Le devoir, 18 septembre 1999, Cahier A
FONDE EN 1 9 1 O LE DEVOIR Vol.X (' - N " 211 M O N T R É A L .L E S S A M E I) 1 -— ,¦ - - HH ODILE TREMBLAY LA CHARGE DE L’ORIGNAL PAGE B 12 LES ARTS VERS ?LE CYBERMUSÉE PAGE B 1 IS ET DIMANCHE ¦ Y» ?S E I’ T E M B R E l !» fl !» I LE MONDE L’AIDE HUMANITAIRE ARRIVE AU TIMOR PAGE A 9 .!» .") $ + T A X K S = 2.2 .~) S DANIEL PINARD DE LA MORUE POUR TOUS LES GOÛTS PAGE C 12 LOUIS-GILLES I KANai'TK I K DEVOIR ¦MJ u-x.*y - " , n r-.'.'FSifSi 'ira.«sari t *T.**-v ^ .•£ | Vol et date/Flight & Date/Flug & Datum MEMBRE DU RÉSEAU STAR ALLIANCE ~'l AIR CANADA @ Un climat rude.Un paysage redoutable.On aurait pu rêver de meilleures conditions pour implanter une compagnie aérienne.Et pourtant, ça fait maintenant plus de 60 ans que nous fournissons un service essentiel à nos communautés les plus éloignées.Aujourd'hui, notre champ d'influence ne cesse de s'étendre partout au pays: plus de 50 000 emplois directs et indirects créés d’un océan à l'autre, plus de 3,1 milliards de dollars injectés l’an dernier seulement dans l'économie canadienne, un rôle de premier plan dans le succès de centaines d’autres entreprises.Notre croissance s'explique bien.Nous voyons grand./ www.aircanada.ca L E I) E V 0 I R .LES S A M EDI IS ET DI M A X C 11 E I il S E P T E M R R E 1 il il il A 3 j E S A C T U A LIT E S L’ouragan s’est mué en tempête tropicale rès avoir balayé la Nouvelle-Angleterre Floyd aborde la côte est du Canada m » s.:*' % PHOTOS REUTERS Dans le New Jersey, la crue des cours d’eau gonflés par les pluies faisait craindre de graves inondations.L E S LIE MILLER ASSOCIATED PRESS Boston — Floyd, qui s’est mué en une tempête tropicale accompagnée de vents soufflant à près de 100 km/h, balayait la Nouvelle-Angleterre et menaçait l’ept du Canada hier.Depuis son arrivée sur la côte est des Etats-Unis jeudi, la perturbation a fait 18 morts, et plusieurs millions de dollars de dégâts.Selon un bilan officiel, 12 des 18 victimes ont été tuées dans des accidents de la circulation dus aux très fortes pluies et rafales de vent dans le Massachusetts, en Virginie, en Caroline du Nord et du Sud, ainsi qu’en Pennsylvanie.Deux fillettes sont en outre mortes noyées après avoir été aspirées dans une bouche d’égout dans le Delaware, trois personnes sont décédées dans des chutes d’arbres, en Virginie, en Pennsylvanie et dans le Vermont, et un corps a été aperçu dans des eaux en crue dans le New Jersey.Par ailleurs, une femme est morte électrocutée et un homme est présumé mort noyé aux Bahamas, où Floyd s’est abattu en début de semaine avec des vents de quçlque 250 km/h.A 15h GMT, la tempête avait atteint Boothbay Harbor (Maine) à une vitesse oscillant entre 40 et 55 km/h.Les météorologues annonçaient des averses abondantes et des vents de 100 km/h.Au Canada, la Nouvelle-Ecosse devrait recevoir 50 mm de pluie et les régions plus au nord de 80 à 100 mm.«Ça se compare aux tempêtes hivernales que nous voyons ici dans les provinces atlantiques», expliquait Ken Kirkwood, météorologue à Environnement Canada.45 centimètres de pluie Floyd a déversé près de 45 centimètres de pluie en quelques heures lors de son passage sur les différents Etats de la côte est américaine.Le trafic ferroviaire et aérien a été fortement perturbé à Boston, à Washington et à New York, où les écoliers sont restés chez eux jeudi.Fait rare, le mauvais temps a également été à l’origine de la suspension d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.Quelque 1,1 million d’abonnés étaient privés de courant hier matin dans huit États.Dans le Maryland, 360 000 personnes risquent de devoir attendre jusqu’à lundi avant de pouvoir disposer de nouveau d'électricité.On ne compte plus, un peu partout, les routes coupées, les habitations endommagées, les poteaux et lignes téléphoniques arrachés.Plus à l’ouest, dans le New Jersey, la crue des cours d’eau gonflés par les pluies faisait craindre de graves inondations.Les militaires de la Garde nationale ont été appelés en renfort dans un des secteurs les plus menacés, le comté de Bergen.Selon la police, au moins 800 personnes avaient été secourues en fin de matinée.Et en Caroline du Nord, où 40 centimètres de pluie sont tombés, les secours ont organisé une vaste opération de sau- vetage par voies aériennes et maritime afin de venir en aide à 1500 personnes bloquées, certaines sur des toits ou dans des arbres.Plusieurs routes étaient fermées à la circulation.Pendant ce temps, un nouveau cyclone, baptisé Gert, se renforce au-dessus de l’Atlantique, à 1570 km au sud-est des Bermudes, archipel qu’il pourrait menacer demain ou lundi, selon Daniel Brown, du Centre national des ouragans de Miami.Ce cyclone de 645 km de large se déplaçait hier matin dans une direction ouest-nord-ouest, avec des vents entre 120 et 190 km/h.Industrie de l’automobile Hargrove laisse planer la menace d’une grève MICHAEL MACDONALD PRESSE CANADIENNE Toronto — Il n’y a qu'-î/wr chance sur ÎOOO» pour qu’intervienne un règlement avant mercredi prochain chez Ford du Canada, a estimé hier le leader du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), Buzz Hargrove, qui a qualifié de «passeport pour une grève» l'offre patronale déposée hier.Ford «o creusé un fossé si profond [.] qu’il nous serait impossible d'éviter le conflit», a déclaré M.Harfpwe en conférence de presse, hier, dans un hôtel du centre-ville de Toronto.Les observateurs s'attendaient dans l’ensemble à ce que le dirigeant syndical fasse pression sur le constructeur afin qu’il améliore son offre initiale en ce qiù a trait aux salaires, au régime de retraite ainsi qu’aux avantages sociaux.Cela n’a rien d’exceptionnel en début de processus de négociations.Toutefois, le ton emprunté par M.Hargrove, hier, en a étonné plus d’un, les TCA ayant pris la peine, ces dernières semaines, de souligner la volonté de Ford de travailler de concert avec eux.Reconnu pour son franc-parler, M.Hargrove a insisté sur le fait que l’offre déposée hier était la pire à lui avoir jamais été soumise.Afin d’appuyer son propos, il a distribué aux représentants des médias une copie des offres de nature économique de Ford, ce que le syndicat n’avait jamais fait jusque-là.1 % par année Ford offre des augmentations de salaire de 1 % pour chacune des trois prochaines années, une prime de 500 $ versée à la signature ainsi que de légères améliorations à l’indemnité liée au coût de la vie pour ses 12 (XX) employés membres des TCA Les travailleurs affectés aux chaînes de montage gagnent en moyenne 23,88 $ l’heure; ceux possédant des compétences particulières gagnent 28,83 $ l’heure.En dépit de la sèche mise en garde lancée par M.Hargrove, les représentants de Ford et des TCA ont repris les pourparlers en après-midi.De longues séances de négociations devaient avoir lieu tout au long de la fin de semaine.«Personne n’a laissé entendre que c’était du gâteau, a déclaré un porte-parole de Ford, Jim Hartford.De dures négociations nous attendent.» Le syndicat des TCA déclenchera la grève mardi à 23h59 si jamais les négociations en cours ne donnent lieu à aucune entente d’ici là.Jeudi, le syndicat des Travailleurs unis de l’automobile (TUA) a obtenu une augmentation salariale de 3 % du constructeur automobile germano-américain Daimler-Chrysler, avec lequel il a signé une entente de principe pour ses 75 000 membres.Un vote de ratification devrait avoir lieu d’ici à la fin de la semaine prochaine.Mario LAVALLÉE EHercices en gestion financière Un livra d'ici sur un suint unlvnrsBi._______________ ft Éditions GUÉRIN En vente dans toutes les librairies (514)842-3481 Avis public Survie» du greffe Montréal, a été publiée dans le journal Le Devoir, le mercredi 15 septembre Vente d'immeubles pour 1999.non-paiement de taxes La vente de ces immeubles aura lieu foncières ou de droits le lundi 8 novembre 1999 à 10 h, dans sur les mutations le hall de l’hôtel de ville, 275, rue immobilières Notre-Dame Est.Avis est donné que la liste des Montréal, le 18 septembre 1999 immeubles qui seront vendus par le greffier, pour non-paiement de taxes foncières ou de droits sur les > ?.Le greffier, mutations immobilières à la Ville de M® Léon Laberge 9 McGill l Science et Société - Conférence publique Steve Fuller professeur en sociologie.Université de Warwick, RU » What Doesn't Kill Us Makes Us Stronger: Why the Science Wars May Turn Out To Be a Good Thing, After All La conférence aura lieu en anglais Le mardi 21 septembre, 1999 - 17h45 j Salle Palmer, Pavilion McIntyre, Université McGill, 3655 rue Drummond, 5e étage : Montréal, Qc H3G 1Y6 : Métro Peel » Entrée libre.Bienvenue à tous! i Cette conférence est présentée grâce à l'aide financière du Comité des Confé-’ rences Commémoratives Beatty.Avec la collaboration des départements de : pharmacologie & thérapie, anthropologie, mathématiques et statistiques, sciences politiques, études sociales en médecine, philosophie, physiologie, i sociologie, Centre de médecine, droit et éthique, Institut neurologique de ; Montréal, Facultés des arts et de médecine.^^enseignements^U4L39^60^5^lp@pharmçLmcgùka^^^^ LE I) E V l) I K .LES SAMEDI 1 S ET DI M A N C 11 E 1 !) S E P T E M B R E I !l 9 9 A 1 LES ACTUALITES Un nouveau Ducharme sort cet automne LE DEVOIR 'D éjean Ducharme, de loin l’écri-IVvain québécois le plus mystérieux, publiera un nouveau roman cet automne chez Gallimard, fort probablement à la mi-octobre.Gros mots, dont le manuscrit corrigé vient de parvenir à la maison d'édi-tjon de Paris, devrait paraître simulta-• peinent ici et en France.Il s’agira du .troisième roman de Ducharme depuis 1990, date à laquelle il avait recommencé à publier, avec Dévadé, après un silence de 14 ans., On doit entre autres à Réjean Du- charme L’Avalée des avalés, Le nez qui roque, Les Enfantâmes et Va savoir, son dernier roman, publié en 1994.Il a également signé deux scénarios de film, Les Bons Débarras et Les Beaux Souvenirs, ainsi que les pièces de théâtre HA lia!.et Inès Pérée et Inat Tendu.Réjean Ducharme, auquel sa fuite des caméras et des micros a valu le surnom d’écrivain-fantôme, a reçu plusieurs honneurs littéraires, le dernier en liste étant le Grand Prix national des lettres 1999, accordé en juin par le ministère de la Culture de la France.Gros mots sera le neuvième roman de Réjean Ducharme.Entreprise condamnée (Le Devoir) — Une société commer-ciale de Sainte-Julie, Camfab, a été condamnée cette semaine en Cour du Québec à une amende de 11 (XX) $ pour diverses infractions à la Loi québécoise de l'environnement (LQE) et à son règlement sur les déchets dan-gereux.Tout d’abord, le 12 décembre 1996, cette entreprise a enfreint l’article 20 de la loi précitée en brûlant des déchets à ciel ouvert.D’autre part, toujours à la même date, à titre de producteur de déchets dangereux responsable de leur entreposage sur le.s lieux de production, Camfab a entreposé des matières toxiques inflammables à l’extérieur d’un bâtiment sans les avoir placés en sécurité dans un conteneur, contrairement aux dispositions réglementaires.Le tribunal a donc imposé à cette corporation une amende totale de 11 (XX) $, soit 6000 $ pour la première infraction et 5000 $ pour la dernière.Coupable de blanchiment d’argent (PC) — L’avocat Gérald Lavoie a été reconnu coupable hier d’avoir blan- E N H R E F chi plus de 1,7 million de dollars pour le compte du trafiquant de drogue Paul Larue, entre 1989 et 1991.Lavoie avait tenté de faire valoir qu’il ignorait que l’argent provenait des profits de la vente de cocaïne.Mais le tribunal a déclaré Lavoie coupable, se disant convaincu que l’accusé connaissait la provenance de l’argent.Quant à lui, l’ex-juge Robert Flahiff a déjà été reconnu coupable pour les mêmes accusations et a écopé de trois ans de prison.Mais il a porté sa cause en appel.Robert Flahiff a démissionné de ses fonctions en avril dernier après que le Conseil de la magistrature eut enclenché un processus de destitution.Lavoie connaîtra sa sentence plus tard.Policier blâmé (PC) — Un citoyen qui a eu la peur de sa vie quand il a été conduit au poste de police, menotté et sans ceinture de sécurité, à une vitesse de 100 kilomètres/heure a finalement eu gain de cause devant un comité de déontologie policière.Le conducteur de l’auto-patrouille, l’agent Gilles Bluteau du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, vient d’être blâmé pour avoir négligé de boucler la ceinture de sécurité du prévenu et d’avoir conduit son véhicule à 100 kilomètres/heure, sans nécessité.TAPIS & DECOR CARPETTES UNIES OU À MOTIFS aztèque, oriental moderne, sisal MOQUETTE MUR À MUR veloutée, torsadée berbère, sisal 12 MOIS SANS INTÉRÊTS SOLDE D’INVENTAIRE DE 25 À 65% DE RABAIS VENTE 3 POUR 1 Tapis Te qualité Sous-tapis gratuit Installation gratuite f /,,,,,/, Service d’installation ffÏÏjouc/ta.J'r/ GARANTI 3645, boul.St-Joseph Est, Montréal (514) 729-0891 1090,rue Laurier Ouest, Outremont (514) 274-1090 Jugements de la Cour suprême Un syndic pourra saisir Fassurance-vie des Malenfant HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les déboires de l’homme d’affaires Raymond Malenfant n’en finissent plus.La Cour suprême du Canada a autorisé hier un syndic de faillite à saisir la police d’assurance-vie de la famille Malenfant.Colette Perron-Malenfant, l’épouse de Raymond Malenfant, l’ex-propriétaire du Manoir Richelieu, à Pointe-au-Pic, avait avancé que le syndic ne pouvait s’emparer de sa police d’assurance parce que celle-ci constituait aux yeux de la loi un «droit personnel».Dans son jugement, le juge Charles Gonthier reconnaît toutefois que la Loi québécoise sur les assurances est à la fois exhaustive et détaillée et que les droits des créanciers sont protégés.Deux seules catégories de police d’assurance sont exclues de la portée de cette loi.Le type de police d’assuran-ce-vie détenu par Colette Perron-Malenfant pour assurer la vie de son mari n’est pas visé par la Loi sur les assurances, fait valoir le juge Gonthier.«Le législateur a choisi de protéger de la saisie deux catégories particulières de polices parce qu’il considérait qu’elles étaient exposées à un risque important, à savoir le risque que les créanciers, qui, autrement disposaient généralement du droit de racheter une police d’assurance- vie.mettent fin à une police en exerçant ce droit.» «[• ¦] Il est normal de conclure que les droits conférés par toutes les autres polices, y compris le droit à leur valeur de rachat, sont saisissables», avance le juge Gonthier.«C’est dommage, s’est exclamé l’avocat de Colette Perron-Malenfant, Jean-Philippe Gervais.Ils ont passé à travers des temps difficiles.C’est dommage qu’ils aient à subir une dernière perte.» M.Malenfant, qui gère un motel à Laval, n’avait pas le cœur à la fête, hier et n'a pas retourné nos appels.La Cour suprême confirme ainsi le jugement de la Cour supérieure du Québec.En 1978, Mme Perron-Malenfant avait souscrit à une police d’assurance-vie de 300 000 $ de la Laurentienne Vie sur la vie de son époux.La famille fait faillite en décembre 1992.En avril 1993, le syndic de faillite demande à la Laurentienne de résilier la police d’assurapce-vie de la famille Malenfant et de lui verser le produit.A cette époque, la police vaut 84 900 $.La compagnie d’assurances accepte et résilie la police le 4 mai 1993.Mme Perron-Malenfant s’objecte.Elle réclame une or-donnace pour obliger le syndic à rembourser la valeur de rachat à l’assureur et à remettre sa police d’assurance-vie en vigueur.La Cour supérieure rejette sa demande.Par contre, la Cour d’appel avait renversé cette décision à l’unanimité.Un Torontois devra payer une pension alimentaire de 10 000 $ Il II G UETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les parents qui gagnent 150 000 $ et plus par année doivent s’attendre à payer une pension alimentaire à la mesure de leurs moyens.Dans un jugement unanime, la Cour suprême du Canada a statué jeudi qu’un riche homme d’affaires de Toronto, Thomas Baker, devait payer plus de 10 000 $ par mois en pension alimentaire à son ex-épouse pour le soin de leurs deux enfants.Le juge Michel Bastaraehe donne ainsi raison à l’ex-épouse, Monica Francis.Il maintient également le jugement d’une cour ontarienne de première instance qui avait imposé à M.Baker des paiements de 10 034 $ par mois ainsi qu’une somme forfaitaire de 500 000 $.Mme Francis avait la garde cjes deux enfants depuis la séparation du couple en 1985.A l’époque, Mme Francis, une enseignante au secondaire qui gagnait 63 (XX) $ par année, avait de la difficulté à joindre les deux bouts.M.Baker touchait un salaire de 945 000 $ par année et avait des actifs d'une valeur de 78 millions de dollars.Au procès en 1997, le juge avait fait remarquer que M.Baker avait adopté le «mode de vie du millionnaire qu’il était».Il ajoutait que les enfants issus d’une famille riche avaient droit à la suite d'une séparation ou d’un divorce au style de vie équivalent.Devant la Cour d’appel de l’Ontario, M.Baker avait avancé de son côté que le juge avait la discrétion d’ajuster les paiements à la hausse ou à la baisse.Il n’avait pas fourni de documents financiers pour étayer sa cause.La Cour d’appel déboutait sa cause.Selon son interprétation des lignes directrices fédérales fixant les pensions alimentaires, le juge ne pouvait pas réduire les barèmes proposés.Sur ce point, la Cour suprême du Canada n’est pas d’accord.Selon le juge Michel Bastaraehe, les tribunaux «ont la discrétion d’augmenter ou de réduire» le montant de la pension alimentaire prescrite par les lignes directrices lorsque le conjoint qui a l’obligation de payer la pension alimentaire a un salaire excédent 150 ()()() $ par année.«Le Parlement a choisi de ne pas imposer de limites ou de plafonds sur la valeur des pensions alimentaires et l’appelant n’a pas présenté d’arguments pour inciter cette cour à le faire», écrit-il dans son jugement.Le juge reconnaît que la situation économique des personnes à revenu élevé doit être prise en compte et que la cour doit tenir compte des «moyens, des besoins et des autres circonstances des enfants, de même que de la capacité financière de chaque conjoint».M.Baker, un ancien p.-d.g.de Seven-Up Canada et de Pathfinder Beverages, a donc gagné sur le principe mais cela ne changera rien à sa situation personnelle.Il devra continuer à débourser 10 000 $ par mois en pension alimentaire.Micmacs : un traité de 1760 est reconnu PRESSE CANADIENNE Ottawa— La Cour suprême du Canada a rendu hier un jugement en faveur d’un Micmac qui avait péché sans permis, soutenant du même coup les dispositions d’un traité signé en 1760 par la Couronne britannique et la nation micmaque.Cette décision fait suite à l’appel concernant la condamnation, eji 1996, d’un Micmac de la Nouvelle-Ecosse, Donald Marshall fils, pour avoir pê ché et vendu 210 kilogrammes d’anguilles hors saison et sans permis.Le jugement rendu par la Cour suprême libère M.Marshall de toutes les accusations qui ont été retenues contre lui.Cette décision confirme du même coup que les Micmacs et les autres groupes autochtones de la Nouvelle-Ecosse mentionnés dans le traité de 1760 peuvent pêcher à l'année et ce, sans permis.Toutefois, le texte du jugement du plus haut tribunal du pays insiste pour dire que ces droits des autochtones sont limités à la satisfaction des besoins quotidiens, ce qui inclut l’alimentation, l’habillement, le logement et aussi quelques agréments.Le juge Ian Binnie, qui a rédigé le texte de la décision, estime que le trai té limite vraiment la consommation autochtone de poissons aux besoins personnels.«On a craint que Marshall, qui a pêché l’anguille dans un petit bateau, n’étende le droit accordé aux autochtones par le traité à la pêche commerciale en bateau-usine, leur permettant ainsi d’amasser les récoltes de poissons au détriment des autres pêcheurs sportifs et commerciaux, écrit le juge.Cette peur est basée sur une mauvaise compréhension de la portée réelle du traité en matière de droit de pêche.» Cette décision de la Cour peut apporter de nouveaux arguments dans d'autres cas similaires concernant des traités, mais son impact ne concerne que ceux qui sont touchés par le traité de 1760.«A mon avis, ce traité confirme', le droit des Micmacs de subvenir à leurs besoins en pratiquant la pêche, la chasse, des activités de cueillette et de commerce pour ce qui, en 1760, était qualifié de nécessaire», ajoute le juge.La loi québécoise de la santé Des organismes dénoncent la tentative de Chaoulli PRESSE CANADIENNE Une coalition d’organismes, dont les trois centrales syndicales et la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, voient d’un très mauvais œil la tentative menée devant les tribunaux par le médecin Jacques Chaoulli.Celui-ci cherche à faire invalider deux articles de loi: l’un sur l’assuran-ce-maladie et l’autre sur l’assurance-hospitalisation, afin que soit levé l’interdit d’avoir au Québec un système de T K A 1) I T ion D K 1' u i s i S ç o Joiinston&Mukphy M O N D f * K fs*/! < .JEUSy.x,'J.XI LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 S ET D I M A N C II E 1 !» S E P T E M B R E 1 il !» !» A 8 LE DEVOIR LE MONDE Les attentats en Russie Vaste coup de Les forces de sécurité filet de ont procédé à la police russe 11 OOO interpellations G REG MYRE AGENCE FRANCE-PRESSE Moscou — La police russe, qui multiplie les contrôles dans les grandes villes du pays pour tenter de mettre un terme à l’actuelle vague d'attentats, a procédé à 11 200 interpellations, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur.La majorité des suspects ne sont toutefois pas liés aux actes de terrorisme qui ont fait 300 morts depuis le début de septembre.Le dernier attentat en date a visé jeudi soir un immeuble de Saint-Pétersbourg.L’explosion, qui a fait au moins deux morts, a été causée par un petit engin explosif d’une puissance équivalente à 4,5 kilos de TNT, sans commune mesure avec les charges utilisées ces derniers jours à Moscou et Volgodonsk (sud-ouest), évaluées à plusieurs centaines de kilogrammes de TNT.Selon les enquêteurs, cet attentat n’apparaît pas lié aux précédents.Selon le ministre russe de l’Intérieur, Vladimir Rouchaïlo, le vaste coup de filet a concerné 2200 individus recherchés par la police et 9000 autres soupçonnés d’être impliqués dans divers délits sans relation avec les attentats à la bombe.Une trentaine de suspects sont par contre soup- çonnés d’y être impliqués, a ajouté M.Rouchaïlo sans fournir de plus amples détails.«Nous voulons rétablir l'ordre dans les rues de façon stricte», s’est-il contenté de déclarer.D’après l’agence Interfax, deux suspects ont par ailleurs été appréhendés dans le cadre de l’enquête sur les attentats à Moscou.Ces deux hommes sont d’origine tchétchène, ajoute Interfax en citant des sources policières.Au cours des derniers jours, la police moscovite a interpellé plusieurs personnes originaires de Tchétchénie, mais aucune de ces personnes n’a été officiellement inculpée.La police a par ailleurs découvert jeudi une «très importante quantité» d’explosifs en banlieue sud de Moscou.Les charges étaient dissimulées sous des sacs de sucre en provenance du sud de la Russie.Le Service fédéral de sécurité a pour sa part annoncé que six retardateurs apparemment destinés à des engins explosifs avaient été saisis.Face à la menace terroriste, le premier ministre Vladimir Poutine a donné trois jours à son administration pour qu’elle mette au point des plans d’action destinés à renforcer la sécurité dans les transports, les communications et les installations électriques ainsi que dans les zones d’habitation.VLADIMIR SUVOROV REUTERS La police de Moscou escorte un groupe d’interpellés lors d’une fouille dans un marché de la ville.Jeudi, au cours d’une réunion gouvernementale, M.Poutine s’était tourné vers les caméras de télévision pour s’adresser en ces termes à la population: «Je veux m’adresser aux anciens soldats, aux anciens policiers.Prenez des initiatives», avait-il lancé.Selon des rumeurs circulant à Moscou, l’état d’urgence pourrait être déclaré dans le pays, ce qui permettrait au président Boris Eltsine de gouverner par décrets.Le chef du Kremlin a toutefois démenti cette information, ajoutant qu’il achèverait normalement son mandat présidentiel jusqu’à la mi-2000.ANALYSE Un geste envers la Corée du Nord Washington lève les sanctions GRETCHEN COOK AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les États-Unis ont annoncé hier un assouplissement des sanctions pesant depuis un demi-siècle sur la Corée du Nord en échange de la promesse de Pyongyang de geler son programme d’essais de missiles à longue portée.«Les États-Unis prennent cette décision afin d'améliorer leurs relations générales avec la Corée du Nord», a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué.Cette mesure va rendre possibles lés échanges commerciaux de biens de consommation, assouplira les entraves à la liberté de circulation et per-rfiettra des transferts de fonds de par- ticuliers et d’entreprises entre les deux pays, précise le communiqué.Mais dans le domaine de la non-prolifération des armements, Washington maintiendra son contrôle qui interdit les exportations de matériel militaire et d’équipement «sensible» vers la Corée du Nord, poursuit communiqué.«Nous entendons que la Corée continuera de s’abstenir de tester des missiles de longue portée, quel que soit leur type, alors que les deux parties progressent vers des relations plus normales», indique encore le texte.A l’issue de négociations bilatérales le week-end dernier à Berlin, Pyongyang s’était engagé lundi à geler ses essais de missiles à longue portée.En contrepartie, Washington avait alors indiqué envisager un as- souplissement des sanctions pesant sur Pyongyang dans les domaines du commerce, de l’investissement et des transports.Le porte-parole de la Maison-Blanche, Joe Lockhart, a reconnu que les conséquences économiques de cet assouplissement seraient modestes, mais la décision devrait donner un nouveau bol d’air à l’État stalinien de Kim Jong-Il, qui connaît une famine meurtrière et a reçu une aide alimentaire internationale.Hier, le ministre sud-coréen de la Réunification, Lim Dong-Won, a estimé que la levée de restrictions commerciales américaines représentait un étape déterminante pour permettre à Pyongyang de s’ouvrir sur l’extérieur.CONCOURS ITALIA LE DEVOIR En collaboration avec., SOI E swissair TOURS INC Le spécialiste de voyages européens Une chance de GAGNER un voyage long séjour pour deux personnes en Italie Pour participer vous n'avez qu'à nous faire parvenir les coupons de participation qui seront publiés dans Le Devoir avant le 5 novembre 1999 à minuit.AUTOMNE HIVER SORRENTO ET 11 NUITS Hôtel Regina PRINTEMPS ROME 3 NUITS HMI Hôtel Rivage W Hôtel Sirene ar Hôtel Villa Ferrata m Amalfi Vatican Coupon de participation Retourner par la poste à Concours ITALIA Le Devoir 2050, rue de Bleury, 9' étage Montréal, Qc., HJA 3M9 Nom:.Adresse:.App.:.Ville:.Code postal :.Téléphone: (résidence).(bureau).Abonné au Devoir: oui .non .les conditions et réglements de concours sont disponibles à la réception du Devoir.Le tiroge aura heu le 10 novembre 1999 Le concours s'adresse aux W ans et plus.Un seul coupon par enveloppe Arafat et Barak Rencontre secrète ASSOCIATED PRESS palestinienne, fat, se sont rencontrés secrètement tard jeudi soir.L’information a été confirmée hier par les deux camps.Selon un haut responsable palestinien qui a requis l’anonymat, la rencontre s’est tenue à Tel Aviv et a duré une heure et demie.Cet entretien visait à créer un «climat positif pour les discussions à venir.La radio israélienne a rapporté que les deux hommes avaient évoqué les négociations sur le traité de paix permanent, qui viennent de reprendre après une longue interruption.David Ziso, le porte-parole de M.Barak, a lconfirmé que cette rencontre avait bien eu lieu mais n’en a révélé aucun détail.Les deux dirigeants aiment travailler tard le soir.Le ministre israélien des Affaires étrangères David Levy a pour sa part assuré ne pas avoir été informé de cette rencontre.Interrogé par la radio israélienne, il n’a pas caché son mécontentement «Les méthodes de travail adéquates exigent, si ce n'est une consultation, au moins une information», a-t-il déploré.Cette réunion secrète survient après l’annonce selon laquelle le «ministre» palestinien de l’Information, Yasser Abed Rabbo, dirigera la délégation palestinienne aux négociations sur le traité de paix.Israël n’a pas encore donné le nom du chef de sa délégation.La reprise des négociations est une des clauses du nouvel accord intérimaire conclu entre l’État hébreu et les Palestiniens, le 5 septembre, dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh.Une légitimité à conquérir Mal élu en avril, le président algérien cherche des marges de manœuvre face aux militaires JOSÉ GARÇON LIBÉRATION Abdelaziz Bouteflika vient de réussir l’opération qui l’obsède depuis son arrivée au pouvoir il y a plus de cinq mois: organiser sa seconde élection à travers la sixième consultation électorale proposée aux Algériens en quatre ans.Désormais, le oui «franc et massif» qu’il a obtenu au référendum sur la paix et la «concorde civile» apparaîtra comme son véritable score électoral.On ne peut comprendre en effet la volonté de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Houari Boumédiène de mener à bien ce scrutin sans prendre en compte sa volonté de faire oublier le péché originel de son accession au pouvoir: la fraude et le retrait collectif de tous ses concurrents.Officiellement, il s’agissait de demander l’avis de la population sur une loi destinée à tourner la page sur sept ans d’affrontements et déjà approuvée par le Parlement et le Sénat.Mais deux éléments supprimaient tout suspense quant à l’issue de ce vote: le libellé de la question («Êtes-vous pour la démarche du président, visant à réaliser la paix et la concorde civile?») compte tenu de la popularité du mot d’ordre sur la paix et des méthodes éprouvées lors des élections précédentes quant au taux de participation.«Il faut avoir été totalement coupé de ce peuple pour ignorer que son souhait le plus ardent depuis 1992 est le rétablissement de la paix, résumait ainsi dans le quotidien El Watan le général et ancien chef d’état-major Rachid Ben Yelles.C’est donc lui faire injure que d’en douter et de le consulter sur ce sujet.» Abdelaziz Bouteflika ne l’ignorait pas davantage que son prédécesseur, Liamine Zeroual, qui, comme lui, fit de la paix le seul mot d’ordre de sa campagne électorale.Légitimité et autorité C’est ce qui l’a amené à imposer ce référendum-plébiscite qui a, en réalité, un objectif essentiel: combler son déficit de légitimité.Cette initiative, qui le fait apparaître comme un «faiseur de paix» aux yeux des Algériens comme de la communauté internationale, vise aussi à couper l’herbe sous le pied de l’opposition et à la placer dans une situation difficile.Celle-ci milite en effet depuis longtemps en faveur de la paix, ce qui lui a valu de subir des années durant les insultes et la haine de ceux qui en découvrent aujourd’hui les vertus.Elle ne peut donc s’inscrire en faux contre une opération supposée ramener la paix, tout en estimant les mesures prises «aux antipodes d’un réel processus de réconciliation nationale».«La démarche, remarque encore Rachid Ben Yelles, aurait eu bien plus de chances d'aboutir si on l’avait fait précéder par un débat national qui aurait constitué une véritable thérapie de groupe pour exorciser la haine qui est en nous.Un débat auquel auraient été conviés tous ceux qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, auraient pu apporter leur contribution.L’enjeu en valait la peine.» Toute la question est de savoir ce que le chef de l’État entend faire de sa nouvelle légitimité.Face au mystère qui entoure ses véritables intentions, on ne peut jurer que d’une chose: il entend gouverner.«Je suis le seul inspirateur et porte-parole de la politique algérienne.Des ministres viendront en France.Ne tenez compte que de ma position», a-t-il dit au chef de la diplomatie française lors de sa visite fin juillet à Alger.Il confirmait ainsi l’autre face du rôle qu’il a lui-même dévolu au ré férendum: élargir sa marge de manœuvre à l’égard du haut commandement de l’armée et des services de sécurité.Comme si Abdelaziz Bouteflika n’avait de cesse d’empêcher qu’ils puissent un jour lui rappeler «qui l’a fait roi».Le chef de l’État ne se prive d’ailleurs pas de signifier à ses interlocuteurs étrangers cette volonté de consolider son pouvoir.«Je ne nommerai un gouvernement qu’après avoir renforcé suffisamment mon autorité», affirmait-il encore à Hubert Védrine.Ses menaces répétées de «retourner chez lui» si les Algériens ne lui font pas confiance ne trompent personne quant au fait que l’armée en est le principal destinataire.Dans le jeu d’équilibre complexe qui se déroule au sommet de l’État, Bouteflika dispose déjà de plusieurs atouts.Les militaires ne peuvent assumer une éternelle instabilité face, à leurs partenaires étrangers après avoir «usé» sept premiers ministres et cinq présidents depuis 1992.Il leur sera difficile aussi de se débarrasser de Bouteflika, au moins à court terme, en le «boudiafisant» ou en le «zé-roualisant».Enfin, ce dernier est la seule garantie internationale de «décideurs» obsédés par le syndrome Pinochet de ne pas devoir, un jour, rendre des comptes.Reste à savoir s’il utilisera ces avantages pour prendre, comme on lui en prête l’intention, les mesures qui s’imposent pour régler les problèmes d’une société fragmentée, écrasée par la précarité, la haine et l’exclusion.Appel aux islamistes Alger (AFP) — Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a lancé hier un nouvel appel aux islamistes armés qui ne se sont pas encore rendus pour qu’ils se joignent à la concorde civile massivement approuvée jeudi par référendum.«Je leur lance solennellement aujourd’hui encore un appel pour qu’ils se ressaisissent.La loi est tolérante et, dans son immense générosité, le peuple leur a accordé sa clémence», a affirmé M.Bouteflika dans un discours radiotélévisé pour remercier les Algériens de leur soutien.il a cependant brandi la menace de représailles pour ceux qui persisteraient à refuser sa «démarche de paix», se mettant ainsi «hors la loi», a-t-il précisé.La loi sur la concorde civile, votée et promulguée depuis le 13 juillet, amnistie totalement ou partiellement les islamistes çirmés se soumettant à l’autorité de l’État.Elle ne sera applicable que six mois, jusqu’au 13 janvier 2000.La pression est forte sur les républicains Bras de fer au Congrès américain sur le contrôle des armes à feu LÉON BR U N EAU AGENCE FRANCE-PRES S E Wasliington — Les républicains au Congrès sont soumis à une pression croissante pour légiférer sur le contrôle des armes à feu, thème déjà entré de plain-pied dans la campagne présidentielle de 2000.Une nouvelle fusillade tragique au Texas mercredi, l’œuvre de Larry Ash-brook, 47 ans, décrit comme étant solitaire et dérangé, la dernière d’une série particulièrement meurtrière cette année aux États-Unis, coïncide avec un bravde-fer au Congrès sur l’opportunité de réglementer plus strictement les armes à feu.Le Sénat a adopté de justesse avant l’été un projet de loi sur la criminalité juvénile, renforçant les contrôles sur les ventes d’armes à feu, demandant l’installation d’un verrou de sécurité pour empêcher leur utilisation par les enfants ou encore des vérifications obligatoires pour les acheteurs dans les foires aux armes.Mais le texte est depuis resté en suspens.La Chambre des représentants a adopté une version du projet de loi largement édulcorée, retirant ces mesures et repoussant un projet de loi séparé sur le contrôle des armes.Des négociateurs des deux chambres s’évertuent depuis la rentrée parlementaire de septembre à concilier les deux textes, pour l’instant sans succès, et son issue au Congrès restait hier très incertaine, selon des sources parlementaires.«Sï vous n’êtes même pas en sécurité dans le sanctuaire d'une église face à la violence armée, ou êtes-vous en sécurité?», s’est insurgée la sé-natrice démocrate de Californie, Barbara Boxer, après la fusillade de Fort Worth (huit morts).«Ce n’est pas faire de la politique politicienne que de dire qu’il faut empêcher que les armes puissent aller dans les mains des enfants», a-t-elle ajouté.«Qu'attendons-nous» pour agir?, a-t-elle ajouté à l’adresse des parlementaires.Mais, selon le sénateur républicain Orrin Hatch (Utah), qui préside la commission judiciaire au Sénat, «c'est un problème complexe qui exige des réponses globales» et ne se limite pas à réglementer les armes à feu.De récents sondages montrent sans équivoque pourtant qu’une majorité d’Américains sont en faveur d’une lé-gislatipn nationale en la matière.Et certains États, comme la Californie, ont récemment pris les devants et impqsé des législations plus strictes.La Maison-Blanche, démocrate, a saisi cette série noire de fusillades (plus de 50 morts depuis la tuerie du lycée Columbine le 20 avril) pour dénoncer l’inaction du Congrès à majorité républicaine et l’influence du lobby proarmes.«Il est temps d’adopter une législation raisonnable sur le contrôle des armes à feu afin de protéger nos enfants», a réaffirmé hier le porte-parole de la Maison-Blanche, Joe Lockhart.la fusillade de Fort Worth a en tous les cas accru la pression sur le principal candidat républicain à la présidentielle, l’actuel gouverneur du Texas, George W.Bush.Rentré précipitamment jeudi dans son fief du Texas, il a estimé qu’un «mauvais esprit frappait l’Amérique», sans directement évoquer le problème des armes à feu.Les armes à feu ont causé la mort de 34 (XX) personnes en 1990. LE DEVOIR.LES SAMEDI IR ET DI M A X C 11 E I !) SEP T E M R R E 1 H 9 il Le commandant de la force internationale sera à Dili demain EN BREF •'¦'NSV Le Chili se fâche (Reuters) —‘Le Chili a décidé de rappeler pour consultation son ambassadeur en Espagne après le refus par Madrid d’un arbitrage international dans le dossier Pinochet, a rapporté hier Radio Nacional, qui cite le chef de la diplomatie chilienne, Juan Gabriel Valdes.Les autorités chiliennes, ajoute la radio espagnole, ont averti que l’affaire pourrait nuire aux intérêts des entreprises espagnoles au Chili.Le gouvernement chilien avait déjà rappelé son représentant à Madrid en novembre 1998, lorsque les autorités espagnoles avaient entériné la demande d’extradition formulée par le juge Baltasar Garzon contre l’ancien dictateur chilien en résidence surveillée en Grande-Bretagne.La demande sera examinée par la justice britannique à partir du 27 septembre prochain.Ouverture d’une autre prison pour enfants (AFP) — Une troisième prison pour enfants de 12 à 14 ans a ouvert ses portes hier en Grande-Bretagne.La prison de Hassocklield, d’une capacité de 40 places, n’accueille pour le moment que deux détenus et devrait en recevoir prochainement 10 de plus.Les deux autres établissements britanniques de ce type ont des capacités égales et accueillent eux aussi des multirécidivistes ayant violé de précédents régimes de surveillance.Le premier à avoir ouvert ses portes avait fait l’objet d’un rapport désastreux des services sociaux, en raison notamment du comportement excessivement violent du personnel, appartenant à une société privée.La gestion des deux autres centres est elle aussi partiellement confiée à des sous-traitants privés.L’ouverture de ces centres pour très jeunes délinquants est l’une des rares initiatives des travaillistes à avoir reçu un accueil enthousiaste des conservateurs, qui ont déclaré en souhaiter le double.Ocalan réclame une amnistie totale (AFP) — Le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan a appelé hier le Parlement turc à élargir une amnistie partielle récemment adoptée, de façon à ce qu’elle touche tous les militants de son Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).«Le cadre de la loi d’amnistie doit être élargi.Une amnistie totale doit être adoptée pour une paix nationale et sociale», a déclaré le chef du PKK dans un communiqué diffusé par ses avocats.«Le Parlement doit remplir sa tâche historique concernant cette question, l’une des plus fondamentales de la Turquie», a-t-il indiqué.Une loi adoptée fin août par le Parlement prévoit une amnistie pour les rebelles kurdes prêts à se rendre à condition qu’ils n’aient pas participé à des combats avec les forces turques, et elle exclut ses cadres dirigeants.Ocalan a affirmé que le PKK était «sincère» dans son engagement de mettre un terme à la lutte armée.«Les activités du PKK ont diminué de 90 %.» Uaide humanitaire arrive au Timor Les milices menacent la force internationale ASSOCIATED PRESS ET REUTERS Dili — Du riz et des couvertures ont été parachutés hier aux populations déplacées du Timor oriental où le général australien Peter Cosgrove, commandant de la force internationale de paix, pourrait arriver demain alors que des menaces pèsent sur la sécurité future de ses hommes.Le commandant militaire indonésien au Timor, qui administre le territoire en vertu de la loi martiale, a toutefois déclaré que le calendrier de déploiement des premiers éléments de la force de paix avait été retardé.«Ils n’arriveront pas demain», a affirmé le général Kiki Syahnakri lors d’une conférence de presse à Dili.«Peter Cosgrove se rendra aujourd’hui à Dili pour discuter en détail avec le général Syahnakri du transfert des compétences», avait pourtant affirmé quelques minutes plus tôt à Jakarta le porte-parole de l’armée indonésienne, le général Sudrajat.Selon Jakarta, un contingent d’environ 2000 hommes de la force internationale devrait suivre dès lundi.Parallèlement, l’armée indonésienne a entrepris le retrait de ses hommes déployés au Timor oriental.Entre 3500 et 4000 soldats ont été retirés du territoire au cours des derniers jours et d’autres devraient Suivre, a indiqué Syahnakri.Avant le début du retrait, l’Indonésie disposait de 7600 soldats et de 7100 policiers sur le territoire où Jakarta maintiendra une présence militaire jusqu’à nouvel ordre.À Manille, le maréchal d’aviation Doug Riding, n° 2 de l’armée australienne, a indiqué que «d'après le planning actuel, les premiers soldats devraient arriver dimanche».Une vingtaine de pays seront au final représentés d;ms la force internationale au Timor oriental (1NTERFET) autorisée par le Conseil de sécurité et pla-céq sous commandement australien.A terme, 8000 soldats doivent être déployés pour rétablir la paix dans le territoire ravagé par les milices pro-Jakarta depuis le référendum d’autodétermination du 30 août, remporté à une majorité écrasante par les indépendantistes.Menaces pour la sécurité Lorsque les premiers détachements arriveront à Dili, ils découvriront une ville dévastée aux bâtiments incendiés oû des populations réfugiées survivent dans des conditions sordides.Ils pourraient aussi être confrontés à l’hostilité des milices.Le général Syahnakri a prévenu que les forces de sécurité indonésiennes ne pouvaient «garantir pour le moment la sécurité des Blancs en raison du ressentiment qu’éprouve encore une part importante de la population après ce qu'ils considèrent comme les provocations et les supercheries de TUNAMET [la Mission des Nations unies au Timor oriental, chargée du scrutin]».Hier, même si des délégués de la Croix-Rouge ont relevé des traces de sang dans la ville indiquant que les miliciens n’ont pas stoppé leurs opérations et que des coups de feu sporadiques ont été entendus en provenance du sud de la capitale est-timoraise, la situation était relativement cakne à Dili.Les rues de la ville étaient quasiment désertes à l’exception de petits groupes de gens, dont des membres de la milice Aïtarak («écharde») en t-shirt noir.Leur présence pourrait se révéler dangereuse pour les soldats de la pane.«Nous sommes prêts à tuer et à mourir», a averti Domingo de Déus, un des chefs de milice, à Atambua, une ville du Timor occidental.Un autre s’est dit «assoiffé du sang des Blancs».Pour leur part, des représentants des Nations unies et de la Croix-Rouge ont été témoins de l’implication de soldats indonésiens en uniformes dans l’incendie d’un village hier, a rapporté Fred Eckhard, porte-parole de l’ONU.Cette information confirme le rôle de l’armée indonésienne dans les violences commises au Timor oriental.Les représentants onusiens sont tombés sur «une opération militaire», sur la route entre Dili et Dare, où des Timorais se cachent dans les montagnes, a précisé Fred Eckhard.«Une cinquantaine de personnes, la plupart des militaires indonésiens vêtus d'uniformes, mettaient le feu à un village et emmenaient des habitants.Ce qui était inhabituel, a-t-il dit, c’est que l’armée indonésienne était ouvertement impliquée» dans ces violences.Des membres des Nations unies ont par ailleurs appris que quatre enfants, arrivés à Dili en provenance d’une localité dans les collines, avaient été «pris par des milices et exécutés» jeudi, selon le porte-parole.Joint par téléphone, Leandro Isaac, membre du Conseil national de la résistance timoraise (indépendantiste), a affirmé que l’armée indonésienne et les milices avaient miné Dili.Interrogé par la radio australienne, le premier ministre australien John Howard a adressé une mise en garde aux forces indonésiennes.«Si des attaques devaient se produire, cela entraînerait un niveau bien supérieur d’intervention et de représailles, y compris, je le pense, un engagement plus fort de la part des pays qui apportent déjà un soutien [à la mission de pane], mais un soutien non massif>, a-t-il dit.La Maison-Blanche a également servi une mise en garde hier aine milices pro-indonésiennes, leur enjoignant de s’abstenir d’attaquer les Casques bleus qui vont être très prochainement déployés au Timor oriental.«Ce serait un très mauvais calcul de la part de qui que ce soit de chercher à s’en prendre aux forces des Nations unies», a déclaré Joe Lockhart, porte-parole du président Bill Clinton, aux journalistes.«C’est une mission difficile mais une mission que l'ONU aborde avec des règles d’engagement très fermes, et les Casques bleus prendront toutes les me- Ottawa en est à l’étape de la reconnaissance DAVID LJ U N (j G R E N REUTERS Ottawa — Le Canada enverra une équipe de reconnaissance pour décider l’importance de sa participation à la force d’intervention de l’ONU au Timor oriental, a annoncé Ottawa hier.Le ministre de la Défense, Art Eg-gleton, a précisé que quel que soit le nombre de soldats qui seront dépêchés, ceux-ci ne pourront commencer leur mission sur le terrain que dans 40 jours, le temps que les vaccinations contre les maladies tropicales prennent effet.Le Canada, dont les forces armées sont affectées par un manque de ressources financières et humaines, pourrait en théorie envoyer quelque 600 soldats pour collaborer à la force internationale des Nations unies, constituée de 8000 soldats.«La situation au Timor oriental est fluide et volatile et cela entraînera des risques réels pour la force internationale.Comme dans toute autre opération, nous nous assurerons que nos troupes feront face à des risques minimum», a déclaré le ministre Eggleton devant une commission parlementaire.L’équipe de reconnaissance, composée de 15 membres, a déjà quitté le Canada et devrait arriver en Australie demain pour rassembler des renseignements sur les risques présents au Timor oriental.Cette avant-garde rendra compte au ministère de la Défense de la situation et de ses suggestions sur l’organisation du travail des troupes canadiennes dans la région en crise.«Ces renseignements joueront un rôle critique pour permettre au chef d’état-major (le général Maurice Baril] d’avoir une idée plus complète de la situation [.].Ses conseils seront pris en considération par le gouvernement pour prendre sa décision finale sur la contribution militaire du Canada», a déclaré Art Eggleton.«Nous envisageons le déploiement de forces aériennes, navales et terrestres, soit de manière indépendante, soit de manière combinée.Si nous choisissons de déployer les trois armes, notre contribution totale sera d'environ 600 soldats», a-t-il ajouté.La participation canadienne comprendrait l’envoi de deux appareils de transport aérien Hercule avec 100 hommes, un navire de ravitaillement de 250 hommes, une compagnie d’infanterie de 250 soldats et 40 véhicules légers.REUTERS Un étudiant indonésien se frotte à un policier durant une autre manifestation contre l’armée, hier, à Bandung, à 120 kilomètres de Jakarta.sures nécessaires pour assurer leur sécurité», a-t-il ajouté.L’aide aux populations qui ont fui les exactions a réellement débuté hier avec le parachutage de riz et de couvertures, acheminés à Dili par deux avions de transport Hercule C-130 de l’année australienne.Selon les ONG, plusieurs centaines de milliers d’Est-Timorais souffrent de malnutrition et du manque d’eau dans les collines où ils ont fui les violences des milices.Le général indonésien Kiki Syahnakri a précisé que les parachutages s’étaient concentrés autour des localités d’Ermera et de Manatuto.De nouvelles rotations sont prévues aujourd’hui.MA Div'lNB CLÉMENTINE P boutique Lnfanfs Deslongchamps Vêtements pour enfants 0-18 ans Vêtements de maternité 1007, rue Laurier Ouest Outremont Tel.: 274-2442 7 Elections dans les municipalités de 5 OOO habitants ou plus4 Contribution financière, tout ce quil faut savoir Novembre Munit •ipiililos do : • Qui peut contribuer?Seul un électeur ou une électrice de la municipalité peut verser une contribution financière à un parti politique municipal, à une candidate ou un candidat indépendant autorisé.® Quelle est la limite ?Une même personne ne peut pas verser plus de I 000 $.au cours d une année, à chacun des partis et des candidats indépendants autorisés.Les contributions supérieures à 100 $ doivent être acquittées au moyen d'un chèque personnel.f Reçu ?Déduction ?Quel que soit le montant de la contribution, un reçu doit être émis.Les contributions ne sont pas déductibles du revenu imposable.w Vous avez des questions?Communiquez avec le trésorier de votre municipalité ou adressez-vous au Centre de renseignements du Directeur général des élections du Québec : Région de Québec (418) 528-0422 Ailleurs au Q uébec I 888 ÉLECTION (I 888 353-2846) Site Web : www.dgeq.qaca Courrier électronique : tlgeq@dgeq.qc.ca ATS Les personnes sourdes ou malentendantes [ffij peuvent composer sans frais : I 800 537-0644 * les dispositions sur le financement et le contrôle des dépenses électorales s'appliquent aussi aux municipalités de 5 000 à 10 000 habitants depuis le 1,T septembre 1999.?G 9 LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC A 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI IS ET DIMANCHE I il SEPTEMBRE 1 il il il EDITORIAL La nation québécoise D’ Michel Venue ' ?Nous avons consacré une saison, ce qui est bien peu dans la vie d’un peuple, à un échange dans nos pages sur la nation québécoise.Avant que ne se poursuive la discussion dans d’autres forums et, à un rythme moins soutenu, ici même au Devoir, prenons aujourd’hui la mesure de la contribution généreuse des douze intel-lectuels qui ont meublé par leurs réflexions vos samedis de l’été.abord, un constat: la nation est un sujet qui suscite encore, malgré toutes les balivernes qui s’écrivent sur la fatigue constitutionnelle, un intérêt immense.Il existe chez nous un goût et un besoin de débattre de l’avenir collectif des Québécois beaucoup plus grand que ce que le ronron médiatique laisse croire.Dès que l’on s’éloigne des querelles de politiciens pour discuter du fond des choses, l’intérêt resurgit.En témoignent les centaines de lettres que nous avons reçues en réaction à cette série dont les textes ont été repris sur Internet et rediffusés aux quatre coins de la planète.Le colloque que nous organisons le 8 octobre, à l’Université McGill, affiche déjà complet.Et vous êtes nombreux à nous écrire pour manifester votre déception de n’avoir pas pu obtenir une place dans une salle comptant pourtant plus de 300 sièges.Nous cherchons une solution à cet imbroglio.La série continuera par ailleurs de vivre en d’autres endroits.Au moins deux autres colloques auront lieu en octobre, à l’initiative d’une société d’histoire et du département de philosophie d’un cégep de Québec.Un livre est en préparation.Au départ, des gens ont craint, par exemple, que les jeunes boudent cette série.C’est les méconnaître.Car à l’ère de la mondialisation, comme le révèle une étude réalisée par l’un de nos invités de l’été, le professeur Jocelyn Létourneau, avec son collègue Bogu-mil Jewsiewicki, auprès de 2500 jeunes de sept pays, la nation reste aujourd’hui pour les jeunes l’horizon préféré de leur existence, la référence principale, le lieu d’appartenance, le territoire privilégié de socialité.Mais surtout, la nation est leur tremplin vers le monde.Les jeunes savent que pour vivre la mondialisation, il faut d’abord la nation, c’est-à-dire être citoyen quelque part, appartenir à une force démographique qui vous donne une voix dans l’univers.Le théologien Gregory Baum a fait ressortir cet été comment le nationalisme, et en particulier le nationalisme québécois, est aussi une force culturelle porteuse de solidarités qui, lorsqu’elles sont bien canalisées, empêchent notre société d’être réduite par les forces qui se déploient dans la mondialisation à un simple espace de marché.Les Québécois, écrit Baum, forcés de se serrer les coudes pour assurer le maintien de leur culture en Amérique du Nord en affirmant leur existence collective, ont ainsi développé un sens de la communauté qui favorise chez nous, plus qu’ailleurs, le déploiement de modèles sociaux et communautaires innovateurs.C’est ainsi que notre nationalisme, loin d’être une forme de tribalisme ethnique, devient le ferment d’innovations sociales susceptibles de faire école.D’autres nous ont reproché d’avoir lancé un débat trop théorique, pas assez collé à la realpolitik des relations Québec-Canada.Ces gens-là ont à la fois raison et tort.Raison parce que nous n’avons pas voulu que ce débat porte sur les mérites respectifs de la souveraineté ou du fédéralisme.Nous avons cru qu’avant de revenir à cette discussion sur les moyens, il y avait lieu de clarifier les liens que nous désirons avoir entre membres d’une société pluraliste aux prises avec un débat national lancinant.Ils ont tort, par ailleurs, parce que dans le contexte actuel, le simple fait de réaffirmer l’existence de la nation québécoise est un geste politique.En effet, nous vivons une époque où le gouvernement fédéral essaie de nier le caractère national du Québec et où, malheureusement, bien des fédéralistes québécois n’osent plus se dire nationalistes.Le mal affecte également un certain nombre d’intellectuels.C’est comme si le discours ambiant avait inoculé chez plusieurs d’entre nous la honte de dire qui nous sommes.Il fallait donc passer par cette étape qui consiste à réaliser que cette nation québécoise, elle existe bel et bien, et qu’elle n’est pas le diable en personne.Elle se construit depuis des siècles et en particulier de puis les années 1960, lorsque les Canadiens français ont décidé de se nommer Québécois en grande partie dans le but de sortir de notre hiver de la survivance pour envisager une émancipation.La nation québécoise se distingue ainsi d’autres nations strictement culturelles qui ont parié différemment sur leur avenir.Ainsi en est-il du peuple acadien qui affirme sans gêne son caractère national mais qui n’a jamais caressé l’ambition de former un Etat, soit-il souverain ou asr socié.Au Québec, la démarche nationale s’est transformée pour émigrer d’un idéal culturel vers un idéal politique.La recherche de l'épanouissement La nation québécoise ne cherche plus la survivance.Elle cherche l’épanouissement pour elle-même mais surtout pour ses membres, pour les individus québécois.Et en cherchant cet épanouissement, son inscription dans la vie du monde, elle est, par la force des choses, devenue pluraliste.La nation québécoise n’est plus forée que des seuls héritiers des colons français débarqués ici au XVIIe siècle.Ce pluralisme se vit au quotidien.Il est inscrit également dans nos institutions et nos lois.Nous avons une charte des droits depuis 1975.L’énoncé de politique en immigration adopté en 1990 fait Québécois toute personne vivant ici.Peut-être, comme le dit Danielle Juteau et le suggèrent Daniel Jacques et Denys Delâge, ne sommes-nous pas encore allés au bout du chemin du pluralisme.Quoi qu’il en soit, les rapports entre les membres de cette société ouverte seront en constante évolution.Comme le dit Gérard Bouchard, les discussions à ce sujet occuperont encore plusieurs générations de Québécois.Il reste que vos réactions à notre série ont fait ressortir un problème.Plusieurs de nos lecteurs nous ont écrit pour nous demander quel sort était réservé, dans cette nation pluraliste, aux Canadiens français en tant que groupe culturel.Doit-il être tenu pour disparu, fondu dans le tout collectif de la québécitude?La question nous rappelé que notre destin national est intimement lié à la présence ici d’une minorité continentale de langue française.Mais elle témoigne aussi du fait que plusieurs Québécois, qui se considèrent encore comme Canadiens français, n’ont pas apprivoisé l’idée qu’ils forment une majorité à l’intérieur de cette nation et que cette majorité a un poids, une force mais aussi des responsabilités.Enfin, cette série nous montre bien que, tôt ou tard, les discussions sur la nation doivent déboucher sur les moyens de son épanouissement.Entre autres, comme le souligne Marc Chevrier, il faudra un jour revoir les institutions démocratiques qui nous gouvernent.Mais au-delà, la question du statut politique du Québec est, partout en filigrane.La souveraineté, selon Taylor, est une interférence alors que pour Bouchard, elle est une condition nécessaire.D’autres pensent, comme Bourque, qu’une solution intermédiaire est préférable.Le débat est loin d’être clos.Nous voudrons pour notre part qu’il se poursuive dans un esprit d’ouverture.mvennedvledevoir.ca LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ 'WA v/tuf p CoNCÎCMC C'EST U û»' i»\Ç ffeWfrtiK.1 d kffi ¦7 nsi**** ¦Çü 7c
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