Le devoir, 6 novembre 1999, Cahier B
— THÉÂTRE Ducharme en morceaux Page B 3 DANSE Voler vers le soleil Page B 4 CHRONIQUE CULTURELLE L’œil du cyclone Page B 12 Cinéma Page B 5 Musique Page B 10 Maintenant que Cosmos s’est envolé vers d’autres deux pour tenter la fortune, le Musée des beaux-arts de Montréal propose une exposition sur un art sensiblement plus terre-à-terre.Entre tradition et modernité, entre engagement politique et récupération idéologique, l’art du Mexique a~su se tailler une place encore méconnue dans l’histoire de l’art de ce siècle.Et c’est à Montréal que l’on peut avoir une meilleure connaissance de cet art Marin Francisco: Femme se coiffant, 1925, collection Andrés Blaisten BERNARD LAMARCHE Que savez-vous de l’art mexicain?Vous êtes un lecteur de Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui a évoqué il y a peu, dans l'un de ses livres, les amours tumultueuses du couple Frida Kahlo et Diego Rivera.Vous suivez la mode internationale et vous avez vu, dans certains magazines féminins, les codes vestimentaires s’imprégner des accents bariolés des toiles de la même Kahlo.Au delà de cette vision romantique ou de la plus ou moins grande pénétration de l'exotisme mexicain dans la culture populaire, et tout folklore mis à part par ailleurs, vous vous intéressez à l’histoire de l’art, vous feuilletez des beaux livres à l’occasion.Alors, vous connaissez les œuvres des muralistes, celles de los très grandes que sont Diego Rivera, José Clemente Orozco et José David Alfaro Siquie-ros.Ceux-là mêmes dont on a dit qu’ils avaient influencé la grande peinture abstraite américaine des années 50, celle de Jackson Pollock en particulier, ceux-là dont la perception dans ces années a changé alors qu’ils étaient de plus en plus associés au communisme.Enfin, vous n’ignorez pas que, vue de ce côté de l’histoire, la révolution mexicaine de 1910 est réputée avoir été le point tournant d'une déclaration de modernité irrévocable de l’art mexicain.C’est précisément sur ce point que l’exposition qu’accueille le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) tente de modifier la lecture que nous faisons de cette histoire.Elle remet les pendules à l'heure pour ce qui est de cette période, méconnue même des «spécialistes étrangers» et qui marque l’émergence de l’art moderne au Mexique.Fuyant les idées reçues, élargissant la connaissance qu’on peut avoir ici de l'art mexicain en faisant franchir les frontières à des artistes dont les œuvres ont été moins largement diffusées, L'Art moderne VOIR PAGE B 2: ART MEXICAIN L K !> E V 0 I R .I.E S S A M E I) I I M A X C 11 E 7 X 0 V E M B H E I !) !) !» ART MEXICAIN L’accent est mis sur des propositions modernes non abstraites SUITE DE LA PAGE B 1 mexicain 1900-1950 donne abondamment à goûter et à apprendre.Un survol L’ensemble est présenté comme le survol le plus complet de l’art mexicain jamais produit hors du Mexique.Œuvre de Satumino Harran, dont le directeur du MBAM, Guy Cogeval, a déjà dit qu’il le considérait comme l’un des plus grands peintres du début du siècle, La Légende des volcans (1910) ouvre l’exposition.Manifestement influencée par le symbolisme européen, l’oeuvre est une pièce majeure du patrimoine national mexicain.Plusieurs études font du mouvement muraliste mexicain «le berceau de la culture postrévolutionnaire».Le survol montréalais, qui réunit plus de 200 oeuvres d’une quarantaine d’artistes, tente de briser la «relation de cause à effet» que cette conception «mécaniste» de l’histoire articule entre la révolution de 1910-20, l’agitation sociale et la production artistique.Cette approche orthodoxe, pour le responsable de l’exposition, Luis-Martin Lozano, commissaire indépendant et liistorien de l’art, «doit être réévaluée dans le contexte plus large de l'évolution de l'art mexicain, en particulier pendant les années qui ont immédiatement précédé et suivi la révolution», des aimées pendant lesquelles, précise-t-il, les germes de la modernité étaient en gestation.«Ce n'est pas tant une nouvelle vision qu’une tentative de réhabiliter deux discours qui ont eu cours dans le modernisme mexicain et ont pu être oubliés de façon injuste en raison des excès du discours nationaliste.D’abord, la définition de l’identité moderne n’a pas débuté après 1910.Cela remonte à bien avant; nous voulons le démontrer.Ensuite, même si la modernité artistique mexicaine est vouée à la quête d’une identité et subit l’inspiration profonde de Mexico, cela ne revient pas à dire que les artistes impliqués dans ce processus étaient coupés des recherches des avant-gardes européennes et américaines.Il s'agit de montrer le caractère international de cet art.» Dans l’exposition, les divers regroupements d’oeuvres mettent de l’avant des influences tantôt du postimpressionnis- me, tantôt du cubisme ou du futurisme italien, et aussi du surréalisme.En quatre sections, l’exposition tente de redéfinir à partir des grands axes de la culture mondiale: Les Débuts de l'art moderne mexicain (1900-1920) présente la transformation de l'art sous l’influence des grandes tendances européennes; La Renaissance mexicaine: l'art postrévolutionnaire (1921-1934) s’attarde à la contribution des muralistes dans la culture moderne mexicaine, de même qu'à des artistes moins connus ici qui se sont alors illustrés; Images d’une nouvelle ère: la photographie et la gravure poursuit le parcours, que vient clore Variations sur le «style mexicain»: la continuité du modernisme (1935-1950) en montrant «la pluralité et la diversité artistique de cette période».L’accent est mis sur des propositions modernes non abstraites; de la même façon que les avant-gardes italiennes et allemandes, «l’art mexicain a été jugé idéologiquement compromis et donc considéré comme non moderne, parce qu’il servait des intérêts politiques.C’est une demi-vérité.Il y a eu des artistes politiquement engagés, certains communistes, mais d’autres ne l’étaient pas.C’est ce que fait voir l’exposition, en montrant des propositions directement en dialogue avec les mouvements artistiques étrangers.» Plusieurs visiteurs iront chercher l’image stéréotypée de l’art mexicain, «ce qui est très bien, ajoute Luis-Martin Lozano, mais mon but est qu’ils découvrent un éventail plus large d’artistes et de propositions artistiques, et de montrer que, esthétiquement parlant, l’art mexicain est plus diversifié et parfois plus expérimental que ce qu'ils croyaient.Je suis tout à fait contre une lecture strictement politique des œuvres pour cette exposition, je veux qu 'elles soient examinées pour leurs qualités esthétiques avant tout».Lozano est un commissaire prolixe.La seule faiblesse de l’exposition provient manifestement de la sélection plutôt décevante des oeuvres de Diego Rivera, résultant d’un conflit de dates, peut-être même de priorités muséales.Lozano est en effet également commissaire en chef de la rétrospective Diego Rivera: art et révolution, qui se déroule au Musée des beaux-arts de Houston, jusqu’au 28 novembre, avant d’achever sa course en décembre au Musée d’art moderne de Mexico.On peut honnêtement présumer que le commissaire ait eu à faire des choix déchirants pour répartir les oeuvres de Rivera entre les deux expositions menées concurremment.Entre une rétrospective américaine, où doivent figurer les meilleures oeuvres d’un artiste, et une exposition de groupe, «pour laquelle les œuvres sont choisies en fonction de défendre une thèse», comme c’est l’intention revendiquée de Montréal, le processus de sélection est différent, dira Lozano, visiblement embêté par la question.L’art contemporain: une formule éclectique Ce dernier volet de l’exposition, exclusif à Montréal, emportera très certainement les dernières résistances quant à la singularité de l’approche retenue.En effet, l’art contemporain mexicain fait aussi partie de l’aventure du MBAM.Selon un angle précis qui traite du nomadisme dans l’art mexicain contemporain, l’organisation du volet Moi et ma circonstance.La mobilité dans l’art mexicain contemporain a été placée sous la responsabilité des commissaires Guillermo Santamarina, directeur du très actif centre Ex-Tere-sa Arte Actual de Mexico, et de Palo-ma Porraz, conservatrice indépendante, autrefois rattachée au Museo Uni-versitario del Chopo.Dans cette section de l’exposition, l’art se fait éclectique, les artistes vagabonds.Un fort contingent d’art vidéo s’y retrouve, la photographie, les technologies, Internet et la sculpture cinétique jettent un regard souvent inquisiteur sur les nouvelles réalités de l’environnement urbain de Mexico.C’est précisément le projet des commissaires de montrer comment les artistes du Mexique contemporain voyagent, se frottent à d’autres cultures.«Nous avons mis l’accent sur la mobilité.Ce sont des artistes mexicains qui ont fait leur recherche à l’extérieur de Mexico, ou vice-versa, des artistes étrangers qui travaillent à partir de la culture et de la réalité mexicaine contemporaine.» La question de la politique est abordée «de façon subtile», comme dans l’œuvre de Damian Ortega faisant appel à des barils métalliques et qui traite de «l’instabilité dans laquelle nous vivons depuis 30 a>is».Aussi, en abordant la psychose engendrée par la culture télévisuelle autour des extraterrestres, Ruben Ortiz Torres, «de façon ironique», traite des étrangers en général, à travers «les figures mythiques de l'extraterrestre dans la culture pop, en les mêlant à l’image de l’immigrant.Les Mexicains sont vus souvent comme une culture d’aliens.Torres habite à Los Angeles près de la frontière de Tijuana, il est proche de la culture de rue.» Ancien critique maintenant conservateur associé à l’art contemporain au MBAM, Stéphane Aquin précise les visées de cette sélection: «Le défi qu’ont eu à relever les commissaires était d'avoir une représentation nationale qui soit tout de même radicale sur le plan esthétique, puis centrée autour d’une idée qui elle-même remet en cause la notion d'identité nationale.» La cohabitation des deux expositions n’allait pas de soi: la première tente de rebâtir la vision traditionnelle de l’art moderne du Mexique à partir de la culture «universelle» et l’idée d’une culture cosmopolite se raffermit avec la sélection des œuvres contemporaines.«Le propos tenu dans ce volet complète et subvertit l’image encore un peu folk-lorisante et patriotique de la première section.L'image principale projetée à l’extérieur du Mexique est celle d’une identité nationale en déroute, sous l’effet d’une multitude de fadeurs: les communications, l’hybridation, l'émigration et f* ' «t» SOURCE MBAM Autoportrait avec collier d’épines et oiseau-mouche, de Frieda Kahlo \v.%.’ *rm SOURCE MBAM NC tome.«l|vo«U tn vfrîOS-tc-.h «Ciiol, W «stacfrârivi yWùtdi qulhekti;!, Cor.-milma- nu>rtat«S '/friylZA SM Exvoto San Sebastian, 1910, d’Angel Zarraga le nomadisme», ajoute-t-il.«L’origine des artistes de l'exposition traduit ce cosmopolitisme — un des artistes vient d'Argentine, a fait son travail à Banff; un autre, Francis Alÿs, de la Belgique, vit à Mexico depuis près de huit ans; Gabriel Orozco se partage entre New York et Mexico, Rafael Lozano-Hemmer vit maintenant à Montréal.» On est loin d’une culture du terroir.Ces artistes s’éloignent d’une reprise en charge de la modernité, démontrent un minimalisme et un brutalisme relatif, le détachement de l’individu et l’expression de «la solitude nomade» dans une ville comme Mexico, où se massent près de 24 millions d’habitants.L’ART MODERNE MEXICAIN 1900-1950 Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais Jusqu’au 6 février 2000 SOURCE MBAM Sandales bleues, 1996, photographie de Gabriel Orozco Grand Prix du livre de Montréal Les finalistes _u Grand, Prix du livre de Montre^ Paul Chamberland En nouvelle barbarie L'Hexagone Diane-Monique Daviau Ma mère et Gainsbourg L'instant même Joël Des Rosiers Vétiver Triptyque D.G.Jones Grounding Sight Empyreal Press Aki Shimazaki Tsubaki Leméac / Actes Sud La remise du Grand Prix du livre de Montréal aura lieu à l'hôtel de ville de Montréal le lundi 15 novembre 1999 à 11 heures Ville de Montréal Une création du Théâtre d'Aujourd'hui Du 3 au 27 novembre 1999 Avec Sylvain Bélanger, Louison Danis, Hugo Dubé.Michel Dumont, Marc Legault.Roger Léger, Adèle Reinhardt, Guylaine Tremblay.Concepteurs : Lyse Bédard, Réal Benoit, Normand Blais.Martin Labrecque.Claude Lemelin.De Serge Boucher mise en scène de René Richard Cyr • ^ Après Motel Hélène.24 FUSES Iportrajl 10 et 11 novembre COMPLET En elaboration avec Les Arts £gj du Maurier RONA I STE-ADÉLE ?11 VICTORIAVILLE | |ST-HVACINTHE ?! IDRUMMONDVILLE ?! [vALLEYFIELpTn Gaufré François Café Le Dog Ville-Dieu Les bons en format de poche En vente chez votre libraire Catalogue complet : www.livrcs-bq.com LE DEVOIR.LES S A M EDI U ET DI M A X (' Il E 7 X O V E M B R E 191) !) 'T.g .1 O'Keele rendu possible par no de Charles Castella film Jeu 11 Nov R e u s s e r Franc film de rand concours de JOURNALISME LE DEVOIR 2 0 0 0 VOUS QUE LE JOURNALISME INTÉRESSE ET QUI ÊTES INSCRIT À TEMPS COMPLET DANS UN CÉGEP OU UN COLLÈGE DU QUÉBEC, VOILÀ UNE OCCASION D'AGIR.Pour saisir cette chance de mesurer vos aptitudes et - qui sait?- de faire vos débuts dans un grand journal, il s'agit de rédiger un article critique d'au moins 700 mots, sur une manifestation sociale ou culturelle d'ici: rassemblement populaire, événement sportif, film, livre, pièce de théâtre, ou autres.À retenir: • Votre participation à ce concours peut s'insérer dans le cadre de vos cours.• La date limite des envois de textes au journal Le Devoir est le 24 mars 2000.• La remise des prix aura lieu en mai 2000.% A gagner: 1er prix: Une bourse d'études de 2 000$ ainsi qu'un voyage et séjour de découverte conviviale de la France (condition d'admissibilité, avoir 1 8 ans et plus).2* prix: Une bourse d'études de 2 000$ 3' prix : Une bourse d'études de t 000$ Des prix de participation, tels des logiciels et des abonnements au Devoir et à la revue Forces seront aussi attribués par tirage.La Fondation dij DEVOIR ¦raï^AQPF Votre professeur de français vous en dira davantage sur les modalités de participation.AtituMlinn (jiiibciimc iln prnlc»»curc» rt profrurtirt de fraisai» -800-267-0947 CONSULAT GENERAL DE FRANCE A QUEBEC FORCES DIFFUSION Cf) - le devoir Mar 9 Nov ••••> 21 h 00 / Ven 12 Nov ••••> 19 h 15 LA VIE Et>T DURE, NOUS AUSSI CATALOGUE DU FESTIVAL GRATUIT, disponible au musée ADMISSION GÉNÉRALE ZOO $ -¦> ÉTUDIANTS/ÂGE D'OR 5,00 $ •-> LAISSEZ-PASSER (6 FILMS) 25,00 $ Une passerelle entre le réel et l’imaginaire Du 9 au 30 novembre, la Cinémathèque québécoise rend hommage au doyen des cinéastes, le Portugais Manoel de Oliveira MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL AUDITORIUM MAXWELL-CUMMINGS — 1379, RUE SHERBROOKE OUEST MARTIN BILODEAU Ly amorce de son œuvre remonte à ’ près de 70 ans.Sa carrière s’échelonne sur trois périodes distinctes (193142; 1956-64; 1971-), mais c[est la dernière, menée sans interruption jusqu’à aujourd’hui, qui a apporté au Portugais Manoel de Oliveira la consécration internationale et les éloges d’une presse cinématographique qui le suit pas à pas.Dans ce que plusieurs qualifient de retranchements mais qui se révèle aux yeux des plus exigeants la suite logique d’une démarche rigoureuse, incandescente, quasi religieuse, axée sur le dialogue et le souvenir.Douro, travail fluvial (1931), premier court métrage de Manoel de Oü-veira, dont le rituel photographique muet montrant l’activité, du lever au coucher du soleil, d’un petit port de pêche portugais suspendu dans le temps, n’est pas sans rappeler le cinéma de son contemporain Jean Vigo, dont le cinéaste a plus tard fait l’éloge dans Nice.A propos de Jean Vigo.Étrange triangle Des 27 films, tous formats et genres confondus, qui composent la rétrospective (laquelle culminera le 30 novembre sur la projection de La Lettre, d’après La Princesse de Clèves, plus récent opus du cinéaste de 91 ans), on compte l’estimable Aniki Bobo, premier long métrage de fiction de De Oliveira (1942), dans lequel le cinéaste établit un système de récit (le mélodrame) qu’il a par la suite maîtrisé, puis épuré, ce dont té- moigne Le Val Abraham, chef-d’œuvre inspiré de Madame Bovary.Montré à la presse cette semaine, Aniki Bobo tourne autour d’une bande de jeunes écoliers de Porto, plus particulièrement d’un triangle amoureux qui s’y forme entre un poète, un fier-à-bras et la mignonne Teresinha et qui provoquera l’affrontement de ses deux prétendants et.le vol d’une poupée.Répétition avant l’âge de situations adultes, Aniki Bobo est avant tout un conte réaliste sur la nature de l’homme, sur fond de pèlerinage ludique dans le monde de l’enfance.Les distributeurs et les télédiffuseurs faisant souvent l’impasse face à l’œuvre du maître portugais, la plupart de ses films passent chez nous en coup de vent, dans les festivals, pour n’y plus revenir.D’où l’importance de la rétrospective que propose la Cinémathèque, laquelle donne aux cinéphiles l’occasion de voir (ou de revoir) des films qui n’ont pas été projetés ici depuis plusieurs années.Le programme comporte ainsi plusieurs documentaires rares (Acte du printemps, Le Pain, Le Peintre et la Ville), adaptations-fleuves (Les Souliers de satin, d’après Paul Claudel; Amour de perdition, d’après Camillo Castelo Branco), courts métrages (La Chasse) et longs métrages (Non, ou la vaine gloire de commander, Francisco) de fiction.Des œuvres qu’on pourra enfin situer par rapport à celles, plus récentes, comme le complexe La Divine Comédie, l’opératique Los Cannibales ou encore Party, délicieuse et caustique traversée du soir au sommet d’une falaise açorienne, dans laquelle Irène Papas et Michel Piccoli se balancent des assiettes sous le regard de leur belle hôtesse (Leonor Silveira, la muse du cinéaste), qui perçoit en eux les reflets de son infortune sentimentale.De Oliveira y résume son art théâtral du cinéma, non sans rappeler le beau Mélo de son confrère Alain Resnais.Du reste, l’émouvant Voyage au début du monde reste à ce jour le plus autobiographique des films de Manoel de Oliveira.Le plus troublant, aussi, en ce Un extrait de Francisco.SOURCE CINÉMATHÈQUE Mar 9 Nov ••••> 19 h 00 / Ven 12 Nov ¦•••> 21 h 30 LA FILLE SUR LE PONT un film de Patrice Leconte qu’il superpose sa propre histoire à celle de Marcello Mastroianni, disparu peu après le tournage, lequel campe dans le film en forme d’odyssée un cinéaste octogénaire au crépuscule de sa vie et au sommet de son art.Que dire de plus, sinon que seuls les grands cinéastes possèdent l’art de jeter des passerelles entre le réel et l’imaginaire.rendu possible par Un extrait de Party.SOURCE CINEMATHEQUE uagenÉratJorvnet.Q’Ifeefe OEH % ScotlaMcLeod 17 h 15 PM / Sam 13 Nov ••••> 16 h 30 L'ÎLE DE SABLE un film de Johanne Prégent rendu possible par JOHANNE PREGENT SERA PRESENTE Sam 6 Nov ••••)* 14 h 45 / Ven 12 Nov •••)• 17 h 00 FIN AOÛT, DÉBUT SEPTEMBRE ?un film de Olivier Assayas rendu possible par rendu possible par Lun 8 Nov ••••> 21 h 00 / Sam 13 Nov ••••> 14 h 15 1 LA GUERRE DANS LE HAUT PAYS -y,,: novembre 1999 «3 Wmmtâ FESTIVAL DE FILMS cinemama FESTIVAL DE FILMS EN FRANÇAIS SOUS-T/TRÉS EN ANGLAIS DISQUES Un patrimoine musical à découvrir DAVID CANTIN Fondé en 1978 par Louise Courvil-le, qui en assume la direction depuis ses débuts, L’Ensemble Nouvelle-France se démarque en diffusant une histoire du patrimoine musical québécois.Déjà rendu au quatrième volume d’une Anthologie de la musique historique du Québec, ce disque dévoile désormais un contenu totalement inédit.Après L'Epoque de Julie Papineau (1795-1862), Victoires et réjouissances à Québec (1690-1758) ainsi que Nativité en Nouvelle-France, on passe donc à L’Épopée mystique avec Marie Guyart de l’Incarnation, les ursulines et les augustines.Présentement en résidence au Musée de l’Amérique française à Québec, L’Ensemble Nouvell^France ne cesse d’enrichir ses fouilles autour de nombreux documents d’archives.Selon Louise Courville, il s’agit «d’un effort pour faire durer dans le temps toute une tradition de notre patrimoine musical».Se vouant à une passion pour la musique, la musicologue et soprano de Québec m’éclaire ainsi sur son dernier projet.«En lisant l’imposante correspondance de Marie Guyart, on se rend compte à quel point la musique est omniprésente dans sa vie.Femme de courage et de foi, cette “mère de la Nouvelle-France” se sentira directement inspirée par le ciel divin qui s'exprime à travers son chant.Les partitions manuscrites retracées au monastère des ursulines de Québec ne sont pas signées.Si quelques-uns de ces 120 chants sacrés ont pu être identifiés en les comparant au volumineux corpus d'œuvres de compositeurs français des XVII' et XVIII' siècles, la plupart d'entre eux demeurent énigmatiques.Les compositeurs potentiels dans le Québec naissant étaient rarissimes.» Trois grands thèmes Par ailleurs, on sait que la grande compagne de Marie de l’Incarnation, mère Marie de Saint-Joseph dite de la Troche Savonnières, jouait de la viole de gambe.Outre pour des fonctions pédagogiques, auprès des jeunes Amérindiennes, on ne fait nulle part mention de ses talents pour la composition.Toutefois, lorsqu’il arrive à Québec une vingtaine d’années après Marie Guyart, Mgr de Laval sera si étonné des chants qu’on lui présente à la chapelle des ursulines qu’il s’empresse de les interdire.Dans un grand mouvement de colère, Marie s’exprimera dans une lettre: «Il craint que nous ne prenions de la vanité en chantant et que nous ne donnions de la complaisance au dehors [.] Nous ne l’accepterons pas si ce n'est à l'extrémité de l’obéissance.» N’est-ce pas là un signe authentique de son amour pour la composition?Comme le mentionne Louise Cour-ville à l’intérieur des pages d’un livret détaillé: «Plusieurs œuvres musicales retrouvées au monastère de Québec sont directement inspirées par ce Cantique [Le Cantique des cantiques], comme en font foi le Motet pour l’Assomption de Marie-Madeleine et le Qui non dili-git.“Marie de Québec”, à la suite de My-riam de Magdala, vibrera d'un immense amour pour son divin époux.Rappelons ici que, selon la tradition française, c’est “l’épousée" (sponsa) de Jésus qui avait apporté la chrétienté en terre de France.» En observant de près la fresque en couverture du disque, attribuée à Marie de l’Incarnation et aux religieuses de son monastère, il est possible de sajsir toute l’esthétique musicale de L’Épopée mystique.D’une grande maîtrise, ce parement d’autel représente un jardin baroque français qui renvoie également au jardin d’E- den et au jardin du Cantique des cantiques.Le médaillon central laisse entrevoir Marie-Madeleine dans sa grotte de la Sainte-Baume provençale.Elle médite quelque texte sacré, avec derrière elle un escalier montant vers le ciel où l’attend le Ressuscité.Ne re-trouve-t-on pas dans cette forme d’expression toute l’inspiration mariale au cœur de ces pièces chantées?Dans son ensemble, l’enregistrement s’organise autour de trois thèmes.Les premiers motets du disque suivent un dépouillement initial, en accord avec la symbolique que renferme le tableau.Le deuxième thème porte sur la Victoire de Notre-Dame (1711), qui est d’abord chantée puis célébrée par le O Triumphantis et par une pièce d’orgue de Montréal, découverte par la musicologue Elisabeth Gallat-Morin.Le troisième thème rend hommage aux valeureux jésuites.Comme l’exprime Louise Courville: «En donnant leur vie, en souffrant le martyre, ils marchaient sur les pas du Christ et renouaient directement avec l’aube de la chrétienté, se méritant une place particulière au ciel.Ceci explique la joie exprimée dans le refrain du Motet pour les St-Martyrs.» Parmi d’autres moments à retenir, le Qui non diligit mystérieusement inachevé ou le très beau Magnificat qui termine ce parcours.Si ce disque s’avère une réussite, c’est aussi grâce aux arrangements musicaux de Pierre Bouchard.Du même coup, les voix de Louise Courville, Marlène Couture, Lyne Lavigueur et Claude Bélanger s’adaptent très bien à ce répertoire qui mérite d’être découvert.Un voyage musical fascinant, qui nous rapproche des timbres de Brassard et de Couperin.On attend déjà le volume 5 sur Les Belles Amours, à paraître au cours de la prochaine année.VITRINE DU DISQUE JE PLEURE, TU PLEURES Chloé Sainte-Marie Les Films Gilles Carie La plus belle chanson de ce très beau disque s’intitule Je t’écris pour te dire que je t’aime.La musique de Gilles Bélanger est brillamment simple, l’arrangement idéal: une voix nue presque tout le long, doublée d’une harmonie à la fin, un doux strumming de guitare acoustique, un violon western juste assez triste qui s’immisce à mi-course.Du travail soigné et sensible de la part du guitariste-réalisateur-arrangeur Réjean Bouchard.Le texte du poète Gaston Miron ne pourrait avoir été mieux choisi: «Le temps saigne / Quand aurai-je donc de tes nouvelles / Je t’écris pour te dire que je t'aime / Que tout finira dans tes bras amarrés / Que je t’attends dans la saison de nous deux / Qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine / Que sans toi il ne reviendra pas.» Un texte beau à pleurer.C’est beau, c’est infiniment beau, et pourtant, ça nç touche pas.En tout cas, pas moi.A .cause de la cerise sur le sundae.A savoir: Chloé Sainte-Marie, la chanteuse.Qui fait encore une fois son cinéma.Du meilleur cinéma qu’avant, sur le mode Paris, Texas, mais du cinéma quand même.Dans l’auto, à la sixième écoute de l’album, je me suis mis à rêver que Renée Martel chantait la même chanson.Je l’ai entendue dans ma tête.Et j’ai été ému.Comme je l’aurais été si une Mara Tremblay, une Isabelle Boulay, une Nanci Griffith, une Emmylou Harris avait été l’interprète.La différence était là, patente: Chloé joue le texte, alors qu’une Renée Martel ou une Mara l’auraient senti.Souffert.Pour vrai.Pareil pour Une vie brisée, trouvaille rentre-dedans du répertoire de Willie Lamothe: d’autres l’auraient magnifiée, Chloé la rend tout juste joliment.Chloé Sainte-Marie, fût-ce dans des conditions aussi exceptionnelles que celles-là, ne peut que donner ce qu’elle a, c’est-à-dire des interprétations jolies et bien intentionnées, mais sans vérité émotionnelle, ersatz involontaire de Mylène Farmer (To be or not to be la vie), Sylvie Vartan (Encore) ou de Bardot (Septembre).Au pire, Chloé est incapable de se retenir de minauder (insupportable dans Un chat achalandai-re et Je t'aime, je te quitte)', au mieux, elle reste à la surface des superbes textes de Miron, Denise Boucher et consorts, ne sert qu’agréablement les superbes musiques de Bélanger, François Guy, Chantale Bellefleur et compagnie, n’accompagne qu’ordi-nairement les arrangements extraordinaires de Bouchard.Je ne dis pas que Je pleure, tu pleures est un mauvais disque.C’est un splendide disque affiché à la mauvaise enseigne.Et c’est probablement le meilleur album que l’on pouvait attendre de Chloé Sainte-Marie: il n’est hélas recommandable que dans cette mesure.Sylvain Cormier REUNION Pierre Tanguay Étiquette DSM Cet album du batteur Pierre Tanguay est à la fois un régal et un étonnement.On attendait une musique décapante.On l’attendait avec une certaine fébrilité en raison des menus travaux effectués par Tanguay en compagnie, essentiellement, de la bande qui compose le label de musique actuelle baptisé Ambiances magnétiques.Et voilà que Tanguay nous arrive avec une production toute pimpante, toute joyeuse.Une production placée sous le signe du swing cher au trompettiste Harry Edison, au gros matou plein de tendresse qu’était le saxophoniste Ben Webster ainsi qu’aux standards chers à Dexter Gordon comme à Gerry Mulligan.Aux deux premiers, Tanguay a emprunté leurs compositions Better Go et Kitty.Au dernier, il a emprunté Reunion, qui donne son titre à l’album.Reunion, réunion, parce qu’il rassemble de vieux complices de Tanguay comme Jean Dero-me au sax alto, Tom Walsh au trombone, Normand Guilbeault à la contrebasse et Guillaume Dostaler au piano.Réunion parce que cette production est un regroupement de morceaux écrits il y a longtemps de cela, à l’exception des deux pièces signées par Derome, soit M.D.M.et Blues clair, de vieux morceaux, donc, joués par des musiciens reconnus pour leur avant-gardisme.Entendre des classiques du bebop ou du swing revus mais non corrigés par des jeunesses pleines de vitalité et animées par le plaisir de jouer est réjouissant.Serge Truffaut Reunion & P I o r r o Tanguay L'ORCHESTRE DE CHAMBRE i lyrusici de TYlontréal 1 CHAMBER ORCHESTRA SÉRIE CONCERTS ÉVÉNEMENTS IMPRESSIONNISME MUSICAL Yuli Turovsky Directeur artistique Jeudi 11 et vendredi 12 novembre 1999,20 h ^ Pollack concert hall Un des plus brillants pianistes américains de la jeune génération n CONCERT-ÉVÉNEMENT DU MILLÉNAIRE ELEONORA TUROVSKY VIOLON EUGÈNE YSAYE Harmonies du soir pour quatuor et orchestre ERNEST CHAUSSON Concert en ré majeur pour piano, violon et cordes, op.21 GUILLAUME LEKEU Adagio pour quatuor à cordes et orchestre MAURICE RAVEL Quatuor à cordes (arr.Y.Turovsky) Billetteries I MUSICI 982-6038 ADMISSION 790-1245 www.imusici.com COMMANDITAIRE PRINCIPAL NÜRTEL NETWORKS BANQLF LAI.BINTIENNL BHir&airttr iifS 51e SAISON Série «Émeraude» Une présentant du Maurier Arts Lundi, 8 novembre 1999, 20h EMMANUEL PAHUD flûte ERIC LE SAGE piano Programme Sonates de C.Reinecke C.-M.von Weber F.Poulenc et P.Sancan Chant de Linas, de A.Jolivet Lundi, 22 novembre 1999, 20h GRIGORI SOKOLOV piano Programme Les œuvres FbWV 101, 301, 201, 411, 508, 610, de J.J.Froberger 3 Intermezzi, op.117 de J.Brahms, Sonate no3, op.58 de F.Chopin Billets : 25$, 20$, 12$ (étudiants) en vente à la Place des arts : 842-2111 4 Della Montréal A-*” radia Radio C»n*dJ PAVILLON DES ARTS _ DESTE-ADÈLE présente en collaboration avec Marsh Une société MMC Pierre Jasmin Alexandre Marie Fabi Colette Boky Concert 10e anniversaire Da Costa Jean Philippe Syhestre Samedi 13 novembre à 20 h FORFAIT CHAMPÊTRE 3 jours / 2 nuits 1-800-665-5272 — Tirage le 25 septembre les règlements du concours sont disponibles ou Journal de Montréal ^BilleU^^(incluai^^ir^^^pomag^aprè^^concert) - sa.vt£ RESERVATION: (450) 229-2586 V k journal* montreal 1364, chemin Pierre-Péladeau (sortie 69 de l’autoroute des Laurentides) @ Desjardins incerts "rre-Péladeau m Autour de y la clarinette: carte blanche à André Moisan On dit que la perfection n'eit pa& de ce monde: c'e&t une erreur complète en l'occurence- - Jean Francaix Avec la participation de 10 musiciens dont: Aune Kutan, soprano Jonathan Crow, violon Neal Gripp, alto Jean Saulnier, piano 'if*1 Radio-Canada Centre Pierre-Péladeau Abonnemeiits et billets individuels: 987-691 9 Admission: 790-1 245 li: Devoir !Petits lolons Direction £es dimanches en musique Novembre à H) heures Concerto en sol Fl no 64 A.Vivaldi soliste: Marie-Claire Cousineau Sonate en trio J.S.Bach réal.N.Cousineau hhmm Concerto pour deux violons et cordes J.S.Bach solistes: Yukari et Marie-Claire Cousineau Concerto brandebourgeois no 3 J.S.Bach Entrée libre École Vincent d'Indy 628 chemin Côte Sainte-Catherine (514)274-1736 j Godvetnemerv au üueœc Minister® de la Culture et des Communications Hydro Vol*.Québec pour fêter ses HO düS, vous offre un RETOUR AUX SOUCHES if ri redécouvrez ses classiques !
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