Le devoir, 27 novembre 1999, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 7 ET |) I M A N C II E 2 8 X O V E M » H E I t) I) I) ?le devoir ?i >t n ?I I I i ^ J * jyf I î II a jjlii 44*4?*t iPP * _ • it4 Ml I I ïjîïiïji r ?* STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le permafrost se réchauffe un peu et le trésor enfoui apparaît.Il y a quelques semaines, prés de Khatanga, sur la presqu’île de Taïmir, au nord de la Sibérie, une équipe de scientifiques franco-russe a déterré un mammouth laineux congelé depuis vingt mille ans.Un vieux mâle baptisé Jarkov.Quatre tonnes de chair parfaitement conservée, bientôt auscultée, peut-être même clonée.Jarkov n’est pas la seule belle surprise à sortir tout armé du dégel de la banquise est-européenne.Depuis la fin de la guerre froide, depuis la chute du Mur, il y a tout juste dix ans, l’immense et riche réseau des musées de l’ancien empire soviétique confie ses plus beaux secrets aux pays de l’Ouest.Les échanges concrets et les projets de collaboration se multiplient ici même, au Canada, pays frère du froid.Plusieurs des plus belles œuvres de l’exposition Lumière du Nord, toujours à l’affiche au Musée des beaux-arts du Canada, proviennent de collections russes.Par exemple, le Caspar David Friedrich reproduit sur l’affiche promotionnelle.Le mois dernier, le Canada a remis à la Hongrie une toile de Vassari réclamée au Musée des beaux-arts de Montréal depuis la construction du mur de la honte, ou presque.Budapest prétendait que le tableau avait été dérobé pendant ou après la Seconde Guerre mondiale.Cette semaine, une firme privée, International Museum Exliibitions inc., a annoncé qu’elle lancerait en février, à Toronto, une exposition sur la collection Fabergé et d’autres objets d'art ayant appartenu aux tsars et tsarines.L’orfèvrerie datant du XIe au XXe siècle sera empruntée à des musées de Moscou et de Saint-Pétersbourg.On continue?Le complexe multimédia Ex-Centris a été inauguré en mai avec de rares dessins d’Eisen-stein.Le Centre canadien d'architecture (CCA) a en plan une exposition sur les immeubles de l’avant-garde russe des années vingt et trente.Le photographe Richard Pai e revient tout juste d’une cinquième mission photographique en Russie pour documenter cet héritage lessivé.L’expo à venir d’ici quelques années confrontera ses photos à des documents de la riche collection spécialisée du CCA une des plus riches sur la Russie et l’URSS en dehors de la Fédération russe.Quelques-unes des plus belles pièces de ce fonds sont exposées depuis cette semaine dans le cadre de l’expo En Chantier: les collections du CCA, 1989-1999.La place du Palais à Saint-Pétersbourg THEATRE Le pouvoir des mots Page B 3 CHRONIQUE CULTURELLE Histoire de famille Page B 12 Cinéma Page B 4 L’exposition du Musée Pointe-à-Cal- 11ÈRE SUR LES TRÉSORS DES STEPPES, EMPRUNTÉE À l’Ukraine, entreprend une TOURNÉE AMÉRICAINE DE LoS-ANGELES À New York.Le Musée des beaux-arts du Canada a emprunté plusieurs chefs-d’œuvre à des musées russes POUR SON EXPOSITION LUMIÈRE DU Nord.Toronto s’apprête a recevoir de fameux œufs de Fabergé et bien d’autres objets d’art tirés des collections DU TSAR DE TOUTES LES RlIS- sies.Le Musée des beaux-arts de Montréal exposera en 2001 des œuvres du Musée russe de Saint-Pétersbourg,.Le musée des beaux-art de l’Ont ario a trois projets en plan avec Arts visuels l’Ermitage.L)e l’Est, nous arrive dé- voir PAGE B 2: EST + Page B 8 cidément beaucoup de nouveau.s s éclat ¦¦¦« ^ publié le samedi 4 décembre 1999 r .C o " ' "X.%, e r c e •V v .électronique Date de tombée: le vendredi 26 novembre 1999 Ï,F I)KV le devoir) ET DIMANCHE S A M E I) I 19 9 9 NOVEMBRE LES LE DEVOIR EST Le Canada va informatiser les collections de VErmitage ____îH*______fekt___I > m YAMAHi T, TTîXUi tJ\ uiourc ,cernbre ^5U790-1245 r 1-S09-3M -1595 ADMISSION COM Si V 4 —L Billetterie - 514 253-8974 Scénographie Claude Goyette • Costumes Carmen Alie et Denis Lavoie (Trac Costume) Conception sonore Larsen Lupin • Éclairages Marc Parent • Accessoires Patricia Ruel Maquillage Jacques Lee Pelletier * Coiffure Pierre Lafontaine Assistance à la mise en scène et régie Jean Gaudreau 20 et 27 nov., 4 déc., 1£J; (représentations scolaires en se DENISE-PELLETIER 4353, rue Sainte-Catherine Est 2S Papineau ou Vian, autobus 34 Ï8 Pie IX, autobus 139 SUITE DE LA PAGE B 1 Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) travaille sur deux projets originaires de Russie.Le premier, présenté à l’automne 2001, tourne autour de Diaghilev, des Ballets russes et de l’association artistique Le Monde de l’art.L’expo du Musée russe de Saint-Pétersbourg interroge les rapports entre l’art et la scène, un sujet qui passionne Guy Cogeval, directeur du MBAM.La plupart des œuvres voyageront pour la première fois, même si on élaguera peut-être un peu dans les quelque 400 «numéros» de la version originale.L'autre cas porte sur l’avant-garde européenne au tournant du siècle dans les collections de l’Ermitage.Ce travail devrait permettre de découvrir des chefs-d'œuvre de Denis, de Gauguin, de Picasso, de Cézanne ou de Matisse rarement prêtées à l’étranger.Les toiles des maitres modernes passeront le printemps 2003 rue Sherbrooke.L’Ermitage, l’ancien palais construit par ordre de la Grande Catherine, est devenu un musée après la révolution de 1917.Ce Louvre de l’Est compte des centaines de salles.Catherine II a acheté 225 tableaux de maîtres flamands et hollandais en 1764, puis 600 nouvelles œuvres au baron de Thiers en 1772.Au fil des décennies, les voûtes et les cimaises se sont enrichies de l’or des Scythes et de Troie, d’objets grecs, romains, orientaux, et surtout d’une des plus impressionnantes collections d’art international au monde.Au total, plus de trois millions de pièces.«Les collections sont exceptionnelles et la collection d'art moderne en particulier est tellement riche qu’elle supporterait plusieurs modelages précis et ciblés», explique Nathalie Bon-dil, conservatrice de l'art européen et coordonnatrice des expositions du MBAM.L’Ermitage à la page Les muséologues travaillent à moyen et à long terme.L’initiative du projet de 2003 a en fait germé à Toronto il y a déjà plus d’un an.Le Musée des beaux-arts de l’Ontario (le MBAO ou AGO) a alors dévoilé une entente pour la présentation de trois expositions tirées des collections de l'Ermitage, une première au pays.Le premier volet, prévu pour 2001, proposera un travail sur le thème du siècle de Rubens.Dans ce cas, les conservateurs torontois bosseront avec quatre collègues de Saint-Pétersbourg.Un autre volet, à venir en 2004, s’intéressera à l'art de la Russie impériale.Dans trois ans, le projet autour des maîtres français s’arrêtera au MBAO avant de faire le saut à Montréal.L’expo est baptisée provisoirement L’Invitation au voyage, d’après un des plus célèbres et envoûtants poèmes de Baudelaire: «Là, tout n’est S tu ’ordre et beauté / Luxe, calme et vo-upté.» André Gide y voyait «la parfaite définition de l’œuvre d’art».«Ce n'est pas une expo clé en main», avertit Nathalie Bondil.«Le but n’est pas simplement d’exposer les chefs-d’œuvre de l’Ermitage, même si nous aurons l’occasion de découvrir des tableaux très peu vus en Amérique du Nord, en tout cas très peu vus tous ensemble, ajoute son collègue Michael Parke-Taylor, conservateur de l'art européen à l’Art Gallery of Ontario, rejoint au boulot.Nous voulons vraiment développer une thèse en rapport à la recherche de l'âge d’or par les artistes français, jusqu'au proto-cubisme.» Il estime qu’environ la moitié des quelque 90 œuvres prévues au programme en seront à leur première sortie de Russie.«Nous, notre rôle ce n ’est pas de faire de bonnes affaires, poursuit la conservatrice du MBAM.Notre rôle c’est de monter des expos intéressantes pour les historiens de l'art et le public.Et justement, je crois que l’Ermitage s’est montré intéressé parce que nous avons développé un projet scientifiquement intéressant.» Les deux conservateurs se sont rendus en mission en Russie le mois dernier, en compagnie de leurs directeurs respectifs.M.Parke-Taylor souligne que les liens personnels ont fait la différence, encore une fois, surtout les liens au plus haut niveau.C’est un des secrets du succès dans le marché mondial des grandes expositions, un marché favorable aux «vendeurs» plutôt qu’aux «acheteurs».«Mikhail Pio-trovski, le directeur de l’Ermitage, est une figure centrale de la culture en Russie: s'il croit ata projets, s’il veut que ça marche, ça va marcher» Le géant empêtré L’Ermitage aurait pu proposer ses Un des grands escaliers du Musée de l’Ermitage œuvres à dix ou vingt autres établissements dans le monde.L’AGO a beaucoup bénéficié des retombées de la Fondation canadienne du musée de l’Ermitage, qui appuie divers projets de restauration, de recherche et d’éducation du musée.11 existe des organismes semblables ailleurs dans le monde.La Fondation canadienne a été mise sur pied en 1998.Son premier grand projet vise la protection des salles contre les rayons ultraviolets, très dommageables pour les œuvres.Dans quelques jours, des ouvriers vont achever de poser une pellicule de protection sur la 2213' fenêtre de l’ancien palais.Ce travail aura coûté environ trois quarts de million de dollars.«Après qu’on eut lancé le chantier, l’Ermitage a suggéré de faire quelque chose à son tour pour nous, ce qui a donc abouti à ces projets d’expositions avec l’AGO», explique Robert Kasza- nits, président de la fondation, en poste à Ottawa.En plus, le musée de Saint-Pétersbourg va organiser une exposition d’art canadien, comprenant aussi bien des toiles du Groupe des Sept que des sculptures inuites ou des œuvres contemporaines, toutes tirées des collections du musée torontois, évidemment.M.Kaszanits explique avoir lui-même contacté le directeur de l’AGQ pour lui proposer les collaborations.A l’époque, les Musées des beaux-arts de Montréal et d’Ottawa subissaient des changements de directeurs.«Il fallait bien commencer quelque part.» Lui-même longtemps associé au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, le président de la fondation a commencé à s’intéresser activement à la protection des trésors russes au début de la décennie, après quelque?voyages au pays des postsoviets.«À eta seuls, les besoitts de l’Ennitage io- des ventes sous Staline, qui n’ont finalement rapporté qu'à l’Etat.» Dans les années trente, pour obtenir des devises étrangères, le régime soviétique a bradé des chefs-d’œuvre de l'Ermitage, notamment des Rembrandt et des Raphaël.Du pire au.pas pire La nouvelle ouverture des musées de l’Est s'explique donc par le nouveau contexte politique, mais surtout par des raisons économiques.«Il existait déjà des échanges entre l’Est et l’Ouest du temps de l’URSS», rappelle Mme: Bondil, en citant l’exemple d’une expo' basée sur les collections de l'Ermitage.' organisée p;tr son établissement dans, les années 70.Le Musée du Québec a! aussi eu la sienne plus récemment: «Maintenant, les musées de l’Est ont besoin d’argent, ne serait-ce que pour entretenir leurs immeubles.» La situation varie du pire au.pas pire dans l’ancien bloc soviétique.Il y a quelques années, des muséologues de l’Université Laval en mission en Arménie, après le tremblement de terre dé-vastateur, ont visité des musées en ruine.Ils ont rencontré des directeurs couchant dans les réserves éventrées pour tenter de les protéger un peu des pillards.D’autres employés moins scrupuleux mais aussi «gênés» financièrement offraient de brader des œuvres dont ils avaient la garde.La situation du réseau des musées d’Ukraine n’est pas très enviable non plus.Pour se renflouer un peu, l’Académie nationale des sciences d’Ukraine a donc accepté il y a deux ans de prêter ses objets archéologiques les plus précieux au musée Pointe-à-Cal-Uère.«Au départ, le projet est né dans notre réseau de contacts dans le milieu des archéologues, dit Francine Lelièvre, directrice du Musée d’histoire et d’archéologie de Montréal.Nous avons même décidé de ne pas inclure les gouvernements dans nos négociations.Je crois que c’est pour ça que le projet a abouti si vite, alors que des groupes de Toronto ou de l'Ouest canadien ont consacré des années d’efforts,, sans succès, pour tenter d’obtenir une' telle exposition.» En plus, toutes les parties en ont profité.L’établissement montréalais 9 monté et présenté l’exposition Trésor des steppes en primeur, puis aidé en échange les Ukrainiens à la faire circuler en Amérique du Nord.Quatre nouvelles présentations sont prévues, à New York, à Los Angeles, à Baltimore et à San Antonio.Pointe-à-Callière a eu l’expo au prix coûtant, ou presque, tandis que les musées américains payeront la location 120 000 beaux gros dollars.Au total, la tournée va donc rap-, porter près d’un demi-million de dollars américains à l’Académie.L’argent devrait servir à restaurer le musée d’où proviennent les trésors des steppes et à payer les muséologues ukrainiens, dont certains ont connu deux années sans salaire.«Pointe-à-Callière, qui est pourtant un musée intermédiaire, sans grands moyens, a établi sa réputation internationale avec cette exposition», dit la directrice, qui a ensuite entrepris des échanges avec l’Egypte et la Chine.La Chine?L’Est est large, ti‘ès large.Et il doit bien traîner deux ou trois mammouths et des millions de trésors artistiques de ce côté-là de la banquise.Les Lundis Classiques du Rideau Vert SOUS LA DIRECTION ARTISTIQUE de Francine Chabot Concert Mozart et les enfants Un divin génie dont la musique donne du plaisir à tout âge® Avec CÉDRIC CoHEN-McCoLLUM, Marie-Ève Poupart, Andréa Picard, violonistes, Marie-Michel Beauparlant, violoncelliste, Philippe Doss, Rosa Pyon, Aude Saint-Pierre, ASTRID Yl, pianistes ainsi que CLAIRE OUELLET et Suzanne Blondin au piano d’accompagnement.6 décembre 1999 à 20 au Théâtre du Rideau Vert théâtre du rideau vert 4664, rue Saint-Denis • Métro Avec Éric Bernier, Pierre Collin, Pascale Desrochers, Michel Olivier Girard, Brigitte Lafleur, Lucie Paul-Hus, Gabriel Sabourin, David Savard, Stéphane Simard et Catherine Trudeau ARCHIVES LE DEVOIR talisent des centaines de millions.Ce que nous avons réalisé, ce n’est qu’une goutte d'eau.» Le musée péterbourgeois vient de se lancer dans un ambitieiLX programme de restauration, d’adaptation aux normes et d’agrandissement.D’ici 2003, alors que l’ancienne ville tsariste fêtera son tricentenaire, un ancien bâtiment militaire sera annexé au palais d’hiver baroque de la Grande Catherine.L’aménagement de la nouvelle aile est évalué à 200 millions de dollars, alors que le budget annuel de l’institution correspond à peine au cinquième de cette somme.Et le gouvernement n’assure plus que 70 % du budget annuel, c’est-à-dirç théoriquement, puisque souvent l’Etat ne verse qu’une partie des fonds promis, tout juste bons à payer en partie les salaires des quelque 1200 employés.Au moins, un décret spécial de 1994 du président de la Fédération de Russie autorise-t-il les dons nationaux ou internationaux exonérés d’impôt.Le président de la fondation canadienne était à Toronto en novembre dernier quand l’AGO a dévoilé ses idées de collaborations.Lui-même a alors annoncé la formation des Amis canadiens de l’Ermitage, la composante bénévole de son organisme.Un nouveau chantier sera bientôt ouvert, cette fois pour l’informatisation des collections comptant plus de trois millions d’œuvres et d’objets d’art.Le travail colossal, réalisé par des muséologues canadiens dont l’expertise dans ce domaine est reconnue à l’échelle mondiale, s’étendra sur cinq ans et coûtera près de cinq millions de dollars.Ironiquement, il suffirait à l'Ermitage d'aliéner deux ou trois Picasso pour régler bien des problèmes reliés à la préservation de ses millions d’œuvres.«C'est une solution trop facile, affinité Robert Kaszanits.En plus, les Russes gardent le mauvais souvenirs Supplémentaire dimanche 28 novembre • 13 h IPtvr Le devoir ALCAN Billet individuel 24$ Prix étudiant 12$ Information et réservations 514-844- Le Menteur de Pierre Corneille Mise en scène Martin Faucher « Ce Menteur-là est à ne rater à aucun prix.» - S.Sarfati, La Presse « Une grande réussite! » - W.McQuade, SRC « Une démonstration de virtuosité comique et une invitation au pur plaisir de l'invention débridée.» - H.Guay, Le Devoir « Parfaitement irrésistible! Le bonheur! »- 0.Lachance, Journal de Mtl « Un délice! Absolument séduisant! »- M.-C.Blais, SRC La Maison Théâtre présente ! Arche 0) NdÉMIE Une production du Théâtre Bouches Décousues Texte : Jasmine Dubé Mise en scène : Gill Champagne Interprétation : Suzanne Lemoine Du 17 au 28 novembre 1999 a 13 ans Billets en vente (514) 288-7211 ou 514 790-1245 1 800 361-4595 245.rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Métro Sherbrooke -A.— THÉÂTRE Dacia Maraini et le pouvoir des mots Le TNM met en scène Marie Stuart, le drame de Schiller revu par la grande dramaturge italienne MAK1A ALBERTINI C’est en pleine révolution féministe, à la fin des années 70, qu’on demande à Dacia Maraini de «revisiter» la Marie Stuart de Schiller.HERVÉ GUAY Plusieurs l’ignorent.Mais la notoriété de celle qui a écrit Marie Stuart, qui prend l’affiche au Théâtre du Nouveau Monde la semaine prochaine, est grande.En Italie.Dacia Maraini appartient au cercle restreint des grands écrivains de son temps.Avec Tabucchi et quelques autres, elle est devenue, au fil des ans, ce qu’ont été, dans le passé, les Elsa Morante, Pier Paolo Pasolini et autres Alberto Moravia.Certains se rappellent peut-être d’ailleurs qu’elle a été la compagne du prolifique romancier.Leur relation a duré une bonne quinzaine d’années.Elle s’est étendue du milieu des années 60 à la fin des années 70.Quand ils se sont rencontrés, elle débutait dans la carrière des lettres.Tel n’est plus le cas à présent.On vient même de lui octroyer le prestigieux prix Strega, l’équivalent du Concourt.Encore qu’en règle générale, ce prix prenne le prétexte d’un ouvrage pour couronner une œuvre.L'auteure, dans la soixantaine, l’a remporté avec Buio, un recueil de nouvelles qui n’a pas encore été traduit en français.Une cérémonie onirique De son côté, Dacia Maraini ignore sûrement quels soins exquis le TNM a accordés aux deux reines de sa pièce.Elle ne sait sans doute pas que les actrices appelées à jouer ses héroïnes, Anne-Marie Cadieux et Pascale Montpetit, sont parmi les plus singulières de notre théâtre.Incidemment, elle ne pouvait rêver d’une metteure en scène plus consciencieuse que Brigitte Haentjens pour soulever les questions que pose son texte.Car, sous le tissu historique, se cache une cérémonie onirique, créée de toutes pièces.Née en 1936, Dacia Maraini se fait connaître d’abord comme romancière.Elle se tourne vers le théâtre à la fin des années 60.Mais elle ne va pas qu’écrire pour le théâtre.A Rome, elle fera partie de deux compagnies.De plus, elle mettra en scène plusieurs pièces.Nous sommes en pleine révolution féministe quand, à la fin des années 70, on lui demande de «revisiter» la Marie Stuart de Schiller.Ce drame romantique met aux prises, on le sait, deux reines ennemies, la catholique Marie et Elisabeth, la protestante.Devant cette pièce qu'elle juge parfaite, il est inutile de réécrire, croit-elle.Mieux vaut procéder autrement, opérer des choix.Elle concentre toute l’histoire sur les deux femmes mais en leur adjoignant une suivante chacune.Le principe est simple: qu’il y ait toujours une reine et une suivante sur la scène.11 en découle une réflexion sur le pouvoir, plus exactement sur les femmes et le pouvoir.Pour alimenter le face-à-face interviennent encore la lutte entre deux religions, les relations homme-femme, l'incidence de la famille et la maternité — en relation avec le pouvoir.En fait, de l’œuvre du grand romantique allemand, Maraini retient principalement l’aversion qu’ont l'une pour l’autre Marie et Elisabeth.Pour elle cependant, la liaine ne suffit pas à expliquer leurs rapports complexes.Elle entrevoit une relation possible.Elle métamorphose donc leur lien en une sorte d’amour-haine et s’arrange pour qu’elles se rencontrent ainsi que dans un rêve.A la fin, elles dansent même ensemble.• Des femmes et des mères Dans ce drame, la question du mariage et celle de la maternité sont centrales.«Généralement, dit-elle, on voit la maternité comme une question naturelle.On la pense sous l'angle de la nature.Or la maternité est un produit historique.Ce qui m’a permis de reconstruire une période de l’histoire dans laquelle la maternité, même pour une reine, représente quelque chose de singulier.Dans ce cadre, l’enfant était presque toujours arraché à la mère.Jamais la mère ne donnait son lait à l'enfant.Même trois siècles plus tard, Madame Bovary n’allaite pas son enfant.C’est une autre qui le fait.» 11 en va de même du mariage, dont on se sert alors pour déposséder la femme de son pouvoir.Aussi l’Elisabeth de sa pièce refuse-t-elle de se tnarier parce qu’elle ne veut pas perdre son autonomie.A l’époque, le mariage de même que la maternité sont des chausse-trappes, des pièges qui empêchent les femmes de conserver le pouvoir.Le plus bel exemple?Tous ces hommes dans l’entourage des Stuart qui essaient de s’emparer du pouvoir par mariage et maternité interposés.Très compliqué s'avère en effet pour Maraini le rapport de la femme à son propre corps.«On a enseigné à la femme, dit-elle, à s’identifier, à s’exprimer seulement par le corps.On l’a amenée à prendre comme unique possibilité de communication le langage du corps.D’un côté, il y a là une richesse; de l’autre, une pauvreté énorme étant donné que tout ce qui appartient à la pensée a été écarté du corps féminin.Alors quand une femme veut écrire ou s’exprimer par la pensée, elle se retrouve dans un corps, qui lui fait obstacle, même s’il ne cesse pas d’être un trésor.Aujourd’hui encore, la culture de masse, la technologie poussent les femmes à s’exprimer par le corps ou la séduction.C’est une limitation très forte.» Privée du pouvoir des mots, toute femme en sort diminuée.Sans doute parce que sa famille lui a inculqué l’amour de l’écriture, Dacia Maraini a su trouver les mots pour transmettre ce que veut dire le fait de n’avoir qu’un corps pour s’exprimer et être coupé de toute parole.Ce drame, elle le développe avec acuité dans un roman historique saisissant, La Vie silencieuse de Marianna Ucria, paru en français il y a quelques années chez Robert Laffont.Son héroïne surmonte ce handicap et en sort grandie.Dans ce récit, inspiré par une ancêtre maternelle, Maraini reconstitue l’itinéraire d’une Sicilienne, noble, sourde-muette, que son père marie à un,vieil oncle alors quelle n’a que treize ans.A partir de deux détails historiques et d'un tableau où son aïeule est dépeinte, la romancière va composer une fresque grouillante de vie.Du coup, elle offre un exemple de femme qui arrive à s’aménager un espace de liberté en plein XVIIL siècle.La culture qui rend libre Cet idéal de liberté dans son temps, Dacia Maraini a voulu l’acquérir par l’écriture, dans la liberté de parole.Davantage que la liberté physique, elle a cherché la liberté culturelle.Ses parents étaient de son propre aveu de magnifiques exemples de liberté et de culture.Tous deux lisaient beaucoup, aimaient la musique.Sa mère était peintre, son père ethnologue.Vivant de peu, chez eux, la richesse culturelle suppléait au manque d'argent.La romancière les décrit comme des êtres généreux, laïques, respectueux de la différence.D’où, chez elle, la conviction fermement ancrée que les gens apprennent d'abord par l’exemple.A cinq ans déjà, son père lui enseignait que les races n’existent pas, ajoutant que, s’il y avait différentes cultures, il n’y avait pas de races distinctes.Or, pendant la guerre, le travail du père amène la famille à vivre au Japon.En 1943, on enfermera même les Maraini dans un camp de concentration.Sous quel motif?Ses parents refusent de reconnaître la République de Salo, où se sont repliés les fascistes italiens, alors alliés des Japonais.Après la bombe atomique, ils seront libérés par les Américains.Autre fait marquant d’une vie bien remplie, la rencontre avec Moravia, qu’elle décrit comme la vitalité même.Joyeux, curieux, tourné vers l’avenir, intéressé à tout ce qui se passait ailleurs, adorant voyager.Comme écrivain, elle voit en lui un «grand architecte de la narration», un nouvelliste stylé, à situer dans la grande tradition italienne du conte.La romancière dit qu'il respectait ses idées et son travail.Mieux, U n'a jamais été paternaliste.Hors norme dans une société aussi machiste que l’Italie.C’est ce qui leur a permis de vivre ensemble.Au début, la presse italienne a pu penser qu’il s’agissait, de la part de Maraini, d'une union «stratégique».Mais les journalistes se sont vite rendu compte quelle n'allait pas s’éclipser au profit de Moravia.De quelques convictions Figure de proue du féminisme en Italie, au moment où ça comptait, se dit-elle encore féministe à présent?«Ça dépend de ce qu’on entend par féminisme, avance-t-elle.Si vous entendez une idéologie, un système.Comme idéologie, je crois que le féminisme est mort.Si vous entendez prendre le parti de la femme et de la justice, alors je suis féministe.» Féministe, donc, et Sicilienne.Marquée, de son propre aveu, par l’expérience du baroque sicilien, même si son écriture n’est pas baroque au sens littéraire du terme.Ce quelle y aime?La propension du baroque à imbriquer les arts.Que l’architecture, la musique, le théâtre s’y déploient et y entretiennent des rapports très stricts.L'exigence rythmique du baroque surtout.Toutes choses qui l’ont certes préparée à écrire pour le théâtre.Influence aussi du silence sicilien.Un silence qui naît d’une histoire très dramatique.Tout à fait le genre de récit qui attire Dacia Maraini.Comme si elle voyait l’écrivain comme celui qui libère le plaisir en rompant le silence.Du théâtre, elle apprécie en outre que le passé y devienne soudainement si présent.Au TNM, deux reines du passé débattront donc de questions bien actuelles.Car le passé permet le plus souvent de parler du présent de façon détournée.Mais le public doit encore s’attendre à autre chose.Que l’on peut déduire de ce que l’auteure de Marie Stuart dit au sujet des gens de son île et de leur rapport au langage: «En Sicile, quand les mots arrivent, explique-t-elle, ils sont recherchés, ils sont cérémonieux.» Bel idéal dramatique que celui-là, dont notre époque aurait avantage à nous régaler plus souvent.MARIE STUART De Dacia Maraini.Mise en scène: Brigitte Haentjens.Au TNM jusqu'au 9 janvier, puis en tournée en province jusqu’au 15 février.Du théâtre, Dacia Maraini apprécie en outre que le passé y devienne soudainement si présent DU 14 DÉCEMBRE 1999 AU 22 JANVIER 2000 Conception et mise en scène: Louise Forestier Direction musicale et arrangements: Jean-François Groulx.Avec Stéphane Brulotte, Louise Forestier, Kathleen Fortin, Louis Gagné, Gabriel Gascon, Lynda Johnson et Hélène Major.Lssistance à la mise en scène et régie: Manon Bouchard.Musiciens : Jean-François Groulx, Jean-Bertrand (arbou.Concepteurs: Jaude Goyette, François Barbeau, Michel Beaulieu et Eddy Freedman.514)844-1793 www.rideauvert.qc.ca - 4664, rue Saint-Denis - Métro Laurier ervice de garderie le samedi et le dimanche en matinée sut réservation seulement V I TVR Omni .0 # (JJ33S25 théâtre du rideau vert Anne-Marie Cadieux Élisabeth i,e ascale Montpetit Marie Stuart MarfrStuart De Dacia Maraini Traduction de Marie José Thériault / Mise en scène de Brigitte Haentjens Assistance à la mise en scênf ei régie Sonia Bélanger / Scénographie Anick La Bissonnièri Costumes Julie Chariand / Éclairages Sonoyo Nishikawa / Musique Denis Gougeon / Maquillages Angelo Barseili / Perruques Cvbèle Perruques Du 30 novembre au 18 décembre et du 4 au 9 janvier Réservations: 866-8668 www.tnrn.qc.ca Théâtre du Nouveau Monde Le Théâtre d'offrir un .W* •Will du Rideau Vert vous donne l'occasion rêvée cadeau de Noël et du nouveau millénaire.Une façon originale de vivre et de franchir le nouveau siècle.Prix du Mini-abonnement : les mardi, mercredi ou jeudi : 82.95 $ ttc ou les vendredi, samedi, dimanche : 90.90 $ ttc.% de réduction sur le prix au guichet ! vec le temps Cent ans de chansons .u 14 décembre 1999 au 22 janvier 2000 l'histoire et les rythmes du XXe siècle en chansons, avec Louise Forestier, Gabriel Gascon, Lynda Johnson et quatre autres comédiens-chanteurs accompagnés de deux musiciens.Le Théâtre du Rideau Vert vous invite à battre la mesure du siècle qui se termine et de celui qui commence.Un spectacle unique en son genre conçu et mis en scène par Louise Forestier.Les Chaises /"N Hydro VX^ Québec Du 1er ou 26 février 2000 Considéré comme le chef-d'œuvre de Ionesco, Les Chaises mis en scène par Paul Buissonneau, interprété par Hélène Loiselle et Gérard Poirier, dévoile l'absurdité de la solitude de deux êtres en les montrant sous le jour de deux marionnettes dérisoires davantage écrasées par la puissance des choses et des mots que par celle du destin.Maître Puntila et son valet Matti BRECHT Du 14 mors ou 8 avril 2000 Dans cette comédie populaire, c'est le recours à la parabole et la présence au centre de la fable d'un personnage ambigu et divisé qui permettent le double jeu de l'éloignement et du rapprochement.Avec Raymond Bouchard, Patrick Goyette, Claude Prégent Pierrette Robitaille et Mireille Oeyglun pour ne citer que ceux-ci.Mise en scène ae Guillermo de Andrea.N’hésitez plus, abonnez-vous dés maintenant ou 514-845-0267, par télécopieur ou 514-845-0712 théâtre ou par courrier électronique à info@rideauvert.qc.ca du rideau vert B 4 E I) E V 0 1 R .LES S A M EDI 2 7 ET I) 1 M ANCHE 28 N 0 V E M B R E 1 î) !) !t II ) TO CINÉMA LE DEVOIR EATRALE DE JEAN-PIERRE RONFARD ET SY t \ -TVbJs T jt .ïr- Î2 ROJET Du 24 au 28 novembre 1999 - 20h30 Réservations: 288-3161 Réseau Admission: 790-1245 DU 5 NOVEMBRE AU 11 DECEMBRE 1999 du mardi au samedi à 21 h Supplémentaire samedi le 4 décembre à 15 heures Une respectable œuvre de commande FLAWLESS Réalisation et scénario: Joël Schumacher.Avec Robert de Niro, Philip Seymour Hoffman, Barry Miller, Skipp Sudduth.Image: Declan Quinn.Musique: Bruce Roberts.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Décidément, Robert de Niro a pris un abonnement aux mauvais films.Plus ça va aller, plus son nom, synonyme de talent immense, signifiera pour les initiés «film à fuir», «scénario à cinq sous».Donunage qu'il ne travaille plus que pour l’argent, sans égard à la valeur des projets et même avec une préférence marquée pour le bas de gamme.Quoi qu’il en soit, Toronto ville ouverte THE FIVE SENSES Réalisation et scénario: Jeremy Po-deswa.Avec Mary-Louise Parker, Gabrielle Rose, Daniel Maclvor, Philippe Volter, Pascale Bussiéres.Image: Gregory Middleton.Montage: Wiebke Von Carolsfeld.Musique: Alex Pauk, Alexina Louie.Canada, 1999,105 minutes.Cinéplex Odéon.ANDRÉ LAVOIE Merci à David Cronenberg de nous avoir fait comprendre que derrière ses boimes manières et sa façade conservatrice, Toronto pouvait aussi bien se transformer en univers cauchemardesque, en harem à ciel ouvert et en une sorte de territoire où l’ambiguïté sexuelle a droit de cité.D'autres réalisateurs l’ont suivi sur cette (dangereuse) pente, comme Jeremy Podeswa.Avec The Five Senses, il poursuit, après Eclipse, son propre examen d’une ville qui n’en finit plus de se dénuder sous nos yeux.Comme son titre l’indique, il est autant question de l’odorat que de l’ouïe dans ce film beau et grave mais dont la véritable ambition se situe bien au delà d’une simple question de goût et de sensations.C’est moins d'une exploration des sens qu’il s’agit que d'un voyage sinueux entre des personnages qui se connaissent peu ou pas, unis malgré eux par la subite disparition d’un enfant.Le film de Jeremy Podeswa n’est d’ailleurs pas sans évoquer celui d’Egoyan, The Sweet He- reafter, mais dans un registre nettement moins tragique, plus éthéré.Délaissant la construction très rigide d’Eclipse, calquée sur le principe des cadavres exquis, Podeswa n’en poursuit pas moins son exploration de la solitude urbaine et des liens ténus, parfois imperceptibles, qui se tissent entre des êtres croyant vivre dans des mondes parallèles.Pourtant, ils se croisent à peu près tous dans le même immeuble, plus ou moins conscients dans certains cas que la fillette d’Anna Miller (Molly Parker) a disparu alors qu’elle l’avait confiée à Rachel (Nadia Litz), le temps de se faire masser par Ruth (Gabrielle Rose), la mère de l’insouciante adolescente.Philippe (Philippe Volter), le voisin d’à côté, n’en a cure, ophtalmologiste pour qui les yeux ne représentent plus aucun intérêt, sachant qu’il deviendra bientôt sourd.Rona (Mary-Louise Parker), autre voisine un peu plus turbulente, y voit plutôt un signe du destin, confiant ses angoisses à Robert (Daniel Mclvor), lui à la recherche de «l’odeur de l’amour» tout en faisant le ménage dans les appartements chics de certains employeurs plutôt sensuels.Difficile de démêler tous les fils qui relient les persoimages entre eux alors que certains n’occupent que la partie congrue du récit (Pascale Bussiéres incarne une prostituée au grand cœur qui viendra consoler l’ophtalmologiste, dans quelques scènes particulièrement touchantes) ou transcendent difficilement les clichés (l’Italien Marco Leonardi, vedette de Like Water For Chocolate et de Cinéma Paradiso, y joue, sans surprise, le «latin lover»).Dans de curieux mouvements de va-et-vient, le point de vue se déplace d’une sphère à l’autre, Podeswa prenant bien soin de dévoiler peu à peu tous les secrets et les similitudes qui luiissent les destinées de ses personnages.Au delà du caractère quelque peu préfabriqué de l’ensemble et des hasards plus ou moins forcés qui obligent le réalisateur à effectuer quelques pirouettes malhabiles, The Five Senses propose un climat particulièrement envoûtant qui 11'est pas sans rappeler les meilleurs films d’Atom Egoyan.Le tout baigne dans des éclairages feutrés, les personnages évoluant dans des intérieurs plus ou moins sombres ou cruellement froids.De plus, Podeswa se refuse à toute forme de suspense (on sait bien avant tous les personnages ce qu’il advient de la fillette).Tel n’est pas son propos, ni la véritable nature de sa démarche cinématographique, cherchant plutôt à creuser davantage quelques-iuis des thèmes qui lui sont chers, dont la solitude et la sexualité, qui semblent chez lui toujours intrinsèquement liés.Mary-Louise Parker, ici transformée en reine des gâteaux décoratifs qui ne goûtent rien, domine avec élégance et intelligence une distribution internationale qui joue à l’unisson.Bref, de quoi combler tous les goûts, s’en mettre plein la vue et entendre, de surcroît, une trame musicale particulièrement inspirée.Jusqu’à la Mary-Louise Parker dans le film de Jeremy Podeswa, The Five Senses SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAEILM MANSFIELD PARK Réal, et scénario Patricia Rozema, d’après le roman de Jane Austen, ses lettres et son journal de jeunesse.Avec Frances O’Connor, Harold Pinter, James Purefoy, Lindsay Duncan, Johnny Lee Miller, Victoria Hamilton, Justine Waddell, Embeth Davidtz, Allessandro Nivola, Image: Michael Coulter.Musique: Lesley Barber.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Adapter à l’écran Mansfield Park de Jane Austen n’était pas une mince tâche.Ce roman est le plus contesté, son héroïne la moins populaire de l’univers de l’écrivaine britannique victorienne.Par ailleurs, le monde d’Austen n’en finit plus d’être adapté au cinéma.Sense and Sensibility, Persuasion , etc.Quand des producteurs britanniques ont approché la Canadienne Patricia Rozema pour Mansfield Park, elle a hésité, s’est plongée dans son œuvre, et a décidé d’amalgamer au roman lui-même des bribes de journaux de jeunesse, de lettres de la romancière, en plus de faire une incursion importante en des réalités sociales de l’époque, l’esclavage notamment.Il en ressort une œuvre enrichie, nourrie à plusieurs sources.Film tiré d’Austen pour film tiré d’Austen, celui-ci possède le mérite d’être fort bien tourné, bien documenté.La griffe de Rozema, cinéaste du Chant des sirènes est absente, disparue derrière un style à la James Ivory.Oeuvre de commande, mais très honorable au demeurant, tel apparaît ce Mansfield Park.Le film raconte l’histoire de la cousine pauvre (Frances O’Connor) accueillie dans la chic famille Bertram à Mansfield Park.Passion muette pour le plus jeune fils Oonny Lee Miller), quintessence du cliché Flawless, la dernière production dans laquelle le héros de Taxi Driver s'est commis, est signée Joël Schumacher, le dernier maître des Batman.Flawless n’a pourtant rien à voir avec les aventures de l’homme chauve-souris.Sur un invraisemblable scénario, le film relate l’histoire d’un ancien gflrde de sécurité, héros dans son jefine temps, conservateur à outrance, à moitié paralysé à la suite d’un accident, qui trouvera un maître dclocu-tion en la personne d’une drag queen (Philip Seymour Hoffman).Film basé sur le choc de deux univers aux antipodes l’un de l'autre, Flawless permettra à de Niro d’incarner les semi-paralysés en marchant tout croche et en parlant avec une bouillie dans la bouche.Petit défi personnel au milieu d’une histoire impossible.Impossible par son décor d’abord: une sinistre maison de chambres à New York où des transsexuels et;des drag queens mènent une samba d’enfer, oïi des criminels sanguinaires sèment la terreur, si bien qu’on sé demande comment un ancien garde de sécurité et des vieilles dames frileuses ne déménagent pas.Le plus tiré par les cheveux sera ce choc des deux mondes.Les drag queens sont des caricatures, plus grandes folles les unes que les autres, papillotant, virevoltant dans leurs robes.S’il existe une logique psychologique dans un profil de caractères, elle a échappé à Schumacher.Avec les données qu'il nous offre sur le personnage incarné par de Niro, macho, homophobe, bbur-ré de préjugés, il apparaît tout simplement impossible que celui-ci se rapproche de son voisin aux allures de voisine qui chante comme une alouette et lui réapprend à parler après l’épreuve.Que son groupe de gardes de sécurité fasse des partys en invitant les transsexuels: autre aberration.On n’y croit pas.des mondes de préjugés ne se rapprochent pas en deux coups de cuiller à pot.Et de Niro là-dedans?Il en fait trop, ânonne, bute sur les mots, traîne de la jambe.Quant à son vis-à-vis, Philip Seymour Hoffman, en homosexuel maniéré et déguisé, il joue du poignet cassé et de la voix aiguë jusqu’à la quintessence du cliché.Une intrigue se profile derrière.Il y aura une grosse somme d’argent recherchée dans tout l'immeuble par de méchants mafieux qui jouent du couteau et sèment l’effroi.Au fil du récit et des rapprochements entre les deux hommes, lumière se fera sur le pos sesseur du magot et l'amitié fleurira dans un sol infertile.J'ignore quelle performance ce Flawless s’offrira en recettes au guichet.Le public court-il voir de Niro pour de Niro, ou commence-t-il à remettre en question les divers navets auxquels il prête son concours?Je penche vers la seconde hypothèse.Flawless roulera sans doute un peu la première semaine avant de sombrer dans les limbes où s'engloutissent les films ratés et rejetés par la mémoire collective.rapports de classe truffés d’injustices et de petites cruautés; c’est toute la vie d’une époque truffée de contradictions qui renaît à travers le film, l'esclavage dans les lointaines colonies payant pour la fête chez les riches.Frances O’Connor est l’élément fort de la distribution, avec un rôle difficile, en retrait.Parfois frondeuse, parfois muette, Fanny Price est l’œil extérieur posé sur un univers qui ne sera jamais tout à fait le sien.Vent de nouveauté, l’arrivée à Mansfield Park des séduisants, élégants, modernes et pas trop scrupuleux Mary et Henry Crawford (Embeth Davidtz et Alessandro Nivola), frère et sœur autour desquels les intrigues amoureuses se nouent, fera exploser les rapports entre les membres de la famille.On reprochera au film des acteurs masculins souvent falots, particulièrement les jeunes premiers de service Oonny Lee Miller).Les femmes appa- raissent beaucoup plus intéressantes, même si ce roman d’Austen n’a pas engendré les profils les plus sympathiques qui soient.Une mise en scène rigoureuse, des jeux de caméras habiles, fluides, une excellente musique compensent pour ces figures du passé auxquelles on s'identifie moins que dans d’autres romans d’Austen; un maître esclavagiste, une épouse opiomane, leurs filles frivoles et leurs fils confus ne composant pas le plus brillant portrait de famille.L’héroïne, elle-même écartelée et pas toujours facile à saisir, est pourtant le reflet de cet univers en décomposition qui l’aspire dans son orbite, mais où on sent déjà pointer les signes avant coureurs de la fin des empires.Patricia Rozema a fait du bon travail, une œuvre très professionnelle sur une matière difficile.sans réussir à nous attacher vraiment au monde quelle décrit.CLIVE COUTE Jonny Lee Miller et Embeth Davidtz dans Mansfield Park de Patricia Rozema Maisons de Poussière 11999) May AU Your Storms Be Weathered (1998) Chorégraphe: Isabelle Van Grimde Interprètes: Lyne Lamontagne Robert Meilleur, Maud Simoneau Markus Theisen, Fenne van Leth Ne manquez pas te jeudi-causerie du 25 novembre animé par Christine Palmieri .Des gens comme Van Grimde poussent plus loin les limites du corps pour nous montrer qu'il possède encore des frontières inexplorées.Manon Richard, La Presse (1996) avec Martin Dion Emmanuelle Jimenez Danièle Panneton Marie-Josée Picard Marcel Pomerlo Jean-Pierre Ronfard ÉCLAIRAGES Pierre Charbel Massoud RÉGIE Jean Bélanger DIRECTION DE PRODUCTION Luc Talllon UNE production du NOUVEAU THEATRE EXPÉRIMENTAL A.ESPACE LIBRE, 1945 Fullum métro FRONTENAC >1 ENTREE 175 mil BRiCOlE Di CHRISTIAN VEZINA SUR DES POÈMES DE HENRI MICHAUX AVEC DIANE DUBEAU et CHRISTIAN VÉZINA SCENOGRAPHIE JEAN BARD Eclairage CAROLYNE VACHON DU 22 NOVEMBRE AU 11 DECEMBRE DU LUNDI AU SAMEDI À 19H espace libre m m m espace libre H B H 1945 RUE FULLUM MÉTRO FRONTENAC RÉSERVATIONS 521-4191 ENTRÉE 17$ UNE PRODUCTION DU NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL LE DEVOIR m.mté centaur 453, Saint-François-Xavier CONSfU DESyOTS Voie de Montreal .K DEVOIR c, UNE PRESENTATION DE ma mde Les Arts ^ du Maurier ley/tptmMf UMtt ' .» _ ! I 1.Y.I) E V OIK.LES S A M Y.DI 27 K T 1) I M A N l' Il E 2 S X (I Y E M B II E 1 !> il il Un David CINÉMA Lynch tout en pudeur SOURCK OPKON I II.MS Richard Farnsworth sur son tracteur dans The Straight Story de David Lynch THE STRAIGHT STORY Réal.: David Lynch.Scénario: Mary Sweeney.John Roach.Avec Richard Farnsworth, Sissy Spacek, Harry Dean Stanton.Image: Freddie Francis.Musique: Angelo Badalamenti.’‘A ODILE TREMBLAY I.E DEVOIR Imaginez un David Lynch aux antipodes de lui-même, un David Lynch ni baroque, ni violent, ni délirant, mais soudain épuré, à l’écoute du non-dit, d’une émotion contenue, un David Lynch de générosité, voire de mysticisme.Et pourquoi faut-il donc .que le public sache toujours où at-• tendre un cinéaste?Lynch nous étonne avec ce film de lenteur et de grandie beauté, émouvant, porté par l’ex-i traordinaire prestation du vieux Ri-ichard Farnsworth.The Straight Story est un road mode.En cela, Lynch avait déjà donné.Mais comme nous voici loin du trépidant Sailor et Lula .La véhicule est ici un tracteur tondeuse à gazon qui roule à quatre milles à l’heure, avec un vieil homme au volant, héros ordinaire gigantisé et méritant de l’être.Adaptant son film d’une aventure vécue, après de minutieuses recherches sur le véritable Alvin Straight, mort il y a quelques années, Lynch a suivi patiemment, tendrement le périple d’un homme de 73 ans (Farnsworth) qui partira de l’Io-wa sur l’engin en question, avançant à la vitesse de la tortue.Il veut retrouver son frère récemment victime d’une attaque cardiaque au fin fond du Wisconsin.Plusieurs semaines et centaines de kilomètres signifient une succession de rencontres qui forment la trame du récit.Le film met du temps à se révéler lui-même.Le vieil Alvin, lui aussi di-.minué par une récente attaque, nous ;.’est présenté d’abord dans sa maison campagnarde aux côtés de sa fille vi-i : siblement handicapée, à l’élocution trop lente (Sissy Spacek).Ce n’est qu’après son départ sur les routes, au fil des gens qu’il croise qu’on décodera peu à peu les drames de sa vie, en entrouvrant des portes et en les refermant bien vite.Ce beau film de pudeur et de sobriété suggère, laisse deviner des vérités douloureuses en un scénario allergique à tout bavardage mais aux répliques percutantes.The Straight Story n’appuie jamais ses effets, capte en gros plan un visage bouleversé qui se souvient d’un drame de guerre.11 attrape au vol la révélation du problème de la fille d’Alvin, privée de ses enfants.Peu à peu, on découvre à quel point le pèlerinage du vieil homme en est un de difficile réconciliation avec un frère auquel il n’a pas parlé depuis dix ans.Film presque chrétien puisque porté par le pardon de injures, ce pardon devra se gagner pas à pas en un rite de purification, comme le font ces pénitents qui gravissent à genoux les marches de l’oratoire Saint-Joseph.Choix de cinéaste, omissions ou aventures entièrement conformes à l’expérience du véritable Alvin Straight?On s’étonne du fait que le héros ne rencontre aucun voyou, mais plutôt une panoplie de gens d’une grande bonté, dont un pasteur et un bon samaritain.A croire que l’Amérique violente n’était qu’un mythe soudain balayé.Sans doute doit-on lire The Straight Story en partie comme une fable.Sobriété des images, plongée de cette caméra qui survole les champs et qui accompagne le héros avec une discrétion, un respect qui impressionnent chez un cinéaste habituellement si baroque, le film repose avant tout sur les épaules de Richard Farnsworth, qui tient ici le rôle de sa vie, sublime de nuances, d’émotions rentrées.Sissy Spacek, qui incarne sa fille au début du film, irrite un peu, à cause de l’élocution hachurée de son personnage, pourtant calquée, semble-t-il, sur celle de la vraie fille d’Alvin.Quant à Harry Dean Stanton fie frère), il n’aura droit qu’à une unique scène à la toute fin du film, mais quelle scène! En une minute, la gamme des émotions complètes traversera son visage: de la stupeur à l’attendrissement, à l’instant où il comprend ce que son frère a traversé pour le retrouver et en quel équipage.La scène finale, avec ces étoiles qui parlent mieux et portent plus loin que les mots, témoigne à elle seule du doigté de Lynch.Il se tient à mille lieues de l’école hollywoodienne, joue d’ellipses, et nous convainc de sa polyvalence.Film à la fois puissant, serein et minimaliste, The Straight Story demeurera sans doute comme un ovni dans la filmographie de ce cinéaste américain, mais un ovni de haute maîtrise qui touche le cœur.Forte fièvre HEAD ON Realisation: Ana Kokkinos.Scénario: Andrew Bovell, Ana Kokkinos, Mira Robertson.Avec Alex Dimitriades, Paul Capsis, Julian Garner, Elena Mandalis.Image: Jaems Grant.Montage: Jill Bilcock.Musique: Ollie Olsen.Australie.1998,10-1 minutes.Cinéma du Parc ANDRÉ LAVOIE Pour attirer une clientèle branchée et vaguement intoxiquée aux vi-déoclips, certains n’hésitent pas à comparer Head Ou d’Ana Kokkinos au Transporting de Danny Boyle.Dans les deux cas, les adolescents y semblent toujours au bord de la crise de nerfs entre deux injections d’héroïne, dans l’attente fébrile d’un boulot qui ne vient jamais.Et de Melbourne à Edimbourg, qui pourrait établir de véritables distinctions entre les quartiers mal famés et les pavillons en décrépitude que fréquente la jeunesse désœuvrée?Aii (Alex Dimitriades) n’a guère le temps de jongler avec ces comparaisons, vivant dans le «here ;md now», déchiré entre ses origines grecques, ses racines australiennes, ses pulsions homosexuelles, son penchant pour la drogue, une famille à couteaux tires et un sale caractère.Même avec sa gueule de Brando des années 50 et un physique à faire tourner les tètes, il ne semble guère possible de passer un bon moment en sa compagnie, alors imaginez 24 heures.Pour son premier long métrage, c’est tout le temps qu’Ana Kokkinos s’est accordé pour décrire la vie morose et tumultueuse de cet Adonis.[lassant d’un mariage grec à un fond de ruelle, de l’antichambre survoltée d'un bar gai à un petit café où s’entassent des patriarches nostalgiques.Dans ce récit compressé où s’accumulent les engueulades avec un père borné, les extravagances vestimentaires de Johnny (Paul Capsis) et les clins d’œil non équivoques de Seau (Julian Garner).Aii ne sait plus trop où donner de la tète et se jette à corps perdu sur tout ce qui bouge et porte pantalons.Si Kokkonis dissimule mal son envie de décrire à la vitesse maximale une jeunesse un peu beaucoup déboussolée, c’est surtout dans son portrait de la communauté grecque en terre australienne qu’elle vise le plus juste.Les tiraillements entre deux générations, celle qui se refuse d'oubÜer et l'autre qui voudrait bien passer à autre chose, constituent l’élément le plus fort du film, évoquant avec tendresse leurs danses, leurs musiques et certaines de leurs traditions.A d’autres moments, elle lait de Head On une sorte de Saturday Night Fever opposait constamment jeunes et vieux, tradition et modernité, foyer familial étouffant et bars enfumés, un avenir tout pkuiilié et l'incontournable «no fù-ture».C'est par la musique, la drogue et le sexe qu’Ari anissit à fuir, temporairement, l’aliénation de son milieu, comme John Travolta le faisait dans une discothèque minable.Et tant qu’à donner dans les films à succès, elle pousse même l'ironie jusqu’à conclure le sien par une petite danse traditionnelle exécutée par Ari sur les quais de Melbourne, ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Zorba le Créé.En plus d'avoir le pas léger, ce bellâtre semble fait bien solide pour traverser sans trop de mal les multiples aventures qui parsèment ces trépi-dantes 24 heures, perçues comme autant de rites de passage pour un garçon qui refuse l’autorité et les responsabilités.Si Alex Dimitriades fera sûrement saliver un large public, qui voudra sans doute le revoir dans une jolie p;iire de bobettes ajustées, il est difficile de croire qu’une nouvelle étoile vient de naître sous nos yeux.Et c’est dans le choix de cet acteur trop sexy pour jouer les adolescents tourmentés que Head On révèle ses plus grandes titilles.Les excès y sont si nombreux (enfilades de parties de jambes en l’air, prises de bec à s’en briser les cordes vocales, consommation de drogues qui ferait planer n’importe qui pendant des mois, etc.) qu’ils nous épuisent avant même d’arriver au bout de cette journée particulière.RENCONTRES INTERNATIONALES DU DOCUMENTAIRE DE MONTRÉAL Cinémathèque québé^'jj^aisor Cinéma Ç>|g 'www.cinematheque.qc.ca/rencontres/ .aint-Denis Grille-horaire Rencontres internationales du documentaire de Montréal du i ou 5 décembre 1999 ©Ç14-4QQ-1QQ2 ! C§) Une s^ance 5$ I • | Cinéma ONF ^ j vC/ Carte passe partout 45$ *—•-• 1564, Saint-Denis (prévente dès le 19 novembre) I Forum (incluant repos) 10 $ Cinematheque québécoise 335, de Maisonneuve Est (prevente dès le 23 novembre) C-J : salle Claude-Jutra, Cinémathèque québécoise- F-S : salle Fernand-Seguin, Cinémathèque québécoise ONF : Ctnémo ONF (B) : Regard sur les pays baltes (N) : Regard sur les pays nordiques (A) : Regard sur l'Argentine loi 19/lJO F-S Si me comprendieras Duc'Cuoa.1908 .s: VIS vorv s * » WVisUWl) 04 M edacities , 7 ' ' • • 09 ; Massoud, l’Afghan Sotrée-débot 17b 1.aw-.væis i AuTtioe Sursa, 1997.90 mm.v a mu'i s t * 20* Pc*# tu» ; f«ANCI.190$.Wm;v*C * t » C-J (B) Uostas HorUxw' L.TOM^!lrTUAMI.I998, IOmn.vos» C-J et les conflits armés ?*Where lies the Homo?17*30 vcurn 1 «o»si' ¦ F-S The Moody Brood y »4atw&|CasaSa.1999,40 mi*, vo A , 8 le beau Jacques 19*50 •••(u.c '«-s v • - • 1 F-S Prove di stato H ci Costa*» iftuNci.1998.84mw,vom i » Fernando ha vuelto 21*50 * :: - .:-v\ • - 1 - ' * F-S Punitive Damage: A Mother’s Trial Ccxcso* : Ncvmui rijww.i-W 77mw »a» 9* ONF le montoge, une troisième écriture Ç «3*3° ONF le direct de long cours 17*15 ONF Say Kom Sa •uaw* i F«M*a, 1998.26«IWOI Del olvîdo al no me acuerdo (De foubfc, je ne me vwrm plus) RawiMmx».1999,75mw.vone s t» »9*»5 ONF l’armée de l'ombre Ba**iau|Q4«c.1999.75MW.VO* Toutes Isles 21*50 KwvfH KM», -v .Jv s v.-> ONF Avant le jour !lavw»t AXimc.1999.95 vw.var 14 l’oumigmog ou l’objectif documentaire H 17* IW,78MW.VO* • C-J Falkens Oga lUT-’ou 1 >«nne«aN]SiramO | fusa .sas, 199L 48 mw tomi i a Algérie: les crampons de la liberté 17*15 îamau|Fusci.1998,40mm.vor F-S Prove di stato wCosta*»IFiunci, 1998.84mw.von s-t* Where lies the Homo?19*50, Wwrn Ot«is.9^8.U mw .* s • • F-S The Moody Brood IKIATWC1 Cahaoa.199?.40 mis.v 0 a 21*50 F-S le reve perdu de Nkolas Vossilievitch Kaxakov lK0*n f«Asa.1990 98.117 mw vo» Evaldimaa ,0* - .Av ••••* V -^4 4- US .•* 15*15 ONF Uostas .ONF Voi viegli but.?(B) • • « (N) Okimah |«via»t;(>4mc.I9J8 48mw,voa xwi Viimeiset Korjalaiset G«ons«iT iFisuucs.1998.5.' mis.sons s t a Joime de Nevores.ultimo vioje 0 jl I7hl5 a'«nri1rS,san*s, W-v».vn«n»rv\v >9*15 ONF a wttVS, v.uAiiM | AK2NDM, 19A5 ONF ( 75 mw.VOIS» S T P (A) Intervista.quelques mots pour le dire.OUI fUKt 194ÿ.J6 MW.VO Ai» < T» :h«fi 1*0 FtANCI/CAMItOAN.1999.61 MA.VO' So>ret-debot la démocratie et la ^*3 liberté d’expression 0^F LK DEVOIR (B) les raquettes des Atcikameg vJMtu* Ol>98 30 MW.V 0 «S* VC S T » ONF Une maison à Prague NlUMArw fSANCI.1998 70 mw VOXN A S T 1 1~5 déc 1999 Cinquante-trois documentaires Après chaque projection, les spectateurs sont invités à participer à une discussion portant autant sur le contenu que sur le processus de production du film.Quatre soirées-débats Certaines projections seront l'occasion de soirées-debats, souvent en présence du réalisateur ou animées par des personnes-ressources.(Voir seances 09 | 17 | 19 | 29 ) Quatre ateliers Ces ateliers visent surtout à favoriser un échange entre les professionnels du cinéma documentaire.Les ateliers auront lieu ou Cinéma ONF.Les participants doivent s’inscrire par télécopieur, au 514-499-8951, ou par courrier électronique, à ridmcaipoint-net.com, ou plus tord le 26 novembre 1999.(Voir séances 02 | 03 | 12 | 13 ) Un forum La télévision publique en crise?Avec plusieurs conférenciers invités dont l'auteur, réalisateur et producteur belge Hugues Le Paige.(Voir seance 34 | Dimanche 5 décembre, de îoh à i6h (Hôtel de l’Institut, 3535, rue Saint-Denis), tes participants doivent s'inscrire par télécopieur, au 514-499-8951, ou par courrier électronique, à ridm@point-net.com, au plus tard le 26 novembre 1999.Coût d'inscription: 10 $ (comprenant le repas du midi).info : 514-499-1992 Horaire à conserver (parution unique dans Le Devoir) (?uêbcc :: Télé-Québec G Telefilm Canada Canadü Québec SS 1*1 CarjtS MMV Ministère de la Solidarité sociale COfcSI 'l tn/n "5/ MONtrÊal JJlternatives HOUR LE DEVOIR 1W G S Dussault me Federation nationale des communications cine TV vidéo la Boite Noire Brasseurs RJ Eau de source Amaro f Dan Bigras Encore de LA DINDE?, Non! pe Ho Ho Ho! Tordant' I; f;Blackwatch| .TR| BI’tIOnI A L’AFFICHE DES LE 3 DECEMBRE! f?GAGNANT PRIX DU PUBLIC C I N E M A N I A 19 9 9 « J'ai vu.j'ai adoré.c'est un film qui a beaucoup de charme! » Rêne Homier-Roy - (BF Bonjour! NIEl AUTEUIL VANESSA PARADIS PATRICE I.ECONTI CIBL CENTRE-VILLE 2000 ET UN ENFANT Isabelle Boulay, Garou, , Laurence Jalbert, Éric Lapointe et Dan Bigras Les disques de l’ange animal (Musicor) SYLVAIN CORMIER Cf est pas parce que c’est au sujet de l'enfance que c’est un projet de charité», précise Dan Bigras d’entrée de jeu.Quand j’ai reçu le disque, c’est néanmoins ce que je me suis dit: tiens, v’ià-t-y pas Bigras qui s’y colle encore.Le volontaire de service.L’escogriffe trop sensible qui sait pas dire non.Le grand cœur élastique.Et pourtant non, derrière le disque, il n’y pas de logo promotionnel de ministère, sinon la feuille d’érable à côté de Patrimoine canadien, comme sur tous les disques coast to coast.«C’est parti d’un projet de musique de film que j’avais avec Station Communications, explique Bigras.On discutait, on discutait.À un moment donné, un des gars de Station me dit que le ministère de la Santé trouvait que je leur ferais un bon représentant.Ça fait que la semaine d’après, quand j’ai arrêté de rire, on s’est mis à réfléchir.Moi, le ministère, ça ne m’intéressait pas beaucoup.Mais ce que Station voulait, c’était souligner la journée internationale de l’enfance [le 21 novembre dernier] et le dixième anniversaire des droits de l’enfance par l’ONU.Ça m’est resté dans la tête.Et puis comme je n’avais pas trop le goût de faire un autre de mes albums —je trouve qu’ils commencent à se ressembler et ça m’énerve —, j’ai pensé que ça serait une bonne idée, un disque où, avec mes chums, on chanterait à propos des enfants.De toutes façons, ces temps-ci, on parle rien que d’enfants quand on se voit!» D’où ce 2000 et un enfants qui parait, non pas à la remorque d'un ministère, mais à l’enseigne même de Bigras, Les Disques de l’ange animal.«Je ne veux tromper personne.On envoie un cinquante sous par album à la guignolée Pierre-Péladeau, mais c’est pas un album pour une cause.Éric [Lapointe] m’a demandé: “C’est quoi la cause?” La cause, c’est moi! C’est un album comme on fait un album.Une simple commande de Station que j’ai exécutée, comme j’aurais fait une bande sonore.» L'album, faut-il noter, n’est pas vendu chez les disquaires, mais dans les pharmacies Jean Coutu.«Il y a tllement de disques qui sortent à l’aube de l’an 2000, je voulais qu’il soit mis à la bonne place.Pour avoir plus de chances de convaincre.» Des chansons pas connes qui parlent a’enfants Pour une belle idée, c’est quand même une chouette de bigre de Bigras de belle idée.Un disque de chansons pas connes qui parlent d’enfants et d’enfance.Un disque pour les parents, en quelque sorte, mais aussi pour les parents en devenir, ou plus largement un disque pour tous les gens qui ont les enfants à cœur.Qui plus est, un disque de chansons pas trop évidentes, signées Gaston Mandeville (Berceuse), Mario Chenart (Quand t’as parlé d’un enfant), Michel Rivard (Oh petits enfants), Laurence Jalbert (Chanson pour Nathan), Renaud et Julien Clerc (C’est quand qu’on va où?), Stephen Faulkner (Le Météore) et compagnie, interprétées par les proches de Bigras: Jalbert, Lapointe, Isabelle Boulay, Laurence Jalbert, Garou.Seule une incontournable n’a pas été contournée: Un enfant, la poignante ballade de Brel.Et encore, elle est donnée en swing de big band par l’étonnant Garou.Essayez d’entendre ça dans votre tête, avec la batterie à la Gene Krupa et les cuivres: «Un enfant.badaboumpaf.ça vous décroche un rêve.zabadoupif.un enfant.tagadatagada.ça le porte à ses lèvres.vlabadablang.et ça part en chantant.».Je vous le donne en mille: non seulement la chanson se prète-elle sans le moindre problème au changement de rythme et de ton, mais la nouvelle manière est formidablement fraîche.Une trouvaille.«C’est son idée à lui», rend le réalisateur Bigras ce qui revient à Garou.«C’est un gars plein de flashes.On était en studio et on écoutait la version de Brel.Garou m’a dit: “Ecoute ben le texte, c’est pas triste.L’enfant qui vous décroche un rêve, c’est rose, c’est beau.C’est seulement à la fin, un enfant et nous voilà patience, un enfant et nous voilà passé, que ça cogne: on va la finir en la bluesant.Pour le reste, je ferais ça en swing".Et il avait raison.Il l’a chanté heureux.Quand ça brasse, Garou, il est heureux.Les pattes en l’air.Il fallait que je le tienne devant le micro comme Rosalie.» Rosalie Bigras est la nièce de Dan: elle lui donne la réplique dans Tu seras comme le ciel, une craquante chanson de Thierry Séchan.«C’est la fille de mon frère Jean-François.Le seul qui reste, christ.Tout le monde a pété dans la famille.Avec Rosalie, c’était facile, elle a fait chacune de ses sections en une seule prise.Son seul problème, c’est qu’elle en avait trop de swing, justement.Elle se tordait en chantant.» Autre idée pas gagnée d’avance sur papier mais qui paie au centuple à l’écopte: c’est un non-papa, nommément Eric Lapointe, qui reprend Le Météore, la plus belle chanson jamais dédiép à un fds par son père.«Des fois, Eric vient coucher chez nous, confie Bigras.Il voit mon fils, il le voit vivre, le voit survivre à ce qui aurait pu me tuer.A ce qui pourrait encore le tuer, lui.Ça le fait rêver de s’en sortir.Alors, il se voyait en père dans Le Météore.» C’est encore Lapointe qui a suggéré de placer en finale de l’album la chanson de Faulkner, et d’en reprendre en ultime message les premiers mots: «Tout nu comme un ver / Tout seul devant l’univers».Bigras est reconnaissant: «Il m’a dit: “En deux phrases, tu viens de résumer ton album.”Il avait tout vu, tout ressenti.C’est un vrai, Eric.» Isabelle Boulay Garou f 1 Laurence Jalbert Éric Lapointe ifU" A L’AFFICHE! r— CINÉPIEX O 04 ON i CINÉPLEX O 04 ON .CINÉ PL EX OOÉON i-CINÉMA O |COMPLEXE DESJARDINS ] | LAVAL (Galeries) [ | BOUCHERVILLE 11 GATINEAU Malédiction ! RIDE WITH THE DEVIL Réalisation: Ang Lee.Scénario: James Schamus, d’après le roman de Daniel Woodrell, Woe To Live On.Avec Tobey Maguire, Skeet Ulrich, Jonathan Rhys Meyers, Jewel.Image: Frederick Elmes.Montage: Tim Squyres.Musique: Mychael Danna.Etats-Unis, 1999,138 minutes.Cinéplex Odéon ANDRÉ LAVOIE Nous étions nombreux à croire que, peu importe l’univers ou l’époque qu’il devait mettre en scène, Ang Lee pouvait le faire avec le même doigté, touché par une grâce toujours renouvelée.Le réalisateur d’origine taïwanaise a réussi à recréer avec sensibilité le monde de Jane Austen (Sense & Sensibility'), la banlieue américaine prise dans la tourmente sexuelle des années 70 (The Ice Storm) ou encore les hauts et les bas d’un couple gai aux prises avec une famille aux valeurs très conservatrices (The Wedding Banquet).Qu’il s’intéresse à la guerre de Sécession constitue pratiquement une suite «logique» à ce parcours aty- pique où ses dons de caméléon apparaissent infinis.Dans Ride With The Devil, il a pris part à la bataille mais il faut bien admettre qu’il a perdu la guerre, reprenant, dans un contexte tapageur, quelques-uns de ses thèmes de prédilection, dont celui de la perte de l’innocence.Dans cette adaptation du roman historique de Daniel Woodrell, Woe To Live On, ils semblent avoir encore la couche aux fesses ceux qui se battent pour que triomphent les valeurs sudistes de ségrégation et de racisme.Et leurs motivations sont parfois floues ou contradictoires.Ainsi en est-il pour Jake Roedel (Tobey Mac-guire), fils d’un immigrant allemand plutôt borné et qui cherche à venger la mort de la famille de son meilleur ami par les Yankees, Jake Bull Chiles (Skeet Ulrich).En 1861, dans un Missouri sens dessus dessous, ils se joignent aux «Southern Bushwhackers», s’alliant ainsi avec des justiciers à la gâchette facile et à la morale douteuse, comme Pitt Mackerson (Jonathan Rhys Meyers).On y retrouve également George Clyde (Simon Baker), accompagné d'un esclave fidèle, Daniel Holt (Jeffrey Wright), qui se révélera, curieuse- ment, comme un de leurs meilleurs alliés.Alors qu’ils doivent se cacher en forêt, ils font la connaissance d’une jolie jeune veuve, Sue Lee Jewel) , qu’ils protégeront avant d’être dispersés (ou tués).Sans se prendre pour Terrence Malick, Ang Lee cherche visiblement à renouveler le point de vue moral sur la guerre et, surtout, à éviter les schématisations trop rapides.Les Sudistes n'y sont pas décrits uniquement comme une bande de réactionnaires protégeant leurs privilèges et une structure sociale digne de l'Antiquité.Ces simples soldats, loin d’être tous assoiffés de sang, semblent dépassés par les événements et quelques-uns d’entre eux, puceaux dans certains cas, y font un dur apprentissage des réalités sanglantes de cette bataille fratricide.La présence d’un Noir dans leurs rangs constitue aussi une curieuse source de malaise et de sentiments mitigés, allant de la solidarité au mépris.Cette approche humaniste, antimanichéenne, satisfait visiblement Lee, mais le spectateur, lui, en sort plus perplexe qu’édifié.Cette superproduction trop longue, affichant des choix idéologiques aux contours flous, s’égare constamment entre le divertissement à grand déploiement avec des scènes de batailles impressionnantes et l’incontournable histoire d’amour entachée par les affres de la guerre.Pour gagner ses galons avec Ride With The Devil, certainement le film le plus ambitieux de sa carrière et sans aucun doute le moins réussi, Lee s’est entouré de plusieurs collaborateurs qui ont fait son succès par le passé mais peu inspirés dans ce cas-ci.Du nombre, on retrouve James Schamus, scénariste et producteur de tous ses films, ainsi que le compositeur canadien Mychael Danna et l’acteur Tobey Macguire, déjà présents daps le si touchant The Ice Stonn.A vouloir trop tenter le diable, le réalisateur s’est un peu brûlé les ailes, prouvant que sa capacité d’adaptation a ses limites et que son flair n’est pas infaillible (quelle idée saugrenue d’engager la pop star Jewel pour un rôle que la dernière des finissantes de conservatoire aurait joué mieux qu’el-le).Excellent à décrire les tourments de l’âme humaine et l’éveil des sens, il le fait beaucoup mieux autour d’un bon repas (Eat Drink Man Woman) qu’au front Jeremy Podeswa, cinéaste de l’urbanité Ça vous décroche un rêve Après neuf ans à chanter pour le Refuge des jeunes, Dan Bigras et sa bande remontent à la source et chantent Venfance SABINE EMMANUELLE CHARLOTTE CHRISTOPHER AZÉMA BÉART GAINSBOURG THOMPSON "MAUDIT RÉVEILLON! Énergique, nerveux.Un beau cadeau de Noël" - olivier de Bruyen, le point La Bûche un film do Danièle Thompson Il a battu son ami Atom Egoyan au fil d’arrivée pour le titre du meilleur film canadien de la cuvée au dernier Festival de Toronto.Une semaine après la sortie de Felicia’s Journey, le Torontois Jeremy Podeswa nous offre The Five Senses, un film étrange et conceptuel.MARTIN B 11.0 D E A U Nous sommes tous deux fils d'immigrants.Lui est fils d’Arméniens, moi né d’un père juif polonais et d’une mère Anglaise.Et je pense que notre rapport au monde est très influencé par l'éclio de ce déracinement, qui rapproche sans doute nos cinémas respectifs.D'autre part, nous avons été élevés à Toronto, avons à peu près le même âge, sommes amis et appartenons à la même famille d’artisans du cinéma, travaillons avec les mêmes producteurs et employons les mêmes techniciens.» C’est en ces mots simples que Jeremy Podeswa explique le lien de parenté, pourtant complexe, qui l'unit à son confrère Atom Egoyan, duquel il se distingue par un traitement plastique qui flirte avec l'aseptie, ainsi que par des personnages plus larges que profonds, instru- ments d’un concept intellectuel très écrit, sur lequel le cinéaste imprime en second lieu un récit intuitif.En deux longs métrages, Jeremy Podeswa a forgé un style urbain personnel, inspiré du modèle ophulsien de la ronde, du cycle de vies entrecroisées.Eclipse, son premier film, formait une chaîne romantico-sexuelle ayant pour maillons une dizaine de Torontois solitaires, qui se croisaient le temps d’une nuit d’été.Aussi limité dans l’espace, un quartier cossu de Toronto, et le temps (48 heures), The Five Senses examine l’impact de la disparition d’une enfant de trois ans sur cinq personnages aux existences parallèles, par ailleurs affectés, chacun à sa façon, par la domination ou la faillite d’un sens.On y retrouve un trio féminin formé d’une chef-pâtissière qui réussit des gâteaux sublimement décorés mais immangeables (Marie-Loui- JACQUES GRENIER LE DEVOIR «J’aime déjouer les attentes des spectateurs, subvertir l’idée qu’ils se font du récit», admet le réalisateur du film The Five Senses, le Torontois Jeremy Podeswa.se Parker), d'une massothérapeute incapable de contact physique avec ceux qui lui sont le plus proches (Gabrielle Rose), dont sa fille (Nada Litz), petite voyeuse à qui échappe l’essentiel et cause de la disparition de l’enfant placée sous sa surveillance.S’ajoute au tableau un ophtalmologiste sur le point de devenir sourd (Philippe Volter), puis un homme de ménage bisexuel obsédé par l’odeur de l’amour (Daniel Maclvor), qu’il espère reconnaître en rameutant tous ses ex.Dans une bulle «Tous ces personnages sont à la recherche d’une intimité dont ils sont coupés et que j’ai voulu représenter par des environnements qui leur ressemblent et qui forment autour d’eux une sorte de bulle.Physiquement, ils vivent proches les uns des autres, se croisent, mais des abîmes les séparent.» La disparition de l'enfant aura pour effet de les rapprocher, ou du moins de les arracher à leur monde pour leur faire interpréter celui des autres.«La façon dont les personnages ré- agissent face à la disparition de l’enfant est très révélatrice de qui ils sont.Réalistes, optimistes, fatalistes, c’est leur rapport au monde qui se révèle, mais aussi leur rapport à eux-mêmes.D’autre part, l’enfant représente l’intuition, l’innocence, et tous les personnages à qui cette disparition est révélée mènent des existences rationnelles, empesées, en rupture avec cette vulnérabilité insouciante.» Œuvre d’un cinéaste en voie de maturation, le film de Podeswa assume son héritage par une multitude de clins d’œil, conscients ou inconscients, à Bergman, à Bertolucci, mais surtout à Kieslowski, un maître pour lui, qu’il avoue connaître mieux depuis qu’il a travaillé avec Philippe Volter (covedette de La Double Vie de Véronique), ami du cinéaste polonais décédé en 1996.«On ne sait pas toujours d'où ça vient, mais ça fait partie de notre bagage et on le projette dans nos films», explique Podeswa à propos de ces clins d'œil qui émaillent son film, qui par ailleurs ouvre délibérément des pistes qu’il ne suit pas: «J'aime déjouer les attentes des spectateurs, subvertir l’idée qu’ils se font du récit.» .antidote aux intoxiques hollywoodiens .La sincérité qui s'en dégage ne trompe pas.w Luc Perreault, LA PRESSE oelo* —i r— c ¦ ooto* —> [coynnEDhjAroHll BROSSARD 11 LAVAUGalertet) | v.o.avec sous-Mres franças »• o.avec som titres anglais .1 novimÉin De la bien belle musique d’ici CONDUCTS CANADIAN MUSIC FRANÇOIS TOUSIGNANT ELMER ISELER CONDUCTS CANADIAN MUSIC R Murray Schafer.Sun; Oskar Mo-rawetz: Who Has Allowed Us To Suffer?; Harry Freedman: Pastorale; Clifford Ford: Mass; André Prévost: Ahimsâ.Lawrence Cherney, cor anglais; Sandra Graham, mezzo-soprano; Robert Aitken, flûte; quatuor à cordes Orford; Elmer Iseler’s Singers, dir.Elmer Iseler.Durée; 71 min.12.Centredisques CMC-CD 6599 Il y a environ un an.le grand chef de chœur canadien-anglais Elmer Iseler nous quittait.Pour commémorer l’anniversaire, le Centre de musique canadienne et son étiquette des disques Centrediscs/Centre-disques proposent de faire revivre un peu sa mémoire et quelques-uns de ses accomplissements (non, ce n’est pas ici un anglicisme) les plus importants.Naturellement, vous vous en doutez, ce ne sont pas des extraits du Messie qu’on a choisi, mais bien de la musique contemporaine de compositeurs d’ici faite par une des chorales qu’il a menées à un haut niveau technique et musical, les Elmer Iseler Singers.Je vous passe la vie de l’homme.Le Dictionnaire de la musique au Canada vous en apprendra bien plus que les gauches et malencontreuses notices dans le ton très rectitude politique de Ken Winters (comment peut-on avoir le culot d’imposer ce genre de prose aujourd’hui?).Il faut simplement rappeler à quel point Iseler fut à la fois visionnaire — le nombre de ses commandes le prouve —, passionné — son lot de réalisations est impressionnant —, et un chef de chœur hors du commun — si on le connaît moins au Québec, le Canada anglais le pleure encore, n’ayant pu combler le vide de sa disparition.Cette parution reprend des enregistrements datant du début des années 80.Autant vous avouer tout de go que la technique d’enregistrement n’est pas idéale.Du même souffle, il faut reconnaître que, dans ce cas précis, ce n’est vraiment pas si grave.Ce qui fait la splendeur du disque, c’est la qualité de la chorale et l’éclectisme du répertoire.Des cinq œuvres présentées ici, j’oublierai la sorte de psaume d’Os-kar Morawetz, Who Has Allowed Us To Suffer.Ce type de modernisme folklorique a trop vieilli pour qu’on s’y intéresse autrement qu’avec un regard historique sympathique.Les quatre autres, par contre, procurent un tout autre intérêt.D’abord, il y a Sun, de R.Murray Schafer.Un classique de la musique a cappella d’ici et qui n’a toujours pas pris une ride tant dans le texte que dans l’interprétation sentie et juste des Elmer Iseler Singers.La justesse d’intonation comme d’intention est irréprochable et la magie de l’imagination de Schafer opère à fond.Ne serait-ce que pour cela — que ce soit pour découvrir cette pièce ou pour pouvoir enfin la réentendre à loisir — le disque mérite une pièce au palmarès.Tout aussi impressionnante est la Pastorale d’Harry Freedman.C’est d’un tout autre langage et le chœur est mis à rude épreuve dans les frottements harmoniques.Il s’en sort tellement bien qu’on se prend à rêver en écoutant les solos du cor anglais de Lawrence Cherney sur cette toile de fond.Ennuyeuse, la «mu- sique canadienne»?Pas celle-ci, surtout faite ainsi.Le retour au Moyen Âge est ce qui marque le plus la Messe de Clifford Ford.Un peu comme Stravinski dans la sienne, Ford se sert des techniques de L’Ars Nova et remonte ses pendules à l’heure des Hoc-quetus de Guillaume de Machaut tout teintés de micro polyphonie inspirée de Ligeti.Ce n’est peut-être pas très original, mais cela procure de bien beaux moments d’écoute.Le plus beau reste la naïveté de certains jeu de composition, comme les petits carillons aux sopranos qui ouvrent le Gloria et qui seront développés par la suite.Si on sourit de la joliesse de l’écriture, la finesse d’interprétation de la chorale séduit.Pourtant, ici, il me faut émettre quelques réserves.En groupe, les membres des Elmer Iseler Singers sont incroyables.Quand on leur demande d’être soliste, et il y a beaucoup de petits solos dans ce répertoire, c’est plus fragile.La qualité des voix laisse parfois à désirer, chez les ténors surtout, et la prise de son s’amuse trop ostensiblement à faire ressortir ces instants au détriment de la richesse de l’ensemble.Pour clore le disque, c’est Ahimsâ, d’André Prévost.La brochette d’interprètes est révélatrice déjà de ce qu’on va entendre.On retrouve en effet le défunt Quatuor Orford avec réel bonheur et aussi le flûtiste Robert Aitken au sommet de son art.Tout comme la mezzo Sandra Graham.Un compositeur ne saurait que s’enorgueillir de ce genre de distribution.Quand l’interprétation est au niveau de la réputation, il doit en être fier.À tout le moins, les auditeurs sont ravis, absolument ravis d’entendre sa musique.Même si vous avez encore une léger recul rébarbatif face au répertoire contemporain ou choral, voici donc un enregistrement qui va vous convaincre, même peu à peu, que vos efforts en valaient la peine.Un petit hic: comme c’est publié sur l’étiquette Centredisques — celle du Centre de musique canadienne (CMC) —, il sera peut-être difficile de le trouver chez votre disquaire favori.Vous pouvez toujours le lui commander, ou en profiter pour aller faire un tour au CMC lui-même, au 416 de la rue McGill, dans le Vieux Montréal.Ou encore, écrivez au centre (CMC, 416 rue McGill, Montréal, Québec, H2Y 2G1).Ou téléphonez-y (514-866-3477), à moins que vous ne préfériez au préalable faire une «visite virtuelle» au cmc_que@cam.org.LORTIE - BEETHOVEN Ludwig van Beethoven: Sonates pour piano en la bémol majeur, op.26, en si bémol majeur, op.22, en sol mineur, op.49 no 1 et en sol majeur, op.49 no 2.Louis Lortie, piano.Durée: 64 min.Chandos CHAN 9755 Aucune excuse de ma part: encore une fois, me voici obligé de suivre Louis Lortie à la trace dans son intégrale des sonates de Beethoven.Ce qui pouvait avoir l’air d’une entreprise un peu fanfaronne d’un jeune pianiste (il faut répéter que les intégrales de ces sonates abondent) qui veut faire sa marque prend vraiment une tournure exceptionnelle.Oublions vite les fanfaronnades: Louis Lortie, visiblement, ne les aime pas.Le sérieux avait marqué les premières parutions.L’intelligence et la maîtrise technique aussi.Avec le temps qui passe, plutôt que de continuer à vivre sur la réputation de jeune prodige d’ici, Louis Lortie s’est mis à chercher avec sérieux.Alors, ce qui est passionnant à l'écoute de ce nouveau disque, c'est qu'il trouve encore à nous surprendre.Deux types de sonates sont présentés ici.Commençons par vous aider dans votre magasinage de Noël.Vous avez probablement un neveu ou une nièce qui fait du piano depuis quelque temps et qui, sous les conseils de son professeur, va se mettre à l’une ou l’autre — sinon les deux — des sonates de l’opus 49.Dans le corpus, ce sont deux «aber- rations philosophiques»; des œuvres de jeunesse reprises bien plus tard par un éditeur qui répond aux vœux d’un compositeur qui a besoin d’ar-.gent.Pas du «grand» Beethoven donc, mais des œuvres plus qu’aimables, bien ficelées et qui font les délices des jeunes pianistes.Que cela?Pas avec Lortie! S’il garde le ton plus «léger» du contenu, il s’applique bien — ou plus justement nous force nous-même à nous appliquer — au fait que Beethoven a quand même autorisé la publication de ces pages et que donc, il ne devait pas en avoir honte.Le plus célèbre compositeur d’Europe n’aurait pas toléré qu'on fasse tache à son catalogue, après tout.Vos apprentis vont donc entendre ici un modèle qui, j’en suis persuadé, va les stimuler.Comprendre ce qu’est la phrasé, le beau son, l'articulation nette comme un maître les conçoit.Le mot est lâché: un maître.L'opus 22 et l’opus 26 se rattachent à la phase expérimentale de Beethoven, et aussi sa phase de pianiste virtuose.Sans trop y paraître, ce sont des œuvres très difficiles.Naturellement, elles ne bénéficient pas d’une faveur populaire aussi grande que bien de leurs consœurs, mais les pianistes les affectionnent avec respect.À preuve, dans les concours, là où on veut montrer toutes ses capacités, on les entend beaucoup.De ce genre d’approche, Lortie n’a cure.Il ose celle strictement musicale du discours et s’engage à fond dans la moindre note qu’il joue.Sans jamais être véritablement bouleversé — après tout la musique ne s’y prête guère ici —, on est happé par sa présence, sa sonorité et son imagination.De cela, il y a beaucoup ici.Chaque note est pensée, chaque mélodie repensée, chaque trait si finement mis en place que le mot moderne vient à l'esprit.Ce Beethoven-là, oui, par sa plénitude et ses exi-.gences sur la qualité d’écoute que force l’interprétation de Lortie, est." bien de notre temps.Curieusement, on sent aussi une lignée dans le travail qu’accomplit Lortie.On le sent très proche d’un Fischer et d’un Arrau dans sa manière de modeler le son, un son qu'il pétrit sensuellement avec autorité et énergie.Cela ne l’empêche pas de savoir chanter et réaliser des fioritures coloratures avec la plus grande élégance (mouvement lent de l’opus 22).Son respect du texte et de, son intention s’enrichit de la compréhension de toute une tradition.Ce qui fait qu’en fin de compte on est obligé d'adhérer à sa vision.Reste, toujours l’inévitable problè- ' me de la prise de son réverbérante Chandos.Qui vient simplement actualiser cette phrase du renard de.Saint-Exupéry: rien n’est parfait.TRAIN IdeVIEI Un film de RADU M1HAILEANT ss 107.3 FM v® ¦ « v/n* motion VIA RailGanadS VERSION ORIGINALE FRANÇAISE PARISIEN I Consultez les guides- horaires I des cinémas.Deux fois bravo i.r t>- m» la.* loaiaaTiTHMCMtt Susan Sarandon Natalie Portman N’importe Où SAUF ICI moloiitiniies A L’AFFICHE I — VERSION FRANÇAISE — i-CINÉPLEX ODÉON —1 r—CINÉPLEX OOÉON-^—a i—LES CINÉMAS GUZZO 1 |-CINÉPLEX ODÉON- [QUARTIER LATIN ?! | LASALLE (Place) 1 1 LANGELIER 6 ?| llONGUEUIL (Place) ?[ ËMÉGA-PLEX'GUZZO-1 l—MÉGA-PLÉX* GUUO-1 I-CINCPLCX ODÉON-I i-CINÉMA—1 ASCHEREAU 18 ?l IpONT-VIAU 16 ?I I BOUCHERVILLE 11ST-EUSTACHE ?| I-CINÉ PL EX O DE O N-I r— LES CINÉMAS GUZZO —| I-CINÉPLEX ODÉON-I I-CINÉPLEk ODÉON-1 | LAVAL (Carrefour) | [TERREBONNE 8 [ST-BRUNO ?l I CARREFOUR DORION | I-LES CINÉMAS GUZZO—1 ,-CINÉPLEX OOÉON-.-CINÉPLEX ODÉON ——« r GALERIES ST-MVACINTME *1 l STE-THÉRÉSE 8 ?| | PLAZA PELSON | [CHÀTEAUQUAY ENCORE ?| I ST-HYACINTHE | [¦¦¦ CAPITOL.\ r— CAHREroUR DU NORD —| SUSSI à I'afTichS «O ST-JEAN || ST-JÉRÔME | version originale anglaise ,« Heureux ^Quinzaine des réalisateurs - Cannes 1999?®*“ A L’AFFICHE! -CINEPLEX ODEON_“| TOUS l©S jours*.12:15 - 2:45 - 5:10 - 7:30 - 9:55 «Un film délicieux, intelligent.un premier long-métrage très maîtrisé» * Minou Petrowski - ÇA ME DIT TOUT - SRC «Un film vibrant.magnifiquement porté par les interprètes» Mart-Andrè Lussier - LA PRESSE dosage d'humour et d'émotions, LE BLEU DES VILLES se distingue par une réalisation fine et sensible.» Francine Laurendeau - MULTIMEDI ART - SRC film poignant, mélancolique, très blues qui étonne par sa finesse maîtrisée.» Odile Tremblay - LE DEVOIR « Un bijoux de film » Geneviève Royer - THE GAZETTE a - FLORENCE VICNON Lt MATHILDE SEICNER ANTOINE CHAPPEY BLEU DES VILLES |b heiv)3(r)| v.i» STÉPHANE BRIZÉ LulT* -i’kTia.Culbutes Œuvre d'impertinence jusqu'au 23 avril 2000 == MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :: 185, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Métro Place-des-Arts • Renseignements : (514) 847-6226 Une présentation de GSSILOR www.essilor.ca De main de maître LUMIÈRE DU NORD.LES DÉBUTS DE LA PEINTURE DE PLEIN AIR AU DANEMARK ET EN ALLEMAGNE DU NORD Musée des beaux-arts du Canada 380, promenade Sussex Ottawa Jusqu’au 2 janvier 2000 BERNARD LAMARCHE Pour une unique présentation nord-américaine, le Musée des beaux-art du Canada accueille une exposition au sujet particulier: il s’agit de traquer les premiers soubresauts de la peinture de paysage, en plein air, au Danemark et en Allemagne du Nord.L’exposition organisée en collaboration avec la Kuns-thalle de Hambourg et le Thorvaldsen Museum de Copenhague, où elle voyagera par la suite, couvre la première moitié du XDC siècle et réunit plus de 100 numéros.On y voit une multitude de tableaux peints selon une précision arachnéenne, une foule de petits formats qui attirent l’œil comme un aimant le métal.L’art du détail L’accrochage porte essentiellement sur les influences que les peintres danois ont partagées avec les Allemands du Nord établis à Copenhague, à Hambourg, à Berlin et à Dresde.Les vignettes de l’exposition (de grâce, lisez-les!, elles sont réelle- ment instructives) mettent d’ailleurs l’accent sur cette dimension sociologique, sur les échanges entre les lieux d'enseignement de la peinture, les académies ou entre les peintres lauréats de l’annuel prix de Rome partis en Italie peindre les ruines romaines sur le motif.Il y va d'une entière conception de la peinture, davantage appuyée sur l’observation de la nature que sur des principes établis de composition ou encore sur l’idéalisation de la nature.Ces petits formats, au sujet desquels nos anciens professeurs, amusés, auraient pu dire qu’ils sont «peints au pinceau à trois poils», font certes preuve d'une dextérité sans nom, mais c’est avant tout leur propension à vouloir embrasser sur des surfaces aussi réduites d’aussi grandes étendues de pays qui fait leur particularité.La capacité de ces peintres — le plus connu étant sans contredit Caspar David Friedrich (1744-1840), dont l’exposition, fait remarquable, contient sept toiles, et parmi celles-ci l’un des, clous de l’accrochage, le fameux A bord du voilier, de 1818-19 —, leur capacité, donc, à rendre avec une précision extrêmement raffinée les détails, même dans les plans éloignés, saura gagner l’admiration des visiteurs.Toutefois, ce n’est là qu’une des dimensions du travail de ces artistes, la plus évidente, abordées par Lumière du Nord.Un des points importants soulevés par l’exposition concerne la profession de peintre et les considérations STATEN MUSEUM FOR KUNST.COPENHAGUE Artistes danois à Rome, 1837, de Constantin Hansen techniques autour de la pratique de la peinture.Ainsi verra-t-on cette toile de Jorgen Roed (1808-1888), Repos d’un artiste en bordure de route, de 1832, dans lequel il est possible de voir l’attirail du peintre de plein air à une époque où le tube de peinture n’est pas encore disponible.Fenêtre ouverte sur le monde Parmi les motifs ayant fasciné les peintres, celui de la fenêtre ouverte.En plus de redoubler le cadre dans la représentation, cette particularité assure aux peintres l’étude d’effets lumineux par le contre-jour.Dans La Fenêtre de l’atelier (1789-1869), Carl Gustav Carus (1789-1869) réalise avec doigté cette transition des espaces sombres de l’atelier à la lumière soutenue des extérieurs, en plus de proposer un inventaire du nécessaire à peindre.L’arrière du décor est dévoilé par la figure d’un tableau retourné, adossé à la fenêtre, qui montre son revers.Ici, à la dépiction minutieuse de cette scène d’atelier, sur le monde matériel entourant l’activité du peintre, s’ajoute une réflexion sur la représentation elle-même, alors que le tableau est dénudé tel un objet matériel.Le motif de la fenêtre est repris à satiété par cette peinture nordique, en ce qu’il pose un défi à la peinture, en particulier lorsque les reflets sur la vitre des battants de la fenêtre complexifient la représentation et lient l’intérieur et l’extérieur, comme c’est le cas dans Vue sur le château de Pillnitz (1823) du peintre Johan Christian Dahl (1788-1857).Ailleurs, le motif de la fenêtre est remplacé par celui d’une enfilade de pièces, qui semble témoigner d’une recherche d’espaces particulièrement complexes à rendre par les moyens de la peinture.Ainsi, les conservateurs de l’exposition ont-ils eu l’heureuse idée de rapprocher deux tableaux, ceux de Wilhelm Bendz (1804-1832) et de Christian Morgenstern (1805-1867), Entrée d’une remise à voitures, Partenkir-chen et Porche d'une maison à Par-tenkirchen, peints sur le même motif, à une année d’intervalle, au début des années 1830, et de les disposer côte-à-côte afin de mettre en relief, chez le premier l’intérêt pour la mathématique, la simplification et les espaces abstraits: chez le second, un goût pour l’anecdote et les détails foisonnants.Rares sont les tableaux dans cette exposition qui font dans la narration; y règne surtout un régime descriptif ou, exceptionnellement, symbolique.À bord du voilier, 1818-19, de Caspar David Friedrich MUSEE DE I.ERMITAGE.SAINT-PETERSBOURG Le parcours Il s’agit d’une exposition bien montée, dont le sujet s’écarte des or- François VINCENT «Travaux récents» Peintures et gravures L'artiste sera présent les samedis après-midi Jusqu'au 20 janvier 2000.______GALE RIE SIMON BLAIS 4521.rue Clark Montreal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 9 h 30 à 17 h 30 LORENZO DUPUIS NATURES MORTES ET PAYSAGES DERNIÈRE JOURNÉE WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montre'al H3G 1K4 Tél.: 847-1112 Fax: 847-1113 Du mercredi au samedi de 10 II à 17 li E-mail : wadgorce@uml.net Web : http://www.total.net/~wadgorce la galerie d'art Stewart Hall Centro culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lai.Pointe-Claire, 630-1254 nières implicites à l’hégémonie française dans l’histoire de l’art du XDC siècle.L’accrochage réserve de nombreux moments privilégiés.Entre autres, quelques rares grands formats viennent baliser un circuit rythmé par de petites compositions dans lesquelles il est possible de voir des paysages ou des marines qui permettent de goûter l’observation attentive, par les peintres, des phénomènes atmosphériques, de même que leur finesse à rendre les cordages des navires.Parmi les grands formats, celui, singulier, de Christen Kobke (1810-1848), Une des petites tours du château de Frede-riksbourg (vers 1834-35), un large panneau décoratif, présente un cadrage et un point de vue vertigineux, réellement novateur, alors que le peintre rend une vue des toits du château à partir d’une de ses tours.Un tel travail sur le point de vue et le cadrage est omniprésent dans cette exposition, notamment avec Dahl et son Deux clochers dans un ciel crépusculaire à Copenhague (1837), où il n’est possible de voir que deux clochers et le faîte d’un toit, laissant la plus grande place à un mince banc de nuage et aux variations atmosphériques et colorées de la lumière.Il en va de même avec la copie «domestique» du panorama de Berlin, une vue du toit de l’église de Friedrichswerder (1836) qu’a produite le peintre Eduard Gaertner (1801-1877) pour l’impératrice de Russie Alexandra Fédorovna.Il est possible de reconnaître Berlin selon une précision photographique (le mot est lâché!).C’est d’ailleurs dans cette salle, la dernière de l’exposition, que s’articule un des thèmes les plus spectaculaires du lot, celui des vues urbaines.Toujours de Gaertner, cette percée de La Rue Neuve-Notre-Dame (1826), à Paris, qui relègue à l’arrière-plan la cathédrale Notre-Dame, occulte plus de la moitié de sa façade pour mieux se concentrer sur la percée serrée qu’offre la rue, entre les masses de maisons, décrivant par le menu, sur la rue, le mode de vie des Parisiens.Dans cette renversante salle de clôture, dans ces tableaux où les perspectives offertes par la ville deviennent le principal sujet du tableau à travers la démultiplication des détails, le tableau de Johann Erdmann Hummel (1769-1852), Polissage de la vasque de granite destinée au Lustgar-den (1831-32), prodigieux de détails, résume à lui seul les principaux thèmes soulignés par Lumière du Nord.Dans un atelier fenestré, la lumière extérieure se découpe en de multiples reflets sur les courbes d’une vasque de granit miroitante.L’outillage admirablement détaillé, les nervures du granit minutieusement reproduites ne peuvent rivaliser avec la dextérité et la maîtrise de la perspective qu’exige du peintre le rendu des reflets de lumière distordus par les courbes de la vasque.Sur la vasque se reflète, derrière le dos du peintre, l’ouverture d’une porte qui donne sur un paysage.«Fruit d’une recherche scientifique autant que celle d’une activité artistique», peut-on lire dans le magnifique catalogue de l’exposition, le tableau condense les trois paramètres de cette peinture historique, soit l’illusionnisme, l’étude du monde matériel de même que la réflexion sur les codes de la représentation et sur le métier de peintre.Époustouflant.LOUISE ROBERT Du 13 novembre au 11 décembre GALERIE CHRISTIANE CHASSAY 358.rue Sherbrooke Est.Montréal H2X1E6 Téléphone : 514 284*0003 Télécopieur : 514 284*0050 AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 0 (falenie d
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