Le devoir, 18 février 2006, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET D I M ANCHE 1 R FEVRIER 2 O O li ?LE DEVOIR «?THÉÂTRE Pour une simple question de virgule Page E 3 CINÉMA Un inespéré trois dans un Page E 9 ULTURE ÉlSllp m m mî # § f î,: • • l'V - : m-f- -jHcvs mmm t\'i - : !&APtN.r., S:* JACQUKS ORENIKK l.K DEVOIR Le courant La 7e mouture du festival Montréal en lumière vient de commencer.Mais cet événement a-t-il encore sa place?Pourquoi subventionner des repas gastronomiques?Pourquoi concurrencer la fête des Neiges ou le Carnaval de Québec?Pourquoi dédoubler le nouveau festival annuel du théâtre et de la danse?STÉPHANE BA1LLARGEON C% est reparti.Depuis jeudi et pendant deux semaines, le festival Montréal en lumière (FML) tente de nouveau d’animer la ville à l’intérieur (au chaud) comme à l’extérieur (au froid ou au tiède, c’est selon).L’événement, lancé à la fin de la dernière décennie pour stimuler un peu le tourisme pendant la période creuse, oscille toujours autour de trois volets distincts: -Les plaisirs de la table», avec cette fois l’Alsace à l’honneur; la Fête de la lumière comme telle, comprenant une pléiade d’activités inusitées et gratuites, dont la troisième Nuit blanche; «Les arts tout courts», une vingtaine de spectacles de danse, de théâtre ou de musique, y compris la comédienne-chanteuse Arielle Dombasle et la chorégraphe Marie Chouinard, les deux formant la paire comme coprésidentes de l’édition 2007.C’est reparti, mais les plus chialeux (mea-culpa.) ne peuvent s’empêcher de lâcher les questions.Pourquoi poursuivre avec un événement qui n’a jamais suscité l’engouement populaire des grands festivals d’été?Pourquoi s'obstiner a présenter des acti- Audiogram profite du passage de Pink Martini au festival Montréal en lumière cette semaine pour sortir une mouture locale du premier opus du groupe, Sympathique.FRÉDÉRIQI E DOYON Leur histoire a commencé moitié à la blague, moitié pour servir un véritable engagement social.Le temps a passé, la fibre classique s’est exacerbée pour rejoindre l'universel et l'intemporel, mais le plaisir partagé demeure le nerf musical de Pink Martini.Comme son nom coloré l’indique, la formation est vités hivernales extérieures a un public qui n’en veut pas, ou qui refuse souvent celles-là?Pourquoi concurrencer le Carnaval de Québec ou la sympa-thique fête des Neiges?«Notre projet original était de fusionner avec la fête des Neiges, mais nous avons été obligés de changer nos dates de présentation à cause du Carnaval de Québec», répond Alain Simard, président du conseil d'administration du FML, un organisme sans but lucratif mis sur pied par Spectra, déjà responsable du Festival international de jazz.L'entrevue se déroule un triste jour de pluie dans les bureaux de l’empire québécois du divertissement.Michel Labrecque, président-directeur général de Montréal en lumière, enchaîne aussitôt en réitérant que les «5000 à 10 000 participants par soirée, il ne les a pas inventés», surtout depuis les trois dernières éditions.D rappelle aussi que la Nuit blanche a drainé 140 000 personnes en 2005.•La fête des Neiges, c’est un rassemblement familial et hivernal, dit-il.Nous ne voulions pas reproduire ce modèle.On a travaillé dés le départ avec trois composantes, justement pour ne pas répéter simplement une fête hivernale classique Montréal en lumière, c’est une fête urbaine en hiver.Nous attirons des jeunes intéressés par les activités nocturnes et les gens plus âgés MUS La vie née a l’époque où les cocktails sont réapparus en force dans les mœurs festives, en 1994.La petite bande alors composée de cinq musiciens squattait les événements, surtout ceux arborant les causes sociales progressistes qui sont les leurs.C’est d’ailleurs à l’occasion d'une manifestation dénonçant une loi contre l'homosexualité en Oregon que Pink Martini a pris forme.•C’est la raison d’être initiale du groupe, même s’il n’y a jamais eu d’intention politique dans la musique comme telle, raconte China Forbes, chanteuse-vedette a la vont caméléon du groupe Thomas [M.Lauderdale, le fondateur du groupe] a réuni les musiciens pour dénoncer cette mesure à une fête II voulait un groupe toyeux, divertissant, pour rallier les gens à la attirés par la gastronomie.Nous fédérons aussi 250 partenaires, dont une vingtaine d’hôteliers et 50 restaurateurs.» À table ! Dans ce dernier cas, pas la peine de se bousculer aux portes, les grandes tables montées par les chefs les plus prestigieux affichant vite complet Tellement que les plus insupportables casse-pieds s’interrogent sur la pertinence de soutenir en partie publiquement des repas privés n’intéressant finalement que les gens déjà capables de se les payer de toute façon Un petit caviar subventionné avec ça?Le FML se débrouille avec environ cinq millions par édition, une enveloppe lilliputienne par rapport aux grands événements comme le Festival Juste pour rire, dont le budget annuel demeure au moins dix fois plus important les fonds gouvernementaux, fournis par les trois ordres, comptent pour un peu moins du tiers (1,5 million), l’apport principal (trois millions) provenant des commandites, notamment d’Hydro-Québec, une société d’Etat.Les billetteries des salles enfantent le reste des revenus, soit un petit demi-million seulement Justement.Une autre interrogation essentielle I Q U E en rose cause.Le groupe n’était pas mobilisé autrement dans la cause.à part le fait que Thomas portait une robe!» Dans ce contexte, le répertoire retenu fut celui des années 30, 40 et 60, décennies folles et libres incarnant tous les espoirs d'un monde qui venait pourtant de connaitre les deux pires tragédies humaines de son histoire, les deux grands conflits mondiaux du siècle dernier •L’intention de départ, c’était de jouer des chansons amusantes et un brin kitsch - A l'humeur légère des mélodies et des arrangements s'ajoutait f esprit tragique des paroles De œs mélopées douces-ameres, qui semblaient bercer il raffier tous les publics.Hnk Martini a fait son credo.«Il y a un côté romantique et triste qui s’arrime.Ni Thomas ni moi n avons /instinct décrire des chansons qui voit tout Tun concerne la pertinence de cette foire multiforme dont un des volets concurrence un autre événement majeur en arts de la scène.Cette dernière question se [sise d’autant plus que, des l’an prochain, Montréal organisera son premier festival international des planches, sous la gouverne du Festival de théâtre des Amériques maintenant responsable de l’événement de substitution du défunt Festival international de nouvelle danse.Le nom et les détails concernant le nouvel événement seront annoncés jeudi prochain.•Nous ne sommes pas financés par les Conseils des arts, répond alors M.Labrecque.Ijs créateurs s'associent a nous.Nous faisons du co-investissement Nous avons bien expliqué notre situation aux différents milieux et nous avons confondu les sceptiques • Cette fois, Alain Simard poursuit sur sa lancée en ajoutant que les subventions culturelles au FML se limitent à 50 000 $ par ordre de gouvernement, justement pour ne pas cannibaliser les organismes artistiques.‘Ce n'est pas un festival de programmateurs spécialisés», dit-il, en assumant la tête d'affiche offerte à Mme Dombasle, que le New York Times décrivait récemment comme une beauté extraterrestre.VOIR PAGE E 2: FML ou U/ut l’autre.C'est un reflet plus peste de la vie aussi.» Ijorsque l’heure est venue de créer ses propres pieces pour éviter une trop grande disparité, le groupe a misé sur un son très proche des musiqu LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE ID FÉVRIER 2 0 0 6 -* Culture ?- René-Daniel Dubois en orbite Odile Tremblay A plusieurs, l’homme de théâtre René-Daniel Dubois donne mal aux dents.Son débit intarissable, ses sorties à l’emporte-pièce, sa prétention de constituer le seul penseur de la basse-cour lui aliènent bien des cœurs.Mais ses détracteurs manquent quelque chose, il me semble.Un Mohican éclairé, un hurluberlu de la pensée, une boule de feu lancée dans notre paysage trop souvent endormi qui crie «Réveillez-vous!», ça vaut son pesant d’or.Drôle de tête de lune.Drôle de tempérament émotif et crâneur.Ça faisait un bout de temps qu’il n’avait pas explosé.Pour dire, ses coups de gueule nous manquaient.Voici l’auteur de Being at Home with Claude de retour par le biais d’un documentaire.Curieux de tout, tonitruant, enflammé, révolté du peu d’écho que rencontre notre culture en marche, quand celle-ci porte à bout de bras notre identité même.C’est bien lui! Rares sont les artistes qui se demandent du fond du cœur qui sommes-nous?d’ou venons-nous?Juste pour ces questionnements, merci d’être en vie, mon cher! D’où l’importance de voir Un sur mille, le film que Jean-Claude Coulbois consacre à Dubois.Projeté en premiere aujourd’hui aux Rendez-vous du cinéma québécois, il prendra l’affiche à Ex-Centris le 24 février.Pas de traitement cinématographique très original ici.C’est l'homme filmé qui vaut le détour.Depuis que les critiques ont vu le film, le nom de René-Daniel Dubois est sur bien des lèvres.Lui qui n’aime pas crier dans le désert doit goûter la tribune.Le documentaire de Coulbois a le mérite de multiplier les angles pour capter ses visages multiples.Remontant le fil du temps a travers des documents d’archives, l’interviewant chez lui, en coulisses, sur les planches, devant des étudiants, etc.Sous son chapeau de metteur en scène, il explique le langage des alexandrins à des comédiens perplexes.Mais l’œuvre du dramaturge n’est pas l’axe principal du film.C’est de pensée et de langage en liberté qu’il est question ici.Tourbillon, provocateur, pamphlétaire, créateur tous azimuts.Emmenez-en, des René-Daniel Dubois au cerveau en mode surchauffe! On prescrit du Ritalin aux enfants pour moins que ça.Sans Ritalin, il vitupère, invite à la réflexion, creuse les mythes fondateurs de notre société, rappelle que Dollard des Ormeaux, c’est un héros à trois sous, réinventé de toutes pièces pour offrir une icône nationale en pâture à la foule.Il déterre l’héritage de Lionel Groulx, qui offrit ses assises au nationalis- me québécois, héritage pas très glorieux qu’on avait envie d'oublier.Mais.Un des drames de la société québécoise, c’est justement son amnésie.Or comment un peuple peut-il avancer sans se connaître, sans analyser les séquelles de son passé qu’il traîne sans le décoder?C’est ce que demande un René-Daniel Dubois lancé en orbite.Ses thèses sur le Québec.Bon! On n’a pas besoin de le suivre au bout d’une logique dont il mai-trise seul tous les méandres, faut croire.Du moins remet-il en question les clichés rassurants sur lesquels reposent bien des convictions pépères de colonisés.11 fait appel à l’intelligence des Québécois, qui n’est pas si souvent sollicitée, soit dit en passant.Alors, écoutons-le.René-Daniel Dubois dit tout haut ce que d’autres artistes québécois taisent, effrayés: pas moyen pour une tète d’affiche de notre petite communauté des arts de tourner le dos à l’option souverainiste.Tout un terrorisme intellectuel nationaliste s’érige en censeur pour l’empêcher de gueuler.«Tu ne peux pas démolir notre rêve d’un pays à nous!», clament ses anciens compagnons d’armes.Mais si, un type a le droit de changer d’idée.D’autant plus s’il le hurle aussi fort.Ça prend du courage.Il en a.Dans le film, on voit la romancière Andrée Ferretti lui adresser une lettre de semonce vitriolique lors du dernier référendum.Oui, mais pourquoi vouloir le museler?Toute option doit pouvoir affronter son contre-pied.Les artistes arrimés au rêve d'indépen- dance se sentent-ils si faibles que ça?Allons donc! La polémique nourrit tout le monde, l'énergie appelle l’énergie.En France on sait ça.Nous, on est bien trop tiedes.Qu’il en rajoute donc dans la colère.Ça anime les débats d’idées si rares ici.Pas obligés de penser comme lui.au reste.René-Daniel Dubois précise s’ètre considéré longtemps comme une sorte de Martien, avec raison sans doute.Tout libre-penseur est un Martien.On a bien besoin de Martiens sur nos champs magné tiques trop terrestres.Dans ce film, ses souvenirs racontés m’ont bouleversée.Il faut l’entendre évoquer sa mère alcoolique mourant au bout de son sang dans le bureau d’un amant lâche, sa famille dysfonctionnelle où la culture était plus importante que le pain quotidien.C’est sur ces terreaux-là que les artistes écorchés poussent parfois.L’art peut être la planche de salut des êtres à l’enfance brisée.Encore chanceux qu'il l’ait trouvée, cette planche-là.Sans la création, sans cette révolte en ébullition, RenèDaniel Dubois aurait sans doute sombré dans la plus pure violence.Son destin nous dit que le théâtre, l’écriture, la parole sont aussi des armes de survie.J’aime le René-Daniel Dubois qui déclare que le but de sa vie est de mourir un peu moins con qu'à sa naissance.J’aime René-Daniel Dubois parce qu’il ne dort pas.otrem h lay a le de vo i r.com FML SUITE DE LA PAGE E 1 «Nous rassemblons les propositions populaires et nous rajoutons de l'offre.Le FML, c’est un outil pour faire la promotion de la ville pendant une période creuse.» «Confit» d’intérêts C’est vrai que les zinzins, les machins et les trouvailles ne manquent pas dans ce couteau suisse événementiel made in Montréal.Demain, dimanche, de 8h:i() à 17h, se tient la première Fête du Montréal intérieur et souterrain.le réseau unique au monde s'étend sur près de 30 km depuis les ajouts récents sous la Cité internationale.lu virée dans les souterrains débute avec une course à pied, les quelque fiOO concurrents devront notamment gravir 480 marches et en des- cendre 569.le départ se fera sur une base individuelle, afin d’assurer la fluidité de la course.La programmation enchaîne à compter de 10h20 avec une marche populaire entre les Cours Mont-Royal et le Com-plexe Desjardins, un circuit que tout Montréalais peut effectuer les yeux fermés, mais bon, les 2500 participants se verront remettre un podomètre, un dossard, un certificat et un berlingot de lait, commanditaire oblige.«L’idée était dans le projet original, explique Michel Labrecque.Comme on avait déjà l’idée de s’installer en partie dans le Vieux-Montréal, ce qui se réalise cette année.C’est une suite logique.Les meilleures initiatives circulent et sont d’ailleurs très vite récupérées.Nous-mêmes, nous avons emprunté à Taris sa Nuit blanche.Toron- JACQCKS ORFNIKK I I Ol- VOIK 1.0 festival Montréal en lumière, édition 2005 to est déjà en train de nous emprunter des façons d’animer la ville.C’est de bonne guerre.» La Ville de Montréal ne fournit que 100 000 $ au FML.Comme le p.-d.g.Michel labrecque est également un nouvel élu de l’équipe du maire Gérard Tremblay, les questions éthiques se bousculent aussi depuis plusieurs mois.Le Journal de Montréal les reprenait il y a deux jours en précisant que l’homme à la double tuque reçoit 48 082 $ et une allocation non imposable de 13 716 $ de la Ville mais refuse de divulguer son salaire de président du festival payé en partie par les subventions gouvernementales.On peut accrocher un bonnet de plus en rappelant que le même festivaliste siège au conseil d'administration du Regroupement des événements majeurs internationaux, un groupe de pression des grands festivals qui reçoivent environ 500 000 $ en argent et en soutien technique de l’administration municipale.M.Labrecque et le maire auraient sollicité et reçu des avis juridiques balayant les accusations de conflits d'intérêts.«On m'a posé des questions.J’ai répondu, dit le président-directeur général.Les gens ont une méconnaissance de la nature du conseiller municipal au Québec.Les maires peuvent être agriculteurs.Je travaille avec des conseillers municipaux agents d’immeubles ou employés de la Société de développement des entreprises culturelles.Le conflit d’intérêts existe quand on peut s'enrichir personnellement ou faire bénéficier son entreprise de certains avantages.Ce n 'est pas le cas.» Le Devoir ¥ m Le groupe Pink Martini SUITE DE LA PAGE E 1 le kitsch ne dure pas éternellement, ü ne voulait pas s'en tenir à l’aspect ironique.Im musique s’est faite plus classique, la mode rétro s’est estompée et je crois qu’on est rendus ailleurs.Il y a un élément hors du temps qui est important.C’est pourquoi Pink Martini attire toutes sortes de gens, c’est un son nostalgique, comme regarder des films en noir et blanc: il n'y a pas d’effets spéciaux, ce n’est que le jeu d’acteur, le récit, les images.Four nous, c’est pareil: la musique est réduite à son essence: la mélodies et les paroles.» Si l’ironie kitsch a le souffle court, le talent et la qualité artistique savent abolir les frontières du temps et de l'espace.De fait, le CENTRE NATIONAL DES ARTS THÉÂTRE FRANÇAIS Oems M,ule,Hi.ditfcltur artist'uue 05/06 « Belle parabole, claire, certaine et incertaine, mise en scène avec un tact achevé par Denis Marleau.Une heure de méditation, presque de recueillement » - Michel Coumot, Le Monde.Paris « Interprétée à la perfection par des comédiens martiniquais [.].Une des excellentes surprises de ce début d’hiver.» - Toshka Schidlow, Télérama.Paris « D’une maîtrise totale, rigoureux et sobres, le travail de Denis Marteau et 1 interpretation magnifiquement tendue des comédiens pointent les dimensions universelles du texte.» - Bruno Bouvet, Ls Croix, Paris « Signé Denis Marleau, interprété par quatre comédiens antillais, ce spectacle d’une grande beauté plastique séduit par la violence tranquille de ses enjeux.» - Laurence Liban.L Express.Paris « Le bel auteur du Complexe de Thénardier sait faire osciller la vérité des uns et des autres, en une tangue poétique hantée par des blessures qui appartiennent à chacun des personnages.» - Odte Ckirot Nouvel Observateur.Paris « Un tableau magnifiquement émouvant de la dure condition humaine.» - Véronique Hotte, La Terrasse.Paris m H , 'x: ’ .« Cette pièce, très forte et esthétiquement réussie, harmonieuse et homogène à tous les niveaux est Tun des événements de ces tsj » o, Limoges « [.1 une mise en scène ciselée de Denis Marleau d'un texte fulgurant (.].» - Dominique Lachance, Le Journal de Montréal « [.] un spectacle langoureux porté par des interprètes précis, des lumières vives et un riche environnement sonore » - Hervé Quay, Le Devoir.Montréal FV'Vvv’ ¦ 1 Nous étions assis sur le rivage du monde.Texte de José Pliya Mise en scène et scénographie de Denis Marteau Avec Eric Delor Nicole Dogue Ruddy Sytaire et Mytène Wagram Collaboration Texte de José Pliya Mise en scène et scénographie de Denis Marteau Avec Eric Deior Nicole Dogi artistique Stéphanie Jasmin Costumes Daniel Fortin Eclairage Marc Parent Son Nancy Tobin Une crea'tion d’UBU en'cooroducton avec e Theatre français du Centre national des Arts le Festival de theatre des Amenques le Festival Les Francopnonies en Limousin et le CC R Fond Saint-Jacques ^Martinique) gin, Ottawa 16,17,18 et 24,25 février 2006 à 19 h 30 Mill Tarifs de groupe et forfaits (613) ®4-’7000 poste 384 (grp^noc^a.ca) www.i Présenté au Centre national des Arts 53, rue Ei, Renseignements : 1 866 850-278'’ Billets : Ticketmaster (613) 7551 *'• k #90 7 .nac-cna.ca IcOrvit B ADAM LEVEY, 2(105 PINK mini-orchestre formé de 12 musiciens a vendu plus d’un demi-mil-lion d’exemplaires de chacun de ses deux albums à travers le monde.De quoi voir la vie en rose.Bien aimé du public québécois.Hang on Little Tomatoe multiplie les ballades romantiques, les airs de ballroom, les cuivres et les rythmes percussifs entrainants des chansons cubaines, en italien, en français, en espagnol, en portugais ou en anglais.De facture similaire, quoique moins riche en mélopées nouvelles et étudiées, le premier opus du groupe, Sympathique, n’avait pas encore trouvé le chemin des disquaires du Québec.Audiogram profite du passage de Pink Martini au festival Montréal en lumière cette semaine pour en sortir une mouture locale.On y retrouve entre autres une reprise pétillante de Que Sera Sera de Doris Day.China Forbes a rejoint le groupe un an après sa formation, en 1995.A l’époque, seulement cinq membres la composaient La chanteuse menait parallèlement son propre groupe à New York, qui comptait déjà un album et travaillait à un second.«Thomas voulait toujours agrandir le groupe, intégrer plus d’instruments jusqu'à for mer un petit orchestre afin de trouver un son plus plein.Pou r faire ses arrangements orchestraux, il avait besoin d'un trombone, une trompette, un violoncelle.On a maintenant quatre percussionnistes.» Trois ans plus tard.China Forbes quittait la Grosse Pomme pour s’installer à Portiand, en Oregon, et se livrer corps et âme à l’aventure colorée et amusante de Pink Martini.Elle a toutefois repris un travail plus personnel et s'apprête à sortir un album de son crû comme artiste indépendante.D’ici là, la jolie cantatrice, dont la voix fait par moments penser à ceF le d’une Holy Cole en plus world, chante en six langues et autant de cultures musicales portées par 12 musiciens aux formations éclatées.«C’est la vision de Thomas: il a toujours vu le groupe comme devant .luire le tour du monde et être capable de communiquer avec le public de partout, f ai toujours été une bonne imitatrice.Je m exprime bien en français et en italien, en plus de l'anglais, mais Thomas me faisait confiance pour que je chante en dix langues différentes que je n amis jamais pariées! Il préfère la sonorité des langues étrangères à celle de l'anglais.» La formule a fait boule de neige.«Les gens insistaient pour qu’on chante dans leur langue, alors on à appris une chanson turque, une autre en allemand.» Autant de cordes ajoutées à leur arc déjà fourni, qui risque de fournir bien des surprise au public montréalais puisque ces pièces ne se retrouvent sur aucun des deux albums.Un troisième album est d’ailleurs en route, toujours sur leur propre etiquette.Et l’engagement sociopolitique des debuts se poursuit, Apres avoir participe à plusieurs événements de la campagne de John Kerry, lors de la derniere course électorale présidentielle américaine, et soutenu des politiciens locaux a Portland, la joyeuse bande prepare quatre soirees pour autant d’œuvres charitables en avril.«On hit ce qu on peut pour les causes qui nous tiennent à coeur • Le Devoir PINK MARTINI •Au Metropolis les 20 et 21 février CLICHE REPEIE À ECLAIRAGE DIFFERENT EN RAIGON DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 FEVRIER 2 0 0 ti -* (lu 11 u re *- THÉÂTRE Une simple question de virgule Louise Turcot joue les érudites affrontant la mort au Quat’Sous En 1999, Margaret Edson recevait le Pulitzer pour une pièce qu’elle avait écrite presque dix ans plus tôt: W:t.Un texte à la fois sombre et brillant sur l’humilité devant la mort.Sept ans plus tard, elle n’a toujours rien écrit d'autre.MICHEL BELA1R Quelle idée de se donner rendez-vous dans un café passant du centre-ville! Dehors, l'hiver hésite encore, comme il en a pris l’habitude, entre le gris et le brun; et dedans, tout éclate en petits bruits de choses qu’on tasse ou qu'on laisse échapper, en raclements de machine qui déglutit.Mais Denise Guilbault et Louise Turcot entrent tout de suite dans le vif du sujet en me racontant d’abord à quel point W;t est une expérience «dérangeante».Les deux femmes dégagent une telle aura d’intensité que l'environnement sonore s’est rapidement estompé tout autour; nous sommes dans une sorte de bulle et Louise Turcot pourrait presque enlever le turban qui recouvre son crâne Casé sans que personne s'en rende compte.Des femmes étonnantes Séduites, bouleversées toutes deux par le texte de Margaret Edson qui vient de prendre l’affiche au Quat’Sous, la metteure en scène et la comédienne expliquent qu’elles sont plongées depuis plus de quatre mois dans cet univers à la fois sombre, lucide, implacable.Et qu’elles en resteront marquées.C’est que W;t raconte une histoire difficile.Celle d’une femme brillante, une intello de haute volée, universitaire spécialiste de la poésie anglaise du XVÏÏ' siècle.Et cette femme exceptionnelle en plein contrôle de sa vie et de sa carrière est tout à coup terrassée à 50 ans par un virulent cancer des ovaires.Mais il faut tout d’abord dire à quel point l'auteure, Margaret Edson, est une femme étonnante.Elle enseigne aux tout-petits dans un jardin d'enfants d’Atlanta et l’on ne parlerait pas ici d’elle si elle n’avait, une seule fois dans sa vie, écrit une pièce de théâtre.C’était quelque part au début des années 90.Son texte, Edson l’envoya à des éditeurs et à des dizaines de compagnies de théâtre à travers les Etats-Unis: pas de réponse.Rien.Puis tout à coup, en 1993, une petite compagnie californienne, le South Coast Repertory Theatre de Costa Mesa, lui répond favorablement en lui suggérant toutefois de ramener la durée de sa pièce de deux heures et demie à 90 minutes.Elle accepte.Et c’est parti.La production est créée en 1995: c’est tout de suite un triomphe.La pièce est bientôt reprise sur la côte est, au Connecticut puis off Broadway, avant de se mettre à voyager partout à travers le pays puis à l’étranger.Le réseau HBO en fait rapidement un téléfilm mettant en vedette Emma Thompson et Christopher Lloyd.En France, Jeanne Moreau est sG duite elle aussi et signe, avec Un trait de l’esprit, une de ses rares mises en scène au théâtre.Puis, en 1999, c’est la consécration, la totale pour une Américaine: Margaret Edson reçoit le Pulitzer pour W;t, sa seule et unique pièce de théâtre.«Je suis une enseignante, pas une dramaturge, commentera-t-elle en recevant son prix.Avec cette pièce, j’ai écrit tout ce que j’avais à écrire.» Merci, bonsoir.Ici, c’est Pierre Bernard qui fait lire le texte au tout nouveau directeur du Quat’Sous à l’époque, Éric Jean.qui est tout de suite séduit et qui en propose la mise en scène à Denise Guilbault.L’ironie du texte, son humour grinçant et son absence totale de complaisance la font accepter après quelques hésitations.On demandera à Maryse Warda de traduire le texte en français.Reste à préciser que ce ; que l’on voit apparaître dans le titre est une allusion directe au travail extrêmement pointu de l’héroïne de la pièce, qui porte beaucoup d’intérêt à l’utilisation de la ponctuation dans l’œuvre du «poète métaphysique» anglais John Donne (1572-1631).Cette héroïne, Vivian Bearing, En 1999, Margaret Edson reçoit le Pulitzer pour W;t, sa seule et unique pièce de théâtre V en COü^BORADON AVEC LES mSMMMÆ ÆCm ^oouctions recto-verso BIQ ART GROUP (NEW YORK) EN ANGLAIS AVEC SURTITHES EN FRANÇAIS « OEUVRE COUP-DE-POING OÙ LA DÉMONSTRATION FAIT OFFICE DE RÉFLEXION, HOUSE OF NO MORE DÉNONCE L ABRUTISSEMENT DES INDIVIDUS ABREUVÉS D’ILLUSIONS PAR LES MÉDIAS.» PATRICK CAUX, LE DEVOIR, 10 FÉVRIER 2006 «(.) VÉRITABLE TOURBILLON, HOUSE OF NO MORE DE CADEN MANSON EMPORTE TOUT SUR SON j PASSAGE.» § LE MONDE, 4 NOVEMBRE 2004 .M c HOUSE OF NO MORE o DE CADEN MANSON ET JEMMA NELSON :ÉVRIER 2006 ,epas manquer ! GUICHET 521.4403 ADMISSION 790.1246 WWWJJSWIE-C.COM J U Ul'I SCKI NII K I 1 DLVOIK La comédienne Ixmise Turcot et la metteure en scène Denise Guilbault dans le décor de H ';/.¦».¦ .;«.v.*aïriig.Tr;c;nLEIVt les montagnes russes D'un côte, c'est une personne qui gère l'espace d'un peu tout le monde, mais de l'autre, elle est complètement nulle dans It's rapports humains.Quand elle aura tout analyse, qu'on aura en meme temps disséqué son cas.tenu le compte precis des "ingestats" et des ‘’excrétais”, son ironie se changera en souffrance Et c’est alors de simples rapports humains, de contact, qu elle aura besoin -En ne se gênant surtout pas pour laisser ix'tver leur tendresse pour cette pure intello qui n'aura plus bientôt d'autre recours que de laisser tomber ses analyses sa v.mtes, les deux femmes souligneront aussi la qualité littéraire du texte d’Edson et de la traduction de Maryse Warda.Et aussi que le cancer étant devenu aussi onrni present que les effets du réchaut-iement climatique, chacun trouve ra à faire là son propre voyage.Le Devoir W;T De Margaret Edson.Mise en scène: Denise Guilbault.Avec 1 nuise Lurcot et plusieurs comédiens.Au Quat’Sous jusqu'au 18 n uns.jouée par Louise Turcot, est une femme tout aussi étonnante que la «non-dramaturge» qui l’a créée.La comédienne la décrit comme «quelqu'un qui se situe bien au-dessus du quotidien.C’est un personnage complexe, riche.Une femme forte.Une intello qui a investi toute sa vie dans Tesprit” [wit en anglais], dans l'érudition, l’analyse et le travail méticuleux.Partout où elle passe, elle s’impose par sa rigueur.C’est un personnage.Mais c'est aussi une femme seule.Et voilà qu à l’hôpital, elle va prendre conscience peu à peu que plus rien de ce qu 'elle sait et de ce qu’elle est ne lui sera plus d’aucune utilité devant la souffrance.» Tout cela, on le devinera presque dès la première scène puisque le spectacle s'amorce dans une chambre d'hôpital.On est en train de brancher une patiente au crâne nu, le professeur Vivian Bearing, à son soluté.Réchauffement «Denise et moi avons construit le personnage couche par couche, reprend Louise Turcot.Pour que cette femme cesse de tout considérer comme sujet d’étude potentiel, il fàut d’abord bien placer la grande assurance qu’elle a, la maîtrise de son sujet de prédilection, son côte intello.Et quand le trivial l’aura rejointe, quand le corps flanchera, il sera possible de croire qu’elle est devenue un être humain devant la mort et non plus quelqu'un qui essaie de vivre avec le concept de mort.» Denise Guilbault poursuit là-dessus.«II faut dire aussi que l'auteure.Margaret Edson.a voulu tout au long de la pièce inscrire une distance entre l'action et le spectateur.Vivian s'adresse à la salle directement à plusieurs reprises, comme si c’était elle qui racontait son histoire, qui commentait l’action.C’est un peu comme si Edson faisait en sorte qu’on ne puisse pas s’identifier au personnage.On est au théâtre.» Elle parlera aussi des «revirements à 90 degrés» qui caractérisent le personnage de Vivian: «Elle est constamment dans LES ARTS Financière Hydro KJ* Que, t Québec présent^ Financière1 Sun Life rxjïnMiâïL 7* édition DU 16 AU 26 FÉVRIER 2006 LE FESTIVAL.EST COMMENCE ! WWW.MONTREALENLUMIERE.COM COMPAGNIE ARIELLE DOMBASLE MARIE CHOUINARD Toute la chaleur de son nouvel album bODY rEMIX/les VARIATIONS gOLDBERG AmorAmorsur scène SPECTACLE D'OUVERTURE s \ / 1S FÉVRIER, 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA Billets (514) M2-2112 / *ww.pda.qc.ca '514; 790 1245 *rww ddmisston.com PREMIÈRE PARTIE r-, t**» tac>e vous les hurtemerrts et le ternir»*» eve^ une foule complètement on d'-’.ir* • mêEÏÏZZZMÊ 21-22 FÉVRIER, 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA MICHEL RIVARD et son légendaire flybin Band 24 2S FÉVRIER, 20 H SPECTRUM DE MONTRÉAL DE RETOUR AU SPECTRUM VENDREDI ET SAMEDI PROCHAINS I BILLETTERIES PRINCIPALES Spectrum de Montréal • 318.'ue Sainte Catherine Ouest wum.tkketpro.ca wwur.admission.com Place des Arts 514j 908 9090 (SHj 790-1245 , i514i 842 2112 •www.pdaqc.ca 175, rue Sainte Catherine Ouest Renseignements : (SI4I 203 995$ • 1 880 «77 99SS • www.monlrealenlumiere.rom ?irrrnui (Jjl aof IV Québec! fmanrierp 1 ifr Canard ïo un THéArmot *onom« «n » mcr«* \ '"fiWJ.WÊHÊWk^ WÊÊÊÊÊÊÊÊtMÊÊm i L’ENSEMBLE SUPEBMUSIQUE • 5 imisiciem, 5 miMiennei LES DANSEURS • Séverine lombarde, Daniel Soulières LES CONCEPTEURS • Guillaume Bloch.Bernard Grenon, Pierre Hébert, Louis Hudon jeudi 1E, uendredi 11, samedi IB mara SDD6 « EGh3G usine 0 « 13H5, auenue Lalande, iïlantréal billetterie 3 réseruetians 51H-321-HH93 * 50$, 16$ iuLULLJ.Bupermusique.qci.ca P.* smsr 1 A N f H E 19 FEVRIER 2 O O ti K r> Cull uro- DANSE Une « rare » proposition Les Grands Ballets canadiens présentent le Sacre du printemps du Shen Wei Dance Arts FREDERIQUE DOYON L’emprise qu’exerce Le Sacre ' du printemps de Stravinski sur les chorégraphes fascine.Depuis la toute première et célèbre création de Nijinski, qui avait fait scandale çn 1913 au Théâtre des Champs-Elysées, la danse a enfanté une foule de productions inspirées de l’œuvre.Le site Internet du Centre de recherche en danse de l’université britannique Roehampton répertorie pas moins de 169 chorégraphies différentes du Sacre en 2005.Et c'est sans compter les plus petites productions de chorégraphes qui œuvrent encore dans l'ombre, tel le Canadien d’origine syrienne Motaz Kabanni.Ces dernières années, les lectures chorégraphiquement très contemporaines se sont multipliées.En 2001, le Ballet Preljo-caj, troupe française, créait sa propre version présentée à Montréal il y a deux ans.Encore plus récemment, naissait le Sacre du Shen Wei Dance Art,s, toute jeune troupe fondée aux Etats-Unis en 2000 par le chorégraphe chinois Shen Wei.que les Grands Ballets canadiens invitent dans le cadre de leur programmation.«J’en ai vu beaucoup [de Sacre du printemps] et beaucoup de mauvais, lance en riant le directeur artistique des GBC, Gradi-mir Pankov, joint en Italie où la troupe présente son Minus One.Je pense que Shen Wei est l'un des plus talentueux jeunes chorégraphes.J’ai été impressionné par sa fusion parfaite de deux mondes, deux écoles — celle de la danse moderne, des techniques Limon, et celle de l'opéra chinois.» Un Sacre différent Le seul parcours de ce jeune prodige en impose.Né dans la province de Hunan en Chine, il a étudié l’opéra chinois dès l’âge de neuf ans.Chorégraphe et danseur de la compagnie de danse moderne du Guangdong dès sa création en 1991, il est couronné meilleur chorégraphe et interprète lors de la toute première compétition de danse moderne de Chine en 1994.L'année suivante, une bourse l'amène à New York où il fonde, en 2000, sa propre troupe de douze danseurs, le Shen Wei Dance Arts.Quatre ans plus tard, il remporte le prestigieux prix Nijinski pour la chorégraphie.En cinq ans d’activité, il a créé six pièces présentées dans les festivals de danse parmi les plus réputés, qu'il s’agisse du Dance Umbrella de Londres, de Montpellier Danse en France, de la Biennale de Venise ou de Jacob’s Pillow aux États-Unis.Il n'a que 38 ans.Son Sacre, il l’a mijoté pendant 12 ans.«La première fois que j’ai entendu Le Sacre du printemps de Stravinski — c’était en Chine, en 1989 —, j’ai été emporté par la texture de cette partition, si riche et évocatrice, racontait le chorégraphe lors de la première de l’œuvre en 2003 à l’American Dance Festival.[.] /ai été encore plus stimulé quand j’ai entendu la version à quatre mains de Fazil Say» Cette interprétation de l’œuvre de Nijinski, «très rarement proposée», note M.Pankov, appelle une chorégraphie épurée, qui prend presque le contre-pied de l’essence monumentale et explosive qu’on connaît de la composition de Stravinski.«Avec les deux pianos, il y a très peu de repères qui rappellent le Sacre qu'on connaît, poursuit le directeur des GBC.La chorégraphie a quelque chose de très simple, c’est pure danse, pure forme.Ù n’y a rien de narratif, ça suit la musique, sans prétention.» L’œuvre de Shen Wei suit la ligne mélodique et rythmique abstraite de la musique, loin de l'histoire qu’elle raconte et de la complexité technique qu'elle sous-tend.«J’ai exploré la suspension, l’élan, la spirale, les initiations des articulations, des muscles et des nerfs, expliquait le chorégraphe en 2003.[.] Dans sa forme finale, la pièce constitue une structure fixe dans laquelle entre l’exactitude du mouvement et l’intuition de celui-ci.C’est comme dans la vie courante: outre ce qui est prédéfini, il existe toujours une part d’imprévu, d’incontrôlable, d'aléatoire.» Plis et méditation Le programme proposé comprend aussi une autre œuvre de Shen Wei, Folding, qui renoue davantage avec l’esprit méditatif de l’opéra chinois.La pièce est livrée au rythme envoûtant des chants bouddhiques tibétains et du Dernier sommeil de la vierge de John Tavener.Le chorégraphe, également peintre et sculpteur à ses heures, a signé tant les costumes que les décors et les maquillages.Une immense toile de son cru domine la scène occupée par les corps statuesques des danseurs.«J’étais très attaché à la sensation que me procuraient les qualités de la simple action de plier — qu’il s'agisse de papier, de tissu, du corps humain ou d’autre chose», décrit le chorégraphe selon une citation du dossier de presse.Public et critiques semblent unanimes à propos du talent de la troupe.Même la réputée critique du New York Times, Anna Kisselgoff (aujourd’hui retraitée), écrivait en 2003, après avoir été témoin de l’accueil triomphal et bruyant qu'un jeune auditoire réservait au programme double présenté à Montréal cette semaine: «Poétiques, impudentes, superbes et étranges, les danses de Shen Wei [.] annoncent Tavène-ment d’un artiste d’une originalité frappante, qui n’entre dans aucune catégorie familière.» Nous avons hâte de pouvoir en juger nous-mêmes.Le Devoir L’EXPÉRIENCE SHEN WEI Du 23 au 25 février à la salle Wil-frid-Pelletier de la Place des Arts.Le Théâtre [mo] présente « .UN ECRIN DE LUMIÈRE, DE CHALEUR.DANS LA SOLITUDE DU MONDE." MARIt LAI IliLRTl VOIRQUÉBEC « .SENSIBLE.CONCENTRE ET AUTHENTIQUE.» |EAN ST HILAIRE - LF SOLFII UNE ANNÉE SANS ÉTÉ A DE CATHERINE ANNE MISE EN SCÈNE DE VERONIQUE CÔTÉ.GAGNANTE DU MASQUE DE LA REVELATION 2004 Décor et lumière de Jean-François Labbé • Musique de Valérie Descheneaux Costumes de Pielmck Fréchette • Avec Emmanuel Bédard.Vincent Champoux.Cathenne-Amélie Côté; France LaRochelle et Magalie Lépine-Blondeau DU 21 FÉVRIER AU 11 MARS 2006 À LA SALLE FRED-BARRY A 19 H 30 4353.RUE SAINTE-CATHERINE EST.MONTREAL BILLETTERIE: (514) 253-8974 514 253-8974 [mo] • ied|i NMNHU l ne scène tirée de Folding, qui renoue davantage avec Tesprit méditatif de l’opéra chinois /I N OUIAN fJJ L/danse DANSE saison 2005.6 f « (.) LE FEU BRULANT DE LA SENSUALITÉ SOUS L'ÉLÉGANCE.» Le Monde www.salutetovienna.com Prvto-ntt pur Attila L.lao C one en Productions Inc.A A SAISO r/rin m m mm mm m mm mm mm m p a a a a orchestre baroque CLAIRE GLHMONO DIRECTRICE ARTISTIQUE EDGAR FRUITIER s'ORTE-PARCX.E 25* *"n’v*”*"* 2005-2006 Soirée fast* chez Mozart Hommag* au 250* amvtnarv dt naèsanct dt Mozart So!tst*s Maria Ctaary twrpe Ctaira Guimond flûte txrcque Chef et soliste invitee Monica Huffett violon baroque (Rovaume-Uni) 24 et 25 février 2006 i 20b 8 la salle Redpath de t Université McGill 26 février i —TWWTTI 4 — îTeotre Canadien dArcMecture ut saue Keapaxn oe i université iv Les Plaisirs champêtres Les Plaisirs champêtres.La Fantaisie.Les Caractères de la Danse et Les Etêmens dejean-fery Rebet.À la découverte dUboéef baroque Chef invite Pansai Cuillae (France) 24.25 et 26 mars 2006 Autour du pianoforte Œuvres de Joseph Haydn.Peter van Malden et W A.Mozart Concert de dôfune db 25* onraversare Soliste invité Too* Beghin pianoforte Chef twite Jaap tar Linden (Pays-Bas) 26, 27 et 28 mai 2006 BILLETS à partir de 15$ ABONNEMENTS DISPONIBLES à partir de 30$ (514) 355-1825 a 4LCOA aN LE [WM HR CCA * f « LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE O FEVRIER 2 0 0 0 De Visu Pièges et autres stratagèmes PIEGE Michel Lagace -Œuvres récentes Jusqu’au 11 mars Galerie Graff f RENÉ VIAU Enigmatiques tableaux, œuvres sur papier et une quarantaine de feuilles issues d’un «carnet de création» s’inspirent des Cadavres exquis et du jeu d Au Canada Québec ïî" Qui hi c U invtHi; Ozias Leduc et Paul-Émile Bor-duas, voilà qu’il inaugure la nouvelle année avec un aperçu fascinant sur le plus grand artiste du XXe siècle: Picasso.L’exposition, intitulée Picasso protéiforme, rassemble des dessins et des estampes provenant de la collection du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC).Après avoir parcouru le pays, cette exposition (montrée auparavant à Edmonton, à Toronto et à Vancouver) achève sa tournée ici.C’est donc une bonne occasion de se pencher sur un aspect un peu moins connu de ce génie.Tant de choses ont été écrites sur Picasso qu’il semble inutile d’en rajouter.Pourtant, au Canada, il a fallu attendre relativement tard avant que le public, et les institutions artistiques, ne s’intéresse véritablement à son travail.L’acquisition des œuvres qui font partie de cette collection n'a été entamée qu’en 1957 grâce à une conservatrice éclairée du MBAC qui a réussi à mettre la main sur certaines pièces remarquables.Contrairement aux sculptures et aux grands tableaux qui se présentent comme des œuvres finies, les estampes ou les dessins peuvent être considérés comme des esquisses préparatoires.Cela permet d'approcher l’artiste d'une manière plus intime car on aperçoit les différentes étapes du processus créatif.Picasso est un artiste incroyablement inventif.Les œuvres que l’on peut voir ici ont été exé-cutées entre 1904 et 1937, et montrent comment, en seulement trois décennies, il a créé un éventail remarquable de styles et de techniques différents.L'exposition commence avec une eau-forte intitulée Le Repas frugal.Cette pièce rare, caractéristique de la période «bleue», introduit le visiteur dans l’univers du jeune Picasso bohème.Dans ce dessin, un maigre repas traduit la faim physique, mais surtout spi- rituelle de l’artiste à cette: époque, pauvre, méconnu, mais tout de même déjà très ambitieux.Le parcours de l’exposition fait ressortir l’ampleur et la progression de cet «appétit créatif» vorace tandis que se succèdent en quelques années le cubisme, le classicisme, le surréalisme.Mais cet «appétit» de Picasso était aussi, on le sait bien, caractérisé par un appétit sexuel insatiable.L’édition complète de cent eaux-fortes, baptisées Suite Vol-lard (en hommage au célèbre marchand de tableaux), présentée ici, le montre bien.Cette collection étonnante, qui met en scène une allégorie de la «vie créative» de Picasso dans les années 30, touche par sa dimension très personnelle.L’artiste se présente d’abord comme un sculpteur dans son atelier, puis un sculpteur qui contemple son œuvre, un sculpteur avec son jeune modèle.Mais progressivement, le sculpteur se met à détruire.Il se transforme en Minotaure.A cette époque, l’artiste, qui était marié, entretenait une liaison secrète avec Marie-Thérèse Walter, encore adolescente.Cette série exprime bien le doute, la souffrance et les pulsions qui tourmentaient alors l'artiste.Picasso reprend ce thème du Minotaure dans la célèbre estampe Minotauromachie de 1935.Le style utilisé dans cette œuvre préfigure la toile monumentale Guernica de 1937.Cette pièce très expressive est l’une des plus impressionnantes de l’exposition.D’une certaine manière, elle montre le génie qui a atteint sa pleine maturité artistique.Après cette période, Picasso a progressivement abandonné l’estampe au profit de la lithographie.On le regrette un peu.Mais cela donne envie de redécouvrir les grandes œuvres de la deuxième moitié du XX' siècle.Collaborateur du Devoir Présenté pir Bayer Inc tutptessioHi w c- tiujtaue ptnjf tcwSlourvo et Qu c/Hjttvjut peryt c/Wmjic cfcaiâtMirVu atâ Canada Concerts et rencontres www.smcq.qc.ca/musimars ?McGill 9HCa Schukh School of Hsc 1*1 =r- err ~ aQ5UcSs =Q5£ris sScvJ M _«— SZT fsy- liftvn* Qtt» •tetarnt I LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DI M ANCHE 19 FEVRIER 2 0 0 ti -1 de Cartas Sonn IVO.espagnole avœ sous-titres français ArgentmeFspagne 12004 96 min.(G).120 FEVRIER 19h30 n ^ ii \j m.tu V e x Ce n t r i s ».EX tkNTHIS.COM / SU «47 L’ENFANT /LUC « )EAN PIERRE DAROtNNE TShIS 17hT5 19MS 2ThT5 Trois dans un Une première incursion de Joe Roth dans le suspense FREEDOMLAND (LA COULEUR DU CRIME) De Joe Roth.Avec Julianne Moore, Samuel L Jackson, Edie Falco, Ron Eldard, William Forsythe.Scénario: Richard Price, d'après son roman.Image: Anastas N.Michos.Montage: Nick Moore.Musique: James Newton Howard, Mel Wesson.États-Unis, 2005,112 minutes.MARTIN BILODEAU Il y a trois films dans Freedom-land et, contre toute attente, aucun n’est mauvais.L’assemblage des trois s'avère cependant inférieur à ce que l’addition de ses parties laissait présager.Faut-il en imputer la faute à Richard Price, scénariste du film et également auteur du roman dont celui-ci est tiré?Ou faut-il blâmer le réalisateur, Joe Roth, qui fait ici une première incursion dans le suspense après deux comédies sentimentales (Christmas with the Franks et America’s Sweethearts) qui en étaient totalement dépourvues?Difficile de trancher tant le traitement privilégié par Roth, parfois inutilement emphatique, d’autres fois plus nuancé, complique la lecture du scénario, certes désarticulé mais nettement plus original, audacieux et pertinent que toutes les séries B formulées dont Hollywood nous accable (Firewall, par exemple) semaine après semaine.Et pour cause: spécialiste du film noir, Richard Price signe depuis 20 ans les scénarios des meilleurs hommages au genre: The Color of Money, Sea of Love, Kiss of Death.S’il y a trois films dans Free-domland, c’est aussi parce qu’il y a trois personnages dont les univers sont si bien dessinés qu’ils existeraient sans les deux autres.SOURCE SONY PICTURES Julianne Moore et Samuel L.Jackson dans Freedom land, de Joe Roth Ces trois univers entrent en collision lorsqu'une jeune mère (Julianne Moore), ex-junkie, déclare le kidnapping de son bambin de quatre ans.Tous les indices conduisent à une cité de banlieue majoritairement peuplée d’Afro-Américains, où l'inspecteur Lorenzo (Samuel L.Jackson), qui en est issu, parvient à force d'alliances et d’amitiés à contenir l’insurrection que le déploiement policier excessif inspire aux résidants.Débarque en ces lieux une cohorte de mères spécialisées dans la recherche d’enfants perdus depuis que le fils de leur leader (Edie Falco, qui surclasse les deux vedettes) a disparu sans laisser de traces, dix ans plus tôt.Entre la mission a priori suspecte de cette dernière et les mensonges présumés de la première, Freedomland met en question le poids de la maternité et la puissance rédemptrice du deuil sous le regard d’un homme qui, à travers elles, apprendra à expier sa propre faute, à titre de père.Trois histoires, donc, portées par trois personnages bien campés mais dont les interactions et les rapports paraissent souvent ar tificiels, comme si leur puissance respective obligeait le cinéaste à repenser sa hiérarchie dans chaque scène, voire dans chaque plan.D'où ce sentiment d'un film hésitant qui cherche son foyer.L’originalité du film, cela étant, réside dans son accumulation de gros plans, d’une grande force dramatique, dans lesquels Roth fait entrer deux visages, l’un muet, l’autre en mode monologue.De fait, l’action du film est comprimée entre toute une panoplie de litanies, d'extrapolations et de confessions, toujours filmées dans des gros plans à géométrie variable, comme des apartés narratifs qui font contraste avec le chaos qui sévit dans la cité, auquel la musique de James Newton Howard procure un relief étonnant Collaborateur du Devoir Portraits croisés AU NOM DE LA MERE ET DU FILS Réalisation: Maryse Legagneur.Image: Alex Margineanu, Mathieu Laverdière, Simon Bujold.Musique: Simon Bellefleur, Sandro Forte.Précédé de Petites mères.Réal.: Judith Brès.Image: Martin Bertrand.ODILE TREMBLAY Présentés devant la gouverneu-re générale Michaëlle Jean la semaine dernière, de passage dans le quartier Saint-Michel à très forte concentration haïtienne, deux documentaires produits par l'ONF ont abordé de front les conditions de vie difficiles d’une jeunesse en mal de repères.Le premier Petites mères, de Judith Brès, tient davantage du bon reportage que du film doté d’une écriture cinématographique.En interrogeant plusieurs mères adolescentes dans leur communauté haïtienne, la réalisatrice aborde, de biais, les problèmes du désœuvrement, du manque d’éducation, mais aussi ce désir éperdu de devenir mère.Deux fois plus d’adolescentes des communautés noires accouchent que dans la population québécoise en général.Portrait croisé de quatre jeunes filles avec enfant, le film, par-delà les candeurs et les idéaux, démontre aussi le désengagement des pères et la désillusion précoce de ces adolescentes face à l’amour, qui ne leur a souvent apporté qu'amères desillusions.Au nom de la mère et du fils est un film d'une autre farine, à l'esthétique travaillée, doté aussi d’un regard poétique sur l’univers du personnage central, James, un artisan poète qui fabrique des figurines avec des matériaux de récupération.Le Voyou, un autre Québécois d’origine haïtienne, adepte de musique hip-hop, qui a choisi de porter sur ses épaules les préjugés dont sa communauté est victime, est également au cœur du film.On écoute leur spleen, porte par une excellente trame musicale et une voix hors champ venue d’un autre monde, comme on entend celui de leurs mères, des immigrantes qui rêvaient d'un avenir meilleur pour leurs rejetons après avoir porté à bout de bras l’exil et la transmission.Maryse Legagneur parvient à tisser une œuvre poétique avec un sujet sensible, à traduire des angoisses, mais aussi des voix créatrices et des aspirations dans l'univers du quartier Saint-Michel, qui devient le terreau de tous les rêves.L'équipe du film est allée sur le plateau d'une émission des Francs-tireurs, qui faisait un reportage sur les jeunes du quartier Saint-Michel, captant des images d’etre présenté en raciste, hors contexte.Je n’avais pas vu cette émission des Francs-tireurs, mais il est vrai que Dutrisac a l'air, à tort ou à raison, d’un intolérant et d'un imbécile.Ça n’apporte rien de plus à un documentaire par ailleurs fort bien fait.Le Devoir SOURCE ONF Dans ,4m nom de la mère et du fils, Maryse Legagneur parvient à tisser une œuvre poétique avec un sujet sensible.ici reproduites.Des extraits de ce Au nom de la mère et du fils.reportage mené par Benoît Dutri- Benoît Dutrisac s'est plaint sac sont également incorporés à après avoir vu le documentaire PALMARÈS DVD ARCHAMBAULT?! f* QUfKCOR MIDI A Résuftrts des vent» Ou 7 Mi 13 février 20M FILM/TELESERIE U COEUR A SES RAISONS Saison 1 DUNE Extended Edition WALLACE & GROMIT Curse Of The Were-Rabbit JUST UKE HEAVEN CORPSE BRIO! C.R.A.Z.Y.ME* CWtMMNE l REUSOT à CiV* En spectacle UN FILM Of MARYSE LEGAGNEUR au ru™ Sql*.y N REO€- x : ' WP-y ‘ martse LEGAGNEUR ’ LOWS DCSPAKOtS M V- ,• VA ELWC ROTtCHON MONTAGE SIMON BELLEFLEUR SANDRO FORTE MX MARGINÉANU 'i MARCO FANIA I Jf.¦ YVES BtSAAlON Précédé ce PETITES MÈRES de Judith Brès À L'AFFICHE DU 17 AU 23 FÉVRIER 2006 retâche le 22 fewer EX-CENTRIS »¦ c I NINA .o, •»,,«» eANALLI L C F.De cold à cool ESCAPE TO CANADA Realisation et scenario: Albert Nerenbetg.Image: Shannon Brown.Montage: Wolfe Blackburn.Canada.2005,81 min.Au Cinéma du Parc jusqu’au 2 mars.ANDRÉ LAVOIE Considéré .à l’étranger comme ennuyeux, sans personnalité ou, au mieux, réduit à l'image d'un vaillant castor ou d'une cabane délabrée, le Canada aurait-il tout à coup perdu la tète?Ou le Nord?C’est une perspective qu'envisage avec un frisson de fierté le journaliste et réalisateur Albert Neren-berg (Qimate for Murder, Stupidity) dans Escape to Canada.Pour cela, il n’avait qu’à s’inspirer de la multitude de bouleversements sociaax qui ont secoué le pays ces dernières aimées et fait tivmbler bon nombre de conservateurs (tous {xu tis politiques confondus.) et d’esprits chagrins.Car de cold, voilà que le Canada est devenu cool et hip: Pierre Elliott Trudeau, de son plus beau sourire arrogant, aurait sans aucun doute été ravi.Mais que s'est-il passé pour que ce pays fasse l'objet de tant d’admiration (en Europe) ou de dégoût (aux Etats-Unis)?Une petite revolution pas tout à fait tranquille s’est amorcée dims les palais de justice et une forte secousse n’a épargné personne le 10 juin 2003 lorsque k's tribunaux ontariens légalisaient les mariages entre conjoints de même sexe et décriminalisaient la marijuana.Il ne s’agissait pas de décisions spontanées mais de l'aboutissement d'efforts surhumains de la part de militants convaincus, et ce d’un océan à l’autre.Ces triomphes juridiques, ces avancées sociales déterminantes, Albert Nerenberg les scrute avec-un enthousiasme jamais feint, car le documentariste, même s'il a du mal à s’éloigner de ses réflexes journalistiques, s’étonne lui-même d’autant de tolérance et d’ouverture d’esprit.Et c’est à l’aide d'une narration trépidante, soutenue par une musique qui accentue la cadence, qu'il brosse* un [xirtnul (rapide) des principaux acteurs de ces bouleversements.A cela il ajoute un autre (ait qui attira momentanément la sympathie de plusieurs Québécois |x>ur l’ancien premier ministre Jean Chrétien: le, refus du Canada de s'allier aux États-Unis lors du déclenchement de la guerre en Irak.Mais c’est surtout l’arrivée de déserteurs américains, comme au triste temps de la guerre du Vietnam, que Nerenberg observe, encore là en bombant le torse.Escape to Canada, dont l'ambition d’établir la chronologie succincte mais fidèle des événements le tin- parfois du côté du reportage rigoureux mais standardisé, ressemble à un hommage bien senti à la différence canadienne.Car.comme l’explique l'un des intervenants du film, L-es poussées «révolutionnaires» semblent avoir eu un effet bénéfique sur le Canadien moyen: Dieu merci, nous ne sommes tris Américains.Une vieille obsession que Unis ne partagent (xis mais qui colore la culture de ce pays.Le cinéaste reste tout de même lucide sur le caractère fragile de ces nouveaux acquis sociaux.11 montre à quel point la lutte contre la drogue transforme toujours de simples amateurs de marijuana en criminels — même si d;ms un douteux montage parallèle, pour expliquer les bienfaits [pacificateurs du cannabis, il oppose îles images de casseurs à moitié saouls qui saccagent des vitrines dans les rues de Montréal, de Québec et de Vancouver à un couple taciturne visiblement parti sur une autre planète.— et l’organisation des fondamentalistes religieux pour revenir à la definition traditionnelle du mariage.Bien sûr, cette croisade, selon Nerenberg.émane surtout des États-Unis, qui la financent sans vergogne, m;iis depuis l'élection de Stephen Harper, surnommé ici "The Baron of Boring*, le Canada, consacré trop vile la l lollandc de l’Amérique du Nord, retient son souflle.Ou se demande si oui ou non il va inhaler.Collaltorateur du Devoir SHANNON HROWN Une scène d’Escape to Canada, d’AHperl Nerenberg.TEMPS D'IMAGES DU 14 AU 25 FÉVRIER 06 DES PASSERELLES INTERNATIONALES ÉTONNANTES ENTRE ARTS DE LA SCÈNE ET ARTS DE L'IMAGE usine: 0 LES BOUGON Saison 1 THE SIMPSONS Kiss & Tell MUSIQUE / SPECTACLE / AUTRE JOSÉE LA VIGUEUR Plus ferme que jamais 2 DIEUX DU STADE Making 01 DENNIS DEYOUNG Symphonic Rock Music Of Styx MARTIN MATTE Histoires vraies FRANCIS CABREL La tournée des bodegas JOSÉE LANGUEUR Coffret 1 LA MARCHE DE L'EMPEREUR [¦¦ OLIVER J0NB Serenade ALEXANDRE PARÉ L entraineur niveau 2 SPECTACLES PROJECTIONS ATELIER/LABORATOIRE DÉBATS « UN RÉEL MOMENT D‘INNOVATIONS, DE RECHERCHES ET DE PARTAGES AVEC UN PUBUC TOUJOURS PLUS AVIDE DE NOUVEAUTÉ.TEMPS D’IMAGES BOUSCULE LA CRÉATION ET LES FRONTIÈRES ARTISTIQUES.>» 20 MMUTE8, OCTOBRE 2009 GUICHET 514 521 4493 WWW USINE-C COM ADMISSION 514 790.1245 WWW.ADMISSION.COM Y » E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE I» FÉVRIER 2006 Tl nm d il \j 111 Ul En marche vers la rédemption L’ENFANT Réalisation et scénario: Jean-Pierre et Ixic Dardenne.Image: Alain Marcoen.Avec Jérémie Renier, Déborah François, Jérémie Se-gard, Fabrizio Rongione, Olivier (îourmet.Précédé du court métrage d’animation Dehors novembre.Réalisation: Patrick Bouchard.Scénario: Marcel Jean.ODILE TREMBLAY Précédé du remarquable et désespéré court métrage d’animation Dehors novembre de Patrick Bouchard, L’Enfant, des frères Jean-Pierre et Inc Dardenne, a valu l’an dernier aux cinéastes belges leur seconde Palme d’or (après La Promesse).L’Enfant constitue sans doute le meilleur film de la fratrie, inscrit dans la lignée de leur précédent Fils, qui abordait aussi, sous un tout autre angle, la paternité.Porté par le jeu admirable de Jérémie Renier en jeune père immature qui peu à peu, confronté aux conséquences de ses actes, s’acheminera vers la difficile maturité, ce film patient ne juge pas son personnage.Sans rien escamoter, les frères Dardenne, bres-soniens dans leur démarche, suivent pas à lias leur antihéros, jusqu’à nous faire pénétrer sa psyché de petit voyou en marche vers la rédemption.Les frères Dardenne, issus du documentaire, poursuivent l’incessante démarche de la vraie vie captée au naturel, comme au cinéma direct.Les interprètes, et avant tout Jérémie Renier, sont plongés au corps à corps dans le drame de la vie davantage qu’ils ne jouent.D's Dardenne sont de grands directeurs d’acteurs.La caméra collée aux interprètes, de longs plans fixes enfonçant le clou de chaque état d’âme, entre les *•* Lyf$ :V' Jérémie Renier en jeune père immature AanaL’Enfant, des frères Dardenne gaffes, créent ce rythme lent et implacable qui nous fait pénétrer dans un univers.L’hyperréalisme de leur approche sans effet de style, collée à l’urgence, ne cache rien: ni les fous rires d’un jeune couple à peine sorti de l’enfance, ni la légèreté du héros, qui court de combines en combines, vend ce qui lui tombe sous la main, vole le reste et ne réfléchit jamais.Ix 5 NOMINATIONS f AUX OSCARS» MEILLEUR FILM Philip Sqymour Hoffman capote métropole i w* / * f: v t t issi PRÉSENTEMENT A L’AFFICHE! I VKnaiON CmiOINAlE ANUI AI8B AVCC aOUS-TITHia FRANÇAIS I rciNmt < iwmnuMMeN' -, pCM(m.x dmctmmmtht-i r PARI8IEN ^ J [STARCfTt MONTREAL ?11.1 EX CFNTKIH > VVRSION ORiaiNALS ANOl AIS8 1 ~1 r— M*OA Ptex- UUJTZO —J |-MANK>N IXJ CMtMA-1 J IpONT VIAU 16 ?! | SHERBROOKE ?] I.- —1 (CINÉMA DU PARC tiwxho.vrxrnt-,r-nscinéma*ocu.ro—, ^ cas [LE FORUM 22 ?[ [ », .[ [CAAR, ANGRIGNON ?] |D.htt»'7~1 "szszïsr qjmstt; itit + it Rolling Stone un film infiniment troublant et noir, rempli de mystères.» - Martin Bilodeau.Le Devoir «Le désir et le danger se tiennent par la main dans cette étude de personnages doublée d'un suspense chirurgical à la Hitchcock.» - Gilles Carignan.Le Soleil Philippe Carcassonne et Bruno Pesery présentent BENOIT POELVOORDE ISABELLE CARRÉ * ENTRE SES MAINS UN FILM DE ANNE FONTAINE 'Mms CTMTT WW ZikliSiillitultlillU CDIIt TU JS PRÉSENTEMENT À U AFFICHE! 1 r^tmJcuTeJI EX-CENmeS e vxm CONSULTEZ LES OUtOES-HORAmES DES CINEMAS 4
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