Le devoir, 4 mars 2006, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 M A R S 2 O O « DANSE Vents du Sud Page E 4 CINÉMA Kamataki; lentement la beauté s’installe Page E 9 ?LE DEVOIR ?- # beFigman Festival 'Pî^; Parmi les meilleurs documentaires du FIFA, qui roulera du 9 au 19 mars, en première américaine: une trilogie de Marie Nyrerôd sur l’univers d’Ingmar Bergman ODILE TREMBLAY Sa vie fut une valse entre une réalité tissée de souvenirs et la fiction issue de ses rêves.Ses admirateurs ont beau avoir l’impression de connaître par cœur Ingmar Bergman, celui-ci se laisse-t-il pleinement découvrir?Cinéaste de Fanny et Alexandre, de Persona et d’une nuée de chefs-d’œuvre, réalisateur pour la télé des immortelles Scènes de la vie conjugale, grand homme de théâtre, auteur d’une excellente autobiographie, Laterna Magica, légende vivante marquée sa vie durant par une éducation rigoriste et religieuse, obsédé par les relations amoureuses, leurs gloires et leurs trahisons, par les réminiscences qui se superposent au présent Tellement misanthrope, l’octogénaire, qu’il ne s’etait même pas déplacé en 1997 pour recevoir la palme des Palmes au 50’ Festival de Cannes, qui s'agenouillait devant le maître.Reclus tant qu'on voudra, mais longtemps il avait fait quand même la navette entre son appartement de Stockholm, près du Théâtre royal dramatique, et sa maison de l’île de Farô, au bord de la mer Baltique.Il y a quatre ans, toutefois, Bergman pliait bagage, faisant ses adieux au théâtre, replié sur les terres et les battures de son île.Fuyant la foule de ses admirateurs et les journalistes, solitaire, mais relié à ses neuf enfants, à ses rares amis.Ce farouche écorché fut un des créateurs les plus féconds et les plus marquants du siècle.Témoignage ultime Ça prenait une femme pour apprivoiser la bête, la rassurer aussi, recueillir ses confidences.Journaliste et documentariste, Marie Nyrerôd a mis des années avant de gagner sa confiance et son respect son amitié aussi, qui lui est désormais acquise.La déterminée Suédoise a réussi à convaincre Bergman de se livrer en trois documentaires.Son rapport au cinéma, au théâtre, ses réflexions sur son fle, où la mort le hante comme dans Le Septième Sceau, sont présentés au FIFA.Mais cette trilogie avait d’abord été lan- cée au dernier Festival de Cannes.•Les démons n’aiment pas l'air frais, y confesse Bergman.Ils préfèrent que vous restiez au lit et que vous ayez froid aux pieds.Alors, après le petit déjeuner, je jais toujours une promenade de 45 minutes.» Façon de déjouer la mort, avant d’entreprendre avec elle son ultime jeu d’échecs.Il est né en 1918, apres tout La Faucheuse rôde et il voit ces documentaires comme un témoignage ultime.Marie Nyrerôd accompagnera à Montréal son triptyque.En attendant, on la joint par téléphone en Suède.Elle ressemble a Liv I Jllmann et à Bibi Anders-son, mélange des compagnes précédentes du maître.Aujourd’hui, elle se considère comme une de ses meilleures amies.Mais, outre son physique bergmanien, Marie Nyrerôd n’arrivait pas les mains vides.Elle possédait une connaissance approfondie de l'œuvre de Bergman, entre autres.En 1997, une longue interview avec lui pour la télé a brisé la glace D’où cette porte ouverte vers le dialogue filmé.•fêtais nerveuse au début, confesse+eDe, mais les génies sont aussi des gens ordinaires et la partie s'est jouée surtout à l’heure de la préparation des films.» le tournage des documentaires n’a duré que cinq semaines, mais des années durant elle l’avait écouté parier.Marie Nyrerôd l'a suivi sur le plateau de Saraband, son dernier film télé, d'ailleurs génial, qui redonnait la vedette à Friand Josephson et liv ( Jilmann, interprétés de Scenes de la vie conjugale 30 ans plus tard.Marie Nyrerôd l'a interviewé sur son île mais aussi à Stockholm, au Théâtre dramatique, ou durant un demi-siède il a mis en scène 125 pièces: Ibsen, Shakespeare, etc.A l'écran, il explique comment il récupérait sa troupe de théâtre pour l'entraîner au cinéma, sautant longtemps de la scène a l’écran, avec une prédilection pjur les planches, son véritable amour.Il faut l'entendre aussi raconter comment il a tabassé un critique qui le houspillait sans cesse- Bergman fait partie de ces créateurs qui supportent mal de revoir leurs œuvres, tellement ils ne voient que leurs défauts.Deux de ses films trouvent grâce à ses yeux: Persona et Cris et chuchotements.VOIR PAGE E 2: BERGMAN À l'été 2006, venez, à PERCÉ célébrer notre 5e anniversaire de création.Inscrivez-vous à l’École internationale d été de Percé de l’Université Laval www.taaavuiavatca/perce ténfi- UNIVf RSlIf •v' LAVAL Atelier d'ilustration : le récit illustre Séminaire de maîtrise en arts visuels : le sens de (‘usage de l'art 7 au 12 août ______ Classe de maitre en design graphique 141 Atelier en photographie : nature et paysage II : 14 au 26 août Séminaire de philosophie : du Beau, de l'affiche Platon à l'art contemporain 10 au 15 juillet 31 juillet au 5 août 14 au 26août 28 août au 2 septembre 11 au 16 septembre .Carnet de voyage Classe de martre en design identrte territoriale Classe de maitre : art.architecture et paysage Atelier en photographie : nature et paysage I Programme irrtensit en gestion de projets Ecole internationale d etc de Perce de l'Université Laval - Faculté d amenagement d architecture et des arts visuels • Renseignements et inscriptions tét sans Irais : 1 866 656-2017 * tet 418 656-2017 - perr.e«faaav utaval ca 6 I LE DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MARS 2006 -* Culture *- Le merle blanc éclaboussé Odile Tremblay Certaines personnes s’avèrent quasi intouchables dans notre petit magma culturel.Daniel Langlois, par exemple.L’homme en noir, le wise kid des nouvelles technologies qui a dédié une partie de sa fortune au septième art d’auteur.Né dans une ferme de poules, il est devenu le nabab de Softimage, puis le fondateur et grand argentier d’Ex-Centris, complexe de cinéma le plus hot en ville.Le merle blanc sur la chaussée noire, celui qui a sauvé jadis le Festival du nouveau cinéma de la banqueroute en épongeant ses dettes, c’est I^anglois.Allez donc lui reprocher quelque chose, juste pour voir.Il faut dire que le mécénat culturel est un phénomène bien rare au Québec.On n’a qu’à penser à l’Opéra de Montréal, qui dut sacrifier de gros bailleurs de fonds qui se mêlaient trop de contenu.Voici ^’institution au bord du gouffre financier.De fait, l’État providence n’est pas si providence que ça et le sera de moins en moins, soit dit en passant.Alors, l’entreprise privée doit mettre la main à la pâte: tout le monde s’entend sur ce point capital.L’ennui, c’est qu’on n’a guère trop de traditions de mécénat au Québec.D’où les fleurs lancées à Langlois.Souvent, les gens d'affaires qui s’associent à des manifestations culturelles veulent en avoir pour leur argent, admirer leurs noms en lettres d'or jusque sur l’avant-scène des théâtres et des cinémas.Ou bien ils se mêlent de régenter le spectacle.L’argent n’est pas une denrée innocente, plutôt un instrument de pouvoir.En art, comme ailleurs.D n’y a ni territoire sacré ni vraies icônes en ces matières.Hélas! Daniel Langlois, donc.Le Montréalais canonisé par le mécénat II trône sur son Ex-Centris à l’esthétique glacée mais à la fine pointe technologique avec du cinéma indépendant au menu.Son monde lui ressemble: l’appartement sur le Plateau Mont-Royal mais le club privé près du Vieux Port La fortune alliée à la générosité et à l’amour des arts.Sans compter une passion pour la diffusion des films par satellite, future révolution sur les grands écrans, déjà en marche, qu’il propulse à toutes pompes.Ça prend du temps à ternir, une auréole.Tenez, dans cette saga des festivals de films à Montréal qui n’en finit plus de révéler ses dessous douteux, le nom de Daniel Langlois sort sans arrêt On a ménagé le gars jusqu’ici.Question de respect.Et puis, c’est son argent qu’il gère, non pas des fonds publics.Quand même.Sus aux institutions Téléfilm et SODEC, qui se contredisent et s’enfargent à remonter le cours d’un échec en cachant ses squelettes! Le choix du Regrou-pement/Spectra (FIFM) plutôt que le projet du Festi- val du nouveau cinéma fut une erreur magistrale, pourtant annoncée.Mensonges, révélations au comp-te-gouites, jeux d’influence pour favoriser un gagnant choisi d’avance, règlements modifiés, systèmes de pointage abandonnés en cours de route.Ajoutez un mariage annoncé entre le FNC et le FIFM avant la signature du contrat L’embauche de Moritz de Hadeln, comme directeur de la programmation du FIFM, conclue sous fausse représentation.Une belle union jamais scellée et bonjour les dégâts! Pas très reluisant, à propos, le rôle de Daniel Langlois dans cette affaire! Les révélations des deux dernières semaines l’ont démontré: le Festival du nouveau cinéma (FNC) était jugé plus méritant que le FIFM au premier tour, avec une grosse avance de dix points sur le rival.Quelques jours ont suffi pour tout faire basculer.L’homme en noir a changé de camp.Daniel Langlois, président du conseil d’administration du Festival du nouveau cinéma, après pressions de la SODEC, acceptait de rejoindre le navire du concurrent, qu’on lui avait annoncé à l’avance comme, le grand vainqueur.A entendre les grosses huiles de Téléfilm et de la SODEC, l'arrimage de Langlois et de Spectra fut déterminant pour faire pencher la balance du côté du Regroupement Et même si Langlois jure que la partie s’était jouée avant sa volte-face, mettons qu’il aurait pu se démener plus fort pour les siens.D’où le malaise.On préfère les capitaines qui coulent avec leur navire, ou les défendent à coups de canons, à ceux qui sautent dans la barque des pirates à l’abordage.Ce n’est pas parce que son camp va perdre qu’il faut changer de parti.D’ailleurs, de toute évidence, Langlois (que les institutions ont brandi comme un trophée, après son virage) possédait assez de poids pour pouvoir résister bravement Oh! D assure avoir voulu éviter une plus grande division du milieu en épousant l’adversaire, contre l’avis de son conseil d’administration.À travers les branches, on savait bien que le mécène en avait sou-pé d’éponger les dettes du FNC.Même qu’il aurait été beau joueur en n'égorgeant pas son ancien festival avec une ancienne dette.N’empêche: ce n’est pas l’épisode le plus glorieux de son parcours.Bien évidemment, notre homme s’est beaucoup rapproché du FNC après l’échec du FIFM.Son marché des nouvelles technologies, le Digimart, va désormais s’ancrer au Festival du nouveau cinéma.Des liens cassés se sont recollés.Pour les besoins de la cause, on l’aura compris.On le croyait moins opportuniste que ça, Daniel Langlois.Il nous a déçue, veux, veux pas.D’autant plus que le FNC sort grandi de cette terrible année nourrie d’épreuves.C’est ce premier projet défendu par Langlois que le comité de sélection avait jugé le meilleur.Fallait-il vraiment le sacrifier?Les institutions ont misé sur le mauvais cheval, en grenouillant dans les coulisses, et elles méritent d’en payer le prix.Mais Langlois, pas plus fin, s’est laissé manipuler pour rejoindre les winners du beau concours.Ces mêmes winners qui couraient au devant de leur déroute.Au secours! Oui, cette saga des festivals aura tout maculé sur son passage.Même lui.otrem blayCaledevoir.com BERGMAN Et il est merveilleux d’entendre le grand cinéaste évoquer dans les documentaires ce cinématographe échangé avec son frère contre 150 soldats de plomb, son rêve du théâtre dans son castelet de marionnettiste, de l’écouter remonter le cours de ses œuvres, mais aussi (relui de ses amours et de ses peurs.On fait le plein d’anecdotes amusantes aussi, comme ce voyage improvisé à Cannes pour Sourires d’une nuit d’été en 1956, alors qu’il ignorait que ses producteurs avaient présenté son film au festival français (où il remporta le prix de l'humour poétique).La révélation Bergman sur la scène internationale eut lieu ce printemps-là avec cette comédie au charme féroce.«Par la suite, on me donna toujours carte blanche», précise le cinéaste.Il était lancé.Cent fois il a juré que «jamais plus!», mais toujours il a repris, d’une façon ou d’une autre, du service.«Cette fois, il a décidé qu’après Saraband, il ne toucherait plus à une caméra, raconte Marie Nyrerôd.Et c’est vraiment Le Theatre [mo] présente UNE ANNEE •* SANS ÉTÉ vm DE CATHERINE ANNE / « .UN ECRIN DE LUMIERE.DE CHALEUR.'é DANS LA SOLITUDE DU MONDE.» F Marie Lauberte - voir Québec « .SENSIBLE, CONCENTRE ET AUTHENTIQUE." |ean Si Hilaire 11 soleii .MISÉ EN SC ENE DE VERONIQUE CÔTÉ, OAGNAN LE DU MASQUE DE LA RÉVÉLATION 2004 Décor et lumière de Jean-François Labbé • Musique de Valérie Descheneaux • Costumes de Pierrick Fréchette Avec Emmanuel Bèdard.Vincent Champoux.Catherine-Amélie Côté, France LaRochelle et Magalie Lépine-Blondeau DU 21 FÉVRIER AU 11 MARS 2006 À LA SALLE FRED-BARRYÀ 19 H 30 - 4 1st, Rui sainli Catherine Est, Montreai - Biiletterie :(514)253-8074 Sgll mËm- Ingmar Bergman et la documentariste Marie Nyrerod la fin, à mon avis.Il devient trop vieux.Peut-être écrira-t-il un scénario mais, pour la mise en scène de théâtre et de cinéma, je le crois sincère dans sa volonté de s’arrêter.Ce qui le désole d’ailleurs.Il a besoin du contact avec les acteurs.Mais il n’a pas quitté son île depuis quatre ans.» Les documentaires sont sortis en Scandinavie, où Marie Nyrerôd n’a pas recueilli que des éloges.«Bergman compte beaucoup d’ennemis en Suède, à cause de son ta- I «B -là nous donne une bouffée d’air.» Attention par contre! On ne pourra quand même pas manger ou fumer dans la salie, mais les marionnettes, elles, pourront faire tout ce quelles veulent.Une quinzaine d’entre elles partageront la scène avec Jean-Jacqui Boutet (le maître).Patrick Ouel-let (Jacques) ainsi que Pierre Ro-bitaille, Valérie, Laroche, Christian Michaud, Eva Daigle et Annie Larochelle.La cohabitation de la chair et du carton pâte porte en elle tant les limites que le potentiel incroyable de ce projet.«Tout ne se peut pas en marionnettes», reconnaît Pierre Robitaille, qui codirige la compagnie avec Martin Ge- , nest.«Si un acteur peut le.faire, la marionnette est inutile.» Et d'expliquer que l’un des avantages des marionnettes, c’est qu'on peut les décapiter sur scène et qu'elles peuvent s’incarner dans de la volaille, par.exemple.«Quand l’aubergiste raconte a ses invités comment elle a manipulé son ancien amant, elle saisit le faisan sur la table et il se transforme en marquis.1.] Elle raconte qu'elle le déteste et, à un moment donné, elle lui arrache la tête, ce que ne pourrait pas faire un acteur.l.j C’est un décrochage d’acteur mais en même temps, ça permet de montrer que l’aubergiste manipule son souvenir comme elle veut.» Foisonnante, la conversation est l'image des lieux où nous nous VOIR PAGE E 4: KUNDERA nqLje pre i jmvIbus L» -Corps ^ théâtre Œil POUR mu.; "WJ-.’V Sa ™ "VVX’ A .-,f.;¦« .¦ .y* L'ENSEMBLE SüPERMUSIQUE • S munciens, S ntusidwitei LES DANSEURS • Séwnne Lombardo, Damé Soultees LES CONCEPTEURS • GuiRaum» Bloch, Bernard Grenon, Pierre Hébert, Loun Hudon jeudi 15, uendredi 11, samedi IB mars SODE » 2Dh3D usine: © • 13H5, auenue Lalande, ITlantréal bitletttni 3 reservations SF'-Scl-HQSS • 2DÎ, 12* _____ ____________ lululu.supermusique.qc.ca .L comas f, zqr- rrur soçaeJ J,k Devoir fâïëgê, ©kut ici SHAKESPEARE L’histoire lamentable de TITUS di 28 févrter 29 nan 2M6.ItlMiim Jttn B«0I«« Aiuiii-lniUngu, Jetfi BiHard, 0«i»l Oi«y«r«M, Philip* Oncrn.l*pM* Fiuctwt.Emu hKke.Chrittia* UBIm, Diliei Uetm.Ocnii Mercier.htUllt Pnteru, Ckwltt MIwiUhm Merlin Vnillmctwl.Sctnogripltia CSarhrttt ftmilena Coitumei et •ceeiioini Jwtr Urtfl «i FfMÇMt Baibnu.UimUrti Malkin Mtrcil.Trim* ignora trie farfal MtAr'M dOmni Mm Amha Boissons et nourriture vendues sur place durant la raprésantaùon OU 514.521.4191 Ugutigr U S Étudiant It I Ohm IME.rut Fatum.MoMréai • homtnac mimnowHfcnac ci 'r-étsm-M'vrmt Adaptation et mise en scène Jeon-Morie PflPflPIETROl assisté de Oeon-Sebostien PILOU Tr9duOKX’cf Acxandr« Vaiatsc et it kmard L^thoiiry de là production Daniel Simard de Louise Laprade » Solange Levesque.mère plus vraie que vraie aimante mai» véhémente.Louison Danis la reçoit dix sur .(.) un véri > i LE DEVOIR.LES S A M Ë D I 4 ET DIMANCHE 5 MARS 2 0 0 6 K 4 Culture KUNDERA Genest et Robitaille se perçoivent comme des artisans DANSE SUITE DE LA PAGE E 3 trouvons.Au fond de la salle de répétition trône un arbre gigantesque dessiné par Claudie Gagnon.Près de nous, deux membres de la troupe s’activent à «coudre» les derniers personnages.On peut entendre un bruit de scie en provenance de l’atelier adjacent.Là bas, on découpe des feuilles d’arbres, nous dit-on.Genest et Robitaille se perçoivent comme des artisans et espèrent bien le rester.\a précision est d’autant plus importante que leur compagnie, qui fête ses 10 ans, est poussée par un bon vent.De Faust, pantin du diable, au Noël de monsieur Scrooge en passant par Les Survivants, Pupulus a cumulé les succès populaires et critiques et le mot se passe.Outre Jacques et son maître, qui est une commande du directeur artistique du Trident, Gill Champagne, trois autres offres sont sur la table, dont un mégaprojet en hommage à Gainsbourg.«On n'aura pas assez de nos deux vies pour passer au travers de Pupulus Mordicus», lance Martin Genest, avant d’ajouter que la compagnie entend se limiter à un spectacle tous les deux ans.«C'est comme un petit char.On préfère rouler avec une p’tite hybride qu’avec un gros Hummer!», lance son acolyte dans un grand éclat de rire.Collaboratrice du Devoir JACQUES ET SON MAÎTRE Texte de Milan Kundera mis en scène par Martin Genest Du 7 mars au l' r avril Au Théâtre du Trident d % Jacques el son maître en répétition LOUISE LEBLANC à Danse Contemporaine Tangente hçmm f |p4Q Cherrier (métro Sherbrooke) 0illettemil4,S25 1500 A.' : «Au Minas Gerais, les gens coupent tous les mots, raconte en entrevue le chorégraphe Rodrigo Pederneiras, qui s’exprime en français."Onqotô”, c’est une manière de dire “onde eu es-tou”, qui signifie “où je suis”.On dit souvent, pour se moquer du Mincira [l’habitant du Minas], “onqoto, proncovo, doncovi”, contraction de “où je suis, par où je vais et d’où je suis venu”.» A partir de cette anecdote pleine d’humour, le trio de concepteurs pose deux questions essentielles (pour la vie comme pour la danse, dira le chorégraphe): qui sommes-nousr ou TANGOkinesis présente Tango lignes classiques du tango et de SOURCE FESTIVALISSIMO Nuevo, un heureux mélange des la danse moderne.USINE 0 s’en va-t-on?L’idée dérive en fait d’une phrase de l’écrivain brésilien Nelson Rodrigues, qui a dit que 40 minutes avant le big bang existait déjà le Fla-Flu — qui renvoie aux deux équipes de football, Flamengo et Fluminense! «Le souffle créateur, ce n 'est pas le big bang, c'est le Fla-Flu», explique M.Pederneiras en s’esclaffant Le chorégraphe promet d’ailleurs un clin d’œil surprise à l’univers du football en finale de l’œuvre.Si Grupo Corpo puise toujours dans la musique brésilienne l’inspiration première de ses œuvres.européenne au fil des ans avec Lecuona, Rodrigo Pedernei-ra s’est tourné vers le répertoire cubain.Suite de douze duos fiévreux, la pièce tire son nom du compositeur Ernesto Lecuona, espèce de Gershwin cubain, dont les chansons d’amour lancinantes ont été interprétées par des crooners notoires, tels Elvis Presley et Frank Sinatra.«Il fallait que je le fasse parce que ces chansons sont magnifiques.Elles parlent d'amour, de jalousie, de revanche; elles sont très fortes, très latines, du genre: je suis jaloux de l’air que tu respires.C’est presque kitsch et j’aime ça!», avoue le chorégraphe, qui assume ce penchant un peu ringard.Coté chorégraphique, la danse emprunte beaucoup au rythme typiquement cubain du bolero, que le public confondra peut-être avec-un tango métissé.L’amour au temps du tango En Argentine, le tango est né dans les bidonvilles de Buenos Aires.Issu du candombé, chansons entonnées par les Noirs, devenu danse lascive des maisons closes, le tango s’est raffiné, nourri par les influences musicales des divers immigrants de la capitale, jusqu’à son appropriation par les classes sociales plus élevées.Le diffuseur Danse Danse accueillait, en 2004, le Ballet contem-poraneo del Theatro San Martin.Cette fois, Festivalissimo invite une transfuge de cette compagnie, Ana Maria Stekelman, directrice artistique et chorégraphe de la compagnie TANGOkinesis.«Pièce de résistance» de Festivalissimo, selon les organisateurs de ce festival qui célèbre les arts latino-hispano-ibériques, TANGOkinesis présente Tango Nuevo, un heureux mélange des lignes classiques du tango et de la danse moderne.Choix artistique cocasse, les femmes de la troupe sont formées en ballet classique et les hommes sont issus du tango, dont les femmes ont tout de même une bonne connaissance.Depuis sa fondation en 1992, la troupe a créé une dizaine de chorégraphies en plus des œuvres commandées par des compagnies argentines et européennes.Le Festival d’Avignon et la Biennale de Lyon l’ont notamment accueillie.Formée à l’école américaine de Martha Graham dans les années 60, puis auprès du père de la danse moderne d’Argentine, Oscar Araiz, Ana Maria Stekelman s’est taillé une place de choix sur la scène européenne au fil des ans.Elle a cosigné les chorégraphies du film Tango réalisé par Carlos Saura et participe actuellement à la conception d’un opéra-rock basé sur Dracula à Rome.Une artiste à découvrir.Le Devoir Ana Maria Stekelman s’est taillé une place de choix sur la scène HOLY BODY TATOO (vancouver) NOAM GAGNON ET DANA GINGRAS m EBSOW * RUNNING WILD DU r AU 4 MARS 2006 ¦WOUËNTE.RAfNOE.EXC8SSHÆ ET PASSIONNÉE., LAOESTUEUiOeLATOOUWMRNCOUV&IOeE j NOUS RENVOC LES RVTNMES D'UNE Epoque ErorraÊMesrroenwADQXES.-——— — • TTC BOOY AS MESSEL FOU THE S>WT.TTC BOOY AS CANVAS ON WHICH OUR DEEPEST SAf»K£S~ I SeCFCTS AflE FTCTCO - THAT t.ESSENCE.B •MAT TTC HOL> 900Y WnOO B AU.ABOUT.’ OUICHET 521.4463 WWWLtSJBC-C.COM AOMSSKM7KX1M5 I LE SH MC mmATTVt ET IME PRODUCTION DE OMSE -CTTt EN COPTCOUCTION AVEC ET MARIANNE ET SMON Choregrafh-e Catherin* Tardif verprEtf; Marc Boivin, Sophie Corrtveau, AnneBruce Falconer.Peter James.Guy Trifiro direction musicale Michel F.Côté éclairages Marc Parent ostuues Angelo Barsetti DU 8 AU 18 MARS 2006.20H - 514.843.7738 Élâ CHAPELLE î7M’Sai«l-Domi«iq»e, Montréal *1 cnn c»t iinp m n m B Sherbrooke B St-laarent-aatobis 55 Qsi6becSS * c— i.7" - 2-r- ïrir- l& U * * • f tf ’ :: ii LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MARS 2006 Culture MUSIQUE CLASS1QU E Jeanne Lamon, à table depuis 25 ans Pro Musica accueille, mardi au Théâtre Maisonneuve, l’Ensemble Tafelmusik de Toronto, porte-drapeau canadien en matière d’exécution de la musique baroque sur instruments anciens.Jeanne Lamon, qui est à la barre de l’ensemble depuis 1981, dirigera également, à cinq reprises entre le 30 mars et le 13 avril, l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal.CHRISTOPHE HUSS /T' afelmusik», cela veut dire " i.'«musique de table» et qualifie le répertoire créé pour les soirées et soupers de la noblesse au XVUT siècle.L’impulsion avait été donnée par la cour du Roi-SoleU à Versailles.Outre le noble genre de l'opéra et la musique sacrée, on aimait y entendre des musiciens pendant les repas.Cela nous valut les Symphonies pour les soupers du roi, qui, par extension, donnèrent naissance à un répertoire en soi, les «musiques de table», destinées à être entendues plutôt qu’écoutées.Alors que Telemann a abondamment fourni le catalogue du genre, Mozart, qui cherchait à atteindre d'autres sphères que Yen-tertainment, a été assez avare de musique de ce type.Bien sûr, l’Ensemble Tafelmusik ne joue pas que du répertoire décoratif.Il s’est même fait un nom sur le plan international dans des œuvres trapues, par exemple à travers une fascinante intégrale des Concertos pour piano de Beethoven, avec Jos van Immersed au pianoforte et Bruno Weil à la direction, parue chez Sony.Ce rayonnement a été possible grâce à la confiance du plus célèbre des producteurs de disques de musique ancienne et baroque, Wolf Erichson.Créateur du catalogue Teldec, qui mit sur la mappemonde musicale Nikolaus Harnoncourt et Gustav Leonhardt Erichson fut appelé, à la fin des années 80, à monter un catalogue baroque au sein de l’étiquette Sony.Ce fut l’aventure «Vivarte», aujourd’hui défunte, comme beaucoup d’initiatives discographiques intéressantes.Tafelmusik était l'un des moteurs du catalogue Vivarte.Ce fut, évidemment pain béni pour la notoriété de l’ensemble.En entretien au Devoir, Jeanne Lamon voit évidemment l'expérience Sony et ses quarante-deux enregistrements comme une -étape très importante» de l’histoire de Tafelmusik, débutée en 1979.C’est grâce au violoncelliste Aimer Bylsma que la directrice artistique de l’ensemble de Toronto se rappelle avoir été mise en contact avec Wolf Erichson.Mais même si la boulimie d’enregistrements n'est plus, Tafelmusik garde une belle présence sur le marché grâce aux parutions Analekta, à raison de onze disques à ce jour.La directrice artistique de Tafelmusik n'est assurément pas en panne d'idées, puisqu'elle a lancé, depuis 2000, un cycle de formation L’Ensemble Tafelmusik de Toronto avec Jeanne Lamon à l’avant-plan, au centre SOfKCK AN Al INI A avec un institut estival destiné aux jeunes professionnels ou aux professionnels aguerris qui cherchent à avoir une expérience avec les instruments anciens, une «immersion dans le monde baroque», comme elle le définit.Dans le même esprit, elle lancera cette année un programme d’un an, aboutissant à un diplôme de l’Université de Toronto, alors qu’au-jourdhui l’enseignement de la musique baroque est encore très concentré en Europe.«Pour nous, c’est très important d'avoir fait ce geste.Dans notre Summer Institute, nous avons soixante-cinq étudiants qui viennent de partout dans le mon- de.J'espère que le programme de l’université sera d'un niveau encore supérieur» Parmi les étudiants estivaux, on rencontre une moitié de jeunes musiciens et une moitié de «curieux», surtout des professionnels dans la quarantaine.«Mais ça peut commencer par la curiosité et déboucher sur autre chose», constate Jeanne Lamon, avec amusement.En concert Mardi, accueilli par Pro Musica, Tafelmusik jouera Bach, avec un programme de haut calibre: 1” Suite orchestrale, Concerto pour deux violons, Concerto pour hautbois d'amour cl 3 Concerto brandebour- N S O N SOURCE ANNEXE COMMUNICATIONS Bénabar PHILIPPE PAPINEAU Paris — Dehors, Paname grelotte.Le mercure n’est pas si bas que ça, mais, comme le chante Sanseverino, à Paris, «quand il fait -3 °C, il fait froid».Heureusement, aujourd’hui, il ne pleut pas.Un pain au chocolat dans la main, nous marchons dans le neuvième arrondissement, descendons la rue du faubourg Montmartre et croisons finalement la rue Richer.De loin, on voit déjà l'affiche de la salle de concert: «Bénabar», annoncent de gigantesques néons rouges.Plus de doute, on range le plan de la ville.C'est là, aux mythiques Folies Bergères, que nous avons rendez-vous avec le chanteur Bénabar, un des piliers actuels de la chqnson à texte de l’Hexagone.A 37 ans, Bénabar connaît pas mal de succès dans la francophonie européenne.Son premier disque est deux fois doré, son deuxième s’est écoulé à 500 000 copies et son plus récent Reprise des négociations, paru en octobre, a déjà atteint l'honorable plateau des 300 000 copies.A ce jour, le Québec, lui, n'a eu droit qu'à un opus.Couche-tard et lève-tôt, un hybride des meilleurs éléments de ses deux premiers albums.La situation est sur le point de changer, puisque Bénabar lance dès mardi son dernier-né dans la Belle Province.Jusque-là, l'ancien réalisateur de courts métrages s’y est fait discret, mais il a une bonne raison: il a une peur bleue de l'avion, «f aurais pu y aller dix fois si je n’avais pas ce problème», dit-il pour s'excuser.Dans une minuscule loge des Folies Bergères, Bénabar, de son vrai nom Bruno Nicolini, avoue d'emblée qu’il n’aime pas trop l’étiquette «nouvelle chanson française» qu’on lui a accolée depuis le début de sa carrière.•Même si ça m'a beaucoup aidé, c’est très artificiel, je ne peux pas prétendre à ce titre.Je n’ai ni l'impression, ni la prétention de foire quelque chou de nouveau.Je suis bien conscient de foire de la chanson très traditionnelle, très classique, de la chanson narrative, presque académique.Là où il y a vraiment une nouvelle façon d'aborder la musique, c'est dans le rap.Là il y a quelque chose qui n existait pas il y a 50 ans.¦ » Les classiques qui ont inspire Bénabar ne font pas trop dans le rap: Renaud.Brassens.Souchon, Higelin.Bashung.Pas vraiment Bénabar, prise 3 des «deux de pique» de la chanson.«J’estime avoir une personnalité, mais il n’y a pas de génération spontanée.Si tu fais de la chanson en français, tu ne peux pas nier Brel, Renaud ou Brassens, explique Bénabar, qui a déjà collaboré avec Juliette Gréco et Henri Salvador.Si tu fais du cinéma, tu ne peux pas faire comme si Truffaut et Orson Wells n’avaient pas existé!» Le nouveau père de famille n’a pas encore l’aura de ces monstres, mais il en a tout de même une part du génie: sur Reprise des négociations, l’humble chanteur montre de nouveau qu’il sait écrire des chansons.La plupart du temps de petites scénettes de tous les jours, un peu tristes, loin des grandes envolées lyriques, mais qui frappent dans le mille.La plus récente à son palmarès, Le Dîner, relate l’histoire d'un gars qui ne veut pas aller manger chez des amis et qui tente de convaincre sa copine de rester à la maison.«Une bonne chanson, c’est un truc où on te raconte quelque chose d’intéressant, où tu ressens les choses et où en plus tu as passé un bon moment musical.Je prends souvent pour exemple Je m’voyais déjà d’Aznavour, qui pour moi est une espèce de mètre étalon.Tout ce que tu apprends sur la vie de ce mec-là en trois minutes!» Bénabar concède ne pas être un grand chanteur, ni un grand musicien, même qu’il en fait très peu de cas.«Mes modèles sont comme ça, d’ailleurs.Ce qui compte, c'est la chanson elle-même, puis la façon dont tu la portes.Renaud n’est pas un grand chanteur, il ne va pas atteindre des contre-ut et faire des trucs de voix insensés, et pourtant il nous tire les larmes.» Sauce variétés Pour Reprise des négociations, Bénabar a voulu sortir un peu de sa routine musicale.«Les albums d’avant étaient très similaires, et c’était correct ainsi, mais je voulais passer à quelque chose de plus assumé, notamment sur le plan musical.J’ai voulu m'autoriser certaines façons de concevoir la musique, la production, de façon beaucoup plus “variétés".» La pièce Maritie et Gilbert Carpentier, ce couple qui animait une émission de télé musicale, en est un bon exemple.«C’est un souvenir d'enfance, celui d’être devant la télé avec mes parents.Cette chanson, c’est un peu la madeleine de Proust, c’est le fait d’annexer les souvenirs d’odeurs, de sensations.et c’était l’occasion de rendre hommage à toute une variété des années 70 que j’adore.» Tant sur album que sur scène, UNE AUTHENTIQUE RÉCRÉATION DES CONCERTS DE L'ÉPOQUE! Extraits de : Eine Kleine Nochtmusik, Symphonie Jupiter, Symphonie Haffner, Les noces des Figaro, La flûte enchantée.Jeudi, 16 mars, 2006 • 20H00
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