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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-11-06, Collections de BAnQ.

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^ FONDE EN 1910 V o L .X C - N " 2 5 21 ¦ ff DANIEL PINARD XV SUGGESTIONS COCHONNES PAGE C 14 Kathleen Lé ves I t; K T |> | \\ a .V (’ Il E 7 N () V E M II R E I » !l !) .1C T U A LIT •t ?Un collectif de 34 entreprises propose ses services Les entreprises de reinsertion VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Le mât du Stade olympique avait des allures de salle de montre hier matin, alors que 34 entreprises d’insertion sociale ont lancé un répertoire de 200 produits et services.A vendre: le fruit du travail de plus de 1000 jeunes québécois qui veulent â’en sortir.Fièrement, les entreprises se sont prêtées au jeu du défilé.Meubles de bois, aliments fins, services de traiteur ou fabrication de papier artisanal, tout était mis en place pour montrer la valeur des entreprises de réinsertion.«On vent casser le mythe en montrant que des personnes en situation de réinsertion qui ont peu d'expérience de travail sont capables de faire d’aussi bons produits et services que n’importe laquelle entreprise, explique le coprésident du Collectif des entreprises d’insertion du Québec (CEIQ), Jean Cusson.Si on réussit à démystifier les préjugés, on va atteindre notre objectif.» L’an dernier, ces organismes sans but lucratif ont vendu pour plus de 11 millions de dollars en biens et services de leur cru.Taux de retour de 70 % Les 40 entreprises reçoivent environ 23 millions de dollars par année par l’entremise d’Emploi-Québec.Ce montant sert à financer les salaires des participants et à assurer l’encadrement.Entre le 1" avril 1998 et le 31 mars 1999, sur les 1025 participants au programme, 714 personnes :ont déniché un emploi ailleurs après jleur formation de six mois et 103 .autres sont retournées à l’école.; «[Celai représente un taux de retour en emploi de 70 %», lance le directeur gé-; néral du CEIQ, Charles Fillion.Les 34 entreprises de réinsertion I qui font partie du collectif provincial recrutent les jeunes de la même fa-jçon.«On essaie de prendre des per- s affichent sonnes qui ont un “anti-c.v.”.Ces gens s’inscrivent, puis on les passe en entrevue, et ensuite ils se retrouvent sur une liste d’attente», précise Jean Cusson, qui est également formateur dans l’un de ces centres de formation.En général, l’attente est courte et le jeune est vite rappelé pour signer son contrat et commencer son job à temps plein, qui durera de 29 à 39 semaines.Une fois embauchés, les travailleurs sont encadrés.Les employeurs organisent des rencontres individuelles.On leur apprend à communiquer, à faire un budget, à réagir à l’autorité, on leur fait connaître leurs droits, etc.«La notion de travail est très importante, souligne Jean Cusson.Pour eux, être un salarié signifie déjà devenir quelqu'un.Ils ne se sentent pas dans un programme du gouvernement.» D’autres défis C’est le cas de Raymond Garceau, qui termine son contrat chez Distributions L’Escalier, une entreprise spécialisée en produits fins du terroir québécois.«Les champêtreries, c’était super intéressant.Ça m’a fait toucher à différents volets de ce qui se passe dans une entreprise.» Après six mois de labeur, Raymond Garceau se prépare à affronter d’autres défis.Depuis deux semaines, il frappe aux portes pour se dénicher un nouvel emploi.L’oiseau part du nid le cœur joyeux: «C’est la meilleure expérience que j’ai eue jusqu’à présent.Ça m’a valorisé et donné la confiance et la motivation de continuer.» Dans la salle, le jeune homme de 26 ans n’est pas seul, une quarantaine d’autres sont venus témoigner du succès de leur réinsertion, tout simplement en étant présents.Pour faire connaître ces produits, la CEIQ compte maintenant sur le bouche à oreille et ses multiples partenaires sociaux et politiques.Le répertoire des produits et services sera également disponible sur Internet sous peu.Aménagement urbain .Le Québec traîne la patte REUTERS Québec — Le Québec accuse un retard considérable dans le développement et l’aménagement urbain Jjar rapport aux autres villes du monde, selon les organisateurs d’un colloque international axé sur le développement durable des villes.«Ce qui a renversé les participants, ç'est de se rendre compte à quel point le :Québec est très en retard lorsqu’on regarde ce qui se fait ailleurs dans le monde», a affirmé Jérôme Vaillan-çourt, coordonnateur du colloque.; «Certaines villes comme Vancouver, qui ont débuté leurs changements il y a quelques années seulement, ont une longueur d'avance considérable sur le Québec», a-t-il dit Selon lui, le Québec doit agir rapidement pour rattraper le temps perdu, ce qui serait possible par le moyen d’une nouvelle politique sur le développement des municipalités.Solutions Le colloque vise d’abord la mise en commun de solutions concernant l’aménagement du territoire en abordant des thèmes tels que les transports, l’habitation, l’efficacité énergétique et la préservation des ressources.De nombreux conférenciers de renom international ont présenté des cas concrets d’agglomérations canadiennes, américaines ou européennes ayant opté pour l’amélioration de la qualité de vie.I Les samedis 20 G 27 son o m ET APPRIVOISER UN COTE CACHE DE SOI .524.3561 personnalité, un atelier inspire par l’approche et le livre du célèbre Jean Monbourquette.Un atelier pour découvrir des facettes cachées de sa personnalité.Animé par Fernand Larouche Psychothérapeute dans la ligne de pensée Monbourquette novembre — 75$ COLL O CU U E ur l'éthique et les conflits d'intérêts à Québec, le jeudi 25 novembre 1999, de 8h à 17h, Hôtel Radisson-Gouverneur, Québec AVEC 5 CONFÉRENCIERS DONT: LOUIS BERNARD LISE BISSONNETTE JEAN-PIERRE CHARBONNEAU PIERRE-MARC JOHNSON JEAN-PAUL L'ALLIER le Gouvernement du Québec et le Conseil du Trésor du Canada sont partenaires majeurs du Colloque.Pour informçtions, communiquer avec le: CENTRE D'ETUDES NOËL-MAILLOUX EN ETHIQUE ET EN PSYCHOLOGIE 171, Grande-Allée Ouest Québec (Québec) GIR 2H1 Tél.: (418) 523-2005 Téléc.(418) 523-8150 Courriel : centredelude$@sprinf.ca www.CentredEtudes.qc.ca CEP CENTRE D ÉTUDES IlOf l MAILLOUX EN ÉTHIQUE ET EN PSYCHOLOGIE Femmes du monde La grande VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Dans un édifice retapé du Vieux-Montréal, la salle est remplie de femmes du monde.Ici, on prepare la Marche internationale des femmes d’octobre 2000.Pas de place pour la testostérone, que pour les quelque 35 déléguées du comité de liaison.A travers le nuage de fumée et l’odeur de vin qui embaument l’atmosphère, les échos de conversations se frayent un chemin.Anglais, français, espagnol ou portugais, peu importe quand on a toutes le même objectif, celui de vaincre la pauvreté et la violence, celui de se battre pour les femmes de son pays.Cheveux tressés, port de tête altier, Franca Ofor n’a pas la langue dans sa poche.Avocate de formation, la Nigériane explique que son pays est divisé en deux factions: le nord musulman et le sud chrétien.«Je viens du sud et les femmes sont très libres.Beaucoup vont à l’école.En fait, dans notre région, le problème est que de moins en moins de garçons vont à l’école», lance-t-elle en éclatant de rire.Dans la région musulmane, le quotidien est tout autre.L’éducation des femmes entre en conflit avec la culture religieuse.Souvent, les jeunes filles se marient quand elles ont à peine huit ou neuf ans.Pays démocratique depuis mai dernier, le Nigeria compte environ 106 millions d’habitants.«Officiellement, il n’y a pas de politiques discriminatoires.Les femmes ont les mêmes droits, la discrimination est plutôt d’ordre culturel», précise Franca Qfor.Problème de culture aussi en Egypte et en Inde.Avec tout près de un milliard d’habitants, l’Inde est le deuxième pays le plus populeux au monde.Selon Koely Roy, la classe moyenne indienne est celle qui ressent le plus les pressions sociales.Font partie de cette classe sociale ceux qui ont reçu une éducation, qui ont une profession.Pour maintenir son statut social, cette caste doit se conformer aux normes que lui confère son statut.«Les pauvres ne font que se battre pour survivre [l’Inde est l’un des pays les plus pauvres de la planète]», indique Mme Roy.Les pères de famille doivent encore fournir une dot marche d’octobre 2000 se prépare fébrilement JACQUES URKNIEK LE DEVOIR Souriantes, Franca Ofor, du Nigeria, Farida El-Nakash et Koely Roy, de l’Inde, étaient de passage à Montréal cette semaine pour la dernière rencontre du comité international de la Marche mondiale des femmes, prévoie en octobre 2000.en argent s’ils veulent marier leur fille.«Je représente un très petit pourcentage de la population, avoue Koely Roy.Mais je fais ce que je veux.» Cette diplômée universitaire en économie s’est spécialisée en droit avant de devenir activiste.Elle assure cependant que les femmes de son pays deviennent de plus en plus sensibilisées, que l’émancipation fait tranquillement son chemin dans les mentalités.A l’heure actuelle cependant, elle ne peut nier un fait: «Si une famille a de l’argent pour envoyer un de ses enfants à l’école, on va choisir le garçon.» Société rétrograde En Egypte, les femmes se demandent parfois si le temps des pharaons est bel et bien révolu.Malgré leur présence grandissante sur le plan politique, la société est toujours rétrograde.«C’est contradictoire, glisse Farida El-Nakash.D’un côté, on avance, et de l’autre, on recule.On accueille les Égyptiennes dans la vie politique, leur droit à l’éducation et au travail est reconnu, mais le code familial est toujours aussi rigide.Ce code fait encore de la femme un citoyen de deuxième ordre», s’indigne Mme El-Nakash, aussi journaliste pour un hebdomadaire d’opposition au Caire.Selon elle, la Banque mondial?a radicalement coupé son aide à l’Egypte, et ce manque d’argent affecte grandement les travailleuses, l’éducation et la santé.«Il y a beaucoup de chômeuses et celles qui travaillent sont mal payées et n’ont aucune sécurité d’emploi.» Franca Ofor avoue avoir beaucoup de pain sur la planche pour faire changer les mentalités des Nigérians et des Nigérianes.«Tu peux travailler, mais culturellement, la place de la femme est à la maison.Et si elle travaille, elle doit aussi tenir la maison, précise l’avocate.Au travail, c’est difficile de gravir les échelons.On ne laisse pas les femmes assumer des fonctions importantes.» Comme en Inde, Franca Ofor croit que la lutte contre la discrimina- tion passe par la sensibilisation.«En tant qu’avocate, je crois que beaucoup de femmes se soumettent parce qu’elles ne connaissent rien d’autre.Il faut qu'elle réalisent qu’elles ont des droits.Il nous faut établir des centres d’aide pour qu’elles viennent nous voir et qu’on leur donne le courage de bouger.» C’est aussi l’avis de Farida El-Nakash.«Les femmes souffrent beaucoup de la pauvreté, de la violence et d’être sans droits au sein de la famille.Nous croyons qu’il existe une lecture plus progressiste du Coran.» Avec ces arguments en main, les trois activistes vont continuer à revendiquer un sort meilleur pour lqs femmes de leurs pays respectifs.Mais elles ne sont pas seules à se battre.La marche d’octobre 2000, ces femmes du monde la voient comme une manifestation de solidarité, comme un flot qu’on ne peut arrêter.«Ça va permettre à chacune d’entre nous de donner plus de force à ses préoccupations nationales», conclut Koely Roy.0fi’ f A B Satisfaction 9001, boul.de l'Acadie N., bureau 900, Montréal (514) 381-2020 1 800 661-6345 www.cmpop.com * 690 patients ont participé à l'étude entre juin 1994 et juin 1997.Un résultat qui en dit long .Les Cliniques Michel Pop ont participé à une étude* en collaboration avec l'Unité de recherche d'ophtalmologie de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont qui révèle que plus de 96 % des patients sont satisfaits des résultats de leur correction de la vue par le laser.Impressionnant ?Oui, mais aux Cliniques Michel Pop, notre objectif est de vous satisfaire à 100 %.Aujourd'hui plus que jamais, la correction de la vue par le Lasik est à votre portée.Laissez le Dr Michel Pop vous donner l'heure juste.Après tout, c'est lui qui s'y connaît.Pour une rencontre d'évaluation, sans frais ni engagement, composez le (514) 381-2020.À partir de OU 3>/ VIIOI5 (les deux yeux) — sur une période de 36 mois; par l'intermédiaire d'une institution financière et sous réserve d'une enquête de solvabilité.60 $/mois L E I) E V OIK.L E S S A M E I) I (i ET I) I M A X CHE 7 X O V E M B H E I !) !) 9 A 6 •LES ACTUALITES* bs&sJê ji*.SSfciSt mm ¦x*rï\Xiïï.SéJ :V ', » mm: MB Les lois influent sur le taux de suicide, affirme un chercheur «Le Québec a un problème de vitalité », constate le directeur du Centre de recherche Fernand-Seguin JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Contrairement à la croyance courante, les jeunes ne se suicident pas davantage que leurs aînés.Le taux de suicide chez les jeunes augmente bien plus rapidement, mais le maximum n’a pas atteint celui des adultes et des personnes âgées.Le suicide regarde donc tout le monde et, surtout, les politiciens.Vraiment?«Vous avez plus d’effet sur le taux de suicide que les médecins!», lance le Dr Hugues Cormier aux dirigeants politiques.«Réveillez-vous et tenez-en compte!» Au Centre de recherche Fernand-Seguin de l’hôpital Louis-H.-La-Fontaine, le médecin coordonne la recherche sur l’un des plus gros problèmes de santé publique.Le suicide, rappelle le Dr Cormier, est une priorité non seulement au Centre Fernand-Seguin mais aussi au ministère de la Santé et des Services sociaux.Quand il parle du suicide, Hugues Cormier parle du «taux de vitalité».«Le Québec a un problème de vitalité.La province a un taux de suicide qui augmente, qui touche surtout les hommes, d’âge mûr ou âgés.» Et parallèlement au taux de suicide qui grimpe, il y a le taux de naissance qui dégringole.«Le taux de vitalité, c’est un indicateur de la vitalité de la société.La natalité, c’est un indice qui révèle que les gens font assez confiance en l’avenir pour mettre quelqu’un au monde.Tandis que dans l’autre cas, on n’a tellement pas confiance en l’avenir qu’on décide de quitter ce monde.» La recherche est dirigée sur quatre fronts: neurobiologique, clinique, micro-social (la compréhension de ce qui affecte l’individu) et macro-social (le climat spirituel, politique et économique de la société).Trois fronts indissociables pour tenter de freiner la tendance.Et il y a de l’espoir, dit le Dr Cormier.«L’intervention doit se faire en tenant compte des connaissances dans ces quatre déterminants pour mettre au point des expériences innovatrices pour faire connaître l’espoir de s’en sortir et pour que ça arrête.» D’abord, en neurobiologie, les chercheurs ont observé une augmentation des récepteurs de la sérotonine (un neurotransmetteur impliqué dans la dépression) dans la zone préfrontale du cerveau des suicidés.«Mais la «On n’a tellement pas confiance en l’avenir qu’on décide de quitter ce monde» JACQUES NADEAU LE DEVOIR II est possible de prévoir l’impact des lois sur la santé mentale des gens, estime le Dr Hugue Cormier.neurobiologie, c’est le principe de l’œuf ou la poule, compare le D' Cormier.Est-ce que c’est parce que tu es désespéré que tu n’as plus de récepteurs de sérotonine?Ou est-ce que c’est parce que tu n’as plus de récepteurs que tu es désespéré?» La réponse n’est pas évidente aux yeux des chercheurs.Du côté de la psychologie et de la génétique, les chercheurs ont posé comme hypothèse qu’un récent épisode de rejet par un parent appartenant à une autre génération, combiné à une vulnérabilité développée pendant l’enfance, constituerait un cocktail explosif qui expliquerait bien des suicides.Enfin, en sociologie, il y aurait un lien beaucoup plus fort, avant par rapport à après la Révolution tranquille au Québec, entre les variations du taux de suicide et les fluctuations de l’économie.Depuis 1960, note le Dr Cormier, le taux n’a fait qu’augmen- ter.«Il faut dire qu’on partait de très bas.Ven 1958, on avait parmi les plus bas taux de suicide au monde et un taux de natalité parmi les plus élevés au monde.» La biologie et la génétique n’expliquent donc pas tout.«Oui, c’est important, la neurobiologie, et oui, il faut trouver de nouveaux médicaments pour ceux qui souffrent de maladies mentales qui les rendent plus vulnérables au suicide», dit le Dr Cormier.L’analyse des comportements sociaux est aussi une piste importante, ajoute-t-il.«Mais après, il faut aller plus loin.» Les politiciens ont plus d’influence que les médecins sur le taux de suicide, ils doivent en prendre conscience et en tenir compte lors de l’élaboration de leurs politiques.«Comment peut-on élaborer des politiques, dans cette société québécoise, qui contribuent à une meilleure vitalité?», se demande le médecin.Une partie de la réponse, selon lui, se trouve dans le concept de «jurisprudence thérapeutique»: comment prévoir l’impact des lois sur la santé mentale des gens?La médiation dans les cas de divorce est notamment inspirée de ce principe.«Si c’est bon pour l’entente entre les individus, pourquoi ça ne serait pas bon pour l’entente entre les nations?» Le principe n’est pas évident à suivre, note le médecin en évoquant les négociations difficiles entre l’Angleterre et les Nord-Irlandais catholiques.«Mais au moins, il y a de l’espoir.» Rôle de l’État, jurisprudence thérapeutique, influence du discours politique.Le Dr Hugues Cormier, psychiatre comme les anciens ministres Camille Laurin, Denis Lazure et François Cloutier, est-il en train de préparer son saut en politique?La question le fait sourire.«J’y songe sérieusement.» Déconnectés ?Bran chez-vous sur le réseau ! Il ne manque que vous ! Le Réseau a fêté sa ptvmicre année d'existence.Contactez le réseau Villes et Villages d'Art et de Patiimoine Ne soyez plus déconnectés et ralliez-vous aux MRC, villes et organismes qui s’imposent comme chefs de fie.Participez au développement d'un véritable réseau interrégional et national visant à valoriser de façon originale et novatrice le patrimoine et les forces vives de la culture au Québec ! Tél.: (418) 656.3108 Fax : (418) 656.3128 Courriel : vvap@faaav.ulaval.ca Nous remercions nos partenaires: ?Gouvernement Ou Québec Ministère de te Culture et dee Communication* S9 t MVF.RSITÉ SS LAVAL Ëâfib JE.H QuttKCU ^ Gouvememeni du Ou«0*c L* Mmtetre de* Affair** municipal** ?Tourisme Québec et le comité aviseur du milieu qui guident nos pas vers l'établissement d'un réseau prospère VillesetVillages d’Art et de Patrimoine, c'est branché lle- Le commerce électronique: l'enjeu du XXIe siècle Jeudi 11 novembre Mercredi lû novembre C o ru £ é jet e rr o g s publiques 0E h 11 p://www.hec.ca/semainehec I 1 Le commerce électronique : la fusion des pratiques commerciales et d'Internet par Alain Dou/cn, dr ectatr pfnrif, programme Commerce êtorenique, TM Turning Internet Promises into Profit (inference en anglais par cary Mxre, vice-péskfet, Tritia tves süa tégigtes, SSP Careûa m ^JTcom Le pouvoir et le style : l'eitreprise et la nouvelle économie du XXI" siècle par Louise day, préskbïe cfe lAn f Mannequin Vir tu=I et ce Riüc Technologies Multimédia \ Public Technologies Multimédia Inc.Vendre aux consom-m ateurs sur le WEB : évitez d'être parmi les dinosaures de demain ! par AlexandreTaiTIffrr, préicfcnt, B1p3lia, avec la cbUabaratkn cfe Jean TaHrt,prcfesæur aux HHC intelha i*«# *•iiomique là Décoüvettè/Borèal Le seul annuaire économique et géopolitique mondial l’état monde • trace le bilan de l’année pour les 225 pays du monde • offre des analyses thématiques sur les tendances planétaires actuelles • la meilleure source d’information pour comprendre le monde d’aujourd’hui En collaboration avec I v hi vniR CKAC730 II L'LVum tmoocnan 678 pages • 27,95 S http://www.editionsboreal.qc.ca Boréal Qui m aime me lice.Pour hommes esco Smal Calvin Klein [ouveautés automne 99 d 0 I C G Pour Lui l‘ de Commerce Mondial 281-7999 , av.du Parc (anale Laurier) 277-7558 Votre Nom Laundry Calvin Klein HM Tombolini Pour Elle 277, av.Laurier O.270-6154 Centre de Commerce Mondial 844-9125 Pour femmes relations diplomatiques et l’échange d'ambassadeurs entre les deux pays.Plus sceptiques D’une façon générale, les universitaires se sont toujours montrés beaucoup plus sceptiques que la classe politique souverainiste à l’égard de la reconnaissance française de la souveraineté du Québec, souligne Louis Bélanger.Ce n’est pas que la France craigne de froisser les États-Unis, quoique ce soit un facteur non négligeable, mais c’est davantage la cohésion de la politique étrangère européenne qui est en cause.«Cegenre de position devrait être soumis à l’ensemble des membres de l’Union européenne», croit le politologue.11 rappelle le différend qui a opposé îa France et l’Allemagne au sujet de la reconnaissance des pays issus de l’ex-Yougoslavie, la France souhai- tant que son voisin ne fasse pas cavalier seul et adopte une position conservatrice et attentiste vis-à-vis une telle reconnaissance.«Nous sommes dans un contexte où l’Union européenne se dirige vers une politique étrangère commune à tous ses membres», fait observer Bob Young.Autrement dit, dans le contexte actuel, la France doit tenir compte de l’intérêt général de l’Union européenne même en ce qui a trait à la reconnaissance du Québec comme pays.«De plus, compte tenu du nombre de mouvements séparatistes en Europe, la reconnaissance d’une sécession unilatérale du Québec par la France pourrait s'avérer extrêmement dommageable tant pour les intérêts nationaux français que pour les intérêts de l'UE», écrit Jonathan Paquin dans l’introduction de son mémoire.Dans le mouvement de reconnaissance d’un Québec souverain, «la France va compter pour 0,01 % de l’équation», soutient Bob Young, cette reconnaissance étant avant tout l’affaire des Américains, pour qui «le reste du Canada représente des intérêts beaucoup plus importants que le Québec».En cas de vote affirmatif à un prochain référendum, les États-Unis vont vouloir que des négociations aient lieu entre le Québec et le reste du Canada.Entre-temps, tout continuera comme avant pour eux.«Pour les États-Unis, ce sera la “phony independence", comme ils avaient parlé de la “phony war" au début de la Deuxième Guerre mondiale», avance Jonathan Paquin.Mais rappelons-nous: en 1941, Pearl Harbour avait changé tout cela.¦ Lire aussi la réaction de Louise Beaudoin en page A 8 rgyfÜÜl EL Édition Spéciale 2000 TL 2000 ACURA les concessionnaires fiables GALERIES ACURA 7100, boul.Métropolitain Est Anjou ACURA DE LAVAL 2500, boul.Chomedey Laval ACURA GABRIEL 4648, boul.Saint-jean Dollard-des-Ormeaux LUCIANI ACURA 4040, rue Jean-Talon Ouest Montréal ACURA BROSSARD 9100, boul.Taschereau Brassard ACURA PLUS 255, boul.de la Seigneurie Blainville P.D.S.F.incluant: £ Vb de 225 chevaux avec VTEC d SporlShifl d Sièges chauffants en cuir d Chaîne Bose* avec lecteur de CD d Climatiseur d Coussins gonflables latéraux d Toit ouvrant électrique d Phares mule intensité vision qui inspire un de passion, acura •offrr «le loTMlinn-ltail d'utlr durer limiter, par 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«-ompri#.\*»i*lanee routière 24 heure* \eura.ACURA El Édition Spéciale 2000 nelus Transporl et piépai incluant: d Climatiseur d Croupe électrique d Radio A.M/FM avec lecteur de CD d Régulateur de vitesse d Puissant moteur N’TEC d Système d’entrée sans clé et tellement plus.Deux superbes leçons d'économie L E 1) E V DIR, L E S S A M E l> I R E T I) I M A N (’ Il E 7 N 0 V E M B R E I » !» !» P 0 I, IT1 Q U E Cour suprême Une dissidente à la recherche de consensus La nouvelle juge en chef crée déjà un précédent en donnant une conférence de presse Grande première à la Cour suprême du Canada: la future juge en chef, Beverley McLachlin, a donné une conférence de presse, ce qui ne s’était jamais fait, pour livrer ses premières impressions — toutes nuancées — sur les défis qui l’attendent à la tête du plus haut tribunal du pays.pectueux pour les accusés et plus exigeant pour les policiers.Et qu’en sera-t-il avec madame la juge en chef?Qu’elle soit une femme n’y change rien, elle se voit d’abord et avant tout comme juge.Elle remarque toutefois que la Cour suprême compte maintenant trois femmes, ce qui envoie un message important: «C’est possible pour les femmes de jouer des rôles de premier plan dans les institutions du pays.» Beverley McLachlin espère que sa nouvelle fonction lui permettra de «faciliter l’atteinte de consensus» entre les neuf juges de la Cour suprême.«Je crois que le juge en chef peut faciliter les discussions, a-t-elle dit.Je crois que les Canadiens sont en droit d’attendre un vote des neuf juges après que chacun de ces juges a considéré l’opinion des autres pour répondre aux questions difficiles qui nous sont posées.Cela nécessite des discussions, et c’est ainsi que nous pouvons rendre les meilleures décisions possibles à la fin, avec le plus grand consensus possible.» Pour l'anecdote, il faut souligner qu’après la juge Claire L'Heureux-Dubé, grande championne de la dissidence à la Cour suprême, Mme McLachlin est la juge qui s’est inscrite le plus souvent en faux contre les décisions de ses collègues par le passé.Encore récemment, Mme McLachlin a exprimé sa dissidence dans l’arrêt Marshall, qui reconnaissait un droit de pêche de subsistance aux Micmacs en s’appuyant sur un traité BRIAN MYLES LE DEVOIR Ottawa — Elle a dit oui, sans aucune hésitation.?Beverley McLachlin, 56 ans, travaillait paisiblement dans son bureau quand elle a reçu le coup de téléphone si attendu du premier ministre Jean Chrétien, qui lui a offert le poste de juge en chef de la Cour suprême, mettant fin à dix petites semaines de spéculation., C’est sans grande surprise que Mme McLachlin a été nommée mercredi à la tète de la Cour suprême, où elle remplacera Antonio Lamer dès le 7 janvier prochain.C’est également sans grands remous que Mme McLachlin, qui siège à la Cour suprême depuis 11 ans, a annoncé hier son intention de poursuivre dans la lignée de son prédécesseur.Elle défendra la Charte des droits et libertés et maintiendra l’efficacité redoutable de la Cour suprême, que M.Lamer avait guérie de ce qu’il appelait «le sida de la justice»: les délais administratifs.; La personnalité du juge — c’était 'particulièrement vrai dans le cas !de M.Lanier — influence le fonc-Itionnepient de l'institution tout entière.A titre d’exemple, M.Lamer .vivait avec la hantise que des gens ,‘soient injustement condamnés.Coïncidence, la Cour suprême a 'rendu sous son «règne» des dédisions qui ont eu pour effet de Irendre le droit criminel plus res- Beverley McLachlin de 1760.La juge McLachlin trouvait les arguments juridiques beaucoup trop flous pour donner raison au Micmac Donald Marshall et dénonçait une manière illégitime de créer un droit «à portée générale et illimitée».Cette recherche du consensus que JIM YOUNG REUTERS Mme McLachlin entend mener fait cependant l’objet de critiques.Des chercheurs de l'école de droit Osgoo-de Hall, à l’Université de Yale, soulignaient récemment que le consensus engendre plus de problèmes qu’il n’en résout à la Cour suprême, parce que les jugements deviennent alors confus et remplis d’interprétations différentes.Environ les deux tiers des jugements rendus cette année par la Cour suprême étaient unanimes.Une cour à la remorque des citoyens Beverley McLachlin a par ailleurs fait peu de cas des critiques adressées aux juges de la Cour suprême, à qui l’on reproche de faire de l’activisme judiciaire.«Il y a des questions très profondes, très difficiles, que la cour doit trancher.En tranchant ces questions, c'est inévitable, il y aura des personnes pour dire: c’est trop activiste, j’aurais décidé autrement, etc.Mais il ne faut pas oublier qu’il y a des contraintes en place.Ce ne sont pas les juges qui cherchent les questions.Ce sont les citoyens et les gouvernements qui présentent des problèmes aux tribunaux.Et le devoir des tribunaux, c'est d’y répondre.» «On n’a pas le choix, on a un travail à faire en vertu de la Constitution canadienne.Et nous n’avons pas d’autre choix que de faire ce travail, a-t-elle poursuivi.Quand les citoyens de ce pays se présentent devant nous avec des questions importantes, nous ne pouvons les renvoyer sous prétexte que nous n’avons pas envie de les entendre.[.] On ne peut pas reculer, même si la décision sera difficile à rendre ou si elle sera lourde de conséquences.» Traditions, précédents juridiques et jurisprudence sont les trois éléments qui guident les juges dans leurs décisions, a expliqué Mme McLachlin.La première juge en chef dans l’histoire du Canada a également réfuté la thèse selon laquelle la Cour suprême serait devenue une république des juges, qui se substitue au Parlement pour définir dans ses jugements les valeurs fondamentales du pays.La future juge en chef y voit plutôt «un dialogue» entre le Parlement et la Cour suprême, qui constituent après tout deux branches du pouvoir.«Le Parlement propose et adopte des lois.Mais il y aura toujours des divergences d’interprétation.Toutes les démocraties doivent avoir une institution qui résout oes problèmes.Au Canada, c'est à la Cour suprême de le faire.» Considérée comme une juriste hors pair, brillante et travailleuse acharnée, Mme McLachlin, qui se définit elle-même comme une «éternelle optimiste», voit même d’un bon œil les critiques adressées à la cour.«Les gens sont plus informés qu’auparavaiti au sujet du droit.Nous avons maintenant une génération qui a étudié le droit à l'école secondaire.Elle comprend le droit et se l’approprie, ce qui est tout à fait souhaitable.Le droit n’est pas l’apanage des juges ou d’une poignée d’avocats.Le droit appartient à tous les Canadiens.» Mme McLachlin a été nommée par le premier ministre Chrétien au posté de juge en chef, et elle est pratiquement «inamovible» jusqu’à la retraite, à l’âge de 75 ans.Comme ses huit collègues, elle doit travailler avec acharnement, mais sa relative jeunesse -j-56 ans — et sa sagesse — 11 ans à iji Cour suprême — faisaient d’elle la candidate toute idéale pour succéder à Antonio Lamer et devenir la gardienne de la Charte.Elle a réussi à maintenir la cadencf infernale de travail jusqu’à maintd-nant en appliquant les conseils d'uji juge aujourd’hui retraité.«Il m’avait dit: “Trouve-toi des intérêts en dehor?du droit.Sinon, ce travail va te consumer complètement.”» C'est avantageux de s’abonner au journal LE DEVOIR Économisez 41 % sur le prix en kiosque et recevez en cadeau L’État du monde 2000 EN BREF Les camionneurs gardent espoir (PC) — Le président de la CSD, François Vaudreuil, trouve «très intéressantes» les discussions qui ont cours au Forum sur l’industrie du camionnage, qui avait été mis sur pied à la suite des moyens de pression adoptés par les camionneurs.En entrevue avec la Presse canadienne, le président de la Centrale des syndicats démocratiques, qui représente environ 900 camionneurs-propriétaires, a dit espérer de ce forum «des résultats tangibles» pour les conditions de vie des camionneurs.Ce forum, institué par le ministre des Transports, Guy Chevrette, réunit une quinzaine de partenaires de l’industrie du camionnage et des ministères touchés, ceux du Travail et des Transports.Il s'intéresse particulièrement à trois questions: les conditions de travail, la sécurité routière et la tarification.Deux des quatre rencontres prévues ont eu lieu, permettant d’aborder les questions de la sécurité routière et de la compétitivité.Les participants au forum soumettront leurs solutions le 6 décembre.Reconnaissance de la souveraineté Beaudoin refuse d’être pessimiste La France entretient toujours des relations particulières avec le Québec, souligne la ministre Boréal Qui m’aime me lise 678 pages Une valeur de 27,95 S Abonnez-vous par téléphone, c'est simple et rapide.(514) 985-3355 • 1 800 463-7559 ABONNEMENT LC DEVOIR RETOURNER PAR LA POSTE AU 2050, rue de Bleury, 9' étage, Montréal, Qc, H3A 3M9 ?Oui, je désire m'abonner au journal LE Devoir durant 52 semaines, du lundi au samedi, pour 223,70 S, et recevoir L'État du monde gratuitement.J M.?Mme Nom.Âge.Adresse.App.Ville.Code postal.Téléphone (rés.).(bur.).Indications pour la livraison.J Chèque joint (191.48S + 13,61 $ tps + 15.61 S ruj = 223,70S) 3 j Visa J MasterCard ?Amex N de carte.Exp.Ij Signature.g ( Jffre valide pour les abonnements de 52 semaines, 6 jours payés d'avance.I fans les secteurs ou il y a distribution par camelot.Jusqu'à épuisement des stocks._ \j direction de ITnneralé et U Faculté de musique sont heureuses d'annoncer le concours pour la création d'un HYMNE DE L’UNIVERSITÉ LAVAL L'obiecnf et le* rèflerncnts du concours : Déterminer, parmi celles présentées dam un concours public ouvert à tous les composé teun.l'oeutTc la plus susceptible de devenir l'hymne de l'Université Laval.1.Seules seront considérées par le jury les oeuvres : a) complètes, en version pour s ois et piano et présentées sous la forme d'un manuscrit rédigé en notation conventionnelle (le manuscrit présenté doit être bien lisible, sous peine d'exclusionl: bl expédiées au plus tard le 30 juin 2000.le sceau postal y faisant foi.Note .A titre d'indication, la durée d'un hymne typique varie entre 40 secondes et un peu plus de deux minutes.2.Les membres du jury ainsi que les membres du comité d'organisation du concoure ne peuvent se potier candidats au concoure pour la création d’un hymne de (Université Uval.• U décision du jury est finale et sans appel.4 Les trois oeuvres sélectionnées par le jury sont ensuite, l’objet d'une VOX P0PULL U pnxédure sera dévoilée en temps et lieu.U Direction de l'Univereité et la Faculté de musique sont le maitre d'oeuvre du concoure.Adresse d'envoi de l'oeuvre: Concours pour la création d'un h; mne de l'Université Uval Faculté de musique Université Uval (Québec! Gl K 7P4 Faculté de musique LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI CLAUDE BOUCHARD CARPETTE aztèque, oriental moderne, sisal TAPIS MUR A MUR velouté, torsadé, berbère, sisal Jusqu’à 65 de rabais INSTALLATION GARANTIE 3645, boul.St-Joseph Est Montréal (514) 729-0891 1090,rue Laurier Ouest Outremont_(514] 274-1090 J PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — N’en déplaise au ministre des Affaires intergouver-nementales Stéphane Dion, la France entretient et continuera de le faire des «relations particulières avec le Québec», et cela jusqu’à la reconnaissance éventuelle de sa souveraineté.C’est du moins ce qu’a affirmé, hier, la ministre des Relations internationales Louise Beaudoin lors d’une entrevue téléphonique de Nîmes (France) où elle a participé à la 46r séance du conseil d’administration de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ).Réagissant aux propos de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau, qui a affirmé que la reconnaissance de la souveraineté du Québec par la France n’est plus acquise et qu’il faut recommencer les démarches, Mme Beaudoin a soutenu qu’on est encore loin d’une rupture de ban sur cette question.«Je réponds à cela qu’il faut continuer, a-t-elle affirmé, et non pas reprendre la démarche, et c’est justement pour cela que je suis ministre des Relations internationales.Ça veut dire que le Québec, depuis 40 ans, s’est occupé de ses affaires et qu’il continue de le faire en préparant la suite malgré toutes les manœuvres du gouvernement fédéral pour contrer les aspirations légitimes des Québécois et qui justifient en soi toutes nos actions auprès de la France et sur le plan international.» La ministre a aussi noté que la poursuite de l’objectif de reconnaissance doit se faire de façon différente.«Il nous faut tout simplement être attentifs et vigilants, a-t-elle dit, et conti- nuer à rencontrer et informer les gens personnellement, autant à gauche qu’à droite, afin de favoriser un consensus dans le monde politique français.» Les propos du ministre Dion, qui s’est insurgé contre la thèse des «relations particulières» entre le Québec et la France et qui affirme que les Français ne donneront jamais leur aval à une démarche de sécession qui ne serait pas claire et appuyée par une majorité significative, ont amusé Mme Beaudoin.«Depuis 1977, a-t-elle soutenu, la politique de la France est claire et limpide.Elle dit qu’elle nous accompagnera et je n’en ai jamais douté.C’est pourquoi il nous faut contrer les attaques des fédéraux.Le jour où nous aurons pris une décision, je suis persuadée que la France acceptera la main tendue du Québec.«En ce sens, il y a des relations très particulières, a-t-elle ajouté, entre le Québec et la France, et c’est un témoin privilégié depuis 30 ans qui le dit.» Dans le cadre de sa participation aux travaux de la séance du conseil d’administration de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, Mme Beaudoin a annoncé que la contribution annuelle de deux millions de dollars sera accrue de 250 000 $ pour le prochain exercice.La ministre a indiqué que l’OFQJ a en quelque sorte décidé de modifier des programmes afin de rejoindre un plus large éventail de jeunes et de répondre à un plus grand nombre de leurs préoccupations.Les échanges dans les domaines reliés aux nouvelles technologies, au développement de l’emploi, à l’aide aux jeunes entrepreneurs et à ceux en situation d’insertion font maintenant partie des priorités de l’Office.CANAL MIMEZ LA NATURE foevis CANAL mETRO V- « |X| M L.Ce soir à 19h L „ SAFARI AFRICAIN 3-D Lunettes disponibles chez Métro WÊÊÊÊÊiÊtBiÊSÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊIÊIÊÊÊÊÊlÊÊÊtÊSÊÊÊtÊÊÊÊÊÊÊÊÊiÊÊÊÊÊÊÊÊIÊÊSÊÊÊÈÊÊlÊÊIÊÈÊM I, E I) K V 11 1 R .L K S S A M K [) 1 ti ET DI M A N (' 11 K 7 N 0 V K M B H K I !l !» !l • M 0 S T R E A L • EN BREF Sauvegarde du théâtre Rialto Blanchi de tout acte criminel A 1) Minier arrêté pour conduite avec facultés affaiblies (Le Devoir) — Marius Minier, conseiller municipal de l'équipe Bourque-Vision Montréal, devra comparaître en cour en janvier prochain après avoir été arrêté le 26 octobre dernier pour conduite avec facultés affaiblies par la police de la Communauté urbaine de Montréal.Donnant au volant de sa voiture stationnée, M.Minier a été interpellé alors qu’il dépassait d’au moins deux fois le taux d'alcool pennis par la loi.Le conseiller a donc renais sa démission comme maire suppléant au maire de Montréal, Herre Bourque.Il continuera toutefois de siéger comme conseiller municipal.Montréal sera Phôte de deux gros événements (Le Devoir) — Montréal sera l’hôte de la Conférence internationale sur la formation professionnelle et technique et du 35' Mondial des métiers, deux événements connexes qui regrouperont des décideurs, praticiens, technologues et chercheurs du domaine de la formation du 9 au 14 novembre.Le Mondial des métiers, qui aura lieu au Stade olympique, est présenté pour la première fois au Canada Helen Fotopulos prie Louise Harel d’intervenir La conseillère dit craindre le «honteux détournement d'un bien historique et architectural» FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR C> est par crainte que le «honteux détournement d'un tien historique et architectural que constitue le Rialto passe comme lettre à la poste» que la conseillère municipale Helen Fotopulos a fait parvenir une lettre à la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, hier.Elle lui demande d’intervenir instamment «pour sauver, in extremis, le théâtre Rialto et le quartier qui l'abrite du sort peu enviable auquel les condamne la tragique sottise de l’administration Bourque».Le propriétaire du théâtre de la rue du Parc dans le quartier MUe-End, Elias Kalogeras, a en effet demandé à la Ville la permission de transformer le Rialto en une salle de danse et de réception accompagnée d’un bar.Cela a fait bondir le Comité des citoyens du quartier ainsi que Mme Fotopulos, conseillère municipale du Mile-End.«Ce dossier, tout comme celui de la Redpath ou des Habitats Chambord, montre à quel point, dans l'affrontement citoyens-promoteurs amorcé depuis peu sur la scène montréalaise, les dés sont nettement pipés en faveur de ces derniers», a écrit la conseillère dans la missive qu’elle a envoyée à la ministre.Elle demande donc, à la lumière de l’article du Devoir qui annonçait la volonté de Mme Harel de «démocratiser» le processus de consultation publique de la métropole, que la ministre agisse rapidement.«Mme Harel sympathise avec la population.Elle déclare qu 'elle veut faire quelque chose.Eh bien, le temps est venu», estime Mme Fotopulos.Elle juge l’intervention d’autant plus pressante que la Commission de développement urbain (CDUM) doit procéder à des consultations publiques dès mardi, consultations dont plusieurs ont remis en cause la crédibilité.Le conseil municipal sera appelé à entériner la recommandation de la CDUM le 22 novembre.Personne, au cabinet de la ministre, n’a jugé bon de rappeler Le Devoir.Mme Fotopulos en a également contre le fait que, malgré l’avis contraire des urbanistes de la Ville, le comité exécutif a tout simplement rejeté l’expertise que la Ville avait commandée et a donné son aval au «dézonage».En effet, les spécialistes en aménagement avaient conclu que, même avec l’ajout d’un mur insonore, la discothèque serait source de nuisance dans ce quartier hautement résidentiel, tant pour ce qui est du bruit qu’en ce qui concerne l’achalandage ou le débordement commercial.«Il est urgent que la ministre responsable de la planification urbaine rappelle l’actuelle administration à l’ordre et exige d’elle le respect des règles élémentaires en matière de gestion d’urbanisme et de patrimoine au Québec», écrit Mme Fotopulos dans sa lettre.«Foi/s seule, madame, avez le pouvoir et la stature politique permettant d'intervenir efficacement auprès du maire et du comité exécutif afin de stopper définitivement ce projet inique et de mettre un frein à leur coupable complaisance envers les “développeurs" de tout acabit», conclut-elle.Gerry Weiner se dit ravi FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Malgré les interventions répétées du chef de l’opposition Michel Prescott, qui soutient que des questions de conflit d’intérêts n’ont toujours pas été résolues, Gerry Weiner, blanchi de tout acte criminel, se déclarait «ravi» des résultats de l’enquête de la Sûreté du Québec.C’est par voie de communiqué que le conseiller municipal de Montréal, M.Weiner, a réagi au dépôt du rapport du Service des crimes économiques de la SQ au substitut du procureur général au début de la semaine.M.Weiner y était innocenté de toute fraude économique, malversation ou accusation d’avoir tiré profit de ses fonctions au sein du comité exécutif pour obtenir des informations privilégiées, ce qu’avait prétendu M.Prescott au moi de mai dernier auprès de la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel.Celui-ci s’indignait du fait que M.Weiner était en même temps promoteur immobilier et membre du comité exécutif, en plus d’avoir menti en ayant omis de révé- ler ses avoirs dans sa déclaration d’intérêts pécuniaires.Avare de commentaires À tout ceci, M.Weiner a toujours plaidé l’innocence et restait muet depuis le dépôt du rapport.Alors que les journalistes attendaient une conference de presse, le conseiller a préféré se borner à envoyer un communiqué dans lequel il se fait avare de commentaires.«Je suis ravi des résultats de cette enquête tels que rapportés dans les médias.Je ne suis absolument pas surpris parce que depuis le début j'ai dit clairement que je collaborerais complètement et ouvertement à toute démarche pour éclaircir ce sujet.Ce que j’ai fait.» Il se dit également heureux que cette étape soit franchie, ajoutant que cette année a été très éprouvante pour sa famille.De son côté, M.Prescott, joint à Québec, a avoué qu’il ne savait pas que M.Weiner était sous enquête criminelle puisqu’il avait fait état d’un conflit d’intérêts.«Je tria savoir si on a enquêté sur mes allégations», a-t-il dit.Avant d’aller plus loin, donc, M.Prescott affirme qu’il se doit de faire quelques vérifications pour éclaircir certaines «choses [qu’il | ne comprend pas».! - V)RS/^P a A AîC * SSTe MOTS a P’enVèô| Ve bon'W- NOTRE INTÉRÊT À TOUS 1 800 463-5229 PLACEMENTS QUÉBEC l'année 2e année 3e année année 5"année 6e année ?année 8e année 3e année 10'année 5,00% 5,40% 5,80% 6,00% 6,00% 6,50% 6,75% 7,00% 7,50% 8,00% LES OBLIGATIONS SECURI + DU QUÉBEC LES OBLIGATIONS À TERME DU QUEBEC A TAUX PROGRESSIF BLINDEES ET FACILES À ENCAISSER ! ÇA GROSSIT C'EST GARANTI ! • Garanties sans limites par le gouvernement du Québec.• Taux garanti pour les 18 premiers mois.• Montant minimum : 100 $.Téléphonez-nous dès aujourd'hui pour investir en toute sécurité.Vous n'avez qu'à composer le 521-5229 pour la région de Québec ou le 1 800 463-5229 (sans frais) du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et tous les samedis d'octobre et de novembre, de 10 h à 16 h.Québec II » www.placementsqc.gouv.qc.ca Le ministre des Finances peut modifier les taux qui seront offerts sur les prochaines émissions.• Encaissables chaque année, sans pénalité.• Montant minimum : 1 000 $. A K) LE DEVOIR.LES SAMEDI l) ET DIM A .V C H E X 0 V E M B R E 1 9 9 9 LE DEVOIR LE MONDE V inr wr+fr-ym 'toamt-imAis.m ['¦ i; f,\ K/: Wmm-M m E j j a/fl i| ^ BBéL ^11 DAVID BRANCHI IREUTKRS MO > V >io t *i ( " ! ?I il i - ifl > j i ; > i !j ) Il y a dix ans, à Berlin.Le mur de la schizophrénie Le 9 novembre était et demeure un embarras SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR La destruction du mur de Berlin, ce «théâtre du vide», pour reprendre le qualificatif de l’écrivain John Le Carré, est datée du 9 novembre 1989.Les puissants du monde d’alors auraient bien aimé en organiser la démolition selon des modalités par eux, et eux seuls, arrêtées.Chose certaine, Kohl, Gorbatchev, Bush, Thatcher et Mitterrand auraient convenu, s’ils n’avaient pas été pris de vitesse par la pression populaire, d’une autre date.Le 9 novembre était et demeure un embarras.Ce temps fort de l’histoire contemporaine est en effet une sorte de télescopage de moments peu reluisants de l’histoire allemande.Ainsi que le rappelle Edouard Husson, chercheur à l’Institut d'histoire contemporaine de Munich, dans un article de la revue L'Histoire, c’est le 9 novembre 1918 que s’amorça la révolution inachevée de laquelle est issue «l’éphémère République de Weimar».C’est également un 9 novembre, celui de 1923, que Hitler avait pour une première fois tenté de s’emparer du pouvoir.C’est encore un 9 novembre, celui de 1938, que Hitler ordonna le premier pogrom national, la nuit de Cristal.Ce jour-là, Hitler signa «le prélude à l’extermination des juifs d'Europe».A l’évidence, les premiers rôles alors en exercice en 1989 auraient fixé la démolition de ce théâtre du vide à une date ultérieure.A preuve, c’est le 3 octobre 1990, soit onze mois plus tard, que la RDA est officiellement greffée à la RFA.Depuis lors, c’est à cette date que l’on fête la réunification de l’Allemagne.En amont du 9 novembre 1989 A Berlin-Est, Mikhail Gorbatchev participe à une parade militaire le 6 octobre 1989, date du quarantième anniversaire de la République démocratique allemande (RDA).A ses côtés, à sa gauche pour être précis, se tient Erich Honecker.Celui-ci eqt un cumulard, il est chef de l’État, du parti et même de l'armée.Au terme du défilé, Gorbatchev parle.Il use de mots jamais employés au royaume de Ja novlangue.A Honecker, principal militant du glacis soviétique cher à Brejnev, Gorby, comme le surnomme la foule présente, lance cette phrase-choc: «La vie sanctionne ceux qui sont en retard.» Honecker n’est pas impressionné.D reste impassible.Honecker est l’héritier méticuleux du stalinisme.Sur son visage, les traits durs de l’indifférence sont toujours imprimés.Le soir même, se souvient Hçnry Bogdan, chargé de conférences à l’École militaire de Paris, dans son livre Histoire des pays de l’Est - Des origines à nos jours, Gorby prend la parole au palais de la République où sont rassemblés des centaines de militants et notables du parti.Il déclare ceci: «La RDA, comme tout autre pays, a des problèmes d'évolution qui demandent à être analysés et qu 'on leur trouve une solution.» Dans la foulée, il ajoute qu’il faut tenir compte du «processus général de modernisation et de renouvellement qui a lieu actuellement dans tout le camp socialiste [.].Le choix des formes d’évolution est une décision souveraine de chaque peuple».Décision souveraine de chaque peuple.Le peuple, c’est entre autres — et c’est beaucoup — ces 120 000 Allemands de l’Est candidats à l’émigration qui sont transportés, les 1er et 3 octobre, dans des trains partis de Varsovie et de Prague à destination de la RFA.Ils se sont retrouvés-là parce que, le 2 mai de cette année, la Hongrie avait décidé de détruire le rideau de fer qui formait alors sa frontière avec l’Autriche.En faisant des détours par la Pologne ou la Tchécoslovaquie, ces milliers d’individus comptaient se rendre en Hongrie.Puis en.Toujours est-il, souligne Henry Bogdan, que «le gouvernement est-allemand, sous la pression de l’opinion internationale et soucieux de ne pas compromettre ses relations économiques avec la RFA, accepta finalement le transit à travers son territoire de trains affrétés spécialement pour les réfugiés désireux de s’installer en RFA».Au terme de cette première semaine d’octobre 1989, tout va se précipiter.On manifeste de plus en plus fréquemment.Le 16 octobre, 100 000 personnes défilent à Leipzig pour réclamer des élections libres.Il s'agit de la plus importante manifestation depuis la révolte de Berlin-Est, le 17 juin 1953.Le lendemain et le surlendemain, des manifestations tout aussi imposantes ont lieu à Berlin même.Le 18 octobre 1989, Honecker démissionne.Il est remplacé par Egon Krentz.Henry Bogdan: «Cette nomination, considérée comme une provocation, loin d’apaiser les esprits, relança la contestation.» Dans les jours qui suivent, ils ne sont plus 100 000 à manifester mais bien 300 000.Le 4 novembre, à Berlin, ils sont un million.Un million de personnes venues de tous les coins et recoins de l’Allemagne de l’Est.Krentz se rend à Moscou pour rencontrer Gorbatchev.A son retour, les membres du Comité central se réunissent.A l’issue de cette rencontre, Krentz annonce que le gouvernement dirigé par Willy Stoph ainsi que tous les membres du Bureau politique ont démissionné.Le Mur va imploser grâce, en partie évidemment, à un quiproquo.La chute du Mur Nous voici donc le 9 novembre 1989.A cause de ces démissions en rafale, Egon Krentz est débordé de toutes parts.Il nomme Gunter Schabowski porte-parole du gouvernement.Krentz et un entourage réduit à une peau de chagrin «acceptent de faire des conférences de presse retransmises à la télévision; un exercice dont ils n’ont guère l’expérience», observe Jacques Semelin, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, dans un article composé pour la revue L’Histoire.En fin d’après-midi, Schabowski annonce à la dernière minute un point de presse.Le sujet?Décret sur les voyages.Devant les journalistes présents, il lit le texte suivant: «U est possible de faire une demande de voyage à l’étranger sans conditiotis préalables — motifs du voyage ou relations familiales.Les autorisations seront accordées dans un délai bref.Il ne sera opppsé de refus que dans des cas exceptionnels.» A une question d’un journaliste qui demande quand prendra effet cette mesure, Schabowski répond: «Si je suis bien informé, dès maintenant.» Ce «dès maintenant», souligne le professeur Semelin, provoque tout un questionnement «Pour ceux qui ont été témoins de la conférence de presse, ce “dès maintenant” pouvait signifier immédiatement, le 9 novembre à 18h57 [.].Dans Berlin et à travers toute la RDA, on discute de l’émission en famille et entre amis.On se téléphone: comment interpréter les propos du porte-parole?Peut-on oui ou non franchir le Mur sans autorisation ?» De petits groupes d’individus commencent à se rendre au pied du Mur vers les 21h.A 22h50, la première chaîne de télévi- sion ouest-allemande (ARD) commence son bulletin d’informations en signalant qu’on peut traverser le Mur sans complications.«Cette émission tenant lieu de vérification collective» pour les Berlinois de l’Est, c’est l’explosion.Ou plutôt le raz-de-marée.«Alors, tout Berlin-Est s'allume: c’est la ville qui marche vers le Mur pour aller à l’Ouest.A partir de minuit, le mouvement est à son apogée.» Un million de Berlinois abattent le Mur.En souvenir Chris Gueffroy avait 20 ans.Il était né à Berlin-Est.Comme beaucoup de jeunes, Gueffroy se rendait au pied du mur pour écouter les concerts de David Bowie et consorts qui se tenaient de l’autre côté.En février 1989, il n'en peut plus.Il s'approche du mur.On l’imagine dans la peau d'Alex Leamas, le héros du roman L’espion qui venait du froid de John Le Carré.«Le projecteur de la tour de guet commença à tâtonner le long du mur dans sa direction, hésitant; chaque fois qu’il s'immobilisait, il pouvait distinguer les briques de mâchefer hâtivement assemblées par des couches irrégulières de ciment [.].Il avait presque atteint le mur quand le faisceau lumineux obliqua brusquement vers le nord, le laissant momentanément dans le noir complet.Soudain, sa main rencontra la surface rugueuse et coupante de parpaings.À présent, il pouvait distinguer le mur et, levant les yeux, la triple rangée de barbelés et les crochets acérés qui la maintenaient.Des coins de métal, semblables à des pitons d’escalade, étaient fichés dans la brique.«Brusquement, l’univers tout entier s’embrasa.De toutes les directions, un océan de lumière convergea pour se fixer sur lui et l’éclairer avec une sauvage précision.» Les vopos visent et tirent.Chris Gueffroy meurt sur le coup.Ce jeune homme de 20 ans sera la dernière victime du mur de la schizophrénie.Gorbatchev lance cette phrase-choc: «La vie sanctionne ceux qui sont en retard» Service de formation sur mesure Communication en situation de crise 23 et 24 novembre de 9 h à 17 h Animateurs : Martin Courcy et Nicole Simard Toute crise majeure attire l'attention des médias et fait apparaître le risque qu'elle devienne une crise médiatique.En situation de crise, les communications internes et externes sont d'une importance vitale.Le manque de préparation peut avoir des conséquences catastrophiques.L'objectif, c'est de donner aux participants les outils conceptuels et pratiques de communications en situation de crise, tout en fournissant des exemples concernant les réussites et les écueils des communications en situation de crise.La force de l'image, le pouvoir des mots dans l'entreprise 30 novembre de 9 h à 17 h Animatrice : Nicole Simard Le monde des affaires s'ouvre de plus en plus au monde des communications.Mais voilà, les entreprises éprouvent des difficultés à communiquer efficacement leur savoir, leurs idées.Le langage est trop technique, l’approche conservatrice, ou encore l’image projetée n'est pas conforme aux produits et services.Découvrez Université du Québec à Montréal Sessions publiques de formation continue Être mieux outillé pour faire face à l’avenir ! Psychologue de formation.Martin Courcy est consultant en sécurité et en gestion de crise.Il a réalisé plusieurs mandats de gestion de crise et de planification de mesures de sécurité pour des organisations publiques et privées.Nicole Simard est spécialiste en « média training ».c'est une personnalité connue de la télévision québécoise.Forte d'une expérience médiatique de 25 ans, elle offre depuis plusieurs années une formation-conseil innovatrice, pratique et dynamique.www.unites.uqam.ca/formation (514) 987-4068 à quel point l’image et les mots peuvent avoir une conséquence directe sur la rentabilité d’une entreprise.UQÀM Chronologie ¦ Juin 1948: les Occidentaux décident d’introduire à Berlin la réforme monétaire, le mark allemand.Staline réagit en imposant le blocus total des trois zones de l'Allemagne de l’Ouest Commence alors un pont aérien de onze mois pour ravitailler les Berlinois.¦ 12 mai 1949: Staline lève le blocus.Cependant, le divorce politique de la ville est consommé.Fondation de la République fédérale allemande.¦ Octobre 1949: fondation de la République démocratique allemande.¦ 16 et 17 juin 1953: les Berlinois de l’Est se révoltent à cause de la pénurie alimentaire.¦ 1961: on réalise que deux millions de personnes ont quitté l’Allemagne de l’Est depuis 1949.¦ 13 août 1961: peu après minuit, la construction du mur de Berlin commence.Baptisé «cordon sanitaire», il sera long de 167,5 kilomètres avec un no man’s land miné de 30 à 50 mètres de large du côté est.¦ 21 décembre 1971: signature du traité fondamental entre les deux Alle-magnes.Les conditions de déplacement des Allemands de l’Est sont assouplies.¦ Juin 1979: visite du pape Jean-Paul II en Pologne.¦ Février 1980: premières grèves aux chantiers navals de Gdansk, en Pologne.¦ 22 septembre 1980: création du syndicat Solidarité par Lech Walesa.¦ 17 février 1988: lors des cérémonies officielles organisées pour commémorer le meurtre de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, des opposants au régime manifestent en brandissant une banderole sur laquelle on a imprimé cette citation de la révolutionnaire: «La liberté est toujours seulement la liberté de celui qui pense autrement.» ¦ 9 février 1981: nomination du .général Jaruzelski comme chef d'Etat de la Pologne.¦ 6 février 1989: réunion de la table ronde entre dirigeants du gouvernement et dirigeants de Solidarité.¦ 18 avril 1989: légalisation de Solidarité.¦ 2 mai 1989: la Hongrie entreprend la destruction du rideau de fer qui la sépare de l’Autriche.¦ Juillet et août 1989: vagues de départs d’Allemands de l’Est vers l'Ouest par la Hongrie et la Tchécoslovaquie.¦ 6 et 7 octobre 1989: parades militaires pour le 40e anniversaire de la RDA.Gorbatchev déclare publiquement devant Honecker «La vie sanctionne ceux qui sont en retard.» ¦ 9 octobre 1989: 300 000 personnes défilent dans les rues de Leipzig derrière une banderole sur laquelle on peut lire: «Nous sommes le peuple.» ¦ 18 octobre 1989: démission de Honecker.¦ 9 novembre 1989: chute du Mur.¦ 10 novembre 1989: l’ejc-chancelier Willy Brandt déclare: «À présent est réuni ce qui doit grandir uni.» ¦ 3 octobre 1990: réunification de l’Allemagne.¦ 1992: on constate que 40 % de la population active de l’ex-Allemagne de l’Est a perdu son emploi.¦ 1999: on se rend compte qu’il faudra 30 ans pour que le PIB par habitant de l’ex-Allemagne de l’Est atteigne 80 % du PIB par habitant de l’Allemagne de l’Ouest d’aujourd’hui.S.T.HERBERT KNOSOWSKI REUTERS L E I) E VU I R , LES S A M E I) I ti E T I) I M A X (’ Il E 7 X II V E M B H E 199 9 A II ?.E ,\l 0 K I) E ?EN BREF Jean-Paul II en Inde Référendum en Australie Pinochet examiné de nouveau Santiago (AFP) — Le gouvernement britannique a décidé de faire passer de nouveaux examens médicaux au général Augusto Pinochet avant d’étudier son éventuelle libération, a annoncé hier le ministre chilien des Affaires étrangères, Juan Gabriel Valdes.Ces déclarations ont été faites par M.Valdes lors d’un entretien téléphonique depuis New York, où il se trouve actuellement.La décision du ministre britannique de l’Intérieur, Jack Straw, a été communiquée il y a trois semaines à M.Valdes après qu’il eut transmis à Londres une note diplomatique soulignant l’aggravation de l’état de santé du général Pinochet, dont le gouvernement chilien tente d’obtenir le retour.La justice britannique a autorisé, le 8 octobre dernier, l’extradition vers l’Espagne de l’ancien dictateur, arrêté à Londres en octobre 1998 à la demande du juge madrilène Baltasar Garzon pour des crimes contre l’humanité commis pendant son régime (1973-90).Exode et raids en Tchétchénie Frontière Ingouchie-Tchétchénie (Reuters) — La Russie a intensifié hier ses raids aériens contre la Tchétchénie que les réfugiés, porteurs de récits de destruction et de désolation, fuient désormais par milliers.A Mozdok, où est installé son quartier général de campagne à quelques kilomètres de la frontière, l’armée russe a annoncé que son aviation avait effectué plus de 100 sorties au cours des dernières 24 heures.D’après des responsables cités par l’agence Interfax, ces raids ont fait des centaines de morts parmi les rebelles islamistes et ravagé leurs bases et leurs campements.Dans un communiqué, le ministère de la Défense a précisé que des entrepôts et des bases rebelles ont été touchés dans une série de villages situés au sud-ouest de la capitale tchétchène, Grozny.Interviewé par le quotidien Kommersant, Guennadi Trochev, commandant du front oriental en Tchétchénie, a affirmé que ses troupes continueraient de progresser pour déloger les «terroristes» réfugiés dans des localités tchétchènes.Chavez jusqu’en 2013 Caracas (AFP) — Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a annoncé hier qu’il espérait rester au pouvoir jusqu’en 2013, période pendant laquelle il s’est engagé à mener une véritable transformation sociale, économique et politique du pays.«Je veux gouverner le pays pendant plus de dix ans», a déclaré Hugo Chavez lors de la cérémonie d’inauguration de la Banque du crédit, destinée à faciliter l'octroi de prêts à des gens pauvres.«Si Dieu le veut et si le peuple le veut ainsi, le gouvernement d’Hugo Chavez arrivera jusqu’à l’an 2013», a poursuivi le président en rappelant que l’Assemblée constituante a approuvé jeudi une disposition de la nouvelle Constitution allongeant la durée du mandat présidentiel à six ans et permettant deux mandats consécutifs.Il s’est engagé à mener pendant cette période une véritable transformation du pays.«Quand, en l'an 2013, nous quitterons le gouvernement, le Venezuela devra être totalement transformé», a-t-il ajouté.Hugo Chavez a été élu en décembre 1998 pour un mandat de cinq ans.La nouvelle Constitution, qui comprend plus de 300 articles, doit être soumise à un référendum le 15 décembre.Les radicaux montent au front Le Vatican met en garde contre le «fondamentalisme» hindou SAVITA KIRLOSKAR REUTERS «Jésus arrive!»: ce graffiti sur un mur de New Delhi montre bien à quel point certains hindous «respectent» le pape, arrivé hier dans la capitale indienne.C0t1|N
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