Le devoir, 23 février 2002, Cahier C
L E théâtre La signature Van Grimde Page C 4 DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 FEVRIER 2 0 0 2 H# r CINÉMA Gêna sur John Page C 6 « LE DEVOIR ?'Ht Conte de fées américain Le Cirque Éloize réussit son entrée new-yorkaise STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR New York — C’est un pari fou devenu une folle aventure.C’est un conte de fées.Il y a moins de dix 4ns, sept Madelinots formaient le Cirque Eloize, une audace franchement démente au pays du brontozorien Cirque du Soleil, le plus grand joueur mondial du secteur des chapiteaux.Cette semaine, la petite compagnie devenue grande présente cinq fois son spectacle Cirque Orchestra au City Center de New York.La troupe a tenu ses promesses au-delà des espérances les plus osées.L’accueil a été plus que chaleureux, jeudi soir, à la grande première.La salle de quelque 2000 places a offert pas moins de trois rappels et manifesté joyeusement son enthousiasme.la grande originalité de Cirque Orchestra consiste à proposer des numéros (trapèze, main-à-main, contorsion, équilibre sur cannes, tissu aérien, anneaux, roue allemande.) sur fond de musique classique.Et à New York, le partenaire des performeurs, mi-athlètes, mi-artistes, est le Orchestra of St.Luke’s s’il vous plaît.La création date d’il y a trois ans, au Festival international de Lanaudière.Une commande de l’événement pour un soir, avec l’Orchestre métropolitain.Dès l’été suivant Cirque Orchestra amorçait une tournée internationale: d’abprd Lisbonne, puis de grandes villes aux Etats-Unis.Le mois prochain ce sera au tour de Séoul et de Tokyo.Le spectacle fait sa rentrée montréalaise cette semaine, mais avec deux représentations seulement, le même soir, vendredi prochain, le T'mars, à la Place des Arts, dans le cadre du Festival Montréal en lumière.Des dizaines de sorties à l’étranger et un petit retour à la maison, la routine habituelle quoi, puisque la très grande majorité des spectacles du Cirque Eloize ont été offerts ailleurs dans le monde, dans plus de 200 villes en fait Presque tous les fondateurs s'activent encore au sein de la compagnie, quatre d’entre eux sur scène.L’ancien acrobate Jeannot Pinchaud, lui, est passé aux grandes commandes.«Pour nous, cette série de représentations new-yorkaises marque une autre étape très importante, dit le directeur général, rencontré quelques minutes avant l’ouverture du grand jeu, avant-hier.A partir de maintenant,, nous devrions pouvoir nous ancrer aux États-Unis et conquérir de nouveaux débouchés ailleurs dans le monde.» Preuves de succès Les preuves du succès percent comme tulipes au printemps.Une équipe de télévision japonaise tourne en ce moment un documentaire sur le phénomène québécois.Le Cirque Éloize est maintenant le seul de son secteur sous contrat avec l’agence Columbia Artists Management Inc.(CAMI), la plus importante des États-Unis.Une autre troupe s'active en Europe avec le show Excentricus, qui était en tournée en Grèce depuis le début du mois.Une troisième troupe va lancer ce printemps le nouveau spectacle éloizien, baptisé Nomade.La compagnie a déjà engrangé des contrats pour pas moins de 90 représentations de cette création, à l’étranger, à compter de septembre prochain.Ce suç-ces s’explique par le fait que le Cirque Éloize réinvente aussi son art, comme le Cirque du Soleil, dont il est une sorte d’antithèse selon une formule récente du San Francisco Chronicle.Il renouvelle à sa manière le «nouveau cirque-, cette version postmoderne d’une tradition multicentenaire.Sa mécanique expressive carbure a l'enrobage poétique de numéros parfaitement maîtrisés.«Nous proposons une petite forme multidisciplinaire, explique Jeannot Pinchaud.vertiges ?-•foE-’-H» «tow-fi» • hh'cîvh-* >: iwuroiii» * mmiiw* «» ET DI M A X (HE 2 t E E V R I E K 2 (I 0 2 Culture VERTIGES Histoires de fantasmagorie SUITE DE LA PAGE C 1 Douze personnages, dans l^es Aveugles, traversent la nuit et sont transpercés par elle.Ces personnages sont perdus dans la forêt, leur guide s'étant évanoui dans la nature.S’engage alors le non-spectacle d’une réalité invisible, la quête de ces personnages afin de connaître l’inconnaissable, de comprendre ce qui résiste à être compris, de mesurer ce qui fuit vers l’incommensurable.Dans Intérieur comme dans Les Aveugles, tout se produit dans l’attente.Une magnifique retenue empêche les fils du drame de s’effondrer, jusqu’à ce qu’une détente survienne, irrépressible, entraînant les personnages dans le gouffre.«On ne sait pas très bien ce que c'est, explique Marleau en entrevue, mais ça arrive.On est dans un théâtre statique.Les personnages sont figés.Ils entendent des bruits, ne savent plus s’il est midi, minuit.Tous les signes sont confondus et se confondent.Il se mettent à désespérer de l’absence du guide qui ne leur parle plus.» L’histoire, pour Marleau, est celle de la faillite du langage.La pièce se termine dans l’épouvante.Douze visages surgissent de l’obscurité.Deux acteurs, Céline Bonnier et Paul Savoie, uniquement présents par le truchement de la vidéo, campent chacun six de ces personnages.Pour monter la pièce de celui dont le Serres chaudes (1889) est considéré comme le maître-livre de la littérature symboliste et dont Apollinaire avait salué la modernité, Marleau a choisi la vidéo, utilisée d’une manière qu’il a déjà explorée dans Les Trois Derniers Jours de Fernando Pessàa (1997) et dans Urfaust (1999).Le double et le spectre taraudent ces espaces théâtraux.Dans ces pièces, les sculptures — peut-être celles dont Maeterlinck disait qu’elles suscitaient d’étranges questions — s’animaient par les images projetées sur elles, poussées par une fatalité qui les poussait à vivre.Pour Les Aveugles, les corps mêmes des acteurs disparaissent, seuls des masques — moulés sur la tête des acteurs — hantant une scène qui, elle aussi, s’efface, fl n’y a aucun écran.Marleau souligne que dans la pièce, «on se retrouve dans des espaces intermédiaires.Le statut des personnages est totalement incertain».De la façon dont le metteur en scène a travaillé, par le biais de la représentation des personnages, l’image est projetée sur des masques qui flottent dans l’espace, «ce qui leur confère l’idée d’un souvenir, de souvenirs qui parlent».Marleau cite le «souvenant» de Beckett dans le Cette fois du recueil intitulé Catastrophe - Et autres dramaticules, celui qui cherche à se souvenir.«J’ai essayé de faire partager l’expérience de la cécité au spectateur qui est dans cette chambre noire, qui perçoit et qui entend, de la même façon que les aveugles, ce qui se passe autour de lui, au-dessus de lui, devant lui.Ce qui est donné à voir se résume à douze figures humaines qui flottent dans l’espace.» le théâtre s’affranchit de la présence corporelle de l’acteur pour cette mise en scène singulière, le son, trafiqué pour ARCHIVES LE DEVOIR L’histoire des Aveugles, pour Marleau, est celle de la faillite du langage.l’occasion, ne devenant qu’une suite de vagues sensations auditives.Si Diderot, dans ses Lettres sur les aveugles, croyait déceler chez les non-voyants une acuité décuplée à percevoir les sons, chez Maeterlinck, au contraire, ces derniers s’appauvrissent et se confondent jusqu’à devenir innommables.«Les personnages sont sur une île.Presque un petit cosmos.Il y a la mer, le clocher au loin, peut-être un village, l'espèce de pavillon dans lequel ils habitent; il y a la forêt, le vent.La mer peut-être portée par le vent pour aller toucher les pieds des personnages.Tous les sons deviennent matière à interprétation, objet de discussion pour les aveugles qui vivent une confusion des sens.» Dans Les Aveugles, les personnages ne peuvent pas bouger, au risque de trébucher et de s’abîmer.C'est ce qui a permis à Marleau de créer un théâtre statique.Les personnages attendent, mais «ils causent, ils causent entre eux».Ils se demandent ce qui approche.La réponse ne leur viendra pas.Peut-être alors nous parviendra-t-elle.LES AVEUGLES Au Musée d’art contemporain de Montréal Du 28 au 24 mars Représentations à 14h et à 17h du mardi au dimanche A 14h, 17h et 19h30 le mercredi Durée: 45 minutes BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Dans l’entrevue que donne Denis Marleau à Louise Ismert, responsable au Musée d’art contemporain de Montréal des créations multimédias, qui paraîtra dans le catalogue de l’exposition, le metteur en scène explique combien le sous-titre de sa création, Fantasmagorie technologique, est lourd de sens.Comme dans plusieurs productions du théâtre Ubu, les arts visuels sont convoqués dans ce titre, mais aussi toute une culture visuelle issue des siècles passés.Le terme «fantasmagorie» explique une partie de l’intention du metteur en scène: «procédé qui consiste à faire apparaître des figures irréelles dans une salle obscure à l'aide d’effets optiques».Le titre évoque ces salles obscures où des spectres, dès la fin du XVIII' siècle, étaient pour ainsi dire réveillés grâce à une technologie embryonnaire.Pour sa part, Marleau cite le travail du physicien-astronome belge Etienne-Gaspard Robertson (1763-1837), inventeur en 1798 du fanta-scope, «sorte d’ancêtre, du projecteur», au Pavillon de l’Échiquier à Paris.Bruitages aux sources dissimulées, projections d’apparitions spectrales,, théâtre de l’épouvante — des représentations ont même été données dans la crypte d’un ancien couvent de capucins près de Paris —, ces dispositifs étaient aptes à brouiller les limites de la réalité.Or il est presque impossible que Maeterlinck n’ait pas connu ces machines de visions et d’illusions, ce phantasmagoria.Lorsque nous l'avons rencontré, Marleau est revenu sur ces aspects de l’écriture maeterlinckienne: «Les inventions du symbolisme, chez Maeterlinck, passent par les arts populaires, les jeux de miroir, les jeux d’optique, les arts de la rue.» Selon le directeur du Théâtre Ubu, «à sa façon, Maeterlinck pose la question du théâtre, de la représentation théâtrale, en faisant des liens avec cet imaginaire qui relève plus de l'invention du pré-cinéma, comme la lanterne magique, par exemple».Incursions multiples Ce n’est pas la premiere excursion du côté des arts visuels du Théâtre Ubu.Déjà, dans des pieces comme Les Trois Derniers Jours de Fernando Pessàa (1997) et Urfaust (1999), Marleau s’etait approprie le dispositif du vidéaste américain Tony Oursler, découvert dans une galerie a Bordeaux.Incorporant la sculpture et la vidéo, Oursler crée, dans plusieurs œuvres, des fictions en projetant des visages animés sur des poupées fixes.Marleau pousse un cran plus loin cette làçon de faire dans Les Aveugles.Outre cette référence claire, le curriculum de Marleau contient quelques collaborations avec le sculpteur montréa-_ lais Michel Goulet à titre de scéno-' graphe au théâtre et à au moins une autre occasion, en contexte de galerie (la galerie Occurrence), où le metteur en scène avait participé à une installation du sculpteur.Il faut replacer le travail de Marleau dans le contexte des médias dits nouveaux (et du spectacle nouveau).Dans ce contexte large (faut-il y lire un effet fin de siècle?), les spectres de toutes sortes reviennent hanter la scène, ce qu’il faut évidem ment relier à la fascination que suscitent les mondes virtuels.Dans le même mouvement, les techniques issues du XIXe siècle et même du siècle précédent sont actualisées par la technologie.On retrouve là les deux termes du sous-titre de la nouvelle création de Marleau.Le plus récent de ces rappels de la culture visuelle des siècles passés a eu lieu à la Société des arts technologiques (SAp au début de l’année.Pour The Visitor: Living by Number, Luc Courchesne a inventé une lentille capable d’embrasser un champ de vision étendu à 360 degrés.Or l’invention de Courchesne renvoie à un épisode méconnu de l’histoire du premier cinéma.En 1900, à Paris, Raoul Grimoin-San-son a donné ce qui serait l’une des rares séances de l'histoire du Ci-néorama.L’appareil permettait ce que le panorama, à écran peint, donc statique, de 360 degrés, ne pouvait faire, c’est-à-dire offrir une vue entière, animée, de l’horizon.Dix appareils projetaient, en 70 mm (le même format que le cinéma Imax), un film coloré à la main montrant la ville de Paris, film tourné à partir d’une montgolfière s'élevant dans le ciel.Luc Courchesne n’en est pas a ses premières armes dans le domaine de la réalité virtuelle, nous faisant rencontrer des êtres virtuels.Au profit d’un principe d'interactivite, Courchesne nous fait discuter avec des personnages dont l’image est réfléchie sur des écrans de verre placés à un angle de 45 degrés.Ainsi, l'image est saisie par cet écran transparent, les personnages semblant flotter dans les airs.Cette technique, Victor Pilon et Michel Lemieux l’ont remise au goût du jour avec leurs deux spectacles Le Grand Hôtel des étrangers et Pôles, dans lesquels deux réalités s’épousent, l’une bien palpable, l'autre spectrale.Dans ces spectacles qui allient d’anciennes technologies à celles qui comptent parmi les plus récentes, les spectres apparaissent et provoquent des collisions dans l’espace et le temps.Le sous-titre de Marleau est donc plein d’histoire, récente et ancienne.Sa mixture multimédia partage avec Lemieux, Courchesne, Oursler et bien d’autres cette fascination pour le double spectral.«La définition du mot “fantasmagorie” dans le dictionnaire correspond au projet», soutient le metteur en scène.L’autre comme présence impalpable, on l’a vu, est actuellement l’objet d’un engouement Est-ce une question d’épistémè d’une époque?«Je ne crois pas que ça relève d’une époque, mais d’une sorte d’interrogation fondamentale que l’homme, depuis les origines de l’expression artistique, se pose.Les Grecs, à travers le masque, posent déjà la question de la présence virtuelle de quelqu’un.On retrouve ça dans le théâtre de Shakespeare.On pense aux puissances invisibles sollicitées.» Maeterlinck participe de cette né cessité de faire voir l’invisible.«Dans un monde où les identités sont de plus en plus instables, ces manifestations relèvent peut-être de cette instabilité identitaire.Je n’en sais rien, ce n’est qu’une hypothèse.» ~o L_ CL> C «D C < r» CLAUDE ALB017T mnrmrm,*.m RM HENSON i.REATURE SHOP r».,,*.STEPHAN i < ABU STEPHANE f.AHEI r CHRISTOPHE '(ANS ».•—¦«».»»,( ANAL* «*.• '» SAMUI.IIADIDA r RICHAR!» GRAKDPIIRRI: ' HRIYTOPHE'.ANS ^ ^ www Icpactedeslouiis.tom Le livre est disponible Bandr Originale du ./ W^run aux Éditions Film dlvponlblr «ur l ,tV^ V T V fl Rivaop.s Cfo ‘ "¦***"** À L'AFFICHE! I 7“l version originale française fTP cooïwjaaTÿl II PARISIEN ?| s0Ss.Mres anglais lLE FORUM ?SON DIGITAL CINÉMAS AMC NOMINATIONS AUX OSCARS Meilleure nelrite - HAÏ LL HERRY I Meilleur scénario original GAGNANTE Berlin Meilleure at trite S ii.xm iti RRS y ^ Jr ¦% ¦ s «.un must absolu!» » Ht-ne llttmicr Kos (llas|t| «.s msint dans a'tti* lignée d'oeuvres rem; ' ' s! mm HOHTIIOKYIOV .IIAI.1.1 m UltS III VITI11IX,I R • si \\ COMBS • l’I II K IM>u.l LE BAL DU MONSTRE MTsion IratK iiisf' dr Mniistcr's II.ill ctom nifm I nl.lnnl, M \K( I OKS II it www.christallilmi.ioin • V9M«OM rnAMQAIM ¦ ’mowtSIal”'?I rSuSKNYl rfioMuoumuT] [wSr-muiT^l fiïïüwfÉxoiï 71 fa î3ïï**7\ ^^^«71 iüssû.uta-ri ÿ> PRÉSENTEMENT A L’AFFICHEl ^to» DIGnULrirKoiTtin 8065 C (» LE DEVOIR.LES S A M E D I ï :i ET DIMANCHE 24 E É V R I E R 2 0 0 2 La boucle est bouclée CINÉMA Gêna sur John WOW 2 Réalisation: Jean-Philippe Duval.Image: Jean-Philippe Duval et Alex Margineanu.Musique: Benoit Charest ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Ce documentaire clôturera dimanche les 20” Rendez-vous du cinéma québécois.Wow 2 est réalisé par Jean-Philippe Duval.On devait déjà à ce cinéaste la comédie Matroni et moi, mais également plusieurs documentaires, dont Im vie a du charme et Ijumiè-re des oiseaux.Précisons d’abord que IVow 2 est un écho 33 ans plus tard à Wow tout court.En 1968, Claude Jutra avait réuni une brochette d’adolescents, dont la future syndicaliste Monique Simard.Celle-ci est désormais productrice chez Virage, la maison derrière ITim12, La boucle se retrouve bouclée.A ces jeunes (tous beaux et capables de bien s’exprimer), Jutra demandait de parler de la vie, de l'amour, de la drogue, du sexe, de l’engagement social, mais aussi de leurs rêves.Et ces rêves étaient mis en images, ce qui apportait une dimension poétique à l’exercice.L'époque en était une de libération, d’exploration et de contestation tous azimuts.On peut déplorer le fait que le Wow de Jutra ne soit pas présenté en programme double avec Wow 2.Il est passionnant de comparer les deux documentaires (nous, les journalistes, avons eu droit à une cassette du film de 1968).Hélas! D'public n’a pas cette chance.Et combien de personnes se souviennent vraiment du Wow de Jutra?Qu’en est-il 33 ans plus tard?la jeunesse a-t-elle vraiment changé au même rythme que la société?Ces questions surgissent en fili- grane du film de Duval.Le spectateur répondra oui et non.Sans vouloir être rabat-joie, on constate que la jeunesse de 2000 a plus de difficulté à dérouler des phrases complètes qui expriment une pensée que ceux de 1968 (sans doute issus des collèges classiques).Le système d’enseignement ne s’est pas démocratisé de la meilleure façon, côté maîtrise de la langue.Les protagonistes s'appellent Kate, Julien, Philibert, Marie-Eve, Léandre, Barbara, Monica et Dasha.Le documentaire de Duval est bien fait, avec les mêmes aller-retour entre rêves des jeunes et questionnement sur la vie.Il montre des aspirations confuses au bonheur, mais aussi une déroute, le refus du conformisme, l’éternel rejet de l’autorité, un sentiment d’impuissance, mais aussi l’envie de se battre.On les retrouvera au Sommet des Amériques à Québec, dénonçant la mondialisation.En 1968, c’est Monique Simard qui portait à peu près seule le flambeau de l’engagement social.Trente-trois ans plus tard, plusieurs affichent une révolte politique, mais celle-ci demeure diffuse.Ils ont 18 ans, après tout, leurs familles sont disloquées en général, ce qui ajoute une mélancolie à leurs réflexions sur l’union amoureuse.Ces adolescents s’expriment beaucoup à travers la création (la musique surtout, un langage bien mieux maîtrisé que la parole).Wow 2, pas plus que le film de Jutra, ne prétend pas radiographier la jeunesse moderne; il nous la présente avec son énergie, ses pulsations, son envie de trouver un art pour sortir du silence, beaucoup de confusion, moins d'illusions que la génération précédente mais une fragilité identique et la même fougue que ceux qui avaient 18 ans en 1968.POINTE-A-CALLIERE ET MONTRÉAL EN LUMIÈRE UN PROGRAMME ÉBLOUISSANT > 2 mars 16 h à 19 h Lumière sur la musique Compositeur Jean-François Laporte .4,50 $ Visite comprenant Centre d'histoire de Montréal .8 $ 3 mars 10 h et 12 h 30 Brunch Histoires^^ chocolatées Avee Jacques Laeoursicrc L'Arrivage, 2e étage (8/2-9128) .22,95 $ Musée tlartheolotiic et d'Iustoire «le Montreal ' \ngle de 1,1 ci ummuie ,, ,, Win Monirc.r l"isn \I.MiJria ,11*.JHM& 3 mars à 14 h Symphonies portuaires Intonarumori Compositeur Louis Dufort Aux abords de Pointe-à-Callière i .{ FESTIVAL u'ruwvT 3 MONIRtM.fNLUNUtRt PatniTOtn» c.madien ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Une rétrospective des films du grand cinéaste américain John Cassavetes roule depuis une semaine au Cinéma du Parc.On peut en profiter jusqu’au 28 mars.Le réalisateur-comédien disparu en 1989 n’en finit plus de donner une leçon de cinéma aux amoureux du septième art.Ses œuvres phares, comme Shadows, A Woman Under the Influence, Opening Night et Gloria, brillent au firmament des grands films libres.Qui davantage que son épouse, muse et interprète, Gêna Rowlands, peut aujourd’hui témoigner d’une époque, d’une passion, de la collaboration de chaque instant que fut leur aventure humaine et artistique?Cassavetes avait offert à sa femme d’immenses rôles féminins, passés aujourd’hui à l’histoire.A Woman Under the Influence, Ope- ning Night et Gloria reposaient sur les épaules de cette merveilleuse actrice.Jointe au téléphone, la blonde grande dame affirmait hier qu’apres le décès de son mari, elle n’avait même pas songé à rencontrer un cinéaste capable de la mettre en scène d’aussi glorieuse façon.Et même si Jim Jarmush, Woody Allen et d’autres lui ont par la suite offert des rôles intéressants, elle savait que les grands défis de sa carrière restaient derrière.Gena Rowlands est réputée pour avoir non pas interprété des rôles, mais plutôt choisi de plonger littéralement en eux, en devenant le personnage.Or dans A Woman Under the Influence, elle incarnait une femme psychiquement très instable et sa performance mettait son émotivité à l’épreuve.«Pour moi, jouer, c’est comme être dans un avion, enlever mes souliers et les jeter par la fenêtre, explique-t-elle, ü peut être dangereux de laisser aller ainsi ses défenses.Personnellement, je suis toujours retombée sur mes pieds.« Gena Rowlands évoque le plaisir infini qu’eDe eut à travailler aux côtés de Cassavetes.«Jamais nous n’avons pensé que John deviendrait célèbre, mais tous ses collaborateurs étaient conscients de l’étendue de son talent.Nous étions un groupe très uni avec Ben Gazzara, Peter Falk, toute la vieille équipe.A l’époque, notre vie était financièrement difficile, mais très excitante.Je ne peux vous dire à quel point nous étions heureux d'aller travailler.Le plus grand écueil de notre vie se trouvait dans la quête de distributeurs.Après avoir terminé A Woman Under the Influence, on était fiers de notre film, mais aucun distributeur ne désirait l’acheter.C’était le désert.John avait même commencé à téléphoner à des exploitants de cinéma pour qu’ils l’acceptent sur leurs écrans.Plusieurs lui riaient au nez Le film a été sauvé in extremis par le Festival de New York, où il a reçu une ovation inespérée.Çe fut la plus belle soirée de ma vie.A la suite de cet accueil, un dis- tributeur a pris le film.Mais je ne dirai jamais assez à quel point la France, l’Europe en fait, nous a aidés.Là-bas, le cinéma de John Cassavetes était accueilli avec amour et passion, bien davantage qu’en Amérique.Les distributeurs savaient qu'ils auraient une diffusion internationale avec nos films.Ça nous a aidés à continuer.» «Je ne crois pas qu’il serait possible aujourd’hui, pour des cinéastes indépendants, de travailler de la même façon que nous, estime Gêna Rowlands.On a eu de la chance, mais aussi la possibilité d’arrêter certains tournages pour chercher de l’argent—John avait des contrats comme acteur, après tout—, puis de reprendre le travail là où on l’avait laissé.Ce mode de fonctionnement paraît presque impossible dans notre industrie actuelle, régie par des règles rigides.Mais les caméras numériques viennent apporter une nouvelle souplesse au cinéma indépendant et des talents libres pourront naître dans ce contexte-là.» Sur la frontière de la mort DRAGONFLY De Tom Shadyac.Avec Kevin Costner, Kathy Bates, Joe Morton, Ron Rifkin, Susanna Thompson, Linda Hunt Scénario: David Seltzer, Brandon Camp, Mike Thompson.Image: Dean Semler.Montage: Don Zimmerman.Musique: John Debney.Etats-Unis, 2002, environ 105 minutes.MARTIN BILODEAU Qu’est-ce qui a bien pu motiver le retour, à Hollywood, du cinéma fantastique?Première hypothèse: l’émergence, sur le marché, de scénaristes dont les premiers coups de cœur cinématographiques ont été L’Exorciste, Damien, la malédiction et autres Audrey Rose.Seconde hypothèse: l’énorme succès remporté par Le Sixième Sens, ainsi que celui, plus récent, du film Les Autres.Or ces hypothèses n’éclairent que partiellement les causes qui ont conduit à l’existence de The Mothman Prophéties et de Dragonfly, ce dernier, sorti hier, signé Tom Shadyac (Patch Adams).La sortie quasi simultanée de ces deux derniers titres ainsi qu’une certaine parenté thématique forcent la comparaison, bien que Dragonfly ait quelques longueurs d’avance sur son prédécesseur, en matière d’originalité et de maîtrise du sujet Pas qu’on ait affaire à un grand film, mais force est d’admettre que, dans les limites d’un genre qui fait souvent mouche dans l’instant mais qui vieillit très mal, Dragonfly dose, mesure et distille avec précaution une intrigue captivante, très peu subtile en apparence.Celle-ci a pour figure de proue un urgentologue (Kevin LES de EVE ENSLER Mom® SOIRÉE BÉNÉFICE PRODUITE PAR Sylvie Rosenthal & Marika Csano MISE EN JEU Sylvie Rosenthal DISTRIBUTION Markita Boies, Céline Bonnier.Marika Csano, Isabelle Gaumont.Maïa Godin, Brigitte Lafleur, Sandra Lefebvre.Sylvie Legautt, Sylvie Léonard.Nathalie Matteau.Monique Mercure, Marina Orsini, Dominique Pétin, Lorraine Pintal, Martela Pizarro, Louise Portât Pierette Robitaille, Francine Ruel, Catherine Sénart.Gisèle Trépanier PRÉSENTATION DES MONOLOGUES Michèle Audette, Viviane Barbot, Marie-France Bazzo, Janette Bertrand, Aoua Bocar Ly, Angèle Coutu, Madeleine Poulin, Juge Andrée Ruffo.UMTl.THE VIOLENCE STOPS -MONTRÉAL 2002- AU LION D’OR LE 10 MARS 2002À 19h00 RÉSERVATIONS (514) 844-2172 SALON POMPADOUR RBIB îiJUa 5SU Rh/t-SUO tvpo SERVCï n S Costner, égal à lui-même) brisé depuis la mort de son épouse (Susanna Thompson), survenue alors que celle-ci, oncologue enceinte de six mois, faisait un séjour dans la jungle vénézuélienne, au service de la Croix-Rouge.Les enfants cancéreux qu'elle soignait à l’hôpital vivent sur la frontière de la mort, et la traversent temporairement parfois, rapportant au veuf éploré les récits de leurs rencontres avec elle et les bribes d’un message qu’elle désire lui transmettre.Rien de vraiment nouveau, sinon que la variation est attrayante et que l'intrigue est suffisamment bien équarrie et décorée pour que l’intérêt soit soutenu.La plus grande surprise du film rienf faut-il s’en étonner, de la prestation de Kathy Bates en voisine lesbienne qui aide le paqvre Joe à surmonter l’épreuve.A travers une mise en scène assez pesante, mais étudiée, Shadyac flirte constamment avec le danger, effleure le ridicule ou y succombe sciemment.Les artisans du son, qui étaient dans le coup, nous tirent par les oreilles pour nous promener du premier au second degré, selon le niveau de difficulté.Susanna Thompson, en épouse décédée, joue à fond la caisse la madone virginale, archétype de la disparue pleurée par le mâle resté derrière.On aurait bien aimé la voir bavarder avec son perroquet domestiqué, qui trône dans la cuisine de Joe, et avec lequel celui-ci ne parvient pas à communiquer.Le dialogue de sourds donne lieu à quelques moments comiques, qui parsèment un petit film grand public, fantastique et ésotérique, inégal mais constant dans son ambition.Dragonfly ne changera pas le monde, ni ne révolutionnera un genre dont il est appelé à devenir, avec d’autres, un énième exemple des démarches qu’Hollywood entreprend dans le but de reproduire un succès que d’autres ont connu sans s’y attendre.I » / 0péretfef^m un savotf*^ "foises et v/ennois®5 Le Gesù 1200 Blouiv :®PDA vendredi et samedi, 1er et 2 mars à 20 h dimanche, 3 mars à 15 h ____________________ billets 25 $ étudiants/aînés 22 $ groupe (15 pers.et +) 20 $ réservation 514 861.4036 4.âts- su smcq.jKSmi «b » , ORCHESTRE V J\ LC O ill SYMPHONIQUE m: MONTREAL CHARlivS IX TOIT présentent musi [flùR Denys Bouliane Walter Boudreau FESTIVAL DE MUSIQUE NOUVELLE 4 au 8 MARS 2002 160 musiciens • 10 compositeurs • 6 conférences • 4 concerts • 1 classe de maître 5 mars, 20 h L’ENSEMBLE DE MUSIQUE CONTEMPORAINE DE McGILL Denys Bouliane chef d’orchestre Œuvres de Paul Frehner (création) Mauricio Kagel, Alexina Louie et Xiaogang /e 6 mars, 20 h L’ENSEMBLE DE LA SMCQ : « Les Ailes du désir » Walter Boudreau chef d’orchestre • Marie-Danièle Parent soprano Liu Fang pipa Créations de Denis Gougeon, Melissa Hui et John Rea 7 et 8 mars, 20 h L’ORCHESTRE S/MPHONIQUE DE MONTRÉAL : « Tigre et Dragon » Tan Dun chef d’orchestre • Denys Bouliane chef d’orchestre MayaBeiser violoncelle Œuvres de Jean Lesage, Denys Bouliane et Tan Dun, dont le Crouching Tiger Concerto tiré de la musique du film Tigre et Dragon DES EXTRAITS DU FILM SERONT PROJETÉS SUR GRAND ECRAN PENDANT L’INTERPRÉTATION DU CONCERTO Tous les spectacles sont présentés à la Salle Pollock de l’Université McGill cin^hria Pour l’horaire complet, consultez T'-yi.F.ntv™ LT (genda ¦MBMHBBHRMl L t DEVOIR.LES SAMEDI 2 S ET D I M A \ ( Il E 24 E E V R 1 E R 2 O O 2 é (’ musique CLASSIQUE Y 1 T R N E 1) l I> I S Q U E Heureux de chanter Entre New \ork, où il incarne Don Carlo dans l'opéra du même nom de \erdi, et Bilbao, où il sera le Manrico du Trouvère, du même compositeur, le ténor canadien Richard Margison effectue une escale dans sa résidence de Toronto, son port d attache.C’est là que nous l’avons joint, reprenant son souffle, lui qui mène carrière aux quatre coins du monde des grandes scènes lyriques.FRANÇOIS TOUSIGNANT T eune adolescent, Richard Mar-J gison aime la musique.Son idole: le chanteur folk Gordon Light-foot.Alors, avec des copains, il fonde un groupe et se produit dans ce genre de répertoire pour, sans sen rendre compte, se trouver une voix.Début de cours de chant «J'ai eu une chance extraordinaire de pouvoir rencontrer un professeur de la trempe et de la générosité de Selina James.» Première leçon de chant «classique» donc, de la manière la plus traditionnelle: «Elle m’a fait chanter les vieilles mélodies italiennes, entre autres, pour bien poser ma voix.» Comme il est originaire de Victoria, le chemin mène inévitablement à l’école de chant fondée par Léopold Simoneau et Pierrette Alarie.Après avoir chanté dans de petits rôles à l’opéra d’Edmonton, il s’inscrit donc à leur programme d’été, Opera Piccola.Les deux aînés sont tellement impressionnés qu’ils le prennent sous leur tutelle pendant près de cinq ans.Ce sera cinq ans de maturation, de développement.La voix prend de l’ampleur, devient imposante et forte.Un vrai fort ténor verdien est en train de naître.Or on sait que, souvent, ce type de voix tend à s’alourdir.Comment éviter le piège?«Je continue à suivre les principes de Simoneau.Ce qui est important pour moi, ce n’est pas tant la puissance que le legato et la souplesse.» Pour cela, les chanteurs ont un mot travailler le «coloratura».On associe souvent ce qualificatif aux seuls sopranos très aigus, du type Reine de la Nuit ou Lakmé.In vérité est tout autre.Coloratura, pour les chanteurs, veut dire souplesse et agilité, donc habileté à faire de rapides et belles vocalises, sans effort; il existe ainsi des basses coloratures (pensez à Haendel et à Rossini).C’est pour cela que Margison dit adorer travailler Donizetti, qui exige cette souplesse et cette agilité pour que le chant soit beau.Alors, «tous les matins, je commence par chanter Ev'ry Valley [premier air du ténor dans Messiah, de Haendel] pour réchauffer ma voix.Je traîne un mauvais rhume depuis un mois, dont je n ’arrive pas encore à me défaire, alors c’est un peu plus difficile en ce moment», ajoute-t-il en riant La simplicité du personnage est assez désarmante.On a presque l'impression de parler à un ami tant l’homme se montre d’abord franc et ouvert.Question de puissance A une époque où les salles sont immenses, certains ténors doivent forcer la vont et s’accrochent aux aigus si attendus du public, ces notes redoutables qui font ou défont leur réputation, auxquelles se suspendent bien des carrières.«Pour moi, ce n’est pas vraiment un problème.Contrairement à bien de mes collègues qui redoutent un peu ces hauteurs, moi, j’adore les notes aigues.Je m'y sens très à Taise, pourvu que je puisse les produire avec la souplesse de la ligne qui nous y amène.Alors là, tout devient naturel.» Il faut de la force?«J’ai de la chance; pour mon type de voix, cela vient spontanément, sans forcer justement, car je possède cette “stamina".Je tiens cependant davantage — même si je me répète — à ce que ma voix reste expressive, transmette le sentiment, voire l'émotion, que le frisson vienne de la manière de faire plutôt que du faire lui-même.» On parle beaucoup du baryton verdien, mais il existe aussi un ténor verdien.C'est là que, contrairement à son compatriote Ben Heppner, qui se sent plus à l'aise dans le répertoire allemand, il se délecte des grands rôles de Verdi.«J’aime chanter Manrico [R Trova-tore\, Radamès [Aida], Otello et, bien sûr, Don Carlo.» Son répertoire ne s’arrête pas là.Il a le tempérament des grands rôles véristes.Aussi, ajoute-t-il, «c’est toujours avec plaisir que je m’attache à des personnages comme Cavaradossi [Tosca] ou le prince CalaflTuran-dot]».Ici, sa voix peut laisser libre cours à ce legato qu’il chérit et cuL tive tant Comme \\ «adore être un ténor, ce sont des partitions où [il ne peut] qu ’être heureux en les chantant».Et il aime aussi Max dans le Freischütz (Weber).Vient alors l’inévitable question du répertoire français du XOC siècle, qui revient à la mode en ce moment.«Oui, j’adore chanter Don José dans Carmen; c’est formidable non seulement pour la voix, mais aussi pour le théâtre.» Comme il a déjà enregistré un disque d’airs et de duos français avec Lyne Fortin, la conversation glisse sur Massenet.«On ne le connaît pas assez, et c’est dommage.Peut-être que les chanteurs n’avaient pas la tessiture ou la technique pour rendre justice à plusieurs pages, mais il s’agit d’une musique où je me sens également très à l’aise car elle va chercher d’autres ressources de ma voix, plus subtiles.En plus, comme bien des rôles sont écrits relativement haut, je m’y sens encore plus chez moi.» Quel est donc son secret pour que tout cela se fasse sans que rien ne s’use: «Boire des gallons et des gallons d’eau», répond-il en s’esclaffant au bout du fil.Concert et récital Il faut bien passer par là: un chanteur d’opéra, souvent, aime se produire en concert ou en réci- ^/// Orchestre du Grand Mon^eal Yannick Nézet Ségum ADDENDA Capital inc çft COlIoborotion ovec costh os ^ février 2002 Dédicace aux étoiles, audacieux! Theatre Maisonneuve David Agler, chef d'orchestre HOLST - Les Planètes MOREL - L'étoile noire relestial Ga,e” «Ceie" hovhaness Théâtre Maisonneuve Place ries Arts tal.Si le concert avec orchestre ne diffère pas trop de la presence à l'opéra, pour Margison.le recital est autre chose.«A l’opéra, la voix est importante, et il faut projeter l'émotion et le theatre.» le travail s’effectue au sein d'une équipé (chef, metteur en scène, costu me, théâtre, collègues) et il doit alors s'inscrire dans tout cela, sans toujours renier sa vision propre des choses.Le récital, lui.sans que rien ne change dans sa voix, «devient une expérience plus intime».Il est seul à faire le choix eL si sur les planches il dispose de tout un attirail pour faire passer les choses, «en récital, le texte est tout à coup beaucoup plus au premier plan».«Je vous parlais d'un air de Haendel tout à l’heure, qui me réchauffe pour l'opéra.En contrepartie, quand je pense au récital, j’ajoute des mélodies de Duparc, surtout Phidylé, qui me mettent plus en contact avec cet univers, tant artistiquement que physiquement», explique-t-il.On voit le goût — et la technique —.hérité de Simoneau, pour la clarté et le naturel, et, surtout, l'importance qu’il y a à user de son instrument toujours avec la même aisance peu importe le contexte.Lors de son passage à Montréal, ce sera donc un festin de ces deux aspects de l’art de Margison qu’on pourra entendre.Une première partie consacrée à des mélodies italiennes anciennes (dont le si connu Caro mio ben), du Duparc, du Beethoven et du Richard Strauss, «qui écrit magnifiquement pour ma voix», dit Margison.«Chanter Bacchus [Ariadne auf Naxos] ou L’Empereur [Die Frau ohm Schatten], ajoute-t-il, m'apporte toujours de.grandes satisfactions.» Ensuite, il y aura une série d’airs d’opéra parmi les plus populaires, au sens noble du terme.Massenet, Verdi et Puccini seront à l’honneur.Quoi de mieux pour faire encore meilleure connaissance avec celui qui est réclamé — et acclamé — partout et qu’on n'a pu entendre ici qu’une seule fois, alors que, ironie du sort, il incarnait son cher Don Carlo sur la scène de l’Opéra de Montréal.A nous de partager encore les plaisirs qu’un grand artiste sait généreusement et joyeusement offrir, en toute simplicité.RÉCITAI.RICHARD MARGISON Production Société musicale André Turp et Festival Montréal en lumière.Au Théâtre Maisonneuve, le vendredi 28 février, 20h.ALWAYS GOT TONIGHT Chris Isaak Reprise (Warner) Il nous manquait bien.Chris Isaak.Ini.son pif d'ex-pugiliste, sa tignasse d "Elvis millésimé 1957, son sourire Pepsodent.la brise si suavement californienne de son timbre, son humour absurde, son univers de lonely surfer des années 60 trop cool pour être vrai, son goût immodéré pour les guitares qui font twang, sa propension à chanter du Ricky Nelson et du Lefty Frizzell sans qu'on le lui demande.Qu'etait-il donc devenu, ce drôle de gugus-se perdu dans la machine à voyager dans le temps des années 90?je vous le donne en mille: star de la télé.En effet, depuis deux ans, Isaak est vedette de sa propre sérié comico-musicale, The Chris Isaak Show, diffusée au Canada à Much-More Music (le MusiMax anglo), c'est-à-dire peu ou pas chez nous.Ce qui est fichtrement dommage.Il y est, paraît-il, si totalement craquant que son étoile un peu pâlissante de la tin des années 90 éblouit à nouveau.Pas surprenant, en cela, que le Californien revienne au disque avec l'énergie, le désir et la dégaine leste du jeune homme qu'il était au temps béni de Blue Hotel (1987) et de l’ultime slow Wicked Game (1989):,4/n’ays Got Tonight est autant un retour à la forme rock'n'twang des débuts qu'un retour en tonne tout court.D'emblée, avec One Day, c’est patent: Isaak r^ prend la route avec des chansons faites pour le bitume, avec mélodies dans le vent et strummings de guitares épousant les révolutions du moteur.Dans le genre, Ixt Me Down Easy est une splendide décapotable à flancs blancs, avec ce pt^ tit falsetto dans le refrain qui décuple le ronronnement.Dans le registre plus lent que lent qui lui sied si bien, Worked It All Wrong est l’une de ces ballades royorbiso-niennes qui font manger les kilomètres.Riffs rock’n'roll gagnants (American Boy, Notice The Ring), festivals de 12-cordes à la Byrds (/ See You Everywhere, Somebody To Love), ce disque offre très exactement ce qu’on veut de Chris Isaak.Reste à trouver le bon câblodistri-buteur: après ça, plus moyen de vivre sans The Chris Isaak Show.Sylvain Cormier DVORAK - FISCHER Antonin Dvorak: les deux recueils de Danses slaves, op.46 et op.72.Budapest Festival Orchestra, dir.: Ivan Fischer.Philips 464 601-2 La musique pour piano à quatre mains a fait la fortune de bien des compositeurs de la seconde moitié du XIX' siècle, Brahms en tête.En- www orchestremetropolitairucom ARCHAMBAULT WWW.ARCHAMBAULT.CA SYLVAIN LELIÈVRE EN SPECTACLE LES 21, 22 ET 23 FÉVRIER AU LION D’OR Sylvain Lelièvre Versant jazz.Live au Lion d'Or.Novembre 2001.MANON LÉVESQUE EN SPECTAC LE LES 3, 5 ET 6 AVRIL Al) THÉÂTRE CORONA ©i tu n n saEcr Manon Lévesque Vertiges Promotion en vigueur jusqu 'au 27 lévrier H OLIIEf OR MfOM 500.rue Sle-Catherine Est • Place des Arts • Les Halles d’Anjou • Galeries Laval • Mail Champlain courage par son éditeur, IVorak se mit donc lui aussi à la tâche.U- pre mier recueil commande ne lui donna que peu d’argent — le contrat était signe — mais rendit F éditeur riche comme Crésus.Aussi, pour le second, Dvorak se négocia-t-il un cachet dix fois supérieur au premier, sans problème aucun.le succès de ces deux opus de Danses slaves fut tel que, pour poursuivre l’exploit, le même éditeur demanda au compositeur de les orchestrer — et chacun y trouva son compte financier.Voilà donc l’origine anecdotique de ce dernier enregistrement en date du Budapest Festival Orchestra — un orchestre ad hoc formé d’amis et trié sur le volet dont tous les membres sont des solistes de première classe' — et de son chef fondateur, Ivan Fischer.On les admirait surtout d;ms It's œuvres de Bartok et de 1 iszt.Hongrois, ils se sont d’abord attaqué au répertoire national, les voici qui quittent le monde magyar pour entrouvrir l’univers slave, ma foi, avec grand bonheur.11 ne faut pas prendre ces danses avec trop de raffinement, ni trop de laisser-aller, le problème de la musique savante - d’inspiration folklorique et qui se reclame de St's origines ist de tr ouver le juste dosage entre science de l’ecriUtre et exotisme rythmique.Ça.IVorak Fa nmssi, lu pérennité des thèmes et la faveur des morceaux auprès du public le prouvent.Ceux qui peuvent bouder la mu sique qui se veut légère et plaisuite — ne pas contondre avec facile et insignifùuite—ne pourront résister aux plaisirs de cet enregistrement, les rythnres caractéristiques qvou tez cette manière de souligner k' deuxième temps) sont soulignés avec juste ce qu’il faut d’élan pour qu’on sente que, oui, on danse bien, mais (us comme des elephants! En dumka comme en turiant, les musiciens maîtrisent tellement la tix'h nique individuelle et collective que l'unité de ton séduit.Flamboyant à la limite du pompier ou coquet à la bordure de l' -aguicherie», telles sont les bornes de l'éventail avec le quel Fischer fait s’animer les danseurs imaginaires qu'on ne peut s'empêcher d’inventer en chorégraphie ludique de nos rêveries.I.a prise de son est aussi incroyable.On croyait avoir tout en tendu dans ce type de répertoire plus -accessible».Ut preuve est faite qu’il n’en est tien et que, avec un IXMi de fidélité au texte, de senti authentique d’une tradition et de pci sonnalité, il y a toujours du jus à ti rer.Que ce soit dans les itotits en nous parsemés do-ci de là, dans les enchaînements subtils ou encore dans les danses plus carrément structurées, vraiment, on tient là un enregistrement qui procure au tant de joie sentimentale qu’il nous intéresse avec intelligence.François Tou signant L OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA présente un film de DAN BIGRAS mwm UN COMBAT QUI NE FINIT JAMAIS www.onf.ca/ring intérieur À L’AFFICHE DÈS LE 1er MARS VERSION ORKJINAl F FRANÇAISf I-CINÉPLEX OOFON-, |— MFOA PLEX- OUZ/O —| y— MtUA PL EX' OUttO—i tncomplém«inld«progr«mme [QUARTIER LATIN ?11 JACQUES CARTIER 14 ?| [PONT-VIAU 18 ?[ “1 *' Cl"‘™ VERSION ORIGINALE FR MfQA-PLEX’-OUZZO r—LES CINÉMAS QUZZO-1 LACQRDAiRE n ?[ jifUnr.l astres.- -U Martin* ChmtraM L'OPERA DE MONTREAL fbur«TOSCA» de Giacomo Puccini Les 9, 11, 14,16,20 et 23 mars 2002 à 20 h Avec SUSAN PATTERSON, Fiona Tosca - ERNESTO GRISALES, Mario Cavaradossi CHRISTOPHER ROBERTSON, Scarpia - JAMES PATTERSON, Angelotti T.STEVEN SMITH, Sogristano - TIMOTHY OLSON, Spoletta L'ORCHESTRE MÉTROPOUTAIN DU GRAND MONTRÉAL sous la direction de LOUIS SALEMNO En colloborolion avec k Hydro Mise en scène : RENAUD DOUCET Décors : MICHAEL YEARGAN Billets a partir de 39,50$ « ODM (514) 985-2258 cfb PDA (514) 842-2112 EXTRAITS (514) 282 OPERA www.operademontreal.com r» «al OT) ’ll?! •alla Wllfrid-Pallatlar Place des Arts PRtXSPÉCIAUX 18-30 ANS (514) 985-2258 OPERA ALAttW .DISPONBLE * (514)985-2258 M % LE DEVOIR.LES S- A M E D I ET DIMANCHE 24 FEVRIER 2 0 0 2 C 8 -* Culture*- Le feuilleton du doublage Ça fait des années qu’il traîne en longueur sans trouver sa conclusion.On le suit comme un interminable feuilleton.Lui, c’est le dossier redondant et rebondissant du doublage des films américains au Québec, qui piétine à n’en plus finir.Il a quelque chose d'empoisonné, ce dossier-là.A travers lui, tout un discours sur la diversité culturelle réclame le pouvoir de doubler chez nous tous les films américains qui dévorent nos écrans.Ça fait colonisé sur les bords.Et n’oublions pas qu’Hollywood a massivement envahi nos cinémas lorsque le gouvernement québécois a forcé les majors à doubler à toute vitesse en français leurs films pour notre public.L’industrie du doublage repose sur le lien de.parasitage qui nous unit à une grosse cinématographie impérialiste.On tasse ce malaise en se disant qu’après tout, un tel lien de dépendance est devenu inévitable.Et puis, l’industrie de nos voix maison s’est développée au long des ans et mérite de vivre.Avec un chiffre d'affaires qui tourne autour de 20 millions par année, elle fait travailler entre 500 et 600 personnes: artistes, techniciens, etc.En aval, certains spectateurs gémissent devant la mauvaise qualité des films doublés chez nous, tandis que l’Union des artistes (UDA) vante la qualité des cours offerts et assure qu’on est devenus des pros.Chose certaine, les doublages en argot irritent l’oreille aussi.Détestant personnellement les films doublés et n’en voyant qu’à la télé, mon manque d’expertise en la matière m’empêche de trancher en faveur d’une école ou de l’autre.Mais cette industrie existe et prospère.Or certains studios américains refusent de se farcir un double Odile Tremblay ?doublage de leurs films en français: le premier en France pour le public européen, le second ici pour notre bassin de spectateurs.Ils préfèrent payer une seule fois les doubleurs de l’Hexagone en nous expédiant leurs répliques argotiques en prime.Toute réciproque se révèle impossible.La France, dotée d'une loi protectionniste, refuse d’importer nos versions mais peut expatrier les siennes outre-Atlantique.Nous sommes les dindons de la farce.Je viens de parcourir le dossier «doublages cinématographiques» du centre de documentation du Devoir.11 est d’une épaisseur impressionnante, toujours nourri, jamais résolu, et se feuillette comme un aide-mémoire: je revois ce dimanche d’avril 2001, quand les comédiens de l’Union des artistes piquetaient devant le cinéma Quartier Latin pour protester contre les politiques du studio Columbia, trop vendu aux Français.Au fil des pages, je réentends les cris indignés de l’ex-ministre de la Culture, Umise Beau- doin, en 1997.Elle appelait a la guerre sainte contre l’inique loi française qui boude nos versions et nous assène les siennes.Ça allait faire mal, promettait-elle.En guise de réplique cinglante, le rapport Lampron devait livrer, quelques mois plus tard, un pur pétard mouillé.Et la loi française court toujours.Depuis, le comité du doublage de FUDA a changé son fusil d’épaule, laissé la France tranquille pour réclamer çomme elle une loi-cadre, histoire de protéger aussi nos interprètes.Une délégation de Î’UDA a pris le bâton du pèlerin en 1999 pour rencontrer quelques studios réfractaires, récupérant au détour Warner Brothers et Universal, perdant Columbia l’année suivante, ne mettant jamais la main sur Dreamworks.De leur côté, Buena Vista et Disney, bons princes, font fidèlement doubler leurs films chez nous.L’UDA, exaspérée de négocier le bout de gras auprès de chaque joueur, réclame haut et fort sa loi-cadre, histoire d’obliger les Américains à adopter nos voix québécoises, aussi inexportables soient-elles.Mais cette loi-cadre ne viendra probablement jamais au monde.En tout cas, c’est ce que j’ai compris en abordant le sujet avec la ministre de la Culture, Diane Lemieux.Ijors des récentes ententes Lemieux-Valenti sur la diffusion des films américains au Québec, la question du doublage a été évacuée des discussions en cours.Avec raison, sans doute.Mieux vaut le négocier plus tard dans un cadre indépendant Soit! Mais faudra voir dans quel cadre.La ministre s’avoue plutôt réfractaire à mettre en avant la fameuse loi-cadre sur le doublage.Elle souhaite privilégier, à l’intention des majors réfractaires, des mesures fiscales incitatives du type crédits d’impôt, tarifs préférentiels a la Regie, etc., histoire de faire entrer les brebis américaines égarées dans notre bercail sans les enchainer pour autant Diane Lemieux évoque un courant nord-américain de mondialisation pas très favorable aux lois protectionnistes.-On tente de rentrer dans cette logique-là, dit-elle.Comment ignorer pareil contexte?» Un autre argument antidécret circule dans le milieu.Une loi provinciale serait tôt ou tard appelée a être négociée par le fédéral dans les accords de l’OMC.Irritante perspective pour notre fleur de lys! Le Québec, faute d’être souverain, ne peut gérer des accords internationaux fin seul.Quand même, ça fait soupirer, tout ça.Tant de politiciens se drapent dans la belle victoire de l’exception culturelle à l’heure de prononcer leurs grands discours, des trémolos dans la voix.Sur le terrain, au moment d’agir, le ton se fait moins faraud.La vérité, c’est que l’exception culturelle se révèle aujourd’hui d'une telle fragilité que nos dirigeants n’osent s'en prévaloir pour mettre le poing sur la table dans les dossiers chauds.Mais si personne n’y croit, à cette fameuse exception culturelle, si ceux qui la défendent la considèrent comme un beau principe assis sur une tablette, ne sont-ils pas en train de lui arracher ses dernières dents comme ses ultimes chances de survie?otrem blay'a ledevoir.ca IMuor B Molman Dialogue à la Chapelle Chapelle historique du Bon-Pasteur, entrée libre Samedi 2] mars 2002 à I4h Analyses, commentaires et extraits musciaux de quatuors de Chostakovitch, Bartok et Schafer Exposition : lazt en images de Jean-Pierre Beaudin ¦ Concert Vingtième et plus Vendredi le 1ar mars 2002 20h salle Redpath, Université McGill Chostakovitch : Quatuor no.8 Bartok : Quatuor no.l Schafer : Quatuor no.8 (création) ¦ Billets : 20S et I SS étudiants/aînés Renseignements : 514-527-5515 «ONueoi Kliii.'7.1 C&Siiyu* rataiMW.' iim— W: % : ATM A prenez te *° Bernard Alain f»rlmeau Caron frg H Juliette =»¦ C4SO] 750-8202 Salle Roland-Brunelle aJolietta =» 14501 790-8202 Salle Roland-Brunelle TOURNÉE HIVER PRINTEMPS 2002 1 3 Longueull =» (450J 070-1818 Théâtre de In ville LennoKville > tsioi 022-0082 Théâtre Centennial Ste-Thâràss > [490J 434-4000 Salle du Collège Llonel-Groulx Beloell »¦ 1490) 484-4772 Centre culturel Terrebonne > (490) 402-4777 Théâtre du Vieux-Terrehonne Ste-Geneviève Sallo Pauline-Julien « OM Baie-Comeau 3- r4ia) 289-2000 Théâtre de Baie-Comeau MARS AVRIL L’Assomption (450) 588-8188 Théâtre Hector-Charlar^d Ste-Geneviève =» (514) bzb-ibib Salle* Pauline-Julien Ste-Thérèse > (450) 434-400B Salle du Collège Lionel-Groulx MTU Longueuil > (490) 870-ibis BiOm Théâtre do la ville p-ÿJk H Baie-Comeau =» C41B) zbs-zooo mOtJH Cégep de Baie-Comeau F-^TFl AVRIL Terrebonne [450) 402-4777 Théâtre du Vieux-Terrebonne Québec S ïï S00,*c' MkwtM d* la Cvhum If THfAltf SUS LH «Vf-COMfAU - MUSEE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL I tM'JÊ | Québec s:: DENIS MARLEAU » LES AVEUGLES FANTASMAGORIE TECHNOLOGIQUE TEXTE DE MAURICE MAETERLINCK Du 28 février au 24 mars 2002 Mardi au dimanche : 14 h et 17 h Mercredi : 14 h, 17 h et ig h 30 Tarifs : Régulier : 12 $; Étudiant et aine : 10 $ Musée d'art contemporain de Montréal Salle Beverley Webster Rolph 185.rue Sainte-Catherinq,Ouest.Métro Place des Arts Renseignements et réservations Musée : (514) 847-6226 www.machi.org Admission : (514) 7
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