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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-10-30, Collections de BAnQ.

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— ?I*"***- frf.i (AI)fiAÙ I.K DICVOIK ft'-,;*,.}" r^i ^ publié le samedi 75 novembre 1999 J Salon Montréal Date de tombée: le vendredi 5 novembre 1999 LE DEVOIR LE DEVOIR Gilles Marcotte ?Lettres québécoises Page D 3 Le Feuilleton Page D 4 Essais québécois Page D 5 Jean Racine, 1699-1999 Benoît Duteurtre Page D 7 Spécial Halloween Page D 8 Gilbert Boyer Page Dll Formes Page D 12 Avez-vous lu une pièce de Racine, récemment?Il est bien vrai que nous les modernes, les agités, nous n’avons pas toujours le temps de coincer une pièce de Racine entre deux parutions croustillantes.Mais enfin, si vous l’avez oublié, je vous le rappelle: c’est bien en 1699, c’est-à-dire il y a trois siècles, qu’est mort le plus grand dramaturge français, c’est-à-dire le plus grand dramaturge de notre langue, de notre culture, revenu à la piété après avoir porté à la scène les plus violentes passions.Il ne faudra pas compter sur l’institution festivalière, ou même sur notre théâtre subventionné, pour célébrer ce tricentenaire.On préfère Feydeau, et je le comprends, je l’approuve même; Racine, c’est dangereux.Pour moi, j’ai très dignement célébré Racine, me semble-t-il, en sortant de ma bibliothèque une vieille édition de poche (soyons précis: Garnier-Flammarion) de son théâtre et en lisant d’affilée quelques pièces parmi les plus grandes.J’avais vu une superbe mise en scène d’Iphigénie, il y a quelques années, dans une grande ville de France, et dans la même ville la Phèdre éblouissante de Silvia Monfort; puis, dans une autre ville, une Bérénice toute d’excès dans l’intelligence et la passion.Trois grandes représentations de Racine dans une vie, ce n’est pas mal.Oserai-je dire que la lecture ne m’a pas procuré des satisfactions moins grandes que ces beaux spectacles?Pour célébrer Racine, rien peut-être ne vaut mieux que la lecture, la simple lecture, l’immersion dans un texte souverain.La puissance de ce texte, je l’ai éprouvée de façon particulièrement saisissante, il y a près d’un quart de siècle, dans un lieu qui n’est pas toujours favorable à la communion émotionnelle, une salle de cours à l’université.Cela se passait dans un cours dit de travaux pratiques, où chaque étudiant doit faire l’explication d’un texte littéraire.Ce jour-là, le texte imposé était un extrait d'Andromaque.Nous avions eu, la semaine précédente, quelques difficultés avec un extrait de La Princesse de Clèves, où les étudiants avaient trouvé beaucoup de prétextes à une indignation d’origine vraisemblablement socialiste contre la noblesse du Grand Siècle, peu soucieuse de justice distributive.Andromaque m’inquiétait donc un peu.Mais voilà que la lecture commence, bien faite par une étudiante à vrai dire plus âgée que la moyenne et qui sait articuler, une étudiante qui de toute évidence aime ce qu’elle lit, et je vois, je sens aussitôt que toute la classe est emportée par une magie à laquelle elle ne s’attendait évidemment pas.Nous avons discuté un peu, après la lecture, mais l’essentiel était fait, la partie était gagnée.Nous avions été atteints par ce qu’il faut bien appeler de la beauté.C’est à cause de moments comme celui-là — combien, dans une carrière?— qu’on peut croire n’avoir pas perdu tout à fait son temps dans les salles de cours.On aura beau faire, et lire plusieurs fois le Sur Racine de Roland Barthes, on ne fera pas de l’auteur de Phèdre un auteur moderne, apte à entrer dans les petites ou grandes inquiétudes de notre fin de siècle.On a pu porter Shakespeare — et Molière — au cinéma avec un certain succès; pour Racine, la seule idée d’une telle transposition serait une trahison.La télévision de Radio-Canada, qui fut autrefois consciente de ses obligations culturelles, a bien tenté d’introduire Phèdre dans sa programmation du dimanche soir; je me souviens d’une actrice de grand talent, tellement écrasée par le rôle et la situation fausse dans laquelle VOIR PAGE D 2: RACINE ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ni * .,ÏT .; .ROBERT CHARTRANI) 1 a beau avancer à grandes enjambées dans la vie, Yves Beauchemin a gardé, la cinquantaine arrivée, l’air qu’il avait sans doute déjà à vingt ou trente ans, avec sa bonne tête de garçon modeste, sûrement gentil, un peu rêveur, même s’il est devenu un romancier populaire au sens fort, une sorte de champion des gros tirages depuis Le Matou: un million et demi d’exemplaires pour celui-ci, la moitié pour Juliette Pomerleau.Et si les Français l’ont comparé à Balzac et les Anglais, à Dickens, c’est moins pour son succès que pour son sens de l’anecdote bien ficelée.Car l’écrivain Beauchemin est avant tout un raconteur.«Tout en essayant d’être original, je cherche constamment à donner à mes récits une fluidité qui permet d’entrer dans l’histoire avec le moins d’effort possible.Fluidité, accessibilité, simplicité: on retrouve cela notamment chez Jacques Poulin, que j’admire beaucoup.Cela paraît facile, mais c’est tout un art d’y arriver: c’est du naturel conquis.Et j’essaie de bien camper mes personnages puisque, selon moi, c’est d’abord sur eux que repose la valeur d’un roman.On n’a qu’à lire les classiques: Balzac, Stendhal, Dickens, Zola.» Ni héros ni martyrs, les personnages principaux de Beauchemin ont les qualités ou les atouts — force de caractère, ténacité — pour affronter les aléas de l’existence et, le cas échéant, réaliser leurs rêves.Bref, ce sont des gagneurs.Or, voici du nouveau: Guillaume Tranchemontagne, le personnage central du dernier Beauchemin, semble avoir gagné d’avance.Dès le début du roman, il est prospère comme essaie d’y parvenir le Florent Boissonneault du Matou et estimé comme voudrait l’être le Nicolas Rivard du Second Violon.«Il est vrai que Boissonneault était un jeune loup qui cherchait à réussir, à construire sa vie.Alors que Nicolas Rivard, à quarante-cinq ans, décidait de la refaire.Tranchemontagne, lui, est un homme arrivé après avoir travaillé très fort pendant trente ans.Ses enfants sont en mesure de prendre la relève.Bref, tout devrait aller bien même si son mariage a été un échec et que, depuis un an, il a quitté sa maîtresse.Mais il se met à ressentir un froid intérieur, une sécheresse qui n’est pas due seulement à la solitude.Il a un sentiment d’inachèvement, l’impression d’un ratage.» L’élément déclencheur de ce manque — il y en a toujours un, plus ou moins inattendu ou spectaculaire, au début des romans de Beauchemin —, c’est la brève rencontre, à l’hôpital, d’une jeune femme atteinte d’un cancer au cerveau.îfcvS-* i J * r •« w «fl ***”'» 4 - ,-v-ï*,v«S * #•* H VOIR PAGE I) 2: BEAUCHEMIN I ** * • I i< T» v î V Île7r,tr 1 * * *Y« JH \ C : Vv L E l> E V I) 1 R , LES S A M EDI 30 E T I) I M A N (' HE 31 (l < T (t B R E I !» !» !» Livres RACINE Un beau Racine, au théâtre, tient toujours un peu du miracle elle se trouvait qu’elle cherchait désespérément des colonnes où s’appuyer.Au théâtre même, la chose ne va pas de soi, et George Steiner a raison de marquer l’infériorité, sur ce plan, de Racine par rapport à Corneille.Un beau Racine, un Racine pleinement convaincant, au théâtre, tient toujours un peu du miracle.C’est que Racine, avant tout, c’est un langage — c’est une langue.Prisonnier volontaire de la règle des trois unités, qui limite sévèrement les effets de spectacle, il joue son va-tout sur une langue qui enfouit les difficultés, les drames, les violences, les cruautés — plus profondes et plus meurtrières même que dans le théâtre shakespearien — dans une harmonie, une simplicité apparente, très rarement rompues.Cette langue, note Steiner, est presque impossible à traduire, et c’est pourquoi le plus grand écrivain français (peut-être) n’est jamais arrivé à sortir de ses frontières; mais elle nous est également devenue étrangère, à nous, les Français d’aujourd’hui, qui butons souvént sur des formulations syntaxiques enchevêtrées, inhabituelles, et devons souvent traduire intérieurement un vocabulaire dont les mots ont, en quelques siècles, presque complètement changé de sens.Mais n’est-ce pas cette étrangeté même, cette étrangeté dans le même, qui devrait nous attirer dans le théâtre racinien?Il y a beaucoup de choses qu’on peut reconnaître chez Racine: des chants d’amour superbement passionnés, ceux par exemple qu’échangent Junie et Bri-tannicus; et surtout des fureurs, des férocités dont notre expérience personnelle et historique n’est évidemment pas dépourvue.Mais lire Racine, c’est peut-être, essentiellement, lire la distance ou le contraste entre une férocité de fauve, tantôt retenue à grand peine et tantôt échappant à toute contrainte, et une forme, un style qui font de la litote, de la mesure leurs armes principales.Thomas Pavel, dans son beau livre sur l’imagination classique, a défini son art comme «un art de l'éloignement».Aucune forme d’expression peut-être n’est plus éloignée de nous, modernes, fascinés par l’immédiat, «le visage fruste de la banalité».L’art classique, il suffit de lire quelques pages de Racine pour s’en rendre compte, n’ignore rien du malheur humain, mais il le met en relation avec une forme souveraine qui, n’annulant rien de ce malheur, au contraire, par sa discrétion même le portant au paroxysme, le soumet à une forme qui permet de s’en distancer, de le penser.Les héros classiques, dit Pavel, sont à la fois exemplaires et inimitables, et c’est en cela qu’ils nous sont à la fois étrangers et nécessaires.Jean Racine par Santerre Jean-Pierre Rogel Un livre pour réfléchir à l’aube de ce siècle qu’on annonce comme étant « le siècle de la génétique ».fVi.ene t • - m iLC: ' ,, I LANCTÔT XYZ éditeur Qui êtes-vous Lucien ?T Dieu?« Satan ?m Seruio K«>k» Sergio Kokis L$ maître de jeu .• 22,95 $ 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 \ | ^ Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 éditeur Courriel: xyzed@rnlinl9 I I) (> ROMANS DE L’AMERIQUE Une bonne chose de faite Le Führer dans de beaux draps Patrice Desbiens me l’avait dit: «Oh man, Stephen King.» Comme l’Hallo-ween approchait, j’y suis allé jeter un coup d’œil.Enfin, un coup d’œil.600 pages bien tassées que l'auteur, si l’on en croit la petite notice géo-chronologique qui remplace, dans beaucoup de livres, les trois lettres du mot fin, aurait écrites en un peu plus de huit mois.Oh man.Le sujet de départ?L’écrivain de 40 ans victime de blocage (le fameux «writer's block» de la mythologie littéraire grand public, élément déclencheur d’innombrables fictions).L’auteur en panne, d’un point de vue romanesque, devient intéressant.Le montrer au travail, au contraire, n’attire guère la sympathie.Un peu comme contempler des gens heureux: quand tout baigne, pas d’histoire.Et Stephen King, qu'on découvre, dans ce livre, en écrivain diablement sérieux, est avant tout un féro ce et gigantesque raconteur d’histoires.Il faut savoir ce qu’on entend par «écrivain» dans ce Sac d’os.Michael Noonan, évident alter ego de l’auteur, est un homme capable de pondre, année après année, un produit assuré de figurer sur la liste des best-sellers mais cantonné, à son grand dam, entre les positions 15 et 5, d’où il peut contempler la majesté des Mary Higgins Clark et autres Robert Ludlunt.Un homme qui vaut, bref, ses quelques millions.Pour l’écrivain paumé, faudra repasser.«Ma femme a lu tous vos livres» est la phrase qu’il entend le plus souvent.Noonan est une petite usine que son agent et sa directrice littéraire soignent aux petits oignons.S’il traîne quelques regrets, ils sont bien légers: celui, peut-être, de n’ètre «ni Thomas Wolfe ni même Torn Wolfe».Mais il y a des compensations.L’un des éléments clefs de ce livre s’avère être l’ironie à peine déguisée avec laquelle Stephen King, mine de rien, traite de son propre statut de gros vendeur snobé par les beaux esprits de la critique officielle et de son rapport à la littérature plus «sérieuse».«J’ai écrit des tas de bons bouquins ces temps derniers, ils me sortent de la tête comme les bouses du cul d’une vache.» Bref, comme Liberace, il rigole tout le long du chemin qui le mène à la banque.jusqu’à ce que la mécanique s’enraye.Noonan avait un petit rituel, avec sa femme.Une bouteille de champagne, deux coupes: il la laissait taper la dernière phrase, et après, elle pouvait dire: «C’est une bonne chose de faite, alors, non ?» Mais voilà, sa femme est morte.Ça arrive dès le début du livre, une bête rupture d’anévrisme au milieu du parking d’une pharmacie.Aussi bien dire que Sac d’os démarre sur les chapeaux de roues.Essayer de résumer cette intrigue foisonnante apparaît parfaitement inutile.Disons qu’il y est question de la vie cachée de la femme de Michael et d’un chalet (assez luxueux, lè chalet) servant de retraite à ce dernier, au bord d'un lac du Maine, près d’un endroit où fut commis, au début du siècle, un crime particulièrement sordide.Il s’agirait donc, du moins en surface, d’une bonne vieille histoire de fantômes ayant pour théâtre cette résidence secondaire spacieuse et solitaire et ses environs (on pense, évidemment, à Shining).Mais l’intérêt est ailleurs.Plus précisément: dans la palette de moyens rien moins que phénoménale dont se sert King pour enrober son histoire touffue, qui révèle un écrivain bien plus vaste et complexe que le simple conteur de récits d’épouvante auquel qn est souvent tenté de le réduire.Ecrivain «réaliste» tout d'abord, qui observe avec un détachement amusé les travers de ses contemporains.Une certaine Amérique rurale, que son isolement ne soustrait ni aux aléas de l’époque ni à l’emprise des méga-dollars, vibre de présence à travers son regard.Comment résister à un auteur capable de laisser échafp per, mine de rien, des phrases aussi exquises que celle-ci: «L’Amérique est pleine, de plus en plus, de grands gaillards roulant dans des bagnoles minuscules.» Bel exemple de ce que le bon Eugène de Patillon appelait, si mon souvenir ne me trahit pas, une «motivation réaliste».Ou un effet de réel, si on veut.Il y a, chez King, un maniaque des mots que j’ignorais avant d’ouvrir ce livre.On sent partout la touche folle du cruciverbiste.Le roman, en jouant sur de nombreux tableaux, réunit les meilleures qualités de deux genres pourtant peu habitués à se rencontrer sur un même terrain: le livre grand public (cliché) et le «roman pour écrivains» (re-cliché.).On y trouve un livre dans le livre qui, à travers le jeu d’une invention fertile mêlant l’acrostiche à une prose parfois digne de Réjean Ducharme, adopte le fonctionnement d’une grille de mots croisés tandis que l'une des clefs de l'énigme réside dans l’onomastique de l’annuaire téléphonique! Mais l'intention ludique se révèle surtout dans l’incessante et si évidente jubilation qui semble s’emparer de Stephen King chaque fois qu’il doit tracer des portraits, ébaucher des comparaisons.Rien ne lui échappe.Son ordinateur, en temps de crise, devient le «jeu de Scrabble le plus cher du monde», son chalet, une «patinoire meublée en rustique américain», un manuscrit, un «chiot abandonné qui saurait qu’on a déjà emporté ses frères et soeurs pour les gazer».On pourra déceler, bien abrité par les thèmes fantastiques classiques, un propos diaboliquement sérieux: c’est la nature même de la réalité que King-Noonan semble interroger quand il fait se dérober, sous les pieds de son lecteur-protagoniste, le terrain qui paraissait sûr.Ici, on ne se réveille d’un rêve que pour entrer dans un autre rêve.Tout est signe, y compris le ululement des hibous.Les fantômes sont des «désirs vivants, détachés de leur corps», et le monde, «une mince pellicule sur des os et des gouffres insondables».Bien dit.Quand je referme le livre, je songe à part moi: voilà une bonne chose de faite.SAC D’OS Stephen King Traduit de l'américain par William Olivier Desmond Albin Michel Paris, 1999,600 pages LES EXPLOITS D’ODILON VERJUS, TOME 4: ADOLF Yann et Verrou Le Lombard Bruxelles, 1999,46 pages Qui a dit que le bédé était source d’inculture?Ça ne vaut peut-être pas un bon roman de Denise Bombardier, mais Adolf, en plus d’administrer une hygiénique dilatation de la rate, inculque des notions non négligeables de latin, d’allemand et d’histoire.Nous sommes à Berlin en 1932.Battu à plate couture aux dernières élections, Hitler imagine un stratagème pour rapiécer son rêve d’établir un Troisième Reich.Son plan?Feindre le suicide, organiser ses frmérailles, le corps drapé dans le Saint Suaire, puis ressusciter, le tout en grande pompe et filmé par Leni Rie-fenstahl.C’est sans compter la présence de Vetjus, missionnaire épicurien, «un quintal et demi de foi pure, exempte de bile et de fiel», et de la facétieuse Joséphine Baker, de passage dans la capitale pour une série de spectacles.Le scénariste Yann (Colt Walker, Les Innommables) beurre un peu gras, mais dans le registre humour et aventure, pour ce qui est de concocter des scénarios juteux et des reparties relevées («Il est minuit, docteur Goebbels»), c’est un vrai cordon bleu.LABYRINTHES Mattotti-Kramski Traduit de l’italien par Marc Voline Le Seuil Paris, 1999,63 pages Des dieux hindouisants — dont Oscar, «celui qui condescendait» — construisant tut paradis en Arctique, des vestes dont la couleur s’ajuste à celle du temps, des chemins pour pénétrer les rêves des défunts: dans ces Labyrinthes, on se trouve et on se perd en plein surréalisme.D’ailleurs, les pastels fabuleux de l'Italien Mattotti, à travers des poussées futuristes ou expressionnistes, sont ceux, comme pour Tanguy ou Miré, d’un créateur de mondes, de peuples insolites.Sans rien vouloir enlever aux scénarios oniriques de Jerry Kramsky (pseudonyme de Fabrizio Ostaru), cest l'image qui prédomine ici, avec ses magnifiques coloris, et celle-ci devient parfois le thème de l'histoire, comme dans L’Ingénieur Dortles ou encore Spartaco à Valvolandia.La méthode de travail des auteurs est originale: Kramsky s’inspire d’iui dessin de Mattotti pour écrire son scénario; en d’autres occasions, c’est le dessinateur qui bâtit en partant d’une nouvelle de son collaborateur, dans un cas comme dans l’autre, les textes définitifs sont forgés en dernier.labyrinthes a paru initialement chez Albin Michel en 1988; la présente édition offre une liistoire supplémentaire et les textes ont été modifiés.CHÈRE JULIA Brian Biggs Traduit de l’américain par Pascal Lapointe et la Pastèque Éditions de la Pastèque Montréal, 1999,108 pages On joue beaucoup sur la fragmentation du temps dans cette bande lacunaire et psychologique, mélange de Birdie et du Locataire, où le personnage principal, Boyd, est obsédé, depuis sa prime jeunesse, par l’idée de voler.Ses souvenirs, qu’il raconte à Julia dans une lettre, s’entrecroisent au moment où, affublé d’iut coshune d’homme-oiseau, il va se jeter de la fenêtre de son appartement, ainsi qu'aux entrées et sorties de Léopold, un vieux monsieur peut-être imaginaire.Pourquoi Léopold poursuit-il Boyd?Comment est mort cet homme que Boyd et Julia ont trouvé dans le désert de l’Arizona?Le mystère plane, charme principal de ce récit cousu d’énigmes où la redondance de plans rapprochés de visages contribue au caractère obsessionnel.On appréciera la très belle utilisation des demi-tons de gris, qui donne beaucoup de plénitude aux cases.Chère Julia, de l’Américain Brian Biggs, est le premier livre de la Pastèque, nouvel éditeur québécois dont les petits tirages visent prncipalement les marchés américain et européen.Les maîtres fruitiers, Martin Brault et Frédéric Gauthier, publient également la revue Spoutnik.Denis Lord Louis Ha in e I i n NOM ADRESSE VILLE XYZ.La revue de la nouvelle Cet impevcei mouvement Recevez en prime Cet imperceptible mouvement de Aude (valeur 14'$) avec un abonnement d’un an à XYZ.La revue de la nouvelle Abonnement 1 AN / 4 NUMÉROS 20 $ (T.T.C.) en prime : Cet imperceptible mouvement CODE POSTAI__________________ CI-JOINT: Q CHÈQUE Qj N°___________________________ | | ____ EXP.SIGNATURE DATE Lauréats des concours : \ XYZ • S.LS.-L-S.-J.?C.-A.-L X.Entrevue avec Vincent Engel i mi ii Autturw 1999 • Dans le numéro 59 : une entrevue avec Vincent Engel CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES OU QUÉBEC CONSEIL DESERTS Lâ CoNieu oui A*t< |>ll CaiIAI'A OU PDI 1 W7 RETOURNER À : XYZ.La revue de la nouvelle 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 • Téléphone: (514) S2S.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 • Courriel: xyzed@mlink.net l LE REVOIR.LES SA M E I) I 3 0 E T l> I M A X l 11 E 3 I (I < T 0 R R E I !l !l !» -«* L I V 1! E S **- ENTRETIEN Les malentendus de Benoît Duteurtre Caricaturer la gauche française CAROLINE MO NT P ET 11 De passage au Québec, il était léger comme l’air, paraissant bien moins que ses 38 ans, coinçant un appel entre une entrevue, un voyage pour New York et un séjour dans la campagne québécoise.C’est que la vie semble sourire à Benoit Duteurtre, cette étoile montante des lettres françaises, qui vient de lancer son dernier-né, Les Malentendus.Passées les discussions houleuses sur les intellectuels homosexuels qu’avait soulevées sa Gaieté parisienne, c’est au tour de la gauche française d’être la cible de son ironie mordante.L’histoire est simple.Un jeune militant de gauche français ambitieux, rêvant de défendre le sort des immigrants, se fait subitement tabasser par un groupe de jeunes immigrants dans une ruelle de Paris.L’incident ébranle ses convictions, le pousse à une remise en question, ce qui le range du coup dans le clan des fascistes aux yeux de ses amis de la gauche étudiante.Le héros est d’autant plus déchiré qu’il est amoureux d'une femme réactionnaire aux idées arrêtées sur l’immigration, ce qui ne l’empêchera pas de s’enticher d’un immigrant clandestin.L’amour a ses raisons.S’élevant contre le dogme, l’écrivain brosse un portrait insupportable de la gauche française, lui qui pourtant dit affectionner Marx, notamment pour son regard concret posé sur les choses.Alors que la France s’est longtemps targuée d’être un modèle d’intégration des immigrants, dit-il, elle se retrouve aujourd’hui avec des ghettos semblables à ceux des Noirs américains.Et ce qui l’agace en France, c’est la politique vue sous un angle moral plutôt que pratique, celle qui divise simplement le monde entre les méchants racistes et les bons antiracistes.••Cette situation [des immigrants] n’est pas un problème moral.C'est une situation sociale qui a été construite, et qui est la responsabilité de la classe politique française, qui a procédé à la construction folle de ces cités de banlieue, qui n’ont rien fait pour qu'il y ait un mélange réel entre les Français immigrés.C'est le produit d'une inconscience politique de la gauche comme de la droite, depuis longtemps, qui a produit cette situation», dit-il.L’obsession de la forme Sans se priver du privilège du romancier, celui de circuler librement entre la réalité et l’imagination, Duteurtre admet privilégier la littérature qui pose un regard critique sur la société, au delà des obsessions de forme de la modernité."La littérature française a fait des expériences intéressantes, mais elle s’est aussi refermée sur des obsessions de forme et d’écriture, et a évacué le regard de l’écrivain sur son époque et sur le monde», dit-il.Duteurtre a donc pour idoles Balzac, Flaubert et Céline.Il apprécie Flaubert pour son cynisme, son sens du paradoxe, plutôt qu’Hugo, qui a lui aussi, selon Duteurtre, une vision manichéenne de la réalité, opposant, dans Les Misérables en particulier, les bons et les méchants.Dans cette comédie, comme souvent dans la vie, c’est Bros qui est le maître du paradoxe, jetant dans les bras l’un de l’autre des personnages qui ont les corps en commun plus que les idées?.Et comme dans la vie, Bros dispose aussi d’un autel sur lequel les personnages sacrifient quelquefois un peu plus qu’ils ne le voudraient.On pourrait reprocher à Duteurtre d’avoir donné dans un jeu comique simple, «la mécanique littéraire», comme il la nomme lui-même, où les personnages tournent sans fin les uns autour des autres.Les personnages des Malentendus n’ont en effet pas la complexité de ceux de Gaieté parisienne, qui mettait en scène un personnage troublé par son homosexualité.Le regard du romancier Mais ce roman arrive tout de même à point nommé dans une France divisée entre la gauche et la droite, où le regard détaché de l’écrivain trouve sa légitimité.«Le regard du romancier est plus complexe et plus contradictoire que le regard de la morale.Et en plus, le regard du romancier est, par définition, gratuit.[.] Bon, moi, c’est clair, je suis pour une bonne morale politique, je suis pour la victoire du bien sur le mal, je suis pour l’intégration des immigrés, mais tout cela, ce n’est pas Duteurtre admet privilégier la littérature qui pose un regard critique sur la société, au delà des obsessions de forme de la modernité mon problème en tant que romancier.Et en même temps, je pense que le regard du romancier, s'il s’intéresse aux contradictions, va nous faire plus avancer, au fond, vers une certaine justesse et une certaine justice, que le regard trop manichéen qui va sonner faux de toute façon.» Duteurtre ne s’arrêtera pas là d’ailleurs, bien qu’il dise ne pas faire de la littérature pour faire avancer les choses.Il en est à la rédaction d’un essai critique sur la gauche française, dont il se réclame par ailleurs.«Si vous dites, au sujet de l’immigration, qu'il y a un problème réel, qu’il y a une certaine violence [chez les immigrants], que ce n’est peut-être pas leur fa u te, on a créé les conditions.Si on dit que cela n 'est pas simplement le problème des racistes, là vous vous faites traiter de fascistes par une partie de la gauche, qui ne veut pas entendre cette critique.» L’humour noir, reconnaît-il, a souvent la particularité de sembler dire le contraire de ce qu’il dit.Duteurtre ne craint pas d’ailleurs de se faire des ennemis, à chaque livre qu’il écrit sur un certain milieu.Déjà, la parution du livre lui a valu de se faire traiter de réactionnaire et de fasciste par une certaine presse, notamment dans Le Monde, alors que l’organe du Parti communiste français, L'Humanité, lui a plutôt fait des compliments.En attendant la suite, Les Malentendus sera vraisemblablement porté à l’écran, adapté au cinéma par Jean-Pierre Verne.«Le tournage devrait commencer dans un an», dit-il.Duteurtre espère en être agréablement surpris, entre deux balades dans le centre de Paris, sur l’île Notre-Dame où il vit.ANDRÉ FORGET t.E DEVOIR Benoît Duteurtre ne craint pas de se faire des ennemis, à chaque livre qu’il écrit sur un certain milieu.•«SS* __—T"1 M'Kt0t \ u u Pt-M°0Y,tR #£*¦» ! as ««**** OUMMR a,»!*'-'*1’ \ V —r** 1___ • La récupération du rock est au cœur même du rock comme le stalinisme était au cœur même de la révolution bolchevique.Rien n'a jamais "mal tourné" » Gaétan Soucy, p.31 • Aujourd'hui, l'intellectuel qui ne garde pas à l'esprit la question de l’héritage est perdu.» Jean Larose, p.60 «N'est-il pas proprement scandaleux que la culture et la consommation d'aliments génétiquement modifiés se fassent, au Québec, depuis au moins trois ans, sans que personne ne le sache ?» Éditorial, p.5 • Le jour où Dumont n'aura plus que des épigones et que l'on servira sa pensées dans ces manuels apologétiques dont il se gaussait tant, il deviendra pour la jeune génération aussi inintéressant que Groulx.Et aussi mort que lui.» Jean-Philippe Warren, p.132 à l’occasion du lancement du nouveau numéro d’ARGUMENT MUSIQUE ROCK, PUNK, RAP, TECHNO : CULTURE OU IMPOSTURE ?Participants : Alain Brunet, journaliste à La Presse Mare Chabot, parolier et philosophe Gaétan Soucy, romancier et philosophe Pierre Thibault, journaliste au ICI et auteur Animateur : Francis Dupuis-Déri Il y aura un DJ : Manuel Foglia Lieu : Librairie OLIVIERI 5219, Côte-des-Neiges, Montréal, Qc tel.: (514) 739-3639 (métro Côte-des-Neiges) Date : Jeudi 4 novembre à 19h30 (RSVP) Prix d’entrée : 5 S LES PRESSES DE L’UNIVERSITE LAVAL £ {vrirlrdrt \t\ cwfUewtS lùtttrdtfïS (U ïeittfCMt ik l Enfant vwgmttiAt b CHvhNne w whylet Aicidf CONSEIL desXrts le MARDI 2 novembre 1999, à 19h30 à la Maison de la culture Frontenac ( métro Frontenac ) - Entrée libre Ses livres seront vendus sur place par la Librairie du Square.Animés par Jean Fugère, les mardis Fugère sont une production de l’Union des écrivaines et écrivains québécois, en collaboration avec la Maison de la culture Frontenac.UNEO LE DEVOIR © Ville de Montreal ^27 co Am TW CTn*li < CET AUTOMNE, LA RÉCOLTE EST EXCELLENTE AUX TROIS-PISTOLES ¥ SYLVAIN RIVIÈRE ; Uni tioissou A I A H.ACT DI Glut .fj, CBGft YNG-YANG MORCEAUX LONG DONC Ail»' »«'- - Umbbv.,JS .2 Lt TOCK DF MA VIH I EX SH,LANDS ÉPARS SUR ATLANTIQUE VLBTLBTH RENAUD LONGCHAMPS SATAN BELHUMEUR MOI PIERRE LEROY.PROPHÈTE, MARTYR ET UN PI l FELE DU CHAUDRON U» STEVEN LE HERAULT & EUS fount (NS TltOIS-l’ISTOIT.S 100.rue Jean-liions, bureau 272.Trois-Pistoles (Québec) COI IKO- (41 H) 851-8888 PRIX JEAN-ETHIER-BLAIS de critique littéraire ESSAI 1r PRIX de la Société des écrivains canadiens ROMAN Pierre Nepvru 1NTERIEI RS DU NOUVEAl MONDE Unirai PIERRE NEPVEU Intérieurs du Nouveau Monde Essais sui les littératures du Québec et des Amériques « Un périple littéraire et affectif, écrit dans une langue admirablement précise et, à l'occasion, sensuelle.» Robert CHARTRAND, Le Devoir « À lire sans faute.Lentement, pour ne rien laisser perdre d’une pensée extrêmement riche.» Gilles MARCOTTE, L’actualité .384 pages • 27.95$ Boréal Qui m’aime me lue.VA N AUI CK I I LE BOUT DE LA TERRE B' Boréal Yan MUCKLE Le bout de la terre « Un premier roman spectaculaire.C’est une voix qui apparaît dans le paysage littéraire québécois.» Robert LÉVESQUE, Midi-culture, SRC « Yan Muckle signe ici un premier roman éblouissant, de toute évidence longuement mûri et superbement abouti.» Stanley PÉAN, Ici 288 pages • 24.95$ Boréal Qui m'aime me line.\ a I 1 LE DEVOIR.LES SA M E D I 30 E T I) I M A N CUE 31 OCTOBRE 1999 I) 8 Livres HALLOWEEN B 0 U h ! GISÈLE DESROCHES Quiconque côtoie des enfants redécouvre chaque année l’énorme potentiel d’excitation de la fête d’Hallo-ween.Depuis plusieurs semaines déjà, les enfants ont fait part de leurs souhaits de costumes et talonné les adultes pour les obtenir.De nombreuses fenêtres et façades de maisons ont déjà revêtu un aspect sinistre ou grotesque.Il n’y a qu’à jeter un œil dans n’importe quel centre commercial pour comprendre l’immense potentiel économique de cette coutume nord-américaine.Chaque année, la lit- ANDRÉE CHRISTENSEN f JACQUES FLAMAND Les Éditions du Vermillon M o u v e m .d'AmériQue Wm « Et lorsque toute trace de l'oiseau sera invisible La pierre prendra son envol vers sa transparence poème de la création » ?V Regroupement des éditeurs canadiens-français térature jeunesse s'inspire de ce thème et propose à ses jeunes lecteurs des albums ou des romans au diapason.GLOUPS! BÉBÉ-VAMPIRE Texte de Lucie Papineau Illustrations de Pascale Constantin POUAH! BÉBÉ-SORCIÈRE Texte de Lucie Papineau Illustrations de Steve Beshwaty Dominique et compagnie, 1999, 36 pages Lucie Papineau a eu l’idée d’un pays monstrueux où les enfants sont très heureux: ils ne se lavent jamais les oreilles et regardent des tas de films d’horreur.Une fois par année, c’est la livraison des bébés.D’abord déconfits par les maladresses de bébé-vampire ou désespérés par la beauté anormale de bébé-sorcière, les parents finiront toutefois par être fiers de leur progéniture.Les illustrations sont très réussies, les couleurs chaudes, les textures intéressantes, les lettres dansent et sautillent en même temps que les héros, la mise en page n’hésitant pas à jouer avec le sens.Deux albums soignés et pleins d’humour pour enfants de trois à huit ans.JULIA ET LES FANTOMES Texte de Christiane Duchesne Illustrations de Marie-Louise Gay Boréal Maboul, série «Les Nuits et les jours dejulia» 1999,54 pages La petite Julia de Christiane Duchesne a changé de maison.Désormais, ses aventures logent à l’enseigne de Boréal Maboul sous le titre Les Nuits et les jours de Julia.Ce soir, Julia a peur.Les fantômes peuvent facilement se glisser par la fenêtre ouverte et se cacher derrière le rideau gonflé.Malgré la petite voix de Julia du dedans qui crie à la prudence, Julia du dehors décide d’attendre de pied ferme et de voir à quoi ressemblent de vrais fantômes.Sa curiosité l’emportera et lui vaudra des découvertes surprenantes.Joliment yCVAHr écrit et fluide, le texte fourmille d’idées plaisantes et de petites suiprises.Si les illustrations de Marie-Louise Gay sont en noir et blanc, elles n’en portent pas moins l’ambiance magique et lunaire de l’illustratrice.Pour les enfants de six à huit ans.LA NUIT DU CARAMEL MOU Texte de Philippe Chauveau Illustrations de Rémy Simard Boréal Maboul, série «Les Aventures de Billy Bob» 1999,54 pages Ici, délire et folie sont à l’honneur dans cette nuit d'Halloween hallucinante où des montagnes de caramel mou se mettent à fondre sous l’effet de la chaleur d’un incendie et menacent d’engloutir la ville, le tout orchestré par un bonhomme caramel aux ambitions envahissantes.Bobo, le gigantesque compagnon de Billy Bob, déguisé en extraterrestre de la planète Pluxflox, retrouvera ses terreurs d’enfance à la vue du caramel.Sauvé par l’extravagance et le traitement loufoque du thème, le texte est constitué de petites phrases comtes bien sages, découpées comme dans un manuel scolaire.Aussi collant qu'un lendemain d’Halloween! De six à huit ans.CADAVRE AU SOUS-SOL Texte de Norah McClintock Traduit par Claudine Vivier Hurtubise HMH, collection «Atout» 1999,278 pages Relié à l'Halloween par le seul cadavre du titre, le roman de Norah McClintock possède néanmoins les qualités d'un bon thriller.Fausse identité et Cadavre au sous-sol ont reçu, dans leur version anglaise, le prix Arthur Ellis du meilleur roman policier.Les deux ont en commun une héroïne adolescente entraînée dans une enquête concernant ses parents, ce qui l’oblige à revoir ce dossier, pourtant si familier, avec les yeux du doute.Brillante stratégie! Ici, le Café Montréal, propriété de la famille de Natasha depuis plu- J * v * " sieurs années, est démoli.Dans la cave, on découvre un cadavre: celui de la mère de Tasha, qu'elle croyait partie de son plein gré depuis cinq ans.Le premier soupçonné est évidemment le père de Tasha.La jeune fille et son ami cherchent des pistes qui permettraient de l’innocenter.La narration est maîtrisée et enlevante.Tâtonnants, cantonnés dans les limites du possible pendant la plus grande partie du récit, à peine aidés par un judicieux hasard, les deux enfants explorent de multiples pistes avant d’être entraînés dans un épisode dangereux et armé à la fin du récit Mais c’est trop tard.On est déjà partisan.On pardonne les folles invraisemblances, la bénédiction que représente un ami de 16 ans aussi disponible et doté de sa propre voiture, certains gadgets électroniques inespérés.On est prêt à beaucoup pardonner à un bon suspense.LA MAIN DE SIRCONIA Texte de Claude Bolduc Vents d’Ouest, collection «Roman ado» 1999,172 pages Pour les vrais amateurs d’horreur et de fantastique, Claude Bolduc présente, avec un certain brio, la suite du Maître des goules.La figure grimaçante de la page couverture s’accorde exactement avec le ton du récit Le héros fuit toutes les occasions de résoudre ses problèmes, préférant garder le silence sur une situation qui évolue jusqu’à l’extrême limite de la tension dramatique.Depuis sa descente dans le monde du Dessous, Alain fait cauchemar sur cauchemar, ce qui ne l’empêche ni de tourner un film d’horreur avec son ami Christian, ni de rechercher toutes les occasions possibles d’en visionner en compagnie de Sylvie.La Main coupée de Sir-conia est l’enjeu d’une quête à plusieurs protagonistes qui ramènera malgré lui Alain dans le monde du Dessous, un monde peuplé de bêtes effrayantes, de voix s’adressant directement à lui de l’intérieur de son cerveau et de soi-disant maîtres luttant pour le pouvoir.Des alliances se créent et se défont L’attitude étrange de Sylvie et son rôle nébuleux laissent entrevoir une suite.Douze ans et plus.Monstrueusement vôtre.Je vous salue, sorcières L’IMAGERIE DU FANTASTIQUE Textes: Émilie Beaumont et Nathalie Bélineau Illustrations: Colette David, M.IA, Isabella Misso, Isabelle Rognoni, Sophie Toussaint Éditions Fleurus, Paris, 1999, 124 pages CAROLE TREMBLAY Vingt-troisième tome d’une collection qui n’en finit pas d'étonner par sa capacité à transmettre une matière riche sans le moindre relent pédagogique, L’Imagerie du fantastique recense, dans son style habituel, quelque part entre l’imagier et l’encyclopédie, tous les types d'êtres et de non-êtres, qui peuplent' les rêves et les cauchemars.Sorcières, fées et vampires y côtoient gaiement le yéti, les sirènes et les Martiens.Un détour par la littérature présente le Cyclope, Gargantua ,et les Sphinx d’Égypte et de Grèce.Léger bémol, on laisse planer un mystère ésotérique sur certains sujets X-files comme les enlèvements par des extraterrestres.Cela dit, le caractère exhaustif de l’ouvrage, conjugué à des illustrations tout ce qu’il y a de plus gentillettes, permet une approche inoffensive mais complète du monde fantastique.ZELDA LA SORCIÈRE ET SON IGNOBLE ANNIVERSAIRE Eva Tacheva Nathan, Paris, 1999,12 pages Zelda, la sorcière, invite ses amis à son anniversaire, le 31 octobre.Pour VOIR PAGE f) 9: SORCIÈRES HP w Tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le Québec d’aujourd’hui Rétrospective du XXe siècle québécois René I)i rocher.Paul- Vndrk Linteau, Gilles Marcotte et Jean-Jacques Simard Ml textes entièrement inédits .Publié sous la direction de Roch Côté et en collaborai ion avec le journal Le Devoir, Québec 2000 réunit au-delà de cinquante experts, journalistes et universitaires.Un panorama complet, illustré et chiffré Une rétrospective des événements marquants Une analyse des grandes tendances sociales, démographiques, culturelles et économiques Un survol de l'actualité dans toutes les régions du Québec Un dossier spécial sur l'évolution de la famille, du couple et du mode de vie des Québécois Le point sur deux débats de l'année : le modèle québécois et l'identité québécoise En vente dès maintenant FIDES i I LE H E V U I K .LES SA M E 1> I A (l E T I) 1 M A X C II E A I (I ( T U B H E I !l !l !l I) î) L I V II E s ** H A L L O W E E N Le magicien de papier Un jeune sorcier transforme les enfants en lecteurs CAROLE TREMBLAY HARRY POTTER A L’ECOLE I DES SORCIERS HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS Joan K.Rowling Gallimard, «Folio Junior», Paris, 1999, respectivement de 302 et 360 pages Prenez un orphelin de 10 ans nommé Harry.Faites-le vivre avec son oncle, sa tante et son gros cousin aussi méchants qu’ennuyeux.Dotez-le d’une enfance horrible à subir humiliations et privations.Tournez un peu.Quand le personnage commence à frémir, retournez la pâte et apprenez-lui la vérité sur ses origines: il est sorcier, fds de sorciers, et dès septembre il entrera à l’école de sorcellerie parfaire son éducation.(C’est tout de même mieux que de sombrer dans la drogue et la délinquance.) Décorez le tout de potions, de balais, de baguettes et de toute la quincaillerie traditionnelle de la profession.Saupoudrez quelques amis.11 ne vous reste plus qu’à intégrer le Méchant, à faire gagner le Bon et voilà, vous avez un succès de librairie.Non, pardon, il manque encore quelque chose: la magie.Celle de l’écriture, celle du dosage des ingrédients, ce petit je-ne-sais-quoi qui fait qu'une histoire nous emporte alors qu'une autre sent le réchauffé.Joan K Rowling, l’auteure de la série Harry Potter, détient apparemment le secret de la potion magique.Ses romans jeunesse font un malheur dans rien de moins que le monde entier.Traduits en 28 langues, vendus dans 130 pays, les trois premiers tomes d’une série qui en comptera sept se sont déjà envolés à sept millions d’exemplaires dans le inonde anglo-saxon.Et on dit que les jeunes ne lisent plus.Harry Potter est apparu en juin SUITE DE LA PAGE I) 8 l'occasion, elle embauche les répugnants frères Fricoti-Fricota pour confectionner l’immense gâteau à la citrouille qu’elle entend bien trafiquer à la dernière minute.Tout marche comme sur des roulettes, les invités se présentent, ne se doutant pas du sort qui les attend.La première bouchée de gâteau à peine avalée, les pauvres convives se voient transformés chacun en un animal différent.Cette histoire plutôt banale ne serait rien sans l'illustratrice qui s’est déchaînée dans la couleur, mais surtout sans l’ingénieur papier qui a conçu les tirettes et les cachettes et réussi à faire surgir en trois dimensions l’horrible Zelda et sa non moins détestable pâtisserie au potiron.Qu’est-ce que vous voulez, ça marche toujours.LA RÉCRE DE LA SORCIERE Texte de Maryvonne Rebillard Illustrations de Frédéric Billot Milan poche cadet Paris, 1999,40 pages LE 13 Gérard Moncomble Milan poche junior Paris, 1999,84 pages Chez Milan, on vient de lancer une toute nouvelle collection de petits romans poche, dans une maquette tout à fait alléchante.Tous les textes pétillent de saveur et d’originalité, et les illustrations ne sont pas en reste.Dans la première fournée d’automne, on trouve une bonne demi-douzaine de textes visant à faire frissonner l'échine.On le fait avec beaucoup d'humour en Milan cadet (à partir de 8 ans) et avec un peu plus de chair de poule en Milan junior (9-10 ans).La Récré de la sorcière raconte la vengeance d’une sorcière, excédée par toutes les fins affreuses qu’ont imaginées les élèves à une histoire commencée par la maîtresse.Le 13 nous plonge dans une nuit peuplée de marionnettes diaboliques échappées d’un banal castelet de guignol.Ticket gratuit pour le cauchemar.LIVRES ANCIENS ET MODERNES • Achat • Vente • Expertise 4 BOUQUINERIE SAINT-DEMIS 4075, rue St-Denis (angle Duluth) Achats à domicile (514) 288-5567 1997 sur les tablettes des librairies britanniques.En moins de temps qu’il n’en faut pour dire abracadabra, le premier tome de ses aventures s’est retrouvé en tète de la liste des best-sellers.Le même phénomène paranormal a frappé à l'automne 1998, aux Etats-Unis.Le maléfice n’a toujours pas été désamorcé et aurait même tendance à s’aggraver: les trois premiers tomes de la vie tumultueuse du magicien de 11 ans occupaient les trois premières places du supplément littéraire du New York Times, le weekend dernier.Harry Potier and the Sorcerer’s Stone, le premier épisode, entame sa 44e semaine sur la prestigieuse liste.Il a récemment cédé sa place en tête au troisième tome, Harry Potier and the Prisoner of Azkahan, sorti en septembre aux Etats-Unis, mais toujours attendu en français.Le deuxième tome, Harry Potter and the Chamber of Secrets, lui, maintient sa deuxième place depuis 19 semaines.Cette apparition incongrue n'enchante pas tous les membres du beau milieu littéraire américain.Certains éditeurs se plaignent que le jeune sorcier monopolise injustement trois places avec ses potions et ses balais.Ils remettent en question le principe de mettre dans le même panier littérature jeunesse et romans pour adultes.Une petite bave de crapaud de jalousie?Attendez qu’arrivent le film — prévu d’ici un an ou deux — et les produits dérivés.Déjà qu'on a écoulé 650 000 tatouages représentant la cicatrice en forme d'éclair que Harry porte sur le front.C’est d’autant plus inquiétant que le sortilège se propage chez les adultes.Bloomsbury, l’éditeur britannique, a dû créer une deuxième jaquette plus «adulte» pour permettre aux grands de lire le livre dans le métro sans se rendre ridicules.Trente mille exemplaires de cette version ont déjà trouvé preneurs.Au Canada, Harry se débrouille très bien aussi.Les listes du Globe and Mail et de la Gazette lui font une belle place dans le palmarès des meilleurs vendeurs.Seuls les petits francophones traînent encore la patte.Pas mal pour une histoire griffonnée sur un coin de table.Mme Rowling était chômeuse à l’époque où elle a entamé le premier tome.Fraîchement divorcée, chef de famille monoparentale, elle avait l’habitude de prome ner sa fille en poussette dans les rues d’Edimbourg jusqu’à ce qu’elle s’endorme, puis d'entrer dans un café pour jeter sur papier quelques lignes des aventures du jeune Potter.Elle était loin de se douter que le manuscrit allait epsuite être vendu aux enchères aux Etats-Unis, lui offrant la plus grosse avance jamais versée à un auteur pour la jeunesse.À défaut de découvrir la formule de Rowling (comme on dit le principe Lavoisier), on peut toujours identifier différents ingrédients gagnants.D'abord les personnages.L’orphelin mal aimé est une valeur sûre en littérature enfantine.À plus forte raison si un complot est ourdi contre lui par les forces du Mal et que le jeune héros représente le seul espoir de sauver le monde — Star Wars, ça vous dit quelque chose?Ron et Hermione, les deux meilleurs amis de Harry, représentent, eux aussi, des figures qui suscitent rapidement l’adhésion.Ron est le dernier d'une famille de six garçons, tous sorciers, roux et couverts de taches de rousseur.Difficile de faire sa marque dans l’ombre des cinq aînés.Hermione, la fille du groupe, est une première de classe zélée.Au premier abord, on voudrait détester cette mademoiselle-je-sais-tout, mais son intelligence, ses connaissances et sa loyauté en font une alliée idéale.Quelle fille ne rêve pas de vivre l’aventure sans sacrifier aux succès scolaires?Le pensionnat crée aussi une toile de fond fantasmatique pour les enfants.Un lieu sans parents, où on peut vivre avec ses copains 24 heures sur SORCIERES KIRIKOU ET LA SORCIERE Michel Ocelot Milan, Paris, 1999,40 pages Exit la sorcière de carte postale.Cet album tout à fait exotique nous plonge dans un univers de magie, aux antipodes des chapeaux pointus, des chats noirs et des langues de chauve-souris.Le conte africain met en scène le tout petit Kirikou, un enfant minuscule qui se met au monde lui-même, pour ensuite partir à la recherche de Karaba, la sorcière qui a asséché le ALBUM DISPONIBLE MAINTENANT cowa^xjsvVî KJJSS Gaston Miron Denise Boucher Gilles Carie Willie Lamothe Gilles Bélanger François Guy Pierre Létourneau Michel Robidoux Réal Voilant Chantale Bellefleur Roger Paré Réjean Bouchard M S 24.Signe des temps: contrairement a la tradition des grands collèges, le pensionnat de Poudlard est mixte.Garçons et filles s’adonnent également à la magie et il ne viendrait à personne l’idée de dire que la sorcellerie est avant tout un metier de filles.Finalement, l’ima- gerie fantastique.Des générations de jeunes lecteurs, particulièrement dans le monde anglo-saxon, ont été séduites par ce genre qui leur permet d’échapper au quotidien.Qu’on pense aux écrits de Lewis Ca-roll, de Tolkien, de Roald Dahl et, plus récemment, de Philip Pullman.Mais contrairement à La Croisée des mondes, la trilogie de Philip Pullman, l’auteure de Harry Potier n'imagine pas de nouvelles créatures, elle compose à partir des archétypes connus des enfants.Sorciers, géants, dragons, licornes, centaures, vampires, la famille Fantastique au grand complet se retrouve au générique et chacun joue son personnage sans déroger à la règle.A Poudlard, l’école de sorcellerie, on apprend à faire des potions, à manier la baguette magique, à voler en balai.Rien que du normal, quoi.Ce qui donne sa force à la série, c’est le souffle qui balaie cet univers à la fois banal et merveilleux.C'est le mélange entre le conte et le roman d’apprentissage, le tout truffé d'humour et ponctué de rebondissements.C’est aussi le portrait minutieux d’un monde parallèle, aussi complexe que le nôtre, composé de personnages qu'on connaît le plus souvent par leur interaction ponctuelle avec le monde des humains.Comme si on soulevait une pierre pour regarder vivre les fourmis.L’auteure compte écrire un livre pour chacune des sept années que le jeune apprenti-sorcier doit passer à Poudlard.Harry va donc vieillir d’une année à chaque nouvel épisode, évoluant avec son lectorat et développant de nouvelles facettes de sa personnalité.Comme, par exemple, son attirance pour les filles, sous l’influence des hormones.Puisque, apparemment, même les sorciers n’y échappent pas.LIBER village, mangé tous les hommes et volé for des femmes.Aidé de sa mère et de son grand-père, il affrontera la puissante sorcière et la soulagera de la douleur qui l'incitait à faire le mal.Les illustrations aux couleurs fortes qui représentent les villageoises éplorées, aux plantureuses poitrines nues, choqueront peut-être ceux qui ont une conception plus pastel de la littérature jeunesse, mais elles risquent d’ouvrir plus grandes les portes de l'imaginaire des petits qu’une millième sorcière sur son balai.(A partir de quatre ans.) ïV Guy Ménard petit traite de la vraie religion à P usage rie ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le vingt et unième siècle peut truite de la vraie religion I ilr * ru» et t elle* qui eouheisrnt inmprrmlr» un ptu mm U »m|l ri um*mr eièsle Liber 234 pages, 23 dollars NICOLE V.CHAMPEAU Mémoire des villages .engloutis Essai 20,00$ Les Éditions du Vermillon Mauve m e d'Amérioue HtCoLP v r- ' :Hak*v • • ‘ W ¦’ 2 janvier 200( Découvrez le génie provocateur de l'artiste belge Félicien Rops (1833-1898).Plus de 200 œuvres (deœjins, estampes et peintures) provenant de grandes collections belg^françaises et américaines.Renseignements: (418)643-2150 www.tndq.org l'exposition est organisée par le Musée du Québec en collaboration avec le Musée provincial Félicien Rops de Namur.Elle est réalisée dans le cadre des relations bilatérales entre le Québec et la Communauté française Wallonie-Bruxelles en partenaripravec la Province de'Namur.Cette exposition est placée sous le p^^nage du DéléguéwBonie-Bruxelles à Québec.MUSÉE DU QUÉBEC °° Parc des Champs-de-Bataille, Québec Le Mutée du Québec mUerJjgfooule pimlsUrf de Culture et dei Communication» du Québec ' ML, Le Mutée uu Québec : L Art de passer ,tT§ii I/sà r&! 20 CONSERVATEURS DE MUSEES De 25 $ à SO OOO $ Mise en vente d’une partie importante de la collection personnelle d'œuvres d'art de Michel Tétreault Du 27 au 31 octobre de 12 h à 20 h 10349, rue Saint-Denis (près de Henri-Bourassa) (514) 389-4068 (514) 570-0682 (514) 745-7299 de réduction -j sur ie prix o du marché .AMATEURS D' ART Kay Auhand Nycol Beaulieu Martel Bellerive Nicole Brazeau Pierre Breault Graham Canticni Michel Côté Lorraine Dacjenais Charles Daudelin Éric Daudelin l ise Desmarais Lucie Desrosiers Michèle Drouin Misaheth Dupond Raymond Dupuis Yvone Duruz Giuseppe Fiore Marc Garneau Hélène Goulet Pierre Henry Fdnuard Lachapelle Richard Lanctôt Michelle Lefort Claire Lemay Su/.elle Levasseur Jaber Lut H France Main Mario Merola Francine Miçjner Guy Mnntpetit Louisa Nlcot Gisèle Normand in Johanne Proulx Françoise Reid Michel-Thomas I rtynblay Marie-Joscphe Vallée Géraltl Xalmd À L’AUBE DU TROISIÈME MILLÉNAIRE Commissaire invité : Jules Arbec JUSQU'AU 28 NOVEMBRE 1999 MARDI, MERCREDI : 13 H A 19 II JEUDI: 13 H À 18 H VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE: 13 H À 17 ENTRÉE LIBRE MAISON DE LA CULTURE ROSEMONT - PETITE-PATRIE 6707, avenue de Lorimier à l'angle de la rue Saint-Zotique Renseignements : (514) 872-1730 www.villc.montreal.qc.ca/maisnns MONtreaL 2 o o o A 1 » I I 8 I.E l> K V II I R .LES S A M E D I 30 ET D I M A X (’ HE 31 (I (TUB K E 1 i) fl !) A RTS VISUELS I) li Faire parler la pierre INACHEVÉE ET RIEN D’HÉROÏQUE Gilbert Boyer Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 7 novembre BERNARD LAMARCHE \ A travers les nombreuses œuvres qu'il a produites dans des lieux publics, ici comme en France, Gilbert Boyer est l’un de ceux qui réfléchissent avec brio aux nouvelles stratégies d’insertion de l’art public dans le tissu urbain.Quand on connaît les réactions du public en général envers l'art lorsque celui-ci s’impose à la sphère publique, puisque ces œuvres sont trop souvent reçues comme si elles envahissaient un espace urbain en grande partie investi d’un complexe mobilier, il y a tout lieu de faire du développement de ces nouvelles stratégies un des enjeux actuels de l’art public.La plupart des pièces de Boyer se découvrent à la suite des caprices du hasard ou d’une légère manipulation du promeneur.11 suffit de penser aux plaques de marbre du mont Royal, qui gardent silencieusement leur secret, suivant les fantaisies du chemin qui peuvent mener jusqu’à elles.L’artiste y a inscrit des mots dansants, renvoyant au contexte environnant.On se souviendra aussi de Comme un poisson dans la ville, de 1988, de ces plaques commémoratives disséminées sur le Plateau Mont-Royal, d’une mémoire portée vers la parole envolée sitôt qu’elle est prononcée, et qui laissent de petites observations volatiles au moment de nos déplacements dans les lieux de passage.Mimant la fonction commémorative du monument, Boyer insère du privé dans le public et brouille avec sensibilité ces catégories.Au contraire de ces bruits visuels qu'est la publicité, les œuvres de Boyer cherchent à se faire oublier visuellement pour mieux étonner les passants qui les découvrent au hasard du chemin, au profit d'un regard flottant et d’un œil distrait quelles attirent à elles.Boyer travaille avec les mots qu'il trouve en partie au hasard des rencontres.Ces mots empruntés à la poésie précaire du quotidien, ces dires labiles entendus çà et là ou encore surgis de l’esprit de l’artiste, Boyer, par la gravure, les couche sur la pierre, leur donne un caractère immuable, de pérennité.Il consacre ainsi ses monuments effacés non pas à la gloire des faits exemplaires de l’histoire, mais à la banalité du jour qui succède à un autre, à ce mouvement perpétuel accompagné de mille paroles passagères.Boyer avait participé il y a deux étés de cela à l’événement hors les murs intitulé Panique au Faubourg.Empruntant au mobilier urbain les petits collets de métal qui servent, sur les lampadaires, à fixer les panneaux de circulation, il avait fait graver sur plusieurs centaines de ces cerceaux d’acier inoxydable les lettres qu'il manipule avec brio.Ces «collets de survie», comme il les appelle, ces marqueurs langagiers avaient été par la suite installés dans le quartier Faubourg des Récollets, se faisant volontairement oublier pour s’immiscer accidentellement dans la vie des passants.De mémoire moins heureuse, on se souviendra de la réception négative (largement nourrie par les médias, prompts à la condamner sur la foi d’une seule maquette) faite à l’œuvre installée par Boyer sur la place Jacques-Cartier, laquelle dort aujourd’hui dans un entrepôt de la ville de Montréal.(On n’est pas près de la voir réapparaître de sitôt, car l’administration municipale avance des arguments tous plus vides que les autres pour justifier son retrait.Elle évoque notamment le prétexte selon lequel le marbre de l’œuvre parasiterait celui du sol pour souligner les anciennes fondations de Montréal, donnant ainsi la mesure de sa confiance en l’intelligence du public.) Comme une capsule de temps libéré, ladite pièce, un majestueux cube de granit percé de dizaines de trous, invitait le passant à jeter un regard à l'intérieur pour découvrir, gravés dans la pierre, des mots renvoyant aux multiples visages de Montréal, à l’histoire de la ville, à sa vitalité, à ses fragiles trésors.Jouer avec la pierre au musée Cette longue entrée en matière était peut-être nécessaire pour comprendre les paramètres tout entiers contenus dans le titre de l’œuvre que Boyer présente actuellement au Musée d’art contemporain de Montréal, à l'invitation du conservateur Réal Lussier.Ce tout d '«inachevé» et ce «rien d'héroïque» sont un concentré des préoccupations de l'artiste.Donnant une tournure singulière aux multiples références à l’atelier produites depuis quelques années par maints artistes, le projet de Boyer se présente comme un chantier de taille de pierre.Des échafaudages tiennent lieu d’une syntaxe temporaire pour les mots et les bouts de phrases que le spectateur, ayant ainsi vêtu les habits du flâneur, découvrira au fil de sa visite.Les structures métalliques supportent des plaques de marbre qui jonchent également le plancher de la salle.Sur ces blocs s'enroulent et s’entortillent les mots — en français, en grec et en anglais.Ces derniers sont autant de points d’attraction qui retiennent un moment l’attention du promeneur.Ainsi, Boyer, même dans la salle close du musée, parvient à stimuler son spectateur déambulant.Comme des phylactères, ces textes décousus font parler l’inanimé.De la même manière qu’il recycle la matière des monuments et leur fonction, Boyer remet des mots en circulation.Parmi ces phrasés existent des «mots volés», des mots qui n’étaient pas destinés à l'artiste.D'autres proviennent de chants, la majorité viennent de sa plume.Ces lettres sont parfois chargées émoti-vement, elles sont parfois de facture anodine.«A dust of seeds upon your tongue», «I'impression que tout disparait et que rien ne va revenir comme avant», peut-on lire, courant sur le marbre.Ailleurs, Boyer renvoie au processus même qu’il enclenche: «Je n'ai pas tout raconté», écrit-il, dès l'entrée de la salle, sur un bloc de marbre.Cette phrase trouvera sa contrepartie quelques pas plus loin: «Je n'ai pas tout inventé.» De la même manière qu’il recycle la matière des monuments et leur fonction, Boyer remet des mots en circulation GALERIE BERNARD EXPOSITION Œuvres récentes de Claude Vermette JUSQU’AU 20 NOVEMBRE 1999 90 av.Laurier Ouest Tél.: (514) 277-0770 du mardi au vendredi de 11 h 00 à 17 h 00, samedi de 12 h 00 à 17 h 00 Œuvres récentes de GENEVIÈVE JOST du 30 octobre au 12 novembre Vernissage le samedi 30 oct.de 13 h à 17 h en présence de l'artiste GALERIE JEAN-PIERRE VALENTIN 1490.me Sherbrooke O.Montréal, tél.: (514> 939-0500 Inachevée et rien d'héroïque, de Gilbert Boyer, se présente comme un chantier de taille de pierre .iJËiÈÉÉi -kf'viA.'L - J i Fiction et réel L’artiste a tout de même inventé.Fiction et réel s’alimentent l’un à l’autre.Tout se passe comme si Boyer voulait souligner la dissolution que connaissent les mots, les histoires, les récits toujours partiels qu’il conserve à même sa production.Ainsi, tout reste encore à dire, à inventer.D’autres fictions naîtront de cette flânerie, qui retourneront peut-être à l’artiste, qui en fera son matériau.Plusieurs des paroles contenues sur la pierre se brouillent et virevoltent en ellipse.Une partie de l’efficace des œuvres de Boyer tient dans le caractère poétique des brefs écrits qu’il dépose en consignation.C’est peut-être ce qui manque à cette cuvée, de ne pas toujours arriver à émerveiller, même dans le quotidien, comme d’autres pièces de Boyer étaient parvenues à le faire.Se peut-il qu’à l’occasion l’effort de dénicher de tels mots tourne à vide?Désormais attendus, les mots peuvent-ilp ne plus se suffire à eux-mêmes?A moins que, déjouant nos attentes, ce chantier ne se refuse précisément à élaguer, redonnant au quotidien toute sa place, sans rien retrancher, sans autre but que de consigner par écrit des paroles qui seraient autrement perdues.Ce chantier serait donc aussi celui des mots.On préférera cette lecture, plus riche.L’espace est également meublé de ballons multicolores.Animant avec bonheur la salle d’exposition EXPOSITION JACK BUSH 1909 - 1977 LES ANNÉES 60 DERNIÈRE JOURNÉE WADD1NGTÜN & GORCE 1446.me Sherbrooke Ouest Montréal H SG 1K4 Tél.: S47-1112 Fax : 847-11 IJ Du mercredi an samedi de 10 h à 17 h E-mail : waitaarce@total.net Web : http://www.total.net/~wadgoree la galerie d’art Stewart Hall Centre uilturel de Pointe-Claire 17(», Bord du lai.Pointe-Claire.630*1254 Du 30 octobre au 28 novembre 1999 La Nouvelle Collection 2000 du Service de prêt et de vente d'œuvres d'art du Stewart Hall Vous êtes cordialement invités à venir rencontrer les artistes Le dimanche 31 octobre, de M h à 16 h (Une œuvre d’art onginale pourra être gagnée par une des personnes qui effectuera la location ou l'achat d’une œuvre durant la pénode de l'exposition.) Entrée libre • Accessible aux fauteuils roulants Duhin.auvendr^ de I4hà I6K hm.et merer.toirt,de I9hà2lh .Sam.et dim.de I3h à I7h Une autre perspective sur la dernière œuvre de Gilbert Boyer, Inachevée et rien d'héroïque ^.— oui.vous pouvez jouer avec les ballons! —, ces bulles d’air conservé ajoutent une touche espiègle à l’art de Boyer, espièglerie qui n’est pas étrangère à sa démarche.Une présence amusante, qu’il faut savoir apprivoiser.De la même manière que les mots, les mots futiles.Carol Bernier : jusqu'au vertige Peintures et dessins L'exposition se poursuit jusqu'au 20 novembre.¦ ¦ JAIME COLSON (1901-1975) PEINTRE CONTEMPORAIN DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE TÜÊm Exposition rétrospective MAU.D’HONNEUR HÔTEL DE VILLE DE MONTREAL ENTRÉE LIBRE lundi ju vcndrvdi de Hh.W à K>h.A0 samedi et dimanche de 10H à I6h COLLECTION Musée Bellapart DF 26 OCTOBRE au 16 NOVEMBRE 1999 Mcjncts 4lr îrjntiT MQNtffal Roger Bellemare Dominique Blain Yves Bouliane Martin Bourdeau Gilbert Boyer Geneviève Cadieux Charles Daudelin Denise Désautels Raoul Duguay Martha Fleming et Lyne Lapointe Charles Gagnon Raymond Gervais Betty Goodwin Michel Goulet John Heward Marcel Lemyre Micah Lexier Gilles Mihalcean Richard Mill Jean-Paul Mousseau Roch Plante Rober Racine Louise Robert Marian Wagschall Irene F.Whittome Heures d'ouverture : mardi au vendredi 12 h à 20 h samedi : 12 h à 17 h Galerie Art Mûr encadrements 3429 Notre-Dame Ouest Métro Lionel-Groulx Tél.: 514-933-0711 LE DEVOIR.LES SAMEDI SO ET DI M A X f II E SI OCTOBRE 1 !l !> 0 D 1*2 -?LE DEVOIR - La soirée de gala des Prix du cinquième concours Commerce Design Montréal, présentée lundi dernier dans une Usine C remplie à pleine capacité, aura permis de confondre ceux et celles qui croient encore que le design d’intérieur n’est qu’une sous-discipline de l’architecture.Une soirée dynamique, imaginative, pleine d’humour, comme on en voit rarement dans le domaine de l’aménagement.Commerce Design Montréal 1999 Via Roma de Luc Laporte Moozoo de Pappas design IMAGINATION g**L**f'rï pmi-/ JACQUES MARTIN "T y événement aura permis de cou-j ronner l’excellent travail accom-1 -J pli par les designers d’intérieur et les architectes au cours de l’année 1998 en design de commerce.En cette année, les trois Grands Prix du jury sont allés, dans la catégorie Commerces de service, au salon Orbite coupe beauté; dans la catégorie Magasins et boutiques, à la boutique Tenue de gala Waxman, du designer Robert Krief; et, ex æquo, dans la catégorie Restaurants, bars et cafés, aux restaurants Via Roma, de l’architecte Luc Laporte, et La Colombe, de Bosses design.Après qu’on eut procédé à la remise des prix d’Air Canada par la présentation de courts vidéos sur les commerces primés par le public, la remise des mentions spéciales du jury donna lieu à quelques cérémo.iies hautes en couleur.D’abord, un homme, torse nu, en patins à roulettes, s'est amené sur scène afin d’apporter la mention Commerce Design Vieux-Montréal pendant qu’une rangée de t-shirts défilait jusqu’à environ trois mètres au-dessus de la scène.Pour la mention Accessibilité du design aux personnes à mobilité réduite, on a choisi un étudiant, lui-même handicapé, se déplaçant en fauteuil roulant.Quant à la mention Hydro-Québec sur la qualité de l’éclairage, c’est dans la pénombre et muni d’une simple lampe de poche qu’on a dévoilé le nom du commerce gagnant Mais l’audace de la mise en scène a culminé au moment de l'attribution des deux dernières mentions, l’une pour la qualité du graphisme, remise au Bar à jus Moozoo (un travelo est monté sur scène afin de présenter la précieuse enveloppe, avec en arrière-plan le mot «surprise» apparaissant en lettres de néon); l’autre pour la qualité des vitrines, remise à la boutique Tenue de gala Waxman (un squeegee est venu sur la scène devant une plejne rangée de bouteilles de Windex).A propos, on remarquera que la présence des architectes se fait de plus en plus grande au concours Commerces Design Montréal, avec les Luc Laporte, Saucier + Perotte, Bosses design et l’Atelier In situ, qui ont tous reçu un prix.On a même eu l’impression, le temps d’une soirée, qu'il n’y avait plus les architectes d’un côté et les designers d’intérieur de l’autre.Cette plus grande visibilité des architectes démontre à quel point cette problématique complexe reliée tant à l’aménagement qu'à la mise en marché est en train de gagner même les plus puristes de la profession.Des éloges et du pain De façon non concertée, à tour de rôle, les architectes et les designers ont voulu remercier leurs clients respectifs pour avoir fait confiance au design, faisant ainsi du client le véritable lauréat de cette soirée.Et lorsque Denis Tessier, directeur de la chaîne de dépanneurs Couche-Tard sur le territoire de l’ile de Montréal, s’est présenté sur scène afin de recevoir une paire de billets d’avion obtenue par tirage au sort il a tenu à dire à quel point il était fier d’entendre ses clients lui témoigner chaque jour leur satisfaction quant au nouveau design de la chaîne.Mais il était encore plus heureux de constater la croissance rapide de son chiffre d’affaires depuis l’intervention des designers.«Le magasin de la rue Rachel [celui en nomination) constituait une expérience-pilote.Mais la réception a été telle qu’on en est encore aujourd’hui à notre dixième rénovation de magasin, et on prévoit même en transformer une centaine au cours des prochaines années.Le concept développé par nos designers a permis non seulement d’enregistrer une croissance des ventes supérieure à 25 % mais d’aller chercher une nouvelle clientèle, des professionnels, des artistes, en même temps qu’elle en a éliminé une autre, moins désirable celle-là.» Heureuse surprise par ailleurs: la ministre québécoise de la Culture, Agnès Maltais, en a profité pour annoncer (enfin) que le projet de la Grande Bibliothèque fera l’objet d'un concours de design.Un concours sur la Toile L’an prochain marquera les six ans du concours Commerce Design Montréal.Le maire de Montréal, Pierre Bourque, a officiellement lancé la nouvelle course aux projets.Tous les projets soumis devront être présentés dès janvier 2000.Pour la prochaine édition, le budget du concours sera porté à 800 000 $, soit 11 fois plus que le budget d’il y a cinq ans! Un site Internet permettra de recueillir les avis précieux du public québécois, mais aussi en provenance du monde entier.Cependant, une suggestion: il faudrait prendre garde de distinguer les suffrages exprimés in situ de ceux émis sur la foi de photos à basse résolution obtenues sur la Toile.Dans les circonstances, l’instauration de deux prix serait peut-être indiquée, à quoi pourrait s’ajouter un Grand Prix d’excellence qui viendrait coiffer l’ensemble des prix en soulignant l’exceptionnelle intégration de tous les éléments d’un projet dans une perspective commerciale.Précisons en terminant que le Choix du public Air Canada Vox pop a recueilli cette année un nombre record de suffrages, soit 7000 bulletins de participation complétés par les Montréalais et les touristes, faisant de ce concours l’un des moins élitistes dans le monde du design.Plusieurs grandes villes à l’étranger sont d’ailleurs intéressées à reprendre la formule développée par Marie-Josée Lacroix, commissaire au design à la Ville de Montréal.Bravo à tous les lauréats.jacqmartin @mlink.net REGARD OBLIQUE Cette semaine avait également lieu la traditionnelle charrette des universités organisée par le CCA.Pour sa cinquième édition, on a choisi la thématique des Folies urbaines.Les folies sont associées, en architecture, à ces petites constructions qui viennent animer le paysage par leur présence et susciter la discussion par leur caractère inattendu.Cinq lieux vacants du centre-ville avaient été mis à la disposition des concurrents.Au terme d’une folle fin de semaine de conception, les 32 équipes en lice ont soumis leurs projets, et la palme est revenue à une équipe de l’UQAM avec son projet 460, une installation cinématique sur rail, voyageait à haute vitesse entre les cinq sites proposés.Les projets sont exposés à l’École d'architecture de l'université McGill, où ils peuvent être admirés jusqu’à aujourd’hui à 17h.Les Grands Prix ¦Commerces de service: Salon Orbite coupe beauté.Grand Prix du jury et Choix du public Air Canada.Designer: Gilles Saucier, Saucier + Perotte architectes.Pour la créativité et l’originalité d’un concept exploitant miroirs, filtres de couleur et trompe-l’œil.¦ Magasins et boutiques: boutique Tenue de gala Waxman.Grand Prix du jury.Designer: Robert Krief.Pour la qualité de la restauration et l’élégance de ce magasin quasi centenaire.¦Bijouterie Bleu comme le ciel.Choix du public Air Canada.Designer: Annie Lacaille.Pour son côté aérien et la douceur de ses bleus.¦Restaurants, bars et cafés: restaurant Via Roma.Grand Prix du jury (ex æquo).Designer: Luc Laporte, architecte.Pour son ambiance unique de trattoria et l'intelligence de son architecture.Restaurant La Colombe.Grand Prix du jury (ex æquo).Designer: Bosses design.Pour l’utilisation judicieuse et joyeuse de matériaux simples et peu coûteux.Restaurant Union.Choix du public Air Canada.Designer: Bruno Braën.Pour la force et le charme de son concepL côté noir, côté blanc.Les mentions spéciales du jury ¦Commerce Design Vieux-Montréal: restaurant Da Emma.Designer: Atelier In situ, architectes.¦Accessibilité du design aux personnes à mobilité réduite: restaurant Via Roma.Designer: Luc Laporte, architecte.¦Hydro-Québec pour la qualité de l'éclairage: salon de coiffure Callas.Designer: Jaime Bouzaglo.¦Qualité du graphisme: Bar à jus Moozoo.Designer: Bess Pappas et La Bande créative, designers graphiques.Pour ses menus et ses accessoires de conception très graphique et, surtout, la beauté de ses emballages.¦Qualité de la vitrine: boutique Tenue de gala Waxman.Designer: Robert Krief.En tout, 19 établissements commerciaux étaient en nomination pour un des Grands Prix.Cette année, le jury était composé de Philippe Bouvry, président de BBC Communications, de Marc Chapleau, designer d’intérieur, d'Anne Cormier, architecte, de Frédéric Metz, professeur en design à l’UQAM, sous la présidence de Jacqueline C.Vischer, directrice du programme en design d’intérieur de l'Université de Montréal.Rappelons que le concours Commerce Design Montréal est organisé conjointement par le Service du développement économique et urbain de la Ville de Montréal et la Société des designers d’intérieur du Québec (SDIQ), avec la collaboration de l’Ordre des arcliitectes du Québec.ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 31 Montréal (Quêbecl Canada H2Y1H2 Téléphone 15141866-2436 Télécopieur (5141866-0881 Courriel.idm@idm qc ca Site Web http 7/www idm qc ca Programme SRAD de l’IDM Le Programme pour stimuler la recherche appliquée en design ISP ADI a représenté, entre avril 1993 et mars 1998, le principal outil utilisé par l'IDM pour favoriser l'utilisation du design dans des projets de recherche appliquée.L'Institut de Design Montréal a mandaté la firme STRAGESULT pour procéder à l'évaluation des retombées économiques de ce programme.Une enquête a été effectuée au moyen d'entrevues en profondeur auprès des dirigeants des entreprises dont les projets, 42 au total, avaient été complétés ou étaient en cours de réalisation Il Évaluation des retombées économiques du programme SHAD.Stragesult.14 juin 1999, a permis de démontrer que le but et les objectifs qui avaient été établis pour le pro- un SUCCES gramme ont été atteints: favoriser l'utilisation du design pour le développement de produits novateurs à forte valeur ajoutée: - encourager le partenariat entre les designers et les entreprises dans la réalisation de projets de recherche appliquée, - sensibiliser les entreprises à la valeur économique du design.Une très forte majorité des entreprises ont également indiqué que le programme avait contribué à accroître leur capacité d’innovation et leur capacité concurrentielle.Impact sur les décisions des entreprises Plus de 60 % des entreprises ont indiqué qu'elles n'auraient pas entrepris leur projet sans l'aide financière de l'IDM - Plus de 90 % des entreprises ont souligné que la contri- bution de l'IDM les avait incitées à entreprendre leur pro-jet en réduisant les risques qui lui étaient associés, notamment sur le plan financier Principales retombées • Le programme a suscité des projets de recherche qui ont entraîné des investissements totaux de prés de 12 millions S dont plus de 8 millions S en recherche appliquée ¦ Les entreprises dont les projets ont été complétés, ou sont sur le point de l'être, ont effectué, ou prévoient effectuer, des investissements additionnels de 5.8 millions S en recherche, des investissements de 6,7 millions S pour la fabrication de produits issus de la recherche et des dépenses de 5.5 millions pour leur commercialisation - La mise en exploitation commerciale de ces projets a jusqu'ici entraîné des ventes additionnelles de 10,6 millions $ - D'ici quatre ans, le programme SRAD aura contribué à la création et au maintien de quelque 700 emplois à un coût moyen d'environ 7000 S par emploi, ce qui se compare avantageusement aux résultats de programmes semblables des différents paliers de gouvernement Distinctions internationales De plus, quatre des projets réalisés dans le cadre du programme SRAD ont reçu des distinctions internationales au Salon international des inventions, des techniques et produits nouveaux de Genève et à la Juvenile Products Manufacturers Association de Dallas.Pour information Helen Stavndou, 1514) 866-2436, poste 26
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