous avons examiné plusieurs options et pas seulement en ce qui a trait à la gestion de nos relations», a dit M.Marchi.Il a été question d'améliorations graduelles, des procédures aux frontières, de l’établissement d’un lien Amérique du Nord-Union européenne, et ainsi de suite.Il n’a pas voulu révéler si de nouvelles mesures découleraient de ces échanges mais a dit l’espérer.«J’espère f EOLEX GENÈVE Cjcutevie Gàmbard Vente et service technique GMT-Master II en acier et or 18 carats qu’il y aura des initiatives réalistes sur la manière de gérer cette relation, de promouvoir le Canada aux États-Unis et à travers le monde pour éviter que le reste de la planète ne pense qu'aux États-Unis lorsque vient le temps d’investir et de commercer avec l’Amérique du Nord.» Ottawa se préoccupe, comme toujours, des élans protectionnistes du Congrès américain, susceptibles de causer des maux de tête au Canada.M.Marchi a cité en exemple le secteur agricole, qui a été affecté par le blocus routier de certains camionneurs.La situation économique américaine a aussi été évoquée, a-t-il laissé entendre.Cette question n’est pas négligeable.L’économie de nos voisins roule à fond de train depuis huit ans, traînant dans son sillage l’économie canadienne.Un ralentissement aurait des effets importants au Canada, ce qui doit sûrement préoccuper Ottawa.Les ministres ont eu droit à un exposé du ministre des Finances, Paul Mar- tin, sur l’état des finances publiques.Ceci devrait avoir un effet sur les discussions d’aujourd’hui, qui doivent porter sur les choix du gouvernement alors qu’il arrive à mi-mandat, se prépare pour un discours du Trône à l’automne et se penche déjà sur son prochain budget.Les membres du cabinet n’ont pas voulu donner d’indices hier sur ce qui ressortait de leurs discussions, préférant sourire innocemment aux caméras.Il ff .'•vsn a « « % ¦ : ./v j ls 'ÆüSïtjifam;.Coupon de participation i Retourner par la poste à : Concours Le Devoir el la mer à vos pieds, 2050, rue De Bleu/y, 9' étage, Montréal, Québec H3A 3M9.ET LA MER à oos jbfet/s LE DEVOIR Nom:.Adresse: .Ville: Téléphone: (résidence) (bureau) Alxmné au Devoir, oui .non .Le tirage aura lieu le 16 août.1995.Le concours s'adresse aux 18 ans et plus.ca^^eUé^emen^dumKoursmLà^onbjesàJgté^^mAiDeMr o—1 a^l royal air maroc Les caravaniers du monde *OUR PARTICIPER, ous n’avez qu’à nous faire pan/enir les coupons e participation qui seront publiés dans e Devoir les lundis, mercredis et vendredis vant le 13 août 1999, à minuit Splendeur marocaine, luxe et détente • Une plage magnifique, 7 restaurants • Voyagez en service 747 de Royal Air Maroc LD Od LE DEVOIR et Participez au concours et COUREZ LA CHANCE DE GAGNER forfait d' UNE SEMAINE au MAROC ur deux ffiisènnés au magnifique I ill Beach Club -HOTEL I A 6 L E I) E V OIR, I, E M E R C R E I) I » 0 ,1 U I N I i) i) i) EDITORIAL x: ) Jean-Robert Sansfaçon ?Maintenant, que faire ?Le psychodrame causé par la grève prématurée de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec entre dans une phase critique: ou le syndicat qui a lancé les hostilités le premier accepte de recommander le retour au travail, ou le gouvernement devra intervenir en adoptant une loi d’exception mieux adaptée que la loi 160.a grève illégale de la FIIQ était prématurée parce que les négociations n’étaient pas dans une impasse.Une seule raison explique que les plus militantes aient choisi de ne pas attendre l’automne pour entreprendre des moyens de pression légaux: la certitude qu’avec l’appui populaire elles obtiendraient davantage que les autres employés d’hôpitaux.Pour la plupart, les infirmières travaillent bien et fort, cela est évident, personne ne le nie.Elles ne sont pas les mieux payées au pays, ni les moins bien payées non plus.Ici même au Québec, elles gagnent des salaires semblables et parfois plus élevés que ceux d’autres employés de compétence équivalente: techniciens de laboratoire, d’inhalothérapie, de radiologie ou de réadaptation.Des gens tout aussi dévoués, qui rendent des services essentiels sans avoir la chance du nombre, de la proximité des patients et d’une longue histoire de la profession.Certes, il y a les policiers qui, dans notre société, sont mieux payés, mais voilà précisément un mauvais exemple où un groupe d’individus profite de son rapport de force extraordinaire pour se hisser au-dessus de la mêlée d’une façon inéquitable et injustifiée.Le cas des infirmières n’a donc rien de particulier par rapport aux autres employés de la santé si ce n’est qu’il s’agit d’un métier où la précarité d’emploi et l’instabilité des horaires de travail étaient devenues excessives.Or, s’il a pu s’attirer l’appui du public en tablant sur ces problèmes, le syndicat ne peut plus utiliser cet argument depuis que tout le monde sait que le gouvernement a accepté de donner suite à ses demandes.Le blocage survenu à la table de négociation, il y a une semaine, s’explique donc autrement, notamment par l’incapacité du syndicat d’établir des priorités dans cette négociation et par sa volonté de tout régler d’un seul coup: précarité, vacances, horaires, tâches, relativité, salaires, primes, etc.Comme si cette négociation était la dernière.Les infirmières sont au bout du rouleau, la situation était devenue explosive?Alors, c’était d’autant plus la responsabilité des dirigeants syndicaux de mettre ses membres en garde contre la tentation de faire sauter la baraque.Facile de mobiliser ses membres dans un tel cas, mais plus difficile de contrôler les troupes par la suite.?Le syndicat savait fort bien que l’employeur, le gouvernement, aurait à refaire le même exercice avec 400 000 autres employés d’ici quelques mois et qu’il ne pouvait donner aux infirmières ce qu’il ne pourrait consentir aux autres.Après tout, les conditions salariales des infirmières n’ont rien en commun avec celles des éducatrices de garderie.Il fallait donc être naïfs ou téméraires pour s’attendre à ce que le gouvernement crée un précédent aussi coûteux sans autre motif que de ne pas déplaire au public favorable à la cause de ses infirmières.Un public qui aime bien ses infirmières et ne détesterait pas qu’elles infligent une rebuffade à papa Bouchard, mais qui respecte aussi ce chef entêté qui sait se tenir debout et ne pas plier au premier coup de vent.Naïveté ou témérité de la part des militantes du syndicat, le résultat est le même: l’opération en cours décidée par les stratèges risque de se révéler suicidaire.Advenant un échec, la FIIQ en paiera le prix sous la forme d’une forte démobilisation dont elle mettra bien du temps à se remettre.?Cela dit, tout n’est pas désespéré.Encore faut-il cependant que le syndicat renonce à la grève illégale et qu’il accepte de voir la situation en face.La solution, c’est la reprise rapide des négociations là où elles ont été interrompues.Si le gouvernement ne peut aller au delà de ce qu’il est prêt à verser aux autres employés, il lui reste tout de même une marge de manœuvre du côté de la «relativité salariale».Grâce à cet exercice de comparaison des métiers entre eux, on a ajouté 400 millions par année jusqu’ici pour corriger les salaires d’une foule d’employés de plusieurs métiers différents, dont les bibliothécaires et les infirmières elles-mêmes au début de la décennie.Ces dernières demandent aujourd’hui un autre 10 % de rattrapage à ce chapitre, mais encore faut-il que ce pourcentage soit justifié par une étude appropriée de comparaison.Cela, les chefs syndicaux le savent fort bien.Pourquoi refuser de se prêter à cet exercice dont elles ont déjà profité dans le passé sinon parce que le syndicat préfère jouer à fond la carte du rapport de force, grâce à l’appui populaire dont disposent ses membres?Voilà qui est inacceptable.Dans les circonstances, on ne voit pas comment un gouvernement responsable pourrait succomber à la tentation, bien réelle sur le plan politique, de céder au chantage.Si les infirmières sont des travailleuses dévouées individuellement, elles n’ont pas pour autant le droit de profiter de la situation en faisant une grève comme celle-là, même en respectant des services qu’elles ont elles-mêmes jugés essentiels.Le gouvernement est responsable de la crise qui sévit dans les services de santé, mais cela ne justifie tout de même pas une grève illégale.Surtout pas de la part de ceux et celles à qui la société a confié la tâche de veiller sur les plus vulnérables.Quant au gouvernement, il a de son côté la responsabilité de reprendre les négociations aussitôt que les infirmières auront mis fin à leur grève.Entre-temps, il se doit de prendre les moyens qu’il faut pour amener les dirigeants syndicaux à lancer le mot d’ordre de retour au travail.Or, il ne dispose pas présentement des outils nécessaires à cette tâche.La suspension de l’ancienneté n’est pas un bon moyen d’atteindre ce but, pas plus que les amendes imposées à des individus qui ne méritent pas de perdre deux jours de salaire durement gagnés par journée de grève.C’est ailleurs qu’il faut toucher, là où s’organise l’illégalité et où l’on connaît les enjeux d’une telle lutte avant de l’entreprendre.Et cette fois, contrairement au passé, il faut prévoir que les éventuelles sanctions soient appliquées quoi qu’il advienne par la suite.Il est quand même ridicule que des syndicats aient pu par le passé recourir à la Cour des petites créances pour faire payer des membres qui refusaient de verser leurs cotisations au syndicat local après que la loi eut interrompu la perception des cotisations à la source! Les infirmières doivent retourner au travail rapidement pour que reprennent les négociations, et ce, dans le meilleur intérêt des malades et des infirmières elles-mêmes, qui ne demandent pas mieux que de retrouver leur poste et de laisser à leurs représentantes dûment mandatées et payées le soin de négocier en leur nom.j rsa ns faconCàlede voir, eu On aime faire plier le gouvernement.et que ce dernier se tienne debout ! le devoir FONDE PAR HENRI BOURASSA I.E 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THERIAULT Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ ELViS r TT I I 1 « II Ont Man Sh*>w U Plus A&SuRDf tu* moaa£*)T >> -LvC PCRRoTfÊ, LA « A&SfNCÊ îoTALE D£ - opiiE TRC«Gl£Tt£, U f'VoAR « ClASSêV'À CAU& u se*-"Bourses" Du MiLLCNAiÊÊS -fi?Anouveau, il jou al pe Montreal- LB PAYS %A MCA/CR # I * SAHS TA TZTC, SXi ! \\ II (v.O.SouS-TiTRÉf ttWAii) A Pierre Perrault, toujours vivant Un Pierre Perrault qui meurt, ça n’a pas de bon sens.La mort apparaît tout à coup dans son absurdité.Perrault le vivant qui faisait corps avec la réalité, qui arpentait la terre québécoise de long en large et jusqu’à plus outre, qui naviguait sur le grand fleuve jusqu’à la mer du Labrador pour contourner ses îles et comprendre ses rives sous d’autres angles, qui sans cesse enquêtait, questionnait, s’émerveillait, qui creusait la moindre brindille, qui enregistrait toutes les intonations de la parlure, qui débusquait le réel solide sous l’image évanescente, qui s’acharnait, envers et contre toutes les modes, à remonter le temps et l’espace, à reprendre le fleuve pour retrouver l’empremier, le premier regard et la première parole sur notre pays.Comment cet homme-là peut-il mourir?Justement, Perrault n’est pas mort Le territoire de l’âme québécoise qu'il a chevauché pendant 40 ans, il l’a inscrit sur la pellicule de ses films et dans les pages de ses livres.Ses documentaires ne vieilliront jamais.Il sont de l’ordre de la poésie authentique.Il y a en eux un mouvement de fond qui va au cœur du réel pour en saisir la vibration mystérieuse.C’est là le fin fond de l’objectif documentaire.Et Perrault l’a atteint.Mieux que Vertov, Ivens, Flaherty, Ruttman, Wiseman, Rouch et Resnais.Ses écrits comptent parmi les plus forts de notre littérature (et peut-être bien fallait-il qu’il parte et leur laisse toute la place pour qu’enfin on le découvre).Une écriture puissante et noble, dont chaque mot est en bonne et due place, sans jamais, au grand jamais, s’en aller vagabonder au delà ou en deçà du seuil de la perception du réel.Des mots qui collent aux choses.Comme, dans ses documentaires, des images qui collent aux réalités.Et une littérature qui enquête, sans relâche.Le signe de ponctuation qu’affectionne Perrault est le point d’interrogation.Dans L’Oumigmatique ou l’objectif documentaire (un authentique chef-d’œuvre), les points d’interrogation sont légion.Une multitude de crochets pour soulever les images convention- LETTRES -?- nelles et rassurantes que nous apposons sur le réel.et nous forcer à regarder au fond des choses.Pierre Perrault s’en est allé le 23 juin, au début de la nuit.11 nous a accompagnés jusqu’au bord de notre fête nationale.Lui qui trouvait donc qu’on y mettait du temps à célébrer souverainement.Lui qui écrivait: «Je me suis voulu d’un pays qu’on ne voulait pas.» Paul Warren îles-de-la-Madeleine, 25 juin 1999 Les tontons Boubou d’Emploi-Québec Quelle horrible sensation, à 40 ans, de se retrouver le joujou d’un fonctionnaire grotesque.Kafka ferait naître d’Emploi-Québec une victime du non-sens.Prenez-moi pour témoin.En chômage l’hiver dernier, à la suite de la réussite d’une formation en tourisme, j’obtiens d’un agent fort sympathique une seconde formation, anglais langue seconde, afin d’augmenter mes chances.Merveilleux! L’hiver est désastreux pour la recherche d’emploi.Arrivé en mai, c’est différent, la saison touristique renaît.Je trouve un programme fort intéressant, un truc pour le développement des compétences (PLDC), un emploi de six mois, au cœur du Vieux-Montréal, où j’appliquerai l’anglais sur un terrain au centre de l’activité touristique.Je jubile! D’autant que l’employeur, la Société de développement de Montréal, embauche fréquemment.Comme le projet relève d’un programme gouvernemental, je vole à la première heure au bureau d’Emploi-Québec, avenue du Parc.Un nouvel agent, du genre tonton Boubou, me répond que je ne suis pas admissible, l’emploi étant pour ceux qui viennent d’arriver au chômage.Il ajoute que ce type d’emploi est réservé aux «payeurs de taxes».Malheureusement, je n’avais pas mes déclarations d’impôts sur moi pour légitimer mon statut de travailleur.Rentré chez moi, j’appelle mon député.Les appels se perpétuent jusqu’à ce que, finalement, l’emploi me glisse entre les doigts, mais aux dires de l’attaché politique, j’aurais dû être admissible et il n’y avait là rien à comprendre.J’en rageais.Mais la saison touristique est si courte: pas le temps de s’arrêter.Trois semaines s’écoulent, une nouvelle possibilité de travail tout aussi intéressante pour moi.Cette fois, l’agent paternaliste refuse de me signer un bon d’emploi sous prétexte que je n’ai pas terminé ma formation en anglais.A la fin juillet, je me retrouverai sur le très bien-être social avec un bon anglais mais plus aucune chance de trouver du travail en tourisme.Ce qui me désole, c’est qu’à 40 ans, ce soit un parfait étranger qui décide de ce qui est bon pour moi.Je suppose qu’on me considère comme un enfant d’Emploi-Québec! On n’est pas si loin de Duplessis! Nicole Giasson Montréal, 16 juin 1999 L’étiquetage obligatoire, la vraie protection du consommateur Il faut appuyer sans réserve les actions de la députée Hélène Alarie, porte-parole du Bloc dans le dossier agroalimentaire, en particulier sur la promotion de l’étiquetage obligatoire.Il est utopique de croire que le contenu d’un produit a comme objectif votre santé, üi finalité du fabricant est de maximiser son profit.L’étiquetage obligatoire est vu par le lobbying des dollars comme une limite à la possibilité de profit.L’ouverture des frontières rend caducs les contrôles de qualité de nos gouvernements locaux.L’information sur les ingrédients et la méthode de production de ces derniers est la vraie protection du consommateur face à la valeur du produit.Il faut laisser aux consommateurs la liberté de choix.La connaissance amènera le choix judicieux pour sa santé et celle de ses proches.L’histoire n’a pas encore relevé un cas ou le profit excessif est à l’avantage de l’humanité.Michel Loiselle Brassard, 21 juin 1999 L I B R E OPINION La parole de Pierre Perrault Lui dans son petit lit d’hôpital, moi accroupi à ses côtés, nous mettions la dernière main à son livre, Nous autres icitte à file, vaste voyage au pays de la mémoire auquel nous travaillions depuis qu’il m’avait fait l’honneur de soutenir ma candidature à la direction de l’Hexagone.Devant moi, encore une fois, mais pour la dernière, Pierre Perrault essayait de saisir les gens d’ici, avec les tournures de phrases qui leur appartiennent, afin de mieux comprendre comment nous pensons et où nous allons.Nous en étions arrivés jusqu’à la correction des épreuves, «son» épreuve, comme il disait.Et il ne lui restait plus guère qu’à apprécier la couverture de ce livre à paraître en octobre.Le travail avait progressé tout doucement, au fil de nos visites et de ses efforts résolus.Dans chacune des pages que nous regardions patiemment ensemble, Perrault s’efforçait de produire un bilan des paroles enregistrées par sa mémoire et ses films.Il lui semblait que, en marge de ses amis lettrés, se trouvaient des savants inconnus dont les œuvres, fugaces comme le sillage d'un navire, de- vaient être inscrites dans les mémoires.Il se prenait à regretter que, «du grand texte d’un horizon à l’autre de la parole», il ne resterait «bientôt dans les mémoires que la page blanche d’un ciel bleu» où les oiseaux sont toujours à reprendre leur vol.Perrault parlait ses livres autant qu’il les écrivait, avec toujours à la bouche le mot juste et finement ciselé.Ses livres, il les disait avant de les écrire.J’admirais chez lui ce sens de la parole qui sait tout éclairer de son éclat unique.Notre cinéaste-poète était parti, dès les années 50, à la découverte du langage et du réel qu’il recouvre, bien certain que de Blanc-Sablon à Val-d’Or se trouvait quelqu’un, en chaque lieu, pour démontrer l’existence de ce pays toujours incertain.Le travail nécessaire à l’achèvement de ce dernier livre s’était accompli même si nous devions souvent nous arrêter pour que Perrault puisse reprendre ses forces ou recevoir des soins.Et il y avait ce maudit téléphone.Dans cette maison chaude et accueillante, il ne cessait plus jamais de sonner.Des gens de partout tenaient à avoir de ses nouvelles.Et Yolande, sa compagne de toujours, en donnait, toujours généreuse d’elle-même au delà du possible.Malgré tout cela, Perrault tenait à continuer son livre.Il me relançait sans cesse par téléphone afin que nous pressions un peu le pas.Car le temps pressait, il est vrai.Perrault le savait mieux que quiconque.Il n’hésitait pourtant jamais à entrer dans une longue digression.Avec force détails, il me racontait par exemple comment, dans l’immédiate après-guerre, un voyage en France l’avait conduit à Saint-Malo sur les traces de Jacques Cartier.La ville du découvreur était alors en cendres.Grâce à un prêtre, lui et un ami avaient pu se pencher sur le tombeau éventré du marin.Les restes de Cartier étaient là, devant lui, à portée de main.Plus de quarante ans plus tard, alors qu'il se remémorait cette visite avec son camarade, celui-ci lui montra |X)ur la première fois un petit écrin dans lequel il conservait tuie vertèbre du découvreur.L’œuvre de Cartier habitait Perrault jusque dans l’inattendu de cette étonnante histoire.Pendant les moments où je me retirais pour le laisser se reposer, je lisais dans son bureau les notes manuscrites qui couvraient toutes les marges d’un de ses vieux exemplaires des Voyages de Cartier.Ce marin était pour lui un poète unique dont il me citait de mémoire des pans entiers.Il cherchait, grâce à lui et à d’autres, à trouver une voie qui nous mènerait à la conscience malgré l’éloignement psychologique autant que géographique dans lequel nous avons vécu.Perrault a édifié autour de lui un espace de découvreur de nous-mêmes.Ses livres comme ses films, réalisés avec des soins infinis, témoignent de la formidable aventure de cet homme qui détestait l’arrogance des puissants qui font boucherie de la misère du pauvre monde.11 se servait à ces fins du langage, moyen de compréhension entre l’homme et l’homme.L’étude de la parole de Perrault demeure plus que jamais nécessaire.Cette parole et son peuple se reflètent réciproquement.J’entends pour ma part la voix de Perrault depuis que je la connais et la lis.Et je sais qu’elle est de celles qui ne mentent pas.Jean-François Nadeau Directeur des Editions de l'Hexagone et historien E I) E V 0 I R L E M E R (' R E 1) I 3 0 .) 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