Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Page(s) complémentaire(s)
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 1999-10-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
FONDE EN 1910 T (Mil! h I !) !) «I V K N I) I! K I) I PLAISIRS L’AUTOMNE MONTRÉALAIS RIME AVEC LE BLUES PAGE B 1 LE MONDE LE CINQUANTENAIRE DE LA RÉVOLUTION CHINOISE: LE PEUPLE N’EST PAS INVITÉ PAGE A 5 ACTUALITES AU TOUR DU PATRONAT DE S’OPPOSER AU PROJET REDPATH PAGE A 2 I $ l'I-l.KVISION NIPPONE ET AGENCE FRANCE-PRESSE .-y.* iV ! - -y gÉsgpS*^' ¦ v v* / AU JAPON, UN ACCIDENT NUCLEAIRE, le plus grave à s’être jamais produit dans ce pays, a eu lieu hier dans une usine de retraitement de combustible nucléaire irradié située à une centaine de kilomètres au ndrd de Tokyo: plus de cinquante personnes ont été exposées aux radiations; deux ouvriers, dépêchés à l’hôpital, sont dans un état critique.Quelque 300 OOO personnes habitant la région ont reçu l'ordre de rester chez elles.D’autres ont été évacuées vers une salle municipale pour y subir des tests.Les niveaux de radiation enregistrés étaient 15 OOO fois supérieurs à la normale.Lire nos informations en page A 5.PERSPECTIVES Laborieuse mobilisation On commence à entrevoir la possibilité que le gouvernement Bouchard réussisse à bien se sortir du bras de fer annoncé avec les syndicats du secteur public.Cette condition de gagnant ne procède pas tant de la force de l’argumentaire patronal que des faiblesses du front commun syndical.Plusieurs facteurs peuvent expliquer la difficile mobilisation de 1999.Après dix ans d’attente,, les demandes des 400 0(X) employés de l’Etat en vue du renouvellement de leur contrat de travail s’avèrent importantes et souvent justifiées face à un gouvernement qui a additionné les réformes et soustrait les ressources financières depuis 1994.Le premier ministre Bouchard l’a reconnu avant la tenue des dernières élections même si, depuis, il a soigneusement fermé la porte à double tour sur la marge de manœuvre gouvernementale.Curieusement, cette inflexibilité et le capital de sympathie de la population à l’égard des infirmières, par exemple, n’ont pas réussi à assurer le front commun d’un certain élan, ce qui lui fait tant défaut à l’heure actuelle.Evidemment, les syndiqués du secteur public ne profitent pas de la faveur populaire au même titre que les employés du réseau de la santé, comme le souligne l’enquête Sondagem présentée aujourd’hui en nos pages.Et même si les infirmières ont obtenu des gains cet été sur la précarité de l’emploi et la lourdeur de la tâche, leur débrayage illégal a dorénavant pris des airs de «défaite», pour reprendre le mot du président de la CSN, Marc Laviolette.L’effet FIIQ est palpable dans les rangs syndicaux, confirment d’ailleurs les leaders des grandes centrales, mais il semble n’en ressortir qu’une impression de tergiversations estivales et d’erreurs stratégiques.Pour les syndiqués du secteur public, l’été des infirmières n’est rien d’autre qu’un mauvais souvenir.Pourtant, des dossiers se sont réglés en quelques semaines et d’autres pas importants ont été franchis, faisant en sorte que la FIIQ évoque maintenant la possibilité d’un règlement VOIR PAGE A 10: FRONT Ma r i o Cloutier ?M É T É 0 Montréal Nuageux avec éclaircies.Québec-Ciel variable.Max: 14 Min: (i Max: 17 Min: 7 Détails, page B 3 1 N I) H X Annonces.B 7 Avis publics.B 6 Bourse.A 7 Culture.Economie.Editorial.Ix- monde.A 5 Plaisirs.B 1 lx-s sports.B 7 Mots croisés.B 7 Télévision.B 8 Tourisme.B 4 B 8 A (i A8 www.ledevotr.com Les Québécois appuient l’offre de 5 % de Bouchard Ils estiment que seuls les employés de la santé méritent davantage Enquête Sondagem-Le Devoir- CKAC Estimez-vous que le gouvernement devrait accorder plus de 5 %, 5 % ou moins de 5 % d’augmentation salariale?Plus de 5% 5% wmmm Moins de 5% pour les enseignants pour les policiers pour les employés de la santé pour les fonctionnaires Malgré les 26 jours de grève illégale de l’été dernier, les Québécois témoignent ci l’égard des infirmières d’une affection qui n’a rien perdu de sa ferveur.Contrairement à leurs collègues syndiqués du secteur public, elles conservent la cote de la sympathie populaire.Selon une enquête d’opinion réalisée par la firme Sondagem pour le compte du Devoir et de CKAC, les Québécois considèrent que les offres salariales du gouvernement sont suffisantes, sauf en ce qui regarde les employés du secteur de la santé.La majorité (54 %) estime que l’offre de 5 % d’augmentation salariale sur trois ans est équitable pour l’ensemble des syndiqués, 39,3 % trouvent que ce n’est pas assez et 6,7 % sont d’avis que c’est trop.Effectué entre le 25 et le 29 septembre auprès de 1011 personnes, ce sondage démontre que le sentiment populaire varie sensiblement quant au mérite des différentes catégories d’employés du secteur public.Cette période de cinq jours a été notamment marquée par la dissidence publique de l’Alliance des professeurs de Montréal et par la manifestation des policiers de la SQ au conseil national du PQ.«Estimez-vous que le gouvernement devrait accorder plus que 5 %, 5 %, ou moins de 5 % d’augmentation salariale?» Cette question a permis aux sondeurs de déga- VOIR PAGE A 10: SONDAGE Le Nobel de littérature à Günter Grass SUSANNA LO O F ASSOCIATED PRESS Stockholm — Günter Grass, le plus célèbre écrivain de la génération d’après-guerre en Allemagne, s’est vu décerner hier le prix Nobel de littérature 1999.L’Académie suédoise a récompensé l’auteur du Tambour, âgé de 71 ans, «pour -F avoir dépeint le visage oublié de l’histoire dans des fables d’une gaieté noire».Günter Grass, tout sourire, s’est dit «heureux» à l’annonce de son prix, depuis son domicile de Behlen-dorf, dans le nord de l’Allemagne.«J'ai été constamment candidat Candidat pendant 20 ans.Cela depuis 20 ans.m’a permis de rester jeune, a-t-il dit dans un entretien accordé à une radio allemande.Maintenant, la vieillesse commence irrévocablement.» Le chancelier Gerhard Schroder a salué le premier Nobel de littérature allemand depuis Heinrich Boll en 1972, le qualifiant de «critique compétent de la société».«Tous les Allemands se réjouissent avec lui.» VOIR PAGE A 10; GÜNTER Journalisme de crise 17 octobre 1970, environ 22h.Ils ont trouvé la voiture à l’endroit exact où le communiqué du Front de libération du Québec indiquait qu’elle serait garée.La veille, Ottawa a proclamé la Loi des mesures de guerre.Des centaines de personnes ont été arrêtées durant la nuit, Montréal s’est réveillée avec l’armée dans ses rues.Le journaliste et le photographe savent déjà trop bien ce qu’on trouvera dans le coffre de l’auto.Sixième d'une série de huit textes ÉRIC I) E S R O S 1 E R S LE DEVOIR e photographe de La Presse, Robert Nadon, 27 ans, est en train de développer des films au moment où il reçoit, ce soir-là, l’appel du journaliste de CKAC, Michel St-Louis.«Je leur avais rendu service la semaine d’avant, explique Robert Nadon.Ils m’en devaient une.» Michel St-Louis, 23 ans, lui révèle qu’il vient de trouver la voiture qui a servi à l’enlèvement de Pierre Laporte et que le corps du ministre se trouve probablement dans le coffre de l’auto.Il ajoute que le photographe a tout juste le temps de le rejoindre aux abords de la base militaire de Saint-Hubert avant qu’il n’avertisse la police.L’enlèvement de Pierre Laporte s’était produit sept jours plus tôt devant sa résidence de Saint-Lambert.Les ravisseurs ont dû s’y prendre par trois fois pour convaincre Michel St-Louis du sérieux de leur annonce: «l’exécution» de leur otage.Servant d’intermédiaire entre le FLQ et les autorités depuis le début de l’affaire, la station CKAC «recevait des centaines d’appels à la station tous les jours, explique-t-il, les trois quarts complètement farfelus».Au deuxième appel de la cellule Chénier du FLQ, Michel St-Louis demande à son Une PHOTO en mille 11101 S ROBERT NADON •-*- • & Le ministre Pierre Laporte avait été enlevé une semaine plus tôt.À l’arrivée du photographe Robert Nadon, on s'empresse de prendre quelques photos et on cache les films au fond de bottes dans la voiture du journaliste Michel St-Louis.interlocuteur anonyme de rédiger un communiqué et de le rappeler pour lui indiquer l’endroit où il l'aura caché.Le troisième appel l’envoie chercher le communiqué demandé sous une pile de livres dans un hall de la Place des Arts.Accompagné d’un collègue et d’une re-cherchiste de l’ONF, Michel St-Louis se rend ensuite sur un terrain clôturé qui sert de stationnement à la compagnie Wondel VOIR PAGE A 10: CHEVROLET et es-vous > demain ! Tous les jours, du 2 au 9 octobre Une série de reportages sur les aspirations et les espoirs des Québécois « 4 à 778313000689 L E I) E V OIK.L E V E N I) R E 1) I I 1 11 OCTOBRE 1 !» !» !» a r> LE DEVOIR LE MONDE Plus de cinquante personnes ont été exposées aux radiations Accident nucléaire dans une usine japonaise Les niveaux de radiation enregistrés à deux kilomètres de l’usine nucléaire étaient 15 000fois supérieurs à la normale REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Tokyo — Un accident nucléaire, le plus grave à s’être jamais produit au Japon, a eu lieu hier dans une usine de retraitement de combustibles nucléaires irradiés située à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo: "deux ouvriers étaient dans un état cri-, tique à la suite d’une fuite de sub-; stances radioactives, qui a provoqué : l’évacuation de 150 personnes alors qu’au moins 55 personnes ont été ex-^ posées aux radiations.Un porte-parole du gouvernement, j{ Hiromu Nonaka, a qualifié l’accident : de «sans précédent».Les autorités ont donné l’ordre aux 310 000 personnes habitant dans un rayon de dix kilo-: mètres autour de l’usine de Tokaimura, à 110 kilomètres au nord-est de Tokyo, • de rester chez elles.Par ailleurs, 150 personnes habitant dans un rayon de 350 mètres autour de l’usine ont été évacuées vers une salle municipale.Des avertissements ont été diffusés par haut-parleur à l’ensemble des habitants de Tokaimura, une ville de 33 000 habitants.Les écoles de la région devaient rester fermées et les liaisons ferroviaires ont été interrompues.Les niveaux de radiation enregistrés à deux kilomètres de l’usine nucléaire étaient 15 000 fois supérieurs à la normale, a rapporté hier un responsable de la préfecture d'Ibaraki.«Hier, tard dans la nuit, le niveau de radiation enregistré à deux kilomètres du site était de 3,1 millisievert de neutrons par heure, soit 15 000fois le niveau normal», a t-il déclaré.Ce responsable a ajouté que la radiation était encore trop élevée pour permettre aux spécialistes de la sécurité d’approcher l’usine de traitement d’uranium.Une équipe spécialisée des forces japonaises d’autodéfense a été envoyée sur les lieux mais elle ne dispose pas des compétences nécessaires pour faire face à un tel accident, ont déclaré les autorités japonaises.Plus de cinquante personnes ont été exposées aux radiations sur le site de Tokaimura, à 140 kilomètres au nord-est de Tokyo, à la suite de l’accident.v ^ < r Cm -T t Ntt j ¦ Wm \i Un des ouvriers irradiés est transporté à l’hôpital.Réaction tardive Dans la soirée, le premier ministre Keizo Obuchi a reconnu que le gouvernement avait tardé à réagir face à cet accident, rapportait l’agence de presse Kyodo News.Le gouvernement a nommé une commission d’enquête et des spécialistes ont été envoyés sur place pour contrôler l’évolution de la radioactivité.«Ce n’est pas un tort de penser qu’une fission nucléaire est en cours», a reconnu Masahiro Mizu-no, responsable de la préfecture d’Ibaraki.Une équipe a commencé à retirer l’eau du circuit de refroidissement de l’usine pour prévenir la poursuite de cette réaction.Le gouvernement a annoncé ce matin que la réaction en chaîne avait été arrêtée.La fission nucléaire se produit quand des neutrons frappent des atomes d’uranium, provoquant l’éclatement de l’atome et dégageant une masse importante d’énergie, à la base du principe de la bombe atomique.L’eau stimule l’activité des neutrons, favorisant la réaction nu-cléaire.Trois ouvriers ont été hospitalisés et la vie de deux d’entre eux était menacée.Ils ont reçu une dose de radiation 4000 fois supérieure à la dose admise pendant une année pour un citoyen ordinaire, a annoncé le centre spécialisé dans le traitement des victimes des radiations où ils ont été admis.Hisashi Ouchi, 35 ans, et son collègue Masato Shinohara, 39 ans, étaient en état de choc, ils avaient la diarrhée, de la fièvre, une numération importante de globules blancs dans le sang et la peau rougie.En revanche, REUTERS un troisième collègue moins gravement atteint, Yutaka Yokokawa, 54 ans, était capable de marcher.Un total de 34 autres ouvriers devaient être examinées pour vérifier qu’ils n’avaient pas été irradiés.Par ailleurs, cinq résidants ont été égale ment exposés à des radiations mais ont tous pu rentrer chez eux, selon un responsable local qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.Les ouvriers ont accidentellement déclenché une réaction nucléaire alors qu’ils transformaient l’uranium en combustible pour les centrales nucléaires, a expliqué Makoto Ujiha-ra, directeur de la société JCO.Ils ont versé une quantité excessive d’uranium dans un réservoir qui contenait de l’acide nitrique.Les trois ouvriers ont affirmé avoir vu un éclair bleu avant de se sentir mal.Le cinquantenaire de la Chine populaire Des fêtes auxquelles le peuple n’est pas convié Une véritable paranoïa s'est emparée du centre de Pékin Perturbant toute l’activité économique de la capitale, les autorités ont multiplié les mesures de sécurité à la veille du défilé militaire d’aujourd’hui, 1" octobre, commémorant l’instauration du régime communiste en Chine.Le vieux Pékin a été transformé à la hâte: boulevards scintillants, mais froids.Le peuple n’est pas invité à descendre dans la rue.F R É D É R I C B O B I N LE MONDE Pékin — Le régime communiste chinois n’aime pas les rassemblements populaires, y compris ceux voués à célébrer sa propre gloire.C’est sous le signe de ce paradoxe que vont se dérouler, aujourd’hui, les cérémonies du cinquantenaire de la République populaire de Chine — manifestation aussi grandiose que guindée, dépourvue de toute spontanéité et orchestrée dans un climat d’extrême nervosité policière.Le peuple de Chine ne pourra pas descendre dans la rue pour fêter l’événement.Il devra se contenter de regarder à la télévision défilé militaire, parades civiles et chorégraphies géantes qui exalteront le bilan d’un demi-siècle du parti au pouvoir [.].Les 400 000 personnes autorisées à assister aux différents spectacles font partie d’une élite privilégiée, triée sur le volet.Le régime n’a voulu prendre aucun risque.Selon certaines rumeurs, il craindrait un coup d’éclat des activistes séparatistes ouïgours à cette occasion.Depuis plusieurs semaines, un coup de balai d'un ampleur sans précédent s’est abattu sur Pékin pour en nettoyer les éléments indésirables.Des centaines de milliers de provinciaux, résidant d'ordinaire dans la capitale mais dont les papiers ne sont pas en règle, ont été expulsés, et un bon nombre détenus.Certains Chinois venus simplement rendre visite à leurs familles n’osent plus sortir, de peur d’etre interpellés.Le déploiement d’un tel dispositif policier a perturbé l’économie de la capitale, qui vit pour une bonne part du la- beur des travailleurs migrants, d’autant qu’une bonne partie des camions venant de province approvisionner les magasins ne peuvent plus entrer dans la capitale.Cette paranoïa est à son comble dans le cœur de Pékin, notamment le long de l’avenue de Changan, qui sera le théâtre du premier défilé militaire depuis 1984.Tous les immeubles bordant l’artère seront inaccessibles.Les bureaux devront être fermés durant 36 heures et la municipalité y coupera l’électricité.Une compagnie étrangère spécialisée dans les rapatriements sanitaires a dû négocier pied à pied son maintien en activité: elle l'a obtenu mais s’est vu imposer la présence de deux policiers.Les hôtels sur Changan sont soumis au même régime.Les autorités espèrent que ces désagréments seront tempérés aux yeux de la population par la meilleure qualité de l’air — 25 grosses usines ont été fermées pour la circonstance — et la grande toilette architecturale dont la capitale a été l'objet.Des quartiers entière sont devenus méconnaissables en quelques semaines.L’avenue de Changan s’est ainsi métamorphosée en boulevard de miroirs scintillant de mille reflets tandis que la rue Wangfiijin est devenue une spacieuse allée piétonne, bordée de massifs complexes commerciaux.La foule se presse pour découvrir ces Champs-Elysées de la capitale, aussi clinquants que froids et impersonnels, bâtis sur les ruines de quartiers populaires qui faisaient le charme du vieux Pékin.Culte de Jiang Zemin Officiellement, le coût des célébra- tions s’élève à 36 millions de dollars mais, de sources officieuses, 0 pourrait atteindre les six milliards, un chiffre qui fait grincer des dents à l'heure où l’insécurité économique frappe un nombre croissant de Chinois.Afin de désamorcer toute mauvaise humeur, le gouvernement a annoncé une hausse de près de 30 % des retraites et des salaires pour les fonctionnaires et les entreprises publiques.Au delà de l’anniversaire d’un demi-siècle de communisme au pouvoir, les célébrations seront surtout centrées sur la personne de Jiang Zemin, le numéro un du régime.Apparatchik pâlot quand il a été mis sur orbite par feu Deng Xiaoping, M.Jiang a pris beaucoup d’assurance depuis un an, jusqu’à affecter aujourd’hui des airs de guide suprême de la Chine émergente.Le Quotidien du peuple publie de temps en temps ses poèmes, calligraphiés dans une symbolique du culte de la personnalité qui trahit la velléité de l'intéressé de marcher dans les pas de Mao.Mais la mine souriante de M.Jiang ne pourra occulter la dure réalité des querelles de factions au sommet de l'appareil, dont est actuellement victi- «Les combats sont déjà en cours» ; Les troupes russes entrent en Tchétchénie Elles contrôlent les hauteurs près de la frontière AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Les troupes russes sont entrées sur le territoire tchétchène, a annoncé hier le premier ministre Vladimir Poutine.Elles ont pris le contrôle de montagnes situées à l'intérieur de la république séparatiste du Nord-Caucase, tout près de la frontière avec la Russie.Selon des responsables tchétchènes cités par l’agence Interfax, les troupes russes ont avancé jusqu’à dix kilomètres à l’intérieur de leur territoire avant de se retirer de cinq kilomètres.«Les combats en Tchétchénie sont déjà en cours», a déclaré Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg.Les soldats russes «sont entrés dans ce territoire à plusieurs reprises, ont pris des hauteurs, les ont abandonnées et ainsi de suite», a expliqué le chef du gouvernement russe.«Les soldats choisiront ensuite les positions qui seront les plus avantageuses d’un point de vue militaire.» Les responsables russes restent vagues sur les mouvements de troupes en cours.On ignore combien de militaires sont entrés en Tchétchénie, mais il ne s’agirait pas d’une invasion à grande échelle.«Ils sont en train de s’emparer de hauteurs et de points stratégiques», a déclaré le président de la commission de la Défense de la Douma, Roman Popkovich, cité l’agence Interfax.A Grozny, le ministre tchétchène de la Défense, Magomed Khambiev, a averti qu’une offensive terrestre russe déclencherait une contre-attaque tchétchène.En cas d’invasion de la Tchétchénie, «des combats commenceront sur le territoire russe», a-t-il déclaré.La majorité des personnes fuyant les bombardements a gagné la république russe d’Ingouchie, où s’entassaient 80 000 personnes déplacées hier soir, selon les autorités locales.Les autorités tchétchènes, indépendantistes estiment à 500 le nombre de personnes tuées par les bombardements russes depuis le début des frappes, le 5 septembre.Les manifestations anti-Milosevic se poursuivent La police intervient de nouveau L'opposition se réunit pour adopter une stratégie commune AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Belgrade — Plusieurs centaines de policiers anti-émeutes ont repoussé hier plus de 30 000 manifestants anti-Milosevic qui tentaient de gagner la partie neuve de Belgrade, au lendemain d’une manifestation dont la dispersion violente par la police avait fait 50 blessés, dont cinq policiers.Armés de matraques et de boucliers, les policiers ont empêché les protestataires de franchir le pont séparant les deux parties de la ville.Les manifestants s’étaient rassemblés à l’appel de l’Alliance pour des changements (SZP), une coalition dominée par le Parti démocratique (DS) de Zoran Djindjic, qui a appelé les citoyens en Serbie à manifester chaque jour jusqu’à la démission de M.Milosevic et de son régime.Mercredi, des centaines de policiers anti-émeutes avaient fait usage de matraques pour disperser plus de 20 000 protestataires qui tentaient de marcher sur la résidence du président Milosevic, dans le quartier résidentiel de Dedinje.L’opposition se réunit Par ailleurs, les dirigeants de l'opposition se sont rencontrés hier pour résoudre leurs différends sur la stra- tégie à suivre pour obtenir le départ du président yougoslave.L’Alliance pour le changement de Zoran Djindjic et le Mouvement serbe du renouveau de Vuk Draskovic ont exprimé leur optimisme sur le résultat de ces discussions.Jusqu’à présent, Slobodan Milosevic a tiré parti des divisions de l’opposition pour se maintenir au pouvoir.L’ancien vice-premier ministre yougoslave Vuk Draskovic refuse de s’associer aux manifestations de masse lancées par l’Alliance pour le changement, estimant qu’elles vont déclencher une guerre civile.La réunion d’hier était destinée à négocier un accord sur les conditions minimales de participation des deux partis à des élections anticipées.Craignant des fraudes, l’Alliance pour le changement refuse de participer à un scrutin organisé par Milosevic.De son côté, Vuk Draskovic est prêt à se présenter à des élections, à condition qu’elles soient «libres et honnêtes».«La première condition pour des élections libres, ce sont deux millions de personnes dans les rues, et pas les lois électorales», a déclaré Djindjic avant le début de la réunion.«Avec un dictateur au pouvoir, nous ne pouvons atteindre nos objectif par des négociations.Nous devons mettre la pression.» BOBBY YN' REUTERS Des policiers défilent devant des lanternes décoratives sur la place Tiananmen.me le premier ministre Zhu Rongji, politiquement très diminué depuis la guerre du Kosovo car identifié aux yeux des conservateurs à une politique trop conciliante à l’égard des Américains.Des tensions au sein de la direction sont également perceptibles autour de la place réservée à l’Armée populaire de libération: Jiang Zemin, qui n’a pas de passé militaire, s’emploie à tenir à distance les généraux, mais ces derniers cherchent à regagner un terrain perdu à la faveur de la crise avec Taiwan.La mise en scène autour de Jiang Zemin a atteint un sommet il y a quelques jours, à Shanghaï, où se tenait un forum du magazine Fortune censé illustrer la consécration de la Chine par le capitalisme multinational.Après ies dîners de gala, l’épisode s’est achevé sur un couac qui donnera à réfléchir sur le degré d'«ouverture» de la Chine: l’édition spéciale du magazine Time consacrée au cinquantenaire a été interdite de diffusion sur le sol chinois.Time est la propriété de Time Warner, l’organisateur même du forum de Shanghaï.Newsweek et Asiaweek ont tout autant été interdits.CQFD?E N Timor: Robinson est mandatée (AFP) — Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a chargé le haut-commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson, de constituer la commission d’enquête sur les exactions au Timor oriental.Il lui a demandé de rendre son rapport d’ici au 31 décembre de cette année.Jakarta a rejeté la commission mais l’ONU a affirmé vouloir néanmoins mener à bien l’enquête sur les graves exactions commises par les milices et l’armée indonésienne au Timor oriental.Washington enquêtera (AFP) — Les militaires américains vont mener une enquête sur les allégations de massacres de civils sud-coréens en 1950 qui auraient été commis par des soldats américains, a annoncé hier Louis Caldera, secrétaire adjoint à la Défense.Il a précisé qu’il avait reçu du secrétaire américain à la Défense, William Cohen, des instructions «pour mener cette enquête aussi complètement et aussi vite que possible».Selon des informations publiées mercredi par une agence de presse américaine, des anciens combattants américains de la guerre de Corée ont affirmé que de 100 à 200 civils sud-coréens, voire des BREF «centaines», ont été massacrés en juillet 1950 dans un hameau du nom de No Gun Id, au sud-est de Séoul.Les GI’s, selon ces témoignages, avaient ouvert le feu contre les civils sud-coréens qui fuyaient l’avance des troupes communistes du Nord, craignant que des agents de Kim II Sung ne se trouvent parmi eux.Pinochet: verdict le 8 octobre (AP) — L’examen sur le fond de la demande espagnole d’extradition d’Au-gusto Pinochet s’est achevée hier au tribunal de Bow Street à Londres.Le juge Ronald Bartle rendra son verdict le 8 octobre.Dans sa plaidoirie finale, le principal avocat de Pinochet, Clive Nicholls, a expliqué que le général refusait de laisser penser qu’il avait pu approuver les tortures, arrestations et disparitions qui lui sont attribuées.«Des choses terrifiantes ont été décrites tout au long de ces auditions, des actes de barbarie que personne ne saurait approuver», a déclaré l’avocat Arrêté le 16 octobre dernier alors qu’il se remettait d’une opération dans un hôpital londonien, Augusto Pinochet 83 ans, fait l’objet d’une demande d’extradition de l'Espagne, qui souhaite le juger pour torture.Les avocats britanniques agissant au nom du magistrat espagnol Baltasar Garzon ont inscrit 35 chefs d’inculpation contre l'ancien dictateur. A 10 l.E DEVOIR.LE VE X I) R E D I I 0 (' T 0 R R E I il il il - LE DEVOIR ACTUALITES FRONT L'effet FIIQ SUITE DE LA PAGE 1 sans devoir recourir à nouveau au débrayage.Aux yeux du front commun, toutefois, les infirmières n’auront clairement pas réussi à faire bouger suffisamment le gouvernement.Alors, comment y arriver?C’est ce que se demandent les enseignants et les fonctionnaires qui ne profitent pas de l’appui populaire des travailleurs de la santé.D’autres moyens de pression pourraient-ils faire avancer davantage les choses?La grève serait-elle passée de mode?, avanceront quelques autres.L’effet FIIQ, c’est aussi un renvoi aux problèmes internes complexes qui fourmillent au sein des organisations syndicales.Notamment, on constate que toutes les centrales syndicales s’épuisent à fusionner les intérêts de plus en plus variés, voire divergents, de leurs membres.On a vu les infirmières s’entredéchirer cet été sur des questions de leadership, mais aussi sur les stratégies à prendre et même quant au contenu de certaines demandes syndicales.A la CSN, il ne serait pas surprenant d’apprendre que la course à la chefferie aura laissé des cicatrices en haut lieu.Ce passage obligé des pots à recoller, que l’on retrouve chez tous les syndicats, est accentué par des différends qui sévissent entre les centrales elles-mêmes.A titre d’exemple, le gouffre qui sépare les points de vue des syndicats sur plusieurs dossiers socioéconomique n’a cessé de se creuser au cours des ans et la cavalcade de la CEQ, l’an dernier, aura également heurté les susceptibilités entre les enseignants et leurs collègues d’autres catégories d’emploi au sein du secteur public l’an dernier.En outre, ces intérêts multiples intra-muros et ces guerres séculaires entre visions syndicales opposées à l’externe sont assumés cette année par de nouveaux présidents qui, quoique possédant des expériences individuelles pertinentes, n’ont tout simplement pas eu le temps d’atteindre à la stature que les années avaient façonnée aux Gérald Laro-se, Lorraine Pagé et Clément Godbout.D’ailleurs, on peut questionner les départs presque simultanés de ces trois dirigeants, ayant leurs entrées au bunker, qui ont privé leurs troupes d’un atout important lors des premières véritables négociations du secteur public en dix ans.On imagine mal le premier ministre Bouchard rencontrer Monique Richard entre le sapin de Noël et la dinde du Nouvel An pour régler le dossier de l’équité salariale ou appeler Marc Laviolette afin de connaître son opinion sur une offre patronale au sujet des régimes de retraite.Malgré toute leur bonne volonté, il reste aux nouveaux chefs syndicaux à faire leur marque, à imposer leur style et leurs idées.Et il y a peut-être plus.Depuis quelque temps, les membres du front commun, dans leurs fédérations, leurs syndicats et leurs centrales, ont entrepris, à divers niveaux, une réflexion sur l’avenir du syndicalisme québécois, son rôle et son fonctionnement.Dans le but de renouveler le discours et de dépoussiérer certains folklores, les syndicats cherchent à se redéfinir en même temps que changent le monde du travail, les relations employeurs-employés et leurs façons de négocier entre eux.Gérald Larose a été le premier, à gauche (si l’expression veut encore dire quelque chose), à -f suggérer que le modèle québécois pourrait être amélioré.Ce travail de fond resterait incomplet s’il ne touchait pas le syndicalisme québécois et les «camarades» de demain.EN BREF Il n’y aura pas de service religieux pour Jean-Louis Millette (PC) —Aucun service religieux ne sera célébré pour le comédien Jean-Louis Millette, décédé mercredi des suites d’un arrêt cardiorespiratoire à l’âge de 64 ans.Le comédien souhaitait plutôt un événement commémoratif réunissant parents et amis, a indiqué hier sa sœur, Françoise.La cérémonie, privée, aura donc lieu dimanche à 14h au Théâtre du Nouveau monde.De nombreux comédiens, amis et artistes de la scène prendront part à cette cérémonie organisée justement un jour de relâche au théâtre.Le TNM donnera demain plus de détails sur le déroulement de cet événement.Victime d’un arrêt cardiaque mardi en fin d’après-midi, Jean-Louis Millette n’a jamais repris conscience et est décédé le lendemain après-midi.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir.www.Iedevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.V étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743.rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et h diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir esl distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement rr 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SONDAGE Contre le retrait du droit de grève, mais pour les lois spéciales SUITE DE LA PAG E 1 ger les tendances de l’opinion publique concernant le degré de sollicitude dont le gouvernement devrait faire preuve, selon la catégorie d’employés mise en cause: ¦ aux employés du secteur de la santé, 54,4 % accorderaient plus de 5 % d’augmentation; 40,5 % se limiteraient aux 5 % offerts par le gouvernement et 5,1 % leur concéderaient moins de 5 %; ¦ aux enseignants, 49,4 % accorderaient 5 % d’augmentation; 41,2 % limiteraient l’augmentation aux 5 % et 9,4 % leur concéderaient moins de 5 %; ¦ aux fonctionnaires, 51,9 % ne consentiraient que 5 % d’augmentation; 28,4 % leur concéderaient moins de 5 % et 19,7 % leur accorderaient plus de 5 %; ¦ aux policiers, 53,5 % alloueraient 5 % d’augmentation; 25,3 % leur concéderaient plus de 5 %, alors que 21,2 % leur accorderaient moins de 5 %.Sur la base de quels critères le gouvernement devrait-il déterminer ses offres salariales?42,2 % des Québécois sont d’avis qu’il devrait se guider sur les salaires consentis par le secteur privé; 33,7 % pensent qu’il devrait tenir compte de l’intensité des pressions syndicales, alors que 24,1 % croient que toute sa stratégie devrait être définie sans perdre de vue l’objectif du déficit zéro.Quand vient le njoment de se prononcer sur les droits des employés de l’Etat, les Québécois projettent une impression d’incohérence.Confrontés à l’hypothèse d’une grève générale, 50,7 % se déclarent favorables et 49,3 % défavorables à ce que l’Assemblée nationale adopte une loi spéciale pour leur imposer une nouvelle convention collective et les forcer à retourner au travail.Mais ils s’opposent à ce que la ligne dure dérape sur la négation des droits fondamentaux: près des deux tiers (64,6 %) refusent que le gouvernement retire le droit de grève aux syndiqués du secteur public, alors que 35,4 % y sont favorables.D’ailleurs, 45 % de ceux qui plaident en faveur d’une loi spéciale sont contre le retrait du droit de grève.Sur ce même thème des négociations avec le front commun syndical, Sondagem a posé quelques questions à l’intention de l’émission Les Règles du jeu, diffusée sur les ondes de Télé-Québec.11 s’en dégage l’impression que les Québécois sont plutôt fatalistes concernant ce conflit de travail.Les trois quarts (75,6 %) sont convaincus que les centrales syndicales ne parviendront pas à s’entendre avec le gouvernement.Plus encore, ils sont majoritairement (59,8 contre 40,2 %) résolus à l’idée que ni les syndicats ni le gouvernement n’ont la volonté d’éviter la grève générale fixée pour la mi-novembre.Les négociations du secteur public colorent le climat sociopolitique, ce qui peut expliquer que les Québécois semblent moins optimistes que d’habitude.51,3 % estiment que ça va mal présentement au Québec, alors que 48,7 % sont d’avis contraire.Pour le vice-président de Sondagem, le sociologue Jean Noiseux, les données de ce sondage confirment l’appui de la population aux stratégies d’austérité du gouvernement.Il lui paraît évident que les Québécois sou- haitent que le gouvernement tienne tète au front commun syndical mais sans trop se gonfler les muscles, puisqu'ils sont massivement contre le retrait du droit de grève.Somme toute, M.Noiseux constate que le sentiment populaire est en équilibre fragile dans ce conflit.La méthode Ce sondage sur l’opinion qu’ont les Québécois des prochaines négociations dans le secteur public a été réalise par Sondagem pour Le Devoir et CKAC.Pour cette étude, 1011 entrevues téléphoniques ont été complétées auprès d’un échantillon représentatif de la pu lallation adulte du Québec.Cet échantillon probabiliste stratifié non proportionnel comprenait quatre strates (île de Montréal, région métropolitaine de Montréal ainsi que les régions du sud-ouest et du nord-est du Québec).11 tut tiré aléatoirement par ordinateur des listes de numéros de téléphone résidentiels du Québec par la méthode du hasard systématique.A partir de 1602 numéros de téléphone valides, 1011 entrevues ont été complétées, permettant d’obtenir un taux de réponse de 63,1 %.Toutes les entrevues ont été réalisées à partir de Montréal, du 25 au 29 septembre 1999.En retenant un seuil de confiance de 95 %, on estime la marge d'erreur statistique maximale d’un tel sondage à plus ou moins 3,1 % dims 19 cas sur 20.GUNTER SUITE DE LA PAGE 1 La SAAQ indemnise tout le monde, y compris les criminels de la route PRESSE CANADIENNE Québec — La Société d’assurance automobile du Québec n’est pas là pour punir mais pour indemniser toutes les victimes d’accidents de la route, qu’il s’agisse d’un conducteur ivre, d’un voleur de banque en fuite ou d’un membre des Hell’s Angels.Agir autrement coûterait cher à tout le monde, a expliqué le p.-d.g.de la SAAQ, Jean Yves-Gagnon, qui tentait hier de contrer la vague d’antipathie que suscite l’indemnisation des criminels de la route.«On n’indemnise pas des criminels, on indemnise des blessures.Si quelqu’un se blesse en automobile après un vol de banque, il sera indemnisé», a-t-il nuancé.Dans un discours de 31 pages, M.Gagnon a défendu le régime québécois d’assurance automobile et soutenu que la SAAQ n’est pas là pour punir les contrevenants au Code de la sécurité routière.Les tribunaux sont là pour ça, a-t-il insisté.«Le choix d’opter pour un régime sans égard à la responsabilité a été fait en pleine connaissance de cause.Le gouvernement savait qu’il y avait des cas extrêmes difficiles à expliquer, qu’il y aurait des conducteurs plus délinquants et moins respectueux des autres.Mais le gouvernement l’a fait pour libérer les Québécois de la psychose de l'accident automobile», a plaidé hier M.Gagnon.Depuis l’instauration de la responsabilité sans faute fie fameux «no fault») en 1978, tout le monde est indemnisé, Harel se donne Québec (PC) — La ministre d’État aux Affaires municipales, Louise Harel, s’est présentée hier soir devant des élus, réunis en congrès, des 1073 municipalités membres de l’Union des municipalités régionales de comté pour affirmer sa ferme intention d’aller de l’avant avec son projet de réforme municipale, de maintenir sa politique de fusions et cela, dans les plus brefs délais.Pendant plus d’une heure, en sachant fort bien que la très grande majorité du monde municipal des régions appréhende une trop grande précipitation dans la réalisation de cette réforme, Mme Harel a quand même fixé la date limite d’une entente au 14 octobre pour établir un sans égard à la responsabilité de l’accident.Mais des accidents ayant causé la mort et impliquant des conducteurs ivres ont placé la SAAQ au centre de la controverse lorsqu’il a été signalé que les «criminels de la route» recevaient des indemnités (non imposables) parfois supérieures à celles versées aux familles de leurs victimes.Ces indemnités, fort généreuses, leur assurent un revenu confortable, couvrant les frais médicaux et le remplacement des limettes ou des vêtements endommagés.Un bandit ou sa famille seront donc à l’abri du besoin.«Y a-t-il des Hell’s Angels ou des Rock Machine parmi ks indemnisés?» «H doit y en avoir», a répondu un haut gestionnaire de la SAAQ hier.Chaque année, la SAAQ verse de cette manière 700 millions de dollars aux accidentés, dont 15 millions directement aux «criminels de la route».La plupart d’entre eux étant insolvables, la SAAQ soutient que personne ne gagnerait à modifier le système actuel, sauf peut-être les avocats.D’autre part, ne pas inclure ces présumés criminels obligerait les Québécois à se munir d’une police d’assurance additionnelle.On l’estime à 200 $ par aimée.Le statu quo est donc préférable à toute autre option, soutient M.Gagion.L’avocat Marc Bellemare est un expert en la matière, la bête noire de la SAAQ.Selon lui, «une personne qui enfreint le Code criminel, qui se blesse au volant et qui blesse ou tue des gens ne devrait pas avoir droit à des indemnités de la S/L4
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.