Le devoir, 27 février 2002, Cahier A
ECONOMIE GRANDE-BRETAGNE Londres instaure un «peage» dans le centre-ville Page A 6 ?\\ w w .led t' r 7 v o i r .c o ni ?Le Centre Molson devient le Centre Bell pour 100 millions Page B 1 LE DEVOIR V 0 L .X C 1 I 1 X 1 2 ?L E M E H ( R E I) 1 2 7 F F V K 1ER 2 O O 2 H T (' + T A \ K S * I $ Rive sud : l’agriculture rase la forêt 320 kilomètres carrés de bois ont été rayés de la carte depuis 1991 Montérégie P ~ 1 MAPAQ Ce qui reste de forêt en Montérégie (en vert).LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Le déboisement des trois grandes régions agricoles de la rive sud (Montérégie, Centre-du-Qué-bec et Chaudière-Appalaches) s’est radicalement intensifié depuis une décennie, au point d’avoir rayé de la carte 32 121 hectares de forêts et boisés (ou 320 km2) en raison notamment du besoin de nouvelles terres et de surfaces d’épandage à bon marché pour les lisiers et fumiers.C’est ce que révèlent trois études obtenues par Le Devoir auprès du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).Celles-ci indiquent que dans plusieurs municipalités, les surfaces déboisées en milieu agricole entre 1991-95 et 1999 dépassent très souvent 5 % en cinq ans.Dans plu sieurs cas, la proportion des boisés agricoles jetés par terre dépasse 10 %.Certains de ces chiffres sont d'ailleurs égalés par l’étalement urbain en périphérie de certains centres (partie non agricole) comme Granby ou Saint-Lazare, en banlieue de Montréal, pour citer les deux exemples extrêmes.Les trois rapports du MAPAQ, réalisés en janvier 2002 par Charles Savoie à partir de relevés sa tellite, soulèvent un problème méconnu, soit la multiplication» rapide des cannebergières dans le Centre-du-Québec.Leur surface a plus que doublé en une demi-décennie, aux dépens de 250 hectares de tourbières et de milieux humides de grande va- leur écologique.Ce phénomène, souligne le rapport, «soulève également des inquietudes au sein du monde municipal, les apprehensions des élus sont essentiellement de deux ordres: on craint que la culture à grande échelle diminue les réserves d'eau souterraine et que les eaux usées rejetées par ces exploitations contaminent les sols et les cours d'eau avoisinants», ajoutant ainsi à l'intense pollution des engrais, fumiers et pesticides.Quatre raisons expliquent ce déboisement intensit de la rive sud du Quebec, d'après les sondages int^ nés en l’an 2(KX) par Danièle lafrenière, de la Direction de l'analyse et de la coordination du MAPAQ.VOIR PAGE A 10: FORÊT Le SCRS accrédite la thèse de «l’axe du mal» BRIAN MYLES LE DEVOIR Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) est venu renforcer la théorie du prési- _ dent des Etats-Unis, George Bush, selon laquelle l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord constituent «un axe du mal», en révélant que ces trois puissances tentent par tous les moyens d’acquérir l’arme nucléaire.Une décennie après sa défaite lors de la guerre du Golfe, l’Irak de Saddam Hussein «semble décidé à accéder à la capacité nucléaire le plus rapidement possible», affirme le SCRS.«Il en va de même de l’Iran et de la Libye, quoique leurs programmes soient nettement moins avancés.Quant à Israël, il ne donne aucun signe de vouloir renoncer à son important arsenal nucléaire, malgré les nombreuses critiques.» La Corée du Nord et l’Algérie figurent également parmi les préoccupations immédiates du service.S’il fallait que ces aspirants à la puissance nucléaire développent des missiles à longue portée, «le territoire de certains alliés du Canada pourrait devenir vulnérable à une attaque», écrit le SCRS dans son rapport sur la prolifération des armes nucléaires.VOIR PAGE A 10: SCRS Paix contre territoires Déjouer la violence KKIC ST l’IKRRK IT DEVOIR Claude Picard, professeur d’éducation physique, s’adresse à un groupe d’élèves dans la cour de récréation de l’école Saint-Étienne, à Drummondville.La récré, ce n’est pas pour flâner ! ^4 Drummondville, un système d'encadrement donne des résultats Les propositions saoudiennes font leur chemin Même Sharon trouve rinitiative «intéressante» MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Pour éviter les coups de pied et de poing dans la cour de récré, rien ne vaut des enfants organisés! Voilà le principe qui a inspiré à Claude Picard tout un système d’inscription obligatoire à une série de jeux aux périodes de récréation.«Ça fait six ans que ça dure, les enfants adorent bouger aux heures de récré et je ne me rappelle plus la dernière bataille.» Demandez au prochain directeur d’école qui passe: qui retrouve-t-il le plus souvent à la porte de son bureau après une période de récréation très tumultueuse?Un, deux, parfois plusieurs bambins, l’air piteux, la prunelle encore un peu enflammée, «envoyés chez le directeur» pour avoir maltraité l’un de leurs prochains.«Le problème de la violence, on le retrouve souvent dans des écoles où les enfants ne sont pas bien encadrés dans les périodes de temps libre», explique Claude Picard, professeur d'éducation physique dans deux écoles primaires de Drummondville.«Donnez-leur le choix entre un jeu et du temps libre: ils pren- dront la solution facile, et c’est là que les problèmes commencent!» Préoccupé par la diminution des heures d’éducation physique offertes à l’intérieur des heures de classe régulières, soucieux aussi de l’oisiveté d’un nombre croissant d’enfants, le prof a décidé de combattre la violence en enrayant l'une de ses causes jes plus tordues: le niaisage! A l’école Saint-Etienne, à Drummondville, et à l’école Saint-Charles, tout à côté (deux établissements qu’il visite comme professeur VOIR PAGE A 10 RÉCRÉ REUTERS Jérusalem — L’offre du prince héritier saoudien Abdallah de normaliser les relations arabo-israé-liennes en échange de la restitution des territoires occupés en 1967 paraît faire son chemin tandis que s’ébauche une reprise du dialogue.Yasser Arafat,, George W.Bush, nombre d’Etats arabes et Ariel Sharon lui-même y ont vu une initiative «positive» ou du moins «intéressante» et le président israélien Moshe Katzav a invité le prince a venir exposer ses idées en Israël.Le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, a pour sa part décidé d’écourter une visite en Israël et dans les territoires occupés pour se rendre aujourd’hui à Djeddah afin de s’entretenir de l'offre du prince, a annoncé l’Union européenne.Rencontrant Javier Solana hier, le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben-Eliezer, cité par son porte-parole, a déclaré que l’initiative saoudienne comporte «de nouveaux éléments» et doit «être encouragée».VOIR PAGE A 10: CHEMIN Le prince Abdallah INDEX Annonces.B 8 Bourse.B 4 Avis publics.B 7 Carrières.B 6 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 8 en Idées.A9 Le monde.A 6 Les sports.B 7 Mots croisés B 7 Nature.B 6 Télévision.B 9 Météo.B8 Le Québec, «république bananière» Phyllis Lambert accuse Québec de nonchalance «désastreuse» et «honteuse» en matière de défense du patrimoine STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR On pourrait parler du coup de feu de ses lèvres.Phyllis Lambert ne déclare pas: elle tonne, comme un canon.Et quand elle se prononce sur un sujet, on sent que le monde tremble.«En matière de gestion du patrimoine, le Québec est encore une république bananière, lance Mme Lambert C’est désastreux.C'est effarant.C'est une honte.Il faut trouver un moyen pour en arriver à une méthode de gestion du patrimoine digne d’un État moderne.Im seule tentative de mettre un peu d’ordre dans le domaine remonte au livre blanc du ministre Jean-Paul L’Allier, dans les années 70.La situation a finalement assez peu évolué en 25 ans.Ice Québec se vante de sa culture sur la scène internationale, mais dans les faits, le gouvernement ne s’en préoccupe pas.» Et boum.Et pan.Ses phrases ont le poids d'une crédibilité hors pair ajoutée à celui d’un engagement aussi généreux que passionné.Ce qui pèse lourd, très lourd, dans la balance de la critique.Héritière de la célèbre famille Bronfman, fondatrice d’Héritage Montréal, le plus vieux groupe du genre au Canada, créatrice du fabuleux Centre canadien d’architecture, elle multiplie la défense et l’illustration pratique aussi bien que théorique du patrimoine depuis des dizaines d’années.Phyllis lambert est elle-même un des trésors vivants de Montréal.La rencontre avec le comité éditorial du Devoir, lundi, impliquait aussi quelques autres mordus, dont Dinu Bumbaru, infatigable défenseur du patrimoine national et international, maintenant a la tête d'Hérita-ge Montréal.Le groupe de protecteurs entêtés a passé une bonne heure à verser des preuves de la nonchalance honteuse de la société distincte en général et de Montréal en particulier, des preuves qui s’accumulent comme autant de plaies purulentes sur un visage.VOIR PAGE A 10: PATRIMOINE JACQUES GRENIER LE DEVOIR '• •• r ~ Rien n’assure que l’intégrité de l’édifice Ernest-Cormier sera respectée au cours de sa transformation en siège de la Cour d'appel.Phyllis I-ambert < 57301^99 A 2 I.K DEVOIR.L K M E R ( R E D I F E V R I E R 2 O ü 2 JS ACTUALITES Les médecins spécialistes sont favorables à la carte à puce Les jeunes médecins, eux, n’en veulent pas 'Æ 4 ARCHIVES PRESSE CANADIENNE I>e ministre Art Eggleton, que l’on voit ici alors qu’il procédait à la revue de militaires devant s’embarquer pour une mission en Afghanistan, disposait, dès le 21 janvier, de toute l’information au sujet de la capture de combattants afghans par des soldats canadiens.Capture de combattants afghans Eggleton savait tout dès le 21 janvier Un haut gradé de Varmée contredit la version du ministre de la Défense ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les médecins spécialistes sont venus presser le gouvernement hier de foncer tête baissée dans le dossier de la carte santé à puce même si d’innombrables questions à son sujet sont laissées sans réponse.Les médecins résidents, par contre, sont d’un tout autre avis et demandent le report de ce projet, «beaucoup trop coûteux» et «pas indispensable».«Il manque beaucoup de données.Mais nous sommes favorables [au projet de carte à puce] parce que.ça fait longtemps qu’on dit que [la résolution des] problèmes du réseau de santé, que ce soit l’accessibilité, les problèmes des urgences, les médicaments, ça passe par une informatisation», a livré le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Yves Dugré, au cours d’un point de presse tenu en marge de la commission parlementaire qui étudie l’avant-projet de loi sur la carte santé du Québec.Contrairement aux pharmaciens, dont les représentants de l’ordre professionnel ont également comparu à cette commission hier, les médecins sont très en retard en matière d’informatique.La carte santé à microprocesseur apparaît comme un moyen de les propulser dans la modernité.Mais pas question que les médecins assument certains frais liés à leur informatisation.«C’est clair que non», a dit le D' Dugré.Dans son mémoire, la FMSQ souligne que son appui est conditionnel au fait que la carte santé à puce ne serve pas avant tout au contrôle administratif.Elle multiplie aussi les questions sur le projet gouvernemental.Dans l’avant-projet de loi, les règles d’accès aux dossiers carte santé des patients (qui aura accès à quoi et dans quelles circonstances?) ne sont pas définies.Les médecins spécialistes ne s’en émeuvent guère: tout le monde dans le réseau aura accès en tout temps aux dossiers des patients.«C’est ce qui va arriver dans la vie pratique», a dit le Dr Jacques Provost, directeur des affaires professionnelles de la FMSQ, comme s’il s’agissait d’une évidence.La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), qui compte 2000 jeunes médecins, a réclamé, de son côté, le report sine die du projet.La carte à puce est coûteuse.Qui plus est, en Allemagne, en France et en Belgique, son efficacité à des fins cliniques n’a pas été démontrée; en Europe, ces cartes ne servent qu’à des fins administratives, rappelle la FMRQ.[.e gouvernement minimise les coûts d’implantation, établis à 159 millions, en omettant, notamment, les frais d’informatisation des 7000 médecins généralistes, soit 35 millions.Pour le président de la FMRQ, Jean-Sébastien Delisle, le gouvernement ferait mieux d’acheter davantage d’équipement médical dont le réseau a un besoin criant, des appareils de résonance magnétique, par exemple, parce que «c’est intenable, des délais d’attente,de trois mois».Le ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, François Legault, s’est élevé contre leur position.«Je n’en reviens pas.Vous ne savez pas l’importance d'un système d’informatisation en 2002, vous qui êtes des jeunes?s’est-il écrié.On dirait que ce sont des comptables qui sont devant nous, pas des médecins», a lancé le ministre, comptable de formation.PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le ministre de la Défense, Art Eggleton, a obtenu le 21 janvier toutes les informations sur la capture de prisonniers en Afghanistan par des soldats canadiens.C’est ce qu’a indiqué hier le vice-amiral Greg Mad-dison, dont le témoignage entre ainsi en contradiction avec la version du ministre sur ce qu’il savait de la capture des prisonniers afghans.M.Eggleton avait dit qu’il n’avait pas informé le premier ministre ni la population de cette capture avant le 29 janvier, soit plus d’une semaine après le fait, parce qu’il attendait d’en savoir plus long sur l’implication canadienne dans l’opération.UOLF n’est pas KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le service téléphonique de consultations linguistiques de l’Office de la langue française n’est pas accessible aux abonnés de Sprint Canada.Alerté il y a quatre mois, le gouvernement du Québec avoue son impuissance à corriger la situation, renvoyant le problème dans les plates-bandes fédérales.Comme l’a confirmé au Devoir un porte-parole de l’Office de la langue française (OLF), c’est à la suite de plaintes déposées en octobre dernier par des citoyens que l’OLF s’est rendu compte que son service téléphonique était quasi exclusif à Bell Canada et à Telus Canada (connu jusqu’à récemment sous le nom de Québec Téléphone).«On est impuissants, et le gouvernement du Québec est impuissant aussi.C’est un problème qui relève davantage du CRTC [Conseil de îa radiodiffusion et des télécommunications canadiennes], Qui bloque?Je suis incapable de vous le dire», a expliqué Gilles-Louis Racine, de l’OLE Celui- Mais le vice-amiral a soutenu devant un comité des Communes qu’il avait clairement expliqué à M.Eggleton le rôle joué par les Canadiens le 21 janvier.«l-e ministre a été informé que notre mission avait été un succès, que nous avions suivi nos engagements, que personne n’avait été blessé, que nous avions capturé des terroristes afghans suspects appartenant peut-être à l’organisation al-Qaïda et qu’ils avaient été transportés de façon sûre et remis aux Américains», a-t-il déclaré.Le ministre semblait avoir compris toutes ces informations, a-t-il ajouté.M.Eggleton avait pourtant dit la semaine dernière qu’il ne disposait pas de tous les détails à propos de cette mission.Durant la séance d’information du 21 janvier, a-t-il expliqué, on l’avait informé que les ci a précisé qu’aucun correctif n’a été envisagé.«Ça remettrait en question tout le service 1 900», a-t-il dit Après une vérification technique, la direction des services de la téléphonie du Conseil du trésor a conclu, le 11 décembre dernier, à son incapacité à résoudre le problème.«Il appert que le service offert par Bell Canada a certaines limites», indique le Conseil du trésor dans une note interne à l’OLF.On souligne également que le problème relève des autorités fédérales.Le service de consultations linguistiques de l’OLF est disponible grâce à une ligne téléphonique 1 900.Il coûte 5 $ pour dix minutes de consultation.L’accès en est déterminé par le fournisseur local de services téléphoniques.Or Sprint Canada, en devenant fournisseur de téléphonie locale en 1999, a décidé de ne pas donner accès aux lignes 1 900 de Bell car elles représentent «un risque au chapitre des revenus».C’est sur les lignes 1900 et 1976 que l’on retrouve notamment plusieurs services astrologiques et de discussions érotiques.«C’est une décision d’affaires, mais on ne savait pas troupes spéciales des forces JTF-2 étaient impliquées dans une «opération internationale» au cours de laquelle des prisonniers avaient été faits.Mais il a ajouté qu’il n’a pas pu confirmer l’importance de l’implication des militaires canadiens dans l’opération.Pendant qu’Eggleton gardait pour lui ces informations, un débat faisait rage relativement au transfert des prisonniers aux Américains qui refusaient de leur accorder le statut de prisonniers de guerre.Un jour avant d’informer les membres du cabinet de l’implication des militaire dans la capture des prisonniers, le premier ministre Jean Chrétien avait qualifié d’hypothétiques les questions portant sur les prisonniers afghans puisque, disait-il, les militaires canadiens n’en détenaient pas.que ça bloquait le service de l’OLF», a précisé le vice-president de Sprint Canada, Serge Babin.Prévenu par Le Devoir, Sprint Canada cherche maintenant une solution technique pour pouvoir offrir le service à ses quelque 15 000 abonnés, concentrés surtout dans la grande région montréalaise.«Il y a par contre une difficulté pour la facturation.Il faudra compter au moins cinq ou six mois avant de pouvoir faire quelque chose», a indiqué M.Babin.Du côté de Bell Canada, on a précisé que des négociations ont été entreprises avec Sprint Canada.«H faut une entente entre Bell et le fournisseur local pour que les abonnés puissent avoir accès au service téléphonique de l’Office de la langue française», a expliqué France Poulin, de Bell.Celle-ci a ajouté que la ligne 1 900 est «un outil intéressant de marketing pour le gouvernement qui en tire des revenus».Outre le service de consultations linguistiques de l’OLF, Bell Canada fournit également une ligne 1900 à la Société d’assurance automobile du Québec pour la validation des permis de conduire.au bout du fil pour tout le monde F JEANBOURGE’ Vêtemçi Chez la boutique Enfants Deslongchamps 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Tél.: 274-2442 MARIE VERMETTE inc.Fleurs, plantes et objets choisis 801, av.Laurier Est, Montréal Tél.: (514) 272-2225 • 1 877 272-2226 LIVRAISON Tisser la toile de la Solidarité Après PORTO ALEGRE, le mouvement social mondial reprend l’initiative.Rencontre avec: Samir Amin Monique Simard Vivian Barbot (FFQ) Manuel Rozental (COLOMBIE) Nasséra Dutour (ALGÉRIE) Moussa Tchangan (NIGER) Emilio Taddei (ARGENTINE) Samedi, le 2 mars 2002 à 19H00 Centre St-Pierre 1205, de la Visitation Alternatives Informations: 982-6606 Obligations a taux Boni de i% tonds REER Capital garanti ài00% par le gouvernement du Québec 1(7 année 8,oo % I 9* année 7,00% 8* année 6A0 • 1 800 463-5229 Heures d ouverture : du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h.et les samedis de février, de 10 h à 16 h Pour la region de Québec, composez le 521-5229.M > L t DEVOIR.LE MERCREDI E E V R I E R 2 0 0 2 LE DEVOIR ACTUALITES \ W» 17 mars 2003 s des et spiritueux * Montreal KJ Secteur public Immigration Dyane Adam veut envoyer plus de francophones au Canada anglais Aussi bien dire qu'on les jette «dans la gueule du loup», prévient le chefbloquiste, Gilles Duceppe ARCHIVKS l'RKSSE CANADIENNE La commissaire aux langues officielles, I)>ane Adam, comprend mal que le Canada puisse attirer moins d’immigrants francophones que les États-Unis.Les syndicats font d’une pierre deux coups Entente sur une prolongation des conventions et sur l'équité salariale MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC C* est d’une trêve biface dont ont convenu le gouvernement Landry et les syndicats du secteur public (FTQ, CSN, CSQ, FDQ et SFPQ) au coure des derniers jours.Les ententes de principe survenues entre les deux parties touchent à une prolongation d'un an des conventions collectives mais aussi à un plan d evaluation des emplois pour régler le dossier de l’équité salariale.Dans les prochains jours, les diverses instances syndicales seront d’ailleurs encouragées par leurs leaders à entériner ces accords.Le négociateur de la FTQ, Gilles Giguère, s’est dit "relativement satisfait» des deux ententes survenues avec le Conseil du trésor, l’une agissant positivement sur l’autre avec un «effet de levier».Les 375 000 employés de l’État recevront donc une hausse de traitement de 2 % en 2003, moyennant une augmentation des échelles salariales de 2 % du 1" avril au 31 décembre et le versement de montants forfaitaires d’avril à juin.Les conventions collectives, qui seront prolongées au delà du 30 juin prochain pour un an, avaient jusqu’ici accordé aux syndiqués des augmentations salariales de 9 % réparties sur quatre ans.La prolongation des contrats de travail avec les syndiques du secteur public servira notamment aux négociations sur les régimes de retraite.Les syndicats veulent mener Québec à verser sa part à cette caisse.«C'est un dossier de plusieurs milliards et il semble y avoir enfin une volonté politique pour le faire avancer», a rappelé le président du SFPQ (fonctionnaires), Richard Thibodeau.Québec et les syndicats ont également convenu, après neuf mois de pourparlers, d’un nouvel outil d’évaluation des emplois dans le but de régler la question de l’équité salariale.Ce plan remplace celui de 1989 et donnera lieu à des enquêtes sur le terrain qui devraient durer jusqu’à la fin de l’année.«Ça devrait nous permettre de tenir compte de tous les aspects du travail féminin, mais tout n’ira pas comme dans un jardin de roses, et il faut s attendre à quelques litiges en cours de route avec les employeurs», pense la vice-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.Il reste d’ailleurs au gouvernement à s’entendre avec les enseignants sur le dossier de l’équité salariale.Le Conseil du trésor n’a toujours pas répondu à la contre-offre de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE, affiliée à la CSQ), qui s’élève à environ 300 millions, mais les ententes de cette semaine devraient avoir un effet positif, reconnaît la présidente de la CSQ, Monique Richard.«Il y a une obligation de résultats bien claire, et le dossier des enseignants devra maintenant être évalué à sa juste mesure.» Dyane Adam aimerait que le Canada recrute plus d’immigrants francophones et les encourage à s’installer dans les communautés francophones hors Québec.Mais compte tenu des taux vertigineux d’assimilation, certains pensent que cela reviendrait à les jeter dans «la gueule du loup».HÉLÈNE BUZZETT1 DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Malgré les taux d’assimilation très élevés qui guettent les francophones hors Québec, le gouvernement fédéral devrait encourager l’établissement ailleurs au Canada des immigrants qui parlent le français, pense la Commissaire aux langues officielles, Dyane Adam.Le rapport de la commissaire déposé hier a pour prémisse que la croissance des populations au Canada repose désormais sur l’immigration et non sur la natalité.Or, constate-t-elle à partir de données recueillies par le directeur de l’Institut d’études canadiennes de l’université McGill.Jack Jedwab, à peine 5 % des immigrants reçus par le Canada ne parlent que le français, contre 48 % qui ne parlent que l’anglais.Et ceux qui maîtrisent les deux langues représentent à peine 4 % du total.Bref, moins de 10 % de tous les immigrants canadiens connaissent le français à leur arrivée.Et ils s’installent en très grande majorité (environ 80 %) au Québec, privant ainsi les communautés francophones d’un moyen vital de faire grossir leurs rangs.En tait, dit le rapport, «Citoyenneté et Immigration Canada reconnaît qu’il n’a pris aucune mesure directe pour recruter dep immigrants francophones à l’étranger».Même les États-Unis, où on n’offre pourtant aucun service en français, réussissent à attirer plus d’immigrants francophones que le Canada Entre 1991 et 1996, les États-Unis ont accueilli 182 029 francophones (dont les trois quarts proviennent d’Hàili), contre 33 980 pour le Canada «Nos voisins du Sud ont su attirer [trois fois plus A’\immigrants de France en dépit du fait que le Canada offre de meilleures conditions socioculturelles pour les francophones», s’étonne le rapport Conclusion: «Les communautés francophones ne reçoivent pas une proportion suffisamment élevée d’immigrants parlant français pour maintenir leur poids démographique», a expliqué Dyane Adam en conférence de presse.«Et le gouvernement fédéral n'a pas pris de mesures vraiment efficaces pour recruter des immigrants parlant le français dans les communautés francophones minoritaires.» Pourtant, elle reconnaît du même souffle que le taux d’assimilation des immigrants francophones hors Québec, même s’il est en baisse depuis les an- nées 60, atteint encore 50 %.(Les Africains du Nord sont les plus susceptibles de troquer le français pour l’anglais.) Un taux encore plus élevé que celui des francophones «de souche», qui est d’environ 30 %.En d’autres mots, les communautés francophones ne profitent pas au maximum, loin s’en faut, de cet afflux de nouveaux membres potentiels.Un piège à francophones?Rappelant à son tour les taux d’assimilation, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, croit qu’il ne faudrait pas prôner l’établissement des francophones hors Québec sans changer les structures d’accueil.«S’il n’y a rien d’autre que les politiques actuelles, on les enverrait effectivement dans la gueule du loup.Il ne faut surtout pas faire cela.Ça prend une modification majeure et ça prend des politiques très solides, ce qui n’existe pas à ce moment-ci.Sans de telles politiques, c’est impossible.» C’est justement ce que croit Mme Adam.Il y a un travail de «sensibilisation» à faire de la pari du gouvernement fédéral, croit-elle, par exemple pour informer les nouveaux immigrants francophones de l’existence d’une communauté minoritaire dans leur province.«Il est vraiment nécessaire que dès que nos immigrants arrivent au pays, iis établissent dès le début des liens avec la communauté d'accueil minoritaire et, bien sûr, que des services et des institutions de la minorité soient bien outillés pour accueillir ces arrivants.» Ia1 nouveau ministre de l’Immigration, Denis Coderre, s’est montré ouvert aux recommandations de la Commissaire aux langues officielles.«Je pense qu'on doit avoir des messages ponctuels versus la francophonie, alors je vais travailler de près avec le ministère des Affaires étrangères et Denis Paradis, notre nouveau secrétaire à la Francophonie, pour peut-être trouver des façons pro-actives d’envoyer le message comment le Canada est aussi une terre d'accueil pour la francophonie.» A table messieurs dames.Obtenez 15% de réduction lorsque vous commandez un ensemble table et chaises pouvant recevoir jusqu’à 12 couverts avec rallonges.choix de formats jusqu’à* 72” x 42” choix entre 10 modèles de pattes choix de couleurs choix de chaises *cette promotion s’applique sur nos modèles de tables rectangulaires à quatre pattes allant des formats 48” x 36 jusqu’à 72” x 42” G 4 MAISON DE MEUBLES ^Pqfrttmotjie 3932 Autoroute Laval Ouest, (coin Curé-Labelle) Laval (Qc) H7T 2P7 (450) 687-6867 La Prairie Dépistage du cancer du sein Des parents demandent au tribunal de sauver Técole de leurs enfants Le Québec refuse de suivre l’exemple américain La mammographie continuera d’être offerte à partir de 50 ans plutôt que 40 ans MAKIEANDRÉE C H O UI N A R D LE DEVOIR Un nouveau groupe de parents recourt aux tribunaux pour éviter la fermeture de leur école.Après avoir laissé courir la menace, les parents de l’école secondaire Saint-François-Xavier, à la Prairie, ont déposé lundi une requête à la Cour supérieure de Inngueuil pour faire annuler la décision de la commission scolaire des Orandes-Sei-gneuries de fermer l’établissement en 2006.Choqués de la décision du conseil des commissaires, prise en décembre dernier, de fermer graduellement les secondaires 3,4 et 5 de l’école Saint-François-Xavier au profit de l’ouverture — en septembre prochain — d’un volet international à la polyvalente du coin, les parents ont pris la voie judiciaire et espèrent faire annuler cette décision de la commission scolaire.Rappelons que l’école Saint-François-Xavier offre un programme enrichi aux trois dernières années du secondaire — les seuls groupes qui fréquentent l’école —, programme qui a permis à l’établissement de se classer parmi les dix meilleures du controversé palmarès des écoles secondaires du Québec au cours des deux dernières années.Parce qu’elle souhaitait démarrer un volet international à la polyvalente La Magdeleine, la commission scolaire voulait semble-t-il éviter que se chevauchent deux programmes de type enrichi dans un même territoire, d’où l’idée de fermer l’une au profit de l’autre.«Nous avons un taux de réussite de 100 % à cette école et un taux de décrochage de O %, et tout ça est mis en péril parce qu'on veut un volet international juste à côté», déplore François Bouchât, porteur de la requête judiciaire au nom de quelque 350 parents, tous membres du Comité de survie de l’école Saint-François-Xavier.Lui-même parent de deux adolescents qui fréquentent l’école visée par la requête, M.Bouchât fonde ses espoirs de faire renverser cette décision sur le droit des parents de choisir l’école qui répond le mieux aux besoins de leurs enfants.«C'est sur cet article de la Loi sur l’instruction publique que notre argumentaire est basé», confirme M' Pierre Marquis, l’avocat qui défendra les parents dans cette cause, présentée pour une première fois à Longueuil le 12 mars prochain.«Nous invoquons aussi que la commission scolaire a fait preuve de parti pris et de mauvaise foi dans sa décision de fermer l’établissement, ajoute M' Marquis.Nous voulons faire annuler sa décision de fermer l’école Saint-François-Xavier.» Les parents affirment avoir en effet été consultés par la commission scolaire par le truchement des conseils d’établissement, mais ils ajoutent qu’on leur a présenté un projet d’ouverture d’un volet international à la polyvalente La Magdeleine sans qu’il soit fait mention que cet ajout annonçait la disparition de l’école Saint-François-Xavier en 2006.En raison de l’heure tardive, il a été impossible de joindre les porte-parole de la commission scolaire des Grandes-Seigneuries hier.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le Québec n’emboîtera pas le pas aux Américains, dont les autorités de santé viennent de recom-j mander d’abaisser à 40 ans l’âge auquel les femmes doivent subir des mammographies de dépistage du cancer du sein.Alors que la controverse se poursuit sur l’efficacité réelle des mammographies à réduire la mortalité par cancer du sein, un groupe indépendant d’experts américains sur les soins de santé préventifs vient en effet d’émettre de nouvelles lignes directrices pressant les autorités fédérales de ramener à 40 ans l’âge des premières mammographies de dépistage.Auparavant, le dépistage était recommandé aux seules femmes de 50 à 69 ans, comme au Québec.Le secrétaire américain à la Santé, Tommy G.Thompson, a déclaré la semaine dernière que, bien «que les mammographies ne constituaient pas un outil parfait», elles demeuraient «un outil de prévention précoce qui permettait de sauver des vies».En conséquence, ce dernier a indiqué que ces nouvelles lignes directrices allaient devenir la politique officielle du gouvernement.L’automne dernier, une étude danoise avait ravivé le débat sur l’efficacité réelle des programmes de de-pistage par mammographies, même chez les femmes de 50 à 69 ans.Depuis, les experts se querellent sur la validité des sept ou huit études d’envergure réalisées dans le monde sur la capacité, à long terme, des mammographies à diminuer le nombre de femmes atteintes qui décèdent de la maladie.Chose certaine, au Québec, on ne semble pas vouloir suivre la nouvelle position américaine.«Nous n’avons pas pu étudier les arguments de ce groupe d’experts, mais il n’y a pas de nouvelle étude qui semble appuyer cela.Je suis très étonnée de leurs résultats», a indiqué hier le D' Patricia Goggin, directrice médicale du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS).Au Canada, le groupe d’experts sur les soins de santé préventifs qui conseille les autorités fédérales a adopté une position différente il y a un an, sur la base des mêmes données, rappelle le D Goggin.D a suggéré aux médecins de ne pas déconseiller ou recommander le dépistage systématique des femmes de 40 ans.Mais selon le Dr Guy Barrette, directeur du département d’imagerie médicale a l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, malgré l’absence d’études démontrant, noir sur blanc, l’efficacité de la mammographie de dépistage, l’agressivité des cancers chez les femmes de 40 ans constitue un argument de poids pour les inclure dans le programme de dépistage.«Pour l’instant, il n’y a pas d’autres moyens de dépister et cela permet d’intervenir plus tôt.Les appareils ont aussi beaucoup évolué depuis que ces études ont été réalisées.Les mammographies réalisées aujourd'hui auront peut-être dans 15 ans un impact sur les taux de mortalité», dit-il.Le D'André Robidoux, spécialiste du cancer du sein au CHUM, croit quant à lui qu’il faut peut-être plutôt concentrer le dépistage chez les femmes de 40 ans considérées à risque, comme le permet le PQDCS.Grâce à l’historique familial et à différents autres facteurs, on peut quantifier de façon de plus en plus précise les femmes plus sujettes à développer un cancer.«Compte tenu de la grande difficulté à analyser les mammographies de femmes non ménopausées, il serait peut-être prématuré d’étendre cela à cette population.» Saint-François-Xavier est pourtant classée parmi les meilleures écoles publiques EN BREF Canada ces obligations d'épargne sont en vente pour un temps limité seulement OBLIGATION À PRIME OU CANADA 2,00 *3,00 *4,25 * 4,75* 6,00 ÉMISSION 25 - TAUX ANNUEL COMPOSÉ DE 3,99 K APRÈS 5 ANS Un plan d’action pour aider les personnes âgées (PC) — Le Bloc québécois est revenu à la charge, hier, proposant la mise en œuvre d’un plan d’action pour faire connaître et rendre plus accessible le programme fédéral de Supplément au revenu garanti (SRG) destiné aux personnes âgées les plus démunies.Le SRG a été créé pour aider financièrement les personnes âgées de 65 ans et plus ayant de faibles revenus.Il ne dépasse pas 6000 $ par année, par personne.Un rapport du comité parlementaire des Ressources humaines mettait en relief qu’un minimum de 270 000 citoyens y auraient droit mais ne s’en prévalent pas.Des évaluations démontrent que, depuis 1993, Ottawa aurait ainsi économisé quelque 3,2 milliards.«Le gouvernement doit simplifier l’accès à ses services, et ça, ç'a été dénoncé partout», a fait valoir le député du Bloc, Marcel Gagnon.Le plan d’action proposé par le Bloc vise quatre aspects.Ainsi, le gouvernement devrait lancer une campagne d’information, simplifier l’accès à ses services; et simplifier l’inscription au programme.Le Bloc croit aussi que la rétroactivité devrait s'appliquer entièrement et non pas seulement sur 11 mois.ivieri librairie»bistro OBLIGATION D'ÉPARGNE DU CANADA 1,30 * 2,75*4,00* EMISSION 76 - TAUX ANNUEL COMPOSÉ DE 2.67 S APRÈS 3 ANS C’est le moment ou jamais d’acheter les Nouvelles Obligations d’épargne du Canada.Les taux spéciaux appliqués aux Obligations d’épargne du Canada et aux Obligations à prime du Canada en font un excellent choix pour les REER.Les deux titres jouissent de l’entière caution du gouvernement du Canada, assurent rendement garanti et flexibilité tout en ne comportant aucuns frais.L'Obligation d’épargne du Canada est encaissable en tout temps alors que l’Obligation à prime du Canada peut être rachetée annuellement.Achetez-les en ligne, par téléphone ou à votre institution bancaire ou financière.Faites de votre REER un placement solide Pour acheter en ligne ou par téléphone, consultez WWW.OeC.gC.Ca ou composez 1 888 773 9999 respectivement.NOUVELLES OBLIGATIONS D'ÉPARGNE DU CANADA I BATISSEZ SU» DU SOLIDE | Le ministre des finances peut mettre fin à la vente des obligations en tout temps.Pour obtenir un reçu officiel applicable à l'année d'imposition 2001.consultez notre site Web ou renseignez-vous sur les dates limites par téléphone.UN BISTRO DES DIZAINES D’ÉVÉNEMENTS DES MILLIERS DE LIVRES 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Tél.: 51ZC739.3639 Fax : 51Z,.739-3630 service'fî’librairieolivieri.com LE DEVOIR.LE MERCK E D I E E V R I E R 2 O O 2 L E S A C T U A LIT E S a r» Nombre record de transactions Chacun cherche sa chaumière Le marché de l’immobilier refuse de marquer une pause JOSEE BOILEAU LE DEVOIR Les Québécois sont plus décidés que jamais à devenir propriétaires et le marché de la revente de maisons existantes ne dérougit pas, constatent les institutions actives dans le secteur de l'immobilier.L’année 2001 a enregistré un record de 61 620 transactions dans le marché de la revente au Québec et les premières semaines de l’année 2002 témoignent de la même effervescence.A Montréal, par exemple, les ventes de maisons existantes en janvier ont été en hausse de 62 % par rapport à la même période l’an dernier, soit 3905 transactions contre 2412 en janvier 2001.Du jamais vu au moins depuis 1988, année où la Jubre ‘CT£iajD*F Ffu* ! iotZ-oi-ït Qui «nous» sommes C’est exactement la question qu’il fallait poser! Pendant les mois qui ont suivi les malencontreux propos de Jacques Parizeau, on a surtout commenté ses mots sur «l'argent et le vote ethnique».Mais le plus blessant, la trahison d’une vision partagée par tant d’entre nous, fut cette définition d’un «nous» exclusif, auquel seuls les catholiques francophones pur laine étaient invités.Pourtant, nous sommes sûrement une majorité à rêver d’un projet de société accueillant et respectueux, sachant que nous tirons une richesse incommensurable de la contribution de «l’autre» à notre devenir collectif.Merci pour ce film émouvant qui nous rappelle avec amour qui «nous» sommes.Andrée Côté Papineauville, 21 février 2002 Et que vogue la galère Ainsi donc, les blocs Ouest et Est ont disparu.De nos jours, et selon la vision simpliste de l’homme d’Etat le plus en vue du moment, le monde se divise en deux parties, représentants du mal d’un côté et représentants du bien de l'autre.Et que vogue la galère, l’invasion du Nouveau-Mexique est tellement loin qu’on a fini par l'accepter sans toutefois l'oublier.Après tout, c’était en 1848, c’était la guerre, une guerre gagnée d’avance.Il suffisait juste d'être du bon côté de la frontière, là où le bien s’était établi.Plus tard, ce sera Hiroshima, en 1945, 140 000 victimes.Pas croyable ce que ça peut faire, une guerre.les armes sont aussi multiples qu'efficaces; quand la poudre ne suffit plus, on fait appel aux dollars.On soutient contre vents et marées les régimes du Chili, du Panama, du Guatemala, du Nicaragua.LETTRES -?- L’argent n’a pas d’odeur.En temps de paix, on se découvre un nouvel ennemi, le terrorisme.C’est tellement facile, il est juste là, il porte un turban et il est au service du mal.Surtout, ne pas se demander comment il en est arrivé là, ne pas trouver sa cause: plutôt, le localiser et le tuer.La mode est au terrorisme, le pouvoir et l’argent appartiennent aux Etats-Unis, et que vogue la galère, partons tous en guerre, sainte de préférence, cette fois, ce sera le bien contre le mal.J’ai beau le chercher, je ne le trouve pas.Le bien s’est perdu quelque part entre l’avidité et le pouvoir.Alain Stritt Montréal, 19 février 2002 Les bonnes leçons de l’affaire Enron La retentissante affaire Enron fera sans doute couler encore beaucoup d’encre.En fait, l’actualité n’en finit plus de mettre au jour les dessous de cette faillite qui suscite non sans fondement des inquiétudes et des interrogations dans le grand public.Comme de nombreux observateurs et analystes l’ont déjà fait remarquer, il faut reconnaître avec lucidité que le Québec et le Canada ne sont pas à l’abri d’un tel scandale.Certes, pour assurer la protection du public, des mécanismes rigoureux et efficaces régissent l’accès et l’exercice des professions comptables chez nous.C’est le mandat qu’a confié le législateur québécois aux ordres professionnels.Mais l’ampleur de l’affaire révélée ces dernières semaines fait ressortir la nécessité d’agir pour assurer l’indépendance des organismes de réglementation pancanadiens, plus particulièrement en matière d’établissement des normes comptables.Et, à cet égard, dans l’intérêt même de la profession comptable dans son ensemble, nous croyons opportun de joindre notre voix à ceux qui pressent nos gouvernants de prendre rapidement la situation en main.Pour rétablir la confiance d’un public pour le moins échaudé, l’Ordre des CMA du Québec invite à nouveau le législateur à veiller dans les plus brefs délais à ce que l’établissement et la gestion des normes comptables soient confiés à un organisme totalement indépendant de la profession comptable, qui échappera ainsi à tout risque de conflit d’intérêts.Par ailleurs, dans le débat que nourrit l’affaire Enron, il faut se garder de réduire la profession comptable au seul rôle du vérificateur, aussi justifié soit-il.La vérification comptable n’est qu’un aspect de la pratique comptable, et encore est-elle presque exclusivement l’apanage des cabinets de comptables agréés.Régie par trois ordres professionnels distincts, c’est dire que la profession comptable comporte de multiples facettes et une grande diversité de champs d’expertise.Ainsi, par opposition au vérificateur, dont le rôle est de constater, le CMA, spécialiste de la comptabilité de management, travaille à l’amélioration concrète de la performance au sein même des organisations.C’est un expert en gestion stratégique et financière qui se distingue par sa vision intégrée de l’organisation.Comme toute situation regrettable, l’affaire qui fait les manchettes aura au moins un aspect positif et c’est celui, non négligeable, de tirer les leçons qui s’imposent La profession comptable doit profiter de l’occasion pour réfléchir, corriger son tir et, en fin de compte, en sortir grandie.Andrée Perreault, CMA Présidente du Bureau de l’Ordre des comptables en management accrédités du Québec Montréal, 19 février 2002 CLAUDE LAGACÉ Organiste et professeur à la retraite La photo frontispice du Devoir du samedi 26 janvier, montrant des jeunes à l’école Le Vitrail, est bien réussie.Elle nous transporte loin de ces saints en extase transpercés de soleil dans les verrières rouges et bleues de nos cathédrales.Ce vitrail tire si bien l’oeil qu’on le voit même avant le titre qui le coiffe.Mais que fiche ce solide gaillard assis sur l’appui d’une fenêtre, les bottes grimpées sur un dossier de chaise?Surtout qu’on en manque dans ce lieu étroit puisque l’autre fenêtre .aussi est occupée par une jeune fille assise.A l’extrême gauche, un jeune visage féminin, mèche de cheveux pendant jusque sous le menton, grands cerceaux aux oreilles, ajoute un certain charme à ce désordre concerté.Où sommes-nous, exactement?Dans une école où l’on prend très au sérieux «la liberté comme outil de réussite», plus précisément une salle d’apprentissage scolaire.Toute cette présentation, photo, titre et texte assorti, me secoue assez, moi, l'enseignant qui a pratiqué son métier aux niveaux primaire, secondaire et universitaire.Dans une salle de classe, il faut tout d’abord respecter un minimum de bons usages, à commencer par le respect des aménagements d’un lieu en les utilisant à bon escient la confusion, dans ce cas-ci, est totale.Pourquoi encourager les mauvaises manières d'un jeune rustre au lieu de l'aider à comprendre que la société civilisée à laquelle il appartient exige une certaine tenue de ses LIBRE OPINION -?- Abus de liberté membres, surtout quand ceux-ci s’apprêtent à recevoir un enseignement qui enrichira leur esprit?Et ce code social, si les enfants ne l’ont pas appris à la maison, il incombe à l’école de le leur enseigner.Et puis, permettre en un lieu d’apprentissage l’usage grotesque d'une chose au lieu d’une autre blesse le sens commun qui est le fondement même de la logique; c’est introduire des éléments d’erreur dans la perception et la définition du monde qui nous entoure, et cette confusion est pernicieuse, quel que soit le niveau d'enseignement où on la tolère.Qu'une école assouplisse les barèmes trop exigeants de l’école traditionnelle dans le but d’aider les handicapés et les décrocheurs en puissance me paraît être une idée bien généreuse, mais comment espérer aboutir à quelque chose de concret comme résultat si l’on accepte de partir d’aussi loin?L’en-tête «La liberté comme outil de réussite» accuse déjà une confusion.La liberté dont témoigne cette photo est le parfait exemple de l'abus de la liberté, pour ne pas dire sa caricature, pour lequel la langue française a un nom: la licence.J'ai voulu aller plus loin pour essayer de comprendre, et j'ai lu avec attention le long article qui explique et commente la photo grande manchette du Devoir.On parle beaucoup de la merveilleuse accessibilité des professeurs, on y cite de nombreux témoignages d’élèves: «J’ai de merveilleuses notes, car j'apprends en m'amusant.» Hum.On ne peut pas toujours s’amuser en travaillant; quelquefois, il faut piocher.Autre citation: «Les adultes ont l'illusion que les jeunes apprennent plus quand ils sont assis devant un enseignant qui leur transmet le savoir.» C’est une condamnation de l’enseignement magistral pour lequel on n’a pas encore trouvé de substitut quand il s’agit d’enseigner les secrets des mathématiques ou de la grammaire française.Un bon cours magistral donné à 30 élèves à la fois aura plus de substance et vaudra mieux que de répondre aux questions de chacun de ces élèves qui viendront à tour de rôle consulter le maître.Plus loin, on écrit «Ici, les jeunes apprennent à parler et à se respecter.» Fort bien, mais le but essentiel, la vocation irréductible de l’école, c’est d’instruire les enfants; le bienfait du contact quotidien en milieu scolaire est réel mais il faut le considérer comme un simple avantage marginal.L’école du quartier Villeray emploie visiblement un bon nombre de professeurs pour assez peu d’élèves.Le secteur public ne pourrait se permettre un luxe pareil, dont le coût serait astronomique.Le Vitrail fait apparemment partie d’une école de handicapés et cette école est sans doute l’objet de généreuses subventions.Au terme de cette brève réflexion, il faut avouer que ce qui m'atteint le plus dans cette présentation, comme professeur de carrière, c’est le petit air messianique qu’elle se donne.Cette assurance mal déguisée où l’on nous décrit ici l’école de l’avenir pour tout le monde, un progrès énorme sur celle du passé.Si cette interprétation est la bonne, je m’inscris en faux et d'une façon absolue devant cette prétention.S’il ne s'agit que d'idées nouvelles pour des cas ponctuels, je reconnais qu'il s’y trouve des points à retenir.mais il aurait fallu trouver une plus juste présentation. L K DEVOIR.LE MERCK E D I E E V R I E K 2 0 0 2 A !» IDEES ( ARCHIVES LE DEVOIR Les relations qu'entretiennent le droit et la science soulèvent un large éventail de questions fascinantes et difficiles qui suscitent un intérêt croissant dans la communauté des chercheurs.Science, technique et incertitude Il ne s’agit pas de faire taire la voix des experts mais de les faire entrer en dialogue avec ceux qui vivront avec les résultats de leurs travaux L’intérêt grandissant suscité par les relations qu’entretiennent le droit et la science s’est traduit notamment par la création récente du programme Bio-Droit, lancé de façon conjointe par la faculté de droit et la faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke.Ce programme vise précisément à favoriser l’intégration de l’étude du droit et des biotechnologies.La professeure Geneviève Cartier, de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, traite ici de questions, voire de certaines inquiétudes que sont susceptibles de soulever les progrès biotechnologiques.GENEVIÈVE CARTIER L’auteur est professeure agrégée à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (Fonds Marcel-Guy) es progrès de la science et de la technique, qui se sont succédé à un rythme fulgurant depuis 50 ans, ont tour à tour soulevé l’enthousiasme, l’espoir puis de vives inquiétudes chez les citoyens.Tout récemment encore, la mise au point de techniques de clonage et la perspective de leur application à l’être humain soulevaient l’émoi de la population, tout autant d'ailleurs que d’une proportion importante de la communauté scientifique.La prise de conscience du fait que les progrès technologiques ne garantissent pas nécessairement l’amélioration du bien-être de l’humanité, jumelée à la constatation que les pouvoirs publics se sont montrés impuissants à prévenir des scandales comme ceux du sang contaminé et de l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la «vache folle»), suscite chez un nombre grandissant de citoyens une méfiance au sujet de la capacité de l’Etat de concourir à leur épanouissement individuel et, surtout, de la légitimité du recours à des experts pour la prise de décisions qui peuvent avoir des répercussions fondamentales sur leur vie.Le rôle du droit dans ce genre de situations revient systématiquement à la surfece.Les relations qu’entretiennent le droit et la science soulèvent un large éventail de questions fascinantes et difficiles qui suscitent un intérêt croissant dans la communauté des chercheurs.Mais pour la plupart des citoyens, les relations qu’entretiennent le droit et la science se résument au contrôle, direct et indirect, de celle-ci par celui-là.D’une part, ils conçoivent le droit comme un instrument utile et nécessaire à la réglementation des activités de recherche technique et scientifique.L’exemple récent du clonage leur donne apparemment raison: la mise au jour des résultats des recherches en cause a mobilisé les conseillers législatifs de plusieurs États qui s’interrogent présentement sur les moyens d'en réglementer la pratique ou sur la nécessité de l’interdire purement et simplement D’autre part les citoyens voient le droit comme un moyen de contrôle indirect des acteurs en présence, qui se manifeste par la mise en œuvre des règles relatives à la responsabilité civile ou criminelle.Cependant, la complexité des questions que soulèvent les récentes découvertes exige davantage qu'un strict contrôle juridique des activités qui en découlent Les décisions relatives aux grandes orientations de recherche, de même que celles qui visent à en commercialiser le potentiel, sont fortement influencées par le discours des experts.Or d’importants ju- gements de valeurs interviennent dans l’interprétation de données scientifiques tout comme dans la dœ termination du niveau acceptable de risque pour une société donnée.C’est pourquoi un grand nombre d’observateurs reconnaissent la nécessité de favoriser la participation des citoyens aux décisions qui sont prises dans un contexte d'incertitude scientifique.la.complexité des questions soulevées par les découvertes récentes pose donc, bien avant celle du contrôle, la question de la démocratisation de la science et de la technique.L'État est à l’origine d’un nombre important de décisions prises dans un contexte d’incertitude scientifique.L’exemple typique est celui d’un organisme administratif chargé, en vertu de la loi, de s’assurer de l’innocuité d’une substance (par exemple, un nouveau médicament ou des aliments qui contiennent des organismes génétiquement modifiés) avant d’en autoriser la mise en marché.Ce genre d’autorisation est fondé sur une pluralité de critères qui, sans être arbitraires, relèvent du pouvoir discrétionnaire de l'administration publique.Les tribunaux exercent un certain contrôle sur ce type de décisions mais cherchent à le faire en préservant un équilibre entre leur devoir d’assurer le respect du principe de la primauté du droit et la nécessité de laisser à l’appareil exécutif de l’État la marge de manœuvre indispensable à l’accomplissement des missions qui lui sont confiées.In détermination de cet équilibre a fait l’objet d’une jurisprudence volumineuse et complexe de la Cour suprême du Canada.En particulier, celle-ci a reconnu que la nature discrétionnaire des pouvoirs exercés et l’expertise du décideur constituent des éléments très importants qui favorisent ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la déférence judiciaire.Cette position favorise, à première vue, la liberté d'action des décideurs administratifs qui doivent décider dans un contexte d’incertitude scientifique.C’est la mise en perspective de cette attitude de déférence qui ouvre la voie à une plus grande participation des citoyens.En 1999, l’affaire Baker c.Canada (ministre de l’Emploi et de l’Immigration) a posé le principe selon lequel le caractère raisonnable de l’exercice d’un pouvoir discrétionnaire dépend notamment de sa compatibilité avec les valeurs qui en sous-tendent la délégation.Certains passages d’une autre affaire récente semblent implicitement reconnaître que l’application de cette approche à des décisions prises en présence d’incertitudes scientifiques est susceptible de déboucher sur la création d’espaces de discussion à l’avantage des citoyens.Dans l’affaire Spraytech (Société d’arrosage) c.Hudson (Ville), la cour a confirmé la validité d’un règlement municipal visant à prohiber l’utilisation des pesticides à des fins purement esthétiques.Dans leurs motifs, les juges de la majorité ont formulé quelques commentaires qui, sans être nécessaires à la décision en cause, accréditent la thèse d’une possible reconnaissance d’un droit de participation dans le contexte qui nous intéresse.En effet, la cour discute du principe selon lequel l’absence de certitude scientifique quant à l’innocuité d’une activité donnée ne doit pas constituer une justification à l’inaction (il s’agit du principe de précaution, largement discuté en droit de l’environnement).La cour propose en fait le raisonnement suivant: le caractère raisonnable de l’exercice de tout pouvoir discrétionnaire réalisé dans un contexte d’incertitude scientifique tient notamment à la conformité de cet exercice aux valeurs qui en sous-tendent la délégation et en particulier aux valeurs que véhicule le principe de précaution.Or une analyse historique de l’évolution du principe de précaution suggéré que la nécessité d’établir un dialogue entre les citoyens et les experts s'inscrit au cœur des valeurs que véhicule ce principe.Donc, le caractère raisonnable d’une décision administrative prise dims un contexte d'incertitude scientifique dépendrait en partie du fait qu’elle soit rendue au terme d’un débat approprié.In lecture combinée des affaires Baker et Spraytech permet ainsi de soutenir que la création d’un espace de dialogue entre citoyens et experts n’est pas tributaire d’une décision du pouvoir législatif.Cette tendance présente un intérêt certain, et ce, pour deux raisons principales.Premièrement, elle permet de mettre en perspective l’attitude de retenue qu’adoptent les cours de justice à l'égard des décisions des organismes administratifs en soulignant l’importance de fixer les limites de l’expertise.lu reconnaissance de telles limites va de pair avec l’ouverture d’un espace public de dialogue avec les citoyens puisque, lorsque les preuves scientifiques sont insuffisantes ou contestées, les questions qui en découlent deviennent alors des enjeux de société qui les concernent au tout premier chef.Les données scientifiques sont en effet susceptibles d’être interprétées différemment par la communauté scientifique et par le citoyen: le scientifique rigoureux répugne à prendre une position ferme en l’absence d’un degré de preuve très élevé; le citoyen peut, à l’inverse, considérer qu’il est légitime de prendre des mesures de prévention sur la base de preuves incomplètes.H n’y a aucune raison de faire prévaloir d’emblée les jugements de valeur des experts dans un tel contexte.D ne s’agit pas de faire taire la voix des experts mais de les faire entrer en dialogue avec ceux-là mêmes qui vivront avec les résultats de leurs travaux.Deuxièmement, si le droit présente le potentiel nécessaire pour favoriser le dialogue entre experts et citoyens en l’absence d’une intervention législative formelle, il devient susceptible de susciter l’émergence de contrepoids vis-à-vis des forces politiques et économiques normalement à l’œuvre dans le cadre de ce type de processus décisionnel.11 est en effet d'autant plus important d’exiger que ceux-ci soient l’occasion d’un dialogue que les pressions des grandes entreprises risquent de se faire sentir d'une manière encore plus intense à l’avenir avec l’augmentation relative de la taille et de l’importance de celles du secteur de la haute technologie.La controverse au sujet du caractère secret des délibérations entre pouvoirs publics et entreprises commerciales lors du récent Forum économique mondial souligne l'intérêt, sinon la nécessité, de fonder un droit à la participation indépendant du bon vouloir des gouvernants.Il importe de relever que le dialogue dont il s’agit implique bien davantage qu’une formalité procédurale ou un exposé unidirectionnel d’opinions citoyennes, détachés de toute considération substantielle.Le dialogue suppose plutôt que l’autorité qui décide est sensible et attentive aux préoccupations des individus qui s’expriment Par conséquent, il influence inévitablement le contenu des décisions prises.D’aucuns soutiendront qu’il s’agirait là d’une autre manifestation du phénomène de «gouvernement des juges».Mais l’imposition judiciaire d’une obligation de débattre de questions fondamentales avant que des décisions ne soient prises favorise, plutôt qu’elle ne mine, la démocratie.En agissant ainsi, les tribunaux ne procèdent pas eux mêmes a un arbitrage entre diverses normes sociales: ils ne font que garantir que les décideurs chargés de procéder à cet arbitrage s’assurent que ce dernier ne survienne qu’au terme d’un débat qui favorise le respect des deux valeurs fondamentales au concept de démocratie, soit l’imputabilité et la participation.Le dialogue suppose que l’autorité qui décide est sensible et attentive aux préoccupations des individus Jr an- Pau1 H r o d c n r ?Le poids de l’atroce Le contenu d’une bande vidéo parvenue dans la soiree du meivredi 20 février aux autorités pakistanaises a fourni la preuve que le jour naliste Daniel Pearl, du Wall Street Journal, enleve le 23 janvier précédent, avait été assassine }>ai ses ravis seurs.Sa mort a été annoncée le lendemain.Sumion tant son dégoût, la presse américaine a publié en lin de semaine une description du contenu de cette ban de video, résultat d'un montage d’images tilmees à dit férents moments.D'après les experts qui ont pmeede à l’analyse du video, il est probable que M.Pearl n était plus vivant quand on lui a tranché la gorge (il portail les traces d’une large blessure de couteau à la [x>itri ne).Avant la scène de son égorgement, on le voit declarer qu'il est juif, comme son père (ou sa mère), la dernière scène du vidéo montrerait son corps decapi té gisant par terre, un couteau déposé sur la (xâtrine: l'un des ravisseurs se tient à côté du cadavre mutilé, dont il exhibe la tête détachée.D’après Saml Cheikh, l'un des suspects arrêtes en relation avec cette affaire, M.Pearl aurait été exécute par mesure de représailles contre le président dp Pa kistan, Pervez Moucharraf, qui a soutenu.les Etats Unis dans leur guerre contre les talibans, le video, à l’heure actuelle, offre ixm d'indices sur les ravisseurs et autorise toutes les conjectures.Par exemple, le vendre di 22 février — le surlendemain de la remise du vidé) — est un important jour de fête pour les musulmans.1 a fête d’Aïd al-Adha célèbre en effet l'épisode de l’obéissance d’Abraham à l’ordre divin d’immoler son tils Ismaêl (Isaac dans la tradition judéo-chrétienne).On sait que I )ieu retint le bras d'Abraham et lui permit de sacrifier un animal au lieu de son tils.Dans la mesu re oii ses moyens le lui permettent, un musulman commémore aujourd'hui cet événement en immolant un animal comme le lit Abraham.Avec cet assassinat rituel à l’arme blanche, le cycle qui acommencé le 11 septembre dernier a manifesté les extremes opposés de la teneur.À l’assassinat en masse perpétré à distance par la technologie ries avions mis siles succède le meurtre presque tactile, perpètre au couteau, d’une personne désigné-.Seule l’intrusion de la caméra vidé) rappelle qu’on est au XXI' siéie.les pays musulmans réussiront peut-être à si- dissocier de ce meurtre, qu’ils ont d’ailleurs dénoncé.Ils ne parviendront pas à s’abstraire de la façon dont il a été peipétré.le (lays qui abrite k-s lieux les plus sacres de l’islam, l’Arabie Saoudite, pratique encore les amputations prévues par la charia (amputation d’une main ou bien d’une main et d’un pied) et exécute ses condam nés à mort par décapitation, h-s talibans avaient ini|x>r té ces pratiques en Afghanistan, qu’ils appliquaient publiquement dans un stade.En Algérie, sept moines lni|>-pistes français du monastère de Tibéhiri ne ont été décapités en 19!tti par le Groupe islamique armé, la encore, les assassins auraient revendiqué leurs meurtres au moyen d’une bande vidéo envoyée aux autorités mises en cause (le gouvernement français a nié avoir reçu cet te bande, dont nous ignorons a fortiori le contenu).Tout assassinat est horrible.La fréquence du meurtre dans les temps récents en a banalise l'occtir rence, qui fait moins scandait- quand le bruit des opéra tions militaires assourdit les cris d’un massacre.Lhor reur de la mort des autres n’est par nous ressentie que lorsqu'elle prend la figure de l’événement monstrueux.Ceux qui infligent la mort affreuse paient en plus pair ceux qui donnent la mort ordinaire.Je terme ultime de cette logique dévoyée a été atteint par un juge québécois qui a déjà vanté l'humanité des chambres à gaz nazies à une femme qui avait tranché le sexe de son compagnon.Bien plus de Palestiniens que de Juifs meurent en Israël.On le remarque moins parce que leur mort est moins spectaculaire.L’inhumain \a pratique de l’atroce se retourne parfois contre ses responsables avec la plus grande des sévérités.Le génocide le plus étendu à avoir été- perpétré dans l’his toire de l’humanité est l’anéantissement des populations autochtones du Mexique et de l’Amérique du Sud.les journaux de bord laissés tant par les découvreurs que par les conquérants des Amériques témoignent de la révulsion que leur inspirèrent des pra tiques sanguinaires telles les supplices et les sacrifices humains, pour ne rien dire du cannibalisme que l’on prêta à ces populations.la découverte de ces coutumes conduisit les Européens à douter de l’humanité des populations amérindiennes et à se livrer à une extermination sans remords d’une partie de celles-ci.L’Occident n’en est pas là avec l’islam, [joint s’en faut.On ne saurait toutefois sousestimer les effets ravageurs, pour la perception de l’islam, d’une accumulation d’images où ses zélateurs se montrent en rupture de ban avec l’humanité.Bien que la diffusion du vidéo où l'on voit Oussama ben Laden s’égayer des événements qui ont conduit a la catastrophe du 11 septembre der nier ait provoqué un légitime dégoût, celled, au moins, ne laissait plus rien à la fantaisie.On a vu de nos yeux ces images.On ne verra pas celles de l’assassinat de Da niel Pearl, trop insupportables.Beaucoup les projetteront sous une forme délirante dais leur tête.Les drconstances de l’assassinat de M.Pearl viennent aggraver la donne de la terreur en couplant le calcul rationnel du nombre de victimes que pourrait engendrer l’utilisation d’armes de destruction massive avec la puissance affective de mobilisation du spectacle de l’atrocité.Si les pays musulmans ne réagissent pas de manière plus crédible à la pathologie de ceux qui les expulsent progressivement de l’humanité, il faut craindre qu’ils ne paient un prix exorbitant pour leur tolérance de l’insoutenable.Contrairement à ce qu’a affirmé le philosophe français Jean Baudrillard, ce n’est pas l’Ocddent qui risque de s’étrangler avec son hégémonie, sortie grandie de l’effondrement des talibans.C’est l’islam extrême qui semble vouloir se jeter de son martyre à son anéantissement L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'Information générale et métropolitaine Gerald Dallaire (adjoint an directeur de l'information).Valérie Dufour (général).François Cardinal ^actualité municipale) Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avifjnon (sports), Paule des Rivieres (éditorialiste).Jean Dion, l-ouis-Gilles Francœur (environnement >.Benoît Munger (responsable du site Internet).Dominique Reny.Josée Boileau.Éric Desrosiers.Pauline Gravel (scientifique).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle l’are (santé) Michel Gameau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages ‘hématiques).Martin Dudos et Christine Dumazet (relecteurs).Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).à l'information culturelle Michel Belatr i responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias) .Canton?Montpeth (livres), Odile Tremblay (cinéma) Bernard lamarche (arts visuels), h l’information économique Gérard Berube (adjoint au directeur de l'information).Claude l>vesque.Claude Turcotte.René lewandowski, à l'information internationale Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); h ('information politique Hélene Bu/.zetli Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec).Kathleen Lévesque Mane-Hélene Alarie (secrétaire a la rédaction) .Louise-Maude Rioux Soucy (commis) La documentation Gilles Paré (directeur) , Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) lJ\ PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean d«- Billy, Gyslaine Côté, Marlene Côte Martin Fournier, Véronique Géraud, Anouk Hurbutt, Christiane legault, Jacques A Nadeau.C laire Paquet.Micheline Ruelland.(publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Importe.Martine Berube (secrétaire) \A PRODl CTION Christian Goulet (responsable de la productvm), Claudine Bedard.Michel Bernatchez, l’hilippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION.DISTRIBlTÏON ET TIRAGE.linda Thériault (responsable service a la clientèle, distnbutifm et tirage).Hélene Orvais, Marie-Eve Santerre, (coord/matnce a la promotion et a la sollidtotv/n), Monique 1 Heureux.Lise I^chapelle.Rachelle leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Crime Furoy.Olivier lac h ambre ( contnUeur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe-administrative), Danielle I^perriere, Caroline Perrier, Danielle Ross IA FONDATION DI DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) A 10 L E l> E V O I H .L E MERCREDI 'i 7 F É V R I E K 2 IJ 0 2 CHEMIN SUITE DE I.A PAGE 1 Ije ministre Ben-Eliezer a aussi confirmé que des efforts étaient en cours pour reprendre les discus- j sions israélo-palestiniennes sur la sécurité.Sharon, pour sa part, «considère que c’est une idée \ intéressante et aimerait en savoir plus sur son conte-nu», a déclaré M.Solana après avoir ensuite vu le premier ministre israélien.Ce dernier serait prêt à rencontrer des responsables saoudiens quelles que soient les conditions.A l’issue d’une rencontre avec Solana, le président palestinien Yasser Arafat a accepté lundi soir la reprise des discussions de sécurité avec Israël, suspendues dimanche à la suite de la décision d’Israël de j maintenir Arafat bloqué à Ramallah.Une réunion allait avoir lieu hier.Solana sera le premier diplomate de haut rang a discuter en tête à tête avec le prince Abdallah depuis que la proposition de ce dernier a été exposée dans un article du New York Times, le 17 février.Arafat a salué lundi l’initiative saoudienne en disant qu’il «apprécie et soutient entièrement» les efforts du prince Abdallah.«Une chance à saisir» Israël a accepté le principe d’un échange de la paix contre des territoires mais refuse l’idée d’un retour aux frontières de 1967, celles-ci ne garantissant pas, selon lui, sa sécurité.Un diplomate occidental a prédit un ralliement de tous les pays arabes à l’Arabie Saoudite si sa proposition se traduit par un retrait complet d’Israël des territoires wcupés mais a affirmé douter que Sharon consente à ce qui serait pour lui un «suicide politique».Israël pourrait feindre l’enthousiasme pour le plan saoudien afin de «noyer le poisson et continuer de ne rien faire», a estimé ce diplomate.Néanmoins, dans leurs éditoriaux, des journaux israéliens exhortent Sharon à saisir une «chance de paix».«Four Israël, écœuré par Yasser Arafat et qui a perdu le peu de confiance qu il pouvait encore avoir en lui, le plan saoudien est une occasion de signer un traité de paix avec la plus grande partie du monde arabe [à l'exception de pays comme la libye ou l’Irak], y compris avec les Palestiniens», écrit le quotidien de gauche Ha’aretz.De fait, si la Syrie n'a toujours pas réagi officiellement aux propositions saoudiennes, son protégé libanais a souligné, par la voix du ministre des Affaires étrangères Mahmoud Hammoud, que le plan du prince Abdallah se fonde sur «des positions défendues depuis longtemps par les Arabes et sur la demande d'un retrait israélien de tous les territoires arabes».Entretien Bush-Abdallah U‘ président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah de Jordanie se sont quant à eux rencontrés hier au Caire où, selon leur entourage, ils ont évoqué l'initiative saoudienne.Ils n’ont fait aucune déclaration à l’issue de leur entretien.L’Egypte et la Jordanie sont, avec la Mauritanie, les seuls pays de la Ligue arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël.En visite à Paris, le chef de la diplomatie israélienne, Shimon Peres, a estimé hier qu’il existait une «chance extraordinaire» de relancer le processus de paix israélo-palestinien en raison du «climat positif» né de l’initiative saoudienne et des propositions qu’il a lui-même élaborées avec le président du Parlement palestinien, Ahmed Koreh.Le président Jacques Chirac, qui a souligné la nécessité de «tracer une perspective politique» dans la «situation d'urgence» actuelle, a affirmé le soutien de la France aux propositions «fortes et courageuses» du prince Abdallah et au «plan progressif et raisonnable» de Peres et de Koreh.la Maison-Blanche a annoncé de son côté que le président George W.Bush s’était entretenu en matinée par téléphone avec le prince Abdallah.«lœ président a rendu hommage aux idées du prince ayant trait à l’entière normalisation arabo-israélienne une fois qu dura été conclu un accord global de paix», a dit Ari Fleischer, porte-pajole de la Maison-Blanche.Le secrétaire d’Etat Colin Powell avait pour sa part qualifié lundi la proposition saoudienne de «pas important» demandant à être précisé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir.corn L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir .corn Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) /y Devoir est publié du lundi au samedi par l e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.V étage.Montreal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc , 900.boulevard Saint Martin Ouest.I.aval Envoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.-?LE DEVOIR *- ACTUALITÉS FORÊT RÉCRÉ SUITE DE LA PAGE 1 Dans toutes les régions, «les producteurs de porcs dans les municipalités qui ont presque atteint leur limite d’épandage de lisiers sont très actifs sur le marché des terres, ce qui aurait le même effet sur les prix et sur les producteurs qui projettent des expansions de culture».A cette pression pour de nouvelles surfaces d’épandage s’ajoute celle des courtiers en bois à la recherche d’essences à haute valeur commerciale «à rabais».Ces acheteurs ont «fortement sollicité» les propriétaires pour qu’ils reboisent de cette manière rentable leurs boisés et leurs érablières après le verglas de 1998.Enfin, notent les trois rapports, le prix élevé du maïs-grain, intensivement utilisé pour l’élevage des porcs, «a rendu le déboisement avantageux en comparaison de l’achat de terres prêtes à la mise en culture», souvent jugées trop chères.L’auteur de l’étude, Charles Savoie, ne dit pas lequel de ces facteurs prime sur les autres.Mais à mots couverts, il évoque une «tendance» non confirmée, soit l’abattage de boisés et de forêts pour créer des surfaces d’épandage: «Ces résultats, écrit-il de façon sibylline, ne permettent pas de confirmer une tendance voulant que la nouvelle réglementation sur l’épandage soit le seul motif de la coupe des boisés dans ces secteurs.» En raison des taux intensifs de déboisement que connaît la rive sud, les pourcentages globaux de déboisement touchent maintenant la très vaste majorité du territoire.En Montérégie, par exemple, le déboisement affecte 77 % de la superficie agricole, soit le territoire protégé par la Loi sur la protection du territoire agricole.Dans le Centre-du-Québec, le phénomène atteint 91 %, avec des pourcentage supérieurs à 80 % dans les MRC d’Af thabaska, de Bécancour, de Drummond, de L’Érable et de Nicolet-Yamaska.Dans la région Chaudière-Appalaches, le déboisement touche 83 % de la superficie agricole régionale.L’intensité récente du déboisement sur la rive sud varie d’une région à l’autre.C’est la région Chaudière-Appalaches qui a connu le déboisement le plus intense depuis une décennie, un déboisement mesuré à partir des cartes réalisées entre 1991 et 1995, comparées à des relevés satellite en 1999-2000.Dans cette région, 18 019 hectares ont été déboisés, dont 8902 uniquement d:ins la partie agricole (-1,6 %) et 9117 dans la partie non agricole (-2,2 %).Les MRC les plus touchées sont celles de L’Amiante (4818 hectares), Beauce-Sartigan (3841 hectares) et Lotbinière (2942 hectares).Dans une municipalité comme Disraeli, la portion boisée du territoire agricole a été amputée de 13,8 %, soit un peu plus que dans la partie non agricole, où le pourcentage de déboisement a néanmoins atteint 11,4 % (voir la liste des municipalités les plus touchées).Impacts Au cours de la dernière décennie, la Montérégie, probablement la région la plus déboisée du Québec, a perdu 8212 hectares de surface boisée, soit 2,56 % de son territoire.La partie agricole a ainsi perdu 2,5 % de sa surface boisée alors que la partie non agricole a enregistré une perte supérieure, soit 2,8 %.Ces données générales masquent cependant les impacts radicaux des coupes forestières sur la physionomie de certaines MRC comme Vaudreuil-Sou-langes, où le déboisement a touché 6,9 % du territoire agricole et 8,2 % du territoire non agricole.La partie est de la Montérégie a pour sa part perdu 5164 hectares pour 2,29 % de son territoire alors que la partie ouest a globalement perdu jusqu’à 3,19 % de son territoire, un des pourcentages les plus élevés des trois études.La MRC Vaudreuil-Soulanges, qui fait partie de la Montérégie-Ouest, a notamment sacrifié globale- SU1TE DE LA PAGE 1 Évidemment, elle est bien terminée, la triste époque archaïque des démolitions massives sous l’administration de Jean Drapeau, qui a livré la ville aux promoteurs bêtes et brutaux.Quand même, encore la semaine dernière, la présidente d’Héritage Montréal, Louise Dusseault-Letocha, a écrit à la ministre Diane Lemieux pour signaler deux exemples récents «mettant en lumière les insuffisances du cadre de gestion du patrimoine architectural, tant en matière de préservation des biens publies que dans l’encadrement de projets privés».Premier exemple: la démolition de l’ancien édifice du YMCA, au centre de la métropole.«Un cas qui n 'est pas sans nous rappeler, de manière plus dramatique et irréparable, les questions qu'avait soulevées le dossier de la maison Notman quant à la manière par laquelle le ministère de la Culture compte s’acquitter de ses responsabilités en matière de protection», écrit la présidente Dusseault-Letocha.Le promoteur d’un hôtel avait dans sa mire la maison et son immense annexe.Finalement, sous la pression des citoyens, le ministère de la Culture a bloqué l’affaire, l’automne dernier.Second exemple: l'édifice Ernest-Cormier, dans le Vieux-Montréal, qui n’est toujours pas classé, de sorte qu’aucune mesure juridique n’assure que la transformation de l’immeuble en siège de la Cour d’appel respectera son intégrité intérieure.«C’est un bien de l'État, un bien qui a toutes les qualités pour lui mériter, dans n 'importe quelle société civilisée, un statut de protection et de reconnaissance, commente M.Bumbaru.Mais ici, il n'en bénéficie pas plus que n’importe quel autre bâtiment du quartier historique.Même l’intérieur de la basilique Notre-Dame pourrait légalement être repeint en off-white.» Mme Lambert est d’autant plus sensible à ce cas que son musée possède le Fonds des archives de l’architecte Ernest Cormier.Elle a écrit à la ministre de la Culture en mai pour lui demander de «reconnaître.de protéger, de conserver et de respecter l’intégrité de l'intérieur, des éléments de mobilier et de l'extérieur de ce bâtiment remarquable».Diane Lemieux a simplement répondu que les travaux allaient assurer MONMGIE Perte de boisé entre 1991 et 1995 Hectares % Saint-Lazare 412 11,30 Granby 356 5.99 Samt-Bernard-de-Michaudville 307 13,80 Samt-Jude 234 7,43 Saint-Paul-d’Abbotsford 201 6.60 Sainte-Sabine 178 12,81 Perte de boisé entre 1991 et 1995 Hectares % Saints-Martyrs-Canadiens 1591 17,06 Ham-Nord 361 5,64 Inverness 336 3,11 Lyster 246 3,02 Saint-Louis-de-Blandford 86 1,78 CHAUDIÈRE-APPALACHES Perte de boisé entre 1991 el 1995 Hectares % Saint-Gédéon 1164 7,85 Disraeli 906 12,91 Saint-Gilles 863 8,07 Leclercville ’ 753 7,90 Beaulac-Garttiby 512 10,04 SOURCE: MAPAQ Ces tableaux indiquent les superficies de terrain boisé qui ont été perdues dans les municipalités les plus touchées de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches.ment 7,53 % de ses boisés, dont la plus forte proportion en zone non agricole (8,2 % par rapport à 6,92 %).Des municipalités de cette région ont elles aussi radicalement changé de physionomie au cours de la dernière décennie.Par exemple, Saint-Lazare a déboisé 17 % de son territoire non agricole, un signe d’étalement urbain intensif qu’on ne retrouve qu’autour de Granby, où le déboisement de sa partie non agricole a touché 11,7 %.Sainte-Sabine (13,3 %) et Saint-Ber-nard-de-Michaudville (13,8 %) détiennent le championnat de cette région en ce qui a trait au pourcentage de déboisement en partie agricole.Le Centre-du-Québec, en moins de dix ans, a perdu 2,06 % de ses surfaces boisées restantes, soit 4299 hectares en partie agricole (1,6 %) et 1585 hectares en territoire non agricole (7,37 %).C’est dans cette région qu’on retrouve 14 entreprises qui exploitent 354 hectares de canneber-gières.Mais le phénomène s’amplifie: il s’est récemment ajouté 1123 hectares de nouvelles surfaces de culture dont l’essentiel (873 hectares) se situe en dehors des milieux classés humides en 1996, ce qui traduit néanmoins une perte de 250 hectares de milieux humides.Ces nouvelles cannebergières sont situées principalement à Saint-Louis-de-Blandford (309 hectares) , Saint-Lucien (142 hectares) et Notre-Dame-de-Lourdes (138 hectares).Il n’existe pas de normes provinciales pour contrôler les coupes forestières dans les boisés privés.Les municipalilés et certaines MRC commencent à adopter des règlements à cette fin, mais il s’agit pour l’instant d’initiatives timides malgré le résultat souvent radical sur l’écologie et le paysage locaux.«de manière générale» la conservation de cet édifice.«Qu 'est-ce que ça veut dire?, demande Mme Lambert Il n’y a aucune norme précise.» Tout en donnant verbalement des garanties, la Société immobilière du Québec, responsable du chantier en plan, a confié la restauration de l’édifice à une firme d’architectes sans expertise patrimoniale.«Ici, les seuls critères dévaluation des projets de rénovation proviennent de la comptabilité, commente encore Mme I amber t.On prend toujours la proposition la plus basse, comme si on pouvait restaurer un bâtiment de qualité en n’y mettant pas le prix.C’est honteux comme façon de fonctionner.» Én Angleterre, de 8 à 10 % du territoire bénéficie de protection patrimoniale.Le Vérificateur général fournit un rapport sur la gestion de ces trésors nationaux.Ici même, le fabuleux mont Royal ne bénéficie d’aucune mesure juridique globale de conservation.«Des audiences publiques sur le mont Royal ont eu lieu il y a une décennie déjà», ajoute la muséologue, qui a consacré une exposition au concepteur du parc, Frederic law Olmsted.«On attend toujours.Mme Lemieux a beau être très gentille, elle ne fait rien.» Pas même besoin de traverser en Europe pour trouver des exemples à suivre.New York confie à une commission indépendante l’évaluation et le classement des édifices.La Constitution du Vermont assure la protection du patrimoine paysager de l’Etat bucolique.Le gouvernement fédéral canadien a adopté une politique de gestion de ses édifices patrimoniaux depuis une vingtaine d’années.Ici, la politique du patrimoine se fait toujours attendre même si la commission ad hoc dirigée par Roland Arpin a remis ses recommandations il y a plus d’un an.«Il nous faut une véritable politique, avec des moyens supplémentaires substantiels pour l’appliquer.Il faudra y retrouver tous ces verbes: connaître, faire connaître, protéger, restaurer.», dit Dinu Bumbaru, ajoutant que ces balises nationales d’intervention deviennent d’autant plus importantes que le gouvernement s’apprête à injecter environ 300 millions au centre-ville dans son projet de tours de bureaux et de salle pour l’OSM.«300 millions, sans balises, au Québec.ça peut faire 300 millions de dégâts.» SUITE DE LA PAGE 1 d’éducation physique), il a instauré depuis six ans un système de jeux organisés auquel les enfants doivent obligatoirement s'inscrire à chaque semaine.Entre le ballon-chasseur et le drapeau, la palette brûlee et la balle volée, les mousses forment de petites équipes de cinq ou six et se dispersent dans la cour d’école, qui a été spécialement divisée en 25 terrains voues à l’occupation des enfants.«Dans plusieurs écoles, les surveillants de récréation ne peuvent pas bien surveiller parce qu 'ils passent leur temps à régler les petits conflits de tout le monde», explique Claude Picard qui, depuis quelque temps, donne des conférences sur le sujet à travers tout le Québec tant les écoles intéressées par cette idée se multiplient.«Chez nous, les surveillants ont le temps de surveiller et ils peuvent aussi en profiter pour prendre une bonne bouffée d’air!» En plus de passer la totalité des vingt minutes de récré matinale à jouer, jouer et jouer, les enfants ont le plein contrôle de leur territoire.Des «agents de la paix» sélectionnés par les élèves veillent à la résolution de conflits entre élèves enflammés; des secouristes formés parmi les élèves de cinquième et sixième années peuvent donner les premiers soins pour des blessures mineures; enfin, des moniteurs, issus de la sixième année, sont jumelés à des petits de la maternelle et de première année pour les accompagner dans leurs jeux.«Si la cour de récré n’est pas animée, c’est là que les problèmes commencent», poursuit M.Picard, qui souhaitait d’abord et avant tout fare bouger les enfants un petit peu chaque jour.«Je ne me rappelle plus de la dernière bagarre qu’il y a eu chez nous.» En plus de lutter contre l’oisiveté des enfants — les études s’accumulent sur les méfaits de la télé et de l’ordinateur sur la santé des petits —, M.Picard voulait redonner aux enfants le contrôle de leur cour d’école.«Quand je donne des conférences, beaucoup de gens s'inquiètent du caractère obligatoire du système.Mais on ne les encadre pas trop, au contraire! Ils sont heureux et ne sortent pas dehors avec la baboune! Ils ont hâte à la récré!» Avec la réforme et le nouveau régime pédagogique, des écoles ont réduit les heures d'éducation physique offertes chaque semaine.«Chez nous, on est rendus à deux périodes de 47 minutes sur 10 jours!», déplore-t-il.J’ai remarqué que dans mes classes, les enfants sont de moins en moins en forme et prennent du poids.» Si, depuis quelques années, plusieurs écoles ont pris conscience de l’importance de la lutte contre la violence, cette bataille a pris des formes diverses d’un établissement à l’autre.«Ce genre d’activités particulières est devenu de plus en plus fréquent depuis quelques années parce qu’on sent un mouvement collectif pour contrer la violence», explique Berthier Dol-bec, conseiller en développement pédagogique à la Fédération des commissions scolaires du Québec.Plusieurs approches ont été expérimentées, certaines investissant plus sur le personnel, d’autres davantage sur les jeunes eux-mêmes.«Rien ne nous indique qu'une voie est meilleure que l’autre, mais une chose est sûre: plus tout le monde est alerté par le problème, moins on tolère la violence.Ça donne parfois l’impression qu ’il y en a de plus en plus.» SCRS SUITE DE LA PAGE 1 L’analyse ne contient rien de secret même si elle provient de l’agence fédérale d’espionnage.Le SCRS s’inspire de sources dites ouvertes, entre autres des rapports du Pentagone et de la Central Intelligence Agency (CIA), pour en arriver à ses conclusions pessimistes.La sécurité du Canada n’est pas menacée à court terme, conclut le SCRS dans ce document d’une dizaine de pages.Mais les soldats canadiens déployés dans les régions à risque du globe, comme le sud de l’Asie ou le Moyen-Orient, pourraient se retrouver dans une situation délicate.Les programmes scientifiques des principaux aspirants à l’arme nucléaire ne sont pas assez avancés pour constituer une menace immédiate, estime l’agence de renseignement Mais ces pays pourraient compromettre le régime international de non-prolifération à moyen terme.Les vives tensions qui régnent en Asie du Sud ainsi que le succès de l’Inde et du Pakistan dans leur course pour développer la bombe nucléaire pourraient inciter d’autres États à accélérer leur quête de l'arme de destruction massive absolue.Citant un rapport du Pentagone daté de janvier 2001, le SCRS affirme que l’Iran «cherche à acquérir de la matière fissile et de la technologie de fabrication d’armes par l’entremise d’un réseau complexe d’organisations militaires et civiles».L'Iran possède «une structure organisée» afin d'en arriver un jour à produire le plutonium et l’uranium hautement enrichis qui entrent dans la fabrication d’une bombe nucléaire.L’Irak a conservé des documents de son programme nucléaire clandestin, démantelé à l'issue de la guerre du Golfe, affirme le SCRS en se basant sur les conclusions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).En février 2001, la CIA affirmait que «l’Irak a probablement poursuivi ses travaux de recherche-développement théoriques à petite échelle dans le cadre de son programme nucléaire», rappelle le SCRS.La Libye poursuit également son programme de R-D même s’il lui faudra «encore beaucoup d’aide étrangère avant de pouvoir envisager la fabrication d’armes nucléaires», affirme le SCRS en citant encore la CIA Le SCRS relaie également les doutes américains en ce qui a trait à la Corée du Nord, qui a tenté d’acquérir des technologies d’enrichissement de l'uranium aussi récemment qu'en 1999.Le SCRS se porte enfin à la défense des intérêts nationaux.Le Canada serait «fort embarrassé» si des nations étrangères en venaient à utiliser son expertise, ses matières ou ses technologies pour remporter cette course à l'arme nucléaire anticipée.Un tel scénario s’était déjà réalisé lorsque l'Inde avait acheté un réacteur Cirus.Le plutonium produit à l'aide du réacteur a ensuite été utilisé pour construire l’engin qui a servi au premier test nucléaire de l’Inde.PATRIMOINE rue Sherbrooke jv du Prudent-Kennedy Îboul.ô.Mmcxwnuve | ¦ c rue S*lnte-Catherine ?- cuisine française qui fait bonne impression ?CE MIDI: Entrée + tartare de bœuf coupé au couteau et frites + dessert «ISS ^ Envie de cuisiner ?Informez-vous sur notre formule Chef d’un soir.359, av.du Président-Kennedy (coin de Bleury).® Place des Arts •Tél.: 285-8686 .gutenberg@qc.aira.com
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