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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-12-02, Collections de BAnQ.

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w£i.-£- W à* I $ / T o li o X T « T A X K S Distribution de condoms hier à Saint-Pétersbourg.À la vitesse où se développe l’épidémie, selon les autorités russes en matière de prévention du sida, 10 % de la population risque d’être atteinte par la maladie dans cinq ans.LES ACTUALITÉS ACCÈS EN ANGLAIS AUX SERVICES DE SANTÉ: QUÉBEC NE VEUT PLUS DE L’ARGENT D’OTTAWA PAGE A 3 ¦ La Francophonie s’intéresse à Seattle, page A 3 M E T E 0 Montréal Québec Ennuagement Ciel variable, le matin.Max: -1 Min: -13 Max: 1 Min: -8 Détails, page B 6 1 N 1) E X Annonces .B 4 Idées .A Bourse .B 3 Le monde .B Avis publics.B 6 Les sports .B Culture .B 8 Montréal .A Économie .B 1 Mots croisés.B Éditorial .A 6 Télévision B www.ledevoir.com Boisclair propose de créer un fonds de réserve pour les besoins futurs en santé Une sorte de régime des rentes pour faire face aux coûts liés au vieillissement de la population Statistiques à l’appui, le ministre a signalé que, de 2000 à 2030, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus au Québec passera de 12 à 24 % de la population totale, un vieillissement accéléré, plus rapide que dans le reste du Canada, qu’aux Etats-Unis ou qu’en France.Le nombre de Québécois âgés de plus de 70 ans doublera en 30 ans.Or, tandis que l’État dépense en moyenne 1000 $ par année pour les soins requis par VOIR PAGE A 8: SANTÉ ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Répondant à l’appel de sa collègue Pauline Marois, qui veut entamer une discussion sur de nouveaux modes de financement du réseau public de santé, le ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair, préconise de créer un fonds capitalisé, à l’image du régime des rentes, pour faire face à l’accroissement des coûts causés p;ir le vieillissement accéléré de la population québécoise.Au cours des prochaines semaines, André Boisclair présentera une proposition en ce sens au conseil de sa circonscription de Gouin.«Le financement du système de santé au Québec, il faut ouvrir cette question-là, a livré le ministre au cours d’une entrevue accordée au Devoir.«Est ngement de tactique: une centaine d’arrestations.Québec prépare un programme de reboisement massif Il faut augmenter de 22 % le rendement des forêts pour répondre à la demande LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Après avoir nié pendant des mois la thèse centrale du film de Richard Desjardins, L’Erreur boréale, qui soutenait que la coupe forestière dépassait la capacité de régénération des forêts, Québec s’apprête à annoncer un programme de reboisement massif qui transformerait en plantations 50 000 hectares de forêt par année pour hausser la productivité globale des forêts québécoises de 22 % d’ici 60 ans afin de faire face à la demande prévisible.Cette stratégie, que le ministre des Ressources naturelles Jacques Brassard s’apprête à dévoiler d’ici trois semaines, apparaît dans une «version préliminaire», datée du 25 octobre, du Document d’orientation sur la mise à jour du régime forestier, que Le Devoir a obtenu au cours des derniers jours.Ce document doit faire l'objet d’une consultation publique, laquelle débouchera sur un projet de loi censé rendre opérationnelle d'ici 2004 la réforme de la gestion forestière.Selon le document en préparation au ministère des Ressources naturelles (MRN), cette hausse artificielle de la productivité des forèls coûtera 65 millions par année.La quasi-totalité de cette somme sera assumée à même les redevances payées par les exploitants de la forêt publique, qui en seront éventuellement les principaux bénéficiaires.Le programme créera 1800 emplois par année, dont on ne sait s’ils seront permanents ou saisonniers.VOIR PAGE A 8: FORÊT Un combat loin d’être gagné LE MONDE TCHÉTCHÉNIE: UNE AFFAIRE D’UN À TROIS MOIS, DIT MOSCOU PAGE B 5 Douzième journée internationale contre le sida Le Canada débloque 50 millions de plus pour l’Afrique D’ici dix ans, 40 millions d’enfants africains seront «orphelins du sida» LE DEVOIR Tandis que le taux d’infection au VIH ralentit au Canada, le virus mortel continue sa progression fulgurante sur le continent africain.70 % des 33,6 millions de personnes infectées vivent en Afrique subsaharienne alors que la région ne compte que 10 % de la population mondiale.Aussi, le Canada, qui a déjà investi quelque 55 millions de dollars pour combattre le fléau en Afrique, accordera 50 millions additionnels aux cours des cinq prochaines années.«Le problème du sida déstabilise toute l’Afrique, ce n’est pas un problème isolé», a lancé la ministre de la Coopération internationale, Maria Minna, à l’occasion de la douzième journée internationale contre le sida.Elle a rappelé que d’ici dix ans, plus de 40 millions d’enfants africains seront orphelins parce que leurs parents seront morts du sida.Certaines communautés craignent pour leur existence même, alors quelles prévoient de perdre la moitié de toute leur population active aux griffes de la maladie.En attendant que d’autres organismes se manifestent, les 50 millions seront donc principalement investis par l’entremise du Centre de coopération internationale en santé et développement, l’université du Manitoba et l’Association canadienne de santé publique, trois organisations œuvrant déjà sur le terrain.L’université du Manitoba a d’ailleurs marqué quelques points depuis 1996 au Kenya, une des régions du globe les plus touchées avec l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Malawi.Le taux d’utilisation du condom est passé de 4 % à 80 % en trois ans alors que des programmes de sensibilisation ont impliqué 2500 travailleuses du ¦ Manque d’assiduité dans la prise des médicaments anti-VIH, page A 3 REUTERS Centre-ville de Sofia, en Bulgarie: une employée de la Croix-Rouge participe à une campagne de sensibilisation.sexe et des propriétaires de bars.On estime que 2500 cas d’infection sont ainsi évités chaque année tandis que le taux de VOIR PAGE A 8: SIDA LES ACTUALITÉS SÉCURITÉ ROUTIÈRE: CHEVRETTE VEUT LÉGIFÉRER AVANT L’ÉTÉ PROCHAIN PAGE A 4 .et vous pourriez gagner www.e poste Participez à une autre première canadienne.Contribuez à bâtir le monde de demain et à faire du Canada le pays le plus branché au monde - utilisez la Poste électronique^.Rendez-vous à www.eposte.ca et inscrivez-vous afin d’obtenir votre propre Boîte aux lettres électronique^, entièrement sécurisée et gratuite.La Poste électronique vous permet d’envoyer et de recevoir votre courrier, y compris vos factures, en toute sécurité.Éventuellement, vous pourrez recevoir de la correspondance provenant des magasins, institutions financières, organismes gouvernementaux et autres établissements de votre choix, et même décider quelles publicités vous désirez recevoir.Tout cela, gratuitement.Au fur et à mesure qu’elle évoluera, la Poste électronique vous offrira de plus en plus de possibilités.Toujours à partir d’un seul site Web, et en parfaite confidentialité.Hâtez-vous d’obtenir votre boîte aux lettres électronique.Participez à une autre première canadienne.Inscrivez-vous, activez votre boîte aux lettres et courez la chance de gagner 100 000$.Pour en savoir plus, composez le 1 877 885-8049.t www.eposte.ca 8— r®' MC Marque de commerce de la Société canadienne des postes, utilisée sous licence, t Le symbole “aile», marque de commerce de la Société canadienne des postes, et le symbole «e», marque de commerce de Cebra Inc., sont utilisés sous licence.Pour en savoir plus sur la POSTE ÉLECTRONIQUE" ou sur le règlement du concours, composez le 1 877 885-8049 ou rendez-vous à www eposteca Le concours commence le 26 novembre 1999 et se termine le 14 janvier 2000 Aucun achat requis pour participer au concours.On peut y participer de deux manières 1) en s'inscrivant et en activant une BALEC" 2) S'il est impossible de s'mschre par voie électronique, on peut envoyer ses nom, adresse et numéro de téléphone dans une enveloppe portant la mention • CONCOURS DE LA POSTE ÉLECTRONIQUE INSCRIVEZ-VOUS ET GAGNEZ., à l'adresse suivante: CP.1169, 31.rue Adelaide Est.Toronto.ON M5C 2K5 (limite d'une inscnpbon par personne par la poste ) Tous les titulaires de BALEC" seront automatiquement inscrits Si vous ne souhaitez pas participer à ce concours.Il suffit de nous en informer par écrit à l'adresse indiquée ci-dessus Tous les gagnants du concours devront s'engager à en respecter le règlement et, pour avoir droit à leur prix, devront répondre correctement à une question réglementaire, dans un laps de temps limité.La valeur des prix est établie comme suit 6 prix hebdomadaires de 10 000$ CA et un grand prix de 100 000$ CA Les chances de gagner sont fonction du nombre d'inscriptions admissibles reçues.On peut obtenir le règlement complet du concours en faisant parvenir une demande écrite à l'adresse mentionnéo plus haut ou a www eposte ca Le concours est exclusivement réservé aux résidents du Canada ca L E I) E V 0 I R .L E .1 E II D I I) E (' E M B R E 1 !) it it A 3 -?LE DEVOIR ?-—-— ACTUALITES Ça ne fait pas propre Jean Dion Il y a une dizaine d’années, quand les dominos ont amorcé leur chute, quand le mur de Berlin s’est transformé en gravats à lancer à la gueule des tortionnaires, quand l’URSS s’est écroulée sous le poids de sa propre horrible bêtise, des petits malins se sont mis en frais d’annoncer la fm de l’Histoire.En soi, l’expression est absurde: tant qu’il y aura du temps et des êtres humains à se demander comment le passer, vous pouvez parier votre amour du prochain qu’il y aura des bruits de bottes, du comptage de fric, des exécutions sommaires et des cerveaux à l’œuvre pour trouver le meilleur moyen de faire la passe.Toutes choses qu’on appelle l’Histoire, peut-être par pudeur mais plus sûrement parce qu’on s’en sacre.Il fallait plutôt comprendre que la fin de l’Histoire voulait dire la fin de la guerre entre deux systèmes, et surtout le triomphe du meilleur.Le communisme avait proposé la libération d’entre les libérations, mais c’était sans compter le facteur humain, qui a provoqué l’exact contraire, et l’effondrement était inévitable.Ne restait que le capitalisme, seul garant du bonheur universel, de la liberté et de la paix pour au moins trente mille ans.Mais c’était peut-être, là encore, sans compter le facteur humain.?Nul doute que ces messieurs, car ce sont surtout des messieurs, qui ont convergé sur Seattle auraient aimé que la fin de l’Histoire soit une réalité.Ils y ont d’ailleurs travaillé très fort, usant de tous les recours possibles et de leur infini pouvoir pour bien montrer qu’il ne restait plus au monde qu’une seule idée, donc forcément la bonne, une idée à laquelle ils ont donné un caractère d’inéluctabilité, voire une origine providentielle.Est née la mondialisation, venue d’on ne sait où, apparue comme par enchantement, parmi nous pour rester et pour notre plus grand bien, nouveau dogme de la nouvelle religion planétaire, le commerce.La mondialisation, voyez-vous, on ne peut rien faire contre ça.Rien.Aussi bien en prendre son pied.Les messieurs de Seattle auraient aimé que l’Histoire soit finie.Cela aurait évité que des casse-pied — pied au singulier, comme celui pris — ne viennent enquiquiner leurs tractations au sommet et laissent croire à des gens mal informés qu’il y a peut-être autre chose sous le ciel que leur marché aux putes asocial, amoral et apatride (ce trio de qualificatifs est de Chartrand).Cela leur aurait permis de mener leur business dans l’ordre, la discipline, l’efficacité, et sans froisser leurs complets.Alors que là, ils sont obligés de se barricader derrière les flics, les matraques et le poivre en aérosol.Et ça, ça ne fait pas propre.Ça ne fait pas civilisé.Ça fait république de bananes et dictature assiégée alors que la mondialisation, c’est la démocratie en mode accéléré: pas besoin d’aller bien loin pour s’en convaincre, notre Jean Chrétien à nous nous l’a dit cent fois: plus il y aura de stock acheté de et vendu à une république de bananes, moins les droits de la personne y encourront le risque de glisser sur la pelure.Et ça ne fait pas très Seattle non plus.Seattle, c’est une porte ouverte sur le majestueux Pacifique et ses formidables débouchés.C’est le fief de Bill Gates.C’est la ville où un joueur de baseball, misère, un joueur de balle vient de refuser un contrat de 140 millions $ US pour huit ans.Seattle maintenant aux prises avec un état d’urgence assorti d’un couvre-feu et d’une petite visite de la US National Guard.C’est beau à voir.?Mardi soir, au réseau CBC, un monsieur d’Aquino, chef du Conseil machin de l’entreprise canadienne, racontait que la rencontre de l’Organisation mondiale dp commerce était un exercice hautement démocratique.A preuve, ce sont des gouvernements élus qui y participent et y défendent les intérêts de leurs citoyens.Leurs citoyens?Cela signifierait donc, par exemple, que lorsque le Parti conservateur s’est mis à prôner le libre-échange au milieu des années 1980, il y était poussé par un courant irrésistible provenant du petit peuple et non de ses amis haut placés de toujours.Ha ha.Dis-moi qui te finance et je te dirai sur quel perron tu n’iras pas faire, restons dans les limites de la bienséance, tes besoins.Ils disent aussi, les grands de ce monde, que la mondialisation n’est pas la cause des problèmes évoqués, que l’OMC n’a au fond pour but que de réglementer le bordel (quoiqu’une sauvagerie réglementée puisse encore être pas mal sauvage) et que les manifestants de Seattle, et d’ailleurs, ont des revendications non seulement non fondées mais aussi éparses, fragmentées, toutes mêlées en quelque sorte.Bien sûr, il y a dans le concert des protestations l’environnement, les droits de la personne, les normes du travail, l’alimentation, l’exploitation, la souveraineté, la protection des animaux, la culture, même la religion.Et après?Qui a décidé que la mondialisation serait un immense fourre-tout doté du plus petit nombre de contraintes possibles, et au plus fort la poche?Et puis, si au fond on avait encore le droit — même si nous ne sommes pas tous des spécialistes du commerce multilatéral et visons parfois à côté de la cible — de dire qu’on n’est pas d’accord, ou qu’on a peur, ou de protester contre l’indécence, ou contre la richesse ostentatoire, ou contre l’injustice, ou contre le scandale permanent, ou de tirer dans un tas qui le mérite, ou de dénoncer l’économisme triomphant, ou de leur cracher à la gueule que ça va fàire?Et si ça tourne,à la violence, encore que très marginale, deux questions.À qui la faute?Depuis quand le capitalisme est-il paisible?Pas besoin de casser des vitres pour être violent.Une seule mise à pied sur fond de ronflants profits suffit.?Le président Clinton a déclaré que les gens dans la rue devraient «faire partie» du processus.Le président de l’OMC, Michael Moore, a dit que «des progrès [au chapitre de la transparence] peuvent seulement être accomplis à travers un dialogue constructif».On a tous déjà entendu cela quelque part.Pourtant, même ici, dans le meilleur pays du monde, les manifestations finissent de plus en plus dans les affrontements avec la police.Et on attend toujours de voir comment il est possible d’engager un dialogue constructif quand l’autre se cantonne derrière un nuage de gaz lacrymogène.jdion@ledevoir.com Accès à des services de santé en anglais La fin d’une entente Ottawa-Québec suscite un émoi chez les anglophones La minorité anglophone a toujours craint de faire les frais des querelles qui affligent les relations Ottawa-Québec.Une autre entente vient de tomber et la communauté est en émoi.Mais le gouvernement Bouchard se montre rassurant.PI K R R E () ’ N E I L L LE DEVOIR Ottawa ne contribuera plus au financement des programmes visant à assurer aux anglophones l’accès à des services de santé et des services sociaux dans leur langue.Québec prend tout en charge et paiera la note.Au cours des cinq dernières années, le fédéral a contribué pour 2,25 millions de dollars aux initiatives du gouvernement québécois visant à favoriser l’accessibilité des services sociaux et de santé aux personnes d’expression anglaise.Cette entente Canada-Québec a pris fin en mars dernier et Québec a tout simplement décidé de ne pas la renouveler.Une décision qui ne modifie en rien les programmes en vigueur ni les sommes d’argent qui y sont consacrées, a fait observer hier au Devoir un porte-parole de la ministre Pauline Marois.La mise à mort de l’entente était depuis quelques semaines appréhendée par la communauté anglophone, qui avait commencé à alarmer l’opinion publique.De tous les groupes de pression tuiglophones ont émané des cris d’indignation.des exhortations visant à convaincre le gouvernement Bouchard de renouveler l’entente.Les lamentations les plus pressantes sont parues dans le quotidien The Gazette mais sans parvenir à ébranler la détermination de Québec.En dernier recours, The English Speaking Catholic Council fie Conseil catholique d’expression anglaise) a voulu attirer l’attention du Devoir et l’a invité à se pencher sur la gravité de ce dossier.Dans une lettre unilingue anglaise adressée à l’éditorialiste Michel Venue, le directeur exécutif de ce groupe de pression, Martin Murphy, s’inquiète des intentions du gouvernement et du caractère secret de ses manœuvres.Le Conseil catholique d’expression anglaise a également écrit à la ministre Pauline Marois pour faire valoir que cette entente Canada-Québec aurait dû être renouvelée.Et dans l’hypothèse contraire, il pose trois questions à la ministre: 1.qu’est-ce qui va remplacer l’entente?2.quelle sera la mesure du financement pour chacune des mesures qui seront maintenues en vigueur?3.est-ce que l’appui financier du gouvernement à ce programme sera maintenu sur une base permanente?Conformément à la loi 101, il existe une telle chose que le «Comité provincial pour la prestation des services de santé et des services sociaux en langue anglaise».Cette excroissance gouvernementale est aujourd’hui présidée par Eric Maldoff.autrefois président d'Alliance Québec.Le printemps dernier, dans un avis soumis au gouvernement, M.Maldoff recommandait non seulement que l’entente Canada-Québec soit renouvelée mais qu’elle soit améliorée.A son avis, plusieurs facteurs plaident en faveur du maintien de ces mesures visant à soutenir l’accès aux services de langue anglaise: les nouvelles tendances démographiques qui affectent les communautés d’expression anglaise; la consolidation des changements apportés récemment au réseau sociosanitaire; l’intégration des besoins des personnes d’expression anglaise dans les processus de planification régionale et la mise en application des programmes d’accès.La Francophonie s’intéresse au sommet de Seattle VIH: 45% négligent des malades leurs pilules CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS La Francophonie vient de créer un groupe de travail permanent pour suivre les négociations sur la diversité culturelle à l’occasion du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a lieu à Seattle.Ce sera une «porte d'entrée» de plus permettant au Québec de se faire entendre et de suivre ce dossier, a déclaré la ministre québécoise des Relations internationales.Sortant de la 14 Conférence ministérielle de la Francophonie, Louise Beaudoin s’est réjouie que la Francophonie ait choisi d’envoyer des observateurs à Seattle et de créer un comité permanent sur cette question, dont le Québec sera membre avec le Canada.Il s’agit, selon la ministre, d’une troisième «porte d’entrée pour savoir ce qui se passe et s’in-formersurla question».Le Québec participe déjà à la délégation canadienne (sans droit de parole) et a créé avec la France un comité pour réfléchir aux enjeux de cette négociation.Louise Beaudoin estime ce nouveau groupe de travail nécessaire même si le ministre québécois de l’Industrie et du Commerce, Guy Julien, est déjà à Seattle.Car, dit-elle, «le Canada est peu enclin à partager les informations».L’idée selon laquelle les Etats-Unis seraient prêts à maintenir le statut quo en matière d’exception culturelle n’est «que du bluff», selon la ministre.«Je ne crois pas ça un instant.Ils sont très intéressés, on Ta vu avec les magazines au Canada.» Louise Beaudoin fait par ailleurs confiance à la France pour défendre l’exception culturelle.«Je les vois mal s’écraser!» La Conférence des ministres de la Francophonie clôturait ses travaux mardi en réitérant que «les biens culturels ne doivent en aucune façon être réductibles à leur seule dimension économique».Ce qui ne signifie pas que les pays membres s’entendent sur le lieu — OMC ou UNESCO (comme le proposent la France et le Québec) — où la discussion sur la diversité culturelle doit être menée, a précisé le secrétaire général de l'organisation, Boutros Boutros-Ghali.La conférence présidée par le secrétaire d’Etat canadien chargé de la Francophonie, Ronald Duhamel, a aussi annoncé la tenue d’un symposium à Bamako (Mali) à l’automne sur le bilan des pratiques de la démocratie dans le monde francophone.Ce symposium devrait constituer une étape vers la création d’un observatoire de la démocratie tel que l’avait proposé la France au sommet de Moncton.Les ministres ont de plus annoncé que l’Agence intergouvemementale de la Francophonie consacrerait 30 % de ses budgets à la jeunesse.Boutros Boutros-Ghali a été chargé de formuler des propositions pour la relance de l’Agence universitaire francophone dont le mandat du directeur général, Michel Guillou, n'a pas été renouvelé après qu’il eut été accusé d’avoir réalisé des dépenses somptuaires.Le secrétaire général de la Francophonie a qualifié ces manquements de «petits détails tout à fait secondaires».Louise Beaudoin participait hier aux Invalides aux funérailles de l’ancien ministre gaulliste et vieil ami du Québec Alain Peyrefitte.«C’est la fin des grands ténors», dit-elle.Le soutien au Québec est maintenant «plus diffus.[.] Il est entré dans les mœurs».Louise Beaudoin rappelle que le premier ministre Lucien Bouchard devrait venir en visite officielle en France avant le mois de mai 2000.B R E F E N Les Cris veulent en être (PC) — Les Cris devront participer directement à l’élaboration de toute politique de gestion de l’eau dans le nord du Québec.C’est ce que le grand chef du Grand Conseil des Cris du Québec, Ted Moses, a affirmé hier, lors d’une audience organisée conjointement par la Commission sur la gestion de l’eau du Québec du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l'environnement) et le Comité consultatif pour l’environnement de la Baie-James.M.Mose a condamné l’attitude générale du gouvernement québécois vis-à-vis les Cris et les autres autochtones de la province, une attitude dictée, selon lui, par ses projets souverainistes.«Le statut et les droits des peuples autochtones ne sont reconnus que s’ils ne font pas obstacle aux aspirations sécessionnistes du gouvernement, a affirmé M.Moses.Cette stratégie gouvernementale de domination mine les relations entre Québec et les autochtones.» H a plaidé en faveur d’une approche constructive afin de mettre fin à ce cycle de méfiance et de dépendance.Il a notamment invité le gouvernement à négocier de nouvelles ententes avec les autochtones.ROLLAN DE PARENT PRESSE CANADIENNE Près de la moitié des personnes sous médication anti-VIH commettent à cet égard quatre «infidélités» par semaine à leur régime strict de médication, révèle un sondage pancanadien auquel ont participé 320 personnes atteintes du VIH.Ces chiffres ont été rendus publics, Itier, en conférence de presse, à l’occasion de la journée mondiale du sida.«La fidélité au traitement est essentielle», a commenté le D’ Eric-Albert Lefebvre.Le premier traitement antiviral qu’un individu va prendre va être celui qui va être le plus efficace pour ralentir la progression de la maladie.«On voit dans le sondage que 45 % des gens ont manqué trois doses par semaine.Une étude américaine a suggéré qu 'il fallait adhérer à plus de 95 % des doses [ce qui n’exclut qu'une dose par semaine] pour tirer le maximum de profit du traitement antiviral», a fait valoir le médecin, qui œuvre à la clinique médicale L’Actuel.La non-assiduité est un problème courant bien connu qu’il est possible d’observer chez les personnes atteintes d’autres maladies, par exemple les maladies cardiovasculaires et le diabète où 50 % des malades ne respectent pas les directives touchant les précautions d’emploi.Pour les personnes porteuses du VIH, le D' Lefebvre croit que la «fidélité» pourra augmenter quand les traitements seront plus simples ou quand le nombre de comprimés à prendre sera moindre.A l'heure actuelle, le sondage a révélé que les Canadiens vivant avec le VIH/sida prennent en moyenne 20,1 pilules par jour pour traiter leur maladie.D’où l’idée du D' Lefebre d’écrire une plaquette d’une soixantaine de pages où sont fournis des trucs pour augmenter l’assiduité aux médicaments.Les effets secondaires indésirables et la lassitude à prendre des pilules et à subir les contraintes du traitement sont les raisons les plus souvent fournies.Le sondage a été commandé par deux compagnies pharmaceutiques, Glaxo Wellcome et BioChem Pharma.iHlBULtiU ttÜHl IF TRM '’iiqi gfi Québec lue Hetu l«» f Ationt LOGIQUES L06/a UES Une introduction fascinante aux nouvelles technologies de l’information.i r R E MUlTIMfDM Cyberscénario CYBERSCENARIO La scénarisation multimédia Luc Hétu ISBN 2-89381-668-1 -176 p.24,95 $ Les Éditions LOGIQUES Inc.En vente partout Distribution exclusive: Québec-Livres POUR AVOIR L’HEURE JUSTE À L’AUBE DU NOUVEAU MILLÉNAIRE f.T jM# .onomique Tmondial Annuaiit Ln Découverte/Boréal Le seul annuaire économique et géopolitique mondial l’état monde • trace le bilan de l’année pour les 225 pays du monde • offre des analyses thématiques sur les tendances planétaires actuelles • la meilleure source d’information pour comprendre le monde d’aujourd’hui En collaboration avec IF hFvniR CKAC730 IjL ULVUin ümmacnaa 678 pages • 27,95 S http://www.editionsboreal.qc.ca Boréal Qui m aime me li,ur homicide involontaire ou pour négligence criminelle causant la mort et passerait ainsi de 14 ans de détention à l’emprisonnement à vie.De même, les policiers enquêtant sur une collision causant des blessures ou la mort auraient désormais le droit d’obtenir un mandat par téléphone leur permettant de faire prélever un échantillon de sang d’un conducteur soupçonné de conduite avec facultés affaiblies.Cette modification avait été présentée pour la première fois à la Chambre des communes lors de la dernière session parlementaire mais était morte au feuilleton.Une personne coupable de cruauté préméditée envers un animal pourrait être condamnée à cinq ans de prison L K I» K V III!!.1, K .1 K T l> I I) K C K M I! I! K I !» !l !» A 5 -* LE DEVOIR —^-— MONTREAL Fraude dans des guichets automatiques La Banque Laurentienne veut rassurer ses clients Le processus de remplacement des cartes de guichet a été accéléré LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE La Banque Laurentienne a tenté de rassurer sa clientèle hier, après qu’elle eut été victime d’une fraude à l’aide de cartes de guichet automatique.lin conférence de presse, Jacques Daoust, vice-président exécutif aux services financiers et aux particuliers de la Banque Laurentienne, a estimé à environ 150 000 $ le montant total de la fraude dont la banque et entre 100 et 150 de ses clients ont été victimes.Tous les clients lésés ont été avisés et remboursés, a-t-il pris soin de préciser.En fait, un montant d’environ 200 000 $ a été retiré grâce à ce stratagème, mais la banque a pu en récupérer environ 50 000 $ quand les voleurs ont été retracés.M.Daoust assure que «les clients sont très calmes», malgré ce que certains ont rapporté, et qu’il n’a «pas eu 20 appels sur 1 000 000 de clients» de la Banque Laurentienne.Mais certains clients se sont informés de la sécurité du système auprès des caissières et employés.Devant ces craintes, la banque a tenu à certifier que tous les clients pouvaient utiliser leur carte de guichet en toute sécurité, une nouvelle génération de cartes plus sécuritaires ayant été distribuées à tous.La banque, relate M.Daoust, procédait déjà au renouvellement des cartes de ses clients par celles de la «nouvelle génération»-, elle a simplement accéléré le processus de remplacement.M.Daoust a également tenu à préciser que jamais les fraudeurs n’ont pénétré dans le système informatique de la banque.11 jure aussi que la répétition de cette façon de frauder «est impossible».Les voleurs auraient plutôt trouvé moyen de fabriquer de fausses cartes de guichet automatique, vraisemblablement en copiant l’information encodée sur la bande magnétique derrière la carte.La banque ignore comment les voleurs s’y sont pris.M.Daoust renvoyait les questions des journalistes à ce sujet aux policiers.Ensuite, durant une fin de semaine, avec de véritables numéros d’identification personnelle, les voleurs ont puisé de l’argent dans des comptes appartenant à de véritables clients.Les voleurs ne connaissaient pas ces clients et ne les visaient pas personnellement, a assuré M.Daoust.«Ce n’est pas un vol d'individus; c’est un vol de banque», a-t-il lancé.Les voleurs auraient ainsi tenté ou réussi à retirer de l’argent dans cinq ou six guichets, à Montréal et à Québec, selon lui.M.Daoust soutient que la banque a détecté dès le début la fraude, grâce à un logiciel spécialisé en la matière.Elle a cependant dû laisser faire, à la demande des policiers, afin que ceux-ci puissent suivre la piste des fraudeurs et les arrêter, ce qui a été fait.M.Daoust affirme aussi qu’aucun employé de la Banque Laurentienne n’est soupçonné en rapport avec cette affaire; aucun n’a été suspendu ou congédié.Journée de grève dans 14 établissements de santé FTQ LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Une grève de 24 heures a touché hier 14 centres d'hébergement et de soins de longue durée, dont les employés sont syndiqués à la FTQ.Les services essentiels devaient y être maintenus.Ainsi, plus de 1000 bénéficiaires âgés ont été touchés par ce débrayage légal d’une journée.Dans ces centres, la FTQ représente principalement des préposés aux bénéficiaires, des infirmières auxiliaires et des préposés à l’entretien ménager.La grève était légale et le syndicat avait l’intention de maintenir les services essentiels, a précisé hier Claude Généreux, président québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).1 je Conseil des services essentiels avait d’ailleurs approuvé les listes de services à maintenir pour chacun des établissements touchés.D’autres établissements où la FIX} a des membres doivent faire de même d’ici le 14 décembre, notamment à l’Hôpital psychiatrique de Rivière-des-Prairies, pendant 24 heures aujourd’hui.Les syndicats pensent ainsi faire avancer leur négociation, loin d’être réglée.Les syndiqués luttent surtout contre la surcharge de travail et la précarité d’emploi; plus de la moitié, parfois près des deux tiers des employés œuvrent à temps partiel ou sont occasionnels.Qu’adviendra-t-il de la caserne 26 ?» -, : ’ ’X «CT**** tÿ* ; h mit üi , JACQUES GRENIER I.E DEVOIR APRES L’INCENDIE du 15 novembre qui l’a passablement abîmée, la caserne 26 fermera-t-elle ses portes?C'est à cette question que Gerry Weiner, membre du comité exécutif et responsable du Service de prévention des incendies (SPIM), devra répondre.«Nous avons demandé à la direction du SPIM de nous soumettre leurs recommandations dans les plus brefs délais», a dit M.Weiner.À la suite des pressions des pompiers de la caserne et des citoyens du quartier, la Ville s’est sentie obligée de rassurer ces derniers.«Je comprends qu’ils puissent être inquiets», a déclaré Jean Fortier, président du comité exécutif.«Mais on n’a pas encore d’intentions formulées.» Une étude du SPIM datant de 1996 suggérait la fermeture de cette caserne pour favoriser une meilleure répartition des casernes sur le territoire.La direction du service s’affaire actuellement à mettre à jour les données de cette étude.Les recommandations seront transmises au comité exécutif d’ici Noël.Jacques Mongeau quitte le Conseil scolaire La fin d’une belle aventure Le président démissionnaire du CSIM insiste sur l’importance de l’organisme qu’il a vu naître VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR La tête encore remplie de préoccupations, le président sortant du Conseil scolaire de Pile de Montréal (CSIM), Jacques Mongeau, quitte après presque 27 ans de service.«Ça a été une des plus belles aventures de ma vie.C’est rare qu’on prend les rênes d'une organisation à l’état de nouveau-né et qu’on a à la bâtir.» Derrière son bureau, l’homme s'agite aussitôt qu’il entend le mot éducation.En poste depuis 1973, difficile de croire que Jacques Mongeau aime toujours autant le domaine.Pourtant, c’est le cas.«Le dossier de l’éducation est le plus beau dossier qu’on peut avoir à traiter.C’est toujours en devenir, toujours en mouvement», souligne-t-il.Sa longue carrière, Jacques Mongeau l’a menée sur deux fronts: la moitié au sein des commissions scolaires, l’autre dans son modeste bureau d’avocat de la rue Saint-Jacques, où il a accepté de rencontrer Le Devoir plus tôt cette semaine.«Le CSIM, c’est un gros morceau.A un moment donné j’ai décidé de ne pas chercher à grossir mon bureau outre mesure.J’ai fait des choix, j'aimais mieux séparer mon temps.J’ai toujours eu de l’ouvrage, mes cinq enfants ne sont pas morts de faim», blague-t-il.Même s’il aurait aimé rester un an de plus, Jacques Mongeau part sans amertume.«On a tenté de me convaincre de/ester, mais ma décision était prise depuis le mois d’août.» A la suite d’un conflit, il avait été décidé qu’il y aurait alternance chaque année entre la présidence du CSIM et celle de son comité exécutif.M.Mongeau trouvait l’exercice contre-productif.Jeudi dernier, il a donc démissionné et son poste a été comblé par la vice-présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Afifa Maaninou.«Un président doit avoir plus de temps que ça.Je suis convaincu qu’elle ne va pas la trouver bien drôle quand elle aura à quitter son poste Jacques Mongeau l’an prochain.Elle aura entrepris des choses à sa manière, des choses quelle voudra finir.» Pour lui, le rôle du CSIM est toujours aussi important.Avec les problèmes qu’éprouve le système d education, M.Mongeau soutient qu’une organisation comme le conseil est essentielle, car il agit à la fois comme lieu de rencontre et d’échange tout en faisant contrepoids aux mesures gouvernementales.«Je crois toujours à la force du nombre.Et il ne faut surtout pas oublier l’importance du conseil au niveau financier, à cause des économies d’échelle énormes qu’il permet.» Des millions de dollars qu’on peut mettre dans le système au lieu de payer des primes d’assurance ou des fournisseurs, dit M.Mongeau.De ses 25 ans à la barre du CSIM, Jacques Mongeau souligne que c’est de l’élaboration de la carte de la pauvreté dont il est le plus fier.«Nous l'avons créée pour faire une meilleure répartition de la richesse sur l’île de Montréal.» L’ampleur du nombre de familles défavorisées préoccupe toujours autant l’avocat de 68 ans.«On réalise que les pauvres sont de plus en plus pauvres et que les riches le sont de plus en plus», lance-t-il.Jacques Mongeau espère que le gouvernement va continuer à développer les services spéciaux pour les élèves défavorisés, comme l’octroi de subventions pour les déjeuners, les collations et les dîners chauds.«La Ville de Montréal est la capitale de la pauvreté et qu’on ne vienne pas me dire qu’il y en a aussi ailleurs.On est en milieu urbain, la pauvreté a un tout autre visage», tranche-t-il.L’ancien président du CSIM lance un appel: les écoles des milieux défavorisés demandent un encadrement plus soutenu.«Qui dit encadrement dit plus de personnel.» Même s’il s’en va, Jacques Mongeau reste préoccupé par les négociations concernant le nouveau pacte fiscal, Le gouvernement veut refiler la facture du transport scolaire aux commissions scolaires.«Les Montréalais paient déjà trop de taxes scolaires.Ce qu’on craint, c’est que le gouvernement nous fasse payer une partie du transport des régions.» ARCHIVES LE DEVOIR EN H K E F Du temps pour vos ordures (Le Devoir) — Vous n’aurez plus besoin de demander congé pour sortir vos poubelles! Le comité exécutif de la Ville de Montréal a adopté un changement de règlement liier, prévoyant un déplacement du moment de la cueillette, de 18h à 19h.De plus, vous aurez dorénavant le droit de sortir vos sacs de déchets trois heures avant le passage des éboueurs, soit à ltih, plutôt qu’une heure, comme le stipulait jusqu’à maintenant le règlement.Les changements entreront en vigueur dès qu’une entente sera signée avec les cols bleus, qui devront accepter de modifier leurs horaires de travail.Des encarts seront alors publiés dans les principaux journaux.1 In coût supplémentaire est-il lié à cette modification?«Peut-être, mais j'en doute», a simplement répondu Jean Fortier, président du comité exécutif.Un tunnel toujours dangereux (Le Devoir) — Le fameux «tunnel de la mort», situé au coin des rues d'Iberville et Saint-Joseph, est «encore dangereux», estime Jean Fortier, président du comité exécutif.C’est pourquoi il a recommandé hier de verser un premier montant de 200 (MX) $ pour réaliser des études préliminaires sur ce tronçon.Des ap|x4s d’offres seront donc lancés bientôt.Ceci est la première tranche du million de dollars prévu druis le Plan triennal d’immobilisations de la Ville pour réaliser de telles études.«Ce n ’est pas beaucoup par rapport à l’importance du problème, juge M.Fortier.Habituellement, le coût des études s’élève à 10% de la valeur des travaux qui seront réalisés.Dans ce cas, on peut s’attendre à des travaux à hauteur de cinq à dix millions de dollars.» Directeur intérimaire (Le Devoir) —Jean Fortier a annoncé le nom du nouveau directeur intérimaire du Service du développement économique et urbain hier.11 s’agit de Fabien Cournoyer, qui remplace Claude Forcier.Celui-ci a remis sa démission après seulement sut mois à ce poste.» Vu le côté inattendu de cette démission, M.Cournoyer sera directeur intérimaire», a précisé Jean Fortier, président du comité exécutif.Suivant les pratiques habituelles, un concours d’embauche sera bientôt lancé.Denis Quirion remplacera M.Cournoyer comme directeur intérimaire du Service d’habitation.«Claude Forcier assistera maintenant Guy Coulombe [directeur général de la Ville | en attendant de réorienter sa carrière.Il quittera sans doute la Ville», a indiqué M.Fortier.«Une île, une ville» à l’étude (Le Devoir) — Les tenants du projet «une île, une ville» seront réunis samedi à l’UQAM pour étudier le projet du maire de Montréal, Pierre Bourque.«On ne veut pas donner une tribune à ceux qui s'opposent mais plutôt raffermir, peaufiner, approfondir le projet», a indiqué M.Bourque.Ainsi, sous la vice-présidence d’Andy Nulman, ancien directeur du Festival Just for Laughs, et de Kosemonde Mandeville, p.-d.g.de Biophage, plusieurs personnalités ajouteront leur grain de sel au débat, notamment l'ancien ministre Gérald Tremblay, l’écrivaine Automne Maillet, l’animateur Michel Jasmin, le p.-d.g.du Festival juste ixmr rire, Gilbert Rozon, l’ancien président d’Alliance Québec, Bob Keaton, et le vice-président exécutif et adjoint au président de la Banque de Montréal, Yves Séguin.Les citoyens qui veulent assister à la conférence doivent se rendre au pavillon Judith-Jasmin de l’l IQAM à 8h samedi.Expos: exemption de taxes ?(Le Devoir) — Le maire Pierre Bourque n’a pas fermé la porte à une exemption de taxes pour le prochain stade des Expos.Il a affirmé qu’advenant que la RIO soit propriétaire du nouveau stade, la situation pourrait être la même que celle du Stade olympique, soit une exemption complète d’impôt foncier.«La Ville ne s’oppose pas à ça», a affirmé M.Bourque en insistant sur le fait que la Ville devait s’entendre avec Québec avant tout.Pour l’instant, seul un conseil municipal spécial est prévu lundi dans ce dossier.«Nous voulons seulement ajouter le portefeuille dans un premier temps», a dit le maire.Pour ce qui est du changement de zonage du terrain, la Commission de développement urbain devrait organiser des audiences publiques au mois de janvier prochain.Accroître l’aide au logement communautaire (Le Devoir) — La Ville de Montréal accroît l’aide financière accordée au logement communautaire et assouplit les critères d’admissibilité pour encourager les projets ayant le plus d’impact sur la revitalisation des quartiers.Ia“ comité exécutif va donc recommander au conseil municipal des modifications au règlement sur la subvention à la réalisation de logements coopératifs et sans but lucratif.Parmi les modifications proposées, mentionnons une hausse de 40 % des coûts maximaux des travaux, qui permettra de favoriser les projets de rénovation majeure ainsi que la remise en état ou le recyclage de bâtiments vacants.Mentionnons également que cette modification consiste à augmenter les subventions accordées à la réalisation de logements pour personnes âgées en légère perte d’autonomie.Le montant de la subvention passe de 12 000 à 13 600 $.Français Cardinal EN BREF' Voleurs de poêles Un hiver doux?(Le Devoir) — Trois propriétaires de chalets à Saint-Hippolyte, au nord de Montréal, ont eu la surprise de leur vie lorsqu’ils se sont aperçus qu’on leur avait volé.leur poêle à combustion lente! En deux jours, sur la même rue, trois poêles ont été subtilisés et, dans un des cas, les voleurs sont même partis avec la cheminée.Selon l’agent Gluslain Harnois, de la Régie inter-municipale de police de La Rivière-du-Nord, le travail a été effectué par des professionnels.«Il y a une demande et on pense que ces gens-là avaient un contrat.» Le motif?L’ouverture des camps de chasse et, bien sûr, la peur du bogue de l’an 2000, qui a le dos bien large ces temps-ci.Un poêle à combustion lente avec une cheminée, installés, coûtent entre 3500 et 4000 $.(Le Devoir) — Si la tendance se maintient, Environnement Canada annonce que le sud du Québec connaîtra un hiver clément.Selon le savant processus d’analyse des corrélations canoniques, les météorologues prédisent des températures au-dessus de la normale et des précipitations près de la normale.Néanmoins, après avoir comparé les prévisions des quatre dernières saisons aux observations, force est de constater que les «experts» se gourent plus souvent qu’à leur tour.De façon quasi systématique, la nature a agi de façon contraire à ce qu’avait prédit le Centre météorologique canadien.A plus long tenue, le printemps, l’été et l’automne 2000 devraient être plutôt frisquets pour l’ensemble du territoire québécois.Sous toutes réserves, bien entendu.Il TttWAII.AU N0’ ÏÏTRflViin Québec“» Colloque international et interdisciplinaire Comprendre pour agir: Violences V iolences Victimes et Vengaances Ve Organisé par la Société de philosophie du Québec, en collaboration avec la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence.Dates: samedi.4 décembre 1999 de 14h30 à 18h dimanche, 5 décembre 1999 de 9h30 à 20h Inscriptions sur place ou à l’avance Frais d’inscription: régulier 50 $ étudiant 5 $ Lieu du colloque: UQÀM, Pavillon de Sève Auditorium DSR510 320, rue Ste-Catherine Est Montréal Renseignements: Maria-Filomena de Sousa Tél.: (514) 987-3000 poste 7665 # Courriel: d336354@er.uqam.ca I.E I) E V II U.L E .1 E II I) I 2 I) É C E M B R E I !» !) !) A (} EDITORIAL La frite de McCain En annonçant qu’elle n’achèterait plus de pommes de terre génétiquement modifiées, McCain a reconnu l’ampleur de l’inquiétude des consommateurs.Cette première marque une étape importante dans un débat qui ira en s’intensifiant.allons pas croire que la compagnie d’aliments surge lés s’est découvert une soudaine aversion pour les organismes génétiquement modifiés (OGM).Au contraire.Elle a pris soin, en rendant public son boycottage, d’indiquer que les OGM étaient très bons pour la science.mais très mauvais pour les relations publiques.En clair, l’entreprise du Nouveau-Brunswick a pris une décision purement commerciale: l’in- _____________ quiétude des consommateurs est devenue telle qu’el- e pressentait une baisse de son chiffre d’affaires si elle continuait à s’approvisionner auprès de fermiers faisant pousser des pommes de terre génétiquement modifiées.A moins qu’il ne s’agisse d’une stratégie de marketing destinée à se démarquer de ses concurrents?Alors qu’en Europe, les protestations des consommateurs et des agriculteurs pèsent de tout leur poids dans les décisions des gouvernements — qui ont imposé l’étiquetage obligatoire des aliments contenant des ingrédients modifiés génétiquement —, ici, le lobby anti-OGM n’avait pas encore ébranlé le mur de l’indifférence.La décision de McCain marque une première brèche.L’arrivée sur le marché d’aliments dont le patrimoine héréditaire a été génétiquement modifié est récente.La première tomate transgénique fut approuvée à Washington il y a cinq ans.Depuis, l’industrie des OGM, contrôlée par quelques multinationales de l’alimentation, a connu une croissance effrénée.En misant sur cette évolution biotechnologique, elles peuvent optimiser la production tout en réduisant leurs coûts.Une donnée illustre parfaitement le virage transgénique des Américains: près de 80 % des 28 millions d’hectares où sont cultivés des OGM sont situés aux Etats-Unis.Loin derrière, le Canada n’en est pas moins troisième avec 10 % des surfaces, derrière l’Argentine.Après de longs mois de silence approbateur, les agriculteurs américains commencent maintenant à montrer les crocs, à mesure qu’ils prennent conscience des effets imprévus de certains OGM.Qu’il suffise de parler des hormones de croissance inoculées aux vaches américaines, lesquelles ont entraîné des problèmes de santé dont la résolution coûtait plus cher que les économies initialement envisagées.Mais le recul le plus spectaculaire appartient au groupe chimique américain Monsanto, qui a dû renoncer à la vente de semences stérilisées par modification génétique.Les plants adultes de ces semences, baptisées Terminator par leurs adversaires, ne donnent aucune graine capable de se reproduire.Ce monopole aurait rendu les agriculteurs du Tiers Monde captifs des multinationales.Monsanto tente maintenant un timide rapprochement avec les groupes écologistes, pour mieux expliquer ses activités.Ici, au pays, le gouvernement a rejeté l’appel des groupes environnementaux en faveur de l’étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés.Il a plutôt mis sur pied un Comité pour l’étiquetage volontaire qui, dans un an et demi, proposera une norme commune d’étiquetage, mais facultative.Belle entreprise de diversion! Dans ce dossier, le gouvernement fait preuve d’un lamentable manque de leadership qui, tôt ou tard, lui jouera de mauvais tours.Il se fait rassurant mais sans apporter d’arguments solides.L’inquiétude grandissante des consommateurs devrait pourtant l’amener à effectuer des recherches afin de fournir une information qui fait cruellement défaut à ce jour.Dans le dossier des OGM, l’évolution des technologies est beaucoup plus rapide que la réflexion sociale.Un tel décalage est toujours dangereux, dans la mesure où les résultats des recherches sont appliqués sans que la société ait eu la possibilité de s’interroger sur les virages qu’ils entraînent.Dans certains cas, un braquage tardif mais irréversible de la population obligera à mettre au rancart des progrès qui auraient été souhaitables: dans d’autres cas, des changements irréversibles auront déjà pris place, sans que les citoyens aient eu leur mot à dire.La démocratie est alors bien mal servie.La prolifération des OGM pose des questions existentielles que la société doit débattre avant qu’il ne soit trop tard.Des questions éthiques se posent sur la nature des modifications génétiques, sur la concentration de pouvoirs extraordinaires entre les mains de quelques entreprises, sur l’avenir de l’agriculture.Et, en dernier ressort, sur la nourriture qui atterrit dans notre assiette et ses conséquences pour l’avenir de l’humanité.Panic des Rivières ?O O e'"* ' -T Le symbole Montfort a Cour divisionnaire de l’Ontario a rendu, lundi, un jugement très important pour la sauvegarde de l’hôpital Montfort.Mais la portée de cette décision judiciaire est beaucoup plus grande en ce qui concerne la protection des droits des minorités francophones du Canada.Cette décision unanime des juges Carnwath, Blair et Char-bonneau annule les directives adoptées par la Commission de restructuration des services de santé en Ontario et qui auraient eu pour conséquence de démembrer, à toutes fins utiles, le seul hôpital francophone de la plus grosse province du Canada.Dans cette décision, la cour ne traite pas l’affaire comme une simple question d’accès à des services de santé en français.L’obligation est faite à la commission / ' 30 || de restructuration de revoir le dossier en considérant le rôle constitutionnel plus vaste joué par l’hôpital Montfort en tant qu’institution nécessaire à la progression et à l’amélioration de l’identité franco-ontarienne.Michel Venue Selon les juges, la Constitution canadienne contient ?le droit des minorités de langue officielle à la protec- tion de leur patrimoine culturel, qui inclut des institutions comme un hôpital, et ce, même si aucun article de la Loi constitutionnelle ne l’affirme explicitement.Il est intéressant de constater que la Cour divisionnaire s’est appuyée sur le Renvoi relatif à la sécession du Québec pour soutenir sa décision.Dans cet avis rendu en août 1998, la Cour suprême déclare que la Constitution canadienne est fondée sur quatre principes structurels fondamentaux, dont celui de la protection des minorités.Ces principes, avait ajouté la cour, «imprègnent la Constitution et lui donnent vie» et peuvent donner lieu à des droits substantiels «qui posent des limites à l’action gouvernementale».Sauf erreur, c’est la première fois que le renvoi sur la sécession est invoqué à l’appui d’une décision exécutoire d’un tribunal.D’autre part, ce jugement montre encore une fois à quel point les tribunaux sont devenus un mécanisme efficace et déterminant pour les droits des minorités en démocratie.Tant les autochtones, les anglophones du Québec que les francophones du Canada ont réussi à faire reconnaître par la voie judiciaire des droits que les gouvernements leur niaient.Dernière observation.Ce jugement met en lumière le fait que le bilinguisme officiel au Canada n’est plus la solution pour les minorités de langue française et peut même être une voie vers l’assimilation.Au principe du bilinguisme s’oppose de plus en plus celui de la dualité qui consiste à créer pour les francophones minoritaires des institutions séparées nécessaires à leur épanouissement.mvenne@ledevoir.ca LK DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN Tl F F ET Directrice, ventes et marketing MAR TINE DUBE p ppppppfflfffîy U,.CAR Si SfifoMtS UA/tS ic i ' 'A $£ATtl€, C'£5T PouR Mi(*£ VWAMiTU £T i CS g — .a|xf( of I I flarr oMTACl£$4Ui £mPy||fjlfî*BÏ I $ fIfI 4tt\ iss échangesniiii Illl ift Homme*.»I! 111 ¦ I II M mmiiiii! min «litique fédérale qui présume qu’un premier ministre fédéral québécois n’est qu’une marionnette des anglophones qui ne veulent rien de plus que remettre le Québec à sa place.On peut critiquer la nécessité de cette intervention ou en remettre l’utilité en question; on peut se demander si elle relève d’un excès de logique ou d’une volonté d’un premier ministre en deuxième mandat de laisser un héritage politique au pays.Mais plaire aux anglophones?C’est la dernière préoccupation qui puisse l’expliquer.La réaction du reste du pays au retour du dossier référendaire est celle d’une personne qui a assisté à un accident de la circulation: une certaine stupéfaction.La réaction du caucus libéral de l’Ontario était on ne peut plus claire: s’il vous plaît, n’ouvrez pas cette boîte de Pandore! Conflit québécois Parfois, au Québec, on a tendance à présumer, malgré l’évidence, qu’un premier ministre fédéral ne peut pas continuer d’être Québécois.Mais cette confrontation, aux yeux de ceux qui vivent hors Québec, est un conflit profondément québécois.Ce n’est pas le seul; notre histoire récente est pleine de conflits qu’on peut à peine imaginer sans un premier ministre qui vient du Québec.C’est un des effets sur le pays d’avoir eu des premiers ministres fédéraux québécois pendant 30 des 31 dernières années.On peut relever quatre politiques fondamentales et transformatrices qui auraient été très différentes, ou qui n’auraient pas existé, si le premier ministre fédéral à l’époque de leur mise en œuvre respective n’avait pas été un Québécois: le bilinguisme, le rôle de l’État, la Constitution de 1982 et l’Accord de libre-échange.La Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme avait été créée par Lester Pearson, le dernier premier ministre unilingue du Canada.C’était une période où les politiciens du Canada hors Québec se dirigeaient vers la reconnaissance de la différence québécoise; M.Pearson parlait du Québec comme d’une nation à l’intérieur d’une nation; le Parti progressiste-conservateur appuyait le principe des «deux nations», tout comme le Parti néoclémocrate.Mais peu après la publication du premier tome du rapport de la commission Laurendeau-Dunton, M.Pearson a démissionné et M.Laurendeau est mort.Si Robert Winters, homme d’affaires et ancien ministre plutôt conservateur, avait remporté le leadership du Parti libéral en 1968 contre Pierre Trudeau, l’histoire aurait été assez différente.M.Winters aurait eu de la difficulté à battre Robert Stanfield, chef conservateur, mais même s’il avait gagné, les idées de ces deux hommes de la Nouvelle-Écosse, assez conservateurs tous les deux, auraient été profondément différentes de celles de M.Trudeau.-+¦ Un gouvernement Winters ou Stanfield aurait probablement accepté l’idée du Québec comme société distincte, idée que M.Laurendeau avait prônée dans les fameuses «pages bleues» du rapport Laurendeau-Dunton.Mais M.Trudeau est devenu premier ministre.Rien savoir Comme chacun sait, M.Trudeau ne voulait rien savoir de l’idée du Québec comme société distincte; il avait rompu avec ses amis sur la question nationale.Mais sur l’idée du rôle de l’État dans l’économie, il n’y avait pas de rupture.M.Trudeau apportait à Ottawa la conception québécoise qu’il ayait de l’État et de son rôle, ce qui est à la fois devenu un État musclé à Ottawa et le modèle québécois.Examinons maintenant la Constitution et la Charte des droits et libertés.L’idée d’une charte est tout à fait étrangère aux traditions du parlementarisme britannique mais constitue une partie intégrante de la tradition du Code civil.Pendant les années 60 et 70, les premiers ministres anglophones du Canada observaient, comme des spectateurs à un match de tennis, un débat intense sur la nécessité ou non d’une charte fédérale des droits.En effet, le débat sur le rapatriement de la Constitution et son amendement avec une charte des droits était en grande partie un débat entre deux groupes d’avocats civilistes du Québec.C’est une des ironies de l’histoire que cette charte ait été applaudie par des éléments du Canada anglais au cours des aimées qui en ont suivi l’introduction.Mais il est presque impossible d’imaginer un politicien de l’extérieur du Québec qui se serait battu pour introduire la charte.En effet, huit des dix provinces étaient contre, et M.Trudeau n’a réussi son coup qu’en mettant de l’eau dans son vin avec une disposition dérogatoire, ou clause nonobstant — et, aussi, en forçant les premiers ministres des autres provinces à choisir entre deux Québécois.Est-ce qu’ils étaient prêts à faire campagne dans un référendum, avec René Lévesque, contre Pierre Trudeau et une charte des droits?Poser la question, c’est y répondre.Finalement, le Québec a joué un rôle clé dans l’imposition du traité de libre-échange au reste du pays.Sans le consensus au Québec, le gouvernement fédéral de Brian Mulroney n’aurait jamais réussi à le faire accepter.Encore une fois, on voit un conflit s’amorcer entre Ottawa et Québec.Mais personne ne doit se leurrer.C’est une bataille entre Québécois.Graham Fraser est correspondant parlementaire pour The Globe and Mail à Ottawa.gfraser@glo heanümail.ca Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Diversité culturelle et télévision Les quotas et l’aide à la production ne sont pas éternels Il ne faut pas tenir pour acquises les restrictions à l’investissement étranger ANDRÉ P R OVEN C II E R Président de TVA International Extrait d'un discours prononcé récemment devant l’Association canadienne des radiodiffuseurs U Organisation mondiale du commerce (OMC) entreprend cette semaine à Seattle une première ronde de discussions regroupant plus d’une centaine de pays.A l’ordre du jour: l’élaboration d’un ensemble de règles visant à encadrer les transactions commerciales entre les pays qui adhèrent à l’OMC.Sans figurer au premier plan des échanges, les activités du domaine de la culture pourraient néanmoins représenter un enjeu clé des négociations.La question de la diversité culturelle n’est pas a priori un enjeu de commerce international.Il s’agit d’un objectif que toute nation poursuit pour affirmer son droit inaliénable à l'affirmation de son identité.Et cet objectif ne peut pas souffrir d’être bafoué, même contrarié, par le désordre des relations commerciales mondiales.Jusqu’ici, les autorités canadiennes et québécoises, de même que les pays de la Communauté européenne, ont donc plutôt bien fait d’ériger des barrières contre l’invasion culturelle, principalement américaine.Dans le cadre des discussions de l’OMC, le Canada et ses alliés européens entendent continuer à promouvoir le principe de la diversité culturelle pour maintenir certains des instruments aujourd'hui utilisés pour défendre l’espace de leurs produits culturels et en soutenir la diffusion.Ces instruments prennent la forme de quotas, de restrictions à la propriété étrangère des entreprises culturelles ou encore d’incitatifs fiscaux à la création, à la production et à la diffusion.L’efficacité de ces instruments a été amplement démontrée et il est clair que les industries culturelles du Canada doivent pouvoir continuer d’y recourir.Cependant, et, c’est là mon propos, il faut reconnaître les inconvénients des politiques trop protectionnistes et, surtout, identifier les pressions qui s’exerceront au cours des prochaines années sur l’évolution de notre dynamisme culturel.En deux mots, il y a fort à parier que les réseaux sans frontières, tel Internet, finiront par avoir raison des instruments d’affirmation nationale, les rendant tout à fait inappropriés et inefficaces.A ce moment-là, les principales ressources pour réaliser la diversité culturelle seront les forces de la création alliées au savoir-faire en production et en diffusion.Fonction transitoire Dans cette perspective, les fournisseurs québécois et canadiens de produits culturels doivent se rendre compte que les mesures de soutien créées par les autorités réglementaires ou par leurs gouvernements remplissent avant tout une fonction transitoire.Elles servent à accompagner la mise / SOURCE TVA Le meilleur investissement pour l’avenir de nos produits culturels est, et doit être, la création: l’une des meilleures émissions de TVA, Deux frères.en place des structures industrielles jusqu’à leur maturité lorsqu’elles seront, en principe, capables de survivre dans un univers plus concurrentiel.La pérennité des systèmes de protection ne peut plus, hélas, être considérée comme acquise, tout autant à cause de la pression que ces systèmes exercent sur les finances publiques qu’à cause de l’effet incontournable de mondialisation qu’incarnent les réseaux sans frontières.J’estime pour ma part que le meilleur investissement pour l’avenir de nos produits culturels est, et doit être, la création.C’est la principale assise du formidable développement de la télévision francophone canadienne, une réussite tout à fait exceptionnelle.Ét dans ce monde de forte émulation, le Réseau TVA est parvenu à s’accaparer la part du lion de l’écoute des téléspectateurs en stimulant la création, en faisant appel aux meilleures idées et en misant sur les valeurs les plus authentiques et les plus dynamiques des Québécois.Le Réseau TVA réalise de fait la meilleure performance des systèmes modernes de radiodiffusion à travers le monde.La réglementation canadienne en matière de radiodiffusion a joué à mes yeux un rôle majeur et indispensable dans l’évolution de la télévision francophone.D'abord contraignantes, les mesures réglementaires ont fait naître la passion des idées et du contenu chez les télédiffuseurs et chez leurs partenaires de la production indépendante.L’obligation est devenue un choix non seulement volontaire mais tout à fait enthousiaste.La création se porte bien et les téléspectateurs francophones cultivent aujourd’hui un attachement profond pour une télévision à l’image de leur culture.Inversement, la demande pour les émissions produites ailleurs a chuté substantiellement au cours des 20 dernières années, même s’il subsiste encore quelques cases pour la diffusion de films et de séries étrangères.Inversement, le contenu canadien présenté sur notre réseau et par l’ensemble des chaînes francophones dépasse généralement les attentes réglementaires.La diversité Dans un monde où les règles du jeu auraient été plus libérales, je doute que la télévision francophone du Canada aurait pu se démarquer comme elle l’a fait.Ses infrastructures sont modernes, le talent de ses créateurs est incomparable et le savoir-faire de ses artisans ne cesse d’attirer les regards de nos collègues du monde entier.Et il ne fait pas de doute que la radiodiffusion francophone occupe aujourd’hui une position qui la prépare mieux à relever les défis de l’avenir, y compris ceux de la concurrence.Jusqu’à ce jour, la réglementation a été un moyen important de réaliser l’objectif de diversité, au moins jusqu’à ce que, comme dans le cas de la télévision francophone canadienne, la maturité impose un assouplissement des règles et une plus grande ouverture à la concurrence.Par exemple, je crois dépassées et rétrogrades toutes ces barrières qui subsistent à l’intérieur du système canadien en vue d’empêcher les ra-diodiffùseurs de produire ou de distribuer.En principe, la réglementation ne doit pas avoir un rôle permanent mais plutôt servir à incuber les structures industrielles qui répondent à des objectifs de politique nationale jusqu’à ce qu’elles deviennent mûres et capables de prendre le relais dans un contexte plus ouvert à la concurrence.En revanche, le financement public des produits culturels pour diffusion strictement nationale paraît inévitable, même à plus long terme.C’est une question d’économie.Il est virtuellement impossible, à moins d’une baisse substantielle des coûts de production, d’amortir ceux-ci uniquement à travers les systèmes de diffusion canadiens.Du reste, je doute que ces productions représentent le véritable enjeu des négociations sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce.Canadiens unis Les concurrents contre qui nous devons nous préparer ne sont pas canadiens mais étrangers, le plus souvent américains mais aussi de plus en plus européens.Et la partie qui commence à Seattle n’oppose pas les producteurs aux diffuseurs mais les Canadiens qui désirent poursuivre l'épanouissement de leur culture et de leurs industries aux étrangers qui souhaitent les envahir avec leurs produits culturels.Je crois fondamental que les Canadiens s’unissent pour affirmer un espace culturel distinct et leur droit à se distinguer des autres nations.De la même manière, je pense que viendra le jour où les systèmes sans frontières comme Internet rendront absolument inefficaces les mesures d’exception dans les règles de commerce international.La diversité culturelle préconisée par nos gouvernements est légitime et doit continuer à déterminer les règles régissant le commerce international des produits culturels.Les conditions qui l’accompagnent sont indispensables pour procurer aux industries canadiennes la stature et la maturité qui leur assurent une place sur la scène internationale.Par ailleurs, il faut éviter de tenir pour acquis les avantages structurels du système canadien tels que nous les connaissons aujourd’hui, sous forme de quotas, d'aide à la production ou à la diffusion ou de restrictions à l’investissement étranger.Enfin, toute stratégie qui ne miserait pas d’abord sur la création me semble vouée à un échec certain.Le Québec et le Canada ont démontré qu’ils pouvaient être de formidables promoteurs de contenus, non pas de simples sous-traitants armés de subsides ou de la faiblesse de leur devise.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'inforinntion générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine), Yves d'Avignon (sports): Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francceur (environnement), Judith Lachapelle, louise Leduc, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpetit, Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé) ; Odile Tremblay (Horizons): Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Dudoset Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre, danse).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Jean-Pierre Legault, Clément Trudcl (musique) ; à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Benoit Munger, François Normand, Serge Truffant, Claude Turcotte : A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; A l’information politique : Pierre O'Neill, Hélène Ruzzetti.Manon Cornellier (correspondantes parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).lut documentation : Gilles Paré (directeur) : Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Manon Bouchard, Christiane Legault.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires).Leopold Ste Marie (directeur adjoint) Manon Blanchette-Turcotte, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon : Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard.Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantata.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hutlott, Sébastien Vallée, Christian Vieil.Olivier Zuida.PROMO TION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice).Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Cervais, Évelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rac'hellc Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine btfleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).•‘W\ L E 1) E V l) I R , L E .1 E U I) I 2 I) É C E M B R E 1 !) !) i) A 8 =-* LE DEVOIR * — ACTUALITES SANTÉ SUITE DE LA PAGE 1 les Québécois âgés entre 20 et 54 ans, il doit débourser près de 7000 $ pour les personnes âgées entre 70 et 84 ans et plus de 16 000 $ pour les individus qui ont dépassé le cap des 85 ans.Résultat: pour faire face à la situation, le gouvernement, qui consacre actuellement 6,9 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec au réseau de la santé et des services sociaux (hormis les contributions fédérales), devra débourser en 2030 une somme équivalant à 9,4 % du PIB québécois pour la santé.En commentant les conclusions du rapport Arpin sur l’apport du secteur privé au réseau public de santé, la ministre d’Etat à la Santé et aux Service sociaux, Pauline Ma-rois, avait lancé l’idée, en septembre dernier, d'«explorer de nouvelles sources de financement», comme la création de caisses réservées à la santé ou l’application de formules d’assurance.Le premier ministre Lucien Bouchard avait repris cette proposition, soulignant l’importance d’amorcer une vaste discussion sur de nouveaux modes de financement du réseau public de santé.Jusqu’ici, le gouvernement n’a rien fait pour alimenter concrètement cette discussion, se gardant de proposer des avenues ou des modèles précis.Or le ministère de la Santé et des Services sociaux vient de mandater un groupe de travail formé de fonctionnaires afin d’étudier les modes de financement des réseaux de la santé de différents pays et les solutions que ces pays ont adoptées pour faire face à la croissance rapide des coûts de la santé.Ce groupe de travail, dont un premier rapport est attendu dans quelques mois, relève du sous-ministre François Tu-renne, de la division du budget, des investissements et des technologies de l’information, un des membres du groupe * présidé par Roland Aipin.Parallèlement à cette démarche, le ministère a entrepris d’évaluer, tant sur le plan financier qu’opérationnel, certaines recommandations du rapport Arpin, notamment la création de cliniques privées affiliées aux hôpitaux, a-t-on indiqué au cabinet de la ministre.FORÊT SUITE DE LA PAGE 1 Globalement, la «possibilité forestière» annuelle du Québec serait accrue de 700 000 mètres cubes d’ici 25 ans et, à terme, de 10 millions de mètres cubes lorsque les arbres arriveront à maturité dans 60 ans.La forêt québécoise produit actuellement 30,5 millions de mètres cubes de bois résineux par an, dont 96 % sont déjà alloués aux industriels.Plusieurs pensent que la coupe des résineux excède la productivité de ces espèces.Le document gouvernemental le concède maintenant en termes diplomatiques: «La possibilité forestière des essences les plus convoitées, c’est-à-dire les résineux, est presque entièrement récoltée alors que les besoins des usines ne sont pas entièrement comblés, ni la demande pour de nouveaux approvisionnements.» Globalement, lorsqu’on ajoute les feuillus, le potentiel forestier québécois atteint 43,7 millions de mètres cubes, dont 86 % ont été alloués.Ce potentiel a été haussé artificiellement au début des années 90 quand le MRN a porté plus au nord de Waswanipi, en territoire cri, la ligne d’exploitation de la forêt boréale, une augmentation soudaine du potentiel qui s’est traduite par l’autorisation de nouvelles coupes plus au sud et dans la forêt boréale elle-même sans que la productivité réelle et globale n’ait changé.Le Québec avait modifié son régime forestier en 1986 pour que la coupe commerciale n’excède jamais plus la productivité forestière, un phénomène alors désigné comme le «déficit forestier».Le nombre croissant de contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestiers (CAAF) au cours des dernières années a mené plusieurs observateurs à penser qu’on se dirigeait vers un nouveau déficit forestier, ce qui est le propos centra] de L’Erreur boréale.Selon une compilation divulguée en fin de semaine dernière au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec par Alain Castonguay, rédacteur en chef du mensuel Le Coopérateur forestier, le MRN a augmenté de 9,12 % l’exploitation des résineux entre 1994 et 1999, et de 11 % celle de toutes les essences réunies.Trois régions ont absorbé à elles seules 79 % de cette augmentation de coupe, soit le Saguenay-Lac-Saint-Jean (+7,9 %), la Côte-Nord (+46,7%) et l’Abitibi-Témiscamingue (+6,2 %).La nécessité d’appuyer à fond sur l’accélérateur de la productivité forestière, quitte à artificialiser d’énormes écosystèmes forestiers polyvalents, résulte, selon le plan de Québec, du fait que les surfaces exploitées vont diminuer en raison de l’accroissement éventuel des aires préservées, du fait qu’il «faut pallier les effets négatifs des perturbations naturelles» dont le modèle prévisionnel Sylva ne tenait pas un compte rigoureux, de la nécessité d’allouer d’autres territoires forestiers à d’autres fins que la production ligneuse et du fait qu’il faut intégrer dans la planification informatisée «de nouvelles connaissances en matière de gestion forestière même si cela peut dans certains cas entraîner une réduction de l’offre de matière ligneuse».Comme l’industrie réclame encore plus de bois malgré la nécessité de revoir à la baisse les prévisions de rendement, ajoute le document, il «devient impératif qu’une politique de rendement accru soit adoptée pour fixer des objectifs de croissance de la production des forêts et créer des conditions favorables pour que les travaux requis puissent être entrepris».Le MRN se donne donc comme objectif d’adopter la nouvelle politique d’ici septembre 2002 et de mettre en place les nouveaux «plans généraux d’aménagement» d’ici îe 1" avril 2004.Le document ministériel est très clair: «Les données qui servent à la préparation des plans sont insuffisantes: trop peu de bénéficiaires de contrats recueillent, en complément de l’inventaire décennal confectionné par le MRN, des données précises sur les peuplements où ils comptent œuvrer.L’inventaire décennal est un intrant dans l’établissement de la possibilité forestière et il n’a généralement pas la précision requise pour élaborer une planification opérationnelle, qu’elle soit quinquennale ou annuelle.» Non seulement l’aveu est de taille, malgré les dénégations apportées au documentaire de Monderie et Desjardins, mais on précise aussi qu’«w«e des conséquences de ce manque de préparation est la modification fréquente des différents plans d’aménagement forestier, qui alourdit la gestion et soulève des doutes sur la qualité de l’aménagement des forêts».Parmi les remèdes prévus dans cette nouvelle «révision» du régime forestier, Québec se propose d’obliger les exploitants de chaque région à intégrer les objectifs traditionnels de «rendement soutenu» et les nouveaux objectifs de «rendement accru» dans leurs CAAF, c’est-à-dire dans leur propre planification.Les exploitants des nouvelles «unités d’aménagement forestier», qui remplaceraient les aires actuelles, seraient ainsi tenus solidairement et conjointement responsables de l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement Ils devraient administrer leur unité ensemble, avec un gestionnaire unique, une règle que l’industrie voudrait volontaire et non obligatoire.Les plans quinquennaux seraient aussi ajustés non pas à partir d’évaluations de rendement mais en fonction d’inventaires précis pour que le modèle mathématique dérape moins.S’il devait y avoir des diminutions de coupe parce que les rendements prévus ne seraient pas au rendez-vous, les exploitants des «unités d’aménagement» devraient se les partager.Et le ministre, au besoin, pourrait rouvrir les plans approuvés et forcer l’application de «traitements additionnels» que les exploitants ne pourraient plus porter en arbitrage, la décision du ministre étant alors sans appel, sauf devant les tribunaux ordinaires.Au chapitre du mesurage, actuellement effectué par les exploitants, le plan ne prévoit que des mesures plus rigoureuses, sans préciser lesquelles.Nulle part est-il fait mention de confier cette tâche à des personnes indépendantes des exploitants même si le mesurage du bois détermine l’importance des redevances à payer.Dans le projet de révision obtenu par Le Devoir, le calcul de la «possibilité forestière» demeure la «responsabilité exclusive du ministre».Ce dernier aura par ailleurs le devoir de «sélectionner les entreprises les plus performantes», ce qui pourrait l’amener à rouvrir des contrats et à en accorder les privilèges à des exploitants jugés plus efficaces.Le ministre pourra d’ailleurs intensifier l’exploitation en allouant à d’autres exploitants les parterres de coupe laissés en place par certaines entreprises forestières, qui capitalisent sur eux jusque dans leurs rapports financiers à titre d’actifs monnayables.OMC SUITE DE LA PAGE 1 développement à mettre en œuvre les derniers accords de l’OMC.Les pays en développement demandent qu’on leur accorde plus de temps pour respecter leurs engagements de l’Uruguay Round avant de penser à leur imposer de nouvelles règles.Les pays développés, comme l’expliquait un haut fonctionnaire canadien, préfèrent examiner la question cas par cas parce que le niveau de développement des pays est très variable et que certains n’ont pas la capacité d’agir alors que d’autres se sont simplement traîné les pieds.Cependant, «la mise en œuvre représente le fos-.^.sé Nord-Sud le plus important alors que les autres divergences sont surtout Est-Ouest», a indiqué un fonctionnaire canadien.Le ministre Pettigrew a convenu, en point de presse, que la tâche serait complexe.Il s’agit, a-t-il dit, «d’essayer de rapprocher en réalité les pays en développement des pays développés [.], de trouver des convergences, certaines solutions originales qui permettraient aux parties de se rapprocher, de trouver un langage plus neuf qui pourrait permettre à l’ensemble fies pays de se sentir à l’aise».D va jusqu’à dire que son objectif réel est «de permettre aux pays en développement de se sentir plus à l’aise au sein de l’OMC et de mieux intégrer l’économie mondiale».Son équipe voit sa nomination comme un signe de confiance à l’égard du Canada.M.Pet- tigrew va plus loin.Il est persuadé que le fait d’avoir accepté de diriger un groupe de travail difficile lui «donne un certain crédit auprès du directeur général de l’organisation [Mike Moore] et de [la secrétaire américaine au Commerce] Charlene Barshefsky».«Ça profitera au Canada, au bout du compte», pense-t-il.La réticence des pays en développement à s’engager dans une nouvelle ronde suscite beaucoup de préoccupations; les gros joueurs, l’Union européenne et les Etats-Unis, ne ménagent pas une occasion pour dire combien ils sont sensibles à leur situation.Le président américain Bill Clinton en a fait un des thèmes principaux de son discours livré hier devant les ministres réunis à Seattle.«Nous devons reconnaître que nous avons la responsabilité, surtout ceux parmi nous des pays les plus riches, de nous assurer que nous travaillons davantage pour voir les bénéfices de l’économie mondiale partagés entre un plus grand nombre au sein des pays et entre eux.» Il a reconnu qu’ils n’avaient pas porté assez d’attention aux capacités de mise en œuvre de ces pays et qu’ils devaient maintenant corriger cette situation afin que les pays en développement puissent profiter du système de l’OMC.Il veut aussi améliorer l’accès des produits des pays les plus pauvres au marché américain.Mais tous, a-t-il dit, peuvent tirer profit d’un système commercial international doté de règles claires et prévisibles.Selon lui, «il est impératif que [la réunion de Seattle] réussisse».Les pays en développement ont une autre inquiétude: l’insistance des pays du Nord à vouloir parler de normes du travail et d’environnement à l’OMC.Ils craignent que cela ne serve qu’à ériger de nouvelles barrières contre leurs produits.Bill Clinton a rappelé, d’une part, que tous les pays devaient tenir compte des préoccupations de leur propre population et que le public, dans plusieurs pays, voulait être entendu sur ces questions.D n’a pas dit que l’oreille attentive qu’il tend aux mouvements syndicaux et environnementaux est fortement influencée par la campagne présidentielle et l’appui que son vice-président Al Gore veut conserver dans ces milieux.M.Clinton a toutefois insisté en disant qu’il ne cherchait pas à se doter de nouveaux outils protectionnistes et a noté que la meilleure façon de l’éviter était de doter l’OMC de règles précises, écrites de façon à le prévenir.L’ouverture à l’endroit des organisations non gouvernementales, que le président et d’autres leaders disent souhaiter, a un prix et change la dynamique de réunions comme celle de Seattle.On l’a vu hier.L’Union européenne a surpris tout le monde très tôt en matinée en annonçant qu’elle avait concocté, avec l’appui de la Hongrie, du Japon, de la Corée et de la Suisse — ses alliés dans le dossier agricole, une autre pomme de discorde —, une proposition d’ébauche de déclaration finale.Le document a été remis mardi soir au directeur général de l’OMC mais personne ne pouvait dire à qui lui-même l’avait remis.Chose certaine, les hauts fonctionnaires canadiens ne l’avaient pas encore vu hier matin.Le document n’est pas resté secret longtemps.Bénéficiant d’une fuite, les Amis de la Terre l’ont aussitôt diffusé à Seattle et sur leur site Internet afin d’alerter d’autres groupes environnementaux.La manœuvre a fonctionné puisque le World Wildlife Fund, l’Institut pour l’agriculture et la politique commerciale et Action Aid ont aussitôt convoqué une conférence de presse pour dénoncer l’abandon des pays en développement par l’Europe.La cible de leur colère: le compromis européen sur la biotechnologie.L’Europe avait toujours refusé de créer un groupe de travail de l’OMC sur cette question, préférant en discuter sous les auspices du protocole des Nations unies sur la biodiversité.Ian Willmore, des Amis de la Terre, croit que l’OMC donnera toujours priorité au commerce, au détriment de l’environnement, et rejette donc la nouvelle position européenne, qui se rapproche de celle du Canada et des Etats-Unis.Cet incident démontre l’effet de la vigilance nouvelle des groupes de pression les mieux organisés, ceux qui ont choisi de s’accréditer auprès de l’OMC pour avoir accès au site de la conférence plutôt que de protester à l’extérieur.Il faut noter que les ONG accréditées ne sont pas que des critiques de l’OMC.On retrouve aussi des regroupements de gens d’affaires.Et ils peuvent parfois se rejoindre.Membres de la délégation canadienne, Gilles Taillon, président du Conseil du patronat du Québec, et Gérald Ponton, p.-d.g.de l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Québec, seraient favorables à l’adoption de normes minimales du travail.Ils seraient d’accord pour que l’OMC prenne des mesures pour tenir compte — lorsqu’elle juge les mesures prises par un pays — des engagements que celui-ci a pris auprès de l’Organisation internationale du travail (sur les normes du travail) ou de l’ONU (en matière d’environnement).S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ^3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) UMQ «Quand ça fait des mois que vous avez entrepris quelque chose d'intensif un moment donné, il faut aboutir» SUITE DE LA PAGE 1 actuel sera un «moindre mal» par rapport à la facture maintenue par Québec depuis deux ans pour assainir les finances publiques.Les maires qui ont exprimé leur mécontentement jusqu’ici — à Longueuil et en banlieue de Québec notamment — sur une obligation de résultats quant à la réduction du fardeau fiscal de leurs contribuables auront toutefois leur mot à dire lors d’une assemblée générale qu’a promis de tenir le président de l’UMQ, Mario Laframboise, si une entente de principe survient avec le gouvernement Bouchard.Quant à ce dernier, il semble que c’est la fiscalité d’agglomération, promise par l’UMQ à la condition de la signature d’un pacte fiscal, qui a séduit particulièrement la ministre Louise Harel.Un accord de principe est en effet survenu il y a deux semaines entre des maires de la banlieue montréalaise et des représentants de la métropole sur une nouvelle équité régionale.Ce principe ferait en sorte que les villes des banlieues et des couronnes participent au financement d’équipements et de services régionaux situés à Montréal.La Ville économiserait ainsi environ 100 millions de dollars, la moitié sur la facture gouvernementale éliminée et le reste par le truchement de la fiscalité d’agglomération en partageant notamment le coût d’installations comme le Jardin botanique et le Biodôme.Cette nouvelle équité régionale pourrait également s’appliquer aux autres villes de centralité (she villes centres et 25 agglomérations).Elle pourrait signifier toutefois de légères augmentations de taxes municipales au sein des villes devant supporter les villes centrales.Malgré le fait que la facture de 356 millions est valable jusqu’à la fin de l’année 2000 et que les municipalités devront en payer le premier tiers, 125 millions, au printemps, Mme Harel souhaite conclure le pacte fiscal avant la fin de l’ajournement des Fêtes à Québec.La signature éventuelle du pacte sera immédiatement suivie de la publication de son livre blanc sur l’ensemble de sa réforme municipale.«Il y a une question psychologique, a-t-elle souligné hier.Quand ça fait des mois que vous avez entrepris quelque chose d’intensif un moment donné, il faut aboutir.» Pour sa part, la Fédération québécoise des municipalités compte proposer également au gouvernement de nouvelles pistes pour rester dans le coup.Il est de moins en moins question d’assumer le financement des CLD (Centres locaux de développement) du côté des MRC, mais la FQM dit avoir des cartes dans son jeu pour un transfert de nouvelles responsabilités qui remplacerait la facture de 356 millions.SIDA Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements • Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) l«e Devoir est publié du lundi au samedi par \a- Devoir Inc.dont b* siè^e social est situé au 2050.rue D** Bleury, l.r étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.II «*st imprimé par Imprimerie Québécor DtSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir.!«e Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Knvoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.En Afrique du Sud, le président Mbeki est accusé de «génocide passif» SUITE DE LA PAGE 1 contraction d'autres maladies transmises sexuellement a chuté de 50 %.A l’échelle nationale, le Canada investit annuellement 42,2 millions dans la lutte contre le VIH/sida.Ottawa sera de plus l’hôte d’une conférence internationale sur le sujet au printemps prochain.Manifestations africaines C’était d’ailleurs dans les pays en développement, les plus affectés par l’épidémie, que les gens se sont le plus mobilisés hier pour sensibiliser l’opinion publique au fléau du VIH/sida.Car le fossé se creuse entre les pays occidentaux qui peuvent se payer des thérapies et les pays pauvres.En Afrique du Sud, des organisations de lutte contre le sida ont manifesté au Cap de façon vigoureuse contre la politique du gou- vernement et mis en cause les compagnies pharmaceutiques.Ils ont accusé le président TTiabo Mbeki de «génocide passif» pour son refus de fournir de l’AZT aux femmes enceintes séropositives parce que ce médi-camenj est trop coûteux.En Ethiopie, le président Negasso Gida-da a affirmé dans une allocution radiotélévisée qu’il faut «briser le silence» autour du sida «pour protéger le public».Les estimations de l’ONUSIDA de juin 1998 soulignaient que plus de 9 % de la population adulte éthiopienne (près de 60 millions de personnes) serait porteuse du virus, sojt une progression spectaculaire plaçant l’Éthiopie au troisième rang mondial en chiffres absolus.La situation est certes quelque peu différente ici.Santé Canada évalue qu’entre 55 000 et 60 000 Canadiens auraient été infectés par le VIH depuis 1982.De ce nombre, près de 20 000 personnes présentaient les symptômes du sida à la fin de 1997 et 12 000 en sont décédées.11 y a tout de même matière à'se réjouir car le taux d’infection est en baisse significative.En 1998, 2300 nouveaux cas d’infection ont été rapportés, contre presque le double (4200) deux ans plus tôt.Parmi les groupes au sein desquels on note une augmentation des cas d’infection figure celui des autochtones.Avant 1990, les membres des Premières Nations infectés représentaient 1 % des nouveaux cas.Ce chiffre est maintenant de 15 %.Malgré tout, les hommes homosexuels ou bisexuels constituent encore environ 55 % des personnes infectées au Canada.Les infections par transfusion de sang représentent moins de 5 % des cas.Avec La Presse canadienne et l’Agence France-Presse GUERRE SUITE DE LA PAGE 1 Hier matin, quelques centaines de manifestants, qui se dirigeaient vers le centre-ville pour exprimer leurs préoccupations devant la mondialisation, ont réalisé le durcissement de la police et leur déqision de ne faire aucune exception.A peine ont-ils entrepris leur sit-in pacifique qu’ils ont vu la police intervenir pour immédiatement arrêter ceux qui refusaient de bouger.Le périmètre de sécurité a été élargi et quiconque s’y aventurait sans raison pouvait être arrêté.La police a elle-même admis qu’elle avait décidé de changer de tactique à l’égard des protestataires.La veille, des milliers de militants syndicaux, environnementaux et sociaux ont manifesté sans violence, mais quelques centaines de personnes ont profité de l’occasion pour saccager des commerces.Les vitrines de plusieurs magasins du centre-ville ont été fracassées.Certaines boutiques ont été victimes de vol.Lors des premiers incidents, quelques manifestants pacifiques ont tenté de s’interposer, au prix de coups de pied et coups de poing.La police, pourtant en force, observaient la scène sans tenter d’arrêter les vandales, dont un groupe de gens coiffés de cagoules et de vêtements noirs qui multipliaient les graffitis, le grabuge et la casse, sans toutefois voler la marchandise.Il y a eu des arrestations, mais pas parmi ce groupe.Ce sont surtout des gens qui refusaient d’obtempérer qui ont écopé.Pour le reste, les forces policières ont plutôt mis toute leur énergie à repousser les gens d’une intersection à l'autre à l’aide de gaz lacrymogènes.Comme la situation s’éternisait, à la veille de l’arrivée du président américain Bill Clinton, et qu’au moins deux groupes de fauteurs de trouble refusaient toujours de se disperser, faisant craindre la poursuite du vandalisme, le maire de la ville, Paul Schell, a carrément annoncé qu’il déclarait l’état d’urgence civil et imposait un couvre-feu sur le centre-ville.Sa réponse était à la mesure du choc subi par cette ville autrement très tranquille, impeccable et nantie.Elle a toutefois paru démesurée à plusieurs délégués étrangers.Pour se donner une idée, il faut savoir que l’étendue des dommages était en apparence semblable à ce qu’on a pu voir à Montréal après certaines coupes Stanley.Par contre, beaucoup moins de commerces de Seattle ont été dévalisés.Malgré la décision du maire, deux groupes ont continué à narguer les policiers, s’en prenant dans un cas à un café Starbucks.Malgré cela, les forces de l’ordre s’en sont tenues à leur stratégie, soit repousser les deux groupes à l’extérieur du centre-ville sans tenter d’arrêter ceux qui se livraient au saccage.Autour, on notait quelques curieux, des conférenciers se rendant à leur hôtel et même quelques voitures circulant aux intersections voisines.Plusieurs manifestants, décorés de macarons et la bannière sous le bras, étaient complètement découragés mardi soir à la vue du spectacle.L’un d’entre eux soupirait, craignant que les efforts des groupes populaires et syndicaux aient été vains.Le président Clinton, le directeur général de l’OMC, Mike Moore, et plusieurs ministres ont répété qu’il était important de faire la distinction entre une dissidence légitime ét la violence déplorable et gratuite d’un petit groupe.Mais ce sont quand même des manifestants contre l’OMC qui ont été stoppés hier matin par un déploiement policier plus im-posant que la veille.
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