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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-11-06, Collections de BAnQ.

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I, E I> K v » I H • I H S S A M K |) l (i y p i M A \ (¦ n |.7 \ p y y \| g g y | p ;) ç| -DEVOIR ?1 Lettres québécoises Page D 3 Essais québécois Page D 5 Le Feuilleton Page D 6 ?Essais étrangers Page D 7 Poésie Page D 9 Formes Page D 12 Histoire de l’art Œuvre de raison Les livres aident à saisir le sens de l’histoire qui peut échapper au lecteur.Les livres racontent des histoires, proposent des exégèses.D’autres s’apparentent à des registres.Ils gardent en eux ce que le temps veut bien léguer, ce que les chercheurs recouvrent de renseignements.Lorsque vient le temps de parler de l’art, les catalogues raisonnés résonnent.Sur l’œuvre de son père, le peintre Jean-Paul Riopelle, celui que vient de lancer Yseult Riopelle est colossal.Il règle l’histoire.Et fait se poser moult questions.BERNARD LAMARCHE LJ affaire n’est pas mince.Il est question d’un événement dans l’horizon de l’histoire de l’art québé-' cois, où existent très peu d’ouvrages de la sorte.On compte sur les doigts de la main les ouvrages qui s’évertuent à dresser l’inventaire complet des œuvres produites par un artiste.On connait le catalogue signé par Pierre L’Allier des œuvres d’Henri Beau (1863-1949), publié par le Musée du Québec en 1987, celui des travaux de Joseph Légaré (1795-1855), rédigé par John R.Porter (1978), l’actuel directeur de l’institution muséale des plaines d’Abraham, puis, enfin, pour le XXr siècle, le catalogue raisonné de l’œuvre gravé de Frédéric B.Taylor (1906-1987), publié en 1992, par Sophie Gironnay.Il aura fallu que le premier artiste québécois majeur du XXr siècle à voir son œuvre fixé sur papier soit le plus brouillon.Riopelle, qui a eu une vie mouvementée et une carrière prolifique, qui n’a jamais été très rigoureux pour ce qui est de l’identification de ses œuvres, n’a jamais tenu de registres.Le processus de catalogage est d’autant plus compliqué que l’absence de données systématiques est avérée.«Le problème de fond, dit Yseult Riopelle, c’est qu’il n’y a pas de registres.J’ai remonté toutes les filières possibles, contacté toutes les galeries.Certaines archives privées ne m’ont pas été accessibles.J’ai toujours espoir de les recontacter.S’il y a des informations pertinentes, notamment sur la provenance des œuvres, ce sera ajouté dans les tomes successifs.C’est un “work in progress”.Je pense dès l’année prochaine ajouter des informations sur cédérom.Grâce au premier tome, j’ai pu retracer certaines dimensions exactes des œuvres et quelques informations supplémentaires.» Un outil de recherche Yseult Riopelle n’est pas historienne de l’art.Cependant, elle est une observatrice privilégiée des œuvres de son père.Elle les a fréquentées depuis sa «tendre jeunesse» et, souligne-t-elle, «ne travaille pas sur d'autres productions» que celle de son père.«Rien ne peut remplacer le fait de voir les œuvres progresser d’année en année.Il n’y a que les œuvres du tout début, que je n’ai pas vu faire.» Avec justesse, elle rappelle que plusieurs catalogues raisonnés ont été produits par les proches des artistes concernés.On pense notamment au catalogne raisonné des œuvres d'Henri Matisse, sur lequel deux générations de Matisse ont travaillé et que gère le petit-fils de Matisse, Claude Duthuit (publications en 1983, 1988, 1994 et 1997).Au Canada, le seul autre catalogue raisonné, celui des toiles de David Milne, publié en 1998, a été préparé par David Milne Jr.et David Silcox, en plus de quelques assistants.Or Yseult Riopelle, pendant les 15 années du travail préparatoire qui a précédé cette première publication d’une série de neuf, a travaillé seule.Paul Cézanne, L’Éternel Féminin, vers 1877, collection particulière, New York .' f.Mj T "V tel mm.m*.* xi vVjg Sur sa table de travail, dans le désordre de son bureau, est posée une pomme toute neu- ve qui ne demande qu’à être croquée, avec JACQUES NADEAU LE DEVOIR messie un couteau tout aussi prêt à la mettre en pièces.Éternelle tentation de David Homel, David Homel ce fruit qui perdra sa beauté dès qu’on l’aura consommé; elle fait penser à Sabbitha, la belle héroïne du plus récent roman de l’écrivain, L’Évangile selon Sabbitlia, tout juste paru chez Leméac.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Plus que jamais, dans ce roman, David Homel a décidé de s’amuser.Puisqu’on ne vit qu’une fois, puisqu’il n’y a pas de vie après la mort, aussi bien en profiter un peu.Alors, pourquoi ne pas inventer une histoire invraisemblable, un monde surnaturel où, de surcroît, toutes les transgressions sont permises, ce qui fait cruellement défaut dans la vie de tous les jours?Mais dans le royaume béni des miracles, et même lorsque tout est permis, le péché et l’ennui ne sont jamais loin.D’où le dilemme auquel doit faire face le colporteur juif de ce roman.Nathan Gazarra trouve un jour sur sa route la trop belle Sabbitha Hunter, qui s’est enfuie de son village natal.Du jour au lendemain, il décide d’en faire un nou- veau messie qui prêchera une totale liberté des mœurs.D’où cette histoire rafraîchissante et drôle que nous offre l’auteur.L’idée du roman, paru en anglais sous le titre Get On Top, est venue à l’écrivain juif québécois d’origine américaine il y a au njoins trente ans, précisément dans ces Etats-Unis qu’il décrit et où il a jp'andi.Adolescent, il vivait à Chicago, où il a pu observer les prémisses de la révolution sexuelle qui allait déferler sur la société occidentale.A 14 ans, il s’est retrouvé dans un love-in, dans un parc, se souvient-il.Et il y avait un garçon qui a demandé à une fenune si elle voulait coucher avec lui.Elle l’a suivi sans le connaître davantage.Le jeune Homel n’en revenait tout simplement pas qu’on puisse pratiquer une telle liberté de mœurs pour la seule raison qu’on adhérait à un mouvement politique ou spirituel.VOIR PAGE DU: RIOPELLE VOIR PAGE 1) 2: HOMEL > ) L K I) E V OIK.LES S A M E I) 1 (> E T l> I M A N CHE 7 I !» !» !» X O V E M B K E Livres HOMEL L écrivain admet même avoir glissé un brin de morale dans son roman, à rencontre des modes SUITE DE LA PAGE I) 1 «J’étais très romantique, et je le suis encore.Alors, pour moi, pour faire l’amour physique, il fallait qu’il y ait de l’amour», confie-t-il, ayant dès lors décidé d’écrire sur «les gens qui se font mal, qui se font violence, pour un mouvement politique et spirituel».L’imagination pour maîtresse L'Évangile selon Sabbitlia est pour sa part une fable rocambolesque et fantastique.L’histoire se déroule dans une région reculée, imaginaire, que l’écrivain appelle la Côte du Salut mais qui pourrait tout aussi bien être le Nouveau-Brunswick ou la Caroline du Nord, le Maine ou la Gaspésie.11 fallait une population rurale et crédule, vulnérable aux discours enflammés, sujette au fanatisme.Le colporteur Gazarra leur présente son messie comme une bête de cirque, et son discours prêchant la transgression ne tarde pas à faire des adeptes.«Supposons que je leur dise de me croire purement et simplement, sans avoir à fournir de preuves.Les gens croient en Jésus sans avoir eu de preuves, pourquoi n 'auraient-ils pas la même générosité envers moi?», débat intérieurement Gazarra dans le roman.En effet, le défi était de faire en sorte que non seulement les personnages aient envie de croire en Sabbitlia mais aussi les lecteurs.«La question est: est-ce que vous croyez en elle?», dit Homel.Il a donc choisi comme lieu de l’intrigue «un coin ordinaire où vivent des gens ordinaires».Il s’agit donc là d’une population rurale, formée de descendants de protestants et de puritains.L’Amérique, telle qu’Homel l’a connue dans sa jeunesse, celle-là même qui condamne les ébats du président Clinton avec Monica Lewinsky mais qui n’a de cesse de se rincer l’œil au passage.L’auteur dit s’être inspiré des récits d’anciens colporteurs juifs, venus d’Europe de l’Est, à qui, d’emblée, l’on accordait un certain crédit parce qu’ils parlaient hébreu, la langue du Seigneur, et à qui on demandait à l’occasion d’interpréter la Bible.Au milieu de cette Amérique protestante et étouffante, le héros est un juif torturé par son attente sans fin du Messie.Le roman, recensé par la revue Canadian Jewish Slews, a d’ailleurs créé une petite controverse dans la société juive.«Ils disent que j’ai déterré des secrets de famille», dit Homel, précisant que la communauté juive est divisée entre ceux qui attendent le Messie et ceux qui ne l’attendent pas.«Même à Outremont, parmi la communauté juive hassidique, il y a des gens qui se promènent avec des autocollants sur leur automobile, qui disent: “Nous exigeons le Messie”», ajou-te-t-il avec humour.Alors, il s’amuse, dans le roman, à leur donner la réplique: «Vous exigez le Messie, mais s’il vient, peut-être que cela ne sera pas ce que vous pensez, peut-être que ce sera une femme, peut-être même une femme de mauvaise vie.» «Où prends-tu tant de confiance, pauvre merdeux!, lance un autre mar- La grande Jean-Pierre Rogel Un livre pour réfléchir à l’aube de ce siècle qu’on annonce comme étant « le siècle de la génétique ».m >]gg Km LANCTOT PAUL (GILBERT BUOTE) Bouton d’or Acadie Placide, l’homme mystérieux à New York Roman jeunesse 12,95$ Mon v e m e ,,,, d'Amérioue « Placide, comme d'habitude, sourit.Il était toujours sur le Qui-vive: au moment du danger, il était calme; mais lorsQu'il croyait Que sa vie était en danger, il était vigilant, il était vraiment un homme Qu'un ennemi aurait eu de la difficulté à prendre.» Regroupement des éditeurs canadiens-français chand juif à Gazarra.Si le messie devait venir, qu’est-ce qui te fait penser qu'il ne réduirait pas en poussière ton nom, ton vieux tacot et ta petite pute?» Il est vrai qu’on ne voudrait guère de cette communauté où le paradis tourne à l’enfer, où l’on s’adonne au sexe tout autant qu’au meurtre et au fanatisme, et où les adeptes de la secte des Chanteurs de louanges, aveuglés par le culte qu’ils vouent à Sabbitlia, détruisent tout sur leur passage.Or, pour Homel, Sabbitlia, son héroïne, qui a fui la maison paternelle où elle a connu un amour incestueux avec son oncle, n’est pas une femme de mauvaise vie, «c’est une femme à qui l’on offre le statut de messie.Elle pense que c’est du théâtre, et elle a raison», dit-il.Sabbitha veut essentiellement se venger du mal qu’on lui a fait.Apprivoisée, donnée en spectacle, constamment vantée pour ses charmes physiques, elle remplit tout à fait la case de la femme-objet, à la fois péché et pécheresse, «objet du désir des hommes», concède l’auteur.L’écrivain dit avoir rapidement pris conscience de ce fait, s’empressant de donner à Sabbitha une volonté qui lui est propre, un libre arbitre, qui la pousse du reste à s’enfuir de la communauté spirituelle dont elle est le centre et l’inspiration.«A un moment donné, elle dit: “Je suis le premier messie à avoir quitté mon poste”», constate Homel, fier d’avoir évité l’écueil de la femme-objet, qui lui aurait valu de subir la colère des féministes.Il dit aussi avoir créé une femme capable de se pardonner ses propres fautes sans être tourmentée par le remords.Troublée par l’intérêt qu’elle suscite, dépassée par l’ampleur de son charisme, rongée par le trac, Sabbitha finit par s’enfuir de nouveau dans les bois avant de retrouver Grady Rainbow, l’homme qui l’aime en se- cret, depuis le début, d’un amour authentique et désintéressé celui-là.Rainbow n’étant ni croyant ni incroyant, dit l’écrivain en esquissant un sourire.«Mais le messie vit, dit en guise de finale Sabbitha à cet amoureux transi, peut-être le maître-d’œuvre du roman.«Le besoin du messie existera toujours.Si vous n’avez pas le désir d'elle — ou de lui, je suis prête à envisager la possibilité —, qui va s’occuper du monde?Qui va lui insuffler désir et chaleur?Ou poésie, si vous préférez?» Ainsi désire croire David Homel, qui affirme lui-même être plus croyant que ne l’ont été ses parents, qui avaient pour leur part pris leurs distances avec la religion.Homel compte d’ailleurs, parmi ses propres ancêtres, quelques juifs qui avaient choisi d'être colporteurs pendant un temps.Célébrant les fêtes juives sans vraiment fréquenter la synagogue, l’écrivain dit qu’on a peut-être raté quelque chose en évacuant totalement la religion de notre existence.Il admet même avoir glissé un brin de morale dans son roman, même s’il reconnaît qu’il va là à l’encontre des modes.Pour le moment, David Homel en est à la rédaction d’un nouveau roman dont l’action se déroule en ex-Yougo-slavie, à Belgrade, où lui-même se trouvait quand les forces de l’OTAN ont bombardé la Serbie.11 écrit à la machine à écrire avant de transcrire le tout à l’ordinateur.Sur son divan s’étale une carte détaillée de Belgrade où circuleront librement ses personnages.En attendant le messie.L’ÉVANGILE SELON SABBITHA David Homel Leméac Editeur Montréal, 1999,333 pages ¦«ii( & JACQUES NADEAU LE DEVOIR La table de travail de David Homel GROUPE Renaud-Bray — «jgggfr - Carneau - ^ PALMARES du 28 oct.au 3 nov.1999 1 ROMAN Q.Gros mots 2 Ftéjeen Ducharme Gallimard 2 ROMAN Stupeur et tremblements » 10 Amélie Nothomb A.Michel 3 SPIRITU.L’art du bonheur * 33 Dalaï-Lama R.Laffont 4 POLAR ‘ 1 M.Connelly Seuil 5 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous e 10» I.Nazare-Aga Homme 6 LOISIR Guide de l'automobile 2000 5 Duval/ Duquette Homme 7 ROMAN Autobiographie d'un amour 5 Alexandre Jardin Gallimard 8 ROMAN Q.1 M.-O.Moulier Effet Pourpre 9 CUISINE 1 F.Chartier Libre Exprès.10 ROMAN Q.Les émois d'un marchand de café 4 Y.Beauchemin Q.- Amérique 11 ROMAN Q.1 Francine Noël Leméac 12 B.D.Largo Winch - Et mourir 7 Francqï V.Hamme Dupuis 13 B.D.1 Charller/Giraud Dargaud 14 JEUNESSE Harry Potter à l'école des sorciers * 49 J.-K.Rowling Gallimard 15 MÉDECINE Un vétérinaire en colère * 3 Charles Danten VLB 16 ROMAN Q.La petite fille qui aimait trop les allumettes * 53 Gaëtan Soucy Boréal 17 ESSAI L'Etat du monde 2000 3 Collectif Boréal 18 POLAR 1 Kathy Reichs R.Laffont 19 PHOTOGRA 1 Ourocher Stanké 20 ROMAN Un parfum de cèdre » 5 A-M.Macdonald Flammarion Q.21 JEUNESSE Une bien curieuse factrice 5 D.Demers Q.- Amérique 22 NUTRITION Recettes et menus santé 55 M.Montignac Trustar 23 POLAR Single & Single 3 John Le Carré Seuil 24 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des secrets * 25 J.-K.Rowling Gallimard 25 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 * 137 N.Walsch Ariane 26 ROMAN 0.1 André Croteau Henri Rivard 27 PSYCHO.Le harcèlement moral 53 M.-F.Hirigoyen Fidion 28 ROMAN 3 Jean Echenoz Minuit 29 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.2 * 111 N.Walsch Ariane 30 SPIRITU.Le grand livre du Feng Shui 3 Gill Hale Manise 31 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 259 Daniel Pinard Boréal 32 POLAR Q.Inspecteur Specteur de planète Nète 3 G.Taschereau Intouchables 33 ROMAN Soie * 145 A.Baricco A.Michel 34 ROMAN Geisha 38 A.Golden Lattes 35 PRATIQUE 3 Collectif Gufrnessmeda 36 ROMAN Q.3 Sergio Kokis XYZ Éditeur 37 ROMAN Les particules élémentaires 58 M.Houellebecq Flammarion 38 NUTRITION Je mange, je maigris et je reste mince! 29 M.Montignac Flammarion 39 ROMAN L'enfant de Bruges * 23 G.Sinoué Gallimard 40 ROMAN Les heures * (Prix Pulitzer 1999) 7 M.Cunningham Belfond 41 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus * 296 John Gray Logiques 42 ROMAN J'étais là avant 27 K.Pancol A.Michel 43 CUISINE 3 Ryuichl Yoshii Sollne 44 PSYCHO.Le courage d'être soi 24 J.Salomé Ed.du Relié 45 PHILO.Les grands penseurs du monde occidental * 31 J.M.Piotte iFides VIENT DE PARAITRE PIERRE MORENCY LUC-ANTOINE COUTURIER JEAN PROVENCHER Le regard infini PARCS, PLACES ET JARDINS PUBLICS DE QUÉBEC PIERRE MORENCY, LUC-ANTOINE COUTURIER ET JEAN PROVENCHER, 24 x 24 cm, reliure rigide, 140 pages, en quadrichromie, 29,95$, ISBN 2-921146 84-3.EDITIONS MULTI MONDES COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE DEPUIS LEUR PARUTION Venez rencontrer Michelle Parent auteur du livre PALESTINE, ma déchirure en présence de Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec S le mercredi 10 novembre à 17 h 30 Tel : (514) 844-2587 L'Union des écrivaines et écrivains québécois, en collaboration avec la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal et le Musée de l'Amérique française, présente Marie-Claire B laid, G died Pel 1er in dans la série Les poètes de l'Amérique française accompagnés des musiciens Marlt '’ne Couture, ooprano Raymond Lepage, piano Jean-FrançoL* Plante, bautboio Gay Cloutier, animateur le mardi 9 novembre 1999, à 20 h à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal 465, avenue Mont-Royal Est Laissez-passer obligatoire : (514) 872-2266 Entrée libre C h a m p i g n y 4380, rue St-Denis www.renaud-bray.com UNEQ I Ville de Montréal LK DEVOIR MUSIL DE L’AMI RIQUE FRANÇAISE 1 1 L E 1) E V 0 1 R .L E S S A M E 1) I i; K i p | m a X (’ Il E 7 X 0 V E M B R E 1 !» !» !» I) 3 ROMANS QUÉBÉCOIS THRILLER Un récit peut en cacher un autre CHRONIQUE D’UNE SORCIÈRE DE VENT Automne Maillet Leméac Montréal, 1999,282 pages Depuis plus de 40 ans, avec une ferveur qui ne s’est jamais démentie, une belle «acharnation» — c’est par ce terme admirable qu’un des pécheurs de nie aux Coudres filmés par le cinéaste Pierre Perrault définissait le sentiment amoureux —, Automne Maillet chante son Acadie natale.Celle, intime, de ce «pays» autour de la petite ville de Bouctouche qui l’a vue naître et grandir, de même que la grande Acadie historique: Pélagie-la-Charette, par exemple, était un épilogue grandiose, presque homérique, de la grande déportation de 1755.Ce qu’Antonine Maillet cherche à faire revivre, c’est l’empremier — l'archaïsme, que les Acadiens ont conservé, revient à quelques reprises dans Chronique d’une sorcière de vent —, c’est-à-dire le passé récent ou lointain dans ce qu’il peut avoir d’inaugural.Les récits et les pièces de théâtre de Maillet sont en effet autant de genèses fantasmatiques, d’épopées des origines où les destins des protagonistes, en dépit de leur modeste condition, renouent avec les grands mythes de la culture universelle.Le passé est ainsi transmué en une époque merveilleuse, comme cela aurait dû être si la dure réalité historique n’en avait décidé autrement.S’agirait-il de redorer rétroactivement une identité humiliée?Au cœur de cette quête, il y a la langue elle-même, qui en est également l'instrument.Populaire, à la fois truculente et pure, nullement anglaisée comme l’est le chiac, c’est un français parfois archaïque, proche de ses racines, bref une langue qui se souvient de ses origines comme son auteur des siennes.La langue qu’écrit — qu’invente?— Antonine Maillet est essentiellement orale et sa transcription tenterait d’en préserver tout le suc.Car c’est la tradition orale «qui se charge depuis le début des temps, et bien avant l’écriture, de combler les trous de la mémoire universelle», comme le dit la chroniqueuse du livre de Maillet.Celle par qui le scandale est venu La parole est donc omniprésente dans cette Chronique d'une sorcière de vent.Plus réflexive ou seconde que dans certaines œuvres précédentes, elle tente de retracer une lûstoire toute simple dont le personnage central, comme c’est presque toujours le cas chez Maillet, est une femme, Caroline Thibodeau, qu’on appelle familièrement Carlagne.Aussi délurée que Pélagie ou Mariaagélas mais sans leur panache, belle et fière, Carlagne, née autour de 1880, a eu une vie scandaleuse et aurait fait beaucoup jaser dans le comté de Kent au premier quart de ce siècle.Elle avait, dit-on, une beauté androgyne.Sans jouer les garçonnes, elle se plaisait à porter parfois des vêtements d’hommes.Elle faisait tourner les têtes des hommes, et on laisse entendre qu’elle plaisait également aux femmes.Mais son androgynie ne tenait qu’à son allure, non à ses mœurs.Carlagne, qui sera tour à tour femme dominée, vagabonde, fille-mère puis tenancière d’hôtel, aura été une «sorcière de vent», c’est-à-dire une sorte de tornade qui a secoué le petit triangle formé des villes de Bouctouche, Saint-Norbert et Rogersville.Or cette femme libre et séduisante, qui inspira réprobation et pitié, son amant Yophie, qui fut un peu démon, Marijoli, presque aussi belle qu’elle mais plus sage, ont beau avoir vécu il y a quelques décennies à peine, il semble que leur histoire se soit perdue dans la nuit des temps.La narratrice qui va rechercher leurs traces est une romancière, enfant de Bouctouche, c’est-à-dire Antonine Maillet elle-même, accompagnée de sa fidèle Radi, ce personnage qui incarne la jeunesse et la mémoire de la romancière, sa complice et sa confidente qui apparaissait déjà dans un des premiers récits de Maillet, On a mangé la dune, qui devenait son interlocutrice principale dans Le Chemin Saint-Jacques, paru il y a trois ans.La narratrice-romancière n’ayant que sa curiosité pour la guider, elle fait appel à de vieilles religieuses pour se faire raconter l’histoire de Carlagne et de son entourage, et elle fait appel notamment à mère Domrémy, sans doute la sœur Marie-Dorothée de la dédicace et dont le nom de plume renvoie nar*—: U- V •" Robert Chartrand ?Ce qu’Antonine Maillet cherche à faire revivre, c’est l’empremier, c’est-à-dire le passé récent ou lointain dans ce qu’il peut avoir d’inaugural C’est clair et net! www.gallimardmontreal.com le VOUS ' ".cn PAULINE JULIEN.LA VIE A MORT de Louise Desjardins «Un ouvrage profondément humain sur Pauline Julien.Avec respect et une bonne dose d emotion, Desjardins nous amène à fredonner “J aime" avec une tristesse amère au creux de la gorge.» Antoine Tanguay, ht vie en prose.CKRl.«[.] le personnage de chanteuse-interprète, de compagne et du poète et homme politique Gerald Godin, cachait une autre femme : une femme qui doutait, qui luttait pour sa survie.[.] A travers ce destin exceptionnel, Desjardins brosse un tableau du Québec moderne.« Le libr/iire «Pour tous ceux qui s’intéressent à la chanson québécoise, à l’histoire récente du Québec et à Pauline Julien.c’est un MUST! Un livre passionnant!» Sylvain I loudc, Jiimnis unis mon Hune, SR(' LEMÉAC CHRONIQUE DT NE SORCIÈRE DE VENT au hameau où naquit Jeanne d’Arc.C’est elle qui effectue le gros du travail d’exhumation, qui raconte ce qu’elle sait de Carlagne, ce qu’elle en a entendu dire.La chroniqueuse du livre, c’est elle, alors que la narratrice écrit sous sa dictée au cours de séances de durée variable.Cependant, mère Domrémy n’en continue pas moins de vaquer à ses devoirs de religieuse et la narratrice aux siens, si bien que l'histoire de Carlagne, de Yophie, de Marijoli et des autres est interrompue puis reprise plusieurs fois au cours du livre.D’où ce curieux résultat: ce sont la chroniqueuse et la narratrice que nous accompagnons presque quotidiennement pendant les quelques mois où elles se fréquentent, alors que lliistoire de Carlagne, qui s’annonçait pourtant comme le cœur du récit, nous est rapportée en pointillé.On voit bien que par cet artifice, Antonine Maillet laisse entendre que les détours et les pauses font partie intégrante de l’art des conteurs.Comme le dit la narratrice de mère Domrémy, «la conteuse s’astreint à de tels plongeons pour ragorner au fond des eaux les quelques perles cachées entre les cailloux et les débris qu’elle a besoin de temps en temps de refaire surface».Et comme une histoire doit prendre le temps qu’il lui faut et qu’il ne faut pas en brûler les étapes, la chronique de Carlagne avance par à-coups.L’action principale — ou qui se donne pour tel- le au départ — se trouve ainsi concurrencée par toute la machinerie qui y travaille et par les nombreuses réflexions sur l’art de conter, sur le partage illusoire entre vérité et affabulation, de même que les évocations d’œuvres littéraires, dont celles de Maillet elle-même.Dès lors, si Carlagne demeure un personnage énigmatique, c’est sans doute faute de témoignages de première main sur certains moments de sa vie — notamment à Montréal — mais davantage parce qu’au fil du livre, sa figure s’estompe — et, avec elle, celle de Marijoli et des autres — jusqu’à n’être plus qu’une silhouette.Celles qui l’ont prise en charge — la narratrice-romancière, Radi, mère Domrémy — occupent littéralement le récit au point d’en devenir les personnages principaux.L’art de la chronique tend à devenir son objet même.On retrouve dans cette Chronique d'une sorcière de vent les propos qu’on a déjà lus ailleurs dans l’œuvre d’Antoni-ne Maillet: sur la circularité (ou la courbure) du temps, grâce à laquelle faits et personnes, sur leurs orbites respectives, se croisent parfois de façon inattendue: sur la vérité de la mémoire et de l’imagination, plus vraie au fond que l’alignement des faits par les liistoriens.On y retrouve également ce sens du dialogue vif, enlevé, une des grandes qualités d’Antonine Maillet.Œuvre personnelle, intime à certains égards, récit d’un «mythe» régional qui prend parfois des allures de retrouvailles entre lointains cousins, ce livre d’Antonine Maillet, dans son intention trop appuyée d’exposer la fabrication de l’iiistoire en même temps que l’histoire même, souffre d’un défaut de perspective.Sa narratrice de même que sa chroniqueuse font ombrage aux personnages eux-mèmes.Mais Carlagne n’avait peut-être pas l’éclat qui lui aurait permis detre le point d’attraction du livre.Sincère, écrit avec ferveur, ce livre est émouvant dans son échec même.La narratrice-romancière y survit à ses personnages.Elle clôt son récit comme elle l’avait commencé, en compagnie de sa fidèle Radi.Qui sait si son livre, davantage que l’histoire de Carlagne et de son entourage, n’était pas plutôt la recherche du temps perdu d’une certaine romancière.rchartrand(â videotron, ca Les dimanches EN POÉSIE Dimanche 7 novembre LECTURES À 16 HEURES LE NOROÎT Claudine Bertrand OLIVIERI Olivieri Antonio D’Alfonso librairie-bistro 5219, Côte-des-Neiges Jean-Paul Daoust Montréal, H3T 1Y1 Renseignements : 514-739-3639 llintr IK>iil y Sylvie Dion bonheur « Les mots on ne les donne pas comme ça, à la volée, à la bienfaisance, à la charité, on les donne avec ce qu’ils supposent, leurs implications et leurs conséquences.« LANCTOT ÉDITEUR James Bond au Nunavut PÉRIL AU NUNAVUT Michael Goeldlin libre Expression Montréal.1999,232 pages JEAN CHARTIER I.E DEVOIR a naissance du Nunavut a inspiré .-/le Suisse Michel Goeldlin pour ce thriller qui raconte la venue d’un tueur de la CIA au nord du Canada afin d’empêcher les Inuits de prendre le contrôle du sous-sol d’un territoire riche en or et en réserves pétrolières.L’intervention de l’agent secret dans un village situé au nord de Yellowknife est obtenue par des voies détournées, par l’ancien directeur de la CIA à la demande du dirigeant d’une compagnie minière à New York.L’action du roman se déroule pendant trois semaines, au cours du mois de septembre: l’agent secret de la CLA dépêché au Salvador et rentré à Washington, est aussitôt réexpédié vers Yellowknife et vers le village imaginaire de Tuklavik, avant les cérémonies entourant la déclaration de souveraineté du Nunavut Au départ de ce roman, il y a le voyage que Michel Goeldlin a fait dans le Grand Nord, à bord d’un avion Hercules, pour accompagner sa femme en vue d’un reportage photographique.Puis, lors d’un voyage en Amérique centrale, il y a la rencontre avec un agent de la CLA au cours de laquelle il a recueilli ses confidences.La combinaison des deux éléments devait produire cette histoire à la James Bond, qui mêle le froid et le chaud, d’honnêtes fonctionnaires du ministère des Richesses naturelles à Ottawa et des pourris qui orchestrent la fuite d’informations confidentielles au profit du patron d’une compagnie multinationale de New York.Le lecteur suit les démêlés de l’équipe de frappe de la CIA à Washington et l’intervention in extremis du président des Etats-Unis, sur l’initiative d’un incorruptible.Le tueur du roman, Kevin Smith, est un Montréalais qui habite place Jacques-Cartier, excusez du peu! En réalité, c’est l’adresse de sa femme.Au début du roman, le lecteur fait sa connaissance alors qu’il exécute un contrat dans la jungle pour le compte du Front de libération nationale au Salvador.D s’agit d’assassiner un général trop gourmand aux yeux des Anéri-cains, en obtenant l’appui d’éléments dissidents de l’armée, cantonnée à deux pas de la forteresse imprenable d’El Paraiso.Son méfait accompli, Smith s’enluit dans la jungle hondurienne.11 se rend ensuite à Washington, au siège social des tueurs de la CLA qui a pour façade une armurerie, la Securibank Engineering.Il est enfin réaffecté sur les Territoires du Nord-Ouest jxmr sa nouvelle mission meurtrière.Cette fois, la victime sera le prêtre belge de la mission inujte.A New York, de la tour A du World Trade Center, Jonathan Swayne 111 préside aux destinées de l’United Mining Consortium.Un jour, il reçoit un coup de fil de son agent à Ottawa, au ministère des Richesses naturelles, Clark Conlay, dit le Grand Sachem, appelé aussi «le James Bond de village».Aussitôt, il actionne le brouilleur de sa ligne téléphonique spéciale.De toute évidence, le romancier concocte ici un film.De son côté, l’ancien directeur de la CIA Trevor Dunby, se morfond dans sa villa blindée’ de Dunaway Drive dans le Maryland, une villa «truffée de systèmes d’alarme et de communication sophistiqués».Son successeur à la tête de la CIA se rend en quelques minutes au cœur dq l’empire officiel de l’espionnage.A Washington, les événements se précipitent.Mais un imprévu est déjà survenu en pays inuit, et le petit avion nolisé par le tueur s’effondre au bord du grand lac de l’Ours.Il y aura des survivants.En désespoir de cause, ces derniers en seront réduits à manger la chair crue d’une femme inuite décédée au cours de l’accident L’agent secret a appris le truc de survie au moment de son entrainement dans la vallée de la Mort.Le capitaine des Mounties ouvre l’enquête, mais c’est l’agent du SCRS, ayant lui aussi subi son entraînement dans la vallée de la Mort, qui démasque l’agent de la CIA ce qui doime à des ramifications internationales de l’intrigue.Le président des Etats-Unis devra trancher.On le voit, Michael Goeldlin n’y va pas avec le dos de la cuillère.Il met le paquet et, après un départ déroutant, on se passionne pour le sort du Grand Nord, à un moment où, l’actualité le rappelle, l’administration du territoire est confié aux Inuits.lËI» Pierre^âlardeau persisB^ifaeS- fcnirrtiem entretiens 24,95 S iGONE Découvrez les préoccupations artistiques du cinéaste provocateur.Un regard sur ses films, ses projets non réalisés, ses influences incontournables.#T HEXAGONE I B CROUPE \ MI-MARIÉ UTIFRMIRE www.edhexagone.com W/jjfo/è (/e.!a L E I) E V II I It .L E S S A M E l> I ti E T D I M A \ CHE 7 N 0 V E M B R E I !» !» !> 1) 1 LITTÉRATURE FRANÇAISE Un héros de la langue À LA RECHERCHE DU FRANÇAIS PERDU Jean Dutourd Plon Paris, 1999,234 pages GILLES ARCHAMBAULT Ly un des aspects les plus pathé-r tiques du déclin du français dans le monde, outre ce déclin même, vient de ce que ceux qui se chargent de le défendre sont de vieilles outres.Ainsi Maurice Druon, ainsi Jean Dutourd.Empressons-nous de dire que notre Dutourd a quand même plus dTuunour que le sinistre prédécesseur d'Hélène Carrière d’Encausse à l’Académie française, qui avait tout intérêt à devenir immortel avant de mourir.L’arme favorite de Dutourd est l’ironie.Devant la dégradation progressive du français dans l'Hexagone même, il a beau jeu.Il en veut au jargon universitaire, à la sottise galopante qui permet l'entrée dans les moeurs et les dictionnaires de nombreux mots d’origine américaine qui finiront par rendre désuètes nombre d’expressions purement françaises.Dans son introduction, intitulée «État de siège», Dutourd écrit: «Le sophisme courant des gens qui ont adopté le baragouin contemporain et s'en font les prosélytes est qu’une langue ne peut que “s’enrichir”, comme ils disent des apports extérieurs.Certes, mais à condition que ces apports soient peu nombreux, afin que la langue les digère à loisir, non pas si on les déverse par tombereaux.» D dit aussi que les lexicographes ne sont plus que des «journalistes du langage» qui jouent «à qui attrapera le premier la moindre scie américaine ou argotique fraîchement éclose dans la publicité.sous couleur qu ’il est essentiel de suivre pas à pas “l’évolution de la langue”».Comment lui donner tort complètement?On rit souvent à la lecture de ses billets, d’abord parus dans Le Figaro.Peut-être est-on convaincu de ne plus employer de ces expressions passe-partout du genre «à quelque part» ou «pas évident», ou d’éviter d’utiliser le mot «courrier» pour «lettres» ou de s’abstenir de jargonner connue un habitué des colloques qui «déconstruit» plutôt qu’il «analyse» et qui voit dans le programme d’un parti politique «une plate-forme».On rit parce que souvent on rit de soi.Combien de ces formules ne sont-elles pas entrées insidieusement dans notre façon d’écrire ou de parler?La plupart du temps parce que nous croyions bien nous exprimer?Nous ririons sans doute bien davantage si notre auteur n’était pas foncièrement un réactionnaire.Il ne s’en cache pas, nous invitant même à parler «comme autrefois».Ses admonestations auraient aussi plus de poids s’il n’était pas jusqu’au bout des ongles un homme de droite, choisissant immanquablement ses exemples de ridicules chez des gens de gauche.Comme si le Figaro, qui a accueilli semaine après semaine ses chroniques sur le langage, n’était pas une illustration parmi d’autres du snobisme pro-amérieain qui sévit en France?Une lecture agréable et irritante à la fois, pas du tout recommandée aux zélateurs de la féminisation tous azimuts, qui trouveront là matière à rouspéter.Ils n’auront pas tort, tellement l’argumentation est primaire, ce qui au reste ne les blanchit pas nécessairement.Il faut «mourir en brandissant le drapeau», prétend Jean Dutourd.Peut-être suffirait-il de vivre en étant moins sot?Cette semaine à CENT TITRES Le roman de Michel Tremblay, Hôtel Bristol, est peut-être son plus confidentiel.Dans une chambre d’hôtel à New York, un homme en détresse écrit à son ami psychanalyste.Échappe-t-on aux fantômes du passé?Danielle Laurin a posé la question à l’auteur.• Qui est Yasmina Khadra?Cet écrivain algérien doit garder l’anonymat pour rester en vie.Zoomba a lu À quoi rêvent les loups, un roman où coule le sang des habitants d’un pays halluciné.Jean-Paul Daoust nous présente l’essai En nouvelle barbarie et le recueil de poèmes Intime faiblesse des mortels de Paul Chamberland, un artiste dont l’oeuvre nous tient éveillés.Le magazine littéraire de Télé-Québec Animé par Danielle Laurin Mercredi 19h30 Rediffusion vendredi 13h30 Télé-Québec LE DEVOIR trois seuls de vie.À PATRICE DESBIENS Les Éditions Prise de parole Poésie 12,00$ .d'AmériQue Patrice Desbiens, « un des (.).C’est comme de l'eau lampées.On sort la bouteille poètes Que je lis toutes petites la visite est partie.L’eau de vie du silence.» Pierre Foglia, La Presse Regroupement des éditeurs w canadiens-français Livres -*- ROMANS DE L’AMÉRIQUE Papa a LES YEUX DANS LES ARBRES Barbara Kingsolver Traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste Rivages Paris, 1999,600 pages Au dernier Sommet de la Francophonie, on a pu le voir trôner, énorme et imperturbable: Roger Kabila, ex-maqui-sard et compagnon d’armes du Che, devenu Roi-Nègre à la place de Mobutu, dont le règne aura été si long qu’il a presque réussi à faire oublier le bref passage de Patrice Lumumba à la tète de ce qui se voulait encore, à l’aube des années soixante, une démocratie, en même temps que l’espoir de tous les peuples colonisés et décolonisés, en Afrique et ailleurs.Les Américains ne s’y sont pas trompés.Comme un peu plus tôt au Guatemala, un peu plus tard au Chili, ils ont trouvé l’homme de paille approprié, placé leurs pions par CIA et mercenaires belges interposés.Lumumba, l’homme d’une aube à laquelle on n’allait jamais donner le temps d’avoir lieu, premier ministre élu jeté dans une geôle de fortune par l’armée de son pays, battu et torturé à mort, bref martyr, fut bien puni pour avoir voulu détourner les immenses richesses du Congo (diamants, cobalt, etc.) au profit de ses propres citoyens.Cet épisode peu reluisant, don de récentes guerres tribales, supervisées par les intérêts étrangers et rebaptisées «génocides», ne semblent être que les lointains contre-coups dans une partie du monde apparemment maudite depuis son indépendance, sinon avant, sert de toile de fond au livre de Barbara Kingsolver, Les Yeux dans les arbres, qui réussit le tour de force d’être un grand roman «engagé» doublé d’une fabuleuse allégorie métaphysique.La fin d’une cellule La famille Price est constituée de Père (Nathan), de la femme de ce dernier, Orleanna, et de leurs quatre filles, dont l’ensemble constitue une étude de caractères riche et précise.Il y a Rachel, l’aînée frivole, Leah, l’obéissante, Adah, la rebelle sombre et bancale, et Ruth May, encore presque bébé.Nathan est un missionnaire baptiste envoyé colporter le verbe divin en pleine brousse, dans un village appelé Kilanga.D part pour un an, avec femme et enfants.C’est à la lente dissolution de cette petite unité évangélique, sous les forces conjuguées de l’histoire, de la nature et de l’invraisemblable vanité de la parole divine telle que portée par Nathan, que le lecteur va assister: une parole qui, aux confins de la jungle, transposée en paraboles absurdes, résonne, dans le choc des langues et des moeurs, d’un écho rauque et vide de perroquet devenu fou.Le personnage du Père est inoubliable.Quand il apparaît, encadré dans la porte, la lumière pâlit.Il va et vient, ombre immense émanant des Ecritures, inconsistant et monolithique, simple médium transparent, étrangement inhumain.«Il pouvait dire n’importe quoi, obser- Louis H a m e I i n ?Un livre traversé d’éclairs bibliques sous lesquels dort tout un monde de désir LIBER Guy Ménard petit traité de la vraie religion à l'usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le vingt et unième siècle Guy Ménard petit traité de la vraie religion l I'UU|« il* rewi el telle* qui •nuhaiteni t amp tendre un peu mieu* le *inj* el u«u*me uètle 234 pages, 23 dollars EN SIGNATURE L’EVANGILE SELON SABBITHA de David Homel Traduit de l’anglais par Daniel PoTujuiu « I.J une lecture que je conseille pour son originalité, sa dérision et cette éternelle question qui revient sans cesse : comment changer le monde?» Danielle Laurin.Madame iiu foyer Leméac Éditeur et la Librairie Hermès vous invitent à une rencontre avec le romancier DAVID HOMEL mbre 1999 novel 18h à 20h La comédienne Michèle Magny ira un extrait du roman.LIBRAIRIE HERMÈS ( Hitrcumm (Québec) LEMEAC raison Barbara Kingsolver Les yeux dans les arbres Rivages ve sa fille Leah, un truc tout simple à propos de voiture, ou d’une réparation de plomberie, ça sortait comme ça — avec des mots auxquels on pouvait prêter un sens sacré.» Il faut le voir après une pèche à la dynamite entreprise pour se gagner les bonnes grâces de ses futures ouailles, «allant et venant laborieusement sur la berge, avec son pantalon trempé jusqu’aux genoux, la Bible dans une main et une nouvelle brochette de poissons noircis au feu dans l’autre, [brandissant) ses cadeaux de façon menaçante».Le miracle de la multiplication des poissons organisé par le capitaine Achabü! L’ombre du Livre Achab, l’homme figé dans sa vérité.(«// n'a jamais quitté son navire», observe Leah, à la fin.) Un Achab plongé dans l’enfer de la brousse, environné de fourmis rouges et de mambas verts, de sécheresses, de famines et de pluies diluviennes, suivi de son petit équipage terrorisé, fasciné et réticent.11 court droit à la catastrophe et on le sait.Kingsolver aussi.La référence est pleinement assumée.Comme Moby Dick, Les Yeux dans les arbres est un livre traversé d’éclairs bibliques sous lesquels dort tout un monde de désir.Pour faire contrepoids à ce Logos inflexible fermé sur lui-même, pour l’empêcher d’entraîner le monde dans son naufrage, la parole des femmes se lève, multiple, ludique et ouverte.Mère est «celle qui remarque les choses mais ne dit rien».Adah, née avec une moitié de cerveau en moins, parait-il, peut lire tout texte à l’envers comme à l’endroit.C’est la championne du palindrome, capable de poser un regard déviant sur l’aventure de sa famille Price.Leah, d’abord soumise au délire paternel, finira, en épousant le maître d’école local, par embrasser la langue kikon-go avec toutes ses ambiguïtés (qui font que chaque mot, selon la manière dont on le prononce, peut prendre trois ou quatre sens différents, ame» nant le pasteur à présenter Jésus sous les traits d’une petite larve blanche, ou autre chose).Le discours de Ruth May est proche du babillage, plein d’enfantine lucidité.Quant à Rachel, la moins intellectuelle de la bande, elle commet des erreurs plutôt divertissantes («Amnésie» Internationale) et semble inoffensive, mais les choix idéologiques qui l’amènent à s’identifier au pouvoir blanc, à Johannesburg puis au Congo-Brazzaville, sont nettement moins sympathiques.Chacune de ces femmes finira par trouver, sinon une place en Afrique, du moins un rapport à elle.Y compris grâce à la mort.Le miracle de ce livre est que, une fois réfutée la domination du verbe mâle, qui meurt comme il a vécu, selon les écritures, l'Histoire, qui paraissait jusque-là se dérouler si loin de ces femmes, va entrer dans leur vie.Parallèle saisissant et lumineux que celui montrant ces vies et ces pays occupés au nom d’une vérité étrangère ne servant finalement que de prétexte aux divers abus et usurpations d'ordre économique.L'Afrique n’est que le miroir de l’Amérique de la Conquête dont nous sommes issus.Kingsolver en est consciente.Son roman vibre d’une intelligence qui décortique avec dextérité le mécanisme des religions.«Toutes les odes de l’homme n’en forment qu’une pour l’essentiel: ma vie, ce que j’ai dérobé à l’histoire et comment j’ai vécu.» Il y a de nombreuses richesses à extraire des strates qui composent le sous-sol de ce livre.Comme au Congo?AbLi Farhoud Le bonheur a la queue glissante Roman • l’HE XACiONF roman 17,95 $ Félicitations à la lauréate du prix France-Québec 1999 •iTHEXAGONE v\*w vv.edhexagone.com W/j.J/ds/ (/(' /a /i//cpa/{( i > i 1- E I) E V 0 I R , L E S S A M E I> I (• E T I) 1 M A X (' Il E 7 N 0 V E M B R E I fl !) 9 l) 5 -«- Livres ^- ESSAIS QUÉBÉCOIS Vérité, mythe et culture politique L’INVENTION D’UN MYTHE SlfrtMM P*H4N ¦A Tlb 4dlt«ur On a droit de poésie chez Varia ! Fracture, double Poèmes Ghislaine Pesant 12,95 S-70 pages ISBN 2-922245-25-X SOD£S: Ghislaine Priant Fracture, double L'une de celles qui ont interrogé « lucidement le réel patriarcal et Jait entendre une voix singulière qui rencontre le nous collectif des femmes » (N.Brossard et L.Girouard, Anthologie de la poésie des femmes au Québec,), Ghislaine Pesant poursuit, avec Fracture, double, une oeuvre poétique discrète et dense.Internet : www.varia.com | —Diffusion : Prologue .C.P 35040.CSP Fleury, Montréal (QC) H2C 3K4 •LES ÉDITIONS Tel.: {514) 389-8448 • Téléc.: (5M) 389-0128 VARIA courriel : info@varia.com LIVRES ANCIENS ET MODERNES • Achat • Vente • Expertise A BOUQUINERIE SAINT-DENIS 4075.rue St-Denis (angle Duluth) Achats à domicile (514) 288-5567___ BIOGRAPHES RECHERCHÉS Importante maison d’édition recherche des personnes capables d’écrire des biographies de grands personnages de notre histoire destinées aux jeunes (12-18 ans).Les personnes pressenties doivent maîtriser parfaitement la langue française, être capables de mener des recherches historiques et pouvoir écrire un récit biographique qui se lit comme un roman.Envoyer un court CV à : Les grandes figures (AVDV) 1781, rue Saint-Hubert Montréal (Québec) H2L 3Zl Louis C o r il e 11 i e r ?amendements.Sur les stricts .juridique et historique, on l’a vu, l'argument ne tient pas la route, ce qui he l’empêchera pas de dominer la çcène politique pendant de nombreuses années.! La version de la théorie du pacte i—- L’INVENTION D’UN MYTHE Le pacte entre deux peuples FONDATEURS Stçphane Paquin Editions VLB Montréal.1999,176 pages DANIEL JOHNSON Le Québec d’abord Jean Loiselle Editions VLB Montréal, 1999,272 pages Avons-nous, en tant qu’un des deux peuples fondateurs, notre mot à dire dans la définition du pays canadien?Pouvons-nous revendiquer, à tout le moins à titre de province contractante, un pouvoir de décision ou de blocage quant aux modifications constitutionnelles?En d'autres termes, le Canada de 1867 fut-il le fruit d’une forme quelconque de pacte, ce qui signifierait que la souveraineté du gouvernement central, en matière d’amendement constitutionnel, se limiterait aux pouvoirs que veulent bien lui concéder les parties préalablement distinctes qui ont permis sa mise en forme?Mythe que tout cela, fantasme et illusion, explique d’abord Stéphane Paquin: »Les différentes formes de la théorie du pacte [entre provinces ou entre deux peuples fondateurs] constituent des faussetés historiques.Ces théories du pacte ont été élaborées après la Confédération de 1867 et tentent de reconstruire les origines historiques du pays pour expliquer et justifier le contrôle provincial sur le processus d'amendement constitutionnel.» Où est la vérité?La reconstitution historique des événements et des tractations qui ont présidé au document de 1867 à laquelle se livre Paquin offre une conclusion probante: le BNA Act est une simple loi britannique un peu particulière en ce que sa modification exige l’assentiment du Dominion of Canada.Pas de pacte, donc, mais des manœuvres habilement menées par John A.Macdonald visant la mise sur pied d’un gouvernement unitaire et centralisateur apte à contrer les tiraillements régionaux qui paralysent le développement du Canada-Uni et les projets de sa bourgeoisie.L’esprit de 1867, écrit Paquin, se résume ainsi: «Comme le fait remarquer à son tour Ramsay Cook, on cherche à faire du Canada un pays très centralisé où Ottawa jouerait le rôle de Londres et les nouvelles provinces, celui des colonies.» Et on procédera en ce sens: pouvoir de désavœu, pouvoir déclaratoire, pouvoir résiduaire, nominations à des postes clés (lieutenants-gouverneurs, sénateurs, juges), toutes ces compétences se font attribuer au gouvernement central qui mène une offensive centralisatrice tous azimuts.C’est par la suite, devant ce qu’ils considèrent comme des attaques à leur autonomie, que les premiers ministres des provinces, Mowat et Mercier en tête, riposteront par la théorie du pacte interprovincial.Création de Ses parties contractantes, le fédéral devrait leur être soumis à l’heure des dix provinces égales; les Québécois, en réaction, définissent le Canada en pays binational, c'est-à-dire formé de deux peuples fondateurs; les Amérindiens s’opposant à l’un et à l’autre s’érigent en Premières Nations.» Comment trancher un tel nœud gordien?Sur quels critères établir les bases d’un dialogue renouvelé?Y a-t-il une solution, autre que radicale et traumatisante, à cet imbroglio?Ce n’est pas cet essai, dont les visées sont autres, qui nous le dira.Paquin se contente finalement de constater: «Tout comme la vision du fédéralisme des Québécois et des autochtones, celle des Canadiens anglophones est légitime.Cependant, le poids démographique et politique des Canadiens anglophones transforme leur vision particulière en vision dominante.Voilà où est le problème.» Que faire, alors?La politique est l'art de convaincre; que chacun s’y applique, dans le respect de la démocratie, à sa façon.Les plus efficaces, nourris d’histoire, seront les plus habiles manieurs et réinventeurs de mythe: pas les partisans du juridisme impérial.Lire ce livre leur évitera peut-être de dire n'importe quoi.Les années Johnson «Quand même on le répéterait à l’infini, on ne fera jamais croire à personne, du moins pas à mes compatriotes du Québec qui y sont depuis plus de trois cents ans, que le Canada a commencé en 1867! On ne fera croi- entre deux peuples fondateurs, pour sa part, est une création d’Henri Bourassa, développée dans le but de faire pièce à la francophobie galopante (affaire Riel, écoles françaises au Manitoba, en Ontario, crise de la conscription) en train d’envahir le Canada.Le mythe, dès lors et dans ses deux variantes principales, fait partie du paysage politique canadien.Réactivé au gré des multiples crises qui marquent notre histoire nationale (1929, la guerre, les poussées du nationalisme québécois), il sera transformé et remodelé selon les intérêts poursuivis par les acteurs politiques, mais son pouvoir de mobilisation ne se démentira pas.Un mythe instructif Ce qui rend la thèse de Paquin intéressante, malgré sa forme plutôt théorique, c’est qu’elle reprend tous les épisodes conflictuels qui ont opposé le gouvernement fédéral (ou son ancêtre, le gouvernement d’Union) aux législatures provinciales depuis 1840 jusqu’à aujourd’hui, épisodes qui ont nourri la théorie mythique du pacte, avec l’intention d’en faire ressortir «la représentation nationale que se font les diverses nations du pays».L’objectif de Paquin, en ce sens, n’est pas de démythifier un mythe qu’il traiterait par la négative, mais plutôt de se servir de ce même mythe comme révélateur d'une culture politique.La vérité historique est une chose et elle dit: pas de pacte.Pourtant, «la construction de l’identité nationale, du nationalisme et de la nation s'articule autour de la culture qui véhicule son lot de mythes politiques».Entre ces deux instances, vérité historique et culture, le mythe contribue donc à influencer et à guider les acteurs politiques (politiciens, intellectuels, citoyens).Le problème, surtout depuis le rapatriement de 1982 mais aussi avant, c’est que les différentes nations qui composent le Canada, à partir de leur culture respective, ne puisent pas à la même version du mythe: «Vu par les Canadiens anglophones, le Canada est formé d’un seul peuple et de ¦ -V • '*£.'PR&S?(1 LE LIVRE D’OR DES GENS DE SUNNE - de Gôran Tunstrom Traduit du suédois par Marc de Convenait! et Lena Grumbach \nstr&r> '?ÉSgK?r ¦ O y «Chaque livre de Goran Tunstrom est V / f A Ë un jalon dans ma vie de lecteur, un > m moment de grâce oil je renoue ^ ¦' Ê avec la magierkt-puesie et la y,^ I Ë musique de la vie quotidienne, Ë Avec Le Livre d'or des gens de Sunm Ë son roman le plus accompli depuh l 'Oratorio de Noël, il me relait le coup de m mière magistrale.Son écriture belle et simple n est jamais esthétisante.son style si personnel n’est jamais ostentatoire.Stellan est un des personnages les plus attachants de l’univers Tunstrom et son histoire, racontée par un des plus merveilleux conteurs de notre époque, m’a tout simplement chavire.» Michel Rivard ACTES Si j) LEMÉAC re à personne que les constitutions sont immuables! Nous en sommes à notre quatrième depuis deux siècles.Pourquoi serait-il impossible d'en rédiger une cinquième?» Ainsi s’exprimait, avec un certain à-propos, Daniel Johnson père, qui fut premier ministre du Québec de juin 1966 à septembre 1968.La fin abrupte de son mandat ne lui aura pas permis de mener à bien cette mission de déblocage.En aurait-il été capable?Jean Loiselle a côtoyé Daniel Johnson.Son livre n’a rien d’un essai théorique.Il ne s’agit pas non plus d’une biographie, mais bien de la chronique politique du bref passage au pouvoir de Daniel Johnson, tel que vécu de l’intérieur par celui qui fut, presque à son corps défendant au début, son conseiller en communication et, par la suite, son chef de cabinet.De toute évidence.Loiselle a goûté avec délectation aux arcanes du pouvoir.Son récit, un témoignage enjoué et mené avec vigueur, ne laisse planer aucun doute là-dessus.Le portrait qu’il trace de Daniel Johnson est celui d’un homme capable de concilier pragmatisme et vision.Partisan d’un Québec ouvert sur le monde, surtout grâce au relais français et gaulliste, le dernier grand chef de l’Union nationale fut, relate Loiselle, un nationaliste entier, mais un stratège prudent.Cela dit, si le document se lit avec plaisir, on ne peut pas dire qu’il parvient véritablement à convaincre.Sans être discret, ce qui serait trop exiger d’un homme que le mandarinat a transporté, Loiselle laisse néanmoins beaucoup de place à son patron de l’époque.Or, fatalité de l’histoire, le bilan reste mince: quelques très bons coups (les cégeps, Radio-Québec, l’Université du Québec), un coup d’éclat (de Gaulle au Québec), un certain panache dans la joute constitutionnelle («égalité ou indépendance», qu’il disait), mais rien de l’étoffe d’un héros national.Deux ans, c’est bien court.Pour en faire plus de 250 pages, Loiselle a dû ornementer son récit de fleurs généreusement lancées à ses anciens acolytes.La durée aurait-elle favorisé une éclosion d’imagination chez ce premier ministre peu éclatant?Il est permis d'en douter, et ce ne sont pas les performances de ses deux fils (Daniel et Pierre Marc, préfaciers de ce livre) qui l’ont suivi aux rênes de l'Etat québécois qui nous feront changer d’avis.Cette perception des choses, bien sur, se discute et n’enlève rien à la vivacité de la narration de Jean Loiselle.En revanche, ce qui risque de faire enrager avec raison les esprits progressistes, c’est la complaisance bourgeoise que distillent ces pages.Johnson et son équipe, nous dit un Loiselle fier de lui.travaillaient pour le peuple.Ce dernier, pourtant, n’ap-parait dans ce livre que comme faire-valoir d’une équipe de dirigeants qui semble s'.en soucier comme d'une guigne.A l’heure du scotch, les huiles ont d’autres chats à fouetter.Le ton satisfait de ce témoignage est parfois carrément insupportable: "Paul Desmarais, avec sa gentillesse habituelle, nous accompagne dans sa Rolls Royce jusqu'à l’avion qui nous déposera au château Montebello.Lors-qu 'il veut donner un pourboire, je dois lui venir en aide car.il n'a pas un sou sur lui!» Cette indécente absence d’esprit critique dont fait preuve Loiselle envers la suffisance élitiste de ses compagnons d'armes irrite au plus haut point.A regret, nous sommes obligés de conclure qu’il devait la partager.Les choses ont-elles bien changé depuis?lottiscornellier@parroinfo.tiet DANIEL IOHNSON Il ()l I BI’C DABORI) *lb Autour L’AMOUR MALLARMÉ roman 24,95 $ El CEQ rix Robert-Cliche QUEBEC LOISIRS François dit Mallarmé, dix-sept ans, vit une passion amoureuse qu'il ne peut avouer.Un premier roman savoureux et insolent.vlb éditeur www.edvlb.com W/.j.ifr j?(/(> /'a (iffera ferre LÙG/QU& MAÎTRISEZ INTERNET! .kp/uijf NTERNET I R
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