Le devoir, 4 janvier 2006, Cahier A
VIRGINIE L'inquiétude grandit quant au sort des mineurs Page A 5 w w w .led e \' o i r.c o m ?HOCKEY La «Crosbv-folie» frappe Montréal Page B 6 LE DEVOIR I $ Le gaz disse a-t-il remplac L’Europe s’inquiète de sa dépendance i énergétique Non à un nouveau modèle fédératif Paul Martin entend vanter le Canada pour amadouer les nationalistes mous Paris — La réduction des approvisionnements en gaz naturel russe aura duré moins de 48 heures en Europe, mais elle aura suffi à semer la crainte en ce début d’année.Même si les livraisons en direction des pays de l’Union européenne ont retrouvé leur niveau normal hier en fin de journée, c’est toute l’Europe qui se demande aujourd'hui si sa sécurité énergétique est bien assurée.Alors que la Russie coupait les vannes à l’Ukraine pour l'obliger à accepter le quadruplement des prix du gaz (de 50 $ à 230 $ par 1000 mètres cubes), les responsables français ont rassuré la population.La France n’importe en effet que 20 % de sa consommation de gaz de la Russie et elle dispo- CHRISTIAN RIOUX se de réserves pour 45 jours.Le pays est aussi un des plus autosuffisant d’Europe en électricité.Mais la baisse des approvisionnements russes semble avoir servi de sonnette d’alarme et forcé les Français comme les Européens à s’interroger.Les experts des pays de l’Union se réuniront aujourd'hui d’urgence à Bruxelles pour examiner la situation.«La sécurité de l'approvisionnement est extrêmement importante pour l'Union européenne et la situation récente montre combien l’Europe est vulnérable aux pénuries de fourniture de gpz».a déclaré à l’AFP le commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs.Le quart du gaz naturel consommé en Europe vient en effet de Russie et 80 % de celui-ci passe par les gazoducs ukrainiens.La France, l'Allemagne REUTERS et l’Italie sont les trois plus importants importateurs européens.Mais, les nouveaux membres de l’Union sont encore plus dépendants.Jr gaz russe répond à 40 % des besoins en gaz de la Pologne, à 65 % de ceux de la République tchèque et à presque 100 % de ceux de la Finlande et des Pays baltes.Personne n’attend pourtant de résultats spectaculaires de la réunion de Bruxelles.Présidée par l’Autriche depuis le L janvier, l’Union européenne semble vouloir demeurer loin du conflit.Pas question de jouer les médiateurs entre Kiev et Moscou, dit-on à Bruxelles, comme lors de la Révolution orange qui avait permis l’élection de Viktor louchtchenko VOIR PAGE A 8: GAZ Il É I ÈN K H HZZKTTI Ottawa — Si l’appui à la souveraineté au Québec est en constante hausse depuis 1995, c’est avant tout parce que les troupes fédéralistes ne parlent pas assez des avantages de faire partie du Canada, croit le premier ministre Paul Martin.Ix1 chef libéral en campagne compte donc mener d'ici le 23 janvier une vaste entreprise de promotion du pays pour affronter son rival bloquiste, mais pas question de proposer un modèle fédératif modifié pour satisfaire les nationalistes ambivalents.Au cours d'une entrevue accordée au Devoir lundi, Paul Martin a donné un avant goût des arguments qu’il fera valoir au Québec pendant la seconde moitié de la campagne électorale.Des arguments à saveur référendaire, parce que la joute est, selon lui, référendaire.Invité à interpréter les raisons de la hausse de l’option séparatiste dans la province, le premier ministre offre cette réponse: «On n 'a pas parié assez des raisons positives sur ce qu’on peut faire ensemble.» Jamais il ne mentionne une quelconque insatisfaction profonde qui pourrait animer les Québécois.Selon lui, la montée souverainiste s’explique d’abord par la faiblesse de la pédagogie fédéraliste.Comme pour donner l’exemple, Paul Martin s'enflamme en parlant de l’accession de la Chine et de l’Inde au rang de nouvelles puissances et de la réorganisation économique mondiale qui s’ensuit.«Im capacité du Québec de prendre avantage des économies d’échelle de la Chine et de l’Inde, c'est en faisant partie du Canada qui débouche sur l’Inde.Im Colombie-Hri-tannique, c'est un port du Québec! Les industries pétrolières de l’Ouest et de Terre-Neuve, c’est des ressources du Québec!» Selon le chef libéral, «ce qu ’il faut faire, Gazprom, un «État dans l’État», page B 1 ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 Paul Martin Retour au travail à la station Mont-Tremblant ALEXANDRE SHIELDS C> est toute une région touristique qui a poussé un soupir de soulagement hier, alors que les employés de la station Mont-Tremblant se sont prononcés à 71,55 % en faveur d’un retour au travail.Les 1500 syndiqués de la CSN et la direction d'Intrawest ont en effet accepté la proposition du conciliateur nommé par le gouvernement du Québec, qui comprend notamment un contrat de travail d’une durée de cinq ans, des augmentations salariales de 16 % et la création d'un régime de retraite dès janvier 2008.Le retour au travail, qui doit se faire progressivement à partir demain, ne représente toutefois pas une victoire totale pour le syndicat, qui souhaitait plutôt conclure une convention d'une du-rée de trois ans.«Dans l’ensemble, nous sommes un peu tièdes».a souligne hier le président du syndkat des travailleurs et travailleuses de la station Mont-Tremblant Benoît Filion.La partie patronale «a eu gain de cause VOIR PAGE A 8 TRAVAIL La grève a entraîné * des pertes de centaines de milliers de dollars chaque jour» INDE X .Actualités.A4 Annonces.B 6 Avis publics.B 3 Carrières.B 5 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie.B S Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B3 Monde.B 1 Mots croisés B 6 Sudoku .B 3 Télévision.B 7 Contrastes en équilibre VOIR PAGE A 8: MARTIN ! Autres informations en pages A 3 et A 4 JACQUES GRENIER t.K DEVOIR «Les artistes sont l’avenir du monde*, dit le père Benoit Lacroix.Benoît Lacroix, jeune et vigoureux penseur de 90 ans Docteur en sciences médiévales, fondateur en 1968 du Centre d’études des religions populaires, prix Léon-Gérin en 1981, grand officier de l’Ordre du Canada depuis 1985, promu docteur honoris causa par l’Université de Sherbrooke en 1990 et nommé grand officier de l’Ordre national du Québec en 1996, le père Benoît Lacroix fêtait ses 90 ans en septembre.Sa curiosité et son dynamisme demeurent inaltérés.SOLANGE LÉVESQUE ('^ Jest possible d’avoir 90 ans et ce n’est X pas nécessairement une catas-trophe, mais ça commence a m’im-?pressionner!», lance-t-il quand on lui demande ce que son âge signifie pour lui.«Im surprise est plus grande pour les autres que pour moi; j'ai l’habitude de voir le temps s’écouler dans la continuité, au quotidien, et a chaque jour suffit sa peine Heureusement, j’ai un tempérament plutôt léger» Tous les phénomènes inhérents aux sociétés contemporaines intéressent Benoit Lacroix; quant aux manifestations artistiques, elles le passionnent.«Cela m’émeut d’écouter Kreisler, Rubinstein, Casals, de voir les oeuvres de Matisse, Picasso; même âgés, les artistes sont l’avenir du monde; Chagall a tant apporté à Ihumanité! De même, le peintre juif Muhlstock, Sylvia Daoust, et ces artistes de la pensée qu’ont été Raymond Klibanski et Georges-Henri Lévesque.» Pour lui, les années comptent selon le don que l’on fait de sa VOIR PAGE A 8: LACROIX • Iran Chartitr ouvre la vais à la rtfondatlon du myth*.» -Ullbtaire Chronique d'un référendum Acte 1 Les Américains à Québec Jttun Charter Chronictu* d’un référendum Acta I „ r’ [A ¦: * • ?‘ *> « Roman mBSÊKBBt IMiüLœsza wm 9 1 A i r* ?A # r année de l’éducation ostsecondaiie ! LES ÉTUDIANTS DÉSIRENT SOUHAITER UNE BONNE ANNÉE AUX LECTEURS DU DEVOIR.ET LEUR RAPPELER QUE L'ANNÉE QUI DÉBUTE SERA CELLE D'UN RÉINVESTISSEMENT MASSIF EN ÉDUCATION POSTSECONDAIRE.En effet, le Conseil de la Fédération se réunira les 23 et 24 février prochain afin d'unir les voix des acteurs du monde de l'éducation de toutes les provinces pour faire une demande unanime : QUE LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DÉVOUE UNE PARTIE IMPORTANTE DE SES SURPLUS MASSIFS AU FINANCEMENT ADEQUAT DE L'ÉDUCATION POSTSECONDAIRE AU CANADA.RAPPELONS QUELQUES FAITS : • L'éducation postsecondaire a beaucoup souffert au cours des 10 dernières années.• Le financement fédéral a été réduit considérablement LE FINANCEMENT FÉDÉRAL POUR L'ÉDUCATION POSTSECONDAIRE au cours de cette période, contrairement à ce que cer- EST CONSIDÉRABLEMENT INFÉRIEUR AUX NIVEAUX DE 1994.tains affirment avec la plus grande des convictions.Au total, cela représente plus de 4,9 milliards de dollars par année de moins dans le réseau canadien d'éducation postsecondaire et plus d'un milliard par année de moins pour le système québécois.|= financement réel par habitant 9 = le montant du financement si celui-ci avait augmenté selon l'inflation 140$ DEFICIT DE O) c 4 DÉFICIT DE FINANCEMENT 4 g 120$ O CO CD a.• Le résultat de ce sous-financement est que le nombre ^ 100$ "V d'étudiants par classe a augmenté en flèche, que la dis- ^ ponibilité des professeurs a diminué en conséquence 80$ et que les bibliothèques universitaires ont pris un retard 60$ alarmant.Il arrive désormais que plus de 1 000 étudiants 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 05 assistent à un cours en même temps! • C'est donc la qualité de notre système d'éducation qui est en péril de même que la vigueur et la compétitivité de notre économie.Le niveau de vie du Canada est maintenant 8e au monde, en perte de 7 positions par rapport au début des années 1990.L'éducation postsecondaire est la clé du développement humain.• Le sous-financement du réseau de l’éducation a vu le jour lorsque le gouvernement fédéral a sabré les transferts fédéraux au milieu des années 1990.Il est donc juste que les surplus fédéraux servent au refinancement du réseau de l'éducation.• Paul Martin s'est lui-même engagé au cours de la campagne électorale de 2004 à augmenter les transferts fédéraux pour l'éducation postsecondaire de 4 milliards par année.• Pendant que les gouvernements se renvoient la balle, les établissements postsecondaires manquent cruellement de fonds.Le gouvernement fédéral doit consacrer une part de ses surplus à l'éducation postsecondaire, et les gouvernements provinciaux doivent continuer à prendre leurs responsabilités et continuer d'investir en éducation postsecondaire.DANS LE CADRE DES PRÉSENTES ÉLECTIONS FÉDÉRALES, LES ENGAGEMENTS EN MATIÈRE D'ÉDUCATION POSTSECONDAIRE NE SONT PAS SUFFISAMMENT CLAIRS.POURTANT, LA DEMANDE DE L'ENSEMBLE DES ACTEURS DU MONDE DE L'ÉDUCATION QUÉBÉCOIS NE LAISSE PAS PLACE À INTERPRÉTATION.LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DOIT ABSOLUMENT AUGMENTER LES TRANSFERTS EN MATIÈRE D'ÉDUCATION D'AU MOINS 4,9 MILLIARDS PAR ANNÉE.CEST LA DEMANDE DES ETUDIANTS DU QUEBEC ET DU CANADA.EN 2006, AUGMENTONS LES TRANSFERTS FÉDÉRAUX EN ÉDUCATION DE 4,9 MILLIARDS PAR ANNÉE ! àecïïm à K LE DEVOIR.LE MERCREDI I JANVIER 2 0 0 (I A ELECTIONS * D I T 0 R I A L Chantage au gaz La reprise de la distribution de gaz par la Russie n’annonce pas la fin de la guerre énergétique.Loin de là.L’objectif du Kremlin demeure entier: user de l’arme pétrole plus gaz afin de réaliser son ambition géopolitique.laquelle?Retrouver son statut de superpuissance en mettant au pas les voisins i immédiats, dont l’Ukraine, pour commencer.DI y a un an tout juste, la Révolution orange portait Viktor louchtchenko à la présidence de l’Ukraine.À Moscou, on s’en souviendra, l’humeur était d’autant plus maussade que les courants russophiles qui dominèrent le pays pendant des lunes furent laminés au profit des pro-européens.A peine installé dans ses nouvelles fonctions, louchtchenko inscrivait à l’agenda politique du pays les deux priorités suivantes: prendre la route qui mène à l’Union européenne (UE) et se rapprocher de l’OTAN.Pour Vladimir Poutine et ses proches, le copinage sans fard de louchtchenko avec l’Ouest devint rapidement insupportable.Car cela signifiait, et signifie toujours, une perte notoire d’influence dans une région que Moscou considère encore comme sa propriété.Pire, les idées défendues par louchtchenko pourraient se répandre au sein de ses nations, par exemple la Biélorussie, que Poutine tient mordicus à tenir en laisse.Dans ce contexte, le Kremlin a décidé de punir les récalcitrants.A défaut d’envoyer des tanks, il fut décidé de couper le cordon énergétique afin de signifier aux Ukrainiens que le cœur de leur économie battait à Moscou.Le prétexte employé a été aussi simple qu’efficace: exiger que le prix du gaz fournit par les Russes soit au diapason du prix qui a cours pratiquement partout dans le monde.Depuis la chute du Mur de Berlin, l’Ukraine a bénéficié des rabais accordés à l’époque de l’Union soviétique.Ainsi, pour l’énergie acheminée à Kiev et dans les environs par la société d’Etat Gazprom, le trésor public ukrainien débourse 50 $US pour chaque 1000 mètres cubes, alors que les Européens payent 230 $US le même volume.Sous l’impulsion de Poutine, des négociations ont été entreprises afin de majorer le prix.Sur un plan strictement commercial, l’objectif de Gazprom est légitime.Mais la manière employée fut plus que brutale.Le président ukrainien était enclin, et le demeure, à assumer une hausse progressive devant déboucher sur un alignement des coûts qui ont cours au niveau mondial.Les bonzes de Gazprom veulent imposer les 230 $ immédiatement.Les pourparlers ayant achoppé, Moscou a décidé de couper le robinet.Ce faisant, la distribution de gaz en Europe a diminué sensiblement.Selon Gazprom, de cette soustraction, les autorités ukrainiennes sont responsables car elles ont décidé de «piquer» une portion de l’énergie destinée à l’Allemagne, l’Italie et autres nations européennes.Cette accusation, Kiev la récuse.Bref, le flou demeure.Reste que cet épisode a provoqué tout un sursaut dans les capitales des pays membres de l’UE.Car il a rappelé de manière rude qu’en matière de sécurité d’approvisionnement énergétique, l’Europe était aussi fragile que dépendante de la bonne volonté des Russes.Il a également rappelé au monde entier que la Russie était une superpuissance en la matière.En un mot, l’épisode en question a propagé de l’inquiétude à la vitesse grand V.L’histoire étant empreinte d’ironie, il se trouve que depuis le 1" janvier, Poutine est le président du G8 qui lors de son prochain sommet au début de l’été va discuter d’abord et avant tout.de sécurité d’approvisionnement énergétique.Pour l’heure, les épisodes des derniers jours ont accouché d’une question d’autant plus imposante qu’elle touche au cœur de l’économie: est-ce que la Russie est un fournisseur fiable?Chose certaine, échaudée par le duel Russie-Ukraine, l’Autriche a décidé qu’en sa qualité de présidente de l’UE au cours des six prochains mois elle ferait de la sécurité énergétique et de la diversité des sources la priorité de son mandat C'est dire combien le geste posé par Moscou à l’endroit de l'Ukraine inquiète au plus haut point.i Se rue Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE moment ^2oçiï ~là^ tÇPRiT Du DÉfiCiT ZÉRO, v tf-Tu U ?.(Teértz APRE* Détournement de vote Jusqu’à récemment, le vote par anticipation était réservé aux électeurs qui, pour des raisons sérieuses, ne pouvaient voter le jour de l’élection et pouvaient le prouver.Je viens d’apprendre que, grâce aux nouvelles règles du vote par anticipation au fédéral, on peut aller voter n’importe quand pendant la campagne.Le but, bien louable: accroître le taux de participation.Le résultat, bien moins joli: un candidat, ou l’un de ses représentants bien engueulés, vient sonner à votre porte, vous vend sa salade et parvient, grâce à son charme personnel et à des arguments plus ou moins valables que personne en face de lui ne pourra contrer, à vous convaincre de lui accorder votre confiance.Une fois que c'est fait, il vous emmène lui-même, dans son auto, jusqu’au bureau de vote par anticipation.Dans toute la campagne, il pourra ainsi «engranger» des centaines de voix.Si jamais vous changez d’avis entre ce jour-là et celui de l’élection, ou si vous vous rendez simplement compte qu’on vous a manipulé, eh bien, tant pis pour vous: votre vote est déjà dans l’urne! Belle démocratie.Personnellement, je me ferai im plaisir de botter le derrière du candidat, de quelque couleur qu’il soit, qui tentera une pareille manœuvre chez moi.Et j'encourage tous mes compatriotes à en faire autant! Vincent Collard Montréal, 22 décembre 2005 La société échangiste Notre société est fondée sur des échanges qui n’ont rien de gratuit.Ce qui permet notre survie en tant qu’espèce.Ainsi, certains vont même jusqu'à donner des cadeaux pour de l’affection, et de l'amour pour de la sécurité.D’autres ont même créé des clubs échangistes.Et c'est toujours une question de survie, du couple, cette LETTRES -4- foisci.Car le couple, marié ou non, est pour ainsi dire un système d’échange de base, sans cesse menacé de rester fermé sur lui-même.Nous ne sommes pas des «monovores».Alors rien de plus naturel et de plus sain que d’échanger ouvertement et occasionnellement son ou sa partenaire pour mieux cultiver un appétit qui a ses exclusivités, mais qui peut aussi s’ouvrir à la variété.Et tout ça à peu de frais, quand on pense à ce que peuvent coûter les séances de thérapies ou la consommation compensatoire pour faire durer le couple ou le sauver de l’inanition [.] Les juges de la Cour suprême ont majoritairement estimé que les clubs échangistes ne portaient pas préjudice à la société.Ils auraient pu également mentionner les préjudices d’un commerce amoureux au-dessus de nos moyens, qui tente depuis les débuts de la civilisation judéo-chrétienne de se payer le très grand luxe artificiel du «serment de la fidélité».Quant aux deux juges dissidents, ils en sont encore à la décence comme prétendue «valeur de notre société».Combien ce débat largement dépassé, nous aura-t-il coûté en frais de justice?Trop cher.Mais au moins maintenant pourrons-nous économiser sur les frais de la police et de sa luxueuse (même famille que luxure) escouade de la moralité qui gonfle le budget de la sécurité publique déjà.indécent Michel-Wilbrod Bujold Montréal, décembre 2005 Pressions autochtones Dernièrement le gouvernement libéral de Paul Martin a promis de verser plus de 5 milliards de dollars aux Amérindiens pour améliorer leurs conditions de vie.Conscient de l’histoire préjudiciable que les autochtones ont dû traverser, il a aussi promis une compensation de 1,9 milliard pour les victimes des pensionnats.Or, cette responsabilité revient-elle vraiment aux contribuables?Il existe une entreprise qui a considérablement affaibli les autochtones, extorqué le fruit de leur chasse en plus de massacrer la faune canadienne, il s’agit de la Compagnie de la Baie d’Hudson.En effet la plus vieille compagnie au Canada a permis d’enrichir quelques privilégiés qui ont exploité sans retenue la faune et méprisé les autochtones en leur échangeant des broutilles contre des fourrures, et ce pendant plusieurs siècles [.] C’est cette même Compagnie de la Baie d’Hudson qui s’est établie de force au Ma nitoba en 1812, et qui se voulait le centre des opérations des forces britanniques lorsqu’elles exterminèrent les Métis en 1885.Dans ces circonstances, ne serait-il pas normal que la Compa gnie de la Baie dHudson dédommage les autochtones et accepte sa responsabilité en ce qui a trait au sort actuel des tribus amérindiennes au Cana da, plutôt que le gouvernement canadien?(La Compagnie frétait pas canadienne avant la fin du XXe siècle.) Puisque des rumeurs d’achat visent la Compagnie de la Baie dHudson actuellement, il serait plus que temps pour les autochtones ainsi que pour toutes les autres victimes de la Compa gnie de porter plainte et de demander leur juste part des richesses et de la fierté que la Compa gnie leur a impunément volées.Plutôt que d’augmenter la contribution des honnêtes payeurs de taxe, qui, au Québec, sont 80 % à gagner 30 000 $ ou moins, je demande à toutes les tribus amérindiennes de faire des pressions sur la Compagnie de la Baie dHudson afin que justice leur soit rendue et que celle qui a volé l’héritage amérindien du Canada soit tenue responsable devant la Loi et devant l’Histoire.Très franchement ce n’est pas aux payeurs de taxe, qui n’ont jamais participé aux massacres commis par la Baie dHudson, à payer pour les erreurs de cette compagnie.Ludovic Rheault Montréal, décembre 2005 LIBRE OPINION ->- Le travail de rue : une réponse aux gangs de rue SERGE BROU H U Président de la Société de criminologie du Quebec et professeur titulaire d l'Ecole de criminologie de l’Université de Montreal CAROLINE S.WA RD Directrice générale de la Société de criminologie du Quebec Depuis quelques années, la présence des gangs de rue se fait sentir sur le territoire québécois.Ce phénomène en inquiète plusieurs car il dérange notre paix sociale et mine la securité des citoyens.Une étude récente, intitulée «Jeunes, drogues et violence: des liens à comprendre» et réalisée au Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal, indique que 49 % des élèves qui fréquentent des écoles montréalaises croient que la violence des jeunes est souvent reliée aux gangs.Bien plus, 11 % d'entre eux rapportent avoir déjà participe à une bataille de gang.les gangs deviennent donc une source de preoccupation pout plusieurs spécialistes parce que le niveau d'organisation de ces groupes si' precise et parce que leur sphère d’activités criminelles s’avère de plus en plus diversifiée.Les intervenants qui partagent le quotidien des jeunes sont tous touchés de près ou de loin par cette problématique.Dans ce contexte, plusieurs stratégies (intervention, repression.punition) ont été mises en place afin de contrer ce phénomène.Cette lettre propose de discuter d’une stratégie qui si' veut être une alternative aux interventions traditionnelles effectuées auprès des jeunes de gangs et de ceux à risque d’y adhérer le travail de rue.Un lien qui s'établit Il y a plusieurs raisons de s’intéresser à cette pratique encore méconnue du grand public.Mentionnons à ce titre les résultats d'une évaluation menée par la Société de criminologie du Québec (D.Girard et K Tétreault, Rapport de mi-projet: travail de rue, gang de rue.i
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