Le devoir, 4 septembre 1999, Cahier D
I y 1, K V 0 I H .L E S S A M EDI l E T D I M A X C II K f> S E P I E M B B E I !> ü !> Lettres québécoises Page D 3 Romans américains Page D 4 Essais québécois Page D 5 Paterson Ewen Page D 7 Formes Page D 8 Actualité Un archipel inachevé / Ecrire en français dans le monde Jusqu’à dimanche se poursuit à Moncton le VIII' Sommet de la Francophonie.Espace géographique et politique, la francophonie est avant tout un vivier culturel.Quelle forme la francophonie prend-elle en littérature?Familière de ces sujets, notre collaboratrice Lise Gauvin recevait l’année dernière le prix France-Québec/Jean-Hamelin pour son ouvrage L’écrivain francophone à la croisée des langues, publié à Paris, chez Karthala.Elle tente ici de répondre à cette question trop simple sur une réalité complexe.LISE GAUVIN SJ il est difficile de savoir avec précision ce que recouvre aujourd’hui le terme de francophonie, la notion de francophonie littéraire pose également problème et recouvre un vaste ensemble hétérogène qui résiste à toute grille simplificatrice, mais dont les signes n’en attirent que davantage l’attention par leur singularité même.Créé en 1980 par le géographe Onésime Reclus pour désigner l’ensemble des populations utilisant le français, le terme qui s’est maintenu jusqu’à maintenant renvoie à un «concept non stabilisé», hésitant entre le culturel et le politique.On distingue généralement, selon le statut accordé au français, les zones où le français est langue maternelle de celles où il est langue officielle ou langue d’usage, bien que seconde (pour la plupart, les anciennes colonies françaises et, potamment, les aires créolophones).A cela s’ajoutent les pays où il est encore langue privilégiée (comme en Europe centrale ou orientale).Cette classification, même sommaire, a toutefois le mérite de faire voir les disparités de situations socioculturelles dans lesquelles évoluent les écrivains dits francophones.Disparités qui se trouvent encore accusées du fait que l’usage tend à opérer de plus en plus un clivage entre les écrivains français (de France) et ceux qui écrivent en français (tous les autres).Qu’on soit ou non d’accord avec cette distinction, elle tend à s’imposer de facto aussi bien dans les ouvrages à vocation pédagogique (anthologies et histoires littéraires) que dans les écrits théoriques qui, comme celui de Michel Beniamino, récemment paru, tentent de problémati-ser l’espace littéraire francophone1.Malgré ces disparités, les écrivains francophones partagent un certain nombre de traits communs, au premier rang desquels se trouve un inconfort dans la langue qui est à la fois source de souffrance et d'invention, l’une et l’autre inextricablement liées, ainsi qu’en témoigne l’œuvre, exemplaire de ce point de vue, d’un Gaston Miron.La proximité des autres langues, la situation de diglossie dans laquelle ils se trouvent le plus souvent immergés, entraînent chez ces écrivains ce que j’ai pris l’habitude de désigner sous le nom de surconscience linguistique.Si chaque écrivain doit jusqu’à un certain point réinventer la langue, la situation des écrivains francophones a ceci de particulier que le français n’est pas pour eux un acquis, mais plutôt le lieu et l’occasion de VOIR PAGE 1) 2: ARCHIPEL LE DEVOIR V 1 i j i m : JW \ M HERVÉ GUAY Ce doit être un de ces jours où Morde-cai Richler est décidé à ménager les sensibilités de tout un chacun.En effet, à l’entendre, il aime à peu près tout ce qui bouge sur terre, jusqu’au moindre brin d’herbe.Le contraste ne peut être plus frappant entre l’écrivain et le protagoniste né de son imagination dans Le Monde de Barney, qui paraît ces jours-ci chez Albin Michel, dans la plus horrible traduction française qu’on puisse imaginer.Mais le roman, à l’ironie mordante, tient le coup, voire enchante par sa méchanceté vive et sa tendresse à rebrousse-poil.C’est dire le talent de Richler, dont même une traduction médiocre ne parvient pas à émousser la plume formidable.Mauvaise langue et faux jeton, Barney est un juif montréalais aigri qui ne se prive pas, dans ses confessions, d’écorcher quasiment tous ceux qui l’ont côtoyé.L’auteur de Buddy Kravitz avoue d’ailleurs candidement n’avoir eu aucun mal à s’identifier à Barney.Voici, en outre, le premier roman où Richler s’autorise à employer le je, à parler à la première personne.Or ce qui l’a le plus ennuyé dans le procédé vient de ce que le protagoniste doit toujours être là, présent, dans les événements à raconter.Autrement, comment pourrait-il savoir ce qui est arrivé?La chose semble VOIR 'PAGE D 2: RICHLER m JACQUES GRENIER LE DEVOIR V I) 2 I, K I) E V il I II .LES S A M E I) 1 E T I) I M A X < Il E 5 S E I’ T E M B B E l !l !l II Livres » ARCHIPEL La francophonie littéraire n’a pas fini de nous étonner SUITE DE LA PAGE D 1 constantes mutations et modifications.Ce qui donne le travail remarquable d’un Kourouma inventant une langue, sa propre langue d’écriture irriguée par le rythme et les manières de pensée niaîinké.D’une Assia-Djebar, que la fréquentation de langues autres que le français, comme le berbère et l’arabe, pousse à thématiser son rapport à la langue dans des ouvrages à consonance autobiographique ou dans des récits complexes, mêlant diverses temporalités, comme Vaste est la prison.Sans compter les prises de position manifestaires des écrivains antillais signataires d'Éloge de la créolité, les Cha-moiseau et Confiant tout particulièrement, dont l’œuvre, sanctionnée par la critique, convoque l’histoire pour mieux dire l’épopée au quotidien.Ou encore le discours à dessein provocant d’un Verheggen prônant la nécessité de parler «grand-nègre» et de faire entendre «l’inouïversel».Mais ces déclarations à l’emporte-pièce ne doivent pas faire oublier la fragilité même du travail d’écriture et la menace d’apha-sfe qui guette à tout moment ceux qui, comme France Daigle, d’Acadie, avouent écrire dans «le creux d’une langue».Le centre et la périphérie Autre trait commun aux littératures francophones: leur situation dans l’institution littéraire française, situation qui, somme toute et malgré les succès des uns et des autres, reste périphérique.Ces littératures se sont développées dans des contextes historiques fort différents, adoptant parfois le modèle de littérature nationale ou se contentant de le rêver, comme ce fut le cas pour la littérature québécoise au XIX' siècle, ou de le rejeter, comme on le fit en Belgique à la même époque.Plus ou moins organisées sur le plan JACQUES NADEAU LE DEVOIR Patrice Chamoiseau de l’édition, de la critique ou de la diffusion dans leur propre aire culturelle, ces littératures dépendent toujours, pour leur circulation et leur diffusion d’un pays francophone à un autre, de l’instance de légitimation que constitue le milieu éditorial parisien.Ce centralisme extrême de l’institution littéraire française expliquerait en partie le fait que les littératures francophones d’Amérique, à la différence des autres littératures américaines, n’aient pas renversé en leur faveur la dialectique du centre et de la périphérie.D’autres facteurs interviennent également, comme, bien évidemment, celui de la masse linguistique.Mais ne nous étonnons pas de constater que, malgré les percées qu’ont pu faire certaines littératures à l’occasion d’événements majeurs, en France et ailleurs en Europe, les écrivains connus et lus dans l’ensemble de la francophonie le sont grâce aux maisons parisiennes ou françaises: le Seuil pour quelques Québécois, plusieurs Africains (Kourou- PALMARÈS éfà du 27 août au Ie1 sept.1999 1 DICTION.Petit Larousse illustré 2000 7 XXX Larousse 2 SPIRITU.L'art du bonheur * 24 Dalaï-Lama R.Lattont 3 ROMAN Q.La petite fille qui aimait trop les allumettes * 44 Gaëtan Soucy Boréal 4 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.01 * 99 N.Walsch Ariane 5 ROMAN Q.Le pari * 28 D.Demers Q.-Amérique 6 ROMAN Soie * 99 A.Baricco A.Michel 7 ROMAN Tombouctou 15 Paul Auster Lemæc/A.-Sud 8 SANTÉ Je mange, je maigris et je reste mince! 21 M.Montignac Flammarion 9 BIOGRAPH.Les chats de hasard 17 Army Duperey Seuil 10 SANTÉ Recettes et menus santé 46 M.Montignac Trustar 11 ROMAN Océan mer * 78 A.Baricco A.Michel 12 ROMAN Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles * 29 Melissa Bank Rivages 13 ROMAN Une veuve de papier 18 John Irving Seuil 14 ROMAN La maladie de Sachs * 31 M.Winckler POL 15 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus * 99 John Gray Logiques 16 FLORE Les champignons sauvages du Québec * 12 SicTLamoureux Fides 17 ROMAN Q.La cérémonie des anges * 41 M.Laberge Boréal 18 ROMAN Sous le soleil de Toscane * 54 F.Mayes Quai Voltaire 19 HORREUR Pandora 2 Anne Rice Plon ?n ROMAN Alexandre le Grand T.01/ Le fils du songe 12 Valerio Marrfredi Plon 21 THRILLER Et nous nous reverrons.14 Higgings Clark A.Michel 22 SPIRITU.Manuel du Guerrier de la lumière 40 P.Coelho Carrière 23 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.03 33 N.Walsch Ariane 24 BIOGRAPH.La prisonnière 19 M.Oufkir Grasset 25 CUISINE La cuisine d'aujourd'hui * 35 Donna Hay Kôneman 26 THRILLER 0.Les fiancées de l'enfer 13 C.Brouillet Courte Échoie 27 PSYCHO.Le courage d'être soi 15 Jacques Satané Ed.du Relié 28 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.02 * 99 N.Walsch Ariane 29 ROMAN Q.Taxi pour la liberté 27 G.Gougeon Libre Expr.30 ROMAN Le journal de Bridget Jones * 56 Helen Fielding A.Michel 31 THRILLER L'associé 17 John Grisham R.Laffont 32 ROMAN Q.Prodige 15 Nancy Huston Leméac/A-Sud 33 ROMAN 99 Jostein Gaarder Seuil 34 ROMAN Les mystères de Jérusalem 28 Marek Halter R.Lattont 35 ROMAN U.S.Un homme, un vrai 18 Tom Wolfe R.Laffont 36 ROMAN L'enfant de Bruges 14 Gilbert Sinoué Gallimard 37 PSYCHO.Mars et Venus en amour 16 | John Gray Stanké 38 ROMAN Geisha 29 j A.Golden Lattes 39 ROMAN L'empreinte de l'ange * 62 Nancy Huston Uméac/A-Sud 40 ROMAN Q.Maître Eckhart 64 Jean Bédard Stock 41 ROMAN L'Africaine * 11 F.Marciano Belfond 42 POLITIQUE La mondialisation de la pauvreté « 40 Chossudovsky Écosoclété 43 PSYCHO.Ne vous noyez pas dans un verre d'eau (Tome 2) 6 R.Carlson Stanké l.44 GESTION Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent * 99 Stephen Covey First 45 SPIRITU.74 DengMIngOeo A.Michel t Coups de tvA * .eur Renaud-Bru\ WÊÊÊÊKÊÊk /’ semaine sur notre liste NOMBRE DK SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION ma, Henri Lopès, Tahar Ben Jelloun, etc.) et un Réunionnais (Axel Gauvin) ; Gallimard pour les Antillais Chamoiseau et Glissant; Albin Michel pour Ca-lixthe Beyala, Emile Ollivier, Assia Dje-bar; Grasset pour Antonine Maillet, Michel Tremblay; Stock pour Gisèle Pineau, Rachid Mimouni, Louis Hame-lin; Actes Sud pour Jacques Poulin et Michel Tremblay; Robert Laffont pour Maryse Condé; Le Serpent à plumes pour Dany Laferrière, Ben Sousa et A Waberi.Et cætera.Paradoxe de la marge qui a besoin du centre pour exister comme marge.On peut à bon droit se demander si Éloge de la créolité aurait connu un même retentissement s’il n’avait été publié qu’à Fort-de France.Une source vive Cette situation a comme conséquence que se développe le plus souvent une critique des œuvres de la littérature francophone ignorant à peu près tout de leurs contextes d’élaboration et créant chez le public une attente qui, trop encore, a des relents d’exotisme bon marché.Mais ce centralisme a aussi pour effet de faire émerger des écrivains isolés qui, sans le soutien de l’édition française, n’auraient sans doute pas pu publier leurs textes.Tel est le cas, notamment, de A.Waberi, premier et unique romancier originaire de Djibouti*.La francophonie littéraire n’a pas fini de nous étonner.Soit par son extension géographique qui semble sans limites: on sait maintenant qu’il existe des poètes de presque toutes les parties du monde qui écrivent en français.Soit par l’éclairage qu’elle projette sur l’ensemble du phénomène littéraire et le renouvellement des formes et du langage dont font preuve les réalisations de ses écrivains.Ces littératures que l’on associe désonnais au postcolonialisme se sont engagées dans des «esthétiques de la résistance» qui à leur tour modifient le champ littéraire'1.Aussi ne s’agit-il pas d’y voir l’élaboration d’une sorte de Commonwealth littéraire mais plutôt la possibilité de créer par là des réseaux d’interrelations, réseaux qui, à l’image dç la pensée en archipel proposée par Edouard Glissant, reposent sur des expériences diversifiées et interdépendantes.Mais un archipel inachevé, dont l’inachèvement même constitue le signe d’un devenir possible.1 Michel Beniamino, La Francophonie littéraire.Essai pour une théorie, Paris, L’Harmattant! CNRS-La Réunion, 1999,459 pages.2 Voir, dans ces pages, mon article du 19 juin 1999.3 Voir à ce sujet l’ouvrage récent de Jean-Marc Moura, Littératures francophones et théorie postcoloniale, Paris, PUF, 1999,174 pages.RICHLER Mordecai Richler n’en est pas à une contradiction près JACQUES GRENIER LE DEVOIR Antonine Maillet SUITE DE LA PAGE D 1 tarabuster Mordecai Richler, puisqu’il prend la peine d’aborder le sujet.On se dit que l’écrivain regrette un peu de ne plus pouvoir proposer des versions contradictoires ni de parvenir à s’en tirer par des entourloupettes.Mais il est rusé et use d’un subterfuge pour que le fils de Barney puisse lui aussi mettre son grain de sel dans le roman.Cela étant, le Mordecai Richler que j’ai rencontré au bar du Ritz montre des yeux doux, parle d’une voix gentiment nasillarde, a des manières affables.Rien à voir avec l’être qui n’hésite pas à conspuer sans ménagement le Québec et ses lois linguistiques tout autant que le fanatisme de certains de ses coreligionnaires.A bien y penser, c’est le personnage qu’il vient de mettre au monde, Barney, qui correspond en tous points à l’image que l’on se fait d’un Mordecai Richler vindicatif et revanchard.Car Barney, lui, est véritablement hargneux.11 continue à parler «des colonnes alors ouvertement racistes du Devoir» (au début du siècle) et à conspuer allègrement l’antisémitisme des élites québécoises.Dans ses mémoires, Barney pousse même l’odieux jusqu’à situer la mort de son meilleur ami au pied du mont Groulx, ainsi nommé d’après le détesté chanoine, «un raciste hystérique adulé par les séparatistes québécois».Il faut dire qu’il n’est pas tendre non plus à l’endroit des juifs, particulièrement des Israéliens, dont un ami affirme que ce «sont les seuls antisémites sur lesquels on puisse encore compter de nos jours», avant d’ajouter qu’«ils vomissent les juifs de la diaspora».Le personnage et l’écrivain Nulle trace d’animosité, cependant, dans la conversation avec Mordecai Richler.Il se prend plutôt à regretter le temps où le mpt culture voulait dire quelque chose.Epoque heureuse où un écrivain pouvait multiplier les références culturelles dans ses livres sans craindre que le lecteur n’y comprenne goutte.«Si l’on pense à il y a 40 ou 50 ans, on pouvait faire des références tous azimuts, se rappelle-t-il.Maintenant, plus personne ne sait de quoi on parle.Par la passé, je me suis souvent référé à certains personnages de la Bible.Mon éditeur new-yorkais m’a suggéré d’expliquer de qui il s’agissait.Désormais, il n’y a plus d’héritage commun, ni de culture en partage pour les jeunes.Des écrivains comme Robertson Davies ou Saul Bellow présumaient que les lecteurs savaient de quoi ils parlaient quand ils citaient ceci ou cela.Aujourd’hui, cela appartient au passé.» Parmi les gens qui le réjouissent: ceux qui «mordent dans la vie», ceux qui sont capables de dénoncer l’imposture et la supercherie quand elles se présentent.Il professe aussi son admiration pour ceux qui ont de la loyauté envers famille et enfants.Par surcroît, l’écrivain se dit sensible à la comédie humaine dans son ensemble, avec peut-être une affection plus particulière pour les «connards» de toute espèce auxquels appartient, on s’en doute, Barney.On sent bien que Mordecai Richler trouve ce dernier attendrissant à bien des égards.Vulgaire mais cultivé, note-t-il, comme pour s’excuser d’avoir une fois de plus cité abondamment des écrivains que plus personne ne lit.Est-il mécontent de ce que plu- sieurs Québécois pensent de lui?«La plupart d'entre eux n 'ont jamais lu le bouquin que j’ai écrit sur le Québec.Ils se rendraient compte que j’ai été cité de travers.Mais ce sont des choses contre lesquelles on ne peut rien faire», avan-ce-t-il, quelque peu résigné à la réputation sulfureuse qui le précède.Comme si la précision était nécessaire, il rappelle qu’il pourrait vivre ailleurs mais que c’est au Québec qu’il a choisi de vivre et qu’il s’y plaît.Richler joue même les conciliateurs par rapport à ses propos antérieurs sur le Québec.«Il est tout à fait légitime, soutient-il, pour une partie des Québécois, de s’opposer à ce que je ressens, à ce que j’ai écrit sur la question.Mais j’ai suivi mes sentiments.Après tout, le Québec reste un peu provincial, si je puis m’exprimer ainsi.À Londres ou à New York, l’on peut se permettre de ne pas être d’accord sans que qui que ce soit en fasse tout un plat.» Son Barney est encore plus direct, qui parle sans détours des Anglo-Québécois qui ont «plus que leur dose de tribalisme», non sans préciser qu’un jour ou l’autre, ils décident «de déménager à Toronto ou à Vancouver, ou encore — que Dieu soit avec eux — à Saskatoon, un endroit super pour élever ses enfants».Mordecai Richler ne nie pas, quant à lui, le rôle essentiel qu’a joué la métropole dans son écriture.Jeune écrivain, il s’en souvient, il ne considérait pas le lieu assez intéressant pour y situer ses premiers romans.Avec The Apprenticeship of Duddy Kravitz, il a compris, en trouvant sa voix, en trouvant son style, qu’il ne pouvait écrire que sur cette ville qu’il connaissait intimement.La richesse des langues Du reste, il éprouve une certaine nostalgie pour le Montréal d’avant l’ère Drapeau.Plus beau à bien des égards que celui d’à présent, Richler n’est pas sans observer qu’à l’époque, les différentes communautés vivaient séparées les unes des autres, dans la méfiance, au sein de ghettos.Selon lui, l’avantage du Québec vient de ce qu’il a à sa dispostion les deux grandes langues de la culture occidentale.Chose susceptible de produire de grandes rencontres, à son avis.Il cite en exemple le Henri V de Shakespeare qu’il avait vu dans les années 60 au festival de Stratford, en Ontario.Il s’émerveille de ce que de grands acteurs d’expression anglaise comme Christopher Plummer y côtoyaient alors des comédiens francophones comme Jean Gascon.Si on lui fait remarquer que, dans de telles circonstances, ce sont toujours les francophones qui jouent dans la langue de l’autre, il finit par marmonner avec un soupir: «C’est vrai.Mais.» Puis il argue que la langue revue tt©SSifoteS automne Nouvelles stratégies culturelles L** Uçons «J ,a d,ffuv0n et It* strata** cuUurtIlt* *ont •n constante mulatwn Si tes pouvoir* public* établissaient la* principal** *v*nu** ,n culturel!# ce "*•' Pl“‘ le ce» euiourd hui.Le» epprmhe» eont deeormet* mump!#* lout comme le nombre jrend.Minl de* odeur* culturel* du geihon-noire H *n**gn*m.du crdeleur 0 l mlerrenenl »oci*l fruil d* U colleborilion de dihpr*nt» *p4o*li»le» de» queihon* culturelle*, ce numéro d* le rerue posstocl* dre*** un portro,! del probqu*.recent** en molier* de di«u*«n.qu'il , *,,*».du développement locol ou de* nouvelle* technologio* et Irelie d* leur importonce donc le definition de U wcieie quebéco'** f.SSMS et ANAUStS Prellquc* cullurvll#*1 rupture ou ntnouvellemenl.OlUti PRONOVOST f»([u*t*r pour miner ROBEPt BROHÎ.ARD Conir*U**lion.llccrntrelluninn „ mneurrrmv Jrlu>*l* «n replonl.l RICHARD POULIN Tuu* no* chemin* «Bnenl è Point.SeinlUnie* normand oujakoin» ET MIRIAM GRONDIN Le JiffuMon culturelle •uprr» Ju jeûna public CLAUDE MOAISSETTE Sevoicfeir* cl 1.1" ***oirt le renne iT.nl.Edith mariin U public erti.liqu*.une cuve# de cré.llon LÉON BERNIER U clllfu.lon du ibeèite *u Quebec, un double défi DOMINIQUE VIOLETTE Per venin le *uie' *«'«* d l'Idée d* MreléRie cullurdlc LOUISE PRESCOTT (ïuvre d'.rl cl commerce, une redecmn PIERRE CARTIER IMAGE Prulifîcel Sp.ce-Lcpeec ptuldenqne LOUISE PRESC01T POESIE ET PICtlON L'in,l*m chori*r.phu|ue précédé .le MonrKohR Telle* .cecuque* O* MICHEL TOROUES OOCUMCN! !.etolW*cil* «"*••*«' ti« U cri** au rniouv*!»*"»*"» DENIS VtlltlTTE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Mordecai Richler rappelle qu’il pourrait vivre ailleurs mais que c’est au Québec qu’il a choisi de vivre et qu’il s’y plaît.de la mobilité sur ce continent demeure tout de même l’anglais.«Et je ne fais pas intervenir la question esthétique», ajoute-t-il, conciliant.«Les immigrants juifs comme la famille dont je suis issu voulaient que leurs enfants parlent anglais parce que les parents s’évertuaient à réussir et qu’ils étaient ambitieux», reprend-il.Ses grands-parents venaient de la Ga-licie, en Pologne.Selon lui, les préjugés envers les juifs étaient monnaie courante à Montréal quand il était enfant.Autant chez les anglophones que chez les francophones.Cela dit, être juif, et de la classe ouvrière, signifiait également appartenir à une tradition riche, à un monde très ordonné.Surtout dans une famille comme celle de Mordecai Richler, où la religion jouait un rôle prédominant.S’il décrète d’emblée que Le Monde de Barney n’a rien d’autobiographique, Mordecai Richler n’hésite pas à signaler qu’il partage avec son personnage plusieurs attitudes.Ce qui semble les distinguer le plus tous les deux, aux yeux de l’écrivain, vient de ce qu’il a eu beaucoup plus de chance que Barney.H insiste beaucoup sur ce point.En effet, l’écrivain mondialement connu a réussi à faire ce que Barney, un producteur de médiocres séries télévisées, a toujours voulu faire sans pouvoir le faire, ce dont il souffre secrètement: écrire de bons livres.Son acharnement à s’autodétruire le poussera en outre à faire échouer son mariage et à agonir d’injures ceux à qui il en veut pour les raisons les plus diverses.«Avec ce roman, je voulais jouer avec le langage et la mémoire, le temps et la mémoire défaillante», indique l’écrivain.Sur le plan de l’écriture, il affirme avoir surtout de la difficulté avec les personnages féminins.Il s’est heurté à un problème similaire avec Salomon Gursky, qui vit au XIX' siècle.«Cela tient, note-t-il, à ce que j’aime écrire au sujet des voix que j’ai entendues et des choses que je maîtrise.» Quant aux «Canadiens français» qui se trouvent dans son roman, il est déçu d’apprendre que le lecteur peut les voir pour la plupart, encore une fois comme des subalternes, alors que lui les perçoit avant tout comme des personnages sympathiques.«Probablement les plus sympathiques de tout le roman, se défend-il.Pourtant, Barney les aime bien, il est loyal à leur égard et il en prend soin.» On a envie de lui répondre que c’est l’inverse.Car, à la fin du roman, c’est bel et bien Solange, l’amie séparatiste de Barney, qui nourrit l’impotent à la petite cuillère.Mais Mordecai Richler n’en est pas à une contradiction près.Son personnage non plus, du reste, dont on apprend, après que Barney lui-même eut écrit les quelque 500 pages de confessions qui forment la matière du roman, qu’il n’a toujours eu que deux convictions: «La première, que la vie est absurde; la seconde, que personne ne peut vraiment comprendre autrui.» C’est là une façon de voir les choses peut-être pas très emballante, mais qui fait tout le charme de ce roman pourvu d’un antihéros dont la mauvaise foi crasse procure de bien beaux moments de lecture.1999 Abonnement individuel: 25,00 $ Abonnement institutionnel: 40,00 $ Abonnement de soutien: 40,00 $ Le numéro simple: 8,00 $ Par la poste: 10,00 $ Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, Montréal, Québec H3S2S4 NOM_________ ADRESSE______ VILLE________ PROVINCE OCCUPATION _____CODE POSTAL.TÉLÉPHONE_______ CI-JOINT CHÈQUE OU MANDAT-POSTE DE 25,00 S POUR UN ABONNEMENT À QUATRE NUMÉROS À COMPTER DU NUMÉRO V I S E I' T E M B B E I it it it i) a L E I) E V (I 1 B .LES S A M EDI I ET DI M A X C II E -L | ROMANS QUÉBÉCOIS Et si la vie se faisait belle ?VUES -»- I POÉSIE Les épreuves du temps PHÉE BONHEUR Michel-E.Clément Triptyque, 1999,283 pages GARAGE MOLINARI Jean-François Beauchemin Québec Amérique, 1999,259 pages Une lectrice m’a écrit récemment.Désireuse de «se gaver de livres heureux», elle me demandait de lui en suggérer, parmi les parutions récentes, qui ne soient «ni bêtes, ni sombres» et dont les personnages ne seraient pas des adultes incapables de se remettre de leur eiiance blessée.L’affaire n’était pas simple, notamment pour le domaine québécois: nos auteurs n’ont pas la vocation du malheur, mais les critiques français, qui, récemment, se sont dits frappés par le «mélancolis-me» de notre littérature, ont-ils tout à fait tort?Nous serait-il plus difficile qu’à d’autres de trouver dans l’époque — voire dans la vie en général — madère à rire ou à se moquer?Après avoir escamoté de graves questions, je suis parvenu à faire une liste, courte et probablement .peu satisfaisante, où figuraient quelques romans québécois.Les derniers romans de Michel-E.Clément et de Jean-François Beau-chemin auraient pu y figurer.Dans les deux livres, assez proches d’esprit et de propos, on devine une intention manifeste de raconter le bon côté des choses, de le découvrir lorsqu’il se cache ou de l’inventer au besoin.Le contexte est plutôt flou, surtout dans Garage Molinari, et l’affabulation est ouvertement fantaisiste.Dans l’un et l’autre récit, nous sommes en congé de réalisme, ce qui n’empêche pas d’y croire, l’espace d’une lecture.Coïncidence amusante, les deux auteqrs ont travaillé à la radio-télévision d’Etat: le premier y a été recherchiste et scripteur, alors que le second est réalisateur.Michel-E.Clément a l’écriture joyeuse, comme l’indiquait déjà le titre de son premier livre, Confidences d’une prune, paru en 1970.Puis, il y a eu Ulysse de Champlemer (Triptyque, 1997), un portrait ironique des années 70 doublé d’une charge plutôt drôle contre l’esprit de banlieue.Le récit était agile et parsemé d’observations savoureuses comme celle-ci: «Pour le Québécois, être bien dans sa peau est encore le meilleur moyen d’être utile à son pays.» Dans Pliée Bonheur, la vivacité est toujours présente, mais en moins caustique.Le roman s’annonce comme une fresque, le premier volume d'une série à venir.Voici, après le petit monde de la banlieue, l’histoire d’un certain Québec depuis les années 40, profond à certains égards, celui de la vie de province.Nous sommes quelque part dans ce qui pourrait être la région de Lanaudiè-re, où se dressent deux petites villes, aimablement rivales: Saint-Piedmont et Villenoble, situées à quelque quarante kilomètres de distance.Dans la première, de carte postale, «la vie était belle parce qu’il ne s’y passait rien», «les hommes naissaient en salopette et les femmes en tablier», et leur fierté de bien paraître révélait leur tranquille prospérité; dans l’autre, plus industrielle, la vie gravite autour d’un beffroi bicentenaire.Personnage clé de ce petit univers, Phée Bonheur est l’incarnation parfaite de la femme forte de l’Evangile, le dernier exemplaire d'une longue lignée de ces personnages féminins qui, dans huit de romans, portent la culotte puisque leur mari en est incapable.Après avoir été institutrice, Phée a épousé un veuf et devient boulangère; comme il est dit expressément dans le récit, après avoir pétri les esprits, c’est au tour de la pâte.Alors que son mari souffreteux n’est plus que l’ombre d’un homme depuis qu’il a perdu sa mercerie dans un incendie, Phée s’affaire à nourrir les corps et à apaiser les esprits.Elle est la grande dispensatrice de l’harmonie parmi les siens et au delà.Ses enfants par alliance ont le tempérament bouillant: le garçon est porté sur la délinquance, et les deux filles, querelleuses, ont une sensualité précoce.Autour de cette famille, toute une galerie de personnages: des curés libidineux; un évêque qui a «la morgue d'un mafioso travesti»', un duo sans foi ni loi, les Massu père et fils, qui maltraitent Balbine, la fille de la maison; un fossoyeur philosophe, un peu cosmologue; un charpentier large de cœur et d’épaules, ancienne flamme de Phée qui, malgré les années, couve encore sous la cendre; et surtout, le propre enfant de Phée, né un soir d’incendie.Baptisé Caïus en souvenir d’un garçon du village, incompris et malheureux, qui s’est suicidé, c’est peut-être un enfant prodige.Il est, en tout cas, exceptionnel: frappé, aux dires du médecin, d’un «éblouissement précoce», Caïus ne connaît pas les larmes.11 rit depuis sa naissance.Dès son plus jeune âge, il est irrésistiblement attiré vers les hauteurs et fasciné par le cristal du beffroi de Villenoble, un morceau de verre taillé dont l’éclat plane sur la contrée.C’est, en quelque sorte, son Graal.La petite humanité des deux villes s’agite; hommes et femmes cancanent et travaillent, à l’exception du pauvre Alfred, qui ne sort pas de sa prostration, mais que Phée continue d’aimer «pour son âme soyeuse étouffée dans un manteau de calamités».Le climat du roman de Clément rappelle celui du feuilleton télévisé Le Temps d’une paix.Même regard chaleureux, parfois narquois, sur un terroir révolu, à une époque où l’urbanisation s’amorçait, où «la paix occidentale générait la prospérité des villes.Il devenait normal d’aller s’y récompenser sans mérite particulier».Entre-temps, dans ce monde d’antan qui achève, le progrès, ou à tout le moins le modernisme, est déjà là: Saint-Piedmont est en déclin et le beffroi de Villenoble menace de tomber en ruine.Mais la vie va continuer et l’histoire des personnages, contée très habilement, est à suivre.Un regard d’enfant L’univers du roman de Jean-François Beauchemin fait penser à ceux de son homologue bien connu, Yves Beauchemin, sauf que le ton de la narration paraît plutôt emprunté au Robert Ch a r t r u n cl Romain Gary-Emile Ajar de La vie devant soi.Garage Molinari est la suite de Comme enfant je suis cuit, paru l’an dernier chez le même éditeur.Si le narrateur, Jules Des Ruisseaux, ce fils d’une prostituée au grand cœur, a grandi — il devient chauffeur d’un autobus scolaire —, il ne s’est pas départi de son regard d’enfant déluré, mi-naïf mi-malin, et de son style culottes-courtes.Avec son amoureuse, la petite voisine, Joëlle, dont le père est un butor, il s’occupe du petit Jules, son demi-frère, né lui-même d’un père «passager» et qui décide de se fixer à l’âge de sept ans, ce qui, aux dires d’un des personnages, est probablement le secret du bonheur.À eux trois, ils forment une famille «synthétique», où on se tient chaud au milieu de la froideur du monde.Jérôme le délinquant devient, dans ce deuxième roman, un gentil rêveur.En compagnie de son patron, M.Molinari, d’un ami, Humphrey, expert en zoologie, ou de M.Garcia, un vieux Chilien, il s’interroge sur la vie après la mort et glane des instants de joie à observer les animaux: chiens, chats, lucioles, crapauds, mais surtout oiseaux.On travaille, on bavarde, on fait des petites sorties.Il y a quelques fêtes.Et on se demande en sourdine: «Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?» Le bonheur est bref et rare; il faut le saisir au vol, voire se le fabriquer, en se reconstituant une famille avec les moyens du bord.Il y a dans ce roman de Jean-François Beauchemin du Gary-Ajar, mais enrobé de sucre candi.Toutefois, il est malaisé d’en vouloir à l’auteur qui, dans une note liminaire, précise qu’à l’âge de huit ans il a miraculeusement eu la vie sauve, ramené de chez les morts par «un chirurgien paisible comme un grand fauve repu».D’où «l’improbable univers où n’existent que le printemps et l’été», ce monde artificiel et parfait que Beauchemin a fabriqué de toutes pièces, style et anecdotes compris.On comprend alors que ce roman soit un remerciement béat du romancier à la vie, dont chaque instant, depuis trente ans, est un cadeau, un sursis.Le roman de Jean-François Beau-chemin sera disponible en librairie le 7 septembre prochain.relia rtrancKâvideotron, ca RÊVE DE PIERRE Madeleine Gagnon VLB Editeur Montreal, 1999,175 pages (en librairie le 13 septembre) ÉCLIPSE D’ÉTOILE Nelly Sachs Traduction de l’allemand et postface de Mireille G an sel Editions Verdier, coll.«Der Dop-pelgânger», Paris, 1999,153 pages DAVID CANTIN Les livres de Madeleine Gagnon et de Nelly Sachs reprennent l'expérience de vivre, depuis ses débuts.Elles creusent la sensation de venir au monde, afin de retrouver une mémoire qui s’étend comme la lumière instable du jour.Ces quêtes émotionnelles vont d’un extrême à l'autre, de la douleur à la joie la plus intense.C’est alors que le poème apparaît, à l’image de cette frontière qui sépare la présence de l’absence.Quelques strophes, pour dire que le temps commence ailleurs.Un noyau d’existence, que le vertige du langage dévoile.Rêve de pierre constitue une sorte d’aboutissement de l’expérience poétique, dans l’œuvre exigeante de Madeleine Gagnon.Entre le vers court et la prose, ces quatre suites entraînent une distanciation des premiers signes qu’on laisse derrière soi.Cette tâche métaphysique accompagne le poème vers son sens fondateur, ainsi que son silence nécessaire.En quelques strophes, un questionnement prend forme à partir de l'éveil originel venu de notre rapport complexe aux choses.De manière organique, ce recueil se développe autour de l’apprentissage d’une vérité intérieure, d’un passage énigmatique en soi.On saisit un aller et retour de l’écoute judicieuse, morcelant le réel de l’imaginaire.Du clair à l’obscur, l’espace verbal s’incline dans la déchirure des moments vécus.Un geste, une observation, une métaphore, un lien pour mieux suggérer que la parole s’approche comme elle peut de l’inaccessible.On imagine ce périple intemporel, depuis «l’antique naufrage» du commencement ultime de l’existence.Lorsque chaque poème XYZ éditeur 200 p.• 22,95 $ Simon a coupé les ponts.Il a fui au Japon.Il croit en avoir fini avec le passé, avec ses amours, avec la famille.Qui se cache derrière l’écran cathodique ?Aude L’homme au complet m éditeur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: (514) S25.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 Courriel: xyzcd@mlinl roman 15,95 $ Un roman bouleversant par Fauteur de Maître Eckhart, best-seller au Québec et en France.• l’HEXAGONE LE GROUPE MllE-MARIE I mtRAlURE www.edhexagone.com W/.).)/?j?> La créativité et l’apprentissage coopératif: Jacqueline S.Thousand et al.(coi) ISBN 2-89381-457-3-610 p.38,95 $ Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive: Québec-Livres L E 1) E V (HR, L E S S A M EDI I E T D I M A X (’ 11 E SEPTEMBRE 1 !) 0 » 1) Le progrès arrêté OLGA H A Z A N LE MYTHE DU PROGRÈS ARTISTIQUE $|rlV' us russes oc l-umivcrsité oc montr
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