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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1999-12-30, Collections de BAnQ.

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IMS* n i»i rpfe'ypf I,- yp ACTUALITES LES AMANTS DE LA NATURE GAGNENT UNE MANCHE CONTREINTRAWEST PAGE A 3 ECONOMIE LE DOLLAR MONTE LENTEMENT MAIS SÛREMENT PAGE A 6 DEVOIR PLAISIRS ROUGE BAISER PAGE B 1 PERSPECTIVES Passer le cap en heures sup Vous cherchez encore quoi faire pour le réveillon du Nouvel An?En France, entre 300 000 et 500 000 personnes passeront le cap en travaillant.Et il ne s’agit pas que des chasseurs de bogues.Même les ministres seront de faction.1 500 $, champagne compris»! Non, il ne s’agit pas des tarifs du réveillon de l’un de ces grands restaurants parisiens qui affichent de toute façon complet.Ce n’est pas non plus celui des chambres d’hôtel destinées aux vedettes de la jet-set venues passer le cap de l’an 2000 à l’ombre de la tour Eiffel.11 s’agit plutôt d’un exemple parmi d’autres des primes que toucheront ceux qui travailleront, la plupart du temps en sablant le champagne, en cette nuit de la Saint-Sylvestre.A voir l’excitation qui s’est emparée de certains milieux de travail, les Français, d’habitude si prompts à partir en vacances, semblent avoir décidé de commencer l’année en faisant des heures supplémentaires.Dans les métiers de la restauration, serveuses, maîtres d’hôtel et cuisiniers se bousculent dans les cuisines.Même chose chez les policiers et dans tous les services d’urgence.Cette semaine, des maquilleuses d’une petite chaîne de télévision française se plaignaient du retard mis par leur employeur à arrêter sa programmation du jour de l’An, ce qui leur a fait perdre un contrat mirobolant chez le concurrent.«La fête, on la fera plus tard», disent ceux qui seront de veille aux douze coups de minuit.C’est que les primes offertes pour cette nuit charnière sont plus qu’alléchantes.Cela va d’une centaine de dollars pour les moins chanceux à 5000 $ pour les emplois les plus spécialisés.Un Christian maître d’hôtel d’un bon restaurant Rioux parisien peut se faire jusqu’à 1000 $ * + * en travaillant toute la nuit du jour de l’An.De quoi s’offrir ensuite plusieurs jours de congé.Les serveurs de nombreux restaurants toucheront 15 % des menus à 500 $ pièce.Chez le géant français de la communication Alcatel, les primes atteignent 800 $.Les 1500 employés qui seront de service à la Société générale toucheront 500 $.En France, entre 300 000 et 500 000 personnes continueront à travailler pendant le réveillon.Il y a les volontaires et ceux qu’on nomme les «astreints».Parmi ces derniers, on compte aussi bien les ingénieurs chargés de surveiller les centrales nucléaires que les secouristes toujours de veille.Les agences de travailleurs intérimaires ont été prises d’assaut.Les gardiennes d’enfants exigent environ 250 $ pour la soirée.Certaines se sont regroupées pour offrir le gîte et le couvert aux marmots abandonnés par leurs parents.Le coût de l’opération reste modeste, environ 200 $ la nuit, ballons et sucre d’orge compris.Pour les pauvres diables qui s’échineront à l’ouvrage, les entreprises ont prévu des buffets et de quoi se désaltérer.Le personnel de Microsoft aura même droit à des massages, histoire d’accueillir avec un petit air zen cette année qui pourrait être difficile pour la multinationale.Même les ministres devront assurer «une présence vigilante» et ne pas s’éloigner de la capitale, a annoncé le premier ministre Lionel Jospin, sans préciser si les conscrits avaient droit à une prime ou à quelques avantages sociaux.La France n’a jamais vraiment abandonné la tradition des étrennes.Même les policiers ont droit à cette occasion à un petit quelque chose.Les 7000 agents qui feront fonctionner le métro parisien toute la nuit toucheront 350 $.La compagnie de téléphone France Telecom est plus généreuse avec 1000 $ pour la nuit et 1500 $ pour le week-end.Les employés d’hôpitaux sont les grands perdants de l’opération avec de maigres 100 $.Tous ces bonbons ne sont pourtant pas parvenus à calmer l’appétit des syndicats, qui profitent de la période des Fêtes pour faire pression sur les employeurs.Une étrange épidémie de grève s’est subitement déclarée il y a quelques jours.Des hôpitaux aux pompiers, en passant par les employés de Disneyland, en banlieue parisienne.Le personnel du plus grand parc d’attraction européen ne veut rien savoir des maigres 160 $ de prime offerts à ceux qui fermeront le parc à 4h du matin le Tr janvier.Et cela même si l’entreprise offre également une veste polaire, un billet de tombola et une entrée gratuite pour la famille le 1" janvier! Pourquoi les serviteurs de Mickey devraient-ils demeurer en reste?En France, même les détenus ont droit à leurs étrennes.En raison de son pouvoir discrétionnaire, le président Jacques Chirac vient en effet d’accorder aux prisonniers une remise de peine de sept jours par mois de détention.Une fois les comptes faits, cela fait une prime de 23 %.De quoi faire envie à bien des salariés! crioitxdicsi.coin M É Montréal Nuageux avec 40 % de probalité de neige.Max:-5 Min:-14 r É 0 Québec Neige.Max: 15 Min: -22 Détails, page B 8 1 N 1) E X Annonces .B « Le monde .B Bourse .A 7 Les sports .B Avis publics.B 7 Montréal .A Culture .B 10 Mots croisés.B Economie.A G Politique .A Editorial .AH Télévision .B ACTUALITES L’EUROPE CONTRE VENT ET MARÉE NOIRE PAGE A 2 Le rêveur idéal JACQUES NADEAU LE DEVOIR À quoi rêve Claude Thibodeau, endormi au beau milieu de ses cerfs-volants?Chose certaine, il rêve en couleurs.Si toutefois son songe tournait au cauchemar, il pourrait consulter les spécialistes du Centre d’étude du sommeil.A la rescousse du mauvais dormeur Voyage au Centre d'étude du sommeil de l'hôpital Sacré-Cœur Dormir.Alors que plusieurs sombrent délicieusement dans un sommeil réparateur la nuit venue, d’autres voient ce tiers de leur journée gâché.Somnambulisme, rêves, cauchemars, apnée, ronflements, grincements de dents, insomnie.Les spécialistes de l’hôpital Sacré-Cœur ne peuvent pas tout guérir, mais leurs travaux donnent l’espoir de nuits meilleures aux dormeurs cernés.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Ce n’est pas que le Dr Jacques Montplaisir soit un être terriblement ennuyeux, sauf qu’on ne peut réprimer un bâillement en l’écoutant.Pourtant, ses travaux de recherche sont des plus intéressants et la visite de ses nouveaux locaux à l’hôpital Sacré-Cœur révèle un univers fascinant.C’est seulement qu’à force de se faire parler de sommeil sous toutes ses formes, on a bien envie de se proposer connue sujet de l’expérience, le temps d’une petite sieste.Le Centre d’étude du sommeil et des rythmes biologiques vient d’emménager dans ses nouveaux locaux feutrés de l’hôpital du nord de Montréal.«C’est le plus gros centre du genre au Québec, l’un des plus gros au Canada et le seul qui est spécialisé en tout», rappelle le D' Montplaisir, en passant d’une chambre à coucher à une salle d’observation.Depuis 22 ans, l’équipe du Dr Montplaisir explore les maladies du sommeil, la chronobiologie, le rêve et la neurobiologie du comportement animal.Bien que le tiers de la vie des humains soit passé à dormir, les mécanismes du sommeil sont encore mal connus.Certaines personnes sortiront donc du centre avec un remède pour leurs problèmes de sommeil ou, tout au moins, participeront à la recherche.Le nouveau centre pourra désormais accueillir un millier de personnes qui désireront obtenir un traitement parce qu’elles souffrent d’insomnie, qu’elles ont la bougeotte (impatiences musculaires), quelles arrêtent parfois de respirer (apnée du sommeil), qu’elles grincent des dents (bruxisme), qu’elles tombent soudainement endormies pendant la journée (hypersomnie ou narcolepsie), qu’elles sont somnambules, qu’elles font des rêves et cauchemars troublants (parasomnie) ou, VOIR PAGE A 10: DORMEUR Fuite de renseignements confidentiels Moisan blâme deux attachés politiques Le juge propose la création d'une agence autonome du revenu MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement Bouchard devrait imiter Ottawa en créant une agence autonome de perception des impôts au Québec.Dans le rapport de la Commission d’enquête sur des allégations relatives à la divulgation de renseignements fiscaux et de nature confidentielle qu’il a rendu public liier, le juge Jean Moisan propose en effel à Québec d’étudier l'opportunité de créer une agence du revenu sur le modèle de celle qu’a créée le gouvernement fédéral ,et de celles qui existent également au Royaiune-Uni et aux Etats-Unis.«Ces modèles de fonctionnement, écrit le juge Moisan dans son rapport, nous apparaissent intéressants en ce qu'ils créent une division stricte entre l'administration de l’agence (qui relève du conseil de direction) et l'application de la législation fiscale et douanière (qui est du ressort du commissaire et des employés).» Exonérant de tout blâme le premier ministre Bouchard qui avait témoigné devant lui à l’automne, le juge Moisan a VOIR PAGE A 10: MOISAN Détournement de l’Airbus L’Inde accepte de libérer des militants musulmans AGEN C E F R A N C E- P R ESSE ET ASSOCIATED PRESS Kandahar — Les négociateurs indiens ont fait un geste pour mettre fin au détournement de l’avion d'hidian Airlines qui dure depuis sept jours.Ils ont accepté de libérer des militants musulmans du Cachemire, mais continuaient de négocier le nombre de ces libérations avec les pirates de l'air, ont annoncé ce matin des diplomates basés à Kandahar.Les pirates de l’air qui retiennent 160 otages à bord de l’Airbus avaient renoncé hier à certaines de leurs exigences, mais sans calmer l’impatience des autorités afghanes qui menaçaient de contraindre l’avion à redécoller.«Si la partie indienne ne résout pas pacifiquement le problème, notre prochaine mesure sera de demander aux pirates VOIR PAGE A 10: AIRBUS Ah! Si Jos D.était encore là! Dans les Appalaches, les champs, les maisons et les écoles se vident Des citadins y convertissent en chalets les résidences principales désertées par les familles locales.Des assistés sociaux s’installent dans de bonnes maisons, vendues pour trois fois rien.Ici et là, des villages font leurs adieux à leur dernier agriculteur, qui rend trayeuse électrique et tracteurs.Des écoles primaires ferment, des caisses populaires se regroupent et la moyenne d’âge de certains villages frôle ou dépasse les 60 ans.Le long de la frontière américaine, du nord au sud du plateau appalachien, la fuite des cerveaux et des bras prend des proportions alarmantes.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Lac-Etchemin — «Retour à la case colonisation.À Saint-Luc, Saint-Cyprien et Saint-Louis, on ne compte plus aucun producteur agricole.À Sainte-Aurélie et Saint-Benjamin, le fond du baril n 'est pas encore atteint mais il n ’en manque pas beaucoup.» Triste portrait que celui brossé dans lhebdo La Voix du Sud par le journaliste André Poulin.Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) n’est pas moins inquiet: selon les dernières données disponibles, le nombre de fermes est passé de 1981 à 1996 de 460 à 356 sur le territoire de la MRC des Etchemins et de 895 à 715 sur le territoire de la MRC de Beauce-Sarti-gan.Un fait d’au- www.ledevoir.com tant plus désolant que ces terres abandonnées ou converties en boisés sont celles-là mêmes qui ont été rendues propices à l'agriculture, défrichées, épierrées, drainées, à grands coups de subventions, dans un passé pas si lointain.La situation est ici la même que dans tout l’arrière-pays, qu’il s’agisse du Bas-Saint-Laurent ou de la Gaspésie.Les agriculteurs ont peu investi dans leurs fermes et la pente à remonter serait abrupte pour la relève, qui, d’ailleurs, ne se bouscule pas, note Marc-André Bertrand, agronome au MAPAQ.«Contrairement aux parcs industriels, l’agriculture n’a pas été valorisée et les jeunes qui voudraient se lancer dans cette aventure ne sont en rien encouragés.Ils se disent: si je deviens agriculteur, me trouverai-je une blonde?» Sans détour, M.Bertrand admet que le traditionnel paternalisme du ministère de l’Agriculture a desservi la région.«Il faut sensibiliser le milieu au fiait que l’agriculture doit se gérer au même titre que toute activité économique.» La région gagnerait à s’organiser, poursuit M.Bertrand.«Des confiseries de la Communauté urbaine de Québec seraient intéressées à acheter de petits fruits de la région, mais la chose est impossible, vu les problèmes de distribution et de regroupement de la cueillette.» Vrai, les jeunes ne sont plus très tentés par de prenants élevages tels que la production laitière.«On peut cependant imaginer aujourd’hui de se faire agriculteur à temps partiel et de donner dans le télé-travail pour le reste.L’élevage de chèvre ou les productions VOIR PAGE A 10: APPALACHES Planète 2000 AGENCE FRANCE-PRESSE Famine, pollution, guerres.Ces figures exotiques représentant le mal font partie d’une grande installation créée par l’artiste espagnol José Urena dans le cadre des célébrations de l’an 2000 qui se dérouleront à Lisbonne.Sous le signe d’une certaine ambivalence.Des célébrations auront lieu au quatre coins de la planète.Aussi, Le Devoir consacre demain l’ensemble de son premier cahier à ce fameux «passage» en ouvrant notamment ses pages aux espoirs et appréhensions qui lui ont été transmis par ses lecteurs face au prochain siècle.N’étant pas publié samedi, Le Devoir de demain comprendra aussi les cahiers culturels du weekend.Bonne lecture! 778313000672 L E I) E V II I It .L E .1 E l! I) I 3 0 DECK M B R E 1 9 i) !) A 3 CONCOURS LE DEVOIR DESTINATION EUROPE DE VOTRE CHOIX CKAC730 HE—BBPBBfl À GAGNER : Jusqu'à 4 billets d'avion pour la destination de votre choix sur les ailes de SWISSAIR.-?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Collectionnez les avions.et complétez votre passeport publié chaque samedi dans LE DEVOIR I billet d'avion Oüfcnn 'Y-.'-' Revivez la fin d un autre siècl WmnÊÊm IS&ë'- à beauté Tissot heures d ouverture a n ?n Nathalie ELLIOTT Mon premier dictionnaire français Illustré 1210 dessins en couleurs.1192 pages-25 J Les Editions GUERIN En uente dans toutes les liuraines Jean Dion ?Si possible En 1968, en pleine télé, le présentateur de l’émission Vers l’an 2000, ou quelque chose d’approchant, avait les cheveux en bas des oreilles et tirait sur sa cigarette même pas extra-légère.On anticipait alors, pour ce qui est devenu aujourd’hui, des voitures volantes, des robots domestiques, la possibilité de choisir le sexe de son enfant, la colonisation de la Lune, le téléphone visuel, une pilule à la place du steak, la téléportation, la télépathie, un gouvernement mondial, la domination de l’espéranto, une espérance de vie de 150 ans, la société des loisirs, le contrôle du climat et des remèdes contre le cancer, la dépression, la timidité, la mauvaise haleine, la calvitie et le désordre.Personne ne lui en voudra pour ça, mais j’aimerais voir la tronche du gars qui aurait dormi 32 ans et se réveillerait pour constater que la voiture volante est un 4X4 de plus en plus gros pour famille de plus en plus petite, que le robot s’est lâchement camouflé derrière un furieux débat sur le partage des tâches ménagères, qu’il serait criminel de choisir un garçon à l’ère de la rectitude politico-sexuelle, qu’on s’extermine encore suffisamment sur Terre pour faire de la place et ne pas avoir à établir une banlieue lunaire, que le téléphone visuel est une Webcam branchée en permanence à la gloire de la bêtise humaine, que la pilule est un gène de perchaude inoculé dans vos patates pilées et le steak un concentré de vache folle, que la téléportation est une chaîne d’information continue même s’il ne se passe rien, que la télépathie est une des multiples supercheries du charlatanisme nouvelâgeux, que le gouvernement mondial est une Internationale mercantile non élue et sans mandat qui fait du profit massif et dégoulinant sa seule raison de vivre sous le ciel qu’il pollue, que l’espéranto est l’anglais triomphant (langue dans laquelle, soit dit en passant, il s’est publié sur Internet, au cours des dix-huit derniers mois, une quantité de textes équivalente au contenu des 27 millions de volumes que possède la bibliothèque du Congrès, à Washington), que l’espérance de vie oscille dans les 70 ans et quelques sauf dans trois quarts des pays du monde et qu’on parque les vieux dans des centres d’accueil pour ne pas les entendre radoter, que la société des loisirs est coincée entre une moitié de gens qui se plaignent de trop travailler et une autre moitié qui se plaignent de ne pas travailler assez, que le climat est fucké au point où l’hiver arrive maintenant à Noël, qu’en fait de remèdes, on n’a jamais autant parlé de maladies, de lits, de corridors, de jaquettes ouvertes à l’arrière en public et que la véritable liste d’entre les listes en cette époque formidable où nous avons l’inestimable chance de vivre est, au fond, une liste d’attente.Le gars serait aussi certainement étonné d’apprendre qu’il a été congédié pour n’avoir pas eu l’air propre et condamné aux travaux forcés à perpète pour avoir fumé en dehors de la zone prévue par l’État à cet effet ?André est mort en 1984 d’un cancer inexpliqué.Il avait 20 ans.Dans notre équipe de balle, il était le plus costaud, receveur et cogneur de circuits.Le jour de ses funérailles, au printemps, il faisait beau à s’en damner.Quatre jours avant de mourir, il était venu jouer un dernier match de hockey bottine le samedi matin dans la cour de l’école.D ne pouvait pas courir, marchait péniblement, il avait dit je pense que je vais aller jouer dans les buts.Il avait du mal à se pencher.Dans l’équipe qui l’affrontait, on ne lançait pas fort fort.Quelques semaines auparavant, alors qu’il luttait à vide, il avait dit: «Vous ne pouvez rien pour moi.Mais moi, je peux quelque chose pour vous.» Il faisait la preuve par l’absurde qu’il ne faut jamais perdre son temps.Il savait que c’était un horrible cliché, mais que voulez-vous qu’un mourant dise à ses chums de 20 ans, je vous le demande un peu.Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie?Surtout, terminez vos études?N’oubliez pas d’aller vous faire examiner la prostate régulièrement?Bien sûr, personne n’a écouté son conseil.Au début, on met la pédale au fond, puis on se calme.On perd du temps.On fait des rétrospectives, on projette.On gosse.On a toujours du temps devant nous.Ceux qui prétendent vivre totalement au jour le jour sont de fieffés menteurs.Il serait le premier à protester de ce qui précède, non en raison de son contenu mais de son existence même.11 serait le premier à dire d’arrêter de parler des morts et de parler des vivants aux vivants.Il m’interromprait avant que j’aie eu le temps de lui répondre que la meilleure façon de parler utilement de la vie reste de parler de la mort, pour la perspective qu’elle donne sur toute chose même (ou peut-être surtout) quand on ne s’y sent pas confronté de trop près.Ceci pour dire sans en avoir l’air que plusieurs des mé-gapartys prévus pour demain ont rencontré un mur en raison de leur ridicule cherté, mais aussi parce que, à ce qu’il paraît, les gens veulent mettre en place les conditions gagnantes pour une réflexion intimiste sur le temps qui passe (et qu’on consacre, par exemple, à acheter pour 600 millions de dollars de cochonneries le 23 décembre).Ce sera donc le grand recueillement.Ce qui ne devrait nullement nous empêcher d’espérer très fort — André l’aurait fait — que le frigo ne claquera pas sur le coup de minuit et que les toilettes ne seront pas fermées de l’intérieur.Allez, soyez heureux, si possible.jdion@ledevoir.com Les beautés Je la vie moderne Renseignements : 6t!-2liO «ww.mdq.org ou 16 décembre 1999 au 12 mars 2000 MUSÉE DU QUÉBEC Mardi, jeudi, vendredi, samedi, dimandie: de II li a 17 h IL mercredi : de II h a 20 h IL lundi: ferme Part des Champs-de-Bataille, Québec le Musée du Quebec esl subventionné par le ministère de lo Culture et des Communications du Quebec [exposition est organisée par jhe American fédération o( .Arts et le Yale Center (or British Art Elle bénéficié dune subxention du federal Council on the Arts and ihe humanities tl esl rommandnee par le Benefactors Circle de I.AfA la presentation de I exposition a Quebec esl rendue possible grâce a une contribution du foods de diversification de I économie Drolls d entree •taxes el Irais de service indus) Adultes : IQs, Aines -13 Lever 7h34 Coucher 16h21 Aujourd'hui Ce Soir Vendredi Samedi m.n -10 SS min -18 SS -7 -13/-5 -14/-9 Dimanche Météo-Conseil Environnement Canada 1 900 565-4455 Frais applicables La météo à la source
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