Le devoir, 30 octobre 1999, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DI M A N C IIE 31 OCTOBRE l il il il « LE DEVOIR ?THÉÂTRE Dramaturge de la cruauté Page B 4 POSITIONS C’est quoi la civilisation ?Page B 5 CHRONIQUE CULTURELLE Fou fantôme Page B 10 Cinéma Page B 6 Musique Page B 9 A la charnière de l’an 2000, l’industrie du disque et du spectacle est en plein remue-ménage: téléchargement par logiciel MP3, mondialisation, fragmentation à l’infini des marchés, vieillissement des structures et déclin des valeurs sures.Il y a peu de réponses à l’horizon, rien que des «uestions.À ET DU SPECTACLE ETAT DES LIEUX 1 gala de l’ADISQ, diffusé ce dimanche en direct du Capitole de Québec, en voilà déjà dix pour lesquelles une agente de promotion, un distributeur, un patron de compagnie de disques et le président de l’ADISQ ont accepté de remuer les méninges et brasser la cabane.Résultat: un chorus à quatre voix qui chante les bienfaits du changement.SYLVAIN CORMIER Alors, ça boume ou ça pète?Le téléchargement par logiciel MP3 va-t-il bouffer les profits du disque et laisser les compagnies de disques exsangues?La radio commerciale est-elle aussi inécoutable qu’on le dit?Le virage de l’an 2000 sera-t-il pris le pied sur le frein ou sur les chapeaux de roues?C’est encore bon, ce qui se chante chez nous?En termes moins crus, c’est en substance ce que Le Devoir a demandé à quelques joueurs majeurs de notre industrie du disque et du spectacle: Mario Lefebvre, directeur national de la distribution exclusive pour le groupe Sélect-Musicor-GAM; André Di Cesare, président des Disques Star; Use Raymond, présidente de l’agence de promotion et de relations de presse Communications Use Raymond; Pierre Rodrigue, président élu de l’ADISQ.1.L’état de l’industrie du disque et du spectacle: radieux, bon, stable, critique?«Compte tenu des circonstances, plutôt bon», résume Rodrigue.«Il y a delà vitalité autour de la table.Je regarde ce qui se passe chez Audiogram, chez Tacca, chez Cabot-Larivée-Champagne [les plus dynamiques des compagnies locales], il y a de belles choses.Mais c’est sûr que l’industrie est en pleine mutation.» Di Cesare, lui, parle d’un «état de renouveau», Lefebvre d’un «état de métamorphose».Il précise: «Le côté business du show est en train de changer radicalement.La façon d'acheminer la musique aux consommateurs est appelée à être modifiée.» Seule Lise Raymond, fille de terrain, établit un constat moins résolument tourné vers l’avenir: «L’industrie du spectacle n’est pas des plus florissantes! On connaît tous la difficulté de remplir une salle à Montréal.On a beau faire tout le “booking” médiatique, on dirait que ça ne se rend pas jusqu'aux consommateurs! Les spectacles gratuits des différents festivals d’été n’aident pas, on le sait! En région, faire une tournée ‘full band” est très dispendieux, ce qui fait que nos diffuseurs préfèrent les spectacles d’humour.» La situation du disque, soutient-elle, n’est pas plus jojo.«Le disque?On ne sait jamais si on tient une bombe ou si le produit ira rejoindre la plupart des nouveautés à L’Échange.La viabilité du produit est dépendante de la radiodiffusion sur nos radios commerciales et de l’équipe qui entoure l’artiste: la règle de base est de croire au produit et de transmettre le tout au distributeur qui en a déjà plein les bras!» VOIR PAGE B 2: INDUSTRIE DE SOPHIE Réalisation-coordination : Lynn Phaneuf 19H-23H LUNDI: Françoise Faucher.Oscar Wilde • La perle noire du Pérou, Suzana Baca MARDI : Roch Voisine et son dernier album MERCREDI : Stéphan Bureau.Astérix JEUDI : Plume Latraverse et un coup de cœur Télé-Québec www.telequebec.qc.ca B *2 LE DEVOIR, LES SA M E D 1 3 ü ET DI M A N C 11 E 31 OCTOBRE I il il il INDUSTRIE «Ce qui se fait aujourd'hui n'a rien à envier à ce qui se faisait il y a 25 ans».SUITE DE LA PAGE B 1 2.Quels indicateurs encourageants ou décourageants observez-vous?lise Raymond constate avantageusement «l’ouverture de plus eu plus grande du consommateur pour des styles musicaux de plus en plus variés (Lilison Di Kinara, Claire Pelletier)» tout en déplorant «le manque d’ouverture des radios commerciales».Le programmateur de radio est pour elle l’empêcheur par excellence: «As-tu déjà fait l’exercice de zapper dans l’auto?Tu tombes régulièrement sur la même chanson (plate!) en même temps dans deux stations différentes.C’est quasi pareil partout.» Rodrigue, lui, voit l’ennemi ailleurs: «Avant de se battre pour nos projets, il faut se battre contre l’uniformisation tant souhaitée par les Américains de la culture à travers le monde.» 3.Commentez l'assertion: «Une poignée d’artistes trône dans les 100 000 exemplaires et plus, tous les autres végètent dans les 5000 et moins.» «C'est la culture du blockbuster», concède Di Cesare.«Le monde achète de plus en plus le disque que tout le monde achète.» Lefebvre renchérit: «On assiste depuis quatre ou cinq ans à l’explosion du phénomène du blockbuster.Il y a de moins en moins de place pour ce que j'appellerais le “middle class" en matière de vendeurs.» Di Cesare y reconnaît le même fossé qu’en économie: «Ce qui a disparu dans la société, c’est le milieu.On est rendus là dans le disque: quelques riches et ben des pauvres.C'est triste, parce que ça ne peut pas faire vivre les compagnies indépendantes.Tu ne peux pas faire tes frais avec 5000 disques, c’est pas vrai.» Raymond est encore plus alarmiste: «5000, c’est généreux! Je dirais qu’il est fréquent de clore un ou deux ans d’efforts sur un album avec moins de ÎOOO copies vendues!» Rodrigue relativise: «Notre chance, une chance que le Canada anglophone n'a pas, c’est qu'on a un star system qui se contrôle assez bien.Entre trois postes de télé, quatre quotidiens, sept stations de radio, ça va encore assez bien, monter une star.» 4.Le téléchargement par logiciel MP3: menace mortelle ou chance de renouvellement?«Ni l'un ni l’autre», répond catégoriquement Rodrigue.«C’est un outil.C’est l'avenir dans la mesure où c’est régi et que les ayants-droit perçoivent de l’argent.J’ai confiance qu’on va trouver un équilibre qui permettra aux gens de continuer à produire de la musique et d'en vivre, mais la donne va changer.Il n’est pas évident que le compact va continuer de coûter 20 $.20 $, en ce moment, le collège producteur-in-terprète-auteur\ ! LES TALENTS DU SIECLE 20 des plus grands artistes francophones de ce siècle Leurs plus grandes chansons réunies sur des albums compilations Présentation luxueuse, son remasterisé et prix imbattable ! 500, rue Ste-Catherine Est • Place des Arts • Galeries Laval • Mail Champlain MS JACQUES N AO EAU LE DEVOIR Pour Pierre Rodrigue, président de l’ADISQ, il s’agit «d’être prêts quand, pour la première fois, un ado a un frisson pour un Leloup ou un Kevin Parent (photo)».à la caisse, les ‘lost-leaders”, la publicité, les détaillants, les sous-distributeurs, le distributeur, la maison de disques, le plan de pressage: l’avantage de la nouvelle technologie, c’est que le collège des créateurs va toucher plus et les autres moins.» Lefebvre, dont le patron, Archambault, vient de lancer un site Internet où des chansons s’achètent à la pièce, est également enthousiasmé par le téléchargement: «Ça constitue une extraordinaire occasion.» Di Cesare prévoit un déclin des albums et le retour du succès isolé: «On va revenir au “single”, à la tome.Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose: combien d’albums parus ces dernières années méritaient d’être faits?» 5.L’industrie du disque et du spectacle au Québec, avec ses relation-nistes, ses spécialistes du pistage radio, ses programmateurs de radio tout-puissants, ses focus groups, est-elle devenue trop industrielle?Y a-t-il encore de la place pour les coups de cœur?«Oui!», lâche Lise Raymond, brandissant son point d’exclamation comme un cri du cœur.«Mais il faut une soda de bonne équipe derrière l’artiste! Encore une fois, la radio commerciale est notre principal obstacle.» Di Cesare porte un constat plus dur encore: «Il y a de moins en moins de place.Il y a seulement la radio non commerciale dans laquelle il peut encore y avoir des coups de cœur.Les “focus groups” [échantillonnages d’auditoire à partir desquels les radios déterminent leurs choix], c’est se conter des histoires.Tu prends un “focus group", tu lui fais écouter quinze secondes d’une tonne.C’est aberrant.» Rodrigue résume le problème en une phrase clé: «Tout ce que je demande, c’est que la tonne ait sa chance.» 6.La chanson québécoise peut-elle encore innover, étonner?Ou alors assiste-t-on au recyclage ad nauseam d’une forme en voie d’épuisement?«Regarde Leloup, Daniel Bélanger, Lhasa, Lilison Di Kinara», soumet Rodrigue.«Ce qui se fait aujourd'hui n’a rien à envier à ce qui se faisait il y a 25 ans.» Lefebvre a également sa liste d’épicerie: «Toute la nouvelle vague, les Daniel Bouclier, Jean-François Fortier, Nicola Ciccone qui viennent d’arriver, et Mara Tremblay qui s’est démarquée Tan dernier, et Bran Van 3000 Tannée d’avant: je trouve qu’en tant qu’industrie, on a fait un gros bout de chemin.» Di Cesare élargit le propos: «C’est la définition de la chanson québécoise qui change.La prochaine chanson de chez nous, elle va passer par une Brésilienne de Montréal qui va jouer avec un ti-cul du Lac-Saint-Jean.» Lise Raymond enfonce le clou: «C’est possible d'évoluer, mais il s'agit de ne pas embarquer dans le moule de la radio.Sinon, on sera toujours pris avec des banalités à la Lara Fabian, Bruno Pelletier et tous les autres qui se spécialisent dans la ballade sirupeuse.» 7.Comment la chanson québécoise peut-elle espérer rejoindre un public assailli de tous côtés par les musiques venues d’ailleurs, autrement qu’en maintenant des quotas?Pour Rodrigue, pragmatique, il s’agit «d’être prêts quand, pour la première fois, un ado a un frisson pour un Leloup ou un Kevin.Il faut que les shows soient bons, que les albums tiennent la route.Qu’on ait de quoi nourrir le fan naissant».Di Cesare s’en remet à la libre commune: «Iœs Québécois.tôt ou tard, aiment se faire chanter des chansons dans leur langue.» Lefebvre appuie: «Quand Kevin Parent chante Maudite jalousie, je pense qu’il n’y a pas un Québécois qui n'est pas rejoint.C’est pareil quand c’est du rap rom me Muzion: ça parle directement.» 8.La radio commerciale, telle que pratiquée aujourd’hui, vous satisfait-elle?Lise Raymond monte aux barricades: «Non! La compétition est féroce entre les stations, ce qui n’aide pas notre cause quand on arrive avec un produit un tant soit plus original.Personne n'ose bouger, tout le monde regarde ce que l’autre fait, et ton “single" poireaute! On mise sur des hits et on les use à la corde.Tu as des radios qui jouent tellement “safe” que leur banque ne contient que 1000 chansons! C’est pas beaucoup.» Ro-drique est d’accord mais plus résigné: «Fondamentalement, les programmateurs de radio travaillent pour un propriétaire dont le premier but est de vendre le temps commercial auquel il a droit dans une journée.Par définition, cette radio-là ne peut me satisfaire.» Lefebvre entrevoit tout de même une issue: «Ce qu’il nous manque, c’est du “college radio” comme il y en a dans toutes les grandes villes américaines.Des radios véritablement alternatives.» 9.Programmateur d’un jour?Di Cesare: «Je ferais jouer ben du worldbeat.» Rodrigue: «Dans l’auto, j’écoute des CD: je me fais ma propre radio.» Lefebvre: «Je suis un vieux tri ppc ux: je ferais de la radio comme il s’en faisait à CKVL FM au temps où tous les genres étaient mélangés.» Raymond: «De la musique de qualité!» 10.Un souhait?Di Cesare revient à la charge: «Deux heures par jour de worldbeat à la radio.» Lefebvre y va d’un désir de reconnaissance: «Je pense qu’on a une industrie solide qui fait l'envie des Français et des Canadiens anglais: on ne le dit pas assez.» Rodrigue fait chorus: «Le public québécois est plus choyé qu’il pense et j’ai me rais qu’on le reconnaisse.» Lise Raymond ne souhaite rien, sinon du temps, plongée dans la préparation du festival Coup de cœur francophone, «je suis dans un mégajus!» Bon signe.CAM Internet r .DERNIERE CHANCE ! date limite 1er novembre Votre accès internet pour l'an 2000 Une année d'accès et plus.À partir d'aujourd'hui, jusqu'au 3Ldécembre 2000, profitez de 300h par mois de connectivité, d'une adresse de courriel et de 4 Mo d'espace disque pour publier votre page web.Achetez l'an 20110 peur 299 $ (taxes incluses) m Plus d'un an d'accès, à partir de votre adhésion jusqu'au 31 décembre 2000.299 $ taxes incluses.Faites le décompte.Informez-vous - 514-529-3000 Cette offre est disponible jusqu'au 1er novembre 1999.& _ connectivité Montréal - Laval - Longuouil - Bivo-Norci - Rive-Sud Bcauharnois - Bedford • Belonl Boucherville • Brossard ¦ Chombly ¦ Châtoauguay Cluenccvilte Contrecoeur Franklin Centre Hemnwigtotd Howick • la Prairie • LacoOe IVUmie.ftynv*! 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THÉÂTRE Marcher aux côtés des acteurs Trois courtes pièces de Pirandello à La Bordée Bien connue pour son travail d’actrice avec Robert Lepage, Michel Nadeau et Serge Denoncourt, Marie Gignac se tourne maintenant vers les contrastes de la mise en scène.DAVID CANTIN Entre quelques lectures radiophoniques et les plateaux de tournage, le Théâtre de La Bordée à Québec invite Marie Gignac à entreprendre l’aventure des Comédies siciliennes de Luigi Pirandello.Cette commande s’ajoute désormais aux autres défis que Marie Gignac veut relever avec force et conviction.Après avoir fait le tour du monde dans La Trilogie des dragons ou en se lançant corps et âme dans un spectacle solo, l’actrice de Québec souhaite s’investir davantage dans le processus de création théâtrale.Il faut dire que, très tôt, son propre cheminement avec Robert Lepage lui a permis d’être toujours près des décisions artistiques.C’est un peu grâce à cette liberté et cette passion toujours grandissante pour le théâtre qu’elle se lance aujourd’hui dans la mise en scène.«Cette première tentative vers la mise en scène me surprend et m’angoisse aussi.Chaque jour, j’ai le sentiment d’apprendre beaucoup, à travers les choix que je dois prendre.Mais, grâce à l’équipe solide qui m’entoure, l’apprentissage se fait en groupe et autour d’une interaction coûtante d'une personne à l’autre.Mon approche vise à établir un climat de confiance où chacun s’ouvre aux idées des autres.Bien sûr, ma tâche principale consiste à aider les acteurs vers la progression finale de ce spectacle.» Créer des liens Au départ, Marie Gignac connaissait très peu l’univers de Pirandello.Bien qu’elle ait vu quelques pièces du célèbre auteur, le pirandellisme et la notion du théâtre dans le théâtre restait pour elle un territoire à découvrir.C’est au fil des lectures des trois pièces et de plusieurs nouvelles que ce monde arrive éventuellement à la séduire.«Dès le début, la mise en scène des Comédies siciliennes me posait un énorme problème.Il ne s'agit pas d’une seule pièce, mais de trois courtes histoires assez différentes qui s’enchaînent.Cecè est près de la tradition comique du boulevard, Le Diplôme prend une tournure nettement plus dramatique, tandis que La Fleur à la bouche touche à des questions d’ordre métaphysique.Le défi, pour moi, était de créer des liens entre chacune des pièces, de les unir au niveau de la forme.Je passe donc de la trame la plus légère à la plus sombre.Il me semble que ce trajet permettra aux spectateurs de mieux entrer dans l'atmosphère du regard pirandel-lien, cette façon bouleversante d’aborder les questions les plus cruciales que se pose chaque être humain.» De la richesse comique au dépouillement, ce monde oscille entre la vérité et le mensonge.Du jeune homme sans scrupule qui utilise différents subterfuges pour se débarrasser d’une jeune fille qu’il a séduite au pauvre père de famille qui cause un scandale avec son nouvel emploi, en passant par ces deux hommes qui parlent de vie et de mort au café d’une gare.Attachantes, ces trois histoires siciliennes montrent l’art et la maîtrise d’un dramaturge qu’on oublie trop souvent Avec des acteurs et actrices tels Jack Robitaille, Réjean Vallée et Marie-Josée Bastien, qui se partagent les 11 rôles, il faudra sans doute accentuer l’illusion théâtrale.Voilà un autre obstacle de taille qui s’impose à Marie Gignac.«Il est important, pour moi, de lier ces pièces entre elfes, de faire rire pour ensuite faire réfléchir.Avec l’espace scénique disponible, je trouve intéressant de jouer avec un décor qui change tout en restant le même.La difficulté réside dans les transitions et le rythme différent de chacune des pièces.La tension sera grandissante, c’est pourquoi il fallait terminer avec La Fleur à la bouche.Ce texte représente un des sommets de l'œuvre de Pirandello, alors que Cecè et Le Diplôme demeurent des pièces beaucoup moins pirandelliennes.Le concept d'ensemble qui les réunit repose.surtout, sur le caractère intrigant qui anime chacun des personnages.Il faut souligner ces traits individuels qui s’opposent.Toutefois, c'est un travail de complicité qui changera jusqu a la fin.Il n’est jamais impossible de faire bouger certaines choses.» Lorsqu’on lui parle de références pour cette mise en scène, Marie Gignac hésite un moment.Bien sur, elle admire certaines grandes figures comme Peter Brook ou Didier Beza-ce.Toutefois, elle mentionne plutôt les gens autour d’elle qui l’aide à faire cette pièce.Les discussions qu’elle peut avoir avec la musicienne Silvy Grenier, son assistante Anne-Marie Olivier ou Jean Hazel, qui s’occupe du décor et des éclairages.Parfois nerveuse et incertaine, elle ne regrette pas ce premier contact avec cette pratique des plus difficiles.«S’il me reste une image en tête, c’est celle de marcher aux côtés des acteurs.Je tente de partager avec eux mon expérience d’actrice, mes inquiétudes.Toujours près du doute, j’apprends à écouter ce qui se passe.Pour moi, la mise en scène est un travail d’écoute mutuelle.L’ouverture d’esprit et le dialogue sont nécessaires.On ne sait pas précisément où l’on va, l’intuition ainsi que le risque suivent chacun des détours.» Souriante et inquiète, Marie Gignac voit la présente année comme un terrain d’exploration.Elle aime tenter sa chance dans plusieurs projets.Il y a aussi le Carrefour international de théâtre de Québec qui l’occupe passablement.Quant à l’avenir, elle aimerait se rapprocher de la création et prendre quelques distances par rapport au jeu.Puis anxieuse, elle pense à ses nombreux séjours en Italie comme d’autres indices qui la rapprochent de la première des Comédies siciliennes.COMÉDIES SICILIENNES Trois courtes pièces de Luigi Pirandello Mise en scène de Marie Gignac Au Théâtre de La Bordée à Québec Du 2 au 27 novembre 1999 Du mardi au samedi à 20h SOCKCi: LA IIOROKK .HJW La comédienne Marie Gignac souhaite s’investir davantage dans le processus de création théâtrale avec sa première mise en scène, Comédies siciliennes de Luigi Pirandello.VIENT DE PARAÎTRE Cahiers t le théâtre JEU En vente dans les Maisons de la presse, en librairie et à nos bureaux.Renseignements : (514) 875-2549 Abonnements : (PERIODICA) (514) 274-5468 LE SEUL TR PHOTOS.s*cri Se«stT •- Dossier : Sens et sacré Conversation entre Claude Lévesque et Alexis Martin Regards sur l’œuvre de Wajdi Mouawad Témoignages de Jean-François Casabonne, d’Yves Sioui-Durand et de Françoise Faucher « Jouer en tournée », une Entrée libre de Jeu Entretien avec André-Louis Perinetti, de l’Institut international du théâtre IMESTRIEL AU QUÉBEC CONSACRÉ AUX ARTS DE LA SCENE BANQUE IAUWENTIENNE cie » la realisation de ta 1999-2000 du Thtètf* ESPACE 00 Avec le soutien de Afin de desservir le public de toutes les communautés culturelles le spectacle sera présenté avec surtitres anglais Une production du Centre Dramatique National / Orléans-Loiret-Centre (France! avec le soutien de ta Scène nationale d Orléans Théâtre ESPACE GO 4890, boul.Saint-Laurent Montréal Information et _____ réservations 514.845 4890 ou Réseau Admission : 514.790.1Z45 avec la collaboration d' «MF lIclIIScll REQUIEM1 pour SREBRENICA Conception et mise en scène d 0 L I V I E R P Y avec la collaboration de Philipps GILBERT Avec Anne BELLEC.Irina DALLE et Frédérique RUCHAUD QUATRE SOIRS SEULEMENT ! du 9 au 1 2 novembre BILLETS EN VENTE DÈS MAINTENANT ACCLAMÉ CET ÉTÉ AU FESTIVAL Moment de théâtre exceptionnel.spectacle fort, éprouvant, bouleversant.- Le Figaro Impossible de rester insensible au talent scénique d'Olivier Py.- Liberation 'Wrms uk- ^ Mouner LE DEVOIR vtgr a k , - photo Louise Leblanc ALCAN POUR AIMER LE THÉÂTRE DÈS L’ENFANCE la Maison Théâtre présente YÜL PAKTie Oe guiLLes cDez La ReiKie Qe cœutt Une production du Théâtre des Confettis Texte : Jean-Frédéric Messier librement inspiré de l’œuvre de Lewis Carroll Mise en scène : Philippe Soldevila Assistance à la mise en scène Hélène Blanchard et Judith Savard Scénographie : Denis Denoncourt Musique : Jean-Frédéric Messier Éclairages : Christian Fontaine Distribution (par ordre alphabétique) : Stéphan Allard, Yves Amyot, Vincent Champoux et Anne-Marie Olivier Régie : Nicolas Saint-Pierre V Du 27 octobre au 14 novembre 1999 Supplémentaire le dimanche 14 novembre, 13 h.BANQUE nationale Commanditaire de la représentation du 6 novembre 1999.LE DEVOIR 1PTVR 514 790-1245 800 361-4595 à 10 ans 245.rue Ontano Est Métro Berri-ÜQAM Métro Sherbrooke Billets en vente (514) 288-7211 L E D K V 0 I R .LES S A M E DI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE I !> 9 !1 105 7 VILLÉRE ?-\l?Michel ^SERR^UUT i Le bonheur tfélrejibfe, la liberté d'être heureux, , rrrj Lion GATH Jean BECKER • « • e x Ce n t ris Un film de // » LJm SHAOPm EDï nom «.une comédie cruelle et jubilatoire.» - LES INROCKUPTIBLES «.carrément emballant.» - LIBÉRATION «.un régal inclassable.» - LE POINT 'Fight Club' vous met au cœur de l'action et bouleverse vos préjugés.Il vous donne le vertige et vous laisse sur une pointe d'ironie.* Peler Tr/lrers.BOLUNQ STONi 'Fight Club' est un film d'humour noir, au rythme furieux.• C.uuf.ice Hvahcs.ASSOCIATED PRESS www.foxmovies.com/figlitclub À L’AFFICHE! ?SON 0IGITU I-ClNf t*vl I OOfOW-I r— CIMtPlt* OOEON-—| r—LIS ClNf MAS QUZZO—1 I— MX OA PII I - oui 20 —1 r— MfOA PVl « • Qli/io —1 IQUARTIER LATIN ?[ | LASALLE (Place) 11 LANQELIER 6 ?! 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Marie-France Bazzo, INDICATIF PRESENT «.un film tout à fait charmant.une dose de soleil.» À L’AFFICHE! f—CINÉPLEX OOtON—i r— LES CINÉMAS GUZZO—i r—— ONtPLEX OOtON ¦ —i i-CINÉPLCX ODÉON-i |COMPLEXE DESJARDINS 11 LANGELIER 6 ?[ [ LAVAL (Galeries) 11 ST-BRUNO ?| i-GINtPLEX OOÉON-1 r—CINÊPLEX ODCOS-1 ( flEURDELYS 1 i-MAISON OU CINEMA -i I BROSSARP 11 BOUCHERVILLE | ITROISRIVIÉRES 0.?|| SHERBROOKE | r—CINÉMA 9 t t- ¦ ¦ CINÉMA PINE -1 r—CINÉMA ST-LAUPENT—i |-CINÉMA GALEMlES —i 1 GATINEAU ?H STE-ADÉLE ?| [SOREL-TRACY ?11 GRANBY ?| ?SON DIGITAL La France sur grand écran et sous-titrée ANDRÉ LAVOIE Certains ont des visions à Fatima ou à Lourdes, mais la directrice de Cinémania, Maidy Teitelbaum, a préféré le cadre enchanteur de Sarasota, en Floride.Alepoque.Unifrance proposait le meilleur du cinéma français aux Américains, le tout avec des sous-titres anglais: ce fut son chemin de Damas, un véritable coup de foudre et l'envie de partager sa passion.Pourquoi ne pas transposer l'idée Jeudi 4 Nov 19 h 30 2e projecljonj-> Sam 6 Nov -) 21 h 15 FESTIVAL DE FILMS EN FRANÇAIS SOUS-TITRÉS EN ANGLAIS MON PÈRE, MA MÈRE, MES FRÈRES ET MES SŒURS AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL AUDITORIUM MAXWELL-CUMMINGS — 1379.RUE SHERBROOKE OUEST 4-14 p'^generatJon-net- ^ O'Keefe ’iss 57M ~ $ novembre 1 999 Jï.f sco*k»Mci.od \yy dhrtëa’rttr UDKWHR ukiïza Victoria Abril @ Md* (U :.Q0ncr Marsh 8 • IN CANADA / 1 ~ “¦ «J, T» ¦ ma m U OTA >*¦ Patnmor* Carvndwn canadwn H«f1Uge INFO-FESTIVAL: 514.878.0082 www.cinemaniafilmfestival.com SSSÏf- Ilfil0 Disponible en CD et cassette 5 ET 6 NOV.MaaWal (Qvébtc) TélSohow .St4.84i.4e90 Admission • K\À ?4D I >oimée Carte blanche à Benoît Dourque Bertrand Gosselin do la culture Frontenac 20 h Bob Walsh avec le Quatuor a cordes Allard et invités Mes souliers sont rouges Suroît Vox Théâtre Dwl roujevrs vivenr Anne-Marie Gélinos El Sikameya il ossionoé, Ar/tUÏ- u T;'.’v Ki'-V, ¦v-m- Vendredi 12 Samedi 10 Dimanche 14 Mercredi 10 Jeudi 11 Mardi 9 Lundi 8 Dimanche 7 Samedi 6 Vendredi 5 Jeudi 4 Henaud-Bray y>;[j 1007 Î5S! v 10Q7; 1 1007! > •“ ¦ -clives ÏSSÜ Mêmcit- Le Zest 20 h Le Lion drOr 20 h LE DEVOIR Le Cabaret 20 h Le Medley 20 h L’Orkestre des pas perdus Paul K.et Jeszcze Raz Kaliroors Massilia Sound 5ystem DJ Ray Ray X-Horde Royal Hill Muzion Kid Fléo Émeline Michel Lancement des Francouvertes Scène ouverte Enregistrement public d'Un p’tif air de samedi soir Enregistrement public d’Un p'tit oir de samedi soir avec Chômai Jolis avec Chantal Jolis ‘ fi* Sa Trémolo Miossec Daniel Hélin Marc Déry CGSI Les Jardiniers Jérôme Minière Étienne Poule Tremblay Deschênes et Julie Brazeau Stephen Ricet Barrier Faulkner Petite-Vallée Projet Orange remonte le fleuve ^ nwû/- Dili on r» I ac Mi irr Miossec Fred Poulet Pierre Flynn aveu à la barre ou Sous le ciel de lo Gaspésie tes wuo le western i«lnao! as> Chanson enragée Ivy, Délirium Circus, Les % Putains Samedi Ska AlaSKA Gangsters Politics Skoferlotine Marcel et UffS son orchestre r Daniel Boucher Sylvain Lelièvre avec Pierre Barouh Auditorium du Jardin botanique 14 h André Borbé (GfÜ Pantin Pantine LE SOCAN PATTISON Un coup de cœur w«T>Tr*iN HRV/A faut bien inventer quelque chose pour rendre l’essentiel.Sitkovetsky l’a trouvé, et on ne peut reprocher aux trois interprètes qu’un peu trop de timidité en ce domaine.Le ton n’est pas «à l’ancienne».On se sert de la sensibilité résolument teintée de jeu moderne expressif, avec un usage de variation dynamique idoine.Il reste que là où le bât blesse, c’est dans l’ornementation.Souventes fois, il est pénible d'entendre ces trilles lentement mesures (à la Gould, mais sans la superbe) qui perdent toute grâce et tout naturel, ou encore d'entendre un peu de dénam-ration de l’idée dans l'appropriation par l'idiome du violon (ou de l'alto ou du violoncelle) de gestes qui sont bien un peu trahis ici — Y Ouverture comme la XXIX' variation en sont les meilleurs exemples.Reste que le disque est loin d’être vain.La limpidité polyphonique est son point fort et aussi la tendresse que le Triskelion met à concevoir cette musique.Cette tendresse a d'ailleurs aussi ses répercussions sur la conception générale du disque.On présente en effet en complément les quatorze canons récemment retrouvés sur la basse du thème.Cela existe en version plus développée ailleurs, mais on entend ici un bref, très bref instant de cuisine de composition fait avec humilité.Pour souligner l'hommage, en dernière plage du disque, on nous offre l'Aria, qui sert de thème tel que joué par Glenn Gould dans le premier enregistrement connu de lui de cette œuvre, réalisée en 1954 (et qui va vous donner le goût de retrouver ce document d'archives — qui existe et se trouve facilement — si vous êtes un tant soit peu fana de Gould)._ soir seulement t \ M Spectacle cTouverture im ^^ Q p Colloque international O Mercredi, 10 novembre 1999 21 h CHANTS LIBRES ^ c1:?CanadS vie Giacinto Scelsi un opéra de chambre multimedia conçu, mis en scène et interprété par Pauline Billancourt « La fascination est complète.On sort du spectacle enrichi, comme après un grand film de Bergman ou la lecture d’un roman de Tournier.» François Tousigmm.Le Devoir its a tribute to hcr stunning interpretive skills.*’ —Minnj Poole.The Cîlobe .uni M.ul Installation scénique et coquine : M.inmiuo Cîuerrcru Vidéo: Michel (ïinmx Fcl.ur.iges l ouis-Philippe Deniers Maquillage lucques-lee Pelletier Théâtre centaur 453, Saint-François-Xavier, Vieux-Montréal (métro Place d Armes) Billets: 18 S (12 S etudiants/aines) Réservations : 514-288-3161 vv vv vv.c h a n t s 1 i b r c s.c o m Un musicien qui n’aime pas les demi-mesures Instrumentiste-compositeur-professeur de renom, le tromboniste Alain Trudel (33 ans) n'aime pas les demi-mesures: «Je sentirais que c’est du gaspillage si je n’allais pas le plus loin que je peux avec mon talent.» Rencontre avec un musicien sans frontières selon qui «il n’y a pas de limitation si c'est ton goût de le faire», tous les genres et toutes les époques contenant des éléments à faire valoir.«Ce qui est vraiment irremplaçable dans la société, ce sont les artistes», en musique et dans les autres arts.Chacun peut, à la rigueur, avec un travail acharné, aligner des notes, mais «des gens qui font de la musique, il n’y en a pas beaucoup», estime ce musicien, réjoui de constater que «l’époque des spécialistes est en train de se terminer, du moins, je l’espère».CLÉMENT TRI DHL LE DEVOIR De plus en plus, le tromboniste Alain Trudel prévoit faire de la direction d'orchestre: il sera à la tète de l'Orchestre symphonique de Windsor pour un concert de Noël et.au printemps 2000, pour une représentation Mozart-Haydn.Il est aussi chargé du Scotia Festival (Halifax) où il doit notamment diriger Oiseaux exotiques.suite d’Olivier Messiaen pour piano, deux clarinettes, xylophone.glockenspiel et percussion.Il réduit volontairement ses apparitions comme tromboniste soliste.La faveur du public et les témoignages sur la qualité de ses enregistrements, recensés dans des magazines prestigieux (Diapason, BBC Magazine ou autres), il les apprécie.Mais il s'est fixe une règle pour éviter de se couper de sa famille plus de dix jours d’affilée: -Je n ai pas besoin de 100 concerts par an; 60 ou 70 peuvent suffire.Je me sens toujours appelé par la musique dans ses diverses facettes.» Le musicien fut notamment admis a 17 ans à jouer avec l’OSM et fut membre fondateur du N EM où il joua cinq ans: «J'y ai appris beaucoup sur la musique et ai p'irrite des talents de Lorraine I aillart-eourt, qui m'avait recrute un peu par hasard en me croisant dans une rue de Paris.» Aujourd’hui, il participe à la plupart des congrès internationaux de trombonistes — le prochain a lieu à Utrecht (Pays-Bas) —.refusant pour l’instant les invitations à taire partie du jury de nombreux concours, -même si cela peut être agréable à ajouter à mon curriculum».Pour la première fois de sa carrière, toutefois, .Alain Trudel vient d'être forcé d’annuler ou de reporter des concerts — 18 au total.11 avait prévu se produire au Château Dufresne le 8 octobre, avec Bellows and Brass, où jouent également le pianiste Guy Few et l'accordéoniste Joseph Pétrie: «Les gens ont etc aimables, ils ont compris», glisse-t-il en massant sa main droite encore endolorie.A egalement été reporte l'enregistrement d'un disque avec Dan Taylor (alto), auquel il a bien hâte de se remettre.VOIR PAGE H IL’ MUSICIEN Une présentation de Universal Music coproduite par le Centre Pierre-Péladeau et la Chaîne culturelle de Radio-Canada ai La première artiste canadienne à signer un contrat d'exclusivité avec la prestigieuse maison Deutsfie Crammoph DeuLn/u- *¦jMimmcynvn En récital le lundi 8 novembre 1999,20 h FAURÉ-RAVEL-SCHUMANN Admission : 7 9 Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure 300.DE MAISONNEUVE EST LE DEVOIR UNIVERSAL v T chaîne culturelle iff Radio-Canada INVITENT 100 PERSONNES AU RÉCITAL DE LA PIANISTE NAÏDA COLE LE LUNDI 8 NOVEMBRE À 20 h Les 100 premières personnes qui présenteront cette annonce â la billetterie du Centre Pierre-Péladeau, 300, boulevard de Maisonneuve Est, obtiendront : une paire de billets pour assister au récital du 8 novembre ET le tout premier disque de Naïda Cole sur étiquette Deutsche Grammophon Heures d'ouverture de la billetterie : du lundi au samedi de 10 h à 18 h Renseignements sur cette promotion : 987-6919 B 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DI M A N ( Il E 3 1 0 (' T 0 B R E I !l !» !» Du luxe d’être un fantôme Hélas! les romans ne valent guère par leurs mots, ni les films par leurs images.Ni disque ni spectacle ne se réduisent à la pureté de leur musique ou à la force de leur performance.Pour s'assurer du succès artistique, seule voie possible: entrer dans l’œil du cyclone promotionnel et faire bonne impression à ce petit'jeu-là.L’artiste caché derrière l’œuvre, timide ou pas, bègue ou maitre du bagout, misanthrope ou sociable, doit prêter son anatomie à l’exercice du grand déballage public.Faute de quoi s’ouvriront devant lui les ténèbres extérieures du livre pilonné deux mois après sa sortie, du film ou du spectacle présenté devant une salle vide, du disque boude par les stations de radio.Une œuvre est une fronde catapultée par les médias qui s’emparent de la tronche de l’artiste, de ses propos, lui offrent le porte-voix.De créateur, le voici devenu vendeur, brocanteur.Doué pour ce type d’exercice, il monte au pinacle, mais recalé de l’antenne.fait souvent papate.Et dure est la chute.H faut voir le cinéaste, l’écrivain français atterrir au Québec après s’ètre tapé le tour entier de la francophonie en voyage promotionnel, du marathon maison à la visite en coup de vent chez les petits cousins du Québec après passage par la Suisse, la Belgique, radotant les mêmes explications, précisant sans fin le pourquoi de sa prose, le comment de sa caméra, la genèse, la chute, l’alpha et l’oméga.«Le scénario fut inspiré d'un fait divers.» énonce-t-il pour la 103' fois, comme s’il repassait une cassette.Devant la journaliste, s’il se sent en confiance, le créateur laissera parfois percer son désarroi, sa névralgie de redites, essuyant un front las, cherchant des formules originales, désespérant de n’en plus trouver, s’en excusant presque.Tout frit déjà dit par sa bouche devenue pâteuse.D lui reste à le marteler jusqu a plus soif.Trem blay L’œuvre s’est faite produit, et le produit réclame sa mise en marché fracassante.On n’y échappe pas, ou si rarement.Celui qui dit non, qui refrise d’entrer dans la danse de la promotion, fait figure d’aviateur kamikaze et pique d’ailleurs du nez la plupart du temps.N’empèche que le luxe suprême, c’est de pouvoir tourner le dos à tout ce beau monde, armé d’une caméra ou d’un stylo, pour se contenter de créer, en présumant que les mots ou les images se suffiront à eux-mêmes.«Lisez autre chose, profère l’insoumis.Pilonnez-rnoi si ça vous chante, mais le seul ambassadeur de mon livre sera mon livre.» Je pensais à tout ça cette semaine en refenqant le dernier roman de Réjean Duchanne, Gros mots.A cause du fantôme de l’auteur qui flotte sur la littérature québécoise comme un spectre de l’Halloween, refusant de se matérialiser, narguant depuis trente ans l’appareil à pub qui propulse les autres.On ne le verra pas sur le plateau de Pivot, même si la chic maison française Gallimard le publie et en redemande.D ne viendra pas signer des exemplaires de Gros mots au Salon du livre de Montréal.Il glissera comme une ombre dans tm ailleurs moins tapageur, marchant dans les rues de l’automne, recueillant des bouts de métal pour ses collages d’artiste, attrapant au vol des expressions, des bribes de vie afin de nourrir la trame de ses livres.Seul de son espèce, ou presque, à s’abstraire du jeu des relations publiques, libre du système qui s'entortille autour de l’art.Kamikaze, vraiment, son approche par le vide?Allons donc! Les fantômes sont parfois tellement plus séduisants, plus mystérieux que les profils d’artistes démultipliés sur la «plogue» des journaux et des petits écrans.L’absent n’a jaïqais tort puisqu'il fait rêver.A douze ans, je noircissais les premières pages de mon journal intime avec des citations de Réjean Ducharme, contemplant l’unique photographie officielle de l’auteur, celle de sa première jeunesse, aux yeux curieux et ronds, qui permettait d'imaginer d’infinies métamorphoses pour son visage d'adulte.«Tout m’avale», lançait l’incipit de L’Avalée des avalés.« Quand j'ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée; c’est dans mon ventre que j’étouffe.Quand j’ai les yeux ouverts, c’est parce que je vois que je suis avalée, c’est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque.» Je me répétais de grands bouts de sa prose comme im mantra, entrant dans la peau de son héroïne qui lançait plus loin avec une pudeur farouche: «Ma solitude est mon palais.» Personne, à mes yeux, ne savait mieux parler de la gloire fragile de l'adolescence que cet écrivain fantôme qui refusait les faux-semblants de l'âge adulte, les amours frileuses, et carburait à la folie considérée comme un des beaux arts, aristocrate esseulé tenant tète dans son coin d’ombre à la démocratie des médiatisés massés sous leurs projecteurs.Bien des lecteurs québécois ont grandi avec Réjean Duchanne, sans le connaître, sans avoir entendu le son de sa voix, juste en suivant le fil de ses romans où il ne vieillissait d’ailleurs jamais, son alter ego prenant des rides tout en conservant une éternelle innocence.Il n'a pas eu besoin des interviews, des explications bafouillées sur le comment et le pourquoi de son refris d’assoupissement.L’écrivain reclus prouve en bout de piste que la respiration artificielle n’est pas indispensable quand le patient possède la santé et que son nom se tient tout seul.Il nous en convainc encore avec Gros mots, à travers le torrent verbal d’une écriture qui prend le mors aux dents et qu’on enfourche avec lui à bride abattue, sonné souvent, ébloui parfois, tant les images s’y entrechoquent sans arrêt.Son héros est un poète et un amoureux de sa condition qui ne joue le jeu de rien d’autre, si ce n'est de l'amitié, trop occupé à vivre pour perdre son temps à travailler.Privilège de poète.Il se déploie entre ses femmes et les aime jusqu’au bout, même s’il ne sait pas où ce bout-là va le mener.Et quand son roman déferlant ne parle pas d’amour, il évoque comme en passant la quête fuyante de l’écriture.Réjean Ducharme ne se révèle jamais autant qu’à l’heure d’exprimer son amour des mots, de vrais mots dissimulés la plupart du temps, qui surgissent un jour sans prévenir en laissant l'auteur sous le choc, et le lecteur aussi mi coup parti: «J'ai trouvé un trésor.», écrit-il dans Gros mots.«Ata abords de la Pointe, entre les quenouilles et les roseaux panachés, dans cette jungle en train de se glacer où je me plais à m’introduire en passant.J'ai trouvé, tout ouvert, tout de travers, comme jeté par-dessus bord, un plein cahier de vrais mots.De paroles.Les travaux et les jours, on dirait, d’un impossible auteur, un complexé des grandeurs, un épris dont on n ’a pas cru les cris trop forts en métaphores.Et la première page, et c’est ce qui m'a rachevé, est datée d’aujourd’hui, sans préciser Tannée.» otrem blayéà ledevoir.coin MUSICIEN Un éloge du système du conservatoire SUITE DE LA PAGE B 1 1 Cette mini-sabbatique forcée en raison d’un accident de voiture ne l’a aucunement privé d'énergie pour poursuivre ses classes au Conservatoire de musique du Québec à Montréal où, le 6 novembre (à 20h, à la salle Gabriel-Cusson), il jouera en compagnie de quelques-uns de ses élèves trombonistes.Au programme: Giovanni Gabrieli, «auquel on ne peut pas échapper quand il est question de trombone» et dont certaines parties de «chansons à jouer sur des instruments» (canzon da sonare) seront traitées à la manière vénitienne, dans le style anti-phonaire; Wagner dans un extrait de Lohengrin — marche d'Eisa vers la cathédrale: arrangements pour cuivres de trois chants de Debussy, quelques pièces de jazz, etc.L’un de ses derniers disques, Jericho's Legacy (chez Naxos) puise d’ailleurs dans cette veine du jazz et lui permet de s’affirmer comme compositeur.«Il est important que les élèves apprennent à jouer ensemble, qu’ils en arrivent à un son homogène, sans rien renier de leur personnalité», en respes-tant l’esprit d’un auteur, sans vouloir toujours y mettre leur signature, ce qui pourrait trahir une œuvre, pense-t-il.La plupart de ces jeunes joueront dans des orchestres, pas nécessairement comme solistes.Avec eux, il reprend le 12 novembre, à l’église du Très Saint-Cœur de Marie, à Chambly, une partie de ce concert du 6.Le professeur Trudel (qui n'a aucun lien de parenté avec le signataire de cette chronique) a aussi le sentiment qu’il doit souvent s’exécuter avec ses élèves, pas seulement les diriger «À quoi bon leur dire: ‘faites ça” si tu n’es pas capable d’exécuter toi-même la technique que tu décris?» C’est à Chambly qu’est née Albani (Emma Lajeunesse), première cantatrice canadienne à faire une carrière internationale.C’est aussi le lieu de résidence d’Alain Trudel.D s’y implique depuis huit ans dans la Fondation des arts et de la culture de Chambly-Cari-gnan, allant même jusqu’à demander aux candidats aux élections municipales du 7 novembre prochain de se mouiller sur la question culturelle: «Ils mènent la barque, et s’ils n’ont pas une vision claire de la culture.» «Les artistes ne sont pas pareils partout, ce sont eux qui définissent qui on est.Et si Ton ne tient pas compte de la différence culturelle.on meurt comme société.» Il dira, toujours sans fausse modestie, que les «artistes qui réussis- Denis Brott, violoncelle et chef invité violoncelle saison Alexander Brott, chef d'orchestre fondateur Denis Brott.Schubert - La jeune fille et la mort (arr.pour orchestre Gustau Mahler) ainsi que des oeuvres de Elgar, Tchaikousky et Chostakouitch Ier nouembre, 20 h Théâtre Malsommwe, Place des Arts Conférence de Richard Turp, 19 h Billets : 35$, 28$.20$ (10$ étudiants) Place des Arts 842-2112 et Admission 790-1245 i lyrusici J rie fïlontréal IMPRESSIONNISME MUSICAL Yuli Turovsky Directeur artistique Jeudi 11 et vendredi 12 novembre 1999, 20 h lï Satie de concert Pot lac* Pollack concert hall Billetteries I MUSICI 982-6038 ADMISSION 790-1245 www.imusici.com CHRISTOPHER TAYIOR PUNO a Un des plus brillants pianistes américains de la jeune génération n EUGÈNE YSAYE VKMON Harmonies du soir pour quatuor et orchestre ERNEST CHAUSSON Concert en ré majeur pour piano, violon et cordes, op.21 GUILLAUME LEKEU Adagio pour quatuor à cordes et orchestre MAURICE RAVEL Quatuor à cordes (arr.Y.Turovsky) COMMANDITAIRE PRINCIPAL NGRTEL NETWORKS msot.l lAlJtlNTIfNNf NDFKSFN Car (fairttr sent un peu, comme moi», doivent assurer une présence dans leur patelin, et que «si Ton voyage en Europe, où existent de grandes traditions, elles sont bien nées quelque part».D s’intéresse à la littérature, aux arts plastiques, au patrimoine.Pour bien illustrer son enracinement, il laisse tomber «J’aime ça, vivre ici.» Ayant déjà rempli un contrat d’iut an à Barcelone avec le maestro Franz Paul Decker, il se sentait insatisfait du seul rôle de membre d’un orchestre.Casanier hyperactif, c’est à sa famille que désormais vont tous les temps libres qu’il se ménage.En résumé, Alain Trudel aime bien Chambly et laisse à sa gérante depuis 13 ans, Barbara Scales, d’agencer son horairç en tenant compte de «mes rêves fous».A la mention de Music for Wilderness, de R Murray Schafer, pièce pour 12 trombones qu'il a déjà interprétée par grand froid aux abords d’un parc, à Halifax, il réagit aussitôt: «J’aimerais monter ça, peut-être au lac des Castors sur le mont Royal ou, pourquoi pas, ata abords du bassin de Chambly.» Mais il faudrait sans doute recruter d’anciens élèves pour une telle aventure; il n’en exclut pas la faisabilité.Quiconque a vu le film documentaire tourné en 1998 (La Mission d’Alain Trudel) sait combien sa spontanéité, son style détendu, son rire, sont communicatifs.et combien il sait garder tète froide même si son ancienne école (Joseph-François Perreault) a une salle Alain-Trudel et que ses collègues du Conservatoire (Joe Zuskin, Lorraine Prieur) encensent sa compétence et sa générosité.Il fera en fin d’entrevue un éloge très senti de l’école publique et du «système du conservatoire» qui est à l’origine de toute une génération de musiciens, et sans lequel il n’aurait pas pu intensifier sa formation: «Venant d’un milieu pauvre, je n’aurais pas pu me payer des leçons privées.» Ce système-là, qui, par auditions, admet les candidats au mérite, «ce n 'est pas seulement quelque chose de bien, c’est essentiel».«dC ~ ’ Québec II » ___________ CONSERVATOIRE DE MUSIQUE ET DART DRAMATIQUE DU QUÉBEC Art dramatique Montréal Le Conservatoire d’art dramatique de Montréal présente Gloumov ou II y aura toujours assez de stupidité pour contrer n’importe quel sage d'après Alexandre Nikolaievitch Ostrovskii mise en scène d’Igor Ovadis du 29 octobre au 6 novembre____(?2ÔfÇ) (relâche le dimanche 31 octobre) studio-théâtre Jean-Valcourt 100, rue Notre-Oame Est Montréal (métro Champ-de-Mars) Renseignements : (514) 873-4283 Coûts : 6,00 S (don versé au fonds de secours des élèves) 5llcIc-Lu1iLc- (1 11 II Ateliers • work-in-progress • discussions • présentations de vidéos Chants Libres accueille Frais d'inscription: 225$ en collaboration avec le Musée.d'art contemporain de Montréal et Opera America la SQRM et ISEA ^ ’ ré- création, voix et nouvelles technologies Colloque internamnol sur l'opéra contempari 1 10 au 13 a Spectacle d'ouverta^ Les Chants du Ca( Mercredi le 10| ‘Théâtre Centaur creation3chantslibres.org • ww JACQUES NADEAU LE DEVOIR .Alain Trudel et ses élèves trombonistes en répétition sm f .de télévision de Michel Vinaver mise en scène d'André Brassard les finissants et finissantes de l'École nationale de théâtre en spectacle du mardi 2 au samedi 6 novembre 1999 à 20 h matinée le dimanche 7 novembre à 15 h Salle Ludger-Duvernay MONUMENT-NATIONAL iWl billettebie: 871-2224 entrée pour fêter ses io ans.vous offre un n II RETOUR AUX SOUCHES redécouvrez ses classiques !
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