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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-01-07, Collections de BAnQ.

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Kyoto et l’équité interprovinciale Page B 5 DEVOIR ET RI M A X l H E LES S A M E I) 1 JANVIER 2 O O jjüjM À LA UNE Kennedy veut rapprocher l’Est et l’Ouest Page B 6 * PERSPECT VES J.P.MOCZULSK1 REUTERS CHRIS WATTIE REUTERS Avantage Harper Une campagne de peur pour contrer la montée des conservateurs risque de ne pas fonctionner Le chef conservateur a émergé de la période des Fêtes en recevant son plus beau cadeau: des sondages qui le placent en tête.Les libéraux, qui avaient prévu lancer leur véritable campagne dès le 2 janvier, ont été pris au dépourvu.Déstabilisés par la campagne conservatrice, encore ébranlés par l’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur une fuite de renseignement au ministère des Finances, ils n’ont pas été en mesure de reprendre le haut du pavé.Il n’en fallait pas plus pour que Paul Martin, mais aussi Jack Layton, amorcent leur campagne de peur contre Stephen Harper.Il est maintenant l’homme à abattre.Mais est-ce que cette stratégie portera ses fruits comme en 2004?Rien n’est moins sûr.ALEC CASTONGUAY Ottawa — il restait environ deux semaines à la campagne électorale 2004 lorsque le chef libéral Paul Martin a ramené à la mémoire des Ontariens le spectre de leur ancien premier ministre Mike Harris, comparant ses politiques à celles envisagées par Stephen Harper.Cette fois, la métaphore a fait son apparition plus tôt, puisqu’il reste encore trois semaines à la campagne électorale.Mais peu importe, mardi et hier, Paul Martin a de nouveau exhibé ce fantôme politique dans l’espoir de secouer les Ontariens.«U [Harper] instaurerait au Canada une société du chacun pour soi.Chacun pour soi, comme Mike Harris, il y a dix ans.Aujourdhui, c’est Stephen Harper.Ce n’était pas la bonne manière de s’y prendre pour bâtir une société forte en 1995.Et ce n’est toujours pas, aujourd’hui, le bon chemin à prendre», a lancé hier le chef libéral.Le leader néo-démocrate, Jack Layton, qui a concentré l'essentiel de ses tirs sur les libéraux depuis le début des hostilités, n’a pas non plus fait dans la dentelle cette semaine.•Les conservateurs veulent démanteler l’État canadien.Comme le Bloc», a soutenu M.Layton aux journalistes à bord de son avion de tournée.Donnant un petit coup de pouce à ses grands rivaux jusqu'à présent, le chef du NPD a soutenu que les libéraux ne se laisseraient pas démonter.•Ils sont les ultimes bêtes électorales, nous n 'avons rien vu encore», a affirmé Jack Layton.Mais la bête libérale a passé la semaine à lécher ses plaies ouvertes par les sondages, incapable de contre-attaquer sérieusement.Pour l’heure, tous les événements qui s’accumulent semblent nuire à une offensive libérale qui tarde.D'abord la très efficace campagne des conservateurs, centrée sur le contenu et les idées, qu’on aime ou non les propositions.Les libéraux ont quant à eux passé la premiere partie de la campagne électorale à vanter leur bilan, sans rien avancer de concret sinon le prolongement de l’entente sur les garderies avec les provinces et le bannissement des armes de poing.Ensuite, en pleine période des Fêtes, la GRC est venu rappeler aux électeurs ce qu’ils détestent le plus des libéraux: les magouilles.L’ouverture d’une enquête sur une possible fuite de renseignement au ministère des Finances lors du changement de régime fiscal des fiducies de revenus résonne encore.•Ça arrive à point pour les conservateurs, ça rappelle la culture du “tout m’est dû” des libéraux dénoncés par le juge Gome-ry», soutient Pierre Martin, politologue à l'Uni versité de Montréal.Comme une brique Puis, au moment de reprendre l’offensive, les sondages tombent comme une tonne de brique.Coup sur coup, les firmes Ipsos-Reid, SES Research, Ekos et Léger Marketing confirmaient cette semaine l’avance des conservateurs.Une avance qui laisse miroiter la formation d’un gouvernement minoritaire dirigé par Stephen Harper si rien ne change d’ici le 23 janvier prochain.Et cela, sans compter la toute nouvelle histoire qui frappe les libéraux depuis hier, à savoir que Patrimoine Canada a demandé à la GRC de faire certaines vérifications à propos d’une somme mystérieusement dépensée par Option Canada, un organisme sans but lucratif chargé de promouvoir le camp du NON en 1995.Jeudi, quelques heures après une réunion d’urgence de ses conseillers à l’avant de l’avion, Paul Martin reconnaissait l’allure de la campagne, même s il reste optimiste.•Est-ce qu’il y a des dérapages?Oui, il y en a dans toutes les campagnes.Mais je dois vous dire que je suis très confiant devant la façon dont cela se déroule.On est dans la même situation qu’aux dernières élections et vous savez ce qui est arrivé aux dernières élections», a-t-il dit Rien d’étonnant donc à voir les libéraux et les néodémocrates, coincés au milieu de la tempête, entonner de nouveau le refiain de 2004: un gouvernement Harper ramènerait le pays en .déficit, détruirait les programmes sociaux et l’Etat canadien, suivrait Bush aveuglément, marcherait sur les traces de Mike Harris, etc.Des at- taques qui n’ont toutefois pas ébranlé le chef conservateur, qui a à peine pris le temps de répliquer, poursuivant plutôt le dévoilement de ses annonces avec la précision d’un métronome.Contexte différent Les observateurs politiques ne sont pas surpris de retrouver Stephen Harper en tête, même si ce dernier a lancé sa campagne avec un retard de cinq à dix points sur les libéraux dans les intentions de vote.«La différence par rapport à 2004 est frappante, souligne Kenneth McRoberts, doyen du collège Glendon de l’université York, à Toronto.Harper fait une bonne campagne, très contrôlée.U est prudent et personne ne fait de gaffe.Au contraire, les libéraux semblent improviser chaque jour, ils cherchent leurs marques, ils sont perdus.» Tous les spécialistes politiques ont prédit une campagne plus dure, plus négative à mesure que l’heure du choix approchera pour les citoyens.Les remarques plus fortes de Martin et layton cette semaine pourraient donc n’être que le début de la campagne de peur qui avait efficacement ébranlé les appuis conservateurs en 2004.Il faut dire que les gaffes des candidats conservateurs, l’inexpérience de Harper et le manque de pré parution avaient également contribué à couler le PC.Une fois en tête des sondages, à deux semaines de la ligne d’arrivée en 2004, Stephen Harper avait notamment fait l’erreur de parler de gouvernement majoritaire.Ce ne sera pas le cas cette année.«On s’est brûlé avec ça la dernière fois.On ne refera pas la même gaffe, personne ne parlera de ça», a soutenu un collaborateur de Stephen Harper.Sage décision, juge Kenneth McRoberts.•Une m/uvelle chute dans les sondages comme en 2004 est tout à fait possible, le risque est là, dit-il.En Ontario, si les électeurs pensent que le Parti conservateur peut être majoritaire, Um les s/m-dages montrent que leurs appuis descendraient rapidement.Si c’est minoritaire, la situation est moins claire.» Et est-ce qu’une campagne de peur pourrait de nouveau fonctionner?Rien n’est moins sûr.•Tous les partis vont être tentés par cette stratégie, mais les conservateurs sont très prudents depuis le début, explique Kenneth McRoberts.Peut-être que Martin a une prise lorsqu’il parle de Mike Harris, qui a laissé un mauvais souvenir chez beaucoup d’Ontariens, mais ce n’est pas certain.Une chose est claire par contre, Harper est maintenant l’homme a abattre, peu importe comment les autres partis vont s’y prendre.» Selon lui, les libéraux pourraient regretter amèrement d'avoir lancé leur véritable campagne plus d’un mois apres le déclenchement des élections.«Ils voulaient laisser le Parti conservateur s'autodétruire et récolter les fruits mûrs, mais ce n’est pas ce qui arrive.Ib ont sous-estimé Harper», soutient M.McRoberts.Dans les rangs conservateurs, on soutient que les attaques libérales porteront moins cette année en raison de la crédibilité du PLC.«Ils vont attaquer quoi au juste?La dernière fois, ils s’en sont pris à un mystérieux agenda caché, parce que nous étions plus désorganisés.Là, on est discipliné et notre congrès de Montréal a clarifié nos positions.Et honnêtement, la crédibilité des libéraux est nulle, alors les attaques portent moins», explique un conseiller de Stephen Harper.Pierre Martin, de l'Université de Montréal, analyse la situation de la même manière.«la dernière fris, ce n’était pas assez clair, alors ce flanc était ouvert à l’attaque.Mais là, c’est différent.La carte “campagne de peur” n’existe plus pour les libéraux selon moi.Ils devront trouver autre chose», soutient Pierre Martin, qui appuie notamment son argument sur les récents sondages, qui montrent que les Canadiens placent maintenant Harper devant Martin quand on leur demande qui a la vision la plus positive du pays.Il faudra donc que les libéraux développent une vision plus positive, mais là encore, des obstacles se dressent sur leur route, juge Pierre Martin.*Te Parti libéral ne lutte pas seulement contre les conservateurs, mais aussi contre 12 ans de.pouvoir.A chaque annonce, les autres partis ont beau jeu de demander pourquoi les libéraux ne l’ont pas fait avant.Ils sont usés, et ça, c’est dur à combattre.» Selon lui, ce n’est pas tant les conservateurs que Paul Martin a sous-estimé, mais les 58 % de gens qui affirment souhaiter du changement à la tête de l’Etat.«Dès que les conservateurs sont devenus crédibles, ils ont profité de ce vent favorable», dit-il.Autre facteur différent cette année, comparativement a 2(X)4, c’est la tenue d’une deuxième série de débats des chefs, qui auront lieu lundi et mardi prochains, a Montréal.En 2004, la montée* des conservateurs avait eu lieu après les débats.À quel point ces affrontements pèseront-ils dans la balance?•C’est impossible a prévoir, mais ce sera très important parce que ces débats sertmt plus suivis que les premiers», estime Kenneth McRoberts.I,a pression sera énorme sur les épaules de Harper, puisque les débats pourraient cristalliser sa montée autant que le faire couler.Dans l'avion du chef conservateur, on est tout de même confiant «Im formule ne permet pas d’échanges directs, ce qui tend à avantager la personne qui est sous pression.Martin la première fois, et Harper maintenant», dit-on dans son entourage.Reste qu’aucun parti ne peut encore crier victoire, précise les spécialistes, ce qui promet une fin de campagne passionnante et intense.Le Devoir « On est dans la même situation qu’aux dernières élections et vous savez ce qui est arrivé aux dernières élections » Traduction Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Pour en savoir davantage venez assister à notre prochaine séance d'information le 17 janvier à 18 h.Pour de plus amples renseignements : (514) 398-1484 Programme intensif d’anglais - hiver ’06 • Mène au Certificat de compétence en anglais de l'Université McGill • Début des cours : 16 janvier (9 semaines) • Niveaux : débutant à avancé • Cinq heures par jour, du lundi au vendredi, incluant des sorties culturelles.Inscriptions en cours : (514) 398 3069 Centre d>ducatlon permanente de l'Université McGill • (514) 398 6200 • www.mcgill.ca/conted OS fc.McGill LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2006 B 2 •PERSPECTIVES- ’a tsFI Æ .- .‘ -rÆmi.Jean Dion Belle invention que la toile Il est loin detre aussi agréable de consulter les sites internets — oui, «internet» se met au pluriel, c’est une nouvelle règle* que j’ai inventée mercredi soir vers 21hl4, et non, «internet» ne prend pas de majuscule, tout comme vous ne regardez pas la Télévision ni n’écoutez la Radio ni ne lisez le Journal ni ne vous adonnez à la Télépathie —, de consulter les sites internets, donc, des formations fédérales politiques que ceux ayant pour thème le football professionnel américain.Surtout en janvier, alors que l’on entre dans l’épais des choses, comme dirait un chef de parti pancanadien s’il avait lui-même traduit son allocution.11 ne serait d’ailleurs pas une mauvaise idée qu’au lieu des sempiternels sondages qui ne sont que des photos d’un moment déjà passé, l’on présente des pronostics de preneurs aux livres, qui constituent un grand long métrage à suspense d’un temps glorieux en devenir (c’est de la poésie urbaine).Mettons, par exemple, les conservateurs par 4.Loto-Québec pourrait nous organiser ça et filer avec le motton quand le Québec sera souverain, ainsi que le veut une théorie à la mode.(‘Outre son statut de composante essentielle d’un coffre à crayons, la règle est un concept flou à souhait extrêmement utile en politique.Vous n’avez qu’à dire «il y a des règles», et l’histoire finit là.Par exemple, lorsque Paul Martin, au sujet des agissements de l’occulte Option Canada, déclare: «Oui, absolument, je vais toujours insister pour que ^IflDÉRAL ser sous-entendre à demi-mots à peine couverts sous l’anonymat que les règles, au fond, on en a peu ou prou à cirer.On sait du reste depuis l'invention de la commandite, au dernier millénaire, qu’il est particulièrement ardu de faire respecter les règles lorsqu'on n'est pas au courant quelles se font, comment dire pour rester poli, manquer de respect.On notera par ailleurs que, dans la même dépêche, il est raconté que Paul Martin a indiqué qu’il dirigeait «un gouvernement imputable», ce qui bien sûr n’a aucun sens au sens de la langue française, mais on n’en est pas à une drôlerie près, surtout depuis que, lors du débat des chefs, Paul Martin a parlé des personnes qui se trouvaient dans l’obligation de subir un «remplacement de joint».Ici, vous pouvez faire la blague qui vous chante, mais je vous préviens, elle manquera cruellement d’originalité si elle fait quelque référence que ce soit à de la drogue illégale.) Donc, disions-nous avant que de nous égarer en palabres, les pages wèbes des fédéraux manquent un peu d’oumpf.A les lire, le parti auteur est telle ment fabuleusement matière à décoller la tapisserie de perfection et les adversaires sont tous à ce point pourris que le la lecteur lectrice a du mal nécessaire à s'empêcher à deux mains de songer à part lui elle: «Hum, je suis assez poisson poissonne de nature, mais je me demande si tout ce qui est mentionné là-dedans est bel et bien vrai, ou si on n'est pas à ce moment ici en train de me prendre pour un une at-taché-attachée-case en cuirette marron avec double fond.» Vous dire, cela rappelle un débat des chefs smis échanges directs.A la longue, l’endormitoire gagne le surfeur.À part ça, voyez un peu comment les choses se passent au juste.Ces dernières heures, le site du Parti liberal mettait en vedette l'éducation.Celui du Parti conservateur, les garderies.Celui du NPI), la santé.Toutes choses, comme vous l'auriez remarqué si vous n’étiez pas toujours en train d’essayer de ne pas en entendre parler, qui relèvent du provincial, ainsi qu’on l'a noté dans cette chronique pas plus tard que l’autre fois.En plus, comme si l’étincelle n’avait pas déjà fait déborder l’anguille d;uis la botte de foin, que trouvait-on hier à la une du site du Bloc québécois?Une photo d’un gigantesque drapeau du Canada.Je vous le dis comme je l'ai toujours pensé, il y en a qui se mêlent des affaires qui ne les regardent pas.sauf peut-être d’un te il torve.En plus, vous allez me dire un truc.On sait qu’il faut dire «personnes handicapées» pince que.parce que, bon.Mais alors, pourquoi ne dit-on pas «personnes aînées».Et puis, pourquoi dit-on des «jeunes» et pas ties «vieux"?Je considère qu’il y a là discrimination fondée sur l'anniversaire.Revendiquons, messieurs dames, et exigeons en chœur que les jeunes soient désormais désignés sous le vocable «puînés» ou, mieux encore, «personnes puînées» ou, mieux encore, «corpus individuels benjaminement conçus» (CIBC).Et puis, qu'est-ce que c'est que cette histoire (('«aidants naturels»?l’arce qu’il y a des aidants artificiels, I suppose?Et puis, la famille, la famille, je veux bien la famille, mais le concept détruit les personnes individuelles dont la dignité est garantie par la Charte.Des «citoyens de structure nucléaire» (CSN) sentit plus indiqué.Je suis d’ailleurs heureux que vous souleviez la question de la famille, car elle ne l'a pas facile, la famille.On dirait presque quelle ne cadre pas dans le cadre.Prenons par exemple un extrait tire au sort de la presque dernière en date des allocutions de Paul Martin: «[.j visent à ce que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, de même que leur famille.puissent prospérer au sein de l'économie mondiale».Déduction logique irréfragable: les familles des Canadiens Canadiennes ne sont pas formées de Canadiens Canadiennes! Stupéfiant, en vérité, comme disait l’électeur puîné accro à l'inhalation de substances (EPAIS) qui voie lait remplacer son joint les règles soient suivies, mais personne ne va m’empêcher de défendre l’unité de mon pays», vous vous dites dans votre xiphophore intérieur que, d'une part, il ne précise pas quelles sont les règles en question et, de l’autre côté, ce «mais» donne à lais- ?C’est même pas vrai que les preneurs aux livres ne s'intéressent pas aux élections fédérales.Pinnacle-sports.com.par exemple, offre une cote de 2 contre 5 pour une victoire libérale et de 12 contre 5 pour une victoire conservatrice, et les libéraux sont favoris pour l’emporter par 12,5 sièges.Mais c’était avant que le PC ne prenne l’avance dans les sondages.11 faut donc s'attendre à ce que la cote change.N'empêche que, si vous voulez mon humble avis, les Patriots vont gagner ce soir.Et les Steelers demain.jdioma lcdvvoir.com Mitterrand Superstar Dix ans après sa mort, François Mitterrand n’a jamais été aussi populaire AGENCE FRANCE PRESSE Portrait de François Mitterrand, candidat socialiste à l’élection présidentielle, pris le 16 mars 1981 à Paris, lors de l’émission télévisée Cartes sur Table, sur Antenne 2.CHRISTIAN RIOUX Paris — Dans la déprime que traverse aujourd’hui la France, il y a heureusement quelques moments de répit.Quoi de mieux, lorsque le présent est terne, que de se réfugier dans le passé?Heureusement, l'histoire est toujours là, disponible, prête à fournir un prétexte à commémoration.La mort la naissance, l'élection, la défaite, il y a toujours un chiffre rond qui se cache quelque part Même si les socialistes français se déchirent et restent pratiquement muets face à la crise européenne et devant celle des banlieues, cela n’empêchera pas la gauche de se rassembler demain, le temps de souligner le dixième anniversaire de la mort de François Mitterrand.A Jarnac, ville natale du président socialiste, on déposera la traditionnelle gerbe de fleurs.Tout le gratin socialiste y sera pour l’inauguration de sa maison natale transformée en musée, une initiative paradoxalement due à l’ancien premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin, qui fut aussi président de la région.On y verra le cercle des inconditionnels (dont Pierre Bergé, Hubert Védrine, Jack Lang et Pierre Joxe), comme celui de ceux qui se sont donnés un «droit d’inventaire» (Edith Cresson, Laurent Fabius, Lionel Jospin et quelques autres).On comptera surtout les absences remarquées du vieil ennemi et ancien premier ministre Michel Rocard et des deux «présidentiables», Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.A Paris, la photo de François Mitterrand recouvre déjà la façade du siège du Parti socialiste, rue de Solferino, où une journée porte ouverte permettra de visiter le bureau de l’ancien président.La mairie (socialiste) propose une tournée des lieux associés à l’ancien président (Louvre, Grande Bibliothèque, rue de Bièvre, etc.).Le maire, Bertrand Delanoë, a même évoqué une éventuelle entrée.au Panthéon! Mais pas tout de suite.Ce regain de popularité frappe d'autant plus que François Mitterrand avait quitté la scène politique dans une atmosphère de scandales et de révélations sur son passé vi-chyste.Les historiens sont donc pratiquement tombés de leur chaise en apprenant que, selon un sondage CSA réalisé pour le quotidien Libération, 35 % des Français estiment que François Mitterrand fut le meilleur président de la V République devant De Gaulle (30 %)! Douce revanche ou simple fiction statistique?Voilà que celui que les Français appelaient familièrement «Tonton» bat pour la première fois son ennemi de toujours, libérateur de 1945, père de l’indépendance algérienne et fondateur la France moderne.Notoriété Tous ne sont pas de cet avis.«Le présent est perçu comme une menace.1m mondialisation fait peur.Alors les Français se réfugient dans la nostalgie du passé», a déclaré Brice Teinturier, directeur du département politique et opinion de la société TNS Sofres.«Au tribunal de l’Histoire.le général De Gaulle le [Mitterrand! dominera toujours, écrit le directeur de l’hebdomadaire le Point, Franz-Olivier Ciesbert.Les encenseurs postmortuaires n'y pourront rien changer.A moins de se résigner à ce que passéisme et nombrilisme soient désormais les deux mamelles delà France.» Interviewé cette semaine sur TV5 Monde, l’ancien secrétaire et fidèle de Mitterrand Jacques Attali a dit ne voir dans ce sondage qu'une mesure de la notoriété et non pas une évaluation réelle de la place de chacun dans l'histoire.«Plus on en parle, plus un ancien président est populaire», dit-il.A moins que ces enquêtes mesurent surtout le discrédit de l’actuel président Jacques Chirac, que le caricaturiste du Monde, Plantu, représente dépité à côté d'un Mitterrand joyeux déguisé en jeune rap-peur des banlieues.Succès étonnant, le livre de Jacques Attali, C'était Mitterrand (Fayard), s'est vendu à 145 000 exemplaires.Il s'en est écoulé 1200 dans la seule journée du 27 décembre.L'auteur voit dans cet engouement «un regret de cette période où la France était plus puissante quaujourdhui.où elle s'aimait davantage.[.] En ce sens, Mitterrand était le dernier monarque, le dernier roi de France.» les librairies regorgent des traditionnelles ha- giographies comme François Mitterrand, un dessein, un destin et Pourquoi Mitterrand?, des anciens ministres Hubert Védrine et Pierre Joxe.Un original a même eu l’idée de psychanalyser l'ancien président (Rendez-vous, la psychanalyse de François Mitterrand, Ali Maqoudi).Mais personne ne bat la très médiatique tille naturelle de Mitterrand, Mazarine Pingeot, qui est sur tous les écrans avec son livre Bouche cousue (Julliard) et un documentaire.Le Secret.Souvenirs Chez les socialistes, chacun y va de ses souvenirs personnels.Pourtant, malgré cette apparente unanimité, la gauche est loin de s'entendre sur l’héritage de celui qui a gouverné le pays pendant 14 ans.Quelques sujets seulement semblent faire l’unanimité.D’abord, l’élection de 1981 fut assurément historique en ce quelle prouvait que la France n'était pas une douce autocratie et qu'elle pouvait connaître l’alternance comme les autres démocraties modernes.Ensuite, l'abolition de la peine de mort est certainement la réforme de Mitterrand la plus largement acceptée, au point où son successeur vient de proposer de l’inscrire dans la constitution.La décision de s’engager dans la création de l’euro n’est plus vraiment contestée non plus.Pour le reste, lunammité est loin de régner çt chacun apprête le défunt à la sauce du jour.A la gauche du Parti socialiste (PS), Henri Em-manuelli raconte que lors d’une conversation sur l’Europe.Mitterrand lui aurait confié: «Ma génération s’est occupée du contenant, à vous de vous occuper du contenu».Ça tombe bien, l’homme a quelques idées là-dessus.L’ancien premier ministre Laurent Fabius, qui a voté non et flirté avec l'extrême-gauche pendant le référendum constitutionnel européen, rappelle comment Mitterrand a rassemblé la gauche en faisant alliance avec les communistes.Le centriste Dominique Strauss-Kahn, partisan du oui au référendum, souligne que «Mitterrand aurait évidemment voté oui».Certains échecs Au chapitre des échecs, il est difficile d’oublier les dizaines de sociétés nationalisées en 1981 et qui ont toutes été privatisées depuis.On se demande aussi par quel mécanisme mental un ministre des Finances a pu soudainement augmenter de 27 % le budget en 1981.L’affaire précipita le pays dans une des pires crises de son histoire et provoqua la dévaluation du tranc.Difficile aussi d'oublier les 2,3, millions de chômeurs qu’a laissés le président.A partir de 1983, François Mitterrand se résolut finalement à une politique économique plus pragmatique.«Uoks verrez, le mérite des socialistes sera de nous débarrasser du socialisme», avait prédit le sociologue Alain Touraine.Chose certaine, après le départ de Mitterrand, la France s’était beaucoup modernisée et était devenue plus libérale, dans sa pensée et ses institutions.Dix ans après sa mort la plupart des observateurs s'intéressent plus à l’homme qu’à son bilan.Le temps semble jouer en sa faveur.Ainsi.il paraît aujourd'hui entendu que Mitterrand a bien été vichyste, mais qu'il a aussi été résistant Bref.que.contrairement à De Gaulle, il fut un Français moyen pendant la guerre.C'est peut-être un des secrets de l’affection que le peuple lui porte.Par certains aspects, la France a aussi la nostalgique de la théâtralisation dont ce «souverain nmanesque» (selon l’expression du politologue .Alain Duhamel) a entouré son régné.A la fin de sa vie, ne disait-il pas: «Je suis le dernier des grands présidents.Enfin, je veux dire le dernier dans la lignée de De Gaulle.Après moi.il n ’y en aura plus d’autres en Erance.A cause de l’Europe.A cause de la mondialisation.À cause de Iri'olutum nécessaire des institutions»?Dans une declaration au magazine populaire VSD, son fils Jean-Christophe (mis en examen dans une affaire de trafic d’armes vers l'Angola) a probablement resume ce que pense une partie des Français: «Ait secours, reviens! Ils sont tous frus ’», s'est-ü écrié.Le cri n’exprime pas tant le regret des années Mitterrand qu'un certain desespoir face à la situation présenté Correspondant du Devoir à Paris % AGENCE FRANCE-PRESSE Le président François Mitterrand (à droite) s’entretient avec le journaliste de la Cinq Jean-Pierre Fükabbach.avant de répondre à ses questions, le 10 novembre 1991, dans son appartement privé du Palais de l’Elysée.La gauche française est loin de s’entendre sur l’héritage de celui qui a gouverné le pays pendant 14 ans P « LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 JANVIER 2 0 0 6 B ;î PERSPECTIVES Cl I VI NT Al.lARI) I K DEVOIR Les syndiqués des centres de la petite enfance et de la fonction publique ont manifesté en décembre contre l’adoption d'une loi spéciale.SEEm .lAi 1 mm ~s 9.i i O.- P > 1 .'i-r.:'; -» » Un décret qui a des dents Survivre à une loi d’exception Le choc créé par l’adoption de la loi 142 maintenant passé, les centrales syndicales concoctent une riposte Après une fin de décembre perturbée par la chute brutale d’une loi spéciale, quelles seront les résolutions syndicales pour la nouvelle année qui s’amorce?Panser les plaies béantes laissées par la loi 142.S’entourer d’une armada de juristes pour trouver les failles de cette législation.Manifester dans un cadre légal une colère mal retenue.Et tenter l’impossible: un retour au travail ordinaire dans un climat avarié.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Le professeur Michel Grant l’avoue d’emblée, sans la moindre pointe de retenue: «Je me suis trompé.Mes prédictions n’étaient pas bonnes.Jamais je n’aurais cru que ça se terminerait par une loi spéciale.» Spécialiste des relations de travail à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), le professeur au département d’organisation et de ressources humaines en a pourtant vu d’autres, et possède la mémoire de quelques autres de ces lois d’exception que les gouvernements — toutes allégeances confondues — ont dû laisser tomber dans le passé pour forcer un règlement des conditions de travail.«Moi, je me suis peut-être trompé comme analyste, mais les syndicats, eux, ont été trompés», ajoute-t-il.«Tout le monde sait qu'un premier ministre garde cette possibilité dans sa manche, mais ça prend un climat infernal pour qu’il l'utilise.Le contexte social ne justifiait pas qu’il sorte cet atout comme ça.» Avant le courroux syndical, c’est d’ailleurs la surprise qui a teinté les premières réactions, après ce 14 décembre marquant l’avènement de la loi 142, «concernant les conditions de travail dans le secteur public».En un coup de baguette législative, et invoquant le «sens de la responsabilité», le premier ministre Jean Cha-rest a fait glisser 500 000 employés du secteur public dans le sillon de ce décret qui reconduit la convention collective jusqu’en mars 2010 — un record de longévité — et fixe à 8 % la hausse salariale entre 2006 et 2010, les deux premières années du contrat étant marquées par le gel des salaires.Organiser la résistance Une fois le choc passé, les centrales syndicales ont riposté en égrenant un chapelet d’épithètes, toutes marquées du fer de la dénonciation.«La loi spéciale ne règle rien», écrivaient les chefs syndicaux des six plus imposantes organisations syndicales le 22 décembre, dans une déclaration commune visant à repousser le décret «Elle nous a été imposée, rentrée dans la gorge, sans que nous ayons quoi que ce soit à dire», ajoutaient les têtes dirigeantes de la CSN (Confédération des syndicats nationaux), de la FTQ (Fédération des travailleurs du Québec), de la CSQ (Centrale des syndicats du Québec), de la FIIQ (Fédération des infirmières et infirmiers du Québec), du SFPQ (Syndicat de la fonction publique du Québec) et du SPGQ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le froid n’a pas les syndiqués de manifester.(Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec).En conférence de presse cette semaine,le président de la CSQ, Réjean Parent, a promis que son organisation allait tout mettre en oeuvre pour résister à cette loi spéciale, ajoutant du même souffle que les actions entreprises devraient toutefois respecter des balises légales.Car la loi 142, qui s’inspire d’une autre loi d’exception issue des années 1980 — la loi 160 —, n’est pas tendre à l’endroit des récalcitrants qui oseraient quitter les balises et mettre le pied dans la ronde des moyens de pression illégaux.Les pénalités financières sont telles qu’on peut affirmer sans grand risque d’erreur qu’aucune centrale syndicale n’a les reins assez solides pour les assumer sans verser dans la faillite: 100 $ à 500 8 par individu par jour de grève, 7000 $ à 35 000 $ pour le dirigeant ou le représentant d’un groupe syndical et, enfin, 25 000 $ à 125 000 $ pour le syndicat lui-même.Certains syndiqués se sont déjà frottés à l’acidité de ce type de pénalités: les quelque 46 000 infirmières membres de la FIIQ en 1999 se souviennent certainement de cet été pénible, où quelques centaines d’heures de grève illégale destinée à percer une négociation ardue avec Je gouvernement de Lucien Bouchard s’étaient soldées par l’imposition d’un combiné législatif douloureux.Le mariage des lois 160 et 72 a en effet forcé individus, représentants syndicaux et centrales a verser plusieurs millions de dollars de pénalités, qu’une cotisation spéciale soutirée des employés a permis d’éponger.Climat de travail gangrené «Nos organisations syndicales vont résister et se battre contre cette loi afin de retrouver le droit à la libre négociation», concluaient les chefs syndicaux dans leur déclaration du 22 décembre.Mais «la loi 142 a des dents de requin très acérées», résumait fort bien, cette semaine.Réjean Parent, illustrant tant l’exaspération devant le coup de force que l’impuissance dans la revanche.Outre la riposte politique probable des 500 000 électeurs concernés — «plus leurs conjoints respectifs et leur entourage», note Michel Grant — lors des prochaines élections provinciales, les répercussions les plus tangibles ne rimeront sans doute pas avec grève illégale et perturbations au sein des institutions, qu’il s’agisse d’établissements scolaires ou hospitaliers.«Je crains beaucoup plus pour le climat de travail», note M.Grant «La job dont je voudrais le moins pour le retour de janvier, c’est gestionnaire en santé et en éducation.Et honnêtement, de quoi peut vraiment se plaindre un gestionnaire dhopttal?Plusieurs ont carrément dit qu’ils n’avaient même pas senti qu’il y avait des moyens de pression entre leurs murs! Mais ce sont quand même eux qui devront vivre avec des employés en colère • Prises entre l’arbre et l’écorce, les administrations locales n’ont jamais milité haut et fort pour l’imposition des conditions de travail, sa- chant fort bien qu’elles porteraient ensuite l’odieux de recoller les pots cassés, entre deux civières et deux pupitres.«Les employés ne font pas la moue à la présidente du Conseil du trésor, mais au patron qu’ils croisent tous les jours au boulot!», ajoute le professeur de l’UQAM.Sans verser du côté des actions illégales, qui les entraîneraient tout droit dans le pétrin, les organisations syndicales auront peut-être tout intérêt à maintenir ce puissant inconfort gêné ré par une négociation terminée en queue de poisson.lx>rs de sa conférence de presse bilan, quelques jours avant la nouvelle année, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a d’ailleurs annoncé des «actions de visibilité pour rappeler à la mémoire collective les méfaits du gouvernement libéral».Mais on peine à imaginer des actions percutantes dans le giron plutôt étouffant du décret.Toutes les grandes centrales devront faire le point au cours du mois de janvier, tant pour prendre acte du vote recueilli dans les unités qui doivent se prononcer sur les ententes de principe négociées à l’arraché que pour peaufiner les grands principes d’un plan d’action destiné à réagir à la loi spéciale.Retour au travail sans altérations Le président de la CSQ a beau avoir «donné la commande» à son contentieux d’examiner tous les recours juridiques possibles, notamment du côté de l’ONU et du Bureau international du travail, plusieurs croient que ces démarches ne réussiront pas à anéantir l’essence de la loi 142, qui empêche à toutes fins pratiques toute reprise possible des échanges — et des moyens de pression — avant le printemps 2010, au moment où s’éteindront les conventions collectives de tous les groupes.Un mince article de la loi 142 retient d’ailleurs l’attention de plusieurs des avocats des centrales, car il pourrait limiter la portée de la réplique beaucoup plus qu’on ne serait porté à le croire: l’article 23 de la loi d’exception commande en effet aux salariés dVac-complir tous les devoirs attachés à [leurs) fonctions, conformément aux conditions de travail qui [leur] sont applicables, sans arrêt, ralentissement, diminution ou altération de [leurs) activités normales».Ije mot «altératùm», qui ne serait, semble-t-il, jamais apparu dans une loi spéciale du genre, pourrait englober la moindre modification dans le cours normal des choses, du port d’un chandail de couleur barbouillé d’un slogan jusqu’à la perturbation de l’entrée des éleves dans une école en raison d’une activité de piquetage, même organisée en dehors des heures de travail.Immobilisées dans l’action par un carcan légal et surtout par le simple fait qu’avec une convention collective viable jusqu’en 2010 le Code du travail empêche tout arrêt de travail, c’est donc vers les tribunaux d’arbitrage que se tourneront employeurs et syndicats locaux pour régler les possibles différends.Mais jusque-la aussi le décret est venu mettre son nez.•le gouvernement a placé dans son décret le principe du “qui perd paie" pour les tribunaux d'arbitrage», note Michel GranL Soucieux de limiter le recours «abusif» à cette instance, l’Etat a donc réussi à placer la aussi des grains de sable un peu partout dans l’engrenage.Reste à voir à quel moment la machine déraillera.Le Devoir « Tout le monde sait qu’un premier ministre garde cette possibilité dans sa manche, mais ça prend un climat infernal pour qu’il Tutilise » Michel David Les risques du métier Un des nombreux avantages que comporte le métier de chroniqueur politique est qu’on oublie facilement ses erreurs d’a|> prédation, alors qu’aucun reproche n’est épargné à ; ceux qui font de la politique.Kn ce début d’année, ce n’est doue que justice d’effectuer un petit retour en | arrière, même si cela peut être gênant A pareille date l’an dernier, j’écrivais dans cette même page: «Il serait étonnant que 2005 soit l’annec des grands bouleversements, que ce soit à Ottawa ou au PQ.» Evidemment, j’avais pris la précaution d’ajouter que les choses pourraient tourner autrement, mais cela demeure tout de même embarrassant, bien qu’excellent pour la modestie.11 y a 12 mois, je prévoyais que ni le premier ministre Martin, ni les partis d’opposition n’oseraient prendre l’initiative de précipiter la tenue d’élections qui donneraient sensiblement les mêmes résultats que celles de juin 2(X)4.N'eut été de cette traîtresse de Belinda Sfro-nach, j'aurais même eu tort six mois plus tôt.Tout au long de l’année, M.Martin a cependant été à la hauteur de mes faibles attentes, si ce n’est que sa capacité de tnuisiger avec ses principes s’est révélée encore plus grande que prévu.Alors que son arrivée devait marquer une rupture avec lore Chrétien, il est simplement devenu un clone mou de son prédécesseur.J’avais également sous-estime la remarquable capacité de renouvellement du I’l C.()n connaissait déjà le potentiel d’ineptie des Jean lapierre et Pierre Pettigrew, mais il faut reconnaître que les libéraux ont recruté en Man.' Garneau iui gaffeur de premier ordre.Sa conipa-raison entre la souveraineté du Québec et l’entrée des Américains à Bagdad «'tait une véritable trouvaille.I In chroniqueur ne |x'iit que prier le ciel qu’il soit élu.La performance de Stephen Harper depuis le début de la campagne est d’autant plus impressionnante que rien ne la laissait soupçonner.Je peux au moins me consoler à l’idée de ne pas avoir été le seul à désespérer de lui, I Jurant pratiquement toute l'année, M.Pettigrew aurait pu qualifier le chef conservateur de loser sans que personne ne trouve à redire.Tout [H'iil encore basculer d’ici le 23 janvier, comme cela s'est produit en 2 poursuite de ce processus dont seul Ariel Sharon connaissait les .; étapes suivantes, qui, vraisemblablement, comportaient le dé-.mantèlement d’autres colonies, en Cisjordanie cette fois.Toute-' ' 'fois, ce n’est qu’après les prochaines élections qu’il se serait engagé dans cette voie, s’étant assuré d'abord de l’appui d'une ma-r jorité d’Israéliens.’ ’ ‘ Sans leader charismatique pour remplacer Sharon à la tête de ’ Kadinia, le parti de centredroit qu’il venait de fonder, celui-ci ne : ,pourra sortir de la prochaine élection avec suffisamment de voix pour former le prochain gouvernement.Aucun parti, même le Likoud de Benjamin Nétanyahou, ne pourra obtenir de majorité convaincante.L’incertitude qui prévaut aujourd’hui pourrait se ' transformer en instabilité.Le prochain gouvernement, s’il n'osera ¦ pas revenir sur le retrait de Gaza, pourrait alors n’avoir comme seule préoccupation la sécurité.Ce serait une rupture regrettable ¦ avec les années Sharon.' ' bdescotea uxQIede voir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE autre ^rand moment de ____ Mon KiLf Si pxfl'.'f LETTRES -?- Rappel à l’ordre Lettre au premier ministre du Québec, Jean Charest Au seuil d’une nouvelle année, il serait intéressant de s’enquérir de la place que vous accordez à l’environnement dans la société québécoise.Inutile d’invectiver à brûle-pourpoint votre gouvernement puisque les réformes des CPE et les plus récentes revendications syndicales du secteur public vous ont gardé fort occupé lors des derniers mois.Cependant, il est impératif de garder en vue les promesses électorales, principalement le projet d’étiquetage obligatoire des OGM qui n’a toujours pas vu le jour, ainsi que les nombreuses responsabilités envers l’environnement qui ne semblent pas vous causer de soucis par les temps qui courent.La tenue de la Conférence sur les changements climatiques à Montréal représentait une occasion rêvée pour le Québec de faire valoir ses bonnes intentions environnementales, mais ce fut plutôt le théâtre de disputes entre le fédéral et le provincial, rififi inadmissible quant à l’importance du succès du protocole de Kyoto.Au nom des citoyens conscientisés, j’ose espérer que le Québec saura respecter ses engagements d’ici l’échéance fixée à 2012.Au niveau provincial, le prolongement de l’autoroute 25 entre Montréal et Laval constitue une occasion ratée d’améliorer le réseau de transport en commun, alors que le projet si prometteur de train de banlieue a été repoussé de quelques années.Même son de cloche ici en Outaouais, alors que l’érection de l’axe McConnell-Laramée va certes apporter une solution aux embouteillages des heures de pointe, mais également porter un coup solide à l’environnement.Ces torts s'articulent autour de la destruction partielle du lac des Fées, puis d'une bonne partie de la ceinture de forêt qui borde la promenade du parc de la Gatineau et dans laquelle les pistes de vélo de montagne et de ski de fond céderont la place à des bretelles de sortie.En sus, une nouvelle autoroute ne peut qu’aggraver le problème d’étalement urbain qui sévit d;uis la région.M.Charest, chaque fois que le sol de mon quartier vibre à la suite des dynamitages pour la construction futile d’une nouvelle autoroute, mon intention ferme de ne pas réélire un gouvernement irresponsable en matière d’environnement se stabilise.Marc Lebel-Racine Gatineau (Hull), le 3 janvier 2006 Le déplorable prolongement de l’autoroute 25 Lettre au ministre de l’Environnement du Québec, Thomas Mulcair Je trouve déplorable l’annonce du projet de prolongement de l'autoroute 25 pour relier Montréal et laval.Une telle décision, qui encourage le tout-à-l’auto, va à l’encontre des efforts de réduction des gaz à effet de serre qui menacent la survie même de l’écosystème et de toute l’humanité à long tenne.Je m’explique.Ce projet à lui seul ajoutera plusieurs millions de tonnes au bilan québécois des gaz à effet de serre.La construction d'un nouveau pont entraînera le développement immobilier de la couronne nord et l’exode des Montréalais.Ce sont des dizaines de milliers de nouvelles voitures qui se déplaceront dans la region de Montréal (de l'ordre de 150 000 nouveaux déplacements).On peut se demander l’impact de cet afflux sur l’autoroute métropolitaine qui est déjà saturée.On devra donc construire d'autres routes pour décongestionner.A terme, on devra empiler les autoroutes et les stationnements, la ville sera plus polluée et on ira plus loin chercher son bol d’air frais! Heureusement, le pétrole est une ressource limitée et souhaitons-nous d’en manquer avant notre propre extinction! En résumé, il est illogique et même dangereux pour notre santé et celle de nos enfants que des millions de personnes se déplacent individuellement, deux fois par jour, dans deux tonnes de ferrailles qui polluent 20 fois plus que les transports en commun pour un même nombre de passagers.Au contraire, il faudrait réduire l'accès à la ville pour augmenter le covoiturage et renfabiliser les transports en commun.D faudrait diminuer la circulation automobile pour réduire la pollution et redonner la ville aux marcheurs, aux cyclistes et aux usagers des transports en commua Par cette décision, vous anéantissez les efforts de milliers de Québécois qui posent des gestes concrets, qui lavent à l’eau froide, qui recyclent leurs déchets, qui économisent l’énergie, qui marchent, circulent à bicyclette et utilisent les transports en commun.Est-ce que cette annonce est la première étape de votre fameux plan de lutte aux changements climatiques?Doit-on y voir une mesure «progressiste» dans le sens «d’augmentation» de la pollution automobile?Est-ce cela du développement «durable», est-ce du développement déplorable ou encore simplement du «développement qui fait dur»?Je comprends que vous ayez attendu la fin de la Conférence de Montréal sur les changements climatiques pour faire votre annonce en catimini à la veille de Noël.C’est pour le moins irresponsable et l’histoire jugera sévèrement cette inconscience de la part d'une personne qui a les responsabilités que vous avez.Un citoyen vert de colère! Claude Coulombe Scientifique, père de famille et membre de Greenpeace Montréal, le 29 décembre 2005 La double citoyenneté À la suite des propos de Marc Garneau, candidat libéral dans Vaudreuil-Soulanges, qui a déclaré qu’il quitterait le Québec advenant le cas de l’indépendance, tout en ajoutant, un peu plus tard, que jamais il n'acceptera de perdre sa citoyenneté canadienne, je lui demande s’il sait que la double citoyenneté existe et qu'on ne perd jamais sa citoyenneté si elle est entretenue?Ma femme est Française et elle est aussi Canadienne depuis 1985.Elle a les deux nationalités; la française et la canadienne.Marc Garneau divague un peu, comme au temps où on faisait croire aux retraites qu'ils allaient perdre leur pension du Canada.Quelle farce! Réal Gingras Outremont, le 5 janvier 2006 R EV UE DE PR ES SE -?- La nouvelle donne Mono n Ç o r h e 11 i c r La trêve du temps des Fêtes a finalement servi peut-être plus qu'on ne le croit à décanter les promesses et les messages offerts par It's partis fédéraux juste avant Noël.C’est ce que pense Nik Nanos, de SES Research, et ce qui pourrait expliquer le mouvement soudain dans les sondages, rapporte Sus;m Delacourt dans le Toronto Star.Andrew Coyne, du National Post, avance une hypothèse légèrement différente pour expliquer l'élan ., pris pm les conservateurs et qu'ont illustre de nombreuses enquêtes d'opinion cette semaine.Selon lui.¦ le chef liberal Paul Martin correspond davantage à ce qu'on appelle un bon •campaigner*.11 est affable., capable de passion.Il semble généralement heureux d’être en contact avec les citoyens et de se plier aux mises en scène pour les cameras.Sur ce terrain, le chef conservateur Stephen Harper n’arrive pas à le , doubler.«Tant que le public est fitee à un choix entre deux acteurs — ce que sont les politiciens — il va choisir celui qui offre la meilleure performance.» Mais qu'arrive-t-il quand un des adversaires ignore ces conventions et ne cherche qu'à présenter son programme avec un aura d’honnêteté?Les critères d évaluation changent et c’est au tour de Paul Martin dV perdre au change.Sheila Copps, pour sa part, invite les lecteurs de Sun Media à sentir le vent.S'appuyant sur son expérience.elle raconte qu’il arrive toujours un moment dans une campagne où on peut sentir le succès ou la défaite, et ce.au-delà des sondages.les indices strut là, sur le terrain, les salles à moitié vides, des mili- tants qui semblent se préparer au pire, le langage corporel d’un chef qui trahit son inquietude.Et, selon elle, Paul Martin en est là et elle invite ses lecteurs à l’observer à la television, le volume éteint.«Paul Martin a l 'air d'un homme qui a été frappé par un poids lourd.» Stephen Harper, en comparaison, «apparaît calme, concentre et premier ministrable», dit-elle.Le vrai signal, cependant, viendra quand eer-tains acteurs clés chercheront à quitter le navire, ce quelle affirme être déjà le cas du côté liberal.Elle s'appuie, pour ce faire, sur un site Internet bien connu à Ottawa et qui affinne que Jean Lapierre préparerait ses arrières.Mais la remontée des conservateurs amène certains commentateurs à s’interroger sur la transformation de Stephen Harper.Susan Riley, du Ottauxi Ci turn, et Lawrence Martin, du Globe and Mail, évoquent les positions passées de Happer et se demandent si les changements observes dans ses manières.ses politiques et sa rhétorique sont sincères et durables.Riley en doute.Martin pense que les électeurs doivent se poser la question suivante: «i'et-tr tninsthrmatum est-elle rrrile ou une ruse?» les journalistes ont de toute évidence sorti leur loupe à l’approche de l’échéance électorale.Le Toronto Star a déjà commencé à examiner la composition possible d’un éventuel cabinet conservateur.Chroniqueuse au même journal.Carol Goar, elle, s'inquiète plutôt de l'absence dans l'entourage de Martin et Harper de conseillers de calibre.Elle déplore le fait qu’aucun n'ait encore réussi, même Mar- tin après 18 mois au pouvoir, à recruter des gens de la trempe de Tom Kent, l'eminence grise de Lester B.Pearson et l'architecte du système de santé, du régime de pension et de l'assistance publique.Ou encore de Derek Burney, ce diplomate de carrière qui a secondé Brian Mulroney durant le débat sur le libre-échange.Goar constate que les chefs ont trop souvent tendance à s’entourer de vieux copains, à choisir des gens qui leur ressemblent ou encore à vouloir récompenser des alliés de longue date.Selon elle, un chef ne devrait jamais s'entourer de «yes men».Et c’est possible d'eviter le piège car le talent, dit-elle, est disponible.«Il s'agit de regarder d l'exteneur du bunker» De tous les enjeux soulevés depuis le jour de l'An, la loi et l'ordre sont ceux qui ont vraiment occupé le haut du pavé mais, dans plusieurs journaux, ce fut avant tout pour rappeler que la criminalité est eh baisse au Canada.que Toronto est une des villes les moins violentes au pays et que le sursaut de meurtres par arme à feu contredit toutes les autres statistiques.On s'inquiète aussi du caractère improvisé de certaines solutions.La plus contestée est sûrement celle qui consiste à renverser le fardeau de la preuve lors d'une demande de libération sous caution pour un crime commis avec une amie à feu.Si tel était le cas.il ne reviendrait phis à la Couronne de prouver que la personne pose un danger pour la société et doit être gardée sous les verrous, mais à la défense de démontrer que l'accuse n'en pose pas et peut être libéré sous caution.L’idee vient du gouvernement ontarien et du maire de Toronto, mais Paul Martin l’a reprise à son compte en debut de semaine.Le Toronto Star a applaudi, notant que cette mesure est utilisée pour d’autres crimes graves, mais tant le Globe and Mail que le National Post ont rejeté cette solution.«U y a une différence entre garder des contrevenants dangereux derrière les barreaux et refuser un processus équitable à ceux qui ne sont qu 'accusés de crimes violents».écrit le Post, qui rappelle que le droit d’être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire est un fondement de notre système de justice pénale.Pour le Globe.aucun argument solide n'a ete mis de l'avant pour justifier un tel changement et la position de Martin lui semble avant tout «une réponse opportuniste» à des fusillades survenues dans une seule ville.?Pour conclure, quelques petites notes intéressantes.Le Toronto Star rapporte que dans la région de Toronto, ce sont les libéraux qui comptent parmi les trois principaux partis, le moins de candidats issus des minorités visibles.Six sont sur les rangs.Les conservateurs et les neodemocrates, eux, en présentent un nombre égal soit 10 sur 45.Le Ottawa Citizen, de son côté, nous apprend qu'un ancien fonctionnaire, vivant dans le comte d'Ottawa-Sud.a décidé d’accrocher une affiche du Bloc québécois sur le pignon de sa maison.Jim Day n'est pas souverainiste, mais Q en a assez, dh-iL d'un Canada qui ne reflète pas la réalité des régions.Il affirme envier les Québécois d’avoir le Bloc, dont 0 dit aimer le programme et le chef.mcomellierà ledevoir.com La presse du Canada LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S JANVIER 2006 H 5 IDEES Protocole de Kvoto L’Ouest sort gagnant PHILIPPE BARLA Professeur et directeur du GREEN JEAN-THOMAS BERNARD Professeur Groupe de recherche en économie de l'énergie, de l’environnement et des ressources naturelles (GREEN) Département d’économique Université Laval n ratifiant le protocole de Kyoto en 2002, le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % par rapport au niveau de 1990 au cours de la période 2008-12.Cela représente une baisse de plus de 30 % par rapport aux émissions prévues pour cette période si rien n’était fait Il y a quelques mois, le gouvernement fédéral a dévoilé sa stratégie pour atteindre cet objectif dans un document intitulé «Le Projet vert: un plan pour honorer notre engagement de Kyoto».Plutôt que d’adopter une approche basée sur le principe du pollueur-payeur, le gouvernement a adopté une philosophie qui repose, en grande partie, sur des programmes dont le coût total de 10 milliards de dollars va être payé par l’ensemble des contribuables canadiens.Le gouvernement justifie ce choix par la nécessité de concilier deux préoccupations majeures: la protection de la position concurrentielle des industries canadiennes et le partage «juste et équitable» des bénéfices et des fardeaux .L’arbitrage que le gouvernement canadien effectue entre ces deux préoccupations conduit-il à un partage raisonnable des bénéfices et des coûts entre les provinces comme il est affirmé dans sa position offï-ciefle?Nous apportons une réponse à cette question en analysant l’impact sur les provinces des programmes fédéraux visant à diminuer les GES.Qui est responsable ?De 596 mégatonnes (MT) en 1990, les émissions canadiennes ont augmenté à 740 MT en 2003.Les grands émetteurs finaux sont responsables de plus de 50 % de la croissance des émissions de GES.Ces grands émetteurs comprennent notamment l’industrie du pétrole, du gaz et de l’électricité thermique.Le tableau 1 montre la répartition de la croissance totale par province.Bien que l’Alberta ne représente que 10 % de la population canadienne, sa part de la croissance des émissions de GES est de 41,6 %; il en est ainsi parce qu’une part importante de l’augmentation des émissions des grands émetteurs provient de cette province à la suite de l’expansion de la production de pétrole à partir des sables bitumineux et de la production thermique d’éjectricité (gaz naturel et charbon).A l’autre extrémité, le Québec est responsable de seulement 5,2 % de l’accroissement des émissions de GES alors que sa population constitue 23,6 % de la population canadienne.La part de la population ontarienne est aussi beaucoup plus élevée que sa part de la croissance des émissions de GES.De plus, il est fort probable que la part des GES provenant de l’Alberta sera encore plus élevée en 2012 compte tenu de la forte croissance attendue de son économie.Le plan fédéral Une pièce maîtresse du plan fédéral pour réduire les émissions de GES est le programme pour les grands émetteurs.C’est là que se manifeste le plus r JACOl’KS NAUKAU I K DEVOIR Le gouvernement canadien a mis en place un système de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui protège la position concurrentielle des grands émetteurs, donc qui les affecte peu.explicitement la préoccupation à l’égard de la position concurrentielle des industries canadiennes.Ce programme ne vise pas à réduire les émissions totales des grands émetteurs mais plutôt à diminuer leurs taux d’émission par unité de production.Le système fixe des cibles différentes selon les sources d’émissions mais l'effort de réduction exigé par unité de production est au plus de 12 %.Comme les industries liées à la production de gaz et de pétrole sont en forte expansion, les émissions totales des grands émetteurs vont s’accroître malgré cette cible.On peut estimer que le gouvernement fédéral prendra à sa charge environ 60 % de la croissance des émissions de GES provenant des grands émetteurs.De plus, ceux-ci ont obtenu que le prix des permis d’émission qu’ils devront éventuellement acheter soit plafonné à 15 $ la tonne de CO,.Cela signifie que, si le prix sur le marché devait excéder ce plafond, la différence serait également prise en charge par le gouvernement canadien et refilée à l'ensemble des contribuables.Qui paie pour qui ?Nous avons calculé les transferts nets par province qui résultent de ce programme (première colonne du tableau 2).Le transfert net est défini comme le coût des émissions produites par les grands émetteurs d’une province qui sont prises en charge par le fédéral moins ce que les contribuables de cette province paient de ce coût à travers leurs taxes fédérales.Si le prix sur le marché des permis d’émissions est de 15 $ par tonne de CO,, l’Alberta bénéficiera d'un transfert de 481 millions de dollars et la Saskatchewan, de 112 millions qui proviendront de l'Ontario (415 millions) et du Québec (179 millions).Si le prix d’une tonne de CO, était de 25 $, soit le niveau actuel sur le marché européen du carbone, le bénéfice retiré par l'Alberta serait encore plus considérable, soit 801 millions.Celui de la Saskatchewan s'élèverait à 187 millions.Nous avons également alloué par province les sommes prévues des autres programmes du plan fédéral.Le Fonds pour le climat s'élève à quatre ou cinq milliards de dollars et est destiné à acheter, au coût le plus bas, des crédits attestant la réduction d'émissions.Une partie de ce montant a déjà été pris en compte puisqu’il va servir à l’achat de crédits pour compenser les émissions des grands émetteurs.Nous avons réparti le solde en fonction du potentiel dont dispose chaque province de réduire ses émissions à un coût inférieur ou égal à 15 $.Une répartition par tête a été utilisée pour tous les autres programmes du Plan vert (Défi une tonne, Fonds du partenariat, etc.).Les résultats pour le transfert net apparaissent dans la deuxième colonne du tableau 2.Encore une fois, l'Alberta et la Saskatchewan sortent grandes gagnantes parce que ces provinces ont les industries où il est le plus facile d’effectuer des réductions de GES.Par exemple, ces provinces peuvent, à bon coût, produire leur électricité par des sources moins polluantes que le charbon.Elles pourront donc vendre, à profit, des crédits d’émissions au gouvernement fédéral! Encore une fois, le Québec et l’Ontario supporteront les coûts de ces transferts.Au total, l’Alberta pourrait retirer 1425 millions et la Saskatchewan 421 millions, soit un transfert par habitant de 445 $ et 423 $ respectivement.L’Ontario et le Québec feront les frais avec des contributions de 1441 millions et 453 millions, ou encore de 116 $ et 60 $ par habitant.Le gouvernement canadien a mis en place un système de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui protège la position concurrentielle des grands émetteurs, donc qui les affecte peu.Par contre, le coût est refilé à l’ensemble des contribuables, et particulièrement à l’Ontario.De plus, il s’ensuit un transfert d’une province à faible revenu comme le Québec vers l’Alberta, la province la plus riche du Canada.1.Plan du Canada sur les changements climatiques de 2002, page 12.Province Pari de la croissance des émissions 1990-2003 Part de la population en 2004 C.B.& Territoires 9.1 13.5 Alberta 41.6 10 Saskatchewan 15 3.1 Manitoba 1.6 .3 7 Ontario 207 38.8 Québec 5.2 23.6 Atlantique 6.6 7.3 | Source: Inventaire canadien des gaz à effet de serre (2005) et Statistique Canada | TRANSFERTS NETS INTERPROVINCIAUX DECOULANT DU PLAN VERT (15 $ / TONNE DE C0}) Province Transferts nets liés aux grands émetteurs (millions $) Transferts nets autres programmes (millions $) Transferts nets totaux (millions $) Transfert/capita ($) C.B.-f Territoires -11 -130 -142 -33 Alberta 481 944 1425 445 Saskatchewan 112 308 421 423 Manitoba -2 53 51 43 Ontario -415' ' -1025 -1441 116 Québec -179 -273 -453 -60 Atlantique 15 ' 123 139 59 | Source .calculs des auteurs (voir www green ecn ulaval ca pour les détails méthodologiques) Privatisation de l’eau: Drummondville doit-elle se réjouir?G H I S LAI N ALLARD Journaliste Drummondville — e gouvernement du Québec vient d'ouvrir Lia porte à la privatisation de l'eau.Drummondville doit se réjouir.Depuis longtemps, les élus ont compris la râleur mercantile de cette ressource.=J Les élus municipaux, dont la mairesse Francine Ruest Jutras et la direction de la Société de développement économique de Drummondville (SDED), ont attiré les Chinois et leur usine World-best avec l'argument primprdial de l'abondance de l’eau potable à faible coût A faible coût pour les Chinois, il faut s'entendre.Pas pour les DrummondviL lois.En fait, les travaux permettant d'alimenter la Worldbest en eau ont coûté plus de quatre millions de dollars aux contribuables.Si l’usine avait produit comme prévu, c'est le tiers de toute l’eau potable de Drummondville qui aurait été ingurgitée par cette entreprise de teinture.Aujourd'hui, nous le savons, ce projet a été un cuisant échec.Au plus fort de l'achalandage, trois voitures se perdent dans l'immense parc de stationne- ment de la Worldbest Comment les politiciens ont-ils pu croire à l’implantation d’une usine de textile dans le parc industriel de Drummondville?Quelles motivations poussent les gens de pouvoir à se lancer dans un projet qui va à l’encontre de tout bon sens?J’ose espérer qu'il ne s'agit pas de naïveté ou de stupidité.J’imagine que quelqu’un, quelque part sur cette terre, a su en profiter! Les Chinois pourraient-ils être plus intéressés par notre eau potable que par la teinture de tissus?En pleine séance du conseil municipal, pour tenter de masquer le fiasco de la Worldbest, Francine Ruest Jutras a lancé, sans le moindre signe de culpabilité, que Drummondville «cherche à attirer des entreprises consommant beaucoup d'eau potable».Quel magnifique créneau.Par ailleurs, la Ville de Drummondville négocie actuellement avec une autre entreprise reconnue pour ses préoccupations concernant l’environnement Intersan.Les autorités municipales étudient en fait la possibilité de permettre a Intersan de déverser directement les eaux de lixiviat, provenant de son dépotoir de Drummondville, dans les bassins de l'usine d'épuration.D s'agit en fait du liquide issu des déchets en décomposition, du jus de vidange.Ces contaminants lixiviés sont très toxiques.Dans ce projet les élus, sous la direction de la mairesse de Drummondville, ont-ils considéré avant tout la santé publique?L’aspect pécuniaire a une fois de plus altéré le jugement de nos "représentants du peuple-.Avant, c’était Saint-Nicéphore qui portait lourdement le titre de «dépotoir du Québec».Avec la fusion, c’est maintenant le tout Drummondville qui devra vivre avec cette appellation d'origine très peu contrôlée.Mais, de toute évidence, les élus semblent très a l’aise avec cette situation.Ils n’ont pas tardé a se lancer dans un processus menant a un éventuel partenariat public-privé avec les dirigeants du dépotoir.Vont-ils fêter cette nouvelle collaboration en ouvrant une bonne bouteille de lixiviat 2006?Les lendemains de veille s’annoncent difficiles.Je suis souverainiste.La majorité des dirigeants politiques de Drummpnd le sont aussi.Du moins, c’est ce qu’ils affirment A l'aube d’un référendum gagnant je suis inquiet.Très inquiet.Immédiatement apres une declaration d’indépendance, ces gens de pouvoir vont-ils s'empresser de vendre notre eau a des Américains assoiffés pour renflouer temporairement les coffres de l’Etat?C’est inquiétant Très inquiétant Denise Bombardier La confiance CH est un sentiment malmené et pour-~ tant, sans lui, notre rapport à nous-mêmes.aux autres et à la société est altéré.Sans relation de confiance, la vie se transforme en un combat permanent dominé p;ir la méfiance, le doute et ultimement le cynisme, la confiance est un élément constructeur de la personnalité et le ciment par lequel la vie en société adoucit les mœurs.De nos jours, la pedagogic de la méfiance domine et c'est pourquoi, s’il y a un seul vœu à formuler pour 2006, ce devrait être celui de retrouver le lien de confiance, tenu certes mais essentiel, qui devrait guider nos relations.Toutes les raisons existent pour justifier notre incapacité à accorder notre confiance à l'autre.Comment enseigner à l'enfant, par exemple, à faire confiance aux adultes dans un monde où les hor-reurs quotidiennes s'exercent sur les plus petits et les plus vulnérables.Impossible de nos jours de dire à un enfant II ne faut pas qu'il doit s'adresser à un adulte .en cas de dmiger, sans éprouver être devin d’arrière-pensée.Impossible pour l'enfant de faire confiance à pour la solidité du couple que for- rp-^nnnître ment ses parents, ce qui consti- ic-cuuimiue tue, que cela nous plaise ou non qUe notre société, à travers ses institutions, est dans un terrible et désolant déficit de confiance à nous tous qui avons vécu des ruptures matrimoniales, une assurance sans laquelle la vie amoureuse se transforme en un choix plus que risqué.Comment transmettre cette confiance aux jeunes si les adultes se refusent à être des modèles sous le prétexte de ne pas imposer leurs valeurs à ces derniers?lu transmission du patrimoine commun, de la mémoire collective, de l'histoire, des traditions, demeure un précieux héritage dont on ne peut déposséder les jeunes sans les insécu-riser face à l’avenir.Sans le lien de confiance entre les générations, le désir légitime de changement au sens du progrès apparaît illusoire.Ne pas inscrire la confiance au cœur de nos relations avec nos enfants est une forme de désamour, comment le nier?Et en ce sens, il faut s'interroger sur le discours officiel où le droit des enfants et le bien-être des jeunes nous sont servis ad nauseam par tous les bien-pensants qui sévissent dans nos institutions.Il ne faut pas être devin pour reconnaître que notre société, à travers ses institutions, est dans un terrible et désolant déficit de confiance.La démocratie elle-même, sur laquelle reposent nos structures, ne rallie plus de larges couches de laissés-pour-compte ou ces autres plus rares, les militants du cynisme comme on pourrait les appeler, pour qui la démocratie représente l’obstacle à contourner.C’est peu dire que, non seulement la confiance ne règne pas, mais elle est considérée comme une tare, une lubie d’illuminés.Le gouvernement, par le lobby, tel qu'il est depuis la dernière décennie, n’est rien d’autre qu’une contestation du procès surdémocratique.h* bien commun a cédé le pas au brutal et efficace rapport de force.Lorsque l’opinion publique, à travers les sondages, affirme ne plus avoir confiance dans la politique et ceux qui la font, dans le système judiciaire et ceux qui l'appliquent, dans l’Eglise et ceux qui l’incarnent, dans le système économique et ceux qui le font tourner et, plus grave en un sens, dans la capacité de changer les choses et de les améliorer, il y a lieu de s’alarmer.Vivre dans la méfiance mène à une fonne de dégradation sociale et il faudra davantage de festivals Juste pour rire pour se distraire de l'étouffement dans lequel nous enferme l'incapacité de croire à l’altruisme rattaché à la confiance dans l’autre.Vivre dans la méfiance mène au cul-de-sac et fait la part belle a la hargne, à l’amertume, à La suspicion, à la détestation.Nous connaissons tous des personnes pour qui l’autre est un voleur, un menteur ou un escroc potentiel, et qui s’empoisonnent la vie dans l’attente du coup fourré.Vivre dans la méfiance systématique des structures et des institutions, c’est s’emprisonner dans un monde où une forme de délire tient lieu de réalité.C’est aussi vivre isolé, replié, sans capacité d’imaginer les vertus de l’action collective, sans s’appuyer sur la solidarité qui est l'addition des liens de confiance que nous créons autour de nous.Enfin, la confiance est préalable à l'affection, à l'amitié et bien sur a l’amour.Ijcs rieurs s’en donneront ici a cœur joie peut-être, mais qu’importe.Iü vie amoureuse est un défi a la méfiance et sans doute moins de gens seraient seuls si la confiance régnait un peu plus dans notre société perturbée en permanence.Nous faisons le vœu ici que cette confiance réapparaisse au détour de la triste dérision.de n bomba reliera videotron.ca Écrivez-nous ! Ije Devoir se tait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution a W00 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encrai rageons à utiliser le courriel h ('information politique HéW>* Buzetti Manon CortiHlirr et AJec CaatonfUay (rorretpondanti parlementaires d (yttawa) Antoine Rohitadle et Robert Dutrisac \cnrrfspcyndants parlementaires a Québec Kathleen Lévesque Mane Helene Aiarie (secrétaire a la redaction) .Marilyse Harr * n.Alexandre Shield» 'comma) la documentation Gilles Pare (directeur) Manon Üerome, Serge laplante (Québec).Rachel Roche tort IA PI RIJCTTÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Jean-François Bosse.Mariene Cédé, Dave Cameron.Y'an Hamel.Chmtane Legault.Amélie Mahaiv Jacques À.Nadeau.Claire Paquet Micheline RueBand Nadia Sebai Mébsande Simard (publicitaires), Laurence ThériauR directrice adsainte) Manon Blanchette Svtvie Laporte Marine Berube (secrétoire) LA PRODI CTION Christian Goulet (directeur de production Michel Bematcbez.Johanne Brunet.Danielle ( antara.Richard Des < urmrrs I>maW Ftlion.Yannic k Morin, Nathalie Zemaitiv Olivier Zuida INFORMATIQUE Yank-k Martel (responsabu PROMOTION.DISTRIBITION ET TIRAGE Linda Theriault (responsable service à la clientèle distribution et tirage).Alexandre Gaudreau (coordonnateur a la promotion et a la soUscitation) Monique L'Heureux.Ra* belle Leclerc, t aroline Simard L'ADMINISTRATION Vielle Carmel (responsable des services comptables) Cehne Furov.Ghislaine Lafleur Claudette Béliveau (adsotnte administrative Claudine Chevrier.Momoue Proteau DameUe Ros» f • f r , * s a LE I) E V O I K .L E S S A M E 1> I 7 ET 1) 1 .M A X CUE 8 JA X VIER 2 0 0 6 B MSTIOMtOGI» ¦kmOIIM, Irèl (r«M Min.: 1S iau% tir* Max.I S Gneieu»tU de : Sht*r«r Lumber Co.Ltd.MONTREAL VOL.LU — NO 17 LE DEVOIR Directeur I Mrtti eiLIOM FAIS CE QUE DOIS «MtcW «n Cfc*r : Aitete LAURCMDtAU MONTREAL.SAMEDI.21 JANVIER 1961 rm bv a(hh STt A6N8I IADIO-SACIU-COIÜR IntUftlon sur 30 *•>*•« 10 cents l'exemplaire 21 JANVIER 1961 Kennedy: que l’Est et l’Ouest recherchent davantage ce qui les unit que ce qui les divise v\ ARCHIVES LE DEVOIR Le nouveau président des Etats-Unis, M.John Fitzgerald Kennedy,, a lancé hier un appel à tous les pays pour qu'ils unissent leurs efforts en vue de sauvegarder la paix, île libérer l’homme de la peur et de contribuer au bien-être de l’humanité dans tous les domaines.WASHINGTON.- Le nouveau président des Etats-Unis, M.John Fitzgerald Kennedy, a lancé hier un appel à tous les pays pour qu’ils unissent leurs efforts en vue de sauvegarder la paix, de libérer l’homme de la peur et de contribuer au bien-être de l’humanité dans tous les domaines.11 a en même temps suggéré que les deux "blocs" recommencent à neuf leur dialogue et recherchent sincèrement une solution aux grands problèmes internationaux.En dépit de la tempête de neige qui s'était abattue la veille sur Washington, la cérémonie d’investiture s’est déroulée à l’extérieur du Capitole avec toute la pompe traditionnelle [.].MM.Eisenhower et Nixon ont assisté à l’investiture du président Kennedy et du vice-président L.Johnson.Fidélité aux alliés Après avoir prêté solennellement le serment d’office, le 35e président des Etats-Unis a prononcé son discours d’investiture.Rappelant l’héritage sacré de la révolution américaine, le président a dit que les Américains doivent défendre et faire fructifier cet héritage mais voir aussi à ce que la liberté, la sécurité et le bien-être deviennent le partage de tous les hommes.Pour la défense de la liberté, le monde entier doit savoir que les Etats-Unis n’hésiteront pas à consentir les plus grands sacrifices, qu’ils paieront le prix nécessaire pour assurer la protection de leurs alliés.Cette alliance est quelque chose d’essentiel au monde libre, dit-il: imis à leurs alliés, les E.-U.peuvent entreprendre les plus grands desseins mais séparés d'eux, ils ne pourraient surmonter les grands obstacles qui se dressent Puis, le président Kennedy a salué l’entrée dans le concert des nations de nombreux Etats indépendants en leur promettant le concours des Eltats-Unis pour consolider leur jeune souveraineté.[.j Appui à l’ONlJ [.] M.Kennedy a d'autre part réaffirmé le plein soutien des E.- U.à l’Organisation des Nations Unies."Cet organisme représente l’ultime espoir de paix dans un monde où les possibilités de destruction dépassent énormément les moyens de la paix.Nous ferons tout en notre pouvoir pour que l’ONU ne devienne pas le lieu idéal pour l’échange d’invectives et de défis".Puis le nouveau président lance un appel qui s’adresse visiblement au monde communiste et en particulier à l’URSS.Appel au monde communiste "Enfin, à tous ces Etats qui se proclament eux-mêmes nos adversaires, nous ne faisons pas de promesse, mais une requête: que des deux côtés, nous tentions de rechercher et d’obtenir la paix, avant qu'il ne soit trop tard et avant que les extraordinaires découvertes scientifiques n’aient réussi à détruire accidentellement l’humanité tout entière, ou en partie."Nous ne devons pas leur offrir de tentation avec notre faiblesse.C’est seulement lorsque nos armes d’attaque et de défense existeront en nombre suffisant et que tout le monde le saura, que nous pourrons être convaincus sans aucun doute possible que nous ne devrons jamais recourir à leur emploi.Reprendre le dialogue "à neuf 'Toutefois, deux grandes puissances, si fortes soient-elles, ne peuvent se contenter de leur état actuel, car des deux côtés, ces Etats subissent le fardeau coûteux de la fabrication d'armes modernes et ils sont, de plus, continuellement sous l’empire de la crainte inspirée par l'expansion fantastique des recherches sur l’atome."Essayons donc de recommencer à neuf, en nous rappelant des deux côtés que les civilités ne sont pas un signe de faiblesse.Ne négocions jamais avec d’autres sans une certaine prudence.Mais n'allons jamais non plus entretenir la crainte de négocier.[.] "Que des deux côtés on formu- le des propositions sérieuses et précises sur l’inspection et le contrôle des armes nucléaires.Que des deux côtés on continue les travaux de recherches scientifiques qui permettront au monde de profiter des merveilles des inventions modernes plutôt que de craindre perpétuellement la terreur qu’elles pourraient apporter.Qu’ensemble, nous allions explorer les étoiles, conquérir les déserts, enrayer les maladies, découvrir les profondeurs de l’océan et encourager les artistes et les hommes d’affaires.Liberté aux opprimés "Que des deux côtés nous nous unissions pour que soit observé le commandement d’Isaïe "que les opprimés redeviennent libres".[.] Que des deux côtés nous nous employions à créer un nouveau monde où la paix existera toujours.'Tous ces objectifs ne pourront pas être atteints en cent ou en mille jours, ni même pendant le mandat du nouveau gouvernement américain.Ils ne le seront probablement pas d’ailleurs pendant notre vie, mais cela ne doit pas nous décourager de la tâche à entreprendre.Commençons-la maintenant Appel aux .Américains "Mes chers concitoyens, c’est dans vos mains plus que dans les miennes, que repose le succès final ou l’échec de cette entreprise.Depuis les origines de notre pays, chaque génération a dû fournir des témoignages de sa loyauté nationale.[.] "Nous sommes'encore appelés à remplir un devoir, à répondre à un appel [.].Non, il ne s’agit pas de répondre à l’appel de la bataille, bien que nous y soyons toujours engagés d’une certaine façon.11 s’agit d’un appel lancé à tous les Américains pour faire face aux grands problèmes de l’heure et pour continuer la lutte contre les ennemis communs de l’homme: la tyrannie, la pauvreté, la maladie et la guerre.Appel à tous les hommes libres "Chers concitoyens, sommes-nous prêts à présenter un front uni et noble du nord au sud, de l’est à l’ouest, contre tous ces ennemis?Sommes-nous prêts à participer à un effort vraiment historique qui aura pour résultat de rendre la vie meilleure pour tout le genre humain?"Dans la longue histoire du monde, quelques générations seulement ont été appelées à défendre la liberté alors qu’elle était le plus dangereusement menacée.Je ne veux pas me soustraire à la responsabilité qui nous incombe.Je l’accepte avec joie.Je ne crois pas que personne de nous désirerait changer de place avec d’autres gens de notre génération ou d’une autre.L’énergie, le courage, la foi et la persévérance que nous manifesterons à cette cause rehausseront le prestige de notre pays et de tous ceux qui l’habitent.Le rayonnement de notre attitude réussira peut-être à éclairer le monde."Alors, mes chers concitoyens américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour lui."Quant à vous, mes chers amis du monde entier, ne vous demandez pas ce que l’Amérique peut faire pour vous, mais bien ce que tous ensemble nous pouvons accomplir pour la liberté de l’homme."Que vous soyez citoyens des Etats-Unis ou d’autres pays de l’univers, vous avez le droit de nous demander de faire preuve du même esprit de sacrifice et de grandeur que nous réclamons de vous.Avec la certitude d’une conscience en paix, qui est la seule à apporter vraiment la récompense à nos efforts, et en pensant à l’histoire qui devra juger en dernier lieu de notre conduite, allons de l’avant vers notre but en nous souvenant que sur cette terre que nous aimons, le travail de Dieu, de Dieu à qui nous demandons de nous bénir et de nous aider, doit être, en vérité, le nôtre." 25 JANVIER 1961 18 JANVIER 1961 23 JANVIER 1961 Avenir fort incertain de la TV en couleurs Par Bonoît-C.lléliert Interrogé ;ï l’issue de la causerie qu’il prononçait hier devant les membres de la Chambre de commerce du district de Montréal, M.Alphonse Ouimet, président de la Société Radio-Canada, s’ost dit incapable de prédire dans combien de temps la télévision en couleurs sera offerte aux téléspectateurs canadiens."Si vous m’aviez pose cette question il y a cinq .ms.je vous aurais dit dans deux ou trois ans, a dit M.( Hii-met.Aujourd’hui, cela m’est impossible, l’avenir de la télévision en couleurs est d’autant plus incertain au Canada qu’elle n’a pas remporté aux Etats-Unis les succès espérés auprès île la population.11 s’y vend seulement un téléviseur en couleurs pour 20 en noir et blanc."la?s prix de détail commencent aux environs de cinq cents dollars, tout comme au début de la television en noir et blanc.Au Canada, les mêmes appareils coûteraient quelque $700."Chez nos voisins, il semble cependant se produire présentement un léger regain d’intérêt envei's la télévision en couleurs.Cela entrainera-t-il une popularité suffisante pour en assurer la rentabilité?Nous n’en savons rien |.!."Nous surveillons la situation de près et si ja mais l’intérêt des Canadiens pour la télévision en couleurs le justifie, nous serons prêts à la leur donner."De toute façon, la Société Radio-Canada ne sera pas seule à prendre cette grande décision."H faudra auparavant que le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion décrété que l’heure de la IA’ en couleurs est arrivée pour le Canada.Pour l’instant, le BtîR n’est pas de cet avis et nous, de Radio-Canada.sommes parfaitement d’accord avec lui sur ce point." {,.) Recherche et adaptation Pierre Rousseau Khrouchtchev: nous n’aurons la guerre que si l’Occident veut faire échec à "l’inévitable" victoire du communisme MOSCOU.- La victoire du communisme mondial n’est désormais plus éloignée et la guerre n’est pas nécessaire pour réaliser cette victoire, déclare M.Khrouchtchev.S'adressant à l’Assemblée générale des cadres du parti ccmununiste, le chef du Kremlin a souligné que [.1 la victoire du communisme est "inévitable aux yeux des lois du développement historique".Discours de plus de 20,000 mots, le texte en est publié dans le périodique "Kommunist".les observateurs y voient l’un des documents politiques les plus importants publiés à Moscou depuis la fin de la deuxième guerre mondiale."La classe ouvrière, qui gouverne aujourd'hui une vaste partie du monde et gouvernera éventuellement le monde entier, a dit M.Khrouchtchev, ne saurait tolérer que les forces condamnées (de l’impérialisme) n’entraînent dans leur perte des millions d’hommes." L’un des moyens de prévenir une nouvelle guerre, a-t-il poursuivi, est l’etablissement de "fronts de paix" à travers le monde, groupant des pacifistes de toutes tendances politiques.Un autre moyen est l’adoption d'une politique de coexistence pacifique.la politique de la coexistence pacifique "facilite l'action du jxu ti communiste et d'autres mouvements progressistes de la classe ouvrière dims les pays capitalistes, favorise pour les peuples la lutte contre les parti-s.uis de la guerre d’agression et contre It's bases militaires étrangères, contribue enfin au succès des mouvements de libération nationale".Si l’on considère son contenu social, la politique de coexistence pacifique est donc une forme de lutte intense, sur les plans économique, politique et idéologique, entre le prolétariat et les forces agressives de lïmperialisme dans l’arène mondiale." M.Khrouchtchev a souligne avec insistance que "les impérialistes n’ont pas réussi depuis quelque temps à attirer dans leur bloc militaire un seul des nouveaux Etats.Depuis quelques années, c'est l’Union soviétique ou les autres pays socialistes qui ont conservé l’initiative d;uis l’arène mondiale tandis que les pays impérialistes et leurs gouvernements ont dû rester sur la défensive." [., ] Dans son discours, M.Khrouchtchev affinité que l’avantage même du communisme est d’éviter tout conflit thennonudéaire qui anéantirait le monde.11 a egalement exprimé sa ferme opposition aux "guerres localisées" qui risquent de degenerer en conflit généralise.Mais il a répété que le communisme mondial accorde son appui total aux guerres de liberation nationale, comme celle d’Algerie.Parlant de la guerre d’Algérie, M.Khrouchtchev a déclaré que celle-ci "est une guerre sacrée et que le communisme reconnaît Futilité de ces guerres.Nous avons aidé et nous continuerons d'aider les peuples qui luttent pour leur indépendance".Enfin, il a exalte la revolution cubaine.Bien que le Comité catholique s’y oppose Les commissions scolaires favorisent la construction d’écoles secondaires mixtes La Fédération des commissions scolaires du Québec s’oppose fermement à ce que le Comité catholique du Département de l’instruction publique interdise la construction d’écoles secondaires mixtes pouvant recevoir, dans des locaux séparés, des garçons et des filles d’une même localité.Au cours d’une réunion du Conseil d’administration, les diri-geants de la Fédération ont adopté une résolution pour marquer leur désapprobation.Dans ces écoles secondaires mixtes, on compte deux ailes où sont situées les classes: dans l’une de ces ailes, on a les salles de coins pour jeimes filles; dans l’autre, les salles de cours des jeunes garçons.Les deux ailes sont reliees au centre de l’école, qui abrite l'administration et certains services communs aax garçons et aux tilles.C’est ainsi que garçons et filles peuvent utiliser, quoique à des heures différentes, les laboratoires de physique et de chimie, le gymnase.l'auditorium, la bibliothèque.Quant à la cafétéria, le comptoir de services est commun aux garçons et aux filles, mais les étudiants se servent d’un côté du comptoir et mangent à des tables installées du même côté de la pièce; ils sont séparés des jeunes filles par un mur.A l’extérieur, la cour de récréation des garçons est adjacente à celle des filles; une clôture de quelque huit pieds de haut sépare cependant les deux groupes.Tel est le plan general de ces classes secondaires mixtes.Au cours d'une conférence de presse qui a subi fa reunion des dirigeants de la Federation, le president de cet organisme.M.Paul Desrochers, a précise que la construction de telles écoles permettait d éviter le double emploi, notamment en ce qui concerne les services communs: laboratoires, bi bliothèque.auditorium, gymnase, cafétéria, administration, etc.Si le Comité catholique du Conseil de l’instruction publique interdit la construction d’écoles secondaires mixtes, a precise M Desrochers, cela signifie qu'il faudra construire des écoles complètement séparées pour les gars et pour les filles.Ceci représente des dépenses considérables et inutiles, a-t-il ajouté.Bien plus, dans plusieurs localités rurales, 1a situation financière de la commission scolaire ne permet pas de construire deux écoles secôndaires séparées.M.Desrochers a manifesté son mécontentement à l'égard des autorités du Département de l'instruction publique qui laissent en suspens leur décision concernant certaines écoles secondaires mixtes que l’on projette de construire.[.] 20 JANVIER 1961 Un télégramme de 300 pieds OTTAWA - Les amateurs de hockey de l'Est du Canada ont signifié de façon pour le moins originale à Radio-Canada leur désir de voir à la télévision les trois périodes des parties de la ligue Nationale de hockey du samedi soir.Le reseau de télévision de Radio-Canada diffuse présentement une partie de la deuxième période et toute la troisième.Un télégramme de 300 f>ieds de longueur et portant les noms de 6,000 amateurs de hockey a été remis hier à H.G.Walker, gerant general du reseau anglais de Radio-Canada.La transmission du télégramme.en provenance du bureau du Pacifique Canadien à Saint-Jean.TerreNeuve, a pris six heures.Il en a coûté $600 (jour l'envoyer.(.) M.Walker a declare qu'il soumettra fa requête aux autorités.26 JAN.au 14 FÉÿ AMBIANCE CARNAVALE531,* MONUMENTS DE NEIGE ET DS GLACE DANSES POPULAIRES BALS TRAVESTIS MASCARADES BALS ET SOIREES PEU D ARTIFICE PATINAGE SKI CURLING COURSES DE CHIENS COURSES EN CANOTS COURSES EN RAQUETTE* GRAND TOURNOI DE HOCKEY PEE WEE GRANDS DEFiuES ETC ETC.jT'Tj» fP-A* 1J (>•«.-, tf-jt apport*: vot»: camera Pfxi' riiustfé •* &r>çf3f*w~e
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