Le devoir, 5 août 1999, Page(s) complémentaire(s)
Vol.X C - N " 1 7 4 ?Il faut agir en homme de pensée el penser en homme d'action.(Henri Bergson) LE DEVOIR PERSPECTIVES Faux départ En remaniant son cabinet, mardi, Jean Chrétien a tenu à faire comprendre qu’il était toujours le patron.Mais tient-il vraiment à le rester au delà de l’an 2000?La question reste ouverte.Depuis plus d’un an, Jean Chrétien ne peut faire une apparition partisane sans qu’on murmure sur son avenir.Personne n’ignore qu’il souhaite être en poste pour présider aux célébrations de la fête du Canada le 1" juillet 2000.Souhaite-t-il cependant se faire réélire pour un troisième mandat?se demande-t-on.Les aspirants à sa succession — Paul Martin, Allan Rock, John Manley, pour citer les plus connus — ne laissent rien au hasard.Ils soignent leur organisation, flattent les partisans et amassent des fonds.L’intensité de leur campagne larvée s’est accentuée au cours des derniers mois, au point d’agacer leur patron.Jean Chrétien veut prendre sa décision au moment de son choix, après avoir consulté son épouse Aline.Il n’est pas question qu’il se laisse pousser vers la sortie.Il a donc réagi cette semaine, profitant du remaniement de son cabinet pour indiquer qu’il avait «l’intention de diriger [sa nouvelle équipe] jusqu'aux prochaines élections».Jamais n’avait-il été aussi ferme.Son geste refroidira peut-être les ardeurs des dauphins les plus im-patienfs, mais il n’a pas réussi à faire taire les journalistes.A peine avait-il fini sa phrase qu’ils revenaient à la charge, l’interrogeant sur son désir réel de continuer.Ce jeu de devinette est devenu une véritable manie de la presse parlementaire, mais l’exercice est un peu puéril.Aucun premier ministre ou leader politique ayant une once de flair ou de jugeote ne peut se permettre de laisser croire, un an d’avance, qu’il quittera son poste.Il Ma n o n perdrait aussitôt toute autorité sur Cornellier ses troupes puisque députés, ministres et militants réserveraient ?* leur loyauté pour l’un ou l’autre des candidats à la succession.Les affaires de l’État pourraient en souffrir puisque l’équipe gouvernementale serait constamment distraite par une course au leadership interminable.Jean Chrétien a trop d’expérience pour l’ignorer.D’où sa déclaration qui prend des allures de rappel à l’ordre.Peu importe sa décision, il doit, tant qu’il ne l’a pas prise et annoncée, conserver toute la marge de manœuvre dont il a besoin pour diriger son cabinet et son parti.Le remaniement de mardi peut être interprété de toutes les manières, mais il serait erroné d’en tirer une conclusion définitive.Certains diront qu’il songe à partir puisqu’un de ses fidèles, Sergio Marcha, a choisi d’accepter de devenir ambassadeur avant qu’il ne soit trop tard.D imite ainsi le directeur des communications du premier ministre, Peter Donolo, qui a été nommé consul à Milan.On pourrait aussi souligner que Jean Chrétien a récompensé de loyaux députés en les faisant accéder au cabinet alors que les états de service de certains ne le laissaient pas présager.Habituellement, un chef agit ainsi pour manifester sa gratitude avant de prendre sa retraite.D’autres diront, au contraire, que M.Chrétien veut rester puisqu’il a ignoré des députés plus expérimentés, mais partisans reconnus de Paul Martin, au profit d’une critique du ministre des Finances, Maria Minna.Mme Minna est associée à la gauche du caucus et a ouvertement dénoncé, à quelques occasions, le virage à droite de son parti.Activiste sociale, elle a rejoint d’autres députés qui s’opposaient, en 1995, aux compressions que le budget imposait aux programmes sociaux.Elle a indiqué mardi qu’elle n’avait pas changé d’opinion.«Nous avons eu quelques difficultés dans le passé parce que je n’aimais pas l’orientation choisie.J’ai alors fait entendre ma voix et je la ferai encore entendre au cabinet», a-t-elle averti.M.Chrétien a-t-il voulu jouer un vilain tour à M.Martin?Ce n’est pas si clair car rien n’indique que le choix des autres nouveaux venus — Denis Coderre, Elinor Caplan, George Baker et Robert Nault — ait été motivé par des considérations semblables.Leur arrivée a plutôt donné l’impression que M.Chrétien souhaitait que son gouvernement devienne plus activiste après des années de discipline budgétaire.«Nous sommes pour la responsabilité fiscale mais nous réalisons en même temps qu’il y a des problèmes dans les domaines économiques et sociaux qui nécessitent l'intervention du gouvernement», a-t-il dit, décidé à bien faire comprendre le deuxième message de son remaniement.Tout cela reste quand même ambigu.Le vrai test de la volonté du premier ministre viendra lors de la présentation du prochain discours du Trône, à l’automne, car si ce virage se confirme, il sera effectivement celui de Jean Chrétien.Les nouveaux venus arrivent trop tard pour en changer les grands axes ou faire contrepoids aux ténors du cabinet.Il est aussi reconnu que M.Chrétien est, au bout du compte, celui qui tranche, que la majorité des ministres soit d’accord ou non avec son choix.Bref, qu’il s’agisse du leadership libéral ou de l’orientation du gouvernement, il faudra attendre pour connaître les intentions réelles du premier ministre.Le vrai test pour Jean Chrétien viendra au moment du discours du Trône METEO Montréul Averses en après-midi.Risque d’orage.Max: 23 Min: 17 Québec Averses.Risques d’orage.Max: 21 Min: 14 Détails, page A 4 INDEX Annonces.B 5 Avis publics.A4 Bourse.B 3 Culture .Economie Éditorial.Horizons.B 1 Le monde.A 5 Les sports.B 6 Montréal.A 3 Mots croisés.B 5 Télévision.B 7 B 8 B 2 A6 www.ledevoir.com M 0 N T R É A L .L E .1 E 11 I) I LES ACTUALITÉS Les jeunes libéraux préparent leur congrès, page A 3 ?5 A DÛT 1 999 8 7 c + taxes = 1 $ / Toronto 1 $ LES ACTUALITÉS Traitement contre les anévrismes, page A 3 LE MONDE George Robertson devient secrétaire général de VOTAN, page A 5 Saputo achète Culinar La SGF parvient enfin à trouver un partenaire québécois pour contrer l’offre d’Interstate Bakeries FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR De concert avec la Société générale de financement (SGF), le Groupe Saputo achète Culinar et dame le pion à l’américaine Interstate Bakeries Corporation, qui avait jeté son dévolu sur le fabricant des célèbres gâteaux Jos Louis.Saputo offre 283,2 millions de dollars (44,63 $ par action) pour acquérir Culinar, surpassant ainsi l’offre de 268,2 millions (42,27 $ par action) du pjus important boulanger et pâtissier des États-Unis, dont le chiffre d’affaires s’élève à cinq milliards de dollars canadiens.La SGF, qui avait accueilli froidement le 5 juillet la décision d’investissements Desjardins de se défaire de Culinar, aura finalement trouvé un partenaire québécois pour contrer l’offre d’achat d’Interstate Bakeries.D faut dire que la SGF a dû faire vite pour présenter une contre-offre d’achat Elle avait en fait 30 jours pour trouver un partenaire industriel si elle voulait exercer son droit de premier refus.Politiquement, la décision de laisser passer Culinar, un fleuron industriel québécois, à des intérêts américains n’aurait pas été nécessairement facile.La SGF est une institution dont l’actionnaire est le gouvernement du Québec.En vertu des termes de l’entente rendue publique hier, Saputo, qui a un chiffre d’affaires de 1,9 milliard, finance l’achat de Culinar au moyen d’un emprunt bancaire de 180 millions.De son côté, la SGF-Soquia, une filiale de la SGF acquiert 2 503 000 actions du groupe au coût de 39,95 $ par action, pour une valeur totalisant approximativement 100 millions.La SGF prend ainsi une participation d’un peu moins de 5 % dans Saputo et se retire du capital de Culinar dans laquelle elle détenait une participation de 39,9 % par le truchement de sa filiale SGF-Soquia.Par conséquent, la SGF réalise un gain de 71,5 millions, ce qui représente un rendement sur l’investissement de 13,24 %.Enfin, en vertu de cette entente, la SGF a repayé à Investissements Desjardins le prix qu’Interstate Bakeries lui avait offert pour ses actions de Culinar.La SGF empoche par conséquent la différence sur les actions d’investissements Desjardins.En conférence de presse hier à Montréal, le président de la SGF, Claude Blanchet, qui siégera au conseil d’administration de Saputo, a mentionné que cette transaction était finale.Autrement dit, il n’y aura pas surenchère sur Culinar en raison du droit de premier VOIR PAGE A 8: SAPUTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lino Saputo a pris un malin plaisir hier à déguster un célèbre gâteau Jos Louis, fabrique par Culinar, que vient d’acheter le Groupe Saputo.Www* Nouveau cas de dopage à Winnipeg Le Cubain Javier Sotomayor perd sa médaille d’or AGENCE FRANCE-PRESSE Winnipeg — Le Cubain Javier Sotomayor, 31 ans, champion du monde de saut en hauteur et détenteur du record du monde, a été contrôlé positif, a annoncé hier le président de l’Organisation sportive panaméricaine (ODEPA), Mario Vasquez Rana, à Winnipeg.Il a été contrôlé positif à la cocaïne et sa médaille d’or acquise vendredi au saut en hauteur aux Jeux panaméricains lui a été retirée, a précisé Mario Vasquez Rana.«L’infraction de Sotomayor consiste en la présence de cocaïne et de ses dérivés dans son urine», a indiqué le président de la Commission médicale de l’ODEPA, le Brésilien Eduardo de Rose.«Pour cette substance, il n’y a pas de minimum.Peu importe la quantité trouvée, c’est une infraction au code médical», a ajouté le docteur.«Une fois qu’on a trouvé cette substance dans l’urine, sa provenance ne se discute pas», a précisé le docteur, qui a toutefois admis que «la possibilité d’une contamination n'était pas exclue», comme l’a avancé la délégation cubaine.Selon Eduardo de Rose, les Cubains ont argué devant les responsables de l’ODEPA qu’un médecin avait donné un thé provenant du Pérou pour soigner un problème à l’estomac.«La justification des Cubains est que le médecin ne s’est pas rendu compte que ce médicament contenait de la cocaïne.Il a utilisé le thé comme cela se fait beaucoup à Cuba, et aussi au Brésil, et apparemment ils ont manqué d'informations», a précisé le docteur brésilien.Dès mardi soir, après l’annonce d’un nouveau contrôle positif aux Jeux, des rumeurs mettant en cause le Cubain, champion olympique à Barcelone en 1992, avaient commencé à circuler.Interrogé à ce sujet, Mario Vasquez Rana s’était refusé alors à nommer l’athlète avant d’avoir les résultats de la contre-expertise et n’avait pas non plus révélé le produit incriminé.Il n’avait ni confirmé ni démenti les rumeurs concernant Sotomayor.VOIR PAGE A 8: DOPAGE QUE SONT-ILS DEVENUS?Gérard Filion, l’éternel franc-tireur Omnium de tennis du Maurier Côté court et côté jardin Quand ils quittent le stade, les joueurs de tennis sont des jeunes hommes sages.Presque trop sages.\ A la direction du Devoir, redoutable pamphlétaire, Gérard Filion étqit craint et détesté des milieux politiques.A quelques jours de son 90° anniversaire de naissance, l’ancien directeur du Devoir vit depuis 25 ans une retraite heureuse, à laquelle il reproche seulement de s’être passée trop vite.Encore solidement charpenté, le franc-tireur d’antan a conservé sa voix de stentor, son esprit vif et son regard perçant.Au cours de la longue entrevue qu’il a accordée à notre journaliste Pierre O’Neill, Gérard Filion a relaté les grands moments de sa vie active, les bons coups et les échecs de sa carrière journalistique.À lire en page B 1 ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR On serait tenté d’imaginer que ces jeunes hommes en vadrouille à longueur d’année autour de la planète sont de furieux noceurs qui ont une petite amie et leur boîte de nuit préférée dans chaque ville.Rien n’est plus faux, assure-t-on aux Internationaux de tennis masculin de Montréal.Sages au point que s’en est presque dommage, les joueurs de tennis professionnels obéissent fidèlement à leur entraîneur et sont toujours rentrés avant que ne sonnent les douze coups de minuit.Pourtant, au tournoi montréalais, aucun effort n’est épargné pour répondre au moindre désir des joueurs.«Notre principe, c’est de ne jamais dire non», affirme le coordonnateur des bénévoles à l’Omnium du Maurier, Alain Beaupré, qui se trouve par le fait même le grand responsable des services offerts aux joueurs sur et en dehors des courts.Ce déploiement de mesures d’accueil commence dans les vestiaires, où du tapis, des fauteuils, le téléphone et la télévision ont été installés et où chacun s’est vu attribuer un espace réservé selon un savant plan qui tient compte des inimitiés qui VOIR PAGE A 8: TENNIS JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’Australien Patrick Rafter a été pris d’assaut, hier, peu après sa victoire contre Alex O’Brien aux Internationaux de tennis du Canada à Montréal.Voir autres informations, page B 6 778313000672 I, E l> E V 0 1 R , L E .1 E U I) I 5 A 0 II T 1 !) » !) B (i -* Le devoir ?- LES SPORTS wzr/^ / 2?f Expéditif JACQUES NADEAU LE DEVOIE PATRICK RAFTER a accédé au troisième tour hier en battant l’Américain Alex O’Brien, le partenaire de Sébastien Lareau.Rafter n’a eu besoin que d’environ une heure pour renvoyer son vis-à-vis au vestiaire.Le match s'est terminé 6-0 et 6-2 pour l’Australien qui jouera contre le gagnant du match mettant aux prises l’Australien Jason Stoltenberg et le Tchèque Jiri Novak aujourd’hui.Internationaux de tennis du Canada Lareau affrontera Johansson En double, avec O’Brien, le Québécois remporte un match «difficile» GUY ROBILLARD PRESSE CANADIENNE Sébastien Lareau a appris quelques instants après avoir remporté sa première victoire en double hier après-midi le nom de son prochain adversaire en simple pour les huitièmes-de-finale de l’Omnium du Maurier.Il s’agit du Suédois Thomas Johansson, 24 ans, 11e tête de série et présentement 22r joueur mondial, qui l’a battu en deux sets de 6-4 à leur seule confrontation précédente à Tokyo, en avril.En conférence de presse hier, il a été beaucoup plus question de cette compétition en simple que du match de double que venait de remporter Lareau avec Alex O’Brien, 7-6 (7-5) et 6-3, sur les Français Arnaud Clément et Sébastien Grosjean.Lareau a été très élogieux à l’endroit de Johansson: «Il a un gros service et une grosse première balle.C’est aussi un super bon compétiteur.Il est bon en contre-attaque et peut-être que je vais moins monter au filet.» Un point positif pour le Québécois: «La surface est un petit peu vite pour lui, c’est un peu à mon avantage.Mais il a très bien joué hier [mardi, contre Simon Laro-se].Il faut s’attendre à un très bon match.» Hier, Johansson a défait difficilement, 7-5 et 7-6 (8-6), Max Mirnyi, un Biélorusse issu des qualifications.Et Lareau continue de se dire au sommet de sa forme, physique et psychologique, même après s’être endormi à 2 h 30 dans la nuit de mardi à mercredi, suite à sa victoire sur Richard Krajicek, complétée peu après minuit.«Ce fut difficile, avec toute cette émotion, mais une fois endormi, j’ai dormi comme un bébé.» Le retour au travail fut néanmoins un peu ardu, mais pour une deuxième journée de suite, a-t-il dit, une brève averse est venue à son aide en retardant d’une trentaine de minute son entrée en double.Lareau, qui est assuré de revenir parmi les 100 premiers joueurs mondiaux, affirme profiter de toute cette attention portée sur lui: «La pression a été plus au début.Il fallait que je gagne.Maintenant, ça fait juste m’aider.Je joue avec beaucoup de confiance, connais une bonne semaine et je l’apprécie.Il va falloir un gros match pour me battre.» On attendait Agassi, on a eu la pluie Première tête de série et champion en titre, Patrick Rafler n'a pas perdu de temps à son premier match à l’Omnium du Maurier, liquidant Alex O’Brien 64), 6-2.Yevgeny Kafelnikov, troisième favori, a également fait son entrée hier après-midi et il n’a guère éprouvé plus de difficulté à disposer de Daniel Nestor en deux sets de 64.Andre Agassi, le numéro 2, a eu moins de veine puisque le programme de la soirée a été annulé à cause de la pluie.Trois autres favoris ont triomphé en matinée, Nicolas Kiefer contre Guillaume Raoux, Thomas Johansson contre Max Mirnyi, et Wayne Ferreira contre Jan-Mi-chael Bambill, le bourreau de Jocelyn Robichaud.Mais Sébastien Grosjean (no 15) a été sorti, 64,6-3, par Michael Chang.Rafter est à Montréal depuis près d’une semaine et encore hier, il a vanté la ville, le Canada et ses amateurs de tennis.Très populaire auprès de ces dames, il a cependant indiqué qu’il était accompagné de sa petite amie.«Ça vous la bouche tous», a-t-il ajouté, coquin.Il ne faut pas croire en effet que l’Australien est venu ici pour jouer au touriste.C’est qu’à partir des Internationaux canadiens l’an dernier, il a gagné quatre des cinq tournois auxquels il s’est inscrit, concluant par les Internationaux américains, ce qui lui fait beaucoup de points ATP à défendre.Jeux panaméricains Bessette se fait piéger MARC DELBES PRESSE CANADIENNE Winnipeg — Lyne Bessette n’est pas parvenue hier à monter sur le podium de la course sur route aux Jeux panaméricains, mais ce n’est pas parce qu’elle n’a pas fourni l’effort nécessaire.En compagnie de sa coéquipière Clara Hughes, Bessette, de Knowlton, a tenté plusieurs attaques dès le deuxième tour pour faire éclater le peloton, qui maintenait une allure plutôt lente de-puis le départ Sa stratégie a fonctionné puisqu’elle s’est échappée en compagnie de trois autres concurrentes et elles n’ont jamais été rattrapées par le peloton par la suite.«Avec deux tours à faire, j'ai tenté de me décrocher des trois autres avant la ligne d’arrivée parce que je ne suis pas une sprinteuse, a expliqué Bessette, âgée de 24 ans.J’ai essayé mais les trois filles ont résisté.C’est comme si toutes les trois s’étaient liguées contre moi dans l’espoir que ça se règle au sprint.» Au sprint, l’Américaine Karen Dunne, la favorite avant le départ et excellente sprinteuse, s’est imposée devant la Cubaine Y.Gonzalez Perez et la Brésilienne Janildes Silva.Bessette a dû se contenter du quatrième rang.Les quatre coureuses ont terminé avfec plus de trois minutes d’avance sur le peloton.Hugues de Winnipeg et Linda Jackson de Nepean, les deux autres Canadiennes inscrites au départ, ont terminé dans le peloton.«Toute la course s’est bien déroulée pour moi.J’ai fait ce que j’avais à faire.Sauf qu’au sprint, je suis partie un peu trop tard.Il aurait fallu que je parte plus tôt pour mettre le sprint à mon avantage.C’est la raison pour laquelle je suis quelque peu déçue car un podium était à ma portée.Mais j’ai appris de cette expérience et je ne ferai pas cette erreur deux fois.» Si ses coéquipiers en ont gros sur le cœur, l’entraîneur de l’équipe canadienne de roller-hockey aux Jeux panaméricains refuse de critiquer publiquement Steve Vézina pour avoir coûté la médaille d’or.Toute l’équipe a été dépossédée de la médaille d’or acquise de haute lutte contre les Américains à la suite du test anti-dopage positif de Vézina.Le gardien montréalais a présenté ses excuses en conférence de presse, lundi, et il a avoué avoir fait usage de stéroïdes anabolisants (nan-drolone) plusieurs semaines avant les jeux pour se préparer pour sa saison de hockey sur glace.Mais il a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait brisé aucune loi et que les règlements des Jeux panaméricains étaient différents du hockey professionnel.Ces commentaires ont contribué à rendre ses coéquipiers encore plus furieux.L’entraîneur Pino Pisano, qui s’était abstenu jusqu’ici de parler avec les médias, croit qu’il s’agit d’une réaction normale.«Ça fait partie du processus de guérison.Ils doivent évacuer leur frustration.Ils n’ont pas besoin d’entendre leur entraîneur dire quoi que ce soit sur le compte de Vézina.» Pisano, qui comptait neuf joueurs professionnels au sein de son équipe, refuse de croire que le problème du dopage est généralisé chez les pros.«Nous avions huit joueurs professionnels qui n’en font pas usage et un seul qui en a pris, a-t-il dit Nous avons affaire à un gars qui a pris la mauvaise décision.» La police de Winnipeg a déposé des accusations d’agression sexuelle à l’endroit d’un joueur de l’équipe de softball des Bahamas.L’athlète a agressé une préposée à l’entretien des chambres au village des athlètes.Charles Levarity Smith, âgé de 36 ans, a été arrêté lundi soir et il a obtenu sa libération moyennant une caution de 500 $.Il doit comparaître en cour aujourd’hui.Les dirigeants de la délégation des Bahamas ont refusé de faire des commentaires sur le sujet Winnipeg ‘99 *¦ Cubs 5 Expos 1 limités à cinq coups sûrs.MICHEL LAJEUNESSE PRESSE CANADIENNE Chicago — Steve Trachsel, qui devait être le partant numéro un des Cubs de Chicago, connaît une année de petite misère.Mais il a toujours les airs d’un grand seigneur quand il affronte les Expos.Bien appuyé par une défensive qui a réalisé quelques jeux spectaculaires et par Sammy Sosa, qui a claqué son 42* circuit, il a permis aux Cubs de remporter une victoire de 5-1 à Wrigley Field.Trachsel (414) a mis fin à une série de quatre victoires des Expos et a remporté sa sixième victoire en autant de décisions en carrière contre eux.Il n’avait pas gagné depuis le 11 juillet.Il avait hâte d’affronter les Expos à nouveau.«Quand j’ai vu sa fiche pour la saison, je n’en revenais pas, a dit Felipe Alou.Ce gars-là a toujours bien lancé contre rious.Je me demande bien ce qui se passe quand il effronté les autres équipes H a beaucoup d’étoffe et il lance des prises avec sa courbe.» Il a limité les Expos à cinq coups sûrs quand il a complété un troisième match cette saison.11 n’a cédé qu’un point en huitième quand Orlando Cabrera a frappé un triple dans l’al- lée à droite, pour ensuite marquer quand Manny Martinez y est allé d’un roulant à l’avant-champ.José Nieves a exécuté son deuxième attrapé spectaculaire en défensive sur le jeu.Powell a subi une quatrième défaite en autant de décisions, mais il aurait certes mérité un meilleur sorti encore une fois.Il a cédé un premier point non mérité en deuxième.Après deux retraits, Brad Fullmer a capté le roulant de Tyler Houston, mais son relais vers PoweÛ, qui couvrait le premier sac, manquait totalement de précision.José Nieves a suivi avec un double dans la gauche.En quatrième, Sosa a obtenu un simple et a filé au troisième quand Wilton Guerrero a été incapable de capter un roulant de Henry Rodriguez.Quelques instants plus tard, un ballon-sacrifice de Houston permettait à Sosa de marquer.Powell a été chassé en sixième.Sosa a entrepris la manche avec son 41' circuit.Oh Henry a obtenu un but sur balles et Houston un simple.Nieves a produit son deuxième point avec un ballon-sacrifice au centre et Benito Santiago a mis la main à la pâte avec un autre simple productif qui chassait le grand droitier.ATHLÉTISME Le ciel s’obscurcit En deux jours, deux des trois médaillés du 100 m aux Jeux de Barcelone ont été rattrapés par le dopage ASSOCIATED PRESS Paris — Dennis Mitchell, puis Iin-ford Christie.En deux jours, deux des trois médaillés du 100 m aux Jeux de Barcelone en 1992, ont été rattrapés par le dopage.Le ciel s’est donc obscurci au-dessus du monde de l’athlétisme, comme pour le cyclisme l’an dernier avec l’explosion de l’affaire Festina.L’Américain Mitchell avait plaidé «un abus de bière et de sexe» pour expliquer son taux de testostérone hors-norme, ce qui n’a pas convaincu la commission d’arbitrage de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).Elle a condamné mardi le médaillé de bronze de Barcelone, âgé de 33 ans, a deux ans de suspension, à partir de son contrôle positif le 1" avril 1998, en Floride.Le Britannique Christie suspecté de dopage aux stéroïdes anabolisants, après la découverte de métabolites de nandrolone dans ses urines lors du meeting de Dortmund le 13 février dernier, a clamé hier son innocence.Les tests ne seraient pas fiables.Reste que ces deux cas vont relancer les rumeurs, entretenir les soupçons, qui font douter désormais du moindre résultat.L’extraordinaire record du monde du 100 m réalisé en 9 s 79 par l’Américain Maurice Green à Athènes le 16 juin, a fait jaser certains.La France, a son niveau, n’est pas épargnée.A preuve, Blandine Bitzner-Du-cret, battue par Fatima Maama-Yvelain dans le 1500 m des championnats de France de Niort le week-end dernier, a fait part de ses doutes en s’étonnant de «la facilité» de son adversaire dans les derniers 400 m.Résultat, elle est attaquée en diffamation.Dans ce malstrom des contradictions, le Canadien Ben Johnson, le «banni de Séoul», l’homme qui avait couru en Corée du Sud en 9 s 79, soit avec 11 ans d’avance sur Green, demande sa réhabilitation.Exclu à vie en 1993, «Big Ben» invoque «des éléments nouveaux», alors que ses urines avaient démontré une prise de stanozolol, un puissant stéroïde anabolisant interdit.Toutes les compétitions sont touchées.Ainsi, l’athlète qui a remporté l’épreuve du saut en hauteur lors des Jeux panaméricains de Winnipeg, la Dominicaine Juana Rosario Arrendel, s’est vue retirer sa médaille d’or après avoir été contrôlée positive au stanozolol elle aussi.Les championnats du monde d’athlétisme qui débuteront lors de la deuxième quinzaine d’août à Séville, sentent déjà fortement le soufre.Munich Linford Christie E N Steffi Graf blessée San Diego (AFP) — L’Allemande Steffi Graf, qui était revenue au premier plan après une série de blessures, s’est de nouveau blessée mardi, lors de la deuxième journée du tournoi de San Diego, en Californie.Tête de série n” 3 de ce tournoi doté de 520 000 $, l’ancienne n° 1 du tennis mondial, âgée de 30 ans, a abandonné au dernier set de son match du deuxième tour contre Amy Frazier alors que l’Américaine menait deux jeux à un, 40 partout dans le quatrième jeu.Alors qu’elle avait gagné le premier set 64, la championne allemande, qui a laissé échapper une balle de match à 54 au deuxième set, a dû se faire soigner sur le court pour BREF une douleur à un tendon à l’arrière de la cuisse gauche.Concédant trois jeux de suite, elle perdait le deuxième set 7-5.Quelques minutes plus tard, elle abandonnait définitivement.Frazier avait perdu les six matches qu’elle avait disputés auparavant contre Graf.«Je n ’aurais pas pu faire un pas de plus», a indiqué Steffi Graf, finaliste cette année à Wimbledon, où elle avait atteint la finale contre l'Américaine Lindsay Davenport.«Cela s’est passé à 5-5 au deuxième set, sur le premier point du onzième jeu», a expliqué la récente gagnante de Roland-Garros, «f ni senti une douleur mais j’ai essayé de continuer.Cela fait partie du jeu, mais c’est dur quand on a eu balle de match et qu’on a été si près de la victoire».( JEUX PANAMERICAINS CLASSEMENT EN DATE DU 3 AOÛT É.-U.0r 76 Argent 73 Bronze 50 Total 199 Cuba 45 32 29 106 Canada 37 34 50 121 Argentine Brésil 22 12 13 47 11 24 30 65 Mexique 8 11 17 36 Venezuela 4 9 9 22 Colombie 3 14 12 29 Jamaïque 3 2 4 9 Bahamas 2 0 1 3 Chili 1 0 7 8 Porto Rico 1 0 4 5 Bermudes 1 2 0 3 Guatemala 1 0 2 3 Surinam 1 0 1 2 Antilles néerl.1 0 0 1 Rép.Dominicaine 0 1 2 3 Pérou 0 2 6 8 Uruguay 0 1 3 4 Equateur 0 0 3 3 Barbade 0 1 1 2 Iles Caïmans 0 1 0 1 Trinité et Tobago 0 0 1 1 I BASEBALL LIGUE NATIONALE Mardi Montréal 9 Chicago 4 Pittsburgh 7 Atlanta 1 Cincinnati 2 Colorado 1 Philadelphie 6 Floride 5 St.Louis 6 San Diego 0 Housotn 7 Los Angeles 2 New York 10 Milwaukee 3 San Francisco 3 Arizona 1 Hier Montréal 1 Chicago 5 Philadelphie en Floride Atlanta à Pittsburgh Colorado à Cincinnati New York à Milwaukee Los Angeles à Houston San Diego à St.Louis San Francisco en Arizona Aujourd’hui Colorado (Astacio 11-9) à Cincinnati (Guzman 0-0), 12h35 Los Angeles (Valdes 8-9) à Houston (Reynolds 13-7), 13h35 Montréal (Thurman 3-7) à Chicago (Lieber 8-4), 14h20 Philadelphie (Person 5-3) en Floride (Nunez 4-3), 19h05 !• Atlanta (Smoltz 8-4) à Pittsburgh (Schourek 3-5), 19h05 San Diego (Ashby 9-5) à St.Louis (Luebbers 1-1), 20h10 Demain Houston à Chicago, 15h20 San Diego à Montréal, 19h05 Colorado en Floride, St.Louis à Pittsburgh, 19h05 Arizona à Philadelphie, 19h35 San Francisco à Atlanta, 19h40 Los Angeles à New York, 19h40 Cincinnati à Milwaukee, 20h05 !I CLASSEMENT Section Est G P Mov.01(1 New York 65 43 .602 -4.Atlanta 64 44 .593 1 Philadelphie 58 48 .547 6 Montréal 41 62 .398 211/2 Floride 41 66 .383 231/2 Section Centrale Houston 65 42 .607 — Cincinnati 61 43 .587 21)2 St.Louis 54 53 .505 11 Pittsburgh 52 53 .495 12 Milwaukee 49 56 .467 15 Chicago 48 56 .462 151/2 Section Ouest Arizona 60 48 .556 — San Francisco 57 50 .533 21/2 San Diego 50 56 .472 9 Colorado 47 59 .443 12 Los Angeles 46 60 .434 13 LIGUE AMÉRICAINE Mardi Toronto 3 New York 1 Cleveland 5 Boston 4 Chicago 9 Detroit 6 Texas 9 Minnesota 5 Kansas City 7 Anaheim 0 Seattle 5 Tampa Bay 2 Oakland 12 Baltimore 2 Hier Toronto à New York Cleveland à Boston Baltimore à Oakland Minnesota au Texas Kansas City à Anaheim Tampa Bay à Seattle Aujourd'hui Detroit (Weaver 6-7) à Baltimore (Ponson 9-7), 19h35 Boston (Rose 6-3) à Anaheim (Finley 5-10), 22h05 I Chicago (Sirotka 7-10) à Oakland (Olivares 9-9), 22h05 1 New York (Clemens 9-4) à Seattle (Moyer 10-5), 22h05 Demain Cleveland à Tampa Bay, 19h05 Detroit à Baltimore, 19h35 Minnesota à Kansas City, 20h05 Toronto au Texas, 20h35 Boston à Anaheim, 22h05 New York à Seattle, 22h05 Chicago à Oakland, 22h35 CLASSEMENT Section Est G P Mov.Dlff New York 63 42 .600 — Toronto 60 49 .550 5- Boston 57 49 .538 61/2 Baltimore 46 60 .434 17172 Tampa Bay 43 64 .402 2j Section Centrale Cleveland 65 41 .613 -g Chicago 51 54 .486 131/2 Kansas City 45 61 425 20 Minnesota 44 61 .419 20 1/2 Detroit 42 65 .393 23 1/2 Section Ouest Texas 64 42 .604 —ï- Oakland 56 50 .528 & Seattle 53 53 .500 Anaheim 44 61 .419 191/2 I t B 8 L E 1) E V 0 I H .L E .1 E U 1) 1 5 A DÛT 1 i) 9 9 LE DEVOIR CULTURE Hier soir aux FrancoFolies Il a plu dehors comme en dedans SYLVAIN CORMIER Hier, il pleuvait sur les FrancoFolies.Pluie molle, pluie drue, jamais vraiment de hallebardes.Juste assez de pluie pour nuire aux bardes, dont les scènes couvertes n’empêchaient pas la dissémination des ouailles.Sans public, on joue pour qui?En fait, la question est; on joue pourquoi?Parce que c’est écrit dans le contrat, pardi.Pour assister au spectacle de Mario Peluso, il y avait quand même à 20h quelques dizaines de gens pas faits en chocolat Bravement le bon Mario a lancé Témis-caming, chanson-titre de son seul album, telle une bouée: «Je suis au point de non-retour /Je m’en retourne au Témiscaming».C’est ce qu’on lui aurait souhaité, tiens, tellement c’était tristounet de le voir là.Le revoir là.Un an plus tard, presque jour pour jour, sur la même scène extérieure, au même coin de rue.Au même point.Presque une métaphore de son difficile début de carrière.L’an dernier, il faisait beau, l’album sortait, on était tous optimistes, médias et gens de l’industrie.Hélas, le disque n’a jamais pris son envol.Je me demandais pourquoi hier en le voyant, toujours aussi convaincant, voire un peu plus solide sur ses pieds.Mise en marché insuffisamment agressive?Album trop vite sorti?Je préfère croire que le temps de Mario Peluso n’est pas encore venu.Tiersen sous sa propre pluie Une heure plus tôt, j’étais au café du Monument-National, où il pleuvait également.Mais une pluie fine, une bruine bretonne.Il pleuvait dans la tête de Yann Tiersen, dans ce qu’il transmettait de ses doigts agiles à tous les instruments qu’il touchait Et il en a touché beaucoup: accordéon, piano, guitare Rickenbacker modèle Lennon, violon, piano-jouet et xylophone-jouet Tiersen est un étrange animal, nou- LES FRANCOFOLIES veau prince d’une musique ancienne et moderne à la fois, produite à partir de presque rien.C’est tout juste si l’on peut dire que c’est de la chanson: il y a des airs, des mélodies, mais Tiersen chante peu ou pas.Et quand il chante, il parle en chantant.Comme quelqu’un qui chantonnerait ses pensées.Une sorte de Jean-Louis Murat en plus minimal.En plus mélancolique, aussi.D’où la pluie.En spectacle, le Brestois fait comme sur ses quatre disques, en tous cas les deux qui nous sont parvenus, Le Phare et Tout est calme: il joue.Il joue concentré, pen-chésur ses instruments, presque sans se donner voir, offrant si peu au regard qu’on redouble d’attention.Chaque note, chaque son compte.Et les images surgissent de la musique.Hier, chaque pèce de musique était un film.Le sien et les nôtres en même temps, tous différents et tous un peu pareils.Dans chaque film, j’en jurerais, il y avait une Bretagne où il pleut Ou était-ce Montréal un morne soir de FrancoFolies?(Il remet ça ce soir à 19h: apportez votre parapluie.) Rigolade au sec Morne?Pas pour tout le monde.À l’intérieur du Complexe Desjardins, la même heure que Peluso, il pleuvait des gags.Crampe en masse, le duo d’humoristes-chanteurs Mathieu Grat-ton et Ghyslain Dufresne, avait tiré le bon numéro: tous les francofous du site s’étaient amassés à l’agora pour le premier de leur deux spectacles.Une majorité de badauds qui découvrait, en se dandinant autant qu’en rigolant, les p’tites tounes pipi-caca-poil du tandem, données sur de charmants airs de folk à la Jim et Bertrand.«Elle n’était pas comme les autres», chantaient-ils dans L’Agrès.«Elle avait deux nez, trois yeux, une souris verte.» Pendant qu’un autre jouait sous la pluie, ces deux-là ont plu.Taha fait un tabac VINCENT DESAUTELS LE DEVOIR Le spectacle affichait complet depuis belle lurette.Bien avant que le débutent les FrancoFolies de Montréal, édition 1999, on savait que îachid Taha ferait un tabac.Dans la oulée de son album Diwan, le chan-eur français d’origine algérienne ’était imposé comme la révélation les scènes extérieures aux FrancoFo-ies de 1998.Alors cette fois il était at-endu, le bonhomme, par une foule endue d’avance, conquise par ses reirises des grands succès de la mu-iique arabe comme par ses précé-lentes tentatives dans le pop, le rock iu la dance music qui jalonnent sa arrière depuis les années 80.Sa prestation de l’an dernier, consa-:rée principalement à Diwan et à ses îommages, avait déjà donné le ton: on l’attendait donc à un spectacle plus ock que ne le laisse entendre le lisque.Que ce soient des pièces de :haâbi traditionnel ou des chansons l’amour du crooner libanais Farid El Urache, Rachid Taha a effectivement ¦nergisé son répertoire, éliminant les rontières entre les styles pour n’inter-iréter finalement que de la musique po-mlaire, riff de guitare et de oud confon-lus en un même baroud irrésistible.Les quelques mesures des Rolling Stones qui inauguraient le spectacle le voulaient donc le programme de oute une soirée.Il fallait voir l’un de :es musiciens, oud en bandoulière, :ourir, sauter et se démener sur scène ;omme n’importe quelle rock star.Ra-:hid Taha lui-même n’était pas en res-e avec ses déhanchements réglemen- taires, les deux jambes bien écartées, agrippé à son pied de micro comme à une béquille.D avait mis sa nonchalance bien en évidence, attitude obligée du rockeur qui se respecte: chemise ouverte, cigarette en main, Rachid se la jouait cool pour le plus grand plaisir de l’assistance qu’il interpellait en copain familier.Au rappel, il est revenu sur scène un verre de bière à la main; ce ne devait d’ailleurs pas être le premier, à le voir tituber puis s’affaler lamentablement devant la batterie.Rien ne ressemble plus à un concert de rock qu’un autre concert de rock, fut-il chanté en arabe ou en anglais.Heureusement, il était en verve, le Rachid, et ses musiciens ne demandaient qu’à faire exploser la salle.La foule massée à leurs pieds répondait bien, battait des mains sur commande, scandait le refrain quand on le lui demandait.«On vous a pas dit défaire: Allah! on vous a dit défaire: Ole! On n’est pas des terroristes», s’est amusé le chanteur.Il a beau avoir suspendu les portraits de ses idoles maghrébines en fond de scène, il a beau s’étendre sur le rôle des arabes dans l’héritage culturel des Grecs anciens, Rachid Taha n’entendait pas faire de politique pour autant.Un drapeau algérien flottait tout de même au-dessus de la foule, mais quand on l’a lancé au chanteur, il s’en est trouvé bien embarrassé, se contentant de quelques pitreries sans conséquence.C’est quand même en chantant qu’il était à son meilleur: rai', rock, même combat, a-t-il prouvé à chaque fois que les rythmes combinés de la batterie et de la derbuka faisaient lever la foule.Le nouveau magazine littéraire de la SRC Aujourd’hui aux FrancoFolies Jerôme Minière Depuis que, journalistes invités, nous le découvrîmes en tout début de programmation aux audacieuses Transmusicales de Rennes, nous avons gardé pour sa drôle de musique pop-minimaliste une tendresse certaine, voire une certaine admiration.Cet Orléanais débarqué au Québec a continué de nous séduire depuis avec deux albums pleins de mots étonnamment tournés, de musiques inattendues et d’ambiances singulières.Sur scène, l’approche aura été nettement plus ardue, le jeune homme à la voix fluette foulant du bout des pieds ses premières planches.Il s’y sent mieux, à ce qu’on me dit: belle occasion d’aller s’en rendre compte ce soir à 20h au «monde francofou» situé dans le petit parc en face de la rue Sainte-Catherine, entre la rue Clark et le TNM.Sylvain Cormier Sous le signe de la jeunesse Trois animateurs, des chroniqueurs, des invités dans une atmosphère conviviale PAUL CAUCHON LE DEVOIR Ly animation de la nouvelle émission littéraire de Ra-r dio-Canada est confiée à un trio qui se distingue par sa jeunesse et sa grande polyvalence.L’émission, qui porte le titre provisoire de Jamais sans mon livre, sera en effet animée par Maxime-Olivier Mou-tier, Marie-Louise Arsenault et Sylvain Houde.Il s’agit d’un concept audacieux, différent des plateaux de télévision à la Bernard Pivot auxquels nous sommes habitués, où un animateur vedette donne le ton.L’émission sera enregistrée en studio, sans public.Chaque semaine, deux chroniqueurs se joindront aux trois co-animateurs pour une discussion à cinq sur différents sujets littéraires.«Ce sera convivial, avec de multiples échanges» de dire Monique Gignac, coproductrice de l’émission en compagnie de Christiane Charette.C’est en effet la maison de production de Charette-Gignac qui a obtenu de Radio-Canada le mandat de préparer cette nouvelle émission (au moins trois projets d’émission littéraire étaient en compétition).La présence de Christiane Charette comme coproductrice semble perçue très positivement par le milieu littéraire, mais l’animatrice vedette a choisi de ne pas apparaître à l’écran dans cette émission.On pourra toutefois continuer à la voir chaque semaine dans le cadre de Christiane Charette en direct.Les trois animateurs font tous partie de la relève, si l’on peut dire.Maxime-Olivier Moutier est un jeune écrivain de moins de 30 ans dont le troisième récit, Marie-Hélène au mois de mars, récit d’une tentative de suicide après une peine d’amour, a été très remarqué et louangé l’année dernière.Marie-Louise Arsenault est une journaliste pigiste qui a circulé dans différents milieux.«Nous avons remarqué son aisance, son aplomb, sa curiosité» de dire Monique Gignac.Comme reporter pour Flash, à TQS, l’année dernière, elle s’est distinguée en affrontant Denise Bombar- La présence de Christiane Charette comme coproductrice est bien perçue par le milieu littéraire dier qui lui reprochait de ne pas avoir lu son livre, ce que Mme Arsenault a contesté.Quant à Sylvain Houde, il est musicien, ancien disque-jockey des Foufounes électriques à Montréal, mais également passionné de littérature, critique à l’hebdomadaire Voir et recherchiste pour Christiane Charette.Le trio sera accompagné chaque semaine de deux chroniqueurs invités, qui pourraient revenir plusieurs fois dans la saison.Ces chroniqueurs sont des journalistes, des comédiens, des écrivains, tous conviés à discuter avec le trio principal selon le sujet de la semaine.L’émission recevra également, sur une base hebdomadaire, un écrivain en entrevue, qui pourra d’ailleurs se joindre, s’il le désire, aux cinq autres participants pour le reste de l’émission.Monique Gignac insiste beaucoup sur la «souplesse» de la formule.Jamais sans mon livre abordera autant les livres de cuisine que les textes de chanson et pourra même rendre compte de textes intéressants publiés dans des magazines.Les productrices veulent également recruter quelques enfants pour discuter de littérature jeunesse à l’occasion.Mais un tel éclectisme ne risque-t-il pas de banaliser les vrais grands textes littéraires et d’en gommer l’importance?«Ce n’est ni une émission de variétés, ni un magazine léger du matin, se défend Monique Gignac.Nous voulons aussi aller en profondeur».L’émission entend également suivre de près l’actualité générale.En pleine guerre du Kosovo, par exemple, une telle émission littéraire pourrait offrir une édition spéciale avec présentation d’écrivains serbes, de textes d’essayistes ou d’historiens, etc.Ce magazine télévisé, très attendu par la communauté littéraire, sera diffusé le dimanche après-midi, à la suite d’une nouvelle version de l’émission culturelle De bouche à oreille qui n’aborderait plus la littérature.La première est prévue pour la mi-septembre.Par contre Jamais sans mon livre ne détiendra pas le monopole des entrevues avec les écrivains sur les ondes de Radio-Canada: Christiane Charette recevra elle-même des écrivains dans sa propre émission.Les FrancoFolies Une nuit avec la cow-girl urbaine BRIAN MYLES LE DEVOIR Ly année du Chihuahua, ont lancé les critiques en dé-r but d’année, lors de la sortie du premier album solo de Mara Tremblay, multi-instrumentiste de talent.Ce soir aux FrancoFolies, Madame Tremblay s’offre le Spectrum, qu’elle partage avec Gros Mené.Celle que l’on appelle la «cow-girl urbaine» mélange la lenteur du country et la rythmique du rock’n’roll avec une assurance lyrique certaine.Avant de se lancer dans une carrière solo, la dame a accompagné Zachary Richard, Lhassa de Sela, Nanette Workman, Les Frères à Chv’al et Les Colocs, tantôt au violon, tantôt à la mandoline, tantôt à la guitare.Sur son premier album, accueilli avec moult éloges par la critique, elle a d’ailleurs joué de tout, sauf de la batterie.Elle a commencé à acquérir ses assises musicales dès sa tendre enfance sous l’influence de son paternel qu’elle a déjà décrit comme «un zigneux de musique» manipulant le violon, la guitare et le piano.«J’ai compris vite que le country, c’était la meilleure musique pour exprimer simplement et directement ce qu’on ressent, disait-elle dans une récente entrevue.C’est pas compliqué, le country: c’est le cœur qui t’arrache quand ça te fait mal.C’est la base de la vie.» Mara Tremblay, imprégnée de multiples influences, joue du «western trash», pour donner une définition simple et complète de son art éclaté et vivement bordélique.Mara Tremblay ne sera pas seule au Spectrum, où monteront également sur scène les rockers de garage de Gros Mené, un collectif mené par Fred Fortin.Le même Fortin qui a collaboré à la réalisation de Chihuahua, qui fut enregistré dans son chalet au lac Saint-Jean.Gros Mené, avant d’être un groupe de scène, ce fut d’abord un jam entre garçons, dans ce même chalet (décidément) perdu au milieu du bois.Les titres des chansons du premier album, Tue ce drum, Pierre Bouchard, en disent long sur la chose: Ski doo, Constipé, Gros Mené, Garage, Yamaha, Pawnshop, Marcel, Stonefly, Dépanneur, Graine, Bobette et autres Plotte.SOURCK FRANCOFOLIES Mara Tremblay «Des textes heavy, des paroles rock, ça existe depuis longtemps.Pis ça va se faire encore, disait Fred Fortin au sujet de Gros Mené.On est juste un autre p’tit criss de band de rock.C’est carrément ça.» Et c’est drôlement percutant.Est-ce un hasard?Toujours est-il que cette septième soirée de FrancoFolies, vraiment marquée de la griffe du country-rock, met aussi en vedette WD-40.Le trio punk-rock-country très intense et très intègre d’Alex Jones se produit à 22h sur la scène extérieure de la Zone Hip.En résumé, c’est l’occasion pour le public de se salir la tête, de se défouler, d’écouter des textes rigolo (et parfois de mauvais goût) et de se faire sérieusement percuter les tympans.Rimouski à l’heure du jazz LE DEVOIR Mississippi Heat, Steve Hill, l’ensemble Amati et Claude Lé-veillée sont les principales têtes d’affiche du Festi Jazz de Rimouski, qui aura lieu du 31 août au 5 septembre pour une 14' année consécutive.Mississippi Heat, c’est ce collectif à géométrie variable qui a livré une prestation énergique lors du dernier Festival de jazz de Montréal, dans un Spectrum qui n’en finissait plus de danser et d’exiger des rappels.Sous la direction de l’harmoniciste Pierre Lacocque, Mississippi Heat propose un joli condensé de blues dans la lignée «Chicago».Le groupe de six musiciens s’amène avec un nouvel album, Handyman, après une absence de cinq ans à Rimouski.Mississippi Heat se distingue par les temps qui courent par la voix puissante de sa chanteuse, Kate Davis, et le jeu impeccable du batteur Kenny Smith.Quand ce groupe festif entreprend Sweet Home Chicago, hymne incontournable du blues, il est difficile de ne pas danser.Mais avant que la chaleur des bayous ne gagne les Ri-mouskois, le mercredi 1" septembre, le Festi Jazz s’ouvrira le 31 août avec Jora-ne Peltier, chanteuse et violoncelliste que l’on dit envoûtante.De ses chansons transpirent des influences celtique et irlandaise.Peltier propose même quelques aventures en territoire espagnol et créole.Le même soir, il y aura Paul Kunigis et son groupe Jeszcze Raz (prononcez yes-tché-raz).Kunigis, né en Pologne d’un père juif et d’une mère qui s’intéressait aux chants slaves et à fa liturgie catholique, puise ses influences dans! les musiques klezmer et tzigane.Le jeudi 2 septembre, Oscar Lopez, guitariste canadien d’origine chilienne; se ramène en trio pour un spectacle baignant surtout dans le jazz-fatino.Ail département de fa guitare, il faut égaler ment souligner fa présence à Rimouski de Brian Hughes (le vendredi 3 septembre) et de Steve Hill (du vendredi 3 au dimanche 5 septembre).Le premier est considéré comme un guitariste original du jazz contemporain, ce qui lui a valu de jouer au côté des John Scofield et John McLaughlin.Le deuxième est identifié à fa relève du blues, et son dernier album emprunte parfois fa voie du rockabilly et du rock tex-mex à fa manière de Jimmy Vaughn.De son côté, Claude Léveillée se permet au piano une première incursion dans l’univers du jazz, le samedi 4 septembre, avec des musiciens dont l’identité demeure encore inconnue.Le Festi Jazz de Rimouski, 14' du nom, se terminera enfin le dimanche 5 septembre avec un brunch musical sous les auspices de l’ensemble Amati et ses 14 musiciens, qui joueront un hommage à Gershwin.La manifestation propose en tout une quinzaine de concerts.EN BREF Hiroshima commémorée (Le Devoir) — La Ville de Montréal commémore encore une fois cette année le bombardement atomique qui a détruit 1a ville japonaise d’Hiroshima, le 6 août 1945.Afin qu’elle coïncide avec 1a cérémonie à Hiroshima, fa cérémonie montréalaise aura lieu ce soir à 19h au pavillon japonais du Jardin botanique, en présence du maire Pierre Bourque et du Consul général ad interim du Japon, Tadaharu Chi-chii.Montréal est devenue ville jumelle d’Hiroshima en 1998.La ville japonaise avait alors fait cadeau à 1a métropole de 1a Cloche de la pane, qui sonnera au Jardin botanique ce soir lors de 1a commémoration.Ferrer, Paris et Prophètes On ne peut savoir à l’avance à quoi ça va ressembler.Ce qu’on sait, par contre, c’est que grâce aux chansons du regretté Nino Ferrer, mort comme Van Gogh l’été dernier dans un champ de blé, le spectacle-hommage que le québécois Alexis Loranger donnera ce midi sur 1a place du Complexe Desjardins sera tout sauf banal.Les immortelles Cornichons, Téléfon et Le Sud sont au programme.A 1a Boîte à chansons, jouxtée au TNM, Geneviève Paris, qui se fait rare sur scène, donnera deux spectacles aujourd’hui, à 19 et 21 heures.Pour les fans qui ont envie de se faire parler dans l’oreille, l’occasion est toute trouvée.Parle-moi, Geneviève.Qui sont les Nouveaux prophètes?Réponse ce soir au Spectrum, où le trio québécois remixera sous nos yeux ses ambiances hip hop, rap et pop.Martin Bilodeau Festival des Arts de S 30 juillet-15 août 0 “3 Le Grand Chœur de Mtl Carmina Burana Juan Carlos Caceres Concours internationaux 1\1.Choquette et Amati Jose Greco 11 (Flamenco) 13,14 et 15 août 8 août 10 août 11 août 12 août WilhelrnTna 1 Fernandez Vedette du .filin «La.^Diva» 7 août | $ Informations, réservations : 450 227-9935 Admission: 790-1245/1 800 361-4595 1 BANOUC NATIONAL! OU CANADA «cooico Bayer -h BOWNE TSSK aainrur Forfaits souper-spectacle-hébergemcnt-petit déjeuner Condos Mont St-Sauveur Manoir St-Sauveur Auberge Mont Gabriel Hôtel L'Eau à la Bouche Hôtel L'Estérel 1-800-363-2426 1-800-361-0505 1-800-668-5253 1-888-828-2991 1-888-378-3735
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