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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-07-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JUILLET 1999 ?LE DEVOIR ?Les alchimistes du TÉMOINS DE LA SCÈNE PAGE B 3 HOMMAGE À PIERRE PERRAULT PAGE B 6 MÉMOIRE EN BERNE PAGE B 8 À Québec page B 2 Cinéma page B4 Disques page B8 The Art Ensemble of Chicago est enfin invité à se produire dans le cadre de la 20e édition du FUM.Pour une des rares fois, les Montréalais vont avoir l’occasion de voir et d’entendre la formation qui se sera distinguée de toutes les formations de jazz, et ce, dès ses débuts, par un souci très marqué pour l’originalité.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR LJ Art Ensemble of Chicago est né loin, très loin, de Chicago.D a vu le jour (en fait, on t devrait dire «la nuit» car c’est évidemment de nuit que la musique de ce groupe se conçoit et se goûte), il a donc vu le jour à Paris.Selon le Livre, la naissance se serait produite en juin 1969.Quel jour?On n’en sait rien.On n’en sait rien et c’est tant mieux, car dans notre histoire, cette donnée serait tout à fait secondaire, voire tertiaire.Bref, inutile! Pour l’instant, retenons tout simplement que la formation la plus emblématique de la musique afro-américaine des trente dernières années a lié sa naissance avec un défaut géographique.Quoi de commun en effet entre Chicago, ville dont le nom d’origine indienne signifie «le lieu qui sent mauvais» parce que le lieu en question était un champ d’ail sauvage, et Paris, ville où flottent, paraît-il, des bateaux-mouches?Rien.De commun, il n’y a rien.Reste l’essentiel.L’Art Ensemble of Chicago.C’est le rhythm’n’blues de Sam Cooke, la frénésie zen de John Coltrane, les sons animaliers de la jungle brésilienne, le désespoir psychédélique de Jimi Hendrix, le manifeste musical du Black Panthers Party, les tambours de la Sierra Leone, les trompes d’éléphant, la trompette de Miles Davis qui rencontre Donald Duck dans le cours d’une improvisation.C’est également le chant d’amour composé en l’honneur de Louis Armstrong, c’est le constat que New York est habitée par des âmes solitaires, c’est une promenade sur les bords du fleuve Niger à la hauteur de Bamako, la capitale du Mali, ce sont les châteaux de l’empire dogon, c’est la marche funèbre écrite en l’honneur de l’oncle de Lester Bowie, c’est le Creole Love Call de Duke Ellington, le Nutty de Thelonious Monk, c’est un VOIR PAGE B 2: ALCHIMISTES I )< puis une trentaine d’années, The Art Ln-semlile l ('lncai>o s'amuse sérieusement a repousser les frontières du jazz en explorant scs racinesoalrieaines.Lester Itowie en (été, le groupe d’iconoclastes sera au Spectrum, le vendredi !) juillet.iiife É SOURCK CD-ROM ARMAN - ¦ "Béé Vents cl ,err® /*, Le Mal du Nord Pierre Perrault Une synthèse des principaux thèmes de son œuvre Une écriture douce et forte, une langue à la rencontre de la réflexion et de la poésie.Avril 1999 Poète et cinéaste REMARQUABLE Vent* à Oiir^t l » LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JUILLET 1 9 9 9 B 1 .> ¦¦ ¦ m tf à ART ENSEMBLE OF SOWETO O i w l* r M-r vnu y zï Natacha Atlas Gedida Lorraine Desmarais Bleu silence Sâo Paixâo de fado A Richard IA PLUS GRANDI MAISON 1)1 MUSIQUE ET LIVRES AU QUEBEC Mil \|! ]U IIIIIIX lP L >e.stnarais i 500, rue Ste-Catherine Est • Place des Arts • Galeries Laval • Mail Champlain http : //wwarctiaoibaultca.j^DÈS L'AUTOMNE.,, Notre nouveau magasin virtuel vous fera vibrer.Ces titres sont en promotion jusqu’au 11 juillet.o Ouvert 7 soirs, sauf à Montréal Les mots de Pâme Des œuvres d’artistes québécois et canadiens regroupées à la Maison Hamel-Bruneau ALCHIMISTES Les membres de The Art Ensemble of Chicago sont les Bochimans urbains du jazz SUITE DE LA PAGE B 1 ES® Sur tous nos disques compacts et cassettes de JAZZ, BLUES ET MUSIQUE DU MONDE (étiquettes blanches seulement) DU 1er AU 11 JUILLET IEZ VISITER NOTRE KIOSQUE LE SITE DU FESTIVAL.Consulte notre circulaire Jazz et participez à notre concours ! Hommage à Astor Piazzola après-midi à Brooklyn, le No Woman No Cry de Bob Marley, le devoir de mémoire, celui que l’on doit manifester à l’égard de cet homme qui pend au bout d’une corde nouée à un arbre, autrement dit, c’est Strange Fruit.C’est aussi, car c’est loin d’être terminé, la déconstruction du rock’n’roll de Chuck Berry, le dieu de la pluie, les cris de Charles Mingus, les chants d’oiseaux tels qu’Eric Dolphy les entendait, le zombie de Fêla l’Africain, la mort de Charles Mingus, le Festival d’Alger aux lendemains de la décolonisation, le militantisme au sein de l’Association for the Advancement of Creative Musicians, c’est le Nonet de Roscoe Mitchell, le Brass Fantasy et le New York Organ Ensemble de Lester Bowie, l’Ethnie Ensemble de Don Moye et les multiples aventures sonores de Malachi Favors Maghostut C’est Lester Bowie à la trompette, à la trompe, à la grosse caisse et aux voix, c’est Roscoe Mitchell au soprano, à l’alto, au ténor, au baryton, au saxophone basse, à la clarinette, à la clarinette basse, au hautbois, à la flûte, au piccolo, aux coquillages de l’océan Indien, au xylophone, au cé-lesta, aux gongs, aux cloches, à la sirène et aux bass pan drums (une traduction, s’il vous plat!), c’est Malachi Favors Maghostut à la contrebasse, aux percussions, au mélodica, aux bass pan drums et aux voix, c’est Fa-moudou Don Moye à la batterie, au bendir, aux sifflets, aux congas, au djimbé, au djun-djun, au donno, aux bongos, au timpani, au chekere, aux coquillages, à la corne de bœuf, à la trompe d’éléphant, aux gongs, aux cymbales japonaises, aux carillons, au balafon, aux bass pan drums et aux voix.C’est enfin Joseph Jarman, qui jouait d’un nombre tout aussi impressionnant d’instruments.Puis?D a été consacré bonze zen il y a deux ou trois ans.Alors, il a quitté le groupe.Les membres de The Art En- Lester Bowie semble of Chicago sont les Bochimans urbains du jazz, les Urban Bu-schmen comme ils disent Les Bochimans?Selon le Livre, les Bochimans sont «un peuple nomade du Sud-Ouest africain qui vit dispersé dans le désert de Kalahari.Ils sont les premiers habitants de l’Afrique australe, ils sont les auteurs des peintures rupestres des pays de la région».Ils sont des Bochimans urbains qui ne pensent qu’à décliner The Dreaming of The Master — le rêve du maître — depuis que Joseph Jarman décida en 1979 que l’ambition du groupe devait consister à effectuer l’alchimie entre tous les sons de la terre et les musiques du ciel.Le ciel de l’Antiquité africaine et les bruits urbains de New York.Dans une entrevue tout récemment accordée à Jazz Magazine, Ros-coe Mitchell a tenu des propos saisissants.«Même après trente ans d’existence, l'Art Ensemble appartient moins au passé que certaines formations plus récentes et plus populaires.Chacune des individualités qui le composent est trop campée pour que nous nous contentions de revisiter l’histoire, pour que nous cessions d’explorer la musique.[.] Le jazz a toujours été pour moi en mutation permanente.Qui sait exactement ce qu’est le jazz, ce qu’il s’apprête à devenir?Bien sûr, la société marchande a besoin de le circonscrire, mais ça n'a rien à voir avec son histoire.Chacun est libre d'avoir ses préférences parmi les styles que regroupe le jazz, mais celui-ci continuera à s’étendre.» «Nous avons toujours regardé la Great Black Music comme l'ensemble des musiques créées par le peuple noir: Mahalia Jackson était une grande artiste noire, Sidney Bechet un grand artiste noir, Charlie Parker un grand artiste noir, James Brown un grand artiste noir.L’expression était une manière de faire prendre conscience et de revendiquer cette tradition.Son contenu aussi a évolué depuis que nous l’avons formulé.[.] Nous devons rester prudents si nous ne voulons pas que le marché dicte ce que sera notre histoire.Ça n’a jamais été le cas avec la musique.Quels que soient les événements sociaux, politiques ou autres, la musique persévère.Tout évolue simultanément, mais je dois le respect aux êtres qui ont fait de cette tradition ce qu'elle est — honorer leur action, c’est la poursuivre.» Le front du refus Honorer leur action, c’est la poursuivre.Ce qui n’est pas dit, et donc ce qu’il faut bien dire, c’est qu’un nombre incroyable d’instrumentistes l’air, poème au sens caché, logorrhée déversant son trop-plein d’intentions.La parole sculpte le silence comme un objet redéfinit l’espace.En parcourant l’exposition Bouches ouvertes, le visiteur s’imprégne d’échos multiples.Paroles peintes, paroles seules, paroles intérieures et paroles évoquées se conjuguent à travers la quarantaine d’œuvres présentées.Le titre de l’exposition vient d’une eau-forte de Betty Goodwin — réalisée en 1974 autour d’un texte de Gilbert David — où des formes rondes envahissent l’écrit afin de lui conférer une portée l’assimilant au cri.De cette série de Goodwin (Notes), on peut aussi apprécier Note (1973), une œuvre où les mots se retrouvent brusqués sous verre et étau.Toujours de la même artiste, How Long Does It Take for Any One Voice to Reach Another, un pastel à l’huile de grande dimension réalisé en 1985, résume de façon éloquente le questionnement de l’exposition.La parole oppressée se retrouve dans plusieurs œuvres, dont celles de Dominique Blain.Sans titre (1994) et Chinese Struggle for Power (1987) évoquent jougs et ghettos forcés.Gentlemen (1989) et.dont les paroles (City of night by John Reeky) (1989) de Micah Lexier se veulent un appel à l’ouverture et au réconfort de ceux qui chevauchent l’ombre et la lumière.Dans Un bleu innocent et Ainsi (1998), de Louise Robert, les mots deviennent à la fois mode d’expression et écrans de ce que l’on ne dit pas.L’écrit et le figuratif se relancent de façon tantôt ludique, comme dans Partir pour Douchy les Mines (1999), de Gilbert Boyer, ou Brins (de folie) de Michel Goulet (1996), tantôt grave ou poétique chez Marcel Lemy-re, Geneviève Cadieux, Charles Gagnon ou Raymond Gervais.Œuvre emblématique de l’exposition, Voyelles (cinq verres pour Rimbaud), de Roger Bellemare, effectue la synthèse parfaite entre la couleur des mots et la sonorité des formes.Au sortir de l’exposition, on se surprend à poursuivre le dialogue entrepris en juxtaposant mots et objets du quotidien dans une perspective nouvelle et rafraîchissante pour l’œil.Et tant qu’à passer parla Maison Hamel-Bruneau, pourquoi ne pas faire coïncider les plaisirs visuels avec ceux de l’ouïe?Jusqu’au 11 août, on propose des mercredis midis en chansons avec Renée ¦ Claude (7 juillet), Jeanne Darmont (14 juillet), Monique Miville-Deschênes (21 juillet), Jacqueline Lefebvre (28 juillet), L’Ensemble Arabesque (4 août) et Danielle Oderra (11 août).De quoi se payer (façon de parler, puisque tout ça est gratuit!) une expérience sensorielle quasi totale.ARCHIVES LE DEVOIR divers venant d’horizons encore plus divers ne cesse pas depuis plus de vingt ans maintenant d’honorer l’action de The Art Ensemble of Chicago en la poursuivant.Tenez, dans la série Jazz dans la nuit, André Ménard, le grand architecte de la programmation du FlJ^l, a invité Dave Holland et le joueur d’oud Anouar Brahem, le clarinettiste et joueur de soprano Louis Sclavis, la violoniste Regina Carter, le pianiste Matthew Ship et le contrebassiste William Parker, comme il avait invité l’an dernier John Zorn, Hamiett Bluiett et Ray Anderson, Dave Murray l’année d’avant.Tous des artistes qui doivent un petit et parfois très gros quelque chose à l’action que mène l’Art Ensemble of Chicago.Lorsque l’influence que les membres de cette formation ont eue sur le monde de la musique, l’art de l’esprit, n’est pas directe ou palpable ou compréhensible, elle est, comme on dit bêtement, indirecte.Côté face, elle est ludique, riche en questionnements comme en étonnements, en effets de surprise.Côté pile, elle est, cette influence, politique ou sociale.Ou quelque chose des deux.L’Art Ensemble of Chicago est une coopérative qui mise sur l’entraide afin1 de ne pas faire de concessions.Artistiques, évidemment Ce front du refus que symbolise mieux que n’importe quelle autre formation l’Art Ensemble of Chicago, à l’exception peut-être bien de John Zorn, aura notamment encouragé un contingent imposant d’instrumentistes à jeter des ponts.A apprivoiser l’autre, le différent, l’étranger, au lieu de se vautrer dans le confort de l’entre-nous.S’il en est ainsi, c’est probablement parce que l’Art Ensemble of Chicago a toujours pris de la hauteur, dans le sens évidemment noble du terme.P.-S.: comment se fait-il qu’on ne les ait pas mis au programme des éditions précédentes?Zachary Cap Enragé NATHALY DUFOUR Lorsque les diverses formes d’art se métissent et s’entrelacent, la puissance évocatrice des divers matériaux se décuple.Ces épousailles donnent à voir et à recevoir de fécondes propositions.Les non-dits trouvent leur langage, les espaces flous entre la tête et l’âme s’approprient un vocabulaire.L’équipe de la Maison Hamel-Bruneau de Sainte-Foy aime s’aventurer sur des chemins moins fréquentés.Dans ce lieu intime de diffusion, les rencontres entre regardeurs et regardés se veulent chaleureuses et intimes.Une atmosphère propice aux confidences artistiques dans un écrin aux dimensions humaines.Construit autour de 1857, cet ancien cottage aux alentours bucoliques est, jusqu’au 15 août 1999, le point de chute d’œuvres d’artistes québécois et canadiens regroupées sous le titre Bouches ouvertes.Une exposition que le commissaire invité Roger Belle-mare a conçue avec un but en tête: «Rassembler pour fertiliser des réflexions, ouvrir des espaces intérieurs plus vastes et soulager un peu le regard de ses condi-tionnments.» Passez au salon.Des mots et des images L’acte d’écriture, comme celui de la création visuelle, présuppose une volonté plus ou moins consciente de communiquer avec l’autre.Cette volonté d’expression emprunte les formes les plus variées.Petit mot suspendu dans SOURCE MAISON HAMEL-BRUNEAU How long does it take for anyone voice to reach another, de Betty Goodwind Orquesta Aragon Quien sabe sabe PAVILLON DES ARTS _ DE STE-ADËLE présente en collaboration avec execaire1 Ensemble Romulo Larrea et Veronica Lare Samedi 3 juillet à 20 h | Billet:25$ (incluant vin & fromage après le concert) | RÉSERVATION: (450) 229-2586 journal» montreal 1364, chemin Pierre-Péladeau (sortie 69 de l’autoroute des Laurentides) jp;- ÏSÉÉ! 1Ü m i i .M— F ESTIVAL DE Au cœur des mots Lundi 2 ,aopt Mosaïque pour six voix Les baroudeuses de notre temps Avec France Castel, Françoise Faucher, Andrée Lachapelle, Béatrice Picard, Monique Richard et Linda Sorgini Ambiance musicale de Valérie Bouchard Mise en espace de Martine Beaulne Place à la lit Tous les lundis du 2 au Lundi 9 août Entre le rêve et le merveilleux Contes d’amour et d'enchantements d'auteurs québécois Avec Jean Faubert, Chyslaine Paradis et Richard Léveiilé (guitariste) Mise en lecture de Roland Laroche Si je savais écrire, moi.de Elie Wiesel, Bohumil Hrabal, Slawomir Mrozek Avec Benoît Dagenais, Denis Lavalou, Gérard Poirier et Marcel Pomerlo Montage et mise en lecture de Marie-Louise Leblanc Billets en vente / Réservations Maison des Arts de Laval (450) 662-4442 Réseau Admission 790-1245 Tous les spectacles sont à 20h00.Maison des Arts de Laval 1395, boul.de la Concorde ouest, Laval (Qc) Métro Henri-Bourassa.autobus 35 ou 37 Prix régulier: 18 $ Prix étudiants et aînés: 15 $ (taxes incluses) CÜWI- Série abonnement: 25 % de réduction ors n DMirrotri 3 femmes 3 poètes de Denise Desautels, Louise Dupré et France Théoret Avec Marie-France Marcotte, Christiane Pasquier et une autre comédienne (à confirmer) Montage de Denise Desautels, Louise Dupré, Brigitte Hæntjens et France Théoret Mise en lecture de Brigitte Hæntjens X ¦SHIM LE DEVOIR ffflls MAISON DES ARTS E LAVAL Gabrielle Avec Cather Patricia Noiir Recherche et me Lori Saint-Martin Mise en lecture de Béa Rollin ice Picard COKXtJt, RÉGIONAL dr |Xv> ÎXrtTfAIKNT dr Lavai.ItkæciL —if&r&zp HHnHHHBi B r ç.z ~ L E DEVOIR.LES S A M EDI SET D I M A N C II E l .1 U I L L E T 1 !» 9 9 H 3 LES TÉMOINS DE LA SCÈNE De l’Arcade à Tremblay Huguette Oligny a le théâtre dans la peau depuis que, enfant, elle interprétait de petits rôles à la radio, récitait fables et poèmes ou jouait des sketchs dans les écoles Ce texte est le premier d’une série de huit entrevues tentant de cerner l’évolution du théâtre d ici et d’identifier les éléments dynamiques qui ont contribué à lui imprimer l’essor qu’on lui connaît maintenant.Ces comédiens et comédiennes que nous avons rencontrés ont été artisans et témoins d’une bon-.ne moitié du XX* siècle; ils sont les mieux placés pour retracer ces catalyseurs qui ont remué la scène québécoise pendant cette période bouillonnante.À l’aide de leurs souvenirs et de leur expérience, ils .expliquent comment des personnes, des événements, des institutions, des compagnies, des initiatives, etc.ont provoqué la transformation du théâtre.L’intérêt de cette mosaïque d’opinions réside autant dans les inévitables recoupements que dans les surprises qu’elle peut réserver.SOLANGE LÉVESQUE En janvier dernier, par un froid sibérien, une douzaine de spectateurs emmitouflés entraient à La Veillée pour assister à la création d’une petite compagnie inconnue.Parmi eux, radieuse: Huguette Oligny.Quand elle ne se trouve pas elle-même sur scène en train de jouer, elle va presque tout voir ce qui se fait en matière de théâtre: classiques, créations, théâtre expérimental, lectures dramatiques, etc.«Je suis une théâtrophage, affirme-t-elle; je vois presque tout.J’adore découvrir des pièces, des comédiens, des auteurs.» Le théâtre, elle l’a dans la peau depuis toujours.Depuis que, enfant, elle interprétait de petits rôles à la radio, récitait fables et poèmes devant des publics de circonstance ou jouait des sketchs dans les écoles.• Fille d’Odette Oligny (écrivaine et journaliste à La Presse puis au journal Le Canada), Huguette Oligny est ! devenue, dès la fin de ses études, responsable des pages féminines de La Revue moderne, une publication qui a pris le nom de Châtelaine en 1960.C’est à ce pupitre qu’elle a connu Gabrielle Roy et Jean Desprez, qui écrivaient des contes pour la revue.Mais son désir de devenir comédienne persistait.«Jouer le plus possible était alors le seul moyen d’apprendre à pratiquer un art aussi exigeant, car aucune éco-• le de théâtre n’existait.» Elle acceptait donc presque tous les rôles qu’on lui proposait.Peu à peu, le théâtre a pris •le pas sur le travail de bureau, jusqu’à ce que ses patrons, «deux messieurs adorables et compréhensifs», dit-elle, protestent gentiment devant ses fréquentes absences.«Faudrait choisir, mam’zelle Oligny!» Elle a choisi la scène, laissé les «pages féminines» à quelqu’un ' d’autre et, depuis, tout s’est enchaîné naturellement, elle ' n’a plus quitté le théâtre.Présence active Le dernier demi-siècle, elle l’a vu passer en travaillant à la radio, d’abord, où elle a joué dans plusieurs radioro-mans et d’innombrables dramatiques.«J'ai eu la chance de connaître la période glorieuse de la radio», précise-t-' elle.On a fait appel à son talent au cinéma (elle était de la distribution de Les Lumières de ma ville et de Kamou-raska), puis à la télévision et dans les théâtres où elle a interprété les plus grands rôles du répertoire drama-; tique international et québécois.1 Sa présence active et constante sur de multiples ! scènes lui permet d’identifier aujourd’hui certains jalons, lesquels, selon elle, méritent d’être retenus comme ayant été déterminants dans le développement du théâtre tout au long du dernier demi-siècle.«Il y a eu la présence de l'Arcade, mentionne-t-elle, un théâtre qui appartenait à France Film, où l’on jouait une pièce par semaine.Cela nous donnait du travail, bien entendu.Mais pas plus que mes collègues du même âge je n'avais envie de jouer seulement des boulevards ou des pièces anciennes.On avait 17 ou 18 ans! On voulait inventer, faire autre chose, refaire le monde! explique-t-elle.C’est pourquoi le passage rapide mais fulgurant de Pierre Dagenais et de sa compagnie, L’Équipe [1943 à 1947], a été si important.» En dépit de la courte carrière de Dagenais, Mme Oligny n’hésite pas à qualifier cet acteur-metteur en scène de «jeune visionnaire qui savait attirer à lui les meilleures compétences et qui avait le goût et le don d’innover».Elle ajoute: «Avec lui, on pouvait prendre le temps de répéter, un mois s'il le fallait — quel luxe! — et travailler vraiment à créer un personnage.C’est grâce à lui que j’ai été engagée à la radio pour La vie commence demain de Françoise Lo-ranger, et j’ai beaucoup appris à son contact.» Huguette Oligny souligne ensuite l’importance du travail du père Legault, qui a fondé Les Compagnons de saint Laurent (1937-1952).«En dépit du fait que le répertoire choisi par le père Legault ait eu une saveur un peu catholicarde, surtout au début, lui et sa troupe ont contribué considérablement au raffinement du jeu, en particulier.» Elle insiste sur le fait que les Jean-Louis Roux, Jean Gascon, Georges Groulx et plusieurs autres qui ont travaillé à développer le théâtre par la suite ont fait partie des Compagnons.L’audace de Roux et de Gascon, en particulier, lui semble également d’une importance majeure.«À leur retour d’Europe, où ils avaient été se perfectionner, ils ont fondé le Théâtre du Nouveau Monde en 1951; n’oublions pas qu’ils avaient à peine 30 ans!» tient-elle à souligner.La langue d’ici Pour Mme Oligny, l’arrivée du petit écran constitue un autre facteur d’évolution.«La télévision a produit un effet inattendu en amenant du public au théâtre par un drôle de détour: du jour au lendemain, on est devenus des stars que le public avait soudain envie d’aller voir jouer sur scène», remarque la comédienne.«Gratien Gélinas [son conjoint pendant 25 ans] disait: "Je joue Bouzille à la Comédie canadienne: peu de gens m’en parlent.Je fais une apparition à la télévision, tout le monde me reconnaît dans la rue!” Il avait raison, et ça n’a pas changé!» Elle dit avoir observé les mêmes réactions de la part du public quand elle a joué dans le téléroman Sous le signe du lion de Françoise Loran-ger, récemment.Huguette Oligny tient à ajouter un dernier élément qui U 1:1.STI VAL INTERNATIONAL DU Domaine ( y/OnjCt Du 19 juin ( au 22 août 1999 St-lrénée, Charlevoix ____ Mercredi, 7juillet 120 h 30 21 $ ___________ The Calgary Boys Choir Érection : jean-Louis Barbier hansons françaises et des œuvres de GERSHWIN En collaboration avec Alimentation Lapointe et Frères 20 h 30 24$ ,i i'° chassé-crojsé, danse-musique .es Ballets jazz de Montreal et Zaterina Lichtenberg, mandoline Desjardins ohn Dearman, guitare euvres de PIAZZOLA et LEONE Caisse d économie des travailleuses et travailleurs (Québec) Fédération des caisses d économie Desjardins du Québec dîftdseur officiel ___________r.iiltn Télé-Québec Samedi, 10juillet 24$ Los Angeles Guitar quartet oeuvres de ROSSINI, TERPSICHORE, ANDREW YORK, CARLOS RIVERA, et MANUEL DE FALLA ^^Hydro Québec Vendredi, 16 juillet [20 h 30 24$ Les Ballets jazz de Montréal ls Branches-Musique Tous les dimanches de 11 h à 14 h 4 juillet Denis Poliquin et Marc Bélanger, guitares « Si ça vous jazz > 11 juillet Donald Roussel, Christine Boillat et Daniel Maroux De Brel à Séguin en passant par Ferland coût : Adultes : 24,50 S Enfants de 6 à 12 ans : 12 S Enfants de moins de 6 ans : gratuit (taxes et service indus) * RÉSERVATIONS : (418)432-3535 poste 872 ou (sans Irais) 1-888-DFORGET poste 872 Visitez notre site : www.cite.net/dforget MARTIN C.CHAMIIKRI-ANI) LE DEVOIR Huguette Oligny constate un net progrès dans toutes les disciplines liées au théâtre.MARTIN C.CHAMBERLAND LE DEVOIR lui semble avoir été très conséquent pour le théâtre du dernier demi-siècle au Québec: «L’irruption sur scène de la langue parlée québécoise, qui a coïncidé avec la floraison de dramaturges d’ici.» Jouer dans la langue parlée de tous les jours lui paraît naturel.«J’ai ces assonances datis l’oreille depuis toujours.J’ai accepté tout de suite quand Tremblay m’a téléphoné pour me dire qu’il me destinait le rôle d’Albertine à 70 ans; j’étais loin d’avoir cet âge à l’époque, mais je l’ai jouée avec un grand bonheur.» De manière générale, elle constate un net progrès dans toutes les disciplines liées au théâtre.«Le talent éclate de partout.Nous avons maintenant de magnifiques auteurs — Chaurette, Tremblay, Bouchard, Mouauiad.—, de grands metteurs en scène — je ne me rappelle pas une seule mise en scène de Serge Denoncourt qui ne m’ait pas émue et intéressée —, des décorateurs et des costumiers fantastiques, affir-me-t-elle.Les jeunes sortent deè écoles beaucoup mieux formés que nous, qui apprenions sur le tas; ils savent jouer, danser, chanter, faire de la musique!» Elle considère qu’elle a eu énormément de chance.«On m’a confié des rôles merveilleux; je n’ai jamais manqué de travail et tout s’est enchaîné de soi.» Et cela continue, puisqu’on la verra dans plusieurs productions majeures la saison prochaine.Mais avant cela, un été bien rempli l’attend, déjà amorcé avec la lecture en atelier de l’œuvre de Normand Chaurette Le Petit Kôchel dans le cadre du FTA En juillet: tournage de la suite de Sous le signe du lion, qui avait obtenu un très vif succès dans une adaptation de l’écrivaine Hélène Pedneault au petit écran de Radio-Canada en 1997-98.En août, elle créera Diogène 1960 .et Lp Dame de cent ans de Françoise Loranger à l’Atelier A L’Ecart de Longueuil, sous la direction d’Hélène Pedneault; en octobre, elle jouera dans Stabat Mater II de Normand Chaurette, mise en scène par Lorraine Pintal au TNM.Enfin, en mars 2000, elle sera de la distribution de Les vieux ne courent plus les rues de Jean-Pierre Boucher au Théâtre d’Aujourd’hui, mise en scène d’André Brassard: quatre créations québécoises en un an! Pas mal, non?Ce qu’elle souhaite le plus au théâtre des prochaines années: «Qu’il continue d’évoluer au même rythme!» pré»9ntat0ur oflffc/W l’union 0Mle en coUaboniton svtc A Hydro Québec °) au 18 juiüef Les spectacles en salle au Centre culturel de Drummondville Renseignements: 1-800-265-5412 www.mondialdescultures.qc.ca Jeudi 15 juillet 13 h 30 En vedette, l'Albanie, la Corée du Sud, le Népal, le Québec (Laval), le Sénégal et l'École supérieure de danse du Québec.Dimanche 11 juillet 18 h 30 i>\, •& L'Albanie, la Corée du sud, les États-Unis, la Lituanie, la Martinique et la Turquie.Une soirée d’ouverture grandiose ! Lundi 12 juillet 18 h 30 ^ Le pub à Mondy.Dans l’ambiance ^ d’un pub irlandais, découvrez le ^ Chili, la Hongrie et Tuna (Montreal Urban Celtic).v© J ?° SS* Mardi 13 juillet 13 h 30 Le Mondial Bingo.Placez bien vos jetons et découvrez la Hongrie, Monaco, la Pologne (Ontario) et le Sénégal.Mercredi 14 juillet 18 h 30 Le rap du Mondial.Trois groupes de jeunes sont en vedette, la Roumanie, Mackinaw, la Martinique et, en complément, La Corée du Sud et la Turquie.O* ’«& »?Jeudi 15 juillet 18 h 30 Soirée à la plage, découvrez le Chili, le Mexique et Monaco.Vendredi 16 juillet 18 h 30 La fête surprise préparée pour Mackinaw, le groupe hôte du Mondial avec la Hongrie, le Sénégal et la Turquie.Samedi 17 juillet 18 h 30 La bonne chanson, la bonne danse avec l’Albanie, la Lituanie, la Roumanie et le groupe d’harmonicistes Kabouche.Dimanche 18 juillet 18 h 30 et 21 h JJ?^»V Les moments dont vous êtes tombés amoureux vous seront présentés lors d’une soirée d’adieux toute spéciale. LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 E T D I M A N C II E 1 J l! 1 L L E T 1 9 !» !) B 4 Les amants de Phnom Penh Un portrait social convaincant, mais une romance qui ne suscite pas le même enthousiasme CINÉMA Fantaisie visuelle baroque Le dernier Sonnenfeld est un cocktail qui mêle le passé et le futur, le gothique, le western et la science-fiction SOURCE: WARNER BROS Kevin Kline (Artemus Gordon) et le rapper Will Smith (James West) sont les vedettes de Wild Wild West.Will Smith ne décevra pas ses fans, qui voient en lui le héros venu de la rue, avec les gestes et le vocabulaire des rappers des cités los-angelaises.UN SOIR APRÈS LA GUERRE Réal.: Rithy Panh.Scén.: Rithy Panh, Eve Déboisé.Avec Chea Lyda Chan, ; Narith Roeun, Ratha Keo, Sra N’Ga-th Kheav, Mol Sovannak.Image: - Christophe Pollock.Montage: Ma-; rie-Christine Rougerie.Musique: Marc Marder.Cambodge-France, 1998,108 minutes, v.o.avec sous-titres français.Cinéplex Odéon ANDRÉ LAVOIE Sur les horreurs de la guerre, Rithy Panh en aurait très long à raconter.Vivre dans un pays où l’on s’entre-tue pendant vingt ans, passer quatre longues années enfermé dans un camp de «rééducation» dirigé par les Khmers rouges, devenir fugitif et connaître l’exil, ce fut le destin tragique du cinéaste, alors adolescent, et celui de millions de ses compatriotes cambodgiens.Ses documentaires comme ses fictions portent la marque de ses cauchemars, mais aussi celle de l’espoir qu’il nourrit pour un Cambodge en paix avec son passé, «déminé» de l’intérieur.Sans doute par pudeur, peut-être aussi par manque de moyens, Rithy Panh n’ambitionne pas de tourner une version revue et cambodgienne de The Killing Fields.Le réalisateur semble particulièrement allergique à la violence et pas l’ombre d’un Khmer rouge ne traverse ses films, si ce n’est en rêve comme dans son premier long métrage de fiction, Les Gens de la rizière.On y voyait plutôt une famille de paysans se débattre contre une nature hostile et imprévisible, sans compter la présence envahissante, presque maléfique, de la maladie, de la folie et de la mort qui viennent la décimer peu à peu.Dans Un soir après la guerre, la famille de Savannah (Narith Roeun) a été entièrement massacrée par les Khmers rouges.Après les avoir combattus dans les campagnes, ce simple soldat revient à Phnom Penh, une capitale en effervescence où se croisent Casques bleus de l’ONU (nous sommes en 1992, le pays amorce un chaotique «processus de paix») et nouveaux riches qui profitent d’une économie maintenant libéralisée.Pour survivre, il loge chez un oncle et travaille ici et là.C’est dans un dancing qu’il croise le regard charmeur de Srey Poeuv (Chea Lyda Chan), une belle jeune femme qui joue les prostituées de luxe, elle aussi survivante dans un pays en ruine.Savannah fera une cour empressée à Srey Poeuv, qui résistera à ses avances, sachant bien qu’elle ne peut échapper à ses proxénètes.Il tentera de lui racheter sa liberté, avec mille petits boulots, tout particulièrement comme boxeur, mais la dure réalité de la ville aura bientôt raison de leur désir de bonheur et du rêve de devenir riche, rapidement, pour sortir de la misère.Histoire d’amour sur fond de désordre économique et social, Un soir après la guerre présente le côté obscur de la paix, lorsque les journalistes quittent les champs de bataille et que la vie reprend enfin un cours à peu près normal.Les soldats ne cessent d’être pourchassés par les mauvais souvenirs, d’autres pleurent leur jambe ou leur bras en moins et, comme dans toutes les sociétés nouvellement converties au capitalisme, l’argent et la, corruption sont les seuls maîtres.À travers ce jeune couple, Panh présente le visage sauvage d’une société qui rejette les plus faibles — d’après lui, c’est pratiquement toute la population — et engendre une caste fermée sur elle-même, préoccupée par son seul et unique profit.Il s’attarde d’ailleurs beaucoup sur les conditions de vie des habitants de Phnom Penh, promenant sa caméra dans bien des logements minables, dont les cours intérieures croulent sous les ordures.Si le portrait social est convaincant, la romance, elle, ne suscite pas le même enthousiasme.Tout comme pour Les Gens de la rizière, Panh a fait appel à des non-professionnels, un choix qui relève autant d’une approche «réaliste» que des contraintes d’un pays ne possédant aucune industrie cinématographique digne de ce nom.Ce qui donne une interprétation quelque peu figée, où les émotions semblent davantage téléguidées que réellement senties.C’est sans doute ce qui affecte notre capital de sympathie pour ces deux amants que tout, ou presque, sépare.Chea Lyda Chan s’en tire avec un peu plus d’élégance, jouant le rôle de la narratrice, racontant, le regard bien arrimé à la caméra, une histoire d’amour passée qui habite encore son personnage.De son côté, Narith Roeun apparaît d’une aisance remarquable sur un ring, ce qui en dit beaucoup sur ses talents d’acteur.Moins fataliste que Les Gens de la rizière, Un soir après la guerre se conclut par un acte de foi en l’avenir, un avenir qui se construira par une génération qui, contrairement à celle de Rithy Panh, n’aura pas connu les folies meurtrières des luttes armées.C’est du moins ce qu’on leur souhaite.SOURCE: ROMSTAR Narith Roeun (Savannah) et Chea Lyda Chan (Srey Poeuv) dans Un soir après la guerre.WILD WILD WEST (LES MYSTÈRES DE L’OUEST) De Barry Sonnenfeld.Avec Will Smith, Kevin Kline, Kenneth Branagh, Salma Hayek.Scénario: S.S.Wilson, Brent Maddock, Jeffrey Price, Peters Seaman.Image: Michael Ballhaus.Montage: Jim Mijler.Musique: Elmer Bernstein.États-Unis, 1999,110 minutes.MARTIN BILODEAU LE DEVOIR Quand on sait que le principal groupe d’âge visé par Hollywood se situe entre 18 et 25 ans, on se demande sur la nostalgie de qui capitalisent les dirigeants des studios en revisitant un à un les classiques de la télévision des années 60.Sur la leur, sans doute, agrémentée de la certitude que leur passé est plus précieux que celui des autres et que, par conséquent c’est faire un geste généreux que de partager avec les marmots de la génération X les instants glorieux de leur séjour d’enfant devant l’écran de télé.Certains des films qui découlent de ce phénomène, qui n’a en soi rien d’artistique, réservent toutefois quelques surprises.On n’a qu’à se rappeler les deux délirants Batman réalisés par Tim Burton, ou encore ces Incorruptibles revus par Brian De Palma, pour comprendre.Fait ironique: le réalisateur Barry Sonnenfeld, à qui on doit une autre adaptation réussie, celle de La Famille Ad-dams, a travaillé par le passé avec Tim Burton, maître qu’il a supplanté aux guichets en 1997 avec son délirant Men in Black, qui a fait pâlir le prétentieux Mars Attacks! Aujourd’hui, Sonnenfeld remet ça avec ce qui ressemble moins à une adaptation d’une émission du petit écran qu’à un remake de Men in Black.En effet, son Wild Wild West reproduit à peu de choses près la géométrie du mégasuccès estival, reprenant notamment le thème des États-Unis mis en péril par les velléités dominatrices d’un groupe étranger, ici personnifié par un méchant Anglais paraplégique et arachnophile joué par un Kenneth Branagh sur l’acide.Et pour défendre la noble cause: un tandem mal assorti campé par le comédien et rapper Will Smith (star de Men in Black) et le toujours excellent Kevin Kline qui, dans l’adversité amoureuse (l’entraîneuse jouée par Salma Hayek les divise) et face à la nécessité professionnelle (le méchant veut la peau du président et leur mission est d’empêcher son avancée sur Washington), foncera vers la victoire.Wild Wild West est une fantaisie visuelle baroque, un cocktail qui mêle le passé et le futur, le gothique, le western et la science-fiction.Une comédie rebondissante et efficace qui enfile les scènes pétaradantes ou clownesques, multiplie les feux d’artifice et les résurrections de héros, poussant les spectateurs au fil d’arrivée et les y abandonnant avec l’impression qu’ils ont couru la distance de leur plein gré.Le scénario à huit mains ne se pique pas de vraisemblance mais compresse suffisamment les ressors pour que les effets aient lieu au bon moment.La photographie de Michael Ballhaus, la musique d’Elmer Bernstein et les décors de Bo Welsch ajoutent une plus-value à ce feu roulant de divertissements rassemblés par les fils ténus du scénario et solidifiés par les typologies affermies des deux héros.Will Smith ne décevra pas ses fans, qui voient en lui le héros venu de la rue, avec les gestes et le vocabulaire des rappers des cités los-angelaises.L’auditoire de Kevin Kline est plus sophistiqué, plus exigeant aussi, à l’instar du comédien qui, dans le rôle de l’agent gouvernemental Artemus Gordon, maître ès trucages et déguisements, vole la vedette grâce à un sens du comique magistral et subtil.De quoi ennoblir une grosse farce, qui fera certainement des ravages aux guichets cet été.SOURCE: WARNER liROS Kenneth Branagh et Satina Hayek dans Wild Wild West.Le retour des lunettes de carton Le cinéma 3D revit à Vlmpérial BRIAN MYLES LE DEVOIR Les inconfortables lunettes de carton, un verre rouge, l’autre bleu, sont de mise au cinéma Impérial.Vous l’aviez cru morte, la glorieuse époque du cinéma 3D?Ravisez-vous.L’Impérial continue sur sa lancée exploratoire pour offrir au public 3D 99, une anthologie du film en trois dimensions qui commençait hier et se terminera le 18 juillet.Pour l’impérial, il s’agit d’un deuxième événement inédit en moins d’un mois.Après la première édition de Dimension SF, qui a attiré environ 12 000 personnes en juin, voilà que François Beaudry-Losique et son équipe présentent une première rétrospective de films 3D couvrant les deux périodes les plus prolifiques du genre, en l’occurrence les années 50 et le début des années 80.Une vingtaine de longs métrages sont à l’affiche jusqu’au 18 juillet dans une période de l’année où le Festival de jazz et Le chaud soleil livrent une concurrence sans pitié à quelque manifestation culturelle intérieure que ce soit.Sandro Forte, coordonnateur de la programmation à l’impérial, attire l’attention du public sur deux œuvres en particulier: House of Wax et It Came From Outerspa-ce.La première met en vedette Charles Bronson et traite d’un sculpteur d’un musée de cire utilisant de véritables êtres humains dans ses œuvres.La deuxième raconte avec une économie de moyens et de manière relativement intéressante pour l’époque (1953) comment des extraterrestres dont le vaisseau s’est écrasé dans le désert prennent l’identité des villageois aux alentours.L’horreur n’est jamais trop loin dans les films 3D, comme en témoignent Amityville 3, Freddy’s Dead, Jaws 3 et autres Friday the 13th, Part 3, tous à l’affiche dans le cadre de:3D 99.Parenthèse, Friday the 13th est le film ayant connu le plus grand succès aux guichets.pour un 3D.Dès 1920 Les premières projections de cinéma en relief ont été réalisées grâce à l’utilisation d’images anaglyphiques (lunettes de couleur rouge et bleue) dès les années 20.La procédé a par la suite été amélioré par Louis Lumière en 1935.Au fil des ans, d’autres techniques ont été développées, notamment celle employant des filtres polarisants.Les studios américains ppt voulu lutter contre l’avènement dpjla télévision au début des années 5Q en s’en remettant à la productionlde films 3D par procédés à filtres polarisants.«Les studios essayaient de ramener les gens dans les salles, mais ils n’avaient pas encore pensé aux méga-plex», ironise Sandro Forte.Plusieurs dizaines de films 3D ont donc vu le jour dans les années 50.La Warner a entre autres produit en 1954 Dial M for Murder, d’Alfred Hitchcock, un film frisant partie de la rétrospective 3D 99.Mais pour des raisons d’ordre économique, le 3D n’a pas survécu à l’épreuve du temps dans le marché de masse.Curieusement, c’est aujourd’hui dans les salles de type Imax quê le 3D refait surface, sur des écrans géants.Encore plus curieusement, le hasard a voulu que 3D 99 coïncide avec la présentation d’un film en 3D portant sur.l’histoire de la 3D au cinéma Imax du nouveau complexe Paramount.Intitulé Encounter in the Third Dimension, ce moyen métrage destiné à un public d’enfants promène le spectateur dans les différentes époques de la 3D en le laissant entre les mains d’un professeur (réel) et de son assistant robotisé (virtuel).Pour ce qui est de l’événement à l’impérial, il faut le prendre comme une célébration de la série B, un regard historique sur un genre en voie de disparition.La projection des films en 3D en salles cominerciajes s’est en effet arrêtée autour de 19683.Les salles se sont débarrasséeslde leurs équipements de projection dt il ne se produit presque plus de films en 3D, ce qui fait que les distributeurs ne sont plus intéressé^ à conserver leurs vieilles copies.C’est tout le patrimoine du cinéma 3D Ljui s’en trouve menacé, bien que personne ne s’en soucie guère.Pqur Sandro Forte, 3D 99 se présente donc comme une belle occasion d’àp-précier la chose dans toute son àu-thenticité, les lunettes en carton au bout du nez.BUENA VISTA SOCIAL CLUB un film de Wim Wenders «C’EST FIN ET ÉMOUVANT.C’EST DÉLICIEUX I» Otflc TrnnbUy, LE DEVOIR «SAISISSANT ! ÉMOUVANT ! WIM WENDERS A SU CAPTER L’ESPRIT AUTHENTIQUE DE CES TRÉSORS NATIONAUX CUBAINS.» lUrte-UrittfcM Trotter, MOtfntUl.CI SOW.«X.un ¦ i i.i in i.m IQJ\ A L’AFFICHE! v.originale espagnole avec sous-titres français i G p ù/ûn* rie 3536 Boul St-Laurent | C A \ c II If 1 3 (514) 847-3536 ! i version originale I espagnole avec rtSwriFw"! 1 | 1 sous-titres anglais 1 £QVPTIEN_J 1 13h - 15h - 17h - 19h - 21h - 23h j 13h30-16h15-18h55-21h30 | DU REALISATEUR DE «LE DERNIER EMPEREUR», BERNARDO BERTOLUCCI «SUPERBE IDES IMAGES D'UNE TRÈS GRANDE SENSUALITÉ!» Marc-André Lussier, LA PRESSE !«?1/2 ! UN GRAND FILM!.Claude Langlois, JOURNAL DE MONTRÉAL « BERNARDO BERTOLUCCI FAIT UN MERVEILLEUX RETOUR!» Odile Tremblay, LE DEVOIR 3.thandie newton david thewlis shanduraï vf do BESIEGED - à l'affichol - ?flWOUI ?ixl»S——< r—«UMUteuiM—n PARISIEN I version original» anglalao I CENTRE EATON I LA CRITIQUE EST UNANIME! «Le triomphe de David Mametl D'un romantisme enchanteurl Un des meilleurs films de l'année.Extrêmement provocateur! » -Peter Travers - ROLLING STONE « ?! » Geoff Pevere, TORONTO STAR - Bruce Kirkland, TORONTO SUN - John Harkness, Now - David Ansen, NEWSWEEK - Alex Patterson, EYE L'Honneur 1.E NOUVEAU FILM Dll RÉALISATEUR DE "I.A PRISONNIÈRE ESPAGNOLE".version française de I he Winslow Hoy i | jBlackwatch [«lid rnr^irr Sony pictures classics' Distribution diriria .~ ' —-Ul"* la*tM-ir|ii!li>wiur WJ imuilIU version française version originale anglaise La projection des films en 3D * C en salles i commerciales C r s’est arrêtée autour de 1983.Il ne se produit presque plus de films • en 3D. LE DEVOIR.LES SA M E D 1 S E T D I M A X C 11 E I .1 11 I L LET I !) !» !» CINÉMA U entre-deux-mondes Le cinéaste de Spanish Prisoner s'inspire cette fois d'un fait divers londonien du début du siècle THE WINSLOW BOY (L’HONNEUR DES WINSLOW) Écrit et réalisé par David Mamet, d’après la pièce de Terence Rattigan.Avec Nigel Hawthorn, Jeremy Northam, Rebecca Pidgeon, Gemma Jones, Guy Edwards.Image: Benoît Delhomme.Montage: Barbara Tulliver.Musique: Alaric Jans.Etats-Unis, 1999,110 minutes.MARTIN BILODEAU LE DEVOIR Le cinéma de David Mamet ne laisse jamais indifférent, même lorsqu’il se déploie à l’oblique de son histoire, comme c’est le cas avec The Winslow Boy, que la sélection officielle cannoise présentait en première mondiale, en mai dernier.Aussi faut-il préciser d’emblée que le célèbre dramaturge-cinéaste new-yorkais, à qui le cinéma doit les remarquables suspenses The Spanish Prisoner et House of Games, porte cette fois à l’écran le texte d’un autre, en l’occurrence celui de Terence Rattigan, qui avait déjà été adapté pour le cinéma en 1948 par le Britannique Anthony Asquit.Il faut également remarquer que The Winslow Boy s’inspire d’un fait divers véridique survenu au début du siècle à Londres et que c’est ce cadre que Mamet, dramaturge et cinéaste du présent, a superbement reproduit.Ce sixième long métrage de Mamet marque ainsi deux premières, à travers lesquelles se manifestent toutefois son empreinte de metteur en scène fasciné par les pièges et les machinations et reflètent en outre ses principales préoccupations, soit l’innocence, la dignité et l’honneur.Cette dernière est d’ailleurs au centre de ce film dramatique, qui fait avec économie le récit d’une saga judiciaire — qui a fait jurisprudence à l’époque — impliquant la confortable famille Winslow, résidante d’un quartier cossu de Londres, soudain éclaboussée par un scandale à la suite du vol supposé, par le fils cadet, d’un mandat-poste d’une valeur de cinq shillings, autant dire une peccadille.Renvoyé de l’école et exposé à l’opprobre public, l’enfant clame son innocence.Convaincu qu’il dit vrai, Arthur Winslow, son père (Nigel Hawthorne), s’empresse de réclamer qu’on répare l’erreur judiciaire commise par l’Amirauté, en d’autres mots la Couronne d’Angleterre, laquelle ne saurait, selon la loi, être fautive.Grâce à l’action de sa fille (Rebecca Pidgeon), une suffragette que s’apprête à Ménageant ses effets et ses mouvements pour composer de très beaux tableaux d’époque, Mamet favorise ici un traitement bergamien rappelant Fanny et Alexandre épouser un militaire bon teint, ainsi qu’aux efforts d’un avocat-vedette Oe-remy Northam), réputé conservateur (le vrai, celui qui avait amené la cause en cour, avait auparavant dirigé l’accusation contre Oscar Wilde), l’affaire passe à l’ordre du jour de la Chambre des lords et les médias, en s’en emparant, soulèvent les passions.Pour être rétabli, l’honneur des Winslow devra passer par l’humiliation et les écueils d’un système judiciaire rattrapé de justesse par la démocratie.Le dramaturge-cinéaste David Mamet propose ici une œuvre d’une grande pertinence, surtout en regard de notre époque où les tribunaux, anciennes arènes où se disputaient l’honneur et la réputation des gens, sont devenus des guichets à billets verts.Aussi, le regard que Mamet pose sur les journaux de l’époque est fortement teinté d’ironie, comme s’il voulait rappeler que le sensationnalisme n’est pas une invention fin-de-millénaire et que les paparazzis d’aujourd’hui sont l’équivalent des potineurs d’hier.Ménageant ses effets et ses mouvements pour composer de très beaux tableaux d’époque, Mamet favorise ici un traitement bergmanien, son délicat travail sur la lumière et le cadre rappelant Fanny et Alexandre, tandis que la continuité dramatique, par une succession d’ellipses subtiles, de même que la dynamique familiale, avec ce paternel qui glisse progressivement vers la maladie et la fille aînée qui se résigne (peut-être) à sacrifier son bonheur pour la cause des siens, rappellent le théâtre de Tchekov — que Mamet a maintes fois adapté pour les planches.Ces marques d’hérédité ou d’admiration n’excluent pas une certaine lourdeur dans la mise en scène, ni quelques raccourcis dra-maturgiques frustrants, ni même le déplacement inexpliqué du centre d’attention, qui glisse du père, dans la première partie, vers la fille, dans la seconde.Cette dernière est campée par l’excellente Rebecca Pidgeon, une habituée du cinéma de Mamet dont elle est également l’épouse, et qui apporte au film ses meilleures scènes, dont plusieurs en tandem avec le personnage d’avocat joué par Jeremy Northam.Aussi, la collision à moitié intellectuelle et à moitié amoureuse de cette femme moderne dans un monde en lente mutation et de cet homme d’hier vissé dans le présent résume l’essentiel de ce beau film sur l’entre-deux-mondes, dont l’enjeu et la réflexion s’intégrent dans la mouvance de l’œuvre du David Mamet d’aujourd’hui.UAM DANIEL Jeremy Northam et Rebecca Pidgeon dans The Winslow Boy « .UN GRAND BRAVO, ET TOUTE MON ADMIRATION.» Ko|1H I Im m.-SISKI L fl I IIF.RT" .STAR.WART___________________ EPISODE I LA MENACE FANTÔME.w w w .% i .î r w .î r \ .c o m pi m A L’AFFICHE! I CNÉPLEX OOEON | | QUARTIER LATIN » ?|| C NÉ PL EX OOEON | LASALLE (Plaça) ?•IL CNÉPLEX OOÉON OAUPHBI e II LES C NÉ MAS OUZZO | f LACORDAIRE lie |[ LES CNÉMAS OUZ/O 1 LANSELKR S e | | LES CINÉMAS OUZ/O 1 1 | DES SOURCES 10 ?|| LES CNÉMAS OUZZO 1 1 PARADIS e | [ MÉ OA -PL EX OUZZO P0NY-V1AU 18 ?II MÉOA-PLEX OUZZO | 1 TASCHEREAU IB ?|| CINEPLEX OOCON | LONGUEUR.(Place) e | I CNÉIUXODÉON II | BOUCHERVILLE 1 ?|| CINEPLEX OOCON | UVAL (Carrotew) •?•Il CNE PL EX OOCON ST-BRUNO ?• » II CNÉMA ST-EUSTACHE » | CAHME FQUIt DU NOHO | ST-JÉRÔME ?| IEB CINÉMAS OUZ/O 1 f | TERREBONNE Be | LES CP4ÉMAB OUZZO II STE-THERESE Be | [ .CINEPLEX OOEON CMATEAKBAY ENCORE ?Il CNEPLEX OOtON | I CARREFOUR DO MON e | | CNE PL EX OOEON | PLAZA DELSON e | | cné-c Nine rase | f ST-BASILE ?» UAL F rats ST-HVACNTHt | 1 ST-HYACNfTNE ?| CAPITOL ST-JEAN ?e JL crrÉ .enthe rase PLAZA REPENY16MY ?| | CINÉMA DE PARIS | VALLEYFIELD ?| COUPONS ET LAISSEZ-PASSER REFUSÉS — » PRÉSENTÉ EN Q2Î ?PRÉSENTÉ EN WW?* PRÉSENTÉ EN /DO/SitT VIRMON O RI Ol N AC B ANOLAIBt ' ?PRÉSENTÉ EN CH PRÉSENTÉ EN SON CtdÉMLEX out ON II CNÉPLEX OOEON FAUBOURG » | TH» | | RONnY-ClAIRE e »>TH»| ?PRÉSENTÉ EN CO • PRÉSENTÉ EN /DO/S.S?PRÉSENTÉ EN Wml ( PRÉSENTÉ EN B9 CNÉPLEX MX ON IA1ALÜ (PI>0» ?FAMOUS PI AVI HS ClNÉPLEX OOÉON CoTI-OES-NElBEI ?I CNÉPLEX OOÉON | | MÉOA-PLEX OUÜO CAVUIOttN(mu) ?Il SPHEREYECH 14 ?CNC PUE X OOEON-1 I IXS CINÉMAS OUZZO I I MÉOA-PLEX OUZZO | | M^OA-PLEX OU *20 11 CNEPLEX OOCON CARREFOUR DO MON ?11 LACORBAMU 11 ?» 11 P0NT-VIAU1U./ [ 1 TASCHEREAU 11 ?[ | LMAL(Cmthm) * CNEPlEX ODfON SY-BRUMO ?CN^MAPNE STE-ADELEv- CNCMé CHAT! ?PRÉSENTÉ EN WW?| PRÉSENTÉ EN HB * PRÉSENTÉ EN /DD/S2C ?PRÉSENTÉ EN CH nus .MAKTIN CHAMIILKI AND l.K DEVOIR Denise Filiatrault en répétition avec Cari Béchard dans Monsieur chasse! de Georges Feydeau Le comique, c’est sérieux! Denise Filiatrault signe sa neuvième mise en scène pour le Festival Juste pour rire SOLANGE LÉVESQUE Le plus extraordinaire pour moi dans cette aventure, c’est la rencontre avec Denise Filiatrault», affirme Cari Béchard, qui en est à son deuxième Feydeau cette année, puisqu’il a joué dans Le Fil à la patte au Rideau Vert.«J’avais peur de travailler sous sa direction, avoue-t-il, mais Marc Béland m’avait parlé de son bonheur de jouer pour elle dans Picasso au Lapin agile: j’ai donc accepté.» Tous deux qualifient ainsi leur rencontre: «Un électrochoc amoureux»! Deux bêtes de scène Qui ne connaît pas la réputation redoutable de Mme Filiatrault, dont la rigueur est censée être extrême envers ses acteurs! «Avec elle, tout doit être prêt pour hier!» note Béchard.Aussi a-t-il été très surpris de la découvrir «non seulement stimulante, mais chaleureuse et amoureuse des acteurs et actrices.Elle nous communique son énergie créatrice comme une enfant.Travailler avec elle est un cadeau pour moi».La mise en scène est l’une des nombreuses carrières de Denise Filiatrault; Monsieur chasse! marque sa neuvième au Festival Juste pour rire (FJPR).Ouvrier de la première heure au Théâtre UBU, metteur en scène lui aussi, acteur unique en son genre et d’une souplesse peu commune, Cari Béchard a donné, de son côté, des interprétations marquantes.Le célèbre coup de pied qu’il assenait à une chaussure dans le rôle de soutien d’une bonne obèse et âgée lui a valu une nomination aux Masques en 1997; ceux qui ont vu cette scène (dans La Leçon de Ionesco, sous la direction de Daniel Roussel au Rideau Vert) ne l’oublieront pas de sitôt.«Mon parcours est assez étrange; j’ai commencé par jouer dans l’absurde: Ionesco, Picasso, Jarry, etc.Je crois que j’ai été mis au monde pour l'absurde puisque me voilà le jouant encore, cette fois sur le mode comique, et cela me rend très heureux.» «Un Feydeau, c’est du ballet, et Cari est un danseur», affirme Mme Filiatrault.Elle s’étonne d’ailleurs que Monsieur chasse!, qu’elle considère comme l’une des meilleures pièces de l’auteur français, n’ait été montée qu’une fois au Québec.«Avec ses rebondissements bon enfant, l’œuvre a quelque chose d’un dessin animé», explique-t-elle.Créée en 1892, elle est la treizième des 39 pièces que Georges Feydeau (1862-1921) a écrites, sa préférée.Et pour cause! Grâce à elle, l’auteur déprimé émergeait du marasme entraîné par six années d’insuccès.Sa carrière a redémarré grâce à Monsieur chasse!: 114 représentations au théâtre du Palais-Royal; un triomphe! A 30 ans, il atteignait à une maîtrise inégalée du vaudeville, imposant un style qui fait encore de lui, à ce jour, le maître du genre.Pour Béchard, Feydeau représente l’essence de l’absurde.«Il a beaucoup parlé de l'amour, mais il ne croyait pas en sa durée.Son génie du rebondissement et du comique est fabuleux.Dans son théâtre, pourtant, la critique du théâtre bourgeois est là, un peu désespérée.» Chez Denise Filiatrault, Béchard apprécie tout autant l’être humain que l’actrice et metteu-re en scène inspirante.«Cet amour qu’elle nous porte est émouvant et stimulant; il agit sur notre inconscient et crée la condition essentielle pour que l'acteur puisse tout donner, constate-t-il.Paradoxale, Denise parle sérieusement en travaillant la comédie.Elle ne rit pas souvent, et pourtant, moi, je la trouve très drôle.Elle court, elle saute, c’est généreux, nourrissant.mais pas reposant! Gare à la paresse et à la complaisance!» Ne pas jouer «Le comique, enchaîne Mme Filiatrault, c’est sérieux! Comme le remarquait Yves Desgagnés, qui joue le mari, “les personnages de Feydeau ne savent pas qu’ils sont dans un Feydeau"; pour eux, ce qui arrive, arrive pour vrai et n’est pas toujours drôle» — «Ce qui n’empêche pas qu'on soit heureux», d’ajouter Cari Béchard, pour qui le plaisir doit colorer le travail: «S’il est absent, ça ne vaut pas la peine.» — «En comédie, il ne faut pas jouer, il faut être, explique la metteure en scène.Dans un drame, si on n’est pas “dedans” un soir, on peut toujours “jouer”, prendre les airs qu'il faut; dans une pièce comique, c’est impossible de faire semblant.Le public s’en aperçoit tout de suite et s’ennuie.» La complaisance, les gags qu’on étire ou les comédiens qui se trouvent drôles lui font horreur.«J’aime trop la comédie pour ça», affirme-t-elle.Cari Béchard rappelle une parole d’Ariane Mnouchkine à ses acteurs: «J’ai cinq ans; intéressez-moi!» Denise Filiatrault renchérit: «Feydeau écrivait pour intéresser et divertir; il faut respecter son esprit et ses intentions.Tout est là.La pièce a quelque chose d’une bande dessinée; parfois, c’est presque même bébé-la-la! Et pourtant, ça semble plausible! C’est ça qui est irrésistible», lance-t-elle.«Avec Denise, raconte Cari Béchard, on pourrait dire que “timing” rime avec “entre les lignes”; le sous-texte devient crucial.Avant, c’est trop tôt, après, c’est trop tard! Elle a instantanément conscience des enjeux comiques d’une situation, poursuit-il; le rythme est tellement soutenu que l’inconscient déjoue le rationnel: une vague de fond nous emporte.» — «Parce que je suis insécure et que j’ai un grand respect du public, avoue Filiatrault, j'arrive aux répétitions préparée.Mais j’écoute les suggestions des comédiens et je modifie parfois mes plans.» Feydeau écrivait pour de petites salles et ses pièces sont assez longues! «Il a fallu s’adapter à la grande salle du Saint-Denis, explique Filiatrault: c’est pourquoi nous avons dû élaguer un peu; la pièce durera au maximum deux heures avec entracte.» L’éternel triangle Filiatrault déplore que la comédie soit traitée en parent pauvre.«Elle est moins noble que le drame ou la tragédie, mais elle rejoint tout le monde», souligne-t-elle.Et l’on sait que Feydeau, en particulier, rejoint plusieurs publics.Le triangle amoureux demeure actuel «et fait toujours rire malgré tout», commente Filiatrault en évoquant l’affaire Clinton.Dans Monsieur citasse!, le triangle prolifère sur un terreau fertile: Du-chotel, mari volage d’une femme fidèle et amoureuse de lui, trompe cette dernière en lui racontant qu’il va chasser avec Cassagne, un ami, alors qu’il va plutôt lutiner Mme Cassagne.A ce quatuor s’ajoutent d’autres personnages, dont le docteur Moricet, autre ami de Duchotel, joué par Carl Béchard.«Je suis celui qui chasse la femme du mari qui chasse, explique-t-il, le très bon ami un peu trop souvent à la maison.Hélas! la femme est fidèle, elle aime son mari et.vous verrez!» Cari Béchard sera entouré d'une distribution toutes étoiles, comprenant entre autres Yves Desgagnés, Linda Sorgini, Diane Lavallée et Normand Lévesque.«Je suis fidèle à mes acteurs, précise Denise Filiatrault, je travaille avec ma ‘famille’’!» Pour Béchard, l’expérience est marquante: «Je ressens beaucoup de gratitude.J’ai éprouvé la même chose quand j’ai eu l’occasion de travailler avec Albert Miliaire, raconte-t-il; c'est un homme qui a du panache, de la fierté et de nombreuses qualités.» Béchard croit que c’est dans le contact direct avec de tels artistes que se transmet la tradition du métier — tout comme l’éfi-prit de la vie.«La fierté de Denise face à son travail, son respect pour l’auteur et pour les collègues, son exigence infinie, sa simplicité, son immense vitalité, son enthousiasme débordant me remplissent de joie.Ce sont les choses essentielles.En fait: c’est tout ce qui nous attire au théâtre quand on est comédien, et qui donne tant de plaisir aux spectateurs!» CINEMA ST-LEONARD 9480 LACORDAIRE 324-9227 10 CHOSES QUE JE DÉTESTE DE TOI (G) UN BAISER ENFIN (G) SHAKESPEARE ET JULIETTE (G) VENT DE FOLIE (G) et autres I -www.cinema.ca- < onsui.it./.i.i:s nouAim.s cinûma RELACHE MER., JEU.Grandes-Prairies II Sélection officielle |^51e Festival de Cannes M «L'impossible retour à la paix d'un Cambodge filmé par Rithy Panh avec une infinie délicatesse.» - Didier Perron, Libération PROCLAME MEILLEUR FILM DE L'ANNEE ! Récipiendaire de 8 PRIX GÉNIE et de 9 PRIX JIITRA GRETA SCACCHI SVLVIA CHANG COUFEORE SAMUEL L.JACKSON LE VIOLON ROUGE Un film de François Girard 0 ¦*f/— SÛT Bande sonore dnponble six etiquette Sony CUsucsI À L’AFFICHE! RhombU5 j*!1 S RC VERSION ORIGINALE AVEC 80U8-TITRE9 FRANÇAIS -FAMOUS PLAYERS - I-FAMOUS PLAYERS-1 PARISIEN | Un film de Rithy Panh (Les Gens de la rizière) 13 DES AUJOURD'HUI EN EXCLUSIVITÉ -CINÉPLEX ODÉON- COMPLEXE DESJARDINS tous les jours: 1:00 - 3:40 - 7:10 - 9:40 REM ¦ i l I l I STAR B 6 LE DEVOIR.LES SA M E D I 3 ET 1) 1 M A N C H E I .JUILLET 1 9 I) 9 m — il I w Hommage à Pierre Perrault Le gardien de la mémoire Ses films, ses émissions de radio et de télé furent autant d’ancrages dans un passé qui avait déjà commencé à échapper à sa société ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Résumer l’œuvre de Pierre Perrault est une aventure périlleuse, ;àtout le moins restrictive.Il y manquera les angoisses et les doutes et 'l'inachevé qui suivent les pas de toute Entreprise humaine.Tout au plus pouvons-nous en rappeler l’esprit, la quê-!te multiforme.Disons qu’il fut le grand gardien de la mémoire, le passeur de traditions tel un homme au bac qui assure le va-et-vient sur un fleuve.Ses films, ses émissions de radio et de télé furent autant d’ancrages dans un passé qui avait déjà commencé à échapper à sa société, mais qu’il traquait, fouillant les racines, cherchant l’épopée, exaltant le quotidien des hommes.L’appel du large On prononce le nom de Pierre Perrault et son histoire se confond avec son œuvre, mais aussi sa haute stature physique, avec ce culte d’une virilité fragile et magnifiée qui l’aura fasciné toute sa vie.Ses études, son milieu familial le destinaient au droit.Qu’à cela ne tienne: il a tôt fait, périssant d’ennui au sein de cette profession, de couper les amarres et d’obéir à l’appel du large.Son épouse, originaire de Baie-Saint-Paul, fait découvrir à ce Montréalais un monde qui l’éblouit et dont il saisit dans sa chair la poésie profonde.Charlevoix: il prononçait ce mot comme un nom de femme aimée.Homme de parole, il est d’abord une âme et une voix à la radio de la SRC: Chronique de terre et de mer.Le Chant des hommes, Au pays de Neujve-France surtout, pont radiophonique qui allait le conduire au monde de l’image.Car ce fut à travers la série du même nom au petit écran qu’il réalisera, main dans la main avec René Bon-nière, les treize émissions de télé en 1959-1960 appelées à devenir des documents ethnologiques si précieux.Explorant Charlevoix et la Côte-Nord surtout, il capte un monde rural et un littoral en train de s’effriter.Surgis- Pierre Perrault en tournage à Pile aux Coudres.sent les traditions passées de main en main, de voix en voue, celles d’avant la télévision, alors que tout, misère mais également gestes des artisans, constitue autant de témoins bientôt engloutis par le temps, immortalisés par la caméra.Déjà il y fait la rencontre à l’île aux Coudres d’Alexis Tremblay, qui deviendra le personnage emblématique le plus fort de son œuvre.La construction de la dernière goélette à Petite-Rivière-Saint-François, la reconstitution des traversées en canot entre Pile aux Coudres, mais aussi des incursions dans le monde alors très méconnu des Montagnais, révèlent aux Québécois des facettes tou- chantes et troublantes d’eux-mêmes.Les textes de Perrault, souvent excessivement poétiques, parfois enjoliveurs des dures réalités de ces vies difficiles, accompagnent les images.Son style, sa démarche sont présents tout entiers dans cette série télé.C’est décidé: il allait montrer ce qui fut et ce qui fuit pour révéler à son peuple ce qu’il est.Des ponts, toujours, il en a traversé, Pierre Perrault.Déjà poète, désormais arrimé à l’image, il se voit proposer par l’ONF en 1962 la réalisation d’un long métrage sur l’île aux Coudres.Ce sera l’immortel Pour la suite du monde, coréalisé avec Michel Brault, avec les nouvelles techniques Avec quel souffle, quelle liberté, quel appétit vous nous avez offert votre regard Merci, pierre Perrault SOCIÉTÉ DE DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES CULTURELLES Québec s: la culture, une passion %ùi se développe.SOURCE ONF de souplesse, caméra à l’épaule, les pieds dans la gadoue.Alexis Tremblay, le chasseur de marsouins, reprend les techniques de capture avec ses hommes.Il parle, et sa parole d’«Ancien», sa gouaille, sa sagesse et sa science des gestes d’homme de mer et de champs, héros qui s’ignore, deviennent symboles.Du coup, les Québécois, que des soubresauts nationalistes commencent à agiter, relèvent la tête, soudain moins dépossédés qu’hier: «Cet homme, c'est notre source, et nous sommes grands.» La trilogie de l’île aux Coudres sera complétée par Les Voitures d’eau, hymne à la navigation menacée sur les vieilles goélettes de bois culminant sur la dramatique mise à mort par le feu d’une d’entre elles, et par ce touchant voyage de Léopold et de sa femme Marie sur les traces de leurs ancêtres en France dans Le Règne du jour, autant de regards renouvelés sur les racines et sur le choc fracassant du passé et du présent Chasse aux racines Pas étonnant que Perrault se tourne dès 1970 vers des rives plus proprement politiques.Démarche logique chez ce déterreur de racines, d’autant plus que le climat social s’y prête.Manque de pot: Un pays sans bon sens, qui exhortait son peuple à secouer ses chaînes de colonisé, subit le couperet de l’ONF qui en interdit la sortie pour cause de nationalisme trop virulent.Qu’importe?D récidive dans la même veine avec L’Acadie, l’Acadie, captant un soulèvement étudiant de l’Université de Moncton, avec finesse et écoute, Mais, on ne se refait pas: Perrault retournera bientôt à la chasse aux racines.D aime les cycles, les œuvres à plusieurs volets qui se répondent, s’enchevêtrent, se complètent.Au cours des années 70, la série abitibienne débute sur Un royaume vous attend, coréalisé avec Bernard Gosselin.Le film donne la vedette à Hauris Lalancette, en quête d’un royaume qui échappe aux colons qui l’ont défriché.Le Retour à la terre, deux ans plus tard enfoncera le même clou de la reconquête du sol.Avec Gens d’Abitibi, Perrault s’ancre davantage au présent La figure colorée de Lalancette, ex-crédi-tiste devenu candidat péquiste, d’ailleurs défait, s’envole soudain avec la parole, plaidant pour un pays en mal de lui-même.Perrault et ses héros ont-ils prêché dans le désert?Dans ses moments de découragement le cinéaste le craignait parfois, estimant à l’avant-soir de sa vie que ses 30 films ne trouvaient plus guère d’écho dans le zapping contemporain.Il a pourtant plongé à ses heures en zones troubles.Le cycle amérindien avec Le Goût de la farine, Discours sur la condition sauvage et québécoise et Le Pays de la terre sans arbre ouvre une porte qui ballotte parfois.Tout à coup, celui qui clamait bien haut la spoliation du peuple québécois fait face à une spoliation plus grande encore où la victime a changé de camp.Tâchant d’éviter l’écueil de ses propres contradictions, le cinéaste tantôt patine, tantôt accoste en des rivages mythiques qu’il découvre avec bonheur.Avec sa Bête lumineuse, en 1982, Perrault pénètre plus profondément au cœur de l’univers masculin.Lui qui avait tant magnifié les hommes, cherchant à découvrir leurs dimensions épiques, voici que par le truchement d’une partie de chasse à l’orignal — un animal sans cesse traqué, sans cesse manqué —, il interroge ces rituels mâles et pour une fois, en sous-texte, les remet vraiment en question.Plusieurs verront dans La Bête lumineuse le dernier grand film de Perrault.Le fleuve qui l’a tant hanté dans ses poèmes et dans son œuvre filmique le rattrapera au détour en 1985, notamment à travers La Grande Allure, traversée de l’Atlantique en voilier inspirée des tribulations de Cartier (lointain écho des obsessions de Léopold Tremblay dans Le Règne du jour).Bouclant ses cycles pour en enfourcher d’autres, Perrault parcourt la toundra, délaissant un moment l’homme, ses grandeurs et ses chimères, pour explorer l’univers des bœufs musqués, qu’il verra épiques dans LOumig-mag, greffant à travers les poèmes qui accompagnent les images une dimension colossale à leurs combats.Mais les hommes savaient sans doute mieux lui parler, même s’il mythifiait aussi leur langage et leurs gestes pour en créer une odyssée.L’œuvre de Perrault s’inscrira à jamais dans la quête de ce qui dépasse les êtres, les transcende, leur confère une aura de demi-dieux pour mieux redonner aux hommes, aux Québécois ses frères, leur fierté perdue.i3LS> ¦ îf ~ " *- i_-_________________________ü-— Pierre Perrault dans les paysages qui l’ont tant inspiré.SOURCE ONF Jiommage à (Pierre Perrault Parce qu'il nous a fait comprendre d'où nous venions, Nous savons mieux maintenant poursuivre notre marche en avant parmi les peuples de la terre.4 SSJB î Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 82, rue Sherbrooke ouest, Montréal H2X 1X3 Tél.: (514) 843-8851; Télécopieur: (514) 844-6369 www.cam.org/~ssjb, courriel: ssjb@cam.org - .r- - - ——i LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 1 JUILLET 1990 B I — ^ I I w ¦ Hommage à Pierre Perrault Une œuvre qui cerne le territoire et ses gens JEAN CHARTIER LE DEVOIR Le producteur Éric Michel de l’ONF estime que Pierre Perrault est le seul cinéaste d’ici qui ait réalisé une œuvre complète, sans jamais errer dans l’un ou l’autre de ses films.D s’est attaqué en premier lieu à la question de savoir d’où on venait, puis il s’est demandé qui on était et, à la fin de son œuvre, il a circonscrit le territoire.Éric Michel raconte: «Quand il a fait La Grande Allure, c’était le voyage de toutes les découvertes, et plus tard, La Bête lumineuse, c'est le seul de ses documents qui ne s’inscrit pas dans cette démarche.Ce qu’il voulait alors montrer, c’était la rudesse et la faiblesse des gens d’ici.» Le dernier producteur de Perrault se rappelle à quel point le cinéaste tenait à terminer Cornouailles, la métaphore sur le territoire remis sur le chantier sept années d’affilée.Il dit: «Pierre ne laissait rien au hasard.Ça commençait toujours par la lecture.Il avait écumé les bibliothèques de France et d'ici sur cette bestiole, le bœuf musqué.H y aune analogie entre la puissance de cette bestiole et ce qu’il représentait dans ses films.Quand il s'empare des animaux, les hommes n’ont plus rien à lui dire.Les discours des politiciens tournent en rond.Ce film est une métaphore.» Pour lui, le moment le plus fort des 30 films de Pierre Perrault, c’est LAcadie, l’Acadie.D ajoute: «Cest Pierre Perrault qui marque tous ses films.Il y a une continuité indéniable dans toute son œuvre, la grandeur de l’œuvre.» Métaphore Le producteur est arrivé à la fin de la production de La Grande Allure au moment des expéditions ratées de L’Oumigmag et pour Cornouailles, tourné à plus de 1000 milles au nord Ai tournage de L’Oumigmag.«Perrault suspectait la modernité comme quelque chose d’inapproprié, ra-conte-t-il.Cest pour ça qu’on est allé si loin au nord, où il n’y avait plus d’hélicoptère, au delà du 65e parallèle, sur Hie Ellesmere.On y est allé cinq ans, de 1989 à 1994.Il voulait le combat dans ce film sur le territoire; la dominance doit s’exprimer par le combat.Tout le film est métaphorique.» Pierre Perrault était parti des poèmes de Gelivures poui; ce film sur le Grand Nord, explique Éric Michel.«C’est une écriture très complexe.» Ce tournage poétique nécessita un travail sur sept ans, un film très important, comme Perrault aimait à le dire, «son art poétique sur le cinéma», dit le producteur.Le producteur de l’ONF a également eu des discussions sur un autre film.Mais le cinéaste n’allait déjà plus très bien physiquement.«Pierre Perrault voulait partir avec un bateau, passer le détroit de Belle-Isle, la côte du Labrador et aller jusqu'à la baie James.Il y avait l’idée de cerner le territoire.On avait fait des démarches pour remonter avec un bri$e-glace.» Éric Michel rappelle que Louis Marcorelles, du Monde, avait écrit après les cinq premiers longs métrages de Perrault que son apport était plus grand au cinéma qu’Orson Welles.De même, le coproducteur de La Grande Allure, Claude Guisard de l’ENA, voulait le plus grand rayonnement pour ce film en France.Le caméraman Bernard Gosselin a été le caméraman de Pierre Perrault à partir de 1961 et jusqu’en 1978, pour 14 films.D raconte: «Si on filmait quelqu'un, il était garanti de l’amitié de Perrault jusqu’à sa mort.La pauvre Yolande tenait une auberge.Tous les soirs, elle recevait à souper des gens de l’Abitibi, des Indiens de la Côte-Nord ou alors des gens de lile aux Coudres.» Pierre Perrault continuait à vivre avec ses personnages, rappelle-t-il.«Alexis, Grand Louis étaient toujours là.Morts depuis 25 ans, il devait presque les consulter.» L’homme était un bourreau de travail.«H fallait courir le Nord, puis le Sud.On a vu du terrain partout, des endroits où peu de gens ont accès.» Bernard Gosselin garde le meilleur souvenir des films tournés sur la rivière Georges, Le Goût de la farine et Le Mouchouânipi, deux films au nord de la Côte-Nord «avec les Indiens, à 1000 milles au nord du premier village».Pierre Perrault en a fauché large, mais avec son équipe.«Il nous valorisait toujours chez les gens où on tournait.Ce n’est pas comme les tournages de télévision qui donnent des relations malades avec les gens.Avec Pierre, c’était un métier d’athlète, on était beaux, grands et forts.On pouvait porter sans problème une caméra de 26 livres pendant 11 heures sur l’épaule avec lui.» «Quand j’étais petit, rappel-le-t-il, le seul héros que j’avais, c'était Maurice Richard.Pierre a donné d’autres héros au peuple québécois.C’est beau de lancer des rondelles en caoutchouc, mais il nous fallait aussi autre chose.» Les monteurs Vemer Nolt a réalisé le montage de Pour la suite du monde en 1962, le premier long métrage de Perrault.Il avait 100 000 pieds de pellicule tournés par une équipe à trois sur un an.D a utilisé 4000 pieds pour ce film d’une heure cinquante et monté trois versions distinctes que conserve la Cinémathèque québécoise.Il le voit ainsi: «Perrault est un gars de parole, de l’écrit, de la poésie et de la radio.Chez lui, il avait tout reconstruit bobine par bobine, mot par mot.Quand on voulait un extrait (/’Alexis à la forge parlant de Jacques Cartier, on l’appelait et, 20 minutes après, il rappelait pour dire de prendre la bobine 44, au premier tiers.» Verner Nolt a monté 100 films à l’ONF.«Pour la suite du monde vient encore en premier.Ça a été magnifique», conclut-il.Monique Fortier a monté, elle, Les Voitures d’eau et quatre autres longs métrages.Elle se souvient de ces films ainsi: «Tout se faisait au tournage, c’est un poète et il avait décidé de faire sa poésie de la parole de tout le monde.Il prenait une parole spontanée dans une réalité.Ce n'était pas écrit d’apance comme la fiction.» A propos de La Grande Allure, qu’elle a également monté, elle ajoute: «Cest difficile de tourner la mer et l’immensité en 16 millimètres.Il n’y a pas de profondeur de champ.C'est très difficile à faire, mais à la dimension d’un poème.» Elle conclut: «Pierre, c’est un poète d’abord.Nous, on blaguait avec lui en disant: On sait bien, toi, tu n’aimes pas le cinéma.» En hommage à Pierre Perrault Pour partager la souveraineté du poème Pour bâtir pays dans sa mémoire IL^sttnamn Pierre Perrault SOURCE L'HEXAGONE • • • ECRITS DES r O R G E S POÉSIE saluent affectueusement le poète Yolande, nous serons avec toi Pour la suite du monde Visage humain d'un fleuve sans estuaire (1998) Irréconciliabules (1999) édités aux Écrits des Forges EN HOMMAGE À PlERR OPT' pMWki, mm» i iMH'**** mr POUR L’IMMENSE OUVRAGE QU’IL A ÉRIGÉ DANS NOTRE CINÉMATOGRAPHIE ET NOTRE CULTURE.POUR LA SUITE DU MONDE.oniFdin uéi ü r r \ C 2 N A T I D T I O N A L FILM DU CANADA jpfr • -as,, ¦i-'twj ; S A M K I) I ET i) 1 M A N C 11 E I.E S I) E V 0 I R .1 ü I L L E T 1 !) !) !) Mémoire en berne 13 La fin de semaine dernière, j’ai retiré de sa gaine la trilogie sur l’île aux Coudres, lancée par l’ONF il y a quelques mois en coffret, pour replonger tête baissée dans la chasse aux marsouins, les goélettes en essoufflement de parcours et le voyage d’Alexis Tremblay au bras de sa douce sur les routes du «vieux pays» de leurs ancêtres.Petite cérémonie privée offerte en aparté à Pierre Perrault après la tombée du rideau.C’est qu’on est un peu bêtes, voyez-vous, sentimentaux mais un peu bêtes.Quelqu’un meurt, et hop là! On sort les mouchoirs et les élégies, on s’immerge dans l’œuvre en guise d’iw me-moriam alors que chaque moment pourrait être aussi propice à ces voyages-là que les jours de rupture.Nous avons tellement besoin de symboles.De cela, Perrault en fut conscient, lui qui créait des emblèmes avec des hommes.Ça me rappelle ce chagrin collectif si bruyant qui avait succédé au décès de Pauline Julien.Du coup, les télés, les stations de radio, lesquelles ne diffusaient plus ses chansons depuis des lunes, n’en avaient que pour sa voix rauque, bien vite étouffée après l’enterrement D’un bref triomphe posthume, elle n’eut guère conscience, la Pauline, qui souffrit tant de la mise au rancart des années de vieillesse.Trop peu, trop tard, comme on dit en calquant la formule anglaise.Du moins, Perrault a eu droit, très malade et alors que tous le savaient condamné, aux honneurs en bouquet: rétrospective à la Cinémathèque, recueils de témoignages, décoration pour ses écrits poétiques, coffret de la trilogie de l’île, etc.Tant mieux s’il a pu jouir d’une reconnaissance tardive avant de tirer sa révérence, parce qu’au soir de sa vie, devant l’intervieweuse, le cinéaste-poète gémissait de se sentir délaissé par un pays sans bon sens qu’il avait dépeint si grandiose.Sa plus grande tristesse était de voir les Québécois, trop occupés à zapper dans le village global, faire si * ***¦ V O ci » le Tilr Tremblay ?peu de cas de leurs racines.«Le drame d'une société, c’est de mépriser son histoire», lançait, la mine sombre, cet homme de mémoire.Chacun possède son petit parcours personnel trouvant ou non un écho dans l’univers de Perrault.Si une grande partie de son œuvre m’a tôt parlé à l'oreille, c’est que les lieux par sa caméra évoqués m’étaient à l’origine très familiers.Ma famille possédait (possède toujours) une maison de campagne à Saint-Joseph-de-lÿ-Rive (oui, là où les travaux sur la côte qui grimpe aux Eboulements s’activent à défigurer le paysage).Au cours des étés de mon enfance, on voyait le dos blanc des marsouins faire concurrence aux moutons du fleuve.Des centaines d’entre eux bondissaient au large.Au fil des ans, les rares survivants du troupeau marin, malmenés par la pollution, se sont réfugiés au nord, du côté de Tadoussac, à l’embouchure du Saguenay.C’est de ce même observatoire que j’ai vu partir les dernières goélettes avec leur chargement de bois.Peu à peu, celles-ci cédèrent la place aux bateaux de fer.Le progrès, c’est le progrès.Je n’ai rien contre, happée connue tout le monde par le présent en mors aux dents, mais gardant tout de même un peu la nostalgie d’une beauté perdue.Le traversier pour l’île aux Coudres se dégorgeait de ses voyageurs sur le quai devant la maison et nous happait pour explorer les battures du «peuple du large».C’est tout cela, avec une dimension de plus, épique, grandiose, que devaient me redonner Pour la suite du monde et Les Voitures d'eau.Des souvenirs, soudain mêlés de grandeur.Plus tard, la vie m’a permis de mieux cerner quelle poésie Perrault traquait obstinément dans nos racines.J’ai fait mon cours en arts et traditions populaires à Laval, l’étude du folklore en somme, chansons, contes, métiers traditionnels et coutumes inclus.En guise de travaux pratiques, on nous envoyait essaimer les campagnes en quête de vieux conteux à la mémoire agile (M.Pilote, dans le rang Saint-Ours, aux Eboulements, possédait un répertoire inépuisable) et de chanteurs encore capables de fredonner les refrains des anciennes veillées.C’était une pure merveille d’entendre des vieux, des vieilles, souvent analphabètes, entonner dans leur cuisine sur les rives du Saint-Laurent une complainte du Moyen Âge évoquant les Croisades, le roy Renaud et Geneviève de Brabant.Toutes ces chansons peuplées de rossignols (un oiseau inexistant chez nous), de fils du roi, de tours de guet m’enchantaient autant que les refrains de draveurs et les contes de chasse-galerie, plus collés à nos traditions locales.Ayant la faculté de retenir aisément tout ce qui rime, je les apprenais par cœur, m’en fredonne encore à l’occasion, juste pour la poésie de la chose, avec l’impression de porter dans quelques vagues recoins de ma mémoire de vrais trésors engloutis dont personne, à vrai dire, ne se soucie.Quand je constate à quel point le folklore breton, par exemple, a repris de la vigueur, je me dis qu’on devrait fouiller nous aussi nos racines davantage et les tresser avec le présent multicolore, juste pour avancer sur un chemin mieux éclairé.On peut porter en soi Derrière chez nous y a un étang et Tassez-vous de d’là des Colocs sans que l’un ne porte ombrage à l’autre.Au contraire.Mélangez dans une même tète le passé, le macadam multiethnique, les ües du Saint-Laurent, la lecture de Borges et les danses balinaises.Tous ces éléments se répondront, s’éclateront en chœur.Les racines, mariées aux branches et aux feuilles, sont d’une richesse folle.En 1998, après que l’ONF eut lancé le coffret des treize émissions de télé Au pays de Neufve-France réalisées par Perrault et René Bonnière à la fin des années 50, je les ai toutes visionnées en rafale, avec cette même impression de déterrer des trésors perdus.Ces deux-là avaient recueilli à travers leurs documentaires — et ce, dans des régions du Québec, Charlevoix, la Côte-Nord surtout, que j’avais moi-même beaucoup arpentées, mais plus tard, quand les signes s’effaçaient — des chants, des gestes, des coutumes, toute une mémoire nationale au bord de la maladie d’Alzheimer.Lorsque j’ai interviewé Perrault au sujet de ces émissions, le coffret était sorti depuis quelques mois.L’ONF en avait vendu cinquante exemplaires en tout et pour tout.Tel est le sort cruel réservé à la mémoire collective.D'où son amertume de fin de parcours.Les vacances approchent.Avant de m’envoler vers des deux plus exotiques, j’irai faire mon petit pèlerinage à Saint-Joseph-de-la-Rive, histoire d’imprimer en moi une dernière image de ce qui sera bientôt une autoroute démesurée.Perrault ne l’aura jamais vue achevée, cette côte en boursouflure qui l’aurait fait blêmir de chagrin.11 s’est envolé avec ses souvenirs de paysages en majesté.Parfois, mieux vaut ne pas trop savoir vers quoi une société s’aligne pour la suite du monde.Cette chronique disparait pendant mes vacances.Bon été! otrem blay@ledevoir.com DISQUES CLASSIQUES Des rééditions nécessaires sur fond de jazz FRANÇOIS TOUSIGNANT SCHUBERT - GOETHE Franz Schubert 24 lieder sur des poèmes de Johann Wolfgang von Goethe.Dietrich Fischer-Dieskau, baryton; Gerald Moore, piano.Durée: 76 min.DGG The Originals 457 747-2 On célèbre beaucoup Goethe cette année.Ce grand poète allemand (et dramaturge, naturaliste, physicien, politique, diplomate, philosophe.la liste de ses réalisations est longue), celui que l’on tient pour l’esprit humaniste le plus complet et le plus «intelligent» que l’Occident ait connu, aurait 250 ans aujourd’hui.Comme ses poèmes ont inspiré plus d’un musiden, dont certains de génie aussi, on trouve, sur les rayons des disquaires, un choix imposant de nouveautés qui usent des fruits de sa plume comme prétexte à partition.Il y a aussi des rééditions.Comme celle-ci.Il s’agit d’une compilation (pas exhaustive, car certains textes tirés de pièces de théâtre sont explicitement et uniquement réservées à la voix de femme) de lieder que Schubert a écrits sur des vers de son aîné.Vous dire le goût de Goethe: il n’a même pas daigné répondre à l’adolescent qui lui avait envoyé ses compositions, laissant Schubert bien marri.Par contre, Goethe adorait la musique de Zelter, un scribouilleur de portées dont je n’oserais vous conseiller la fréquentation, autrement que par une curiosité un peu morbide tant on s’ennuie en écoutant ce qu’il a commis.Revenons donc plutôt à Schubert, et surtout à ces moments uniques, captés à la fin des années 60 par la DGG alors que le Britannique Gerald Moore est au pinacle de la gloire comme partenaire de chanteurs et que le baryton teuton Dietrich Fischer-Dieskau est au sommet de sa forme.C’est le moment où une certaine presse germanique reproche au chanteur ses maniérismes, sa trop grande perfection, presque une froideur frôlant l’indifférence.Force est de constater, trente ans plus tard, que le lied ne s’est jamais aussi bien porté qu’alors.Tout un chacun y ira de ses réserves: qui chatouillé d'une affectation dans le rendu de l’intention, qui encore d’effets de voix picturaux (que, pourtant, Fischer-Dieskau a lui-même imposés dans le genre).Après ces diatribes du bout de lèvres esthé-tisantes, il semble toujours se faire un consensus: on tient, avec ces interprétations, une sorte de «version de F7WWHFftùflWrareM /A Les Concerts m Spirituels PRÉSENTENT Festival d’orgue à l'Oratoire Saint-loseph du Mont-Royal les mercredis de l’été à 20 heures Thème : l'Intégrale de l'œuvre pour orgue de Franz Schmidt (1874-1939) Mercredi 7 juillet 1999 Concert d'ouverture du Festival Rachel Laurin, organiste à l'Oratoire Saint-loseph Au programme : oeuvres de Schmidt et transcriptions pour orgue d'œuvres de I.S.Bach et Brahms.Billets : Parterre : 8 S.10 S, 12 S Tribune : 16 $ Renseignements : (514) 733-8211 Goethe, Chopin et Duke Ellington sur disque référence», pourvu que cette notion puisse encore avoir une raison d’être (et au disque, objet de plaisir spécial car objectivement répétable, elle tient encore plus solidement sa part de préjugés).Cette réédition s’imposait, peu importe la mode.Pendant une heure et quart, on s’offre un concentré de miniatures magiques admirablement et exceptionnellement bien faites.Tout y est senti avec autant d’intensité que d’humilité.La diction, la justesse, la voix, le piano, tout est parfait, même le «nettoyage» naturel des bandes originales.Vite, je m’arrête pour remettre cet enregistrement dans le lecteur.Je vous laisse faire votre propre éloge de ces grands moments de l’histoire de l’enregistrement et de l’interprétation.GYÔRGY CZIFFRA Frédéric Chopin: Études op.10 et op.25; Polonaise en la bémol majeur, op.53, dite «héroïque»; Franz Liszt Polonaise n° 2 en mi majeur; Sonetto 123 del Petrarca et Tarentella, extraits des Années de pèlerinage, deuxième année, Italie; Fantaisie et fugue sur le nom B-A-C-H; Études de concert n° 2 en fa mineur «La legie-rezza» et n° 3 en ré bémol majeur «Un sospiro»; Légende n° 2 «Saint François de Paule maj-chant sur les flots»; Chasse neige (Étude d’exécution transcendante n° 12); Tarentella di bravura; Méphisto-valse n° 1.Gyôrgy Cziffra, piano.Album de deux disques.Durée totale: 2 h 25 min 01.Philips, collection Great Pianists of the 20th Century, 4356 760-2 Un rejeton tzigane, un enfant de cirque, un boxeur, un prisonnier politique, un amuseur de bordels ou un animateur de bars pour quelques sous la chansonnette, est-ce que cela peut jouer du piano comme un génie?Oui.Gyôrgy Cziffra l’a prouvé: le talent est sans frontières et il n’existe nul moyen honteux de gagner sa vie pour un musicien si on fait toujours ce qu’on sent vrai.Sa vie tient presque du roman-savon, elle qui l’entraîne du caniveau au pinacle, ensuite oublié car la mode d’interprétation avait changé; la collection «Great Pianists of the 20h Century» vient rendre un hommage au grand Hongrois oublié qui avait fait de Senlis sa terre d’adoption définitive, où il créa un festival et mourut en 1994.Le programme Liszt est représentatif de la virtuosité de ce démon.On aime ou pas, on ne reste pas indifférent.Le choix ultime est l’enregistrement de l’intégrale des deux grands opus d’études de Chopin.Si liberté se conjugue avec fidélité, c’est chez Cziffra que se trouve la clé.Tsar magyar de la technique, il rajoute des notes, triple des octaves, réorchestre des accords pour que la musique imaginée par Chopin, attisée par son esprit, se réinvente dans nos oreilles.Tout, absolument tout est à réentendre au moins trois fois tant le message est dense et la musique poignante.C’est tellement convaincant que l’esthétique un peu dépassée et les artifices parfois pyrotechniques se mettent à participer à bon droit de la nécessité de toujours imaginer ces études avec l’esprit du découvreur de jeu pianistique que fut Chopin.Dans la physique pure, il y a un plaisir immédiatement partageable auquel un pianiste de second ordre s’arrête.Habitué des sommets, Cziffra va plus loin, ouvrant des horizons expressifs particuliers qui, pour choquants qu’ils soient parfois, n’en imposent pas moins un vertige certain.Les pièces de Liszt font plus convenu.Cziffra aimait aussi l’épate et, ici, le portrait est juste en montrant une bète de cirque qui fait de la musique pour s’attirer les bravos de la foule.Le témoignage reste quand même étonnant et on regrette seulement que cela ne fut pas mieux enregistré (et mieux nettoyé) même si, comme toujours dans cette collection, le tout est superbement présenté et documenté.REFLEXIONS ON DUKE Duke Ellington: Jubilee Stomp; In A Sentimental Mood; I Got It Bad And It Ain’t Good; Prelude to a Kiss; Sophisticated Lady; The Clothed Woman; Day Dream; Tonk; Beggar’s Holiday Suite; Lush Life; Fantasy on Caravan; Come Sunday, A Single Petal of a Rose; Solitude.Arrangements pour piano seul de Jed Disler, Larry Hochman, Dick Hyman, Roger Kel-laway et Joel Silberman.Jean-Yves Thibaudet, piano.Durée: 67 min 14.Decca 460 811-2 Le jazz a ses «classiques» et ses «standards».En plein festival de jazz, voire en été — saison où abonde ce type de manifestation —, il n’est pas curieux de voir un pianiste «classique» se lancer à l’assaut de certains pans de ce répertoire qui a ses lettres de noblesse et d’or.Jean-Yves Thibaudet s’est déjà mesuré à des musiques de Bill Evans (Conversations With Bill Evans, Decca 455 512) et décide de célébrer à sa manière le centenaire du Duke en proposant quatorze arrangements de mélodies comptant parmi les plus connues de leur auteur.Voici donc un autre cas d’hybridation négro-caucasienne entre jazz et «classique», des musiciens des deux pratiques franchissant de plus en plus souvent les frontières qui divisent arbitrairement ces répertoires et ceux qui les pratiquent en une respectueuse mulâtrerie de bon aloi.Cela donne des résultats quelquefois mitigés: trop de laxisme dans le répertoire classique, trop de raideur dans le jazz.Question d’habitudes d’écoute et de travers d’esprit, dont plus d’un peine à JEAN-YVESTHIBÀUOI warn JC, ,T; ORIGINAL IMAGI BIT PROCESSING s’extirper pour écouter sans le préalable déformant d’une convention de tradition.Cela permet pourtant de connaître des facettes du tempérament des interprètes qui arrivent à plus qu’intéresser.Avec Thibaudet, on n’entend pas la désinvolture sensuelle usuelle, un peu facile, qui caractérise les boîtes enfumées; il la transfère au second degré, celui du chic de bon goût.Duke est interprété avec autant de précision mécanique et de propreté que du Ravel.Étonnante raideur qui, petit à petit, se met à séduire par ses plaisirs harmoniques raffinés et ici clairement audibles.La technique du pianiste lui permet en effet de faire prendre conscience de toutes les notes sans «manger» ni escamoter quoi que ce soit.Un puriste pourrait bien se demander si c’est encore du jazz.J’assure que c’est, au delà de tout préjugé esthétique, encore de la bien bonne musique, admirablement faite.encore et •iff Radio-Canada ww\v.radi(Kanada.ca FM Lamèquc 98,3 FM Monclon 101,9 FM Allardvillc 101,5 FM Kiniouski la Chaîne culturelle vous offre encore plus.chaîné culturelle Un concert de Joe Lovano à SILENCE.ON JAZZ! Le Festival International de jazz de Montréal se rend chez vous par l'entremise de la Chaîne culturelle.Capté sur le vif le lrr juillet dernier, le spectacle du saxophonistejoe Lovano -Tenor Summit comblera les jazzophiles.de salon! Une émission d'André Rhéatime UMEp ^S^MEDI LE JAZZ, C’ÉTAIT HIER ET C’EST AUJOURD’HUI au rythme du FJJM Pour ne rien manquer de la 20e édition du Festival International de jazz de Montréal, pour être bien branchés côté disque et spectacle, connaisseurs et néophytes apprécieront les commentaires éclairés et passionnés de Gilles Archambault.Une émission de Gilles Archambault Ly^DÏ À VENDREDI Les plaisirs d’UN ÉTÉ EN MUSIQUE! Cet été, toutes les matinées de la semaine célèbrent la musique.Pierre Vachon conduit mélomanes et esprits curieux sur les chemins de la découverte.Parce qu'un été sans musique, c'est comme un été sans soleil.Une émission de Pierre Vachon L)T/CTDREDI Des CONCERTS D’ÉTÉ qu’on sert tout l'été! Que sentit la saison estivale sans les festivals?CONCERTS D'ÉTÉ parcourt les plus belles régions du Québec et de l’est du Canada pour vous offrir un bouquet de concerts rafraîchissants.Vivez les grands festivals de musique.comme si vous y étiez! Animation : Monique Leblanc Réalisation : Guytaine Picard 100,9 FM Chicoutimi 95,3 FM 90,7 FM 104,3 FM 100,7 FM 102,5 FM 90,3 Ff Québec Estric Mauricic- Montréal Ottawa-Hull Toront Centre du Québec 077336
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