Le devoir, 25 octobre 1999, Cahier A
fondé en 1 O 9 1 N "211 "K J pnl LE DEVOIR CRAIG KIELBURGER, LES RAMS 17 ANS, FUTUR « DEMEURENT DIRIGEANT MONDIAL INVAINCUS PAGE A 2 PAGE B 5 L’ARGENTINE TOURNE LE DOS À DIX ANS DE PÉRONISME PAGE A 5 LES ACTULITÉS LES SPORTS C h r i s t i a n R i o tt x PERSPECTIVES UOmertà française A l’heure où les scandales politiques repartent de plus belle, des journalistes décrivent la France comme le pays occidental le moins transparent avec la presse la plus muselée.Depuis quelques jours.Xavière Tibéri n'a plus le sourire quelle affichait cet été au Québec lorsque son époux, le maire de Paris, participait au sommet des villes francophones.Obligée d’expliquer devant un juge pourquoi elle avait touché 50 000 $ pour un rapport anodin de 36 pages sur la francophonie, elle s’est contentée de répondre qu’elle avait pour ce faire «demandé de la documentation» et même consulté «des atlas et Le Larousse».En réalité, Xavière Tibéri a occupé pendant plusieurs mois à la demande de son mari un emploi fictif au Conseil général de l'Essonne, a soutenu devant le même juge Xavier Dugoin, haut responsable du RPR le parti gaulliste.L'affaire frise la caricature.Mais elle ne fait pas que relancer le dossier de la corruption à la mairie de Paris, dont le premier responsable était, avant 1995, le président Jacques Chirac lui-même.Elle amène aussi la presse française à se demander comment il se fait qu’une histoire qui aurait provoqué partout ailleurs des démis-siops en série ait traîné pendant si longtemps.A cette question, les auteurs d’un livre-choc publié cet automne ont décidé d’apporter une réponse tout aussi brutale.Pour Sophie Coi-gnard et Alexandre Wickham, auteurs de L’Omertà française (Albin Michel), la France est le pays occidental où le respect du secret, la connivence au sein du monde politico-médiatique et l’impunité des dirigeants sont les plus fortes.Les auteurs expliquent cette situation par une véritable culture du secret, mais aussi pur des lois plus draconiennes qu’ailleurs, censées protéger la vie privée.Une loi de 1970, votée après une affaire impliquant le comédien Alain Delon, vise en effet à établir une distinction rigide «entre la vie privée et la vie publique».Si elle a pu éviter les dérives qui font la fortune des journaux jaunes de la capitale britannique, cette loi explique en partie pourquoi il faut parfois dix ou vingt ans avant qu'un scandale politique impliquant la vie privée d’un dirigeant français n’éclate au grand jour.Et cela, même si l’affaire est connue depuis des années dans les milieux de l'information.La fille naturelle du président François Mitterrand a vécu presque ouvertement au crochet de l’Etat (voyages, châteaux et compagnie) sans que personne, de la classe politique comme des médias, ne brise le silence.Lorsque, dix jours après la mort de François Mitterrand, le Dr Gubler publia un livre révélant que le président n’était plus en mesure de gouverner et avait caché sa maladie (alors qu'il prêchait la transparence), les tribunaux firent saisir les exemplaires.L’autre cause de cette «exception française» est à chercher, disent les auteurs du livre, dans les rapports incestueux qui unissent souvent les milieux de la presse et de la politique.Cela va des liaisons amoureuses entre journalistes et politiciens, souvent connues de tous, aux collaborations les plus quotidiennes.Ainsi est-il courant que des attachés de presse exigent de relire les interviews des journalistes avant d’envoyer sous presse.On pourrait multiplier les exemples.Ces accusations d’autocensure ont suscité de vives réactions dans la presse.Le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, a estimé que les journalistes français n'avaient pas à «imiter, dans Int r agressive vulgarité, les confrères étrangers qui nous offrent toutes les barbaries de la transparence».Aux plus hauts niveaux de l'élite médiatique, beaucoup estiment toujours qu’ils n'avaient pas à lever le voile sur la façon dont François Mitterrand utilisait les fonds publics pour dissimuler une partie de sa vie privée.Nombre de dirigeants de presse seraient toujours d’accord avec Alexis de Tocqueville qui disait en 1835: «J’avoue que je ne porte point à la liberté de presse cet amour complet et instantané qu'on accorde aux choses souverainement bonnes en leur nature.Je l’aime par la considération des maux qu’elle empêche bien plus que par les bienfaits qu'elle fait.» Cette attitude trouve son illustration dans le projet de loi déposé par la ministre de la Justice pour protéger le secret de l'instruction.Elisabeth Guigou veut interdire toute photographie d'une personne en état d’arrestation qui doit subir un procès.Sous prétexte de protéger la présomption d’innocence, la presse n'aurait plus le droit de photographier un prévenu même si celui-ci est d’ac- VOIR PAGE A 8: OMERTÀ Les journalistes peuvent être aussi peu transparents que les politiques ,vÿAv M É T É 0 Montréal Québec Nuageux Ciel variable, avec éclaircies.Max: 5 Min: -22 Max: 9 Min: 0 Détails, page B 3 -Q INDEX Annonces .B 5 Les sports B 4 Avis publics.B 3 Mots croisés.B 3 .B8 Planète B 2 Editorial .A6 Politique A 4 Entrevue .B 1 Religions B 6 le monde .A 5 Télévision B 7 www.ledevoir.com COTE - DE S-NEIGER ¦'2s, jefkSËm ÜAVV.W*: .i J ANDRE FORGET LH DEVOIR Les stations visées hier: Côte-des-neiges, Université de Montréal et Edouard-Montpetit.Bobo dans le métro Trois autres stations vandalisées par des tagueurs STÉPHANE BAILLA R G E O N LE DEVOIR Des vandales ont encore frappé dans le métro de Montréal ce week-end.Trois nouvelles stations du réseau ont été joyeusement barbouillées, probablement par deux ou trois tagueurs, dans la nuit de samedi à hier.Ils ont laissé de nombreuses inscriptions sur les murs des arrêts Côte-des-neiges, Université de Montréal et Edouard-Montpetit, situés à proximité l’un de l’autre, sur la ligne bleue.La station Place-des-arts, fraîchement rénovée, a subi le mêipe sort la semaine dernière.A cet endroit, pratiquement aucun mur n'a été épargné, dans la nuit de mercredi à jeudi.Saint-Laurent a également été visée quelques jours plus tôt Le phénomène prend une ampleur sans précédent et inquiète de plus en plus la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (ST-CUM) qui consacre déjà 1,5 million annuellement au nettoyage des inscriptions indésirables.Mis bout à bout, le barbouillage réalisé depuis une semaine couvre des dizaines de mètres carrés.Les seuls travaux de restauration de Place-des-arts coûteront environ 54 000 $.Les frais de nettoyage des nouvelles stations touchées seront évalués aujourd'hui.«C’est devenu une véritable épidémie», dit Odile Paradis, porte-parole de la STCUM.«Cela dit, ce n’est pas unique au réseau de Montréal.Le phénomène peut s’observer autant à Londres qu’à New York ou Paris.» La police et les agents de sécurité de la STCUM ne savent toujours pas précisément comment les tagueurs se sont introduits dans le réseau souterrain ce week-end.Ils ont pu se cacher en attendant la fermeture de la ligne bleue, à 23h30, samedi.Ou encore pénétrer dans une station par effraction, en utilisant une bouche de ventilation.Quoi qu’il en soit, les filous ont utilisé les tunnels pour aller d’une station à l’autre.Ils ont peinturluré les murs des extrémités des quais avec des créations peu complexes, des tags (des écritures rapides) mais aussi des throw-ups (des lettres gonflées, en deux tons), plus longues à réaliser, mais tout de même moins que des murales, le nec plus ultra dans ce genre.Les «artistes» au noir ont finalement évacué les lieux par une sortie de secours.Une alarme a retenti vers 2h30 dimanche matin.Une centaine d'employés de la STCUM effectuent l’entretien ménager courant du réseau.Une équipe spécialisée s’attaque aux plus gros graffiti.Son effectif a triplé depuis septembre.Six préposés frottent et décapent maintenant les murs du métro, notamment au jet de sable.Ils emploient des produits dix fois plus puissants qu autrefois.N’empêche, la STCUM a abandonné son objectif de faire disparaître tout nouveau graffiti dans un délai de 48 heures.La règle ne tient plus que pour les messages haineux ou racistes.VOIR PAGE A 8: MÉTRO ANDRE FORGET LE DEVOIR L’éolien aussi rentable que l’hydroélectricité.LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Une étude «confidentielle» réalisée pour le compte du ministère des Ressources naturelles indique qu'il serait possible de produire «dès maintenant» de l’électricité à partir d’éoliennes au Québec à trois cents du kilowatt-heure (kWh), soit au prix de référence des projets hydro-électriques d’Hydro-Québec, impacts environnementaux et crises sociales en moins.Cette étude, que le ministre des Ressources naturelles du Québec, Jacques Brassard, a en main depuis le mois de mars dernier, contredit les thèses officielles de son ministère et d'Hydro-Québec.Les deux ont soutenu, directement et indirectement devant la Régie de l’énergie l'an dernier, qu’il faudrait établir une quote-part privilégiée d’achats par Hydro-Québec pour permettre l’émergence d’une industrie éolienne viable dans la province.Et Québec a invité la Régie à préciser qui devrait payer pour le déficit des achats d’énergie éolienne, le prix de cette énergie étant officiellement cotée autour de 5,7 cents du kWh et Hydro refusant d’absorber tout ce qui dépasse trois cents du kWh, soit son coût de production avec les projets de dérivations de rivières.En réalité, l’étude commandée par le MRN à Richard Legault, un consultant de Hélimax Energie inc., montre que l’énergie éolienne n’est pas rentable au Québec parce quelle ne bénéficie pas d’un régime fiscal adapté à ses besoins de financement et à ses caracté- VOIR PAGE A 8: ÉOLIEN L’ étude que Jacques Brassard a en main depuis mars dernier contredit les thèses officielles de son ministère et d'Hydro-Québec Qui peut arrêter « W.» ?Bush devance tous ses adversaires mais le milliardaire Trump tente sa chance IVAPRÈS LIBÉRATION ET L’AGENCE FRANCE-PRESSE Dans la perspective de l’élection présidentielle de novembre 2000, rien ne semble pouvoir arrêter George W.Bush même pas la rumeur selon laquelle il aurait fait usage de cocaine dans sa jeunesse, ni l'annonce hier du milliardaire Donald Trump de se jeter dans la course au nom du petit parti de la Réforme ni même la remontée du vice-président Al Gore.Dans une interview diffusée par la chaîne de télévision NBC, Trump, — le roi new-yorkais de l’immobilier et des casinos—a estimé que les républicains «étaient passés à droite de façon dingue».Cela ne devrait pas empêcher Bush de l'emporter contre Gore, même si la côte de popularité de ce dernier remonte solidement Si l’élection présidentielle opposait le fils du président George Bush (1988-1992) au vice-président Gore, l’actuel gouverneur du Texas obtiendrait 49 % des voix contre 40 % à son adversaire démocrate.Il obtenait 51 % des voix contre 37 ou 38 %, selon un autre sondage publié il y a dix jours.Quant à la rumeur sur l’usage qu'aurait fait George W.Bush de la «poudre blanche» elle a tourné à l'avantage du candidat républicain ce week-end, quand l’éditeur St Martin's Press a dû envoyer au pilon les 70 000 exemplaires de Fortunate Son, biographie dont l’auteur affirmait que «W.» (comme on l'appelle désormais) «a été arrêté en 1972 pour possession de cocaïne».En expliquant: «Son papa, qui était un riche pétrolier et un homme influent dans le comté de Harris [au Texas], était intervenu pour que le juge n’inflige à son fils qu’une période de travail social dans un centre de jeunesse, au lieu de le condamner aux travaux forcés dans un champ de coton.» L’épisode aurait été «effacé» quand le papa de «W.», George Bush, VOIR PAGE A 8: BUSH Cabaret Neiges grises Un party tout en musique pour célébrer les quinze ans de la compagnie II va sans dire La troupe de Dominic Champagne vieillit et fête ça au Cabaret du Musée Juste pour rire.Quinze ans de loyaux services artistiques, en passant par l’incontournable Cabaret Neiges noires, le récent Don Quichotte, repris en ouverture de saison au TNM, jusqu’à la prochaine adaptation scénique de L’Odyssée, dans quelques mois, au même endroit.Comme quoi l’«avant-garde» (ou ce qui en tient lieu), sait se faire une place au soleil institutionnel.VOIR PAGE A 8: CABARET Quinze ans.L'âge des idées noires et des plaisirs solitaires.La compagnie de théâtre D va sans dire atteint maintenant cet âge ingrat et en profite pourtant pour organiser ce soir une grande fête musica le au Cabaret du Musée juste pour rire.L’essentiel de la soirée sera retransmis dans le cadre de l’émission Créé et chuchotements de la Chaîne culturelle de Radio-Canada, à compter de 21h.L’animatrice Myra Créé sera d’ailleurs la maîtresse de cérémonie du spectacle conçu autour des grands succès (ou des meilleurs et moins mauvais moments) musicaux de la compagnie.Le party-bénéfice doit rassembler une bonne quarantaine d'artistes des écrans et des planches, plus et moins connus: de Marc La-brèche à Marc Béland, de Rémi Girard à Suzanne Lemoyne, de Julien Poulin à Normand Helms, de Martin Drainville à Pierre Benoit.Tous ont participé à l’un ou l'autre des quelque douze spectacles produits depuis 1984 par l’au-teur-metteur en scène Dominic Champagne et ses petits copains.On pourra donc entendre des chansons et des musiques écrites pour Lolita, L’Asile, et Don Quichotte, pour L’Odyssée aussi, puisque l'adaptation aboutira bientôt au TNM, et ! 778313000641 A 2 LE DEVOIR.LE LUNDI 25 OCTOBRE 1 !) il 9 LES ACTHALITÊ S Manifestation monstre pour la paix Craig Kielburger Un « fleuve blanc » déferle sur la Colombie LE DEVOIR.AFP.AP ET REUTERS Tandis que la guérilla marxiste relançait ses pourparlers de pane avec le gouvernement de Bogota, douze millions de manifestants, selon les organisateurs, vêtus de chemisettes aux couleurs de la paix ont défilé au cri de «No mas!» (Assez!) dans la plus grande mobilisation de l'histoire du pays afin d’exiger une réconciliation nationale pour mettre fin à 35 ans de guerre civile.Cette marée humaine a gagné jusqu’au moindre village au moment où s’engageaient à La Uribe (sud) les négociations entre le pouvoir et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, communistes), avec 12 000 hommes la principale force çle guérilla du pays.A Montréal, une petite manifestation a réuni quelques dizaines «d'amis de la Colombie».Un rassemblement avait été convoqué vers lOh, hier matin, au métro Atwater.Les manifestants ont parcouru des rues de la ville jusqu’aux environs de midi.En Colombie, la plupart des 40 millions d'habitants ont eu dans leur vie un membre de leur famille tué, enlevé ou contraint de fuir, dans un pays où la guerre civile a déjà fait plus de 120 000 morts depuis 1964, provoqué le déplace-ment d'au moins 1,5 million de personnes, et se traduit par la séquestration de plus de 2000 civils chaque année.-Nous voici! Malgré la guerre nous n'allons pas partir! Colombie, on t’aime!», proclamait une modeste pancarte portée par quatre paysans en habit traditionnel, avec chapeau et cape blanche, dans l’avenue San Juan, l’une de§ principales artères de Medellin.A Bogota, Francisco «Pacho» Santos, initiateur des marches exultait.«C’est un succès impressionnant pour la paix», ne cessait-il de répéter.Avec une poignée de volontaires, cet ancien otage du cartel de la drogue de Me-delHii durant huit mois en 1991, a déjà gagné son pari.Aujourd’hui chef de la rédaction du quotidien El Tiempo, âgé de 38 ans, il aura également réussi à susciter des mobilisations dans 28 villes étrangères le même jour.Un sondage publié hier par le magazine colombien Cambio fait apparaître que seulement 16 % des Colombiens croient aux intentions pacifistes des FARC.D'autre part, 57 % des personnes interrogées se disent favorables à une intervention de l'armée américaine en cas d’échec des négociations.Selon des analystes politiques, la conclusion d’un accord de paix définitif risque encore de demander des années.Les Fare, qui contrôlent près de 40 % du territoire colombien, ont averti quelles ne déposeraient pas les amies, en menaçant de renverser le gouverne ment si le processus de paix échouait.Nouveaux programmes sociaux du fédéral La visibilité, encore la visibilité, estime Facal MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Lorsqu’il lance de nouveaux programmes sociaux, le gouvernement fédéral ne vise pas le mieux-être de la population ou l'efficacité administrative.Selon le ministre québécois des Affaires intergouvemementales, Joseph Facal, tout ce qu’il souhaite, c’est d'augmenter sa visibilité, surtout au Québec.Voilà pourquoi Ottawa veut superposer aux programmes québécois existants un congé parental, un régime de garderies, une assurance-médicaments ou un regime d'indemnisation des victimes d’actes criminels.Les chevauchements seront multiples, prévisibles, mais ne seraient pas faits innocemment, affirme le ministre Facal.«Ce serait tellement plus simple, tellement plus économique si le fédéral voulait vraiment nous aider.Si le fédéral nous donnait notre part, on l’injecterait dans les programmes déjà en place.Mais à la vérité, ce que poursuit vraiment le gouvernement fédéral, ce n'est pas l'efficacité, ce n'est pas l'économie, pas le mieux-être des gens, c'est la visibilité.«Et à chaque fois que vous aurez un programme efficace avec une fleur de lys dessus, ils vont trouver l'idée tellement bonne qu'ils vont y superposer un programme pareil avec une feuille d’érable», a déclaré M.Facal à la veille de son départ pour Calgary, où les pro- vinces feront le point sur l’accord sur l’iuiion sociale signé en février dernier.M.Facal y verra de nouveaux visages puisque la majorité des ministres qui ont pris part à la naissance de cet accord ne seront plus là pour cause d’élections ou de remaniement.«Le Québec expliquera à nouveau pourquoi il n'a pas signé l’union sociale et pourquoi il ne doit pas se faire imposer par Ottawa les initiatives prévues dans le discours du Trône.On verra si les autres provinces sont prêtes à nous appuyer devant Ottawa.» Le Québec veut sa part des fonds fédéraux pour les programmes qu'il finance déjà.Mais cette revendication n'est pas populaire chez les autres provinces.Selon M.Facal, la question se pose: a-t-on droit à la difference au Canada?«Si Ottawa impose indistinctement l’union sociale à ceux qui l’ont signée et à ceux qui ne l'ont pas signée, ça signifie que le consentement des provinces ne veut rien dire dans ce pays et que les signatures des gouvernements provinciaux ne valent que le prix du papier sur lequel elles sont écrites.» L’accord sur l'union sociale semble avoir inspiré le récent discours du Trône fédéral qui, selon Joseph Facal, «est rempli d’initiatives qui vont nous causer énormément de problèmes».«Car au-delà des grandes palabres constitutionnelles, ce qui est en jeu là-dedans, ce sont des choses qui touchent à la vie quotidienne du vrai monde.» Un futur dirigeant mondial A 17 ans, le fondateur de Libérez les enfants a appris à côtoyer les grands de ce monde: Jean-Paul II, le dalaï-lama, mère Teresa.JACQUKS GRENIER LE DEVOIR U Lors de sa rencontre de 15 minutes ?vec Jean Chrétien à Islamabad (Pakistan), Craig arracha au premier ministre la promesse qu’Équipe Canada prendrait en compte le travail des enfants dans ses pourparlers avec les hommes d'affaires.Craig Kielburger aura bientôt 17 ans.Son livre Free the Children vient d’être traduit en français (Libérez les enfants, éditions Ecosociété) et des éditions en allemand, en espagnol et en chinois sont en préparation.Ce Torontois n’avait que 12 ans quand il apprit la mort d’un jeune Pakistanais du même âge que lui, Iqbal Masih, assassiné parce qu’il s’opposait à la «mafia du tapis» dont il s’était affranchi.Depuis, Craig a fondé un mouvement, Libérez les enfants, qui regroupe 100 000 jeunes.CLÉMENT TR II) EL LE DEVOIR Il faut du cran, à 15 ans, pour défier les responsables d’un réseau philippin de prostitution juvénile avec tout l’attirail d’un détective: micro dissimulé, caméra ressemblant à un paquet de cigarettes.Craig Kielburger a osé.Les proxénètes ont été condamnés «et les jeunes filles sont maintenant dans un centre de réhabilitation, elles vont à l’école», confie avec enthousiasme celui qui apprend à coudoyer les grands de ce monde.Jean-Paul II et le da-lai-lama l’ont reçu.Il détient le prix du Gouverneur général pour service méritoire.A Boston, on lui a décerné le prix Reebok (Youth in Action).L’une des rencontres les plus mémorables fut son tête-à-tète avec mère Teresa.L’heure que j’ai passée avec Craig Kielburger m’a permis de constater la force des convictions de cet adolescent dont on vante l’éloquence et les talents au point qu’un jour il pourrait perdre pied, qui sait?Mais il tient le coup! Au Forum économique mondial de Davos, on l’a signalé comme futur dirigeant mondial, rien de moins! L’intéressé clame sans hésitation: «Mon plan de carrière.Je ne serai pas politicien, je veux me consacrer à la résolution pacifique des conflits.» D se révèle intarissable sur la spirale de haine et de violence qui, en Bosnie comme en Serbie, gâche les chances d’une paix juste dont l’avènement doit passer prioritairement par les enfants, comme le disait Gandhi, un des héros de Kielburger «Mais les véritables héros, ce sont les enfants dont je recueille les témoignages durant mes voyages» et qui ont pour | nom Munniannal, Nagashir, etc.Lors d’un premier voyage de trois semaines en j Asie du Sud-Est, cet adolescent atypique a été témoin d'un raid (janvier 1996) qui permit la libération de 22 enfants népalais tenus prisonniers dans un atelier clandestin de Katmandou.Le retour des ces ex-forçats dans leur village d'origine fut extrêmement émouvant.et filmé pour la BBC! Servitudes On sent que l’indignation de Craig se nourrit du fait que subsistent des conditions de serviùide pour près de 250 millions de jeunes dans le monde et qu’au Nepal, 80 % des filles de 14 ans et moins — 60 % des garçons — sont analphabètes.Catholique fervent, il retient que toutes les religions ont en commun le principe voulant que «tu dois traiter autrui comme tu voulais être toi-même traité» et s’allie à quiconque veut le bien des enfants.Dans son livre, on retrouve la chanson qu’un jeune marqué au fer rouge par son patron fredonne malgré son traumatisme: «La vie est faite de hauts et de bas, mais ne verse pas tes larmes.Souris, la souffrance fait partie de la vie, mais un jour tu trouves la joie.» Kielburger se rappelle le marchandage visant, à Bangkok, à fournir garçons et fillettes à de «faux touristes» — l’un était un ex-policier — et du fait qu’un «général à trois étoiles» possédait l’un des bars pour pédophiles.Sa rétine a retenu des scènes anachroniques mais non moins réelles, connue cette fillette de huit ans faisant, sans protection, le fri de seringues! Servitude d’un enfant?Elle tient souvent à la dette contractée par les parents.Le phénomène est connu.A Genève viennent de se dérouler des discussions en vue de fournir les outils permettant d’éliminer les pires formes d'exploitation des entants.Petit à petit émerge une résistance, au Bangladesh ou sous d’autres latitudes, pour freiner la pauvreté qui engendre l’asservissement, pour plaider en faveur de la scolarisation des filles.De jeunes coupeurs de canne à sucre de la région de Salvador (Brésil) obtiennent l'accès à l’école, les législateurs se font moins timides qu’avant.Luxe et bureaucratie Craig Kielburger s’indigne du luxe dont certaines agences s’entourent.Il promet de ne pas succomber à un lourd bureaucratisme.«Tous les sous que ramassent les jeunes vont à nos projets, à nos écoles» — il y en a déjà 25 au Nicaragua et 60 en Inde, par exemple —, et les jeunes travaillent tellement dur pour fournir 1 $ ou 10 $ que Craig préférerait stopper le mouvement plutôt que de le voir sombrer dans le luxe.Le bureau relève d’une gestion à part; les fonds proviennent de gens qui «sont avec leur cœur avec les enfants».Il cite le cas d’une avocate travaillant à Toronto pour Libérez les enfants: «Elle a laissé un poste lucratif nous ne pouvons que lui verser le cinquième de son revenu habituel.» Invité à un congrès de la Fédération ontarienne du travail, Craig a déjà volé la vedette, repartant avec une promesse de fonds (150 000 $) pour mieux «libérer les enfants».Les circonstances de sa rencontre de 15 minutes avec le premier ministre Chrétien à Islamabad (Pakistan) sont connues; elles lui permirent de se mesurer à une «meute» de journalistes dont il tient toujours à se faire des alliés, si possible.Craig arracha à Chrétien la promesse qu'Equipe Canada prendrait en compte le travail des enfants dans ses pourparlers avec les businessmen.Il estime ne pas avoir quelque chose de neuf à exposer à M.Chrétien.Si une autre rencontre se produisait, «je voudrais qu’il accepte de se promener avec moi dans les rues, dans les usines, et de regarder ces gens dans les yeux», surtout s’il s’agit d’enfants qui fréquentent les nombreux comptoirs alimentaires.Que dire de «ces enfants des Premières Nations qui versent dans la drogue pour combattre leurs peines et leur misère?» La force du regard a pour Craig Kielburger valeur de test: «Il faut se demander quel héritage on veut apporter en franchissant le XXI' siècle.La protection des plus vulnérables en fait partie.Si on peut regarder dans les yeux l’enfant et si, moralement, on est persuadé dans son cœur que l’exploitation, c’est correct, allez.» Il faut cependant scruter les yeux d'un enfant de quatre ou six ans; la conclusion s’impose alors sur l’impossibilité de soutenir l’exploitation des enfants.Quels sont les objectifs concrets de Libérez les enfants?Obtenir un ombudsman pour enfants désigné par le Parlement canadien.Faire en sorte qu’au Conseil de sécurité on ajoute un fauteuil vide.pour marquer l'absence des enfants à ce stade de décision.Pour les jeunes Québécois et Canadiens, il importe de les pousser à former des groupes pour discuter de questions sociales et agir, même modestement, afin de «partager avec le monde» tandis que parents et professeurs sont invités à ne pas sous-estimer l’apport réel des jeunes à l’évolution de la société.Si un deuxième livre naît, prévoit Craig, il devrait porter sur «le pouvoir des enfants».Entente entre l’UQAC et l’Université de San Diego Des étudiants californiens à Chicoutimi Lady-Datejust en or 18 carats avec lunette sertie de brillants f/jiioateMe Gàmbard Vente et service technique w ROLEX GENÈVE 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL.CENTRE VILLE • TEL : 866-3876 PRESSE CANADIENNE Santa Monica, Californie — Dès septembre 2000, une demi-douzaine d’étudiants de l'Université de San Diego, en Californie, se présenteront à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) pour un stage d’un an.Au même moment, un nombre correspondant d’étudiants de l'UQAC se rendront poursuivre leurs études à l'Université de San Diego.ofa UMKDKMUÎtlB DEBAT PUBLIC la Fondation leo-Cormier pour ' education aux droits rt libertés LA LIGUE DES DROITS ET LIBERTÉS, en collaboration avec la FONDATION LÉO-CORMIER, invite le public à un débat sur la déconfessionalisation du système scolaire qui sera précédé d’un rappel des principales recommandations du rapport Laïcité et religion, perspective nouvelle pour l'école québécoise (Rapport Proulx).ANIMATION Madame Jocelyne Lamotireux, présidente de la Fondation Léo-Cormier pour l’éducation aux droits et libertés.OUVERTURE Madame Micheline Milot, vice-présidente du Groupe de travail sur la place de la religion à l’école PARTICIPANTS AU DÉBAT Monsieur Raymond Johnston, Ligue des droits et libertés Monsieur Henri l.aberge.Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire Monsieur Louis O’Neill, professeur émérite, Faculté de théologie de l'Université Laval Monsieur Georges Leroux, professeur, Département de philosophie de l'UQAM L’activité aura lieu le mercredi, 27 octobre 1999, 19h30, à la Bibliothèque nationale du Québec, 1700, rue St-Denis, Montréal.ENTRÉE LIBRE Pour informations supplémentaires, veuillez appeler Louise Cinq-Mars au (514) 849-7717 «C’est un programme double en commerce international qui intervient entre nos deux universités.C’est un précédent dont nous sommes fiers», a mentionné le professeur Damien Ferland, directeur de l’Ecole de langue française et de culture québécoise à l’UQAC.M.Ferland participait à la mission que le premier ministre Lucien Bouchard a effectuée en Californie la semaine dernière, afin de rencontrer ses homologues de San Diego.A l’issue de ce programme d’études, les étudiants posséderont la mention des deux universités dans leur diplôme.Pour les jeunes Américains qui se présenteront à Chicoutimi en septembre 2000, il y aura naturellement des cours en finance, marketing et gestion, qui sont à la base du cours en conunerce international.Mais ils auront aussi un choix de cours qui les plongeront en pleine cultu- re québécoise.Ces cours sont intitulés Histoire politique et constitutionnelle de l’ensemble canadien, Tendances actuelles des politiques sociales au Québec, Valeurs amérindiennes et eurœcanadiennes, Vie politique canadienne au XX' siècle, etc.«Au cours de l’année, ces étudiants auront la possibilité de résider dans une famille d’accueil du Saguenay, afin notamment de parfaire leur connaissance du français», a expliqué le professeur Ferland.Cette perspective réjouit également les autorités de la San Diego State University (SDSU).«À la fin du programme, nos étudiants posséderont une connaissance excellente de la langue française et une grande compréhension de la culture québécoise et canadienne et des pratiques commerciales», a expliqué le directeur du Ifrogramme international de commerce de la SDSU, le professeur Steven Loughrin-Sacco.Ce dernier enseigne également le français.DEES NOUVELLES 105 St-Paul Ouest, Montréal (Québec) H2Y 1Z5 (514)287-9222 1 888 B0NALD0 BONALDO il maison Di-s i ISabrina w LE DEVOIR.LE LUNDI - 3 OCTOBRE 1999 A 3 -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES Entente chez General Motors Canada Guy, Guy, G.Du jamais vu chez GM, selon Hargrove Pour la première fois en plus de 20 ans, l’ambiance était bonne entre syndicat et employeur à la fin d’une période de négociations PRESSE CANADIENNE Toronto — Quand l’équipe de négociateurs de General Motors Canada s'est avancée dans la salle Tudor de l'Hotel Royal York, mardi soir dernier, après avoir négocié une nouvelle entente avec les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), les dirigeants syndicaux se sont levés pour les applaudir.Et les administrateurs de GM leur ont retourné la faveur.«Ça a duré environ huit minutes», raconte Al Green, le négociateur en chef du fabricant d'automobiles dont les bureaux sont situés à Oshawa, en Ontario.«C'est du jamais vu», estime quant à lui le président des TCA, Buzz Hargrove, qui a déjà décrit la relation du syndicat avec GAI comme la pire parmi les trois grands fabricants d’automobiles du pays.Pour M.Hargrove, c’était la première fois en plus de 20 ans que l'ambiance était bonne à la fin d'ime période de négociations avec GM.Samedi, 95,3 % des travailleurs syndiqués de l’usine de Boisbriand ont ratifié l'entente de principe négociée par les TCA Leurs collègues de l’Ontario se prononçaient hier.«Le sentiment qui ressort de tout cela est tellement bon que si nous arrivons à le transposer dans les lieux de travail, plus rien ne pourra arrêter GM du Canada», a ajouté M.Green.Les deux parties sont à des années-lumière de leur position d'il y a trois ans.Malgré le fait que ces mêmes gens célébraient une nouvelle entente le 23 octobre 1996, celle-ci avait été obtenue dans des conditions orageuses.A la suite des négociations, une grève de trois semaines avait mené 26 000 membres des TCA sur les piquets de grève et forcé la fermeture de toutes les usines canadiennes, en plus de quelques autres aux Etats-Unis.Lors du même conflit, environ 300 travailleurs avaient pris d’assaut une usine de pièces d’automobiles d'Oshawa que le fabricant menaçait de vendre.Toutefois, ce hit la seule grève parmi une sérié de conflits de travail qui ont nui aux efforts de la société-mère General Motors pour regagner sa part de marché en Amérique du Nord, qui connaît un déclin depuis deiLX décennies.De son côté, le syndicat américain des Travailleurs unis de l'automobile (TUA) a connu deux débrayages, d'abord à Dayton, en Ohio, en 1995, puis à Flint, au Michigan, en 1998.Les deux arrêts de travail ont forcé la fermeture des usines d'assemblage de GM en Amérique du Nord et ralenti la croissance du nombre de velti-cules en circulation.Plusieurs analystes estiment que la grève de 54 jours de Flint a servi de catalyseur au changement d'attitude de GM dans ses relations de travail au Canada et aux Etats-Unis.Les fruits de ce changement sont apparus très tôt lors des récentes négociations.Dans sa première offre, GM Canada proposait déjà à ses employés l'essentiel de ce qui avait ete convenu lors des pourparlers précédents avec DaimlerChrysler et Ford du Canada.Les deux parties se sont finalement entendues à 17h, mardi dernier, soit sept heures avant l'ultimatum de minuit et considérablement plus tôt qu’avec les deux autres géants de l’automobile.«U est clair que [les négociateurs de GM] ont commencé à négocier déterminés à ne pas faire face à une grève», a expliqué im responsable du syndicat.Guerre des lignes aériennes Black est fier de son bébé Ottawa à la barre des accusés ?American Airlines pourrait poursuivre le gouvernement selon un avocat GORDON MCINTOSH PRESSE CANADIENNE Ottawa — Selon un avocat toron-tois spécialisé en droit du commerce, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pourrait jouer un rôle important dans la guerre des lignes aériennes du pays.Barry Appleton — qui a déjà fait reculer Ottawa dans le dossier de l'additif à essence MMT en évoquant l’ALENA — estime que le ministre fédéral du Transport, David Colle-nette, pourrait faire l'objet d’une poursuite similaire si American Ar-lines, un actionnaire minoritaire des Lignes aériennes Canadien International, estime qu'elle a dû renoncer à certains de ses engagements lorsque le ministre a suspendu la loi sur la concurrence dans l'industrie aérienne pour une période de 90 jours, le 13 août dernier.M.Appleton considère les choses en trois temps: ¦ lorsque M.Collenette a invoqué l’article 47 de la Loi sur les transports au Canada, il l’a fait en sachant qu'Onex préparait une offre de fusion entre Ar Canada et Canadien; ¦ Anerican Arlines, à la fois un actionnaire de Canadien et un investisseur américain protégé par le chapitre 11 de l'ALENA est donc en droit d'attendre du gouvernement fédéral qu'il fasse de son mieux pour qu’une entente soit rapidement ratifiée; ¦ à cause de l’étendue des pouvoirs de l'ALENA, une compagnie américaine a plus de droits qu’une firme canadienne pour négocier avec Ottawa.L'ALENA oblige le gouvernement canadien à traiter une société américaine avec justice et transparence, un en-gagement qui va au-delà des droits souverains d'un gouvernement.Appleton travaille ac- tuellement sur deux causes qui opposent Ottawa à des compagnies américaines en vertu du chapitre 11 de l’accord.Selon lui, le ministre Collenette n'a pas respecté ses obligations le 13 octobre dernier.En effet, le ministre a annoncé, ce jour-là, que l’offre d'Onex serait soumise à de longues procédures d'approbation qui incluront des audiences devant les comités des Conummes et du Sénat, un comité formé de députés libéraux ainsi qu’un autre issu du caucus torontois, en plus d'un rapport du Bureau de la compétition.Or, ce n’est pas ce qui avait été convenu lorsque le ministre Collenette a invoqué l'article 47, estime M.Appleton, et ce délai supplémentaire permettra à Ar Canada de disposer du temps nécessaire pour préparer sa contre-offre.«Le gouvernement peut pratiquement faire ce qu’il veut pour rouler les Canadiens — c’est un de ses droits souverains», a commenté M.Appleton.Mais en vertu de l'ALENA, il ne peut pas agir de la même façon envers une société américaine.«En tant qu'investisseur des Etats-Unis, American Airlines pourrait invoquer l'ALENA et trainer le gouvernement du Canada devant les tribunaux pour dommages.» Toronto (PC) — Un an après son lancement, le quotidien National Post de Conrad Black continue de «brasser la cage» des médias et de susciter des remous avec ses prises de position de centre-droite.Son arrivée dans les kiosques à journaux.le 27 octobre dentier, a secoué le milieu des journaux canadiens.Le Globe and Mail, le seul autre quotidien national, s'est vu forcé de lui disputer lecteurs et revenus publicitaires.L’avènement du National Post a aussi modifié la domie pour les journaux de Toronto, où il a son siège social.Aujourd'hui, Conrad Black se dit fier de la forme qu'a prise son idée.Le National Post a été un porte-parole «légitime et respectable» pour des opinions «qui n'avaient pas été prises au sérieux au Canada depuis longtemps».Le Post revendique notamment des baisses d'impôts, appelle à la lutte contre la «fuite des cerveaux», remet en question les dépenses gouvernementales et exprime de la sympathie pour l’union de la droite, le projet à'«alternative unie» piloté par le Parti réformiste en vue d'unifier réformistes et conservateurs.Cette position politique a fait l'objet d'une promotion constante non seulement dans les pages éditoriales du journal mais aussi dans ses textes de nouvelles.ANDRÉ FORGET 1 F DEVOIR GUY LAFLEUR, tout comme d'autres grands joueurs de hockey tels Marcel Dionne, Steve Shutt et Gilbert Perrault, ont pris part hier au Centre Molson à un match où les Légendes du hockey affrontaient les anciens Bruins de Boston.Cet événement, organisé au profit de la Fondation du Centre Normand-Léveillé, était l'occasion pour toutes ces légendes de se délier les muscles.tous les muscles! Commission Hugues sur le Sommet de l'APEC Témoignage très attendu, aujourd’hui, du «Sergent Pepper» PRESSE CANADIENNE Vancouver — Près de deux ans après les événements survenus au Sommet de l'APEC de Vancouver, le sergent-chef Hugh Stewart, qu’on a vu et revu à la télévision asperger les manifestants de poivre de Cayenne, entame aujourd'hui son témoignage à la commission Hughes.Quels ordres a-t-il reçus concernant le contrôle des foules, et de qui?Qui a autorisé la pulvérisation de poivre de Cayenne, au moment où la Gendarmerie royale du Canada s'efforçait de dégager le passage pour les leaders participant au Sommet?Que sait-il de l'implication possible du bureau du premier ministre?Voilà des questions auxquelles il aura vraisemblablement à répondre.Celui que les manifestants ont surnoiiF nié «Sergent Pepper» sera sans aucun doute interrogé également à propos des commentaires d’un de ses superviseurs concernant le premier ministre Jean Chrétien, commentaires dévoilés uniquement la semaine dernière.Ces remarques ont accentué la pression en faveur du témoignage de M.Chrétien devant la commission qui enquête sur ces incidents.Dans les transcriptions de conversations téléphoniques, des policiers, dont le surintendant Wayne May, qui était responsable de la sécurité au sommet, se montrent préoccupés par le fait que M.Chrétien n'aimerait pas que le sommet soit perturbe par un petit groupe de manifestants installés sur le campus universitaire.Ces propos ont d'ailleurs incité Marvin Storrow, le procureur de la commission sur l'APEC, à dire qu'il comptait rappeler le surintendant May pour l'interroger sur ses allusions à M.Chretien.Le commissaire, Ted Hughes, étudiera aujourd’hui la requête pour faire témoigner de nouveau le policier May.Les manifestants soutiennent depuis le début de l’enquête que la GRC subissait des «pressions politiques» de la part du bureau du premier ministre et du gouvernement fédéral afin de réprimer les manifestants contre des leaders etrangers invités au Sommet, particulièrement le président indonésien de l’époque, Suharto.L’enquête sur cette affaire est menée par la Commission des plaintes du public contre la GRC, un organisme indépendant qui a traité une quarantaine de plaintes à propos de la façon dont les agents de la GRC ont traité les manifestants au cours du Sommet du Forum de cooperation économique Asie-Pacifique, en novembre 1997 à Vancouver.Au cours d’affrontements entre policiers et manifestants anti-APEC, des protestataires ont été asperges de poivre de Cayenne et détenus.Des manifestantes ont été fouillées à nu.Des documents déposés devant la commission ont révélé que le sergent Stewart avait reçu l'ordre de dégager le passage en prévision du départ des leaders du Sommet.C’est lui qui a été filmé par un caméraman de Radio-Canada, en train d'asperger les manifestants de poivre de Cayenne pour les disperser.LÙGIOUE»^ 1001 CONSEILS POUR LES HOMMES DE BONNE FOI Comment garder sa femme Jérôme ISBN 2-89381-653-3- 160 p.9,95$ Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive: Québec-Livres MONTRÉAL - QUÉBEC ALLER-RETOUR, 13 FOIS PAR JOUR : VOUS POUVEZ DORMIR SUR VOS DEUX OREILLES.Pourquoi?Parce que vous avez le choix.Treize vols par jour.C'est 30% de plus que tout autre transporteur aérien.Parti tôt de Montréal, arrivé tôt à Québec.Une journée d'affaires complète.Un choix inégalé d'envolées.Air Nova/Air Alliance.On se comprend.airNova airAlliance 6 h 45 8 h 10 h 12 h 14 h 15 h 15 h 45 17 h 18 h 18 h 30 21 h 21 h 45 22 h 30 TOUS SANS ESCALE () (' T 0 B R E 1 !( !) s Nisga’a seront dirigés par un gouvernement cen-> frai, le Nisga’a Lisims Governement, et quatre gouvernements de village.Ils sont responsables d’assurer la prestation de services d’éducation, de santé, de services sociaux à des niveaux comparables à ceux offerts dans le nord-i ouest de la Colombie-Britannique.Les gouvernements! peuvent aussi adopter des lois régissant la citoyenneté, la.langue, la culture et l’ordre public.•I ¦ Les résidents non-Nisga’a n'ont pas le droit de vote.Les gouvernements sont tenus toutefois de les consulter au sujet des décisions qui les touchent directement.¦ Les gouvernements nisga'a ont un pouvoir de taxation uniquement sur les personnes Nisga’a.^publ ié le mercredi 17 novembre 1999J Éducation Date de tombée: le vendredi 12 novembre 1999 1E devoir! f LE DEVOIR.LE Ll' X D I l) C T O B R E I ît !l >t a r> LE DEVOIR LE MOND E EN BREF La Suisse vire à droite Berne (AP) — Quelque 4,6 millions d’électeurs suisses étaient appelés aux urnes hier pour élire les membres de leur Parlement.La droite populiste, incarnée par l'Union démocratique du centre, sort victorieuse de ces élections fédérales.Selon les projections, l'UDC deviendrait la première force politique du pays avec 23 % des votants, en hausse de 8 %.Le Parti socialiste, qui avait fortement progressé il y a quatre ans, rétrograde en deuxième position avec 21 % (-0,8 %).Le Parti démocrate-chretien (PDC), que les sondages donnaient en nette perte de vitesse, limite les dégâts avec 15 % des votants (-1,8 %) au Conseil national.Quant au Parti radical-démocratique (PRD), il reste stable avec 20 % des votants (- 0,2 %), selon les projections de l’Institut bernois GfS hier en début de soirée.Ainsi, l’UDC est le seul des quatre partis gouvernementaux à enregistrer une progression.On observe toutefois que la progression de l’UDC se fait environ pour moitié au détriment des petites formations de l’extrême droite, telles que les Démocrates suisses et le Parti de la liberté.La répartition des 200 sièges de la Chambre du peuple et des 46 sièges de la Chambre des cantons n’est pas encore établie.Pas de problème pour Ben Ali Tunis (AP) — Les 3,5 millions d’électeurs tunisiens ont massivement participé hier au premier scrutin présidentiel pluraliste organisé depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956.Ce scrutin devrait permettre au président Zine el Abidine Ben Ali d’accéder à un troisième et officiellement dentier mandat de cinq ans.Alors que les résultats définitifs seront connus aujourd’hui, le taux de participation officiel atteignait 88 %.Dès leur ouverture, les 15 300 bureaux de vote connaissaient une forte affluence, comme cela avait été déjà le cas lors des précédentes consultations présidentielles de 1989 et 1994.Zine Ben Ali, 63 ans, était alors candidat unique.Les Tunisiens devaient aussi désigner hier les 182 parlementaires de la chambre des députés, dont 20% au moins seront issus des sept listes de l’opposition, selon les termes du nouveau code électoral.En 1994, le chef d’Etat, arrivé «.raisons médicales» le président à vie Habib Bourguiba, avait été élu avec 99 % des suffrages et tut taux de participation de 94 %.Un «pont» avec Cuba La Havane (AFP) — Le gouverneur de l’Etat américain de l’Illinois, le républicain George Ryan, a entamé samedi une visite à Cuba et déclaré à son arrivée à La Havane qu’il était venu pour «édifier un pont entre les peuples» américain et cubain.M- Ryan, 65 ans, est le premier gouverneur d’un État des États-Unis à se rendre à Cuba depuis 40 ans.«Nous sommes venus ici aujourd’hui dans le souci de l’amitié et de la paix, nous sommes venus ici pour édifier un pont entre les peuples, nous sommes venus ici pour échanger des idées de bonne volonté», a dit le gouverneur qui est accompagné d’une importante délégation et de nombreux journalistes, une centaine de persomies au total.M.Ryan a qualifié sa visite de cinq jours à Cuba de «signe de cette bonne volonté».Sa délégation est chargée de distribuer des médicaments et des fournitures .scolaires dans File.«Ce geste peut montrer que les gens de l'État de l’Illinois se préoccupent du sort des personnes dans votre pays», a déclaré le gouverneur au maire de La Havane, Conrado Martinez Corona, venu l'accueillir à l’aéroport de la capitale cubaine.Une rencontre avec le président Fidel Castro n’est pas exclue mais non plus prévue officiellement pour l’instant.Wahid vante le fédéralisme Jimbaran(AFF) — Le nouveau président indonésien Abdur-ralunan Wahid a affinité hier qu’il voudrait mettre en place un système fédéral afin de rendre plus facile à,gouverner ce pays aux régions très disparates.Le chef de l'État indonésien préconise un système politique qui donnerait tuie autonomie plus large aux différentes provinces de ce grand ar-cliipel dans lequel le pouvoir central n'a cessé de lutter ces derniers mois contre les revendications séparatistes.«Aujourd'hui nous voudrions mettre en place un système politique fédéral», a dit M.Wahid au cours d’im séminaire privé à caractère politique et économique.Il a affirmé qu’un projet bâclé de république fédérale préparé par l’administration coloniale des Pays-Bas à la fin des années quarante a eu pour résultat de susciter dans tout le pays la «haine du système fédéral».«J’espère que sur le long terne, nous serons en mesure d’accepter ce système», a-t-il dit.La constitution indo-nésienne prévoit que le pays est une république unitaire.Russes, retournez citez vous! HAZ1KKHKA REUTERS /2ï NUK l Dt/AH -N- UN DEMI-MILLIER de jeunes Kosovars albanophones ont manifesté hier contre l'arrivée imminente de troupes russes dans leur localité.Les Russes, alliés traditionnels des Serbes, seront en poste à Orahovac, à une cinquantaine de kilomètres de Pristina, la capitale du Kosovo où est arrivé le nouveau secrétaire général de l’OTAN, le Britannique George Robertson.Il s’est élevé contre les violences dont est victime la minorité serbe, en avertissant que l'Alliance atlantique ne tolérera pas «la création d'un Kosovo mono-ethnique».Il a abordé avec les responsables de la KFOR et des Nations unies, ainsi qu'avec les leaders religieux du Kosovo, les différents problèmes auxquels doit faire face la province, et en particulier l'arrivée prochaine de l’hiver.Quelque 120 000 maisons ont été détruites dans le pays.Dans ces conditions, l'hiver risque d'étre plus froid que d'habitude.Élections présidentielles en Argentine De la Rua, haut la main Son écrasante victoire met fin aux dix ans de péronisme de Carlos Menem L’opposant argentin Fernando de la Rua, candidat de l’Alliance de centre-gauche, a remporté une victoire écrasante à l’élection présidentielle d’hier en obtenant 51 % des suffrages, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes à l’issue du scrutin.de gouverneur de la province de Buenos Aires, la plus importante du pays.Les péronistes toutefois ne reconnaissaient pas sa victoire une heure après la cloture du scrutin.La victoire de M.De la Rua ne constitue pas une surprise tant elle avait été anticipée par tous les instituts de sondages.Les marchés s’étaient mis au diapason lors de la dernière semaine, la Bourse saluant par une hausse de plus de sept pour cent le probable triomphe de l'opposition.Au cours de sa campagne, Fernando De la Rua n’avait pourtant rien promis d'exaltant : tut ajustement structurel, une réduction de quatre milliards de dollars du déficit pour l’an prochain, le respect des engagements avec le Fonds monétaire international que M.Duhalde avait imprudemment remis en cause au mois de juillet.Le D'APRÈS AFP ET REUTERS Buenos Aires — L’Argentine a fait hier le choix de l’austérité en portant à la présidence de la République le chef de l’opposition Fernando De la Rua.Une large majorité de votants, selon toutes les estimations d’après scrutin, l'ont préféré à Eduardo Duhalde, le candidat péroniste, dont le Parti justicialiste (PJ) perd le pouvoir après plus de dix années d'hégémonie sous la présidence de Carlos Menem.La large victoire, par une quinzaine de points d’avance, du maire de Buenos Aires a été accompagnée, selon les mêmes estimations, par celle, bien moins nette, de Graciela Fernandez Meijide dans la course pour le poste nouveau président qui rentrera en fonction le 10 décembre prochain a ainsi gagné la confiance des industriels au moment où la chute de l’économie, constatée depuis janvier suite à la décision du Brésil de laisser flotter le real, amorçait une légère décrue.Pour l’emporter dès le premier tour, il fallait soit franchir le seuil des 45 %, soit réunir 40 % des vont en devançant d’au moins dix points son plus proche adversaire.Menem a jugulé l'inflation et modernisé l’économie argentine, mais au piix d’inégalités sociales croissantes et d'un taux de chômage qui atteint 14,5 %.De la Rua s’est engagé à pré server l'essentiel de la politique économique appliquée par Menem, mais aussi d'agir ferine ment contre la corruption dans la deuxième puissance économique d’Amérique du Sud.Domingo Cavallo, ancien ministre de l’Économie de Menem qui était le candidat du parti de l'Action pour la République (conservateur), arrivait en troisième position en se voyant créditer de 11 % des voix environ.ANGLETERRE Incidents inquiétants dans une usine nucléaire Londres (AFP) — Plus d’une centaine d’infractions à la sécurité ont été enregistrées au cours des douze derniers mois dans une usine britannique produisant des têtes nucléaires pour les missiles, selon un document interne confidentiel dont le journal dominical The Observer s’eçt procuré une copie.A huit reprises, des incidents ont abouti à la contamination de l'environnement aux abords de l’usine d'Aldermaston, située à environ 80 kilomètres à l'ouest de Londres, ajoute l’hebdomadaire.Le document confidentiel cité par The Observer fait également état de huit infractions aux règles de «critici-té», destinées à éviter qu’une quantité trop importante d’uranium ou de plutonium n’entraîne une réaction nucléaire incontrôlée.C’est précisément un accident de «criticité» qui est survenu le 30 septembre dans la centrale nucléaire japonaise de Tokaimura, considéré par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) comme le plus important depuis celui de Tchernobyl en 1986.49 personnes ont été irradiées, dont trois employés gravement atteints, et 320 000 personnes des environs ont dû rester confinées durant plus de 24 heures.L'usine d’Aldermaston, gérée par le secteur privé, «a si souvent enfreint la réglementation en matière de sécurité que les experts nucléaires estiment que seule la chance a pu permettre d’éviter un accident plus grave» que celui de Tokaimura, s’alarme le journal.Et de citer une liste d’incidents inquiétants.En avril, on découvre qu'un élément du système destiné à protéger l’usine de la foudre, qui pourrait déclencher une explosion nucléaire, est inopérant : «les fusibles ont été retirés».En mars, une inspection révèle que tous les systèmes de lances à incendie, primordiaux en cas d'urgence, sont «impropres au service».En janvier, on s’aperçoit que les matériaux d’isolation du toit de l'usine comportent des éléments hautement inflammables : «De la paille et du papier compressé».Toujours selon le document, en septembre, un électricien est découvert en train de travailler avec du matériel non sécurisé «à proximité d'explosifs».Une traînée de poudre menait à un grand conteneur rempli d '«explosifs dont aucune des personnes présentes n'avait connaissance».Et à huit reprises, l’installation nucléaire a mal étiqueté ou emballé des substances extrêmement dangereuses.«Certaines de ces infractions sont totalement stupéfiantes, et suscitent de très sérieuses inquiétudes», déclare un expert indépendant interrogé par X Observer.«Outre les très dangereuses infractions aux règles de criticité, il y a des signes très alarmants selon lesquels le site ne peut parer aux cas d'urgence», ajoute-t-il.Les avocats de Papon au front Paris (AFP) — Les avocats de Maurice Papon, incarcéré depuis vendredi à la maison d’arrêt de Fresnes (région parisienne) , où il purge désormais une peine de dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité, poursuivent leur bataille de procédure.Pour tenter de soustraire à la prison l’ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde, 89 ans, qui avait fui en Suisse d’où il a été rapatrié, ils entendent agir auprès de la corn de cassation, la plus haute instance judiciaire française, et la Cour européenne des droits de l'Homme, tout en envisageant de faire une demande de grâce au président français Jacques Chirac.D’abord, la défense de Maurice Papon a déposé le 18 octobre deux recours devant la cour de cassation, a indiqué dimanche à l’AFP M' Jean-Marc Varaut.Le premier contre l’arrêt de la Cour d’assises de Bordeaux, du 4 octobre, qui s’est déclarée incompétente pour dispenser Maurice Papou de se constituer prisonnier à la veille de son pourvoi; le second, contre l’arrêt de la chambre d’accusation de Bordeaux, du 11 octobre, qui s’est déclarée compétente et a rejeté la demande de dispense.Les Verts tirent sur le Leopard Berlin (Reuters) — Les Verts allemands ont déclaré hier que la décision du gouvernement de vendre à la Turquie lui exemplaire imique du char Leopard II pourrait mettre en péril la coalition au pouvoir.Nombre de dirigeants des Verts, partenaires de gouvernement du Parti social-démocrate (SPD), s’opposent au projet du chancelier Gerhard Schroder de fournil- un char Leopard II à la Turquie en vue d'une commande plus importante à terme, craignant que ce blindé ne soit utilisé contre la communauté kurde.«Nous allons devoir nous demander si cette coalition a un avenir, si elle tient quand l'un des partenaires est toujours perdant», a dit Claudia Roth, présidente Vert de la commission parlementaire des droits de l'homme, au journalWelt a m Sonn-tag.«La situation des droits de l’homme en Turquie, particulièrement le conflit dans le Sud-Est [à majorité kurde], nous oblige à nous assurer que nous ne livrons rien qui puisse être utilisé dans un conflit intérieur», a déclaré Joshka Fischer, ministre Vert des Affaires étrangères.Le conseil national de sécurité a donné son feu vert à la livraison du blindé.Pour les Verts, cette décision va à 1 encontre de la charte de gouvernement signé il y a un an lors de la formation de la coalition.Tout semble réussir au «dauphin» de Boris Eltsine Poutine, la star russe VÉRONIQUE SOU LÉ CORRESPONDANTE DE LIBERATION A MOSCOU Avec son ton cassant, sa rhétorique agressive et son regard glacé, Vladimir Poutine explose littéralement dans les sondages.Une ascension vertigineuse qui pourrait toutefois se révéler éphémère si le premier ministre échoue dans sa tentative ' musclée de «liquider les bandits tchétchènes».Nommé en août, Poutine est alors mi quasi inconnu.Le dauphin officiel de Boris Eltsine ne dépasse pas les 2 % de popularité et son avenir politique fait sourire.Moins de trois mois plus tard, il recueille 65 % de taux de satisfaction.Pour la première fois, même l'ex-premier ministre Evgueni Primakov, qui caracolait en tête des intentions de vote pour la prochaine présidentielle, se voit détrôné.A la base de cette soudaine popularité: la fermeté du premier ministre devant le «problème tchétchène».Les Russes sont traumatisés par la récente vague d’attentats qui a fait 293 morts.La majorité redoute de nouvelles explosions et croit en la version officielle: ces attentats sont le fait des terroristes tchétchènes.Poutine a su à merveille utiliser cette situation pour se forger une image d'homme d’État et même de présidentiable.A peine les derniers cadavres retrouvés dans les décombres des inuneubles, il désigne les coupables: les Tchétchènes et le terrorisme international.Quelques jours plus tard, il envoie les forces armées «anéantir les bandits>• dans la petite république indépendantiste.L’opinion a été préparée.Poutine, qui a fait toute sa carrière au KGB puis au ESB (son successeur), est un expert en la matière.Toutes les chaînes de télé ont reçu — et diffusé — des cassettes vidéos éprouvantes montrant l’éventail des tortures infligées par les Tchétchènes à leurs otages.Paroxysme de la cruauté: une décapitation à la hache, sur un tronc d'arbre.Dès le début des bombardements sur la Tchétchénie en septembre, la cote de popularité du premier ministre entame son inexorable ascension.Plusieurs médias, hostiles au Kremlin, relancent alors leur campagne: le Kremlin aurait fomenté les derniers événements — les incursions islamistes au Daguestan puis la vague d'attentats.Le but: déstabiliser la situation afin de reprendre l'initiative et de promouvoir le dauphin présidentiel, voire décréter l’état d'urgence et annuler des élections qui s'annoncent catastrophiques.Mais c’est sans effet sur l'opinion.«Les Russes sont fatigués d’avoir des gouvernements faibles et impuissants», commente Iouri Levada, le directeur de l’institut de sondages Vt-siom; «cette fais, ils ont l’impression d'avoir un pouvoir fart qui mène une politique sans compromis».Dans les sondages, les trois qualités de Poutine sont: sa détermination, sa politique en Tchétchénie et son aptitude à remettre de l’ordre.Pourtant la clarté n’est pas la vertu première de ce premier ministre aux allures de «spetznaz» (les forces spéciales).Là encore on reconnaît le KGBiste avec son goût du secret.Poutine parle beaucoup, et presque toujours sur le ton de la menace.Il promet même «d'aller buter les terroristes jusque dans les chiottes».Mais ses intentions réelles restent insondables.Un jour, il affirme ne pas vouloir lancer «d'actions d'envergure» en Tchétchénie.Un autre jour, il promet que les militaires «iront où ils voudront quand ils voudront».Tout semble lui réussir.La classe politique, préoccupée par les législatives de décembre, entend caresser l'électorat dans le sens du poil.Elle loue donc la fermeté du premier ministre et approuve «I 'opération anti-terroriste».Quelques-uns mettent des bémols, dénonçant les risques d'une guerre ouverte.Mais aucun parti ne propose vraiment de solution de rechange.Les limites d’une telle popularité sont évidentes: le premier ministre doit absolument réussir en Tchétchénie.Il n’a guère d’espoir de marquer des points sur d'autres terrains, en particulier économique.Mais la victoire passe-t-elle par une reconquête totale de la Tchétchénie qui implique une nouvelle guerre très meurtrière ?L'opinion risquerait de se retourner.Ou alors les militaires vont-ils piétiner tout l'hiver aux abords de Grozny ?Le soutien de l'opinion pourrait s’émousser.De plus il lui faut tenir jusqu’à juin 2000, date de la présidentielle.D'ici là, une Douma encore plus hostile au camp présidentiel risque d’émerger des législatives.Parmi d’autres scénarios, le Kremlin étudierait en vue de la présidentielle une alliance Primakov-Poutine qui permettrait d'isoler le maire de Moscou Iouri Loujkov, la bête noire du Kremlin.Le premier ministre a enfin un ultime impératif: ne pas en faire trop.Trop populaire, il risque d’irriter le vieux président malade qui se débarrasse des premiers ministres qui lui font de l'ombre.Durable ou non, la singulière percée de Poutine pourrait en tout cas être la dernière cartouche du Kremlin.En visite en France Jiang Zemin reçu royalement Paris {AFP) — Le président chi-nois, Jiang Zentin, a entamé hier soir sa visite d’État en France après avoir été pendant deux jours l’hôte privé du président Jacques Chirac, et a eu droit à Paris à des égards exceptionnels.Une centaine de manifestants pro-ti-bétains ont été interpellés dans les quartiers des Champs-Elysées et des Invalides, au moment où ils tentaient de rejoindre les Invalides, où se déroulait la somptueuse cérémonie d'accueil du président chinois.Une cérémonie d’accueil sans précédent a été réservée au dirigeant chinois dans le cadre somptueux de la cour d’honneur de l'Hôtel national des Invalides.A l'issue de çette cérémonie, les deux chefs d’État, suivis de leurs épouses dans une deuxième voiture, se sont rendus à l'Hôtel Marigny, résidence des hôtes de marque, escortés au son des trompettes de cavalerie par 180: gardes républicains à cheval.Le prési-; dent chinois et son épouse, accompa-; gnés du couple présidentiel français,; étaient arrivés par avion à Paris au moment où se déroulait place de la Bastille im rassemblement de protestation! contre cette visite.C’est après la dis-: persion de cette manifestation pad-; fique qu’une centaine de manifestants pro-tibétains ont été interpellés.En prélude à cette visite d’État, Jiang Zemin et son épouse Wang Yeping avaient été depuis samedi les hôtes privés de Jacques Chirac et son épouse Bernadette au château de Bity, leur résidence en Corrèze (centre de la France).À la base de sa popularité, sa fermeté devant le «problème tchétchène» A 6 LE DEVOIR.LE LUNDI ï 5 OCTOBRE 1999 ÉDITORIAL Quel est le projet des souverainistes?le Devoir fondé PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS L M i c h e I Venue ?e vice-preinier ministre du Québec, Bernard Landry, a déclaré la semaine dernière que l’indépendance pure et dure est rétrograde.D souhaite pour le Québec im statut semblable à celui des pays d’Europe: souverains mais associés.Fort bien.Mais ce discours séduisant devra un jour se traduire dans une question référendaire.Le défi sera de formuler une question claire, démocratiquement irréprochable.Ce n’était pas la première fois que M.Landry évoquait comme scénario idéal le modèle européen pour illustrer l’avenir des relations entre le Québec et le Canada.Le premier ministre Lucien Bouchard lui aussi, autant lorsqu’il était chef du Bloc québécois que lors de la dernière campagne électorale, voyait un modèle dans l’Union européenne.C’est d’ailleurs en discutant des vertus du modèle européen que Lucien Bouchard avait forcé Jacques Parizeau à inclure dans la question référendaire de 1995 une offre de partenariat avec le reste du Canada.La souveraineté-partenariat avait pour avantage de présenter le projet sous un visage moderne, assorti à l’esprit du temps qui est à l’interdè pendance entre les pays souverains.Mais ce concept avait surtout pour avantage de laisser croire à des Québécois plutôt sceptiques envers la souveraineté, que le Québec pourrait devenir un pays indépendant tout en évitant la rupture avec le reste du Canada.D’aucuns ont cru qu’en votant OUI, le Québec continuerait à être une province canadienne.M.Landry a toutefois soutenu mardi dernier que le concept de partenariat n’était pas pour lui une astuce, une excuse ou un moyen de gagner le référendum mais plutôt une conviction profonde.Il n'a certainement pas tort de dire que les pays isolés n’existent plus.Tous sont plus ou moins liés à d'autres, à l’échelle planétaire ou régionale, que ce soit dans le domaine du commerce, par des traités, ou par des conventions.Mais on comprend bien l’esprit dans lequel M.Landry expose ce qu’il voit comme un idéal.Une fois souverain, le Québec resterait lié au reste du Canada de diverses manières.D’ailleurs, certains Canadiens anglais lui donneraient raison.Par exemple, le président du Forum des fédérations et membre du Conseil pour l’unité canadienne, l’ancien premier ministre ontarien Bob Rae, constate dans son plus récent ouvrage que des relations institutionnelles entre le Québec et le Canada seraient maintenues ou rétablies après la souveraineté.Dans Prospérité et Bien commun, M.Rae écrit: «Quel que soit le résultat du prochain référendum au Québec, si tel est le cas, certaines réalités communes s’imposent d’emblée.[.] L’existence d’une monnaie commune et de valeurs partagées exigera coordination et réciprocité, comme le démontre abondamment l’expérience européenne.D y faudra dès lors, en retour, des institutions politiques communes, parlements et tribunaux.» L’avis de la Cour suprême sur la sécession unilatérale du Québec indique de même que si une majorité claire vote OUI à la sécession au Québec, le Canada sera forcé de négocier et, dans le cadre de ces négociations, de tenir compte des intérêts économiques régionaux, des intérêts des provinces, des minorités et des autochtones.Bien des souverainistes croient maintenant que l'offre de partenariat n’a plus sa raison d’ètre dans la question référendaire puisque, à cause de l’obligation de négocier fixée par la Cour suprême, les liens économiques et politiques entre le Québec et le Canada seront inévitablement abordés.Les sondages continuent cependant d'indiquer qu’en incluant le partenariat, l’appui à la souveraineté est plus élevé.Les penseurs du Bloc québécois suggèrent pour leur part de ne pas déterminer à l’avance les formes du partenariat qui pourrait, selon eux, être limité à un accord commercial aussi bien qu’étendu à un modèle de type confédéral.D’autres vont plus loin.Comme ces militants péquistes de la région de Québec qui proposent, dans un document de réflexion, d’enlever du discours souverainiste la référence au partenariat mais pour des motifs stratégiques différents.Les auteurs de ce document pensent en effet que la souveraineté gagnerait des adeptes si on situait ce projet dans la perspective du Québec en relation avec le reste du monde plutôt qu’en relation avec le Canada.Bref, le mouvement souverainiste est traversé par plusieurs options quant à la place que doit occuper le partenariat dans le projet qui serait soumis à un référendum.Il appartient aux péquistes de définir leur projet.Et c’est au gouvernement de déterminer sur quoi, précisément, il veut consulter les Québécois.Mais une chose doit être dite et répétée constamment d’ici là.La question posée doit être claire.Et elle ne peut porter simultanément sur deux sujets.A moins que deux questions soient posées distinctement.Ou bien on fait voter les électeurs sur la souveraineté, ce qui permet avec un vote positif d’enclencher un processus menant à la proclamation d’un Etat souverain.Cela n’empèche pas le camp du OUI de chercher à convaincre les électeurs qu’une fois indépendant, le Québec conclurait avec le Canada un accord de partenariat.Ou bien on fait voter les électeurs sur une formule qui inclut une offre de partenariat.Et alors les citoyens doivent avoir l’assurance que si le Canada rejette cette offre, le Québec ne deviendrait pas soudainement un pays souverain à moins qu’ils n’aient été de nouveau conviés à se prononcer sur la question.nivenne@ledevoir.ca Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidentf finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDREE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBE U (fühl DÉS BuLLCTiwJ ./t mi £T ÇA, 'Jouî DiRtl au'ON Aff FAlT JAmAi$ Ri£ a/ pou R us ms MRS (ft iiwn Onex: l’autre côté de la médaille En lisant les journaux, on se demande si les gens ont pris connaissance de la proposition d’Onex, disponible sur le site www.airco.ca.Si on s'attarde à lire les différents communiqués, sur le site web d’Airco, on se rend compte qu'ils répondent très bien à toutes les questions soulevées régulièrement dans les journaux.Par exemple: les prix, les consommateurs, les petites communautés, les employés et le control effectif (les cinq critères du ministre Colenette).Selon l’association des gens de l'air du Québec, le français disparaîtrait.N’oubliez pas que c’est une loi du CAR (Canadian Aviation Régulations), que d’avoir, à bord de tous les avions canadiens pour la sécurité des passagers, les deux langues officielles; l’anglais et le français.Chez Air Canada on spécule sur de nombreuses mises à pieds, Onex parle plutôt d'attri-tion naturelle et de roulement.Il ne faut pas oublier que l’essor de l’aviation commerciale a débuté il y a quelques décennies et que beaucoup de gens de l’aviation, dont les pilotes, sont sur le point de prendre leur retraite.M.Bélanger, de l’association des pilotes d’AC, réclame (!) que le gouvernement désigne AC comme transporteur officiel, sous prétexte qu'American Airlines prendra le contrôle des routes internationales.Ce n’est pas ce qu'on lit dans la proposition d’Onex.De plus, quelle est la différence entre United Airlines/Star Alliance et .American Airlines/Oneworld?Ne veulent-ils pas toutes les deux la même chose, un partenaire, parce qu’en affaires être en bonne compagnie a ses avantages?M.Bélanger suggère également que Canadien ne desserve plus que le marché intérieur.C’est vouloir la fin de Canadien et de ses 17 000 employés.Qui, au Québec, désirerait voyager avec Canadien en passant par Toronto et devoir changer de terminal pour continuer sur une route internationale?Aussi bien dire que Canadien perdrait ses assises au Québec et, du même coup, les LETTRES ->- employés québécois qui y travaillent.Ce serait le début de la fin.Le plan d’Onex a ses mérites, laissez donc les actionnaires l’évaluer! Nicole Tardif Saint-Léonard Un stade pour la culture et l’éducation Comme plusieurs, pour qui l’éducation des jeunes est d’importance capitale, je m’aperçois qu’un consensus prend lentement mais sûrement forme dans presque tous les pays du monde : la conviction que la qualité du système d’éducation sera un facteur très déterminant, sinon le plus déterminant, du succès des nations sur la scène mondiale au cours du prochain siècle.et après.Et dans plusieurs ce ces pays on a, afin de dynamiser l’éducation, construit de grandes bibliothèques.Une perception dominante existe et c’est que l’école est l'institution toute désignée pour l’alphabétisation de l’enfant.Cette perception n’est pas juste.«L’alphabétisation ne commence pas à l’école.Il est temps que l’on reconnaisse que la bibliothèque publique est l'endroit idéal pour l'éveil au plaisir du livre et de la lecture,» écrit Sylvain Lavoie, directeur de la bibliothèque de Rivière-du-Loup.Certains l’on compris.Seulement depuis la fin de 1985, il s’est construit quatorze grandes bibliothèques: aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède et en Finlande.Le but ici n’est pas de toutes les passer en revue mais de souligner le cas de la bibliothèque de la ville de Malmo en face de Copenhague, construite en 1997.La bibliothèque de Malmo enregistre 5000 entrées quotidiennes pour une population de 245 000 habitants.C’est comme si la nouvelle Bibliothèque du Québec accueillait 20 000 personnes par jour, pour une population de Montréal d’environ 1 million.Un nouveau stade rempli.à chaque jour ! On veut construire un stade de 250 millions qu’on essaiera de remplir quelques jours par mois comparativement à 80 millions pour une Grande Bi- bliothèque qui pourra accueillir, chaque jour, des milliers d’hommes et de femmes dans une quête de la connaissance.En vue d'un siècle oii la connaissance devient la clé du succès sur le plan individuel et collectif.Investir dans une Grande Bibliothèque au lieu d’un nouveau stade, ou le contraire, laquelle des deux villes pensez-vous, Malmo ou Montréal, a le plus bel avenir ?Pierre-Paul Roy Laval Hommage à M.Millette Depuis le décès de Jean-Louis Millette, je me rends compte que son départ m’attriste énormément.Je dois retenir mes larmes à chaque article de journal ou chaque émission de radio et télé où on lui fait hommage.Hommage qui ne sera jamais à la hauteur de son talent.Malgré le fait que je n’ai pas connu la personne et que je n’ai connu qu’une petite partie de l'acteur, il me semble que M.Millette représente pour moi autant d’importance qu’un ami intime.En effet, l’acteur a su m'émouvoir, me faire rire, me faire pleurer, me toucher profondément comme peu d’autres.Le propre de l’artiste est de toucher les autres afin de leur faire vivre des émotions qu'aucun jeu vidéo ou quelconque gadget électronique ne réussira à faire.Jean-Louis Millette était un vrai artiste.Il m’a fait vibrer.Je vibre encore par ce qu’il nous lègue.Je vibrerai encore longtemps grâce à lui.Merci aux artistes qui, comme lui, demeurent intègres à leur art et savent nous faire vivre les vraies choses de la vraie vie.Plutôt que de mettre l’accent sur l’éducation technique et scientifique des jeunes, pourquoi ne faisons-nous pas un peu plus de place aux arts en éducation?Parfois, j’ai le sentiment que l'homme fait son évolution complètement «à côté de la track»\ Qu’en pensez-vous?Mario Bérubé Stagiaire-architecte Montréal L I B R E 0 P I N I 0 N Le fédéralisme canadien n’assimile pas le français, il en tient compte MAXIME TROTHKK Membre de l’exécutif du Groupe des Cent.Fondé en 1995, le Groupe des Cent est formé de jeunes entrepreneurs, professionnels et universitaires fédéralistes.Aurons-nous jamais la paix linguistique?Nouveau rebondissement de notre psychodrame national, le dernier jugement de la Cour du Québec, qui invalide les articles de la Charte de la langue française touchant l’affichage, et les réactions émotives qu’il a suscitées rappellent la permanence de la question linguistique et montre a quel point est nécessaire un portrait lucide non seulement de l’évolution sociolinguistique, mais surtout du rôle et de la portée de l’action publique.C’est ce dernier point qu’a soulevé la ministre Louise Beaudoin quand elle a déclaré au dernier Conseil national du Parti Québécois que «le fédéral est une machine à assimiler les francophones».Disons-le tout de go: cette déclaration n'est pas lucide.Mme Beaudoin fait fi du succès des francophones au Québec depuis au moins trente ans.De plus, là où le déclin linguistique se produit — à l’extérieur du Québec et de l'Acadie — elle en attribue l'entièreté au seul régime politique.Cependant, dans de nombreux cas, l’assimilation linguistique est un phénomène social qui se serait produit peu importe le statut politique.L’important est de voir si les institutions politiques se sont opposées à l’épanouissement linguistique des francophones ou ont facilité leur désir de vivre en français.Une cofédération conciliante Or la fédération canadienne est justement un des premiers pays, d’aucuns disent le premier, qui aient été conçus dans le but exprimé de ne pas assimiler leurs minorités.Autant que possible, nos institutions politiques ont été établies de manière à tenir compte du fait français.En établissant un gouvernement provincial au Québec, où les francophones sont majoritaires, le régime fédéral leur a permis de contrôler les institutions publiques les plus proches d’eux.Dans la mesure où le contrôle des affaires publiques permet l’épanouissement linguistique, il est déjà exercé par les francophones.Enfin, l'assistance du gouvernement fédéral aux minorités francophones de l'extérieur du Québec et le bilinguisme officiel des institutions fédérales fournissent un appui, certes insuffisant par rapport à la force d’attraction de l’anglais mais réel, pour aider des francophones à vivre en français.Notre régime fédéral a respecté le fait français jusqu’à permettre l’application de lois linguistiques au Québec qui ne cadraient pas avec les traditions libérales anglo-saxonnes de la majorité.D’ailleurs, le jugement récent de la Cour du Québec montre à quel point la question de la langue ne souffre pas de notre appartenance à la fédération canadienne mais quelle dépend de la manière dont nous résolvons le conflit entre droits individuels et contraintes sociolinguistiques.L’ironie du sort veut que ce soit une juge du Québec, nommée par le Parti québécois, qui ait invalidé la loi 101; nulle ingérence du «fédéral» dans ce cas-ci.De plus, c’est un jugement de la Cour suprême, l'arrêt Ford de 1988, que la mi- I)ans une société ouverte, la permanence de traits linguistiques et culturels ne peut jamais être tenue nistre Linda Goupil utilise pour défendre la loi sur la langue car la Cour suprême interprète nos chartes des droits et libertés en fonction de la spécificité linguistique québécoise.Mais le point le plus important, c’est que, lorsque nos lois linguistiques sont invalidées, elles le sont non seulement en fonction de la Charte canadienne des droits et libertés mais aussi en fonction de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.Le problème de la langue continuerait à hanter un Québec indépendant soucieux des droits et libertés.pour acquise de manière définitive Tolérance Bien sûr, le portrait n’est pas uniformément reluisant et l’histoire canadienne recèle sa part de discrimination linguistique.Mais des accidents de parcours ne devraient pas oblitérer le but largement atteint de notre fédération: assurer aux populations locales un contrôle suffisant sur les institutions qui les gouvernent pour vivre à leur manière.Ce but est incrusté dans la structure même du fédéralisme canadien, ce qui n’est pas le cas du projet sécessionniste.La tolérance des minorités n’est pas inscrite dans la structure politique du Québec unitaire; elle y est rajoutée, un ingrédient dont la présence n’est pas garantie, comme l’illustre la dénonciation fameuse de M.Parizeau, le soir du référendum, ciblant «l’argent et les votes ethniques».Une manière de s’évaluer est de se comparer.Prenons comme exemple la France, qui inspire de nombreux ténors sécessionnistes.Lors de la Révolution française, la moitié de la population ne parlait pas français et seulement 12 à 13% le parlait correctement.L’ouverture des économies régionales et le développement des communications ont répandu une lingua franca nationale, la langue parlée dans la région de la capitale.Mais, au lieu de permettre aux diverses langues locales de survivre et de donner aux populations régionales une mesure d’autonomie politique, le gouvernement français a centralisé le pouvoir, notamment en imposant l’école française à tous.11 n'y a eu ni gouvernement régional autonome, ni arrangement public pour permettre à un Breton d’étudier à l’école en breton.Dans ce cas-là, même si des facteurs socioéconomiques ont causé une partie de l’homogénéisation linguistique, l’organisation politique en est également responsable.On peut donc plus facilement affirmer que le régime unitaire français a été une «machine à assimiler» les non-francophones.Si le Canada avait agi envers sa minorité canadienne-française de la même manière que la France envers sa majorité non francophone, nous ne parlerions pas français ici aujourd'hui.Dans une société ouverte, la permanence de traits linguistiques et culturels ne peut jamais être tenue pour acquise de manière définitive.Cependant, à la différence des régimes unitaires, le régime fédéral offre aux minorités suffisamment d'autonomie publique pour les encourager à se perpétuer.Comme le Québec dispose déjà des pouvoirs linguistiques nécessaires, son indépendance politique ne garantit pas plus l’épanouissement linguistique des francophones que le fédéralisme canadien actuel.Par contre, par l’isolement des francophones de l’extérieur du Québec et les coûts quelle engendrera inévitablement au Québec, la sécession risque, elle, d’affaiblir le français.1 L £ I) E V 0 1 R , L E L II X l> I 2 0 (' T K K E 19 9 9 Les étudiants changent mais les IDEES facteurs de réussite demeurent Quand l’engagement fait toute la différence ! Les parcours scolaires traditionnels restent les plus sûrs Obseruatoire Jeunes et Société DANIELLE PAGEAU Recherche institutionnelle Université du Québec u début des années 1990, des questionnements quant au profil des populations étudiantes jaillissaient de différents milieux de renseignement supérieur.On se doutait que les populations étudiantes des universités avaient bien changé.On apprenait que le jeune de 18 ans qui s’inscrivait dans un programme de baccalauréat directement à sa sortie du collège et qui obtenait son diplôme à l’intérieur de la durée prescrite de trois ans, ne représentait plus du tout l’étudiant type.Le visage n’était plus le même et les parcours empruntés non plus.Ce changement de visage est le résultat des objectifs du Rapport Parent et de l’évolution de la société.Les recommandations quant à une plus large accessibilité et la valorisation de la scolarisation ont entraîné l’arrivée massive de nouveaux acteurs: la présence de plus en plus importante d'étudiants de milieux socio-économiques moins favorisés et de femmes notamment.Puis l’immigration et le développement de la formation continue ont contribué eux aussi à la diversification de la population étudiante.Tous ces gens de sexe, d’âge, d'origine, de statut socio-économique différents se côtoient dorénavant à l’université amenant avec eux des valeurs, des besoins et des antécédents scolaires fort variés.De la rigidité à la souplesse et.au désengagement Il est de nos jours très facile de se construire un mode de vie à la carte: un peu d’études, un peu de travail, un peu de loisirs, un peu de famille, etc.On peut faire un peu de tout en même temps et il n’est apparemment plus nécessaire de faire des choix nécessitant l’investissement de toute sa personne.On peut par exemple «s’abonner» à l'orchestre symphonique ou au théâtre en choisissant un seul spectacle! Les études supérieures offrent désormais les mêmes possibilités.On peut s’inscrire dans un programme universitaire en suivant un cours par-ci, un cours parla, un trimestre par-ci, un trimestre par-là.L’université s’adapte tout comme l’orchestre symphonique et le théâtre pour rejoindre une clientèle façonnée par une so ciété de consommation à la carte.Autrefois, une certaine rigidité marquait le milieu scolaire.La reprise d’études après leur abandon n'était pas toujours chose facile.On devait suivre une voie linéaire sinon il fallait considérer qu’on avait manqué le bateau.L’accessibilité grandissante aux études et la diversification de la po- 1 * I ¦ I ARCHIVES LE DEVOIR *?'r* ~ >> ¦ r\ * mm/m \>;V7-i mm La réussite réside dans l’investissement dans un projet qui tient à cœur.pulation étudiante commandaient une plus grande souplesse.Il fallait désonnais pouvoir combiner travail, famille et études.Alors le temps partiel, les cours du soir, les programmes courts, la possibilité d’abandonner et de reprendre des cours, la liberté d’étaler les études sur un nombre indéfini de trimestres ont permis non seulement des parcours plus souples, mais également de « décentrer « le projet d’études, d’en faire une activité parmi d’autres.Car si le milieu scolaire est plus souple, il permet aussi un certain désengagement.Il y a certes, au collégial, de nouvelles mesures coercitives qui ont vu le jour, mais à l’université la souplesse est toujours de mise.Tous les chemins ne mènent pas au diplôme Certains étudiants arrivent aux portes des universités avec un projet d’études bien précis, tandis que d’autres ont en tète un projet flou et font des essais.Certains poursuivent leurs études à plein temps, d'autres à temps partiel, certains cheminent sans interruption, d'autres prennent un ou des trimestres de répit pour se consacrer à autre chose; certains étudient le jour, d’autres le soir.On sait déjà depuis plusieurs aimées que le fait d’entreprendre un programme d’études à plein temps est un meilleur gage d’accès au diplôme que le temps partiel.Les chiffres sont éloquents : au baccalauréat, le taux d’accès au diplôme est de respectivement 70 % et 30 %.Toutefois, les étudiants sont-ils tous dans des situations leur permettant de faire les choix menant au succès ?L’équipe de la recherche institutionnelle de l'Université du Québec mène depuis l’automne 1993 une enquête auprès de nouveaux étudiants du réseau de l’UQ.Cette enquête appelée ICOPE (Indicateurs de Conditions de Poursuite des Etudes) recueille des informations qui permettent de tracer le profil des populations étudiantes et qui, après avoir été jumelées avec les données relatives au cheminement des étudiants, permettent de dégager les conditions qui font que certains se rendent jusqu’au diplôme et d’autres pas.Or, l’analyse faite à partir des données du premier jumelage pour les programmes de baccalauréat, confirme que la réussite est plus grande chez les étudiants déterminés, convaincus de leurs capacités, qui optent pour un parcours «traditionnel » Ainsi, les étudiants qui ont une formation collégiale générale, qui n’ont jamais abandonné d’études, dont la dernière fréquentation scolaire remonte à moins de deux ans, qui ont l’intention d'obtenir le diplôme du programme et de l’établissement dans lesquels ils sont inscrits, qui ont très confiance en leur capacité à entreprendre un baccalauréat, qui veulent suivre leurs cours le jour, qui n’ont pas l’intention d’interrompre leurs études autrement que durant le trimestre .d’été, qui occupent un emploi moins de quinze (15) heures par semaine et qui, à leur premier trimestre, réussissent tous leurs cours, ces étudiants obtiennent un diplôme dans une proportion beaucoup plus grande que les autres.Chez les étudiants à plein temps, 16 % cumulent toutes ces caractéristiques « traditionnelles « et leur taux de diplômes atteint 92 % comparativement à 67 % pour les autres.Chez les étudiants à temps partiel, moins de 2 % cumulent toutes ces caractéristiques «traditionnelles» ce qui est trop peu pour en conclure quoi que ce soit.Cependant, leur taux de diplômés atteint.100 % comparativement à 32 % chez les autres.De plus, nos données démontrent que le fait de posséder toutes ces caractéristiques «traditionnelles » vient annuler les différences entre le taux d’accès au diplôme des hommes et des fenunes, différences qui autrement sont très grandes.Quand l’engagement fait toute la différence La démonstration de l’effet de certaines voies dites «traditionnelles» sur la réussite à l’université ne se veut pas une apologie du «bon vieux temps» ni un discours favorisant la disparition de certaines populations à l’université.Cette démonstration se veut plutôt un plaidoyer en faveur de l’engagement.Nos données très récentes démontrent à quel point la réussite réside dans l’investissement dans un projet qui tient à cœur.Malheureusement, l'engagement est une valeur qui fait de moins en moins partie de notre société de consommation.Et puis, pour s’engager, encore faut-il pouvoir se projeter dans un avenir prometteur.Le désengagement des jeunes face aux études ne nous parle-t-il pas aussi de la vision qu’ils ont de leur avenir ?L’Observatoire jeunes et Société de l'INRS-Culture et Société a comme objectif de produire, recueillir et diffiiser de la recherche sur les jeunes.Nous ouvrons nos pages à ses collaborateurs chaque lundi.AUSTRALIE Pourquoi le projet républicain risque d’échouer LOUIS MASS I COTTE Professeur au département de science politique de l’Université de Montréal Dernier de deux textes ur papier, les «conditions gagnantes» paraissaient réunies, comme pour l’Accord de Charlottetown au Canada, en 1992, dans les jours qui ont suivi sa conclusion! Les sondages indiquaient une préférence massive pour la république.Les monarchistes n’osaient même pas iéfendre a Couronne.L’Australie s'apprêtait à officialiser calmement la rupture d'un lien devenu difficilement conci-iable avec sa maturité contemporaine.Pourtant, à trois semaines du référendum de novembre, 1 semble y avoir de bonnes chances pour que le publie lise non.Pourquoi?S Quels républicains?1.Le projet républicain proposé aux électeurs n’est pas celui qui a leur préférence.A la convention de février 1998 se sont affrontés non seulement monarchistes et républicains, mais aussi, parmi ces derniers, «vrais républicains« et «républicains minimalistes».Les seconds ont réussi à imposer leur modèle, qui prévoit simplement le remplacement du gouverneur général par un président désigné par les parlementaires, disposant exactement des mêmes pouvoirs que le représentant de la souveraine actuellement.Ce modèle bouleverse au minimum la structure du pouvoir en place, et on comprend qu il ait la préférence de ceux des dirigeants actuels qui ont des convictions républicaines.Il satisfait ceux pour qui le symbolisme constitutionnel compte avant tout et fait de l’avènement de la république un simple exercice d'affirmation nationale plutôt qu’une démocratisation accrue d'un pays d’ailleurs jugé d’ores et déjà fort montrable à cet égard.Le hic, c’est que le public australien, selon les sondages, préfère massivement élire lui-même le président.Il n a cure des arguments, pourtant fort raisonnables, qui soulignent l'incongruité de recourir à une coûteuse élection au suffrage universel pour désigner un figurant, ou encore le risque qu’un président élu joue les matamores et excède ses prérogatives en invoquant la source de son mandat.Cette option risque de bousiller le système parlementaire existant?Bien fait, semblent répliquer les électeurs à une classe politique déconsidérée comme un peu partout ailleurs en Occident.À tort ou à raison, les Australiens réagissent connue la plupart des peuples à qui l’on a posé la question: préférez-vous élire le président vous-mêmes ou laisser ce privilège aux politiciens?La convention de 1998 a rejeté dans un premier temps le modèle de l'élection directe, et le projet républicain minimal a été entériné par un vote de 73 à 57, moyennant 22 abstentions, soit moins que la majorité absolue des délégués.Si certains «vrais républicains» ont pragmatiquement choisi de se rallier au vœu majoritaire, beaucoup s’apprêtent apparemment à voter non dans l’espoir qu’on leur proposera plus tard ce qu'ils veulent vraiment.Calcul peut-être illusoire, car une victoire du non conduira probablement les dirigeants actuels à reléguer le dossier aux oubliettes pour longtemps.On sait que chez nous, la victoire du NON à Charlottetown, acquise par la conjonction de forces foncièrement opposées l’une à l'autre (Jacques Parizeau, Pierre Trudeau et Preston Manning bras dessus, bras dessous, l’espace d’un référendum), a consacré, au moins pour un temps, le triomphe d’un statu quo constitutionnel pourtant jugé irrémédiablement condamné au début des années 90.Exploiter les divisions 2.Ces divisions parmi les républicains, le premier ministre Howard, un monarchiste, a habilement manœuvré en coulisse pour les exploiter.En convoquant une convention constituante, il a permis aux républicains d’étaler des divisions qui n’ont pas leur contrepartie dans le camp monarchiste.Surtout, il a veillé à ce que la question posée au référendum mentionne explicitement que le président sera élu par les parlementaires.Or il semble que le libellé de la question influence considérablement le résultat escompté.Selon un sondage publié le 9 août dernier, les répondants étaient 57 % à dire oui au remplacement de la reine et du gouverneur général «par un président australien» mais seulement 31 % à faire de même si la question mentionnait que ce président serait élu par les parlementaires.Iœs monarchistes ont compris tout le profit qu’ils pouvaient tirer de cette situation en accueillant à bras ouverts des républicains dans leur comité de campagne et en adoptant comme slogan: «No to this Republic».3.Autre obstacle, la formule d’amendement constitutionnel en vigueur.Celle-ci requiert que le projet de loi adopté par les chambres soit ratifié par référendum.Est alors exigée une double majorité, non seulement des Australiens dans leur ensemble, mais de la majorité du peuple dans la majorité des États, c’est-à-dire dans quatre États sur six.Cette exigence s’est révélée à l’expérience draconienne.Depuis 1901, seulement huit des 42 référendums constitutionnels ont donné un résultat positif.On a déjà vu une proposition approuvée par 62 % des Australiens échouer à défaut d’obtenir la majorité nécessaire au niveau des États.4.Enfin, les partis politiques ne sont pas unanimes.Le Parti libéral au pouvoir est divisé sur la question.Le premier ministre Howard votera non alors que les deux principaux aspirants à sa succession voteront en sens opposé l’un à l’autre.Le Parti national, partenaire junior des libéraux dans la coalition au pouvoir, appuiera le non.Parmi les partis qui comptent, seul le Parti travailliste, opposition officielle, recommandera en bloc de voter oui.Line victoire du nationalisme australien Le projet républicain, s’il triomphe, constituera une victoire du nationalisme australien plus qu'une avancée démocratique significative.La mise aux voix simultanée d’un projet de préambule explicitement dépourvu de tout effet juridique contraignant, qui définit lès valeurs communes de la nation et souligne la contribution des çommunautés autochtones, se situe dans la même lignée.A cet égard, le projet républicain soumis aux électeurs australiens se situe dans le droit fil des préoccupations identitaires qui, depuis le début de la décennie, pèsent si lourdement dans le débat politique de nombreux pays.Parmi les Australiens qui lui diront non, les uns le feront parce qu’à leurs yeux, comme le disent les monarchistes, il ne vaut pas la peine de changer un système qui fonctionne sans accroc majeur.Les autres répondront de même parce qu'ils croient qu’une réforme purement symbolique ne satisferait pas leur soif d’une démocratie plus intégrale.La victoire de cette alliance insolite indiquerait que pour la majorité des Australiens, la «politique de l’identité» ne revêt pas l’importance essentielle qu’elle a pour les professionnels de l’industrie constitutionnelle.Aux Canadiens de conviction républicaine, depuis quelques années majoritaires même à l’extérieur du Québec selon les sondages, la victoire du non rappellerait qu’une réforme constitutionnelle, en apparence simple et opportune, peut aisément s’embourber dans les exigences de procédure, le choc des visions, les querelles et manœuvres politiciennes ainsi que l’intransigeance des maximalistes de tous bords.Mais, au fait, serait-ce vraiment une révélation?A 7 Vous êtes pure laine, vous?Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux nous ramènent une expression détestable que l’on souhaiterait enterrée depuis longtemps.Il s'agit de ce «pure laine» que l’on brandit dès que surgit une opposition au canadianisme galopant qui a la cote actuellement.11 est à remarquer que rares sont ceux qui se réclament de l’emblème.En règle générale, on s’entendrait pour dire qu’il s’agit de ringards, esprits passéistes tournant volontiers le dos à la marche de l’histoire.Bill Clinton n’a-t-il pas rappelé, non sans quelques gênantes approximations, que Je Canada peut sur certains points servir d’exemple aux États-Unis?A la grande satisfaction des journaux canadiens qui souhaiteraient tellement que leur patriotisme de commande ne soit pas entaché d’une américanophilie dangereusement envahissante.En accueillant si ouvertement l’oncle Bill, en l’appelant même à la rescousse d’un état pas menacé, ne fait-on pas acte de témérité?L’avenir le dira très bientôt.L'hydre américaine est omniprésente.Au pays de la peine de mort et du salaire très minimum, on se fait de la liberté des peuples une inquiétante conception.Voilà pourtant un endroit du monde oii le «pure laine» a une véritable signification.On a peu de soucis de la provenance des fibres et des moutons, mais on tisse serré au Sud.On envahit le monde entier avec ses productions en tout genre, on écrase la concurrence ce à qui mieux mieux, on se blinde contre l’ennemi à l’aide de mesures protectionnistes rigides.Bref, on règne sur le monde, lequel trouve satisfaction très souvent à être à genoux.De quoi ont-ils peur?Au Québec, à peu près personne ne revendique maintenant cette très hypothétique pureté.Et c’est tant mieux.IViisque l'avenir est au mélange des populations et que de toute manière cette virginité n'est même pas souhaitable.Dans ses Contes du pays incertain, Jacques Ferron ne raconte-t-il pas cette histoire d’un cocher, «une de ces Anglaises, encore marquées par l'Europe, qui pour des raisons bizarres fuient leur race et ne se complaisent qu'au milieu des Canadiens français.Ceux
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