Le devoir, 7 janvier 2006, Cahier E
DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S JA N V 1 E H 2 O O ti L E EXPOSITION Une histoire des téléviseurs Page E 4 DE VISU Dada partout Page E 3 i théâtre Un amour de Romain Gary Romain Gary (1914-1980), qui a écrit sous plusieurs pseudonymes, dont celui d’Émile Ajar, est l’un des auteurs phares d’André Melançon.Depuis plusieurs années, le cinéaste caressait le projet de mettre en scène La Promesse de l'aube, roman de l’écrivain français d’origine russe, et de confier un rôle clé à Andrée Lachapelle.Une rencontre avec Ginette Noiseux, directrice du théâtre Espace GO, ainsi qu’un patient effort de persuasion déployé auprès d’Andrée Lachapelle ont permis l’épanouissement de ce projet SOLANGE LÉVESQUE Il s’appelait Roman Kacew; né à Vilnius , il préférait dire qu’il avait vu le jour à Moscou.Immigré en France en compagnie de sa mère à 14 ans, il s’est donné le nom de Romain Gary; par la suite, l'écrivain s’inventera d’autres pseudonymes.Après Les Racines du ciel en 1956, le pseudonyme d'Emile Ajar lui permit de récolter une deuxième fois le prix Concourt 21 ans plus tard, avec La vie devant soi.«Comme chez Albert Camus, la quête de la dignité humaine est au centre de l’œuvre de Gary.Ces deux écrivains marquants du XX‘ siècle présentent une parenté dans leur attitude face à la vie.» Écrit à 46 ans, La Promesse de l’aube est un roman autobiographique où Gary va au plus près de sa vérité en explorant la relation puissante et complexe qui l'a lié à sa mère.Celle-ci adorait son fils; tout petit, elle voit déjà en lui un héros; elle décide qu’il deviendra célèbre, pressentant tous les talents dont les fées ont comblé son fils au berceau.Héros de la littérature ou de la politique, peu importe à cette femme volontaire et brillante, pourvu qu’il soit connu et reconnu pour le génie quelle devine en lui.Et pour créer ce grand homme dont elle rêve, la mère de Romain Gary se sent disposée à tous les sacrifices.Né du regard d’une mère André Melançon avait terriblement envie de raconter cette histoire qu'il résume ainsi: «Que va devenir un enfant de six ans que ses origines juives auraient pu perdre, et que, grâce à une confiance indéfectible, sa mère hisse au plus haut rang?C’est une œuvre sur la transmission, la permission, la stimulation qui permet à quelqu’un d’aller au bout de ses rêves.L’histoire d’un homme né du regard amoureux d'une mère.Cela m’a interpellé, car je suis moi-même né du regard amoureux de ma mère sur moi, ra-conte-t-il.Son admiration m’a permis de croire en moi.Le fait d’avoir une mère admiratrice est extraordinaire pour un enfant.La mère de Gary a été pour lui un catalyseur; plus “propulseuse" que castratrice.La Promesse de l'aube est l’hommage d’un fils à la mère qui lui a constamment ouvert des fenêtres.» Pour Andree Lachapelle, accepter de jouer dans la pièce constitue une première en ce sens quelle n’avait jamais travaillé sous la direction d’André Melançon, son compagnon de vie.«Je ne voulais pas être associée à André sur le plan du travail parce que je craignais de mêler carrière et vie privée, explique la comédienne.Et puis, cette mère très présente qui fait le don absolu de sa vie à son enfant me faisait un peu peur!.Quel poids ce peut être pour un fils! Grâce à mon côté un peu enfant, exalté et naïf grâce, également, au plaisir de retrouver la fraîcheur de l’émotion dans sa totalité et la fougue qui caractérisent les adultes restés proches VOIR PAGE E 4: GARY l'AIII IIAKKOW RKIITEKS Les guitaristes Ron Wood et Keith Richards au cours d’un concert à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en septembre 2005.Tant nue la viande tiendra ones au Ni tombées ni tombales, les vieilles pierres.Décidément, pas encore.Trois ans après la triomphale tournée Forty Licks, revoilà les Stones en ville.Sexagénaires, plus crevassés que le Grand Canyon, plus érodés que les menhirs de Stonehenge, mais de nouveau triomphants: la tournée A Bigger Bang, amorcée à Boston en mai dernier, détient déjà le record de recettes pour 2005.Et c’est reparti pour tout 2006.Tentative d’explication.SYLVAIN CORMIER Il y a déjà tongtemps, douze, quinze ans, nous nous amusions ferme, entre collègues, à imaginer ce que serait le show des Stones arrivés à l’âge d’or.En tournée dans les centres d’accueil, forcément.Le pied de micro de Mick lui servait de poteau pour le soluté, et le petit sac auquel on lui avait branché le tube digestif conférait à son re frain le plus emblématique — / Can't Get No Satisfaction — un sens plus pratico-pratique.On imaginait le pacemaker de Keith tirant son jus d’un vieil ampli à lampes, sur l’air de Start Me Up.Un brin méchamment, on casait Charlie et sa batterie dans un placard à balais où, devenu sénile, il tapait inlassablement sur sa cloche à vache le rythme de Hanky Tank Women.Et Ronnie?Curieusement, il n’avait pas changé du tout Les spectateurs — les bénéficiaires — n’applaudissaient pas, faute d’énergie, mais agitaient leur pilulier.Ah ah.Nous voila en 2006.Ah?Les Stones désormais sexagénaires — moyenne de 62 ans, dont 40 en tant que Rolling Stones — rappliquent le 10 janvier a Montréal, au cœur d’une 31' tournée mondiale qui.lancée au printemps, a déjà rapporte l'équivalent de 190 millions de dollars canadiens, aboulés par quelque 1,2 million de spectateurs: plus que la tournee Vertigo de U2.Plus que quiconque, en fait.Tout le pan européen reste a venir, sans compter l’événementiel spectac le de la mi-temps au Super Bowl XI, le 5 février prochain.Pas exactement un centre d’accueil.Il n'y a toujours pas un milligramme de gras dans le corps tout en nerfs de Mick J agger, et Keith Richards se couche encore plus tard que le reste des humains normalement constitués.Certes, Charlie Watts a combattu — et vaincu — un cancer de la gorge, mais il est fidèle au poste et sa frappe n'a pas molli.Et Ronnie Wood?Il ne rate jamais un riff et continue de vendre ses mauvais portraits de rock stars a prix d’or dans chaque ville où passent les Stones (au Salon rouge du Musée Juste pour rire, du 10 au 15 janvier).Les Stones de 2006 jouent deux grosses heures, pendant lesquelles ils déclinent une vingtaine de titres, les incontournables pour moitié, mais aussi quelques fraîches pousses de l’album A Bigger Bang, quelques hommages sentis (à Ray Charles, The Night Time Is The Right Time, et a Otis Redding, Mr.Pitiful), ainsi que l'habituelle poignée de bonbons mélangés: Dead Blowers, Midnight Rambler, Uve With Me, et même As Tears Go By, selon les soirs.Du grr>s calibre.Alors quoi?Alors c’est tout simple.«S’ils vendent toujours des disques et places de concert, écrit Philippe Chevilley dans Les Echos, c’est parce que le public y croit encore; parce qu’ils sont devenus l'incarnation du rock.» L-s Stones durent, et leur public, ce public d'enfants de l’apres-guerre dont les premiers-nés de 1946 arrivent précisément cette année a la soixantaine, les suit justement parce qu’ils durent.Tels les Stones, les enfants du baby-boom tiennent mordicus a donner l'impression qui!s mènent leur vie comme a l’adolescence: sur les chapeaux de roues.Born To Be Wild, VOIR PAGE E 2 STONES Leur 31' tournée mondiale a déjà rapporté 190 millions de dollars canadiens t » L K I) E V 0 ! K .LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 J A N V I E H 2 0 0 fi K 2 TOUT 00 ELLE D APRÈS UN IfXTE DE LOUISE DUPRÉ MIS EN SCÈNE PAR BRIGITTE HAENTJENS 50 COMÉDIENNES SCR SCÈNE 17 AU 28 JANVIER 006 AL^SÎB! 13 521.4493 CULTURE ÉCHOS Prix littéraire en Outaouais Les organisateurs du Prix littéraire Jacques-Poirier-Outaouais rappellent aux auteurs de TOutaouais et à ceux qui sont originaires de la région qu’Us doivent déposer leur manuscrit avant le vendredi 13 janvier pour l’édition 2006.Le manuscrit gagnant sera publié par les Éditions Vents d’Ouest avant la 28 édition du Salon du livre de l’Ou-taouais, qui se tiendra en mars 2007.Notez que le jury n’est pas tenu d’attribuer le prix et la bourse de 2500 $.Les écrivains peuvent soumettre leur travail par la poste à l'adresse; suivante: Prix littéraire Jacques-Poirier-Outaouais, 100, rue Gamelin, Gatineau (Qué- bec) J8Y1V9.Les règlements du Prix littéraire Jacques-Poirier-Outaouais sont disponibles en format PDF à l’adresse .-Le Devoir Whitbread Prize Le Whitbread IVize, un des plus fameux prix littéraires britanniques, a été décerné, mardi dernier, à la romancière écossaise Ali Smith, 43 ans, pour son dernier roman, The Accidentai, à paraître djins une traduction française aux Éditions de l’Olivier.L’écrivain d'inverness, aujourd’hui installée à Cambridge, s’est imposée devant de très grands noms de la littérature britannique, tels Salman Rushdie et Nick Hornby.- Le Devoir LES ATELIERS DE DANSE MODERNE DE MONTRÉAL inc.LE PLAISIR DE DANSER aux Ateliers récréatifs de LADMMI! Retrouvez la forme par la danse et vivez l’atmosphère exaltante d’ateliers donnés par des professionnels renommés.Une ambiance irrésistible vous attend en plein cœur du centre-ville! En vedette cet hiver : CLASSE \ O'tSSA' ; POSSIBLE;.•• S'ENTRAÎNER PAR LA DANSE I ET II Remettez vous en forme, augmentez votre capacité cardiovasculaire et améliorez votre souplesse par la pratique de la danse! CRÉER ET DANSER I et II Faites de l'exercice en dansant des extraits d'oeuvres du répertoire de la danse contemporaine et découvrez vos talents de chorégraphes en apprenant les rudiments de la création! IMPRO JAM Défoulez-vous et lâchez prise grâce à l’improvisation dirigée en danse! Une occasion de dépenser de l’énergie qui vous détendra assurément! DANSE POUR ARTISTES DE SCÈNE Par la danse contemporaine, venez apprendre à vous approprier l’espace et à mieux vous y sentir, tout en vous entraînant! Début des cours : semaine du 16 janvier (12 semaines de cours incluses).Exception : Créer et danser II, Impro Jam et Danse pour artistes de scène débutent la semaine du 23 janvier.Date limite d’inscription : avant la deuxième semaine de cours.Pour une description détaillée de tous les cours disponibles, visitez le www.ladmmi.com (document ateliers récréatifs) Pour information : Les Ateliers de danse moderne de Montréal 372, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 211, Montréal (Québec) H3B 1A2 Téléphone : (514) 866-9814 Courriel : admission@ladmmi.com Métro Place-des-Arts AW*n de 'ncHJec'* de Kkr't**»! est un ortprunt s*ns but Sentit q^?aw u fornwhor profrwonnefle foui ¥s profits o*- es • wafws 4 cefîe *tvîe Alerte au zoo de Québec ! Odile Tremblay Durant le congé des Fêtes, je suis allée faire un tour au zoo de Québec.11 faut parfois qu’un lieu soit menacé pour y trouver son prix.C’est bête.Jamais je n’avais visité ce nouveau zoo, poussé sur les cendres de l’ancien il y a deux ans et demi.J’habite Montréal, mais quand même.A croire qu’un mauvais sort s’était acharné sur ce beau jardin zoologique.Le sort, les tarifs de départ trop élevés, «et quelque diable aussi le poussant», comme dirait La Fontaine, menacent aujourd’hui sa survie.Pas assez fréquenté, le zoo de la capitale; pas assez rentable, surtout Comme si les sous devaient nécessairement primer sur une mission éducative! Alors le couperet est tombé.Le 3 février, le gouvernement du Québec entend mettre la clé dans sa porte.Même qu’il repousse la main tendue du fédéral, pour éviter sans doute une nouvelle querelle de drapeaux.La Ville de Québec refuse de l’acquérir et la mairesse Boucher tergiverse.C’est cher, tout ça, dit-elle en substance.N’en jetez plus ! Alors, au guichet, on signe des pétitions avec un sentiment de rage impuissante.Fermer un zoo, réaménagé qui plus est, c’est comme fermer un musée, voyons donc! Ça ne se fait pas, monsieur Charest.Honte à vous et à votre ministre Michel Després! Le chanteur Claude Dubois est venu le mois dernier tempêter contre la décision de fermer tout ça.Chacun fait ce qu’il peut.Est-ce suffisant?Et je ne vous parle pas de l’inquiétude des employés, qui se démènent pour éviter le massacre et pour garder leurs jobs, bien évidemment.En même temps que l’Aquarium de Sainte-Foy, le zoo de Québec avait donc été rénové, ré-ai-guillonné à grands frais (35 mil-Sons grosso modo pour le zoo, venus surtout du gouvernement du Québec).L’accent fut mis sur la belle serre océanienne ainsi que sur des espèces animales menacées (le léopard d’amour est d’une beauté.).Les portes du zoo ouvraient en juin 2003 après deux ans d’arrêt pour les gros travaux.«Bienvenue à la foule !» Mais rien n’a fonctionné comme prévu.Faut dire que, l’année de la réouverture, le billet d’entrée était de 24 $ par adulte.Ouille! Ç’a refroidi bien des ardeurs.Et même si le tir fut rectifié au bout d’un an (15,50 $ l’été, 10,50 $ l’hiver), les esprits demeuraient méfiants.Le jardin zoologique était devenu la destination famille à éviter.D’autant plus que plusieurs médias avaient enfoncé le clou, affirmant que c’était plate à mort, cette nouvelle serre-volière.Allons donc! Ajoutez aux malheurs du zoo une année touristique 2004 maigrelette pour tout le Québec et des activités scolaires boycottées par les enseignants.Mauvais sort.qui pourrait se retourner avec un peu de patience, une publicité plus forte, mieux ciblée, des bonnes volontés quelque part.Alerte! Le zoo de Québec.Je mets un halo autour, à cause des souvenirs.Petite, j’étais toujours traînée là-bas par mes parents.On regardait les gros animaux, le moulin à vent sur le site, le totem des Indiens Haida, on pique-niquait non loin des bêtes.Vraie institution venue au monde en 1931.Sa vocation n’est plus la même.Moins de gros animaux depuis la réfection, plus d’oiseaux, toujours un accent sur l’horticulture.Et pourquoi pas?Aujourd’hui, le magnifique moulm à vent demeure au poste.L’hiver, plusieurs animaux, au chaud à l’intérieur, ne sont pas visibles.Pourtant, des espèces boréales, philosophes dans leurs cages, se laissent admirer.Gilligan, c’est le nom du har-fang des neiges, avec son plumage tout blanc qui lance une œillade assoupie quand on passe devant, avec nps parkas et nos bottes à poil.A côté, le grand duc trône sur sa branche.Les léopards des neiges sont là aussi, de gros lamas poilus et les ours polaires, bien sûr, qui font un peu pitié hors de leur banquise.Éncore qu’au Grand Nord, leur banquise fasse pitié aussi.Nul environnement miracle pour les ours polaires de notre millénaire, ni au zoo ni ailleurs.Dans un des pavillons, le guide animalier, un paresseux autour du cou, parle du mammifère étrange qui l’enlace comme un bébé.Les visiteurs posent des questions, zieutent la bête, recueillent des renseignements sur ses mœurs, le déclin de son habitat dans la forêt amazonienne.Ça sert à ça, les centres d’histoire naturelle.Vu l’état actuel de la planète, mettons qu’on n’est jamais trop renseignés.Mais le clou de l’affaire, c’est la serre océanienne, volière sur trois niveaux où les oiseaux tournoient librement (chère a chauffer).Plate à mort, vous dites?Elle est magnifique, la serre en question, ses oiseaux aus si, tout comme les singes sia-mangs, les marsupiaux et les lémuriens.Même qu’on nourrit les perroquets multicolores avec-une potion liquide dans des gobelets.Et ils vous piquent les doigts en réclamant plus de boisson.Des décors indonésiens, des fresques aborigènes superbes.Toute cette faune et leur cadre entonneraient le chant du cygne, vraiment?On ne le veut pas.Parce qu’un parc éducatif, c’est un trésor.Parce que les enfants méritent un lieu où apprendre à déchiffrer la nature.Et à la population de Québec, on a envie de dire: «Bon sang! Réveillez-vous.Pour le sauver, cç zoo-là, il faut que vous le fréquentiez.» Il faut aussi attirer les touristes à coup de promotion ciblée, connue au Biodôme de Montréal.Suffit d’y croire.Les directeurs du zoo de Québec se sont de toute évidence laissé convaincre que la vocation «oiseaux» n’est pas la bonne.À tort, il me semble.C’est superbe, voilà! Et demain, si on ne secoue pas les cages, tous les animaux les déserteront.Non! Non! Et non! otremblaVa ledevoir.coin STONES SUITE DE LA PAGE E 1 comme chantait (et chante encore) John Kay avec Steppenwolf.«Tout écartillé dans Paris», comme chantait (et chante encore) Charlebois.Pas de péremption qui tienne.Entre les Stones et leurs fans existe ainsi une sorte de pacte, une ferme détermination commune de poursuivre l’aventure rock’n’roll tant que la viande tiendra (ou huit que la médecine moderne la recoudra).Pour les Stones, ça veut dire refaire le tour du monde tous les trois ans, pour prouver que c’est encore possible.Pour les boomers, ça veut dire aller voir et revoir les Stones, à tout prix (et quel prix!), pour prouver que c’est encore important.Une fidélité réciproque, fondamentalement rassurante: aller vérifier chaque fois que Mick bondit et que Keith plaque ses riffs, c’est repousser l’échéance.C’est le O.K.du docteur.Oui, on mourra tous un jour, mais pas tout de suite, et certainement pas avant l’ultime Jumping Jack Flash.Le retour du rock stonien Qui plus est, on ne peut même pas qualifier le rock tel que les Stones l’ont façonné et le pratiquent de passéiste, encore moins de ringard.Tout un tas de nouveaux groupes ont ramené au premier plan le rock façon Rolling Stones, à base de riffs de guitare décantés du blues électrique de Chicago.The Strokes, The Kills et autres White Stripes se réclament tous du rock’n’roots bien juteux des Stones de la période faste comprise entre Beggar’s Banquet (1968) et le disque double Exile On Main St.(1972), et ce sont les chansons de cette époque-là — Sympathy For The Devil, You Can’t Always Get What You Want, Honky Tank Women, Brown Sugar, Tumbling Dice — qui constituent l’essentiel du show des Stones, tournée mondiale après tournée mondiale.Logique.C’est en jouant ces titres-là soir après soir que les Stones proclament leur pertinence, de la même façon que Muddy Waters prouvait à chaque spec- 1.Itwawe oi DANSE saison 2005.6 présente oleman Lemieux & Compagnie Fifteen Heterosexual Duets Soudain, l’hiver dernier ~it is as it was9 19.20,21 jan.2006 - 20 h supplémentaire 18 jan pierre-mercure (514) 842-2112.(514) 987-6919.Admission (514) 790-1245 www.dansedanse.net FRANK MICEI.OTTA REUTERS Les Rolling Stones lors de leur spectacle à Toronto, le 10 août dernier.* > 'Tl tacle sa raison d’être en reprenant Mannish Boy (l’hymne national du blues, qui contient la fameuse exclamation «Tm a rolling stone!»).Héritiers naturels de Muddy Waters, Willie Dixon et.autres Chuck Berry, ce sont eux qui fournissent depuis plus de trois décennies la mesure étalon.Malgré le gigantisme de leur machine à imprimer de l'argent, malgré le décor de scène invariablement plus grand que nature, les Stones demeurent l’archétype du groupe de garage: irrécupérables dans l’attitude (des «Jouteurs de merde», precise le vétéran critique rock Philippe Manœuvre dans Le Parisien), foncièrement brouillons dans l’exécution, viscéralement rock'n’roll dans la simplicité de l'approche guitares-basse-batterie (avec claviers et chœurs en purs compléments), «/okét Jumping Jack Flash peut être une nouvelle expérience pour moi chaque soir», affirme Keith Richards sans gêne dans une récente livraison de Newsweek.«Mais je comprends les gens qui pensent que nous faisons semblant, après tout ce temps.Pourtant, c’est la fascination pour la musique qui est encore et toujours au cœur de ce groupe.» On est tenté de le croire.Au moins jusqu’à mardi soir.Collaborateur du Devoir r-r ^ TANZTAGE et WD ç) cankarjev dom I o n u n t ^ n.- Ta n p nX p •ILLirmtlL 525 1500 iSIilIl ai, s® §®®© A g®» œmj&xsi mmàMs&stm m smmsw, i®®® mm à, §®!S®® mm® imMASICî LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D 1 M A N CUE 8 J A N VIER 2 0 0 6 K ;î RENÉ VIAU Paris — Cartographiant la constellation Dada, une exposition encyclopédique évoquant tout aussi bien la musique que le cinéma, le théâtre, la littérature, la photographie et les arts visuels réussit un tour de force.Non pas celui d'ensevelir le dadaïsme sous une montagne d’érudition, mais bien de faire en sorte que sa magie corrosive continue d'opérer.Etourdissante d’énergie, touffue, ultradocumentée, l'exposition Dada dissèque sous toutes ses coutures ce mouvement qui brandit l’onomatopée comme cheval de bataille.A Zurich, New York, Paris, Cologne, Hanovre, partout Dada affiche son mépris rageur et iconoclaste.Avec les «ready-made», l'objet industriel est considéré comme une œuvre d’art La performance naît «Dada ne signifie rien», lance en 1918 son instigateur, le poète Tristan Tzara.«Je suis persuadé que ce mot n ’a aucune importance, indique Jean Arp, d qu’il n’y a que des professeurs espagnols qui puissent s’intéresser aux dates Ce qui nous a intéressés est l’esprit dada, et nous étions tous dada avant l’existence de Dada.» Le mouvement étant considéré à tort comme destructeur, l’exposition du Centre Pompidou, par sa dimension anthologique, remet à ce chapitre les pendules à l’heure.Dada y apparaît comme un ferment fécond.Pas besoin de jouer au «professeur espagnol» pour prédire que cette présentation, avec son catalogue annuaire, fera date.Ce n’est certes pas un hasard si le mouvement voit le jour dans cet îlot de neutralité qu’est Zurich, tandis que l’Europe est à feu et à sang.Dada est l’enfant illégitime de la grosse Bertha, des tranchées, du gaz moutarde, des neuf millions de victimes de la Premia re Guerre mondiale.Au cœur des tensions de l’histoire, un groupe de jeunes artistes, la plupart réformés des armées de leurs pays respectifs, s’opposent aux codes sociaux pour exprimer leur soif de liberté.Dada Le nom est trouvé en plantant un couteau dans un dictionnaire au hasard à Zurich, le 18 avril 1916.Apres tout.Dada peut se dire dans toutes les langues.«Ce habillement comme assaut à la logique» pulvérise les frontières et tout programme intellectuel sérieux.Avec ces soirées au cabaret Voltaire, ce qui compte alors c’est de ruer dans les brancards, de couper les ponts avec la tradition, de s’opposer par l'absurde à l'apocalypse ambiante.Le virus allait contaminer une centaine d’artistes.Ils sont présents en 2000 œuvres et pas mal de chefs-d’œuvre, pour employer deux mots que les dadaïstes avaient bannis.Duchamp.Son urinoir signé R Mutt exposé en 1917 à New York; sa Joconde moustachue portant la mention L H.O.O.Q.; son grand verre; ses irrésistibles contrepèteries («Avez-vous déjà mis la moelle de l’épée dans le poêle de l'aimée?»).Sous vitrine: La Première Aventure céleste de Monsieur Antipyrine de Tristan Tzara.Là, les bas-reliefs d’Arp, les témoignages des agitations parisiennes de Picabia ou berlinoises d’Haus-mann, de Grosz.Sous nos yeux, des gouaches de Sophie Taeuber-Arp, des photogrammes de Man Ray, les collages de Schwitters.Autant d’icônes où s’incarne l’esprit dadaïste.Ces monuments sont placés sur le même pied que les tracts, les notes en tous genres, les centaines de-documents, les lettres, les collages, les écrits potaches et les publications.S’affichant selon des thèmes tels «New York», «Anti-peinture», «Chance, jeu d hasard», «Revue 391».ou Dada partout selon des artistes, une soixantaine d’espaces de même superficie quadrillent le plateau.La circulation propose de la sorte des regroupements et des enchaînements aléatoires en court-circuitant les hiérarchies.Lïdée est de sans cesse t enter de retrouver en s’y égarant l’unité d’un mouvement D’épouser en vrac sa folie créatrice.Ponctué de vitrines, de murs griffonnés d’impertinences, de souvenirs dada ou des soirées «Cœur à gaz», de découvertes notamment d’artistes moins connus ou davantage associés par la suite au Bauhaus, à l’expressionnisme ou au surréalisme qu’à Dada, ce parcours impossible à résumer se termine avec la projection à’Entr Acte.Métaphore Dada.Ce film se voulait, selon Picabia, son scénariste.«une entracte à l’ennui de la vie monotone d des conventions pleines de respect hypocrite et ridicule».Dada croit au plaisir d’inventer.Il ne respecte rien, faisant se rapprocher art, vie, humour, subversion.Trop c'est trop.Avec son Manifeste du surréalisme (1924), André Breton retourne contre les dadaïstes leur amie de prédilection.Il annexe ce mouvement pourtant si antidogmatique et en fait l’antichambre de ses encycliques.Comme tout mot d’ordre, cet enrôlement démontre l’exposition, n’était décidément pas l'affaire de Dada.Collaborateur du Devoir DADA Jusqu’au 9 janvier Centre Pompidou, Paris Du 19 février au 14 mai National Gallery of Art, Washington Du 16 juin au 11 septembre Museum of Modem Art New York SOURCK ClïNTHK POMPIDOU Boardwalk (1917), de Man Ray.Uv Étourdissante d’énergie, touffue, ultra-documentée, l’exposition Dada dissèque sous toutes ses coutures ce mouvement qui brandit l’onomatopée comme cheval de bataille « Réintroduire » David Milne DAVID MILNE WATERCOLOURS: «PAINTING TOWARD THE LIGHT» Jusqu’au 29 janvier Metropolitan Museum of Art 1000 Fifth Avenue at 82nd Street New York Du 25 février au 21 mai Art Gallery of Ontario 317 Dundas Street West Toronto MICHEL HELLMAN Décidément l’art canadien s’exporte bien depuis quelques années.Après la rétrospective Torn Thomson au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg — où sera également dévoilée l’été prochain une exposition sur Riopelle —, voici que l’Art Gallery of Ontario (AGO) décide de présenter à un public international une autre figure importante de l’histoire de l’art canadien: le peintre d’origine ontarienne David Müne.L’exposition David Milne Watercolours: Painting Toward the Light a été inaugurée au British Museum en juin dernier et est présentée jusqu’à la fin du mois au Metropolitan Museum de New York.On pourra ensuite la voir, à partir du 25 février, à l’AGO de Toronto.Cet itinéraire peut sembler prestigieux pour un artiste qui demeure assez méconnu, même à l'intérieur du Canada où, jusqu'à récemment son travail est resté dans l’ombre du Groupe des Sept Mais au fond, ce circuit est d'abord symbolique.En effet David Milpe a vécu près de trente ans aux Etats-Unis, notamment à New York où il a participé à de célèbres expositions, comme le Armory Show de 1913.D a également passé une importante période de sa vie en Europe en tant que peintre de guerre.Pour les organisateurs, il ne s’agit donc pas de faire «découvrir» le travail de Müne à un public étranger, mais plutôt comme cda est indiqué dans le texte de présentation au Metropolitan Museum, de le «réintroduire» en quelque sorte dans des univers qui lui appartiennent aussi Contrairement aux artistes du Groupe des Sept Müne n'a jamais cherché à définir un langage artistique «national».D a été influencé par les différentes expériences en art moderne de son époque, mais a toujours gardé un côté farouchement indépendant D ne représente donc pas forcement un art spécifiquement «canadien», et l'exposition cherche à faire ressortir ce côté international de l'artiste.Le parcours comporte 45 aquarelles provenant de collections canadiennes et américaines.Elles ont été choisies de manière a refléter les étapes importaites de la carrière de David Milne.On commence avec les années de formation a la Art Student League de New York et les œuvres très colorées qu’il a produites à cette époque.Id, la ville n’a pas ce côté dur, industrialisé, que l’on retrouve dans les œuvres de certains peintres modernistes de la même période.Puis les aquarelles faites en Europe en 1918, où ü avait été envoyé par le gouvernement pour dépeindre les champs de batailles.Cette expérience de la guerre aura une influence déterminante sur son œuvre.De retour au pays, David Milne, déjà connu pour son tempérament d’ours solitaire, se retire de plus en plus du monde de l’art et va s’isoler dans un cabanon des Adirondacks.Influencé par la phflosophie de Ralph Waldo Emerson et de Henry Thoreau, ü produit à cette époque des œuvres très personnelles, les plus marquantes de 1’exposition.Dans Reflections, Bishop’s Pond de 1920, par exemple, un simple étang en forêt est empreint d’une grande poésie.Müne a peint cette aquarelle le matin, c’était pour lui «le moment miroir», quand le reflet d’un paysage sur l’eau se fond parfaitement avec le décor.Cette interprétation intuitive et délicate de la nature est très différente des grands paysages sauvages «héroïques» du Groupe des Sept En 1929, David Müne retourne s’instaüer en Ontario et abandonne la pratique de l’aquarelle.D ne recommence à peindre qu’à la fin des années 30, en développant alors un style et une technique complètement différents.Cette facette de l’œuvre demeure probablement la moins connue.C’est également celle qui a été jugée la moins intéressante par la critique en général.Mais elle reste tout de même un moyen intéressant pour tenter de cerner la personnalité complexe de cet artiste.Contrairement à ses habitudes, Müne se met alors à créer des paysages «de mémoire», des paysages inspirés de scènes religieuses et mystiques.le contraste entre ces œuvres tardives et les premières apparaît assez surprenant.Un risque En choisissant de présenter David Müne à un public international uniquement par ses aquarelles et sans montrer son côté multidisciplinaire, les organisateurs ont pris un certain risque.Au British Museum, cette exposition est une première dans l’histoire de l’institution.Jamais auparavant le musée n’avait présenté les œuvres d’un artiste canadien en solo.Mais l’exposition n’a pas été très bien reçue.Un journaliste en a parlé comme l’exemple d’un .artiste «ayant perdu son talent».À New York toutefois, la critique a été beaucoup moins sévère.Mais le travail de Müne a été constamment réduit à des comparaisons avec d’autres artistes de son époque.Il ne reste qu’à espérer que l’exposition aura le succès quelle mérite au pays de ses origines.Collaborateur du Devoir pY* ] Chorégraphie de Crystal Rite En tournée au Québec ! ' [Thé Stol >12 janvier .f Centre S.iidye Bronfman Rés : 514 872-6889 > 15 janvier Montréal Nord Rés : 514 328 > 17 janvier Théâtre Outremont Rés.: 514 908-9090 > 20 janvier Sainte-Geneviève Rés.: 514 626-1616 Louis Robftaille directeur les Balte* mvtiiii T 514 982 6771 www bjmdans* < a Vernissage Jeudi 12 janvier 2006 17hà 20h l Art Mûr 5826 rue St-Hubert www.artmur.com L’ACEAT constitue un réseau de diffusion professionnel qui regroupe cinq centres d’exposition distincts de ! 'AbUJbl'Témlscamîngue Il est possible de présenter un dossier individuel é chacun des centres de votre choix ou encore un seul dossier destiné i l'ensemble des centres.L'ACEAT s assurera de faire le suivi.Date limita ; le 31 janvier 2006 Votre Ooi-.wr doit comorendre Curriculum vitae positives et leur description Démarche artistique Projet d’exposition Dossier de pressé toppe de retour affranchie ire parvenir votre dottier à 1e-ChrHtln« Coulomb#, président#, ACEAT 600 r Ru# Val-d’Or (Qc) J9P 3R3 (tephon*: 1*19) «25-0942 cl: expovd#vUle.vatdor.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2 0 0 6 50 COMÉDIENNES SUR SCÈNE TOUT COMME ELLE D'APRES MIS EN SCENE PAR ULTURE GARY EXPOSITION SUITE DE LA PAGE E 1 de leur enfance, j’ai finalement réussi à entrer dans le personnage.» André Melançon fait remarquer que la pièce met bien en évidence l’affection et la tendresse de l’auteur pour sa mère.«Plusieurs mères sont extraordinaires mais n’ont pas de fils écrivain pour le souligner.Quand il parlait de Promesse de l’aube.Gary disait: “C’est notre livre."» Mère et fils sont deux personnages très forts chacun leur tour, indique André Melançon.«Au début: ü est l’enfant qu’elle admire, puis il se rebelle, la tnmve un peu encombrante.Ensuite, elle vieillit et redevient fragile comme l’enfant qu’il était; il doit alors la protéger, explique Melançon.Au centre de l’œuvre, il y a la défense de toute firme d’injustice et un plaidoyer pour la dignité humaine.Gary est attaché à des valeurs féminines: ouverture, détermination, tendresse.On est bien loin des valeurs machistes et marchandes», ajoute-t-il.Le défi de la théâtralisation Pour le metteur en scène, le travail le plus long a été d’effectuer un tri parmi l’abondante matière du roman.«J'ai conservé tout ce qui me semblait pertinent à l’adaptation théâtrale.Tout au cours de ce travail qui a nécessité plus de deux ans, j’ai écrit cinq versions théâtralisées de l’œuvre, explique-t-il.Le plus gros défi était de trouver comment intégrer des tableaux théâtraux à la narration que l’on trouve dans le roman.Mon impératif principal demeurait le respect de l’écriture de l’auteur.» Pendant toute la durée du travail qui connaîtra son aboutissement mardi soir prochain, André Meltm-çon ne s’est jamais fatigué, ni du sujet ni de l'auteur.Au contraire.«Im force particulière de son humour, sa façon singulière d’exprimer les choses m’ont soutenu.Je ne voulais ni récrire ni trahir; c'est pourquoi je me suis refusé à prendre des passages narratifs pour les dialoguer.J’ai plutôt conservé un narrateur-raconteur comme personnage et j’ai écrit seulement quelques pen-tures entre deux tableaux.» L'altitude de la mère de Romain Gary envers son fils touche Andrée Lachapelle.«Sa foi en lui est démesurée, débordante.C’est une femme assez extraordinaire qui avait beaucoup lu et connaissait tous les au- JACQUES GRENIER LE DEVOIR la comédienne Andrée Lachapelle et le metteur en scène André Melançon dans le décor de La Promesse de l’aube.leurs importants.Dans sa vingtaine, elle avait eu l’occasion d’aller à Paris, où elle a choisi de s’exiler avec Romain par la suite.J’espère que les spectateurs vont l’aimer autant que nous l’aimons!» Les enseignements de La Promesse de l’aube Romain Gary ne se contenta pas de devenir un écrivain de premier plan: il s'illustra dans la Résistance française avant d’assurer des fonctions de diplomate pour son pays d’adoption.A 44 ans, il était consul à Los Angeles.«Pour l’aider à raconter les épisodes de sa vie tout en maintenant clairement le fil de l’histoire.des acteurs vont surgir et personnifier des gens.Ils prennent alors le relais du narrateur, précise André Melançon.Avec la collaboration des acteurs, on a réussi à mettre au point un moteur à deux temps qui fonctionne!» ^ les belles soirees de CONSTfüLLA¦ .ON e‘ l’Université de Montréal o/ (rCoi/m yni’Wirnpuii/r (éÿwù f.070 vousproposent une semaine de THÉÂTRE À PARIS du 28 avril au 6 mai 2006 Groupe accompagné par M.Daniel Roussel, metteur en scène.Rens, et Réservations : Marjorie 397-0467 ou 987-9798 Une surprise l’attendait.«J’ai réalisé la force du regard au théâtre: on sent vraiment la relation entre les personnages présents sur scène parce que l’on peut toujours les observer tous en même temps.Le cinéma découpe les images; pendant qu’on se concentre, par exemple, sur le gros plan d’un visage, on perd de vue les autres personnages, explique-t-il.Cette richesse propre au théâtre nous a permis de recréer une texture à travers regards et gestes.» André Melançon, qui s’implique bénévolement dans un organisme qui œuvre auprès d’enfants négligés.en connaît un bout sur le développement et la pédagogie, «la Promesse de l’aube turns apprend beaucoup sur l'éducation des enfants: comment leur enseigner, les éveiller, les allumer, les enflammer et leur permettre de déployer leurs ailes.L’œuvre me paraît indéniablement contemporaine; l'amour des mères existera toujours: les piédestaux aussi», fait-il remarquer.Collaboratrice du Devoir LA PROMESSE DE L’AUBE Texte de Romain Gary Adaptation et mise en scène d'André Melançon À l’affiche au théâtre Espace GO Du 10 janvier au 4 février 2006 Information et réservations: (514) 8454890 FERDYDURKE Witold Gombrowicz Adaptation et mise en scène Carmen Jolin Avec François Trudel Jean Turcotte Vincent Magnat Frédéric Lavallée Claire Gagnon Bernard Carez j Anouk Simard Éclairages David Perreault Ninacs A> laveillee Il IR U HI! M ôui^ss Carmen Jolin traque la quintessence du Ferdydurke de Gombrowicz.[.] lecture enlevante et judicieuse [.] rigoureuse mise en place.Évoluant avec un dynamisme rare [.] les acteurs sont grandement responsables de l'avancée implacable du spectacle Christian St-Pierre.VOIR Ce Ferdydurke est achevé et jouissif Les interprètes ne se ménagent pas l’essentiel du propos, à savoir _ l'artificialité de l'ètre humain, e sa dépendance à des cadres préétablis et sa difficulté à se réaliser, est fort bien véhiculé par le spectacle Ève Dumas.La Presse I.] thanks to the precise acting discipline that characterise La Veillée’s style Matt Radz, The Gazette ON JOUE AU [PROSPERO] 1371, rue Ontario Est Billetterie 514 526 6582 Admission 514 7901245 www.laveitlee.qc.ca Une histoire du téléviseur PAUL CAUCHON La télé sur les téléphones portables serait la révolution de 2006?Pourtant, dès 1972 il existait un minitéléviseur portatif permettant de capter les émissions en se baladant dans la rue.Le mégacinéma maison à haute définition?On peut lui trouver un précédent, avec le spectaculaire appareil allemand Komet de 1957, chef-d’œuvre de design qui intégrait dans un immense meuble téléviseur, radio, tourne-disque et huit haut-parleurs haute fidélité.L’histoire de la télévision, et celle des images qui ont changé nos vies, est indissociable de l’histoire technologique et commerciale écrite par des ingénieurs, inventeurs et hommes d’affaires habiles, sinon visionnaires.C’est ce que démontre cette exposition fascinante présentée à compter de la semaine prochaine à la Cinémathèque québécoise de Montréal, exposition organisée autour des téléviseurs de Moses Znaimer.Moses Znaimer, créateur à Toronto des chaînes CityTV, Bravo, MuchMusic, ainsi que Musique-Plus/MusiMax à Montréal, est aussi un collectionneur d’appareils de télévision, sûrement le plus important au Canada.Il a légué près d’une centaine de ses pièces à la Cinémathèque québécoise (96, pour être plus précis), dont un peu moins d’une quarantaine sont présentées au public.N’ajustez pas votre appareil est une exposition qui prend la forme d’un véritable parcours historique, commercial, technologique et sociologique sur les traces de la télévision.Il n’existe pas un inventeur de la télévision: l’exposition met plutôt en lumière le travail de six chercheurs et hommes d’affaires, britanniques, américains et russes, qui ont tous perfectionné la technique de transmission des images.Dès les années 20, l’américain Jenkins arrivait à transmettre des images en direct au moyen d’un dispositif mécanique complexe et fragile, les radiomovies.Les images étaient en noir et rouge, et très tremblotantes, avec mie résolution de 30 à 60 lignes (pour vous faire une idée, la norme actuelle est de 525 lignes).L’exposition nous apprend, ô surprise, qu’une première station de télévision a été créée en 1931 par CKAC et La Presse, qui faisaient la démonstration de ce système mécanique dans les magasins Eaton, alors qu’il n’existait à l'époque qu'une vingtaine d'appareils au Canada.Mais le procédé disparut rapidement dans les années 30, au profit d'un système électronique, grâce à l’invention du tube cathodique.Et le lancement «officiel» de la véritable télévision eut lieu en 1939, lors de la grande exposition universelle de New York, oii RCA présentait ses modèles de téléviseur Art déco (l'exposition en présente trois.des objets très rares).Le meuble était énorme, et l'écran tout petit La convergence Les actuels barons médiatiques de la convergence n’ont d’ailleurs rien inventé: David Sarnoff, président de RCA, fabriquait les téléviseurs et avait créé NBC, une chaîne de télé filiale de RCA, pour développer les programmes.Sarnoff contrôlait donc le contenu et le contenant! Mais la guerre freina le développement de la télévision.Une fois les hostilités terminées, ce fut l'explosion: en deux ans, de 1947 à 1949, le nombre de téléviseurs aux Etats-Unis passa de 44 000 à 1,2 million.Deux ans plus tard, en 1951, on comptait déjà 90 000 téléviseurs au Canada, ce qui inquiétait grande ment le gouvernement canadien.Car les Canadiens vivant près de la frontière américaine pouvaient capter les ondes américaines.C’est pourquoi Ottawa, voyant venir le coup, mandata Radiotanada pour créer une télévision publique nationale, ce qui frit fait en 1952.L’exposition présente des appareils rares qui témoignent autant de l’évolution du design que des mœurs.Après les premiers gros meubles autour desquels se réorganisait le salon familial, on vit l’arrivée de téléviseurs aux formes arrondies en 1959, la ligne Predicta.Dans l'intervalle, dès 1954, RCA lançait aux Etats-Unis le premier té» léviseur couleur, au coût de 1000 $ de l’époque! 11 fallut attendre douze ans pour qu’au Canada on commence à diffuser en couleur.Les années 60 voient arriver dans ce marché les Japonais, qui lancent la course à la miniaturisation, pour arriver à des trucs incroyables, comme cette montre-te-lévision de Seiko.Autour des années 70, une autre révolution se produit la compagnie japonaise JVC crée des téléviseurs en forme de satellites ou de casques d’astronaute inspirés de la conquête spatiale.Mais le fait qu'ils soient petits est encore plus important on tente ainsi d'ouvrir un nouveau marché, auprès des jeunes, en expliquant au consommateur qu’on peut posséder un deuxième téléviseur, plus petit et qu’on peut échapper à la grosse boîte du salon.Pendant 60 ans, le téléviseur a été l’objet technologique le plus important de la maison, rappelle la Cinémathèque.Est-ce encore le cas?Avec le cinéma maison, les lecteurs DVD, les grands écrans et le couplage Internet-télévision qui s’en vient, c’est un objet qui ne semble pas prêt de perdre sa place centrale.Le Devoir N’ajustez pas votre appareil.une exposition gratuite à la Cinémathèque québécoise de Montréal, à compter du 11 janvier.En complément: Moses Znaimer a créé à Toronto, rue Queen, un Musée de la télévision qui regroupe sa collection.Il possède un site Internet fort intéressant (www.mztv.com) qui permet d'admirer sa collection et d’en apprendre plus sur l’histoire de la télévision.Les premiers téléviseurs RCA, en 1939.JACQUES GRENIER LE DEVOIR La Nouvelle télé communautaire de Montréal fNTCMj s’installe à Espace Libre pour six soirées EXCEPTIONNELLES Un ûr(UtilL NTCM Nouvelle télévision communautaire do M Vous avez aimé ta fameuse émission SOIRÉE CANADIENNE ?Eh bien, Pépé et Rocco vous invitent à renouer avec une tradition bien québécoise, revue par trois fantastiques animateurs issus des communautés culturelles de Montréal.13 et 14 janvier à 20 h 30 : Pleins feux sur.17 et 18 janvier à 20 h 30 : Pleins feux sur.20 et 21 janvier à 20 h 30: Pleins feux sur.HAITI le VIETNAM la BULGARIE LUCIEN DIDIER et CADET ANGELO RÉALISATEURS-COORD.HUY PHONG DOAN RÉALISATEUR-COORD.PETER BATAKLIEV RÉALISATEUR-COORD.UNE production du NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL Venez swinsner en notre compagnie îïï Oui.c’est la fête au NTE! NIE vqmwMîfcJ www.nte.qc.c A ESPACE LIBRE 1945 FULLUM, MÉTRO FRONTÎNAC ENTRÉE : 21$ RÉSERVATION : I514Î $21-4191 «fSTAUNAWT L Armoricain LE DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D 1 M A X l' Il E 8 .1 A X VIER 2 O O R K f> PAS DE PAYS SANS PAYSANS deÈMlamont Canada (Quéûec).2005.90 min.(G).Documentaire.9 JANVIER 19h30 i ri mvi iii \j m uj entr is JOYEUX NOËL EX CENTRIS.COM I S14 847 2206 À LAFFICHE Vraiment terrifiant SOI KU KU MS SKV1U I Hostel est un des films les plus terrifiants qui aient gagné l’écran, collé non seulement à ses scènes de violence mais aussi A la forme du thriller psychologique mené de main de maître avec un crescendo diabolique.t | t HOSTEL Réalisation et scénario: Eli Roth.Avec Jay Hernandez, Derek Richardson, Eythor Gudjonsson, Jan Vlasàk, Barbara Nedeljakova, Rick Hoffman.Image: Milan Chadima.ODILE TREMBLAY \ A côté de Hostel, Woolf Creek, en salle en ce moment, tient du film pour enfants de chœur.Rien de plus terrifiant que cet Hostel d’Eli Roth, pour lequel Quentin Tarantino agit à titre de producteur exécutif.Eli Roth s’était d’abord fait connaître en 2002 avec Cabin Fever, également terrifiant.Cette fois, il glace littéralement les sangs.Les amateurs de gore se délecteront en salivant.Les âmes sensibles se tortilleront sous le malaise et la peur.J’avoue pour ma part en avoir manqué des bouts, cachée sous mon siège aux moments trop sanglants.L’histoire est celle de deux jeunes et beaux Américains (Jay Hernandez et Derek Richardson) partis en Europe s’envoyer çn l’air avec des beautés locales.A Amsterdam ils rencontrent un Islandais (Eythor Gidjonsson), puis un Néerlandais (Jan Vlasàk), qui leur recommandent le fin du fin dans une ville slovaque: les plus belles filles, prêtes à tous les fantasmes dans un hôtel spécialisé.Les voilà donc partis vers la cité des délices.Comment l’aventure érotique, d’abord idyllique, virera au pur cauchemar, comp- tez sur Eli Roth pour vous le démontrer avec force détails sanglants et péripéties morbides, qui constituent l’absolue contre-publicité pour la République tchèque et la Slovaquie (cadres du tournage), lœ film est coté R pour scènes de torture, de baise, ainsi que d’extrême violence.On comprend vite pourquoi.Les beaux décors tchèques et slovaques dans des demeures médiévales rendent l’épouvante aiguë par effet de contraste.D’autant plus que la réputation des pays sortis de la coupe soviétique rime dans l’imaginaire avec barbarie et mafias sans pitié.D’où les frissons supplémentaires.Les deux héros américains sont joués de façon assez monolithique, mais Rick Hoffman incarne avec beaucoup de présence et une vilenie sans faille le riche .Américain amateur de torture.Quant à Barbara Nel-jakova, elle campe une entraîneuse sans scrupules avec une férocité exemplaire.Le Tchèque Jan Vlasàk, en sinistre compère, est excellent aussi.Quant au reste, le scénario apparaît tissé d’invraisemblances, ce qui ne le rend pas moins efficace pour autant.Précisons que les jeunes gens et quelques jeunes Asiatiques se retrouvent vendus à un groupe de bourreaux qui pratiquent la torture, la chirurgie des corps et la mise à mort de leurs victimes avec délectation.Une bande d’enfants des rues qui réclament des bonbons comme rançons et sèment la mort n’est pas l’élément le, moins inquiétant de cette histoi- re.Un des films les plus terrifiants qui aient gagné l’écran, collé non seulement à ses scènes de violence mais aussi à la forme du thriller psychologique mené de main de maître avec un crescen- do diabolique.C’est bien fait en plus, réalisé comme un film indépendant, sans les recettes archi-connues de Hollywood, hormis des effets musicaux de circonstance trop pré- sents.Milan Chadima, le directeur photo, est tchèque et apporte à l’image une qualité européenne, lœs films gore plaisent énormément à une clientèle adolescente et à certains adultes amateurs de sensations fortes.Ils en auront pour leur argent, les natures fragiles feraient mieux de s’abstenir.Le Devoir Entrevue avec Neil Jordan Un diamant brut d’humour irrésistible Pèlerinage fou dans l’Irlande et l’Angleterre d’un transsexuel angélique, Breakfast on Pluto, en salle la semaine prochaine, marque le retour en force du réalisateur de The Crying Game.MARTIN BILODEAU Neil Jordan mâche ses mots.La chose ne mériterait pas d’être soulignée, m’eùt-il parlé en fiançais dans la suite capitonnée d’un hôtel bétonné.Hélas pour moi, son fort accent irlandais, balayé par le vent sur une terrasse torontoise bruyante, a élevé mon interview au rang d’épreuve.Tout le contraire de son film, Breakfast on Pluto, diamant brut absolument irrésistible défloré dans le festival de la Ville reine.Campé dans l’Irlande sous les bombes, puis dans le Swinging London des années 70, le film reconstitue en 36 chapitres tragicomiques le parcours d’un transsexuel lancé à la recherche de sa mère.«Je ne suis pas quelqu’un de très drôle, et je ne suis pas très bon pour raconter des blagues», lâche entre deux phrases parties au vent le cinéaste de The Crying Game et de The Good Thief, son excellent remake du Bob le flambeur de Melville.«Or c’est la première fois de rua vie que j’entends le public rire en regardant un de mes films.La plupart de mes films antérieurs fiaient plutôt noirs.» ; En effet Michael Collins, sur le célèbre lion dldande, et The End of the Affair, d’après Graham Greene, le rangent dans la case des chroniqueurs d’un passé tourmenté par lés combats, la guerre, les déchirements patriotiques et affectifs.Précision du principal intéressé: «Je suis surtout fasciné par l’irruption de la violence dans la vie des gens.Ça me vient sans doute de mon éducation dans l’Irlande des années 70, et bien que le contexte puisse sembler daté à l’heure où TIRA a déposé lés armes, je continue de m 'en servir comme d'une métaphore dans un monde où des bombes sautent chaque jour.» La division du film en 36 courts chapitres, chacun surmonté d’un titre à double sens ou fortement ironique, offrait au cinéaste une liberté d’exécution en même temps qu’elle lui posait un défi de construction considérable.Si chaque film a son histoire, selon Neil Jordan, chaque film impose sa façon de la raconter.«Je n 'aurais pas pu faire la même chose dvec The Crying Game, par exemple.Breakfast on Pluto est une histoire picaresque; il n’y a pas de nœud dramatique complexe, qu 'on passe tout le film à dénouer U défi était nouveau pour moi.il m ’a fallu trouver une formule cinématographique qui fonctionne.• Après le désespoir sardonique de The Butcher Boy.Neil Jordan re- sou rck PATHK DISTRIBUTION Breakfast on Pluto reconstitue le parcours d’un transsexuel lancé à la recherche de sa mère.et la réalité intérieure, subjective, souvent fantaisiste, des personnages.Mais cette manière illustre la façon dont je perçois le monde, le cocktail dhorreur et de comédie qui se brasse dans ma tête», dit celui qui, arrivé au bout de la création de Breakfast on Pluto, s’est étonné que son film soit si drôle.L’humour jaillit avant tout du personnage de Kitten (admirable Cil lian Murphy), sorte de candide déluré, le cœur sur la main, dont on suit la courbe de sa vie autant que les montagnes russes de sa pensée — laquelle parfois s’emballe.De là à dire que ce héros entre deux sexes incarne l’Irlande contemporaine dans ses contradictions et ses excès, il n’y a qu’un pis, que Jordan ne franchira pas.«Kitten n 'est pas emblématique du tourment irlandais; il est au contraire la solution au tourment irlandais.Il est un idéal de bonté, de charme, de grâce, auquel tout le monde devrait aspirer.Sans doute qu'une personne comme ça n'a jamais existé.Mais ce serait génial si c'était le cas.Il appartient en partie au monde des anges.» Au-delà du personnage, il y a le contexte, brutal, chaotique, dans lequel le destin de celui-ci s'inscrit.L’Irlande d’avant-hier, le Londres d’hier sont des univers familiers à Neil Jordan, dans lesquels il a évolué avant de les reconstituer à l’écran.«Im plupart des histoires, noue ici avec l’auteur Pat McCabe, dans l’écriture de qui il retrouve ses propres préoccupations, tant thématiques que narratives.«Je suis conscient du fait que les sujets de certains de mes films se recoupent, et que la plupart parlent du rapport entre la réalité extérieure, objective, UN FILM Of PAUL COWAN PRODUIT PAR cornet NATIONAL DU FILM DU CANADA EN COPRODUCTION AVEC 13 PRODUCTION ET ARTE FRANCE arft» «nttt.onf ca/Ieprixdeiapaii À ('AFFICHE DU 6 AU 12 JANVIER 2006 A 12H15 ET 18H30 EX-CENTR1S kAM SMrt-LMnrtwe | C I NÉMA PARALL3L E T NOMINATION AUX GOLDEN GLOBE l MEILLEUR ACTEUR-PHILIP SEYMOUR 1 lOIT MAN .PHILIP SEYMOUR HOFFMAN CRÈVE L’ÉCRAN!.I&AREUË MASSÉ, U PRESSE «QUEL FILM PASSIONNANT!.ODflJ TREMBLAY, I£ mm ?un t, \/.i ni ?IJ JQÏRSAL IM MO yUifAI.?0ILÜ.S CAJUO.NAX IJ SuUjL NOMINATIONS AUX wwr.wHi 6 A Q N A N T N P W V O R M fil CRITICS cincic MOULEUR riLM N r N N F T T Mil I t H Mnt MEILLEUR FILM À L’AFFICHE! VFRSAON OmOlNALC AMOLAISC AV«C SOUS TfTNeS FRANÇAIS parisien ?1 e»-cwtrh gjssrcrr." ; .witl,.CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS r—— CINEMAS AM», -¦ —I |LE FORUM 22 ?! ?CINEMA ?Silfe SEMAINE DU 7 AU II JANVIER 2006 Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en nésumé, pages ?4 6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?7,15 dans LAGENDA culturel l I toutes provenances et sujets confondus, parlent de la perte de l’innocence.Ce film parle ou contraire de la préservation de l’innocence.C’est en fait l'histoire d'un garçon qui veut garder son innocence intacte dans un monde chaotique.» Il y parvient grâce à la force de ses rêves.On y adhère grâce à la force exceptionnelle de ce quatorzième opus signé Neil Jordan.Collaborateur du Devoir PALMARÈS DVD ARCHAMBAULT’! MOUtBKONMIim Résultat* des ventes Du 27 dècnmhrs su 2 janvier 2006 FILM/TÉLÉSÉRIE U COEUR A SES RAISONS Saison 1 C.R.A.Z.Y.MADAGASCAR HORLOGE BIOLOGIQUE n DIEU CRÉA.LAFLAQUE Meilleurs moments: Saison 1 POLAR EXPRESS STAR WARS EPISODE III Revenge 0t The Sitfi U TEMPS D’UNE PAIX Spécial Noel US BOUGON Saison 1 24 Complete Season 4 MUSIQUE/SPECTACLE/AUTRE LA MARCHE DE L’EMPEREUR USE DIOH En spectacle U2 Vertigo: Live From Chicago YVON DESCHAMPS Intégrale: Années 70-80 ROCK ET BE LUS 0REILUS The Coffret SOL En spectacle MARK) JEAN Simplement Mark) Jean H 100 LIMITE US DENIS DROLET Au pays de Dents 10 JUSTE POUR RIRE Juste le meilleur des galas 2005 I LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JANVIER 2 0 0 6 Culture CINÉMA Quand la paix est un miracle LE PRIX DE LA PAIX Réal., scén.et image: Paul Cowan.Montage: Nan-nele Halm.Musique: Jean Mallet Canada-France, 2005,83 min.Du 6 au 12 janvier au Cinéma Parallèle du Complexe Ex-Centris.ANDRÉ LAVOIE Vaste garde-fou humanitaire pour les uns, tour de Babel contemporaine pour les autres, l’Organisation des Nations unies devrait parfois réclamer une mission de paix pour protéger sa raison d’être tant elle est attaquée de toutes parts; son sous-financement fait d’ailleurs partie des dommages collatéraux de cette guerre idéologique.Tout comme Sydney Pollack (The Interpreter), mais porté par des intentions politiques nettement plus à gauche, et sans les gros sabots de la fiction, le cinéaste Paul Cowan (Democracy on Trial, Corps et âmes, Westray) s’égare à son tour dans les corridors de l’ONU.Et lui aussi veut dévoiler les tourments de ceux qui s’y dévouent pour éviter des catastrophes se déroulant trop souvent sous nos yeux blasés.Dans Le Prix de la paix, il s’intéresse à la guerre civile qui ravage la République démocratique du Congo, pressentant que les choses pourraient ressembler au génocide rwandais, chronique d’un massacre annoncé qui traumatise encore le personnel de la maison de verre, accusé, en partie à tort, d'avoir laissé tout un peuple s’entretuer.CRAIG LAPP/ONP Le Prix de la paix s’intéresse A la guerre civile qui ravage la République démocratique du Congo.En 2003, même apres cinq ans de luttes fratricides et trois millions de morts, ce sont les Américains qui mènent le bal (diplomatique) en concentrant l’attention médiatique sur le déclenchement de la guerre en Irak; les Congolais, eux, crèvent en silence, vidés de leurs ressources, comme l’or et le bois, par les rebelles et leurs voisins rwandais et ougandais.Paul Cowan s’attarde sur les efforts d’un petit groupe de travailleurs onusiens qui connaît les atouts, les faiblesses et les subtilités de cette machine semblable à aucune autre.Il observe cet incroyable ballet de réunions, de discussions, de conférences par satellite et de coups de téléphone -à dçs ambassadeurs inquiets» pour faire bouger des Etats frileux, ou vertueux sur papier seulement.Car derrière les formules et le protocole, le sort d’une nation, et celui de l’Afrique centrale si le Congo s’embrase, se joue à la fois dans les zones dévastées comme la province de l’Ituri et au Conseil de sécurité.Profitant de ses entrées dans cet univers feutré mais bouillonnant, Cowan suit à la trace des personnes qui tentent de faire la différence, entre autres Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la pane, et surtout Meg Carey, responsable des affaires africaines et d’une dévotion exemplaire derrière sa froideur de technocrate.En fait, elle constitue un des piliers importants du Prix de la paix, montrant, le plus souvent par l’exemple, la somme colossale de travail à abattre pour tenter de persuader les belligérants (qui fonctionnent souvent dans une logique mafieuse.) de déposer les armes.A côté des discours idéalistes et ronflants, Meg Carey tente d’imposer sa logique implacable: une police efficace, des besoins ciblés, des Casques bleus en nombre suffisant pour faire face à la musique (des balles), bref, pas de temps pour le lyrisme.Paul Cowan affiche une compassion infinie pour ces oubliés de l’histoire, cherchant à les sortir de l'ombre, question aussi de dénoncer leurs tortionnaires qui évitent la justice dans la plus choquante impunité.Même si l’on voudrait parfois qu'il détourne son regard devant l’horreur, les mutilations (faites par des machettes fabriquées à partir de vieilles suspensions de voiture.) et le dénuement extrême des populations civiles, ou encore le visage terrifiant des enfants-soldats, il redonne à l’ONU toute sa pertinence, sans pour autant nous faire croire que celle-ci pujsse accomplir des miracles.il n’en tient qu’aux Etats membres de faire en sorte que ceux-ci soient plus souvent la règle que l’exception.Collaborateur du Devoir JOHN DAGGETT / COLL.CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE / FONDS LEON H.BELANGER Michel Costom, Guy-L.Côté, fondateur de la Cinémathèque, et Léo-Ernest Ouimet avec sa caméra Pathé.Cent ans du Ouimetoscope La Cinémathèque québécoise célèbre le centenaire de la première salle de cinéma de Montréal, le 13 janvier prochain SHCQ.40e saison Série montréalaise Concert no 277 Société de musique contemporaine du Québec Mardi 17 janvier, 20 h Salle Redpath Réservations 514.398.4547 Denys Bouliane, Rumore sui (2003) Jean Lesage, Quatuor à cordes lit (création) Walter Boudreau, Le Grand Méridien (création) ODILE TREMBLAY Le 1" janvier 1906, il y a cent ans et des poussières, Léo-Ernest Ouimet, pionnier du septième art en nos terres, ouvrait le Ouimetoscope, premier cinéma permanent de Montréal, qui connut un succès bœuf.Précisons que Ouimet s’était déployé tous azimuts, en amont comme en aval de cette industrie du septième art alors montante: exploitant de salle, distributeur, réalisateur, producteur.Ça méritait bien un coup de chapeau.Que lui accorde la Cinémathèque québécoise le 13 janvier à 18h30 à la salle Claude-Ju-tra, en images, en boniments, en extraits sonores, etc., pour une soirée d'époque qu’animera l’historien et professeur de cinéma Germain Laçasse, avec au piano Gabriel Bilodeau et à la chanson Claire lœfrenière, musicologue spécialisée dans Iqs chansons urbaines de la Belle Epoque.«Je peux difficilement me coller à ce que disaient les bonimenteurs de l’époque.Ceux-ci utilisaient souvent les textes de catalogues, résumés de films fournis par les producteurs comme Pathé aux exploitants de salles», explique Germain Laçasse.Il se propose plutôt de commenter les courts métrages, de les remettre dans leur contexte historique, etc.Fils d’agriculteur, né à Saint-Martin-de-Iaval en 1877, d’abord électricien, Léo-Ernest Ouimet avait rencontré, alors qu'il préparait des éclairages pour le Théâtre national et le parc Soh-mer de Montréal, des projectionnistes ambulants qui l’avaient mis au parfum du nouvel art dont il perçut très tôt les possibilités.Précisons que Ouimet, après avoir connu la gloire, succomba au mirage américain.En 1923, il produit à Hollywood Why Get Married?.Toujours en 1923, Ouimet connut des revers à son retour au pays.Il devait tristement finir comme gérant d’une succursale de la Commission des liqueurs du Québec jusqu'à sa mort à 80 ans, en 1957.Autant le dire tout de suite: des Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin 2ÿtus COLL.CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE / FONDS LÉON H.BÉLANGER Le Ouimetoscope en 1907 .AUDI, 31 JANVIER 2006, 19 H $0 au Théâtre Maisonneuve, PDA ans tous ses états GYÔRGY LIGETI CONCIRÎO POUR VIOIONCHÜ SERGUEI PROKOFIEV SYMPHONIE CONCFRIANIE POUR VIOIONCEUE El ORCHESTRE PIOTR HYITCH TCHAIKOVSKI, SYMPHONIE N i YANNICK NEZET SEGUIN, chef LE LUNDI 2 DENISE DJOKIC, violoncello ’ Conference pc LE LUNDI 23 JANVIER 2006,19 H 30 Conference preconcert grjturte.IS h 30 MoiMMW'iv* O *c* Art» ST» «42.2112 • ttt «42.21 12 programme J.Haydn Sonates Hors.XVL42 en re maieur Hob.XVIrjO EN DO MAjEUR F.Schubert Sonate n 18, D 894 en soc maieur W.A.Mozart Fantasia en do mineur, K.475 Rondo en la mineur, K.511 BILLETS : 60 S 50 S et 40 S (etudi.rntq .BAICON 40 $ et 30 S (etudùnlQ ., .En vente A ta billetterie de la Place des Arts J514) 842-2112 ou par le Reseau Admission (514) 790-1245 films tournés par Léo-Ernest Ouimet, il ne subsiste pas grand-chose.Germain Laçasse vous expliquera que les pellicules au nitrate de l’époque, si inflammables, rendaient les bobines suspectes aux compagnies d’assurances et au service des incendies de la ville.De fait, les œuvres partaient parfois en flammes en combustion spontanée.«Il est possible qu’il ait détruit lui-même certains de ses films avant son départ pour les États-Unis en 1922», précise Germain Laçasse.De rares fragments Mes espérances en 1908, le seul film entier du pionnier conservé à ce jour, ancêtre des vidéos maison, sera présenté lors de cette soirée-hommage.On y voit les enfants du cinéaste jouer avec le gramophone et l’activer, danser, sauter.Puis la petite famille est captée au jardin avec maman à la couture, petit garçon à la lectine du Canard, un journal satirique, petite fille à la poupée de chiffon, etc.Durée de Mes espérances en Ides'.trois minutes.Des fragments des bandes d’actualité de Ouimet subsistent également, comme La Chute du Pont de Québec (1907), Le Congrès eucharistique de Montréal (1910), L’Incendie de Trois-Rivières (1908), qui font partie du programme.S’y ajoutent des films que Ouimet, avec son chapeau d’exploitant de salles, montrait dans son cinéma après être allé se ravitailler à Paris et à New York.Tels L’Assassinat du duc de Guise par André Calmettes (1908) et la comédie Max a un duel de Max Linder (1911).Des extraits du documentaire d’André Gladu La Conquête du grand écran montreront Léo-Ernest Ouimet en train de saluer à la ronde.Si Mes espérances en 1908 met en scène les enfants de Ouimet, Léon Bélanger, son neveu, a filmé en 1948 ses propres enfants jouant avec Ouimet alors âgé de 70 ans, présenté aussi à la Cinémathèque.La boucle est bouclée.•Pour les photos du Ouimetoscope, on s’est concentrés sur l’époque de l’ouverture avant 1910», précise Germain Laçasse.Le cinéma a connu bien des avatars, changement de nom, transformation complète avant sa fermeture au cours des années 1990.L'historien du cinéma, boni-menteur pour la soirée, précise que des inédits seront au programme.non pas en matière de films, mais de musique.«Ouimet a également produit des partitions de musique en feuilles avec illustrations que les gens jouaient chez eux», issues de la collection du Ouimetoscope.Les spectateurs pourront entendre et regarder à travers les images fixes, entre autres.La Complainte du Pont de Quebec de Raoul Collet ainsi que La Polka du Ouimetoscope et Le Ouimetchiche de Miro.Claire Lafreniére va les chanter accompagnée par Réal Léveillée.Autre activité de la soirée-hommage: un programme-souvenir d'époque préparé par l'historien Jacques Clairoux sera offert aux spectateurs.Louis Bélanger, petit-neveu du pionnier, distribuera les authentiques bonbons Bélanger que les spectateurs de 1906 achetaient pour contourner l'interdiction des spectacles payants le dimanche.La Cinémathèque prévient que ce spectacle, qui n'est présente qu'une fois tous les cent ans.est un must.Le Devoir 4 c 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A V < Il E S .1 A X VIER 20 0 (j -••Livres'»- Circumnavigation littéraire Suzanne Giguère -1 S i on devait ne donner qu’une raison pour lire Un jardin de papier, du romancier al-bertain Thomas Wharton, on pourrait simplement dire: parce que ce roman rend heureux.Paru en 2001 sous le titre Salamander, Un jardin de Papier évolue entre le rêve et l’imaginaire, bouillonne d’histoires et de mots, pose des énigmes, nous égare dans une multitude d’univers parallèles et d’effets de miroir.Peu importe où il nous mène, ce roman-dédale enchante, fait la part belle à la littérature, au pouvoir de la lecture et de l’imagination.Véritable circumnavigation littéraire qui absorbe les rêveries d’un incroyable fabuliste, le roman mêle récit d’aventures et réalité historique, géographique et philosophique.Dans ce roman-labyrinthe, l’auteur reprend l’idée (utilisée à plusieurs reprises par Borges) selon laquelle l’ensemble de la littérature forme un seul continuum, une vaste trame, sans commencement ni fin, inépuisable.«Un livre de fiction qui serait le monde entier où toutes les histoires seraient racontées», comme le suggère l’écrivain Alberto Man-guel dans la préface du roman.Imagination foisonnante «Un bout de papier en feu surgit sous la pluie.Un tapis volant en flammes s’abîme en sifflant sur les pavés mouillés de la rue.» Nous sommes en 1759.La ville de Québec fait encore partie de la Nouvelle-France, mais la bataille des plaines d’Abraham se prépare.Le colonel Bougainville (sous le commandement de Montcalm) pénètre dans une librairie qui vient d’être bombardée par les Anglais.Au milieu des ruines et des livres de braise, il aperçoit une jeune femme.Elle s’appelle Rca.Elle a fait le tour du monde.Elle commence à lui raconter l’étonnante histoi- re qui Ta menée avec son pèrè jusque dans l’Orient fabuleux du XVHF siècle.Le roman se scinde en cinq chapitres — La cage aux miroirs, Le violon brisé, Le puits de légendes.Un jardin de papier.Le palais des merveilles — dans un enchevêtrement de fragments réels et irréels, de rêves, de contes et de légendes.En 1717, les bruits de bottes résonnent dans toute l’Europe.Le comte d’Ostrov a perdu son fils unique durant le siège de Belgrade.Il s’isole dans son château aux murs coulissants et aux planchers mobiles animés par un mécanisme dont les chuintements et les cliquettements tonnent une étrange musique.Le comte, un excentrique passionné de cryptogrammes, de bizarreries mathématiques, de devinettes et de paradoxes philosophiques, rêve d’un livre infini sans commencement ni fin.11 fait venir de Londres un imprimeur, artisan exceptionnel, Nicolas Flood, et lui demande de créer ce livre parfait qui contiendrait les liistoires de tous les livres du monde entier.Absorbé tout entier dans la quête de ce livre absolu.Flood entreprend un périple avec sa fille Rca qui le conduit de Venise à Alexandrie, à Guangzhou (Canton), à Ceylan, au Cap, à Madagascar et à Londres.Sur leur route ils croisent des personnages tout droit sortis d’un cirque ou des Mille et une nuits: Djinn, le Chinois Ethiopien mélancolique, joueur de luth, âgé de trois cents ans, qui se laque le corps pour ne pas vieillir, Ludwig, l’automate en porcelaine aux jointures de bronze, Amphitrite, la célèbre pirate et sa bande d’aventurières, Kirshner, le forgeron vénitien qui crée des automates, et l’abbé de Saint-Foix, qui parcourt le monde en tant qu’interprète des livres anciens.Les histoires de tous ces personnages s’emboîtent les unes dans les autres.Rood les imprime sur les feuilles qu’il découpe soigneusement dans le rouleau de papier fin acheté en Chine.11 choisit comme emblème du livre infini la salamandre, symbole rassurant pour les artisans du livre, l’animal mythique vivant dans le feu sans se consumer.D’autres histoires sourdent du livre, des contes et des légendes qui illustrent la richesse foisonnante de l’imagination du romancier.Comme Im legende de SesJud Avant que ne soit incendiée la bibliothèque d’Alexandrie — «cette fimtaine de sagesse païenne» — par les moines chrétiens, un vieux bibliothécaire équipa les copistes d’épines d’oursins et d’encre à base dhuile d’acacia et ordonna qu’on inscrive le texte de chaque livre sur la peau d’un homme, les hommes-livres furent exécutés par leurs ennemis.Seule une femme, une esclave abyssine, échappa aux massacres.Elle erra pendant des années dans l’empire des conquérants chrétiens, gardant caché le dernier livre de la célèbre bibliothèque.Au fil du temps, mi petit groupe de lecteurs fidèles à qui elle avait révélé son secret s’assembla autour d’elle.On raconte que le livre tatoué siu' sa peau portait sur l’art de ne jamais mourir.Vieillissante, elle prit soin de faire copier ses tatouages sur l’une de ses jeunes disciples.1res histoires fantastiques de Thomas Wharton sont présentées comme véridiques.Ne vous étonnez i>as si vous vous y rencontrez.Grâce à une imagination en permanente expansion et à un art subtil et allusif, le romancier plonge le lecteur d;uis un état second où la réalité prend un relief étrange et dépaysant.Voici l’histoire du lecteur jardinier.I In jour, en ratissant, il remarque le cordon rouge d'un marque-page qui depasre entre deux dalles de pierre à moitié cachées par un mimosa 11 les soulève et parvient à arracher le livre des épaisses racines.11 cache le livre' à la couverture de bois, aux pages alourdies d'humidité et à l’odeur âcre dans un repli de sa tunique.Il se retire dans son atelier, ouvre le livre, tourne les pages.la résine de pin lui colle aux doigts.Quand il se met à lire, chaque page jaunit lentement, se fane, se détache et tombe sur le sol carrelé.Le jardinier ramasse les feuilles en hâte et court les enterrer secrètement à l'endroit où il a vu le livre la première fois.«Je suis persuadé qu'au printemps prochain le livre sera la première promesse de vert à émerger du blanc sommeil de l’hiver.» Pendant les pluies, il sort pour inspecter les pousses tendres et observer les escargots qui se traînent sur leurs nervures délicates, persuadé qu'il pourra bientôt relire un livre à la fois feunilier et entièrement nouveau.Un pur plaisir de lecture des livres se mettent à exister lorsque quelqu 'un les rêve», affirme un des personnages du roman.Fable gigogne à propos des rêves qui inspirent les écrivains.Un jardin de papier fait aussi rêver le lecteur qui vient y ajouter sa propre histoire, ouvrant un champ de lectures infini.L’écrivain fabuliste resume en une phrase la nécessaire complicité du lecteur «Le travail n'est pas fini tant qu’un lecteur n'a pas le livre entre les mains.» U' temps, les choses de ce monde et leur persistance muette, le goût de la connaissance qui «vous laisse toujours sur votre soif», la recherche du bonheur qui durerait toute une éternité, d’autres chemins s’offrent encore au lecteur plus porte sur la philosophie.Relevant du fantastique moderne, de l’insolite, de l’érudition, Un jardin de papier peut paraître a priori un exercice brillant et byzantin destiné à une élite littéraire.Tout est là: le jeu avec le récit en zigzag qui enchevêtre des aventures parallèles ou successives, la dislocation de l’intrigue et du temps, l'écriture qui procède par bonds, s'interrompt par des digressions, se désaxe, les personnages qui surgissent et repartent sans cesse.Et pourtant, l’intérêt du lecteur est constamment maintenu par la progression du récit apparemment anarchique mais en réalité très structure.Ire ton naturel qu'adopte le romancier.proche de la conversation familière, suscite un pur plaisir de lecture.Finalement, on ne souhaite qu’une chose au lecteur: qu'il trouve le temps de faire ce voyage imaginaire dans le sillage des romans d’aventures de Laurence Sterne et de H.L Stevenson, en le savourant lentement.Collaboratrice du Devoir UN JARDIN DE PAPIER Thomas Wharton (Canada) Traduit de l'anglais par Sophie Voillot Alto Montréal, 2005,428 pages Dans le sillage des romans d’aventures de Laurence Sterne et de R.L Stevenson, un roman qui rend heureux PHILOSOPHIE La postérité de Michel Foucault Deux ouvrages récents témoignent de l’actualité de l'œuvre du philosophe GEORGES LEROUX Vingt ans après sa mort, la pensée de Michel Foucault continue d’exercer une réelle influence.Alors que la publication de son enseignement montre surtout la richesse de ses analyses philosophiques et historiques, des colloques tenus récemment au Québec permettent de mesurer la fécondité de son travail en sciences humaines.La publication d’actes est toujours une entreprise risquée, mais dans deux livres récents on trouvera un ensemble de contributions ouvertes et accessibles qui Lent la preuve que la lecture de Foucault peut être réellement productive pour la compréhension de la société contemporaine.Le premier de ces ouvrages a été préparé par Alain Beaulieu, et il paraît dans une collection, «Mercure du Nord», qui ne manque pas d’audace dans la promotion de la pensée politique.Consacré à la question du contrôle social, ce recueil prend sa source dans le projet de confronter l’approche de Foucault avec des pratiques concrètes.Sensible aux engagements sociaux et politiques du philosophe, le responsable de ce livre a invité à la fois des théoriciens et des praticiens à discuter les modèles du pouvoir et du contrôle qui sous-tendent la réflexion de Foucault.Autant les pratiques de la psychiatrie que les modèles judiciaires sont passés au crible.Une lecture croisée de Foucault, Agamben et Negri intéressera tous ceux qui réfléchissent sur le biopolitique aujourd'hui (P.Di Vittorio).De même, des prolongements dans le domaine de l’institution de la recherche (F.Piron) et une passionnante table ronde sur Foucault et la théorie critique.Rien de lourd et d’académique ici, tout est vivant dans ce livre qui touche les grands enjeux percutés par l’œuvre de Foucault.Ire second recueil fascine, tant il semble émerger d'une entreprise paradoxale: comment Foucault aurait-il jugé un effort provenant du monde des organisations et de la gestion?Les responsables de ce collectif sont conscients de la difficulté de retourner le questionnement sur la gouvernementalité en théorie des organisations, mais tel n’est pas vraiment leur propos: soucieux d'abord d'évaluer une approche très représentée dans la reflexion des sciences humaines, les auteurs proposent surtout des explorations critiques dans plusieurs domaines.Le cas de la discipline d'atelier ou celui des conventions collectives illustrent bien l'ouverture de ce livre à des questions concretes sur le terrain de la gestion.De riches bilans critiques seront utiles à tous ceux, et ils sont nombreux, qui veulent sortir des paramétrés un peu étroits des business schools.On peut penser autrement c’est la démonstration que fait ce livre unique en son genre.Je le conseille- ARCHIVES LE DEVOIR Michel Foucault rais à tous ceux qui désespèrent de Futilité des sciences humaines: ses analyses montrent que la pensée critique est sortie de l’académie des philosophes et qu'elle a migré vers des domaines qu'on ne pouvait pas prévoir il y a à peine dix ans.Collaborateur du Devoir MICHEL FOUCAULT ET LE CONTRÔLE SOCIAL Alain Beaulieu, sous la direction de Presses de l’Université Ireval, «Mercure du Nord» Québec, 2005,292 pages GOUVERNEMENT, ORGANISATION ET GESTION: L’HÉRITAGE DE MICHEL FOUCAULT Armand Hatchuel, Éric Pezet Ken Starkey et Olivier Lenay, sous la direction de PUR «Sciences de l'administration» Québec, 2005,467 pages ' jtkv Qt N.7 Susie Napper & Mar 2005 20 2006 oix krmnej anmve Susie Napper & Margaret Little, violes de gambe CONCERT BÉNÉFICE mercredi I I janvier 2006,206 the cLiiitive vtob Les Sept Lachrimae de John Dowland Une soirée intime agrémentée de poèmes de Robert Burton (contemporain de Dowland) tirés de «The Anatomy of Melancholy », lus par Sean McCutcheon et François Filiatrault.Suivi d’une réception en compagnie des musiciens Sylvain Bergeron, luth, et le Consort de Violes des Voix humaines (Margaret Little, Susie Napper; Mélisande Corriveau, Elin Sôderstrôm et Jivko Georgiev) Billets : 120$ Reçu de charité pour :00$ En prime, recevez le plus récent CD des Voix humaines, Les Délices de la Solitude de Michel Corrette Crypte de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours (60 places) 400, rue Saint-Paul est, Montréal RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS 5 I 4-223-1 I 86 "Québec S S ‘'ISS ïtiT* ^ U.DEVOIR www.lesvoixhumaines.org musicaction >s PRÉSENTENT DES SAMEDIS EN COMPAGNIE DES PLUS AUDACIEUX VIRTUOSES DE LA RELÈVE la musique sur un plateau TRIO MUCZYNSKI airat ICHM0URAT0V, clarinette LUO DI, violoncelle EVGENIA KIRJNER, piano DES DIMANCHES EN MUSIQUE LA MUSIQUE, C’EST DE FAMILLE! 22 JANVIER 11H ¦ 13 H 30 LA PASSION iM % iffr DE MAX BRUNO ROV ET MARIO ROY, percussions -'~sT CONFÉRENCES SUR LES CASTRATS AVEC FRANCOIS FILIATRAULT HISTOIRE SOCIALE ET MUSICALE 5 FÉVRIER 14 H FARINELLI, LE PLUS GRAND DE TOUS UNE SALLE DE CONCERTS A DÉCOUVRIR • RÉSERVEZ VOS PLACES! MAISON OtS JMC 305, /W.DU MONT-ROYAL EST.MONTRAI (QUÉBEC) H2T 1P8 TÉLÉPHONE : 514 845 4108.poste 221 info@|i>une‘,3es(nusiratesçom www jeunessesmusicales corn M Mi KM Arrière-scène Dans les coulisses des métiers de la musique Cette semaine : la musique publicitaire Dimanche 18 h r t«j > LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DI M A N CUE 8 J A X V I E R 2 O O B E 8 «-Livres •» Dis-moi ce que tu manges.ESSAIS QUÉBÉCOIS Marcel Trudel: entre science et polémique SÉBASTIEN BARANGÉ Il y a ceux qui vont au bout du monde pour exercer leur profession d’anthropologue, il y en a d'autres qui ne font que pousser la porte du voisin, ou plutôt regarder par le trou de la serrure.Le sociologue Jean-Claude Kaufmann fait partie de cette dernière catégorie.Depuis plus de vingt ans, il traque la vie quotidienne de ses contemporains, sur la piste des vêtements pour analyser le couple dans La Trame conjugale, du coup de foudre et de l’amour dans Premier matin, et aujourd’hui de la cuisine dans Casseroles, amour et crises.Bien entendu, parler cuisine est tendance.Ici comme en Fran-t ce, les émissions de cuisine se ! multiplient à la télévision.Les livres de cuisine envahissent les ! librairies et font souvent partie des meilleures ventes.3 Personne ne peut vraiment y ! échapper: on aime parler de la cuisine et des petits plats qu’on ! confectionne.Mais derrière tout cela, il y a des habitudes et des i pratiques qui en disent long sur qui nous sommes vraiment.Jean-Claude Kaufmann pousse j la porte de la cuisine et le fait j avec le regard, non professoral, jdu sociologue sympathique et ; intelligent.Il pensait bien décou-?vrir un monde riche et com-j plexe, mais, rieur, il avoue qu’il j s’attendait «à de moins grandes ¦ différences, des univers multiples, \ une diversité inouïe».\ Casse-tête dans l’assiette Dans les épiceries, on ne sait I plus quoi penser.OCM, vache fol-, le, gras trans.Manger devient un i véritable casse-tête.'Aujourd’hui, on vit de plus en plus dans un monde de complexité et chaque informa-; tion dans les journaux est la base d’un nouveau questionnement ' contradictoire», analyse Kaufmann, avant d’ajouter: «Le livre a d’ailleurs failli s’appeler “Casseroles, amour et prise de tête’’».Gastronomie, cuisine santé, cuisine rapide, cuisine passion, il ’ y a sans cesse des choix à faire et des contradictions de plus en plus aiguës.Le sociologue donne l’exemple des Français qui tentent de tout concilier, «réflexions diététiques par rapport à la santé et l’envie de plaisir», quitte à arranger un peu la vérité.D;ms son enquête, Kaufmann nous fait découvrir Prune, une jeune femme qui ne cède pas aux aliments allégés et trouve son salut dans «le naturel».Son exemple?Les saucisses.C’est naturel puisque ça vient de chez le boucher.Elles sont donc bonnes à tout point de vue, selon elle.Mais le sociologue nous explique que le commerçant n’a du boucher que le costume, puisqu’il travaille dans un supermarché.«Les Français traficotent leurs arguments pour faire en sorte, que ce qui est bon du point de vue diététique devienne bon du point de vue du plaisir», alors que les Allemands, autre exemple, «vont avoir à un moment le réflexe santé et à d’autres moments vont choisir une bonne bière et des saucisses».Pour vivre avec ce tiraillement quasi quotidien, Kaufmann remarque que «les gens s'en sortent Par la pensée magique.C'est l'exemple du pamplemousse: parce qu’un jour on dit que c’est bon.alors je mange du pamplemousse, donc je suis du bon côté; il y a l’idée défaire un classement autour du bien et du mal».Le rituel de la table C'est ce qu'il y a dans l’assiette, mais aussi la façon de manger qui a complètement changé.«lions toutes les .familles aujourd’hui on voit une inventivité incroyable pour créer de nouveaux rituels», confie encore surpris Jean-Claude Kaufmann.Il n’y a pas si longtemps, on appartenait au camp de la cuisine traditionnelle, celle de nos campagnes, ou à celui de la cuisine bourgeoise, plus élaborée.«.Aujourd’hui, il n’y a meme plus de modèle, il v a une offre énorme avec un vrai plaisir de la découverte, de la difference, de picorer dans l’exotisme», fait remarquer l’auteur.Ix-s jeunes qui s'installent font par exemple une cuisine très simple: «une base, le filet de poulet, et des epices magiques.Alors là.c’est tout un univers qui s’ouvre: ce soir chinois, demain mexicain Hop! un petit coup d’épices!».; Kaufmann revisite aussi toutes les étapes de la rie familiale et les pratiques alimentaires qui y sont associées, «Les repas marquent les passages», dit-il.On se rencontre, on s’invite, la table devient alors complice de la séduction en marche, puis «une vie conjugale légère s'installe».L’arrivée de bébé va ensuite tout régulariser.«Les horaires vont être plus stables.On ta se mettre à des tables plus classiques.» Les enfants amènent même certains paradoxes: «.‘tree be be.alors qu on a plein de choses à faire, on s’engage très, très fort à faire les purées fraîches.» La table suit donc des étapes très codées.Arrive aussi un moment où la conversation s’étiole à table, le couple a alors besoin de ce que Jean-Claude Kaufmann appelle «les petits “repas-plus’’», qui font qu’on peut revivre.Le petit apéro magique D: petit apéro — on dirait ici le 5 à 7 —, «c’est l’idée d'être entraîné, de lâcher les amarres du monde ordinaire et de décoller, d’oublier son individualité pour être avec l'autre».Sans trop de préparation nécessaire, sans formalité, le petit apéro décrit par Kaufmann semble devenu une bulle pour s’évader tout en gardant la fonction conviviale et même le plaisir gustatif de la table.«Autrefois, c’était juste la boisson, dans les milieux populaires; maintenant, il y a de plus en plus de la nourriture autour, des tapas, presque un repas», raconte l’auteur, qui ajoute que «cet usage de l’alcool est un héritage des premières sociétés où, autour de l’autel, il était un instrument divin qui permettait l'extase, l’envol, la communion avec les dieux».Comme le dit en riant Kaufmann, qui replace toujours ses études dans le contexte de l’évolution historique, «on n’efface pas cette histoire aussi vite qu’on le croit».Jean-Claude Kaufmann met donc en lumière ces invisibles: l’histoire et les croyances anciennes qui nous pétrissent, les tiraillements et les impératifs contemporains.On découvre un peu de nous-mêmes dans tous les personnages de cette étude et dans les pratiques de chacun.Et quand la prochaine fois on dira «à table!», on saura alors mieux comment tout ce théâtre s’anime.Collaborateur du Devoir CASSEROLES, AMOUR ET CRISES Jean-Claude Kaufmann Armand Colin Paris, 2(X)5,342 pages Louis Cornellier œuvre de l’historien Marcel Trudel est monumentale.Pionnier québécois de ï«histoire scientifique, méthodique et rigoureuse, qui s’oppose à {’“histoire-éloquence”, à l’“histoire-sentiment” et à la “belle histoire”», comme le souligne à juste titre le doctorant Mathieu d’Avignon, Trudel a renouvelé notre connaissance de la Nouvelle-France en la revisitant avec une passion scientifique peu commune.A rebours de ses prédécesseurs qui nous redonnaient notre passé pour attiser notre fierté nationale, celui qui avoue être entré en histoire comme on entre en religion a choisi de procéder à un «travail de réévaluation» des héros de la Nouvelle-France dans un souci de vérité historique.Aujourd’hui octogénaire et plus ou moins retraité, Trudel continue néanmoins d’intervenir occasionnellement dans les débats historiques pour rappeler, entre autres, que le Régime français ne fut pas le paradis que certains nationalistes s’entêtent à dépeindre.Toujours vive, audacieuse et volontairement polémique même si elle prétend se réclamer de la science, sa voix fait encore plaisir à entendre parce qu'elle est celle d’un vieux sage qui n'a rien perdu de l’énergie intellectuelle de sa jeunesse.C’est elle que l’on retrouve avec joie dans Connaître pour le plaisir de connaître, un «entretien avec l’historien Marcel Trudel sur la science historique et le métier d’historien au Québec» mené par Mathieu d’Avignon en 2000 et 2003.Extrêmement stimulant et centré sur l'essentiel, cet opuscu- le déborde de vie, de passion, d’intelligence et nous fait redécouvrir un érudit animé par le goût du partage.Dès l’ouverture, quand Trudel parle de la différence entre notre conception du temps et celle des habitants de la Nouvelle-France, on sait déjà que le parcours sera fascinant.A l’époque du Régime français, explique l’historien, «le temps ne compte pas».Pour celui, par exemple, qui décide de faire le voyage outre-Atlantique, c’est en semaines et en mois que l’attente et les retards se comptent.Quand Frontenac veut faire réparer le toit du Château Saint-Louis à Québec qui coule, il doit écrire en France pour demander des tuiles.La réponse ne vient qu’au printemps suivant et lui demande des informations supplémentaires.Nouvelle lettre, donc, et réponse au printemps qui suit, pendant que le toit coule toujours.Lié jour de l’arrivée du bateau devant contenir les fameuses tuiles, on se rend au quai pour découvrir quelles ont été oubliées sur le quai de La Rochelle! «C’est du roman quasiment, conclut Trudel, mais c’est vrai, c’est comme ça que ça s’est passé!» Une anecdote révélatrice de l’évolution de notre rapport au temps.Imaginez, en effet, une histoire comme celle-là aujourd’hui! Mathieu d’Avignon s’inspire ensuite des étudiants d’aujourd’hui, qu’il semble bien cohnaitre, pour demander à Trudel: «Qu ’est-ce que ça donne l’histoire?» De la culture, répond d’abord le maître, le plaisir de connaître pour connaître.Se doutant probablement du caractère insuffisant d’une telle affirmation en une époque où domine le culte de l'utile, Trudel s’empresse d’ajouter que l’histoire est qussi un instrument de lucidité.A l’égard du passé, d'abord, qu'il s'agit de considérer avec réalisme.Non, les Canadiens français n'ont pas été que valeureux et généreux et, oui, ils ont participé à des mas- sacres d’Amérindiens et se sont adonnés à l’esclavage.«Deman-dez-moi si je veux vivre en Nouvelle-France, dit Trudel, et je réponds: “Pas une minute! Il n’y a pas d’imprimerie, pas de bibliothèques, pas de presses, ni liberté d’expression.Bon! Non!”» Lucidité à l'égard du présent, ensuite, suggère-t-il dans un de ces passages provocateurs dont il a le secret: «Comment se fait-il que la première réaction des Canadiens français, c’est d’abord d’être contre?C’est qu’on a toujours vécu contre quelqu'un ou contre quelque chose: les Anglais, le protestantisme, les Amérindiens, les étrangers, parce qu’un étranger, on ne sait pas d’où il vient, ce qu’il apporte, ce qu'il vient faire.» Cette réaction de défense, Trudel la retrouve même dans l’attitude du Québec vis-à-vis du fédéral, et cela semble le désoler.On pourrait, pourtant, à lui qui les aime tant, lui donner plein de raisons objectives qui justifient cette attitude.On sera d’accord avec lui, toutefois, pour se réjouir du fait que l’histoire, enfin, «nous amène à nous occuper des Amérindiens», même si c’est encore trop peu.Rigueur Opposé à l’utilisation politique de l’histoire à la manière de Groulx et de Brunet, Trudel déclare que «le métier d’historien réside dans la reconstitution du passé.Je pense que c’est le rôle de l’historien d’essayer de faire revivre le passé d’une façon aussi rigoureusement exacte que possible».C’est au nom de cette rigueur, qui remplace le prophète par l’érudit, que Trudel malmène la mémoire des Cartier, Talon, Champlain et Madeleine de Verchères.Scientifiques, ces réévaluations développées plus à fond dans Mythes et réalités dans l’histoire du Québec?Elles s’appuient, en tout cas, sur des documents originaux que l’historien iconoclaste — et c’est par là qu’il fascine vraiment — interprète à sa guise, mettant ainsi la science au service de la polémique et vice versa.Compte tenu de l'âge avancé de Trudel, on pourrait le croire devenu, comme plusieurs de ses semblables, enclin à une certaine nostalgie.Nous chantera-t-il, à l’instar de plusieurs Québécois instruits et vieillissants, la grandeur du collège classique?Déplorera-t-il la dégradation actuelle du savoir historique?Là encore, Trudel surprend en dénonçant le piètre enseignement de l’histoire dispensé dans les collèges classiques.Ces professeurs, rappelle-t-il, «n’avaient aucune formation en histoire» et imposaient des pensums sur l'Egypte «alors qu’il aurait fallu commencer par l’histoire immédiate, celle qu’on vivait, celle des parents, des grands-parents, des traditions qui se répandaient dans les familles.Enfin, commencer par l’histoire vivante et remonter, c’est ce qu’on aurait dû faire.Actuellement, d’après ce que je comprends, c’est ce qu’on pratique dans les écoles.» Et vlan dans les dents des conservateurs frustrés qui confondent la nécessité de donner du sens aux savoirs avec la complaisance dans le vécu! Trudel affirme même que la population du Québec «connaît beaucoup plus son histoire qu’avant».Pour avoir donné la parole à un remarquable historien qui n’est avare ni de son érudition ni de ses saines provocations, Mathieu d’Avignon doit être remercié.louiscornellier@parroinfo.net CONNAÎTRE POUR LE PLAISIR DE CONNAÎTRE Entretien avec l’historien Marcel Trfdel SUR IA SCIENCE HISTORIQUE ET LE MÉTIER D’HISTORIEN au Québec Mathieu d'Avignon Presses de FUniversite Inval Saint-Nicolas, 2005,80 pages (ffijadje (yyi//e ~ UI$ane Œuvres pour piano solo de Wolfgang Amadeus Mozart à l'occasion de son 250ème anniversaire Pierre Jasmin PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT 5)
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