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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2006-01-25, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LE MERCREDI 25 JANVIER 2 0 0 6 ACTUALITES Gagnez Vienne et Salzbourg ri mi fti h Mozart 210 Visitez www.cjpx.ca Réforme de la loi électorale au Québec Les Inuits veulent leur propre circonscription NORMAN DELISLE Québec — Les Inuits du Nord québécois veulent avoir leur propre circonscription électorale à l’Assemblée nationale, pour y élire un député de leur choix.«Nous attendons une réponse favorable du Québec, en retour des efforts des Inuits pour jouer un rôle de plus en plus grand dans la vie politique québécoise», ont expliqué hier, devant la commission spéciale sur la réforme électorale, deux représentants inuits, Maggie Etnudluk, présidente du gouvernement régional Kativik, et Pita Aatami, président de la Corporation Makivik.Il n’y a que 11 000 habitants au Nunavik.La création d’une circonscription électorale exige habituellement la présence d’environ 50 000 électeurs.Mais les leaders inuits ont plaidé qu’il existe une exception qu’on pourrait imiter: celle des îles de la Madeleine, qui constituent un comté même s’il n’y a que 14 000 électeurs.Actuellement, le Nunavik est incorporé dans la circonscription d’Ungava, où le vote des Inuits est mêlé à celui des électeurs de Chi-bougamau, de Chapais, de Lebel-sur-QuéviUon et de Matagami, ainsi qu’à celui des Cris de la Baie-James.«La nation inuite est différente des populations qui vivent dans la partie sud du comté d’Ungava.Les gens du Nunavik ne sont pas informés des thèmes électoraux débattus dans le sud.Une forte proportion d’entre eux sont unilingues et ne parlent que l’inuktitut.C’est pourquoi le taux de participation des Inuits aux élections est si bas», mentionne le mémoire fourni par les représentants des Inuits.Pour appuyer leur demande, Mme Emudluk et M.Aatami ont fait valoir que la situation vécue au Nunavik est carrément différente de celle du reste du Québec.Les 11 000 Inuits vivent sur un territoire de 81 000 kilomètres carrés: ils sont répartis dans 14 villages éparpillés le long des côtes de la baie d'Hudson et de la baie d’Ungava, et vivent principalement de chasse et de pèche.Leur démographie est à l’opposé de celle du Québec puisqu'il y a très peu de personnes âgées et que 60 % de la population a moins de 25 ans.Ils jouissent d’un régime juridique spécial, qui leur est reconnu par la Convention du Nord québécois.Ils sont moins bien équipés en services que le reste du Québec, que ce soit en facilités de transport ou en approvisionnement d’eau potable.De plus, le coût de la vie est incomparable: la nourriture, qui arrive en totalité du Sud par transport aérien, coûte le double, et le prix moyen d’une résidence de 1500 pieds carrés est de 375 000 $.«Nous demandons en conséquence à la commission sur la réforme électorale de contourner les exigences numériques prévues dans la loi, et de créer une circonscription électorale pour le Nunavik», ont réclamé Pita Aatami et Maggie Emudluk pour le peuple inuit.La requête des Inuits a obtenu l’appui du député péquiste d’Ungava, Michel Létourneau, dont la circonscription inclut actuellement le Nunavik.«j’appuie ce projet légitime de scinder l’actuelle circonscription d'Ungava pour que le Nunavik et la Baie-James soient représentés directement à l'Assemblée nationale», a déclaré le député létourneau.De plus, ce dernier a témoigné des distances incroyables à parcourir, de l’éloignement des communautés et de la spécificité de cette région, qui couvre 55 % du territoire du Québec.Presse canadienne 8,4 millions pour policer automobilistes, cyclistes et piétons BRIAN MYLES Le Service de police de Montréal (SPVM) a obtenu un budget accru en 2006 afin de ramener un f>eu de civisme — et de lenteur — dans les rues de la métropole.A compter de lundi prochain, des policiers dédiés à temps plein à la sécurité routière seront de retour à Montréal, après une absence de huit ans.Le SPVM embauchera à terme 133 patrouilleurs, ce qui occasionne une dépense inédite de 8,4 millions de dollars sur un budget total de 486 millions.Le directeur du SPVM, Yvan Delorme, a présenté hier ce budget et ses priorités d'action à la Commission de la sécurité publique.Comme il en avait fait part en décembre dernier, M.Delorme accorde à la sécurité routière une place de premier choix en 2006.Piétons, cyclistes et automobilistes peuvent s'attendre à être ciblés en cas de conduite délinquante dès lundi.Le SPVM entend diminuer les accidents avec morts et blessés, lesquels ont connu une progression marquée de 2001 à 2004.La sécurité routière, laissée à l’abandon lors de la création de la police de quartier, a été identifiée comme une priorité par 94 % des Montréalais dans un récent sondage mené par le SPVM.La police poursuit par ailleurs sa lutte contre les gangs de rue.Elle intensifie ses efforts de prévention afin de contrer les campagnes de recrutement par les gangs, qui s'entourent de membres de plus en plus jeunes.Le SPVM renouvelle aussi sa participation dans l’unité sans frontières, regroupant des policiers de Laval, de Longueuil, ainsi que des agents de la SQ et de la GRC, dans l’espoir de freiner les activités criminelles des gangs de rue.Le budget de 486 millions de dollars décortiqué hier par M.Delorme est en hausse de 3,9 % par rapport à l'année précédente.Près de neuf dollars sur dix servent à payer les 4330 policiers (permanents et contractuels) et les 1097 employés civils du service.A lui seul, le renouvellement de la convention collective des policiers entraîne un débours supplémentaire de 15,3 millions, en hausse de 3,3 %.Le SPVM anticipe cependant des économies de 10,5 millions (-2,2 %) dans la rémunération des heures supplémentaires, notamment en raison d'une meilleure supervision des équipes affectées à la gestion des événements spéciaux (festivals, manifestation).Les revenus du SPVM devraient enfin connaitre une légère progression, pour passer de 27 millions en 2005 à 31,8 millions cette année.Une révision de la facturation pour le service d’urgence 911, de même qu’une modification de la grille de tarification des services aux entreprises et organisateurs d'événements, devraient permettre d’arriver à cette hausse de 1,8 % des revenus.Le Devoir Le cerveau des fumeurs serait-il insensible aux pubs antitabac ?Le neuromarketing lève le voile sur Vimpact réel des messages anti-cigarettes ISABELLE PARE Les photos apocalyptiques de dents noircies et de poumons carbonises qui ornent les paquets de cigarettes laisseraient les fumeurs de glace, affirment des chercheurs.mais provoqueraient des réactions negatives immédiates dans le cerveau des non-fumeurs.Une étude inédite de neuromarketing amorcée à l'Université de Montréal révèle en effet que les publicités antitabac reproduites depuis cinq ans sur les paquets de cigarettes ont un impact plus que discutable, surtout sur les mordus de la cigarette.En combinant leur expérience en marketing et en neuropsychologie, deux chercheurs et collègues de l’Université de Montréal ont en effet eu la brillante idée de tester l’effet, sur certaines zones du cerveau, des images que la loi oblige désonnais les fabricants de tabac à imprimer sur leurs produits pour alerter les consommateurs des méfaits du tabagisme.En observant en temps réel, grâce à un appareil d’imagerie à résonance magnétique (IRM), le cerveau de 12 jeunes femmes fumeuses et autant de non-fumeuses confrontées à 15 des 16 images reproduites sur les paquets de tabac, les chercheurs ont pu constater que certaines d'entre elles provoquaient une activation immédiate des zones du cerveau associées au dégoût et à l'aversion.«Les résultats sur les premiers sujets sont spectaculaires.Im région associée à l'aversion, soit la partie dorsolatérale du cortex pré-frontal et le noyau amygdalien, s’activait aussitôt que les sujets examinaient certaines images», a expliqué hier le professeur Maurice Ptito, neuropsychologue à l’Université de Montréal, qui s’est associé pour réaliser cette étude au professeur Jean-Charles Chebat, des HEC Montréal, et à Shoshanna Campbell, étudiante à la maîtrise.Selon ce dernier, ce sont les images d’organes pétrifiés et les dentitions altérées par le tabac qui ont provoqué le plus d’activité LA CIGARETTE CREE UNE TRÈS FORTE UNE TRES FORTE DÉPENDANCE Dt» r* U ¦lot ditticil* 4 «tftof è* U»m*t que d« ruuoucuf à rhétuïu*ou élueucrtM .IACQ0KS NAIH-Al’ I I DKVOIK Les photos et les messages qui apparaissent sur les paquets de cigarettes ont beaucoup d’effet sur les non-fumeurs, mais très peu sur les fumeurs.dans les régions cérébrales associées aux émotions négatives chez les sujets de l'étude.Surprise toutefois, il semble que certaines images-chocs glissent sur la rétine des fumeuses — et même des non-fumeuses —, comme l’eau sur le dos d’un canard.En effet, chez les habitués de la cigarette, même les images rebutantes de poumons et de cerveaux atrophiés ne semblent pas ameuter leur cerveau.Quant aux non-fumeuses, elles affichent peu ou pas de réactions à certaines des images censées les ébranler, notamment celles d'une femme enceinte grillant une cigarette ou d'un homme qui s'étouffe.Chose certaine, les images valent plus que dix mille mots, estiment les chercheurs, puisque le texte seul des message antitabac, notamment «Im cigarette nuit à votre bébé» ou «La cigarette vous coupe le souffle», a eu peu d'incidence sur l'activité cérébrale des sujets soumis au scanner.Après avoir visionné les images, les sujets de l’étude devaient aussi répondre à un questionnaire destiné à sonder leur réaction émotive aux publicités.«Parfois, les gens peuvent altérer leurs réponses ou tenter de minimiser leurs réactions.Mais le cerveau.lui, ne ment jamais!», affirme le profes- seur liito, qui croit que l'analyse plus fine des résultats viendra confirmer ces premières données.Selon ce neuropsychologue, ces experiences démontrent que le gouvernement federal aurait tout intérêt à s'interroger sur l'efficacité des publicités antitabac et leur impact reel sur les habitudes de tabagisme des gens.«Cela nous dit qu'il faudrait changer les images sur lis paquets, qui datent de plusieurs années, lus fumeurs n y reagissent meme plus! Il y a eu habituation du cerveau.Il fiiut tnm-ver dis moyens plus efficaces et amr des pubs accrocheuses pour le cer-veap», soutient ce dernier.A son avis, des pubs peu efficaces ont l'effet d'un coup d'épée dans l’eau.Pour le professeur Ili to, il urge de concentrer les efforts publicitaires sur les jeunes qui n’ont pas encore adopté la cigarette.puisque les tumeurs invétérés semblent imperméables aux messages antitabac.Cette première recherche laisse entrevoir un avenir intéressant pour le neuromarketing, destiné à tester l'impact physiologique de certaines publicités sur le cerveau des consommateurs.Cette notion toute récente de neuromarketing, très contestée, a d'ailleurs été développée en 2(X)4 aux Etats-Unis par des chercheurs ayant démontré scientifiquement p;u l’IMR que le cerveau réagissait positivement à une boisson sucrée quand la dégustation était précédée d’une photo d’une cannette de Coke ou de Pepsi.Sans photo, la dégustation n’entraînait pas de réaction |x>sitive dans les zones céié-brales concernées.«Iss gens se sont beaucoup offusqués du neuromarketing, et avec raison, ear cela est assimilable à la publicité qui manipule notre inconscient.affirme le professeur Ptito.Ici, l'intérêt était d’utiliser le même concept, mais pas pour vendre des produits.Pour tester une publicité sociétale, ce qui est de l'antimarketing.Si le neuromarketing peut aider à cela, ce sera tant mieux!» Les soldats blessés en Afghanistan sont de retour STEPHEN THORNE Ottawa — Les trois soldats canadiens gravement blessés lors d’une attaque suicide le 15 janvier dernier en Afghanistan ont été rapatriés hier à bord d’un avion des Forces armées canadiennes.Des membres de leurs familles ainsi qu’une équipe médicale canadienne ont accompagné les soldats lors de ce vol de neuf heures reliant Ramstein, en Allemagne, à la base d’Edmonton, en Alberta.Le caporal Jeffrey Bailey, qui a été le plus sérieusement blessé dans l’attentat, a pu prendre le vol à la dernière minute, son état étant jugé assez stable pour pouvoir revenir au Canada, selon ce qu’a rapporté au téléphone le major Nick Withers.«Bailey a passé une bonne nuit, a expliqué le major Withers.Ses besoins en oxygène ont diminué et la pression dans son crâne a également baissé.Ce fut un transfert extrêmement complexe depuis l’unité des soins intensifs jusqu'à l'avion, a-t-il ajouté.Ça a pris plus de temps que prévu mais le tout s’est fait de manière sécuritaire.» Jeffrey Bailey, originaire d’Edmonton, et le soldat William Sali-kin, de Grand Forks, en Colombie-Britannique, ont souffert de graves blessures à la tête lors de l’attaque perpétrée près de Kandahar.Le caporal-chef Paul Franklin, originaire d’Halifax, a perdu, pour sa part, une partie de sa jambe gauche.Les trois hommes ont passé la dernière semaine à l’hôpital militaire américain de Imidsthul, en Allemagne.U's funérailles du diplomate canadien ( îlyn Berry, qui a trouvé la mort dans l’attaque de Kandahar, seront célébrées demain à l’église St Martin-in the-Fields de Londres, en Grande-Bretagne, son pays d’origine.Dresse canadienne POUR Nicole RACETTE ELEMENTS DE COMPTABILITÉ POUR FINS DE GESTION 226pages-31 $ GUÉRIN universitaire (514) 842-3481 Pour le* néoonvtes de la comotaDiiité En vente dans loties les itferaines Les prix sont indiqués sous reserve de modifications Lionel MENEY QUÉBÉCOIS- FRANÇAIS 1920 pages-37 î GUÉRIN éditeur liée (514) 842-3481 Pour mieux se comprendre entre irancophones fn terne dans loties les Moraines Les prix sont indiqués sous réserve dé modifications t ¦ a, L’AGENDA l’horaire télé, le suide de m soirées (ratât ta I' Mit é iUKi LE DKVOIH Complément d’enquête Les disparitions mystérieuses Mercredi 19 h 30 » 2394^3 LE DEVOIR, LE .MERCREDI 25 JANVIER 2006 ÉDITORIAL Sur un fil de fer Le Bloc québécois s’est retrouvé une autre fois bon premier au Québec à l’issue de la campagne électorale qui s’est terminée lundi.Malgré cela, l’élection d’une dizaine de députés conservateurs constitue un obstacle imprévu pour les bloquistes et pour l’ensemble du mouvement souverainiste, qui aura à revoir sa stratégie.Bernard Descôteaux epuis la publication, il y a deux ans, du rapport de la vérificatrice générale sur le scandale des commandites, le mouvement souverainiste filait à 100 km/h sur l’autoroute politique, s’approchant de façon presque assurée de la souveraineté, aimaient à croire ses militants.Les résultats de l’élection font apparaître un feu jaune qui le forcera à ralentir à l’approche de courbes plus raides qu’on ne l’estimait Cette élection prive le Bloc d’atouts précieux, en premier lieu le scandale des commandites, qui lui servait de bougie d’allumage.Les libéraux tant honnis ont été sévèrement punis et remplacés par les conservateurs de Stephen Harper, qui cloront ce dossier en faisant adopter une loi sur l’imputabilité.Ce scandale des commandites permettait au Bloc d’occuper d’autant plus facUement le terrain politique que le Parti libéral était perçu par ailleurs comme opposé à l’avancement du Québec.Cela dit, les bloquistes avaient beau jeu de prétendre être les seuls véritables défenseurs des intérêts des Québécois à Ottawa.Or le gouvernement conservateur qui vient d’être élu se veut ouvert à des avancées.On a promis de s’attaquer au déséquilibre fiscal, de revoir le financement de l’enseignement post-secondaire, de respecter les compétences des provinces et de donner au Québec une place à l’Unesco.Avec, au surplus, l’élection de 10 députés conservateurs au Québec, le Bloc aura à faire face à une concurrence qui sera d’autant plus vive que le Parti conservateur fera tout pour y accroître, lors du prochain rendez-vous électoral, son nombre de sièges.Pour espérer former un gouvernement majoritaire la prochaine fois, il lui faudra doubler, sinon tripler le score réalisé lundi.A voir la campagne qu’il a menée au Québec, on peut croire que Stephen Harper fera tout pour y arriver.Le défi de Gilles Duceppe ces prochains mois sera de s'assurer que le recul subi lundi soir ne s’amplifie pas et ne ramène pas le Bloc là où il était en 2000, alors que le premier ministre Jean Chrétien avait obtenu davantage de suffrages que le Bloc, soit 44,2 % contre 39,9 %.Pour cela, il devra démontrer que la présence du Bloc à Ottawa est toujours pertinente.En ce sens, le chef bloquiste s’est réjoui hier d’avoir obtenu la balance du pouvoir face au gouvernement de Stephen Harper, qui, ne pouvant s'allier aux libéraux, devra se tourner vers le Bloc, le seul qui pourra l’aider à faire face aux aléas de son état minoritaire.Si tant est que les circonstances lui permettent d’user de cette situation pour influencer les orientations des conservateurs, M.Duceppe devra manier ce levier avec une infinie prudence pour ne pas devenir, à son corps défendant, le partenaire d’un renouvellement du fédéralisme.11 marchera constamment sur un fil de fer.A priori, Stephen Harper voudra se passer de l’appui du Bloc pour ne pas avoir à pactiser avec îles «séparatistes».Toutefois, les circonstances pourront l’y forcer, par exemple pour faire adopter un budget accordant aux provinces la latitude financière qu’elles réclament.Ce faisant, Gilles Duceppe prétendra contribuer à l’avancement des intérêts du Québec, mais du coup il permettra à son adversaire conservateur de marquer des points au Québec.la stratégie dite des trois périodes que privilégie le mouvement souverainiste en vue d’un prochain référendum prévoyait rien de moins qu’une déferlante bloquiste à cette élection allait préparer le terrain pour une victoire du Parti québécois contre le gouvernement Charest.Cela ne s’est pas produit et, au surplus, Jean Cha-rest a gagné un allié en Stephen Harper, qui fera tout pour qu’il reste au pouvoir.La deuxième période sera plus longue et plus difficile que ne l’estimaient quelques stratèges aux lunettes roses.bdescoteauxU&ledevoir.ca Rétablir l’équilibre tephen Harper a raison: il n’y a pas une, mais deux formes de déséquilibre fiscal au pays.La première oppose Ottawa aux provinces, la seconde, aux contribuables.Selon les prévisions publiées l’automne dernier par le ministre des Finances libéral.Ralph Goodale, Ottawa engrangera des excédents cumulés de l’ordre de 83,4 milliards au cours des cinq prochaines années.Avec un gouvernement libéral, cet argent aurait permis à Ottawa d’accroître sa visibilité dans une foule de domaines et d’imposer des normes et des critères uniformes en matière de programmes sociaux, y compris dans des champs de competence exclusive aux provinces.Avec un gouvernement conservateur, la logique voudrait qu’on mette fin à cette ère surréaliste des excédents milliardaires à répétition.Certains diront qu'une telle situation vaut mieux que ce que nous avons connu à l’époque où l'on croyait impossible de briser le cercle vicieux des hausses d’impôt et des budgets déficitaires.Pourtant ce n’est pas mieux de retirer plus d’argent de la poche des gens qu’un gouvernement en a vraiment besoin.Pour s’en convaincre, on n’a qu'à se rappeler le programme des commandites et le registre des armes à feu.Un gouvernement conservateur doit donc adopter dès cette année un budget équilibre dans lequel les dépenses de programme st' contenteront de croître au rythme de l'inflation et de la population.sans plus.Ce changement majeur dans la gestion des finances publiques doit faire partie des priorités du nouveau gouvernement et de celles des partis d’opposition, surtout le Bloc québé-' cois, qui prône de contenir le pouvoir de dépenser d’Ottawa.Les deux façons les plus simples de parvenir à cette fin dans un contexte fédératif font justement partie du programme conservateur.La première consiste à réduire le fardeau fiscal des Canadiens, nettement trop élevé en regard des besoins d’Ottawa dans ses champs de competence.On se rappellera que l'an dernier Ottawa a laisse grimper ses dépenses de plus de 15 %.C'est vrai que la plus grande partie était constituée de dépenses non récurrentes engagées précisément pour effacer l’excédent budgetaire.mais voilà bien pourquoi il faut mettre un terme à de telles pratiques improvisées.seconde façon est évidemment de regk'r k' problème du deficit fiscal avec les provinces.Que ce soit en bonifiant les paiements de péréquation, en augmentant les transferts en espèces, en cedant des points d'impôt ou une partie de la TPS.fimportant est de trouver une formule qui donnera aux provinces moins riches It's moyens de faire fact' à leurs obligations à l’endroit des citoyens.Stephen Harper veut-il vraiment s'attaquer à ce problème?j~ rmnsfacvtta-Uu ievoir.com Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE La dérive Le Canada a effectué un virage à droite radical.Hélas, le Québec n'échappe pas à cette triste vague, d’une part avec le retour de députés conservateurs, d’autre part avec l’accession d’André Boisclair à la tête du Parti québécois.A Ottawa, libéral ou conservateur, c’est du pareil au même; hélas, au Québec, la situation est désormais similaire alors que le Parti libéral de Jean Charest et le Parti québécois d'André Boisclair nous mènent tous deux vers la dérive néolibérale.Heureusement, le Québec se dotera d’un nouveau parti, vraiment de gauche celui-là, qui offrira un vrai choix aux électeurs.Alexandre Warnet Montréal, le 24 janvier 2006 Le dilemme du Bloc Malgré une victoire sans équivoque et un discours postélectoral énergique, Gilles Duceppe se retrouve dans une situation difficile.Un gouvernement conservateur minoritaire fragile obligera en effet Stephen Harper à modérer ses choix politiques et à réfréner ses députés trop à droite afin d'éviter un renversement rapide par une alliance entre le NPI) et le Parti libéral.Le Canada demeurant au centre, près des «valeurs québécoises», le Bloc ne pourra pas faire mousser son option sur la base d'un hypothétique écart moral.Ia’s conservateurs viseront ensuite, en On-tiuio et au Québec, des gains qui pourront leur permettre de consolider éventuellement leur pouvoir lors de nouvelles élections qui ne sauraient attendre, seule voie possible pour vraiment réaliser leur programme.La meilleure façon d'y arriver est encore de régler le déséquilibre fiscal, retirant im autre atout à Gilles Duceppe et favorisant une appréciation des appuis ontariens.L'Ontario verra peut-être aussi d'un bon oeil s'atténuer la fronde souverainiste au prix dime amélioration de la visibilité internationale québécoise?N’oublions pas le virage de la région de Québec, qui pose des questions au sujet de l'avenir d’une capitale nationale et peut-être de la stabilité fondamentale de l'option souverainiste.Enfin, ce passage obligé du Parti libéral dans l'opposition l'obligera à se refaire une beauté, sinon une santé.Et le depart de Paul Martin l'obligera aussi à accueillir un LETTRES -?- nouveau chef.Ce Michael Ignatieff, par exemple, qui passe un peu vite pour un émule de Pierre Elliott Trudeau, «ignatieffoma-nie» étant plutôt ardu à prononcer.Qui sait où cela pourrait mener?Alain Vadeboncœur Longueuil, le 24 janvier 2006 Le réchauffement du climat semble s’accélérer L’article publié dans Le Devoir du 17 janvier 2006 au sujet des dernières données enregistrées à l’observatoire Mauna Loa, dans le Pacifique, sur l’augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère démontre qu’il faudrait s’intéresser à la délocalisation des entreprises dans les pays qui, afin de faire face à la demande des nouveUes industries, sont dans l'obligation de construire des centrales électriques thermiques.C’est le cas en Inde et en Chine.On y inaugure une nouvelle centrale électrique chaque semaine et, souvent, le charbon est le combustible auquel on a recours.Cette folie de la course au plus grand profit, à très court terme, est en train de nous détruire tous, et ce, avec une très grande certitude.L'homme a-t-il vraiment changé?La réponse est non.11 est plus instruit, mais il est toujours incapable d'analyse globale.Fau-dra-t-il s’en remettre à un puissant ordinateur mondial pour guider les décisions à l’échelle planétaire ou devrons-nous accepter que la fin des temps risque d'arriver plus rapidement que prévu?Les riches auront-ils le temps d'émettre un communiqué indiquant la fortune qu'ils avaient réussi à bâtir avant que le spectacle terrestre ne prenne fin?Il y a un manque de sagesse évident.L'ego des décideurs est tellement puissant que certains hommes pensent tout résoudre par la technologie et le fric.Devrons-nous nous doter d'un gouvernement mondial pour régir le problème de la pollution planétaire ou celui des guerres larvées ici et là?A quel moment la population de chaque pays invitera-t-elle ses dirigeants à s'intéresser aux changements climatiques avec des dossiers concrets?Dans certains cas, agir, cela équivaut à des économies sans perte d'emplois.Si le gouvernement du Canada déménageait ses institutions d’une rive à l'autre de l’Outaouais.il réaliserait des économies substantielles avec un environnement plus sain.Comme simple citoyen, j'ai l’obligation de dire mon mot, mais le résultat ne m’appartient pas! André Mainguy Longueuil, le 17 janvier 2006 Les défenseurs de la langue française M.Druon, à entendre votre langage, on voit bien que vous ne connaissez rien au Québec ni aux Québécois.Votre discours m’apparaît surtout comme un nouvel exemple de l’arrogance des «grosses têtes» franco-françaises.Une langue n'est pas seule ment et avant tout son histoire, elle est son contexte, elle est un mouvement que les peuples charrient et font évoluer chez eux chaque jour.La féminisation de la langue française vous semble ridicule parce que la France n’est pas prête à accueillir un véritable féminisme, tout comme le parler français est en théorie plus «sûr», pour reprendre vos mots, car les Français sont dans l’ensemble plus cyniques et plus autosuffisants que les Québécois.Mais cela, il faut vivre ici et avoir vécu en France pour le savoir.Et de toute façon, de quel français parle-t-on ici?De celui du 16e arrondissement, à Paris, ou de celui des paysans du fin fond de la campagne auvergnate?Vous savez autant que moi qu’on assiste aujourd’hui en France à la cohabitation de deux langues, celle des intellectuels comme vous, M.Druon, la langue que vous appelez «pure», et celle de la rue, des rues de ce pays.Vos réactions sont seulement un nouvel exemple du fossé qui persiste en France entre l’intelligentsia toute-puissante et le commun des Français qui ne peuvent que hausser les épaules et passer leur chemin en se demandant: «C’est quoi, encore, ce mot qu’il vient d'utiliser?J’y comprends rien!» Le français se doit aussi d'être un lien social hors du commun qu'il faut savoir préserver afin de sauvegarder une unité entre francophones.Et vous ne trouverez pas, M.Druon, de meilleurs défenseurs de cette langue ailleurs qu’au Québec.Aude Jimenez Montréal, le 16 janvier 2006 LIBRE 0 IM X l 0 N’ -?- La politicienne et la gauche PHILIPPE BERNIER ARCAND Candidat au MPA à l'École nationale d’administration publique à Montréal Où sont les femmes?», se demandaient sur des airs disco Patrick Ju-vet et la star académicienne Emily Begin, la journaliste Pascale Navarro, dans son artick' intitule «Femmes en politique: une leçon de modestie» (Le Devoir, le 18 janvier 2006).nous répond quelles sont peu présentes sur La scène politique did ou d'ailleurs dans le monde mais que les temps changent.Les derniers mois nous l'on prouve avec réfection d'Angel» Merkel en Allemagne.d’EUen Johnson-Sirieaf au liberia et de Michelle Bachefet au Chili.A l'heure actuelle, il y a aussi le Bangladesh.l lriande.h Lettonie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et le Sri lanka qui sont diriges par des femmes.Aux Etats-Unis, le succès de la télésérie Commander in Chief sur la chaîne .ABC.qui met en vedette Geena Davis dans le rôle de la présidente des États-Unis, permet de rêver qu'une femme pourra bientôt accéder à Li Maison-Blanche.Toutefois, le lien que Pascale Navarro fait 4 avec la gauche et les femmes politiques est loin d'être évident Bien que Michelle Bachefet soit à la tête d'un parti socialiste, c'est l'exception.Angela Merkel en .Allemagne.Kim Campbell au Canada.Tansu Çiller en Turquie et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne étaient toutes femmes et étaient aussi toutes de droite.La gauche croit moins en ses candidates que la droite quand il s'agit du pouvoir suprême même si, en revanche, les femmes sont plus présentés dans les partis de gauche que dans ceux de droite.Pour ce qui est de l'avenir, la tendance semble se maintenir.Les membres du Parti québécois ont préféré .André Boisclair à Pauline Marois pour en faire leur chef.Les commentateurs politiques américains prédisent de phis en phis un destin présidentiel à la républicaine Condofeezza Rfee plutôt qu'à la démocrate Hillary Rodham Clinton.En Europe, outre Ségolène Royal en France, rares sont les femmes politiques de gauche qu'on désigné comme présidentiables.Cette absence de femmes à la tète de partis de gauche peut s'expliquer en partie pour des raisons de marketing electoral Sur une scène politique avec une opposition gauche-droite, les deux partis se disputent l’électorat du centre, celui de gauche tentant de séduire l’électorat immédiatement à sa droite et celui de droite essayant de se rallier ce même électorat situé immédiatement à sa gauche.Une femme à la tète d'un parti politique, et ce.peu importe l'orientation politique de la politicienne, «gauchise» le parti en lui donnant une image plus progressiste aux yeux des électeurs.Un parti de droite a donc avantage à mettre une femme à sa tète pour adoucir son image, «gauchiser» son apparence et ainsi séduire un électorat phis à gauche.A l'inverse, un parti de gauche avec une femme à sa tète risque de paraître trop à gauche et d'effrayer une partie des électeurs phis à droite.En écrivant que les femmes politiques ont moins de chances d'acceder au plus haut poste dans un parti de gauche, j'espère que l'avenir me donnera tort Les mentalités de l'électorat évoluent partout dans le monde.Le nombre de femmes chefs d'Etat devrait donc augmenter, qu elles soient à la tète d'un gouvernement de droite ou d'un gouvernement de gauche.I « A 8 LE DE VO IR, LE MERC REDI 25 JANVIER 2006 iCTDALITES HARPER Ç SUITE DE LA PAGE 1 Selon nos informations, Stephen Harper et son entourage n’ont pas l'intention de faire traîner en longueur le retour au travail des députes.«Ça ne niaisera pas, ce n’est pas son genre», explique une source près du premier ministre.Si la fin du mois de février circulait comme période possible de reouverture de la Chambre des communes, discours du trône en tête, il semble maintenant que le milieu du mois de mars soit davantage plausible.Le budget 200607, premier gros test du gouvernement Harper, pourrait être dévoilé peu après, soit vers la fin du mois de mars ou au debut d'avril, lui qui est généralement rendu public en février.C'est d’ailleurs pour souligner les longues journées qui s’annoncent et les inévitables périodes tumultueuses d’un gouvernement que les journalistes ont fait jouer une chanson de circonstance à Stephen Harper dans l’avion qui transportait hier toute l’équipe conservatrice et les médias de Calgary à Ottawa' Under Pressure, de David Bowie et Queen.Cette pression des premiers jours sera toutefois allégée grâce à une équipe de transition qui en a vu d’autres.Stephen Harper a d’ailleurs souligne la «vaste expérience en gestion gouvernementale» de son équipe, à sa descente d’avion hier.Le nouveau premier ministre s’est aussi dit «en pleine forme» après une bonne nuit de sommeil, lui qui n’est pas allé faire la fête avec les autres conservateurs au centre-ville de Calgary lundi soir.«La famille est très excitée par l’avenir, comme j’espère tout le pays», a-t-il dit dans une très courte allocution.Sa première conférence de presse est prévue demain.Un groupe solide Stephen Harper s’est entouré d'une équipe de transition formée de plusieurs anciens progressistes-conservateurs qui ont connu le pouvoir durant les neuf années de règne de Brian Mulroney.Le chef de l’équipe est Derek Burney, chef de cabinet de Mulroney de 1987 à 1989.Dans l’entourage de Harper, on décrit M.Bumey comme un homme solide qui n’a pas peur de faire des remous s’il le faut Doué d’une grande expérience de l’appareil administratif, il a aussi été ambassadeur du Canada en Corée du Sud, au Japon et aux Etats-Unis (1989-1993).M.Bumey a également dirigé les destinés de Bell Canada (1993-1999) et de CAE Inc.(1999-2004), deux multinationales basées à Montréal Quatre autres personnes seront avec lui, dont Camille Guübauh, ancienne chef de cabinet adjoint de Mulroney et membre des équipes de transition des villes d'Ottawa et de Montréal après les fusions municipales.Elle a également contribué à la fusion de l’Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur en 2003-2004.Maurice Archdeacon, un fonctionnaire de carrière qui a servi au Conseil privé sous Pierre Elliott Tmdeau, John Turner et Brian Mulroney, est aussi du lot.D est maintenant à la retraite.Ray Speaker, un ancien député provincial de l’Alberta, et Elizabeth Roscoe, professeur à l’université Carleton (qui a fait partie de l’équipe de transition de Mulroney en 1984), complètent l’équipe.Ce groupe travaille étroitement depuis hier matin avec le nouveau premier ministre.D’autres proches de Harper seront aussi consultés en fonction de leur expérience dans certains dossiers, notamment la sénatrice Maijory LeBreton, qui était responsable des nominations sous Mulroney.Le vétéran progressiste-conservateur Hugh Segal, qui a contrôlé le bunker électoral du PC à Ottawa durant la campagne qui s’achève, ainsi que l’ex-premier ministre Brian Mulroney lui-même seront aussi consultés.Doug Finley, chef de cabinet adjoint de Harper, et lan Brodie, chef de cabinet, donneront aussi certains conseils en lien avec les personnes disponibles dans le parti pour combler des postes, notamment dans les cabinets de ministres.Discours de victoire Lundi soir, après la victoire de Stephen Harper, des dizaines de conservateurs, autant des anciens bleus progressistes-conservateurs que des allian-dstes ou des réformistes, ont fêté cette prise du pouvoir tant attendu dans un bar irlandais du centre-ville de Calgary.Auparavant, l’ancien chef du Reform Party.Preston Manning, avait chaleureusement félicité Stephen Harper pour sa victoire, eux qui ont créé le Reform Party ensemble en 1987.C’était le début d'une longue aventure, qui s'est achevée dans la joie lundi pour le nouveau premier ministre, qui est passé en 15 ans d’un rôle d’universitaire qui remet sa maitrise (1991) à celui de dirigeant du pays (il a 46 ans).Dans la salle du Telus Convention Centre, les électeurs de l’Ouest avaient l’impression lundi de terminer un long purgatoire de frustration, eux qui ne votent plus pour le Parti libéral depuis de nombreuses élections.Les dix circonscriptions remportées par les conservateurs au Québec étaient la cerise sur le sundae.«On est maintenant un vrai parti national, un parti rassembleur», souligne d'ailleurs la députée albertaine Rona Ambrose.Stephen Harper n’a pas manqué de souligner cette facette de la victoire lors de son discours de lundi soir, qui a débuté à une heure du matin, heure de l’Est.Après avoir rappelé ses priorités comme premier ministre, il a ajouté: «Ce qui importe possiblement plus, c’est d’entreprendre la tâche de rebâtir le fédéralisme dans la province du Québec.Je suis particulièrement fier que les anglophones et les francophones aient travaillé ensemble pour provoquer un véritable changement au Québec.Notre gouvernement bâtira une voix nouvelle et dynamique pour le fédéralisme au Québec.Et à la population de l’Ouest, laissez-moi dire une chose de façon claire: l'Ouest est maintenant intégré.Le Canada travaillera pour chacun de nous.» Stephen Harper a également promis aux Canadiens qu'il respecterait ses engagements, terminant son discours par un cri du coeur.«Chers amis, je n’ai jamais été aussi fier de notre grand pays et je suis honoré et renversé qu on m'ait demandé de le diriger.Nous allons gouverner comme nous l'avons annoncé en campagne, dans un esprit d'espoir et non de peur.Nous allons faire et y mettre tout ce que nous pouvons.De temps à autre, nous allons même commettre des erreurs.Par contre, chaque jour je peux vous assurer d’une chose: je vais me dédier à faire du Canada un pays plus uni, plus fort, plus prospère et plus en sécurité.* Le Devoir LE DEVOIR ’www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 DION SUITE DE LA PAGE 1 | preuve qu'il s'est penché sur la question.«Ça prend d’abord une vision pour le pays, pas des pontife creux comme on en entend souvent avec des langues de bois.» D faut ensuite, selon M.Dion, être rassembleur et bon coipmunicaleur.A titre de ministre de l'Environnement, M.Dion s’est attiré beaucoup de sympathie au sein du parti pour avoir fait du Sommet de Montréal sur le climat un succès international.«Il est très populaire | au Canada anglais.Au Québec, son accomplissement en décembre à la conférence de Montréal sur les changements climatiques lui a attiré des appuis.explique un libéral très bien branché sur le parti.Il n ’irait pas pour gagner, mais pour apporter un autre i point de vue.» Au Québec, toutefois, Stéphane Dion traîne un bagage jugé négatif par certains.11 a échafaudé le plan B en guise de réponse au mouvement souverainiste québécois et a parrainé dans cette optique la loi fédérale sur la clarté dictant les conditions de sécession du Québec.Impopulaire, M.Dion?Il élude la question.«C’est très superficiel parfois, la popularité des gens.Ça peut fondre comme neige au soleil dès l’instant où on leur demande d’être un peu plus précis sur ce qu’ils comptent faire.» Selon lui, il faut plus que se demander quel candidat «nous ramènera au pouvoir».Il cite d'ailleurs le nouveau premier ministre Stephen Harper à titre d'exemple.«M.Harper a mené un bonne campagne.Ce n’était pas quelqu’un qu’on considérait comme populaire, mais il est arrivé avec sa vision et on s’est dit qu’il avait l'air de quelqu'un qui sait ce qu'il dit et qui a l’air de croire ce qu’il dit.Il a fait une différence.» Spécifiant qu’il n'est pas du tout d’accord avec la vision du chef conservateur, il n’en croit pas moins qu'il «y a une leçon à prendre là».MYSTÈRE SUITE DE LA PAGE 1 certaine époque», lance Simon Langlois, de l’Université Laval, à propos des résultats de lundi à Québec.La tempête bleue qui a soufflé sur la capitale traduit, au dire du sociologue, «une réelle volonté de participer au pouvoir».L'attrait du «pouvoir exécutif, pas seulement le pouvoir d'influencer les décisions», a été déterminant, selon lui.«Québec a l’expérience du pouvoir Les ministres sont là, le parlement est là», note Langlois.Ainsi, l’argument du «vrai pouvoir», dont a usé le Parti conservateur, a eu plus d'écho à Québec qu'ailleurs.«Ce sont peut-être des sirènes, mais Harper a explicitement promis des postes de ministre à Josée Verner [dans Uiuis-Saint-Laurent] et à Maxime Bernier [dans Beauce].» Un deuxième facteur peut éclairer à la fois les déboires du Bloc et ce que certains qualifient de «mystère de Québec»: dans la capitale, l’appui à l’option souverainiste est toujours un peu moins fort que dans les autres régions francophones urbaines.Québec étant francophone à 98 %, on y ressentirait moins qu’à Montréal la «précarité culturelle».Vivant dans une «assurance tranquille», les habitants de la région de Québec seraient donc «moins sensibles que les Montréalais à la menace qui pèserait sur le français ou à la nécessité de se donner un Etat mieux placé pour assurer l’intégration des nouveaux arrivants à la majorité», écrivait-il avec son collègue Gilles Gagné, dans un texte récent où ils tentaient de décrypter «l’énigme de Québec» (leur expression).Sur la rive sud de Québec, où toutes les circonscriptions ont affiché un vote conservateur important lundi, un autre élément a pu jouer: «Le vieux fond bleu, même créditiste, dans lj)tbinière notamment», là où l’Action démocratique de Mario Dumont, sur la scène provinciale, est allé chercher trois sièges.Conservatisme et opportunisme Chose certaine, le «mystère de Québec» agace les souverainistes.De passage à l’Université laval la semaine dernière, le chef péquiste André Boisclair s’est attardé aux insuccès du PQ à Québec.Selon lui, la «complexité de la sociologie» de la capitale ne serait pas en cause.«Ce qui manque, c’est du sang neuf», «de CATALOGNE SUITE DE LA PAGE 1 et la Gauche républicaine) afin de réviser le statut accordé à la Catalogne en 1979, après la mort de Franco.Pendant de longs mois, la proposition a été discutée en commission restreinte, puis votée en juillet 2005 par plus des deux tiers des députés du Parlement catalan.Seul le Parti populaire (de droite) s’y est opposé.«La proposition adoptée par le Parlement catalan diffère en deux points de l’accord politique intervenu cette semaine, explique Juan Marcet D’abord, le mot “nation"a été limité au préambule de la loi, contrairement à la proposition d’origine.Ensuite, la Catalogne n’obtient pas le privilège [que possèdent les Basques) de lever tous les impôts sur son territoire pour les redis-i tribuer ensuite au niveau supérieur.» C'est la raison pour laquelle les représentants de la Gauche républicaine (ERC), qui siègent à Barcelone, se sont dissociés de l’accord conclu cette semaine.Mais les socia-| listes ne désespèrent pas de convaincre ce petit parti indépendantiste.En échange de ces concessions, les Catalans obtiennent la moitié des recettes de l'impôt sur le revenu et de la TVA (comparativement a 33 % et 30 % actuellement).La generalitat percevra aussi 60 % des taxes spéciales sur l’essence, les tabacs et les boissons (comparativement a 35 % actuellement).Pour la première fois, la Catalogne aura des responsabilités en matière d'immigration.C’est eDe qui accordera le permis de travail nécessaire au statut de résident Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514985-3333 Par télécopieur 514985-3360 Par courrier redaction @ ledevoir com La publicité Au telephone 514985-3399 Par télécopieur 514985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 3630305 Une liste qui s'allonge En mars prochain, l’exécutif national du PLC se rencontrera pour décider de l'échéancier de la succession.Le parti dispose officiellement d'un an à partir de la démission de son chef pour organiser une course à la chefferie.Robert Fragasso, president de l'aile québécoise du PLC, conseillera à cette rencontre que l'élection ait lieu «le plus rite possible».«Malgré les finances — qui ne sont pas si mal — nous devons être vigilants et prêts à reprendre la route électorale à échéance rapprochée», explique M.Fragasso.Lorsqu’on lui rappeUe qu'il n’en tient qu'aux députés libéraux de ne pas renverser le gouvernement trop rapidement.M.Fragasso réplique que son parti a toujours été «responsable dans sa façon de wter».«Ce ne serait pas responsable de tenir ce gouvernement en vie pour se trouver confrrtablement un chef», dit-il.Paul Martin rencontrera «dans les prochaines heures» son caucus et annoncera à ce moment s'il a l’intention de rester chef de son parti en attendant l’élection de son successeur.Il pourrait décider de céder sa place immédiatement et de laisser un chef intérimaire assumer les fonctions de leader de l'opposition officielle à la Chambre des communes.«M.Martin souhaite passer le flambeau à quelqu'un d'autre à la Chambre des communes», a indiqué Steven MacKinnon, directeur général du parti et conseiller dans la caravane de campagne de M.Martin.Le nom de Bill Graham, ministre sortant de la Défense nationale, circule comme potentiel chef intérimaire.M.Graham a été réélu dans sa circonscription de Toronto-Centre lundi soir.La présidente défaite du caucus ontarien, Sarmite Bulte, n’a pas voulu s’aventurer sur cette pente.Elle se dit loyale envers Paul Martin jusqu'à son départ.Jean Chrétien soulagé Quelques sources interrogées hier ont indiqué que l’ex-chef libéral Jean Chrétien estimait que l'élection de plus de 100 députés à la Chambre des communes faciliterait le recrutement de candidats nouvelles images, de nouveaux messages», dit-il.«Le supposé mystère de la région de Québec sc poursuit», écrivait hier sur son carnet Internet l’ancien dé puté péquiste de Portneuf et ancien président de l’Assemblée nationale Roger Bertrand.«Je dis "supposé", précisait-il, car [.[ ce n’est pas si compliqué que cela.On remarque, dans l’histoire, un fend de conservatisme toujours présent dans cette région [.].Cest ce qui ressort aujourd’hui, en plus d’une certaine habileté à voter souvent pour le parti qui a le plus de chances de se retrouver au pouvoir Une région donc conservatrice et opportunité.» Sociologie insultante Toutes ces attentions sociologiques finissent par en insulter certains dans la capitale.Frédérick Têtu, candidat indépendant défait dans Ixniis-Hébert, émule de l’indépendant élu André Arthur (Têtu a aussi reçu l’appui public de l’ex-animateur Jeff FilUon), rétorque: «Mais qu est-ce qui se passe donc à Montréal pour qu’on s’étonne qu’il y ait de la diversité au Québec?Pourquoi faudrait-il que tout le monde se comporte comme à Montréal?» Selon ce professeur de philosophie du cégep Garneau, la question «Qu’est-ce qui se passe à Québec?» ne procède d’aucune «curiosité saine, sympathique, c’est une sorte de crispation dédaigneuse».11 trouve curieux que les Montréalais, qui aiment «tant plastronner leur amour de la diversité», finissent par manquer d’ouverture.«Ils devraient s'ouvrir à l’altérité de Québec.Mais on le sait, une telle chose est bien difficile pour des insulaires», dit-il avec ironie, en rappelant qu’il a lui-même étudié quatre ans à l’université McGill.Par ailleurs, M.Têtu prend le contn-pied du sociologue Langlois.Selon lui, c’est la proximité même du pouvoir qui rend, les Québécois de Québec plus «pragmatiques».«A Québec, quelque 40% des salaires sont payés par l’État.Or, depuis 25 ans, celui-ci n’offre que gels et compressions.Le monde, ici, a compris que l’État, ça avait des limites», explique celui qui se définit comme un «libertarien».D'où une attitude plus axée sur le «gros bon sens», que des personnages comme André Arthur et Mario Dumont réussissent à canaliser politiquement.Arthur avertit Harper Élu haut la main dans Portneuf lundi, l’ex-anima-teur de radio André Arthur estime «méprisante» la question «Qu’est
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