Le devoir, 8 juillet 1999, Cahier A
LE DEVOIR La mesure de l'amour, c’esl d’aimer sans mesure (Sainl-Augusliii) Vol.X C ¦ N“ 150 PERSPECTIVES Du «pot» à l’EPO Christian Rioux Tous drogués, les cyclistes du Tour de France?On aurait pu imaginer un meilleur baptême du feu pour la nouvelle politique française de lutte contre les drogues.Samedi dernier, près de l’autoroute A7 qui relie Paris à Lyon, les foules s’amassaient sur les viaducs pour voir passer les coureurs du Tour de France.Tous voulaient apercevoir Richard Vi-renque, le favori du public français par qui le scandale du dopage est arrivé l’an dernier.Après avoir été exclu, celui que Le Monde a surnommé ironiquement «le héros positif de l’été» a été réintégré à la suite des pressions de l’Union cycliste internationale.Les responsables du tour se sont dépêchés d’obtempérer, comme s’ils n’étaient finalement pas fâchés de retrouver une vedette qui vaut des millions en commandites sans en porter pour autant la responsabilité morale.Manque de pot, cette réintégration arrive au moment où la France vient de se donner un plan triennal de lutte contre les drogues.On aurait pu imaginer meilleur coup d’envoi pour une politique qui a donné lieu à des débats virulents au sein du conseil des ministres de Lionel Jospin.On ne sait pas exactement où se classe l’EPO — l’érythropoïétine si difficile à détecter dans le sang des coureurs cyclistes — à l’échelle de la nocivité.Ce qu’on sait pourtant, c’est qu’elle aurait fait 18 morts depuis 1987 parmi les cyclistes belges et néerlandais (selon Newsweek) et que les tests du Tour de France sont qualifiés de passoire par plusieurs experts.Or, la nouvelle politique française de lutte contre les drogues prétend justement ne plus faire de distinctions entre drogues licites et illicites pour ne plus considérer que leur degré de nocivité.Si l’EPO est plus nocive que le cannabis, elle devrait donc, théoriquement, être combattue plus fermement que cette dernière.Même chose pour la cigarette, qui ferait plus de 60 000 morts par année en France, et l’alcool, qui serait lié à 35 000 décès par année et à environ 15 % des hospitalisations.En adoptant ce nouveau plan, les ministres ont opéré une petite révolution dans un pays réputé pour sa forte consommation d’alcool et de médicaments de toutes sortes.Mais aussi, pour son intransigeance à l’égard des petits fumeurs de pot.Si personne n’a voulu toucher à la loi de 1970 afin d’éviter de relancer le débat sur la dépénalisation de l’usage des drogues douces, le gouvernement a tout de même décidé d’en assouplir l’application.Ceux qui fument un joint le samedi soir ne seront plus emprisonnés, on leur imposera plutôt une simple amende.Il faut dire que la situation française était pour le moins caricaturale.Quatre interpellations sur cinq en matière de drogues concernaient le simple usage privé et 87 % des interpellés étaient des consommateurs de cannabis.Ces interpellations avaient plus que doublé entre 1993 et 1998.Cette dernière année, 500 personnes avaient été incarcérées pour simple usage de marijuana.Face à la diminution de la consommation d’héroïne, liée à la disponibilité des produits de substitution, les policiers se sont simplement tournés vers les petits fumeurs de pot pour remplir leurs quotas.Le ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, n’a pas été facile à convaincre.Partisan du tout répressif contre les consommateurs de pot, il évoquait le rôle de l’alcool et du vin dans la tradition française pour éviter de les classer parmi les drogues à combattre.En dénonçant l’assimilation des boissons alcooliques aux drogues, le lobby vinicole a tenté de faire reporter l’application de la nouvèlle politique.Le président d’Entre-prise et prévention, une association proche des producteurs d’alcool, est allé jusqu’à soutenir que, «si l’alcool entre dans le champ des toxicomanies, c’est tout le dispositif de lutte contre l’alcoolisme qui disparaîtra».C’est finalement Nicole Maestracci, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (sous la responsabilité de Bernard Kouchner), qui a remporté la bataille.En adoptant la nouvelle politique, les ministres ont découvert que les programmes de prévention scolaire contre les drogues avaient rejoint moins de 40 % des élèves.Ceux qui visent à mettre en garde les étudiants contre l’alcool et le tabac sont encore moins efficaces puisqu’ils ont rejoint moins de 20 % de la population cible.Reste à savoir si cette politique, pratiquée depuis longtemps dans d’autres pays européens, permettra de changer véritablement les mentalités.En attendant, la France reste le champion européen de la répression des simples usagers de drogues douces.Quant au Tour de France, qu’on cache les seringues n’y change rien.Il aura plus fait en quelques jours pour banaliser l’usage des drogues que toutes les campagnes des producteurs d’alcool et de cigarettes réunis.crioux@csi.com La France reste le champion européen de la répression des usagers de drogues douces MÉTÉO Montréal Québec Ciel variable.Ciel variable.Max: 23 Min: 14 Max: 22 Min: 12 Détails, page B 4 INDEX Annonces.B 4 Le monde.A 5 Avis publics.B 6 Les sports.B 6 Culture.B 8 Montréal.A 3 Économie.B 2 Mots croisés.B 4 Éditorial.A 6 Politique.A4 Horizons.B1 Télévision.B 7 www.ledevoir.com MONTRÉAL, LE JEUDI 8 J U 1 L L E T 1 9 9 9 HORIZONS Jean Dion: Une gueule d'atmosphère, page B 1 CULTURE Un autre comité étudiera le livre, page B 7 8 7 0 + T A X E S = 1 $ / T (I H ONTO 1 $ ?LES ACTUALITÉS Bourses du millénaire: Legault attaque Pettigrew, page A 3 Drummondville panse ses plaies JACQUES NADEAU LE DEVOIR .satk.V" 14.• V wsseasraRB» *» ^ (£*** « " ’ T-1 'ç’ÿsèSfefcwJfe LA TORNADE qui a frappé un quartier de Drummondville, mardi soir, a laissé sur son passage des traces spectaculaires.Les vents de 140 km/h, qui n’ont heureusement fait ni mort ni blessé grave, ont arraché des toits, boulé des voitures et projeté en tout sens des débris de toutes tailles et de toutes natures.La première tornade 'Sa toutefois pas tardé à laisser la place à un autre tourbillon, de grand nettoyage et de reconstruction celui-là.Voir nos informations, page A 3.QUE SONT-ILS DEVENUS?Repartir à zéro Tel un chat aux neuf vies, Trân Triêu Quân est retombé sur ses pattes Air Canada : la grève pourrait être évitée FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Air Canada et ses 5000 agents de bord négociaient toujours intensément hier, à l’heure de mettre sous presse, dans l’espoir d’éviter le déclenchement d’une grève légale et illimitée.Tout au long de la journée, les représentants patronal et syndical ont eu des pourparlers sur des ententes globales comprenant tous les éléments de négociations sur la table, soit la bonification du régime de retraite et l’amélioration des conditions de travail (santé et sécurité).Selon nos informations, les parties n’étaient pas loin d’un règlement.Advenant qu’une entente ait été conclue tard en soirée hier, le comité de négociation syndicale avait le pouvoir de reporter l’heure H pour le VOIR PAGE A 8: AIR CANADA LA GRÈVE DES INFIRMIÈRES Québec écarte l’adoption de nouvelles sanctions Le gouvernement du Québec écarte pour l’instant l’adoption de nouvelles sanctions contre les infirmières *r même si leur grève illégale a de nombreux impacts sur les soins aux malades.C’est ce qu’a fait savoir hier la ministre de la Santé, Pauline Marois.Pendant ce temps, à Montréal, les infirmières de l’hôpital Sainte-Justine, affiliées à la CEQ, donnaient leur appui aux grévistes de la FIIQ.Lire nos informations, page A 4 ENVIRONNEMENT Un bourbier toxique dans la rivière Saint-Louis Une étude révèle la présence élevée de dangereux polluants LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Une étude récente de la société Beak International, réalisée pour le compte de la ZIP (Zone d’intervention prioritaire) Haut-Saint-Laurent, révèle l’existence d’un bourbier toxique d’une importance inégalée au Québec dans la rivière Saint-Louis, juste en aval des émissaires des sociétés Sécal (Alcan) et PPG Canada, de Beauharnois.Selon cette étude, financée en partie par les entreprises en cause et des voisines du secteur, avec l’aide du ministère de l’Environnement du Québec et d’Environnement Canada, les sédiments en aval des deux effluents de Sécal et de PPG indiquent la présence de concentrations surprenantes d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans un cours d’eau, dont des concentrations très élevées de benzo-a-pyrène (BAP), une des molécules les plus VOIR PAGE A 8: BOURBIER ,¦H L* i, L, i, L, lx L L, -j «n ~i -% *** —» -n *-?mm Par cette entrevue avec Trân Triêu Quân, cet ingénieur de Québec emprisonné au Vietnam et dont la libération a été réclamée à cor et à cri par une pétition de 125 000 noms mise en circulation à Québec, Le Devoir inaugure ici une série estivale faite d'entrevues avec des gens qui ont marqué l’actualité dans un passé récent ou lointain.Que sont-ils devenus?Intermédiaire pour une transaction de coton transnationale évaluée à 1,1 million, Trân Triêu Quân a vite servi de bouc émissaire quand le chargement n’est pas parvenu à destination.Sans chercher à dénouer les fils de l’affaire, le Vietnam n’a fait ni une ni deux et l’a emprisonné en 1994, faisant peser sur lui la possibilité d’une peine de mort.Tel un chat aux neuf vies, Trân est aujourd’hui retombé sur ses pattes, une fois encore.Le train de vie n’est plus le même, la maison est plus petite, mais l’homme, lui, s’en est sorti grandi.LOUISE LEDUC LE DEVOIR 'T'Vdw Triêu Quân, ing., président et chef de direction.» " J.En complet-veston, Trân Triêu Quân nous ouvre la porte de son bureau de Sainte-Foy.De son entreprise de consultants fondée en 1989, avec VOIR PAGES A 8 ET B 1: REPARTIR KfclNB MAiniLU LE.UE.VUIK Deux ans après la fin de sa douloureuse incarcération au Vietnam, l’homme d’affaires Trân Triêu Quân a retrouvé le sourire et la liberté.Festival international de jazz de Montréal Blues des villes et blues des champs Le blues des villes comme le blues des champs poursuivent toute une transformation.À entendre les musiciens de passage ces jours-ci, le genre poursuit son bonhomme de chemin.Tranquillement mais sûrement.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Côté cour, il y a le blues des villes.Un blues qui fait 1 écho, largement écho, à des sujets ou des faits plus courants dans les centres urbains que dans ces lieux envahis par l’asperge sauvage, le salsifis ou le poisson-chat.Côté jardin, il y a le blues des champs.Un blues qui fait son miel de l’air du temps, des eaux noyées par le mercure et de cette satanée herbe à poux.Du premier, il serait peut-être temps de réaliser qu’il n’est plus aussi misérable, dans ses sujets, qu’il l’a déjà été.É I 3 VOIR PAGE A 8: BLUES LE DEVOIR.LE JEUDI 8 JUILLET 1999 A 2 •LES ACTUALITES- Le viaduc Notre-Dame ouvert à la circulation aujourd’hui KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Un an et demi après avoir été inauguré et neuf millions d’investissements publics plus tard, le viaduc Notre-Dame est finalement ouvert aujourd’hui à la circulation.La Ville de Montréal modifiera la signalisation afin que les automobilistes puissent rouler d’ouest en est sur ce viaduc.Jusqu’à hier, il servait essentiellement de stationnement puisque à l’est et à l’ouest du viaduc, la circulation se faisait en direction est et sur le viaduc, vers l’ouest Ce cafouillis a été généré par un manque de planification.La Ville avait mal mesuré l’impact du va-et-vient des camions lié à la Brasserie Molson à proximité.Une première tentative pour régler le problème a été faite en installant des panneaux de circulation.Mais rapidement, la municipalité a réalisé qu’elle devait construire une bretelle pour désenclaver le secteur et permettre un accès sécuritaire aux véhicules lourds qui fréquentent l’usine d’embouteillage.Ces travaux ont nécessité une injection supplémentaire de quelque 200 000 $ aux 8,7 millions déjà versés.Un problème de géométrie Le 17 novembre 1997, jour de l’inauguration avec des représentants des gouvernements fédéral et provincial ainsi que le maire Pierre Bourque, on soulignait que le via-duc serait ouvert à la circulation quelques jours plus tard.L'été dernier, l’infrastructure de béton trônait toujours dans le Vieux-Mont- réal sans utilité.L’administration Bourque reconnaissait alors qu’il y avait «un problème de géométrie» et l’on promettait du coup que tout rentrerait dans l’ordre à l’automne.Un an plus tard, le viaduc Notre-Dame s’anime.Ironiquement, les politiciens y voyaient à l’époque une façon de stimuler le développement résidentiel du site de Faubourg Québec.VEHICULES D' OCCASION CERTIFIÉS A LA PORTEE DE VOS L'ESPRIT EN PAIX.fcsv- ’ UMiMB m %?* mu à, mSm Les Véhicules d'occasion certifiés des concessionnaires Chrysler Dodge Jeep@ vous donnent l'embarras du choix.Choisissez ce qui vous plaît vraiment.Sans le moindre souci.Chacun de nos Véhicules d'occasion certifiés est rigoureusement inspecté.Vous êtes ainsi assuré d'acheter, ou de louer, un véhicule d'excellente qualité, en excellente condition.Offrez-vous, à 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gouvernement autochtone ayant pleine compétence en matière de justice et d’éducation.M.Erasmus a reçu le grade d’officier, une promotion puisqu’il avait reçu auparavant celui de membre.1 Le chanteur et homme d’affaires Robert Charlebois a été fait officier pour «avoir fait évoluer la chanson francophone et prouvé qu’il était possible de faire du rock en français».La France avait été un peu plus rapide en octroyant à Charlebois sa Grande Médaille de la chanson française en 1996.Toujours dans le milieu artistique, le cinéaste Atom Egoyan, à qui on doit notamment The Sweet Hereafter, a aussi obtenu le grade d’officier.Bernard Shapiro et Frederick Lowy, tous deux recteurs et vice-chanceliers des universités McGill et Concordia respectivement, ont été faits officiers.Psychiatre de formation, M.Lowy est un expert en bioéthique et directeur-fondateur du Joint Centre for Bioethics de l’Université de ; Toronto.Enfin, le père Emmett Johns, plus connu sous le nom de Pops, a reçu le titre de membre de l’Ordre du Canada pour son œuvre Le Bon Dieu dans la rue.Au total, le gouverneur général du Canada a annoncé 80 octrois, soit trois grades de compagnons (le grade le plus élevé), 24 grades d’officiers et 53 de membres.Chaque année, deux séries de nominations ont lieu.Un maximum de 106 titres de membre, 52 d’officier et 15 de compagnon peuvent être octroyés.Projet Chambord Un ultime geste de manifestation KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Dans un ultime effort pour stopper le vaste projet domiciliaire au sud de la voie ferrée, près de 700 citoyens du plateau Mont-Royal ont affiché leur opposition et surtout leur souhait d’être consultés par l’administration Bourque-Fortier.Une banderole jaune marquée du mot ATTENTION, comme celle qu’utilisent les services policiers pour délimiter les lieux d’un drame, flotte aux balcons des résidences de 13 rues du quartier (Garnier, Gilford, Marquette, par exemple).Et une petite fanfare arpentait hier l’angle des rues Laurier et Garnier pour sonner l’alerte.Malgré cette démarche, les organisateurs ne croient plus à un revirement politique.Pierre Marquis de l’organisme Action Solidarité grand plateau ne se fait aucune illusion mais considère l’action menée comme une façon de prévenir la population.Marise Guindon, de la Corporation de développement économique et communautaire Centre-Sud/Plateau Mont-Royal, renchérit «C’est pas seulement le projet Chambord dont il est question mais un ensemble de projets pour lesquels il n'y a aucune consultation.C'est la démocratie à Montréal qui est enjeu», a-t-elle soutenu.Des citoyens s’étaient joints aux groupes qui ont défendu le dossier publiquement jusqu’à présent.«On voit le retour des années Drapeau», a affirmé Claude André, un résident du plateau.Une voisine, Mimi Lalonde, a ajouté: «Le projet Chambord met en danger l'équilibre du plateau.» Au moment de la campagne électorale municipale, Pierre Bourque avait d’abord promis de ne pas permettre l’installation d’un magasin de grande surface le long de la voie ferrée.Il s’était également engagé à tenir une consultation.Mais voilà, dès avril, il était clair que l’administration Bourque-Fortier entendait modifier le zonage du secteur pour permettre la construction de condos.Malgré quelques contestations et des recommandations contraires provenant des services municipaux, la municipalité est allée de l’avant: le promoteur construira 500 condos et maisons de ville sur des terrains hautement contaminés.«La Ville traite le dossier comme s'il s’agissait d’une simple construction sur le coin de la rue», s’est désolé Pierre Marquis.« » LE DEVOIR.LE JEUDI R J U 1 L L E T 1 !) !) !) A 3 -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES .JACQUES NADEAU LE DEVOIR v.V- L’heure du grand nettoyage Au lendemain de la grande tornade, les dégâts sont évalués à six millions ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR n'i' T es personnes habitant le quartier frappé durement par • Lvune tornade, mardi soir à Drummondville, ne se sont j)as longtemps apitoyées sur leur sort.Quelques heures seulement après avoir vu leur toits arrachés, des voitures boulées et de multiples débris projetés en tout sens par le %up de vent de 140 km/h, elles avaient commencé à nettoyer et entrepris les travaux de réparation.Arrivant de la région de Berthierville, où elle a endom-ihagé, vers 18h mardi, des bâtiments de ferme, la tornade 'avait d’abord semblé s’essouffler au-dessus du lac Saint-Pierre.Le mauvais sort a voulu qu’elle reprenne des •'forces, à 19hl8, au-dessus du quartier construit aux qbords de l’autoroute 20 et du boulevard Saint-Joseph à ‘Drummondville.Cinquante-six maisons, comprenant 125 ¦imités de logement habitées par 356 personnes, ont été ‘touchées pour des dommages totaux évalués pour le moment à six millions.7r Touchée par la rapidité et l’ardeur avec laquelle les sinistrés ont retroussé leurs manches pour effacer les traces -du malheur, la mairesse de Drummondville, Francine Ju-'tras, disait hier: «Je crois que les gens ont été réconfortés de voir qu'il n’y a eu ni perte de vie, ni blessé grave.On a été chanceux parce que c’est un quartier avec beaucoup de jeunes familles et quand on voit les dommages causés par le vent, on se dit qu’il s’en serait fallu de bien peu pour qu’un drame se produise.» Il était facile, hier, de lire sur les maisons et les terrains la violence du choc qui avait frappé le quartier.Dans un couloir à peine plus large qu’un pâté de maisons, des bâtiments avaient été véritablement éventrés, presque tous les toits endommagés, des cabanons catapultés contre les murs et clôtures, des voitures criblées de projectiles çlivers et les alentours couverts de débris de toutes sortes.A côté du quartier résidentiel, un grand bâtiment de la compagnie d’autobus scolaire Girardin s’est effondré comme un château de cartes.François Naud réparait le vélo de son fils lorsque la pluie l’a surpris.Arrivé derrière la maison, il a aperçu l’immense colonne noire s’avancer sur lui.Il a eu à peine le temps de pousser sa femme et ses deux fils de trois et cinq ans dans une chambre de la maison avant d’entendre une vitre éclater et le vent s’engouffrer dans la maison.«Ça n’a duré que quelques secondes même si ça nous a semblé beaucoup plus long», raconte sa conjointe, Nancy Lepage, écorchée à la cheville par une porte qui a traversé en boulet de canon l’appartement.Dans le logement du dessus qui a été lourdement en- dommagé, raconte-t-elle, le voisin a eu le dos criblé d’éplats de verre en protégeant de son corps son enfant.A une rue de là, Hervé Marchand avoue n’avoir rien vu.Après que la remorque de son voisin a enfoncé sa porte d’entrée, il est allé se réfugier avec sa conjointe dans l’endroit qui lui semblait le plus sûr.«On s’est enfermé dans le locker, dit-il, et j’ai tenu la poignée de porte à deux mains pour pas que le vent l’ouvre.» «C’était comme un grand sifflement qui allait en augmentant», décrit Nicole Cloutier.«Comme le bruit d’un avion», précise son mari, Laurent.«Puis on a entendu un "boum”, poursuit Mme Cloutier.Cétait le toit du voisin, de l'autre bord de la rue, qui venait de partir au vent.Puis un autre “boum", c’était le toit du voisin qui venait de tomber sur le nôtre.» Les secours n’ont pas tardé à arriver sur les lieux.Réputés pour leur efficacité d’action, les services de sécurité civile ont été débordés d’offres d’aide par ses bénévoles.Les quelques blessés légers ont rapidement été conduits à l’hôpital.Les habitants des maisons les plus endommagées ont préféré aller chez des proches plutôt qu’au centre d’hébergement ouvert spécialement.Les policiers ont bouclé le secteur pour éviter le pillage.Résultat à la fois d’un temps chaud et humide, de fortes ascensions d’air et de grandes différences de vitesse et de direction des vents entre les couches atmosphériques, la tornade était d’une force Fl (selon l’échelle Fujita qui va de 0 à 5).Environ cinq tornades de force FO ou Fl sont rapportées chaque année au Québec.En août 1994, Aylmer avait été frappée par une tornade de force F2 (vents de 180 à 250 km/h) alors que Maskinongé en essuyait une de force F2 ou F3 à l’été 1991.Bilan des orages Selon le directeur général du Bureau d’assurances du Canada, Raymond Medza, le coût des dommages causés par les violents orages qui ont balayé le sud du Québec, au début de la semaine, s’élèvera à 20 ou 25 millions.Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, a rappelé, hier, que les programmes gouvernementaux d’aide en cas de catastrophe naturelle ne couvrent habituellement pas les pertes qui sont assurables.Chez Hydro-Québec, on espérait avoir rebranché la plupart des abonnés privés d’électricité en fin de soirée hier, en espérant que le mauvais temps ne provoque pas de nouvelles pannes.On prévoyait toutefois que quelques abonnés de l’Outaouais et de la Montérégie doivent attendre en fin de journée aujourd’hui.En Hautes-Lauren-tides, cette attente pourrait se prolonger jusqu’à demain-soir, notamment au Lac Nominingue, à Saint-Jovite et au parc du Mont-Tremblant.La1 tornade qui a frappé un quartier de Drummondville, mardi soir, a laissé sur son passage des boulé des voitures et projeté en tous sens des débris de toutes tailles et de toutes natures.traces spectaculaires.Les vents de 140 km/h, qui n’ont heureusement fait ni mort ni blessé grave, ont arraché des toits, EN BREF Bourses du millénaire Legault accuse Pettigrew de s’entêter * Le litige se poursuit sur les chèques et les réinvestissements en éducation SOLDE D’ETE MARIO CLOUTIER DE NOTRE.BUREAU DE QUEBEC Le ministre de l’Education, François Legault, accuse le ministre fédéral Pierre Pettigrew de maintenir l’impasse entre Québec et Ottawa dans le dossier des bourses du millénaire.Les étudiants risquent de ne ¦pas profiter des 70 millions (700 mil-' lions en 10 ans) réservés au Québec dans le cadre de ce programme fédéral l’automne prochain en raison de 'deux points de litige que Québec pen-âe pouvoir régler lors d’une seule ren-¦contre au sommet.Plusieurs rencontres ont eu lieu eptre la sous-ministre québécoise à l'Education et le «facilitateur» fédéral dans ce dossier, mais malgré quatre invitations, le ministre fédéral responsable Pierre Pettigrew a, semble-t-il, refusé de rencontrer le ministre de 'l'Éducation, François Legault.Le cabinet du ministre Pettigrew n’a pas •'rappelé Le Devoir à ce sujet.Selon Québec, les deux questions 'en litige sont le dédoublement des •chèques et les réinvestissements en 'éducation.Ottawa insisterait pour que • des bourses du millénaire fassent l’objet de chèques distincts, identifiés uniquement à la Fondation canadienne.Le ministre Legault a présenté à la • presse hier un exemple de chèque de la Fondation des bourses du millénai-' re qui serait cosigné par le directeur François Legault Pierre Pettigrew exécutif de la fondation et le ministre des Finances, Bernard Landry, avec le seul logo de la Fondation.«Ils refusent d’avoir sur le chèque les deux logos, explique M.Legault.Evidemment, on trouve cela inacceptable, même ridicule», a-t-il dit avant d’ajouter que Québec accepterait cependant de signer un chèque où apparaîtrait un logo du gouvernement québécois.Se basant sur une résolution unanime de l’Assemblée nationale, le gouvernement Bouchard considère la proposition fédérale comme un dédoublement coûteux et inutile.En lieu et place, le ministre Legault suggère un chèque avec deux signatures, deux logos, en plus du pourcentage du montant provenant de la fondation.«On ne peut pas demander à Bernard Landry de signer un chèque comme s’il travaillait maintenant pour la Fondation des bourses du millénaire», a-t-il lancé.L’autre matière de conflit entre Québec et Ottawa reste le pourcentage des 700 millions que le gouvernement québécois récupérera des bourses du millénaire aux fins de réinvestissements en éducation.Le gouvernement Bouchard souhaite utiliser 50 % de cette somme pour bonifier son régime d’aide financière et l’autre moitié pour accroître le financement de l’enseignement supérieur.Le gouvernement fédéral préfère voir la totalité des fonds réinvestis dans le régime d’aide financière aux étudiants québécois.En mars 1998, le ministre Pettigrew avait pourtant indiqué que le Québec pourrait réinvestir une partie de l’argent dans «le financement des universités ou d’autres priorités du gouvernement».Pour leur part, les étudiants encouragent une reprise des pourparlers entre les deux gouvernements, mais ils s’inquiètent de voir Québec rester muet sur ses priorités de réinvestissements en éducation.La FEUQ (Fédération des étudiants universitaires du Québec) suggère que le gouvernement transforme une partie des fonds disponibles en prêts aux étudiants.«Nous voulons être certains que cette partie de l’argent servira à financer des services directs aux étudiants et non à réduire la dette des établissements d’enseignement, a fait savoir la fédération.M.Legault doit garder en mémoire que cet argent appartient aux étudiants et non au fonds consolidé du Québec.» Le ministre de l’Éducation estime que les étudiants succombent à la tentation de croire le ministre Pettigrew parce qu’il leur fait miroiter une cagnotte de 70 millions par année entièrement consacrée à l’aide financière aux étudiants.Le ministre Legault estime que son gouvernement a déjà consenti à de nombreux aménagements depuis le début des négociations entre les deux gouvernements sur les bourses du millénaire.Québec accepte d’exclure des bourses du millénaire, dont les montants varieront entre 2000 et 15 000 $, les étudiants du secondaire professionnel et du cégep.Des compromis sont aussi survenus quant à la période pendant laquelle un étudiant peut recevoir une bourse du millénaire, soit 32 mois, et se voir offrir une bourse au mérite exceptionnel selon les critères de la fondation.Québec accepte également d’élargir ses bourses d’études à tous les établissements d’enseignement postsecondaires canadiens.Le gouvernement s’engage enfin à fournir à la fondation tous les renseignements personnels nécessaires selon les critères de la Loi sur la protection des renseignements personnels.50® SUR LES ARTICLES SÉLECTIONNÉS Vêtements et accessoires de luxe pour hommes LyondSo/t 1472.rue Sherbrooke Ouest (angle Maekay) Tel.: (514) 937-7456 I iiihIi au \ciulrali: 9 li .1 IK-Ji • S.imàli: 9 h à 17 h • Dimanche 12 h a 17 h Grand solde d’été ^lulo 402-KOMMe.50% et plus CostLimes d’été, importés d’Italie laine - coton - lin rég.Solde 399 $ Vestes d’été, importés d’Italie laine - coton - lin rég.Solde 299 $ Pantalons 100 % laine, importés d’Italie rég.13%% Solde 99 $ Pantalons 100 % coton, importés d’Italie rég.Solde 75 $ 1118, rue Sainte-Catherine O., Suite 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l’un des endroits du monde à offrir la meilleure qualité de vie, aux yeux de certains réfugiés kosovars, rien ne vaut son pays d’origine.Environ 300 de ces réfugiés ont décidé hier de tourner le dos à la sûreté et à la sécurité que leur assure le Canada afin de retourner dans la province toujours instable du Kosovo, où ils espèrent retrouver leur domicile et leurs proches.Gambard Vente et service technique ROLEX GENÈVE Submariner en acier et or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE TEL.: 866-3876 I.E DEVOIR.L E .) E H 1)1 8 ,1 U I L L E T I !) !) !» A 4 l LES [» .ES EN GREVE I i I i I I LE DEVOIR A L’ACTUALITE POLITIQ e monde &Jâ&ÊÈÈÊmlÊk rendez avec vous juntos Pauline Marois fait le bilan Le gouvernement n’envisage pas de nouvelles sanctions Les infirmières verront aujourd’hui les effets des sanctions sur leur paie Même si les effets de la grève des infirmières se font de plus en plus sentir, le gouvernement ne compte pas sévir davantage.Pour leur part, les grévistes verront une différence sur leur paie aujourd’hui.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement écarte l’adoption de nouvelles sanctions contre les infirmières même si les conséquences de leur grève sur le réseau de la santé, que quatre organismes ont tenté, d’évaluer, se font sentir.La ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marois, a dévoilé hier les bilans qu’ont dressés de la situation, à sa demande, le Collège des médecins du Québec, le Conseil médical du Québec, l’Association des conseils des médecins, dentistes et pharmaciens du Québec ainsi que l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec.La ministre a indiqué que le conseil des ministres, qui se réunissait hier, a décidé de ne pas prendre de nouvelles sanctions «parce qu’elles ont des conséquences [.] et que nous n’avons pas l'intention de les retirer ou de les effacer».Ainsi, les infirmières qui ont participé à la grève verront pour la Eemière fois aujourd’hui l’effet tangible des sanctions sur ir chèque de paie, a souligné la ministre, soit deux jours de salaire retranchés pour chaque jour de grève.Pour l’instant, le gouvernement attend la suite des choses tout en réitérant son offre d’une reprise des négociations dès que cessera la grève illégale.«On espère que le bon sens prévaudra», a dit Mme Marois.Le premier ministre Lucien Bouchard et la présidente de la Fédération des infirmières et des infirmiers du Québec (FIIQ), Jennie Skene, ont eu un entretien téléphonique à la suite du dévoilement du vote des infirmières.La teneur de cet échange ne sera pas rendu public, selon le souhait des protagonistes, a indiqué Mme Marois, qui a admis toutefois que l’entretien n’avait entraîné aucun déblocage.Le gouvernement a toutefois fait des ouvertures «depuis quatre ou cinq jours, de façon systématique», a soutenu la ministre.Aucune plainte n’a été signalée D’une façon générale, les organismes qu’a sondés Mme Marois estiment que les infirmières s’acquittent avec célérité des services qu’elles continuent de fournir, que ce soit à l’urgence, dans les unités de soins palliatifs ou pour les chirurgies jugées essentielles.Aucune plainte relative à la grève n’a été formulée de la part de patients hospitalisés ou non, écrit le Conseil médical du Québec, ce dont fait état également le Collège des médecins.De son côté, L’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec n’a reçu qu’une seule plainte de la part d’un parent d’un malade dont la chirurgie a été reportée.On ne peut toutefois minimiser l'anxiété des patients dont la chirurgie est annulée, ni celle de leur entourage, note l’Association des conseils de médecins, dentistes et pharmaciens du Québec, qui se dit inquiète «à court, moyen et long terme des effets néfastes sur les fondements mêmes de notre système public».«La difficulté majeure se posera à moyen ternie», indique pour sa part le Conseil médical du Québec.À ce jour, 16 225 chirurgies ont été annulées, selon les données du ministère.Au tenue de la grève, le réseau de la santé devra faire un difficile rattrapage, a dit Mme Marois.Tous les organismes signalent l’impossibilité de faire un bilan scientifique de la situation en un si court laps de temps.Une des difficultés mentionnées, c’est que le réseau de la santé était déjà en mauvais état avant la grève des infinnières et qu’il est impossible de faire la part des choses.L’Ordre des infirmières souligne la pénurie des in- REUTERS La ministre Marois n’envisage pas de nouvelles sanctions contre les infirmières.firmières et la perte d’expertise découlant des mises à la retraite.L’Association des conseils des médecins, dentistes et pharmaciens, pour sa part, rappelle que plusieurs établissements de santé ne pouvaient fournir les soins de base en omnipratique et en médecine spécialisée dans des délais raisonnables, avant même la grève illégale.EN BREF Des médecins manifestent leur appui (Le Devoir) — Des médecins ont l’intention de se joindre aux infirmiers et infirmières du Québec, aujourd’hui, afin de leur exprimer leur appui sur les lignes de piquetage.Selon la Coalition-Solidarité des Médecins pour la Santé, qui organise la manifestation, plusieurs centaines de médecins ont l’intention de manifester ainsi, devant plus de 100 hôpitaux et CLSC.Des membres de la Coalition avaient déjà exprimé publiquement leur appui aux infirmières, lors des premiers jours de la grève, déclenchée le 26 juin dernier.REUTERS Des infirmières de l’Outaouais ont franchi la rivière, hier, pour aller porter des demandes d’emploi dans un hôpital d’Ottawa.Régine Laurent du Québec (à droite) a été accueillie par sa collègue ontarienne Mary-Anne Borduas.Manifestations Des infirmières affiliées à la CSN donnent leur appui à leurs consœurs de la FIIQ Les infirmières de VOutaouais offrent symboliquement leurs services aux hôpitaux ontariens MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Les infirmières et infirmiers de l’hôpital Sainte-Justine, affiliés à la CSN, ont manifesté hier leur appui à la grève de leurs collègues de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec.«Le premier ministre Bouchard dit, depuis le début, qu’il négociera avec la FIIQ si les infirmières rentrent au travail, expliquait hier Suzanne Nobile, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers de Sainte-Justine.Mais nous sommes au travail et ça ne négocie pas plus.On dit aux gens de la FIIQ: restez dehors.» Le syndicat de Sainte-Justine a aussi dénoncé l’attitude affichée par le gouvernement, qui refuse absolument de négocier avec les membres de la FIIQ depuis le début du conflit et a brandi un éventail de sanctions à l’endroit des grévistes et de leurs syndicats.«N’y a-t-il pas une illustration du manque de bonne foi du gouvernement?» a interrogé Mme Nobile lors d’un point de presse tenu hier midi devant l’hôpital, alors que plusieurs dizaines d’infirmières et d’infirmiers venaient tour à tour manifester pendant leur pause du dîner.Les infinnières et infirmiers de Sainte-Justine sont le plus important syndicat de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN.La FSSS, qui compte 100 000 membres, négocie avec le gouvernement depuis février dernier.«On a interrompu les négociations depuis le 23 juin, et le médiateur estimait, dans son rapport, que les négociations n’avaient même pas vraiment débuté», dit Louis Roy, président de la FSSS.Les 47 500 infinnières et infirmiers de la FIIQ sont en grève générale illimitée depuis le 26 juin dernier et manifestent sur les piquets de grève érigés devant les établissements hospitaliers où ils travaillent un peu partout au Québec.La situation de l’Outaouais Hier, la section de l’Outaouais de la FIIQ a en outre tenu une manifestation destinée à attirer l’attention sur l’exode vers l’Ontario des infirmières de cette région.Environ 225 infirmières, parties du centre hospitalier La Pietà, de Hull, se sont dirigées vers Ottawa, en Ontario, empruntant le pont qui enjambe la rivière des Outaouais.Plusieurs infirmières ontariennes les attendaient sur le pont, pour compléter le trajet avec elles.«Elles sont venues nous manifester leur appui, et aussi souligner qu’elles sont toujours bien contentes d'accueillir leurs collègues du Québec, explique Régine Luirent, responsable pour la FIIQ de la région de l’Outaouais.Et les établissements ontariens courtisent beaucoup les infirmières québécoises.» A Ottawa, les infirmières québécoises ont rempli et signé des formulaires d’embauche d’établissements de santé ontariens et les ont remis à une représentante de l’Association des infinnières de l’Ontario et aux représentantes syndicales de l’hôpital Montfort.«Les infirmières québécoises qui vont travailler en Ontario ont un poste à temps plein tout de suite en arrivant, le déménagement payé, et le choix de la spécialité où elles préfèrent travailler», dit Régie Laurent.Au Québec, indique la FIIQ, une in-finnière débutante reçoit 580 $ par se- maine, contre 743 $ en Ontario; au dernier échelon, elle gagne 844 $ au Québec contre 1152 $ en Ontario.«Depuis' 18 mois, on a perdu plusieurs dizaines d’infirmières sur les 1250 qui travaillent dans la région», ajoute Régine Laurent.L'Outaouais, indique-t-elle aussi, fait face à un exode de ses patients.«On a moins investi ici qu’en Ontario dans des domaines ultraspécialisés, in-dique-t-elle.Alors, bien des gens vont se faire soigner en Ontario.mais la facture revient au Québec!» Moins de klaxons, s.v.p.A Valleyfield, les infirmières du Centre hospitalier régional du Suroît ont tenu une manifestation, qui les a menées, entre autres, devant les bureaux de Serge Deslières, député péquiste de la circonscription de Salaber-ry-Soulanges.«On a voulu manifester notre détermination et faire la démonstration des appuis à notre endroit», dit Hélène Brault, présidente du syndicat des infirmières de l’établissement.La manifestation a reçu l’appui d’autres syndiqués, entre autres des ambulanciers et des travailleurs d'Hy-dro-Québec, qui exercent aussi des moyens de pression ces temps-ci.«Des membres de la population se sont aussi joints, et les gens continuent de nous manifester le même appui en klaxonnant au passage», indique Hélène Brault.A ce sujet, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) a demandé à la population, avec l’appui de la FIIQ, de cesser de klaxonner pour manifester leur appui afin de ne pas troubler la quiétude des patients des hôpitaux et des résidants des environs.La FIIQ suggère à ceux qui veulent manifester leur appui de faire plutôt des appels de phare.Un appel à la population a été fait mardi soir dernier.La SPCUM a émis, hier soir, une directive enjoignant à ses policiers de sensibiliser les automobilistes à la question.«Utiliser sans nécessité l'avertisseur sonore d'un véhicule sur un chemin public» est une infraction au Code de la sécurité routière, passible d’une amende de 136 $.«Les policiers sont incités à donner des avertissements, et rien ne les empêche de donner dès maintenant des contraventions», indiquait hier Christian Emond, porte-parole du SPCUM.«Les infirmières québécoises qui vont travailler en Ontario ont un poste tout de suite» C a h é c / a I y publié le samedi 28 août 1999 J r 8e sommet de lai francophonie ¦ Date de tombée: le vendredi 13 août 1999 1 F IE DEVOIR 4933 LE DEVOIR.LE JEUDI S J U I L I.E T I it it it A 5 LE MONDE La Grande-Bretagne rétablit ses relations avec Tripoli La Russie vend des MiG-31 à la Libye D’APRÈS AFP ET AP La Libye a accepté de payer des dédommagements pour la mort d'une femme policier tuée en 1984 devant son ambassade à Londres, ce qui «ouvre la voie à la reprise des relations diplomatiques» entre les deux pays, a annoncé hier le secrétaire au Foreign Office Robin Cook.Li représentation britannique à Tripoli reprend de suite le rang d’ambassade, mettant fin à quinze ans de froid entre les deux pays.Après la livraison par le pouvoir de Kadhafi en avril des deux suspects de l’attentat du 21 décembre 199,8 contre l’avion de la Pan Am, au-dessus de Lockerbie (Écosse), la Libye vient de se trouver un nouvel appui dans sa demande de lever des sanctions de l’ONU à son encontre.Mais le Conseil de sécurité des Rations unis n’est pas entièrement conquis.En effet, les États-Unis considèrent toujours que l’ancienne colonie italienne soutient le terrorisme, a affirmé hier le département d’État: «Les États-Unis ont mis en oeuvre des sanctions contre la Libye et [elle] devra nous satisfaire pleinement, entièrement et définitivement avant que nous envisagions toute mesure vers un rétablissement des nos relations».Washington a fait circuler mardi à l’ONU un projet de déclaration demandant «davantage d’efforts» à la Libye dans l’affaire de Lockerbie avant une levée définitive des sanctions contre elle.Le projet de texte américain «salue» toutefois «les développements positifs» mentionnés dans un rapport sur l’affaire par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.Également membre du Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie ne se fait pas attendre pour montrer son intérêt à commercer avec la Libye.Vassili Pankov, directeur général de l’usine aéronautique Sokol de Nijni-Novgorod, a annoncé hier que la Fédération russe souhaite proposer plusieurs avions de chasse MiG-31 au régime de Kadhafi.Ce chasseur a été développé pour détruire les missiles de croisière comme les avions.Mais sa dernière version sera capable d’attaquer les radars, les navires ainsi que des cibles au sol.Selon M.Pankov, la Russie pourrait également remettre en état les quelque 90 MiG-25 de l’armée de l’air libyenne de façon à prolonger leur vie.EN BREF Entente de principe sur la paix en RDC (Reuters) — Des ministres africains de la Défense et des Affaires étrangères ont adopté hier un projet d’accord visant à mettre fin à la guerre en République démocratique du Congo.«Les parties ont accepté un cessezdefeu de toutes leurs forces présentes en RDC», précise le document, que le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila et ses alliés (Angola, Namibie et Zimbabwe) ont accepté.Les deux mouvements rebelles, engagés depuis onze mois contre les forces congolaises régulières, ainsi que leurs deux alliés (Rwanda et Ouganda) ont également approuvé le texte.Le cessez-le-feu sera effectif .dans les 24 heures qui suivront sa signature par les chefs d’État.L’adoption du document est intervenue à l’issue d’une réunion à huis clos à Lusaka, après treize jours de négociations.Le projet d’accord réclame la cessation des hostilités, prévoit le désarmement de toutes les forces rebelles dans la région et interdit tout mouvement militaire.Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a annoncé que l’ONU était prêt à envoyer une mission d’observation en RDC dès que l’accord de cessez-le-feu sera formellement signé.L’envoi d’une mission de maintien de la paix pourrait suivre très rapidement Pologne: grève des infirmières Varsovie (AFP) — Plus de dix mille infirmières et sages-femmes polonaises ont entamé hier une grève de la faim, un mouvement qui doit prendre encore de l’ampleur aujourd’hui pour appuyer les revendications salariales d’un corps de métier de 250 000 personnes, a annoncé un responsable syndical.Dans de nombreuses villes de Pologne, les infirmières et sages-femmes ont également entamé des occupations de locaux.Une manifestation est prévue demain à Varsovie, a précisé Mme Longina Kaczmarska, un haut responsable du syndicat national.«Le mouvement est devenu incontrôlable», a-t-elle ajouté.Les infirmières mènent depuis l’hiver dernier des mouvements de grève à travers le pays pour protester contre leurs conditions de travail et de salaire.Elles demandent des hausses de salaires annuelles supérieures de 2 % au taux d’inflation ainsi qu’un programme de revalorisation de la profession.Selon le ministère de la Santé, les négociations n’ont jusqu’ici abouti qu’à la définition d’une liste de thèmes à négocier.Les députés italiens m contre l’exécution d’Ôcalan (D’après AFP) — La Chambre des députés italienne a adopté hier une résolution en faveur d’Abdullah Ocalan présentée par sa commission des Affaires étrangères.Le texte demande au gouvernement d’intervenir auprès de l’ONU afin que la peine de mort prononcée le 29 juin contre le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ne soit pas exécutée.La Turquie a aussitôt qualifié cette décision «d'ingérence», le jour même où la Cour de sûreté de l’Etat (DGM) publiait les attendus de la sentence, expliquant les raisons de sa décision et rejetant la demande de la défense de commuer la peine en prison à vie.D autre part, le procureur de la DGM d’Istanbul a ouvert une enquête sur les avocats d’Ôcalan, estimant que leurs déclarations en dehors du tribunal contenaient des éléments criminels.Hier également, deux militaires turcs ont été tués lors d'une attaque de séparatistes du PKK.Enfin, 1 Iran a appelé au retrait immédiat des troupes turques qui ont lancé une offensive samedi dans le nord kurde de 1 Irak.Les talibans protestent Kaboul (AFP) — Les talibans au pouvoir à Kaboul ont condamné hier les sanctions décidées à leur encontre par les Etats-Unis pour avoir continué de donner refuge au terroriste présumé Oussama ben Laden.Le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, a indiqué que les Etats-Unis avaient «pris une mesure vindicative en raison des différences mutuelles [entre les deux pays] et de leurs projets hostiles contre l'Émirat islamique d'A/ghanistan».La décision st «injuste», car les États-Unis n’ont jamais rien demandé concernant ben Laden lorsqu’il se trouvait en Afghanistan avant la prise du pouvoir par les talibans.La nouvelle donne au Proche-Orient Barak annonce un périple diplomatique Les réactions vont de l'optimisme au scepticisme, en passant par la prudence Yasser Arafat a appelé hier soir le nouveau premier ministre israélien pour le féliciter de l’investiture de son cabinet.M.Barak doit rencontrer le leader palestinien dimanche, après un entretien avec le président égyptien.Une rencontre avec le président Clinton pourrait avoir lieu le 15 juillet.AGENCE FRANCE-PRESSE T érusalem — Le premier ministre israélien Éhoud Ba-J rak a annoncé hier ses premières rencontres diplomatiques dans sa volonté d’œuvrer pour la paix dans la région alors que sa coalition gouvernementale a connu ses premiers déchirements.M.Barak a réservé sa première entrevue au président égyptien Hosni Moubarak, qu’il doit rencontrer dès demain matin à Alexandrie, dans le nord de l’Égypte.D doit ensuite s’entretenir, dimanche, avec le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, au point de passage d’Erez entre Israël et la bande de Gaza autonome.M.Arafat a appelé hier soir M.Barak pour le féliciter de l’investiture de son cabinet et discuter de la relance du processus de pane, a indiqué l’agence de presse palestinienne Wafa.La semaine prochaine M.Barak doit rencontrer le roi Abdallah de Jordanie, avant, des entretiens avec le président américain Bill Clinton.A Washington, des sources diplomatiques ont précisé que cette rencontre pourrait avoir lieu le 15 juillet Un haut responsable du département d’État a estimé hier qu’il s’agissait d’un «moment plein d’espoir pour la paix au Proche-Orient».«Ce sera un chemin difficile, mais le fait que tous les principaux acteurs veulent le prendre est un très bon signe», a-t-il indiqué à l’AFR Sur le plan intérieur, une première fissure est apparue hier dans la coalition gouvernementale de M.Barak avec le départ de deux députés du parti russophone Israël'Be Aliya (six députés).(Lire l’encadré ci-contre.) Le processus de pane était quasiment stoppé depuis que l’ancien premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou avait gelé en décembre 1998 les accords de Wye Plantation signés en octobre avec les Palestiniens.M.Nétanyahou lui avait porté un coup de plus en intensifiant dans les six derniers mois la colonisation juive des territoires palestiniens.Encouragés par le retour des travaillistes au pouvoir mais affichant un optimisme prudent, les Palestiniens réclament avant tout la mise en application des accords de Wye Plantation et le gel de la colonisation.«La mise en application des accords conclus et l'arrêt de la colonisation sont absolument nécessaires si on veut parvenir ensuite à un accord permanent», a déclaré à l’AFP M.Nabil Abou Roudeina, porte-parole de M.Arafat L’accord de Wye Plantation, signé en octobre 1998, porte sur un retrait de 13 % de Cisjordanie au total, la libération de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens et d’autres mesures en vue de l’extension de l’autonomie des Palestiniens.M.Barak a promis une politique de paix dans son discours d’investiture mardi à la Knesset en tendant «la main à tous les dirigeants de la région pour réaliser la paix des braves».Damas a aussitôt réagi favorablement mercredi en se dé- REUTKRS «La paix des braves» T érusalem — Une première fissure est apparue hier dans I la, coalition gouvernementale du premier ministre israélien Éhoud Barak avec le départ de deux députés du parti russophone Israël’Be Aliya.Un des responsables de l’aile gauche du parti (six élus), Roman Bronfman, a fait scission avec son collègue Alexandre Tsinker à la suite d’un désaccord avec les autres membres de sa formation sur les questions touchant à la religion dans le programme gouvernemental.«Nous sommes particulièrement mécontents que notre parti ait renoncé à la liberté de vote sur les,questions qui concernent les rapports de la religion et de l’État», a déclaré lors d’une conférence de presse à Jérusalem M.Bronfman, chef de file de l’aile gauche du parti russophone, qui a paradoxalement joué un rôle prépondérant pour son ralliement à la coalition gouvernementale.Celle-ci compte clarant prête à reprendre les négociations «le plus tôt possible»., «La Syrie partage le souhait du premier ministre israélien Éhoud Barak de mettre fin aux guerres et de réaliser une paix globale dans la région», a indiqué un responsable au ministère syrien des Affaires étrangères.Par ailleurs, des centaines d’Arabes israéliens ont manifesté hier devant le Parlement israélien pour protester contre l’absence dans le gouvernement Barak des trojs partis qui les représentent.L’investiture d'Éhoud Barak a été accueillie avec optimisme par la Syrie qui a souhaité une reprise rapide des négociations de paix alors que l'Iran a fait part d’un profond scepticisme quant à im réel changement de la politique israélienne.Acteur essentiel du processus de paix, Damas a, dans une première réaction officielle, déclaré «partager le souhait» ‘de M.Barak de parvenir à la paix.La Syrie, dont les négociations de pane avec Israël ont été suspendues en février 1996, a assuré le nouveau chef du gouvernement israélien de sa disposition à les «reprendre le plus tôt possible au point où elles s’étaient arrêtées».Damas réclame le retrait total d’Israël du plateau du Golan, occupé depuis 1967, pour faire la paix avec l’État hébreu.L’Iran, qui considère Israël comme son ennemi juré, a en revanche exprimé ses doutes quant à un éventuel changement de la politique israélienne sous M.Barak.«Nous tie pensons pas qu'il y ait une grande différence entre Benjamin Netanyahu et Éhoud Barak», a déclaré hier le porte-parole çlu ministère, Hamid-Reza Assefi.Même réserve au Liban, où une partie du territoire méridional est toujours occupé par Israël.Beyrouth réclame notamment un engagement du nouveau gouvernement en Israël à appliquer la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui stipule un retrait israélien inconditionnel du Sud Liban.Le Liban réclame également une reprise de ses négociations avec Israël, bloquées depuis 1994.«Je connais bien le nouveau premier ministre pour l’avoir rencontré régulièrement.[.\ Il adoptera vraisemblablement la même ligne que [l’ancien premier ministre assassiné Yitzhak] Rabin.» Je pense que les choses vont bouger», a dit le président égyption Hosni Moubarak au quotidien français Le Figaro.en tout sept partis, dont Israël Be’Alya.Le parti orthodoxe sépharade Shass (17 élus) a saisi l’occasion pour affirmer ses prétentions sur certaines prérogatives du ministère de l’Intérieur, sa chasse gardée depuis 15 ans, dont Israël Be’Alya l’a déssaisi.Le Shass souhaite ainsi rependre le contrôle de départements «sensibles» dans ce ministère, notamment ceux qui concernent la citoyenneté et l’identité juive.Ce coup d’éclat réduit l’assise parlementaire de M.Barak de 75 à 73 députés sur les 120 que compte la Chambre, et le parti russophone s’est retrouvé affaibli.«La scission [du parti russophone] porte atteinte à la coalition et nous demandons à renégocier les accords de coalition», a déclaré M.Eli Suissa, ministre des Infrastructures nationales, du Shass.Agence France-Presse La gauche russophone quitte la coalition CACHEMIRE SIERRA LEONE Le Pakistan brandit la menace nucléaire Islamabad ne parvient pas à persuader les guérilleros islamistes de se retirer du territoire sous contrôle indien AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTERS Islamabad, New Delhi — La situation s’est gravement détériorée hier au Cachemire, où les combats sont entrés dans leur neuvième semaine, alors que le Pakistan menace publiquement de recourir à l’arme nucléaire contre l’Inde.«L’escalade a atteint son pic maximum», a estimé le chef de la diplomatie pakistanaise, Sartaj Aziz.Dans un entretien au quotidien français Le Figaro, ce drenier n’a pas hésité à affirmer que son pays pourrait «appuyer sur le bouton» nucléaire si sa souveraineté était menacée.Le ministre pakistanais a insisté sur la gravité de la situation au Cachemire où l’armée indienne combat sans relâche depuis deux mois des guérilleros islamistes infiltrés, selon New Delhi, du Pakistan voisin.«Il est temps de négocier Des efforts doivent être faits pour diminuer la tension», a-t-il averti.«Les armes nucléaires sont des armes de dissuasion et ne sont pas faites pour être utilisées.C’est pourquoi notre pays a toujours exercé une retenue maximale dans son conflit avec l'Inde mais, si notre souveraineté est menacée, nous pouvons appuyer sur le bouton», a-t-il menacé.Cette nouvelle escalade entre l’Inde et le Pakistan, puissances nucléaires potentielles avec des essais effectués en mai 1998, contraste avec l’espoir d’un apaisement né de la rencontre dimanche à Washington du président Bill Clinton avec le premier ministre Pakistan Nawaz Sharif Selon des responsables américains, M.Sharif avait promis de retirer les combattants islamistes infiltrés au Cachemire indien.Ces signes d’apaisement n’ont cependant pas dissuadé l’armée indienne d’arrêter sa progression au Cachemire.Elle venait d’y remporter sa première victoire importante avec la reconquête de Tiger Hills, des pics stratégiques de près de 5000 mètres du haut desquelles les tirs d’artillerie des guérilleros islamistes entravaient la marche des convois d’approvisionnement indiens empruntant la route Srinagar-Leh.Hier, une deuxième victoire indienne a été annoncée alors que M.Aziz promettait que le Pakistan allait «essayer de persuader» les combattants islamistes de se retirer du Cachemire indien.L’Inde et le Pakistan se sont déjà livré trois guerres dont deux à cause du Cachemire qu’ils se disputent depuis leur partition et leur indépendance il y a 51 ans.Le Pakistan a commencé à prendre des mesures de sécurité importantes.Mardi soir, à Karachi, la plus grande ville du pays, des pièces supplémentaires de DCA ont été déployées sur les sites stratégiques, le port, l’aérodrome, les raffineries de pétrole.«Nous devons nous préparer à répondre à toute menace de l’ennemi», a déclaré un officier supérieur à l’AFP.Sartaj Aziz a lié le retrait des séparatistes à des progrès vers un règlement du conflit du Cachemire.Mais un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a rejeté toute tentative de lier les deux questions, en présentant les combattants embusqués du côté indien de la ligne de démarcation comme des soldats des forces régulières pakistanaises et non comme des activistes régionaux.De son côté, le premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a déclaré hier que les opérations militaires de l’Inde au Cachemire continueraient «jusqu’au refoulement des derniers intrus».«Il n’y aura ni pause ni diminution avant que cet objectif soit atteint.» Vajpayee a ajouté: «Nous sommes prêts à donner une chance à la diplomatie si cela nous permet d'atteindre notre objectif, qui est unique: le retrait complet et inconditionnel des intrus de notre côté de la Ligne de contrôle.» Pressions intérieures Vajpayee a également rejeté une internationalisation du problème du Cachemire qui doit, selon lui, être traité directement entre les deux pays.Enfin, les pressions intérieures auxquelles sont confrontés les gouvernements pakistanais et indien ne peuvent que réduire la marge de manœuvres de$ dirigeants des deux pays.A New Delhi, le premier ministre a REUTERS s* ** f a Sayed Salahuddin, chef de la Djihad: «Pas de compromis» dû céder hier à la pression de l’opposition demandant la réunion d’une assemblée des partis pplitiques et des représentants des 30 États indiens pour discuter du Cachemire.L’opposition, qui affirme que l’infiltration des effectifs pro-pakistanais a commencé au début de l’hiver dernier, critique vivement le gouvernement pour ne pas pris les mesures nécessaires immédiatement A Islamabad, le gouvernement doit de son côté tenir compte d’un fort courant islamiste qui reproche au premier ministre sa «capitulation» devant le président Clinton.Des effigies des deux hommes ont été brûlées lors de manifestations à Karachi.«R n’y aura pas de compromis, on ne déposera pas les armes», a affirmé Sayed Salahuddin, dirigeant du Conseil uni de la Djihad qui regroupe une quinzaine d’organisations musulmanes en lutte contre la présence indienne au Cachemire.«Notre lutte dans le secteur de Kargil-Dras continuera jusqu’à la dernière goutte de sang», a-t-il ajouté à l’issue d’une réunion de son Conseil au Cachemire pakistanais.D a en outre menacé de prendre le contrôle de nouvelles zones.Le mouvement de Salahuddin a dénoncé l’accord Shariff-Clinton comme Accord de paix entre gouvernement et rebelles ASSOCIATED PRESS ET AFP Lome — Le gouvernement de la Sierra Leone et les rebelles du Front révolutionnaire uni (FRU) ont conclu hier à Lomé, au Togo, un accord de paix qui devrait mettre fin à huit ans d’une guerre civile particulièrement sanglante.Après des concessions de dernière minute des rebelles, l'accord a été signé par le président Ahmed Tejan Kabbah et le caporal Foday Sankoh, chef du FRU, lors d’un sommet qui réunissait également les présidents du Liberia, du Nigeria, du Burkina Faso et du Togo.Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan devrait se rendre aujourd'hui en Sierra Leone afin de soutenir le processus de pane.Le règlement conclu sous les auspices de l’ÔNU prévoit d’accorder aux rebelles une place au sein du gouvernement, soit quatre postes de ministres et quatre de vice-ministres, a précisé un médiateur de l’ONU ayant requis l’anonymat.A la dernière minute, les rebelles avaient exigé entr&six et huit portefeuilles ministériels, avant de céder sous la pression des médiateurs onusiens et du président libérien Charles Taylor, l’un de leurs alliés.Leur demande en faveur d’un retrait de la Sierra Leone des soldats de l’ECO-MOG, la force d’interposition de l’Afrique de l’Ouest, a également été rejetée.En revanche, le FRU a obtenu que ne soient pas poursuivis ceux de ses membres qui se seraient rendus responsables de crimes de guerre, précisait-on de même source, même si les conditions de cette amnistie n’ont pas été précisées.I «La meilleure garantie [de l’accord] est la confiance renouvelée dans les coeurs des dirigeants et de la population, a estimé le ministre togolais des Affaires étrangères Joseph Koffigoh.Les Sierra Léonais et toute la région sont las de la guerre.» Toutefois, cet accord qui met fin à l’un des conflits les plus sanglants du monde, paraît fragile.Un précédent règlement signé en 1996 s’était soldé par un échec quelques mois plus tard, les rebelles et les forces armées renversant le gouvernement de M.Kabbah.La violence dans cette guerre commencée en 1991, avait ensuite atteint son paroxysme.Le bilan des victimes reste difficile à établir en raison de l’absence d’observateurs étrangers durant la plus grande partie de la guerre.Toutefois, le haut commissaire aux droits de l’homme de l’GNU, Mary Robinson, estime que la situation en Sierra Leone a été pire qu’au Kosovo, citant les massacres, mutilations et autres nombreux abus.1 Les rebelles sont notamment accusés par les civils etles groupes de défense de droits de l’homme d’avoir tué, mutilé et violé systématiquement des milliers de personfies pour tenter d’imposer un régime de terreur.Les Nations unies ont exprimé hier des réserves à propos de l’accord de paix et d’amnistie signé en Sierra Leone.Un porte-parole de l’ONU, Manoel Almeida e Silva, a indiqué que l'envoyé spécial de l’ONU Francis Okelo avait signé cet accord en ajoutant un avertissement selon lequel les «Nations unies ne reconnaîtront pas l'amnistie en ce qui concerne les violations grossières des droits de l’homme».j D1C LE DEVOIR.LE J E LT I) I 8 JUILLET 1099 A 6 EDITORIAL Bricolage dans l’assurance-emploi Le gouvernement fédéral s’apprête à faire quelques ajustements, qui prendraient la forme de projets-pilotes, ce qui le dispense d’un débat parlementaire, au régime d’assurance-emploi.Les changements évoqués ces jours-ci plairont à certains électeurs.Mais ils n’amélioreront pas la situation des jeunes et ne permettront pas d’adapter le régime aux exigences nouvelles du marché du travail.i l’on se fie aux informations qui ont filtré, certains ajustements proposés par Ottawa au régime d’assurance-emploi sont les bienvenus.Es permettront d’atténuer des effets pervers de la réforme de 1996 qui avaient touché durement les femmes, tant celles qui demandaient un congé de maternité que celles qui revenaient sur le marché du travail après une absence de quelques années.Ainsi, le nombre d’heures requis pour obtenir un congé parental, de maternité ou d’adoption serait réduit de 700 a 600 et celui exigé pour obtenir des prestations après une absence prolongée du marché du travail serait ramené de 910 à 700.Ces changements répondent aux lacunes qui avaient été identifiées par la Commission de l’as-sürance-emploi dans un rapport d’évaluation rendu public en mars.Une troisième modification au régime concerne les travailleurs saisonniers.Les pénalités qui sont imposées aux utilisateurs fréquents du régime seront réduites si ceux-ci travaillent plus longtemps entre deux réclamations.Cette modification a des visées partisanes évidentes qui répondent à la grogne exprimée dans les provinces maritimes notamment, où plusieurs députés et ministres libéraux ont été battus lors des élections de 1997 à cause de la réforme.Mais les changements annoncés tiennent du bricolage et ne répondent pas aux nombreuses attentes suscitées par une réforme controversée qui a eu son lot d’effets indésirables et dont le principal bénéficiaire fut le gouvernement fédéral.Ce dernier utilise en effet les surplus de la caisse engendrés notamment par une baisse des bénéfices consentis aux chômeurs pour réduire son déficit budgétaire.Le surplus de la caisse atteindra à la fin de cette année quelque 26 milliards de dollars, soit plus de la moitié du budget total du gouvernement du Québec ou deux fois le budget du système de santé québécois.Pour réparer le régime, plusieurs actions seraient nécessaires.¦ D’abord, renoncer justement à utiliser le surplus de la caisse à d’autres fins que le financement du régime.Comme l’a déjà lui-même affirmé l’actuaire en chef du ministère du Développement des ressources humaines, cet argent appartient aux employeurs et aux travailleurs qui cotisent au régime; U ne doit pas servir à acheter des sous-marins ou à réduire les impôts.Une réduction des cotisations s’impose.P Deuxièmement, il est temps de créer en dehors de l’assurance-em-ploi un régime de congés parentaux distinct et digne de ce nom, administré par les provinces.On ne peut pas appliquer à une femme enceinte qui cesse de travailler pour accoucher ou à un père qui quitte le travail pour prendre soin de son poupon les mêmes critères que ceux qui déterminent le montant de prestation d’un travailleur d’usine congédié.¦ Troisièmement, le régime doit être revu pour tenir compte des exigences nouvelles du marché du travail où se multiplient les emplois à temps partiel ou les emplois à statut précaire ainsi que le travail autonome.La réforme de 1996 a pénalisé les travailleurs à temps partiel, dont un grand nombre de jeunes qui ne travaillent plus assez d’heures dans une année pour avoir droit à l’assurance-emploi.Le rapport d’évaluation publié en mars est clair.Le nombre de demandes présentées par des jeunes de moins de 25 ans a chuté de 27 % depuis 1996 et cela s’explique en grande partie par le fait que «les jeunes ont tendance à changer d’emplois plus souvent que les travailleurs âgés et à dépendre davantage d’emplois à temps partiel».Il ne faut peut-être pas revenir à l’ancien régime qui permettait à un jeune de recevoir des prestations pendant 42 semaines après n’en avoir travaiEé que 10, mais des corrections s’imposent Le ministre Pettigrew répète partout que la réforme avait pour but de maintenir les jeunes à l’école et d’éviter qu’ils soient dépendants de l’État Or des études ont montré que la réforme a surtout eu pour effet de faire décrocher ces jeunes — et des moins jeunes — du marché du travail et de faire d’eux des assistés sociaux.Selon des estimations faites ;par l’économiste Pierre Fortin, la réforme a fait gonfler de 25 % le nombre d’assistés sociaux au pays, ce qui aurait entraîné des dépenses supplémentaires de 2,5 milliards pour les provinces.D’ailleurs, l’une des tares de cette réforme fut d’avoir été concoctée en Vase clos, sans consultation avec les provinces et sans que n’ait été prise en compte l’adéquation avec les régimes d’aide sociale administrés par les provinces.Or les changements qui entreraient en vigueur dès l’automne prochain échapperont eux aussi à toute consultation avec les provinces, et ce en dépit de l’entente sur l’union sociale adoptée en février.Les mécanismes de concertation prévus à cette entente signée malgré le désaccord du Québec ne s’appliquent pas à ce programme social pourtant parmi les plus coûteux du pays.l" mveniie@ledevoir.ca .Michel Venue ?Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeur de l’information CI-AUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THÉRIAULT Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ .n Poup Pl.itRAi RK.' C&WoTri LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Contre les travaux aux Eboulements Lettre ouverte au ministre des Transports, Guy Chevrette Compte tenu des enjeux patrimoniaux, environnementaux et paysagers majeurs en cause dans le projet de reconstruction de la côte des Éboule-ments; compte tenu qu’aucune étude d’impact sur l’environnement n’a été effectuée selon les règles de l’art; compte tenu de la négation des mécanismes de consultation publique dont le Québec s’est doté depuis plus de deux décennies; compte tenu des conclusions de l’enquête du coroner Malouin, qui stipulent très clairement que l’accident est dû à la négligence et à un bris mécanique et que la reconstruction de la côte est jugée inutile; compte tenu de la dénonciation du projet par une part importante de la population locale et des Québécois des quatre coins du pays; compte tenu enfin du refus de prendre en compte l’intérêt national du site et du précédent que représente ce rejet des règles démocratiques québécoises en matière d’aménagement du territoire, à titre d’experts reconnus en aménagement, en environnement et en conservation des paysages et du patrimoine, nous affirmons que ce site, par sa valeur et par son sens, dépasse la simple propriété des citoyens qui l’habitent.Il appartient à tous les Québécois de le préserver.Nous vous demandons d’interropipre les travaux d’aménagement de la côte des Eboulements et d’entreprendre un véritable exercice de consultation publique en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement et auquel nous acceptons à l’avance de nous soumettre.Nous estimons qu’en ne considérant pas la valeur patrimoniale et environnementale du site, vous êtes en train de faire une erreur historique que ni vous ni vos successeurs ne pourru.t réparer.Nous sommes unanimes à considérer que la valeur exceptionnelle de ce site exige la mise en œuvre d’une solution plus respectueuse du paysage, du patrimoine et de l’environnement, tout en garantissant la sécurité à laquelle les résidants et les touristes sont en droit de s’attendre.Michel Archambault, titulaire de la chaire de tourisme, UQAM; Jean-Pierre Audet, président des Amis de Charlevoix; Gérard Beaudet, président d’Héritage Montréal et professeur à l’Institut d’urbanisme de LETTRES -?- l’UdeM; Marc Beaudoin, président de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec; Jean-Claude Bergeron, directeur de la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrqoke; David F.Brown, directeur de l’École d’urbanisme de l’Université McGill; Dinu Bumbaru, membre du comité exécutif du Conseil international des monuments et des sites; Anita Caron, présidente des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec; Guy Carpentier, directeur de la maîtrise en environnement à l’UQTR; Peter Clibbon, directeur du département d’aménagement de l’Université Laval; Claude Dubé, doyen de la faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels de l’Université Laval; Yvon Dubé, président-fondateur de la Réserve mondiale de la Biosphère de Charlevoix; Pierre Dansereau, Prix Phénix de l’environnement, professeur émérite d’écologie à l’UQAM; Michel Gariépy, doyen de la faculté d’aménagement de l’UdeM; Serge Gauthier, président de la Société d’histoire de Charlevoix; Phyllis Lambert, Prix du Patrimoine du Québec et président-fondateur du Centre canadien d’architecture; Denis Laforte, directeur de la maîtrise en gestion de projets de l’UQAH; Pierre Larochelle, vice-président du Conseil des monuments et sites du Québec, professeur d’architecture à l’Université Laval; Michel Lessard, Prix du Patrimoine du Québec, professeur d’histoire à l’UQAM; Alexis Ligougne, directeur de l’École d’architecture de l’Université Laval; Marc Lucotte, directeur de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM; France Gagnon-Pratte, Prix du Patrimoine du Québec et présidente du Conseil des monuments et sites du Québec; Jean-Claude Marsan, Prix du Patrimoine du Québec, professeur d’architecture à l’UdeM; Harvey Mead, Prix Phénix de l’environnement et président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature; Marie-Odile Trépanier, directrice de l’Institut d’urbanisme de l’UdeM.Montréal, le 29 juin 1999 Pontificaux et condescendants À Bernard Gauthier et à sa suite en grand arroi, N’en jetez plus, la coupe est pleine! Tant de gens de «haut savoir» et de «têtes couronnées» qui font les gorges chaudes et les vierges offensées.Souvent, la peur des bien-pensants les rend arrogants.Allez-y du même élan, et alertez le Vatican! ir Ici, il n’y a pas de comptes à régler, seulement des vies humainçs à sauver.Le patrimoine de la Grande Côte des Éboulements, ce sont nos enfants, nos parents, nos passants, nos habitués et tous les amants de ce beau coin de pays.On vous sait animé par de nobles sentiments, mais combien d’entre vous ont signé ce cri d’abois sans avoir fait un effort pour connaître l’endroit?Dans la même «foulée», vous y allez de tout acabit sur la faune, la flore, la vitesse accélérée, «vos biens» saccagés, le respect du passé, des ponceaux, du béton.Le «patrimoine», vous allez le galvauder et le politiser pour la moindre de vos petites contrariétés.On respecte votre droit de parole, mais sachez que «chez nous», on s’est fait entendre et on s’est fait comprendre.Ce Charlevoix, ce pays «sans bon sens», saura toujours se recultiver, entre séismes et marées, tant qu’il y aura du «vrai monde» pour l’aimer.«Rien n’est jamais acquis sur terre sauf notre place au cimetière» (Dr Wilfrid LeBlond) Marielle LeBlond Saint-Joseph-de-la-Rive, juillet 1999 CKVL déménage, André Arthur aussi.Curieux tout de même.André Arthur quitte CKVt alors que le CRTC vient d’accorder la fréquencê 690 à la station.Le CRTC aurait-il conclu une entente secrète avec les propriétaires de la station verdü-noise?Vous nous débarassez d’Arthur, on vous donne le 690.Cela va en faire sourire plusieurs, mais je trouve la coïncidence troublante, vraiment troublante.Gilles Teasdale .Montréal, 3 juillet 1999 LIBRE 0 P I N I 0 N A' -?- La solution Legault sur le partage des immeubles à la CSDM ROBERT CADOTTE LUC GAUDETTE MARCELLIN NOËL COLETTE PROVOST GUY VIDAL Les auteurs sont les commissaires dissidents du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO) Après des mois d’attente, le ministre de l’Éducation, François Legault, vient enfin d’accoucher de sa solution concernant le litige qui oppose francophones et anglophones concernant le partage des immeubles.Le 16 juin, la présidente de la commission scolaire a tenté de faire accepter cette solution en la présentant comme une entente de principe entre elle-même ' et le ministre.Le Conseil des commissaires l’a rejetée du revers de la main.«Invraisemblable, une blague, sous le minimum des minimums!», tels ont été les qualificatifs utilisés pour décrire cette entente.Ce rejet s’explique-t-il par un simple affrontement de personnalités, comme le soutient l’entourage du ministre?Ou bien s’agit-il vraiment d’une entente in-: acceptable?Qu’on en juge.• Rappelons le problème.Les dernières élections ont marqué l’avènement des commissions scolaires linguistiques.C’est le gouvernement Bouchard qui a édicté la loi qui a permis de procéder au partage des immeubles entre les nouvelles commissions scolaires.Ce partage a constitué l’enjeu principal des élections.Le MEMO a alors fait ressortir à quel point la loi désavantageait les francophones.Si chaque élève avait été traité également, les francophones auraient dû recevoir des immeubles supplémentaires pour une valeur de 77 millions de dollars.Cela représente environ neuf ou dix écoles (une valeur de 51 mil- lions) ainsi que la quasi-totalité des édifices loués ou vacants appartenant à l'ancienne CEPGM (une valeur de 26 millions).La moitié de ces édifices pourrait régler la totalité des problèmes d’espace vécus par les élèves francophones; le reste pourrait générer des revenus de location permettant de répondre à des besoins urgents de nos élèves.Avant les élections, il n’a jamais fait de doute pour le MEMO que la solution passait par une révision d’une loi inéquitable.Jamais une négociation avec la commission scolaire English Montreal n’a été envisagée sérieusement Qu’aurions-nous eu à offrir?Une négociation implique des échanges; or, seule la CSDM était en demande.Nous demandions de rétablir l’équité et de récupérer 77 millions.En juillet 1998, comme la loi le lui permettait et tel que le lui suggérait Michel Pallascio (eh oui!), la ministre Marois a accordé les 26 millions de dollars d’édifices loués ou vacants à la CSDM.La commission scolaire English Montreal a contesté cette décision devant les tribunaux.La cause est toujours pendante.La récente solution Legault est muette sur ce sujet.Les tribunaux trancheront donc et il est possible que la CSDM ne voit jamais la couleur de ces 26 millions de dollars.Qu’en est-il maintenant des neuf ou dix écoles réclamées fies 51 autres millions)?La solution Iœgault nous en accorde deux (St Kevin et Somerled).que la commission English Montreal a décidé de vider de leurs élèves parce qu’elles sont trop dysfonctionnelles ou en mauvais état.Non seulement la solution ministérielle se limite-t-elle à ces deux taudis, mais de surcroît le ministre nous demande de céder, en échange, un de nos édifices (St-Raphaël).Le ridicule ne lue décidément pas.En échange de notre silence définitif sur le partage des immeubles, le ministre s’engage à investir, d’ici deux ou trois ans, plusieurs millions afin de construire des écoles neuves pour désengorger nos écoles surpeuplées.Ces écoles neuves seront construites à même les impôts des citoyens, à côté d’écoles quasiment vides.Pour l’essentiel, le ministre a donc décidé de ne pas intervenir pour rétablir l’équité entre les francophones et les anglophones.Ces derniers pourront conserver les écoles presque vides qui nous reviennent en toute justice.En conservant la jouissance de ces bâtiments, la commission scolaire English Montreal pourra ainsi les louer et récolter quatre millions de dollars par année de plus pour ses élèves; les francophones se contenteront de leur petit bonheur.ij Que le ministre veuille dilapider ainsi les fonds publics et maintenir les iniquités au détriment des élèves francophones, c’est sa décision; il a le pouvoir de l’appliquer.Qu’il espère nous faire céder notre droit d’aînesse contre un plat de lentilles, on peut le comprendre, à défaut de l’accepter.Mais qu’il exige que nous disions merci en signant cette entente indigne, là il y a une limite que nous refusons de franchir.En terminant, monsieur le ministre, nous tenons à vous rappeler que nos écoles sont toujours surpeuplées dans certains secteurs.Ce n’est pas dans trois ans qu’il nous faut des solutions mais dès septembre.Ces solutions existent déjà.Ce sont l’école Ste-Monica pour désengorger le secteur Notre-Dame-de-Grâce, l’école Marymount pour régler le problème de l’École internationale, l’école Shad pour régler celui du quartier Côte-des-Neiges, l’école Pius X pour régler le problème des quartiers Bordeaux et Ahuntsic et l’école Emily Carr pour régler celui du quartier St-Michel.Nous aimerions vous rappeler que c’est vous seul qui avez le pouvoir de dénouer l’impasse que votre gouvernement a créée en édictant une loi injuste.Cela prend cependant du courage politique car, pour y parvenir, vous ne pourrez faire l’économie de modifier cette loi.La Gazette et William Johnson seront fâchés de ce geste?Sans aucun doute, mais les élèves francophones pourront alors obtenir justice et bénéficier des mêmes services que les élèves anglophones.v LE DEVOIR.LE JEUDI 8 JUILLET 1999 A 7 IDEES > 1 i : Anniversaire de la mort de Matoub Lounès L’Algérie au temps des prophètes Un an après la mort du chanteur révolutionnaire, des tractations se tissent avec des commanditaires de tueries qui ont mis le pays à feu et à sang N’échappant ni à un islamisme violent et rétrograde qui légitime les pires atrocités ni à un baathisme qui les a rendus amnésiques et étrangers à eux-mêmes, les Algériens ont payé un lourd tribut pour une démocratie qui leur a été confisquée.spécifiques, capables d’altérité et d’ouverture.Ils n’ont pas appris qu’ils étaient porteurs d’une culture et d’une civilisation qui ont enrichi le patrimoine civilisationnel universel.Ignorants leur place dans l’histoire de l’humanité, ils n’ont acquis ni la liberté ni le droit de concevoir le monde et d’organiser leur société en tant qu’Ama-zigh, Algériens, Africains.Les damnés de la terre L’Orient a dérobé leur âme et l’Occident, pour de sordides intérêts matériels et économiques, a distillé dans leur cerveau son ethnocentrisme avilissant et perverti, faisant d’eux les éternels damnés de la terre, les laissés-pour-compte de l’histoire.Jetés en pâture à l’impérialisme islamique par une armée gangrenée occupée à faire main basse sur les richesses du pays et à en détenir les rennes économiques, les Algériens se sont transformés en sujets de la ouma is-lamiya (nation islamique).N’échappant ni à un islamisme violent et rétrograde qui légitime les pires atrocités ni à un baathisme qui les a rendus amnésiques et étrangers à eux-mêmes, les Algériens ont payé un lourd tribut pour une démocratie qui leur a été confisquée.Un an après la mort du chanteur révolutionnaire, des tractations nébuleuses se tissent avec des commanditaires de tueries qui ont mis l’Algérie à feu et à sang, institutionnalisant ainsi le crime.Incrédules devant l’ampleur de la mafia qui gouverne leur pays, les Algériens paient toujours les frais d’une lutte acharnée pour un pouvoir qui ne les concerne pas.Ecœurés, ils assistent à la mascarade politique cautionnée par des pseudo-démocrates qui se sont empêtrés dans des luttes partisanes, oubliant que l’enjeu, c’est la vie de leurs compatriotes et le sang des innocents.fis ont trahi la mémoire et le sacrifice de ces héros pour qui la dignité et la liberté ne se négocient pas et ne se troquent pas pour des compromis politiques.Dressés les uns contre les autres, les Algériens sont dérou- tés par une élite pseudo-intellectuelle qui n’a pas le courage de ses opinions et qui a décidé que les révoltés du printemps 1980 et d’octobre 1988 étaient incapables d’assumer la vérité, la liberté et la démocratie.Les orphelins du temps Matoub Lounès a dénoncé cette trahison f^ite de mille trahisons.D l’a payé de sa vie.A l’aube de l’an 2000, les enfants de Mazigh sont les orphelins du temps.Quand sa voix et sa poésie s’enlacent, quand ses mains et son mondol s’étreignent, son esprit porté par l’ineffable mystère de sa danse cosmique survole le Durdjura et interpelle les Aurés.Alors, seul l’Algérien au cœur pur peut entendre dans le silence de sa mémoire: «Même si la dépouille s’étiole / l’idée ne meurt jamais / Même si ton corps se décompose / ton nom est éternité / ô mère ne pleure pas / la cause pour laquelle nous sommes tombés / c’est l’Algérie de demain.» Une Algérie où les poètes sont déjà des prophètes.FARIDA ZERAR Montréal e 25 juin 1998, sur une route de Kabylie, tombait Matoub Lounès.Des balles venaient de l’atteindre au cœur et à la tête.Encore un artiste qui venait allonger la longue liste des victimes d’une guerre fratricide endeuillant l’Algérie et la privant de ses meilleurs enfants.Son crime?D était poète et rebelle.Sa faiblesse?D aimait l’Algérie.Une Algérie libre, souveraine, démocratique et laïque, pour laquelle il a accepté de mourir.D chantait Un péché mortel pour les islamistes.Matoub Lounès a chanté l’amour, l’amour d’une femme, l’amour de la mère patrie, l’amour blessé.Il a chanté l’amitié, la perte de ses frères d’armes.D a chanté la mort sa mort, la vie, sa vie.La liberté.Mais par-dessus tout il est un éveilleur de conscience.Un autre péché mortel, mais cette fois-ci pour le pouvoir algérien.Dans sa langue maternelle, il chante l'âme de tout un peuple.Du fin fond du Djurdjura, il hurle la mémoire amazigh, de l’Algérie et de Tamazga.Un cri qui fait écho au message de Massinissa et de Jugurta, ô combien d’actualité: l’Afrique aux Africains.La génération-flambeau Tiloua, Cheikh El Hasnaoui, Dahmane El Harachi, Slimane Azem, Hadj Mhamed El Anka sont ses idoles.Sa musique chaabi a bercé les espoirs de toute une génération.Une génération porteuse de paix, de progrès et d’avenir.Une jeunesse qui devait rompre avec un passé lourd de colonisations aliénantes et dévastatrices et dont il a pleuré les douleurs et les désenchantements.Cette génération-flambeau a été trahie, mutilée, violée, humiliée.Dépossédée de tout ce qui constituait ses repères et son identité, de la conscience d’elle-même, elle s’égare dans une violence suicidaire, une folie meurtrière.Quand Lounès est Amazigh, alors que la Constitution le déclare Arabe, quand il réclame la légitime liberté de culte alors que la liberté de conscience et la quête spirituelle sont réduites à la seule option musulmane et islamiste, Matoub Lounès n’a pas le choix: il doit s’attaquer au pouvoir algérien et à l’intégrisme islamiste.Deux totalitarismes avec lesquels on ne badine pas.S’abreuvant aux mêmes eaux troubles que le colonialisme arabo-islamiste, ils se disputent un pouvoir taché du sang des innocents.Ils ont fait de l’islam l’opium du peuple algérien.Ils ont instauré un système éducatif et idéologique pour annihiler la personnalité algérienne.Cette école n’a pas formé des citoyens algériens à part entière, ayant réussi leur individuation identitaire et, forts de ce qu’ils ont de plus Une leçon pour tous Klaxonnez pour le courage des infirmières Elles repoussent le côté mouton du modèle québécois MONIQUE RÉGIMBALD-ZEIBER Montréal lj==j] n peut imaginer qu’il y ait un certain nombre de 0 conditions préalables à ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les «conditions gagnantes».Compte tenu de tout ce qui se dit sur la question depuis le début de notre désormais relati-it==J vement longue histoire référendaire, on pourrait poser, sans risquer de déformer la réalité, que la fierté et la confiance en font partie.Il y a aussi un certain nombre de choses dont les Québécois ont toujours cru pouvoir s’enorgueillir, ajuste titre.Au premier chef Hydro-Québec, dont il est inutile de répéter ce que sa constitution et son développement ont pu représenter historiquement pour notre société.Ensuite l’application de principes démocratiques et du rapport Parent qui ont mené à la mise en place d’un système d’éducation unique au monde, je pense ici aux cégeps.Finalement, le professionnalisme et la stabilité d’un système de santé dont on sait qu’il est solide et fiable.L’éducation, la santé et l’électricité sont donc des secteurs politiquement névralgiques parce que, au delà de l’évidente responsabilité structurelle qui leur incombe, ils sont, dans une société en manque de symboles, porteurs d’une charge symbolique qui est loin d’être négligeable.A la lumière des événements-chocs qui ont surpris et secoué Hydro-Québec, nous sommes maintenant mieux éclairés pour juger de son véritable niveau d’efficacité (recherche, innovation, distribution) du type de rapports qu’elle entretient avec son personnel et avec ses clients (on pense ici aux divers rapports des commissions d enquête, aux consultations avec la population etc.).Quel que soit l’angle d'où on se place pour examiner la situation, les conclusions auxquelles nous sommes forcés d en venir sont au mieux, c’est à dire venant des plus optimistes et des moins critiques, inquiétantes et, au pire, venant des autres, catastrophiques.Hydro-Québec a perdu la confiance de son créateur et principal «client», la société québécoise.Perte de confiance et bris de symbole.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les infirmières font ce que nous n’avons pas eu le courage de faire depuis belle lurette.Elles critiquent ouvertement.Elles s’opposent ouvertement.Elles désobéissent ouvertement.Quand Mme Marois commande, en catastrophe, des rapports sur la détérioration qui serait la conséquence directe de la grève illégale des infirmières, dans un premier temps on ne peut retenir un petit sentiment d’envie.Heureux ceux qui ont le pouvoir et les moyens de commander, au gré de leurs besoins politiques, des enquêtes pour éclairer la population.Heureux ceux qui ont le pouvoir de faire des lois «spéciales» quand rien ne va plus.(La loi spéciale est à la loi ce que la grève illégale est à la grève.Un moyen extrême et désespéré qui dit qu’on a épuisé tous les autres moyens.) Y a-t-il jamais eu enquête sur les effets à court, moyen et long termes de la méthode et de la réforme Rochon sur le système de santé et sur la stabilité sociale et politique du Québec?Voilà que des femmes membres d’une corporation professionnelle dont la fiche (professionnalisme, dévouement, intégrité) est en tous points exemplaire feraient les frais de l’irresponsabilité et de l’accumulation des erreurs des autres.Quand je vois ces femmes fatiguées et éreintées par des années de brassage réformateur et parmi elles encore quelques têtes grises faire du piquetage à 30 degrés et sous une pluie torrentielle, je fais un détour pour klaxonner.Elles ne sont pas, nous le savons, des têtes brûlées.Elles ne le font pas, nous le savons, de gaieté de cœur.Elles sont en train de nous envoyer, un message.Le système est en danger.Nous le savions.A ce point.Nous ne voulions pas le savoir.Les infirmières font ce que nous n’avons pas eu le courage de faire depuis belle lurette.Elles critiquent ouvertement.Elles s’opposent ouvertement Elles désobéissent ouvertement Elles repoussent le côté mouton du modèle québécois.Elles le font sobrement et avec intégrité.Force nous est d’en avoir la conviction, leur fiche nous y oblige.Peut-être aussi nous redonnent-elles un peu de cette fierté, de cette confiance et, ma foi, de ce courage qui nous font honteusement défaut depuis un bon moment.Peut-être devrions-nous nous joindre à elles, sur les piquets de grève, et faire pour elles un peu plus que le maigre son de nos klaxons.Nous leur devons bien cela.Nous nous devons bien cela.Le défi identitaire Graham Fraser IT““™T| n a vécu un 1" juillet qui rend songeur.La ru- Omeur selon laquelle le conseil des ministres de Jean Chrétien réfléchirait à l’adoption du dollar américain a déclenché une réaction frénétique.On s’est arrêté au rythme d’américanisation du ii.ll Canada depuis dix ans.Souvent, M.Chrétien justifie ses positions fermes avec son caucus par une défense contre l’approche américaine; le vote libre des députés ouvrirait la porte aux lobbyistee.Il s’est rendu récemrrjent au Michigan pour recevoir un doctorat honorifique.A cette occasion, il a dénoncé l’attitude américaine concernant les armes à feu et a défendu le système canadien de santé.On a vu une érosion de la différence canadienne.Ma collègue Margaret Wente, émigrante des Etats-Unis, a écrit que nos valeurs sont en lambeaux.Désormais, Manhattan est plus propre que Toronto, l’armée est trop pauvre pour maintenir la paix et le système de santé est en crise.Malgré son discours agressif, le gouvernement Chrétien n’est pas anti-continentaliste.Au contraire.Après six ans au pouvoir, les signes d’une réconciliation du réflexe continental sont évidents.En effet, l’Accord de libre-échange fut renforcé avec l’ALENA Le Canada a joué un rôle actif dans la guerre des Balkans, ce que Brian Mulro-ney n’a jamais proposé pendant la guerre du Golfe.Tout cela s’est fait sans agenda mais est devenu un fait accompli.Maintenant, le gouvernement Chrétien se trouve devant le défi identitaire.Dossier par dossier, il est difficile de voir de grands succès.La politique en ce qui concerne les périodiques a suscité de la part du gouvernement canadien une concession inédite à l'industrie américaine et a rendu furieux les éditeurs canadiens.Les attaques contre Radio-Canada viennent de toutes parts — de Sheila Copps, d’Izzy Asper, de Pierre Karl Péla-deau, du CRTC —, ce qui semble trop concerté pour n'être qu’une coïncidence.Le gouvernement essaie de réconcilier la justice fiscale et les besoins concurrentiels des équipes canadiennes du hockey, conscient qu’un échec pourrait vouloir dire la disparition des équipes canadiennes en dehors de Montréal et de Toronto.Mme Copps prépare une politique de cinéma qui essaierait de trouver un équilibre entre les besoins d’Hollywood de tourner au Canada et un cinéma canadien en mal d’audience.Est-ce que les programmes sociaux sont les fondements d’une identité canadienne?Quand on regarde ce qui se passe dans les hôpitaux, on ne peut qu’espérer que non.Toutes ces questions, sous étiquettes culturelle, industrielle ou sociale, sont identitaires, au fond.Pour ceux qui croient que la question d’identité n’est pas importante au Canada en dehors du Québec, la rumeur d’une discussion sur l’adoption du dollar américain, survenue il y a dix jours, est instructive.Paul Martin et Jean Chrétien ont eu beau protester qu’il n’en était pas question, le bal était parti, d’un talk-show à l’autre et à la une de Maclean's.Même le gourou de la droite, l’économiste Milton Friedman, avait son mot à dire sur le sujet «La monnaie est un symbole très important de la souveraineté.Si une nation veut demeurer une nation, elle a besoin d’autant de symboles de souveraineté que possible.» (.«Currency is a very important symbol of sovereignty.If a nation is going to stay a nation, it needs as many sytnbols of sovereignty as it can possibly have.») Mais le gouvernement de Jean Chrétien est maladroit et mal à l’aise avec les symboles — il les embrasse trop fort comme dans le cas de Mme Copps avec le drapeau canadien ou l’étiquette «Team Canada» donnée aux missions commcerciales à l’étranger.Ce malaise est reflété dans les transformations idéologiques des partis.Dans un texte publié dans le recueil sur l’état de la fédération par l’Institut des relations intergouvemementales, à l’université Queen’s, le politicologue Reg Whitaker fait remarquer que les contradictions libérales au Canada et à l’étranger pourraient s’expliquer par le fait que la gauche ou le centre gauche a trahi ses principes.Mais ce n’est pas suffisant comme explication, ajoute-t-il: les règles du jeu ont changé, ainsi que le comportement de tous les joueurs.Car l’incohérence n’est pas le propre des libéraux.Les autres partis essaient aussi de réconcilier la culture et la mondialisation.Le comité parlementaire sur le patrimoine canadien a fini par recommander que le gouvernement consacre plus d’énergie à l’étude de ce dilemme: un appel révélateur à un gouvernement qui n’aime surtout pas prendre des risques.Les grandes questions restent sans réponses.Comment laisser s’épanouir une identité nationale dans une économie globalisante?Comment réconcilier la protection culturelle avec le commerce international?Comment encourager les uns sans préjudice pour les autres?Comment encadrer et inclure les identités multiples?Avec un chef qui se vante de régler les problèmes au cas par cas, on reste sur notre appétit L’approche pragmatique a ses limites.Graham Fraser, correspondant parlementaire du Globe and Mail à Ottawa, nous quitte pour ses vacances.Sa chronique sera de retour à la fin juillet.gfraser@globeandmail.ca Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 7000 signes (y compris les espaces) ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.D U LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : 1-ouis Lapicrrc (adjoint au directeur de Leduc, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales).Caroline Montpetit, Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (jus Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane BaillarReon mique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de I information) Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario C1-(Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires): Manon Blanchette-Turcotte, miers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudon.Christian Vien.\anick Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables) .Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-president exécutif et directeur general). LE DEVOIR.LE JEUDI 8 JUILLET 19!) 9 A 8 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES REPARTIR Distinguer le peuple et le régime SUITE DE LA PAGE 1 siège social à Québec et antennes à Séoul, à Los Angeles et à Ho Chl Minh-Ville, il ne restait plus rien, en 1997, après son calvaire «made in Vietnam*.Aujourd’hui, revoici Trim en train de discuter avec sa secrétaire des correspondances aériennes optimales pour le Pérou.C’est que Trim est reparti de zéro.Fort de son expertise en normes du bâtiment, il a fondé une autre PME, Norbati, et il brasse à nouveau de bonnes affaires, ici comme, à l’étranger.A sa vie professionnelle s’est greffée depuis sa mésaventure vietnamienne une forte activité militante.Trân a en effet profité du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme pour mousser l’idée d’une norme «ISO Droits de la personne», qui pourrait certifier, par exemple, que la confection de souliers de course a été bien rémunérée et n’est pas le fruit du trayail d’enfants exploités.A cela s’ajoutent des conférences sur le suicide où il offre son témoignage et explique comment, en prison, il a pu chasser ses idées les plus noires.«Cela peut paraître étrange, mais de réfléchir au pire scénario possible, celui de ma mort, me rassurait.» Travail, travail, travail, donc, depuis son retour au pays?Au contraire, la dolce vita plus que jamais, jure Trân.«Avec le recul, ce que j'ai vécu m’a enrichi, m’a permis de réfléchir au bonheur.Et de toute cette réflexion, j’ai retenu l’importance de ma famille, à laquelle je me consacre comme jamais auparavant.» Vietnamien un jour.Trois fois plutôt qu’une, le Vietnam lui a tout pris: son frère, en tué en plein bombardement et fait martyr de la révoiuuun; son père, sa mère et quatre autres de ses frères, en 1977, morts noyés en tentant de fuir le pays par bateau: et sa liberté, trois armées durant Et pourtant, c’est encore au Vietnam que Trân rêve de retourner vivre et travailler, si ce n’était de cette grâce qu’il devrait obtenir au préalable et qu’il ne demandera jamais.«Ça restera toujours mon pays natal et j’aimerais l’aider à se relever.» Il faut toujours faire la distinction, rappelle-t-il, entre le peuple et le régime.Et c’est au nom de cette distinction qu’il s’est toujours opposé aux sanctions commerciales imaginées par certains pour aider à le faire libérer et qu’il encourage aujourd’hui encore les gens d’affaires à y tenter leur chance, de façon plus éclairée que lui.«J’ai été imprudent et, dorénavant, je choisis mieux mes partenaires d’affaires et les pays avec lesquels je fais affaire.» Si le peuple ne doit pas souffrir pour les bavures de son gouvernement, ce gouvernement, lui, doit payer, et Trân Triêu Quân entend bien obtenir réparation.«Les droits de la personne ne doivent pas être que de df.beaux principes.Le Pacte international sur les droits civils est en vigueur au Vietnam depuis 1982 et je réclame donc à ce titre une indemnisation pour le traitement arbitraire dont j’ai été victime.» Toutes les preuves sont là et son cas, patent, pourrait avoir valeur de précédent, espère Trân.«Je ne le fais pas pour l’argent, mais pour les droits de la personne.Et toute indemnisation à venir serait directement remise à la défense des droits de l’homme», jure-t-il.Voir autres informations, page B 1 PRÉCISION Une erreur technique a fait disparaître la signature du texte intitulé «Malentendus, menaces et mensonges» paru en première page de notre édition d’hier.Nos lecteurs les plus fidèles auront reconnu la plume élégante du journaliste Sylvain Cormier.Nos excuses à l’auteur et aux lecteurs.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9* étage.Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.La Ville autorise la vente du complexe de Redpath Le plan d'urbanisme ne guide plus le développement, confirme un conseiller KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le plan d’urbanisme n’est vraisemblablement plus un guide de développement pour la Ville de Montréal.L’administration du maire Pierre Bourque se dit prête à travailler au cas par cas et entend bien ainsi tendre l’oreille aux «beaux projets» comme celui de la Redpath.C’est ce que le conseiller municipal Saulie Zajdel a confirmé hier alors qu’il annonçait que lui et ses collègues du comité exécutif ont entériné la vente pour 810 000 8 du complexe de l’ancienne raffinerie de sucre Redpath en bordure du canal de Lachine aux promoteurs immobiliers Jacques Maasen et Edgar Savoiç.Ces derniers mettront donc en œuvre leur projet des Ecolofts d’Argenson dès qu’ils auront obtenu un changement de zonage.M.Zajdel a d’ailleurs souligné que, dans les prochains mois, le plan d’urbanisme de Montréal devrait être redéfini.Lors de la vaste consultation populaire en 1992 concernant la mise en place d’un plan d’urbanisme, il y avait eu consensus dans le Sud-Ouest pour le développement in- SUITE DE LA PAGE 1 cancérigènes connues avec les dioxines et les furannes.L’analyse des échantillons révèle une concentration de près de 900 parties par million (ppm) de HAP en aval des deux prises d’eau, alors que le «seuil d’effets néfastes» (SEN) pour les espèces aquatiques est fixé par les gouvernements à 100 ppm.Les concentrations de BAP sont jusqu’à 70 fois supérieures au seuil d’effets néfastes et, dans l’embouchure du cours d’eau, jusqu’à 120 fois supérieures.Quant aux concentrations de mercure, utilisé autrefois par la Stanchem entre 1949 et 1991 pour produire du chlore industriel, elles dépassent de 30 à 300 fois le seuil d’effets néfastes, lequel a été fixé à une partie par million! Le mercure est un des neuro-toxiques parmi les plus facilement bio-accumulables par les humains et la faune aquatique, abondamment pêchée dans le lac Saint-Louis.Heureusement, pourrait-on dire, un petit barrage, le barrage Smith, construit en aval de ce bourbier toxique, a ralenti le courant de la rivière Saint-Louis et permis le dépôt sur le fond d’une partie importante de ces toxiques.Ces derniers demeurent néanmoins abondants et parfois en concentrations supérieures dans l’embouchure de la rivière, en aval du barrage, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les particules les plus fines ont franchi l’ouvrage avec plus d’aisance que les autres, estime le président de la Société pour vaincre la pollution (SVP), Daniel Green.Autre surprise de ce rapport, obtenu par Le Devoir auprès de la SVP, qui bataillait depuis deux ans pour obtenir une caractérisation de ces sédiments, les chercheurs ont relevé d’importantes concentrations de BPC dans les sédiments de surface du bourbier aquatique, ce qui pourrait s’expliquer par des «rejets assez récents», selon Daniel Green.Alcan et PPG utilisent de gros équipements électriques pour leurs procédés industriels, ce qui explique leur présence à côté de la centrale hydroélectrique de Beauharnois.Juste à la sortie des deux effluents, un échantillon atteignait près de 40 ppm.Les normes interdisent l’élimination par enfouissement de BPC en concentrations supérieures à 50 ppm.Comme pour les trois toxiques précédents, les concentrations de BPC sont à peu près nulles en amont des deux prises d’eau industrielles.Puis elles grimpent de façon spectaculaire en surface pour se concentrer plus en profondeur avant le barrage Smith.Finalement, autre surprise de taille, la caractérisation des sédiments en aval de la PPG et de l’usine d’Alcan indique une concentration surprenante d’hexachlorobenzè-ne (HCB), une autre molécule très toxique.On y a relevé une concentration de 9,27 ppm alors que le seuil d’effets néfastes se situe à 0,1 ppm, soit 90 fois moins.Au Québec, seul le quai 103, en face des installations des pétrolières de l’est de Montréal, présente des teneurs en toxiques de cette importance dans le fleuve et ses effluents directs.La ZIP de l’Est, désormais appelée la ZIP Jacques Cartier, tente d’inciter les compagnies à amorcer la décontamination du secteur, ce que certaines voudraient éviter si on n’obtient pas la preuve par une analyse de risques que ces contaminants menacent la vie de quelqu’un.L’étude de Beak International a été présentée au conseil d’administration de la ZIP Haut-Saint-Laurent le 5 juillet, a précisé la coordonnatrice, Claire Lachance.Le «comité sédiments» l’a reçu le 23 juin, même si les principales analyses avaient été remises au consultant dès la fin de février.Mme Lachance a nié que certains se soient assis sur un rapport aussi explosif, le montage du rapport final et sa discussion au «comité technique» de la ZIP justifiant facilement un délai de quatre mois.SUITE DE LA PAGE 1 déclenchement d’une grève à 23h59.Pour Air Canada, le déclenchement d’une deuxième grève en moins de deux ans, après celle des 2100 pilotes en septembre dernier, surviendrait à un bien mauvais moment La grève des pilotes lui avait coûté cher.Selon les estimations de la direction, l’incidence négative de cette grève sur le bénéfice d’exploitation se chiffre à environ 250 millions de dollars et à 155 millions sur le bénéfice net Dans la foulée de cette grève, Air Canada a dû abolir 1725 postes, notamment dans les centres d’appels.En cas de grève, la compagnie a prévu des mesures afin de limiter les désagréments que subira sa clientèle.Certains passagers pourront voyager avec d’autres compagnies aériennes, comme Canadien International, le principal concurrent d’Air Canada.Mais le nombre de places disponibles est limité.Même si les appareils d’Air Canada sont cloués au sol pour toute la durée de la grève, les transporteurs régionaux d’Air Canada (AirBC, Air Ontario, Air Alliance et Air Nova) continuent quant à eux d’offrir leurs vols réguliers.Quant aux vols d’Air Canada à code multiple assurés par ses partenaires, tels que United Airlines, Lufthansa, SAS, Air New Zealand, EVA et Royal, ils continueront également d’être exploités.Hier, la compagnie United Airlines a d’ailleurs fait savoir dans un communiqué qu’elle était prête à assister les clients d’Air Canada dans l’éventualité d’une grève de ses agents de bord.Enfin, les billets qui ont été mis en vente pour ces vols devront continuer à respecter les conditions standards portant sur les remboursements et les frais de modifica- dustriel aux abords du canal de Lachine.«Il est prévu de revoir le plan d’urbanisme à tous les cinq ans.On est en retard», a-t-il lancé.La Ville de Montréal prend-elle une orientation générale en faveur de l’habitation?lui a-t-on demandé.«Il faut amener des gens dans le Sud-Ouest», s’est borné à indiquer M.Zajdel, répétant en cela la volonté du maire Bourque de ramener les banlieusards en ville.Saulie Zajdel a par ailleurs qualifié le projet de développement résidentiel et commercial (20 % de la superficie totale) de la Redpath à!«exceptionnel».Dans le SudJDuest, des groupes communautaires estiment pourtant que le changement de vocation de la Redpath se fera au détriment des citoyens, qui ont d’abord et avant tout besoin d’emplois.«Un projet comme celui-là montre que les deux aspects sont importants pour nous», réplique M.Zajdel, qui assure que «les berges seront toujours publiques» et que le caractère patrimonial des bâtiments sera préservé.Sur ce dernier point, Héritage Montréal a fait parvenir en début de semaine une lettre à la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, pour lui demander de confirmer Le conseil de la ZIP, un organisme censé représenter les citoyens et leurs priorités environnementales dans la restauration du Saint-Laurent, a donné neuf mois au «comité sédiments» pour accoucher d’un plan de travail, précisait de son côté hier Vincent Jarry, d’Environnement Canada.Marc Hudon, le président de Stratégies Saint-Laurent, l’organisme qui chapeaute la vingtaine de ZIP vouées à la restauration du fleuve, présidait le «comité sédiments» où ses interlocuteurs industriels ne trouvaient pas les fonds l’an dernier pour effectuer la caractérisation du secteur, réclamée depuis deux ans par l’écologiste Green.Environnement Canada plaidait de son côté qu’on connaissait le problème puisque de nombreuses études avaient établi la présence de mercure dans ce secteur du lac Saint-Louis et qu’on savait que PPG (Stanchem) en utilisait dans son procédé industriel.Quant aux entreprises, elles alléguaient qu’il fallait des chiffres plus récents avant de passer à l’action.Coïncidence ou pas, les fonds réclamés en vain sont apparus l’an dernier quand le président de la SVP a révélé publiquement les résultats d’échantillons de sédiments, glanés par des bénévoles étudiants en biologie et analysés grâce aux fonds d’une fondation anonyme.Daniel Green avait en outre menacé d’exiger une enquête en vertu de la Loi fédérale de l’environnement Marc Hudon et Vincent Jarry estiment pour leur part que, si les pressions de la SVP «ont aidé de façon circonstancielle: les esprits étaient mûrs pour passer à l’action», selon le mot du président de Stratégies Saint-Laurent.Et, ajoute Marc Hudon, «nous croyons important de conserver l’esprit de coopération qui anime tous les acteurs dans ce dossier afin d’accélérer la mise en place d’une véritable solution, définitive et de nature à préserver le lac Saint-Louis, situé plus bas, et le fleuve».M.Hudon n’a voulu risquer aucun chiffre sur le coût d’une éventuelle décontamination, que la SVP évaluait à 100 millions sur la foi de.son propre devis de nettoyage, rejeté il y a deux ans par le comité regroupant les entreprises et les gouvernements.Pour Vincent Jarry, d’Environnement Canada, «le site amont [par rapport au barrage Smith] a besoin d'une restauration: c’est la conclusion très nette du comité».L’évaluation des coûts «dépend de l’ampleur de la zone à décontaminer», ce qu’une caractérisation plus fine permettra de déterminer, ajoute de son côté Claire Lachance.Mme Lachance estime par ailleurs que le problème de contamination de la rivière Saint-Louis pourrait devenir un problème de contamination encore plus critique si le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) donne suite à son projet de renverser le cours de la rivière La-Guerre dans la rivière Saint-Louis pour mettre fin au problème de pollution engendrée dans le lac Saint-François par l’érosion des terres agricoles de cet autre bassin versant Une inversion de La-Guerre, pompée à 100 % par Hydro-Québec dans le lac Saint-François, augmenterait les risques de dissémination du contenu d’un des plus importants bourbiers aquatiques du Québec.Selon Daniel Green, «cela pourrait constituer une menace potentielle jusqu'à la prise d’eau de Montréal».Selon l’écologiste qui fouille depuis plus de 25 ans les dossiers de toxiques, le bourbier de la rivière Saint-Louis «est non seulement, à [son] avis, le plus important dépôt de sédiments contaminés de la région de Montréal, mais il est aussi un des plus dangereux car on pêche intensément dans le lac Saint-Louis, juste en aval.On y joue dans l’eau de toutes sortes de façons, beaucoup plus qu’autour du quai 103 ou en aval de l’Adacport.C’est aussi un site particulièrement nocif en raison du mélange de toxiques très puissants, un cocktail assez inusité».tions.Les voyageurs qui souhaitent avoir plus d’informations peuvent appeler Air Canada au 1-800-725-0722 ou consulter son site Internet (aircanada.ca).Le cas échéant, la concurrence va profiter du conflit de travail.Dans l’éventualité d’une grève, Canadien International a annoncé hier qu’il augmentera le nombre de vols afin de répondre à la demande.Dans le triangle Toronto-Ottawa-Montréal, la compagnie devait ajouter une «dizaine de vols» supplémentaires si la grève était déclenchée, a mentionné hier la porte-parole chez Canadien International, Renée Smith-Valade, lors d’un entretien téléphonique.Dans le reste du pays, Canadien offrirait «quelques vols» de plus.Même l’industrie ferroviaire n’est pas en reste.VIA Rail Canada est prête à offrir une solution de rechange aux voyageurs laissés en plan par une possible grève, notamment en acceptant les billets d’Air Canada, comme elle l’a fait lors de la grève des pilotes.Par ailleurs, la menace de grève chez Air Canada inquiète les organisateurs d’événements comme le Stampede de Calgary ou les jeux panaméricains de Winnipeg, qui doivent débuter dans quelques jours.Dans les présentes négociations, les tout premiers pourparlers ont débuté il y plus de neuf mois.A la fin du mois de mai, les négociations entre Air Canada et ses agents de bord, membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Transport aérien), avaient été suspendues.L’exécutif syndical avait alors entrepris une tournée pan-canadienne afin d’obtenir un mandat de grève de ses 5000 membres.Cet exercice a permis à l’exécutif d’aller chercher un vote à 94 %.Trois semaines plus tard, les négociations reprenaient pour être rompues encore, le 21 juin.son engagement d’installer dans la Redpath un centre d’interprétation du canal de Lachine et de l’industrialisation du Canada.Le porte-parole d’Héritage Montréal, Dinu Bum-baru, s’inquiète que le gouvernement fédéral se soit retiré discrètement du projet de la revitalisation de la Redpath.Au Regroupement pour la relance économique et sociale du Sud-Ouest (RESO), qui a vu son projet d’un centre d’imagerie numérique combiné au développement récréotouristique rejeté, on ne partageait pas hier l’enthousiasme des autorités montréalaises.«L’administration Bourque a fait du développement du canal de Lachine un projet important et elle vient de prendre une décision à l’encontre de cette orientation», a souligné le porte-parole du RESO, Pierre Richard.Ap^ès avoir émis des doutes sur la réalisation du projet des Ecolofts d’Argenson, M.Richard a promis un débat public auquel le RESO participera activement Mais il devra fort probablement se faire indépendamment de la Ville puisque Saulie Zajdel a tranché qu’aucune consultation autre que les audiences prévues à la Commission de développement urbain n’est prévue.BLUES Un renversement de tendance SUITE DE LA PAGE 1 D s’est mis au diapason de ce qu’on appelle la modernité.Tenez, il y a ce blues de la Master Card qui se conclut par une Master Charge parce que son détenteur, il s’agit d’Albert Collins, a eu le tact de laisser son bout de plastique financier à sa femme avant de partir en tournée.Au retour, il réalise que toutes les espèces sonnantes qu’Ü a gagnées en chantant le sempiternel I woke up this morning/my bed was empty / and make me feel empty, en alternance avec le I want my money / why you treat me so bad, doivent être acheminées illico dans les coffres de Master Charge.Lorsqu’il ne verse pas daqs le crédit, le blues fait dans les nouvelles technologies.À preuve, ce blues du répondeur composé par The Kinsey Report, sans lien de parenté avec les auteurs du rapport Kinsey.Toujours est-il que notre homme, puisqu’il s’agit encore d’un bonhomme, appelle chez lui pour prendre ses messages.De messages, il n’y en a point Alors, il appelle sa copine ou sa fiancée ou.on ne sait plus comment dire.Bref, il appelle chez elle.Mais voilà qu’il tombe sur un répondeur.Alors il appelle maman.Là encore, il tombe sur le répondeur.Alors, en désespoir de cause, et parce qu’il veut combler un déficit de communication, il appelle qui?Son courtier en valeurs mobilières.Le bluesman qui appelle son courtier pour savoir s’il doit acheter du Microsoft ou du Amazone.Com.Nous sommes loin, très loin, du blues du tchou tchou train.L’autre renversement de tendance constaté depuis quelques années a trait à ce sujet que l’on dit éternel parce que le sujet en question se compose entièrement comme seulement des liens, si l’on peut dire, que la femme et le bonhomme entretiennent ou nourrissent L’an dernier, il est bon de le rappeler, beaucoup de chanteuses se demandaient ce que les hommes étaient devenus.Où sont-ils?Pourquoi sont-ils devenus si timides?Et puis, et puis.Les chanteuses du Uppity Saffire assuraient I need a young young man / to take my middle age crisis away.Bref, on avait dors observé que le blues avait effectué une espèce de transsexualité dialectique en diable.Ce transfert, la chanteuse de Mississippi Heat vient tout juste de le confirmer.Katie Davis, c’est son nom, nous a chanté These Men Look Good To Me.On notera, on soulignera, que cette chanteuse, soit dit en passant puissante, a conjugué au pluriel son ode au bonhomme.Quand elle use du singulier, c’est pour nous confier qu’elle voudrait qu’il reste toute la nuit.Whooow! Et la partie de pêche! Passons.Lorsque la femme ne se demande pas où sont passés ces bonshommes qui ont la suprême élégance de jongler avec leurs clés, dans les ascenseurs, pour les faire sonner comme des castagnettes, elle nous raconte, c’est le cas de Honey Piazza pianiste des Mighty Flyers, comment elle l’a laissé sur la touche.Pourquoi?Parce qu’entre les parties de pêche, les rigolades entre gars, le bonhomme était inscrit aux abonnés absents.Si les tempos sont sensiblement les mêmes que ceux qu’ils étaient à l’époque dorée de la troika Muddy Waters-Willie Dixon-Howlin Wolf, reste que le blues des villes conjugue plus que jamais ses mots avec le présent fi s’est actualisé.Passons au blues des champs.Depuis quatre ou cinq ans maintenant, le blues de la campagne vit une véritable renaissance.Jamais depuis une bonne trentaine d’années le blues joué seul à seul, le blues joué avec une guitare toute acoustique, n’a été si populaire qu’actuellement Cela tient notamment, si l’on en croit le sérieux New York Times, au vieillissement de la population.Il semblerait que l’amateur de musique, lorsqu’il frappe la quarantaine, abandonne les rythmes trépidants pour des rythmes plus cool.C’est le jazz et le country blues ou le classique.Toujours est-U que, grâce à Keb Mo, Kelly Joe Phelps, Corey Harris, le duo Wiggins-Cephas, Alvin Youngblood et ici Ray Bonneville et Michael Browne, le mélange de folk avec le blues et du country avec le blues jouit d’une popularité grandissante qui doit beaucoup à la ténacité d’un artiste que David Jobin a mis à son programme extérieur.Son nom?Louisiana Red.Né en 1936 dans le fin fond du Delta, ce guitariste et chanteur à la vie si lourdement chargée par le destin — sa mère est morte alors qu’il avait un an et son père a été lynché sous ses yeux alors qu’il était enfant — est l’un des derniers représentants vivants du blues du Delta que Skip James, Mississippi John Hurt, Blind Willie McTell et bien entendu Robert Johnson mirent littéralement au monde.Cette semaine, sur la petite scène située à l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Urbain, Louisiana Red a rappelé qu’il suffit de jouer une note à la fois, de la jouer avec densité, la note en question, pour conquérir, ou mieux convertir qui que ce soit aux beautés propres à la note noire.Louisiana Red a chanté les complaintes du genre, les You Gotta Move, comme les requêtes du style Shake Your Money Maker.Il a surtout assuré que de la slide, la slide-guitar, il extirpait toutes les possibilités.Celles qui permettent de ponctuer à propos ces maux qui ont inondé sa vie.Enfin, ce soir à 20h on aura l’occasion de voir et d’entendre la plus belle surprise du country-blues des dernières années, et pour bien des années à venir, soit Kelly Joe Phelps.Rarement le blues des champs aura eq un artiste aussi intense que cet homme vivant dans l'État de l’Oregon.S’il poursuit sur sa lancée, alors peut-être bien que Woody Guthrie aura un héritier.BOURBIER Des concentrations de mercure néfastes AIR CANADA i
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