Le devoir, 7 septembre 1999, Page(s) complémentaire(s)
E EN 19 10 4- ?EON I) Cesl I'cspril (|iii mono le monde el non l'intelligence.(Saiiit-Exu|)érv) Vol.X C - N " 2 0 1 4 Odile Trent blay PERSPECTIVES Un meilleur cru e 23" Festival des films du monde vient de se clôturer hier soir et rendons à César ce qui est à César quelques correctifs ont bel et bien été apportés à un événement secoué par un vent de contestation l’an dernier.Le niveau de la compétition s’était amélioré d’un cran, le jury dirigé par Bibi Andersson était le meilleur depuis des lunes (malgré un palmarès contesté) et les hommages accordés au cinéaste grec Cacoyannis, à l’acteur américain Richard Dreyfuss et même à Disney en présence de sa fille avaient du répondant.Bref, on était loin du coup de chapeau rendu l’an dernier à la petite actrice Sandra Bullock qui n’en méritait vraiment pas tant.Quant au climat général, mortuaire en 1998, il gagnait quelque pétillant au détour.Comme quoi les grognements portent parfois certains fruits.Cela dit, si la compétition volait plus haut que naguère, elle nageait quand même en des eaux de surface, et mis à part quelques morceaux plus substantiels, au nombre de cinq ou six, elle gagnerait à se hisser d’un autre cran pour atteindre un niveau de haute classe.Ceux qui l’ont suivie de bout en bout, purent voir ce qu’était une véritable leçon de cinéma quand le Goya à Bordeaux de Carlos Saura (hélas privé des plus hauts honneurs du jury) nous hit servi en mets de roi.Tout à coup, le mot magistral prenait enfin son sens.Quant au cru global, il était une fois encore un peu fourre-tout et gagnerait comme toujours à se resserrer.Par ailleurs d’importants films présentés à Cannes, dont le merveilleux Tout sur ma mère de Pedro Aln\odovar, brillaient par leur absence.A déplorer aussi: la défection à la dernière minute d’invités prestigieux comme l’actrice Charlotte Rampling annoncée pour accompagner La Cerisaie de Michael Cacoyannis et le cinéaste Giuseppe Tornatore pour Legend of 1900.Mais Gérard Depardieu et Carole Bouquet firent leur tour de piste remarqué, Carlos Saura, Ettore Scola et Bertrand Tavernier se démultiplièrent en entrevues.Festivaliers et journalistes en eurent davantage cette année à se mettre sous la dent que lors des éditions précédentes.Fidèle, le public était au poste, malgré un soleil radieux qui invitait tout le monde à emprunter les chemins de la campagne, faisant la queue pour s'enfermer stoïquement en salles obscures.Le public montréalais, si friand de festivals, en jazz, en rires, en chansons, répond également présent en cinéma.C’est lui qui demeure la force du FFM et l’argument massue devant les opposants du régime en place.Coup de barre de la direction du FFM donc en 1999, mais coup de barre qui ne saurait faire oublier ses carences.L’accueil aux invités notamment.Plusieurs se plaignent d’être abandonnés à eux-mêmes et n’ont pas très envie de revenir.Or avec sa situation précaire sur l’échiquier des festivals, ses dates collées sur celles de Venise et Toronto, le FFM devrait leur faire une cour intensive.Autre hic récurrent: la faible présence de l’industrie au marché, ladite industrie ayant adopté massivement le rendez-vous rival de Toronto pour toutes sortes de raisons, dont la chaleur de son accueil et le fait qu’il soit considéré par les Européens, à tort ou à raison, comme la porte de diffusion en Amérique.L’industrie, distributeurs, producteurs et toute la gomme, court un nombre limité de festivals et n’a pas besoin de se présenter à deux rendez-vous canadiens trop rapprochés.D’où plusieurs gros morceaux qui passent sous le nez du FFM au profit de la Ville-Reine.Le festival de Montréal ne pourrait sans doute pas regagner le terrain perdu, même avec une direction moins contestée.L'avance du rival torontois paraît désormais trop importante.Cela dit, certains fils prodigues pourraient nous revenir, surtout les Français de plus en plus conscients que l’Amérique rejette leurs films de toute façon.Pour l’instant Unifrance film, le parapluie des producteurs français, persiste à bouder le marché du FFM et à envoyer sa délégation à Toronto.Son président Daniel Toscan du Plantier proclame que la personnalité de Serge Losique cause ici surtout problème et qu’Uni-france se ferait moins tirer l’oreille si la tête du festival changeait, n est vrai par contre qu’Unifrance considère le Québec comme un marché acquis et réserve ses courbettes à ceux qui lui résistent Quoi qu’il en soit, le putsch raté orchestré par la SO-DEC cette année aura démontré l’impuissance de l’institution culturelle québécoise à imposer de sérieux changements au FFM.En septembre dernier, le festival québécois était mis en observation et un rapport annoncé.L’aventure s’est soldée à deux mois du festival suivant en trois pages de recommandations, rejetées du revers de la main par la direction du FFM et par des fonds accordés malgré tout à un rendez-vous dont la SODEC avouait déplorer plusieurs orientations.Le festival est enregistré au nom de Serge Losique, l’État craint de voir se dissoudre un événement populaire, à telle enseigne que le président du FFM a beau jeu d’envoyer promener les détracteurs.Cela ne fait guère une belle jambe à la SODEC qui a raté l’occasion de mettre ses culottes et se retrouve dans la ligne de mire d’un adversaire blessé et rancunier qui lui réserve un chien de sa chienne.Du moins certains correctifs ont-ils bel et bien été apportés de l’intérieur, mais ce n’est pas demain que la direction du FFM jettera l’éponge.Élla a gagné cette manche.Qui au juste prendra au sérieux les prochains rapports annoncés sur sa gestion?M É Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 29 Min: 19 T É 0 Québec Ciel variable.Max: 25 Min: 18 Détails, page K 3 00 Annonces Avis publics.B 4 Culture.B 6 Economie.B 2 Editorial.A 6 Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 4 Mots croisés.B 3 Politique.A 4 Télévision.B 7 Entrevue.B 1 www.ledevoir.com INDEX .B 3 M 0 X T R Ê A L .L E M A RDI 7 S E l> T E M B R E I il !) !! IDÉES Chantal Hébert: Une condition perdante, page A 7 L’ENTREVUE Oniar Aktouf, manageur de long en large, page B 1 ?8 7 C + T A X E S = I $ / T » li 0 N T 0 LES SPORTS René Lecavalier s’éteint à 81 ans, page B 5 i $ P
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