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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-11-03, Collections de BAnQ.

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9 1 0 FONDE EX DEVOIR Vol.X C - N ¦ 2 1 9 L E M E R C R E I) I 3 X O V K M II R K 1 il il il i C + T A X K S = Fto 1 $ NATURE LOUIS-GILLES FRANCŒUR: L’AUTRE DÉFI DE LA CHASSE PAGE B 9 MONTRÉAL UNE NOUVELLE GUERRE FRATRICIDE SECOUE LE RCM PAGE A 6 CUL IRE LE GONCOURT VA À JEAN ECHENOZ PAGE B 12 LES ACTUALITES EGYPTAIR: L’ENTRETIEN EST-IL EN CAUSE?PAGE A 3 La cour qui change des vies Qu’est-ce (qu’un handicap ?À la Cour suprême de le dire.BRIAN MYLES LE DEVOIR Lundi, Palmerino Troilo gravira les marches de la solennelle Cour suprême du Canada, qui entendra (enfin) sa cause.La décision que rendra le plus haut tribunal du pays dans cette affaire changera la vie de M.Troilo.La sienne et celle de dizaines de milliers de citoyens à travers le pays.M.Troilo se retrouve à la Cour suprême un peu comme dans un cauchemar duquel il n’a jamais pu sortir depuis son congédiement du service de police de Bois-briand, en 1990.Le jeune homme, qui rêvait depuis sa plus tendre enfance de porter l’uniforme, a été mis à la porte parce qu’il souffrait de la maladie de Crohn, une maladie rare des intestins.«Je suis rentré dans la police dans le début de la vingtaine.Cétait mon rêve.Je suis tombé malade pour la première fois de ma vie, et on m’a dit: on ne te garde pas», résume M.Troilo.C’est le monde, soq monde, qui a basculé.A la même époque, la Ville de Montréal a refusé d’embaucher Réjeanne Mercier comme jardinière-horticultrice parce qu’un examen a révélé une déformation de la colonne (scoliose dorso-lombaire) qui aurait pu, selon la Ville de Montréal, s’aggraver.M.Troilo et Mme Mercier, chacun de leur côté, ont porté plainte auprès de la Commission des droits de la personne, soutenant qu’ils ont été victimes de discrimination fondée sur un handicap au sens de l’article 10 de la charte québécoise.L’un et l’autre étaient capables VOIR PAGE A 12: COUR Autres informations en page B 1 PERSPECTIVES Magouille à la française Il y a dix ans de cela, le premier ministre français de l’époque, Michel Rocard, avait passé une loi d’amnistie des délits politico-financiers.Ce faisant, la classe politique française au grand complet se soustrayait à la justice.Les années passent, le temps s’écoule et rien n’y fait: la malversation en sol républicain demeure.uméro deux du gouvernement Jospin en tant que ministre de l’Économie et des Finances, Dominique Strauss-Khan a remis sa démission hier.Il en a décidé ainsi après que les juges chargés de faire la lumière sur les fraudes commises dans le cadre du dossier de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) eurent délivré à son endroit un réquisitoire supplétif pour faux et usage de faux au milieu de la semaine dernière.Sur le plan strictement tech-_ ^ _ nique, ce réquisitoire supplétif per- ¦* met aux deux juges d’analyser * f toutes les pièces afférentes aux ser- vices fournis, contre rémunération évidemment, par M.Strauss-Khan en tant qu’avocat-conseil de la MNEF.Si, après étude du cas Strauss-Khan, la justice estime qu’il y a matière à aller plus avant, alors la mise en examen du principal pilier du gouvernement Jospin sera commandée.Pour l’heure, on retient tout d’abord que le geste fait par M.Strauss-Khan diffère singulièrement de bien des cas semblables.D est en effet l’une des rares personnalités publiques françaises de haut rang à avoir rapidement démissionné alors que des soupçons pèsent sur lui.L’attitude adoptée par l'ex-ministre à cet égard est à l’opposé de celle choisie par le maire de Paris, Jean Ti-beri, ou encore par Roland Dumas, membre du Conseil constitutionnel, équivalent français, sous bien des aspects, de notre Cour suprême.Ces deux notables de la république ont refusé de quitter leurs fonctions malgré Serge Truffa ut VOIR PAGE A 12: MAGOUILLE M E T E 0 Montréal Nuageux.Quelques averses en matinée.Max: 16 Min: 15 Québec Nuages et pluie.Max: 13 Min: 8 Détails, page A 9 N 1) E X Annonces.B 8 Bourse.B 4 Avis publics.A 9 Culture.B 8 Économie B 11 Editorial.A 10 Horizons.B 1 Le monde.:.A 8 Ix‘s sports.B 9 Montréal.A 6 Mots croisés.A 9 Télévision.B 10 Martin admet l’évidence I Ottawa pourrait afficher un surplus de 95 milliards sur cinq ans Une partie servira à rembourser la dette, l’autre à baisser les impôts MANON CORNELL1ER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le ministre des Finances, Paul Martin, a admis l’évidence hier.Après avoir nié pendant deux ans l’existence d’excédents budgétaires, il a annoncé hier que le gouvernement fédéral pourrait afficher un surplus accumulé sur cinq ans de 95,5 milliards de dollars.Ottawa entend par ailleurs utiliser une partie de cet argent pour réduire les impôts, a promis M.Martin, alors qu’il rendait publique, à London, la Mise à jour économique et financière annuelle du gouvernement fédéral.En dévoilant ces chiffres, le ministre a mis fin aux disputes autour de l'existence ou non d’un surplus pour permettre la tenue d’un vrai débat sur son utilisation.Il l’a lui-même reconnu.«Ce débat a trop gravité jusqu’ici autour de l’ampleur de l’excédent au lieu de l'usage qu’on pourrait en faire», a-t-il dit devant les membres du comité permanent des Finances.Lui-même insiste pour qu'une partie des surplus serve à rembourser la dette de 577 milliards, car les intérêts à payer demeurent le poste budgétaire le plus important du gouvernement.Son objectif est de faire en sorte que cette dette représente moins de 50 % du produit intérieur brut VOIR PAGE A 12: MARTIN L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon page A 10 Dialogue mi- Igm w tï\\ i.ï; *58 4 .* Ok K # m RS* “ -.[f.' r •af; X* ' sgi f • ’ ,'v-i i < ¦ r.¦jttk, fm, - - i 2 j ûÆ JACQUES NADEAU LE DEVOIR f \ LE PHENOMENE est bien connu: enfants et chats dialoguent par les yeux et se susurrent de mystérieux secrets.Après tout, Alice au pays des merveilles pouvait seule accéder au sourire du chat du Cheshire.Et si vous n ’en croyez rien, c'est faute d’avoir partagé hier les épanchements muets de Kaïa et Alaska sur leur arbre perché.Air Canada hausse la barre de 300 millions GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Air Canada a haussé la barre en coiffant une nouvelle fois la portion au comptant offerte par Onex.Accusant le tandem Onex-American Airlines de vouloir voler les actionnaires d’Air Canada, le président du transporteur, Robert Milton, a puisé à même les liquidités de 1,2 milliard de l’entreprise pour ajouter 4 $ par action, soit 300 millions ou 33,3 % de plus, à son offre visant désormais le rachat de 36,4 % des actions d’Air Canada émises et en circulation.L’offre aux actionnaires, inconditionnelle, atteint désonnais 1,1 milliard, alors que celle d’Onex, conditionnelle, est évaluée à 752 millions.Et Robert Milton de lancer: «Il est temps qu’Onex dévoile ses vraies intentions!» Outre le 1,1 milliard, ou 5,82 $ par action, au comptant, les actionnaires d’Air Canada vont également pouvoir miser sur Y «ajout de un milliard sur dix ans au bénéfice d’exploitation d’Air Canada, qui résulte des ententes que nous avons conclues avec nos partenaires United Airlines et Lufthansa.C'est sans compter également qu’on s'attend à ce que le bénéfice par action augmente de plus de 45 % une fois le rachat de 36,4 % des actions terminé.Tout cela pour le bénéfice de nos actionnaires et non pour celui d’Onex, d’American Airlines et des créanciers et actionnaires de Canadien International», a résumé le président et chef de la direction d’Air Canada.Robert Milton n’a pas mâché ses mots lors d’une conférence de presse hier.«L'offre d'Onex-American Airlines, et sa version majorée, consiste essentiellement à transférer à Onex, à AMR et aux actionnaires et créanciers de Canadien la valeur et les réserves appartenant à Air Canada et à ses actionnaires.Lorsqu’Onex a ajouté 300 millions à son offre, cela équivalait à puiser cette somme additionnelle dans les réserves d’Air Canada.Or ces réserves appartiennent à 100 % à nos actionnaires et non à ceux d’Onex.Et nous annonçons aujourd’hui que nous allons remettre ces 300 millions à nos actionnaires.» En guise de première réaction à cette autre réplique d’Air Canada, le L’offre de la société aux actionnaires, inconditionnelle, atteint désormais 1,1 milliard, alors que celle d’Onex, conditionnelle, est évaluée à 752 millions VOIR PAGE A 12: AIR CANADA ¦ Autres informations en page B 3 iM www.ledevoir.com Coulisses diplomatiques £ «La souveraineté du Québec est un fait, il ne lui manque qu'une forme juridique»: voilà la position qu'aurait adoptée Paris si les Québécois avaient voté OUI Depuis le fameux «Vive le Québec libre!» lancé par le général de Gaulle du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal en 1967, la France a tissé des relations privilégiées avec le Québec, au grand dam d’Ottawa.Pendant les 30 ans qui ont suivi, la France a cherché à contrecarrer, dans-lps coulisses du jeu diplomatique et protocolaire, les tentatives répétées du fédéral de remettre le Québec à sa place.Tjj Dans un ouvrage fouillé et truffé de témoignages inédits, le journaliste Frédéric Bastien lève le voile sur le triangle Paris-Québec-Ottawa.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUE BE Que ce soit en 1980 ou en 1995, la France avait accepté de reconnaître immédiatement une proclamation de la souveraineté du Québec advenant la victoire du OUI.«La souveraineté du Québec est un fait, il ne lui manque qu’une forme juridique», voilà la position publique qu’aurait gdoptée la France en 1995 en pareil cas.Non seulement la France, pour mettre les Etats-Unis devant le fait accompli, serait devenue le preinier pays à reconnaître l’indépendance du Québec quel que soit le résultat des négociations entre Québec et Ottawa, elle aurait aussi déclenché «un branle-bas exceptionnel pour recon- _____________j président français.Cela confirme que les Français avaient activement appuyé le «grand jeu» dont Jacques Parizeau a fait état en 1997 dans son livre Pour un Québec souverain.VOIR PAGE A 12: COULISSES 778313000665 ' - :x ~ • ¦ ÿS^hjt ’¦ æf ma ' ¦ 16$ par action La nouvelle offre d’Air Canada est de 16$ par action, soit 3 $ de plus que celle qu'Onex prétend offrir.Notre but est de récpmpenser nos propres actionnaires et non pas l’opportunisme d’Onex/AMR.348 millions de plus au comptant pour les actionnaires comptant au net d'Air Canada pour les actionnaires comptant au net d'Onex pour les actionnaires* de plus au comptant avec notre nouvelle offre 90 % de propriété en comparaison de 60 % Le plan d'Air Canada signifie que nos actionnaires détiendront 100% des actions (90% après dilution complète).L'offre d'Onex signifie que nos actionnaires ne détiendront que 69% des actions (60% après dilution totale).1 milliard de dollars de plus en dix ans Le plan d'Air Canada signifie un milliard de dollars de plus en bénéfice d'exploitation en dix ans avec Star Alliance, le réseau aérien le plus étendu au monde, qu'avec l'alliance oneworld.Le plan d'Onex priverait Air Canada de ces rentrées.Pour plus de renseignements, composez le 1 800 890-1037 ou visitez notre site à l'adresse suivante : www.aircanada.ca *Après exercice des droits d'AMR.AIR CANADA ® * < LE DEVOIR.LE M E R C R E I) I \ u v E M B R E I !) !) !) A 3 ACTUALITÉS Chère Joblo Josée Blanchette Je vous écris parce que vous semblez avoir choisi délibérément le métier de pigiste.Pour moi, comme pour bien des collègues, le travail précaire, fragmenté, à temps partiel, est venu avec le territoire, la génération où je suis né.Pigiste, j’ai plusieurs patrons, qui me paient chacun une fraction de mon revenu mais semblent exiger 100 % de moi.N’étant pas syndiqué, j'ai dû apprendre à me piler sur la poche, à plier l’échine, à dire oui, à faire semblant d'aimer cela.Bref, à téter le boss.Encore heureux que je ne sois pas une fille.Ma question est la suivante: devrais-je aussi téter les boss après leur mort, ou après leur départ, juste pour être du bon bord?Yesman temporaire Cher Yesman, La question soulevée me laisse d’autant plus perplexe que je n’ai jamais, à ma connaissance, tété un boss (à peine si j’en ai marié un dans un moment d’inconscience) et que certains — les plus vulnérables ou les moins intelligents — m’en ont très certainement voulu.Dans toutes les chorales, il se trouve bien une ou deux crécelles pour chanter faux et briser l’harmonie acoustique.Celles-là, comme la pincée de sel dans la pâte à gâteau, soulignent les envolées doucereuses de l’ensemble vocal.Doit-on chanter les louanges du chef d’orchestre après sa mort?Si on l’a fait de son vivant, restons cohérents.Et n’est pas premier violon qui veut.On prévoit qu’en l’an 2004, les travailleurs autonomes et autres salariés de la misère autogérée seront plu^ nombreux que les syndiqués sur le marché du travail.Epoque faste pour les boss, l’arbitraire patronal et l’abus de pouvoir.‘Dans la foulée de la précarisation de l’emploi et du tétage élevé en mode de fonctionnement, un comité interministériel étudie depuis un mois la question du harcèlement psychologique au travail.Ce comité est composé de huit personnes provenant du ministère du Travail, du ministère de la Santé et des Services sociaux, du ministère de la Justice, du Secrétariat à la condition féminine, de la Commission des normes du travail et de la CSST.Tous ces vaillants intervenants ont un salaire assuré et des vacances payées.Nul n’est parfait.Cela dit, je réalise que si un de mes patrons devait mourir accidentellement, comme ce fut le cas cette semaine pour l’éditeur adjoint de La Presse, je ne leur signifierais jamais tout le bien que je pense d'eux de leur vivant.C’est d’autant plus regrettable que je passerais à côté d’une belle occasion de me faire valoir (cher) sous prétexte de garder mon admiration posthume pour fleurir leur panégyrique.Un patron ne choisit pas d’être patron pour se faire aimer, c’est pourquoi on lui doit le respect Mais l’ivresse du pouvoir compense pour le désamour syndical.Etant journaliste indépendante de syndicat mais pas de fortune, je voudrais avouer dès aujourd’hui à mon directeur, Bernard Descôteaux, que je ne laisserais à personne d’autre le privilège et le plaisir de négocier avec moi.Sa force tranquille et sa politesse exquise en font un vis-à-vis honorable.De plus, il sait accorder ses participes passés, même verbalement, et vous ne le prendrez jamais en flagrant délit de «ça l’a», un tic de langage capable d’anéantir toute crédibilité chez mon interlocuteur, patron ou,pas.Un boss qui sait tenir sa langue est un boss redoutable.A l’intention de Jean-Robert Sansfaçon (il en a beaucoup, c’est faux), notre rédacteur en chef, je proteste une fois de plus contre mon déménagement dans cette page mais je lui promets de ne pas lui en tenir rigueur après sa mort si jamais il devait trépasser, auquel cas il retrouverait probablement sa photo dans cette même page.Quant à Claude Beauregard, notre directeur de l’information, j’étais prête à jurer qu’il était le gardien de zoo le plus cool en ville jusqu’à la semaine dernière, moment où je l’ai surpris dans son bureau avec un bâton de baseball dans les mains.Même au Devoir, la pression peut être forte, j’en conviens.On t’aime bien, mon Claude, surtout quand tu nous fais peur.Voilà, suis-je du bon bord, à présent, ou faut-il aussi que je me fasse teindre platine?Chère Joblo, Depuis quelques jours, mon mari est en campagne électorale.Porteà-porte, cocktails, brunchs, appels téléphoniques et visites à caractère politique se succèdent.Il se rase de prà tous les jours, est gentil avec les vieux, les Anglos.Bref, il est plus diplotmte que jamais II a même commencé à me parler dans la langue de coton, vous savez, cette façon évasive de communiquer.Je réalise donc avec beaucoup de déception que s'il mettait autant d'ardeur à être l’élu de mon cœur qu’il en met à être élu municipal, les dossiers du couple seraient facilement et rapidement réglés.Je me sens frustrée par cette situation et des tas d’idées de scandales politiques me passent par la tête.Ma campagne de salissage imaginaire s’intitule: «La femme de l’échevin s’envoie en l’air.» J’ai bien envie de saboter ses pancartes en écrivant «fif» sur la photo, d’embrasser le pompiste, de draguer la caissière à l’épicerie.Je commence même à fantasmer sur le candidat de l’opposition, qui est pas mal «beau bonhomme».J'attends d'ailleurs avec impatience qu’il sonne à ma porte pour parler politique.Joblo, vous qui avez la trempe d’une première dame, que me conseillez-vous?Une femme en or Chère femme en or, C’est à titre d’ex-première dame de Westmount, et très accessoirement de femme du monde, que je vous répondrai.La bête politique est une bête de cirque.Habituez-vous au manège ou mariez plutôt le pompiste.La bête de cirque manifeste davantage de gratitude pour le public qui l'applaudit que pour la gardienne qui lui lance sa tranche de steak à travers les barreaux de la cage.L’homme politique est ainsi fait qu'il se dépense (et il a le compte de dépenses flexible) à séduire de parfaits voisins qui n’auront d’autre préoccupation, sitôt leur bulletin de vote déposé dans l’urne, que de lui casser du sucre sur le dos.Et c’est ici que votre force de caractère mouture espresso, cette inébranlable foi en l'homme que vous aimez allongé et que vous avez épaulé contre martinis et café insipides de centre d’accueil, vous servira de tremplin dans votre propre carrière.Restez digne dans le malheur, on vous respectera partout.Pensez à Hillary.En attendant les élections de dimanche prochain, j’avoue que l’idée du scandale n’est pas du tout à dédaigner, surtout si vous vous en servez pour faire du chantage électoral auprès de votre époux.Pensez comme Monica et faites-vous offrir un voyage (je suggère la Guadeloupe) pour tester l’hôtel de ses prochaines vacances tandis qu’il fera repaver votre entrée de garage.joblo@cam.org La catastrophe du vol 990 L’entretien est-il en cause ?Certaines compagnies ont tendance à tourner les coins ronds, explique un expert de laviation civile REUTERS Le 767 d’EgyptAir sur une piste de l’aéroport JFK de New York en 1998.éTZj t'/ ’ / /!// Ar - .à la FAA et à l’autorité civile de son pays», poursuit M.DesChênes.Une recommandation du fabricant, qu’on appelle dans le milieu «consigne de navigabilité», a force de loi.Cette consigne peut prendre plusieurs formes, qui vont du banal conseil d’entretien pour éviter que la peinture se dégrade jusqu’au remplacement d’un moteur.«L’opérateur de l’avion a ensuite la responsabilité de faire l’inspection de tous ses avions [du modèle mentionné) et démettre ensuite une réponse au manufacturier du moteur ou de l’avion», relate Yvan Miville-DesChênes.Des inspecteurs fédéraux sont chargés de surveiller les transporteurs.«Dans les pays où le système est bien établi, c’est comme ça que ça se passe», affirme M.Miville-DesChênes.Le hic, c'est que suivre les règles à la lettre coûte cher, et certaines lignes aériennes tournent les coins ronds.«Ce qui arrive bien souvent, c’est que des compagnies disent qu’elles ont effectué le travail, quand dans les faits elles n’ont rien fait parce que ça leur aurait coûté des milliers ou des millions de dollars en réparations», indique le consultant en aviation civile.Dans le cas du remplacement d’un moteur, par exemple, le prix peut grimper jusqu’à dix millions de dollars.Une autre embûche à la sécurité est l’utilisation de pièces de rechange au lieu des pièces certifiées par le fabricant.Yvan Miville-DesChênes s’insurge contre cette pratique, qui met en danger la vie des passagers et des équipages.Il explique que les La Marine capte des signaux N’ewport (AP) — Des signaux apparaissant provenir des deux boites noires du Boeing 767 d’EgyptAir ont été localisés hier après-midi, a annoncé la Marine américaine.La première tâche des plongeurs de la Marine attendus à bord de l’USS Grapple sera de retrouver ces deux boites noires, Sale temps pour Boeing Si le Boeing 767 d’EgyptAir n’a pas été la cible d’un attentat terroriste, l’enquête démontrera que la compagnie a négligé l’entretien de son appareil.Après l’explosion du Boeing 747 de la TWA en 1996, l’écrasement du MD-11 de Swissair l’an dernier et bon nombre d’autres incidents mortels depuis une dizaine d’années, le public est en droit de se poser des questions sur la sécurité des transporteurs aériens.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Vu la complexité des différents types d’avion, de multiples inspections et contrôles sont imposés par le constructeur quand il vend son appareil à une compagnie aérienne.«Un avion vient avec une bibliothèque de 80 cartables.Ces livres contiennent des renseignements sur tout l’équipement et tout ce qu’il y a à faire pour assurer l’entretien de cet équipement», explique le consultant en aviation civile Yvan Miville-DesChênes.Comme pour une auto, la compagnie reçoit une liste d’inspections à effectuer dans des intervalles prescrits.Le fabricant peut aussi vendre son programme d’entretien aux compagnies.Mais généralement, les grosses lignes vont faire certifier leurs chefs mécaniciens et leurs mécaniciens pour assurer elles-mêmes le service.La relation concessionaire-acheteur ne s’arrête pas là.En effectuant l’entretien d’un avion, la compagnie aérienne qui détecte un bris majeur ou mineur doit envoyer une notice à son fabricant, à l'Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) et à l’organisme national chargé de la sécurité des transports aériens.Au Canada, il s’agit de Transport Canada.«Selon la nature du problème, le constructeur doit trouver une solution et l’envoyer à son client, Des familles à réconforter PRESSE CANADIENNE Pendant que les équipes de recherche continuaient hier de ramasser des débris du vol 990 d’EgyptAir, des représentants officiels s’affairaient à réconforter les familles des victimes venant du Canada.Au total, 21 citoyens canadiens se trouvaient à bord de l’avion au départ de New York, dont 14 du Québec.Le Boeing 767 à destination du Caire, qui emportait 217 passagers et membres d'équipage, s’est abîmé dans l’Atlantique, au large du Rhode Island, dans la nuit de samedi à dimanche, peu après son décollage de l’aéroport John-F.-Kennedy de New York, sans qu’on en connaisse encore les raisons.«Je pense que les getts sont encore sous le choc», a déclaré le consul général du Canada, Mary Clancy.Jusqu’à présent, seulement quelques parents des victimes ont été pris en charge par les représentants consulaires canadiens, psychologues et responsables d’EgyptAir, installés dans un hôtel de Newport D’autres devraient arriver sous peu.Un certain nombre de parents des victimes québécoises ont décidé de ne pas se rendre au Rhode Island, craignant de ne pas se faire comprendre.Pour d’autres, le choc est encore trop grand pour qu’ils fassent le voyage.TIM KLASS ASSOCIATED PRESS Seattle — Sale temps pour Boeing.L’avionneur américain a annoncé qu’il décidait de suspendre pour quelques jours la livraison de quatre de ses sbc modèles, soit 34 appareils actuellement, en raison de défauts de fabrication d’un écran anticondensation isolant le cockpit, qui peut prendre feu trop aisément.Mais Boeing n’a encore rien prévu officiellement pour l’éventuel rappel des centaines d’autres modèles 747, 757, 767 et 777 construits ces dernières années et concernés par ces écrans «non conformes», même si la firme de Seattle assure qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir.Remplacer tous les systèmes anticondensation pourrait prendre «plusieurs jours» par avion, mais des tests supplémen- morceaux réusinés n’ont pas la même résistance et qu’ils n’ont pas subi les mêmes tests.Même s’il ne croit pas que les grandes lignes canadiennes jouent à ce jeu, l’expert croit que c’est un problème mondial.Au Canada, 796 inspecteurs de la sécurité de l’aviation civile sont affectés à la surveillance des exploitants aériens et des compagnies qui assurent la maintenance des aéronefs.Ces inspecteurs de Transport Canada sont principalement des pi-îotes, des techniciens d’entretien d’avion, des spécialistes en sécurité des cabines, des contrôleurs de la circulation aérienne, des spécialistes en électronique.L'organisme fédéral effectue des inspections dans chacune des compagnies selon un cycle de 6 à 36 mois.En plus de vérifier les compétences des pilotes et du personnel de la compagnie, les inspecteurs s’assurent quelle tient bien ses livres et respecte les intervalles d’entretien.C’est justement à cette tâche qu’un détachement de l’équipe du FAA, qui s’occupe de l’enquête sur l’écrasement du vol 990, s’affairera au cours des prochains jours.Dépêchée au Caire, la section va inspecter et saisir les documents d'entretien du Boeing 767 au siège social d'EgyptAir.«L’équipe va s’emparer du cartable qui contient tous les avis, les amendements et les modifications du manufacturier.Ils vont ensuite dévoiler si tout a été fait selon les normes», précise Yvan Miville-DesChênes.enregistrant les données de vol et les conversations dans le cockpit.Elles permettront peut-être de savoir pourquoi le Boeing 767 a soudainement effectué un plongeon de 10 000 mètres, 33 minutes après avoir quitté l’aéroport Kennedy dimanche matin et s’est abîmé en mer avec ses 217 occupants.Il n’y a pas eu de survivants.taires seront nécessaires pour déterminer si des mesures draconiennes doivent être prises, a expliqué lundi soir Jeff Hawk, directeur de la certification.«Nous aurons sans doute à faire des modifications sur les écrans actuellement installés sur les avions», a ajouté M.Hawk, précisant que Boeing cherchait actuellement comment remédier à cette défaillance.En attendant, la livraison prévue de 34 appareils a été retardée de quelques jours, le temps que Boeing et l’Administration de l’aviation fédérale (FAA) prennent une décision.Ces écrans isolants, qui entourent le cockpit, sont constitués d’une première couche de fibre de verre ou de Kevlar, d'une couche intermédiaire isolante et d’une couche extérieure de plastique.Leur rôle est d’empêcher la condensation d’atteindre les installations électriques et les instruments de bord.Bouchard et Parizeau comparés à Hitler Le procès en diffamation aura lieu en décembre FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Lucien Bouchard et Jacques Parizeau, dont la «démagogie» a été comparée à celle d’Adolf Hitler par un économiste, pourront enfin être entendus par un juge de la Cour supérieure au début de décembre dans la poursuite en diffamation qui les oppose à Richard Lafferty.Ce dernier avait compare les deux politiciens au dictateur de l'Allemagne nazie dans une analyse politico-économique publiée par la maison de courtage Lafferty, Harwood & Partners Ltd en février 1993.Indignés par le rapprochement fait par ce courtier dans le rapport intitulé The Lafferty' Canadian Report, dont Le Devoir avait révélé la teneur, les chefs du Bloc québécois et du Parti québécois, à l'époque, avaient déposé une poursuite de 300 000 $ le 22 février 1993 pour atteinte à leur réputation.L’avocat de la défense, M' Marc Bantey, a confirmé hier que, après moult procédures interlocutoires, «ça va se jouer devant les tribunaux à partir du 6 décembre».On connaîtra donc seulement à ce moment la salle et le nom du juge qui devra trancher.Le procès devrait durer quatre jours.Les deux leaders souverainistes seront quant à eux représentés par Heenan Blai-kie, qui est à l'emploi du bureau d’avocats oû a travaillé Pierre Elliott Trudeau et dont Peter Blaikie, ancien dirigeant d'Alliance Québec et ex-président du Parti conservateur, est un des principaux associés.Dans le rapport en question, l’auteur avait prétendu que le nationalisme auquel se réclamaient MM.Parizeau et Bouchard était «une forme classique de démagogie qui n’est pas différente de celle d'Hitler».Il poursuivait en affirmant qu’il «n 'existe aucun regroupement de patriotes au Québec enclins à défendre les concepts de liberté, égalité et parternité [sic].Cette même situation prévalait avec Hitler.Les industriels et les banquiers se gardaient bien de contester son leadership dictatorial de peur de sanctions.Une attitude qui ressemble beaucoup à celle qui existe au Québec.» Dans une lettre que M.Lafferty avait envoyée aux clients de son entreprise le 19 février 1993, à la suite de l’ampleur qu’avait prise ce dossier dans les médias, le courtier en valeurs mobilières se défendait d’avoir utilisé des mots lourds de sens.«Bien des gens ne comprennent pas le mot démagogue», avait-il écrit, avant de citer le dictionnaire Random House pour justifier ses propos: «Personne, spécialement orateur ou leader politique, qui conquiert le pouvoir et la popularité en soulevant les émotions, les passions et les préjugés du peuple.» Publié à quelques centaines d’exemplaires et destiné aux actionnaires et clients de son entreprise, The Lafferty Canadian Report comportait également un passage qui soutenait que le sentiment nationaliste est particulièrement important dans les régions rurales parce que les gens y sont moins renseignés et moins éduqués.Déjà, en 1993, M.Lafferty n’en était pas à ses premières armes avec les médias puisqu’il avait défrayé les manchettes à deux reprises.Dans les années 60, il avait été appelé à la barre des accusés pour avoir refusé d’embaucher deux hommes parce qu’ils étaient juifs.Presque dix ans plus tard, M.Lafferty avait encore une fois fait parler de lui pour avoir invité ses clients à retirer leurs placements du Québec.Jacqots Cantin LM VL ut iaiiw lOGUCES Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive: Québec-livres LùG/au^ MAÎTRISEZ L’ORDINATEUR! Apprivoiser l’ordinateur Jacques Cantin ISBN 2-89381-646-0-120 p.- illustré 18,95 $ inujiii^conomtque logrfuuùSTnondial La Üecouver le'Boréal POUR AVOIR L’HEURE JUSTE À L’AUBE DU NOUVEAU MILLÉNAIRE Le seul annuaire économique et géopolitique mondial • la meilleure source d’information pour comprendre le monde d’aujourd’hui 678 pages • 27,95 S http://www.editionsboreal.qc.ca Boréal Qui m aime me lue.l’état u monde • trace le bilan de l’année pour les 225 pays du monde • offre des analyses thématiques sur les tendances planétaires actuelles En collaboration avec LE DEVOIR CKAC75Q L E I) E V OIK.LE M E R c R E I) I 3 N O V E M B R E 1 9 8 9 A 4 LES ACTUALITES Entre le fédéral et les provinces Le PLQ demande un nouveau partage fiscal ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le Parti libéral du Québec préconise un nouveau partage de l’assiette fiscale entre le gouvernement fédéral et les provinces tout en pressant Ottawa de réduire immédiatement les cotisations d’assurance-emploi.Le ministre des Finances Paul Martin «doit baisser immédiatement les cotisations à l’assurance-eniploi, a dit hier la députée Monique Jérôme-Forget, critique en matière de finances de l’opposition officielle.Ce sont les taxes les plus pénalisantes pour la création d’emplois.» En outre, le gouvernement québécois doit «cnégocier un nouveau pacte fiscal pour revoirie partage de l’assiette fiscale» entre les gouvernements fédéral et provincial, a poursuivi Mme Jérôme-Forget Selon la députée libérale, «il est clair qu'il y a un déséquilibre de plus en plus marqué entre les recettes fiscales et les dépenses» au niveau des gouvernements provinciaux et fédéral.A plusieurs reprises au cours des derniers mois, le premier ministre Lucien Bouchard et le vice-premier ministre Bernard Landry ont répété que «les revenus étaient à Ottawa et les dépenses à Québec».Mais si le PQ et le PLQ semblent partager la même analyse sur ce point ils divergent d’opinion quant aux constats qu'ils font de l’évolution de la situation économique au Québec depuis le Sommet socioéconomique de novembre 1996.Hier, Mme Jérôme-Forget, accompagnée des députés Yvon Marcoux et André Tranchemontagne, ont soutenu au cours d’une conférence de presse que le Québec continuait de prendre du retard en matière économique, contrairement aux prétentions du gouvernement.La contre-performance québécoise est observable dans le fardeau fiscal, le niveau des investissements et la création d’emplois.Depuis le Sommet socioéconomique, l’écart fiscal entre le Québec et l’Ontario s’est creusé, passant de 2,4 milliards en 1996 à 5,5 milliards, a souligné Mme Jérôme-Forget.Cela représente pour chaque contribuable qui paie de l’impôt, soit plus de deux millions de personnes, une somme de 1600 $, a rappelé la députée.«L'impôt tue l’impôt», a-t-elle dit, en réclamant du ministre Landry qu’il baisse les impôts de façon substantielle.«Il s'agit de planifier, tout comme le gouvernement avait planifié le déficit zéro sur une période de quatre années.Je petise qu’on pourrait baisser les impôts, sur une période de cinq a>is, de cinq milliards», tout en maintenant «les besoins essentiels» dans la santé et l’éducation, a-t-elle dit.Au chapitre des investissements, M.Marcoux a signalé que les investissements privés au Québec représentent 9,5 % du produit intérieur brut (PIB) contre 11,6 % pour la moyenne canadienne.S’il est vrai que la croissance de ces investissements est supérieure à la moyenne canadienne, comme le soutient M.Landry, l’écart qui existe encore aujourd’hui signifie 4,2 milliards de moins pour l’économie du Québec, a précisé M.Marcoux.M.Tranchemontagne a qualifié de •fiasco total» la performance du Québec au chapitre de la création d’emplois.Tandis que M.Bouchard avait pris l’engagement en 1996 que le Québec rejoigne en trois ans le taux moyen de création d’emplois du Canada, l’écart n’a pas diminué, il a même augmenté.«Si on avait suivi le Canada, tel que promis au sommet, on aurait 100 000 emplois de plus», a dit M.Tranchemontagne.Débit réservé imposé aux petites centrales hydroélectriques La norme pourra être évitée moyennant compensation financière Québec promulgue sa politique pendant les audiences sur Veau La commission Doyon avait recommandé à Québec de se doter d’une politique de «débit réservé» assurant un minimum d’eau aux écosystèmes aquatiques harnachés par les promoteurs de petites centrales.Elle avait aussi insisté pour que Québec s’interdise de développer le potentiel hydroélectrique des rivières vierges.La nouvelle politique sur les débits réservés dits «écologiques» retient la plus faible des normes internationales et permet de l’éviter par une «compensation financière».LOUIS-GILLES F RANCŒUR LE DEVOIR Au moment où la commission d’enquête Beauchamp tient audience sur la future politique québécoise de l’eau et des cours d'eau, le ministre des Transports et responsable de la faune, Guy Chevrette, annonce l’entrée en vigueur d’une «politique de débits réservés écologiques» que les promoteurs pourront éviter par des compensations financières qui serviront à réaliser d’autres aménagements fauniques, possiblement ailleurs, que dans le cours d’eau touché par leurs projets.«Advenant le cas où les résultats de ce suivi [environnemental] indiqueraient un échec significatif des mesures de conservation et de mise en valeur instaurées, une compensation financière servant à réaliser d’autres aménagements pourrait être exigée sans autres conditions par Faune et Parcs Québec ou par le ministère de l’Environnement», conclut l’énoncé politique rendu public au début de la dernière fin de semaine.Une politique de «débit réservé» détermine habituellement le débit minimal qu’un promoteur devra laisser dans un rapide ou une chute pour y protéger la survie de l’écosystème aquatique — et non seulement d’une ou deux espèces prisées des pêcheurs sportifs — qu’il s’apprête à perturber par un détournement du débit, la construction d’une digue ou d’une centrale hydroélectrique ou la création d’un lac artificiel ou d’un réservoir hydraulique.La politique que vient d’annoncer le ministre Chevrette, le parrain de la relance de la petite production hydroélectrique privée, n’accorde aucune protection particulière aux rivières vierges.Elle se donne comme objectif non pas d’éviter les dégâts inutiles et de ne donner priorité qu'aux projets justifiés mais seulement de «prévenir et de minimiser les impacts négatifs» des projets en milieu hydrique pour qu’il n’y ait «aucune perte nette d’habitats du poisson ou de la productivité des milieux récepteurs», pour qu’elle maintienne la «libre circulation du poisson» dans les cours d’eau et contribue «à la protection de la biodiversité des écosystèmes aquatiques».Après avoir analysé le cours d'eau, ses caractéristiques et sa productivité faunique, les promoteurs auront le choix entre trois méthodes, toutes placées sur un pied d’égalité même si une récente étude de l’INRS-Eau démontrait d’importantes différences dans leur efficacité.La Société de la faune et des parcs préconise en réalité celle dite de 1’«habitat préférentiel», qui accorde un maximum d’eau au promoteur.La nouvelle politique ne prévoit nulle part qu’un projet pourra être refusé si les exigences de la faune et d’un écosystème aquatique ne sont pas respectées par le débit minimum proposé par un promoteur.Même la norme du débit réservé écolo- gique n'est pas un plancher absolu: «Lorsqu'il est démontré [par les consultants du promoteur] que le maintien d’un débit réservé écologique empêche la faisabilité d’un projet de développement hydroélectrique ou de tout autre projet réalisé en milieu hydrique, l’aménagement d'habitats, combiné au maintien d’un débit inférieur au débit réservé écologique, peut également être considéré pour atteindre l’objectif d'un gain net d’habitats ou de productivité.» Les habitats aménagés devront assurer «sensiblement les mêmes fonctions biologiques», s’avérer «en quantité et en qualité supérieurs aux habitats perturbés ou encore [offrir] une productivité biologique plus élevée que les habitats perdus» et être «efficaces et durables».Les promoteurs dont les aménagements ne fonctionneront pas pourront maintenir la présence de certaines espèces par des ensemencements ou des aménagements.Le promoteur sera astreint à un suivi biologique de cinq ans et à une «obligation de résultats».mais advenant l’échec de ces mesures, il ne sera pas obligé de démolir l’ouvrage pénalisant, comme on commence à le faire aux Etats-Unis: il pourra verser mie «compensation financière» au gouvernement pour la construction d’autres aménagements.On n’exige pas qu’ils soient sur place.Le Congrès juif propose un réseau scolaire à la carte FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le Congrès juif canadien a tenté de ménager la chèvre et le chou hier en souscrivant à l’abolition du statut confessionnel détenu par les écoles publiques, non sans ajouter la nécessité de créer en parallèle un réseau parapublic d’écoles religieuses.Cette proposition a été présentée hier devant la Commission parlementaire de l’éducation relativement à la place de la religion à l’école, qui a comme outil de référence le rapport Proulx.Outre le Congrès juif canadien, le Mouvement national des Québécois (MNQ) et le Forum musulman canadien ont également ajouter leur grain de sel au débat.Le Congrès juif a donc soutenu qu’il «est évident que certains Québécois doivent avoir accès à un réseau d’écoles financé à même les fonds publics, entièrement non confessionnel», tout en précisant «que les parents ont le droit de choisir pour leurs enfants une école religieuse».«Pour respecter le droit à l’éducation juive et le choix des parents», le mémoire du congrès (voir page Ail) propose un modèle comprenant un réseau d’écoles laïques financé à même les fonds publics, un réseau parapublic d’écoles intégrant une composante religieuse dont seule la portion laïque serait soutenue financièrement par le gouvernement et un troisième réseau d’écoles privées offrant une orientation laïque ou religieuse.Ceci per- mettrait au système d'éducation «d'évoluer en conformité avec les souhaits des parents».Le MNQ a pour sa part fait contrepoids à cette position en s’opposant «à la multiplication des réseaux d'écoles se distinguant à la fois selon le critère des langues d’enseignement et en fonction de deux ou plusieurs religions».Il a confirmé qu’il appuyait les grandes orientations et les principales recommandations du rapport Proulx, qui suggère de remplacer l’enseignement religieux par un enseignement culturel des religions.Dans le mémoire présenté devant la commission, le MNQ a tenté de démontrer que «la déconfessionnalisation de l'école et de l’enseignement ne met pas en danger l'identité nationale [et] qu’elle doit être vue, au contraire, comme une occasion d’approfondissement et d’enrichissement de cette identité».Finalement, le Forum musulman s’est dit préoccupé par les éléments de la réforme en ce qui a trait au respect et au traitement de toutes les religions.Il souhaite entre autres que les prières puissent être observées à certains moments de la journée, que la direction tolère le port de vêtements à caractère religieux, comme le hidjab ou le keppa, et que la cafétéria serve, à part les aliments réguliers, des aliments spécifiques à telle ou telle communauté religieuse (halal, ka-sher, etc.).La commission se poursuit aujourd’hui et demain.Québec OOO Tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le Québec d’aujourd’hui Rétrospective du XX1 siècle québécois René Di rociier, Paul-André Linteau, Gilles Marcotte et Jean-Jacques Simard textes entièrement inédits Publié sous la direction de Roch Côté et en collaboration avec le journal Le Devoir, Québec 2000 réunit au-delà de cinquante experts, journalistes et universitaires.Un panorama complet, illustré et chiffré Une rétrospective des événements marquants Une analyse des grandes tendances sociales, démographiques, culturelles et économiques Un survol de l'actualité dans toutes les régions du Québec Un dossier spécial sur l'évolution de la famille, du couple et du mode de vie des Québécois ,V>2 pages • 21,95 $ Le point sur deux débats de l'année : le modèle québécois et l'identité québécoise En vente dès maintenant FIDES t LE DEVOIR.LE MERCREDI 3 \ 0 y £ M B R E | 9 9 9 LES ACTUALITÉS Hôpitaux: un déficit plus élevé que prévu Le manque à gagner sera de 350 millions MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE uébec — Le déficit des hôpitaux W du Québec atteindra cette année .'!50 millions de dollars, mais «ce n’est pas catastrophique», a affirmé la ministre de la Santé, Pauline Marois, hier.Au début de l’année, on prévoyait que le déficit des établissements serait de 250 millions de dollars.Les réallocations dans la santé inscrites dans le dernier budget Landry devaient suffire à éponger cette somme.Ce n’est pas le cas.«Lorsque nous avons réinvesti 1,7 milliard au printemps dernier, une partie de cette somme visait à couvrir le déficit accumulé, une autre à couvrir la progression des coûts normaux du ré-‘seau de la santé.Nous savions, c'était dans le plan officiel, qu'il resterait en fin d'année un déficit de l’ordre de 250 millions dans l’ensemble des établissements du réseau.» «Il s’avère que la somme est un peu plus élevée que ce que nous avions prévu, elle est de l’ordre de 100 millions, à ce moment-ci.Ce n'est pas catastrophique», a-t-elle déclaré à l’Assemblée nationale, hier.L'ancien vice-président de l’Association des hôpitaux du Québec, le député libéral Yvon Marcoux, lui a signalé la situation dramatique des établissements de santé de la région de Québec, endettés de 72 millions.Ce ne serait guère mieux ailleurs, a-t-il ajouté, citant en exemple le centre hospitalier de Trois-Rivières, déficitaire de 13 millions.Le CLSC de la Jacques-Cartier serait aussi dans le rouge de 1,9 million tandis que le complexe hospitalier de la Sagamie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, souffrirait de dépenses excédentaires de 8,5 millions.Toujours selon le député Marcoux, les déficits accumulés par les hôpitaux démontrent le sous-financement chronique du réseau.Pour effacer les déficits, les hôpitaux n’auront d’autre choix que de couper dans les services à la population.Mme Marois n’a pas nié la difficile condition des hôpitaux québécois.Mais pour éviter qu’on touche effectivement aux services pour régler des problèmes budgétaires, elle soumettra les établissements du réseau «à des critères de performance pour corriger la situation de telle sorte que la population québécoise continue de compter sur des services de qualité».«Nous travaillons avec les hôpitaux pour trouver des solutions à ces problèmes qui, si nous ne les réglons pas, risquent évidemment de venir gruger notre marge de manœuvre sur les services», a ajouté Mme Marois.Stérilisations forcées L’Alberta s’excuse et paye PRESSE CANADIENNE Edmonton — Le premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein, a fait des excuses, un brin contraintes, pour une loi aujourd’hui abolie qui a mené à la stérilisation forcée de 2800 hommes et femmes de la province.«Je crois que nous présentons nos regrets pour les actions posées par un autre gouvernement, à une autre époque, a déclaré M.Klein.C'est malheureux.Je ne dirais pas criminel — c’était la loi à ce moment précis, et malheureusement, c’était une mauvaise loi.» Le premier ministre Klein a fait ces commentaires quelques heures à peine avant la conférence de presse au cours de laquelle le ministre de la Justice, Dave Hancock, a rendu publics les détails d'un plan de compensation de 82 millions à l’intention de la plupart des victimes survivantes des stérilisation forcées, soit 230 Albertains.Chacun d’entre eux touchera environ 325 000 $.Le règlement inclut une déclaration dans laquelle le gouvernement exprime «son profond regret à ceux qui ont souffert après avoir été stérilisés en vertu de cette loi».La Loi albertaine sur la stérilisation a été en vigueur de 1928 à 1972.Elle était destinée à empêcher les gens jugés mentalement inaptes d’avoir des enfants.En 1996, un juge qui avait accordé 740 000 $ à une victime de stérilisation, Leilani Muir, avait qualifié ce système d’«illégal, choquant et scandaleux».Le cas de Mme Muir, première victime à traîner le gouvernement en justice, avait déclenché une avalanche de plaintes.Hier, Mme Muir a accueilli la nouvelle avec satisfaction.Mais elle a souligné que les excuses et l’argent ne feraient pas disparaître ce qu’on lui a fait.L’immigration au Québec Toujours plus d’immigrants francophones Le ministre Perreault souhaite qu’il y en ait davantage inscrits à des cours de français Le Québec attire de plus en plus de personnes parlant le français parmi les immigrants qu’il sélectionne tous les ans.Pour ce qui est des immigrants choisis par le gouvernement fédéral, le gouvernement cherchera à les franciser davantage.MARIO CLOUTIER DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC Québec souhaite accueillir annuellement 17 000 immigrants parlant français d’ici 2002.Le ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, Robert Perreault, souhaite également augmenter le nombre de nouveaux arrivants parlant le français en diversifiant l’offre de services des cours de français, qui seront de plus en plus offerts hors des COFI (Centre d’orientation et de formation des immigrants).M.Perreault a annoncé hier que le nombre total d’immigrants francophones au Québec sera probablement de 12 600 en 1999, en hausse de 2000 par rapport à 1998.«Ces objectifs, nous les atteignons.En même temps, on essaie de voir comment on peut aller au maximum du potentiel dans les choix qui sont les nôtres.» Au lendemain de l’annonce de son homologue fédérale, Elinor Caplan, qui avouait qu’Ottawa n’atteindrait pas ses cibles d’immigration pour la deuxième année de suite, le ministre québécois était visiblement fier d’affirmer que son gouvernement atteint ses objectifs et vise d’ici 2002 à ce que 80 % des immigrants qu’il sélectionne aient une connaissance du français.En ce moment, ce pourcentage atteint 65 %.Pour ce faire, le gouvernement compte cibler davantage à l’étranger les travailleurs parlant le français plutôt que des gens d’affaires ou des réfugiés, puisqu’il y a moins de francophones dans ces deux dernières catégories.Québec souhaite faire faire un bond de 7000 au nombre de travailleurs francophones en trois ans, faisant monter la cible à 18 700 en l’an 2000.En tout, le Québec devrait accueillir entre 30 000 et 33 000 immigrants en l’an 2000, alors qu’il en a accueilli 26 200 en 1998 et que le total de 1999 devrait être de 29 200.Là-dessus, le gouvernement québécois sélectionne maintenant 60 % des nouveaux arrivants, les autres étant la responsabilité du gouvernement fédéral, c’est-à-dire des membres de la catégorie famille ou demandes d’asile.Transformation des COFI Pour ces immigrants, le ministre Perreault souhaite une francisation plus rapide et efficace.11 transformera donc les COFI en Carrefours d’intégration, qui seront plus près des communautés en of- AKCHIVES LE DEVOIR Robert Perreault, ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration.frant une meilleure gamme de services.Avec des cours offerts dans les cégeps et les universités, le ministre Perreault souhaite ainsi augmenter de 15 %, soit de 60 à 75 %, le nombre de nouveaux arrivants qui s'inscrivent à des cours de français et de 20 % le nombre d’immigrants qui prennent des cours dans leur milieu de travail.En outre, Québec étendra la formation sur cinq ans plutôt que trois, et pendant 1000 heures au lieu de 800.Les services aux immigrants centralisés dans la rue Saint-Roch à Montréal seront dès juillet prochain répartis en quatre Carrefours dans les quartiers Ville-Marie et Petite-Pa- trie de Montréal, à Saint-Laurent et à Saint-Léonard.Le ministre Perreault souhaite créer un meilleur arrimage avec les autres services gouvernementaux.Du côté des cégeps et des universités, Québec signera des contrats de services prévoyant que 56 % des cours de français à temps plein y seront offerts.Les Carrefours continueront d’assurer 30 % de cette formation et les groupes communautaires, 14 %.Dans tous les cas, des activités d’intégration devront faire partie des cours.«Nous allons exiger des institutions avec lesquelles nous faisons affaire en matière de francisation qu’à travers leurs services aux étudiants elles aient des projets du côté de l’intégration», de préciser le ministre Perreault.La fin des COFI avait été annoncée par le ministre André Boisclair l’an dernier, mais son successeur pense que la réforme était enclenchée «sur une base fragile» puisqu’elle faisait abstraction de l’objectif d’intégration des immigrants.Le nouveau ministre de l'Immigration dit vouloir garder le meilleur des COFI en les redéployant sur le territoire.«Plus de souplesse va nous permettre de garder davantage nos classes actives; les gens quittaient en cours de route.[.] On peut augmenter le nombre [d'étudiants] à cause de la variété de l’offre.» Le Québec devrait accueillir entre 30 000 et 33 000 immigrants en l’an 2000 Les enseignants de français des COFI continueront de donner les cours dans les établissements scolaires.La réforme se fera donc à «coût constant», selon le ministre.Les postes actuellement occupés par les enseignants seront conservés, quoique le travail se déroulera de plus en plus en établissement scolaire ou en milieu de travail.Le Syndicat des professeurs de l’Etat, qui compte 400 enseignants dans les COFI dont 140 syndiqués permanents, se dit d’ailleurs satisfait de la réforme proposée, appréciant l'idée de travailler en réseau avec d’autres organismes.«L’intégration, c’est plus important que la francisation en tant que telle, souligne le président du SPEQ, Luc Perron.Il existe des projets-pilotes dans les cégeps et les universités qui tiennent compte de la scolarité des immigrants sans entrer en compétition avec les cours de ces établissements.» Selon lui, l'important est de répondre aux besoins des immigrants qui, selon des études, souhaitent avant tout trouver un emploi (63 %), alors que seulement 11 % veulent poursuivre des études.Ainsi, M.Perron pense que le gouvernement devra faire des efforts particuliers dans les milieux de travail.«Des réseaux plus soutenus devront être créés.C'est loin d’être encore imposant», insiste-t-il.COROLLA 2000 °/D financement à l’achat / 48 mois' SUR TOUS LES MODÈLES •LECTEUR CD AVEC RADID AM-FM •MOTEUR l/UT-i 125 CHEVAUX Location à partir de I O O rh MENSUALITÉS COMPTANT* k J| I |l VLJ 209$ 1995$ I I -J n hJ 227$ 1250$ par mois/48 mois 257$ 0$ TRANSPORT ET PRÉPARATION INCLUS • Chaufferette surpuissante • Essuie-glace à balayage •Coussins gonflables • Pare-chocs de couleur assortie •Verre teinté intermittent • Rétroviseurs extérieurs à télécommande manuelle •Et bien plus.IBgSS^frâlProgrammes de location au détail de Toyota Canada Inc sur approbation de crédit par Crédit Toyota Immatriculation, assurances et taxes en sus.Sur les modèles Corolla 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TERREBONNE Chomedey Toyota Alix Toyola Toyota Pie IX Toyota St-Eustache (819) 568-0066 Automobiles (450) 687-2634 (514)376-9191 (514)329-0909 (450)473-1872 HULL LG Léveillé LAVAL MONTRÉAL MONTRÉAL ST-HYACINTHE Vila Toyota (450)471-4117 Vimont Lexus Toyota Chassé Toyota Toyota President Angers Toyota (819) 776-0077 LACHINE (450)668-2710 (514)527-3411 (514)935-6354 (450) 774-9191 Ile perrôt Spmeflt Lexus Toyota LONGUEUIL MONTRÉAL POINTE-CLAIRE ST-JEAN île Penôt Toyota (514)634-7171 Longueuil Toyota Houle Toyola Fairyiew Toyota Déry Toyota (514)453-2510 (450)674-7474 (514)351-5010 (514)694-1510 (450) 359-9000 LA QUALITE ST-JÉRÔME Toyota St-Jérôme (450)438-1255 ST-LÉ0NARD St-Léonard Toyota (514)252-1373 STE-AGATHE Toyota À Ste-Agathe (819)326-1044 STE-THÉRÈSE Biainvtlle Toyota (450) 435-3685 SHAWINIGAN Mauncie Toyota (819)539-8393 S0REL Automobile Pierre Letebvre (450) 742-4596 THURSO Auger & Frères (819)985-2218 TROIS-RIVIÈRES Trocs-Rivières Toyota (819) 374-5323 VAllEYFIELD G Couillard Automobiles (450) 373-0850 VERDUN Woodland Toyota (514)761-3444 FONDATION Marie-Soleil 9 Tougas 1 900 565-SOLEIL L E I) E V 0 I R , LE MERCREDI 3 N l) V F.M R R E I 9 !> !) A 6 -?Le devoir - MONTREAL Décès subit d’un personnage central de la crise d’Oka Ronald Cross, dit Lasagne, a succombé à une crise cardiaque lundi ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Ronaldo Casalpro, mieux connu sous le nom de Ronald Cross, dit Lasagne, est décédé lundi en soirée à la suite d’une crise cardiaque, dans un hôpital montréalais.Cet homme de 41 ans avait connu une certaine notoriété médiatique, par méprise, relativement à sa participation aux événements survenus à Oka, à l’été 1990.On n’apprendra qu’en avril 1993 que ce n’était pas lui qui s’était retrouvé face au caporal Patrick Cloutier de l’Armée canadienne dans la pinède de Kanesatake.Les pendules ont été remises à l’heure au moment du procès fait au soldat Cloutier pour délit de fuite et conduite avec facultés affaiblies.A cette occasion, le soldat avait expliqué que c’était bien Lasagne qui avait parti le bal en se présentant devant lui, le fixant dans les yeux, mais qu’il avait été suivi par cinq ou slx autochtones, dont le dernier était demeuré face à lui pendant de longues minutes.Cette scène avait été filmée et photographiée abondamment.Elle avait fait le tour du monde.A ce moment-là, pour des raisons inconnues, l’homme masqué avait été désigné comme étant Lasagne.A la même époque, en avril 1993, un livre intitulé Lasagne, l'homme derrière le masque sortait au Salon du livre de Montréal, écrit par l’avocate et écrivaine Hélène Sévigny.Deux ans auparavant, en 1991, Ronald Cross, en compagnie de Gordon «Noriega» Lazore et Roger Lazore, subissait son procès pour divers crimes commis au cours de l’insurrection de l’èté 1990.Le procès avait été interrompu quelques jours en raison de la naissance d’im premier petit Cross.Condamné à six ans de prison.Ronald Cross avait pu profiter, après plusieurs mois d’emprisonnement, d’une libération conditionnelle.Au moment de son décès, il était père de quatre enfants, dont le dernier est âgé de deux ans et demi.A l’enquête du coroner sur la crise amérindienne.Ronald Cross avait dit être demeuré presque continuellement dans la pinède entre le 3 et le 11 juillet 1990, muni d’une AK-47 et portant des habits de camouflage.Avec une trentaine d’autochtones, Ronald Cross avait été confiné par l’armée dans le centre mohawk de traitement pour toxicomanes jusqu’à la reddition du 26 septembre 1990.Au moment de la reddition, Ronald Cross avait été pris à partie par trois policiers de la Sûreté du Québec qui avaient vu leur confrère Marcel Le-may mourir sous les balles, le 11 juillet 1990.Il avait subi deux raclées en règle.La première lui a été administrée par le policier André Turcotte dans la tente où Ronald Cross avait été amené à la suite de sa tentative d’échapper aux filets de l’armée et des policiers venus les arrêter.La seconde lui a été servie, peu après, par l’enquêteur Lucien Landry pendant que son collègue François Borduas tenait Cross immobile dans le véhicule banalisé qui les conduisait vers le quartier général de la SQ, à Parthenais.Il y a une quinzaine de jours à peine, un comité de déontologie policière imposait des sanctions à ces trois hommes.CHARLES DANTKN Un vétérinaire en colère Essui sur lu uumlition unünulu ?lo éditeur Un vétérinaire ose lever le voile sur les réalités gênantes qui se cachent derrière notre amour des bêtes.« Je m’attendais à un livre échevelé, à un pamphlet.Pas du tout.[.] C’est du journa lisme d’enquête, cliniquement documenté.[.] Un livre qui m’a beaucoup dérangé.» Pierre Foglia, La Presse vlb éditeur www.edvlb.com W/j.j/r y/ (/c /(/ /(//('j'(//{/ 1 De nouvelles guerres fratricides secouent le RCM Des militants remettent encore une fois en cause le leadership de Michel Prescott Le RCM ne se relève pas des deux défaites électorales successives mais surtout des guerres fratricides qui se poursuivent toujours.Cette fois, Michel Prescott est la principale cible de la nouvelle crise qui vient d’éclater.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Après un an de calme apparent, le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) est encore aux prises avec un mouvement de turbulence et de dissidence.Du coup, le leadership du candidat défait à la mairie et chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Michel Prescott, est remis en question.Six militants du parti, dont deux membres du comité exécutif et trois autres siégeant à la commission du programme, ont publiquement dénoncé hier la façon de faire de M.Prescott qui souffre, selon eux, du culte de la personnalité.Les instances, le programme et les membres sont ignorés par le chef, disent-ils, ce qui réduit le RCM à une annexe du groupe des parlementaires.«Si un leader n’écoute pas son parti et ses membres, pourquoi ne pas faire une révision de son leadership?» s’est demandé Roger Rashi.M.Rashi et ses collègues (Yves Pellerin, Laurent Spiriti, Pierre Géli-nas, Paul Cliche et Rémy Berthelot) ont présenté deux exemples pour étayer leurs critiques.Depuis 16 mois, donc avant la campagne électorale de l’automne dernier, la direction du parti n’a convoqué qu’une seule fois le conseil général, l’instance décisionnelle du parti, qui n’a ainsi aucune emprise sur les grandes décisions stratégiques, politiques ou financières.Une réunion du conseil général a été convoquée pour mercredi prochain.Il y a fort à parier que ce rassemblement sera houleux.On souligne également que M.Prescott ne défend pas le programme du parti.Ainsi n’a-t-il pas dénoncé la hausse des tarifs du transport en commun imposée en avril dernier, non plus que celle prévue pour janvier prochain.«C’est politiquement criminel», a soutenu M.Rashi, qui va plus loin: «Michel Prescott n ’est pas l’homme de la situation au RCM.Il n’est pas l’homme de la situation pour Montréal.Son projet en est un personnel.» MM.Rashi et Spiriti ont activement participé, il y a deux ans, au mouvement de contestation au sein du RCM qui a entraîné le parti dans une chute de crédibilité à un an de l’échéance électorale.Tous les deux se sont abstenus dans la course au leadership qui avait permis à Thérèse Daviau de se hisser à la direction, devant Michel Prescott, avant qu’elle n’abandonne le parti en vue de se rallier à une formation politique adverse et de finalement quitter la vie politique.«C’est en désespoir de cause que nous faisons cela.On ne veut pas se bagarrer sur la place publique mais on est en train de nous exclure de notre parti», a justifié Roger Rashi.Ce dernier n'hésite pas à attaquer M.Prescott, qui chercherait à s’imposer comme le chef d'une opposition élargie par la fusion des autres partis politiques d’opposition.«Qui est-il pour en appeler à une vaste coalition autour de lui?» a lancé M.Rashi.Michel Prescott a répliqué immédiatement, entouré du président du RCM, Abe Limonchik, et de deux autres conseillers municipaux, André Cardinal et Richard Théorêt.«Remettons les choses dans leur juste perspective.C’est six personnes qui ont fait leur show.[.] Je sais de qui il s'agit.Ce sont des gens qui ont des points de vue qui ne sont pas largement partagés.[.] Les gens ont le droit de parole mais, de grâce, faisonsde dans le respect des instances du parti», a fulminé M.Prescott, qui reconnaît que la manœuvre des contestataires dessert les intérêts du parti.«Le procédé relève du grenouillage.Nous verrons au conseil général si les grenouilles savent sauter», a laissé tomber M.Prescott.Ce dernier reconnaît que tous les statuts ne sont pas suivis à la lettre mais, du même souffle, il affirme que «l’avenir du parti ne s’en formalise pas».C’est d’autant plus vrai, sou-ligne-t-il, qu’en période de reconstruction, il faut de la souplesse dans l’application des règles.Un centre ambulatoire public financé comme le privé ?L’hôpital Charles-Lemoyne imagine un nouveau concept pour améliorer ses services JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Le privé devrait prendre plus de place dans le système de santé?Les urgences doivent devenir la priorité des hôpitaux?Très bien, s’est dit le directeur général de l’hôpital Charles-Lemoyne, Michel Larivière.En imaginant un concept de centre ambulatoire pour son hôpital, le directeur a trouvé le moyen d’autofinancer les nouvelles infrastructures avec de l’argent normalement dévolu au privé.Une idée qui semble avoir l’oreille de la ministre de la Santé, Pauline Marois.Celle-ci n’est pourtant pas la plus chaude partisane des centres ambulatoires si l’on tient compte des hésitations qu’elle a laissé filtrer ces dernières semaines.Mais le concept de Charles-Lemoyne cadre avec les tendances de l’heure au ministère de îa Santé, soit les conclusions tirées à la suite du rapport Arpin sur la place du privé dans le système et celui sur la situation dans les urgences.Michel Larivière a fondé son concept à partir de trois questions: ¦ la capacité restreinte de l’État de financer adéquatement le système de santé: ¦ le peu de chance que l’hôpital obtienne un centre ambulatoire (notamment après l’abandon du projet au CHUM), et ce, même si Charles-Lemoyne est l’un des dix plus gros hôpitaux québécois et qu’il a moins d’espace comparativement au nombre de lits qu’il abrite: ¦ la nécessité d'augmenter les services ambulatoires à l’hôpital, des soins qui augmentent de 40 % par an, selon le directeur.Le centre ambulatoire prévu doit coûter 70 millions, dont seulement 50 pour la construction de l’édifice en face de l’hôpital, sur le terrain de stationnement.Les 20 millions restants serviront à payer les équipements.Non seulement le centre ambulatoire doit s’autofinancer, il dégagera des profits.Comment?Les médecins qui pratiquent en cabinet privé, rappelle M.Larivière, perçoivent 30 % en plus de leurs honoraires pour payer l’édifice et le personnel de la clinique où ils travaillent.Le directeur a proposé aux médecins de transférer leurs bu- reaux dans le nouveau centre ambulatoire.Une fondation privée sera propriétaire du centre mais en confiera la gestion à l’hôpital.Le centre offrira aux médecins des locaux à la fine pointe de la technologie, et la fondation percevra les 30 % pour payer les infrastructures.Le centre emploiera environ 150 médecins, dont les deux tiers seront des spécialistes.De plus, pour augmenter les revenus, les salles d’opération seront louées pour une médecine privée, comme la chirurgie esthétique et les services d’imagerie médicale.Une aire commerciale, avec des restaurants, une pharmacie, une clinique dentaire, des boutiques et un stationnement étagé, complètent l’aménagement.Avec un budget annuel de 12 millions, des dépenses de quatre millions, des réinvestissements dans l’équipement d’environ deux ou trois millions, il resterait cinq ou six millions à remettre au gouvernement pour rembourser le centre.L’hypothèque sera d’une durée de 25 à 35 ans.«Ça rentre dans te même objectif que le rapport Arpin, résume Michel Larivière.Sauf qu’on prend de l’argent pour le privé et on le rend au public.» Un bien beau projet où tout le monde serait gagnant, résume M.Larivière.«Si ça fonctionne bien, tous les services seront améliorés, dit-il.C’est une solution économique, avec de meilleurs services, et la population en sort gagnante.» Les médecins, impliqués depuis le début, approuvent aussi le projet.Le président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP), le D’ Laurent Delorme, indique que ses collègues préfèrent voir des investissements dans un équipement technologique dernier cri que dans l’ajout de lits.Le centre facilitera également le recrutement de médecins.«Et le fait que le centre sera collé sur l'hôpital est un avantage pour eux.» Les fédérations des médecins spécialistes et omnipraticiens appuient le projet de Charles-Lemoyne et la direction espère avoir une réponse cet automne.A Québec, l’attachée de presse de la ministre Marois, Nicole Bastien, confirme que les discussions sont en cours mais ne peut dire quand le feu vert sera donné à l’hôpital.Le concept de Charles-Lemoyne cadre avec les tendances de l’heure au ministère de la Santé Rouler en douceur sans polluer Des corps publics expérimentent des véhicules électriques qui s’alimentent à une vingtaine de pompes à électricité Les voitures électriques expérimentées à Montréal sont non seulement nerveuses, mais aussi totalement silencieuses.¦ -h Ti 2*SS4 m * v.• LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Non seulement 18 autos et camions entièrement mus à l’électricité sillonnent depuis quelques semaines les rues de la métropole, mais on compte désormais sur l’île de Montréal 20 pompes non pas à essence mais à électricité pour desservir cette première mini-flotte électrique.Les 18 véhicules ont été achetés par des corps publics, comme Environnement Canada, la Ville de Montréal, Hydro-Québec et Postes Canada, ainsi que par deux entreprises, Bell Canada et un entrepreneur en électricité de Longueuil, Les Services électriques Blanchette inc., dont le propriétaire, Daniel Blanchette, dit avoir eu la piqûre dans un article du Devoir sur le lancement de ce programme, en janvier dernier.La direction du «Projet Véhicules électriques - Montréal 2000» faisait le point hier sur ce programme-pilote, qui démarre en réalité maintenant.Les véhicules avaient l’air tout neufs, la plupart étant arrivés à Montréal plus de huit mois après avoir été commandés.La Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal n’a pas jugé bon de participer à cette expérience, même si plusieurs manufacturiers d’autobus voudraient bien l’initier au tout électrique.Les journalistes ont pu hier faire l’essai de deux types de véhicules.La Solectria, une petite quatre places urbaine, qui était à l’origine une Géo Métro de General Motors, est vraiment nerveuse mais totalement silencieuse.Elle récupère son énergie cinétique par un dispositif si efficace qu’on se passe littéralement des freins en ville, sauf en manœuvre d’urgence.Quant à la Ranger, conçue et non simplement aménagée par Ford pour une traction électrique, elle mystifie son conducteur par un aménagement et des fonctions identiques à celle d'un camion conventionnel.La jauge à essence indique la réserve.d’électricité.Seul s’ajoute un contrôleur de kilométrage, qui indique la marge d’autonomie encore disponible.Avec leurs batteries conventionnelles au plomb, ces véhicules ont une autonomie d’environ 80 km.Cette autonomie peut grimper à 130 km avec des batteries de nouvelles générations, mais tous attendent la pile au lithium d’Hydro-Québec, qui portera cette marge à 300 km par charge.Curieusement, ces véhicules électriques sont moins énergivores en ville en raison de la vitesse réduite et du fait que le moteur ne tourne pas à l’arrêt, ce qui est idéal pour des tâches comme celles des postiers ou des releveurs de compteurs d’Hydro.C’est au Centre d’expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ), situé à Saint-Jérôme, que revient la tâche d’implanter ce programme expérimental, plein de surprises.Son directeur, Pierre Lavallée, raconte qu’il a fallu faire homologuer ces véhicules au Canada même si la chose avait été faite du côté américain.Il n’a pas été facile, dit-il, de faire accepter aux manufacturiers la présence d’équipements de contrôle de la performance puisqu'il s’agissait de véhicules dotés d'une garantie et que les manufacturiers craignaient que ces contrôles ne déstabilisent ceux des véhicules.Mais ce n’est pas demain que chacun pourra rouler en silence et sans émanations en ville.Compte tenu des faibles volumes produits, on parle de véhicules dont le prix oscille entre 35 000 et 50 000 $.Mais, en contre-partie, le carburant électrique ne coûte pratiquement rien.Én plus de surveiller la performance et les coûts d’entretien de ces véhicules, le programme analysera le degré de satisfaction des utilisateurs. Êtes-vous bien assis ?S !) ÉDITORIAL Du déficit au saupoudrage LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE l-ABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-AN D RÉ E LAM ONTAG N E Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Jean-Robert Sansfaçon ?-0- ?Depuis que Paul Martin dirige le ministère des Finances, les Canadiens ont dû s’habituer à la présentation de budgets qui sous-éva-luent systématiquement l’ampleur des revenus fiscaux.Voilà sans doute l’une des raisons qui expliquent qu’on ait pris goût à son exposé financier de mi-année, meilleur indicateur de la performance budgétaire du gouvernement que le budget lui-même.ier, Paul Martin présentait sa mise à jour économique et financière annuelle devant un comité des Communes.Comme on s’y attendait, le ministre des Finances prévoit une poursuite de la croissance et des entrées fiscales bien supérieures à ce qui avait été prévu lors de la présentation du budget, en février dernier.Conséquemment, Ottawa disposera de plusieurs milliards avant même la fin du présent exercice, mais l’an prochain et les années suivantes, l’argent lui sortira carrément par les oreilles! Même en calculant une «réserve pour éventualités» de trois milliards par année, à laquelle il ajoute désormais une autre réserve qu’il nomme par coquetterie «marge de prudence» et qui grimpera jusqu’à quatre milliards par année dans cinq ans, le ministre Martin prévoit malgré tout des excédents budgétaires atteignant 5,5 milliards dès l’an prochain et autant que 23 milliards dans cinq ans.Total, donc, pour ces cinq années: au minimum 65 milliards d’excédents.plus les 28 milliards de ses réserves, ce qui nous mène à 93 milliards! N’est-ce pas là le fameux cercle vertueux que si peu de gens croyaient possible il y a seulement quelques années?On ne se plaindra pas de ce que le gouvernement fédéral n’ait plus à emprunter pour «payer l’épicerie».Avec une dette accumulée de 575 milliards, Ottawa consacre toujours plus de 42 des 160 milliards de revenus annuels aux intérêts de la dette, et c’est autant d’argent qui ne peut pas servir au financement des programmes.Or, autre effet du cercle vertueux, depuis cinq ans, cette dette du gouvernement canadien qui diminue très lentement a tout de même fondu en regard du PIB (de 72 % à 62 %) qui, lui, augmente sans cesse.Si la tendance se maintient, elle sera de moins de 50 % du PIB à la fin de 2004.Ce dont il faut maintenant se préoccuper, c'est évidemment de réinvestir dans certains services amochés par des années de compressions, mais aussi, de toute urgence, travailler à l’amélioration du pouvoir d’achat des Canadiens, de même qu’aux taux d’épargne et d’investissement qui sont en mauvaise posture et dont il faut craindre le pire advenant un ralentissement de la croissance.Comme plusieurs observateurs l'ont fait remarquer au cours des derniers mois, le plus grand risque qui guette maintenant le gouvernement fédéral, c’est celui de revenir à ses habitudes d’antan: création de nouveaux programmes dont les coûts augmentent même quand les recettes fiscales diminuent, et saupoudrage politicien destiné à satisfaire les demandes les plus farfelues des corporatismes de tout acabit.Faut-il le rappeler à nos élus, cet argent qu’ils semblent tout disposés à dépenser à gauche et à droite sans même demander l’avis des Canadiens, il provient du travail d’ujvtniinorité de gens actifs qui, pour la plupart, ont connu une baisse de leu.' ni'yçau de vie depuis dix ans pour avoir répondu à l’appel des gouverne/yvrits.Maintenant que la lutte contre le déficit est gagnée, le temps est venu de leur retourner l’ascenseur.Pour ceux qui craindraient que des réductions substantielles d’impôt nuisent à la redistribution des revenus, un objectif de premier plan dans un pays comme le nôtre, rappelons que même en laissant les dépenses totales de programmes fédéraux croître au rythme conjugué de l’inflation et de la population au cours des prochaines années, soit 3,5 milliards de dollars par année, cela laisserait des excédents budgétaires de plus de dix milliards en moyenne par an! De quoi réduire de façon significative les impôts de chaque salarié sans annuler la marge de manœuvre indispensable pour intervenir en faveur des familles et des plus démunis.' En fait, le plus grave danger qui guette le gouvernement Chrétien, ce n’est évidemment pas celui du manque d'argent mais, au contraire, celui d’une utilisation irresponsable de ce même argent.jrsansfacon(à leelevoir.ca Il faut régler L|î====! e conflit de travail insensé qui sévit depuis plus de quatre mois à la Place des Arts entre dans une phase cruciale, alors qu'après d’interminables semaines de silence, patrons et syndiqués manifestent des signes d’ouverture.Il était temps! Souhaitons que le rapprochement soit durable afin que cesse ¦ - ¦ cette grève qui a déjà beaucoup trop duré.La culture est décidément malmenée cet automne.Les enseignants boycottent les sorties culturelles pour faire pression sur le gouvernement, pendant qu’à la Place des Arts, les puissants techniciens de l’Association internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma font la grève depuis le 22 juin.Un certain nombre d’entre eux ont trouvé du boulot dans d’autres endroits où l’association syndicale est présente, notamment au Centre Mol-son.Cette possibilité de gagner des sous ailleurs, combinée à des prestations de grève passablement généreuses, a permis aux syndiqués de tenir le coup sans trop souffrir.De leur côté, les cadres de la Place des Arts ont pu, en accomplissant le travail des grévistes, garder leurs locataires permanents, soit la Compagnie Jean Duceppe, l’Orchestre symphonique de Montréal et l’Opéra de Montréal — qui a cependant dû se résigner à ne présenter que des versions concert.Les Grands Ballets canadiens ont pour leur part perdu plus de 500 000 $ et le conflit fragilise toutes ces institutions culturelles.Par ailleurs, si les cadres peuvent très bien ouvrir et fermer des portes, baisser ou monter des rideaux, il en va tout autrement de la sonorisation à laquelle ils ne touchent pas, renonçant ainsi à un nombre important de productions qui ont passé l’automne dans d’autres lieux.Même si les parties ont encore un bon bout de chemin à parcourir et même si rien n’a été signé, le syndicat serait aujourd'hui prêt à se contenter des mêmes hausses salariales que celles qu’accepteront les syndiqués du Front commun.A ce chapitre, donc, les syndiqués ont mis de l’eau dans leur vin puisqu’ils réclamaient, au déclenchement de leur grève, 22 % répartis sur trois ans! Mais ils devront faire encore un bout de chemin car la Place des Arts ne peut se permettre ni d'avoir un déficit ni d’éloigner les clients potentiels parce que ses salles coûtent trop cher, ce qui a souvent été le cas dans le passé.En fait, une partie des demandes du syndicat visent justement à récupérer des privilèges abolis lors de la dernière négociation et qui n’ont pas plus leur raison d’être aujourd’hui qu’hier.Les syndiqués, par exemple, veulent être payés à temps double lorsque les spectacles présentés sont enregistrés pour la radio ou la télévision.Cette disposition fait fuir les producteurs et diminue d'autant la marge de manœuvre de la Place des Arts, alors moins en mesure d’embaucher ses techniciens, tous des pigistes.Le syndicat veut également continuer de décider qui va travailler lorsque la Place des Arts a besoin de techniciens.De son côté, la Place des Arts n’aime pas ce privilège qui, dit-elle, lui appartient.La conciliatrice du ministère du Travail rencontre les parties demain.Direction et syndicat doivent assumer leurs responsabilités et maintenir le dialogue jusqu’à ce qu’ils soient prêts à signer une entente.Il en va de l’avenir de la Place des Arts, une institution qui doit pouvoir reprendre sa vie normale.Raule des Rivières ?O UN Qp'flf ?fùT 'loSwt* C oNÎRi JüA A'V’jk-*- 'vATVftj GO °0 ; Plus de vandales au Québec Très beaux, leurs graffitis.Si c'est ça le vandalisme, il nous faudrait plus de vandales aux Québec: ça embellirait notre environnement! Quant à moi, les promoteurs qui construisent ces hideux développements immobiliers (l’expression «casernes bolcheviques» serait plus appropriée) partout en banlieue méritent 100 fois plus d’être traités de vandales! Karim Lebnan Outremont, 27 octobre 1999 Les graffitis et la STCUM Dans la controverse sur les graffitis du métro, il y a lieu de rappeler que l’exemple vient de haut.Depuis quelque temps, en effet, la STCUM accepte toutes sortes de publicités qui amochent le métro.Pour le bon prix, un annonceur fiait, jeans, cellulaires, etc.) peut barbouiller les guichets, les murs hors des cadres habituels, le plancher même des stations et, bien sûr, des trains complets! Ces pubs sont d’autant plus efficaces au gré des annonceurs quelles semblent transgresser un interdit.Elles font éphémère, spontané et baveux.Bref, elles épousent l'esthétique graffiti.De quoi se plaint alors la STCUM?Pourquoi tolè-re-t-elle les graffitis de McDonald’s et pas ceux d’ados en mal d'affirmation?Bien sûr, l’un est payé et l’autre pas, mais la publicité autorisée finit par coûter cher si elle enlaidit d’abord le métro, puis encourage les graffitis non autorisés, puis entraîne des frais de nettoyage.Est-il trop tard pour faire marche LETTRES -?- arrière?Car, ironiquement, quand les murs du métro étaient exempts de ces pubs payantes pseudosauvages, on y voyait peu de graffitis, même si les stations de New York en étaient inondées depuis longtemps, comme les murs du centre-ville montréalais.Même les tagueurs avaient plus de respect pour le métro quand la STCUM avait de plus hauts standards esthétiques! Les graffitis ne sont peut-être pas une conséquence unique, directe et inévitable de la nouvelle politique d’affichage dans le métro, mais la coïncidence mérite d’être relevée.Normand Cusson Montréal, 28 octobre 1999 Les bonnes manières ne paient pas toujours La photo de la une du 28 octobre, illustrant la fermeture de la taverne Saint-Régis, a fait revenir à ma mémoire un souvenir assez spécial.J’étais étudiant au collège Sainte-Marie dans les années 1940 à 1948.A cette époque-là, de nombreux étudiants du Sainte-Marie étaient de bons clients de la taverne Saint-Régis.Pensant bien faire, le patron du temps appela le recteur de Sainte-Marie pour le féliciter de ses bons étudiants qui se comportaient en vrais gentlemans dans son établissement! Résultat: réunion des professeurs et de tous les élèves à la salle académique du Gesù, où le recteur annonça officiellement: «À partir d’aujourd’hui, si un étudiant de Sainte-Marie est surpris à entrer ou à sortir de la taverne Saint-Régis, il sera automatiquement renvoyé du collège.» Comme quoi les bonnes manières ou le savoir- vivre ne paient pas toujours! Bernard Lebel Rimouski, 28 octobre 1999 Compagnon du doute ou bâtard de Voltaire?Quelle ne fut pas ma surprise, l’autre jour, lorsque je vis M.Saul saluer de la main le bon peuple lors du couronnement de Mme Clarkson.Tel un prince, ou plutôt un courtisan, M.Saul semblait bien à l'aise dans son nouveau rôle rattaché au pouvoir public.Pourtant, c’est bien ce même écrivain qui commentait : «Croire qu'une classe d’individus, quelle qu’elle soit, puisse agir de manière désintéressée pendant plusieurs siècles, c’est faire preuve d’un optimisme excessif.Si admirables que soient certains aspects de notre société, au fond, elle n’en demeure pas moins une civilisation de courtisans» (Les Bâtards de Voltaire, page 85).Devons-nous comprendre que si M.Saul a décrié si souvent le pouvoir, c'était pour mieux s’en rapprocher?Peut-être aurait-il mieux valu qu’il tourne sa plume sept fois avant d’écrire: «Pouvoir public: la complexité requise pour réussir dans les systèmes technocratiques modernes ne fait-elle pas du pouvoir un objectif autojustificateur récompensant le courtisan plutôt que le service du bien public?» (Le Compagnon du doute, page 256).Rock R.(pas Ralston, veuillez m’en excuser) Beaudet Force Jeunesse, faculté de théologie, UdeM Montréal, 22 octobre 1999 LIBRE OPINION -?- Sélection en médecine : au delà du camouflage LUC CÔTÉ Travailleur social, andragogue, président du comité d’admission au programme de médecine 1999-2000, Université Laval Dans une «libre opinion» parue le 27 octobre dernier, «L’accès à la médecine, un arbitraire camouflé générateur du profil des médecins de demain», l’auteure, Véronique Poulin, concluait qu’à l'Université Laval, il y a des règles cachées, que leur application crée des préjudices et que cette institution camoufle soigneusement des pratiques hautement arbitraires.Au fond, son texte pose deux questions: la transparence des critères de sélection fondés sur les notes et l'importance de sélectionner des médecins aptes à relever les défis de demain.La première partie de ce propos concerne tous les programmes contingentés, et pas seulement le programme de médecine.D est vrai, et ce n’est pas «camouflé», que la Conférence des recteurs et principaux des universités québécoises (CREPUQ) fait un classement des collèges à partir d'un indice de force qui sert au calcul de la cote de rendement du candidat.Si les coefficients les plus élevés sont reliés aux collèges situés dans «les milieux urbains les plus nantis», c’est le reflet des inégalités sociales qui perdurent clans notre société, ce qui nous interpelle tous en tant que citoyens.Cette réalité favorise sans doute les étudiants des centres urbains; d’ailleurs, il arrive que des étudiants originaires des régions viennent faire leurs études collégiales en ville pour •nhiitfflrinn de l’un de ses collègues de la L OD118anon Cour du Québec.qU’a un juge La question qui se pose est n J ° donc la suivante: est-ce que la (Je tenir juge Côté devait considérer cette décision?L’obligation qu'a un aux principes juge de s’en tenir aux principes / > ¦+¦ énoncés dans les décisions an- énoncés dans térieures rendues par un tribu- , ."al qui lui est hiérarchiquement les decisions b oérieur est consacrée par la , .®gle du précédent.Selon cette anterieures règle du précédent — que les rendues avocats désignent toujours par 3 son appellation latine stare deci- par tribunal' sis, qui provient de la maxime v -• Stare decisis et non quieta move- quj Jui est re (s’en tenir aux règles établies et ne pas le« remettre en ques- hiérarchiquement tion) —, les tribunaux sont liés par les principes énoncés dans supérieur des décisions antérieures qui , impliquent des faits et des prin- ®st consacrée cipes de droit semblables.« .Est-ce à dire qu’un juge est Par *a r®8*e lié par les décisions rendues par sa propre cour?Bien que les avocats intéressés par cette question se disputent toujours à savoir s'il existe une obligation formelle en ce sens, ils s’entendent tous pour affirmer que, même en l'absence d'une obligation formelle, les juges respecteront généralement les décisions de leurs collègues à moins qu’ils puissent en distinguer les faits.C'est ce qu'on appelle la courtoisie.Ignorer délibérément une décision antagonique de l’un de ses collègues ne participe certainement pas à la définition de la courtoisie.du précédent Thomas Thomas est le titre dont je coifferai certaines chroniques ou portions de chroniques qui auront pour objet les sources d’information, ouvrages politiques et juridiques, qui permettront de définir cette frontière ténue entre le pouvoir politique et le pouvoir juridique, plus particulièrement les aspects juridiques des décisions politiques et les aspects politiques des décisions judiciaires.Pourquoi Thomas, me demanderez-vous?Thomas pour Thomas Jefferson.En plus d’avoir rédigé la Constitution de la Virginie et le paragraphe liminaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, il a fondé l’université de la Virginie et constitué le noyau de )a Bibliothèque du Congrès.Il a aussi été président des États-Unis, mais pour lui, il s’agissait d'un événement qui ne méritait pas d’être souligné.Bref, la recherche du savoir et la poursuite de l'excellence étaient le lot de Thomas Jefferson.Cette anecdote de JFK à son sujet illustre admirablement bien ces propos.S’adressant à une assemblée composée uniquement de Prix Nobel à la Maison-Blanche, le président Kennedy déclara que c’était la première fois que se trouvaient réunis autant de savoir et de connaissance dans la même pièce, à l’exception peut-être, s’empressa-t-il d’ajouter, lorsque Thomas Jefferson y dînait seul.Ouvrages reçus: des Éditions Wilson & Lafleun Les Tribunaux et les; questions politiques; Charte des droits de la personne.Des Éditions Yvon Blais: La Qualification juridique de l'acte de mise en banque d’ADN; Le Processus législatif et réglementaire au Québec; Législation sur les armes à feu; Justice pour chaque enfant: vision nouvelle d’un monde sans violence; Histoire du Barreau de Montréal; Code criminel annoté et lois connexes; Code civil du Québec.ala in- robert.nadeau@atreide.net L’ÉQUIPE I)U DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Omis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine).Yves d'Avignon (sports)-.Paule des Rivières (education).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Judiüi Lachapelle, Louise 1-educ, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales).Caroline Montpetit.Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (justice)', Odile Tremblay (Horizons): Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Ducloset Christine Dumazct (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre, danse).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (lit res et politiques culturelles).Jean-Pierre Legault.Clément Trudel (musique) : à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Benoit Munger.François Normand.Serge Truffaut, Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Guy Taillefer (éditorialiste).Claude Lévesque ; à l'information politique : Pierre O'Neill, Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélcne Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay.Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derotne, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté.Marlène Côté.Christiane Legault, Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville.Micheline Ruelland.Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires): Manon Blanchette-Turcotte, Geneviève Landry.Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sébastien Vallée.Christian Vien.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable d la clientèle), Helène Gervais.Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux, Use Lachapelle,' Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) : Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 12 L E I) E V 0 I R .L E M E R C R E D I R N 0 V E M R R E 1 9 !) !) -* LE' «-—- ACTUALITES MARTIN SUITE HE LA PAGE 1 dès 2004-05.Sur le front fiscal, il a insisté plus que jamais auparavant sur la nécessité de réduire les impôts et sur son intention de présenter un plan pluriannuel dans son prochain budget, un plan qui devrait comporter des objectifs précis, comme il l’avait fait pour la lutte contre le déficit «Le besoin de réduire les impôts n ’est pas sujet à débat.Il ne s’agit pas d’une option parmi d’autres.H ne s’agit pas d’une mesure secondaire, ni d’une idée que l’on ne considère qu'après avoir épuisé la liste des projets de dépenses.Une croissance économique vigoureuse et soutenue passe nécessairement par une réduction des impôts», a-t-il dit avec fermeté.Le ministre a établi quelques balises tout en demandant au comité d’examiner, entre autres, les seuils et les taux d’imposition.Pour sa part, il entend donner priorité aux familles à faible ou moyen revenu, favoriser un allégement général de l’impôt des particuliers mais sans s’endetter pour offrir ce répit fiscal.M.Martin n'a toutefois offert aucun chiffre, ce qui en a déçu plusieurs.Dans un geste qui semblait destiné à apaiser les attentes, il a annoncé une réduction de 0,15 $ du taux de cotisation à l’assurance-em-ploi.Ce taux passera, dès le 1er janvier prochain, de 2,55 $ à 2,40 $ par 100 $ de gains assurables.Les employés et les employeurs économiseront au total 1,2 milliard de dollars.Cette réduction ne remet pas en cause ses prévisions en matière de surplus, a-t-il tenu à préciser, car ces dernières en tiennent compte.Les chiffres qu’il a fournis à cet effet hier sont le fruit d’une consultation auprès des économistes en chef des principales banques à charte et de quatre firmes de prévisionnistes.Leurs conclusions: la croissance économique sera meilleure que prévu, ainsi que la création d’emplois, et les finances publiques en bénéficieront.Dans ces circonstances, et si le gouvernement ne change rien à ses dépenses ni à ses sources de revenus, le surplus atteindra 5,5 milliards en 20004)1 et 8,5 milliards l’année suivante.Pour les trois années subséquentes, il sera respectivement de 12,5 milliards, de 17,5 milliards et de 23 milliards.Ceci représente un surplus accumulé de 67 milliards, auquel il faut toutefois ajouter des coussins de sécurité totalisant 28,5 milliards.D s’agit d’une réserve pour éventualités de trois milliards par année et d’une marge de prudence budgétaire qui passe de un milliard la première année à quatre milliards à la fin du cycle de cinq ans.M.Martin a rappelé qu’il ne s’agit ici que de prévisions, qui peuvent changer rapidement et auxquelles on ne peut se fier pour planifier un budget.Lorsqu’il écrira son budget, il s’en tiendra à son habituel horizon de deux ans.Les milieux d’affaires ont bien reçu cette nouvelle transparence du ministre.Au cours des deux dernières années, il s’était employé à cacher ses surplus sous un ensemble de prévisions économiques excessivement conservatrices.Selon Pierre Cléroux, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le recours aux prévisions du secteur privé et le dévoilement de la marge de prudence que le ministre se donne ajoutent à la crédibilité de l’exercice.De plus, dit-il, on peut enfin entreprendre le vrai débat autour de l’utilisation des surplus.M.Cléroux, comme Nancy Hughes Anthony, présidente de la Chambre de commerce du Canada, déplore toutefois la trop faible réduction du taux de cotisation à l’assurance-emploi.On espérait davantage.On n’est pas surpris cependant du silence du ministre sur ses projets de réduction d’impôts puisqu’il doit lui-même attendre le dépôt de son budget.L’exposé de M.Martin n’a pas réussi cependant à entièrement rassurer M.Cléroux et Mme Hughes Anthony, que le discours du Trône, avec son train de dépenses, a inquiétés, une inquiétude aggravée par la fuite survenue en fin de semaine dans le National Post.Si Ottawa allait de l’avant avec tous les projets de dépenses des ministères et ceux annoncés dans le discours du Trône, la facture sur cinq ans atteindrait 47,5 milliards de dollars, ont calculé les fonctionnaires du ministère des Finances, du Conseil du trésor et du Conseil privé dans un document dont le National Post faisait état samedi.Le ministre Martin n’a pas nié l’existence de cette évaluation mais a répété, encore hier, que «personne n 'envisage de dépenser tout cet argent».Pour sa part, il s’est limité à répéter les principaux engagements pris dans le discours du Trône.Mais si les prévisions de surplus se vérifient et que les dépenses sont bien celles calculées dans le document, les libéraux ne feraient que respecter leur promesse d’investir la moitié des surplus dans de nouvelles dépenses et l’autre moitié dans des diminutions d’impôts et le remboursement de la dette.En effet, 47 milliards de dépenses ne représentent que la moitié du surplus accumulé anticipé.Les partis d’opposition ont vertement critiqué M.Martin.Les réformistes auraient voulu qu’il annonce immédiatement un allégement du fardeau fiscal.Le bloquiste Yvan Loubier a soutenu, de son côté, que le ministre Martin sous-estimait encore son surplus et l'a accusé de «camouflage».D a par ailleurs déploré le fait qu’on ne prévoie pas rehausser les transferts en espèces aux provinces au niveau où ils étaient avant 1995.Le néo-démocrate Lome Nystrom s'est particulièrement insurgé contre l’absence de toute référence à la crise agricole qui sévit dans les Prairies.À son avis, il est inadmissible qu’on ne prévoie pas de venir en aide aux fermiers alors qu’on anticipe des surplus aussi importants.AIR CANADA SUITE DE LA PAGE 1 président et chef de la direction d’Onex, Gerald Schwartz, a souligné, hier à Ottawa, qu’«à première vue, il semble que l’offre d'Air Canada représente, en argent comptant, un peu moins de 6 $ l’action.Nous avons offert à chacun des actionnaires un minimum de 6 $ par action.Je suis surpris qu’ils n'aient pas été capables d’arriver avec une offre qui n’est pas meilleure que la dernière que nous avons proposée».Quant à une possible surenchère d’Onex, qui aurait pour conséquence de reporter la tenue de l’assemblée des actionnaires d’Air Canada prévue pour lundi, «nous allons analyser la nouvelle offre d’Air Canada et nous annoncerons si nous demanderons que la réunion des actionnaires soit reportée pour que nous puissions faire une autre offre ou si, advenant que nous considérions leur offre insuffisante, nous allons aller de l’avant et tenir cette réunion telle que prévue».M.Schwartz a du même souffle mis en garde Air Canada contre toute tentative de blocage au sujet de la tenue de cette assemblée.«Nous n’avons pas besoin de la permission d’Air Canada pour reporter l’assemblée.C’est notre réunion.Et s’ils tentent de nous en empêcher, nous irons encore devant les tribunaux.» Robert Milton s’est moqué d’un tel report de la date d’assemblée.«Ils [Onex] nous ont traînés en cour pour que cette réunion se tienne le 8 novembre, à l’intérieur de cette période d’impunité.Et maintenant, ils parlent de reporter cette réunion.» Dans son envolée, M.Milton n’a pas voulu répondre à une question d’un journaliste lui demandant de dire s’il percevait une certaine connivence ou collusion entre le ministre des Transports, David Col-lenette, et Onex dans ce dossier.Il venait d’accuser Onex-American Airlines de vouloir profiter de cette période d’impunité de 90 jours, imposée par Ottawa par un recours à l’article 47 de la Loi sur les transports, pour voler les actionnaires d’Air Canada à l’abri de la Loi sur la concurrence et pour s’emparer d’Air Canada le plus rapidement possible, au plus bas coût possible.«Les médias ont fait beaucoup de travail en faisant ressortir les différents éléments de ce dossier.Les parlementaires sont aujourd’hui sensibilisés, concernés.Je ne peux me prononcer davantage.Vous savez, je devrai continuer à travailler avec le ministre des Transports», a commenté M.Milton.Il a insisté: «Nous n’avons jamais engagé cette procédure.Cette procédure et la période d’impunité de 90 jours ont été imposées par Ottawa.» Ce recours à l’article 47 a été déclenché le 13 août dernier.Le 24 août, Onex annonçait les détails de son offre, à 8,25 $ pour chaque action d’Air Canada et à 2 $ par action de Canadien, qui s’articulait autour d’une proportion moitié-moitié en espèces et en actions d’Air-Co devant être transformées en actions de la nouvelle Air Canada.Du milliard requis pour cette transaction, au moins 650 millions provenaient d’American Airlines.Air Canada a répliqué, le 19 octobre, en annonçant un programme de rachat visant 35 % de ses actions, à 12 $ pièce.La proposition comprenait également l’acquisition, à 2 $ l’action, de Canadien International, qui serait ensuite ramené à une stature de transporteur nord-américain dans un rôle de filiale distinc- te d’Air Canada.Cette réplique s’appuyait sur un apport immédiat en liquidités de 620 millions provenant de la Banque CIBC et des partenaires de Star, Lufthansa et United Airlines, «dont 520 millions représentent une pure contribution en valeur distribuée directement entre nos actionnaires.Sans augmenter l’endettement des actionnaires d'Air Canada», a rappelé Robert Milton.Onex a réagi en faisant passer son offre à 13 $ l’action d’Air Canada et en ramenant son ratio à 46 % au comptant et à 54 % en actions de la nouvelle Air Canada.Surtout, le scénario proposait que les actionnaires retenant l’option en actions recevraient un droit d’achat spécial, à un prix d’exercice de 8,25 $.Ce mécanisme doit permettre de racheter les actions de la nouvelle Air Canada qu’obtiendrait American Airlines dans l’opération pour ramener à zéro la participation de ce dernier dans l’actionnariat de la nouvelle Air Canada.Une manœuvre qualifiée de camouflage.«Ne vous laissez pas tromper, a lancé M.Milton.Vous n’avez pas à détenir des actions pour exercer une influence.AMR n'acceptera jamais de ne pas exercer un contrôle, une manipulation massive.AMR dura une influence énorme sur l'entité résultante, quel que soit le nombre d’actions qu’il retiendra.» «Dans le scénario d’Onex, la nouvelle Air Canada doit passerait sein de Oneworld, et ce, sans retour ou bénéfices pour les actionnaires d’Air Canada, alors que nos ententes avec Lufthansa et United ajouteront un milliard sur dix ans à notre bénéfice d’exploitation», a-t-il repris.Qualifiant toujours l’offre d’Onex d’inférieure au scénario proposé par Air Canada, même avant la bonification d’hier, M.Milton a de plus souligné que: ¦ l’offre d’Air Canada n’est pas subordonnée à quoi que ce soit, pas même à l’acquisition de Canadien International («qui n’en fait pas moins partie de notre plan»)-, ¦ les actionnaires d’Air Canada resteront propriétaires à 100 % (à 90 % sur une base de pleine dilution), contre 60 % après dilution dans l’offre d’Onex-AMR; ¦ le plan respecte les cinq critères énoncés par le ministre des Transports.Il respecte également les paramètres de la loi.«Onex et AMR doivent aux actionnaires d’Air Canada une explication sur ce qu’ils entendent faire dans le cas où le Parlement déciderait de ne pas changer les règles, qui limitent à 10 % la propriété individuelle qui régit l’existence d'Air Canada.Ne pas se prononcer sur cette question revient à demander aux actionnaires d’Air Canada de se lancer avec leurs actions dans un véritable gouffre d’incertitude juridique et réglementaire», a ajouté Robert Milton.Le président d’Air Canada a aussitôt avancé que «même si le plan d’Onex-AMR prévoit la disparition de Canadien Airlines [par une fusion avec Air Canada], pour sa part, Air Canada cherche résolument à la ranimer et à la reconstruire».Il s’est engagé à remettre Canadien sur la voie de la rentabilité et à l’exploiter de façon distincte tout en soulevant un autre doute sur les véritables intentions du tandem.«Et si Onex et AMR réussissent à prendre le contrôle d’Air Canada d’ici le 10 novembre, rien ne garantit qu’elles maintiendront leur offre d'achat sur Canadien.» MAGOUILLE SUITE DE LA PAGE 1 leur mise en examen.Bref, chacun s’arrange avec la morale selon ce que lui dicte l’éthique, ou vice-versa.En fait, l’opacité règne.En France, en effet, il n’existe aucune loi écrite forçant un élu à démissionner de son poste lorsqu’il est dans la mire d’un juge d’instruction.Ici, par tradition politique, lorsqu’on occupe un poste ministériel, on démissionne jusqu’à ce que l’on soit innocenté.Il y a pour ainsi dire une obligation morale, une loi non écrite, qui fait qu’on quitte sa fonction jusqu’à la conclusion du dossier.Au sein de la république, seulement deux premiers ministres s’étaient engagés à demander la démission d’un membre du cabinet dès que l’ombre d’un soupçon pèserait sur lui.Il s’agissqit de Pierre Bérégovoy d’abord et d’Edouard Balladur ensuite.Pour sa part, Lionel Jospin a préféré miser sur le sens des responsabilités de chacun de ses ministres.Cela étant, le dossier MNEF, ce dossier qui vient de se traduire par la démission de Strauss-Khan, est le premier dossier politico-financier à plonger sérieusement le gouvernement Jospin dans l’embarras.Car outre l’ex-ministre des Finances, quelques-uns des notables du Parti socialiste, voire des membres de la garde rapprochée du premier ministre, sont dans la mire des juges.Ainsi, Jean-Christophe Cambadélis, le n° 2 du PS, Jean-Marie Le Guen, patron de la fédération parisienne du PS, et quelques autres cadres de cette formation politique ont reçu ou recevront sous peu ces papiers ayant pour entête le commandement suivant: mise en examen.Aux uns comme aux autres, on reproche d’avoir abusé des fonds de cette mutuelle supposée être au bénéfice de ses 670 000 adhérents.En attendant la suite des événements, reste cette démission et sa part.d’ombre! Selon une enquête menée par le quotidien Libération, les faux incriminant Strauss-Khan seraient des.faux.D’après ce quotidien, «l’interrogation des magistrats se résume ainsi: une véritable tentative dhabillage a-t-elle été organisée en 1998 pour justifier le rôle de Dominique Strauss-Khan?» Les faits seraient les suivants: les juges saisissent des documents à la faveur de perquisitions.Ils font analyser ces documents par les services scientifiques et techniques de la police parisienne.Résultat?Plusieurs des pièces ayant servi à la mise en cause du n° 2 du gouvernement seraient des faux.En clair, une opération de déinolissa-ge de Strauss-Kahn aurait été confectionnée de toutes pièces pour lui barrer — ce n’est qu’une hypothèse pour l’instant — la route menant à la mairie de Paris.On se rappellera en effet que cette personnalité politique est pressentie pour affronter le candidat du RPR lors des élections municipales qui se tiendront juste un an avant les présidentielles.En toile de fond, on se souviendra qu’en lace, soit dans le camp RPR le parti de Jacques Chirac, on est aux abois.On l’est d’autant plus que l’actuel maire de Paris, le RPR Jean Tiberi ainsi que sa femme Xavière, ont été mis en examen pour des malversations réalisées dans l’attribution de contrats des HLM.Pour les patrons du RPR, Jacques Chirac le premier, le maintien de Tiberi à la mairie de Paris, combinée à sa volonté de se porter candidat lors des prochaines municipales, entache quelque peu l’image de Chirac qui, pour l’instant, semble bien décidé à se représenter lors des présidentielles, comme elle agace sérieusement l’état-major du RPR au grand complet En attendant, dix ans après la loi d’amnistie de Rocard, la magouille conjugue bien des temps de la vie politique française COUR SUITE DE LA PAGE 1 d’assumer leurs fonctions sans limitation physique.La cause a cheminé d’un tribunal à l’autre, et les plaignants ont finalement obtenu gain de cause en Cour d’appel du Québec, qui a conclu à l’unanimité que, dans les deux cas, le droit à l’égalité de M.Troilo et Mme Mercier, protégé par l’article 10 de la charte québécoise, a été violé.L’histoire ne s’est pas arrêtée là, au contraire.Les villes de Montréal et de Boisbriand ont obtenu l'autorisation de faire appel à la Cour suprême afin qu’elle clarifie l’interprétation à donner à la notion de handicap telle que définie par le jugement de la Cour d’appel.L’état de santé fait-il partie de la notion de handicap?La Cour d’appel du Québec donne-t-elle une portée beaucoup trop large à la notion de handicap?Telles sont les questions auxquelles les juges du plus haut tribunal du pays devront apporter une réponse.Les enjeux sont énormes, tant pour les employeurs que pour les simples citoyens.Si le jugement de la Cour d’appel du Québec est maintenu, tous les sujets à risque qui pourraient développer des problèmes de santé — porteurs du VIH, personnes atteintes d’hypertension, etc.— pourraient faire appel à la protection de la charte pour défendre leur point de vue devant les tribunaux.Et ce n’est pas un débat à l’Assemblée nationale ou un référendum qui vont permettre de trancher la question, mais plutôt la Cour suprême du Canada.C’est comme ça.Palmerino Troilo y réfléchit depuis près d’une décennie, mais il n’a toujours pas réussi à se faire à l’idée qu’il sera en Cour suprême lundi.«Ça fait spécial», dit-il laconiquement.Depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, en 1982, la Cour suprême joue un rôle de premier plan.Ses décisions sont finales, et les gouvernements osent rarement se prévaloir de leur pouvoir celui de refaire une loi que la Cour suprême a attaquée, charcutée, modifiée.Sauf quelques rares exceptions, ce sont les juges de la Cour suprême qui définissent les valeurs fondamentales de la société.Faut-il décriminaliser ou non l’aide au suicide?La Cour suprême a dit non en 1993, refusant que Sue Rodriguez, atteinte d’une maladie incurable, puisse légalement être aidée à mourir, selon ses propres volontés.Les limites de dépenses imposées aux tiers partis sont-elles trop sévères dans la loi référendaire québécoise?La Cour suprême a jugé que oui et a invalidé un chapitre important de la loi québécoise.Le fœtus a-t-il des droits en vertu du Code criminel?Non, a encore tranché la cour.Droit à l’avortement, reconnaissance des conjoints de même sexe, euthanasie, fin de la danse contact dans les bars, la Cour suprême s’est prononcée au fil des ans sur les sujets les plus chauds de l’actualité canadienne.Les critiques de la Cour suprême dénoncent ce qui, pour eux, est devenu «une république des juges».Mais pour Jean-Claude Leclerc, professeur de journalisme à l'Université de Montréal et détenteur d’une formation en droit, il s’agit d’un faux débat «Les juges appliquent les lois qu’ils ne font pas.Si une loi est mal faite, un Parlement peut toujours la refaire, dit-il avec justesse.Le seul pouvoir dont -+Je Parlement est privé et dont la cour est aussi privée, c'est celui de prendre des décisions injustes, des décisions qui vont bafouer des droits, des libertés fondamentales.» «Dans certains cas, si le Parlement faisait son travail, la Cour suprême n’aurait pas à intervenir», ajoute-t-il.Antonio Lamer, le juge en chef de la Cour suprême, qui tire sa révérence en janvier, s’est porté à la défense de l’institution dans les dernières semaines, ce qui a eu l’heur de surprendre.Les juges de la Cour suprême sont confrontés aux plus grands et aux plus difficiles débats de société parce que les gouvernements laissent aux cours le soin de décider.Le jugement est sévère mais juste.Pourtant Jean-Claude Leclerc s’accommode bien de cet état de fait «Un juge est guidé par sa conscience, la loi et les faits qui sont mis en preuve devant lui, alors que le député est guidé par sa réélection, l’autorité du parti, l’autorité du chef, ses préjugés et ses aspirations.» Qui est le mieux placé pour décider?Le juge ou le politicien?Palmerino Troilo ne s’en soucie guère.Il attend avec impatience le jour J pour en finir avec cette histoire.D n’a jamais voulu se rendre en Cour suprême, mais il y est.«Peu importe le verdict, dit-il.En autant que ça soit fini.» Ce soir, à l’émission Les Règles du jeu, sur les ondes de Télé-Québec, on présente un reportage sur la Cour suprême du Canada.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts fis sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir .corn Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I* Devoir est publie du lundi au samedi par U* Devoir Inc.dont le sietfe social est situe au 2050.rue De Bleury, éta^e, Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor laSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor lyc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans A/ Devoir I* Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE I.A PAGE 1 Dans ce «grand jeu», la France reconnaissait le Québec comme pays dans des délais très brefs, advçnant la proclamation de la souveraineté, afin d'inciter les Etats-Unis à accepter le nouveau statut du Québec.C’est ce que Frédéric Bastien soutient dans son ouvrage qui vient de paraître, Relations particulières - La France face au Québec après de Gaulle.Suivant le modèle du premier livre de Jean-François Usée, Dans l’œil de l’aigle, sur les relations Washington-Québec-Ottawa, l’auteur a fait enquête pendant trois ans, puisant à même les archives à Paris, Ottawa et Québec, et a eu accès à certaines archives de Georges Pompidou et de François Mitterrand à l’Élysée.Le journaliste s’appuie également sur les témoignages qu’il a recueillis auprès d’une soixantaine de personnes, autant d’acteurs dans ces relations triangulaires.De cet épisode dans les mois qui ont précédé le référendum de 1995, on retient l’opposition de Uicien Bouchard, alors chef du Bloc québécois, au «grand jeu» de Jacques Parizeau.M.Bouchard croyait que la France ne devait pas seule reconnaître l’indépendance du Québec.Elle devait plutôt chercher à rallier d’autres pays, en Europe surtout, une position qui rejoignait celle de Michel Rocard, du Parti socialiste.Mais Philippe Séguin, alors président de l’Assemblée nationale, a ramené M.Bouchard à l’ordre: si la France attend que d’autres pays se mouillent, l’affaire va à coup sûr s’enliser.«Mais il n'y a pas qu’à Paris que la diplomatie péquiste marque des points», écrit M.Bastien.In France a offert ses bons offices pour aider le Québec à Washington.Ainsi, l’ambassadeur français à Washington, François Bujon, un ami personnel de Jacques Parizeau, a lui-même expliqué, de manière offiçieuse, la démarche des souverainistes au département d’État américain, rapporte l’auteur.Dans son livre, Frédéric Bastien met en lumière la «continuité» de la position française, qui s’est maintenue malgré le passage des présidents, dont François Mitterrand, antigaulliste et antinationaliste, qui avait traité le gé- COULISSES néral de Gaulle, à la suite de son discours à Montréal en 1967, de «Bolivar à retardement» et qui jugeait dépassée l’indépendance du Québec.Même Mitterrand, qui s’était pourtant entendu avec Trudeau, a dû revenir sur sa décision de faire le Sommet francophone sans le Québec, comme le souhaitait le gouvernement fédéral.Cette position a pris forme en 1977 dans la «non-indifférence» et la «non-ingérence», une formule trouvée par Alain Peyrefitte, «un pro-québécois», affirme Bastien, et dans «l’accompagnement» du Québec quelle que soit la voie qu’il choisira, ce qui implique la reconnaissance de la souveraineté une fois proclamée.Que cette politique ait été «attentiste» comme sous le règne de Mitterrand «ne signifie pas que la France se soit gardée d’intervenir dans les affaires canadiennes», écrit l’auteur.Dans son désir de nouer et de maintenir des relations directes et privilégiées avec le Québec, «la France a, de façon répétée, passé outre aux objections du fédéral», fait-il valoir.La France «n’a jamais accordé la moindre confiance à Ottawa lorsque le premier ministre canadien était francophone», relève-t-il.«Face aux politiques fédérales de bilinguisme et de centralisation, la France a donc tenté, grâce à une coopération directe, de renforcer l'autonomie québécoise, épousant de facto les revendications constitutionnelles du Québec en matière de relations internationales.» Certes, les manifestations de cette politique à l'endroit du Québec furent modulées par les différents présidents français et par la nature des relations personnelles qu’ils entretenaient avec les premiers ministres à Québec ou à Ottawa.Georges Pompidou a voulu se situer en droite ligne du général mais en adoptant une attitude pragmatique et se refusant à tout geste spectaculaire.Sous sa présidence, Pierre Elliott Trudeau était tout de même considéré «comme l’ennemi numéro un de la francophonie», relate l’auteur.Valéry Giscard d’Estaing s’intéressait peu à la question du Québec.Mais il détestait Pierre Trudeau, tout en appréciant René Lévesque, et on lui doit la formulation de la politique de la non- ingérence et de la non-indifférence.Francois Mitterrand méprisait René Lévesque, qu'il a qualifié de «paysan du Périgord», et s’entendait à merveille avec Pierre Trudeau.Enfin, Jacques Chirac se montre versatile sur la question du Québec et l’a utilisée à ses fins politiques.En 1977, il se prononce en faveur de «l’indépendance tranquille» du Québec.En 1987, ulcéré par la volonté du Parti québécois d’adhérer à l'Internationale socialiste, ce qu’il perçoit comme une trahison, Chirac «ne croit plus du tout à l’indépendance du Québec», écrit l’auteur.Pourtant, en 1995, conseillé par Philippe Séguin dont il a besoin de l'appui politique, il s’est préparé à lancer la France dans une opération de reconnaissance d’un Québec souverain.L’ouvrage de Frédéric Bastien se présente donc comme le récit de péripéties diplomatiques et protocolaires oû le Québec, avec le concours de la France dans la mesure où elle ne doit pas être taxée d’ingérence par Ottawa, tente de contrer les tentatives du fédéral de rabaisser le Québec à un statut de province comme les autres, dans les institutions de la Francophonie et lors de visites officielles des présidents et premiers ministres de part et d’autre de l’Atlantique.Ces actions sont appuyées par un «lobby québécois», des «pro-québécois» convaincus que ^indépendance du Québec serait souhaitable.Au début des années 70, ce sont des gaullistes affirmés comme Xavier Deniau, Bernard Dorin, Philippe Rossillon et le journaliste Pierre-Louis Malien.Aujourd’hui, c’est, [xir exemple, Pliilipjx.* Séguin, au centre droit, Michel Rocard et Hubert Védrine, à gauche.Le Québec inspire même l’action de certains politiques opposés à une Europe fédérale, connue le dissident gaulliste Charles Pasqua (dont l’épouse est Québécoise, nous apprend Bastien), qui a fondé le Rassemblement pour la France et l'indépendance de l’Europe, et l’ex-chef du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers.Tous les deux ont repris le terme «souverainiste» pour dénoncer l’intégration supranationale en Europe.«Il ne faut pas que la France devienne le Québec de l’Europe», comme le disait l’ancien premier ministre français Michel Debré.(514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com D1C
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