Le devoir, 6 mars 2006, Cahier A
AFGHANISTAN ACTUALITÉS Boisclair défie Charest d’adopter une loi sur les changements climatiques Page A 3 ?w w w .1 e d e v o i r.c o ni ?Dure semaine pour les soldats canadiens Page A 2 LE DEVOIR Vol.X C V I 1 N " 4 8 ?LE L U N l> I 6 M A R S 2 0 0 6 8 7 »• + r a \ e s = I $ Le Palais des congrès ne répond pas aux attentes Moins de congressistes qu'avant Vagrandissement JAC QUES NADEAU LE DEVOIR Les escaliers roulants du Palais des congrès de Montréal.Les travaux cfaÊrandissement n’ont pas généré les retombées économiques escomptées.NUCLÉAIRE L’Iran brandit l’arme du pétrole Time fait état d’un projet de bombe iranienne Téhéran/Vienne — A la veille de l'examen par le Consçil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) d’un rapport sur les activités de la République islamique, le ton a monté hier entre l’Iran, qui a brandi la menace pétrolière, et les pays occidentaux qui, par la voix de John Bol-ton, ont évoqué des «conséquences concrètes et douloureuses» pour l’Iran s’il poursuivait ses activités sensibles.L’Iran a une nouvelle fois prévenu hier que tout transfert de son dossier devant le Conseil de sécurité de TON U l’inciterait à poursuivre ses recherches dans le domaine nucléaire, voire à utiliser l’arme pétrolière contre les Occideptaux.Les Etats-Unis envisageraient pour leur part de réclamer au Ali Larijani Conseil de sécurité un ultimatum d’un ou deux mois pour contraindre l’Iran à suspendre ses activités d’enri-chissement d’uranium, a-t-on appris de source américaine autorisée.John Bolton, représentant permanent des États-Unis à l’ONU, a même prévenu que l’Iran s’exposait à des «conséquences concrètes et douloureuses» s’il poursuivait ses activités controversées.Il a ajouté que les États-Unis étaient prêts à recourir à «tous les outils à leur disposition» contre l’Iran.L’hebdomadaire américain Time affirmait par ailleurs hier que les États-Unis devraient présenter cette semaine au Conseil de sécurité des Nations unies des éléments de preuve sur un projet de bombe nucléaire iranienne provenant d'un ordinateur portable volé appartenant à un ingénieur iranien.Ceux-ci montrent des dessins ressemblant aux premières bombes atomiques américaines.«En raison de la taille, du poids et de la puissance ainsi que de l’altitude fixée pour l’explosion, cela ne peut que se rapporter à une bombe atomique», affirme un diplomate occidentaL cité par le Time sous le couvert de l'anonymat «Aucun autre type de charge ne fonctionnerait», ajoute-t-il.La présentation de ces documents servira VOIR PAGE A 10: IRAN ALI J ARE KJ REITERS FRANÇOIS DESJARDINS Bien qu’il ait doublé sa superficie depuis 2002, le Palais des congrès de Montréal attire aujourd’hui moins de congressistes canadiens et étrangers qu’avant les travaux d'agrandissement qui ont coûté 280 millions aux contribuables québécois, indique une analyse des données de fréquentation produite par Le Devoir.Alors que plus de 145 000 congressistes avaient utilisé les installations en 1995-96 par exemple, leur nombre n’a pas dépassé 88 000 en 2004-05, dernière année pour laquelle des données sont disponibles.En ce qui a trait aux nuits passées à Montréal dans le cadre de ces congrès, le Palais n’a gé- néré que 147 000 nuitées l’an dernier, contre 207 000 il y a neuf ans.En ce qui concerne de façon plus spécifique les congressistes étrangers, venus des Etats-Unis ou d'ailleurs, leur nombre est resté le même: 42 000 en 19951996 et en 2004-2005.En revanche, ils ont passé ensemble 107 000 nuits à Montréal l'an dernier par rapport à 128 000 il y a neuf ans.«En ce qui concerne le nombre de participants aux congrès nord-américains et internationaux, nous n’avons pas encore renoué avec l'achalandage que nous avions connu avant 2001», écrivait le p.-d.g.du Palais, Paul Saint-Jacques, dans son rapport annuel 2004-2005 qui est passé inaperçu en septembre dernier.«Comme partout ailleurs dans le monde, c'est une nouvelle réalité à laquelle nous devons nous adapter et face à laquelle nous avons déjà ajusté nos stratégies», ajoutait-il.Le Devoir a tenté de joindre M.Saint-Jacques, mais on nous a répondu qu’il était en vacances jusqu'à la mi-mars.Lorsque k* gouvernement du Québec a investi pour doubler la superficie du Palms, dont il est le seul actionnaire, entre 1999 et 2002, il entendait redynamiser l’image de Montréal auprès des Américains, maintenir l'attrait de la ville sur la scène mondiale et permettre la tenue simultanée de deux très grands congrès à tout moment.Selon les déclarations publiques des ministres responsables de la Métropole à l'époque, VOIR PAGE A 10: PALAIS L’ENTREVUE Jamais sans les filles La fondatrice du mouvement Ni putes ni soumises, Fadela Amara, plaide pour un féminisme de terrain en France et ailleurs Un journaliste israélien en territoire occupé Journaliste au quotidien Haaretz depuis 24 ans, Gideon Levy s'acharne à décrire l’occupation israélienne du point de vue des Palestiniens, alors que très peu de ses collègues israéliens décrivent la vie sous l’occupation.Dans un entretien accordé au Devoir, il explique comment Q tente d'éveiller la conscience de ses concitoyens qui selon lui, ferment les yeux air la réalité de cette occupation, essayant de faire comme si les Palestiniens n'existaient pas.Cest en visitant les territoires occupés, de fois en fois, que f ai compris deux choses: premièrement, que le plus gros drame dlsrnâ se déroule dans sa cour arrière et.deuxièmement, que très peu d’Israéliens sont au courant • ¦ À lire en page B 1 INDE X .Annonces .B2 Avis publics B 4 Convergence B 7 Culture.B 8 Décès________B2 Économie —BS Éditorial____A8 Idées_______A9 ! Météo________B 4 Monde.B 1 Mots croisés B4 Religions __B6 Sudoku______B2 j Télévision.B 6 Un nouveau féminisme serait-il en train de naître?Fadela Amara a créé le mouvement Ni putes ni soumises pour libérer les filles du machisme, de l’exclusion et des intégrismes religieux.Un cri de rage qui fait écho.SÉBASTIEN BARANGÉ Paris — Christelle, Safia, Loubna, Ingrid, Farid, Olivier.Ils étaient phis de 30 000 à marcher pour la Journée de la femme en 2003, dans la capitale française, derrière le slogan «Ni putes ni soumises» (NPNS).La présidente-fondatrice de l'organisation, Fadela Amara, n’osait y croire.Dans son quartier général parisien, elle n’a l'air ni d'une militante enragée ni d’une intellectuelle féministe, et encore moins d’une menace réelle pour ces islamistes quelle dérange.Cest pourtant toute la rage de cette femme menue qui, progressivement est en train de changer la situation des filles des banlieues, de toutes les victimes du machisme un peu partout en France et ailleurs.Quelques bénévoles s’affairent dans le modeste local; les politiciens s’intéressent au mouvement les médias du monde entier veulent rencontrer fa pasionaria de ce nouveau féminisme.Un féminisme de terrain, pragmatique plutôt qu’intellectuel qui fédéré tous ceux qui sont révoltes par la régression des droits des femmes dans nos pays développés.Ds ont été plusieurs dizaines de miDiers à acheter le premier espai de Fadela Amara, Ni putes ni soumises (Éditions La Découverte), et les 100 000 exemplaires du récent Guide du respect (Éditions Le cherche midi), rédigé par le mouvement et maintenant vendu au Québec, viennent de s'écouler en un mois et demi en France.Preuve qu’une autre parole militante est en marche.«Toutes des putes sauf ma mère» Mariage forcé, viol collectif, excision, violence physique et psychologique.C’est le quotidien des filles des bantieues françaises décrit par Fadela Amara.C’est aussi celui de jeunes filles de Montréal et des métropoles canadiennes.Ni putes ni soumises, c’est d’abord un cri de colère pour dire non à toutes ces violences «Ce que pavais obtenu dans les années 80 grâce à un combat, on l'a repris aux filles de la génération suivante, quelles que soient leurs origines», analyse l’auteure, qui rencontre chaque jour des jeunes femmes détruites et murées dans le silence.Avec calme et conviction, elle parle «de droits, de libertés, de féminité à conquérir».Les femmes VOIR PAGE A 10: FILLES ÉDITIONS LÉ CHERCHE MIDI Fadela Amara: «Ce que j’avais obtenu dans le» années 80 grâce à un combat, on l’a repris aux filles de la génération suivante.» V LE DEVOIR, LE LUNDI 6 MARS 2 0 0 6 LES ACTUALITES La Pocatière manifeste en faveur de Bombardier ALEXANDRE SHIELDS Plus de 2000 personnes ont marché hier dans les rues de La Pocatière pour exiger que le gouvernement québécois passe outre à l’appel d’offres pour le remplacement des voitures du métro de Montréal et qu’il octroie le contrat de 1,2 milliard à l’usine locale de Bombardier Transport Venus de plusieurs villes de la région pour appuyer les travailleurs de l’usine, les manifestants ont fait savoir que cet ajout au carnet de commandes permettrait de maintenir les 1000 emplois actuels.La situation est d’autant plus urgente que l’entreprise, qui termine actuellement un contrat de wagons destinés à la région de New York, n’aura plus rien à se mettre sous la dent en 2007.Si le gouvernement décide de lancer un processus d’appel d’offres, le plus grand employeur du Bas-Saint-Laurent devra donc mettre à pied de nombreux travailleurs, alors qu’il a déjà procédé à une rationalisation de son personnel.Une situation qui menace la santé économique de la région, selon les manifestants.La démarche des travailleurs a déjà eu certains effets bénéfiques, puisque le président et chef de la direction du Groupe SNC-Iavalin, Jacques Lamarre, a accordé son appui aux employés de Bombardier.Le ministre Claude Béchard s’est aussi dit favorable à ce que la production des wagons de métro se fasse à l’usine de Bombardier de La Pocatière, dans sa circonscription.De son coté, la société française Alstom insiste pour qu’il y ait appel d’offres pour l’attribution de ce contrat, étant donné qu’elle possède des installations au Québec.Pour le maire de La Pocatière, Bernard Généreux, il serait tout à fait légal d’accorder le contrat à Bombardier sans passer par ce processus, qui fait planer une insécurité quant à l'avenir de l’usine.Le Devoir Avec la Presse canadienne Dure semaine pour les militaires canadiens en Afghanistan Un deuxième soldat meurt des suites de ses blessures ALEXANDRE SHIELDS Un deuxième soldat canadien est mort hier des suites des blessures subies lors du capotage d’un véhicule blindé jeudi dernier en Afghanistan, un décès qui s’est ajouté au tableau d’une semaine particulièrement difficile où une douzaine de soldats ont été blessés dans quatre attaques et un accident de la route.Le caporal chef Timothy Wilson, de Grande Prairie, en Alberta, est mort à l’hôpital de Land-stuhl, en Allemagne, tôt hier matin.Ce décès est survenu après celui du caporal Paul Davis, qui a péri des suites du même accident, un tonneau effectué par un blindé léger VBL-1II, qui était entré en collision avec un taxi.Les dépouilles des deux hommes ont été rapatriées hier soir à la base de Trenton, en Ontario, où le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor, leur a rendu un dernier hommage.M.O'Connor a souligné que ce moment de tristesse illustrait que la mission canadienne en Afghanistan comporte de grands risques.Mais il a ajouté que les soldats des Forces armées canadiennes comprennent que leur présence dans ce pays est néces-saire pour assurer un avenir meilleur au peuple afghan, et pour protéger le Canada contre le terrorisme.La gravité de la situation a néanmoins forcé le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, à réaffirmer la volonté du Canada à poursuivre sa mission.La semaine dernière, un soldat canadien a également été blessé dans une attaque à la roquette et cinq autres militaires ont été blessés dans un attentat suicide.Un autre, l’officier Trevor Greene, était dans un état critique hier après avoir été attaqué à la hache samedi dans une embuscade.Lui et son chef de peloton, le capitaine Kevin Scha-muhn, visitaient les leaders lo- ISMAIL SEMEEM REUTERS Ln deuxième soldat canadien est décédé hier des suites des blessures qu’il avait subies lors du capotage d’un véhicule blindé jeudi dernier au sud de Kandahar, en Afghanistan.eaux dans le cadre d’une série de réunions amicales prévues lorsqu’ils ont été victimes de l’embuscade.Selon l’armée canadienne, l’homme qui les a attaqués était un taliban.Il a été rapidement abattu par des soldats.En rétrospective, Scha-muhn affirme que le village en entier devait être au courant de l’embuscade qui a commencé avec l'attaque à la hache, mais où il y a aussi eu des tirs au fusil et des grenades.Plus tôt la semaine dernière, une autre attaque au lance-grenade, à l’arme légère et à la bombe n'a causé aucune blessure.Depuis le début des opérations en Afghanistan, 10 soldats canadiens et un diplomate sont morts.Une mission périlleuse Les troupes canadiennes n’ont jamais été aussi impliquées dans un conflit depuis des années et elles devront repenser leurs tactiques, leurs habitudes de conduite et les mesures de sécurité durant les réunions avec les leaders locaux.«C’est une situation complexe et nous prenons beaucoup de temps pour l’analyser», a dit le colonel Tom Putt, le commandant adjoint des forces canadiennes en Afghanistan.«Nous allons resserrer nos convois un peu plus, a ajouté le colonel Putt hier.Dans les régions moins menaçantes, nous allons ralentir.Mais dans des régions stratégiques, nous devons continuer avec la conduite actuel- le.» De la même façon, les troupes doivent tenter de rentrer en contact avec les leaders tout en restant en situation sécuritaire.«Sans aucune doute, nous sommes dans un processus de compréhension de la sécurité», a-t-il souligné.Nous devons continuer à organiser des réunions avec les leaders locaux.C’est la façon de le faire que nous ne connaissons pas encore.» Mais pour le chercheur invité au Centre d’études et de recherche internationales de l’Université de Montréal, Jocelyn Coulon, il est à prévoir qu’il y aura à nouveau «des morts et des blessés dans le contingent canadien», surtout si on tient compte de la «tradition de résistance des Afghans aux forces étrangères».Selon lui, «les récents événements ne sont pas le fruit du hasard», puisque les militaires sont désormais impliqués dans une «guerre».Il a d'ailleurs estimé que cette mission pourrait facilement s’étirer sur «20 ans, peut-être même plus».Pour M.Coulon, il serait d'ailleurs nécessaire de débattre de l’implication canadienne en Afghanistan à la Chambre des communes, non seulement «pour que tous les partis se prononcent sur la question», mais aussi «pour évaluer les ressources que le pays est prêt à consentir à cette mission».Il ajoute que, au cours des derniers mois, l’appui des Canadiens à une présence militaire dans ce pays anciennement sous le joug des talibans a chuté.Le politicologue Sami Aoun croit lui aussi que le péril est plus grand maintenant pour les soldats canadiens, qui «croisent désormais le fer avec les talibans».«Les talibans ciblent directement les Canadiens pour qu’ils se désengagent de leur mission, sachant que les citoyens sont contre cette intervention, a expliqué M.Aoun hier.Ils veulent pousser le danger à un niveau qui soit intolérable pour les soldats.» Selon lui, «pour les terroristes, cette guerre psychologique est plus facile à gagner contre les Canadiens».Il croit toutefois que cette flambée de violence n’est pas le fait de la majorité de la population, mais plutôt d’islamistes radicaux qui ont tout intérêt à déstabiliser le gouvernement de Hamid Karzaï.M.Aoun a par ailleurs dit craindre que ces incidents n’en-tretetiennent un climat de méfiance entre la population et les soldats, ce qui nuirait à l’accomplissement du mandat donné aux militaires canadiens.Le Devoir Avec la Presse canadienne CETTE SEMAINE 'lit' Radio-Canada VOUS PROPOSE ESPACE MUSIQUE 100 7“ RADIO CANADA TÉLÉVISION Îfî* Radio-Canada PREMIÈRE CHAINE ?Son plan est très clair : dominer l’économie de la planète.La Chine nous menace-t-elle?Une grande enquête avec Jean-François Lépin Tous les jours cette semaine, Marie-France Bazzo, historiens et penseurs parlent de la chute de plusieurs civilisations.«Sommes-nous, nous-mêmes, en déclin?» Elles ne sont que onze femmes au monde darts le club très sélect des dirigeants de gouvernement ou d’Etat.Un dossier complet sur elles.Aux Grands Reportages, un petit village en Équateur se bat contre des géants du pétrole pour la survie de ses terres.Aux lendemains des Oscars, François Dompierre en profite pour nous remémorer les plus belles musiques de films.VENDREDI 21 H ZONE LIBRE ENQUÊTES EN SEMAINE 9 H INDICATIF PRÉSENT CE SOIR 20H «CONTRE LES ROIS DU PÉTROLE» AUJOURD'HUI 11H30 LES AIRS DE DOMPIERRE EN LIGNE DOSSIER: LES FEMMES CHEFS D'ÉTAT RADIO-CANADA RADIO TÉLÉVISION INTERNET POU« TOUS US DETAILS CONCERNANT L’ENSEMBLE DE LA PROGRAMMATION DE RADIO-CANADA CONSULTEZ NOTRE SITE AU WWW RADIO-CANADA CA CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON Dü TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR LE DEVOIR.LE L T X D I R MARS 2 O O R A ACTUALITES 2 Gagne?Vienne et SaL’bourq ^riU> Mo/.irl 2 j() Visitez www cjpx ca Assemblée d’investiture de Martin Lemay dans Sainte-Marie-Saint-Jacques Boisclair met Charest au défi d’adopter une loi sur les changements climatiques C LAIRAN D RÉ E CAUCHY Le chef du Parti québécois, André Boisclair, met au défi le gouvernement Charest de prendre les devants sur les changements climatiques en faisant adopter une loi, sans attendre le fédéral.Cette loi et le plan qui l'accompagnerait devraient fixer un objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) de 6 % par rapport au niveau de 1990.Comme les émissions ont augmenté d'environ 10 % depuis cette date, c’est donc dire que le Québec devrait diminuer ses émissions de 16 % d’ici à 2012.«Je demande à M.Charest de prendre l’initiative dans le dossier des changements climatiques, de proposer un plan québécois qui s’appuie sur une loi, de rallier à la fois les gens des entreprises et des milieux environnementaux derrière une proposition québécoise.[.] Plutôt que de subir les décisions d’Ottawa, que [Jean Charest] bâtisse un consensus chez nous», a soutenu M.Boisclair lors de l’assemblée d’investiture de son candidat, Martin Lemay, pour la prochaine élection partielle dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques.Pour M.Boisclair, Québec de- vrait profiter de la confusion qui régne à Ottawa sur le sujet, avec l’élection du gouvernement conservateur, pour prendre les devants.Si le ministre de l'Environnement précédent, Thomas Mulcair, s’etait prononcé en faveur de l'objectif de 6 % de réduction, il n'avait toutefois pas encore rendu public de plan en bonne et due forme sur les changements climatiques.La proposition du Parti québécois pourrait se traduire par des objectifs de réduction moins contraignants pour les entreprises québécoises.En effet, les émissions élevées de l'Alberta ne seraient pas prises en compte dans le calcul auquel seraient assujetties les entreprises québécoises.«Je fais le choix d’une approche territoriale plutôt que d’une approche sectorielle.C’est de cette façon qu’on va respecter les compétences du Québec, mais qu’on va aussi respecter les efforts faits par les Québécois ces dernières années pour diminuer leurs émissions», a fait valoir M.Boisclair.La gauche dans le portrait Le spectre de Québec solidaire était très présent hier à l'assemblée d’investiture péquiste.Si aucun des intervenants qui ont pris la parole n’a nommé la nouvelle formation politique, tous ont souli- PEDRO Rl’lZ I.K OKYOll Ancien maire d’arrondissement, Martin Lemay a été confirmé hier comme candidat du Part québécois dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint Jacques, en présence du chef du parti André Boisclair.gné que le Parti québécois était la «seule alternative» au gouverne- ment Charest, ou encore le «seub à pouvoir réaliser la souveraineté.Né le mois dernier de la fusion de l’Union des forces progres- sistes et de l’Option citoyenne (fondée par Françoise David), le parti Québec solidaire fera son entrée sur la scène électorale avec cette élection partielle, que le gouvernement doit déclencher au plus tard le 18 mars prochain.C'est la militante féministe Manon Masse, ancienne compagne de route de Françoise David à la Federation des femmes, qui portera les couleurs de la formation de gauche.•Le défi, pour le Parti québe cois, c'est d'expliquer aux gens de Sainte-Marie-Saint-Jacqucs que nous sommes la vraie alternative au gouvernement dr M Charest, nous sommes des souverainistes, des écologistes, des altermondia-listes», a plaidé André Boisclair en présentant son candidat pour l'élection imminente.Bien connu sur la scène municipale, où il a été conseiller puis maire d'arrondissement, Martin 1 emay entend mettre l'accent sut les transports en commun dans le cadre de la prochaine campagne.M.Lemay rappelle que le gouvernement vient de reporter de nouveau la publication de sa poli tique de financement des transports en commun.•Cela fait trois ans que nous l'attendons!», dénonce le candidat péquiste.Ia’ Devoir Légère hausse de la syndicalisation au Québec Equité salariale : Rosette Côté essuie les foudres du milieu syndical CLA1KANDRÉE CAUCHY Le milieu syndical s’insurge contre la déclaration de la présidente de la Commission de l'équité salariale voulant qu'on ne puisse faire la grève sur le dossier de l’équité.«On trouve cela indigeste pas mal.On n’a jamais été d’accord avec cette approche-là», a lancé le présidente de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé.La centrale accuse la présidente de la Commission, Rosette Côté, de «politiser» les discussions sur l’équité salariale.Pour M.Massé, la loi sur l’équité salariale adoptée en 1996 visait à déjudiciariser le processus, qui traînait souvent en longueur devant les tribunaux, pour le ramener dans le giron des relations de travail.«L'existence de comités sur l’équité ne nous empêche pas d’en discuter un peu partout, avec nos membres, quand on rencontre l'employeur.C’est un peu comme si [les comités étaient] un tribunal de l’équité.Justement, on a voulu une loi pour sortir cela des tribunaux et que cela se fasse au niveau des relations de travail, en discussions.» Dans une entrevue accordée au Devoir vendredi dernier, Mme Côté accusait les syndicats d'entretenir la confusion entre les négociations collectives et le processus d’équité salariale, entraînant leurs membres dans des moyens de pression injustifiés.Cette intervention survient alors que les centres de la petite enfance (CPE) syndiqués affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’apprêtent à déclencher une grève d’une heure par jour, à partir du 13 mars prochain pour accélérer les pourparlers sur l’équité salariale.En théorie, les syndiqués des CPE ont le droit de grève parce que leurs conventions collectives sont échues.Or les syndicats ne mobi- lisent pas leurs membres sur la base des matières négociées dans la convention, mais bien sur le dossier de l’équité salariale.Centrale des syndicats du Québec (CSQ) déplore elle aussi l’intervention de la présidente de la Commission de l’équité salariale, l’accusant de se mêler d’un dossier qui dépasse son «champ de juridiction».«L’illégalité d’un moyen de pression, cela dépend du moment où tu le fais, cela ne va pas avec le dossier.[,.] Cela ne lui appartient pas de juger de la légalité ou non d'une grève, cela relève d’autres instances», a déclaré la vice-présidente de la CSQ, Louise Chabot.Elle précise par ailleurs que les employés du secteur public, dont la convention a été décrétée par loi spéciale en décembre et qui par conséquent n’ont plus le droit de grève, ne pourraient de leur côté débrayer s’ils jugeaient que le processus de l’équité salariale piétinait.Cela dit, une fois que des syndiqués ont acquis le droit de grève légal, la Commission sur l’équité salariale «n’a pas à intervenir» au sujet des «stratégies que les organisations syndicales peuvent déployer».Mme Chabot est cependant d’accord avec la présidente de la commission lorsqu’elle souligne que l’équité salariale ne peut faire l’objet de négociations.Le prési dent de la FTQ note pour sa part qu’il peut y avoir un effet de vases communicants entre l’équité salariale et les négociations collectives.Le processus visant à inieux rétribuer les emplois féminins peut avoir pour effet de «couper sur les augmentations salariales de tout le monde», précise M.Massé.La CSN, qui représente les syn diquées des CPE menaçant de faire la grève, a préféré ne pas commenter les déclarations de Mme Côté hier.Elle le fera plutôt ce matin au cours d'une conférence de presse.Le Devoir ALEXANDRE S 1111 I DS Les dernières données de Statistique Canada sur la population active pour l’année 2005 confirment une très légère re montée du taux de syndicalisation au Québec comparativement à Tannée 2004.L'an dernier, le nombre de syndiqués au Québec s'est établi à 1 293 100, soit 18 8(X) de plus que l'année précédente.Ainsi, le taux de syndicalisation est passé de 39,9 % à 40,2 %, ce qui représente une légère hausse de 0,3 %.la-Québec demeure d’ailleurs la province canadienne la plus syndiquée, alors que la moyenne nationale se chiffre à 32 %, les Alber-tains sont les moins portés vers la syndicalisation au pays, avec un taux de 23,6 %.«Cette légère augmentation du taux de syndicalisation témoigne de la résistance du mouvement syndi cal malgré les milliers de pertes d’emplois particulièrement dans le secteur industriel, estime le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec, René Roy.Cela démontre que le mouvement syndical est plus que jamais essentiel pour défendre les droits des travailleurs et des travailleuses.» Par ailleurs, le salaire horaire moyen des travailleurs syndiqués était uf*v*fd a 'Jé * S«*n|»-A4é* Cêp&m J08 T* ' 450) 72& 29©i F» (450)22S-7573 t*auafcit»ov
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