Le devoir, 15 juillet 1999, Cahier A
-?FONDÉ EN 1910 ?— LE DEVOIR Tout vieil! à point à qui sait tendre, ((iilberl Ltiiigovin) Vol.XC - N " I 5 (i PERSPECTIVES L’arme fatale Le très sérieux Institut C.D.Howe pose un regard des plus lucides sur l’actuel système de transferts fédéraux aux provinces.Sans appel, le verdict est si tranchant qu’il fait en sorte qu’Otta-wa, la capitale du meilleur pays du monde, n’aura d’autres choix que d’agir.Le gouvernement fédéral récupère trop d’argent et n’en redistribue pas assez.En outre, ce ne sont pas toujours les plus pauvres qui en sortent favorisés.iyi transferts e Ma rio Cloutier ine de rien, C.D.Howe vient de déboulonner l’une des plus importantes statues du fédéralisme canadien: ses programmes de ; et de péréquation.Dans sa plus récente étude, l’Institut attaque point par point les failles de ce système, qui est tout sauf transparent, sert mal les provinces et perpétue les iniquités entre elles.Ottawa perçoit près de 30 milliards annuellement par le truchement de la péréquation, du transfert social canadien et de l’assurance-emploi, mais il en redistribue moins du tiers, puisqu’une somme de près de 21 milliards retourne finalement dans les coffres des provinces d’origine.Afin de rétablir cet édifice complexe et chancelant, la réforme proposée se base sur une approche interprovin-daliste, une notion depuis longtemps défendue au Québec par le Parti libéral.En ce sens, les recommandations de C.D.Howe poussent un cran plus loin sa critique de la désuétude du système actuel.L’Institut a en tête un programme beaucoup plus simple, basé sur le seul critère de l’impôt des particuliers.Les transferts s’effectueraient directement entre les provinces et Ottawa serait garant du programme.Et, de nuancer de manière pertinente C.D.Howe, ce nouvel arrangement sans transferts fédéraux ferait l’objet de négociations entre les provinces et comprendrait de véritables normes nationales, qui «n’ont pas besoin d’être des normes fédérales».Le message est clair.Le gouvernement fédéral ne peut plus continuer à réviser le système actuel derrière des portes closes et en ignorant le rôle des provinces, leurs besoins et leurs attentes.Mais, même en empruntant la lorgnette interprovinciale, l’analyse de C.D.Howe ne cherche nullement à déstabiliser le système fédéral canadien ou à stimuler la critique provenant des différentes provinces.Au contraire, on souhaite améliorer cet «élément clé de la mécanique de la fédération qui mérite le temps et l’effort nécessaires d'étudier les solutions (.) qui s’assureront que le Canada continue d’être une fédération modèle aux yeux du reste du monde».En initiant une démarche de concertation auprès de ses homologues provinciaux et en en faisant l’un des enjeux fondamentaux de la 40' Conférence annuelle des premiers ministres, en août à Québec, Lucien Bouchard fait taire l’une des critiques les mieux senties de l’opposition officielle sur le manque de leadership de son gouvernement au sein du Canada.M.Bouchard s’est attaqué la semaine dernière, à juste titre, comme le confirme C.D.Howe, à l’une des fiertés de jadis de la fédération canadienne, soudainement devenue son talon d’Achille.Quand on est chef d’un parti souverainiste, toutefois, cet angle d’attaque peut rapidement devenir un couteau à deux tranchants.Quand M.Bouchard a marqué des points durant la campagne électorale en relançant le dossier de l’union sociale, il s’agissait d’une démarche à l’aveuglette où, répondant à une question d’un journaliste, il avait précisé un échéancier et son rôle à jouer comme premier ministre québécois: la réussite de l’union sociale avant le référendum.Les stratèges péquistes n’y avaient d’ailleurs pas pensé, mais la population, on l’avait alors constaté, aime bien les leaders québécois qui donnent leur chance au Canada.Maintenant, est-ce que M.Bouchard ira jusqu’à répéter ce qu’il avait déclaré lors de la campagne électorale à propos de l’union sociale?«Il faudra être un peu patient.Il faut donner une chance à la négociation qui s’engage avec le gouvernement fédéral comme nous le souhaitons, nous, chez les provinces.Il faudra négocier de bonne foi, donc se donner un peu de temps.» En initiant le débat sur la fiscalité au Canada, M.Bouchard marque encore des points, mais sa sincérité risque d’être vite mise en, doute par ses adversaires au Québec et hors Québec.A moins, encore une fois, que le premier ministre québécois veuille vraiment prendre le taureau de la fédération par les cornes et tenter de mener la corrida jusqu’au bout de la course.Entre la réussite possible de cette démarche et la survie du Canada ou son échec et la conclusion souverainiste qui pourrait s’imposer, le dilemme reste entier pour le chef du Parti québécois.Il y a dans le système de transferts fédéraux actuel une vraie réforme à venir, un véritable combat à mener qui pèsera lourd dans la balance politique canadienne pendant des années sans doute.Le renouvellement du fédéralisme passe inévitablement par la révision du «qui paie quoi à qui», puisqu’à l’évidence le programme actuel s’avère l’un des pires ennemis de l’esprit fédératif.Ottawa ne peut plus réviser le système actuel en portes closes M E Montréal Ennuagement suivi d'averses.Max: 29 Min: 17 T E 0 Québec Ennuagement suivi d'averses.Max: 26 Min: 16 Détails, page B 4 INDEX Annonces.B 5 Le monde.A 5 Avis publics.B 4 Culture.B 7 Economie.B 2 Éditorial.A 6 Les sports.B 6 Montréal.A3 Mots croisés.B 4 Politique.A 4 Horizons.B 1 Télévision.B 7 www.ledevoir.com M () N T R É A L , L E .JEUDI 1 5 .) U 1 L L Ë T I !» !» !» HORIZONS La chronique de Jean Dion: Et de six, page B1 LE MONDE Le régime iranien mobilise ses appuis, page A 5 8 7c + T A .X E S = 1 $ / T 0 11 O N T 0 1 $ a LES ACTUALITÉS Les niveaux des réservoirs d’Hydro baissent, page A 3 L’avenir de Desjardins est entre les mains d’une firme externe Le Mouvement Desjardins, qui étudie la possibilité de remplacer ses 12 fédérations par une fédération unique, fait appel à une firme de consultants extérieurs pour l’aider à préparer un document sur les impacts de cette révision de structure.Mais l’exercice apparaît difficile.Plusieurs s’interrogent sur la place que prend la firme Caron Bélanger Ernst & Young dans les travaux de ce comité.Des déclarations récentes du cadre numéro un du Mouvement à ce sujet ont suscité l’étonnement et l’incrédulité.CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Le comité de révision des structures (CRS) du Mouvement Desjardins, qui doit présenter son rapport en septembre, tel que demandé par le congrès spécial de mars dernier, présentera-t-il un document davantage influencé par celui des cadres de Desjardins que par des consultants externes?«S’il y a un désaccord, c’est le point de vue de la firme qui prévaudra de façon à garantir l’objectivité et l’indépendance la plus grande possible», répond Rénald Boucher, président et chef des opérations à la Confédération des caisses Desjardins.M.Boucher a lui-même fourni cette réponse dans un petit feuillet diffusé à l’interne et qui traite spécifiquement des travaux en cours en ce qui concerne l’évaluation des impacts que suscitera la réforme des structures, soit le remplacement des 12 fédérations par une seule ou VOIR PAGE A 8: DESJARDINS Louise Arbour constate les horreurs de la guerre 1K01.A SOUC REUTERS æs9R> >Ï*M LE PROCUREUR du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Louise Arbour, a visité hier un charnier dans le village de Celine, dans le sud du Kosovo, en compagnie d’inspecteurs de Scotland Yard.Mme Arbour a effectué une visite de deux jours dans la province albanophone de Serbie.Elle y a rencontré des responsables de l’OTAN et des Nations unies.Elle a également rencontré des survivants de la guerre civile dans un certain nombre de villages kosovars.Lire nos informations en page A 5.Conflit des infirmières Les négociations se prolongent La FIIQ et le gouvernement gardent le silence sur Tétât des pourparlers MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Les infirmières du Québec doivent reprendre ce matin leur place sur les piquets de grève, alors que se termine, à 8h, la trêve de deux jours qui avait été conclue pour reprendre les négociations avec le gouvernement.A partir de lOh, les 600 délégués syndicaux de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) réunis à Laval en Conseil fédéral spécial prendront connaissance des résultats de ce 48 heures de négociations.«Le Conseil fédéral sera le lieu de discussion et de décision relatives aux résultats de ce blitz de négociation», indiquait la FIIQ dans un bref communiqué, émis hier après-midi.Au moment de mettre sous presse, hier soir, les négociations se poursuivaient toujours, aux bureaux du Conseil du trésor, rue Stanley, dans le centre-ville de Montréal, et promettaient de se prolonger.L’échéance, pour ce marathon de négociations de 48 heures, avait été fixée à 8h ce matin.Les représentants de la FIIQ et ceux du gouvernement s’étaient assis à la table des négociations à 9h, mardi matin, pour un premier blitz qui s’est poursuivi jusque vers 5h, hier matin.Les négociations avaient repris, après une pause, vers llh du matin.Les négociateurs ont marqué un autre arrêt pour un dîner tardif vers 14h30, avant de reprendre la session, qui promettait encore une fois de se prolonger jusque tard dans la nuit Les deux parties, d’un commun accord, ne laissent filtrer aucune information depuis le début de ce blitz, pour ne pas risquer de compromettre le déroulement des négociations.Personne n’a fait exception à la règle hier.«Tout le monde est encore là, ça veut dire que les négociations continuent», disait laconiquement Louise Roche-fort, porte-parole de la FIIQ, hier en début de soirée.VOIR PAGE A 8: NÉGOCIATIONS Denis Marleau et Normand Chaurette seront à Avignon pour Pan 2000 CHRISTIAN RIOUX LE DEVOIR À AVIGNON Denis Marleau, directeur du Théâtre Ubu, sera de la programmation de la prochaine saison du Festival d’Avignon.Le metteur en scène québécois, qui avait ouvert le festival dans la prestigieuse cour du Palais des papes en 1997, sera donc de retour à Avignon l'année prochaine.Une année où la cité des papes a été désignée capitale culturelle européenne à l’occasion du nouveau millénaire.Après Wajdi Moua-wad, invité de cette année (avec Littoral), Denis Marleau créera à Avignon Le Petit Ko-chel, une pièce de Normand Chaurette qui raconte la rencontre de quatre femmes à l’occasion d’un rituel.Ko-chel est celui qui a classifié les symphonies de Mozart et leur a en même temps légué son nom (par exemple: Ko-chel 428).La pièce est un projet que caressent Denis Marleau et Normand Chaurette depuis un an et demi.Elle a été élaborée alors que Normand Chaurette travaillait en résidence au Théâtre Ubu, à Montréal.Le Petit Kochel mettra en scè- Denis Marleau ne quatre comédiennes québécoises.Réalisée en coproduction avec des théâtres français, elle circulera ensuite dans toute la France et au Québec.A Avignon, la pièce pourrait être présentée dans la petite salle Benoît XII, sur l’avenue des Teinturiers.Une avenue où nous avons croisé Denis Marleau hier, alors qu’il butinait allègrement dans la programmation du festival.VOIR PAGE A 8 : MARLEAU QUE SONT-ILS DEVENUS?Michèle Lalonde: La vie derrière soi Elle a écrit des pièces de théâtre, des poèmes, des textes engagés, des spectacles.Mais Michèle Lalonde est surtout connue pour être l’auteure de Speak White, un texte repris et adapté bien souvent sans son consentement jusqu’à ce qu’elle en perde un peu le contrôle.Michèle Lalonde s’est effacée depuis quelques années, un peu amère et préoccupée par la protection de ses œuvres qui ont fait l’objet de pastiches.A lire en page B 1 Festival Juste pour rire Les deux similitudes Le Festival Juste pour rire commence officiellement aujourd’hui.Pendant les dix prochains jours, Montréal redevient la Babylone du gag, en français comme en anglais.Car il y a aussi le Just for Laughs Festival, tout aussi populaire que l’autre.À propos, en quoi ces deux contenants des deux solitudes rapprochées renferment-ils des contenus différents?Y a-t-il une réelle différence entre l’humour canadien-anglais, américain, anglo-saxon et ce que proposent les petits rigolos francos?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Un festival peut en cacher un autre.On l’a dit, mais on le redit: le Festival Juste pour rire est un arbre qui cache la forêt du Just for Laughs Festival.Un gros arbre, certes, une sorte de baobab, avec des racines populaires bien implantées, des branches poussant dans toutes les directions, vers les plus petites salles comme le Cabaret du Musée Juste pour rire jusqu’aux grands galas de l’humour, filmés puis rediffusés aux quatre coins de la Francophonie.Mais derrière, il y a donc cette autre version, en fait l’événement scénique anglo-montréalais le plus performant aux guichets avec environ 120 000 entrées par édition.Il faut aussi compter sur les immenses vedettes américaines et VOIR PAGE A 8: JUSTE POUR RIRE JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Le président du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, et le président du conseil d’administration, Pierre Marc Johnson, ont donné le coup d’envoi à l’événement, hier.778313000672 LE DEVOIR, L E JEUDI I 5 J U | L L E T I !l !) !l tsrn W(-*r.'% agaSsi ir lui, la joie de vivre c’était du sérieux.Ecosse Importée U V E L L E fgsm MP sm$,"M \ND1.V PM (Un Des religieux pro-gais pénalisés Cité du Vatican (Reuters) — Le Vatican a sanctionné mardi un prêtre et une religieuse de nationalité américaine pour s’être montrés un peu trop compréhen- sifs à l’égard de l’homosexualité.La Congrégation pour la Doctrine de la foi accuse le père Robert Nugent et sœur Jeannine Gramick d’avoir propagé des opinions «erronées et dangereuses» sur la question.Connus pour leur activisme gai, ils n’ont désormais plus le droit de se livrer à un travail EN BREF pastoral auprès des homosexuels.Ils ne pourront plus non plus participer à des offices religieux.Nugent et Gramick ont fondé en 1977 dans le diocèse de Washington une organisation qui prône la réconciliation entre la communauté catholique hétérosexuelle et les croyants gais.Bénéfices records pour Ford (AP) — Le constructeur automobile américain Ford a fait état hier de bénéfices records pour le second trimestre, à 2,48 milliards de dollars, soit une hausse de 4 % par rapport à la même période en 1998.Ces bénéfices ont dépassé toutes les attentes des analystes de la Bourse américaine.Ils résultent dçs ventes records enregistrées aux Etats-Unis, qui sont en passe de battre le record annuel des ventes.Quand le maître-brasseur Alexander Keith ouvrait les portes de sa maison, tous accouraient : marins et armateurs, commerçants et notables.Le somptueux Keith s Hall résonnait alors de rires, de chants et d’airs de musique celtique.La fête, c’était du sérieux.Alexander Keith ne faisait aucun compromis, surtout pas avec sa bière : la Alexander Keith India Pale.Il la brassait lentement, minutieusement, prenant tout le temps nécessaire pour atteindre la perfection.ALEXANDER Depuis 1820, la bière Keith connaît le même succès.ÇnJ-**- A 11 ^ Brassée en Nouvelle-Écosse, elle y est toujours la plus populaire.Et maintenant, la fête s’en vient au Québec.1820 •TM/MC.Keith» Brewery »'*“ INDIA PALE ALE* Ceux qui aiment la Keith l’aiment vraiment.* Des timbres de nicotine dans les avions Une demande du Conseil canadien des non-fumeurs presse canadienne Toronto — Le Conseil canadien des non-fumeurs demande aux compagnies aériennes de fournir des solutions de rechange aux cigarettes dans les avions, comme les timbres de nicotine ou de la gomme à mâcher à la nicotine, afin d’aider à réduire l’agressivité de certains passagers.L’organisme, qui est basé à Toronto, est constitué de gens d’affaires et de chercheurs qui se sont donné comme mission d’aider les fumeurs à abandonner le tabagisme.L’interdiction de fumer dans les avions irrite certains passagers, estime le porte-parole du conseil, Frank Dwyer.«Quand quelqu’un est habitué de fumer un paquet par jour et qu’il prend quelques verres lors d’un voyage en avion de deux heures, vous avez un trouble-fête entre les mains, dit-il.Ce type expérimente tous les symptômes de sevrage et les autres passagers font mieux de faire attention.» Pour réduire les inconvénients liés au phénomène de sevrage, le conseil invite le ministère fédéral des Transports à obliger les compagnies aériennes à offrir des produits de substitution aux passagers fumeurs.«Les gens pourraient les acheter ou le personnel de bord pourrait les distribuer», suggère M.Dwyer, qui rappelle que les compagnies aériennes fournissent déjà des boissons aux alcooliques.Le conseil propose par ailleurs qu’on imprime un avertissement sur les billets d’avion.«La compagnie aérienne pourrait ainsi aviser le passager qui fume de se préparer en conséquence avant un vol.» M.Dwyer dit ne disposer d’aucune preuve scientifique établissant un lien entre l’interdiction de fumer et les cas de comportements disgracieux dans les avions.«Je ne prétends pas que nous avons étudié le phénomène, mais ça ne prend pas un génie pour faire le lien, dit-il.Les cas de comportements disgracieux ont commencé à augmenter dans les avions dès que les compagnies aériennes ont interdit de fumer en vol.» Jim Marriott, qui dirige le comité du ministère des Transports chargé d’étudier cette hausse dramatique des cas de «rage aérienne», estime que les faits viennent appuyer les conclusions du conseil.«J’ai devant moi un rapport scientifique crédible qui suggère que l’absence de nicotine est un facteur de stress et que le stress joue un rôle dans la conduite des passagers agressifs», dit-il.M.Marriott dit connaître au moins un pilote américain qui ne part jamais en avion sans de la gomme à mâcher à la nicotine pour calmer les passagers incommodés par le phénomène de sevrage.L’industrie aérienne a rapporté une hausse de 400 % des cas de comportements agressifs dans les avions à travers le monde depuis 1995, et une importante compagnie de vols nolisés canadienne a déjà fait savoir que le quart de son personnel de bord avait déjà été agressé par des passagers en manque de nicotine.Québec s’entend avec la nation abénaquise PRESSE CANADIENNE Trois-Rivières — Une entente entre le gouvernement du Québec et les conseils de bande d’Odanak et de Wôlinak devrait mettre un terme aux conflits qui ont traditionnellement entouré la pratique de chasse, de pêche et de piégeage sur le territoire ancestral.C’est avec beaucoup de fierté que les représentants de la nation abénaquise et du bureau régional du ministère de la Faune et des Parcs ont dévoilé, hier matin, les grandes lignes de l’accord conclu le 29 juin dernier en vertu de la Loi sur les Indiens.Tous ont insisté sur le pas historique qui vient d’être franchi et sur l’esprit d’ouverture dont ont fait preuve les parties en cause.En résumé, le code a pour objectif d’accorder des privilèges aux 375 autochtones d’Odanak et de Wôlinak tout en encadrant leurs activités de chasse, de pêche et de trappage.Ils ne pourront pêcher et chasser sans contrainte en prétextant le droit acquis.«Ce ne serait pas avantageux de se soustraire à cette entente.Tout est écrit noir sur blanc», a souligné le directeur général du Grand Conseil de la nation Waban-Aki, Daniel G.Nolett, confiant que ce nouveau règlement évitera bien des recours devant les tribunaux.Il a également rappelé que sa communauté a participé activement aux négociations avec le gouvernement 4 4 L E 1) E V 0 l R , I.E .1 E II I) I 1 5 .1 V 1 L I.E T I » !) !) A 3 ACTUALITES Les bateaux-dragons à l’île Notre-Dame 8 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Organisées depuis plus de 2000 ans pour commémorer la disparition du poète et homme d’État chinois Qu Yuan, qui a plongé dans la rivière Mi Lo pour protester contre le régime d’un empereur corrompu, les courses de bateaux-dragons opposent des équipages de vingt rameurs encouragés et cadencés par un barreur et un joueur de tambour.Les 110 équipes, présentes à la 4' édition du Festival international de courses de bateaux-dragons, les 24 et 25 juillet prochains au bassin olympique de l’île Notre-Dame à Montréal, viendront du Canada, des États-Unis, d’Europe et de Chine.¦ ‘i Projet «Mon grand frère» II Le racisme serait en hausse au Québec Des groupes de défense s’organisent CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR C ) Le racisme est en recrudescence au Québec, selon la Ligue des Noirs du Québec, et l’organisme Justice et Droits.Les deux groupes disent recevoir de plus en plus de plaintes de racisme, que celui-ci prenne place au moment de la location d’un logement, de l’embauche pour un emploi, ou dans des cas de brutalité ou de harcèlement policier.•.Pour remédier au problème, les deux organismes viennent de lancer le projet «Mon grand frère», qui prévoit agir en tant qu’observatoire du racisme, assurer une défense individuelle aux personnes discriminées et assurer des activités d’éducation dans l’ensemble de la population.Le groupe recevra les plaintes téléphoniques 24 heures sur 24, au [514] 489-1369.Les plaintes seront documentées par affidavit.Le groupe pourra également fournir des services d’avocats, et ne recevra aucune subvention gouvernementale.Il évaluera la situation présente du racisme au Québec et fera des propositions pour la corriger.Les plaintes en matière de racisme sont quotidiennes, disent Dan Philip, de la ligue des Noirs du Québec, et Denis Roumestan, de l’organisme Droits et justice.Sur l’autoroute, par exemple, il arrive que des citoyens noirs soient arretés sans raison, parce qu’on cherche un suspect noir.Certains sont détenus durant plusieurs heures, avant d’être libérés sans plus d’excuses.En guise d’exemple, les organismes mentionnent aussi une publicité du CAA, publiée en mai dernier dans The Gazette, où l’on voit deux Blancs dans une marmite autour de laquelle tournent des Noirs habillés en primitifs, avec des os dans le nez et armés: «Nous ne serions pas dans cette situation si nous avions voyagé avec CAA», dit l’annonce.Si le CAA a présenté ses excuses à la communauté, et que l’annonce a été retirée du quotidien, «le mal est fait», de dire M.Roumestan.Cette annonce «est symptomatique de quelque chose d’important et de grave», dit-il.D’autre part, soutiennent les organismes, un catalogue produit aux Etats- Unis, et recensant des livres de littérature haineuse est présentement en circulation dans l’ouest de Pile.Ce catalogue intitulé National Vanguard Books, no.18, affirme notamment que «les races du monde diffèrent en matière d’aptitudes intellectuelles, en nature spirituelle, et dans leurs possibilités de créer des cultures supérieures».Un livre intitulé The Burden of brown, dénonçant la déségrégation dans les écoles américaines, y est notamment publicisé.Le livre s’insurge contre le fait que dans les écoles américaines «les étudiants blancs sont exposés à une langue extrêmement vulgaire et au fait que des hommes noirs y caressent des femmes blanches dans les couloirs».EN BREF Pollution sans danger (Le Devoir ) — Bien qu’une recherche, dont les résultats ont été dévoilés officiellement mardi, révèle un degré très élevé de contamination dans la rivière Saint-Louis, la Direction de la santé publique de la Montérégie juge qu’il n’y a pas de raison de croire que la santé de la population environnante soit directement menacée.Déclarant qu’elle enten- dait maintenir les actions préventives déjà en place, la Direction a rappelé qu’une autre recherche, publiée celle-là en février dernier, a montré que les grands consommateurs de poissons capturés dans le lac Saint-Louis ne présentaient pas de niveau excessif de polluants dans leur organisme.D serait toutefois opportun, selon la Direction, à moyen terme, de mettre à jour les données sur la contamination.Les collections d'hiver arrivent, le solde printemps-été achève.jusqu à 70% P BOUTIQUE T (î>! 0-18 ans - Maternité 1007, avenue Laurier Ouest Montréal (Québec) H2V 2L1 Tél.: 274-2442 402 -HOWMÉ* IMPERMEABLES LÉGERS importés d’Italie Régulier -76(T§ Soldés 295 $ 1118, rue Sainte-Catherine O., Bureau 200 Montréal (Québec) H3B 1H5 tél.: 861-3636 Du lundi au vendredi De 9 h 30 à 18 h Samedi de 10 h à 16 h Hydro-Québec Les réservoirs d’eau sont à 46 % de leur capacité La société est incapable d’expliquer la baisse En matière d’accès à la justice, Dan Philip argue qu’un nombre minimal de plaintes adressées au comité de déontologie du SPCUM suivent effectivement leur cours.La Ligue des Noirs du Québec a demandé à plusieurs reprises qu’un procureur indépendant, plutôt qu’un autre corps policier, soit nommé pour enquêter sur la police dans les cas où des citoyens portent plainte contre des policiers.Tout récemment, le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, annonçait son intention de faire enquêter la SQ sur le viol d’une étudiante de 18 ans, dans lequel le principal suspect est un policier.La ligue lui a écrit le commentaire suivant: «nous contestons cette façon d’enquêter qui n’offre aucun recours possible aux victimes des policiers, ni de transparence, ni d’impartialité du fait qu'il existe dans l’ensemble de la corporation policière des liens étroits de collaboration qui orientent d’avance l’enquête et défavorisent les citoyens abusés par ceux-là mêmes qui ont la charge de les protéger».Les réservoirs d’eau d’Hydro-Québec se vident toujours un peu plus.En 1998, c’est l’équivalent en eau de 10 TWh qui a disparu.Mais fait étonnant, la société d’État n’est pas capable de dire où est allée cette eau puisque les précipitations pendant l’année ont suffi à couvrir la consommation des Québécois et les exportations.tout en augmentant ses ventes hors Québec de 21,7 %, pour exporter 18,5 TWh en 1998.C’est qu’Hydro Québec vend son hydro-électricité à prix fort aux Américains pendant leur période de grande demande, puis rachète d’eux de l’électricité thermique quand les prix sont bas.Un petit jeu fort lucratif pour les coffres du ministre des Finances du Québec, actionnaire d’Hydro-Québec, mais qui mine l’image de propreté de l’énergie québécoise.Une lecture, toutefois, que ne partage pas Gilles Tousignant, directeur du développement industriel aux services énergétiques à Hydro, qui prétend qu’il est moins polluant de faire fonctionner à temps plein les centrales thermiques américaines en exportant au Québec que de produire «on et off> au gré de la demande locale.Par ailleurs, il est intéressant de noter qu’Hydro-Québec était incapable, hier, d’expliquer la baisse de ses réserves d’eau.Même si l’apport hydraulique a été plus faible que les années précédentes, il a été suffisant pour couvrir entièrement la consommation québécoise et les exportations hors Québec.En d’autres mots, selon le bilan fourni hier par M.Ouellet, il est sorti des réservoirs autant d’eau qu’il en est entré.«L’important, c’est qu’il y a moins d’eau dans le réservoir», a conclu le porte-parole d’Hydro, Steve Flanagan, après que le vice-président à la Production, M.Ouellet, ait avoué son incapacité à répondre.HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Le niveau des réservoirs d’eau d’Hydro-Québec a encore baissé en 1998 par rapport à 1997, passant de 52 % de leur capacité totale à 46 %.Parallèlement, l’apport hydraulique (la quantité d’eau qui ruisselle ou tombe dans les réservoirs et les renfloue) a également diminué pour une quatrième année consécutive.Malgré tout, Hydro-Québec persiste à baser ses prévisions sur la moyenne des précipitations des 55 dernières années sans tenir compte des nouveaux phénomènes climatiques comme l’effet de serre.Ainsi, au cours d’une longue scéan-ce d’information aux bureaux d’Hydro-Québec, le vice-président exécutif à la production, Ghislain Ouellet, a dévoilé qu’en date du 31 octobre 1998, les réservoirs de la société d’Etat contenaient assez d’eau pour produire l’équivalent de 79 térawatt-heure (ou 79 millions de mégawatts).Ce qui équivaut à une baisse de 10 TWh par rapport à l’année précédente.La capacité totale de tous les réservoirs québécois est de 171 TWh.La consommation des Québécois, elle, a légèrement diminué (3,1 %) en 1998, en grande partie à cause de la tempête de verglas qui a plongé des millions de personnes dans le noir pendant plusieurs jours, pour s’établir à 142,8 TWh.Mais les Québécois ont consommé davantage d’énergie «polluante» produite dans des centrales thermiques.Hydro-Québec a en effet augmenté ses achats à court terme d’électricité thermique de 122,5 % Effet de serre Les baisses constantes des apports d’eau nouvelle aux réservoirs n’in- quiètent pas la direction d’Hydro-l Québec.Elle continue à planifier en.fonction d’un apport moyen de 185,5: TWh, même s’il n’a été cette année' que de 168, et même si l’apport est inférieur à la moyenne de 185,5 pour une dixième année en 13 ans.«Tous les experts de l’INRS-eau, de l’université McGill, de la Polytechnique et d'En-vironnement Canada que nous consultons nous disent qu’on ne peut pas tracer de tendance à la baisse des précipitations, qu’on ne peut pas déduire de cycle là-dedans et que la moyenne qu’on utilise est encore la meilleure», explique M.Ouellet._ Ainsi, ni l’effet de serre, ni El Nino, ni aucun autre phénomène climatique, qui vont pourtant dans le sens d’une diminution des précipitations, ne sont pour l’instant pris en ligne dé compte par Hydro-Québec dans se$ prévisions.«Nous en tiendrons compte dès que la science comprendra mieux ces phénomènes et qu’elle sera en mesure de les prédire», a ajouté M.Ouellétj tout en soulignant qu’Environnemenf Canada prédisait même, d’ici 205ÛJ une augmentation de 5 à 10 % des pré* cipitations dans le Nord québécois à cause de l’effet de serre, contre unq diminution de 20 % plus au sud.De plus, Hydro fait valoir qu’elle dispose d’une marge de manœuvre dé 30TWh.Ainsi, l’apport hydraulique pourrait être jusqu'à 30TWh inférieur à la consommation totale des Québéj cois sans causer de problèmes.Hyj dro-Québec n’aurait qu’à repartir sa centrale thermique à Tracy (commÇ elle l’a fait eq juillet 1998), cesser sès ventes aux États-Unis et acheter dé l’électricité de l’extérieur.La capacité d’importation d’Hydro est de 28 TWh/ «S’il y avait une faible hydraulicité, cè ne serait pas le problème du ministre dç l’Énergie, ce serait un problème pour le ministre des Finances», a lancé Gilles ¦ Tousignant, directeur industriel auif Services énergétiques d’Hydro, également présent à la rencontre d’hier.1 Un acte «barbare» envers un Noir ASSOCIATED PRESS Balfour, Afrique du Sud — Un éleveur de bétail blanc et son employé noir ont été inculpés hier en Afrique du Sud pour avoir peint des pieds à la tête de peinture métallique argentée un Noir auquel il reprochait d’avoir pénétré illégalement sur sa propriété.Le fermier, M.de Beer, dont le prénom n’a pas été rendu public, et son employé sont inculpés pour agression avec intention de faire du mal.Ils ont été libérés sous caution.Après s’être emparés de leur victime, Moses Nkosi, qui traversait le terrain pour se rendre dans un magasin situé dans une autre ferme, il l’avaient entièrement déshabillé et recouvert de peinture, parties génitales comprises, rapporte l’agence SAPA Moses Nkosi s’est enfui dans le plus simple appareil, se réfugiant chez son frère avant d’aller porter plainte à la police.Il a dû être hospitalisé pendant deux jours, cette peinture hautement toxique empêchant la peau de respirer et pouvant s’avérer mortelle.Cette agression a rappelé à beaucoup l’époque de l'apartheid, où les Blancs pouvaient s’en prendre aux Noirs sanfe risquer aucune poursuite judiciaire.J Pour le ministre de la Justice, Pef-nuel Maduna, c’est un acte «barbare» motivé par le racisme.«C'est déplch rable que ce genre de conduite ait encore lieu dans notre société».Selon la police, les fermiers blancs sont sur les dents en raison de nombreuses aggressions contre eux.v en fclenvs D Joignez-vous à la tradition estivale Patrimoine et venez profiter de réductions allant jusqu’à 40% sur nos mobiliers-démonstrateurs sélectionnés m y H — i==?i fTflîï iLJj y 'le de montre «est fermee jimanches durant l’été Au Centre Décor 440, 3932 Autoroute Laval Ouest,' Laval (Qc) H7T 2P7 (450) 687-6867 I.E DEVOIR.L E .1 E II 1) I I 5 .1 II I L I.E T I 9 9 9 A 4 •LES ACTUALITES- Sans-abri Travail chez les jeunes Ce sont les salaires qui sont en cause Un économiste se défend d’avoir voulu briser le mythe de la génération sacrifiée La ministre Bradshaw devrait démissionner Le député Bernier considère qu'elle n'a pas fait son travail HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — La ministre responsable des sans-abri, Claudette Bradshaw, n’a pas fait du bon travail et elle devrait céder sa place à un autre, estime le député conservateur Gilles Bernier.M.Bernier est amèrement déçu du rendement de la ministre dans le dossier des sans-abri.Selon lui, le problème a atteint des proportions catastrophiques et il faut bouger rapidement.Le député néo-brunswickois de To-bique-Mactaquac doute cependant que la ministre du Travail ait l’oreille du premier ministre Jean Chrétien et de ses autres collègues ministres.«Mme Bradshaw a promis à une conférence torontoise portant sur les sans-abri qu’elle aurait une stratégie dans un délai de 30 jours.Nous attendons toujours.» «C’est bien de nommer un ministre responsable des sans-logis, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique.Mais si cette personne n’a pas de marge de manœuvre ni de budget ni de personnel supplémentaire, quel est son mandat?» Dans une lettre qu’il écrivait récemment au quotidien Moncton Times and Transcript, M.Bernier conseillait à M.Chrétien de regarder ailleurs.«Il l’a nommée à ce poste parce qu’il y a un besoin urgent de faire quelque chose pour venir en aide au nombre croissant des sans-abri.Avant qu’il remanie son cabinet cet été, il devrait avoir une longue conversation avec Mme Bradshaw», a-t-il soutenu.Selon lui, si la députée libérale de Moncton ne peut pas mettre sa longue expérience au profit des sans-logis, «elle devrait céder sa place à un autre».Activiste sociale, Mme Bradshaw a été l’une des fondatrices de Headstart, un organisme d’aide aux enfants et parents pauvres.Ce programme a connu un succès retentissant Le maire de Toronto Mel Lastman a également été très critique à l’endroit de la ministre.Il l’avait surnommée «Bingo Mom» (la mère des bingos).Mme Bradshaw avait dit tout connaître du sort des sans-abri parce qu’elle avait joué au bingo avec eux.Ce sobriquet lui est resté.«Sait-elle qu'elle est la ministre responsable des sans-logis?a repris M.Bernier.Si oui, je voudrais savoir si elle a une stratégie, un plan d’action et de l'argent.Est-ce qu’elle a un budget ou est-elle plus intéressée à jouer au bingo?» Mme Bradshaw n’a pu être rejointe hier.Elle a entamé des consultations nationales au sujet du sort des sans-abri.ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Se défendant bien de vouloir «battre en brèche le mythe d’une génération sacrifiée», comme l’annonçait à la une hier un quotidien montréalais, un économiste de l’université McGill précise toutefois que si les jeunes travailleurs ont vu leur sort s'aggraver au cours des 20 dernières années, cela est moins du point de vue de leur facilité à trouver de l’emploi que de celui de la qualité des emplois qu’ils trouvent Cherchant à nuancer la façon dont ont été rapportées les premières conclusions de la recherche qu’il mène avec deux autres économistes de l’Université de Colombie-Britannique (UBC), le professeur Daniel Parent confirme d’abord qu’une analyse des statistiques de l’emploi depuis 1976 montre que, contrairement à ce que certains auraient pu croire, l’écart entre le taux de chômage des jeunes et celui des travailleurs plus âgés n’a pas augmenté, mais s’est plutôt réduit Au milieu des années 1970, en effet, le taux de chômage des hommes de 15 à 24 ans était presque trois fois plus élevé que celui de leurs aînés.Cet écart a graduellement fondu à deux, au début des années 1990, avant de remonter à 2,5 en 1998.«Le taux de chômage des jeunes a toujours été plus élevé que celui des travailleurs plus âgés, explique Daniel Parent.Ce que Ton dit, c’est que cet écart n’a pas augmenté durant les 20 dernières années.» Le salaire des jeunes a clairement chuté Une fois ce fait établi, il s’empresse toutefois d’ajouter qu’au chapitre des conditions de travail, notamment au point de vue salarial, un tout autre phénomène se produit «Le salaire des jeunes, par rapport aux travailleurs plus âgés, a clairement chuté, dit-il.C’est particulièrement vrai chez ceux qui sont les moins éduqués.» Chez ces derniers, en effet, l’écart salarial n’est pas seulement plus grand au moment de l’entrée sur le marché du travail, il s’est aussi aggravé en ce qui a trait aux perspectives de progression future.Pour leur part, si les détenteurs d’un diplôme secon- daire disposent de meilleures chances de trouver un emploi que les décrocheurs, leurs salaires sont devenus en vingt ans équivalents.Juste portrait Pour le président du regroupement de jeunes travailleurs Force jeunesse, François Rebello, ce portrait révisé correspond mieux à la réalité.On ne peut pas comprendre la situation des jeunes, croit-il, si l’on ne tient pas compte de la dégradation de leurs conditions de travail.C’est vrai sur le plan salarial, les salaires des travailleurs de 45 à 54 ans ayant crû par exemple de 20 %, entre 1980 et 1995, alors qu’il chutait d’une même proportion pour les travailleurs de 24 ans et moins, mais aussi sur le plan du degré de précarité des emplois trouvés.«Tous les autres problèmes découlent de ça, constate-t-il.On va retarder l'arrivée du premier enfant parce que l’on ne sait pas combien de temps on va réussir à garder son emploi.On va hésiter à s'endetter pour les études pour les mêmes raisons.» Craignant, à quelques mois de la tenue, en février prochain, du Som- met de la jeunesse, que les acteurs gouvernementaux, syndicaux et universitaires saisissent le premières occasions venues pour balayer sous le tapis les problèmes des jeunes, François Rebello, se désole.«Le gouvernement n’a pas intérêt à reconnaître, par exemple, que les baisses de salaires dans la fonction publique n’ont pas été supportées par tout le monde mais surtout par les travailleurs précaires et les prochains employés qui seront engagés.» Pour sa part, Daniel Parent tire de sa recherche la conclusion que l’on aurait tort de lancer de nouveaux programmes visant à favoriser l’entrée sur le marché du travail des jeunes les moins scolarisés.Jugeant important de ne réduire aucun des incitatifs à la poursuite des études, il se dit particulièrement préoccupé par ces jeunes hommes de 15 à 19 ans qui s’avèrent très sensibles aux conditions ponctuelles d'emplois.Ces derniers, révèlent les enquêtes, accorderaient en effet relativement peu d’importance, contrairement par exemple aux femmes de 20 à 24 ans, à l’intérêt, à long terme de terminer leurs études.Interview du 14 juillet Chirac est déterminé à finir son mandat Hépatite C Le programme d’indemnisation retardé PRESSE CANADIENNE Québec — Une note expédiée le 21 juin aux médecins omnipraticiens et spécialistes laisse présager un sérieux retard dans la mise en place du programme d’indemnisation des personnes infectées par le virus de l'hépatite C.Dans cette missive, le sous-mi-nistre adjoint du ministère de la Santé et des services sociaux Richard Massé, annonce, dans un premier temps, qu’un programme de dépistage des victimes sera repris cet automne en même temps qu’on procédera à une analyse exhaustive des 180 000 échantillons de tous les donneurs répertoriés dans la sérothèque d’Héma-Québec qui ont fourni du sang entre 1988 et 1992.«L’analyse de la sérothéque, souligne le sous-ministre, débutera à l’automne et durera au moins un an.» Dans la même note, le ministère de la Santé et des services sociaux qui s’était engagé, à la suite d’une intervention du premier ministre Lucien Bouchard, le 6 mai 1998, à faire diligence et à compenser financièrement les personnes infectées à la suite de transfusions sanguines parle maintenant d’une aide financière et «d’un montant unique fixé par le gouvernement du Québec».Pour le directeur général de la Société d’hémophilie Pierre Desmarais, cette annonce est fort inquiétante, d’autant plus qu’il n’a jamais été question de montant unique dans toutes les négociations qui durent depuis maintenant 15 mois.«Il n’a jamais été question de chèque unique, a-t-il dit, on parlait plutôt de compensation à plus long terme.» Ce qui a davantage choqué M.Desmarais, c’est que la ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Marois, a annulé des rendez-vous avec les porte-parole des victimes à deux reprises, soit le 28 juin et le 2 juillet, et que jamais l’existence de la note du sous-ministre du 21 juin aux médecins spécialistes et omnipraticiens n’a été mentionnée.L’autre inquiétude, c’est que le programme original québécois d’aide financière, offert aux victimes contaminées par une tranfusion sanguine ou par des produits sanguins avant 1986 ou après le 1" juillet 1990, a été élargi.On parle maintenant de deux nouvelles catégories de victimes potentielles: celles qui ont subi des transplantations d’organes avant 1992 et celles traitées par hémodialyse.Gamba rd Vente et service technique ROLEX GENÈVE Submariner en acier et or 18 carats Le président français a rejeté les allégations de démission AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le président français Jacques Chirac a rejeté hier les appels venant de son propre camp à démissionner l’année prochaine pour écourter sa «cohabitation» avec le premier ministre socialiste Lionel Jospin, son principal adversaire politique.«J’estime que ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce quinquennat, sous une forme ou sous une autre, serait une erreur et donc je ne l’approuverai pas», a expliqué M.Chirac, au cours d’une traditionnelle interview accordée aux chaînes de télévision pour la fête nationale du 14 juillet.M.Chirac ira jusqu’au terme de son mandat de sept ans, soit en 2002.«Et alors, les Français jugeront et en tireront tous les conséquences», a-t-il déclaré, sans dire s’il briguerait à ce moment-là un nouveau mandat.Deux personnalités de droite, son propre camp politique, avaient appelé récemment M.Chirac à mettre un terme prématurément à ses fonctions, et à s’appliquer à lui-même une réforme souvent évoquée mais jamais mise en œuvre, celle du mandat présidentiel de cinq ans.L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing et l’ancien dirigeant néogaulliste Philippe Séguin y voyaient un moyen de relancer une opposition de droite en pleine déconfiture, après le terrible revers essuyé aux élections européennes, en particulier par la famille gaulliste de M.Chirac.Mettre fin à la «cohabitation» Selon ces deux responsables, il faut surtout mettre fin à la «cohabitation», particularité institutionnelle française qui fait coexister un président de la République issu d’un camp politique, et un gouvernement du camp opposé et disposant de la majorité à l’Assemblée nationale.M.Chirac a assuré qu’il n’avait pas pris la débâcle de la droite aux européennes comme un échec «personnel».Mais il a jugé que le mode de scrutin appliqué en France pour ces élections — la proportionnelle intégrale avec des listes nationales — «était porteur de confusion» et a souhaité qu’il soit réformé.Le président français a appelé la droite à «faire un vrai effort de réconciliation» et à bâtir «un projet commun fondé sur une vision commune de l’avenir qui n’est pas celle de la gauche».La droite française accumule les échecs depuis sa défaite aux élections législatives de 1997.Ces élections avaient été provoquées par la dissolution de l’Assemblée nationale par M.Chirac, une manœuvre politique presque unanimement considérée aujourd’hui comme une erreur stratégique.Contrairement à ce qu’attendaient certains commentateurs, M.Chirac n’a guère haussé le ton dans ses critiques à l’égard du gouvernement.Il a une nouvelle fois critiqué les lois sur la semaine de travail de 35 heures, il jugé «essentiel» de créer en France un système de fonds de pensions, et appelé les socialistes à profiter la croissance économique pour réduire les déficits.Avant cet entretien, le président français avait assisté au traditionnel défilé militaire du 14 juillet Celui-ci a mis à l’honneur le Maroc, avec la présence du roi Hassan II, et les troupes françaises engagées dans les actions de l’OTAN au Kosovo.REUTERS ¦ Un membre de la Garde républicaine française a été projeté en bas de son cheval lors du défilé du 14 juillet.L’animal a trébuché sur le macadam.Cette année, le roi Hassan II du Maroc a assisté à la célébration en compagnie du président Chirac. L E I) E V 0 I R , I.E .1 E U D I I 5 .1 V 1 i.I.E T I !> !» !» LE DEVOIR LE MONDE Une aubaine pour Fujimori Capture du dernier chef du Sender lumineux AGENCE FRANCE-PRESSE ET Lima — La capture hier de «Feliciano», alias Oscar Ramirez Durand, dernier dirigeant de la guérilla maoïste du Sentier Lumineux, est une aubaine pour le président Alberto Fujimori et les partisans de la ligne dure du régime.Cette arrestation du chef du «Sentier rouge», dissident du Sentier Lumineux, survient en pleine polémique à Lima, après la décision du gouvernement péruvien de rejeter la compétence de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, au risque de s’isoler sur la scène internationale.«Le Sentier lumineux est désortnais décapité», a affirmé le président Fujimori, en annonçant lui-même hier matin la capture du dirigeant maoïste et de trois femmes, parmi lesquelles sa compagne.Aucun coup de feu n’a été tiré durant l’opération et Feliciano, apparemment en bonne santé, a été transféré à Lima Capturé à 4200 mètres d’altitude, dans la région andine du département de Junin, aux confins de l’Amazonie, au centre-est du pays, Feliciano était traqué depuis plusieurs jours par quelque 1500 militaires et policiers, qui ont ratissé la région à la recherche de deux colonnes de la géurilla.Il devait rejoindre dès hier le pénitencier de la base navale de Callao, le port de lima, où le chef historique du Sentier Lumineux, Abimael Guzman, alias «présidente Gonzalo», purge depuis 1992 une peine de réclusion à perpétuité pour terrorisme.Considéré comme «scissioniste» par les partisans d’Abi-mael Guzman, Feliciano, 46 ans, ancien étudiant en économie, avait rejeté la proposition d’un accord de paix au gouvernement, faite en 1993 de sa prison par le chef historique du mouvement maoïste.Cet accord a été catégoriquement rejeté par le président Fujimori.«Je suis en rebellion permanente çontre les terroristes», a une nouvelle fois affirmé le chef de l’Etat, en confirmant son intransigeance à l’égard des mouvements subversifs.Pourtant, les critiques se multiplient, au Pérou comme à l’étranger, contre la persistance d’une législation d’exception et une militarisation de la justice du pays.La semaine dernière, les autorités péruviennes ont décidé unilatéralement de ne plus reconnaître la compétence en appel de la CIDH.La cour internationale venait de demander à Lima un nouveau procès civil respectant les droits de la Défense pour quatre Chiliens, membres du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA, guévariste), condamnés à la prison à vie par un tribunal militaire.Principal chef de la subversion maoïste, Feliciano était à la tête d’environ 300 partisans qui multipliaient les actions de harcèlement et d’embuscades, notamment dans la région de Junin, où trois militaires ont été grièvement blessés lundi par une mine artisanale sendériste.Un autre dirigeant de la guérilla maoïste, Filomeno Cer-ron Cardoso, alias «camarade Artemio», est à la tête d’un groupe de sendéristes dans la zone du Haut-Huallaga, entre les départements de San Martin et Huanuco, à l’est du pays, a précisé à la presse le sociologue Carlos Tapia, spécialiste du mouvement.Quant au MRTA, il n’est plus considéré comme un danger, après la mort de son principal dirigeant Nestor Cerpa, dans l'opération de libération des 72 otages de la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima, en avril 1997.L’assaut des militaires pour libérer les otages, séquestrés depuis 126 jours, avait fait 17 morts, un des otages, deux militaires et les 14 membres du commando guévariste.Le président Fujimori, qui s’exprimait depuis la base militaire de Jauja, non loin de l’endroit où Ramirez Durand a été capturé, a précisé que le guérillero serait transféré à Callao èt jugé par un tribunal militaire secret.Lui aussi passera le restant de ses jours derrière les barreaux, a-t-il ajouté.Plus de 30 000 personnes, soldats, rebelles et civils, ont trouvé la mort dans les violences qui ont secoué le Pérou depuis que le Sentier lumineux a pris les armes en 1980.Colombie: les FARC prennent 40 civils en otages AGENCE FRANCE-PRESSE Bogota — La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) a pris 40 civils en otages parmi un groupe de 200 automobilistes et voyageurs qu’elle retenait depuis la fin de la semaine dernière sqr une route du sud du pays, proche de la frontière avec l’Equateur et le Pérou, a-t-on appris hier de source officielle.«Nous pensons que les rebelles ont pris en otage un nombre important de civils, près de 40, et les ont emmenés au sommet des montagnes pour éviter l’intervention des hélicoptères d’artillerie des forces armées dans leur fuite», a déclaré à la presse le commandant de la police du département de Narino, le colonel Arturo Romo.La prise d’otage de Narino poursuit la sanglante escalade lancée jeudi dernier par les FARC (la guérilla la plus ancienne et la plus importante du pays avec près de 12 000 combattants), Le médiateur de la République, José Fernando Castro, a par ailleurs accusé les FARC d’avoir exécuté onze hommes suspectés d’appartenir aux milices paramilitaires qui s’étaient infiltrés dans la zone de détente située au sud du pays, où doivent débuter mardi les négociations de paix.L’armée colombienne a par ailleurs démenti les informations publiées par le quotidien El Espectador voulant que des avions américains aient participé aux offensives de la fin de semaine dernière contre les FARC.Le quotidien citait des paysans habitant la région concernée dans le sud-est du pays.en bref Grèce: détournement d’autobus Athènes (AFP) — Les négociations de la police grecque avec un Albanais qui, armé de sue grenades, a pris en otages sept ou huit occupants d’un autobus dans le nord de la Grèce, se poursuivaient hier en fin de soirée et les autorités s’attendaient à de longs pourparlers.Le preneur d’otages, Alexander Nana, 28 ans, qui était monté à bord de l'autobus en début d’après-midi, demande 250 millions de drachmes (780.000 dollars), deux armes automatiques et le droit de se rendre en Albanie, selon la police.Le directeur de la police grecque s’est dit disoposé «à satisfaire les revendications du preneur d'otages sous condition qu’il les libère», mais le ministre de l’Ordre publiquea indiqué que les autorités grecques s’opposeraient à ce que le preneur d’otages gagne l’Albanie à bord de l’autobus.Le régime iranien mobilise ses appuis Des dizaines de milliers de fidèles défilent à Téhéran; les meneurs des manifestations étudiantes risquent la peine de mort ASSOCIATED PRESS ET REUTERS Dubai et Téhéran — La faction conservatrice du régime des Mollah en Iran a procédé à une véritable démonstration de force hier en faisant défiler plus de 100 000 personnes à Téhéran et en avertissant les étudiants contestataires que tous les fauteurs de troubles seront passibles de la peine de mort.Déjà, dans la matinée, l’ayatollah Ali Khamenei, guide de la Révolution islamique, avait fait diffuser un message à la radio dans lequel il demandait aux milice et à la police de réprimer les «éléments corrompus et contre-révolutionnaires» qui sont «soutenus et encouragés par l’étranger et certains groupes politiques en faillite en Iran».Lors de cette contre-manifestation, le haut dignitaire religieux Hassan Rowhani, vice-président du Conseil suprême de la sécurité nationale, a promis que ceux qui se sont rendus coupables de dommages lors des troubles de ces derniers jours seront jugés en tant qu’ennemis de l’Etat et sont passibles de la peine de mort.«Ceux qui ont détruit des biens publics et ont commis des agressions contre le système islamique seront jugés par nos tribunaux en tant que “moliareb” et “mofsed"», a-t-il lancé aux manifestants dont beaucoup brandissaient l’effigie de l’ayatollah Khamenei.Les termes mohareb et mofsed sont utilisés par le régime pour désigner les adversaires les plus durs de la République islamique.La punition pour quiconque est reconnu coupable d’être un mofsed, mot persan désignant la corruption sur terre, est la peine capitale.Cette démonstration de force est venue répondre aux six jours de manifestations hostiles aux conservateurs du régime, essentiellement menées par les étudiants dans la capitale.Dimanche et lundi, des dizaines de personnes avaient été interpellées lors de ces rassemblements.C’est la première fois depuis la Révolution islamique de 1979 que des étudiants et des citoyens ordinaires se rassemblent en si grand nombre dans les rues pour défier les durs du régime opposés à la politique d’ouverture du président réformateur Mohammad Khatami.Tout en déplorant les violences policières, celui-ci a cependant condamné les manifestations, jugeant que certains responsables de l’agitation n’ayaient «rien à voir avec les étudiants ou les universités».A Londres, Amnistie internationale affirme qu’au moins cinq manifestants ont été tués dans des affrontements avec la police au cours des derniers jours et que des centaines d’entre eux opnt été arrêtés.L’organisatioin a réclamé la tenue d’une enquête impartiale sur ces décès.Les contre-manifestants, dont la télévision nationale a estimé qu’ils étaient un million, ont emmené leur cortège sur le campus de l’Université de Téhéran, lieu des premiers rassemblements étudiants.Parmi les slogans scandés par la foule, on pouvait entendre: «Nous n’abandonnerons pas Syed Ali [Khamenei]», «Nous offrons notre sang à notre guide» ou enco- % 4*4 b j vi&S REUTERS aeswjr w** jura X’r '-f XfrS- w * W vj ¦ JT SC mmS À la défense des ayatollahs.re «Mort à l’Amérique, mort aux hypocrites».Le ministre iranien de l’Intérieur, Abdolvahed Moussavi-Lari, a déclaré hier que le calme était revenu à Téhéran après six jours d’agitation estudiantine et que les autorités avaient repris le contrôle de la situation, selon la télévision nationale.«Après avoir mis en place un centre de crise [.] et grâce à l’élan natio- nal qui s’est développé, la crise a été jugidée», a-t-il dit selon la télévision en assurant que l’ordre était complètement rétabli dans la capitale.«Les organes du renseignement et de la sécurité poursuivent leurs efforts pour identifier les principaux éléments qui étaient à l’origine des troubles», a-t-il dit ajoutant qu’un nombre indéterminé de personnes avaient déjà été arrêtées.«Condamnons le massacre des étudiants» Montréal — Des pancartes ornent le portail de l’université Mc Gill depuis deux jours: «Soyons solidaires avec le peuple iranien dans sa lutte pour la démocratie» ou encore «Condamnons le massacre des étudiants en Iran».Quelques personnes s’agitent autour pendant tout l’après-midi, rejoints par des étudiants en début de soirée.«Nous sommes là pour les Droits de l’homme en Iran», explique un militant d’une association iranienne de Montréal.D aimerait un soutien au mouvement des étudiants de Té- héran par «la population de Montréal et à travers le monde».La plupart des manifestants appartiennent à des comités de promotion des libertés fondamentales en Iran.Ils viendront tous les jours jusqu’à samedi, où ils comptent défiler dans les rues de la ville.Les passants sont invités à signer une pétition condamnant la répression policière du régime des mollahs, demandant la libération des prisonniers politiques et la liberté de la presse en Iran, entre autres revendications.Le Devoir KOSOVO Une visite émouvante pour le procureur Arbour BÉATRICE KHADIGE AGENCE FRANCE-PRESSE Vlastica — Le procureur du TPI Louise Arbour a passé une dizaine de minutes hier devant une maison de l’est du Kosovo où 13 civils albanais ont été abattus en avril par des paramilitaires serbes.Mme Arbour n’a pu retenir ses larmes devant la maison où les corps ont été brûlés puis écrasés sous les murs démolis au bulldozer.Les survivants ont raconté au procureur du Tribunal pénal international la campagne de terreur menée en avril par les forces serbes contre leur village de Vlastica, à une dizaine de kilomètres au sud de Gnjilane.La majorité de la population s’était cachée dans les collines dès la première attaque serbe, mais six personnes qui avaient tenté de revenir ont été abattues et leurs tombes retrouvées dans le village après le départ des Serbes.Parmi elles une femme âgée de 90 ans avait sur elle tout ce qu’elle avait pu sauver un savon.Deux familles avaient refusé de quitter le village, selon les survivants.Deux paramilitaires serbes les ont rassemblées dans la cuisine d’une maison, et ont ouvert le feu, tuant 13 d’entre eux, dont des femmes et un enfant de deux ans.Puis Irlande du Nord Les unionistes refusent le plan Blair AGENCE FRANCE-PRESSE Belfast — Le principal parti protestant d’Ulster, l’UUP, a réitéré hier soir à l’issue d’une réunion-éclair son opposition au plan de paix proposé par Tony Blair pour permettre la mise en place immédiate d’un gouvernement autonome local, en dépit d’amendements censés le rassurer.Le président du parti, David Trimble, a déclaré à la sortie du comité exécutif que l’UUP «n’avait pas changé de position», ce qui rend très improbable la nomination, comme prévu jeudi, de ministres protestants au sein du gouvernement de la province.Downing Street a immédiatement exprimé sa déception devant le refus de l’UUP mais a souligné que le processus de paix en Ulster n’était pas mort pour autant et que ses efforts se poursuivraient.Dans l’après-midi, M.Blair avait fait un geste de dernière minute en direction des protestants d’Ulster en annonçant des amendements destinés à les assurer du désarmement de l’IRA L’UUP considérait que le projet de loi adopté la veille à Westminster ne comportait pas assez de garanties sur le désarmement de l’organisation paramilitaire et sur sa suspension de l’exécutif au cas où elle ne remplirait pas ses engagements.les assaillants ont mis le feu aux cadavres et détruit au bulldozer la maison où n’ont été retrouvés que des ossements.Dali Hyseni, l’un des survivants, a remercié hier «la communauté internationale d’avoir sauvé tous les Albanais».M.Hyseni, qui a perdu son père et sa mère, sa femme et son frère dans le massacre, a pourtant ajouté: «La vie doit continuer, je pense vraiment que je vais rester dans mon village, j’espère jusqu’au jour de ma mort».Des Albanais du village voisin de Mucipapa, qui ont accusé les Serbes de Pasjan d’avoir abattu la veille quatre des leurs, attendaient Mme Arbour à Vlastica.L’un d’eux, une très vieille femme, a pris Mme Arbour dans ses bras et les deux femmes ont marché un moment en se tenant par la main.«Us ont essayé de tous nous tuer, a dit la vieille dame par le biais d’un interprète.Nous avons encore très peur».«Chaque jour nous réunissons d’avantage d’informations», a dit Mme Arbour dans une brève déclaration à la presse, soulignant qu’il était «très utile» pour elle de se rendre compte de la réalité sur le terrain.Louise Arbour avait aussi visité le village de Celine, dans le sud-ouest du Kosovo, où les corps de 21 personnes, dont des enfants, viennent d’être découverts, pour assurer les coupables d’atrocités qu’ils seront traduits en justice.MIR sera ravitaillée A G E N C E FRANC E - F R E S S E Astana — Le Kazakhstan, après une semaine de blocage, a finalement autorisé mercredi la Russie à lancer depuis la base de Baikonour le cargo ravitailleur Progress devant apix>rter à la station orbitale Mir vivres et équipements techniques.«Nous sommes parvenus à un accord avec nos collègues kazaklis pour lever l’interdiction de tirs», a déclaré le vice-premier ministre russe Ilia Klebanov à Astana, précisant que le lancement du Progress, propulsé par une fusée de type Soyouz, aurait lieu «soit aujourd’hui [hier soir], soit le 16, soit le 20 juillet».A l’origine, le Progress devait être lancé hier à 17h25 GMT.Le Kazakhstan refuse cependant toujours de laisser décoller les fusées Proton à l’origine de l’interdiction, selon le vice-premier ministre kazakli Alexandre Pavlov.Une fusée Proton emportait un satellite militaire russe avait explosé peu après son décollage le 5 juillet de la base de Baikonour, louée par la Russie au Kazakhstan depuis l’effondrement de l’URSS.«Bien que l’interdiction de tirs ait été levée, nous ne permettrons pas les lancements de fusées Proton avant qu ’un certain nombre de conditions soient remplies», a déclaré M.Pavlov.11 s’agit notamment de déterminer les causes de l’accident et d’obtenir un dédommagement de la part de la Russie pour tous les dégâts causés, bien qu’aucun montant riait encore été déterminé, même si les autorités kazakhes ont demandé dans un premier temps plusieurs millions de dollars.Le satellite était retombé dans les montagnes russes de l’Altaï, mais des débris de la fusée étaient retombés au Kazakhstan, causant notamment un incendie de steppe.Fin du sommet de l’OUA , L’Érythrée et l’Ethiopie aceptent une médiation algérienne D’APRÈS REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Clest une véritable avancée, car les deux pays ont pour la première fois accepté» le principe d’une médiation, a dit un diplomate à l’issue du sommet de, l’Or-ganisatipn de l’unité africaine (OUA) à Alger hier.L’Ethiopie et l’Erythrée ont approuvé la proposition de médiation algérienne, alors que le sommet s’achevait sur des appels à la pane et à la démocratie sur le continent.Mais le conflit de la corne de l’Afrique est loin d’être réglé.Isayas Afewerki, président érythréen, a déjà reproché son indécision au Premier ministre éthiopien, Meles Zena-wi.Ce dernier insiste en effet pour que le Parlement et les partis de son pays donnent leur accord à la médiation de l’Algérie.11 reviendra aux responsables algériens d’avancer des propositions précises quant au retrait des troupes de la région en conflit, et au calendrier.Les deux voisins de la Corne de l’Afrique se disputent depuis mai 1998 une zone frontalière semi-désertique.Les combats ont repris depuis le mois de février, les deux partie^ déclarant avoir infligé à l’autre d’importantes pertes.L’Erythrée annonce avoir tué, blessé ou capturé 18 000 soldats éthiopiens.De leur côté, les autorités éthiopiennes affirment avoir mis hors de combat 21 000 Erythréens.Le sommet d’Alger a concentré une bonne partie des travaux sur les conflits qui ensanglantent le continent africain.Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Sadako Ogata, a mis l’accent sur l’esprit d’ouverture et de pragmatisme qui a dominé les trois jours de débats: «Je pense qu’il existe une volonté sincère de chercher à partager les problèmes et de voir ce qu’ils peuvent faire les uns avec les autres pour les résoudre».«Nous voulons la démocratie, mais pas les schémas ni les modèles importés», a souligné, au nom de ses pairs africain, le président algérien Abdelaziz Bouteflika dans son intervention finale.Peu de détails ont filtré sur le réel déroulement du sommet, mené le plus souvent à huis-clos.Une cinquantaine de projets de résolution ont été adoptés par les 46 chefs d’Etats et de gouvernement présents, qui se sont donné rendez-vous en l’an 2000 à Lomé, capitale du Togo, pour le 36e sommet de l’OUA.Auparavant, à l’initiative du leader libyen Moammar Kadhafi, un sommet extraordinaire se tiendra en septembre prochain à Tripoli, pour proposer des changements aux structures de l’organisation panafricaine.Risque de famine en Somalie (Le Devoir) — «Un risque de famine pour plus de 400 OOO personnes» en Somalie annonce un communiqué de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).La pénurie alimentaire toucherait plus d’un million d'habitants.Elle s’explique par les mauvaises conditions climatiques, des infestations aux cultures et les troubles civils — la Somalie n’a pas retrouvé son unité nationale, ni une réelle stabilité politique depuis la chute du président Siad Barré en janvier 1991.Les récentes intensifications des combats entre factions claniques rivales ont affecté l’économie chancelante et entraîné des déplacements de population, estimés à 70 000 personnes.La FAO rapporte que le quart de l’aide alimentaire d’urgence de la communauté internationale a été livré.Mais la Somalie aura encore besoin d’assistance (semences.), «non seuletnent dans l’immédiat mais aussi dans le courant de l'année prochaine».Au village de Celine, au Kosovo. LE DEVOIR.LE JEUDI 15 JUILLET 199 9 A 6 ÉDITORIAL ' .' 1 " ¦¦¦¦=- , Le solo d’Éhoud Barak Un homme de paix, le nouveau premier ministre israélien?Dans le ton, certainement.Sur le fond, cela reste à voir.Concrètement, ses objectifs ne sont pas si différents de ceux de son prédécesseur Benjamin Nétanyahou, chassé du pouvoir le 17 mai dernier pour cause de mauvaise foi.Cela dit, il se dessine au Proche-Orient un télescopage d’intérêts qui rend concevable un déblocage réel, porteur d’une certaine paix, pour la première fois depuis plusieurs années.es fruits sont-ils mûrs?M.Barak s’arme pour la paix comme il s’armait contre les Arabes.C’est bon signe.«Je n’ai pas eu peur de me battre contre les Arabes, je n’ai pas peur défaire la paix avec eux», disait-il récemment en entrevue.On a tout de suite compris, à la composition de son gouvernement, que la quête de la pane allait constituer sa priorité, du moins à moyen terme.En réunissant autour de lui une large coalition de sept partis — qui regroupent presque les deux tiers des députés de la Knesset —, en privilégiant la fidélité à la compétence dans le choix de ses ministres, il se prémunit contre les oppositions et les défections que ses décisions pourraient éventuellement provoquer.C’est le signe sans doute qu’il prendra, en effet, des décisions qui pourraient faire trembler ses appuis, tantôt à gauche tantôt à droite.Sa coalition est large, mais elle est hétéroclite.Combien de temps avant que les relations ne s’empoisonnent autour des tables ministérielles entre laies du Meretz et ultras du Parti national religieux?Si Benjamin Nétanyahou a si peu fait pour faire progresser les accords de pane d’Oslo, ce fut en bonne partie par opposition viscérale.Mais ce fut aussi parce que la coalition qui le tenait au pouvoir était trop fragile et trop poussée à droite pour qu’il puisse en tirer une quelconque marge de manœuvre.M.Barak n’aura apparemment pas ces difficultés.Mais il ne faudrait pas pour autant faire trop vite de lui le héraut d’une pane dont les Palestiniens accepteront facilement de se satisfaire.Le nouveau premier ministre a beau se réclamer d’Itzhak Rabin, il est à la droite du Parti travailliste.Il a exprimé, deux fois plutôt qu’une, des réserves envers le processus de pane lancé à Oslo.Et il a pris soin d’éloigner de son nouvel entourage politique les colombes travaillistes de la négociation de la pane.Il n’est pas non plus question pour lui de remettre en question la souveraineté israélienne sur Jérusalem, question clé de toute solution de pane véritable.Il a promis dimanche dernier de respecter les exigences de retrait israélien contenues dans les accords de Wye.Mais il voudrait, comme le voulait avant lui M.Nétanyahou, que Yasser Arafat accepte, sans attendre le redéploiement complet des militaires israéliens, de lancer tout de suite les négociations finales sur le statut de Jérusalem et les frontières définitives du futur «Etat» palestinien.À ce sujet, on s’attend à ce que M.Barak fasse dès cet été un geste concret de bonne volonté en cédant certaines parcelles de territoires à l’Autorité palestinienne en conformité avec Wye.C’est la moindre des choses.Auquel cas, le nouveau premier ministre instillera dans le processus de paix une dose de confiance sans pourtant faire dans l’immédiat plus de concessions territoriales que n’y aurait été disposé M.Nétanyahou.On mesure les espoirs de paix qu’a suscités M.Barak à l’aune du soupir de soulagement poussé après le départ de son prédécesseur.En Israël, dans les territoires palestiniens, dans le monde arabe, aux États-Unis.Un espace de paix s’est ouvert, tranchant avec l’air vicié de la parenthèse Nétanyahou, dont il faut espérer que M.Barak aura la persévérance de tirer tous les fruits.Le fait qu’il ait consacré, la semaine dernière, l’essentiel de son discours d’investiture au processus de paix — souhaitant ici faire «la paix des braves», là mettre fin «à cent ans de conflit» — est en soi un signe encourageant dans une région du monde qui paie en vies, en misère et en luttes incessantes son esprit d’intransigeance.D’autant plus encourageant que la conjoncture donne à penser que le monde arabe tend l’oreille.Leur âge et leur mauvaise santé inciteraient M.Arafat et le président syrien Hafez El-Assad — qui s’en voudrait d’avoir laissé passer sa chance au début des années 90 — à vouloir dégager rapidement un terrain d’entente.M.Barak voudrait conclure un accord de paix avec la Syrie en le jouxtant à un retrait israélien du Liban.Enfin, Bill Clinton, qui reçoit ces jours-ci M.Barak à bras ouverts à Washington après avoir cordialement détesté M.Nétanyahou, voudrait bien, avant de quitter la présidence, pouvoir inscrire la paix israélo-palestinienne au titre de son héritage politique.Quelle paix sortira de cette conjonction d’intérêts, et quel pays palestinien il en résultera, cela reste à voir.Ce pourrait être bringuebalant.Néanmoins, l’élection de M.Barak semble venir confirmer une ère de pragmatisme où les consciences politiques sont de moins en moins brouillées par les rêves irréconciliables du Grand Israël et de la Grande Palestine.Et de plus en plus épuisées par les querelles.M.Barak se donne un an pour parvenir à des résultats, et la façon dont il a conçu son gouvernement indique qu’il entend mener le bal en one man show, négociant seul sans trop s’appuyer sur son parti.Il sait devoir agir vite pour éviter que, de part et d’autre, les forces extrémistes ne viennent saboter les espoirs.Pensons à l’Irlande du Nord.M.Barak parle en homme de paix, comme Tony Blair.C’est déjà ça.Mais le plus difficile reste à faire.gta ille fer@lede voir, ca Guy Taille fer ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THÉRIAULT Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ LA MA£iJiuA/vA V4>u$ Ai PC UH Pt U, BtAuCouP ou PAS PuToüT ‘A SuPPofcTf* tfS CffCTS SCCoNpAiRfS pt s/ojac TJCAi TCa^nT ConTUI Lt CANCCP?ÇA AiPE BtAuCeuP 'A OuBLifH LA PCNüBlî PC MÊVEciMS, LES LISTES ^'ATTENTE, LES HÔPITAUX ÂMÉHïCAiHS, LA 6RÏVE m ?HA*MACi£fJ$, Lt AAMCLüt D'iA/f/fcM {£&£*, LA PtKMETüKE Pl L'rtS Pou* lî$ VACANCES ç>o Ç> io 0*£«(.o£i£ O
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.