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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2002-02-06, Collections de BAnQ.

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SANTE FORUMS Québec doit ouvrir la porte au privé, disent les orthopédistes Page A 3 «C’est maintenant Davos qui regarde Porto Alegre » Page A 5 w w w e v o i r .c o ni ?LE DEVOIR V 0 L .X C I I 1 N * 2 4 ?L K M K K ( H E D 1 Nicolas Duval, un orthopédiste las des interminables listes d’attente qui vient de se désaffilier de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ) pour pouvoir opérer des patients en échange de milliers de dollars, n’est pas sans susciter la discussion chez les médecins spécialistes.Après avoir investi 500 000 $ pour se doter des équipements nécessaires, le Dr Duval a commencé, le mois dernier, à opérer ses premiers patients à Montréal.Il peut en coûter jusqu’à 10 000 $ pour un remplacement de hanche.La loi permet aux médecins de pratiquer ainsi dans le privé, mais à condition de cesser toute pratique dans le régime public.Jusqu’à maintenant, une poignée de médecins seulement (221), confinés dans des spécialités comme la chirurgie esthétique ou l’ophtalmologie, s’étaient désaffiliés du régime public.Mais en orthopédie, une spécialité où les listes d’attente sont très longues, ce départ crée de sérieux remous.Le système public en crise Le président de l’Association des orthopédistes du Québec, le Dr Raymond Hould, admet d’emblée appuyer totalement le geste du Dr Duval, «puisqu’il est le reflet de la crise que vit le système public» et que cela confirme «que notre système ne fonctionne plus».Pour le représentant des orthopédistes, les listes d’attente sont le reflet direct des limites budgétaires imposées aux hôpitaux, qui se traduisent inévitablement par le report de chirurgies électives pour des milliers de patients.«Dans ce système, on pare aux urgences.Les compressions finissent parse faire sur le dos des patients en attente de chirurgie, notamment ceux qui attendent pour une hanche ou un genou», affirme le EK Hould.Compte tenu des limites imposées aux budgets des salles d’opération, les chirurgiens en orthopédie n’opèrent plus en moyenne que de 1 à 1,25 journée par semaine et occupent le reste de leur temps à des activités qui ne relèvent pas des soins directs aux patients.Et cela, même si la demande pour des remplacements de hanche et de genou est pourtant en explosion.Pour les orthopédistes, c’est le signe qu’il faut revoir les façons de faire et songer, notamment, à confier au secteur privé le soin de réaliser des chirurgies moins urgentes qui peuvent être effectuées hors des hôpitaux.«Qu’on laisse donc le système privé s’occuper des gens que le système public n 'est plus capable de prendre en charge.On est certains que des tiers payeurs seraient intéressés à investir pour créer ces cliniques sans que ces services soient désassurés.Les soins continueraient à être payés par l’État», affirme le B Raymond Hould.Désintéressement des jeunes En plus d’être pénible pour les patients, la limite de temps opératoire imposée aux médecins se répercute aussi sur l’intérêt que manifestent les jeunes à l’égard des spécialités chirurgicales comme l’orthopédie.«C’est dramatique.Les étudiants ne veulent pas aller se former à l’étranger pour revenir ici et se faire dire qu’ils ne peuvent pas opérer leurs patients», ajoute le porte-parole des orthopédistes.La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) abonde dans ce sens et soutient toujours la création de cliniques affiliées qui offriraient, par contrats, leurs services à moindres coûts aux hôpitaux.«La technologie permet aujourd'hui de faire des opérations comme des arthroplasties de la hanche hors des hôpitaux.Les chirurgies électives faites hors des hôpitaux pourraient être une extensim du régime public et permettraient aux hôpitaux de concentrer leurs ressources sur les cas lourds et complexes», affirme le président de la FMSQ, le D'Yves Dugré.Proposée par la FMSQ et reprise dans les recommandations de la commission Clair, l’idée de créer des cliniques de médecine spécialisée affiliées aux hôpitaux n’a pas été reprise par Québec.Dans la seule région de Montréal, en septembre 2001, plus de 1500 personnes attendaient, dont 556 depuis plus de six mois, une chirurgie de la hanche ou du genou.Compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de patients a bondi de 20 % en une année.«On a augmenté de 4 % le volume de chirurgies, mais la demande croît plus vite.Même avec plus d’argent, le manque de personnel infirmier et de lits nous empêcherait de faire plus», soutient Louis Côté, de la Régie régionale de la santé de Montréal-Centre.EN BR E F Le parc Safari fait faillite (Le Devoir) — Incapable d’épon ger son déficit de 9,5 millions, le parc Safari d’Hemmingford a declare faillite hier.Fondé il y a trente ans, l’institution s’était placée sous la protection de la Loi sur les faillites en octobre dernier, les propriétaires affirment que des pourparlers se poursuivent avec des investisseurs potentiels et ils espèrent disposer d’un plan de relance d’ici la tenue de l’assemblée des créanciers prévue ]xmr le 1" mars.Pour y arriver, il leur faudrait, disent-ils, conclure une entente de partenariat avec le gouvernement du Québec.le parc Safari compte 30 employés permanents et emploie 300 personnes durant la saison estivale.Près de 900 animaux y vivent, représentant 95 espèces dont une vingtaine sont en voie d’extinction.L’enquête sur l’affaire Minna est abandonnée (PC) — le conseiller en éthique fédéral, Howard Wilson, a renoncé à faire enquête sur le cas de l’ex-ministre responsable de la Coopération internationale, Maria Minna, qui avait voté dans un autre quartier que le sien lors d’une élection municipale, alléguant que l’affaire ne relève plus de sa juridiction puisque Mme Minna ne fait plus partie du cabinet Le premier ministre Jean Chrétien avait soumis à M.Wil- son le cas de Mme Minna, à la suite d’une élection partielle tenue à Toronto.Mme Minna a été écartée du cabinet lors du remaniement effectué un mois plus tard.1 a décision du conseiller en éthique a soulevé un tollé parmi les députés de l’opposition.«Il a un dossier partait.Il a réussi à exonérer tous les libéraux sur lesquels il a enquêté», a déclaré Charlie Penson, critique de l’Alliance canadienne en matière d’industrie.Gagliano n’aura pas à témoigner Ottawa — Les libéraux ont mis fin, hier, à tout espoir des partis d’opposition d’entendre des témoins afin de faire la lumière sur les allégations d’ingérence et de favoritisme portées à l’endroit de Tex-rrû-nislre des Travaux publics, Alfonso Gagliano.Forts de leur majorité, les huit députés libéraux qui siègent au comité parlementaire des Transports et des opérations gouvernementales ont défait, une après l’autre, les tentatives de l’opposition.«la partisan crie a fuit ses effets [.] Ils [les libéraux] ont une sainte peur de connaître la vérité», a indiqué le député du Bl - Les commanditaires A Lossonde toc 5 ALCAN lQ!£L u DrvniR £ CÆ nw Date limite de réception des candidatures: le vendredi 8 mars 7002 Le gala des Phénix aura lieu le jeudi 30 mai 2002 à 17 h, au Grand Théâtre de Québec Pour information : ISM) 98/ 8091 ou Ml8) 872 2238 phenixdelenvironnement.qc.ca, info@phenixdelenvironnement qc.ca K I I C A I L E DEVOIR, L E MERCREDI «i E E V R I K R _» 0 0 a r> * LE DEVOIR * LE MOPE Un retour au pays qui sert la gauche A rapproche de l'élection présidentielle en France, un ancien élu RPR rentre d'exil pour faire face à une accusation de trafic d'influence H* k.i\r.« i r Le retour de Didier Schuller n’arrange en rien le parti de Jacques Chirac (à gauche, sur la photo bien entendu).Le Parti socialiste de Lionel Jospin se défend d’avoir manigancé l’affaire.REUTERS Créteil — L'ancien élu RPR Didier Schuller, en fuite depuis 1995.est rentré hier en France et a aussitôt été présenté au juge d'instruction chargé de l'enquête sur l’Office des HLM des Hauts-de-Seine.A1 issue de plus de quatre heures d’interrogatoire au tribunal de Créteil, dans le Val-de-Marne.Didier Schuller a été présenté en début de soiree au juge des libertés qui devait statuer sur son placement en détention provisoire, a-t-on appris auprès de son avocat, Jean-Marc Fedida Le juge d'instruction Philippe Vandingenen a notifié à Didier Schuller sa mise en examen pour «trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux» dans le cadre de l’enquête sur un financement illégal présumé du RPR par des entreprises de bâtiment qui travaillaient avec les HLM des Hauts-de-Seine, dont il était le directeur généra] de 1986 à 1994, a-t-on précisé de source judiciaire.Me Jean-Marc Fedida, le nouvel avocat de Didier Schuller, que celui-ci a choisi avant son départ de Saint-Domingue, défend dans d’autres dossiers des clients dénonçant l'existence d’un financement illégal du RPR Sous le coup d’un mandat d'arrêt international, l'ancien conseiller général des Hauts-de-Seine a été interpellé à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle dès son arrivée.en début d’après-midi, en provenance de la République dontinicaine.R a été directement transféré au palais de justice de Créteil sous escorte policière.Didier Schuller, 54 ans, ancien proche de Charles Pasqua, avait embarqué à Saint-Domingue à bord d'un vol d’Air France sans son épouse, Christel Délavai, qui fait aussi l’objet d'un mandat d’arrêt international.La France avait demandé officiellement l’extradi-tionde Schuller la semaine dernière.Iaa fugitif a préféré rentrer de lui-même.Dans plusieurs interviews la semaine dernière, il a affirmé avoir participé à un sys- tème de financement illégal du RPR et annoncé son intention de s’expliquer.Dans un dernier entretien avant son départ de Saint-Domingue, publié hier par Monde, il affirme cependant ne vouloir dénoncer personne et n’avoir aucun compte à régler.Pour la droite, le retour de Didier Schuller, à onze semaines du premier tour de l’élection présidentielle, sert la campagne du Parti socialiste.«]e constate que le premier argument de la campagne socialiste va bientôt débarquer à Paris», a déclaré Michèle Alliot-Marie, présidente du RPR, qui estime que les faits reprochés à Didier Schuller ne concernent que lui et pas le parti gaulliste.Dans les rangs de la majorité, le premier secrétaire du PS, François Hollande, et le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, ont fermement démenti toute implication du f’S ou du gouvernement dans ce retour.«Le Parti socialiste n’a rien à voir avec cette affaire, le gouvernement n 'a rien à voir avec cette affaire qui regarde la justice, pas les hommes politiques», a dit Jean Glavany.Selon Le Canard enchaîné du 6 février, Jaçques Chirac a organisé lundi matin une réunion à l'Elysée pour examiner les risques politiques et judiciaires de ce retour.Un an après son écrasante victoire Ariel Sharon n’a pas réussi à mater l’intifada CHRISTIAN CHAISE AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — Un an après avoir été triomphalement élu au poste de premier ministre en promettant à ses compatriotes de mettre fin à l’intifada, Ariel Sharon cherche toujours en vain à mater une révolte de plus en plus sanglante pour Israël.«Son principal échec consiste à ne pas avoir tenu sa promesse de la campagne», a déclaré Mark Heller, du Centre Jaffee d’études stratégiques de l’université de Tel-Aviv.Mais pour cet analyste, cet échec n’a toutefois pas de quoi surprendre.Les Israéliens m’ont pas voté pour lui parce qu ’ils croyaient ses promesses mais seulement parce qu’ils en avaient assez [du président palestinien Yasser] Arafat», a poursuivi M.Heller.Aujourd'hui bloqué par les chars israéliens dans ses bureaux de Ramallah, en Cisjordanie, M.Arafat s’était en effet selon les enquêtes d’opinion de l’époque, avéré le meilleur agent électoral de M.Sharon, alors chef de l’opposition nationaliste de droite.D’après ces sondages, le déclenchement de l’intifada, le 28 septembre 2000, et son intensification, en plongeant les Israéliens dans l’insécurité, les avaient aussi jetés dans les bras de M.Sharon., Le premier ministre de l’époque, le travailliste Éhoud Barak, avait alors subi la plus grande déroute de l’histoire d’Israël, M.Sharon l’emportant le 6 février avec quelque 25 points d’avance.Quelques semaines après son arrivée au pouvoir, le 7 mars, M.Sharon avait indiqué de manière sibylline avoir trouvé une «formule magique» pour mettre fin aux attaques palestiniennes.En fait, celles-ci n’ont fait que s’intensifier, les Palestiniens ayant de nouveau recours de manière systématique aux attentats suicide.Sur les 251 Israéliens tués depuis le début de l’intifada, environ les quatre cinquièmes l’ont ainsi été après l’élection de M.Sharon, et rien ne permet de penser que la violence va cesser.«Je ne pense pas qu il puisse y avoir une différence fondamentale» dans les mois qui viennent sur le plan de la sécurité, a ainsi estimé M.Heller.A la recherche d’excuses Malgré la récente rencontre, la semaine dernière, entre M.Sharon et trois hauts responsables de l’Autorité palestinienne, il a affirmé ne pas croire à une «percée politique» qui permettrait une reprise des négociations sur un règlement du conflit «Je pense que Sharon cherche toutes les excuses pour éviter de se lancer dans des négociations sérieuses, et c’est pourquoi il a de la chance d’avoir Arafat, parce qu’Arafat lui fournit toutes ces excuses», a affinné M.Heller.Ira grave détérioration de la situation en matière de sécurité a entraîné un déclin sensible de sa cote de popularité, longtemps stable.Selon le dernier sondage, publié vendredi, 48 % des Israéliens se disent satisfaits de lui, contre 43 % qui s’avouent mécontents.Il y a un mois, les chiffres étaient respectivement de 57 % et 34 %.En matière de sécurité, 54 % des personnes interrogées (contre 40 % le mois précédent) affichent leur mécontentement 37 % seulement (contre 54 %) étant satisfaites.Seules 22 % estiment que M.Sharon parviendra à mettre fin aux attentats durant l’année à venir, 69 % étant d'un avis contraire.Dans ce sombre panorama, M.Sharon peut cependant se targuer d’avoir préservé «un gouvernement contre-nature», pour reprendre l’expression de M.Heller à propos du gouvernement d’union nationale, qui va du Parti travailliste à l’extrême droite.Surtout il a réussi à «maintenir, et même à améliorer, la position internationale d’Israël», en particulier avec les Etats-Unis, a ex pliqué M.Heller.Aidé en cela par les attentats du 11 septembre contre New York et Washington, M.Sharon est en et fet parvenu à convaincre l’administration Bush du bien-fondé de ses vues et de sa politique vis-à-vis de M.Arafat ou encore des dangers présumés que représente l'Iran.Illustration symbolique de ce soutien américain pratiquement sans faille, M.Sharon devait justement partir aujourd’hui, jour anniversaire de son élection, pour sa quatrième visite officielle en moins d’un an à Washington.Nouvelle flambée de violence en Algérie AGENCE FRANCE-PRESSE Alger — L’Algérie connaît une nouvelle et brusque flambée de violence des groupes armés islamistes radicaux, qui ont repris les massacres collectifs, tuant une quarantaine de personnes en cinq jours.Les groupes armés opposés à la politique de concorde civile et de réconciliation nationale du président Abdelaziz Bouteflika semblent vouloir renouer avec la stratégie de la terreur alors que les Algériens se mettaient enfin à croire à un retour de la paix après un ramadan relativement calme, de la mi-novembre à la mi-décembre.Pour la première fois, ce mois de jeûne musulman, considéré par les groupes armés comme propice au djihad (la guerre sainte), a été le moins sanglant depuis 1992, lorsque l’Algérie avait plongé dans les violences à grande échelle.Mais depuis quelques jours, le pays fait face à une recrudescence des attentats, avec des embuscades contre les forces de sécurité et des massacres de civils, notamment lors de faux barrages dressés inopinément sur les routes à grande circulation et qui constituent la hantise des Algériens.Lundi soir, neuf personnes ont été assassinées par balles sur la route nationale 4 reliant Alger à Oran.Trois personnes ont été blessées dans cette attaque.Les assaillants, vêtus de treillis militaires, ont dressé un «faux barrage» au même endroit où seize voyageurs avaient été assassinés le 7 juillet dernier, selon un habitant joint par téléphone depuis Alger.Le même groupe, selon ce témoignage, s’est ensuite rendu au hameau proche de Sidi Amman où il a massacré la famille d’un «patriote», ces civils armés par les autorités pour défendre les villages contre les groupes armés islamistes.D’autre part, deux gardes communaux ont été tués et trois blessés dans l'attaque de leur patrouille par un groupe armé islamiste près de Tizi Ouzou, à 110 kilomètres à l’est d’Alger.Ces nouvelles victimes portent à une quarantaine le nombre de personnes tuées par les groupes armés islamistes depuis le 1" février.Une icône de l’Afghanistan traquée.par la CIA?De mystérieux Occidentaux ont récemment offert de fortes sommes en échange de renseignements sur une jeune réfugiée CLAIRE AN LE MONDE Ses yeux verts disent la douleur d’un peuple.Prise en 1983 par Steve McCurry dans un camp de réfugiés afghans proche de Peshawar, au Pakistan, cette photo fît la une de la revue National Geographic — qui l’a élue parmi ses photos du siècle —, puis le tour du monde.Longtemps, le photographe a cherché à retrouver son modèle.Sans succès.Il aura fallu une nouvelle guerre pour que d'autres s’inquiètent de son devenir: Jason Burke, qui raconte son parcours dans YObserver du 3 février, et surtout de mystérieux Occidentaux, qui ont largement montré sa photo dans les marchés bondés de Peshawar.Se présentant comme des journalistes du National Geographic, ils ont offert de substantielles sommes d’argent à qui serait capable de les renseigner.Car Alam Bibi aurait brièvement figuré dans l’entourage d’Oussama ben Laden, cible de l'offensive américaine en Afghanistan.En 1983, sa famille avait fui Agam, un village proche de Jalalabad, détruit par les hélicoptères russes.La petite fille apprit l’anglais dans une école montée par une ONG occidentale à Peshawar.Après la chute du régime mis en place par Moscou, en 1992, la famille choisit de rentrer au pays.Sa maison détruite, ses champs bourrés de mines, elle s’installa plus à l’ouest, dans une région de grottes, qu’on appelait Tora Bora.Quelques années plus tard, Oussama ben Iraden, chassé du Soudan, fut invité par des chefs locaux à s’y installer.Alam Bibi se lia alors d’amitié avec les femmes les plus éduquées de l’entourage de l’homme d’affaires saoudien.Elle enseigna même l’anglais aux filles de celui-ci.Le départ du clan ben Iraden pour Kandahar, le fief du régime taliban, n’empêcha pas la jeune femme de maintenir des liens.«Pille n’était pas sympathisante ou défenseur des Arabes», a indiqué un ami de la famille à YObserver sous couvert d’anonymat.«Elle appréciait leur compagnie et leur conversation.» Alam Bibi et les siens sont retournés vivre à Peshawar en décembre dernier.Jason Burke ne l’y a pas trouvée.Fit ces étranges Occidentaux de Peshawar?Ils n’avaient pas été mandatés par le National Geographic mais ont été aidés dans leurs démarches par les autorités pakistanaises.Il pourrait s’agir d’agents de la CIA à la recherche de renseignements sur Oussama ben Iraden.Craignant d’étre capturée, Alam Bibi a fui avec ses deux enfants dans les montagnes, il y a une quinzaine de jours.Elle a rompu tout contact avec sa famille.Dix-huit ans apres, son terrible regard n’a sans doute pas changé.NATIONAL GEOGRAPHIC SOCIETY Alam Bibi avait déjà fait la une d’un grand magazine américain en 1983.Rôles «inversés» « C’est maintenant Davos qui regarde Porto Alegre » AGENCE FRANCE PRESSE Porto Alegre — Le Ile Forum social mondial de Porto Alegre exige des changements radicaux (Luis l’ordre international mais estime avoir déjà gagné la bataille à distance sur Davos-New York, fort d'un sum's sans conteste avec une [larticipation triplée.Alors que les représentants des 4909 organisations participiuites lançaient hier soir un appel «à la résistance à la militarisation et au néolibéralisme» clairement adressé aux Etats-Unis, le président George W.Bush annonçait de son côté le débkx'age de cinq milliards de dollars supplémentaires pour la lutte contre le terrorisme.Des appels au dialogue entre les deux forums avaient pourtant surgi, celui du premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui ne voit «pas beaucoup de contradictions entre les deux bords», ou celui du président péruvien Alejandro Toledo, appelant à «construire un pont».Cependant, le seul contact réel, pendant la tenue simultanée des deux forums, s'est résumé à un débat de huit minutes, par le truchement de la télévision suisse romande, entre un des organisateurs du Forum social.Candido Grzybowski, et le directeur général du Forum économique mondial, André Schneider.«Je ne crois pas encore que l'on puisse se retrouver dans un grand débat, c’est une utopie que l’on a toujours, mais nous sommes dans des schémas qui ne se croisent pas tellement», avait conclu le représentant de Porto Alegre, pourtant considéré comme un modéré'.«Ix IP P'orum social mondial a réuni plus de 60 (XX) personnes et c’est maintenant Davos qui regarde Porto Alegre.On les inquiète», s’est réjoui le comité organisateur.«I/i bataille symbolique de Porto Alegre sur Davos est iléjà gagnée car, ici, on est loin d’un espace mondial qui tend à l’homogénéisation», a estimé l'universitaire français Daniel Bensaid.I !n an après la création du forum, son audience a dépassé tous leurs es(x>irs, accueillant même 406 délégués et 166 organisations des Etats-l luis.Si, en 2(X)1, le forum était un cri de dénonciation et portait bien son nom d’anti-Davos, cette année, il estime «avoir servi à capter ce qu avaient à dire les orga nisations au monde» et à «construire des alternatives».ONU, OMC et FMI dans la mire Un appel à la démocratisation de TOND, accusée de ne plus jouer son rôle de garante de la paix, a été lancé, tout comme la proposition de créer un autre organisme capable d’intervenir véritablement.Un tribunal symbolique international a jugé la dette extérieure des pays du Sud «odieuse et illégitime» et exigé son «annulation avec demande de réparation et de restitution des richesses pillées» dans les pays du Tiers-Monde.Ces derniers demandent à la Cour internationale de Ira Haye de se prononcer sur le sujet.Au passage, le FMI — un des grands accusés de Porto Alegre en général — a été reconnu responsable de la crise argentine, présentée comme un «cas d’école» de la «faillite» de ce mode de gestion.Tout au long du Forum social mondial, pas une manifestation n’oubliait d’apporter son soutien au voisin et brie cardait systématiquement Bush et le FMI.Autre cible, l’OMC n’a pas échappé aux critiques.ONG et représentants des pays du Sud se sont tous accordés à exiger qu’échappent de son champ de négociation des secteurs entiers relevant des besoins essentiels, comme l’eau et les médicaments.Pour la première, les participants proposent la création d’un parlement mondial de l’eau et d’une journée mondiale, le 22 mars.Pour les seconds, un observatoire des prix pourrait être créé afin d’éviter les abus des grands laboratoires pharmaceutiques.Dans la foulée, l’idée de la mise en place d’un G8 avec des pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil fait son chemin pour contrecarrer l’hégémonie des grandes puissances.Ces propositions seront approfondies toute l’année dans des forums régionaux mais seront surtout portées par les militants qui repartent avec un calendrier d’actions quasi mensuelles, en marge des rendez-vous internationaux, en attendant Porto Alegre 2fX)3.Une famille «talibane» plaide pour Daniel Pearl REUTERS Islamabad — Ira.famille d’un dirigeant des talibans détenu par les États-Unis a réclamé hier la libération du journaliste américain Daniel Pearl, enlevé fin janvier au Pakistan, et a nié toute implication dans cette affaire.Pearl, journaliste au Wall Street Journal, a disparu le 23 janvier à Karachi, dans le sud du Pakistan, alors qu’il cherchait à prendre contact avec des groupes islamistes.Un mouvement a revendiqué son enlèvement et exigé la, libération d’activistes pakistanais capturés par les États-Unis durant leurs opérations en Afghanistan, ainsi que celle du mollah Abdul Salam Zaeef, ancien ambassadeur des talibans au Pakistan.Un proche parent de Zaeef a déclaré au nom de sa famille que celle-ci n’avait jamais été en contact avec les ravisseurs de Daniel Pearl.«Nous réclamons la libération immédiate du journaliste américain», a-t-il dit.«Nous n’avons absolument rien à voir avec les ravisseurs.Ils ne nous ont joints ni avant ni après l’enlèvement.» Zaeef, qui s’était fait connaître dans le monde comme le porte-parole du régime islamiste afghan renversé l’an dernier, s’est retrouvé aux mains des autorités américaines après avoir été expulsé du Pakistan vers l’Afghanistan. LE DEVOIR.LE MERCREDI 6 FÉVRIER 2002 ÉDITORIAL Les piliers sont ébranlés Le scandale Enron prend des proportions considérables à mesure qu’on en apprend un peu plus sur les tactiques qui ont conduit cette firme américaine à la plus importante faillite de l’histoire.Hier, un comité du Congrès ordonnait au président démissionnaire, Kenneth L.Lay, de comparaître devant lui pour s’expliquer.Magouilles comptables, juridiques, politiques.le cocktail est explosif.0 JeanRobcrl n n’en saura pas plus à la suite de la comparution de l’ex-président Kenneth Lay puisqu’on s’attend à ce qu’il refuse de répondre, comme la Constitution américaine l’y autorise.Qu’importe, puisque d’autres enquêtes permettront de connaître les détails de cet inquiétant roman-fleuve.Samedi dernier, un premier rapport rédigé par un comité spécial du conseil d’Enron, représentant les actionnaires de l’extérieur, en arrivait à des conclusions accablantes pour les ex-dirigeants de ce qui a été le courtier en énergie le plus important au monde.Selon ce rapport, la direction d’Enron utilisait bel et bien des subterfuges comptables complexes dans le but de masquer des dettes et de gonfler les revenus.Avec la complicité de conseillers juridiques et comptables de firmes reconnues qui auraient dû sonner l’alarme au lieu de jouer le jeu, les hauts dirigeants d’Enron ont créé de toutes pièces des chaînes complexes de filiales et d’entreprises partenaires auxquelles étaient confiées des opérations déficitaires qui n’apparaissaient pas aux livres de la société mère.De cette façon, Enron affichait une croissance impressionnante de ses profits, favorisant une valorisation aussi forte qu’artificielle de l’action en Bourse.Dans certains cas, les dirigeants eux-mêmes se versaient de généreux honoraires à même les dépenses de ces filiales de papier, fraudant ainsi leur entreprise.A lui seul, le directeur des finances, Andrew Fastow, aurait extorqué au moins 30 millions de cette façon, sans compter la vente d’actions d’Enron à fort prix, quelques mois seulement avant la débâcle précipitée par la mise au jour des résultats désastreux de ces mystérieux partenaires.Par-delà le cas d’Enron, ce qui inquiète le plus, c’est qu’il est maintenant reconnu que plusieurs autres grandes sociétés ont eu recours à des méthodes semblables.Et, dans chaque cas, ce sont des firmes comptables, des banques, des maisons de courtage et des cabinets d’avocats réputés qui ont permis la réalisation de tels montages financiers.Des firmes de comptables qui sont à la fois conseillers internes et vérificateurs externes; des analystes financiers qui rédigent des recommandations d’achat de titres mis en marché par leur propre firme de courtage.le scandale éclabousse bien des professions qui ont trahi et qui continuent de trahir leur serment dans l’unique but d’enrichir le groupe d’associés.Malheureusement, étant donné ce laxisme incroyable des ordres professionnels et des organismes de contrôle en matière de conflits d’intérêts au Canada comme aux Etats-Unis, la seule façon pour les investisseurs et les employés de connaître la vérité est d’attendre qu’un autre scandale explose.Ce qui pourrait venir plus vite qu’on ne le croit, maintenant qu’on a enfin compris que ces pratiques «créatrices» pouvaient se transformer en autant de bombes à retardement.J rsa n s fa cnnfaled e v oir.c a Sansfaçon ?La moisson militaire =|| ésumé en quelques mots, le budget confectionné par l'administration Bush, c’est le tout-sécuritaire doublé d’une renaissance: celle des reaganomics.D’un côté, le ministère de la Défense se fait octroyer une augmenta-) tion si prononcée que son budget s’avère le plus im-7 portant (380 milliards) depuis les années Reagan.De 'autre, on espère que les déductions fiscales allouées seront dépensées en biens de consommation imprimés du label made in USA et qu’ainsi l’économie du pays sera dopée.Pour la petite histoire, on se rappellera que les reaganomics avaient surtout fait le bonheur financier des BMW, Gucci, Givenchy et autres produits de luxe importés.Ainsi donc, le 11 septembre aidant, si l'on ose dire, les marchands d’armes vont passer à la caisse enregistreuse pendant que bien d’autres vont se morfondre.On pense avant tout au ministère du Travail, qui voit son budget amputé davantage que tous les autres.Par conséquent, la majorité des programmes conçus pour la formation des individus vont passer à la trappe.L’environnement et l’agriculture écopent également, ainsi que, on s’en doute, la santé.L'obsession sécuritaire a atteint un tel degré que seuls les postes budgétaires qui lui sont liés ont trouvé grâce aux yeux de l’administration.A cet égard, il est intéressant de noter qu'outre les milliards accordés au Pentagone, on a majoré les sommes qui, dans chaque ministère ou administration, sont utilisées aux fins de la sécurité.Par exemple, si le ministère de l’Agriculture voit son enveloppe globale réduite, l'une de ses divisions, celle qui a la responsabilité de contrer une possible attaque bioterroriste, jouira d’une rallonge de plusieurs millions de dollars.Il est évidemment à craindre que la culture de la défense que cette administration est en train d'instiller dans toutes les sphères de l’administration publique se traduise par une surenchère.Laquelle?Bien des responsables, bien des hauts fonctionnaires seront forcément enclins à orienter certaines activités en direction de ce tout-sécuritaire afin d’éviter d’éventuelles compressions lors des prochaines budgets.C’est en tout cas ce que craint plus d’un observateur du Capitole.On y estime en effet que l’extrordinaire augmentation arrêtée pour la sécurité intérieure, soit le double de l'an dernier, va attirer bien des administrateurs.Ici et là, on s’attend en fait à ce que tous les ministères décident de réformes logeant à l’enseigne de ce tout-sécuritaire.Cela étant, ce nouveau budget doit réjouir les Lockheed Martin, General Dynamics, Raytheon, United Technologies et autres fabricants d'armes qui, tous, ont davantage donné aux républicains qu’aux démocrates lors de la dernière campagne présidentielle.Dans pratiquement tous les cas cités, le parti de Bush a récolté 60 % des millions accordés à titre de financement électoral.À l’évidence, ces sociétés sont appelées à récolter des contrats comme jamais cette année.Cela, pour contrer les prochaines et éventuelles attaques terroristes.lorsqu'on analyse les montants accordés, on a l’impression que les Etats-Unis se préparent à contrer l’offensive simultanée de mille divisions de chars et d’autant de bombardiers.Est-ce vraiment le cas?Evidemment non! Serge Truffant ?LE Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE érAP-NoTrf 'A C£ /MrôNÎMCt, m ANS VA v ATT&4M! v mu® LÉS So Ans frf SÊûNg tVÇuZA&ETH TT- De génération en génération S’il n’y avait pas eu ma grand-tante, âgée de 91 ans maintenant, pour me donner, à des moments critiques de ma vie, ces repères dont parlait Denise Bombardier, je me serais probablement retrouvée dans des maisons de désintoxication, dans la rue, monoparentale désabusée et pauvre ou encore emportée par le suicide.Je le pense sincèremenL Je pense que mes parents se sont éloignés de l’univers de leurs parents, poussés par les idéologies modernes à la mode des années 60 à 70 et aussi parce que ces années allaient de pair avec une explosion économique qui leur a donné une aisance matérielle.J’ai goûté à une adolescence débridée, à un moment où c’était encore peu commun.J’étais laissée à moi-même, avec un affect dérouté.Sans ma grand-tante, avec qui j’avais, par un concours de circonstances, gardé des liens, je suis sûre que ma vie aurait pu être un désastre complet Je constate avec horreur, depuis longtemps, que les jeunes qui sombrent dans la délinquance, la drogue, se multiplient J’aurais pu être une des leurs.Je comprends mal les adultes de 60 ans et plus qui critiquent la génération de leur parents.Comment peuvent-il insinuer qu’ils ont fait mieux?Quelle génération pourrait avoir la prétention de faire mieux que ses parents?Et ces jeunes dans la misère morale et humaine, qui s’en ocçupe?N’est-ce pas en grande partie les gens d’Eglise qui vont à leur rescousse pendant que les autres dissertent encore?Enfin, je suis contente, comme d’autres, de lire les réflexions de Mme Bombardier dans Le Devoir.Marie-France Marcil Février 2002 LETTRES -?- Populi silentium J’ai lu avec plaisir la lettre intitulée «Mauvaise voix de fumeur», publiée le 29 janvier 2002: dans une société dite démocratique, est-il normal que l'Etat cherche obstinément à contrôler le «choix» de ses citoyens?On s’habitue à une législation, à son évolution, on se laisse prendre par elle; on oublie qu’on a son mot à dire sur ces règles que nous choisissons de respecter.Une assemblée à peine élue décide pour nous, nous qui faisons aveuglément confiance (quoi qu’en disent les électeurs) à des êtres humains tout à fait susceptibles de faire des erreurs.surtout celle de créer des droits et des devoirs qui correspondent à leurs propres attentes, dignes «représentants», eux qui décident Choisissons-nous vraiment de respecter ces règles?Pour les connaître toutes, il faut faire une maîtrise en droit — et encore.Le citoyen se laisse emporter par de belles paroles et croit décider de sa condition par le simple fait d’appuyer ou de désapprouver, lors de discussions amicales, les activités des législateurs.La lettre de Gaétan Bouchard décrit cette impasse que nous nous imposons nous-mêmes, et ce, malgré notre volonté d’être heureux.Sa lecture m’a réchauffé l’esprit, si l’on peut dire, satisfait de connaître une pensée similaire à la mienne: à force de se faire attribuer le pouvoir de maintenir l’ordre, les politiciens ont cru bon de s’allouer le pouvoir de créer l’ordre.Certaines décisions méritent d’être prises par le gouvernement, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens, et d’autres par le citoyen lui-même.Les premières se répercutent sur l’harmonie de la société, et les deuxièmes, sur le bonheur de l’individu.Si l’individu donne le pouvoir des choix qui le concernent, lui et lui seul, à un législateur, qu’il n’espère pas autre chose qu’une liste de devoirs en vue d'harmoniser la société.En démocratie, le rôle de l'élu ne devrait-il pas se définir comme «la prise en charge de l’application de la volonté commune des citoyens» ?Si la démocratie s'arrête au lendemain des élections, aussi bien parler de dictature ad tempus, le trône en partage ! Le droit du peuple est en passe de devenir l’interdit du citoyen.Peut-être les parlementaires ne savent-ils plus quoi gérer?Avant toute chose, pourquoi ne pas investir massivement dans l’éducation?Peut-être la peur d’une société trop avisée! la connaissance par l'éducation vaut plus, est bien plus élégante que la connaissance par une photographie de gencives jaunies par un logiciel déjà dépassé.Mais peut-être est-il déjà trop tard.Les prophéties de George Orwell et Aldous Huxley se concrétisent tranquillement.Avons-nous seulement encore le droit?Je n’ai pas choisi de respecter la règle.Certains jours, je constate qu’il est tout à fait normal qu’une société, démocratique en soit à ce point.Peut-être l’État ne cherche-t-il pas obstinément à contrôler le choix de ses citoyens: ce sont les citoyens eux-mêmes qui cherchent obstinément à se faire dire quoi faire, incapables de prendre eux-mêmes les décisions qui ne concernent personne d’autre que l'individu, c’est-à-dire toé pis moé, insaisissables pâtes molles de la société postmoderne.Marc Bédard Saint-Romuald, 29 janvier 2002 LIBRE OPINION -?- La haute stratégie du simplisme PIERRE VADEBONCŒUR Écrivain La guerre actuelle se présente officiellement comme une poursuite du méchant dans un film western.Bush ne cesse de l'expliquer ainsi.Cela peut paraître innocent mais ne l’est aucunement Ce que signifie cette singularité caricaturale, puérile, en matière de politique internationale, le public n’en a pas idée.Du point de vue américain et en général, du point de vue impérialiste, elle offre des avantages précis et considérables, dont voici quelques exemples.En premier lieu, à court terme, cette chasse à l’homme, occasion et fil directeur de l’offensive en cours, permet de donner à cette vraie guerre l’apparence d'une opération de police.La conscience publique, dont une guerre de conquête ou impériale aurait inquiété le sens moral, se trouve soulagée.On veut simplement poursuivre des malfaiteurs.Alors, on peut faire intervenir l’armée.Les intentions sont irréprochables.Il n’y a pas d’arrière-pensée.La bonne foi du public peut appuyer l'entreprise.En second lieu, à court terme également, l’ennemi est personnalisé.Ce n’est pas un gouvernement, ni un État, ni un pays.C’est un particulier, un aventurier malfaisant, dépourvu de tout titre officiel, un individu.Sa photo est partout, encore une fois comme dans un western, comme au Far West.Rien, mieux que cette image, ne peut agir sur le public américain, dont le fond de la culture a beaucoup à voir avec ce cinéma-là.Cette image simpliste se prête à mervejlle à une propagande guerrière populiste aux États-Unis et même ailleurs.Personne n’est assez primaire pour ne pas la comprendre.Cet effet a sans doute été calculé.Bush emploie, pour la faire pénétrer dans le peuple, le vocabulaire qui convient, probable ment soufflé par les services compétents: il s’agit «d'attraper» Oussama ben laden, «dead or alive», celui-ci «n 'échappera pas» à la chasse américaine, etc.On ne cesse de parler de «traque».Ce ne sont pas là des termes de guerre mais de battue et de rabattage de gibier.L’idée de centrer toute l’attention sur le fuyard et ses complices a d’autres avantages, bien plus importants encore, plus fondamentaux et visant cette fois le long terme.C’est que l’homme en fuite se déplace et peut aller se réfugier dans d’autres pays, où Bush parle d’aller le pourchasser ainsi que ses pareils: au Soudan, en Somalie.Ou en Irak.Ou en Iran, si l’Iran n’est pas sage.«Anywhere», répètç le président américain, menaçant tout État où «l’homme le plus recherché» et d’autres terroristes se cacheraient Une poursuite effective étendra d’autant territorialement, l’emprise de la puissance impérialiste.La logique de la traque ouvre la voie aux armées.Cela justifiera même d’autres opérations militaires: ailleurs en Afrique et dans le Pacifique.Tout cela est beaucoup.C’est immense.C’est à la mesure des appétits et des moyens dont on dispose.Voilà donc non seulement une guerre présente et potentielle mais un nouveau principe pour la guerre, un droit nouveau.Voilà l’avantage ultime.C’est le droit qui maintenant est en cause, le droit international.Le procédé employé est simpliste mais le but s’avère bien loin de l’être.la nouveauté dont il s’agit bouleverse le droit des gens.En quoi, essentiellement?En ce qu’elle pose qu’une puissance (n’importe quel pays, donc) possède un droit de suite quelle peut appliquer partout, y compris à l’intérieur des frontières de tout pays étranger, s’il s’y trouve quelqu'un qui a perpétré ou organise contre ladite puissance ou contre ses intérêts une action violente.C'est littéralement le droit de s'introduire partout pour y mener une répression.La souveraineté nationale n’existe plus.11 existe un exemple historique lointain d'une semblable effraction.En mars 1804, Bonaparte fit enlever le duc d’Enghien, jeune noble soupçonné de complot royaliste.On l'enleva dans le grand-duché de Bade, donc à l’étranger.Enghien, transporté à Vincennes, près de Paris, y fut jugé sommairement par un conseil de guerre et exécuté, ce qui scandalisa l'Europe.C’est tout à fait le cas de Bush et de son «droit» de suite.Ce droit nouveau s’accompagne de corollaires, également nouveaux.Aucune nation n’aura le droit de se défendre si elle est envahie pour cause de présence terroriste sur son territoire.Si elle résiste, on lui fera la guerre jusqu’à la reddition.Il y aura donc, désormais, un droit positif d'invasion où que ce soit pour cause de terrorisme appréhendé.Cela étend considérablement la justification des menées impérialistes.Ce droit d’invasion s’accompagnera de quelques droits ancillaires, nouveaux aussi, comme on le voit en Afghanistan.La puissance envahissante pourra par exemple, légitimement, installer dans le pays envahi un gouver-nement, lui servir d’armée ou de police, en lui imposant au surplus une politique intérieure et étrangère estimée devoir êfre la sienne.Tout cela est impérial.L’Etat envahi est aboli dans les faits et remplacé par un autre, qui ait une sorte de titre de province sans le mot Admettons qu’en Afghanistan il se soit agi d’une «riposte».Pas d’un droit clair, mais d’un fait.Justifié?En tout cas, explicable, compréhensible, inévitable, un coup de poing, peut-être nécessaire, vu ce qui s'était passé.Mais si l’on parle maintenant d’étendre systématiquement pareille action, alors la question du droit finit par se poser clairement et l'on ne peut plus éviter d’y répondre.On devra trancher: en fin de compte, est-on dans un empire ou pas?Bush parle d’aller où il lui plaira, par-dessus les frontières qu'il voudra, les armes à la main, soi-disant pour cause de terrorisme.Et il entend.s’il le faut, guerroyer pendant dix ans! Vraiment?Est-ce qu’on se rend compte?Le monde joue actuellement avec le feu.Les Etats-Unis, l'Angleterre, les autres puissances occidentales; la Russie; la Chine, quelque part, surveillant la scène; les organisations terroristes; l’Inde et le Pakistan; Israël, avec ses canons.Cette situation explosive ne peut durer.C'est insensé.Il faudrait apaiser le feu.non pas souffler dessus.Le simplisme règne.Il est en armes.Rien n’est plus dangereux que le simplisme.C'est le plus court chemin vers les tyrannies ou vers les calamités. LE DEVOIR E M E R t R E D «i E E V R I E R 2 O O if L# A 4.1 lain - R o b c r t Na de au ?La confiance r > Le projet Cart@gène « Une occasion exceptionnelle pour le Québec Avons-nous le goût et nous sentons-nous la capacité d’assumer l’importante responsabilité scientifique et médicale qui s’offre à nous ?GERARD BOUCHARD Professeur et directeur du projet Balsac, Université du Québec à Chicoutimi a direction de Génome Canada fera savoir en mars prochain si elle octroiera les crédits (33 millions de dollars) pour la réalisation du projet Cart@gène, soumis par un regroupement de chercheurs québécois sous la direction du D' Claude Laberge.Cette décision revêt la plus haute importance à cause de l’ampleur des enjeux qui y sont rattachés.A titre de responsable du fichier Balsac, je fais partie de l’équipe du projet.Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas et qui s’intéressent aux développements en cours dans le domaine de la génétique, j’aimerais exposer les raisons pour lesquelles je me suis engagé dans Cart@gène.Je voudrais aussi montrer l’intérêt qu’il présente pour notre société et pour la science en général.Essentiellement, le projet vise à construire un groupe de bases de données biologiques physiquement séparées, constituées d’échantillons sanguins prélevés chez 50 000 individus représentatifs de tout le Québec (sur le plan ethnique, régional, etc.).Ces personnes seront recrutées sur une base volontaire.Par la suite, elles seront invitées à compléter les bases de données avec des renseignements (médicaux et autres) les concernant.Le projet prévoit également la construction des généalogies des participants, travail qui sera effectué par le personnel du projet Balsac à l’aide de son fichier de population.Grâce à Cart@gène et au fichier Balsac, le Québec sera doté de ressources scientifiques qui n’ont pas leur équivalent au monde à l’heure actuelle.Les scientifiques de tous les pays disposeront d’une infrastructure originale et polyvalente qui permettra notamment d’accélérer la recherche de gènes responsables de maladies.Il deviendra plus facile de mettre au point les médications et traitements appropriés.Dans un esprit de promotion de la santé, Cart@gène représente un outil novateur pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies.Notons qu’il n’est nullement question ici de cellules souches ou de clonage humain.Les protections éthiques et juridiques L’ensemble de données Cart@gène et le fichier Balsac évolueront à distance l’un de l’autre, sans aucune forme quelconque d’intégration ou d’articulation.Ils constitueront deux infrastructures complémentaires, totalement indépendantes.Cette étanchéité sera garantie par des dispositions enlevant toute possibilité de jumelage.Une fois transmises à Cart@gène et intégrées à ses bases, les généalogies provenant de Balsac seront anonymisées.Toutes les autres données à Cart@gène seront elles aussi anonymisées.Tout comme Balsac, les bases Cart@gène auront un caractère public, ce qui les soustraira à toute possibilité de monopole.Le projet veut aussi assurer le maximum de transparence en confiant la gestion des données à un organisme à caractère public rele- vant de quatre universités (Institut de populations et génétique - IPEG).La direction de l’institut fera largement place à des représentants du public.Le projet lui-même et les demandes d’utilisation de la future infrastructure devront: ¦ se conformer aux règles d’éthique des bailleurs de fonds; ¦ être approuvés par un comité d’éthique indépendant de l’IPEG; ¦ satisfaire aux directives des organismes mandatés à la protection de la vie privée au Québec (en particulier la Commission d’accès à l’information).Pourquoi un tel projet ici au Québec?Jusqu'à récemment, les scientifiques ont surtout travaillé sur les maladies génétiques dites mendéliennes.Ce sont des maladies relativement simples causées par l'action d’un seul gène ou de deux copies d’un même gène — par exemple, la fibrose kystique ou l’ataxie de Friedreich.Elles sont aussi relativement rares.Les récents développements technologiques permettent maintenant d’aborder l’étude des maladies dites multifactorielles.Celles-ci sont causées par l’action combinée de plusieurs gènes.En plus, les gènes concernés n’entraînent pas nécessairement l’apparition de la maladie; le plus souvent, ils créent une prédisposition, un risque plus élevé d’atteinte.La maladie apparaîtra seulement si d'autres facteurs déclencheurs entrent aussi en action (environnement de travail, diète, tabagisme, mode de vie, etc.).Sont visées ici les maladies les plus courantes (maladies cardiaques, cancers, diabète, arthrite, maladies mentales ou nerveuses, etc.).Il y a donc un important saut d’échelle d’un point de vue quantitatif.La génétique des maladies multifactorielles est très complexe et la recherche ne peut être conduite avec la même efficacité dans tous les pays.Certaines populations s’y prêtent plus que d’autres: ce sont les populations constituées sur le mode de l'effet fondateur, c’est-à-dire un mode particulier de fondation puis de croissance dG mographique qui, au fil des générations, élève la fréquence de certains gènes.Il en résulte une structure du bassin génétique qui facilite l’identification des associations géniques responsables des maladies multifactorielles.Sur l’ensemble de la planète, le nombre des populations candidates est restreint.Or il se trouve que le Québec réunit presque les conditions optimales pour ce genre de recherche.Il offre un autre atout majeur sur lequel Cart@gène tablera: celui d’une diversité représentée par les divers groupes ethniques.D’où le grand intérêt que le Québec suscite actuellement dans la communauté scientifique internationale.Cet intérêt n’est pas dû uniquement aux caractéristiques intrinsèques de la population québécoise (par exemple, le fait de conjuguer des éléments d’homogénéité et de diversité).Il est également nourri par les travaux que diverses équipes de chercheurs y ont réalisés au cours des 30 dernières années.Il faut le souligner: Cart@gène représente la culmination de grandes initiatives québécoises qui, avec le temps, se sont imposées à l’échelle internationale.Elles ont cheminé à leur rythme et parfois séparément, dans différents établissements, La génétique des maladies multifactorielles est très complexe et le Québec réunit presque les conditions optimales pour ce genre de recherche génétique du Quebec (devenu le RMGA); ¦ l’élaboration d’une forte expertise en epidemiologic génétique, en particulier celle qui prend la forme d'une génétique communautaire; ¦ la conduite d’une réflexion très riche en matière de droit et d’éthique, aboutissant à une philosophie originale, elle aussi reconnue internationalement; ¦ la maîtrise des technologies de pointe pour l’étude del’ADN; ¦ la construction (depuis 1972) du fichier de population Balsac, destiné à recouvrir un jour l'ensemble du Québec jusqu'aux années les plus récentes; ¦ une tradition éprouvée de collaboration interinstitutionnelle.Cart@gène n’est pas né dans l’improvisation.De longs efforts, marqués de succès chacun de leur côté et forts de leur maturité, arrivent à leur point logique d’aboutissement.D' Québec est actuellement dans la situation d’affirmer un leadership remarquable, de piloter une avancée majeure à l’échelle mondiale.Je ne crois pas qu’une occasion semblable lui ait déjà été donnée.Bien d’autres considérations militent aussi fortement en faveur du projet, la population du Québec sera la première à profiter des retombées proprement scientifiques et médicales de la recherche.Cette perspective est de loin prioritaire.Le projet et toutes les activités engendrées par la suite créeront une énorme effervescence dans les universités et centres de recherche, ce qui se traduira par une importante contribution à la formation de chercheurs et à la concentration d’exper lises ici même.Ainsi, le Québec se trouvera encore plus étroitement intégré (et en bien meilleure place) aux grands réseaux scientifiques internationaux.Le développement économique suscité à moyen et à long terme sera spectaculaire (apports de capitaux, création d’emplois, effets d’entraînement).Le projet de toute une société Cart@gène a déjà suscité des commentaires dans les médias, dont quelques critiques.Certaines sont fondées; il faudra y donner suite.D’autres relèvent d’une pensée alarmiste ou de renseignements erronés.Il n’est pas possible de les revoir ici.Je soumets toutefois à ce propos deux remarques et une question.A propos, tout d’abord, de la crédibilité des chercheurs, rappelons que les principaux animateurs de Cart@gène sont actifs depuis de nombreuses années; leur profil scientifique et leur moralité professionnelle sont bien connus.Qu’on leur fasse donc un peu crédit de leur feuille de route — où sont les précédents qui justifieraient une dénonciation du projet?Par ailleurs, et comme toujours, il est assuré qu’en matière de protection des droits, le projet sera confronté à des situations nouvelles, des dilemmes qu’il faudra trancher avec prudence.Nous avons l’intention de procéder comme par le passé: agir dans la plus grande transparence et solliciter le concours d’experts qui voudront bien se joindre à notre effort pour aider à faire de ce projet une entreprise exemplaire.Ajoutons que la population sera directement consultée, et ce, à une grande échelle.Cart@gène est, de plus d’une façon, le projet de toute une société.Il nécessitera la collaboration de plusieurs, à commencer par ceux et celles qui seront appelés à fournir un prélèvement sanguin.En définitive, la question qui nous est adressée à tous est la suivante: avons-nous le goût et nous sentons-nous la capacité d’assumer l’importante responsabilité qui s’offre a nous, collectivement?uggenr pue les dispositions de Ui I >écla-mtion canadienne des droits ont pour effet de rendre toute la l/)i sur les Indiens inopérante et comme étant discriminatoire équivaut à affirmer que la déclaration a enlevé au Parlement le pouwir d'exercer la competence qui lui est assignee en vertu de la Constitution d’adopter des lois qui traitent les Indiens vivant dans des réserves différemment des autres Canadiens en ce qui concerne la propriété et leurs droits civils.- Ces proptrs, qui illustrent le dogme de la suprématie du Parlement, sont extraits dr's motifs du juge Ritchie dans l’arrêt la veil rendu en 1974, c'est-à-dire moins de dix mis avant l’adoption et l’enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés dans la Constitution canadienne.On st' rappellera que cet arrêt 1 ave!! est tristement célèbre en ce qu'il a consacré la légalité de la discrimination faite à l’endroit des femmes indiennes puisqu'il maintenait la validité d'une disposition de la Loi sur les Indiens qui prévoyait qu’une Indienne qui épousait un non Indien perdait ses droits alors qu’in-versement un Indien qui agissait de la sorte conservait ses droits.Ainsi, malgré une disposition législative claire qui permettait l’examen judiciaire de la conformité des lois émanant du Parlement, les tribunaux ont généralement adopté une attitude réductrice en interprétant la Declaration canadienne des droits, mieux connue comme étant le «Bill of Rights de Diefenbaker».Depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, cette attitude interprétative restrictive ne saurait être maintenue puisque depuis cette date, soit le 14 avril 1982, les tribunaux canadiens, et principalement la Cour suprême, se sont fait confier le mandat clair et sans équivoque d’affirmer les garanties constitutionnelles qui s’y retrouvent.En adoptant l’article 52 de la I ni constitutionnelle de 1982, les constituants ont expressément consacré le principe de lit primauté du droit en ces termes, -l/i Constitution du Canada est la loi suprême du Canada; elle rend inopérantes les dispositions incompatibles de toute autre règle de droit.» Même si les juges de la Cour suprême avaient déjà fait preuve d’un certain «dynamisme judiciaire», pour reprendre l’expression de l’ex-juge en chef Antonio Lamer, en interprétant les libertés et droits fondamentaux, il est incontestable que l’adoption de la Charte a insufflé une vigueur nouvelle aux tribunaux.On [tour rail se rappeler, par exemple, le renvoi sur trois lois de l’Alberta (1938), d;uis lequel le juge en chef Duff avait déclaré invalide une loi du gouvernement créditiste qui obligeait les journaux à lui accorder un espace et un droit de réplique ainsi que l’obligation de révéler les sources d’information des journalistes.C'est aussi sur la base d'une «charte implicite» que la Cour suprême invalidera, dans les années 50, la «loi du cadenas» du gouvernement de Maurice Duplessis, réprouvant ainsi les nombreuses entraves qu’il a exercées à l’encontre de la liberté d’expression des témoins de Jéhovah.Aujourd’hui, les tribunaux sont appelés à se prononcer sur des questions — telles l’avortement, l’euthanasie ou le droit au suicide assistée, l’orientation sexuelle, la peine de mort, voire la portée des droits ancestraux des autochtones—jusque-là débattues et décidées dans les enceintes parlementaires.A ma grande surprise cependant, il s’en trouve encore aujourd’hui pour vilipender ce pouvoir confié aux juges, affirmant qu'il s’agit là d'une usurpation de pouvoirs politiques puisque les tribunaux, dont les membres ne sont pas élus, constituent une institution antimajoritaire et, par le fait même, antidémocratique.Dans On Liberty (1865), John Stuart Mill rappelait que le propre d’une démocratie libérale est la garan tie qu’elle offre contre la «tyrannie de la majorité».Faut il rappeler qu’un siècle après la guerre de SG cession américaine (1860-1865) et l'adoption du Quatorzième Amendement à la Constitution, qui consacrait l’égalité de tous les individus, la ségrégation raciale sévissait toujours?C’est la Cour suprême, dans l’arrêt Brown (1954), qui mettra fin à ce régime injustifiable du «separate but equal» qui consacrait la discrimination à l’encontre des Africains-Américains.C’est aussi la Cour suprême qui, dans l’arrêt Roe c.Wade (1973), a invalidé les lois qui empêchaient les femmes de décider elles-mêmes si elles voulaient ou non poursuivre leur grossesse.U'S exemples de ce genre pullulent Hier encore, une consultation publique menée par la firme Environics au profit de l’Association d’études canadiennes (AEC) révélait que la majorité des Canadiens, à hauteur de 56 %, font davantage confiance aux juges qu’aux politiciens pour défendre leurs libertés et droits fondamentaux.Pour 82 % des répondants, la charte eu un «impact positif majeur».Cette popularité de la charte correspond à celle dont elle bénéficiait au moment de son adoption puisqu’un sondage publié en 1981 lui accordait une cote de popularité de plus de 81 %.Il ne fait aucun doute, et ce, tout particulièrement à une époque où les pouvoirs politiques sont de plus en plus concentrés, que certaines questions fondamentales doivent être placées au-dessus des vicissitudes de la vie politique.Cette confiance dans les tribunaux était aussi celle d’un ancien ministre libéral de la Justice qui, en 1980, affirmait ce qui suit au Comité spécial mixte sur la Constitution: «Je pense pour ma part que nous rendons service au Canadiens en retirant la responsabilité d'un certain nombre de décisions aux autorités politiques pour permettre aux tribunaux d’en discuter calmement, en mettant en œuvre leur expérience, les précédents, etc.» Monsieur le premier ministre, je dois avouer que je partage tout à fait votre avis relativement à cette question.alain- robert.nadeaufasympatico.ca Alain-Robert Nadeau est avocat et docteur en droit constitutionnel.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine (iérald Dallaire {adjoint au directeur de linformation).Valérie Dufour {générai), François Cardinal (actualité municipale/ Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports): Paule des Rivieres (éditorialiste).Jean Dion, UuisbGflies Francœur (environnement).Benoit Munger {responsable du site Internet).Dominique Reny.Josée Boileau.Fric Desrosiers, Pauline Gravel f scientifique J.Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Pare (santé), Michel Garneau (caricaturiste) , Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duck» et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard (^marche (arts visuels)', à l'information économique : Gerard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Claude Lévesque.Claude Turcotte.Rene I^ewandowski; h l’information internationale Jean-Pierre l/*gault.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialisteJ; à l’information politique Hélene Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque , Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) ; I-ouise-Maude Rioux Soucy (commis).Ij» documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Serge Implante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côté, Marlene Côté.Martin Fournier.Véronique Géraud, Anouk Hurbutt, Christiane I^gault, Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland.(publicitaires), laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODl CTÏON Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatihez, l’hilippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Fillon.Olivier Zuida.INFORMATIQUE^ Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBl TION ET TIRAGE Linda Theriault (respcmsahle sendee â la clientèle, dtstnbutvm et tirage), Hélène Gervais, Marie K ve Santerre.(crx/rdspnalnre a la promotion et à la sollicitati/m), Monique L'Heureux.lise l^achapelle.Rachelle Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Olivier Lachambre (contrôleur).Ghislaine I^afleur.Claudette Béliveau (ad/ointe-admimstrative), Danielle I.aperri«Te.Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) ft A 8 LE DEVOIR.LE MERCREDI 6 FÉVRIER 2 0 0 2 LE DEVOIR ACTUALITES EN BREF Le « taliban américain » est officiellement inculpé Washington (Reuters) —John Walker Lindh, le jeune Américain accusé d’avoir prêté main-forte aux combattants talibans et au réseau al-Qaïda en Afghanistan, a été inculpé hier par le tribunal d’Alexandria, a annoncé l’attorney général John Ashcroft.Le tribunal a retenu les sue chefs d’inculpation présentés en janvier et en a ajouté quatre contre ce Californien de 20 ans converti à l'islam.Le mois dernier, Lindh avait été accusé de complot visant à tuer des Américains à l'étranger et de soutien à deux réseaux «terroristes», dont le mouvement al-Qaïda d’Oussama ben laden, l’instigateur présumé des attentats du 11 septembre.Il est en outre accusé de transactions interdites avec le régime des talibans.L’inculpation de Lindh signifie que les procureurs n’auront à présenter aucune preuve attestant de l’existence d’un crime lors de l’audience prévue aujourd’hui.la prévenu n’a pour le moment présenté aucune ligne de défense, bien que son père ait clamé son innocence.SOLDATS SUITE DE LA PAGE 1 M.Marin doute que certaines personnes simulent leur maladie puisque le fait de se dire atteint du SSPT équivaut à «une peine de mort».L’ombudsman déplore qu’on ne dispose pas d’informations à l’échelle nationale sur la récurrence de la maladie.Il recommande donc la création d’un registre national des cas de SSPT.Certains chercheurs l’ont évalué entre 10 et 20 % fies soldats, avec de fortes variations régionales.A Edmonton seulement, d’où proviennent les troupes envoyées en Afghanistan, ce sont entre 500 et 600 personnes qui seraient affectées.Ce qui fait dire à l’opposition officielle que parmi les soldats envoyés, il y en a «inévitablement» qui sont atteints et qui verront peut-être leur état se détériorer.M.Marin abonde dans ce sens.«Le Canada a présentement le plus grand nombre de soldats déployés depuis la guerre de Corée.Ne nous leurrons pas: le stress causé par cette cadence de déploiement toujours croissante atteindra bientôt un niveau critique.Et le système actuel [de traitement des malades] n’est pas équipé pour y répondre adéquatement.» Au Québec, 263 personnes se seraient adressées au centre de soutien pour traumatisme et stress opérationnels de Valcartier depuis août 1999.Des gens qui ont servi en Bosnie, au Kosovo, au Timor oriental et à Haiti.Au Québec, quelque 4500 soldats pourraient être déployés.«Nous sommes dans la partie inférieure de la fourchette, c’est plutôt un faible pourcentage», déduit la lieutenant-colonel Marianne Savart, médecin-chef pour l’armée au Québec.Mais elle reconnaît qu’il pourrait y avoir une augmentation du nombre de cas alors que 1200 soldats reviendront de Bosnie en mars.«On s'attend à ce qu’il y ait un certain volume de patients potentiels.» Au nombre de ses autres recommandations, l’ombudsman demande la création d’un poste de coordonnateur qui se rapporterait directement au sommet, au chef d’état-major, pour suivre le développement du dossier.M.Marin a indiqué qu'il déposera un autre rapport dans neuf mois pour faire état des progrès accomplis.Hier, le ministre de la Défense, Art Eggleton, n’a pas jugé bon de commenter le rapport.Au micro pour répondre aux questions des journalistes sur le traitement réservé aux prisonniers talibans, il a tourné les talons lorsque le syndrome du stress post-traumatique a été abordé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com SUITE DE LA PAGE 1 était le manque de contrôle des élus sur ces organismes indépendants.De plus, certaines provinces, dont le Québec, ne comprenaient pas qu’on ait recours à cette solution pour financer des projets d’importance, comme des centres de congrès, des lignes de métro ou des autoroutes, alors qu’on avait privilégié des accords fédéraux-provinciaux pour le programme d’infrastructures lancé l’année précédente.Ministre des Infrastructures depuis janvier, le vice-premier ministre John Manley a indirectement fait état de ses réserves en quittant la réunion du cabinet.«Nous avons décidé, en conformité avec les programmes d’infrastructures précédents, que les exigences de contrôle et d’imputabilité seraient mieux assurées par le gouvernement.» Selon lui, la nouvelle manière de fonctionner améliore grandement la reddition de comptes et la surveillance par le Parlement.Le nouveau programme fera l’objet, comme par le passé, de négociations avec chaque province.Il reviendra à chacune de déterminer l’autonomie laissée aux municipalités et la place accordée au secteur privé.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a applaudi à ce retour à des négociations de gouverne- OTTAWA ment a gouvernement «Que ce ne soit plus une fondation, c’est une bonne nouvelle.Ils ont dû se rendre à la réalité», a-t-il dit Ottawa ne remet pas en question les engagements pris en décembre mais les financera différemment et de façon plus graduelle.«Les objectifs et les engagements initiaux demeurent et, dans le cas du fonds pour les infrastructures, c’est notre intention de procéder le plus vite possible», a insisté le ministre Martin.Pour expliquer son changement de cap, il a dit que le nombre et la complexité des propositions mises en avant par les municipalités et les provinces avaient fait réaliser à Ottawa que «des négociations de gouvernement à gouvernement étaient nécessaires».Dans le cas du Fonds pour l’Afrique, Ottawa estime ne pouvoir procéder avant de connaître l'issue des discussions en cours sur la scène internationale et à venir lors du Sommet du G8, réunion qui aura lieu en Alberta en juin et dont une des priorités sera le sort du continent africain.Selon une source libérale bien placée, le premier ministre Jean Chrétien aurait aussi changé d’opinion au sujet du projet de fondation sur les infrastructures.Une des raisons aurait été les réserves exprimées par plusieurs membres de son caucus.La réorganisation du gouvernement à la suite du remaniement de janvier a aussi eu un effet, tout parti- culièrement avec la création d’un poste de ministre responsable des Infrastructures.Le financement des deux programmes proviendra, pour les deux prochaines années, des économies réalisées sur les frais de service de la dette qu’entraîneront les nouveaux remboursements.On estime pour l’instant que ces économies atteindront environ 350 millions en deux ans, précise-t-on au ministère des Finances.La somme peut paraître modeste mais on la juge réaliste, a expliqué un fonctionnaire.«Les projets d’infrastructures prennent en général pas mal de temps avant d'être mis en branle», a-t-il dit Quand les deux programmes prendront leur véritable envol, ils seront financés plus généreusement, si la situation économique le permet, à partir des surplus et du budget normal du gouvernement «Nous sommes prêts à prendre des engagements aussi rapidement que possible, et nous le jugeons même important dans te cas des infrastructures», a tenu à dire le ministre Martin.Au sein de son ministère, on se montre prudent.On pense parvenir à atteindre la cible de 500 millions pour le Fonds pour l’Afrique d’ici trois ans et on se fixe une échéance d’au maximum sept ans pour atteindre celle d’au minimum deux milliards pour les infrastructures.PONT SUITE DE LA PAGE 1 les comportements des automobilistes», résument les professeurs Paul Lewis (Université de Montréal), Paul Y.Villeneuve (Université Laval) et Yves Bussiè-re (INRS-Urbanisation, culture et société) dans une étude présentée hier.«Les mesures de gestion de la demande, souvent peu coûteuses, touchent à toutes les dimensions des déplacements: le besoin de se déplacer, le choix du mode de déplacement, le choix du trajet ou encore le choix du moment du déplacement.Parmi les mesures les plus souvent avancées, on retiendra: le covoiturage, la tarification des déplacements, le télétravail et la flexibilisation des horaires de travail», précisent-ils.Les trois universitaires estiment que ce concept est sans nul doute le plus intéressant à explorer vu qu’il ne nécessite pas de grandes dépenses et qu’il permet d’améliorer l’accessibilité pour l’ensemble de la population, mais plus particulièrement pour les populations non motorisées.«Dans un contexte de dé- concentration des emplois et des activités, la question mérite réflexion», croient-ils.Maintenant que les séances sont terminées, la commission entendra la semaine prochaine, en public, certains intervenants du secteur public, tels que la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal (STRSM) et l’Agence métropolitaine de Montréal (AMI), puis trois groupes privé^ qui ont des solutions à proposer.A la suite d’une controverse qui l’avait plongée dans l’embarras à l’automne dernier, la commission avait reporté à une date indéterminée la rencontre d’information prévue avec les entreprises privées.Plusieurs groupes avaient critiqué le fait que la commission privilégie, selon eux, les groupes ayant des projets non écologiques, tels la construction d’un pont et le creusage d’un tunnel.On verra la semaine prochaine si les intervenants persisteront Fin février, la commission devrait publier un résumé des propositions qui lui auront été faites puis une consultation publique aura lieu à la fin du mois d'avril.Le rapport est attendu à la fin de l’été.TRADITION La seule question qui intéresse les masses aujourd'hui, c'est de savoir si Elisabeth a été une bonne mère L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publie du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le liège social est situé au 2050.rue De Bleury, ^ etage, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 012.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Ij Devoir, /y Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n0 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 «Nous l'espérons», répond-on.A donner des frissons à toute reine normalement constituée: après tout, ces fêtes, au jubilé d’argent, étaient tout simplement allées de soi.Tout comme ç’avait été le cas, quatre ans plus tard, pour le mariage du prince héritier, le vilain Charles, avec la ravissante Diana.Le pays était en liesse, vraiment, et n’avait pas besoin qu'on l’y pousse.Aujourd’hui, la cour multiplie les annonces pour faire plaisir au peuple.Sur le sol même de la mère patrie, il y aura spectacle de musique pop dans les jar-dins de Buckingham Palace, une exposition des robes de Sa Majesté à Bath, des défilés à Londres, une tournée du royaume et de quelques pays du Commonwealth (dont le Canada), un grand party réunissant les Britanniques nés le 6 février 1952.On a même ajouté un jour de congé pour un grand weekend de festivités, du 1er au 4 juin.(Le couronnement lui-même a eu lieu plus d’un an après l’accession au trône, le 2 juin 1953, et les principales célébrations du jubilé d’argent avaient elles aussi eu lieu en juin.) Malgré tout, le peuple ne s’emballe pas.Dans la mère patrie, quelques villes ont refusé de se plier au jeu des célébrations.Dans les lointaines contrées, on se tâte pour savoir si on apprécie vraiment la monarchie.Au Canada, cela donne d'ailleurs de curieux résultats.Selon un sondage Ipsos-Reid publié lundi par le Globe and Mail et CTV, 48 % des répondants opteraient pour une république mais 79 % appuient du même souffle la monarchie constitutionnelle cana-dienne.La reine Elisabeth, en effet, est aussi la reine du Canada.Et 65 % ne voient dans la reine et sa royale famille que des célébrités qui n’ont aucun rôle à jouer.Pas plus tard que l’an dernier, John Manley, alors ministre des Affaires étrangères, ne déclarait-il pas que la monarchie était dépassée?Un commentaire tenu un an plus tôt par la première ministre néo-zélandaise et qui, en Australie, avait aussi fait l'objet d’un référendum (gagnant pour la monarchie) en novembre 1999.Certes, la reine garde des admirateurs.Même ses fans les plus distants reconnaissent sa constance, son sens du devoir, sa longévité (seuls trois monarques du royaume auront régné plus longtemps quelle, dont la célèbre Victoria, qui occupa — et c’est un record — le trône pendant 63 ans).Las! Malgré tout, the talk of the town, en ce cinquantenaire, ne tient pas à ses mérites de souveraine.Nul ne veut savoir que ses premiers ministres, qui la voient en audience chaque semaine, sont renversés par son savoir, comme l’écrivait Margaret Thatcher dans ses mémoires: «On se trompe complètement si on imagine que [ces entrevues] ne sont que de simples formalités ou se limitent à des subtilités mondaines [.].Sa Majesté y apporte une impressionnante compréhension des affaires du moment et une vaste expérience.» C’est que, faute de crise majeure, tout cela reste de l’ordre du symbole.Rien à voir, par exemple, avec le fait de rester debout sous les bombes, comme le firent son père et sa mère lorsque les Allemands bombardèrent Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale.Rien à voir non plus avec le grand fait d’armes du roi Juan Carlos d’Espagne, qui avait appuyé la démocratie lors de la tentative de putsch contre les députés espagnols en 1981.La reine, elle, n’a même pas su comprendre le seul moment où son peuple a été en déroute, soit à la mort de Diana.C’est pourquoi la seule question qui intéresse les masses aujourd’hui, c’est de savoir si elle a été une bonne mère.Le comble pour une reine qui, déjà princesse, annonçait publiquement qu’elle servirait son peuple avant tout et qui n’a jamais failli à sa parole: «Never explain, never complain.» Elle aura porté la devise de la Couronne à son summum.Et voilà qu’après tant de dévouement — pour lequel elle avait été dûment élevée —, on s’inquiète qu’au début de son règne, elle ait délaissé Charles et Anne, encore gamins, pour une tournée du Commonwealth qui dura six mois.Comme si jamais un père n’avait fait un tel périple, comme si ce n’était pas le lot de certaines jeunes femmes d’aujourd’hui — celles qui servent dans l’armée, par exemple, et qu’on envoie dans de lointains pays.On en déduit donc qu’elle est insensible, qu’elle n’aime que ses corgis, ses chevaux et ses bibis.Et, bouquins à l’appui, ses partisans répondent, faisant valoir ses bons mots, ses espiègleries, voire — histoire d’être au goût du jour — quelques incidents sexy (de sa folle lune de miel avec son Philippe jusqu’à de coquines œillades à certains hommes de son entourage).Pauvre reine à qui on applique des schèmes d’une vie normale, elle qui avait pourtant farouchement refusé le modèle du «monarque à bicyclette» si cher aux royaumes de la Scandinavie! Et voilà qu’on lui oppose les frasques des uns et des autres de la famille, le dernier en lice étant son petit-fils Harry «Potteux».Mais qui se rend compte que tout cela importe peu?Que cette reine qu’on dit si froide a de réels attachements, mais qui remontent à ce qu’elle était «avant» ce fatidique 6 février: à la reine-mère, à sa sœur Margaret — à qui elle téléphone quotidiennement sur une ligne directe (alors que ses enfants doivent prendre rendez-vous pour la voir) —, à son père, dont elle s’était séparée bouleversée lorsqu'elle est partie à sa place pour le Kenya parce qu'il était affaibli par la maladie; au prince Philippe surtout, dont elle s’est éprise à 13 ans et dont elle a su accepter, comme il sied dans ce monde, les sautes d’humeur et les sauteries extraconjugales.On dit aussi qu'après elle, le déluge.Allons! Une femme qui a autant le sens du devoir ne laissera pas aller la monarchie.Ses enfants la désespèrent, tant pis.11 y a de la relève: William.Qui use et abuse de ses charmes, selon les derniers potins, mais qui a l’immense mérite, comme dans les plus beaux contes, d’avoir vraiment le look du prince charmant.JEUX SUITE DE LA PAGE 1 Pour l’heure, la tendance est toutefois à l’inverse.Aux Jeux de Salt Lake City, de loin les plus coûteux de l’histoire de l'olympisme d’hiver, deux nouvelles épreuves seront au programme, le bobsleigh féminin et le skeleton, une forme de luge pratiquée sur le ventre et tête première.Dans ce dernier cas — le skeleton fut au programme des Jeux jusqu’en 1948, moment où on le retira parce que jugé trop dangereux —, on peut croire que le CIO veut se rapprocher de sa «clientèle» plus jeune, séduite par les sports dits extrêmes, un mouvement qui a commencé ces dernières années avec l’arrivée du ski acrobatique, puis du surf des neiges.En revanche, avertissement a été donné à la Fédération internationale de patinage artistique de mettre de l’ordre dans sa section de danse sur glace, minée par la corruption de juges, faute de quoi la discipline disparaîtra du programme olympique.Et il y a jusqu’au bridge, oui le bridge, qui tient un tournoi mondial en ce moment même à Salt Lake City dans l’espoir de se faire remarquer du CIO et qui, comme plusieurs autres «sports», frappe à la porte du mouvement olympique.C’est le cas du karaté, du billard, du golf, notamment Et des.échecs.Si toutefois des disciplines surannées ou trop peu pratiquées devaient disparaître — les Jeux d’été, surtout sont concernés, le tir à la carabine, le tir à l’arc, le pentathlon moderne ayant été mentionnés, pendant que certains verraient d’un bon œil la disparition de la nage synchronisée, du plongeon synchronisé, du taekwondo, du tennis de table ou du volleyball de plage —, ce serait, pour l’olympisme, toute une innovation, allant à l’encontre de son cheminement pendant les trois derniers quarts de siècle.En attendant, les idées de grandeur régnent, et les quelque 2400 athlètes en provenance de plus de 80 pays qui seront à Salt Lake City, des records, en donnent une idée.Et s’il est extrêmement difficile, voire impossible de chiffrer avec précision le coût d’une édition donnée des Jeux olympiques, c’est que tout dépend de ce qu’on y inclut.La réfection ou l’aménagement d’une autoroute, par exemple, des travaux qui dans certains cas auraient été faits de toute manière mais qu’on a devancés.Toujours est-il que la somme la plus fréquemment avancée par les médias américains pour ces Jeux de 2002 s’élève à 1,9 milliard $US.The Los Angeles Times a pour sa part évoqué trois milliards $US.Quoi qu’il en soit on a en main un record olympique avant même l’ouverture des cérémonies d’ouverture.Un record qui en choque plusieurs, à commencer par le sénateur de l’Arizona et candidat défait, en 2000, à l’investiture présidentielle républicaine, John McCain, qui a qualifié les dépenses liées aux Jeux de «scandaleuses, disgracieuses et obscènes».McCain en avait surtout contre la portion de ces dépenses qui est assumée paf les différents ordres de gouvernement (fédéral, d’Etat, municipal) et qui, elle aussi, varie grandement d’une source à l'autre car il n’existe pas de comptabilité unique de l’argent public versé.Le président du Comité organisateur des Jeux, Mitt Romney, l’a estimée à environ 400 millions $US.Le chiffre qui a fait bondir le sénateur McCain, 622 millions $US, est celui du Los Angeles Times.Dans un reportage d’enquête massue publié en décembre dernier, le magazine Sports Illustrated, de son côté, affirme que la manne s’élève à 1,5 milliard $US, et ce, de Washington seulement (en comparaison, le fédéral avait contribué 610 millions aux Jeux d’Atlanta, en 1996, 75 millions à ceux de Los Angeles, en 1984, et 174 millions à ceux de Lake Placid, en 1980).L’article a d’ailleurs soulevé la considérable ire de Mitt Romney, qui a accusé le magazine d'être de mauvaise foi en incluant dans ses calculs des dépenses qui auraient été faites de toute manière, Jeux olympiques ou pas.Néanmoins, Sports Illustrated, fort bien doemnenté, fait état de pratiques douteuses, et notamment de spéculation, qui auraient permis à des gens d’affaires de s'enrichir aux dépens des contribuables.De dépenses plus ou moins saugrenues, aussi, comme 12 millions SUS pour l’aménagement de parcs de stationnement qui seront détruits sitôt les Jeux terminés ou un million pour permettre au département de météorologie de l’université de ITJtah de fournir des données complémentaires aux prévisions faites par le National Weather Service.Reste qu'il est depuis longtemps devenu impossible de présenter des Jeux sans un important soutien financier gouvernemental.Pour le CIO, c'est de l'argent bien dépensé, les Olympiques laissant «un immense héritage» aux villes où Üs passent.«Ce ne sont pas des fonds gaspillés», disfat récemment Jacques Rogge.A Montréal, on a peut-être une autre opinion de la chose.ru« Sherbrooke «y.du Préwdem-Keonedf 0 S J bool d.| ¦|i J ma Saino-CallMrtnt ?r~z e^tavariavvt ______3v
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