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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-12-11, Collections de BAnQ.

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1 1 L E I) E V OIK.L E S S A M EDI 11 E T I) 1 M A N (' Il E I 2 1) Ê C E M B K E 1 !) !) !) LE DEVOIR Gilles Marcotte Page D 2 Lettres québécoises Page D 3 Le feuilleton Page D 5 ?Caroline Grégoire Page D 7 Timothy Findley Secrets de famille et pianos Une fois sur deux, l’écrivain ontarien Timothy Findley oublie les narrations aventureuses et raconte une histoire sur un mode plus traditionnel.La Fille de l’homme au piano, que publie Le Serpent à Plumes, dans une traduction d’Isabelle Maillet, n’en est pas pour autant un roman banal.En fait, c’est une très classique histoire de folie canadienne au temps béni des pianos vernis.HERVÉ GUAY LJ histoire familiale de Timothy Findley lui a fourni la matière de plusieurs ouvrages.Ce fut no-' tamment le cas de Guerres.Une branche de son arbre généalogique lui avait inspiré ce roman, qui l’a révélé en 1977.En effet, l’un des grands-pères de Timothy Findley possédait une usine de machinerie.La guerre venue, l’entreprise ?e convertit dans la fabrication de matériel militaire.A son tour, l’écrivain décide de recycler ses origines et d’en tirer un roman très critique à l’endroit d’un passé, dont d’autres se seraient peut-être vantés.Avec La Fille de l'homme au piano, l’écrivain met à contribution l’autre branche de l’arbre généalogique.Car le second grand-père de Timothy Findley était propriétaire d’une fabrique de pianos.Juste avant que ceux-ci soient remplacés dans les beaux salons par la radio, puis par la télévision.Mais il ne faut pas croire que ce versant de l’album de famille permet à l’auteur de Chasseur de têtes des développements plus glorieux.Sous sa plume, des zones d’ombre ne manquent pas d’apparaître.La folie guette.Elle s’incarnera dans le personnage inquiétant de Lili.La fille de l’homme au piano, c’est elle.Et il revient à son fils, Charlie, lui-même accordeur de pianos, de la faire revivre, sans gommer les aspérités d’une hérédité, lourde à porter.Pour composer le portrait de son héroïne, Findley s’est inspiré d’une tante maternelle.Celle-ci avait beau être schizophrène, le romancier l’adorait.Par la suite, elle a dû être internée.En raison de son comportement violent Elle avait aussi tenté de s’enlever la vie.A ce moment-là, elle était mariée et avait déjà quatre enfants, dont trois garçons — des triplets.Sa fille, confesse-t-il, vit toujours à Montréal.Findley prend néanmoins la peine de rappeler que Lili demeure, bien entendu, un personnage de fiction — pas sa tante.Cette saga autour d’un piano débute ainsi en 1889 et se termine au milieu de la Seconde Guerre mondiale.Elle fleure bon l’odeur des prés en même temps que celle des pianos tout neufs, quoiqu’elle soit au surplus traversée par les fulgurantes crises d’épilepsie de Lili, les voue qu’elle entend, ses fugues.Toutes choses restituées patiemment par un fils, aussi occupé à retrouver qui est son père qu’à tenter de se réconcilier avec des secrets de famille qui pèsent sur lui tel un fardeau oppressant La folie des familles À cet égard, l’ouvrage fait penser à la tentative d’Eu-gene O’Neil de se libérer de ses démons parentaux.On songe un peu à Long voyage vers la nuit, liquidation si poignante d’un héritage empoisonné.Précisons toutefois que Findley se fait beaucoup plus indirect.D’ailleurs, Charlie est un fils affectueux, loin d’entretenir avec sa mère des rapports aussi tourmentés que ceux qui hantent cet épouvantable drame.En fait, l’auteur de La Fille de l’homme au piano s’adonne moins au portrait de sa famille qu’il ne brode à partir d’histoires familiales sur son thème de prédilection, la folie.L’écrivain né en 1930 dans le chic quartier torontois de Rosedale est du reste ambivalent quant à ses origines.n les sait fertiles en tares et en responsabilités diverses, mais aussi en souvenirs moelleux et rassurants.Il est vrai que ses parents ont connu luxe et prospérité.Avec la crise, cependant, ils perdent beaucoup d’argent.La famille essaie alors de faire comme si de rien n’était.«Nous portions ce qui se faisait de meilleur, se rappelle Findley.Mais tous nos vêtements étaient d'occasion.» VOIR PAGE D 2: FINDLEY * fe.calme \ 11 11 U 11 n 1 1 t e _ r m R§ w jas â\ te « A 1 •-vj* «fi • ; * ¦* - MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR n dit qu’ils sont beaux.Ils sont souvent très beaux.On ne les lirait guèr médisent certains, tout leur mérite se trouvant dans les riches illustrations qui les distingueraient de la production éditoriale courante.Rien n’est plus faux.Les beaux livres que nous vous présentons aujourd’hui dans le .aUfèmŒmti Êff cadre de cette première sélection (une seconde suivra samedi prochain) sont également faits pour être lus, à cette différence près qu’on y entre avec un peu plus de gourmandise que dans ^ ,jgy - ,, les autres et qu’on attend d’eux qu’ils of- ; frent les «luxe, calme et volupté¦> qu’un Baudelaire demandait au voyage.Coûteux à produire, entourés de soin dans leur conception, ces livres-là, tout en étant encore produits en série, renouent avec une certaine pratique du métier d’éditeur.En somme, ils sont à l’édition ce que sont les repas de fête à la cuisine de tous les jours.Et comme sur les tables les plus opulentes, la variété est de mise: histoire de l’art, art de vivre, voyages, design, histoire, photographie, cuisine, &** littérature, cinéma, érotisme, nature, histoire littéraire, architecture, spiritualité, religions, la liste des sujets demeure ouverte, et chaque année les éditeurs rivalisent d’imagination et de curiosité, souvent d’ingéniosité, pour qu’il en soit ainsi.Période des Fêtes ou non, le beau livre est le cadeau par excellence.En ce moment, dans les grands magasins, des foules hystériques prennent d’assaut les rayons, une liste de cadeaux-corvée à la main.Ainsi le veut la saison.Philosophe, vous leur tournerez le dos.Vous ferez tranquillement votre choix dans ces pages et dans notre sélection de la semaine prochaine.Vous prendrez votre temps.Tout à l’heure, vous verrez votre libraire.En vrai libraire qu’il est, ce dernier vous fera quelques suggestions de son cru.En vrai lecteur, vous voudrez y réfléchir un peu.Vous feuilleterez, vous soupèserez, vous humerez, regarderez.N’avez-vous pas tout votre temps?Enfin, vous ferez votre choix.Le détour par la caisse enregistreuse ne sera qu’un mauvais moment à passer (non sans réserver parfois d’agréables surprises: tous les beaux livres ne sont pas hors de prix) et qu’un certain visage radieux, levé sur vous dans moins de vingt jours, vous fera oublier complètement.I IIIW n t ________ PHOTOS: JACQUES GRENIER LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET I) 1 M A N C II E 12 I) É C E M B R E I !) i) !) -w Livres ¦**- CARREFOURS En votre aimable règlement.Nous étions six, autour de la table.Nous dînions ensemble, chaque mois ou presque, toujours au même restaurant.Pourquoi?Pour manger, bien sûr, pour boire; surtout pour parler.Tous les sujets y passaient, des plus anodins aux plus graves, sans que jamais le rire disparaisse tout à fait.Je me dévouais, parfois.Je me plaignais de devoir écouter un des derniers quatuors de Beethoven, au Ladies’ Morning Musical Club — où il était expressément défendu de tricoter durant les concerts, c’était écrit dans le programme! —, sur de toutes petites chaises raides, au début de l’après-midi, quand la digestion n’était pas encore faite.Et alors, protestations, condamnations, excommunications, expressions du plus entier mépris, j’en attrapais de toutes les couleurs.C’était le bonheur.Cela se passait au cours des aimées 50, Maurice Duplessis régnante (c’est du latin).Nous donc, autour de la table, c’est-à-dire: moi, qui m’excuse de me présenter le premier, de plusieurs années le benjamin, et n’en revenant pas tout à fait d’être admis en si savante compagnie; Jean Le Moyne, l’auteur de Convergences, homme d’une culture exceptionnellement vaste et profonde, aussi brillant parleur qu’écrivain; Robert Elie, le critique d’art (auteur de la première étude publiée sur Borduas), romancier, masquant sous une aménité souriante de grandes passions intellectuelles et spirituelles; Louis-Marcel Raymond, esprit formidablement curieux, botaniste réputé, spécialiste du théâtre français de l’après-guerre; le très élégant Jean Simard, professeur à l’École des beaux-arts, dont je viens de relire avec un plaisir tout neuf les récits très irrespectueux qu’il publia durant les années 40, Félix et Hôtel de la Reine.C’est Claude Hurtubise qui organisait les agapes.Je le vois encore, au bout de la table, ravi d’avoir provoqué ces rencontres, ces échanges.Toute sa vie, il a été celui — directeur de revues, éditeur — qui réunissait.Il réglait lui-même la note et nous demandait notre quote-part quelques jours plus tard, par courrier, avec cette formule vieille France qui n’a jamais cessé de me réjouir, «en votre aimable règlement».Il y avait eu, il y aura d’autres tables.Celle de la revue La Relève, au cours des années 30 — le jeunot que j’étais n’y était pas, malgré certaines rumeurs! —, où Claude Hurtubise se trouvait en compagnie de Jean Le Mbyne, de Robert Elie et de l’éternel ami, Saint-Denys-Garneau.À cette table, François Rabelais s’entendait fort bien avec Jacques Maritain, et il faut peut-être apercevoir cette connivence, en arrière-plan, pour bien lire les articles spiritualistes tendus, un peu appliqués, de la revue.Il y aura, au début des années 50, la table des Ecrits du Canada français, où Jean-Louis Gagnon, Marcel Dubé, Pierre Elliott Trudeau et Gérard Pelletier (ces deux derniers ne faisant qu’une personne morale, pour cause d’absences répétées) se joignaient à quelques autres pour imaginer une collection d’«œuvres libres» dont le Québec de l’époque avait le plus pressant besoin.D n’est peut-être pas sans intérêt de savoir que le premier texte de Patrick Straram, Tea for Two, nous fut apporté par le futur premier ministre du Canada!.Et de nouveau nous nous retrouvons à table, après les nombreux lancements de HMH, où Jacques Fer- Gilles M a rcotte ron échangeait des piques avec celui dont il avait fait un personnage de ses romans, Frank Scott.Puis, c’est dans la grande maison westmontaise de Claude Hurtubise, Marshall McLuhan déroulant son discours avec de grands gestes, sous nos yeux un peu éberlués.Pourquoi, pensant à Claude Hurtubise quelques semaines après sa mort, ces images de tables, de conversations animées, de bonne chère sont-elles celles qui me reviennent aussitôt?C’est que, me semble-t-il, elles reflètent un des projets essentiels de son existence, celui de réunir, de communiquer, de faire circuler la parole.Aux Éditions de L’Arbre comme dans les Ecrits du Canqda français, chez HMH comme aux Editions La Presse, il a publié des écrivains de toutes tendances.D’autres éditeurs rêvaient de grands coups, et en réussissaient à l’occasion.Telle n’était pas son ambition.Il ne répugnait pas au succès, grands dieux non, mais il tenait avant tout à constituer une sorte de bibliothèque bien équilibrée, faite de livres qui dureraient plus d’une saison.Sa plus belle réussite, à cet égard, est assurément la collection «Constantes», lancée au début des années 60, et qui a réuni les discours les plus divers de la Révolution tranquille.Quelques écrivains de premier rang lui ont échap- pé après avoir publié chez lui, comme Gérard Bessette et Jacques Fer-ron.Je retiens le témoignage de celui-ci, peu suspect de complaisance.Claude Hurtubise, dit-il dans ses conversations avec Pierre L’Hérault, «est un très bon éditeur.HMH est la seule maison d’édition vraiment sérieuse avec qui j’ai fait affaire».Il s’effaçait volontiers, ne tenant pas à occuper beaucoup d’espace sur la place publique.Il a rêvé ces dernières années d’écrire ses mémoires, qui auraient été sans doute passionnants, mais il n’a fait que jeter quelques notes sur le papier.Il avait perdu l’habitude d’écrire.Il l'avait fait, au cours des années 30, dans cette Relève dont il était rédacteur en chef.Ses textes ont vieilli, forcément, ils nous paraissent aujourd’hui un peu naïfs lorsqu’ils parlent d’une «révolution spirituelle» dont les tenants et aboutissants ne sont pas visibles à l’œil nu, mais je retrouve pleinement Claude Hurtubise lorsqu’il célèbre la sainte simplicité d’un François d’Assise ou d’une Thérèse de l’Enfant Jésus — on prenait le christianisme au sérieux, à La Relève —, et, aussi bien, lorsqu’il dénonce fermement le nazisme, cette «cascade d'illusions, de mensonges», écrit-il, qui n’inspirait pas la même horreur à tous ses compatriotes.Claude Hurtubise, dans cette longue existence qui n’a pas toujours été facile, n’a jamais quit- AKCHIVKS LE DEVOIR Claude Hurtubise té le parti de la liberté, de l’universel humain.La liste des livres qu’il a publiés, depuis L’Arbre jusqu’à La Presse, en témoigne hautement.«En votre aimable règlement.» Avait-il cueilli cette formule quelque part, ou l’avait-il inventée de toutes pièces?Je l’imagine arrivant avec elle devant Qui-de-droit et, inversant les rôles, lui présentant sa note.Claude Hurtubise était un croyant inquiet et, par là même peut-être, authentique.Renaud-Bray arasa du 2 au 8 dec.1999 trr — " H i HISTOIRE 100 ans d'actualité 1900-2000 5 Collectif La Presse 2 JEUNESSE Harry Potier à l'école des sorciers e 54 J.- K.Rowling Gallimard 3 ROMAN Autobiographie d'un amour 10 Alexandre Jardin Gallimard 4 CUISINE Le guide du vin 2000 5 Michel Phaneuf L'Homme 5 JEUX Les grilles des mordus 7 M.Hannequart Ludipresse 6 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) * 12 Henriette Major Fldes 7 JEUNESSE Le guide officiel des Pokémon 3 Marla S.Bardo Scholastic 8 SPIRITU.L'art du bonheur * 38 Dalaï-Lama R.Laffont 9 POLAR Inspecteur Specteur et la planète Nète 8 G.Taschereau Intouchables 10 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 263 Daniel Pinard Boréal 11 B.D.Thorgal n°25 - Le mal bleu 4 Roslnsky & Al Lombard 12 FINANCE Votre vie ou votre argent ?139 Dominguez & Al Logiques 13 ROMAN Q.Les émois d'un marchand de café 8 Y.Beauchemln Q.-Amérique 14 ROMAN O.Hôtel Bristol New York, N.Y.4 M.Tremblay Leméac 15 ESSAI Q.Un siècle à Montréal 6 Collectif Trécarré 16 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des secrets * 30 J.- K.Rowling Gallimard 17 B.D.Gaston Lagaffe N° 19 3 Franquin Marsu produc.18 NUTRITION Une assiette gourmande pour un cœur en santé 5 Collectif Institut de cardiologie 19 ESSAI Q.L'année Chapleau 1999 4 Serge Chapleau Boréal 20 ROMAN Stupeur et tremblements * 15 Amélie Nothomb A.Michel 21 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous * 109 I.Nazare-Aga L'Homme 22 PSYCHO.À chacun sa mission 4 J.Monbourquette Novalis 23 HUMOUR Mots de tête 11 Pierre Légaré Stanké 24 SPIRITU.Le grand livre du Feng Shui 8 GUI Haie Manise 25 ROMAN Geisha ¥ 43 A.Golden Lattes 26 BIOGRAPH.La prisonnière 29 M.Oufklr Grasset 27 ANTIQUITÉ Meubles anciens du Québec 9 4 Michel Lessard L'Homme 28 JEUNESSE Une bien curieuse factrice 10 D.Demers Q.- Amérique 29 ROMAN O.Gros mots 7 Réjean Duchame Gallimard 30 RÉFÉREN.5 Collectif GiJmessmeda 31 BIOGRAPH.Des femmes d'honneur T.03 5 Lise Payette Libre exprès.32 JEUNESSE 4 Walt Disney Phidal 33 CUISINE Les sélections du sommelier, Éd.2000 6 F.Chartier Libre Exprès.34 JEUNESSE Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban 5 J.- K.Rowling Gallimard 35 ROMAN O.La petite fille qui aimait trop les allumettes * 50 Gaëtan Soucy Boréal 36 ROMAN Un partum de cèdre * 10 A.-M.Macdonald RammarionQ.37 DISCOGR.2 Saulnier Voir 38 ROMAN Je m'en vais (Prix Goncourt 1999) 8 Jean Echenoz Minuit 39 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 * 142 N.Walsch Ariane 40 GESTION Dépensez tout, vivez heureux 8 Stephen M.Asian Cherche-midi 41 POLAR Le dernier coyote * 6 M.Connelly Seuil 42 HISTOIRE 2 Collectif Solar 43 PHCTTOGRA.Les 100 photos du siècle * 23 Marle-M.Robin Chêne 44 ROMAN Le rapport Gabriel 11 J.D'Ormesson Gallimard 45 ROMAN 4 C.Bobln Mercure de fr.% > : Coups de coeur Renaud-Bray WÊM 1 - semaine sur notre liste NOMBRE DE SEMAINI s DEPUIS LEUR PARUTION FINDLEY Regard critique sur le passé SUITE DE LA PAGE D 1 Il n’empêche que la demeure familiale fourmille de livres, de musique et de peintures.L’écrivain en herbe fréquente ainsi musées et galeries.De plus, il va au concert à Massey Hall.Là où, dans la Ville reine, jouent les grands orchestres et les pianistes réputés du temps, comme Horowitz.Une culture classique dont il assure qu’elle nourrit tant les individus que la société.Findley s’inquiète de ce que la culture populajre domine à présent chez les jeunes.A son avis, la grande culture peut sembler plus accessible de nos jours, mais elle ne l’est pas beaucoup plus qu’à l’époque.Et cela, même si compagnies de ballet, orchestres symphoniques et bibliothèques ont prévu des programmes pour les jeunes.Dommage aussi, selon lui, que les adolescents passent moins de temps à lire et plus à naviguer sur Internet.«C’est dérangeant, dit-il, parce qu’il faut faire en sorte d’employer son imagination si l’on veut survivre.L'éducation est avant tout une question de survie.Et c’est un monde très brutal que le nôtre.Je prie pour les enfants qui abandonnent l’école, parce que ce monde fait peur.Que leur offre-t-il d'ailleurs?Peu de mondes où ils puissent vraiment vivre leur vie.De moins en moins de place pour eux.Les nouvelles technologies font disparaître les emplois qui reviennent alors aux machines.Une banque vient de mettre à pied 6000 travailleurs en Ontario.Que vont-ils faire?Notre monde va mal en partie parce que nos dirigeants tiennent les gens à l’écart des solutions.» Une éducation lacunaire La mise à l’écart est une question centrale dans l’œuvre de Findley.La MARIE-EVE GAGNON Trois sombres textes pour actrice éclairée suivi de Pitié pour les vieilles chiennes sales ¦VWf ?( ,v .; TROIS S0MBRE3!«TJ* POUR ACTRICE ÉCLAIRÉE Voici un théâtre de désespérés fonctionnels.Comme nous tous.LES HERBES ROUGES / THEATRE HECTOR DE SAINT-DENYS GARNEAU Accueil et autres poèmes choix et présentation de Paul Chanel Malenfant HECTOR DE sun-otns «RVEU ACCCEIL ET Al THES ntMB v.PAèLËMSslAÜA SOÊÜB!* «/> V) O) CM CL 3 www.renaud-bray.com Qu’elle doute, qu’elle nie, qu’elle nomme le manque ou le néant, la poésie de Saint-Denis Garneau appartient à la résistance.LES HERBES ROUGES / COLL.«FIVE O’CLOCK» protagoniste de son récit, Lili, devient un être fragile de plus dans un univers romanesque qui en est peuplé, pareil à un refuge pour déshérités.Aussi peut-on voir dans les romans de celui qui vit, protégé, dans la petite cité culturelle de Stratford, comme une critique d’un monde manquant de compassion et qui fait peu de cas des mésadaptés.A ce sujet, connue d’autres auteurs marquants de son coin de pays, Findley a constaté après coup que les Canadiens de son époque, même ceux appartenant aux classes favorisées, ne recevaient pas une éducation adaptée à leurs besoins.«Je ne sais ce qu’on vous enseignait au Québec, dit-il.Mais je sais très bien ce qui se faisait en Ontario.Dans la plupart des écoles, on n’enseignait pas l'histoire canadienne mais lliistoire britannique — pas la littérature canadienne, mais la littérature anglaise.Nous n’avions pas de contact avec notre propre culture.Je me rappelle que je détestais ça.Mais cela nous était imposé.De même, la façon de s’habiller Nous portions des cravates à l’école.Je ne m’en plains pas.Mais cette façon de nous enrégimenter n'avait pas grand-chose à voir avec qui nous étions.» Regard critique sur le passé, donc, qui n'en nie pas la richesse à certains égards ni les lacunes évi- dentes.De même, les aspects plus sombres de son histoire familiale ne portent pas non plus Findley à désespérer ou à battre sa coulpe de manière ostentatoire.«Quand je regarde en arrière ce que nous avons fait, commente l’écrivain d’origine irlandaise à propos des siens, je ne me sens pas coupable, mais désolé.Mais il ne suffit pas de s’excuser.R faut agir et faire en sorte que les choses changent.Autrement dit, présenter des excuses, ce qui montre que l'on a du cœur au ventre.Pour cela, je me suis impliqué aussi bien en faveur des droits des écrivains qu’auprès des sidéens, en travaillant dans un mouroir.D’autre part, je me suis aussi battu pour que cesse la censure en ce qui a trait aux livres gais et lesbiens.» Inutile, le piano, dans tout ça?Ce n’est pas ce qu’il y a à comprendre des propos de l’activiste en Timothy Findley.Même s’il est clair pour lui qu’une vie ne devrait sans doute pas être fàilje uniquement de culture et de petits fours.Une éducation, pense-t-il, devrait servir à davantage qu’à apprendre là pianoter quelques notes destinées là agrémenter les mornes soirées d’hn-ver.«On ne peut pas passer tout son temps à lire des livres, dit-il, il faut aussi faire quelque chose pour les autres.» LECTURE Le Noroît et la relève CARTE BLANCHE À PIERRE NEPVEU Poètes invité-es Martine Andet Mireille Cliche Patrick Lafontaine Isabelle Miron Dimanche 12 décembre, 16 heures Librairie Olivieri 5219, Côte-des-Neiges, Montréal, H3T 1Y1 Tél: 514-739-3639 La revue TROIS fête ses J5 ans Pour les fêtes offrez-lui cette livraison finale Féminisme et création Actes du colloque [e l’Académie des Lettres du Québec avec dec («les de: Denise Desaiiels.Annie Gddmann, Louise Colnoir.lorl Saint -Martin, Franoe Théorel, Rose-Male Aifeour, Brigitte Haenijens, Jean Royer, Anne-Made Alonzo.Claudine Bertrand.Pascale Navarro, Lucie Joubert.Francis tXipüis-Oài et Linda Bonin et frûduip lapoesie un dossier présenté par Louise EXipré 2033.went)* Jtsiop,Laval tOiriyc} H7E 1X3 - te (460) 6634 028 - teléc (460)663-1630 - oui* «Blinder» a ni )?I LE DEVOIR, L K S SAMEDI II ET DI M A N (¦ HE 12 I) K (' K U B H K 1 !) !) !) -«" Livres •*- ROMANS QUÉBÉCOIS L’une aime, l’autre ne se déteste pas I) 3 L’ULTIME BONHEUR Sylvie pion Lanctôt Editeur Montréal, 1999,112 pages HOTEL BRISTOL, NEW YORK, N.Y.Michel Tremblay Leméac/Actes Sud Montréal/Arles, 1999,96 pages Cela débute comme un murmure, celui d’une voix indistincte qui dit «on», une et multiple, oscillant entre l’impersonnel et le «nous» de familiarité.On sait en tous cas qu’il s’agit de jeunes filles, ou de l’une d’elles, qui devient un «je» fragile, encore bien loin d’un moi.La voici dans son commencement, au moment où, adolescente, elle découvre le désir, d’abord confondu avec les jeux — ceux du déguisement, de la danse —, où les jeunes filles s’essaient à devenir femmes, entre elles d’abord, dans la connivence de leur sexe.Puis intervient l’homme, c’est-à-dire l’Autre, figure de l’enfant désiré, lui-même objet de désir et de discorde, regard étranger qui fait miroir, qui instille le dédoublement et la duplicité.Et déjà, la jeune fille est abandonnée au bord d’une faille, distance et désir, qui ne se refermera plus.C’est à peu près ainsi que démarre L’Ultime Bonheur, ce premier roman de Sylvie Dion, riche de zones d’ombre et d’ambiguïtés, mais bien moins flou que ce que je viens d’en dire.C’est le récit d’une quête de la connaissance de soi, une marche à l’amour au féminin, proche à certains égards de la suite poétique célèbre de Gaston Miron, un parcours romanesque avec des accents poétiques, ardue et fervente, et qui est tout le contraire d’une promenade anodine.Cette femme qui avance parfois envers et contre tous cherche égale-htent à (s’) écrire, car raconter, dire ce qu’on ressent, c’est occuper l’espace du désir, éclairer la distance à l’autre à défaut de la combler.A un certain moment, elle dira d’ailleurs qu’elle a voulu être non «pas une femme de lettres, mais une femme de paroles», non «pas une écrivaine, mais une écriture», a voulu «écrire de ne pas être, cesser d'exister à partir de cette ligature fatale que mon nom et mon sexe entretiennent avec la vie».Mais il est vrai qu’alors, elle avait pour compagnon un romancier, ou en tout cas un garçon qui ambitionnait de la devenir.L’Ultime Bonheur serait également un de ces «romans mauves», comme les désignait si justement Jacques Allard alors qu’il signait cette chronique, un «chant, solo ou symphonique, toujours une musique de l'intervalle, de la panne, du crépuscule» qu’on peut entendre dans certains des meilleurs récits québécois des dernières années.Roman automnal, quasi hivernal, où novembre est le mois privilégié de l’écriture, du dépouillement de la nature et de soi.Le mysticisme de l’amour Étrange, étonnante, cette marche à l’amour à la fois idéalisé et sensuel, qui a parfois de forts accents religieux, voire mystiques.L’amour, ultimement, serait «la place de Dieu», c’est-à-dire un vide qui ressemble à l’infini, absence et présence réunies, à laquelle on accéderait par suite d’une véritable ascèse: l’homme du moment, rêvé ou réel, y devient alors «l’Aimé», et l’écriture, si elle n’est pas un sacerdoce, un exercice grave, passionné, et un devoir envers soi-même.Mais avant d’en arriver là, à cette fin qui est avènement plus que conclusion, cette jeune fille aura connu de nombreux avatars.Femme d’une lignée de femmes, elle aura joué brièvement la féminité, celle, factice, qui ne tient qu’aux vêtements et au maquillage, voie sans issue, jeu dérisoire au cours duquel, dit-elle, «mon corps de jeune femme devient l’œuvre de ma mère», car «parce que nous nous imaginons que nos mères n’ont pas pu vivre leur vie, nous vivons leurs manques, imaginaires».Son ascendance de femme, elle la reconnaîtra plus volontiers dans ses rapports avec sa grand-mère, gardienne et complice, qui «avait le don d’offrir des étreintes sans bruit et sans possession».Entre elles, il y avait ce tampon d’une génération, cet écart d’âge qui amortit le choc de l’identité de l’affirmation de soi.Et il arrive que les liens à tisser ou à dénouer, pour cette femme, soient d’un tout autre ordre.Ainsi, le soir même du second référendum québécois, elle «couve une décision, l’organisation manifeste de ma disparition»: elle quitte l’ouest de la ville, c’est-à-dire le confort douillet de la femme entretenue pour renouer avec l’est, et plus particulièrement le «Davidson lunch» de la rue Ontario, une gargote où elle lit dans le journal des articles sur «les écrivains anglophones canadiens qui ont pignon sur rue à Paris, chez Fayard, des nouvelles publiées dans le New Yorker».Dans ce casse-croûte qui est «une exception en Amérique, les fumeurs ont le droit de regarder par la fenêtre, d’être en avant-plan Robert Chartrand ?L’ultime bonheur comme eux et comme «une grande partie des Québécois de l’époque», il fait en plus le «Ti-Jos Connaissant», c’est un rabat-joie et il est homophobe.S’il confie son «problème» — comme Jean-Marc aime ce mot! — à son ami, c’est pour être lu d'abord, et éventuellement compris.Mais que Dominique se garde de l’analyser! Dans sa lettre-confidence, l’écrivain se dit d’autant plus mortifié qu’il se serait laissé prendre au dépourvu par cette image dans la vitrine, lui qui n’offre aux interviewers que l’image qu’il veut bien projeter et qui assure que «lorsqu’on se regarde dans un miroir, on se prépare»'.Mais tout ceci — cette ressemblance et les souvenirs difficiles auxquels elle est liée — n’est pas bien grave.Jean-Marc, au total semble assez content de lui-même dans ce Big Apple de carte postale «où tout est possible et faisable» même s’il se contente d’y mal manger et d’aller voir quelques spectacles.Sa lettre — il se regarde un peu écrire — ressemble moins à une catharsis qu’à un bon débarras, réglé «en deux coups de cuiller à pot» comme Tremblay lui-même semble l’avoir fait pour le livre, écrit en deux dizaines de jours à Key West ainsi qu'il est précisé à la toute fin.Hotel Bristol, New York, N.Y.n’ajoute ni n’enlève presque rien à l’œuvre de Tremblay, Mais son public, qu’il aime tant, aurait mérité mieux.les mauvais exemples de la société pure, prévoyante, qui compte à l’avance ce que seront les factures médicales».Ici, dans cet humble lieu où «la mort est encore en vie», la narratrice-écrivaine se demande «comment faire lire aux Américains la doublure, la nôtre, nos vidanges et nos souffrances, la petite vie au coin de Davidson et Ontario, sans déguiser, sans adapter.» La parole-écriture de cette femme à un moment «bénie entre toutes» ou, à un autre, veuve d’un amant disparu quelque part loin au Nord se fraie un chemin plein d’inattendu parmi l’enchevêtrement des malentendus, dans le désordre amoureux.On pourra lui reprocher de s’encombrer de certaines réminiscences théorico-litté-raires sur la mise en rapport du corps et de la langue, du désir et de la création artistique.Mais L’Ultime Bonheur est un roman d’amour tout à fait étonnant, une sorte chemin de croix laïque et sensuel où la souffrance côtoie le plaisir.C’est un livre qui ne se raconte pas, qui se résume malaisément comme on vient de la voir, mais qui se lit sous le charme.Il y a là de la générosité, de l’audace, une ferveur.Et, en plus, Sylvie Dion a une plume.Pourquoi, après le roman de Dion, parler de celui de Michel Tremblay, qui n’en a pas besoin?Disons, à sup- poser qu’il faille une raison, que c’est par goût du contraste.Ici,Tremblay flirte avec l’autobiographie comme il le fait depuis quelques années, avec l’air de ne pas y toucher.On y retrouve le personnage de Jean-Marc, lecrivain-dramatur-ge qui, à 55 ans, comme le François Villeneuve de Quarante-quatre minutes quarante-quatre secondes, paru en 1997, se trouve «poqué».Réfugié à New York, il écrit à son vieil ami Dominique, le psychanalyste, qui vit à Paris.Ce qui le tarabuste, c’est le constat qu’il a fait récemment en apercevant son propre reflet dans une vitrine: il ressemble à s’y méprendre aux hommes de sa famille, son père et ses deux frères, et surtout à l’un de ces derniers, Richard, le plus antipathique des trois.Antisémite Le bonheur de lire Jean O'Neil C’est tout le Québec qui s’agite sous Michel Tremblay HOTEL BRISTOL NEW YORK, N.Y.iK\itAC/cv:n:ssin PF 5*m*W**8b r- Lk r-*l I SERGE CHAPLEAU sera présent pour une séance de dédicace à la librairie GARNEAU des Promenades Saint-Bruno, le samedi n décembre de 14 h à 15 h 30, à la librairie RENAUD-BRAY, 5117 ave du Parc, le dimanche 12 décembre de 14 h à 15 h, et chez ARCHAMBAULT, 2151 boul.Lapinière, Brossard, le jeudi 16 décembre de 19 h à 20 h.120 pages • 19,95 $ Les meilleurs dessins de l'année du célébré caricaturiste de La Presse.Une tradition de Noël, an même titre que le réveillon et la tourtière.Boréal Qui m’aime me lue la neige dans Hivers, le dix-neuvième livre de Jean O’Neil qui célèbre la saison différente.Des illustrations du peintre Gilles Archambault accompagnent les mots, les émotions, les souvenirs et les découvertes de l’écrivain.EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES Jean O’Neil Hivers de Jean O’Neil 210 pages - 22,95 BP • éé .profils entrelacés d’une saison close sur elle-même mais qu'O’Neil a appris à aimer et dont il déchiffre les métaphores.L’humour fin s’y savoure comme un vin nouveau.99 Odile Tremblay, Le Devoir éé Encore une fois, le charme de Jean O’Neil Jocelyne Lepage, La Presse LÙCxIOUE-b Dictionnaire 'm "“film DICTIONNAIRE DU FILM André Roy ISBN 2-89381-543-X-360 p.- 34,95$ Le seul dictionnaii en français sur les techniques, l’art et l’industrie du cinéma! • Les termes reliés i à la technologie de la production, de la distribution- et de l’exploitation.• Le vocabulaire de la conservation el de la présentation du patrimoine cinématographique.• L’histoire et l’évolution technologique du cinéma.V • Les termes de l’esthétique et hft.de la culture cinématographiques (genres, sous-genres, mouvements esthétiques, etc.).• La terminologie technique et pratique de la réalisation, du langage de l’industrie (expressions, termes familiers des techniciens).• Le vocabulaire des moyens et des procédés audiovisuels.Plus de 4000 termes définis par un expert! 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Les Éditions LOGIQUES inc.En vente partout Distribution exclusive: Québec-Livres LES PRESSES DE L’UNIVERSITE DE MONTREAL L’approche systémique en santé mentale Sous la direction de Louise Blanchette Préface de Jacqueline C.Prud'homme Divers acteurs du milieu de la santé mentale présentent, à l’aide d’exemples concrets, cette nouvelle approche trop peu connue au Québec.Ils abordent ainsi des questions que se posent tout intervenant et amorcent une dynamique de changement.L'approche systémique en santé mentale hw*awc««»*lOUiM tlAMCMirtl til NIMH M t Mrvltltll M MI'llM .a* s 212 pages • 24,95 $ JW* C «U c Vf s CS ¦*, «•»*> René Char et la métaphore Rimbaud La lecture à l’œuvre Anne-Marie Fortier Une grande étude originale sur l’œuvre du poète René Char (1907-1988).Bien plus qu’une influence, Anne-Marie Fortier dégage le nouveau texte rimbaldien que René Char a élaboré pour revendiquer l'héritage du poète aux semelles de vent.Coll.Espace littéraire 260 pages • 24,95 $ Colins et le socialisme rationnel Marc Ancenot Jean Hyppolite Colins (1783-1859) est un de ces socialistes utopiques qui ont marqué la première moitié du XIXe siècle.Cette étude de sa pensée s’avère plus qu’une amusante curiosité intellectuelle.Elle révèle des tendances de toutes les doctrines du XIXe siècle qui ont refusé le scandale du monde.MARC A N G I N O T COLINS El LE SOCIALISME RATIONNEL 192 pages-19,95$ L’ethnicité et scs frontières L’ethnicité et ses frontières Danielle Juteau Un ouvrage fondamental sur la question complexe des rapports ethniques.S’inscrivant dans la grande tradition sociologique de Max Weber, Danielle Juteau ouvre des perspectives nouvelles qui ne craignent pas de se confronter aux grands courants intellectuels de ces dernières décennies.Coll.Trajectoires sociales 250 pages • 25,95$ Éthique et soins infirmiers Sous la direction de Danielle Blondeau Ce livre clair, accessible et illustré de nombreuses histoires de cas, débat des principes qui permettent de gérer les graves questions éthiques auxquelles les professionnels de la santé sont confrontés quotidiennement.ETHIQUE et soins infirmiers Enjeux éthiques ci technologie* biomédicales .-Cn.» 1 L, -m 342 pages • 32,95 $ Enjeux éthiques et technologies biomédicales Contribution à la recherche en bioéthique Jocelyne Saint-Arnaud Ce livre s’adresse aux professionnels de la santé et aux membres des comités d’éthique.À partir de problèmes comme ceux du diagnostic prénatal, de la demande d’aide au suicide ou de l’alimentation artificielle, Jocelyne Saint-Arnaud établit des repères utiles pour s’y retrouver.Elle se rattache au courant de la bioéthique qu’on appelle l’approche par principes, qui effectue un aller-retour constant des possibilités ouvertes par la technologie aux principes qui devraient les encadrer minimalement.198 pages • 24,95 5 DISTRIBUTION FIDES I) L E I) E V O I R .L E S S A M EDI 11 E T 1) I M A N C HE I 2 I) Ê C E M B 11 E I H !» !» Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS Portrait de l’historien en moraliste RELIGION, MORALITÉ, MODERNITÉ Serge Gagnon Les Presses de l’Université Laval Sainte-Foy, 1999,194 pages « L ivre intrigant», annonce avec justesse la quatrième de couverture.Il faudrait aller plus loin: bric-à-brac formel et idéologique, cet essai du productif historien Serge Gagnon est à proprement parler déconcertant parce qu’il pratique une surprenante confusion des genres.A titre d’historien de la culture et des mœurs, Gagnon annonce d’abord une thèse qu’il développe par la bande en appliquant à cinq phénomènes historiques ia méthode de l’histoire sociale (en gros, une approche qui tente de rétablir, par le recours aux sources quantitatives et par l’analyse de sources qualitatives croisées, le déroulement et les valeurs de la vie quotidienne ordinaire à certaines époques précises).Conçus, de toute évidence, de manière indépendante les uns des autres, ces cinq chapitres s’additionnent plus qu’ils ne s’emboîtent.Par la suite, coup de théâtre, survient une diatribe moralisatrice censée être la conclusion logique de ce qui précède, mais qui marque pourtant une radicale rupture de ton avec l’ensemble.Qu’on n’aille pas croire, cela dit, que cet ouvrage ne mérite pas la discussion.Œuvre d’un universitaire courageux, dégagé des modes, suffisamment sûr de ses moyens pour se permettre de brusquer ses contemporains, Religion, moralité, modernité suggère une thèse qui, pour n’être pas nouvelle, n’en reste pas moins défendue ici avec panache: «La perte du sens du péché, accélérée par le ministère des nouveaux professionnels de l’assistance, a précipité l’avènement de la “consommation religion”, substituée au catholicisme qui donnait autrefois un sens à la vie.» Il s’agit donc d’abord, pour l’historien, d’illustrer le procès de la modernité tel que vécu au pays du Québec.Saluant d’entrée de jeu la récente remise en cause d’une certaine historiographie qui faisait du confesseur un simple agent de contrôle social, Gagnon se réjouit du «déplacement épistémologique vers le pénitent [qui] a recentré l’analyse sur l’aspect proprement religieux ou, si l’on veut, psychologique (le sentiment de culpabilité) de la démarche pénitentielle».Il procède ensuite à une étude du phénomène de la confession au Québec (1800-1850), qui fait ressortir la place centrale occupée par les interdits sexuels dans le cadre de cette pratique.Il démontre aussi que le phénomène du délai d’absolution (report du pardon), fréquent à cette époque, avait pour but de permettre au pénitent d'intérioriser sa culpabilité.Loin de condamner le procédé et de ranger ces prêtres dispensateurs de tourments dans le camp des sadiques, Gagnon écrit: «Dans des affaires de sexe, le prêtre est le confident, le protecteur des faibles, c'est-à-dire — qu'on me pardonne — des femmes et des enfants.» Il conclut d’ailleurs dans le même sens sa deuxième étude qui port.e sur les interdictions édictées par l’Église quant aux mariages incestueux (le terme devant être compris ici dans son sens très large).Ces deux premiers chapitres insistent donc sur la fonction non négligeable de Louis C or ne II i e r ?préservation du lien social assurée par des prêtres prémodernes, imbus de morale stoïco-chrétienne.La morale par l’État «Le quadrillage de la campagne par l’école élémentaire, poursuit Gagnon, a modifié considérablement le paysage social» en y faisant apparaître «un nouveau dispositif de communication publique».Cette troisième étude, qui traite du statut et des aléas (surtout des congédiements arbitraires) du métier d’institutrice vers 1870, s’éloigne un peu du propos central, mais il faut comprendre que Gagnon la fait essentiellement servir à la compréhênsion d’une étape du procès moderne: «Depuis la mise en place du dispositif scolaire, l’État a pris le relais du prêtre moraliste.Désormais, la prédication et le confessionnal ne sont plus les seules instances ou, si l’on veut, les véhicules exclusifs de la morale.» Cette nouvelle donne sociale entraînera l’apparition d’une «nouvelle sphère de normalisation» qui modifiera en profondeur la morale jusque-là dominante.Dispensatrice de savoirs profanes, l’école, en plus de contribuer à une alphabétisation qui relativise l’influence du prêtre, offre une initiation aux savoirs scientifiques qui sera le déclencheur d’une métamorphose des consciences.L’étude des manuels d’enseignement de l’hygiène (1880 et suivantes), «deuxième matière technique présentée à l'école du peuple» après l’agronomie, permet à Serge Gagnon de reconstituer le processus de cette déflagration morale: «Si le savant docteur réussit à vaincre la variole, Dieu n’est donc pas totalement maître de la vie; [.] La pénétration de la pensée technique jusque dans les campagnes les plus reculées entre en contradiction avec la théologie de la punition.[.] L’idée moderne d’espérance de vie discrédite en douceur l'espérance de la résurrection.» Et, conséquence en partie obligée, elle rapatrie ici-bas les instances de normativité jadis situées dans une transcendance maintenant amochée.Une morale affranchie «Le journal reprend à l’Église défaillante le rôle du confesseur.» Cette formule de l’historien Maurice Cru-bellier inspire à Serge Gagnon la dernière étape de son parcours spécifiquement historique.Analysant le contenu de certains «courriers du cœur» des années 1950-60 (ceux du Nouvelliste et de La Terre de chez-nous), l’historien tente de faire voir que nous assistons là, sur fond de révolution sexuelle, à une des étapes les plus récentes «de la transition qui mène de la morale stoïco-chrétienne à une morale hédoniste ciblant la sphère sexuelle».On a souvent parlé, pour désigner ce moment charnière de notre évolution, de libération, d’affranchissement des carcans idéologiques dépassés.Moins enthousiaste, Gagnon rappelle le malaise ressenti à ce moment par plusieurs de celles qu’on a dit les bénéficiaires de ce mouvement: «Sous l'action de la révolution sexuelle, le sacrement du pardon ne guérit plus guère du mal de l'âme.Face au devoir de plaisir, il a tendance à devenir progressivement aliénant.» Faut-il s’en réjouir?Nous avions les névroses obsessionnelles engendrées par la répression; voici venue l’heure de la névrose narcissique qui alimente le marché psy de la consolation.Serge Gagnon LIGIOIV â 140 Année 'I Polémiques, animées par l’esprit d’un catholicisme de gauche qui flirte sans cesse avec la réaction, le dernier chapitre de ce livre se présente comme une critique en règle de l’anomie actuelle de la société québécoise dominée par l’individualisme hédoniste.Gagnon, qui a déjà écrit que «le Québec au temps présent avait pris congé de Dieu sans l’avoir remplacé», entreprend ici de se corriger.La thèse choquera par ses outrances et ses allures de sermon, mais il faut reconnaître que, malgré ses dérapages ultraconservateurs, elle pose des questions pertinentes.Ce sont les pousse-au-jouir et les «masturbateurs» qui ont pris la place de l’ancienne morale, écrit Gagnon, qui affirme s’inscrire dans la ligne de pensée de Jacques Grand'Maison.Pourris par l’individualisme, les privilégiés de notre société s’enferment dans un scandaleux refus du partage.La révolution sexuelle et la société de consommation, aboutissement du procès moderne, ont remplacé une morale qui assurait la survie par une autre «qui ne se soucie guère de ce que demain sera fait».Gagnon fustige, en bloc, l’amour de l’argent qui pervertit ses contemporains, leur indifférence envers une dette publique «qui gruge le pain des pauvres et compromet l’avenir des jeunes», les médias qui «cantonnent les adolescents dans l’impulsivité autoérotique», l’égoïsme collectif qui entraîne la baisse des taux de nuptialité et de natalité, le supposé mépris des Québécois envers la langue.A la manière des Allan Bloom, Jean-Claude Barreau et Tony Anatrella, il vise surtout à défendre, en s’appuyant sur Freud, «l’hypothèse que la culture se perpétue à coups de renoncements, de sacrifices, sexuels et autres».La perte du sens de la faute, selon lui, est «un signe de mort de la civilisation».Il faudrait des pages pour discuter point à point ce pamphlet moralisateur qui a le défaut de tout confondre.Seulement pour donner un exemple, comment peut-on, ainsi qu’il le fait, s’en prendre à la complainte des nantis qui dénoncent la voracité du fisc, affirmer du même souffle que «remettre à César, c’est donner à l’État le moyen d’amenuiser les inégalités», pour finalement ajouter plus loin que «les impôts sur les salaires élevés sont tellement démesurés par rapport à ceux des provinces voisines qu’ils handicapent l’embauche de techniciens de haut niveau nécessaires aux industries de pointe»?Tenter de concilier le discours de Claude Picher avec celui de Léo-Paul Lauzon dans la même envolée relève de la contradiction performative.Dans le même sens, on peut se demander quelle mouche a piqué Gagnon pour qu’il en arrive à souhaiter une substantielle réduction de la dette publique réalisée grâce à la compression des dépenses, tout en prônant un État capable de privilégier «les nécessités du partage».A lire ce texte, un véritable cocktail idéologique qui malaxe une sensibilité socialisante avec des solutions de la droite réactionnaire traditionnelle, on se demande si Serge Gagnon ne souhaite pas la renaissance du Crédit social.La morale hédoniste individualiste entraîne effectivement «la perte du sens historique et la fragilisation du lien social, des solidarités communautaires qui ont structuré le passé» et il est juste, à mon sens, d’affirmer que «la nation, le pays ne sauraient se passer longtemps encore d’une éthique du souci de l’autre, celui que le christianisme appelait le prochain».Il faut ajouter, cela dit, que le cri du cœur confus de Serge Gagnon, par ses excès et ses contradictions, ne nous sera pas, pour le moment, d’un grand secours pour mener cette tâche à bien.Le partage et la justice s’accommodent toujours mal des virages à droite, fussent-ils dirigés par Serge Gagnon ou par le PQ de Guy Chevrette.louisconiellier@parroinfo.net Cette semaine à CENT TITRES Auteur de polars français chéri des Québécois, Tonino Benacquista accorde sa première entrevue à la télévision québécoise.Danielle Laurin l’a rencontré chez lui, à Paris.Sa dernière publication: Tout à l’ego, un recueil de nouvelles.• Une fois par mois, devant une assistance recueillie, poètes et écrivains récitent leurs oeuvres accompagnés de la soprano Marlène Couture.Nous avons eu le privilège d’assister à une lecture de Marie-Claire Blais et de Gilles Pellerin.• Robert Lévesque parle de l’émouvant Berg et Beek.Le deuxième roman de Robert Bober raconte l’histoire de deux jeunes Juifs dans la France de 1942.Leur amitié brisée survivra à l’oubli.Le magazine littéraire de Télé-Québec Animé par Danielle Laurin Mercredi 19h30 Rediffusion vendredi 13h30 MANUSCRITS NON P U B L I E S Faites connaître vos manuscrits non publiés (ou refusés) par l’entremise de notre revue littéraire spécialisée, Intitulée La fureur d*écrira.(Aucuns frais).Adresse: 303 - 290 rue Nelson, Ottawa, ON., Can., KIN 7S3.Tél.1-613-235-3668.De plus, vous pouvez les déposer A notre Fonds de conservation de manuscrits, La fureur de lira, Jusqu'A ce qu'ils soient découverts par les éditeurs et le public.Bibliothèque de Saint-Malo Fonds de conservation de manuscrits 228, Rte 253 Sud, Saint-Malo (Québec) JOB 2Y0 Tél.1-819-658-2124 SAUVEGARDE DU PATRIMOINE CULTUREL VIENT DE PARAÎTRE VITOMIR AHTIK La mouche LA mouche roman Vol.de 160 pages, 16,95$ Télé-Québec LE DEVOIR 1999.Le chiffre a l’air coquet.Mais la date annonce un avenir disloqué.Ceux qui refusent de se rendre se débattent.Leur cœur bat vite et fort, parfois trop, jusqu’à l’essouflement.« Ce soir, j'en ai assez d'observer cette idiote de mouche qui, des heures durant, sillonne le plafond de ma chambre, rien que pour revenir, à rythme régulier, buter contre la fenêtre, avec cette obstination et ce hang assourdissant qui fait mal au vide de ta pièce.» CARTE | DISTRIBUTION FIDES BLANCHE ( L E DEVOIR BEAUX LIVRES Le musée imaginaire de Balzac ODILE TREMBLAY LE DEVOIR La peinture et l’écriture se marient parfois.Certains romanciers, dans la trame de leurs mots, ont amalgamé des tableaux, enviant le trait du pinceau, qui leur semblait dans certains cas plus précis que leur texte.Proust et Balzac furent de ceux-là, amoureux des beaux-arts, créant des personnages de peintres, cherchant des modèles picturaux dans des êtres de chair et d’os.Voici qu’en un très beau volume truffé de reproductions d’œuvres d’art la philosophe Françoise Pitt-Rivers interroge le rapport que Balzac entretint avec l’art.L’auteur de La Comédie humaine fut un fin connaisseur en ces matières et cita abondamment les œuvres des peintres pour prendre le relais de ses mots.«En énumérant et, plus encore, en commentant les nombreuses œuvres d'art que cite Balzac tout au long de ses romans, non seulement elle définit le rapport de Balzac avec ces œuvres d'art, le recou r s qu'elles sont pour lui, l’usage qu’il en fait pour compléter le signalement de ses personnages, non seulement elle nous renseigne sur ses préférences [.], mais elle compose pour nous ce qu'on pourrait appeler l’iconographie de La Comédie humaine", écrit l’académicien Félicien Marceau dans sa préface en lançant un coup de chapeau à l’auteur.«Il faudrait un peintre», retrouve-t-on souvent sous la plume du romancier.Balzac ne manquait pourtant pas de mots mais s’en persuade, croit à la supériorité de l’art plastique sur le portrait littéraire qu’il pratique en maître.Les femmes, à ses yeux belles, n’en finissent plus d’être comparées aux madones de Raphaël.Le père du condamné dans Le Curé de village évoque pour lui les figures que Titien donna à ses apôtres.Quant aux paysages qu’il décrit souvent avec tant de détails, il en complète la description par une vache de Potter, un ciel de Raphaël.Ailleurs, dans le salon d’une femme entretenue, il fait figurer des tableaux dignes d’orner les plus belles salles du Louvre.Opposant œuvres et évocations littéraires, commentant les passions picturales du romancier dans ses livres comme dans sa vie, Françoise Pitt-Rivers creuse et renseigne.Balzac courait d’une exposition à l’autre, était collectionneur à ses heures, devant une femme cherchait parfois à retrouver le reflet d’un tableau, et cet ouvrage n’en finit plus de mettre en lumière les plus fascinantes correspondances.I A 1 > \ ' .« S ' L E S S A M E D 1 11 ET 1) 1 M ANCHE 12 DÉC E M B R E 1 il il il I) .) wr I I M I) i; V1 >A Livres BALZAC ET L’ART Françoise Pitt-Rivers Préface de Félicien Marceau Edition du Chêne Paris, 1999,160 pages LE FEUILLETON Au cœur du double LA FRONTIÈRE DE VERRE Carlos Fuentes Traduction de l’espagnol (Mexique) par Céline Zins Editions nrf Gallimard Paris, 1999,290 pages st-il encore besoin de présenter cet immense écrivain mexicain, fils d’ambassadeur qui sera par la suite lui-même ambassadeur, cosmopolite par le hasard de sa naissance et plus tard par choix, qui n’a jamais cessé d’écrire depuis qu’à l’âge de sept ans (il découvrait le plaisir d’éblouir ses voisins en rédigeant une petite revue qu’il distribuait d’étage en étage dans son irii-meuble de Washington); cet homme de culture qui a touché aussi bien au théâtre, au roman qu’à l’essai, se donnant pour but de changer le monde par l’écriture, et seulement par elle?C’est un fait Fuentes ne croit pas à l’écrivain engagé (à la façon sartrienne), ce qui ne veut pas dire que l’écrivain, chez lui, ne soit pas engagé.On en a encore une excellente preuve avec ce livre, La Frontière de verre, un roman en neuf récits (comme le suggère le sous-titre) qui tournent tous autour d’une frontière invisible qui sépare deux mondes, l’un padvre et malmené, l’autre riche et arrogant: le Mexique et les États-unis.Seule frontière au monde, d’ailleurs, à séparer un pays en développement et un pays industrialisé, ce qui a conduit l’un des deux à certaines dépenses.«Entre San Diego, en Californie, et Tijuana, au Mexique, il y a des murs de ciment, des barbelés, des gardes armés, comme autrefois à Berlin.C’est plus qu’une frontière.C’est une cicatrice», confiait Fuentes, récemment, à un journaliste de Y Express.Dire que le Mexique, il y a à peine un siècle et demi, s’étendait jusqu’au Texas et à la Californie! Dans le «monde global» que les politiques et les marchands sont en train de mettre en place pour nous, où l’on voudrait qu’il n’y ait plus de frontières, seules les marchandises ont cependant droit de circuler avec une totale liberté, pas les personnes.Et le Mexique vit ce drame tous les jours.L’Amérique comme un deuil.mais aussi comme un Eldorado.La population des frontières Le pari de Fuentes dans ce roman (on comprend qu’il ait choisi de multiplier les récits plutôt que de se centrer sur une seule histoire), c’est de redonner vie à toute une population frontalière, des riches aux pauvres, des vieillards aux enfants, des hommes aux femmes, des clandestins aux privilégiés, tous ayant une même obsession, un même rêve: celui de passer la frontière.ou qu’il n’y ait plus de frontières.On y trouve d’anciennes familles aristocratiques qui ont perdu de leur influence après la Révolution, se sont reconverties dans le corps diplomatique, regrettant tout de même ce temps ancien où il y avait encore des gens «bien» au Mexique, comme cette grand-mère de 84 ans, dona Zarina Ycaza de Laborde, qui a passé sa vie à collectionner cartes postales, affiches de films, boîtes de cigare, capsules de bouteilles, bandes dessinées, avant qu’une compagnie américaine ne lui rachète sa collection complète de revues pour cinquante mille dollars; sa petite-fille, Michelina Laborde e Ycaza, une beauté qui a toujours rêvé de se cloîtrer dans quelque vieux couvent colonial pour mieux vivre en imagination, mais qui va quand même épouser le fils de son richissime parrain, don Leonardo Barroso (un homme d’affaires redoutable qui traite d’égal à égal avec les Américains), parce qu’elle est depuis toujours amoureuse de ce dernier; le jeune Juan Zamora, fils de l’avocat-conseil des Barroso, qui va se découvrir une passion homosexuelle alors qu’il étudie la médecine à Cornell et qui demande à l’auteur de raconter son histoire «de dos» parce qu’il a de la «peine» — mot qui signifie «honte» au Mexique.Honte parce que, avec le boom pétrolier de la fin des années 70, les Mexicains ont agi comme de nouveaux riches, devenant «frivoles, dispendieux, esclaves du caprice vulgaire et d'un ridicule sentiment de toute-puissance».Il y a encore Dyonisio «Bacchus» Rangel, un cuisinier gastronome qui s’est fait dans son pays une réputation de savant pour avoir un jour récité sans hésiter la recette des tartelettes à la moelle à la paysanne dans une émission de radio, qui a émigré aux États-Unis en comptant sur «l’impérialisme chromosomique du Mexique» pour reconquérir les territoires arrachés à son pays par les Américains en 1848, mais aussi sur lji cuisine (n’y a-t-il pas 30 millions d’hispanophones aux États-Unis!), qui ne comprend pas comment on peut manger de la salade à la ge- Jean-Pierre Denis lée de fraise, du poulet caoutchouteux, un dessert spongieux et un café transparent («car au Mexique, un pauvre, même s’il mange peu, mange bien»), pas plus qu’il ne comprend que toute l’Amérique — ce pays «rempli de fous» — ait assimilé la funeste leçon du film Forrest Gump: «[.].toujours jouir d’une liberté anarchique et d'un savoir stupide, naturel, racheté par sa propre imbécillité sans prétentions ni complications•>.D y a encore un vieil et pauvre amnésique abandonné au milieu de nulle part sur la frontière et qui se rappelle progressivement les propos de son frère — Leonardo Barroso, celui qui a réussi et qu’on pourrait appeler Contrat, Contrebande, Bourse des valeurs.Routes, Usines, Bordels, Bars, Journaux, Télévision, Narcodollars — sur l’injustice, la corruption, le mensonge et la pauvreté qui régnent au Mexique, et surtout cet autre temps «où l’on n’avait pas l'ambition de devenir différent».Et puis des ouvrières qui montent des téléviseurs en série dans une région où il n’y avait aucune fabrique en 1965, dix mille en 1972, trente-cinq mille en 1982, cent vingt mille en 1988 et cent trente-cinq mille en 1994; des ouvriers qu’on fait venir par avion pour un contrat d’une fin de semaine parce que c’est encore moins cher que d’employer de bons Américains syndiqués; une vieille dame américaine pleine de préjugés, insupportable avec ses bonnes, mais qui finit pas être séduite par l’une d’elles; un laveur de vitre qui tombe amoureux d’une Américaine à travers une paroi de verre, etc.On le voit, la galerie est vaste, tout aussi bien que les connaissances de l’auteur en ce qui concerne les échanges mexicano-américains.La leçon du Mexique Mais il y a plus que cela dans le roman de Fuentes, plus que ces récriminations et ces rêves déchus: un regard lucide sur l’Amérique et sur son propre pays, le Mexique.Et puis des envolées lyriques, des plongées dans les mythes anciens, de carnavalesques et cauchemardesques tableaux de violence sur la frontière quand des skinheads tuent des dizaines d’ouvriers mexicains, de l’espoir aussi, et ce goût intarissable pour la latinité et ses valeurs.Et toujours un immense respect pour la culture de son pays et pour ses gens.Je,dirais aussi, et bien que ce soit moins évident, pour les États-Unis.Le chauvinisme de Fuentes n’est pas exclusif, il est amoureux, il tient à la mémoire, et cela se ressent quand on le lit.Changer le monde par l’écriture?Peut-être pas, mais certainement nous le rendre dans sa diversité et ses contradictions, ce qui est bien une façon de changer le regard que nous portons sur lui.Un premier pas dans la direction du rapprochement de deux peuples antagonistes et d’une meilleure compréhension mutuelle.Un très beau livre, sans doute l’un des meilleurs de Fuentes.denisjp@mlink.tiet o n » » ’ >: v -, CARLOS FUENTES La «1 IWkft l ! IF 11 R- 9 \.do veil’ Homan en i GALLIMARD Elle les et elle craque : lui, beau comme une fille aux longs cils, elle, gracieuse comme un garçon trop maigre.|iiUc I livon Ce qu’il on reste Julie Hivon Ca nii’il an 22Zi p.• 22,95 $ XY2 éditeur, 1781, ruo Sainl-Hilbeil, Montreal (Quebec) H.’L 321 Téléphone: (r,i/|) ',25.21.7" • télécopieur : (514) 525.75.37 Courriel : xy/èd«nilink.nel Vous cherchez des livres pour Noël ?Olivieri librairie «bistro Des libraires qui vous conseillent, des livres pour tous les goûts et un bistro pour vous détendre.5219 Côte-des-Noiges Métro Côte-dcs-Neiges H3T IYI • 739-3639 l'uns n 'arrivez pas à vous décider ?Uenveloppe-cadeau Olivieri Joli emballage comprenant : • certificat-cadeau/librairie, • certificat-cadeau/bistro, • carte ami-Olivieri, • abonnement au journal LE DEVOIR Ouvert tous les jours jusqu'à 22 heures sauf le dimanche jusqu'à 19 heures.livres Rjno (A) Cammiij.eri ^JOÇmlnce Rino Cammilleri Béatrice et l'Inquisiteur Avec une rigueur historique qui n’exclut pas le fantastique, ce roman redonne vie à une cité médiévale, Pise, déchirée par les grandes familles et les clans rivaux.Mais surtout, à travers la crise spirituelle de l’inquisiteur, son héros, l’auteur propose une parabole sur le conflit éternel entre l’amour et la haine, la piété et la violence, la foi et le doute.252 pages • 24,95 $ Owen Lee UNE SAISON À L'OPÉRA D’Orphée à Ariane Voici un ouvrage d’une érudition remarquable, mais aussi d’une sensibilité et d’une finesse qui font de ce tour d’horizon de l’histoire du théâtre musical une expérience jamais aride, mais au contraire toujours jouissive et jubilatoire.344 pages • 29,95 $ Une saison à d ( hphfr à Artaw (Fi# A ICS SO.l;v| NIKS D l.Nl L Jean des Gagniers LES SOUVENIRS D’ÉNÉE Historien de l’art, archéologue et muséologue, Jean des Gagniers imagine Énée, ce héros légendaire, à la fin de sa vie.De son enfance dans les bruissantes forêts de l’Ida au siège et à la chute de Troie, ce récit raconte comment les divinités enchevêtrent parfois comme à plaisir les fils de nos destinées.162 pages • 18,95 $ Dr Louis Laplante JOURNAL D'UN MÉDECIN MALADE suivi de Réflexions sur les soins de santé Un texte émouvant, courageux, au regard nouveau, d’un éminent néphrologue qui, devenu patient, et ensuite convalescent, lutte contre le découragement et les contraintes physiques.160 pages • 14,95$ mcdcvtn nul.nie Marie-Marthe Fortin-D’Argenson NICOLAS, LE MALÉCITE suite de L'homme d‘Anticosti À travers le personnage attachant de Nicolas et son ardente soif de vivre, voici une histoire palpitante, héroïque et parfois tragique des valeureux pionniers qui ont peuplé le Labrador et le Grand Nord québécois.234 pages-16,95$ Gagnant du concours La Plume d’Argent 1999 Louise Plante LA MÉMOIRE SUSPENDUE Le jour même de la mort de sa mère, un jeune homme découvre des cahiers aux révélations bouleversantes.Amour, secrets, drames et mensonges : voilà la toile de fond de la scène de ce roman fascinant.180 pages • 17,95 $ h La mémoire suspendue Des livres pour tous * Fides I I) 6 L E I) E V OIK.1.E S S A M EDI II E T I) I M A N (' ME I 2 I) V.C E M B K E I !» !» !» Livres ROMAN DE L’AMÉRIQUE La nuit du président LE DERNIER COYOTE Michael Connelly Traduit de l’américain par Jean Esch le Seuil «Policiers» Paris, 1999,378 pages Sacré Bill! À Seattle, il a presque réussi à se faire passer pour le sauveur des enfants-esclaves des pays en voie de développement, comme si c’était lui qui menait la barque plutôt que Wal-Mart, Nike et les autres.Question: entre la dégustation de bons cigares cubains et la planification du prochain bombardement stratégique en forme de tape sur les doigts (à qui le tour?), le président des Etats-Unis a-t-il le temps de lire?Réponse: il paraît que oui.La carrière littéraire de Michael Connelly aura certainement connu son heure de gloire lorsque Clinton, jouant les Oprah d’occasion, a dressé de lui un éloge non équivoque lors de sa très courue conférence de presse hebdomadaire.Le président apprendrait, entre autres, le fonctionnement de l’appareil judiciaire de son pays dans les romans de Michael Connelly! C’était assez pour piquer ma curiosité.Aucun genre ne semble, plus que le roman policier soumis à des lois que l’au teur peut, tout en conser vant une marge de ma nœuvre assez mince, se permettre de transgresser, mais dont il ne devra surtout pas ignorer l’existence (car le lecteur, lui, s’attend à les reconnaître).«Étonne-moi», le fameux impératif de Cocteau, pourrait servir de devise ambiguë au roman policier, le défi qui se présente à un auteur comme Connelly pouvant être décodé comme suit: comment constamment surprendre le lecteur sans pour autant l’égarer le long de la piste?Ce roman-là doit donc compter des éléments repérables (des appâts) en nombre au moins aussi grand que les impondérables et inévitables rebondissements, le chic du chic étant achevé lorsque le rebondissement lui-même (la surpri- Louis Ha m el in C’est efficace, bien mené, captivant même, fondé sur une connaissance solide des ressorts de la machine répressive de l’État se) devient prévisible au point d’être, disons, prégnant à l’avance dans l’imagination ou l’inconscient du lecteur, lui octroyant l’intime satisfaction de se savoir, croire ou découvrir intelligent.Cette recherche du «connu» dans un inconnu en partie balisé au préalable (les fameuses lois du genre: un horizon d’attente) explique sans doute une part de l’attrait en apparence implacable qu’exercent les polars en général, y compris sur un Sartre dont on a dit, sans doute pour l’humani-ser un peu aux yeux sévères de la postérité, qu’il dévorait goulûment du Simenon.Sur ce, allons-y voir de plus près.Le flic rebelle Introduisons donc l’inspecteur Harry Bosch, de la Criminelle de Los Angeles, dont le nom au complet se lit: Hieronymus Bosch, comme le peintre, un commentaire déjà implicite sur la Cité des Anges telle que vue par ce flic de bonne volonté: un tableau démoniaque et génial dans son genre.Malgré la référence onomastique, le tableau est loin d’être aussi complexe qu’une toile de l’homonyme flamand: Harry est en «congé» pour avoir exercé une violence impulsive sur la personne de son supérieur.On l’envoie consulter une psychoanalyste de la police en attendant de statuer sur son sort.Harry en profite pour s’intéresser à un vieux dossier qu’il ressort des boules à mites: le meurtre jamais résolu de sa propre mère, praticienne du «plus vieux métier du monde», selon l’expression née à une époque qui ne reconnaissait pas le statut de stagiaire à la Maison-Blanche.Voilà, les principaux ingrédients sont en place: on a le flic solitaire en rébellion contre l’autorité (j’ai oublié de préciser qu’il n’appartenait pas à la race des pères de famille comblés); on a la corruption des élus et des pouvoirs en place, façon Chinatown-, on a, cherchez la femme, une rencontre amoureuse qui va finir par occuper juste la place qu’il faut dans le cœur du héros; on a surtout cette LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Douleur d’Algérie Le Serment des barbares n'est pas un premier roman ordinaire ur Policiers enfilade appropriée de suspects, chargés l’un après l’autre de faire avancer l’action, d’en assurer la progression logique bien que pleine d a-coups et de soubresauts narratifs, conçus comme autant de dérapages contrôlés en direction de la solution de l’intrigue, le coupable révélé à la toute fin par l’aboutissement des recherches, selon le principe sacré respecté ici, ne faisant évidemment pas partie de la liste des suspects «naturels» pressentis au départ de l’enquête.Le reste appartient au domaine US LlVJtCS DCS CADEAUX • •• • •• Malika Oufkir Michèle Fitoussi Prisonnière G«ashi JEAN PAUL II T émoin de l'espérance Jean-Paul II Témoin de l’espérance Le portrait total et intime Ou dernier géant d'aujourd'hui : Jean-Paul II.né Karol Woityla.di gras La Prisonnière Un fait vécu, une histoire bouleversante.« Si un romancier avait inventé la vie de Malika Oufkir, on lui aurait reproché l'invraisemblance de son récit.¦ ie Devoir, avril 1999 Mardi gras Considérée aux États-Unis comme l'une des reines du suspense.Sandra Brown ne quitte guère la liste des best-sellers.Mardi gras vous fera frissonner U.M.VUi/rWm S .¦ .*.Arthur Gulden Pujeisha Conversations avec Paulo Coelho Entretiens avec l'auteur du célèbre roman L'Alchimiste.Geisha Un grand roman relatant les mémoires d'une célèbre geisha de Kyoto.Ruth L.Ozeki Mon épouse américaine »f DANS la Dans la fournaise Seule tace à ses ennemis, de l'Europe jusque dans la jungle du Pérou une femme lutte pour sa survie.Son passé la rattrape au passage.Un livre captivant ! H L, Mon épouse américaine Drôle et exubérant mais aussi choquant et hypnotique.MOU ÉPOUSE AMÉRICAINE ne ressemble a rien de ce que vous avez pu lire.www.hachette.qc.ca En vente chez votre libraire.de la mécanique.C’est efficace, bien mené, captivant même, fondé (Bill avait raison) sur une connaissance solide des ressorts de la machine répressive de l’État, avec ses acteurs, ses valets et ses victimes.L’auteur nous explique tout, il souligne, ne connaît pas l’ellipse.Harry, le flic, ne va pas jusqu’à être sympathique.Ces gens-là, hors des livres, dans la vie réelle, font chier à peu près tout le monde, vous en conviendrez sûrement.Mis en présence de ce flic vertueux, épris de vérité, tourmenté à la fois par son sens du devoir et ses démons intérieurs, je ne peux m’empêcher de songer à cet autre flic de LA.qui a mis sur pied un site Internet pour les amateurs de poursuites de voitures en direct (syndrome O.J.Simpson).Dans la grosse Presse du samedi 4 décembre, il déclarait candidement: «Je ne crois pas qu’il y ait quelque chose de moralement répréhensible dans ce que je fais.Après tout, ça ne fait de mal à personne.Les Etats-Unis sont basés sur un système capitaliste.» Les matraqueurs des manifestants de Seattle pensent la même chose, ils pourraient reprendre les mêmes propos et omettre juste le «ça ne fait de mal à personne».Le Harry du roman s’identifie à un coyote efflanqué et fugace aperçu une nuit dans les collines qui entourent L.A.Dans la mythologie de l’Ouest, le coyote symbolise le malaimé (relisez vos vieux Lucky LuRe).À travers lui, Bosch propose donc une autre interprétation de son destin: c’est lui, l’être traqué, poursuivi par son passé, étouffé par la rigidité du système, songeant à la retraite.Le dernier des vrais, «le dernier coyote».Il cherche une «vérité», et sait laquelle.L’important étant que, à l’instar du flic cité plus haut, il puisse dire, et conclure, au fond: «J’ai tendance à favoriser la répression.» Ce Bosch-là habite du bon côté de l’enfer.Une mécanique impeccable.Le président referme le livre, embrasse sa femme dans le cou, éteint la lumière et peut dormir en pane.LE SERMENT DES BARBARES Boualem Sansal Gallimard Paris, 1999,396 pages HÉLÈNE LE BEAU Il est des lectures qui donnent le vertige, comme celui que doit éprouver l’alpiniste lorsqu’il atteint la cime d’une montagne qui a les nuages à ses pieds.C’est un horizon sans obstacle qui s’offre à son regard, une transparence ad infinitum, sans concurrence puisqu’il est sur le toit du monde.À l’instar de cet accro de l’escalade, le lecteur prépare tout au long de son existence sa rencontre avec le plus élevé.En lisant, tout simplement, livre après livre, tantôt avec frénésie, parfois avec lassitude, car ce lecteur sait que, plus il lit, plus il s’éloigne du sommet tant convoité, de l’œuvre «ultime» qui lui ferait enfin s’exclamer: «C’est si beau, c’est si grand, que désormais je ne lirai plus que cela.» Donc plus rien.En fait, l’Everest en littérature n’existe pas.On a beau nobéliser, goncourtiser, penclubiser, il se trouvera bien dans deux jours, dans deux mois, dans vingt ans, un livre qu’on préférera à celui qu’on a porté aux nues l’année d’avant et qui a soi-disant transformé notre vie.Rappelons que nous sommes dans le domaine romanesque.La philosophie appelle une autre analyse.Il se trouve néanmoins des romans, rares, dont on sait, souvent dès les premières pages, qu’ils nous laisseront en bout de course sans voix et sans défense.Autrement dit, incapable d’en parler sans en trahir la puissance, et à jamais bouleversé par l’émotion qu’ils ont suscitée.Le premier roman de Boualem Sansal est de ceux-là.Premières pages, disions-nous?Lisez plutôt ces premières lignes: «Le cimetière n’a plus cette sérénité qui savait recevoir le respect, apaiser les douleurs, exhorter à une vie meilleure.Il est une plaie béante, un charivari irrémédiable; on excave à la pelle mécanique, on enfourne à la chaîne, on s’agglutine à perte de vue.Les hommes meurent comme des mouches, la terre les gobe, rien n’a de sens.» Et nous voilà plongés dans un polar qui est la trame de ce roman du réel qui met en scène l’Algérie d’aujourd’hui, terre d’absurde et de non-sens, de massacre à la chaîne et de mémoire qui refuse de se constituer.Au commencement était donc un cimetière où le même jour on enterrait Abdallah, l’homme simple, pauvre et solitaire, et Moh, l’homme compliqué, richissime et parrain d’une mafia florissante dans la région.Tous deux assassinés, faut-il le préciser.Comme personne ne s’intéresse au cas Abdallah et qu’il faut tout de même produire un rapport, on confie le dossier à l’inspecteur Larbi, un peu comme on jette un os à un vieux chien.Larbi, proche de la retraite, sait se contenter de peu et ronge son os avec appétit, tire fils et ficelles pour démêler le tien du mien dans le petit monde de Rouiba, ville chancre d’Alger, miroir de toutes les dérives qui mettent le pays à feu et à sang depuis duc ans.Plongée également dans un torrent de mots, de phrases, d’idées, de tournures qui constituent un tout unique, le cadeau d’un écrivain à ses compatriotes, à ses contemporains, à ses pairs.Une voix à nulle autre pareille qui, à travers ses personnages, demande des comptes et propose une lecture impitoyable de la A vr \ '• 'j JL.J .SASSIEK/GALUMAKDi D’autres que lui ont écrit moins durement, moins vrai, moins juste sur le drame algérien.Aujourd’hui, ils mangent les pissenlits par les racines.Boualem Sansal I tragédie algérienne.Il y a des coupables.On les connaît.Ils fraient avec «les» pouvoirs.Avec et pour le pouvoir.Lin voyage tumultueux Le Serment des barbares n’est pas un premier roman ordinaire.Étrangement, il a déjà la force des œuvres qui ont passé l’épreuve du temps.Sa langue est puissante et libre, son style flamboyant et racé.SLon a parfois l’impression de plonger dans un labyrinthe, jamais l’auteur ne nous abandonne à la force du courant qui anime sa plume.Au détour d’une phrase, alors que le lecteur pourrait, l’espace d’un soupir, s’imaginer perdu, la digression prend sens, le reste s’accroche au tout et la rivière retrouve le fleuve qui conduit à la mer houleuse sur laquelle Sansal nous a lancés.De ce voyage tumultueux, on ne se lasse pas.malgré la réalité de l’horreur.Car l’imaginaire nous sauve, il permet de lire l’effroyable vérité qui veut que, «pour parler de valeurs, il faut que ça pousse dans le pays et savoir à quoi ça sert».Boualem Sansal a pris un risque.Cet ingénieur, chef d’entreprise et haut fonctionnaire vit à Boumerdès, à une soixantaine de kilomètres au sud d’Alger.Il fait tous les jours le trajet jusqu’à la capitale en passant par Rouiba, la ville chancre de la Mi-tidja qui sert de toile de fond à Stji livre.D’autres que lui ont éqrit moins durement, moins vrai, moins juste sur le drame algérien.Aujoitif d’hui, ils mangent les pissenlits pir les racines.De passage à Paris où j’ai pu lè rencontrer la veille de son retour en Algérie, il m’assurait ne pas craindre les menaces qui ont commencé à se faire entendre là-bas, «parce qu 'après m'avoir encensé, les gens m’ont lu».Comme Kateb Yacine pendant les années tendues de la décolonisation, Boualem Sansal écrit en français.«C'est aussi la langue des Algériens, au même titre que l’arabe dialectal, dit-il, et si on ne le reconnaît pas, on finira par ne parler qu’une langue bâtarde qui ne correspond à rien d’autre qu’à la volonté de puissance d'une poignée d'imbéciles qui réécrivent sans cesse l’histoire.» L’histoire de la littérature est, elle, universelle et indomptable.Lorsqu’elle s’écrit sous nos yeux, y participer par la lecture est un privilège.Ce roman est fort, beau, grandiose.Il ne faut pas manquer ce rendezvous.Jr ^Ine ibée oricjinafe?a6onnemt6o\ Une cuisine gourmande inspirée des plus beaux contes RENÉE ROWAN Un magnifique album pour enfants sages et pour leurs parents qui savent encore succomber aux charmes des fées gourmandes.Les auteurs, un pâtissier-confiseur-chocolatier, un écrivain et un romancier, ont eu l’idée de réunir des enfants pour leur lire des contes et, pour amadouer les ogrelets, ils leur ont servi un goûter inspiré des histoires de fées.De là est né cet ouvrage, ma foi, fort réussi.Le trio a extrait quelques-uns des plus beaux passages des contes traditionnels qui parlent de festins, de collations et de banquets et s’est amusé à en imaginer les recettes pour le plaisir * et l’enchantement de tous.C’est ainsi que l’on s’est inspiré d’un passage d’un conte de Perrault — «Oui, ma mère, je désire que Peau d’Âne me fasse un gâteau, et que, dès qu’il sera fait, on me l’apporte» — pour confectionner le gâteau de Peau d’Âne, un gâteau-surprise aux amandes qui semble délicieux, saupoudré de sucre glace (appelé ici sucre en poudre).Le Bonhomme de pain d’épice (Jim Aylesworth) a donné naissance, on s’en doute bien, à de gentils bonshommes en pain d’épice tandis que Boucle d’Or U- Jacobs), qui a goûté au porridge des trois ours, le grand, le moyen et le petit, a permis la création d’un délicieux porridge au miel d’acacia.Et que mange le Chat botté (Charles Perrault)?Un civet de lièvre, bien sûr, tandis que Cendrillon, du même auteur, se régalera de poires au vin et aux épices ainsi que de figues rôties à la vanille et au caramel.C’est bon à s’en lécher les doigts.Une façon originale et amusante de faire renaître les contes de fées lus autour de la table.Bernhard Winkel-mann a fait les photos, tandis que Philippe Model signe les mises en scène et les très jolies illustrations.LA CUISINE DES FÉES Laurence et Gilles Laurendon Christine Ferber Editions du chêne Paris, 1999,162 pages ColUttton Jacques ei S'utathu (îelmiin MUSEE DES BEAUX-ARTS ni; MONTRÉAL On passe la soirée ensemble?Rendez-vous à LA BOUTIQUE-LIBRAIRIE / fill IWIIIOCC à l'angle des rues Crescent UU IVIUütt et Sherbrooke • .-t-J-t-M-t-.U! La chambre des poètes Robert Melançon Madeleine Gagnon Su/anne Jacob France Théoret Nicole Brossard Denise Desautels Mare André Brouillette Bernard Var^afti^ Pierre Ouellet René Lapierre Hélène Dorion Paul Bélander LIBERTÉ 246 François Tétreau Paul Chanel Malenfant décembre 1999 118 pages 8$ En librairie dès le 5 décembre
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