Le devoir, 26 janvier 2002, Cahier C
¦¦¦¦ LE D E V 0 I H .LES SAMEDI 2 t> ET DI SI A V ( Il E .1 A \ S I I H 2 0 t» 2 THEATRE JEUNESSE Eclairer le côte sombre Page C 3 CINEMA Des questions plein la tète Page C (à Le devoir g u k s Liberté extrême, volume 333 À la demande générale et à l’occasion d’une réédition inespérée, Raoul Du-guay et Walter Boudreau témoignent de l’aventure brève mais infiniment riche de L’Infonie.SYLVAIN CORMIER Il a fallu une semaine.Plus aucun exemplaire en magasin.Pensez donc: la réédition en format audionumérique du Volume 333 de L'Infonie est en rupture de stock! C’est «au bouttt de touttt», dirait luôaR yauguD — Raoul Duguay au civil.Il le dit, d’ailleurs.Et ajoute, dans sa langue de Raoul: «Si vous voulez touttt savoir touttt / faut pas que vous barriez la routtt / sinon vous n’aurez qu’un gouttt / de touttt touttt ce qui est dans touttt» (cité dans f’Infonie, recueil paru en l’an 2000 aux Editions Trois-Pistoles).Certes, la petite étiquette de disques culte Mucho Gusto n’avait pas inondé le marché d’exemplaires, mais quand même.Demande il y a.Intérêt itou.«Ces jeunes de Mucho Gusto avaient un an, deux ans, à l’époque de L’Infonie», dit, la mine réjouie, Walter Boudreau, génie de la musique contemporaine de chez nous, actuel directeur de la Société de musique contemporaine de Montréal (SMCQ), celui-là même qui était à la musique de L'Infonie (en tant que retlaW uaerduoB), ce que Duguay était au panache et au panaché verbal.«Ce ne sont pas de vieux producteurs qui sont venus me trouver pour rééditer ça.Ces jeunes gens ont simplement mis la patte sur de vieux vinyles de L’Infonie, puis ont été bouleversés en les écoutant.Ils m’ont dit qu’ils n’avaient jamais rien entendu qui ressemble à ça.C’est assez vrai.Sauf certaines œuvres de Zappa.On n 'échappe pas à son temps.» L’Infonie?Ceux qui savent savent, ceux qui ignorent ignorent.Ce qui ne veut pas dire que les derniers n’auraient pas intérêt à rejoindre les premiers.Tentons donc l’impossible, c’est-à-dire de cerner la bête.Laissons Duguay, homme aux mille conférences et aux articulations bien huilées, replacer L’Infonie dans le contexte de la fin des années 60 et du début des années 70: «O / OOO /OOOOO / OAOAO AO/ OALL-WALLLO / OALLLÉOQMOOM / OA111É-LOUALLLÉO / OALLLEIDUYAALLLÉOOM / OALLOALLOALLOTOULMOND.» Voilà.Tout est dit.Au cas où, l’intéressé traduit «On sortait d’un mutisme et d'un obscurantisme clérical.Le Refus global s’était occupé de ça.Par le filon des Beatles et de George Harrison et du flower power californien, les gourous avaient débarqué.De la Révolution tranquille avait germé une prise de conscience de l’identité et de la culture québécoises.Il y avait aussi la culture beatnik, dont nous étions issus.Et puis il y a eu l’Expo, qui nous a flanqué le monde entier en pleine face.Et il y avait les états modifiés de conscience par les drogues douces et le LSD.Ça déniaisait, un cap d’acide.C’est tout ça qui a fait L’Infonie.» Autour de Boudreau et Duguay, à partir des premières expérimentations au Pavillon de la jeunesse de l'Expo, plus d’une trentaine d'artistes de toutes provenances constitueront la «géométrie variable» de L’Infonie, dont le Quatuor du jazz libre du Québec (les musiciens de Charlebois au temps de LOsstid'cho), Ysengourd Knohr, Pierre Daigneault, etc.Quatre disques, le Volume 3, le Volume 33, le Volume 333 et le Volume 3333, résulteront de l’équipée, ainsi que «333 333 333 spectacles», comme disait Boudreau à l’époque (en exagérant à peine).Comment se passait un spectacle de L’Infonie?Chaque fois différemment, bien sûr.Fallait y être.Mais citons tout de même un texte de Michel Bélair, paru en ces pages il y a trois décennies, tel que reproduit dans le livre de Duguay: «Un spectacle de L’Infonie [.J se compose d’éléments pour le moins disparates.On y mêle de la musique pop, des airs VOIR PAGE C 2: INFONIE • .Atia héritage apollinien m 'A *"*•.Un coffret de 12 disques > résume la brillante carrière pianistique de Maurizio Pollini Tout doucement, sans qu’on s’en rende compte, certains grands artistes qu’on croit éternellement jeunes soufflent leurs soixante bougies.C’est le cas du pianiste italien Maurizio Pollini.Pour rendre hommage au jeune sexagénaire et faire un bilan de ses trente ans de carrière au disque chez elle, la DGG nous offre un beau bouquet de rééditions.Portrait discographique d’un artiste vraiment exceptionnel.FRANÇOIS TOUSIGNANT Un anniversaire, c’est souvent le moment de faire le point.Origine de ce coffret de 12 disques, celui-ci a le mérite de nous faire prendre conscience de la nécessité de Pollini.Il n’y a que fort peu d’artistes dont on puisse dire, avec tant d’à point, tout le mérite.C’est à cette tâche que s'attachent les divers livrets de chacun des disques.Tous signés de plumes différentes, mais d’auteurs qui sont de fins connaisseurs de l’art du piano, ils apportent la preuve de l’unicité prodigieuse de ce qu’est encore un être comme Maurizio Pollini.Certes, s’il s’agit bien de rééditions, la plupart sont cependant des introuvables sur le marché et, de plus, Pollini n’a jamais réenregistré une œuvre.Ce qui prouve l’importance de l’aboutissement de chacune de ces gravures, et leur originalité.Un choix unanime Au milieu des années 1970, un hebdomadaire français avait fait un sondage auprès de fort nombreux critiques.L’enjeu: choisir le «meilleur pianiste».Chacun avait une liste de dix noms a donner dans l'ordre et on U PHILIPPE GONTÎKR attribuait des points selon la position respective.Résultat: l’artiste qui fait l’unanimité autour de lui — et de loin — se nomme Maurizio Pollini.On croyait avoir déjà tout dit et tout lu sur lui en ce temps, et depuis on a encore beaucoup oui et encore davantage lu.Pourtant, l’homme n’aime pas les foules, déteste tout ce qui fait partie du cirque médiatique et s’avère aussi farouchement engagé que véritablement penseur.On l’associe d’abord au répertoire romantique.C’est qu’apres un second prix au prestigieux (et fort exigeant) Concours de Genève, il remporte, en 1960, le prix Chopin de Varsovie.Président du jury: Arthur Rubinstein lui-même qui n'en revient tout simplement pas.Cette manière de jouer Chopin porte déjà la marque de Pollini: tout s’interprète comme coulant de source, comme si la partition s’incarnait pour vrai, et en même temps, lout semble autre que ce qu’on a l’habitude d’entendre.En fait, le mystère est déjà là, tout entier.On peut dire que Pollini n’a d’autre personnalité que celle de- la partition qu’il épouse.Il s’appuie sur l’histoire et l’analyse pour retrouver le présent.Premier indice de la grande intégrité du jeune pianiste: en général, les concours ouvrent les portes a une pléthore de concerts pour se faire connaître sur les grandes scenes du monde.En fait, on cherche même souvent à n’y briller que pour cela: les engagements plutôt que la bourse.Lejeune Maurizio n’en a cure.Il annule tout et entre en retraite pour réfléchir «et pas seulement sur la musique: tout m’intéresse et importe, philosophie, peinture, littérature, politique.».D* parallèle avec ce que Robert Schumann disait de sa propre composition est frappant, comme celui avec le Beethoven qui dit que la musique est le confluent de toutes les activités humaines.VOIR PAGE C 4: POLLINI * LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 (5 ET I) I M A N C H E 27 .1 A X VIER 2 0 0 2 Culture INFONIE Faire rire tout en exposant le public à la plus large palette culturelle possible et impossible MUSIQUE CLASSIQUE SUITE DE LA PAGE C 1 de Bach, des poèmes, des gags, de la musique contemporaine et des ké-taines “pur style".Après un Concerto en ré mineur pour clavecin et orchestre, par exemple, on peut tout aussi bien entendre Claude Saint-Germain raconter la pathétique histoire de la feuille qui tombe de l'arbre ou luôaRyaugul) chanter ce merveilleux poème qu’il appelle Genèse.Ou encore [.] voir un des dignes représentants de l’école des Michel Ijouvain et de entonner un sublime N’oublie jamais, avec trémolos et “effets de corps".» C’était ça et son contraire.Ça et vice-versa et tout ce que vous pouvez imaginez à la puissance mille.Sur le double compact du Volume 333, une incroyable et indescriptible pièce en quelque cinquante mouvements intitulée Paix en côtoie une autre poétiquement baptisée Une toune platte.Entre les deux s’immisce le Qmcerto en ré mineur.«Au lieu du Refus global, explique Duguay, nous, c’était l’Acceptation globale, l/i liberté créatrice totale, une approche de la vie, de la musique et du spectacle où tout était possible.» Tout?Vraiment?Touttt touttl touttt?Boudreau offre en pâture un soir infoniaque parmi d’autres: «On est allés jouer à l’hôtel Windsor d’Ac-ton Vale et on a fait le Concerto en sol de Bach devant des “waitresses" qui étaient “bottomless" et des gros “bikers” avec des casques à palette.Finalement, Raoul les a embarqués et on les a fait rire.Et ils ont trouvé que c’était beau, du Bach.Pour nous, c’était formidable.Au lieu d’exclure les gens, on les rassemblait.» Faire rire tout en exposant le public à la plus large palette culturelle possible et impossible, c’était le grand truc de L’Infonie.«C’était le contraire de la culture à cré- SOURCE JUSTIN TIME La joyeuse bande de LTnfonie au sommet de sa «gloire».ne aux d’aujourd'hui, qui me fait tellement chier personnellement», lâche Duguay.De la mondialisation, quoi, mais dans le bon sens du terme.L’ouverture à autrui, à l’inconnu, au changement.«L’humour, la dérision, c’est ce qui différencie l’être humain d'une poignée de porte ou d’un boa, résume Boudreau.Pour nous qui avions été au collège en “blazers” bleus, ça faisait un bien fou de se présenter sur scène en bonnettes de religieuse faites avec des bols de toilette en minou.On avait tellement envie de rire.D’éclater de rire.Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y avait pas dans les spectacles de L’Infonie des moments sérieux, des moments angoissés, et même des moments terribles.» L’esprit infoniaque est encore présent, affirment les compères.Sans l’expérience de liberté extrême de L'infonie, Walter Boudreau n’aurait jamais créé l’extraordinaire Symphonie du millénaire («avec ses 12 scènes, ses 15 ensembles différents, ses 333 musiciens, ses 2000 carillonneurs et ses 33 333 spectateurs», précise Duguay, admiratif), et Raoul Duguay n’aurait jamais écrit Les Légendes fantastiques sur la musique de Michel Cusson.C’est luôaR qui le dit: «L’art participatif n’est pas mort.» Achetez le disque, pour commencer, dès qu’on en gravera d’autres copies.Ce n’est pas du LSD, mais ça déniaise presque autant La seule réalité de l’instant José Carreras chante en gala de pré-ouverture pour le festival Montréal en lumière FRANÇOIS TOUSIGNANT La vie de José Carreras se modrenzo Bavaj au piano Salle Wilfrid-Pelletier, le 31 janvier 20h.i t L £ DEVOIR.LES S A M E D I 2 « ET D I M A \ i II E 2 7 .1 A N V I E R 2 0 0 fill I HIT THEATRE La guerre éternelle THÉÂTRE JEUNESSE LA NUIT DES TRI HADES De Per Olov Enquist.Traduction: Jacques Rubnard et Jan Ivarsson.Mise en scene, décor et lumière: Téo Spychalski.Costumes: Valentina Komolova.Bande vidéo: Lucie Ouimet Avec Gabriel Arcand, Anouk Simard, Marie-Claude Gamache et Marcel Po-merlo.Au Theatre Prospero jusqu'au 16 janvier.HERVÉ GU AV Avec un titre tel que Im Nuit des tribades, le spectateur peut s’attendre à tout.Encore plus s’il est au courant que le protagoniste de la pièce n’est nul autre que le célèbre écrivain suédois, August Strindberg, et qu'elle porte sur la guerre des sexes.Il faut dire que «tribade» désignait, à la Belle Époque, une lesbienne déclarée.Une réalité qui suffisait sans doute à l’auteur de Mademoiselle Julie pour que ses cheveux se dressent sur la tète.Et si l’on se fie aux portraits que nous connaissons de lui: il les avait souvent dressés.Pour sa pièce sur son terrible compatriote, Per Olov Enquist, qui, comme lui, n'a pas peur des situations explosives, fait donc revivre Strindberg en 1889 à un moment douloureux de sa vie.Exilé et sans le sou, il tente alors de fonder au Danemark un théâtre d’essai, dans le genre du Théâtre Libre d’Antoine, pour y faire jouer ses œuvres.Sont mêlées à l’aventure Siri von Essen, avec qui il est sur le point de divorcer, ainsi que Marie Caroline David, qu’il soupçonne d’avoir été son amante.C’est la partenaire que son épouse s’est choisie pour lui donner la réplique dans La Plus Forte.Courte pièce de son mari où, incidemment, deux femmes se disputent un homme.Les répétitions débutent en présence de l’auteur, qui ne peut évidemment assister impassible au retour à la scène que veut opérer Siri, amère d’avoir délaissé sa carrière pour élever leurs enfants.Plus besoin d’en rajouter, tout est en place pour le règlement de comptes.Les coups les plus bas ne manqueront pas.Chacun cherchera la vérité sans qu’aucun ne parvienne à abandonner son point de vue ni ne soit capable de prendre le moindre recul.Jusqu'à ce que l’affrontement atteigne son point culminant entre Siri et son -Gugus»», touché à l’endroit le plus précieux.Pousse dans ses derniers retranchements, il lance cette perle: ’’Comme si c'est toujours la faute de la vis quand l'écrou est trop large.» Riche matière dramatique que celle-là, il faut l’admettre.Aussi Téo Spychalski parvient-il à en esquisser les contours, moins les nuances.La principale faiblesse réside ici dans la manière dont sont joues les extraits de La Plus Forte.Faute d'un choix clair, ces scènes s’intégrent mal à l’ensemble et Anouk Simard (Siri van Essen) y paraît plus faible.Il est également possible de remettre en question la rigidité dont fait preuve Marie-Claude Gamache dans le rôle de Marie Caroline David.Trop près du cliché de la lesbienne pour qu’on puisse entièrement y croire.Difficile en outre d’admettre que l’on ait autrefois confié au jeune acteur affecté qu’incarne Marcel Pomerlo le rôle viril de Jean.11 n’empêche que son Viggo Schi-we apporte une touche d’humour bienvenue à un univers bien noir.Reste Gabriel Arcand, qui campe un Strindberg maîtrisé dans ses colères.Il n’en révèle pas moins petit à petit les obsessions d’un être qui traque la vérité pour bientôt sombrer dans l’exagération, puis le mensonge.Au premier chef, c’est donc pour découvrir l’ironie et le cynisme d’un auteur qui n’a rien à envier à Strindberg qu’il faut aller voir La Nuit des tribades.Et ce, même si la mise en scène et le jeu ne sont pas toujours à la hauteur de ce théâtre de la cruauté.Reconnaissons au minimum au Groupe de la Veillée le courage de se frotter à des œuvres de cette trempe-là.A moins de chipoter, l’essentiel est là dès qu’il nous est possible de nous mesurer à un regard ample, si lucide que ça ne s’arrange pas par miracle à la fin.Effectivement, Per Olov Enquist nous dit, en substance, que certains combats n’ont pas de terme.Il a l’air de croire cependant qu’il est possible de les mener dans le respect.C’est déjà ça de pris.Éclairer le côté sombre de l’enfance Le Théâtre des Confettis célèbre son 25e anniversaire avec la création de Contes-Gouttes de Louise Bombardier MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Au moment de l’entrevue, elle sortait a peine d'une avant-première «avec enfants témoins».«Elle», c’est Hélène Blanchard, directrice et cofondatrice du Théâtre des Confettis, qui célébrera son 25r anniversaire dans quelques semaines.Et l'avant-première dont il est question renvoie à la toute dernière création de la compagnie.Contes-Gouttes de Louise Bombardier, qui prend l'affiche à Quebec ce week-end dans la petite salle du théâtre Périscope.«Je suis très contente; ça très bien marché, raconte-t-elle d’entrée de jeu.Nous sommes presque prêts.» Avalé par son ourson Dans Contes-Gouttes, Louise Bombardier raconte une histoire toute simple: celle d'un petit garçon avalé par son ourson en peluche.«Evidemment, c'est un rêve, dit Hélène Blanchard en riant.Louise écrit pour l’enfance depuis 20 ans et c’est déjà son troisième texte que nous montons [après Hippopotamie en 1991 et Conte de Jeanne-Marc, Chevalière de la Tour en 1993].Elle a beaucoup travaillé la structure du spectacle pour rendre le rêve omniprésent, pour en faire émerger l’atmosphère, les racines, sinon le sens.Ixs petits spectateurs se retrouveront rapidement à suivre sept histoires imbriquées les unes dans les autres sur le modèle des digressions propires à l’univers onirique, au milieu d’objets surdimensionnés aussi.Mais il y a, bien sûr, un fil conducteur auquel les enfants pourront se raccrocher pour suivre le déroulement de la pièce.Et un personnage central, Demi-fée, qui viendra aider le petit Pierre à sortir de son mauvais rêve et à évacuer, peut-être même à comprendre un peu, ce qui l’a amené là.» Ces petits contes minimalistes braquent les projecteurs sur une facette de ce que l’on pourrait appeler le côté sombre de l’enfance.Et pour témoigner et mettre en forme l’univers onirique dans lequel le spectacle s’incarne, les Confettis ont fait appel à Louise Laprade, qui signera ici sa pre- SOURCK nu Al Kl DES CONFETTIS Contes-Gouttes de Louise Bombardier raconte une histoire toute simple: celle d'un petit garçon avalé par son ourson en peluche.mière mise en scène pour les enfants, à Sonoyo Nishikawa (qu’on a vue travailler souvent avec Robert I-epage) pour les éclairages, de même qu’à la scénographe Marie-Claude Pelletier, qui intègre ici des séquences vidéo au déroulement de l’action, et à Stéphane Caron pour la musique.On ne vous résumera pas la pièce davantage; après la série de représentations au Périscope, Contes-Gouttes vient s’installer à la Maison Théâtre du 30 mars au 21 avril et c'est à ce moment que nous en reparlerons plus en détail.Attardons-nous plutôt à cette pratique des groupes témoins.A quoi servent-ils?Est-ce que la réaction des «enfants témoins» peut venir changer le contenu de la pièce?Pourquoi utiliser une telle approche, qui a fait ses preuves en marketing mais qui entretient des liens plus ou moins incestueux avec la création?Hélène Blanchard remet tout de suite les pendules à l’heure: il n’y a pas de quoi fouetter un chat.«Les groupes témoins ne servent pour nous qu’à une seule et unique chose: vérifier si la tranche d'âge à laquelle s'adresse le spectacle — Contes-Gouttes est conçu pour des enfants de 5 à 8 ans — correspond bien aux réactions des enfants durant la pièce.C'est tout.Avant d’arriver sur les planches le soir de la première, un spectacle évolue considérablement; c'est le cas de Contes-Gouttes, sur lequel Louise Bombardier travaille depuis plus d'un an et qui en est à sa septième version.Les changements, ils sont venus après la mise en lecture, en répétition et lors des enchaînements; il est même possible que Louise veuille resserrer encore son texte après avoir vu les spectateurs réagir durant une douzaine de représentations.Cela n'a rien à voir avec les “groupes témoins".» Bon.C’est clair.I>a scène québécoise C’est donc le 16 février 1977 qu'Hélène Blanchard et Judith Bavard créaient le Théâtre des Confettis en signant le texte de Ixi Bicyclette mis en scène par Michel Moreney.En 1982, vient déjà la première sortie de Québec: une tournée pancanadienne avec Le Voyage de Petit Morceau, une adaptation de Pezzetino de Léo lionni et du fhéâtre de Galafro-nie de Bruxelles.Jusqu’en 1984, on réussit à maintenir le rythme d'une création par année; 1984, c’est aussi le premier grand succès de la compagnie avec une production jouée à plus de 5(X1 reprises et mise en scène par Robert Lepage: Comment devenir parfait en trois jours, un texte de Gilles Gauthier adapté d’une pièce de Stephen Manes.Depuis, les Confettis produisent en moyenne une création tous les deux ans; en 25 ans, cela veut dire 18 spectacles donnés plus de 2000 fois devant au-delà de 500 (XXI spectateurs au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe.«Notre démarche n est pas rectiligne.poursuit Hélène Blanchard; depuis le début, nous sommes ouverts à toutes les approches centrées sur l'enfant et à toutes les collaborations.» À preuve, la dernière production de la compagnie avant Contes-Gouttes, Amour, délices et ogre qui s'adresse aux petits de 3 a 6 ans, se passait à l'intérieur d'un immense gâteau occupant tout l'espace de la salle: «l’installation théâtrale» de Clau-die Gauthier était la première incursion des Confettis dans cette zone où théâtre et arts visuels se confondent intimement — ne manquez surtout pas de sauter dans le gâteau s'il se pointe près de chez vous.«Je peux vous dire aussi, conclut la directrice des Confettis, que ces 25 années ont passé tellement vite et qu’elles ont donné lieu à des rencontres tellement stimulantes qu’on a ici l’énergie pour continuer encore longtemps.» C’est la grâce qu’on lui souhaite, comme on disait encore il y a 25 ans._____-i—i Le Groupe de la Veillée présente La Nuit des tribades de Per Olov Enquist Traduction Jacques Rohnard Jan Ivarsson Mise en scène de Téo Spycluilski avec Gabriel Arcand Anouk Simard Marie-Claude Gamache Marcel Pomerlo La Nuit des tribades des sexes • V3„eradioStapWe#a^e.(,c.ca Visitée noir - ^ ACCLAME AUX ETATS-UNIS, EN EUROPE ET EN ASIE ! Première montréalaise .« Leur technique est IMPRESSIONNANTE, elles atteignent une complicité musicale dans un esprit qui est au coeur de la musique de chambre.» The Washington Post « .un des PLUS BEAU concerts de musique de chambre que je souhaite entendre.» Audio Magazine Oeuvres de Haydn, Bernstein, Suk et Smetana Un concert de musique de chambre inoubliable.Ces trois sœurs vous séduiront avec leur extraordinaire complicité, virtuosité et exubérance ! Dimanche 27 janvier, 2oh VOYAGES CONSTELLATION / e 'HtiffTgtHf/' ’/tÿitit.r.970 Les BELLES SOIREES de el l'Université de Montreal vous proposent un voyage culturel en TURQUIE Groupe accompagné par Mme Suzel Perrotte, historienne d'art.Du 13 au 29 mai 2002 Rens.et Réservations : Marjorie 397-0467 ou 987-9798 ¦To q[ JH#-# o O ï'tMf rîM&te 6 i 1 rfijB B If]pliT* SÉRIE MUSIQUE DE CHAMBRE DU CENTRE PIERRE-PÉLADEAU ’ 4 La séduction ENFLAMMÉE H RAFFINÉE une éloquence aussi Ttrrtiirelle qu'elégante » Le Soir, Bruxelles « .icu perlé rie SÉDUCTION et dp RAFFINEMENT Le lournal de Montréal EN RÉCITAL ttliililhliW d’ : mie* e n scène de O r h Réservation 51 1.526.6582 Admission 51 1.790.1245 Théâtre PROSPERO Une t ollaboi.it ion rh'rr yituvis Lundi q février, iqh | Acclamée pour son jeu passionné et raffiné ! D’origine montréalaise, cette jeune pianiste accomplie nous présente des oeuvres de Ligeti.Messiaen, Liszt el Granados.Représentation dimanche 3 février *vec à 15 h 2 janvier février 2002 PMI (mtre PHTre-PèUdrau BILLETS : 987-6919 ' .M.Admission; 790-1246 wwwadmission.com ' - ' -i .• TxV les concepteurs une production du es e une cnéflTiON de GILL6S MflHbU 7 flu 24 FévRien r 20H30 Mttheu nous revient entier, Mahtu fait un retour tout t fait réussi.- Ruban (««augua.Raille-Canala, C'ait b.an MaHtaur la matin un très beau et tendre moment, on en ressort le cotur léger.une belle fresque de l’expérience humaine, avec un parti pris évident pour la quête du bonheur.’ ¦ t»a oumaa.u Piaaaa Billes Uaheu’s triumphant return to Carbone 14:' • Gstoift Chtrltboit, Hour ;.un spectacle serein, musical, festif un hommage i la beauté de la vie." p»ui routant.Ridn-canaèi.Momra.i » *ioini\ ions h \ btnihtins J11 moihlt l El w IWIim IWIV/l \ ^ 11 w ru kki k vn«»\ M\H'\ KK.i.tvM • WM M \RI V .H WIN \\< OIN R M Ml K tü MW MH KIXM •MOR.WI M« >k’l «Zack»: cajun jusqu'au plus profond de son âme dimanche 27 janvier à 20 h | max musimax.com a" Hydro Québec présente LUNDI, 4 FÉVRIER 2001, 20 h Théâtre Maisonneuve, Place des Arts S'tiiih M-Irlllni A L’AFFICHE -FAMOUS PLAYERS-1 1 EXCLUSIVITÉ! I PARISIEN ?| 3h15 - 15h50 -19hlO - 21h45 cuuok ossmo Ii6t».JüOREVÎflüIOü ïlMHIfU HhSSOVIIZ U FILM QUI « BATTU LE RECORD DU BOX-OFFICE FRANÇAIS AU QUEBEC CHOISI POUR REPRESENTER LA FRANCE AUX OSCARS T-dmlcux ~Dcïtin TouUtih Wmi Juin mtwoot «nüMticiscn mitttt MEM Kw'^wniriiNuNU’RviJfi'niiv'RttiiK’Vt tukot junm nsm *k,kmr: obohi aiuiursKtia'' mmm itopukb %»mn mêxj\ wnm «jenMnsaLn i»iauKjar wMFJWajtiiPwrixuHHi«waaMor wRCr«M:n wv^imaveBre'ra'arB wim«vwra*:jajaMij>T»ra; .OTijWTOKjRHmtaL fflüï ÇÜI 1 '«mrftanf -uyira VlVR iaSJt'T B-'AFFSCHEI “FAMOUS PLAYFRS- r—FAMOUS PLAYEPS—I r—FAMOUS PLAYFRS——i i FAMOUS PLAYERS- | PARISIEN ?11 CENTRE LAVAL ?11POINTE-CLAIRE ?1 FM FRAI'DF.MuJiïS Saison aooi/OJ LE TRIO GRYPHON (AMIE PARKER, PIANO ANNALEE PATIPATANAKOON, VIOLON ROMAN BORYS, VIOLONCELLE BILLETS : 25 S, 20 S.12 S ’AXES E’ REDEVANCES EN SUS EN VtNTt A lA PlACt DES ARTS 842-2112 CT AU RESEAU AriW'SStON i-8oo-}fi-4595> Programme TRIO F.N LA MAJEUR.HOR XV i8.DE HAYDN TRIO N* î EN LA MINEUR, OP 26.DE LALO TRIO N’ 2 EN l T MINEUR OP 66.DE MENDELSSOHN £> DFI TL iét 4»d>o C*'>, Théâtre Maisonneuve Place des Arts T.ckott PdA SU *42 2112 ot «eww pdert* corn AdmttB'on OuttetO SU 7*0 12A5 Venue fees end service chargea epply vent dans les voiles pour la course aux Oscars, où son personnage de mère imparfaite, rageuse et lumineuse à la fois, risque de faire bel effet, d’autant que la critique américaine ne cesse de la couvrir de prix depuis la sortie du film là-bas.Torn Wilkinson, aussi puissant, moins connu, peut-être, puisqu’il est Anglais (il était le doyen des chômeurs dans The Full Monty), distille la colère de son personnage de médecin de campagne aimable dans une tristesse profonde qui peu à peu l’écrase.En maîtresse désemparée, brisée par la culpabilité que lui inspire l’assassinat de son jeune amant par son ex-mari, Marisa Tomei élargit son registre, révèle une douceur et une intelligence que ses personnages antérieurs n’avaient pu explorer.Les premières images, montées à la hache, annoncent le regard, rare dans le cinéma américain, d’un cinéaste inspiré par la Nouvelle Vague.Lùnage, aux cadres amples, rappelle par son gros grain, sa lumière crue d’un été sur la côte, l’idée oubliée d’un cinéma sans artifices, de personnages, où la beauté s’invente dans l’œil des spectateurs.Hostile à toute fabrication, ou du moins à toute apparence de fabrication, la mise en scène elliptique, à hauteur de regards, plonge dans l’intimité des héros, livre leur drame à l’état brut, sans traitement pouvant les arrondir ou les enjoliver.In the Bedroom, à ce titre, possède la puissance dramatique d’un Dead Man Walking, dont il découle naturellement.A l’instar des personnages du film de Tim Robbins, ceux qui habitent In the Bedroom doivent assumer seuls la responsabilité de leurs gestes.Et nous, quitter la salle, des questions plein la tête.s< Une œuvre éinouvnnte et un grand témoignage pour rompre avec le silence sur le genocide au Guatemala.>* Kimim.im Mi NtiMu Tijm.Prix Nonn nr.t a Paix le pavjfkwté un documentaire de Mary Ellen Davis àite la oanictpanon de Mateo PaMo ci Daniel HeraandeeSalarar - i r , ?; du 18 au 31 janvier | .lâtlr.zz.'zzzr | Peinture à numéros I AM SAM (JE SUIS SAM) De Jessie Nelson.Avec Scan j Perm, Michelle Pfeiffer, Dakota Fanning, Dianne Wiest, Laura Dern.Scénario: Jessie Nelson, Kristine Johnson.Image: Elliot Davis.Montage: Richard Çhew.Musique: John Powell.États-Unis, 2001,124 minutes.MARTIN BILODEAU IAm Sam, de l'Américain Jessie Nelson, est l’équivalent cinématographique d’une peinture à numéros.fl suffit de regarder la boite pour savoir à quoi le produit fini va ressembler.Pas que le film soit totalement inintéressant, loin s’en faut D repose pour l’essentiel sur les épaules de Sean Perm, qui y joue, avec un naturel presque troublant, un handicapé intellectuel, père célibataire d'une enfant de sept ans dont les facultés sont intactes.Celle-ci compense d’ailleurs les déficits de son père en affichant une maturité qui, aux yeux des autorités de son école, jj faut une seme le doute quant aux ca- bonne dose pacités de celui-ci à assurer d’indulgence son bien-être futur.Place au de la part deuxième , acte, où entre des en scène Mi- ., __ chelle Pfeiffer, spectateurs en riche avo- e - cate stressée Pour Ia,re ° et en maman (Je tous jes sur le point d’exploser, raccourcis qui accepte de défendre la que prend cause du papa faisant appel le film de la décision d’un juge de placer son enfant en foyer d'accueil.La suite de l’intrigue est sans surprise, même si quelques instants drôles, quelques scènes émouvantes, défendent une mise en scène assez fine et discrète.Le ton, guilleret et égal, découle par ailleurs d’un assemblage d'images ordinaires sur lesquelles Nelson a déposé une quinzaine de chansons des Beatles (dont Sam est un aficionado), chantées par des artistes dans le vent (Aimée Mann, Rufus Wainwright, Nick Cave, Sarah McLachlan, etc.).Sans donner du film l’impression d’un juke box, les chansons dictent une humeur en concordance avec le propos doux-amer que tient ce mélodrame sur la paternité marginale.Le scénario est construit comme un amalgame de pièces périphériques servant à nourrir le noyau.Leur fonction est strictement utilitaire, c’est-à-dire qu’elles servent l’action au moment opportun, sans l’importuner quand celle-ci nous transporte ailleurs.Le meilleur exemple de ce procédé reste le personnage de Dianne Wiest, qui campe la voisine de Sam, une musicienne vivant en réclusion dans son appartement.Pour Sam, celle-ci joue un rôle de mère de substitution, et pour son enfant, celui d’une marraine bienveillante.On l'aperçoit dans l’image quand l’action le commande, son existence cesse lorsqu’elle s’en absente.Il faut par ailleurs une bonne dose d’indulgence, de la part des spectateurs, pour faire fi de tous les raccourcis que prend le film et pour faire semblant que la suite de l’intrigue leur est inconnue.Sean Penn, fort émouvant dans ce rôle taillé sur mesure pour épater, aide à faire passer une pilule qui, de toute évidence, est restée dans la gorge de Michelle Pfeiffer.HIP HOP FUNK DUB ELECTRO R&B Pour le plaisir CISM LE DEVOIR.LES SAMEDI R ET DI M V \ l II E .1 A \ V I E R 2 O O 2 (' 7 -^Culture*- Sous les drapeaux A Los Angeles, dix mille bannières etoilees flottent au gre du vent.Les stars, les producteurs à cigares et les jeunes loups des nouvelles technologies se sont apparemment passe le mot Ils ont fiché des drapeaux américains sur les antennes des autos, les ont plantes devant leurs maisons, imprimes sur leurs casquettes et leurs t-shirts.Depuis le 11 septembre, Hollywood se drape dans son symbole.La ville du cinema n'est pas remise de la psychose des attentats.Pas remise du tout.Tenez.1 autre jour, dans l’enceinte geante des studios W arner Brothers, j’ai même vu un drapeau fixe à la caméra d un directeur photo occupé à filmer les scènes d un soap.Le reste de la planète a beau considérer les Américains comme des envahisseurs sans foi ni loi, eux se sentent victimes d’un complot universel.Et ils réclament de leur drapeau la protection et la vengeance.J'arrive de L A.et de Las Vegas, ayant pris le train d’un voyage de presse organisé par le ministère canadien des Affaires étrangères.Celui-ci s'adressait surtout aux journalistes en cinéma.Belle occasion pour nous de rencontrer un tas de professionnels de l’industrie en leur posant, entre deux petits fours, la question qui brûlait les lèvres: «Ça ne vous inquiète pas, vous, cette frénésie de drapeaux?» Presque à voix basse, plusieurs scénaristes, cinéastes, producteurs indépendants répondaient: «Oui mais.Aucune envie de le dire trop haut.» Faut les comprendre.Une déclaration en ce sens Odile Tremblay ?leur vaudrait peut-être d'être lynches sur la place publique.Le courant patriotique est trop puissant pour pennettre aux dissidents d'avouer leurs peurs.Peur du retour à une ère maccarthyste.Peur que les non-patriotes soient montres du doigt Peur de la censure des uns et de l'autocensure des autres.Après le 11 septembre, personne en haut n’avait do mande aux grands studios de retirer de l'écran (ou de couper) des films collés de près ou de loin à la trago die.Les majors se sont exécutés d'eux-mêmes, trop traumatisés pour prendre le risque de choquer qui que ce soit.Quatre-vingt films furent tablettés ou tronçonnés ici.Pas huit, ni vingt.Quatre-vingt un chiffre énorme.Visiter Hollywood quatre mois après les événements, c’çst pénétrer dans un univers encore en état de choc.A croire que le Big One.le fameux tremblement de terre appréhendé par tous, a frappé là-bas et qu'il porte le nom de code (Ml.la Californie est a l'empire audiovisuel ce que le World Trade Center fut à l'économie.Un symbole immense et une cible.D'où sa terreur.1 Venez les grands studios.On y entrait Lui dernier, parait-il, comme dans un moulin ou presque.Personne ne vous demandait de presenter vos passeports a l’en-tree ni de passer vos sacs à main aux rayons X.Aujour d'hui.telle est la norme.Chez Dreamworks ou Wai ner Bros, même combat, les portos des majors sont jalousement gardées comme dos frontières.Quant aux cinéastes, ils se font un peu soldats.Servir sous It's drapeaux, ws sir' la MPAA (Motion Picture Association of America) a ete conviée en novembre par la Maison-Blanche à un petit meeting patriotique En gros, on lui demandait de chercher un moyen d’appuyer la nation en peril.Vous me direz que, de Kennedy à Clinton, It's présidents américains ont toujours courtise Hollywood, que sous le maccarthysme, des liens incestueux furent tisses plus sera- que jamais.Soit! Mais en nos temps modernes.cette association entre la Maison-Blanche et les studios est, semble-t-il, un vrai précédent.Inquiétant précédent.Précisons que la MPAA rassemble sous son parapluie les plus puissants studios américains (Disney, Miramax, MUM.Universal, War ner Bros, etc.).Elle est dirigée par nul autre que Jack Valenti, Tex-assistant du président Johnson.C'est lui à la tète de la mega-association hollywoodienne qui a combattu l’exception culturelle dans les accords inter- nationaux.Cet homme personnifie l'emprise de la pellr cule américaine sur les petites cinematographies efran gérés.Non, je n’ai pas rencontre Valenti à Hollywood, mais un de ses bras droits, lequel refuse d’ailleurs d'être identifie et cite.Ces grosses légumes sont toujours un (vu paranoïaques.Va pour l’anonymat.Interroge sur la rencontre de Valenti avec les hommes du president, son adjoint |iatinail un peu en entrevue.11 jura que l’administration Bush n'avait rien exige de l’industrie du cinéma, se contentant d'indiquer, comme ça en passant, que la nation apprécierait le amp de pouce d’Hollywood en as temps troubles.En principe, la MPAA a refuse que Washington se mêle du contenu des films (ça risquerait de faire crier les cinéastes).Dans les faits, cinéma et pouvoir politique valsent désormais de concert.Valenti a avoué quelque part ne trouver rien de reprehensible à la multiplication de films à caractère héroïque.A la guerre comme à la guerre! 11 a accepte de produire des vi-déodips patriotiques à exporter, certains donnant la vedette à Mohammed Ali, la voix de l'Islam en Amérique.Ces clips-messages s’adresseront surtout au monde islamique, histoire de les convaincre des bonnes intentions américaines.Pant de drapeaux flottent sur los Angeles.J'avais envie d'en décrocher quelques-uns, juste pour aider le cinéma à respirer un peu loin de l'appel aux armes.Une secousse sismique a vraiment ébranlé los Angeles.Bie Big (Me, vous dis-je.o trou bltiva ledet'oir.en V I T R I N K DU DIS Q V K LES SULTANS Les Sultans Disques Mérite Ils étaient un peu nos Beatles, un peu nos Byrds, un peu beaucoup nos Zombies.Les Sultans étaient dans les années 60 les princes des groupes de chez nous, seuls au centre de l’universyéyé, ni menaçant groupuscule de garage comme les Misérables, ni orchestre blanc immaculé à la Classels, pas plus que fumistes hilares à la Sinners.Pour peu que l’on oublie un instant à quel point Bruce Huard, le chanteur si beau, faisait frétiller jeunes filles en fleurs, pour peu que l’on écoute un tant soit peu attentivement ce disque rassemblant les 45-tours à succès du groupe parus entre 1965 et 1968 (et celui des brèves retrouvailles de 1972), on entendra l’essentiel: des voix magnifiquement harmonisées (Bruce et Denis Forcier.merveilleux «blend»), le mariage d’amour entre guitares acous- tiques et électriques, les arrangements délicats et presque toujours heureux.Ces gamins-là avaient du talent, du tact, et parfois même du génie.Qu'on se le dise.Et c'est vrai de leurs adaptations comme de leur matériel original.Ainsi Par amour par pitié, ballade très mélo empruntée à Sylvie Vartan, gagne en douceur folk-rock et en fine tristesse ce quelle perd en pathos.A toi que je pense et En fermant la porte, issues du répertoire à saveur latino de Jay & The Americans, sont tout aussi bonifiées et raffermies que lorsque les Beatles reprenaient du Motown.Et sans égaler les versions d’origine, les versions données par les Sultans d'obscurs titres des Zombies {Dislui, Je t'aime bien, Tout ira) révèlent un goût extrêmement sûr.Mais ce sont les créations — pas si rares — du groupe qui les distinguent le plus admirablement de l’engeance yéyé: LAmour s’en va, avec son motif d’harmonica et ses subtils changements d’accords, vaut bien des airs britanniques de l’époque, et Pour qui pourquoi, à mon sens, est un parfait exemple de folk-pop des années soixante, tous pays confondus, à écouter entre Have You Seen Her Face des Byrds et Pleasant Valley Sunday des Monkees.De cet héritage-là aussi, la chanson québécoise peut s’enorgueillir.Sylvain Cormier LES SULTANS et LIVE À STAROVAN Les Sultans Disques Mérite Il y a déjà eu dans les étals des compilations en format audionumérique des Sultans.En deux volumes itou, à la même enseigne.C’était au temps où Denis S.Pantis recyclait son catalogue à la petite semaine, pour ne pas dire à la sauvette.Les titres s’y présentaient pêle-mêle, fourgués dans des boîtiers génériques.La parution ces jours-ci de deux nouvelles compi- lations des Sultans, ainsi que d’un disque consacré à la carièrre solo de Bruce Huard, permet de mesurer les efforts consentis pour offrir mieux, mille fois mieux: nouveaux transferts exemplaires, livrets de qualité (avec bio, photos rares et moults détails concernant les enregistrements), cela vaut ce qu’on fait chez Rhino, la compagnie pionnière de la réédition bien faite aux Etats.Ce deuxième volume du corpus Sultmis témoigne éloquemment du bon travail accompli: on a inclus ici tout ce qui n’était pas succès de palmarès, tout ce que le fan voulait et ne pouvait obtenir qu’en cherchant longtemps, plages d’album, faces B de 45-tours, y compris les premiers essais de 1965 (l’instrumentale La Bohême de Claude Reid, notamment).Izîs trois titres en anglais sont particulièrement valables: Looking through You, surtout, est un triomphe d’harmonies et de mélodie.D’intérêt plus strie tement historique, le document té- moin de l’ultime spectacle du groupe, au L'entre Paul Sauve en 1968 devant une foule d'adolescentes en larmes et en cris, complète utilement le portrait.les Sultans, c’était aussi ça: des idoles, dont on entendait bien |)eu les jolis jeux de voix et de guitares dans le concert des hurlements.Il n’est pas trop tard pour prêter l’oreille.S.C.L’AMOUR, L’AMOUR, L’AMOUR Bruce Huard Disques Mérite Lancé un peu malgré lui dans l’aventure solo à l’automne 1968, Bruce Huard y souffrira beaucoup, incapable de supporter seul la dense lumière des médias pour vedettes de chez nous: de fait, il quil tera complètement le métier au milieu des années 70.les chansons n’étaient pas mauvaises pour au tant, loin s’en faut: ça ressemble en- core à du Sultans, mais avec des cuivres, des cordes et des choeurs en sus.Excellents refrains pop, LAmour, l'amour, l'amour, Ixiisse-moi.Je pleure, sont de cette mouture parfois un peu trop riche: dans le genre, los deux chansons de Bruce utilisées dans le film Finalement sont probablement les plus réussies (on les retrouve ici en versions anglaises inédites,/«s/ Like The Sun et Ely Up To I he Sky).Au début des années 70, dans la foulée des «songsmiths» à la James Taylor, Bruce Huard enregistrera d’agréables ballades acoustiques, la plupart de son cru, dont l’essentiel d’un album jamais paru: les bandes récemment dénichées dans les voûtes de Pantis émergent enfin, faisiint de cette compilatipn un véritable petit événement A l’écoute, on se dit que ce Bruce de 1974, parmi les Beau Dommage et Harmonium, n’aurait pas été hors d’ordre.Mais sans doute eût-il fallu qu’il soit moins beau.S.C.Projet Célébration formule interprètes 14 INTERPRÈTES JEAN-FRANÇOIS DÉZIEL, ELINOR FUETER, EMMANUEL JOUTHE, DAVID KILBURN.GENEVIÈVE LA, MARIE-ÈVE NADEAU, KHA NGUYEN, CATHERINE VIAU ET DANIEL VILLENEUVE PIANISTE DAVID LEROUX MAÎTRES-INTERPRÈTES ANNIK HAMEL, LIZA KOVACS.SYLVAIN LAFORTUNE, MANON LEVAC, HEATHER MAH, ROBERT MEILLEUR, KEN ROY ET CATHERINE TARDIF CHORÉGRAPHES LOUISE BÉDARD, BRIGITTE HAENTJENS, DANIÈLE DESNOYERS.SYLVAIN EMARD.JOSÉ NAVAS, DOMINIQUE PORTE COLLABORATEURS CHRISTINE CHARLES ET MARC PARENT Parallèlement Rencontres inusitées Une installation consacrée aux interprètes qui donnent vie à la danse De Alain Francœur Au laboratoire dès 19h et les samedis de 13h à 17h 23 au 26 et 30 janvier au 2 février 2002, 20h Jeudi-causerie le 24 janvier 2002 après la représentation une rencontre féconde avec les artistes animée par Alain Francœur L'AGORA Studio de l’Agora de la danse 840, rue Cherrier, Métro Sherbrooke TTpjn- Billetterie : (514) 525-1500 utftSK Réseau Admission : (514) 790-1245 I»: Québec ! LE DKVOIR théâtre Pour l’horaire complet, consultez L’l feenda I 2001-2002 • C lai)pan 18e saison - 2001/2002 UNI: l’Rl.xi NTATIOM DI I A COMMISSION DI I A C API IAI l NAllONAII Ht Ol I III ( Les Violons^ du Rojj Direction artistique et musicale: bernard labadie p f n t
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