Le devoir, 26 octobre 1999, Cahier A
LE MONDE LE GENTLEMAN DU GOLF FAUCHÉ EN PLEINE GLOIRE PAGE B 8 CHANTAL HEBERT: LA LOI DE LA MAJORITE PAGE A 9 JEAN DION: LONGUE PATIENCE PAGE B 8 PAR LA ROUTE JUSQU’EN CISJORDANIE PAGE B 6 Serge T ruff a u I PERSPECTIVES Jeunesse invisible Cinq peut-être six tagueurs ont signé des graffiti ici et là dans le métro.Selon les observateurs du monde dit underground, il s’agirait d’une minorité, une très petite minorité, de jeunes en crise comme en mal de sensations fortes à laquelle succédera une autre minorité.De sorte que penser éradiquer ce qu’on qualifie d’épidémie relève, paraît-il, de l’illusion.Les jeunes qui se sont introduits dans le métro au cours des derniers jours afin de dessiner ce qui est davantage des tags que des graffiti, parce que composés presque exclusivement de lettres, sont motivés par le besoin de communication et par la volonté de vivre une situation quelque peu dangereuse.Selon Raymond Viger, travailleur de rue rattaché notamment au Café Graffiti, l'adolescent qui agit ainsi, l’adolescent qui fait partie de ce petit groupe, est le drop-out total.,Il est en rupture de ban.A force de fréquenter ce milieu, Raymond Viger a constaté que le schéma est presque toujours identique.Pendant six à douze mois de sa carrière, si on peut parler ainsi, le tagueur va vivre une crise se caractérisant par le besoin de dessiner dans des conditions de plus en plus dangereuses.«Pour eux, le thrill consiste à faire des graffiti situés toujours plus haut ou alors dans des lieux publics comme le métro dans le but évidemment de défier l’autorité.» On estime que le tagueur fait ce que l’on sait pendant sept ans environ.Et toujours, il vivra cette crise de six à douze mois.Crise à travers laquelle il va essayer de vivre, de consommer, des moments de gloire si éphémères soient-ils.«Ces jeunes, ces 1 à 2% de tagueurs vivent des souffrances profondes.Le problème, c’est qu 'ayant coupé les liens avec tout ce qui est institutionnel il est extrêmement dif-« « « ficile de les contacter.D’autant que lorsqu’ils sont en crise, les autres les boycottent.» Les tags dans le métro constituent une espèce de maquis d’expressions culturelles.Cela étant, les tags réalisés au cours des derniers jours dans un lieu éminemment public sont l’illustration comme la conséquence des compressions budgétaires tous azimuts.Ils sont des outils de provocation politique, a observé Diane Pacom, sociologue à l’Université d’Ottawa enseignant également à l’Université de New York.«Les tags sont des codes de communication propres à certains mouvements de la contre-culture.» L’histoire du graffiti moderne a,commencé il y a une trentaine d’années à New York.A l’origine, il était un moyen d'expression et de communication pour les jeunes noirs des ghettos.«Le métro, a indiqué Mme Pacom, était leur véhicule d’expression favori parce qu’il permettait de communiquer; leur désarroi cornue leur révolte à la majorité blanche.A chaque fois qu’il juut sortir du ghetto on prend ce métro que tout le monde prend: banlieusards, cols blancs, etc.Que ce soit à New York, Montréal, Paris ou ailleurs, les métros seront toujours des lieux privilégiés par ceux qui veulent exprimer un message.» Le fait qu’aujourd'hui il y ait davantage de graffiti dans le métro, comme dans les rues de Montréal, qu’il y a quinze ans, découle pour une bonne part des politiques d’austérité budgétaire imposées par les gouvernements qui se sont succédé depuis une quinzaine d’années.Telle est du moins l’opinion de Mme Pacom qui a constaté que les politiques en question avaient favorisé à bien des égards le nomadisme de certains jeunes et notamment des tagueurs.Les jeunes sont en fuite.«Ils fuient la répression.Ils sont à l’affût de petits jobs.Ils vient d’expédients.Ils se déplacent sans arrêt.C’est une stratégie de survie de jeunes qui sont en rupture de ban.Ils se faufilent constamment.» On les pousse toujours plus loin et, ce faisant, on transforme les villes, voire les centres des villes, en banlieues.«Je comprends qu’il y avait matière à modifier le profil de Times Square.Mais d’en faire un Disney World pour touristes.» Un peu partout en Amérique du Nord, on applique le modèle new-yorkais de tolérance zéro.A la moindre incartade, le jeune est «judiciarisé» ou repoussé hors des limites de la ville.Si l’on voit moins de graffiti dans les rues comme dans le métro de New York cela ne veut pas dire qu’il y a moins de tagueurs.Ils se sont déplacés.Il suffit d’aller à Newark, dans le New Jersey, juste en face de New York, pour constater que le graffiti est abondant.Que ce soit à Montréal ou à New York, il en est ainsi et il en sera toujours ainsi parce que la ville a été et sera le lieu d'où émergent les expressions de la contre-culture.«Aucune ville, a rappelé Mme Pacom, ne peut être proprc-propre-propre.On refoule tout ce qui est considéré comme impur.On le rejette.Paradoxalement, ce phénomène est le fait d’une génération, celle du baby-boom, qui a inventé la jeunesse.On manque singulièrement de compréhension à l’égard des jeunes d’aujourd'hui.C’est comme si on voulait qu’ils soient invisibles.M É T É 0 Montréal Québec Ensoleillé le matin.Faible neige et pluie.Ciel variable Max: 8 Min: -1 par la suite.Max: 10 Min: -3 Détails, page B 7 I N 1) E X Annonces.B 7 Le monde .B Bourse .B 3 Montréal .A Avis publics.A 7 Les sports .B B 10 .A Economie .B 1 Mots croisés.B Editorial .A8 Télévision .B www.ledevoir.com Liberté, égalité, fraternité KKUTKKS PENDANT que le président chinois Jiang Zemin rencontrait à Paris son homologue, Jacques Chirac, le premier ministre Lionel Jospin et des représentants du patronat français, la police interpellait le secrétaire général de l’organisation nongouvernementale «Reporters Sans Frontières» (RSF), Robert Ménard, et sept autres membres de l’organisation de défense des journalistes, jugés trop visibles et trop bruyants.La Rolls des encyclopédies en libre accès FABRICE ROUSSE LOT LIBÉRATION En guise de page d’accueil, un message: «Merci pour votre visite sur le site d’Encyclopaedia Britannica.Malheureusement, pour le moment, nous ne pouvons pas vous montrer nos produits.Notre lancement a provoqué un tel trafic que nos serveurs ont été ralentis.» En 24 heures, le tout nouveau site Internet inauguré la semaine dernière par la «bible du savoir», l’Encyclopaedia Britannica, a été pris d’assaut.Impossible d’accéder à l’adresse britannica.com, impossible de consulter les 32 volumes d’information mis à la disposition des internautes.L’annonce faite à Chicago, au siège de la «Rolls Royce des encyclopédies», a pris l’air, il est vrai, d’une véritable révolution.La compagnie est vieille de 231 ans et a bâti son image sur la vente au porte à porte de ses épais livres de cuir (quelque 2500 dollars canadiens pour l’entière col- lection): pour la première fois de son histoire, l’Encyclo-paedia Britannica offre ses milliers de pages d’information, gratuitement, sur le Web.«C’est un jour extraordinaire pour les «chercheurs de savoir» sur toute la planète, a affirmé Don Yannias, le nouveau patron de Britannica.com In-corporated.Acheter l’Encyclopaedia Britannica fut pendant longtemps un moment important dans la vie d’une famille, nous tenons désormais notre promessè de la rendre plus accessible à travers le monde.» «Pour l’instant, c’est un énorme succès, assure Tom Pane-las, le porte-parole d’Encyclopaedia Britannica à Chicago, nous avons comptabilisé des millions de connexions.Cette étape décisive fait partie de l’évolution qui fut la nôtre depuis le début des années quatre-vingt-dix.Nous nous nous sommes rendu compte que la vente traditionnelle n’était plus viable, et nous avons décidé d’investir dans le multimédia.» VOIR PAGE A 10: ROLLS Le bonheur est dans le pré JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE DOMAINE des Œuvres de la Maison du Père permet aux alcooliques et toxicomanes de profiter d’un «moment de répit dans leur vie», estime le Père Albert, directeur général des Œuvres.«Ça nous permet de sortir de la jungle de Montréal», lance Bertin, ce résident que l’on voit ici en train de nourrir les vaches.«Si tu connais des gens qui en ont besoin, lance un autre résident sur le ton de la confidence, cnvoicJes ici sans hésitation.Après ça, ils vont te sauter dans les bras.» Jacques Nadeau, photographe du Devoir, a passé trois jours à la ferme en question.Son reportage-photos en page A 6.Les syndiqués de la santé bloquent le pont Pierre-Laporte ROBERT I) U T R 1 S A C DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC En dépit de la «morosité» et la «déprime» qui sévissent chez ses membres, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN se propose de recourir à des moyens de pression lourds comme le blocage des routes et des ponts.Les syndiqués sont d’ailleurs passés rapidement de la parole aux actes: des centaines de militants de la FSSS, montés dans 13 autobus, ont bloqué le pont Pierre-Laporte à Québec pendant quinze minutes, hier en début de soirée.A la Sûreté du Québec, on indique qu’aucune arrestation n’a été effectuée et que le bouchon de circulation, causé par le blocage des syndiqués, a disparu une demi-heure après le fait.Au cours d’une rencontre de presse en début d’après-midi, le président de la FSSS, Louis Roy, avait révélé que des actions «comme le blocage des routes» principales en régions et des ponts comme le «pont Jacques-Cartier à VOIR PAGE A 10: SANTE Bourses du millénaire Ottawa et Québec ont quatre jours pour s’entendre SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Si Ottawa et Québec n’arrivent pas à ime entente d’ici à samedi sur le dossier, controversé s'il en est, des bourses du millénaire, le ministère de l'Éducation ira de l’avant et enverra ses propres chèques de prêts et bourses aux étudiants québécois.Ultimatum?Pas forcément.Les bourses fédérales du millénaire ne seront pas mortes pour autant.Mais elles ne seront certainement pas ravivées non plus.La date butoir fixée par le gouvernement du Québec, soit le 30 octobre, approche à grands pas.En effet, c’est à cette date que les premiers chèques de prêts et bourses québécois seront envoyés.Selon le gouvernement, c’est aussi avant cette date qu’une entente devrait être conclue avec Ottawa si le gouvernement fédéral veut que son projet des bourses du millénaire aboutisse.C’est dans une lettre adressée à la ministre fédérale du Développement des ressources humaines, Jane Stewart, que le ministre de l'Éducation, François Legault, a souligné cette première échéance.Jean Lapierre, directeur des communications à la Fon- VOIR PAGE A 10: BOURSES Baisse possible de 10% des taxes municipales Blitz des négociations entre Québec et l'UMQ KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le gouvernement du Québec vient de consentir à étudier une réduction de 10 % des taxes municipales étalée sur quatre ans dans le cadre d’un blitz de négociations avec l’Union des municipalités du Québec (UMQ).Les deux parties se donnent jusqu’au 22 novembre pour en arriver à une entente fiscale qui pourrait remplacer la menace de l’imposition pour une troisième année de la facture quelque peu réduite de 356 millions aux municipalités.Les discussions d’ordre technique démarrent dès aujourd’hui.«Tout est sur la table.Le premier ministre accède à notre demande de réduire les taxes de 10 %.[.] La facture ne sera pas transférée en responsabilités.C’est une discussion sur la fiscalité», a déclaré hier Mario Laffamboise, président de l'UMQ, à sa sortie d’une rencontre de trois heures avec le premier ministre Lucien Bouchard.Or, en contrepartie de l’ouverture gouvernementale sur une baisse du fardeau fiscal des contribuables municipaux, il semble que les pourparlers tournent encore autour du transport scolaire.Ce scénario soulève pourtant VOIR PAGE A 10: TAXES DEVOIR IDÉES LES SPORTS LES SPORTS 778313000658 f-tch * • ¦ ' ¦ ¦ :v «WÏT GEOGRAP gfcp|s§ ECONOMIE I Vv&fcSN MEMBRE DU RÉSEAU STAR ALLIANCE AIR CANADA ® Un climat rude.Un paysage redoutable.On aurait pu rêver de meilleures conditions pour implanter une compagnie aérienne.Et pourtant, ça fait maintenant plus de 60 ans que nous fournissons un service essentiel à nos communautés les plus éloignées.Aujourd'hui, notre champ d’influence ne cesse de s'étendre partout au pays: plus de 50 000 emplois directs et indirects créés d'un océan à l’autre, plus de 3,1 milliards de dollars injectés l'an dernier seulement dans l’économie canadienne, un rôle de premier plan dans le succès de centaines d’autres entreprises.Notre croissance s’explique bien.Nous voyons grand.www.aircanada.ca Vol et date / Fliaht & Date / Flua & Datum LE DEVOIR.L E MARDI 1 t; o r T O B R E I ü ît *» A 3 ACTUALITES Beaudoin veut freiner la prolifération des raisons sociales unilingues anglaises La ministre a demandé un avis au Conseil de la langue française PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Responsable de l'application de la Charte de la langue française, la ministre Louise Beaudoin veut freiner la proliferation des raisons sociales unilingues anglophones.La présidente du Conseil de la langue française, Mme Nadia Brédi-mas-Assiinopoulos, a confié liier que la ministre lui a demandé un avis sur l’envergure du problème des commerces dont les raisons sociales contreviennent aux dispositions de la loi 101.Les conclusions de l’étude, qui est en cours, seront soumises au gouvernement avant la période des fêtes.A cet égard, l’article 68 de la loi 101 stipule qu’une raison sociale peut être assortie d’une version dans une autre langue que le français pourvu que, dans son utilisation, la raison sociale de langue française figure de façon au moins aussi évidente.Cette disposition est farcie de zones grises et a entraîné des interprétations incompatibles avec l’esprit de La loi 101.Lors d’une réunion du conseil national du PQ, l’an dernier, Mme Beaudoin avait été interpellée par les militants de son parti.C’est peu après quelle a juge bon de solliciter lavis du Conseil de la langue française.Dans l'attente de ce jugement, la Commission de protection de la langue française a convenu qu’il valait mieux décréter un moratoire.Pour l’instant, la tolérance est manifeste et les raisons sociales unilingues anglaises pourront continuer de s’afficher impunément pendant encore un certain temps dans îes rues de Montréal: Second Cup, Body Shop, Sports Vibes, Sunglass Hut, Chicken Charlie, Colombia Sportswear, Planet Hollywood, Subway, Nickels, Future Shop, Dunkin' Donuts, Tops Coiffure, Linen Chest, Roots et autres.La présidente du Conseil de la langue française est d’avis que le phénomène des raisons sociales unilingues anglaises est principalement dû au fait que plusieurs des nouvelles entreprises qui s'installent au Québec sont des franchises de grandes chaînes étrangères de culture anglophone.Au chapitre de la langue d’affichage, Mme Brédimas-Assimopoulos note une certaine stabilité.«L'affichage ne pose pas de problème, pas d'amélioration ni de détérioration.» Le Conseil de la langue française est par ailleurs en voie d'achever trois autres etudes.La première traite de la qualité du français dans l'administration publique, la deuxième porte sur la qualité du français dans les médias écrits et la dernière, qui fait suite au rapport Maurais, est centrée sur la qualité du français dans la formation des maîtres, les futurs professeurs.Aujourd’hui, le CLF dévoilera les conclusions d’une étude menée par Marc Termote de l'INRS-Urbanisa-tion sur les perspectives démolinguistiques du Québec et de la région de Montréal.L’affaire de l’APEC Chrétien clame de nouveau son innocence J DLES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien a répété hier qu’il n’a jamais fait pression sur la GRC pour réprimer les manifestants au sommet de l'APEC en 1997.«Je n ’ai jamais parlé de sécurité avec qui que ce soit de la GRC.C’est aussi simple que ça», a-t-il affinité.De toute façon, soutient-il, il n’avait pas le temps de s'occuper de sécurité avant le sommet de l’APEC.«J’avais d’autres problèmes en tète que la sécuri-• té.La GRC a été impliquée dans la sécurité depuis des générations et je m'inquiète jamais de leur capacité à faire tleur travail.« .Aussi, il n’est pas question qu'il ?change d'idée et qu’il aille témoigner •devant la commission des plaintes de ;la GRC, qui tient actuellement des au-ïdiences à Vancouver.«L’enquête est la ?sows la responsabilité d’un juge qui fait «son travail.Et je les laisse faire leur ^travail», a-t-il dit.S Son cabinet aurait pleinement collaboré avec la commission des plaintes et il ne se sent pas le besoin d’en ajouter davantage.Il a rappelé que son chef de cabinet Jean Pelletier y avait témoigné et que tous les documents pertinents à l’affaire avaient été fournis.La semaine dernière, des quotidiens ont rapporté le contenu de conversations entre officiers de la GRC, avant le sommet de 1997, qui impliquent directement le premier ministre Clirétien.Selon la teneur des conversations, M.Chrétien serait intervenu personnellement pour s’assurer que les manifestants soient chassé^ du site du sommet.À la Chambre des communes, le chef réformiste, Preston Manning, a presque accusé M.Chrétien de mentir au sujet de son implication dans l’affaire de l’APEC.Aux communes, les règles de procédure interdisent à un député d’affirmer qu’un de ses collègues ment.Le vice-premier ministre Herb Gray a alors qualifié les interventions des réformistes sur l’intégrité personnelle de M.Chrétien de «sous-entendus dégueulasses».—- it » Procès pour le meurtre de Gail Miller Une femme dit avoir été violée par Fisher MARTIN O’H AN LO N PRESSE CANADIENNE Yorkton, Sask.— Une femme est venue témoigner hier au procès de Larry Fisher, pour dire, les larmes aux yeux, qu’il l’avait violée, à la pointe d’un couteau, le 13 novembre 1968.Le crime aurait donc été commis à peine deux mois avant le viol et le meurtre de Gail Miller, crimes que Fisher est accusé d'avoir commis.C’est David Milgaard qui avait d’abord été reconnu coupable de ce meurtre, pour lequel il a passé 23 ans derrière les barreaux, avant d'être innocenté grâce à un échantillon d’ADN prouvant qu'il n’avait rien à voir avec cette sordide histoire.Le sperme trouvé sur la victime n'était pas le sien.Fisher, qui avait déjà été reconnu coupable de viol en 1971, a été accusé pour le meurtre de Gail Miller, peu après la libération de Milgaard, qui a reçu 10 millions du gouvernement de la Saskatchewan en guise de compensation pour cette erreur judiciaire.En janvier 1969, à Saskatoon, Gail Miller a été retrouvée morte dans ’ une ruelle, son corps transpercé de deux douzaines de coups de couteau.Elle aurait été violée sur son manteau étendu par terre.Hier, la femme qui est venue en cour témoigner contre Fisher (et dont on ne peut dévoiler l’identité) a raconté quelle marchait dans la rue, vers 19h, le 13 novembre 1968, quand un homme l’a accostée.«Il a mis sa main gauche sur ma bouche; dans sa droite, il avait un couteau.Il m’a amenée dans une ruelle et m’a dit de ne pas crier, si je ne voulais pas qu’il me tranche la gorge.» La victime n’avait que 17 ans à l’époque.Elle a expliqué que l’homme en question lui avait par la suite ordonné de se déshabiller et de s'étendre sur son manteau, posé par terre, avant de la violer.«Cela m'a paru une éternité», a-t-elle raconté, hier, 30 ans après les événements.L’avocat de Fisher, Brian Beresh, a tenté hier de souligner les différences entre les deux crimes.Il a fait valoir que la femme qui a témoigné hier n'avait jamais été poignardée ou frappée, comme l’avait été Gail Miller.De son côté, la couronne mise sur la preuve d’ADN pour démontrer que c’est bien Fisher qui a tué Gail Miller.Des témoins viendront en cour pour dire que l’échantillon de sperme trouvé sur la victime correspond à celui de Fisher.MÊMES PROBLÈMES LA SOLIDARITE t^DEkELOPPEAlENr Ef B4IX (514) 257-8711 1-888-234-8533 www.dovp.org Graffiti dans le métro JACQUES NADEAU 1.E DEVOIR JM A.i • • •• .En deux semaines, cinq stations de métro ont été la cible des graffïteurs.Barbouilleurs en cavale BRIAN MYLES LE DEVOIR Les graffiteurs courent toujours.L'enquête des policiers de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) n’a toujours pas permis de mettre la main au collet des individus qui ont barbouillé trois stations du réseau de jnétro — Côte-des-Neiges, Université de Montréal et Edouard-Montpetit — le week-end dernier.Les policiers ont par ailleurs arrêté tôt hier matin trois jeunes mineurs, pris sur le fait dans le tunnel George-Vanier, dans la Petite-Bourgogne.Horreur, les jeunes faisaient des graffitis.Un chauffeur de taxi qui passait par là, vers quatre heures du matin, a alerté les policiers et leur a donné une description détaillée des trois jeiuies.Les agents ont facilement cueilli les artistes de l'aérosol vers quatre heures du matin.Aucune accusation n’avait été portée contre ces jeunes —- un résidant de la Petite-Bourgogne et deux d'Outre-mont — au moment de mettre sous presse.L'identification formelle des fautifs n’avait pas encore été réalisée.Ces trois graffiteurs s'exposent à des accusations de méfait La police a précisé qu'il n’existait aucun lien entre cet incident mineur et isolé et la récente vague de vandalisme dans le métro.En deux semaines, cinq stations de métro ont servi de canevas à des adeptes du graffiti.Au printemps dernier, les stations Lionel-GrouLx et Peel ont subi le même sort.Dans tous ces cas, les malfaiteurs courent toujours.L’expert du SPCUM ès graffiti, le commandant Daniel Rondeau, n'était pas disponible hier pour répondre aux questions des journalistes.Il devrait par contre faire le point aujourd'hui.Important rappel de Bell Canada à ses clients d’affaires concernant l’an 2000 Bell Canada tient à rappeler à ses clients d’affaires qui n’ont pas encore vérifié la conformité à l’an 2(XX) de leur équipement de télécommunications d’affaires, de le faire aussitôt que possible.Pour obtenir de l’information sur la conformité à l’an 2(XX) des systèmes de télécommunications d’affaires ou tout autre produit acheté ou loué de Bell Canada, nous vous im itons à : • visiter notre site Web à l’adresse: www.bell.ca/an2000 • appeler votre chargé de compte, ou • appeler notre Centre d’information sur l’an 2000 au 1 877 678-1266 du lundi au vendredi, de 8 li à 17 h.LÙGIQVZL*?BEST-SELLER MONDIAL! LES NOMMES VIENNENT DE MURS ./es femmea ’ .o' / oie/me/it cic (f ivi/M toiftHKfliftiimsp* •miss ciiwtal! IlaiEwid'fvmplümiCKl» lar» l< mmdt Im LOGIQUES Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus John Gray ISBN 2-89381 -652-5 - 384 p 24,95 $ Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive Qu6bec-Livres Coexistence avec l’homme de Néanderthal ?PAUL RECER ASSOCIATED PRESS Washington — L’homme de Néanderthal et l'ancêtre de l’homme moderne pourraient bien avoir coexiste en Europe centrale pendant des milliers d’années.Les deux espèces se sont peut-être même accouplées, à en croire une nouvelle datation au carbone d’os retrouvés dans une grotte en Croatie.Découverts dans la grotte de Vindi-ja, ces os appartiennent à des hommes de Néanderthal.Or.ils ont entre 28 (XX) à 29 (XX) ans d'âge, alors que les moins anciens jamais retrouvés jusqu’ici étaient vieux d'au moins UX) 000 ans, selon Fred Smith, un anthropologue de l'Université du Nord de l’Illinois.Selon lui, il s'agit de la plus solide preuve jamais apportée à la théorie selon laquelle humains et Néander-thaliens ont vécu à la même période et au même endroit.Les résultats de l’étude menée sur ces spécimens d’os de Néanderthal seront publiés mardi dans les Actes de l'Académie nationale des Sciences.L'homme de Néanderthal est un hominidé considéré comme primitif et affublé d’un front proéminent, de jambes courtes et d'une proéminence à l'arrière du crâne.Les scientifiques estimaient jusqu’ici qu’il était arrivé en Afrique il y a plus de 250 000 ans et qu'il était apparu en Europe il y a environ 100 (XX) ans.Il aurait ensuite disparu pour être remplacé par les humains.Or, cette découverte montre qu’«U y a eu un chevauchement de 3000 à 4000 ans» entre les deux espèces en Europe centrale, selon M.Smith.Cela renforce donc la théorie selon laquelle les hommes de Néanderthal et les ancêtres des humains modernes se sont accouplés entre eux et ont produit des enfants hybrides qui possèdent les gènes des deux espèces.Selon M.Smith, la forme de squelettes humains de 30 000 ans découverts suggéraient déjà une contribution néanderthalien au patrimoine génétique humain.Notre nouvelle collection Automne-Hiver EST ARRIVÉE ^plulo 402-hommc* À votre service depuis 20 ans COSTUMES importés d’Italie au prix de gros 1 0 0 % laine Coupe exclusive De 299 $ à 499 $ le costume Du lundi au vendredi De 9 h 30 à 18 h Samedi de 10 h à 16 h Tous les soirs après IS h sur rendez-vous seulement 1118, rue Ste-Catherine 0„ Suite 200, Montréal /C4 OC1.QC9C A 1 LE DEVOIR, LE MARDI 2 l> OCTOBRE l !» !» !» LES ACTUALITÉS Droits des couples homosexuels L’Ontario esquive le jugement de la Cour suprême PRESSE CANADIENNE Toronto — Le gouvernement de l’Ontario a pris des mesures hier en vue d’accorder aux homosexuels et lesbiennes les mêmes droits et responsabilités que ceux des couples hétérosexuels, sans cependant aller jusqu’à leur reconnaître le statut d’époux.A contrecœur, les conservateurs au pouvoir à Queen’s Park ont déposé un projet de loi afin de se conformer à la décision de la Cour suprême du Canada, rendue en mai dernier, laquelle stipule que les conjoints de fait de même sexe ont les mêmes droits et responsabilités que les conjoints hétérosexuels, et qu’ils sont notamment autorisés à se poursuivre réciproquement, pour obtenir une pension alimentaire, par exemple.Mais le gouvernement de Mike Harris ont choisi de ne pas accorder aux gais ce à quoi ils aspirent vraiment: le statut d’époux en vertu de ia loi ontarienne.Au lieu de cela, le projet de loi modifie 67 lois provinciales, dont le Code ontarien des droits de la personne, pour y introduire une nouvelle catégorie.celle des couples de même sexe, en vertu de laquelle les couples gais pourront obtenir les mêmes avantages que les couples de droit commun hétérosexuels.Lit chèvre et le chou La décision de la Cour suprême, qui donnait à la province six mois pour s’y conformer, a pour l’essentiel invalidé la définition d'epoux de l’Ontario.La Cour stipulait que les lois traitant les relations entre conjoints de même sexe différemment des relations entre conjoints de sexes différents sont inconstitutionnelles.«Le projet de loi répond à la dérision de la Cour suprême, tout en préservant les valeurs familiales traditionnelles en protégeant la définition d'époux».a déclaré le Procureur gênerai Jim Flaherty, a l’Assemblée législative.Le premier ministre Harris a lui aussi semblé s’excuser pour le projet de loi, affirmant que «les tribunaux nous ont dit de nous occuper de cela.et nous nous y conformerons», ajoutant que les droits des homosexuels n’ont jamais été une priorité de son gouvernement.Certains militants des droits des gais vont accueillir cette décision comme une gifle au visage, a prédit Mariana Valverde, professeur de criminologie à l’Université de Toronto.«C'est comme dire à des personnes de race noire, ch bien, la Cour suprême dit que vous avez le droit de voyager à bord du même autobus, mais vous allez devoir vous asseoira l'arrière».a-t-elle déclaré.Néanmoins, certains groupes voient dans cette décision un pas dans la bonne direction.«Ce n'est pas la meilleure option, mais cela nous accorde des droits substantiels, nous sommes prêts à accepter cela».a commente Christine Donald, porte-parole pour la Coalition pour les droits des lesbiennes et des gais en Ontario.fr/j(foute>’ie Gàmbard Vente et service technique •f ROLEX CENÈVE X 4 Ü * hi / Vfl 1 4/ - % Lady-Datejust en or 18 carats avec lunette sertie de brillants RUE CATHCART.MONTREAL.( I NTRE VILLE • TEL 866-Wf» Claude Ryan invite à investir dans les les gouvernements politiques sociales JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Ottawa — Pour que la société soit plus humaine et plus juste au début du nouveau millénaire, il faudra que les gouvernements cessent d’examiner uniquement leurs interventions à partir des impacts budgétaires, soutient Claude Ryan.L’ancien éditorialiste et politicien, qui prenait la parole hier lors d'un colloque de l’Association parlementaire Canada-Europe, juge que les projets de loi déposés devant les parlements devraient être »aussi examinés sous l'angle de leurs implications sociales, en particulier sous l'angle de leur impact possible sur l'aggravation ou la diminution de la pauvreté».Un travail nécessaire a été accompli pendant les dernières années afin d’évaluer les impacts budgétaires des politiques sociales, reconnaît M.Ryan.Toutefois, entre-temps, la pauvreté a progressé.«La «nouvelle économie» a engendré une aggravation de la pauvreté, affirme-t-il.Dans les pays comme le Canada et les Etats-Unis, il y a aujourd'hui une plus grande proportion de personnes pauvres qu'il y a lOou 15 ans.» Au Québec seulement, on dénombre maintenant un million de pauvres, soit une personne sur sept.M.Ryan propose aux gouvernements une série d’approches pour réduire les inégalités sociales.En matière d’emploi, il constate que «le temps où les gouvernements pouvaient verser des allocations substantielles aux personnes sans travail sans se soucier de leur réinsertion en emploi, est désonnais révolu».Cependant, il note que le «workfare".malgré ses mérites, n’a pas fait ses preuves en matière d’intégration au marché du travail.Moyens de pression Faute de ressources suffisantes, le programme n’a pas atteint ses objectifs au Québec et ailleurs.Si les gouvernements souhaitent emprunter cette voie, il faudra qu’ils y consacrent les efforts nécessaires, juge-t-il.Les grands perdants Au chapitre de l’aide à la famille, M.Ryan affirme que les ménages à revenus moyens sont les grands perdants des changements apportés dans le passé récent.La réforme des allocations familiales a été réalisée avec des politiques à courte vue.Les familles à faibles revenus ont, certes, maintenant accès à de meilleurs programmes.«Excellentes en soi, ces mesures ont toutefois été financées, dans le cas du Québec, à l'aide de ponctions effectuées dans les montants naguère versés aux familles à revenus moyens», explique M.Ryan.Les radio-oncologues pourraient lâcher du lest LIA LEVESQUE PRESSE CANADIENNE Les technologues en radio-oncologie, qui devaient refuser de faire des heures supplémentaires à compter du 1er novembre, à titre de moyen de pression, pourraient bien suspendre cette stratégie et continuer de maintenir la même prestation de service.L’exécutif de leur syndicat recommande en effet à ses membres de suspendre l’exercice de ce moyen de pression déjà prevu, à cause d’un développement intéressant à leur dossier.Le ministère de la Santé et des Services sociaux a mis sur pied un comité chargé d'étudier spécifiquement le dossier des technologues en radio-oncologie, qui sont en nombre insuffisant La création de ce comité a suscité suffisamment d’espoir, au syndicat, pour que l’exécutif recommande de «suspendre temporairement» le refus d'effectuer des heures supplémentaires, expliquait en entrevue avec la Presse canadienne le président de la Centrale des professionnels de la santé Jacques Paradis.«On veut laisser la chance au co- L’équité envers les contribuables est invoquée par des groupes de pression Les allocations non imposables des députés sont remises en question MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Au nom de l’équité envers les contribuables, les députés devraient payer l'impôt perçu sur l’ensemble des allocations que leur verse le gouvernement, et non pas uniquement sur leur «allocation de base», estiment des groupes de pression.Les députés québécois reçoivent un salaire, une «allocation de base» imposable de 60 860 $ à laquelle s’ajoutent des allocations non imposables variant de 28 400 $ à 39 500 $.Selon M.Norman Angell, fiscaliste, chez Raymond, Chabot, Grant, Thornton, de Québec, cela correspond à des salaires variant de 120 775 $ à 144 200 $ en vertu des échelles d’impôts actuelles.Au moment où les contribuables rêvent de réduction d’impôts et que les retraités prient pour un allégement de leur fardeau fiscal, certains se demandent pourquoi les députés du Québec devraient continuer à bénéficier de «privilèges qui ne sont pas accessibles ata autres citoyens».«Le salaire des députés devrait comprendre l'ensemble des frais non imposables et qui sont très importants.Surtout au moment où on parle de la réduction des impôts, il faut regarder les privilèges jiscaia dont profitent des gens-, affinité François Saillant du Front commun en réaménagement urbain.En plus de leur salaire de député, les ministres et le premier ministre Bouchard ou le chef de l'opposition Jean En education, l’ancien éditorialiste soutient également que les gouvernements se doivent d'ajouter des ressources dans le système actuel.la société évolue et il faut que le système scolaire s’v adapte, mais pas au detriment des parents.M.Ryan s’élève contre la tendance à imposer aux parents des irais pour des services comme le transport, la garde des enfants en dehors des heures de classe et les activités récréatives.«A moins qu'elle soit contenue dans de justes limites, cette tendance pourrait sérieusement compromettre l’objectif de l'égalité des chances», dit-il.En raison des bouleversements qu'a connus la structure familiale, l’école devra également «se préoccuper non seulement de la scolarisation mais aussi de la formation humaine de l'élève».Là aussi, les gouvernements devront dénouer les cordons de la bourse, lait-il valoir.mité, lui laisser le temps d'avancer dans ses travaux», confiait M.Paradis.Les membres du syndicat doivent toutefois voter sur cette recommandation, ce qu’ils doivent faire d'ici lors d’assemblées générales d'ici mercredi soir.M.Paradis pense que d'ici à La mklécembre, ce comité devrait avoir une bonne idée du plan d'action nécessaire pour corriger la pénurie de technologues en radio-oncologie.Prime et augmentations Le 6 octobre, le Syndicat des technologues en radiologie, affilié à la Centrale des professionnels de la santé (CPS), mécontent de la tournure de ses négociations avec le gouvernement, avait annoncé son intention de refuser d’effectuer des tâches administratives, d'abord, puis de s’abstenir d’effectuer des heures supplémentaires, à compter du 1er novembre.Les 190 technologues en radio-oncologie affiliés à la CPS revendiquent une prime de 20 % par année, en plus d'augmentations de salaire de 1.1,5 % sur trois ans, comme la majorité des employés de l'État.Leur salaire, actuellement, varie de 28 000’$ à 40 000 $ par an.Charest reçoivent aussi une allocation supplémentaire de fonction imposable.Mais pour simplifier la comprehension des choses, nous nous en tiendrons aux allocations courantes versées aux députés d’arrière-ban.Or, pour les 116 des 125 députés provenant de l'extérieur de la capitale, on ajoute au salaire de base de 60 860 $ une allocation logement non imposable de 1100 $.L'Assemblée nationale la leur verse sur présentation de pièces justificatives.Tous les députés reçoivent aussi une allocation de dépenses de 12 078 $.Cette somme n’est pas imposable et leur est versée sans pièces justificatives.On leur donne aussi une allocation non imposable variant de 5400 $ à 16 500 $ pour leurs déplacements et leurs activités politiques.La somme est établie en fonction de l’éloignement de leur circonscription.Les députés qui participent à une commission parlementaire reçoivent une «allocation de présence» de 125 $ par jour, imposable celle-là.Pour Jean-Yves Desgagnés, du Front commun des assistés sociaux, le statut fiscal des députés est tout simplement «obscène».«Qu'ils paient de l’impôt surtout, dit-il, comme la plupart des citoyens.Tout le monde a à payer sa maison, son logement, ses déplacements.» Le salaire des députés a été réduit en 1993 de 6 % en 1996.Plus d'un espère aujourd’hui récupérer cette perte et y ajouter les 5 % offerts au secteur public.8,7 millions pour l’appel du millénaire VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Visiblement satisfait, le ministre fédéral des Travaux publics et des Services sociaux, Alfonso Gagliano, a annoncé hier des subventions de 8,7 millions de dollars à 99 projets québécois marquant le passage du nouveau millénaire.Ce dévoilement est le troisième du genre depuis le lancement du Prc-gramme des partenariats du millénaire du Canada (PPMC).Le ministre Gagliano, également ministre responsable du Québec, a précisé que les phases IV et V du programme suivront cet automne et que d’autres aides financières seront accordées.«On encourage les Canadiens à mettre sur pied des projets d'envergure», a-t-il dit en conférence de presse.Parallèlement à son collègue Gagliano, le vice-premier ministre et ministre de l’initiative du millénaire.Herb Gray, a annoncé à Ottawa les projets retenus pour tout le Canada.En tout.609 projets bénéficieront des deniers publics, pom- un total de 43,8 millions de dollars.En plus de favoriser les idées à caractère culturel et historique, le programme fédéral accorde une importance toute particulière à celles touchant la conservation de la faune et de l’environnement.C’est pour cette raison qu'Alfonso Gagliano a convoqué la presse à la Biosphère de Montréal, sur File $ainte-Hélène.L’ancien pavillon des Etats-Unis jouira d'une aide du PPMC de 600 (XX) $ pour presenter Eau: Enjeu du XXle siècle, une exposition sur les cours d'eau, les lacs et les océans canadiens.Parmi la centaine de projets retenus au Québec, et qui représentent 27 % du financement total, on peut compter la création de nombreux petits parcs, jardins et pistes cyclables, la publication de livres à caractère historique et des expositions artistiques.De Larouche à Saint-Jean-Port-Joli, en passant par Grand-mère et Rouyn-No-randa, l'ensemble des régions du Québec figurent au palmarès du programme fédéral.L's montants versés en subvention varient, mais ne peuvent dépasser le tiers du coût total.Si plusieurs projets retenus veulent exalter le sentiment d’appartenance au Canada, Alfonso Gagliano affirme que ce n’est qu’une coïncidence.« Ça n a rien à voir, a-t-il répondu aux journalistes.Nous n 'utilisons pas les impôts des contribuables pour promouvoir l'unité nationale.» ¦ .LE CALME AVANT LES AFFAIRES.BAGOTVILLE SANS ESCALE.Pour réussir en affaires, il faut se lever tôt.Votre présentation est prête.Vous avez pris le premier vol, un Dash 8.Un de nos sept départs à destination de Bagotville.Tous sans escale.Aucun autre transporteur aérien n'en offre autant.Et maintenant, vous vous préparez mentalement.On se comprend.airNova airAUiance 6 h 45 9 h 35 13 h 10 15 h 16 h 18 h 20 20 h 30 TOUS SANS ESCALE , ¦' Dossier 76395400 Installation d'une barrière automatique au 200, rue des Négociants, Rimouski (Québec).Clôture : 99-11-03 à 15 h à Rimouski.Dossier 81374001 Installation d'aérothermes au 460, rue Craig Nord, Cookshire (Québec).Clôture : 99-11-08 à 15 h à Sherbrooke.Dossier 81374201 Remplacement de 6 portes de garage au 460, rue Craig Nord, Cookshire (Québec).Clôture : 99-11-10 à 15 h à Sherbrooke Vente des documents : CIEC 1-800-482-2432 (construction) et MERX 1-800-964-6379 (biens et services).Les documents de soumission peuvent être consultés aux associations de la construction régionales (projets de construction) et aux adresses suivantes : U) Direction régionale Montréal (bureau de Uval), 2800, boul.St-Martin Ouest, RC02, Laval (Québec), H7T 2S9, (450) 680-6235.(2) Bureau des soumissions, 190, boul.Crémazie Est, 1er étage, Montréal (Québec), H2P 1E2, (514) 873-5485, poste 5622.a seule chose qui différencie l’un et l’autre, c’est que les graffitis du métro n’ont pas été sollicités et qu'ils ne rapporteront rien d’autre a leurs auteurs que des ennuis avec la justice.Audacieux, nos tagueurs?Qu’y a-t-il d’audacieux à se cacher dans un coin à la fermeture du métro pour y passer une partie de la nuit à dessiner sur les murs?Il suffisait d’y penser.Ce à quoi nous assistons présentement à Montréal, c’est une guerre de gangs à coups de bombes aérosol, sans autre objet que la réputation des auteurs.Chacun a droit a ses quinze minutes de popularité, disait Warhol.Mais en s'attaquant sans imagination et sans l’améliorer à l’environnement des usagers du transport en commun, nos jeunes tagueurs s’attirent des sanctions individuelles plus graves que les avantages d’une photo de leur œuvre à la une des journaux.Pire: ils donnent le prétexte aux autorités répressives pour une intensification de la guerre à tous les graffiteurs.Déjà, hier, on annonçait l’arrestation de trois jeunes pris en flagrant délit.dans un tunnel routier.Qui se serait plaint d'un -tag» en couleurs sur les murs d’un tunnel?Maintenant qu’il y a eu le métro, ce sera tolérance zéro poulies tagueurs.Quelle belle victoire du graffiti sur l’ordre établi! jrsansfaconfS.tedevoir.ca j, / Jean-Robert Sansfaçon ?IJS DEVOIR FONDK PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 EAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE 1AMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ ?*&«*•* M 'Wfctf CoTi-PtS ‘NE'Gtï La critique théâtrale, une pensée en rase-mottes La pièce King n’est plus à l’affiche depuis le samedi 2 octobre dernier.Retirer une pièce au beau milieu de ses représentations est un événement peu banal qui mérite qu’on s’y attarde.J’affirmerai que cette décision, prise par la direction de l’Espace Go, nous interpelle comme public.Il s’agit là d’un geste irrespectueux envers Michel Vinaver, auteur d’une oeuvre incontournable, comme envers Alice Ronfard et son équipe qui ont eu le courage de monter avec sobriété une pièce, disons-le, différente.Alors pourquoi le public montréalais n’a-t-il pas aimé King?Je croirais que sans humour gras ni langage vulgaire ni scénographie époustouflante (et coûteuse) ni émotion à fleur de peau, bref sans artifice, le spectacle ne l’a pas intéressé.Pourtant, comme dans les tragédies grecques où le poète s’adressait au peuple pour qu’il apprivoise l’idée de démocratie, la pièce King soulève une question publique à débattre: peut-on encore rêver de justice sociale et d’épanouissement individuel dans un système basé sur le profit des entreprises?La pièce de Vinaver exige de la part de l’interpellé un effort intellectuel et une maturité politique.Le public montréalais n’a pu répondre à l’appel et la critique s’est montrée inapte à cerner les enjeux du débat.La critique montréalaise, qui aurait dû fournir un cadre de réflexion pour que le public puisse accueillir la pièce, n’a réussi qu’à la démolir par des articles dévastateurs et des titres d’une déprimante facilité.Ceux qui font la bonne fortune et la mauvaise fortune du théâtre dans nos journaux devront refaire leurs classes.Depuis Shakespeare jusqu’à Vinaver, en L E T T R E S -?- passant par Tremblay, l’art a toujours dérangé: King remet en question les principes mêmes d’une société dans laquelle nous faisons figure de dormeurs.La mise en scène dépouillée d’Alice Ronfard laisse place au texte: à ce texte, les critiques n’ont rien compris! Par conséquent, l’équipe de l’Espace Go a dû faire face à une bien triste réalité: d’un côté, son public aime la facilité, s’ennuie lorsqu’il faut réfléchir ou craint tout ce qu’on n’a pas déjà pensé pour lui (l'utopie socialiste à la King par exemple); de l'autre, la critique est incapable de réfléchir.Nos journalistes seraient-ils réduits à ne comprendre qu’en tenues de nation ou de déficit zéro, au risque de ne plus savoir penser du tout?Il est vrai qu’une pièce comme King force la critique à se démarquer de son public et à penser autrement Pas étonnant que le Roi ne lui ait pas plu! J’ai vu King le dernier soir.C’était pitoyable! Parmi les quelques spectateurs regroupés au milieu de la salle, certains avaient pris leurs aises pour dorijiir, d’autres en ont profité pour s’enfuir à la pause! A la fin, les réchap-pés ont applaudi chaleureusement.Les comédiens paraissaient étonnés mais tout de même convaincus de nous avoir donné là un bor.spectacle.Un spectacle porté à bout de bras comme l’idéal de King Gillette lui-même.Dur métier! Michèle Doray Professeure de théâtre Montréal, Il octobre 1999 Des préjugés sur les profs de cégep Un exemple typique des résultats de la campagne de dénigrement menée par le gouvernement du Québec contre ses propres employés depuis deux décen- nies.Voilà ce qu’est la lettre intitulée «Pas de Collège Maisonneuve pour nies enfants» publiée dans Le Devoir du 1" octobre.Dans la partie de sa lettre qui est autre chose qu’un résumé de la mienne, Denis Gaumond scande avec habileté le bon vieux préjugé voulant que les profs de cégep soient une gang de vernis du système qui ne travaillent que 9 à 12 heures par semaine, qui gagnent plus de 50 000 $ par année et qui, en plus, ont quatre mois de vacances.La réalité est un peu différente et il ne servirait pas à grand-chose de la lui mettre noir sur blanc.Cè monsieur semble fort bien ancré dans sa position et la partage d’ailleurs avec une pléthore de gens.Si cela a pour effet de renforcer la croyance, cela n'eû fait pas pour autant une vérité.Lui rappeler qu’à tâche égale, le salaire moyen d’un enseignant est, actuellement, au Québec, le plus bas en Amérique du Nord, ne changerait rien puisque c’est un professeur de cégep qui le dit et que ce que peut dire un professeur de cégep, c’est de la m.:.Montrer du doigt que, dans les cégeps, la proportion des professeurs à emploi précaire est en train de devenir alarmante s’avérerait sans doute aussi utile que de pelleter des nuages.Ajouter que cela compromet grandement la qualité de l’éducation que ses deux rejetons devront y recevoir, bien malgré lui (ce qui, j’en suis sûr, n’est pas pour améliorer leur motivation scolaire) serait, je le sens, également peine perdue.D a une idée déjà toute Me et semble, ma foi, y tenir très fort.Sans vouloir l’offenser, je trouve qu’il carbure aux préjugés, et à pleine caisse.Si ses rejetons sont, à ce niveau, à l’image de leur père, et le contraire serait fort surprenant, je trouve plutôt consolant de savoir que je ne les aurai jamais comme étudiants.Jean-René Jeffrey Professeur en philosophie au Collège Maisonneuve Montréal, 5 octobre 1999 L I B B E 0 P I N I 0 N -?- Taxis : un coup de barre réaliste ALAIN OUELLETTE Propriétaire d’une flotte de taxis à Montréal DJ entrée de jeu, nous voulons appuyer fortement la réforme du transport par taxi, dont les audiences ont lieu à Québec ces jours-ci.L’idée derrière la réforme nous réconforte dans notre vision de l’industrie: le contrôle de la qualité, l’amélioration de la flotte de taxis et des chauffeurs, c’est un objectif que nous devrions tous nous fixer.C’est la façon d'y arriver que nous contestions.Espérant obtenir des changements significatifs dans la gérance du transport par taxi à Montréal, nous sommes non seulement soucieux d'offrir au public un service adéquat mais aussi une meilleure qualité de vie en milieu de travail aux chauffeurs.Pour cela, il nous faut des conditions de travail plus avantageuses qui ouvriront les portes d'un avenir plus prospère et donneront un souffle nouveau à notre industrie qui en a grandement besoin.Il devrait se dégager de la réforme du ministre des Transports, Guy Chevrette, une nette amélioration de notre performance économique, un mieux-être des travailleurs et un meilleur équilibre aux plans social, familial et culturel.Valoriser notre profession en insistant sur l’idée de partenariat au lieu de nous traiter comme des partenaires de seconde classe devrait être un des objectifs du gouvernement.Trop de vieilles voitures-taxis, dites-vous?L’âge des voitures, est-ce vraiment ce qui fait problème?Nous savons tous que des véhicules-taxis ne sont pas conformes aux règlements.On dénombre environ 2(X) à 300 vieilles «ntinounes» traînant au centre-ville de Montréal.Cela donne une mauvaise image de la qualité de l’ensemble.Par contre, les moyens drastiques qu’envisage le gouvernement pour remédier à cette situation ne sont pas nécessairement la solution au problème.Ce j que le client recherche avant tout, selon nous, c est ! une voiture de qualité, propre, sécuritaire et condui-! te par un chauffeur compétent qui connaît la géo-| graphie de sa ville, les règles de courtoisie et, pour parfaire ses connaissances, qui aura suivi une formation adéquate.Tous ces principes peuvent s'appliquer sans qu'il faille réinventer la roue.Des mesures plus réalistes qui conduiraient vers une plus grande efficacité s'imposent.L'essentiel demeure le contrôle de la qualité des véhicules qui souvent n’a rien à voir avec l’année de sa fabrication.La qualité du service offert à la clientèle ainsi que sa sécurité sont des principes qu’il faut développer pour parvenir à une qualité améliorée des véhicules-taxis, plutôt que de se baser sur l’année pour en déterminer la valeur.Les incidences économiques étant déjà majeures, les mesures draconiennes que préconise le gouvernement ne feraient qu’amplifier et même aggraver la situation dans l’industrie du taxi.Des contrôles plus fréquents Nous suggérons donc de soumettre les voitures à des contrôles plus fréquents, c’est-à-dire pour celles qui ont plus de cinq ans, l’inspection mécanique par la SAAQ se ferait tous les quatre mois au lieu de six mois, ensuite l'inspection visuelle tous les six mois au lieu de douze mois.Ces mesures augmenteraient le contrôle de la propreté de la carrosserie — peinture, rouille — et assureraient aussi leur sécurité mécanique.Pour les voitures qui ont plus de sept ans, les inspections mécaniques se feraient maintenant tous les trois mois, l’inspection visuelle tous les six mois.De plus, un comité comprenant un représentant du Bureau du taxi ou de la CTQ, un représentant de l’industrie (chauffeur ou propriétaire) et un représentant de l’association touristique du Grand Montréal serait formé.Ces trois personnes, après inspection des véhicules, auraient à formuler des recommandations qui tendraient toujours vers l’amélioration de la qualité de service.Il ne faut pas perdre de vue que le chauffeur de taxi est pour la ville le premier et le dernier ambassadeur que le touriste rencontre à l’arrivée et au départ.Pour le rajeunissement de la flotte, le gouvernement pourrait, comme cela se fait ailleurs, offrir une exemption de taxes pour tous les véhicules âgés de quatre ans ou moins, immatriculés voitures-taxis.La formation d’une Ligue de taxis de Montréal, élément majeur, comprenant les 8000 chauffeurs et 4000 propriétaires, offrirait à cette association un pouvoir d’achat dont ils ne jouissent pas actuellement et qui favoriserait la diminution de leurs coûts d’exploitation tout en fournissant un interlocuteur valable aux différentes instances et une structure mieux adaptée aux membres de l’industrie.Par ailleurs, il est évident qu’il y a un manque flagrant de ressources pour le transport adapté.Par contre, des précisions s’imposent.Tous savent que le transport dit adapté demande de la part du chauffeur une plus grande vigilance ainsi qu'une plus grande compréhension de la situation.Ce que la majorité ignore, par contre, et qu'il faut relever ici, c’est que pour chaque voyage effectué en transport adapté, le chauffeur doit remettre entre 5 % et 20 % de sa recette à son association de service, qui elle-même le remettra ensuite à la STCUM (donc au gouvernement) pour bénéficier de l'octroi du contrat.La STCUM octroyant au plus bas soumissionnaire, cela décourage la formation d'un véritable réseau de transport adapté par taxi.Pour toute course dite normale, le chauffeur bénéficie de 100 % de sa recette, comparativement à 80 à 95 % pour une course de transport adapté, incluant toujours les mêmes frais d’exploitation.Il est important, compte tenu de ce qui s’est dit et écrit dans les différents médias, en ce début des audiences sur la réforme du transport par taxi, de remettre certaines choses en perspective.Oui, il est vrai que l’industrie du taxi a besoin d'un bon coup de barre, mais il faut également se rendre compte que ces gens ont aussi besoin d’outils plus appropriés pour mieux s’adapter aux réalités économiques.C’est dans cette optique que les nouvelles mesures devront être envisagées.Car, en larguant un nouveau fardeau sur le dos de ces gens, on ne ferait qu’aggraver la situation.Les moyens sont là, l’intention aussi, il ne reste qu’au gros bon sens à triompher! ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ L E l> E V 0 I R .L E M A R 1) I 2 ti OCTOBRE 1 it it it A Î) IDEES Pierre Perrault, mon maître Hommage d’un obscur militant à un maudit poète ANDRÉ L A P L A N T K ierre Perrault est mort.Je ne me P sens pas très bien.Ma mère en m’annonçant sa mort, tôt le 24 juin au matin, m’a offert ses condoléances.Elle connaissait l’importance de l’homme et du cinéaste dans ma vie depuis trente ans.C’est dur, très dur de faire le deuil.Les commentaires publiés jusqu’à maintenant m’ont réjoui par leur nombre mais m’ont souvent laissé sur ma faim.D’autres m’ont carrément attristé.On y reprenait le cliché facile et méprisant de l’homme du passé, folklorique, qui, en mourant, emportait avec lui un Québec qui n’existe plus.Si l’on se fie à une certaine critique, un nouveau slogan était né: l’avenir réside au Nebraska.Ce n’est pas le Québec pour lequel je me bats, patiemment, dans l’ombre, depuis tant d'années.Ce n’est absolument pas l'homme que j’ai connu.Ce n’est absolument pas l’œuvre cinématographique et poétique que j’ai fréquentée et qui exerce toujours une influence si profonde sur ma vie.L’art d’écouter Un premier legs incontournable, dont on a fait peu écho jusqu’à maintenant, c’est son écoute.Pierre me pardonnera de citer un auteur grec.Plutarque disait ceci: «Le commencement du bien vivre, c'est de bien écouter.:» 11 a passé sa vie à écouter les gens d'ici.Pas ceux du Nebraska.Ce qui ne veut pas dire qu’il méprisait les autres peuples.Ses émissions de radio sur les musiques du monde le montrent amplement.Son entreprise, connaître son propre peuple, lui avait simplement dicté ses priorités.D’ailleurs, le peuple américain aurait bien besoin d’un cinéaste et d’un poète comme Pierre Perrault.Les branchés d’ici trouveraient sûrement à y redire.Je milite dans une union internationale.Je connais un peu le peuple américain.Les images fournies par Hollywood, les médias américains ou les branchés d'ici ne traduisent pas ce que le peuple rit là-bas.Enfin, tout cela est une autre histoire.Revenons à Pierre Perrault.Les témoignages, nombreux, montrent que son écoute était basée sur une fréquentation assidue des gens.Cette connaissance lui permettait d’introduire une dynamique qui amenait ses interlocuteurs à se dépasser, à révéler ce qu’il y a de meilleur en eux, ce qu’il y a de plus grand.D n’était pas question de caricaturer ou de mépriser le vernaculaire.Au contraire, il s’agissait d’en montrer la richesse et la beauté.D travaillait avec les gens qu’il aime.Ils sont rares les poètes ou les cinéastes qui basent toute leur œuvre sur la parole des gens.Toute son œuvre transpire de cette influence profonde des gens qu’il fréquentait.Toute son œuvre est émaillée des propos de cultivateurs, bûcherons ou ouvriers.Pierre Perrault a passé sa rie à se colletailler avec le réel, à essayer de nous le faire aimer et de nous arracher aux chimères de la fiction, à essayer de comprendre «le savoir extrême dans la pratique» comme me l’a si souvent répété Léopold Lee, un cultivateur de Saint-Alexandre-des-Lacs.Saisir la vie Son autre legs important, c'est son cinéma du vécu.11 voulait saisir la rie.D était conscient de la nécessité de l’intuition, de la fréquentation des êtres humains, de la poésie pour essayer de nous faire vivre la rie qu’il voyait devant lui.Bien sûr, il a dû provoquer des événements.Mais ils agissaient comme des révélateurs.Bien que la pêche aux marsouins ait été suscitée par le cinéaste, l'expérience est pleine de vérité, les comportements sont authentiques.Les gens de l’île revivent la pèche aux marsouins, refont les gestes des ancêtres.fis jouent leur rie.Comme le dit un de ses personnages: «Nous autres à lile, on a appris la vie en vivant.» Pierre Perrault avait en horreur les interviews.11 voulait 1 ARCHIVES 1.E DEVOIR Le cinéaste et poète Pierre Perrault et trois de ses films, La Bête lumineuse, en haut à gauche, Pour la suite du monde, en bas à gauche, et Les Voitures d’eau, en bas à droite.que la caméra participe au vécu des gens, qu’elle témoigne.Pour la première fois dans l'histoire de l’humanité, l’être humain avait un outil capable de rendre compte de la rie et de pouvoir la faire revivre aux générations qui suivent.Mais encore fallait-il être possédé par la passion du réel.Certaines des séquences filmées par Pierre Perrault sont parmi les plus belles du cinéma direct.Je pense entre autres à celle de Marie qui dit à son mari: «C'est mon secret.» Avec un très grand respect, il réussit à nous donner accès à la rie intérieure des gens qu’il fréquentait et aimait.(.) 11 a inventé une approche, une méthode unique dans l'histoire du cinéma.On ne peut plus regarder le cinéma documentaire de la même façon.Malheureusement, personne ne semble, pour l’instant, vouloir poursuivre cette piste de travail si féconde.Pierre Perrault était l'un des plus grands cinéastes du vingtième siècle.Je le dis en pesant bien mes mots.Cela a pris un auteur français comme Louis Marcorelles pour l'affirmer dans son livre Elément pour un nouveau cinéma.Personne n’est prophète dans son pays.Pour voir un film de Perrault, il faut être debout à quatre heures du matin et regarder canal D! Il y a des raisons à cela.Il disait souvent: «J'ai fait les films que j'ai voulus mais je n’ai pas fait ce que j’ai voulu de mes films.» Gérard Pelletier avait demandé un visionnement privé pour Un pays sans bon sens.L’ONF s’était engagé à le diffuser.Le Fédéral a préféré payer pour en empêcher la sortie.Radio-Cadenas a toujours fermé à double tour sa tour aux films de Pierre Perrault.Il a reçu de nombreux hommages dans les dernières aimées de sa rie.Ce n’est pas ce qu'il recherchait.Il voulait tout simplement que ses films soient vus par le grand nombre.Une poésie ignorée Sa poésie a aussi été largement ignorée des critiques.L’existence du recueil En désespoir de cause, un des plus grands livres de poésie québécois, a été accueilli avec enthousiasme par Jacques Ferron dans le magazine Maclean’s en 1971.11 a été un des rares à le faire.Je me rappellerai toujours d’une rencontre avec Pierre Perrault au Salon du livre de Montréal.Il s’avance vers moi et me remercie.Je lui demande pourquoi.«J’ai vendu un exemplaire de Gélivures cette année et je sais que c’est toi qui l’a acheté.Il été vendu à la librairie de ta mère à Rimouski!» C’est dur d’être un poète au Québec.Probablement ailleurs aussi.Je sais qu’il avait été bien chagriné du silence quasi absolu ayant entouré la sortie d'Irré-conciliabules en 1995.Il lui fallait vivre avec l'aveuglement et l'américanisation de ses contemporains.Il assumait d’ailleurs son état.
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