Le devoir, 11 mars 2006, Cahier B
D I M A X C H E 12 MARS 2 0 0 I» L’histoire n’est pas une appellation contrôlée Page B 5 E DEVOIR.LES SAMEDI 11 E T PHILOSOPHIE Le mensonge, arme de déception massive Page B 6 ?PERSPECT VES L’éternel recommencement Avec le discours inaugural de mardi, le gouvernement Charest fonce dans le dernier droit avant l’année électorale ROBERT DUTR1SAC Québec — À la veille de l’ouverture d’une session parlementaire, le gouvernement Charest nous a habitués à des tentatives de second début, de départ sur de nouvelles bases ou sur un bon pied, d’effacement de l’ardoise — toutes les expressions y sont passées depuis trois ans.C’est d’autant plus vrai cette année que Jean Charest prononcera son deuxième discours inaugural mardi depuis son accession au pouvoir, tournant la page sur ses engagements passés, tenus ou non.Le chef libéral, tel Sisyphe, est prêt à rouler une fois encore le rocher en haut de la montagne — tiens, le mont Or ford! —, ce rocher qui, tel le taux de satisfaction à son endroit, retombe inlassablement après une embellie.L’éternel recommencement Autre recommencement donc, pour un gouvernement qui a un an pour se requinquer avant que la perspective d’un déclenchement prochain d’élections ne vienne gêner la gestion gouvernementale.L’entourage du premier ministre croit que ce nouveau départ sera le bon, que tout est en place pour que le gouvernement donne sa mesure.D’ici la fin de la session printanière, le gouvernement Charest entend «contrôler l'agenda», fait-on valoir, en multipliant les dévoilements de politiques et les annonces.Le discours inaugural sera placé sur le thème du «gouvernement responsable qui est capable de prendre des décisions difficiles», thème qui ne brille pas par son originalité mais qui coDe bien avec l’approche préconisée par Jean Charest Séduit par le discours des lucides, le premier ministre entend s’attaquer à la dette dès le prochain budget que le ministre des Finances, Michel Audet, déposera rapidement, le 23 mars, dans la semaine qui suivra l’ouverture de la nouvelle session.Certes, le gouvernement n’a pas la marge de manœuvre financière pour réduire de façon significative la dette de 119 milliards de l’État québécois.Mais il agira, sans doute en présentant un projet de loi établissant un cadre pour le remboursement de la dette publique.On a appris que le gouvernement Charest a décidé de rejeter la formule utilisée par Ottawa.Le gouvernement fédéral constitue chaque année une réserve pour éventualité dont la somme est versée à la dette si elle ne sert pas (ce qui a toujours été le cas).Cette formule ne fonctionne que si les surplus sont au rendez-vous.A la place, le gouvernement déterminera des sources spécifiques de revenus qui seront réservées au remboursement de la dette, cep-tains revenus en provenance de sociétés d’Etat, par exemple, ainsi que le produit de la vente d’actifs.L’entourage du premier ministre croit que ce nouveau départ sera le bon, que tout est en place pour que le gouvernement donne sa mesure Des incontournables L’environnement et le développement durable seront au cœur de la présente session, et pas seulement en raison de la controverse entourant la vente d’une partie du parc national du Mont-Orford à des intérêts proches du Parti libéral.Le gouvernement dévoilera la nouvelle politique énergétique du Québec.Attendue depuis un an, cette politique fera une large place au développement de l’énergie éolienne et à l’efficacité énergétique.Elle mettra un bémol sur la construction par l’entreprise privée de minicentrales hydrauliques dont l’apport est jugé marginal.Au printemps, le gouvernement Charest accouchera aussi de sa politique sur les changements climatiques, qui décrira les mesures qu'U entend prendre pour respecter le protocole de Kyoto.En outre, le projet de loi sur le développement durable, déposé par le ministre démissionnaire Thomas Mulcair, sera présenté de nouveau pour adoption lors de la présente session.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest mise entre autres sur la nouvelle ère dans les relations fédérales-provinciales.Ce nouveau début pour le gouvernement Charest, qui fonce dans le dernier droit avant l'année électorale, repose aussi sur la «nouvelle ère» qui s’annonce dans les relations entre Québec et Ottawa, selon le terme choisi par le premier ministre québécois.L’Ouest canadien et le Québec partagent la même vision de l’évolution du fédéralisme, fait-on remarquer.Harper et Charest sont sur la même longueur d’onde à cet égard.C’est vrai pour la perspective générale — la théorie et les principes —, mais déjà les deux gouvernements divergent sur une question toute pratique et de gros sous: l’entente sur les garderies signée avec le gouvernement de Paul Martin et les 800 millions qui y sont rattachés.Jean Charest est résigné: Stephen Harper ne fera pas d’exception pour le Québec et les familles québécoises recevront directement les 1200 $ par enfant promis par les conservateurs.Pour le reste, rien n’est réglé.Quoi qu’il en soit, MM.Charest et Harper, figurant côte à Côte tout sourire dans les «pho-to-op», ne jurent que par l’harmonie de leurs rapports, cet état de grâce, feint ou réel, sur lequel ils comptent tous les deqx pour faire des gains politiques.Le chef de l’Etat québécois ne s’attend pas à un règlement du déséquilibre fiscal à court terme mais espère qu’interviendra un accommodement financier qui permettra à tout le monde de sauver la face.Autre élément sur lequel Jean Charest s’appuiera sur quelqu’un d’autre pour remonter la pente même si ça lui fait de l’ombre: Philippe Couillard, l’homme le plus populaire du gouvernement.La «nouvelle ère» de la garantie de l’accès aux soins, dixit )ean Charest, qu’a inaugurée son ministre de la Santé et des Services sociaux en réponse à l’arrêt Chaoulli est considérée comme un coup de maître par l’entourage du premier ministre.Ils ne sont pas les seuls: même la leader parlementaire de l’opposition officielle, Diane Lemieux, trouve que le gouvernement a fait bien du «millage» avec cette annonce de 20 millions.La santé On ve.rra beaucoup Philippe Couillard ce printemps.A compter d'avril, dans la foulée de l’arrêt Chaoulli, il présidera la commission parlementaire sur la place du secteur privé dans la santé, un débat qu’il a déjà habilement balisé.Cette semaine, M.Couillard a présenté son plan d’action pour contrer une pandémie de grippe aviaire, dosant l'alarme et les inflexions rassurantes avec une précision toute.chirurgicale.Un peu comme les attentats du 11 septembre ont favorisé l'impopulaire George Bush en 2001, cette menace de pandémie peut contribuer à redorer le blason du gouvernement Charest en stimulant le besoin de sécurité de la population, sécurité que seul peut lui assurer leur Etat.Un thème porteur pour un gouvernement «responsable» en panne de reconnaissance.Les sondages qui montrent la faiblesse des libéraux dans les intentions de vote n’émeuvent guère l'entourage du premier ministre.Historiquement, le PLQ a toujours recueilli 40 % des votes lors des élections, rappelle-t-on.Le Parti québécois est aujourd’hui talonné à sa gauche par Québec solidaire, une nouvelle réalité que même Jean Charest a relevée publiquement, et le parti dirigé par André Boisclair pourrait perdre quelques plumes.Le gouvernement Charest dispose donc de certains atouts pour «amorcer un redressement graduel d’ici les élections», assure-t-on.C’est sans compter toutefois la propension de ce gouvernement à se mettre les pieds dans les plats.Depuis le début de l'année, les électeurs ont été frappés par l’annonce de hausses de tarifs substantiels — électricité et assurance automobile.Le gouvernement Charest manque de crédibilité en matière de protection de l’environnement à la suite du départ de Thomas Mulcair, jugé trop «ministre de l’Environnement» par M.Charest et son entourage.Ce n’est pas tout: le gouvernement Charest s’est lancé dans la privatisation d'une partie du parc national du Mont-Orford, un geste contesté qui pourrait le tracasser jusqu’aux prochaines élections.Le pire, c'est qu’on a demandé à Pierre Reid de défendre cette vente souhaitée par des libéraux notoires.Le ministre déchu semble se spécialiser dans la défense de l’indéfendable.On a vu ce qui est arrivé à la coupe de 103 millions dans les bourses d’étude qu’il était chargé de défendre.Le Devoir * *4 I 4L * #' • t* • 4* « «i • «* * •* * 4| mk Aspects juridiques de la e-Gouvernance Ce séminaire de deux jours s'adresse aux professionnels et gestionnaires des secteurs privés et publics intéressés à comprendre le cadre juridique régissant la gestion, la vente et la distribution de l'information, des biens et services sur l'intemet.Dates: 24 et 25 avril 2006 www.nKgill.ca/conted-general ?e-Gouvemance et propriété intellectuelle * e-Gouvemement >¦ e-Résolution de disputes * e-Gouvemance et e-Propriété (514) 398-5454 Initiation à l’industrie pharmaceutique Améliorez votre productivité grâce à une meilleure connaissance de l'industrie pharmaceutique canadienne.Que vous soyez nouveau dans l'industrie ou que votre travail vous amène à transiger avec des compagnies pharmaceutiques, ce séminaire de deux jours est pour vous! R* UNIVERSITÉ Dates: 21 et 22 mars 2006 7 McGill Centre d'éducation permanent* P > LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MARS 2006 ?PERSPECTIVES* Jean Dion Un électorat désespéré et résigné Campagne électorale sans course en Israël gouvernement vous parle Le gouvernement tient à informer les membres de la population générale que s’ils sont mécontents des hausses faramineuses de tarifs de permis de conduire et d’immatriculation annoncées récemment, ils n’ont qu’à acheter la Société de l'assurance automobile du Québec.«Non mais c’est vrai.Chaque fois qu’il y a un problème quelque part, je me fais ramasser.Je commence à en avoir sérieusement ma claque.Y a toujours ben des limites à ma capacité de payer.Quelque chose ne fait pas ton affaire?Facile: crache le motion, citoyen! Ça va me faire plaisir de te rétrocéder plein d'affaires dans lesquelles l’Etat n’a pas d’affaire», a déclaré le gouvernement avant de se rendre à une réunion statutaire d’un comité consultatif conjoint chargé de tenir des audiences et de formuler des recommandations en vue de la préparation préliminaire d’un plan d’action susceptible de dégager des orientations générales menant à l’examen d’un processus de réflexion sur le dépôt en délibéré de mesures transitoires concrètes («c’est le nom que je donne au taponnage destiné à couvrir d’un écran de fumée les tours de passe-passe auxquels je me livre de l’autre main pendant que le monde regarde ailleurs», a fait savoir le gouvernement en espérant que personne ne comprenne ou alors que tous soient occupés à penser à autre chose, comme la longueur des files d’attente à l’hosto quand ils iront bientôt succomber à la grippe aviaire en même temps que des centaines de millions de leurs concitoyens).«D’ailleurs, il en a, de l’argent, le citoyen», a poursuivi le gouvernement.«Ces baisses d'impôts d'un milliard que je lui ai promises, j'ose espérer qu’il ne les a pas gaspillées en vin hors de prix de la SAQ, en essence sans plomb ou en vidéopokers avant même d’en avoir vu l’ombre du reflet.Je l'ai connu plus responsable que ça, le citoyen, quand l’État ne le chaperonnait pas du berceau jusqu'au centre d’accueil.C’était le bon temps.» Le gouvernement a précisé qu'il avait énormément de choses à vendre et que les membres de la population générale n’avaient qu’à se manifester pour procéder à l’acquisition sans appel d’offres de joyaux collectifs.«Quand, pour me faire élire, j'ai dit que j’allais servir le public, ça ne voulait pas dire que je n ’allais pas aussi servir le privé.J’ai l’habitude de m’exprimer très clairement, mais, des fois, j'ai l’impression qu’il comprend ce qui lui tente, le citoyen.» Parmi les artéfacts en vente, on trouve aussi bien des réalités tangibles qui ne servent à rien si on les laisse là sans les exploiter jusqu’au trognon, comme des montagnes, des fleuves, des forêts et des ministres, que des vues de l’esprit qui ne servent à rien non plus, comme des commissions, des sociétés, des régies, des conseils et des comités.En fait, selon des sources disponibles à rabais, le projet de liquidation serait total avec, pour uniques exceptions, la Société alcoolique du Québec et Loto-Québec.«La loterie, c'est à moi tout seul, na«, a fait valoir le gouvernement en protégeant de son long bras une caisse de gratteux.«Tu l’auras pas.Ni la boisson.Je conserve les deux, et pas parce qu’il s'agit de vaches à lait mais parce que je suis le seul qui peut assurer que le commerce du hasard et de l’ivresse se Jasse dans le respect des normes éthiques les plus élevées.» Lors d'une entrevue obtenue pour moins cher qu’on pourrait le penser, le gouvernement a indiqué non seulement qu'il tenait à conserver le Casino de Montréal mais qu'il voulait aussi le déménager afin d'y accoler trois ou quatre bidules visant à faire accroire à la population générale que le nombre de visiteurs étrangers y doublerait et qu'ils y viendraient pour autre chose que se faire faire les poches.«Je n 'ai aucune idée si c'est vrai, mais si Loto-Québec le dit, il y a de bonnes chances.Il y a toujours de bonnes chances avec hdo-Quêbec.Ce n 'est pas moi qui le dis, c 'est Loto-Québec.J'adore Loto-Québec.Tu veux pas que je te serve un petit verre de drink, mon Loto-Québec d’amour en sucre d’orge miam miam?Tu l’as bien mérité après une si grosse journée.Et puis, ça ne grèvera pas mon budget, j'ai des connexions à la SAQ», a relaté le gouvernement.l.e gouvernement considère d’ailleurs que le fait d'attirer une clientèle de l’extérieur au casino constitue «un projet noble.Je ne me gêne pas pour siphonner les joueurs compulsijs d'ici, je ne vois pas pourquoi j'aurais des scrupules à siphonner pareillement les joueurs compulsijs d'ailleurs.Il s'agit simplement de profiter au maximum des occasions qui s'offrent dans un contexte de mondialisation des échanges».Par ailleurs, le gouvernement n’a été ni surpris ni déçu de la décision rendue publique hier après-midi par Loto-Québec d'abandonner le projet de déménagement du casino dans le bassin Peel de Pointe-Saint-Charles.«Comme ça.je n'aurai pas cette patate chaude dans les mains lors des prochaines élections générales, a-t-il dit.Mais vous ne devez pas oublier un élément fondamental: c'est le projet de l’envoyer dans le bassin Feel de Pointe-Saint-Charles qui a été abandonné, pas le projet de le déménager tout court.Aussi suis-je heureux d'annoncer l'amorce d'un processus élargi graduel multipartite decentralise par étapes de consultations contingentes non décisionnelles sur l'opportunité de déménager le casino au mont Orfiird.Le temps que ça va prendre, j'aurai eu le temps de brader la montagne, en échange des revenus de quoi j'aurai acheté les alentours de la montagne, ce qui va me.taire des terrains bucoliques enchanteurs pour loger le casino.Je pourrai d'autant plus y procéder au développement durable de l'offre de jeu que le casino jouxtera des milliers de condos occupés par des pleins qui auront de l'argent en masse à perdre dans mes machines à sous.Et quand ceux-ci auront été ruinés, j’aurai toujours le loisir de vendre Pointe-Saint-Charles pour renflouer mes coffres.Toute est dans toute, mon pit.» Lorsqu'on lui a fait remarquer que Pointe-Saint-Charles ne lui appartenait pas, le gouvernement a répliqué qu'il lui suffirait de l’acheter.«Les citoyens de là-bas sont très influençables, comme certains ont essayé de vous le démontrer.Il me suffira donc de leur dire qu'ils auront besoin d'argent pour aller au nouveau casino qu 'on y implantera, et le tour sera joué.Joué, la pognes-tu?», a conclu le gouvernement avant de s'éclipser pour passer à la SAQ avant que ça ferme.jdiontfUedevoir.com GIL COHEN MAGAN REUTERS Ehoud Olmert à l’ombre de son mentor Ariel Sharon mercredi à Tel-Aviv.GUY TAILLEFER Campagne électorale sans passion dans la rue israélienne à un peu plus de deux semaines des parleiqentaires du 28 mars, que le parti Kadima d’Ehoud Olmert, héritier de l’ancien premier ministre Ariel Sharon, parait assuré de remporter par défaut tant Top-position du Likoud et du Parti travailliste tire de l’arrière.L’analyse est d’Asher Arian, politologue à l’université de Haïfa et fin observateur de l’opinion publique israélienne depuis 20 ans.Un électorat dont l’état d’esprit relève aujourd’hui d’une forme de désespoir résigné, dit-il.Le désir de sécurité prend le dessus sur le reste, indiquent tous les sondages, mais dans un contexte où, concurremment, les Israéliens ont développé une carapace contre la terreur.Cette opinion publique ne se laisse pas décoder facilement.L’idée de la création d’un Etat palestinien est aujourd’hui largement acceptée en Israël, ce qui était loin d’être le cas il y a dix ans, mais Télectorat ne croit plus pour autant qu’une éventuelle entente de paix conduira à la fin du conflit israélo-palestinien.La majorité obtenue par l’organisation islamiste du Hamas, responsable de dizaines d’attentats suicide commis en Israël, aux élections parlementaires fin janvier, l’a conforté dans cette opinion.De telle sorte que «les Israéliens ne s’attendent pas à ce que les gestes unilatéraux faits par leur gouvernement règlent le fond du problème, mais ils sont prêts à s’en satisfaire dans la mesure où ils contribuent à apaiser les tensions», souligne M.Arian.En évacuant unilatéralement, Tété dernier, la bande de Gaza, «Ariel Sharon a montré qu’il était passé maître dans l’interprétation de l’opinion israélienne».Un Ariel Sharon plongé dans le coma depuis plus de deux mois à la suite d'une grave attaque cérébrale mais dont Tombre continue néanmoins de planer lourdement sur le scrutin.«Il n’est nulle part sur les bulletins mais partout dans la campagne», résumait cette semaine la correspondante à Jérusalem du quotidien The Globe and Mail.M.Sharon demeure une figure centrale du scrutin dont le premier ministre par intérim Ehoud Olmert, son successeur à la tête de Kadima, ne se prive pas d'utiliser l’ascendant dans ses publicités électorales.Jamais un parti n’a obtenu la majorité à la Knesset.Ariel Sharon a fondé Kadima en décembre dernier, avant sa maladie, après avoir rompu avec le Likoud (droite), dont il était le chef, et fait alliance avec une partie des travaillistes.Parti centriste, encore que le centre en Israël penche à droite, Kadima (ce qui signifie «En avant») a fait un tabac dans les sondages dès sa création.Il souffre aujourd’hui dans les enquêtes d’opinion de la disparition de son chef spirituel, mais il paraît à peu près certain que M.Olmert, ancien maire de Jérusalem qui n’a pas la stature du fondateur, sera appelé à fonner le prochain gouvernement de coalition.Les autres Les sondeurs donnent à son parti entre 37 et 42 des 120 sièges du Parlement, le double de ses rivaux.Ixnn derrière viennent le Parti travailliste du syndicaliste Amir Peretz, crédité de 19 élus, et le likoud de Benjamin Nétanyahou, qui récolterait 17 sièges.«C'est une campagne sans course, affirme M.Arian.Rien n'indique que M.Peretz parviendra à ramener au parti l'électorat populaire et immigrant perdu à l’ancien premier ministre Menahem Begin à partir de 1977.» Quant à Bibi, «il est très aimé parmi ceux qui le soutiennent mais détesté par la population».Non plus que l'élection du Hamas ne semble vouloir ranimer les appuis aux positions pures et dures du likoud, comme on aurait peut-être pu le croire.L’arrivée au pouvoir de l’organisation islamiste n’a pas modifié les intentions électorales, constate Tamar Hermann, directeur du Centre de recherche pour la paix Tami Steinmetz, de l’Université hébraïque.La victoire annoncée de Kadima est telle, note M.Arian, que le taux de participation au scrutin pourrait fléchir.Perspective inhabituelle dans une démocratie où de 70 à 80 % des électeurs ont traditionnellement eu la bonne habitude d'aller voter.Cela pourrait jouer des tours aux politiciens puisqu'il se trouve qu'en parallèle, ce qui est de Tordre de l'inédit, Télectorat flottant et indécis représenterait actuellement près de 25 sièges — presque le cinquième de la Knesset Une clôture.politique Cette zone grise explique peut-être que M.Olmert vienne d'accorder des entrevues dans lesquelles il s’engage, une fois élu, à se faire le champion face aux Palestiniens de Tunilatéralis-me qui a fait une grande partie du succès politique d’Ariel Sharon.Au Jerusalem Post, puis à Haaretz, il s'est engagé à fixer les frontières définitives d'Israël d’ici 2010, avec ou sans l’approbation de l'Autorité palestinienne, le long de la clôture de sécurité dont plus du tiers a été complété jusqu'à maintenant autour de la Cisjordanie.«Le tracé de la clôture, qui a jusqu'à maintenant été une clôture de sécurité, correspondra au tracé de la frontière permanente», a-t-il déclaré à Haaretz.Sauf erreur, M.Sharon n’était jamais allé aussi loin, s’agissant de donner un sens politique à la construction d'une clôture officiellement destinée à empêcher la commission d’attentats.M.Olmert s’est en outre engagé à poursuivre le retrait unilatéral de colonies isolées de peuple ment juif et à annexer les grands blocs de colonisation en Cisjordanie, ce qui était déjà attendu sous M.Sharon.Mais il a aussi promis de développer l’immense implantation de Maalé Adou-dim en bâtissant 3500 logements supplémentaires de façon à la relier à Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur fu- tur État «D’ici quatre ans, a-t-il affirmé en entrevue, crois qu’Israël se sera séparé de la vaste majorité de la population palestinienne.[.] L’objectif que je me suis fixé est le renforcement des blocs d’implantation et la séparation absolue de la population juive d’avec les Palestiniens.» Une série de déclarations que le chef du Ha mas exilé à Damas, Khaled Mechaal, a qualifiées hier de «déclaration de guerre».Mais ce sont des déclarations qui, pour incendiaires qu’elles soient en certains quartiers internationaux, sont destinées, à l'intérieur, à charmer ce vote flottant, dont celui, capital, du million de juifs russophones.ces immigrants de Tex-Union soviétique qui représentent presque 20 % de la population.Les trois grands partis courtisent tous activement cet électorat en traduisant notamment leur propagande en russe, mais il semble que ce soit Kadima qui ait le plus à perdre.«Plus que tout autre, l’électorat russe se sent orphelin d'Ariel Sharon», écrivait récemment le correspondant de Libération.«Prêts à voter au centre parce qu'ils faisaient confiance à ce vieux chef de guerre, les russophones connaissent à peine Olmert et moins encore le parti qu’il dirige désormais.» Or les projections montrent un déplacement de ce vote russe vers le parti communautariste Notre maison Israël, dirigé par Avigdor lieberman.Les derniers sondages donnent à ce parti de droite dix sièges, essentiellement aux dépens de Kadima.Le Devoir Il paraît à peu près certain que M.Olmert, ancien maire de Jérusalem, sera appelé à former le prochain gouvernement de coalition Devancé par Romano Prodi dans les sondages, il reste persuadé d’être réélu Berlusconi croit encore au miracle ÉRIC JOZSEF Rome — «Je n 'irai pas voir le pape, mais je gagnerai quand même», a lancé, à un mois des législatives des 9 et 10 avril, Silvio Berlusconi.qui croit encore au miracle.Les sondages donnent l’Union de Romano Prodi en tète avec 51,4 % des intentions de vote (contre 46,4 % à la droite) mais le patron de Forza Italia.qui avait envisagé de rencontrer Benoît XVI avec une délégation du Parti populaire européen, continue d'afficher son optimisme.La démission forcée, le 19 février, de son ministre (ligue du Nord) des Réformes.Roberto Calderoli.à la suite des caricatures de Mahomet et des violences consécutives en Libye, semble pourtant avoir donné un coup d'arrêt à sa remontée.Il y a quelques jours, le Cavalière était allé jusqu'à annoncer qu'un sondage américain donnait la Maison des libertés.sa coalition de droite, très légèrement en avance.En realite, toutes les enquêtes italiennes indiquent que Prodi continue de cara- coler en tète.Hier encore, le Carrière della Sera, le premier journal de la Péninsule, a appelé à voter Prodi, et l’écrivain Umberto Eco a lance une attaque farouche contre le président du Conseil sortant Mais pour Berlusconi, les indicateurs ne sont pas tous sombres.En six mois, Técart entre les deux hommes s'est réduit de neuf points.«Pour la première fois depuis un an.les jugements sont plus positifs sur l'action du gouvernement que sur les capacités de l’opposition».ajoute le politologue Dvo Diamanti.qui estime que «la stratégie de Berlusconi, pendant deux mois, a fonctionné».Omniprésent sur les télévisions et les radios jusqu'au début de la campagne officielle, le patron de Forza Italia est parvenu à mobiliser nombre d'indécis qui avaient voté à droite en 2001 et qui, déçus, semblaient destinés à rester chez eux.Le Cavalière a ratissé le plus large possible.Il a ainsi embarque avec lui toute la galaxie néofasciste, de l'Alternative sociale d’Alessandra Mussolini jusqu’à la Flamme tricolore de Pino Rauti et Luca Romagnoli qui, le 22 février.déclarait «ne pas être en mesure d'affirmer pu de nier que les chambres à gaz ont existé».A la suite du changement de scrutin, voulu par la majorité, qui combine proportionnelle et prime à la coalition majoritaire, un match nul n'est pas exclu au soir du 10 avril avec, d un côté, une Chambre des députés acquise à la gauche et.de Tautre.un Sénat de droite.•S’il devait y avoir égalité, on retournera au vote», a prévenu Prodi.Avant de débattre à la télévision avec le président du Conseil, ce dernier exigeait comme préalable le renoncement de Berlusconi à son allocution prévue en clôture de campagne sur les ondes publiques.C’est chose faite.En 2001, sùr de sa victoire, c’est le Cavalière qui avait refuse toute confrontation.«Désormais.Berlusconi veut débattre avec tout le monde», ironise Massimo D'Alema, président des Démocrates de gauche.Libération 4 ¦f 1E DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 2006 PERSPECTIVES B 3 Irak : de mal en pis Une guerre civile en Irak n’aiderait pas les États-Unis à se sortir du bourbier CHARLES-PHILIPPE GIROUX Washington — Le spectre d'une guerrç civile plane sur l’Irak depuis que les Etats-Unis y sont entrés de force, ü y a trois ans, mais jamais il n'a été aussi présent que depuis l’attentat spectaculaire contre la Mosquée d'or chiite de Samarra, le 22 février dernier.Les représailles des jours suivants ont fait plusieurs centaines de morts et épaissi le brouillard entourant l'avenir de ce pays où le président Bush veut établir la démocratie.Chose certaine, les Américains ont été impressionnés par les éclats de violence des dernières semaines.D’après un sondage Washington Post-ABC News publié cette semaine, 80 % d’entre eux croient qu’une guerre civile en Irak est probable.En fait, plus du tiers juge qu’elle est «tm» probable.Pourtant, il y a une semaine, le plus haut commandant américain en Irak clamait que la crise était passée.De nouveaux actes de violence peuvent toujours se produire, avait-il sagement ajouté, précisant qu’une guerre civile restait possible, bien que peu probable.Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a fait écho à ces propos cette semaine.Selon lui, même si une guerre civile reste possible, les médias ont exagéré les événements des dernières semaines.«L’administration américaine et les responsables américains en Irak font de leur mieux pour prétendre qu’il n’y aucune chance qu’une guerre civile éclate», déplore Charles Cushman, professeur de gestion politique à l’université George Washington.«Pourtant, tout ce que je lis sur l’Irak me laisse penser que nous nous dirigeons tout droit vers cela.» Karol Soltan, un politologue de l’université du Maryland, est encore plus catégorique.«Il y a déjà une guerre civile en Irak! C’est une guerre civile à basse intensité, mais.le degré de violence est assez élevé et [les actes de violence] sont organisés comme ceux d’une véritable guerre civile», estime celui qui a passé l’été dernier en Irak pour conseiller les Kurdes dans les négociations sur la Constitution irakienne.Selon Karol Soltan, un des principaux problèmes de la situation actuelle réside dans la philosophie entourant les négociations politiques.«La Constitution doit être considérée comme un traité de paix.Elle doit comprendre ce que comprennent les traités de paix: séparation des pouvoirs, détermination des frontières, etc.» Dommage, poursuit Karol Soltan, que les décideurs en place s’obstinent à voir le problème sous l’angle de la construction d’une nation.«Plusieurs voient cela comme s’il s’agissait d’établir une constitution semblable à celle de Philadelphie en 1787 [.].Si vous abordez ce problème sous l’angle de la prévention d'une guerre, l’urgence et la logique diffèrent.Mais plutôt que de considérer qu 'il y a une guerre civile ou qu’elle est imminente, les décideurs jonglent avec ces idées de construction de nation, et c’est très dommage.L’énergie politique n’est pas dépensée là où elle devrait l’être.» Partira, partira pas ?Qu’elle existe déjà ou qu’elle soit imminente, une guerre civile ne peut que compliquer les Il U Hniriiii* A! \1 X ! -v *C- '¦•A ’V* T: ¦ THAI ER A1.-SUDANI REUTERS La perspective d’une guerre civile déclarée en Irak effraie les Américains.’ opérations américaines en Irak.Et si plusieurs observateurs ont critiqué le président Bush pour son apparente absence de stratégie depuis le début du conflit, ils sont au moins aussi nombreux à s’inquiéter au sujet des mois à venir.Au centre des débats se trouve évidemment la question d’un éventuel retrait des soldats américains.Certes,,cette décision serait populaire aux Etats-Unis et servirait bien les intérêts des républicains, qui tenteront de se faire réélire en novembre.Même si le mouvement antiguerre se fait plutôt discret ces jours-ci, l’opinion publique des Américains en ce qui a trait à la crise en Irak ne s’améliore pas et le plus récent bilan du conflit, qui fait état d’environ 2300 morts et de plus de 17 000 blessés en Irak depuis mars 2003, est souvent cité.Malgré tout, très peu d’analystes croient qu’un retrait des 132 000 soldats en Irak serait une solution heureuse à court ou à moyen terme.«Un retrait complet des soldats américains serait irresponsable et très dangereux», opine John Steinbruner, directeur du Centre d’études internationales et de sécurité de l’uni- « 11 y a déjà une guerre civile en Irak! C’est une guerre civile à basse intensité.» versité du Maryland.Selon lui, une telle décision encouragerait la Turquie et l’Iran à prendre part aux affrontements et amplilierait l’étendue des violence?.«En ce moment, la présence des Etats-Unis impose une limite à la dégradation de la situation.Ce n’est pas une limite très solide, mais c’est mieux que rien.» Karol Soltan abonde dans ce sens.«Les tierces parties jouent toujours un rôle important dans la prévention des guerres.Je ne crois pas que les États-Unis constituent une tierce partie idéale parce qu'ils ne sont pas considérés comme un agent neutre par les adversaires.Mais d'un autre côté, ils sont déjà là-bas.» Les soldats américains en Irak songent eux aussi à leur retour, comme le démontre un sondage Zogby réalisé auprès d’entre eux fin février.D’après cette enquête, près des trois quarts des effectifs croient que les Etats-Unis devraient plier bagage au cours de l’année.L’exemple d’Israël Il reste qu’entre-temps, le nombre de morts et de blessés continue de grimper, ce qui fait dire à Charles Cushman qu’un éventuel retrait sera inevitable.«On entend souvent des comparaisons avec le Vietnam mais, pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il valait mieux observer la façon dont l’ancien premier ministre israélien Éhoud Barak a retiré ses troupes du Liban [en 2(XX))*, avance-t-il.En 1999, soit avant son arrivée au pouvoir.Ehoud Barak avait promis de retirer les soldats israéliens qui occupaient le Sud-Liban depuis 1985.«J’aime cette analogie parce que Barak disait qu’lsraël devait prendre ses décisions pour le bien de la sécurité israélienne et que ces décisions ne devaient pas être dictées par le comportement d’autrui.Il voulait un accord de paix entre les Libyens et les Syriens parce que cela servait Israël à long terme, mais s’ils étaient trop stupides pour voir que c’était le moment idéal pour conclure un accord, il n’allait pas attendre après eux et allait faire ce qui était bon pour Israël, point.» Charles Cushman croit que quelque chose de similaire pourrait arriver en Irak.«La bonne chose à faire pour le président américain serait de dire: “Je vais prendre une décision en fonction de ce qui est bon pour la sécurité américaine.[.] Si vous voulez vous prendre en main et construire un gouvernement irakien, nous allons vous aider, sinon, nous allons partir." Plusieurs personnes vont détester cela, plusieurs vont se plaindre, mais je crois de plus en plus que Barak avait peut-être raison en prenant sa décision en fonction de ce qui était bon pour son pays.» Coalition internationale Pour d’autres, la résolution du conflit irakien n’aura pas lieu sans l’aide d’autres pays.«Une coalition internationale aurait la légitimité que les Etats-Unis n’ont pas et ne peuvent pas gagner», note John Steinbruner avant de suggérer que les Etat-Unis cèdent le contrôle du processus de reconstruction à cette entité internationale tout en supervisant en toile de fond le soutien militaire et le financement.John Steinbruner est cependant bien conscient qu’aucun pays ne serait prêt pour l’instant à venir en aide aux Etats-Unis.Selon lui, il faudrait d’abord convaincre les pays que l’absence de violence dans la région serait bénéfique à la communauté internationale.«Ce sont des conditions difficiles à obtenir, mais je ne crois pçs que cela soit complètement inconcevable si les États-Unis en viennent à dire: “D'accord, nous n’allons pas résoudre ce problème.Quelqu’un doit essayer de le faire et nous allons en céder le contrôle.’ Ce n'est pas une mince affaire, mais c’est à peu près la seule chose que je puisse imaginer qui soit susceptible de fonctionner.» Reste que Charles Cushman voit mal le président Bush demander de l’aide à un autre pays.«Ça l'obligerait à dire: “Ouais, on s’est gouré sur celle-là et maintenant on va avoir besoin de votre aide.” Un gars du Texas ne ferait jamais ça!» «Il est impossible d'imaginer que l'administration actuelle puisse prendre une décision pareille, reconnaît John Steinbruner.Mais le conflit va vraisemblablement perdurer jusqu ’à la prochaine élection présidentielle.» Collaborateur du Devoir La bataille de la culture Montréal prend-il trop de place au détriment de Québec ?L’apparition du nouveau Festival Trans-Amériques a relancé la polémique créée l’an dernier par Spectra et les FrancoFo-lies à propos du calendrier des événements culturels montréalais.ISABELLE PORTER Québec — En s'installant dans la même case du calendrier que le Carrefour international de théâtre de Québec, le Festival Trans-Amériques a suscité la colère du milieu culturel dans la capitale, qui voit là une preuve additionnelle du peu d’attention accordé à la vie artistique à l’extérieur de la métropole.«Ce n’est pas compliqué, il faut juste que Québec puisse avoir de gros événements exclusifs», commentait cette semaine le directeur général du Festival d’été de Québec, Daniel Géünas.Il y a près d’un an, le Festival d’été avait mené toute une bataille pour empêcher les Franco-Folies de s’installer avant eux dans le calendrier estival des festivals de musique.Cette semaine, c’était au tour de la direction du Carrefour de déplorer qu'on ne l’ait pas consultée avant de briser l’alternance annuelle qui lui permettait de coexister avec le Festival de théâtre des Amériques (ETA).Dans une lettre publiée samedi dernier, l’OSQ, le Salon du livre, le Mois Multi, le Commissariat au cinéma et tous les théâtres de la ville se sont joints au Carrefour pour dénoncer ce qui est perçu comme un triste «pattern».«Ce qui suscite la colère et l’indignation dans la communauté artistique de Québec, c’est la similitude navrante de [la situation du Carrefour] avec celle d’autres organisations culturelles de Québec.[.] Encore une fois, ce sera aux gens de Québec de se mobiliser, de défendre l’existence d’une organisation de calibre national et international hors de la métropole.» La directrice du Carrefour, Dominique Violette.s'est montrée d'autant plus indignée quelle devait déjà composer avec un budget de beaucoup inférieur à celui du défunt FTA — 1,15 million par rapport à 2,3 millions en 2005 — en dépit d’une programmation comparable, «Nous considérons que nous devrions au moins avoir droit au même montant qu 'eux.Les cachets d’artistes et les chambres d’hôtel ne sont pas moins chers à Québec.» Une tempête dans un verre d’equ Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) déplore cette mobilisation et parle d’un «faux problème».Aux communications, Béatrice Pepper fait d’abord remarquer que les «dates ne sont pas les mêmes» puisque le nouveau Festival TransAmériques doit avoir lieu du 22 mai au 7 juin tandis que le Carrefour B SOURCE FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Au-delà des questions de chevauchement de dates, c’est au chapitre des ressources que le bât blesse.s’étire cette année du 16 au 28 mai.D'emblée, on voit dans tout cela une saine concurrence.«C’est l’augmentation et la multiplication des événements qui créent la vitalité.[.] C’est un défi pour les publics, la promotion, l’innovation.Rien n’empêche les deux événements de se coordonner.» Mme Pepper ajoute que Québec ne pouvait que profiter de l’attrait de la métropole.«Les gens de l’étranger qui débarquent à Montréal sont à deux heures d’auto de Québec.Vous pensez qu ’ils ne vont pas descendre?Voyons! Us ont fait dix heures d’avion!» Professeur aux HEC en gestion des entreprises culturelles, Laurent La-pierre abonde dans ce sens.«Pour moi, il peut y avoir plusieurs festivals aux mêmes dates.Plus il y en a, mieux c’est et plus il y a d’argent.Par contre, il faut leur donner les moyens de faire des choses intéressantes.» Ancien gestionnaire du théâtre du Trident de Québec, M.Lapierre estime que le véritable enjeu est le financement des entreprises culturelles.Le Carrefour international de théâtre ainsi que d’autres organismes de cette envergure devraient avoir davantage de soutien gouvernemental.«Ils ont raison de demander plus d’ar- « Encore une fois, ce sera aux gens de Québec de se mobiliser, de défendre l’existence d’une organisation de calibre » gent.Le Festival de théâtre de Stratford, en Ontario, a un budget de 52 millions de dollars, et ce, dans une ville de 30 OOOpersonnes.» Cependant, ajoute le professeur, il ne faut pas saupoudrer mais bien investir massivement dans les projets les plus importants.Citant les Denis Marleau, Denys Arcand et Robert Lepage, il soutient qu’il faut «investir dans les chevaux gagnants» et «financer ceux qui rayonnent dans le monde».Bref, note-t-il, la qualité, bien plus que la quantité, est garante du succès.«Si vous avez plusieurs événements musicaux à Québec et qu’ils sont tous de grande qualité, vous pouvez être sûr qu’ils vont tous bien fonctionner.» Un enjeu médiatique Mais que craignent-ils de perdre, après tout?De la couverture médiatique, nous répond-on.C’est en bonne partie pour cela que la Manif d’art a tout fait pour éviter d’avoir lieu la même année que la Biennale de Montréal.«On n’avait pas le choix.On allait perdre la presse, entre autres.La reconnaissance, c’est essentiel.Sur les jurys d’octroi de bourses, s’ils n’ont pas entendu parler de toi comme artiste, c’est sûr que tu as moins de chances.» Pour Daniel Géünas, du Festival d’été, c’est le nerf de la guerre.«La plupart des médias nationaux sont situés dans les grands centres.Alors, chaque fois qu’il se passe quelque chose ailleurs, c’est relayé seulement par les médias locaux.[.] Quand il y a un événement culturel national, c’est très rare qu’ils vont en parler aux nouvelles de 22h.Par contre, ils vont parler de Nuits d’Afrique ou du lancement d’un disque à Montréal.» Dès lors, ajoute M.Gélinas, si son événement a lieu en même temps qu’un équivalent montréalais, la bataille est perdue d’avance.Non seulement les médias permettent d’intéresser le public, ils comptent aussi quand vient le temps d’aller chercher des artistes de renom.Le président du Salon du livre de Québec, ITii-lippe Sauvageau, se rappelle d’écrivains étrangers qui ont refusé de participer à son salon parce qu'on ne leur promettait qu’une couverture locale.«Quand on invite des gens de l’extérieur, ils veulent une couverture de presse.Mais c’est très difficile à obtenir s’ils sont passés par Montréal avant.C’est pour cela que, dans le cas du Carrefour, b formule bisannuelle était idéale.» De Québec à Tadoussac Le responsable du Festival de la chanson de Tadoussac, Charles Breton, a suivi le débat des derniers jours avec attention.Les problèmes soulevés par la capitale, il dit les expérimenter au centuple.En particulier cette année puisqu’il doit composer avec la tenue des FrancoFoJies en même temps que son festival, en juin.«A Montréal, tout est permis.Tu peux te lancer dans n’importe quelle aventure.On Ta vu avec les festivals de films! Les festivals poussent de terre, alors qu’ici, il faut construire pierre par pierre.» M.Breton a accepté de collaborer avec Spectra pour minimiser les impacts du changement cette année mais craint de perdre les 15 à 20 % de sa clientèle en provenance de la métropole.«Je ne pense pas que ça nous serve d'être dans l’ombre des Francos alors qu’on était la avant.[.] Estce qu’on va risquer de perdre des événements vieux de 20 ans pour faire une expérience à Montréal?» Pour M.Breton, il ne s'agit pas seulement d’une vieille «chicane entre Québec et Montréal» mais plutôt d’une bataille entre les petits et les grands joueurs.Il rappelle que des événements montréalais comme Présence autochtone et la Fête nationale s’étaient aussi insurgés contre le déplacement des FrancoFolies.Quand même, fait-il remarquer, Québec a été particulièrement malchanceux.«Il y a eu la saga du Carnaval et de la fête des Neiges, là, c’est au tour du Carrefour.Québec devrait se prendre une équipe de baseball pour que Montréal essaie de récupérer la sienne!» Collaboratrice du Devoir » B 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 2006 EDITORIAL Une ère nouvelle ?À quelques semaines du troisième anniversaire de son élection, le premier ministre Jean Charest ouvrira mardi une nouvelle session de l’Assemblée nationale.Le discours inaugural qu’il prononcera à cette occasion servira de feuille de route à son gouvernement d’ici le prochain scrutin.Le chemin demeurera malgré tout parsemé d’obstacles et la conduite sera difficile.P roroger une session pour en ouvrir une autre aussitôt est une façon pour un premier ministre de marquer symboliquement une rupture.Une étape a été franchie, nous dira dans ce discours M.Charest, qui fera d’abord le bilan de ses trois premières années au pouvoir pour ensuite définir les priorités des 18 prochains mois.Pour ce qui est du bilan, le premier ministre soutiendra avoir réalisé le programme en six points qu’il avait arrêté dans le discours inaugural du 4 juin 2003.Pour l’essentiel, il aura raison.C’est le cas en santé, où la situation a suffisamment changé pour qu’on parle de progrès.La révision des structures de l’État, des processus gouvernementaux et des modes d’intervention en économie — ce qu’on a appelé la «réingénierie» — est pour sa part enclenchée.En ce qui a trait à l’allégement du fardeau fiscal, M.Charest devra par contre avouer son échec.La cible de 27 % de réduction des impôts qu’il visait est loin d’être atteinte.Le grand ménage que le premier ministre voulait faire aura en grande partie été la source de l’impopularité persistante de son gouvernement.Toutefois, cette impopularité a aussi pour cause l’esprit de confrontation qui a caractérisé ses rapports avec plusieurs segments de la population.Cet esprit semble faire partie des gènes libéraux, comme l’a montré encore une fois l’annonce de la privatisation d’une partie du parc du Mont-Orford.Dans ce nouveau message inaugural, le premier ministre insistera sur la volonté de son gouvernement, maintenant qu’il a complété les tâches domestiques qu’il s’était assignées, de s’atteler à la réalisation de projets susceptibles de changer la perception qu’entretien- I f Bernard Descôteaux nent les Québécois à son endroit.En tête de la feuille de route de M.Charest, on trouvera les négociations avec Ottawa sur la question du déséquilibre fiscal, dont le règlement apporterait suffisamment d’oxygène aux finances québécoises pour commencer à réduire à la fois le fardeau fiscal et la dette.Le discours sur le budget fixé au 23 mars pourrait amorcer un mouvement en ce sens, mais il ne pourra pas décréter des réductions significatives avant qu’une entente ne soit conclue.Le climat positif qui prévaut entre Ottawa et Québec depuis l’élection de Stephen Harper pourrait lui permettre d’y arriver avant les prochaines élections.Mardi, le premier ministre nous parlera aussi de santé avec insistance puisque l'action de son ministre Philippe Couillard est une des rares à être vraiment appréciées des Québécois.Il abordera ensuite ses projets en matière de développement durable, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de politique énergétique et de financement de l’enseignement universitaire.Ces sujets ont tous pour caractéristique commune, il faut le souligner, de polariser l’opinion publique.Au cours des prochains mois, les débats sur le rôle du secteur privé en santé et sur les questions environnementales seront particulièrement chauds.En fait, l’ère des affrontements est loin d’être terminée.Il ne suffira pas d'un discours inaugural pour changer le cours des choses.Il faudrait surtout que ce gouvernement arrête de nourrir lui-même la controverse en s’engageant sans cesse sur des terrains où les Québécois ne veulent pas le suivre.Après les écoles privées juives, le CHUM, le projet de déménagement du casino et le mont Orford, il devrait avoir compris que la conduite des affaires publiques serait plus facile s’il recherchait davantage le consensus que la confrontation.Cela reste à voir.bdescoteauxCd’ledevoir.ca Colère justifiée LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES Les marchands du temple d’Orford Le mont Orford à vendre.Nature sacrifiée, argent glorifié, béton sanctifié.Ne faudra-t-il pas changer le nom du parc après l'exécution de cette trahison?Les nouveaux marchands du temple n’ont qu’une morale: vendez, achetez et jetez tout ce que vous voulez, autant que vous le pouvez! C’est bon pour la richesse.des riches.Et, en prime, vous serez béni par le nouveau ministre de l’Environnement du Qué bec, au mépris des lois et de la préservation du bien public.Ce dernier parle de «tourisme durable» pour ce projet de privatisation du cœur du parc du Mont-Orford, son relief, son panorama.Quelle farce! Il ne donnera même pas priorité au projet le plus écologique.Et avec l’accélération du réchauffement climatique, il y aura de moins en moins de neige, de moins en moins longtemps.Cette opération est un marché de dupes.Sauf pour les promoteurs et les vendeurs de condos.Bas les masques, M.le premier ministre du Québec! Allez au bout de votre logique! Vendez tout pendant que vous le pouvez encore.Vendez d'autres joyaux des parcs: montagnes, collines et lacs, le Québec en a à revendre.Au diable la préservation des ré serves naturelles, ça ne rapporte rien! Vendez les rivières, et l'eau avec, tant qu’il en reste.C’est de l’énergie propre et un besoin ô combien essentiel.C’est sûr, il y aura plein d’investisseurs sim les rangs.Et vendez Hydro tjint qu’à faire! Les régimes de retraite des États-Unis sont preneurs.Vendez tous les arbres jusqu’au dernier, et même les forêts sacrées des Innus, puisque rien d’autre que le veau d’or ne compte pour vous.Mais n’oubliez pas de replanter si vous voqlez des profits durables.A bas le moratoire sur les porcheries, et vendez du cochon à la Terre entière.Tant pis pour le golfe du Saint-Laurent, privé d’oxygène dans ses profondeurs à cause du trop-plein de matières organiques.Et adieu aux poissons des grands fonds.Adieu au zooplancton.Adieu aux baleines.Adieu à la morue.De toute façon, celle-là a déjà disparu.Vendez tout, c’est la saison des ventes de garage au grand bazar de Québec! Mais surtout, faites rite.Car les citoyens écœurés de vos en-tourloupettes immorales de marchands d’illusions et de bradeurs de parcs nationaux, écœurés de votre gouvernement vendu aux acheteurs de tout acabit, les citoyens du Qué bec vous rendront bientôt la monnaie de votre pièce: vous serez jeté et comme il se doit, recyclé dans l’opposition ou dans un autre parti.Alain Brunei Membre de l’Institut québécois de la biodiversité (IQBIO) Ormoy, France, le 10 mars 2006 Le joli minois de Belinda Eh oui, la jolie Belinda se lance dans une aventure politique, économique et linguistique.Forte d’une expérience professionnelle qui ferait l’envie des plus grands, collectionnant les titres et les prix, notre jolie Belinda dé eide de conquérir le sommet du pouvoir en s’entêtant à ne pas apprendre le français.Paul Martin l’avait nommée ministre alors qu’elle était unilingue anglaise.«Je promets d’apprendre le français», avait-elle dit.Une autre promesse vide.Pourtant, elle a eu le poste avant de remplir les exigences de l’emploi.Ah! Ce qu’un joli minois peut ouvrir des portes! Or voici que Belinda, pas plus bilingue que mon chafi se lance dans la course à la chefferie de son parti.Elle apprendra le français, dit-elle encore.Non mais, comment peut-on pré tendre diriger éventuellement un pays et en défendre les deux cultures tout en restant unilingue?On exige des fonctionnaires et des cadres supérieurs de parler les deux langues ou, à tout le moins, d'avoir une connaissance suffisante de la deuxième langue officielle.A mon sens, la logique l’exige: l'exemple doit absolument venir d’en haut.Mais j’ai bien peur que son joli minois n’endorme et ne charme bien des gens.Michel Beaumont Québec, le 10 mars 2006 e premier ministre Stephen Harper a tout à fait raison d’être furieux contre le commissaire à l’éthique, Bernard Shapiro, qui a décidé d’enquêter sur les transfuges en politique.Jl Ce n’est pas la première fois que le commissaire fait - grincer des dents.C’est le cas depuis des mois, à chaque décision rendue, en fait.Un chroniqueur l’a même qualifié de «Bambi on ice» pour illustrer sa candeur et sa maladresse dans cette jungle politique! Déjà, en juin dernier, Ed Broadbent avait formellement appelé le Parlement à lui retirer sa confiance, motion rejetée par les libéraux et le Bloc.Curieusement, cette semaine, M.Broadbent, aujourd’hui à la retraite, a blâmé M.Harper pour son attitude envers M.Shapiro, y voyant un possible «mépris envers le Parlement», un geste grave.L’idée a été retenue par les néo-démocrates, qui font valoir que si M.Broadbent s’en était pris au jugement de M.Shapiro, M.Harper, lui, refuse d’obtempérer à ses demandes.Et que c’est bien plus grave.Quelle partisanerie! 11 vaudrait mieux que le NPD arrête de déposer des plaintes frivoles auprès du commissaire — après la dénonciation, appuyée par les libéraux, de David Emerson, voilà que les néo-démocrates ciblent Belinda Stronach — plutôt que de déformer les faits.Josée H est vrai que M.Harper et son entourage ont Boileau très sèchement accueilli l’enquête de M.Shapiro.Qui n’aurait pas eu cette réaction tant les transfuges font partie de l’histoire politique et tant il est du pouvoir du premier ministre de choisir son cabinet?Parler ici de manquement à l’éthique ou de conflit d’intérêts relève de la confusion intellectuelle.Mais M.Harper n’a jamais affirmé qu’il ne répondrait pas aux questions de M.Shapiro: il lui a fait connaître son désaccord et attend maintenant des nouvelles.Si c’est là du mépris.Le problème, en fait, c’est que le Parlement est aux prises avec un homme qui n’a pas les competences de sa fonction.Bernard Shapiro a eu une carrière remarquable d’universitaire et de sous-ministre, o qui l’a fait remarquer de Paul Martin, qui l’a choisi en 2004 pour remplacer le très décrie Howard Wilson, un choix avalise sans peine parles Communes.M.Shapiro jouissait d’une telle réputation! Hélas, l’homme est un spécialiste de l’éducation: il n’a de formation ni en droit ni en éthique, ni en procédures parlementaires.Ces choses-là comptent quand l’adversaire est prêt à monter en épingle le moindre faux pas.Et elles compteront encore plus si M.Harper va au bout de son projet d’ouvrir le processus de plaintes auprès du commissaire à tous les citoyens.Si celui-ci n’est même pas capable de bloquer les plaintes folichonnes des députés, imagine-t-on la foire quand le moindre quidam frappera à sa porte! M.Shapiro, en fait, rendrait un grand service au Parlement en se retirant.Il y a suffisamment de psychodrames en politique, on pourrait au moins éviter celui d’un premier ministre accusé, à tort, des pires maux parlementaires parce qu’un commissaire ne comprend rien à la nature de son travail.jboileau a ledevoir.ca REVUE DE PRESSE -?- De la guerre à Funité Manon Cornellier missaire n’a jamais cru bon de procéder au «maternité à temps partiel» est une idée récen- mème examen au moment de la défection de te, Corbella répond que c’est plutôt la materni- Afghanistan et affaire Shapiro: ces Belinda Stronach.Certains, comme le Calgary té à temps plein qui est un mythe et.depuis em deux dossiers ont provoqué un dé- Sun et le National Post, vont donc jusqu’à de- viron 200 ans, le privilège d’une certaine caté- luge de commentaires et d’ana- mander la démission du commissaire, gorie de femmes des sociétés occidentales.De- lyses au Canada anglais cette semaine, au D’autres, comme le Edmonton Journal et le puis des temps immémoriaux, les femmes ont point d’occuper presque tout l’espace.Si, dans Globe and Mail, condamnent plutôt les at- travaillé à l’extérieur du foyer, poursuit la jour- le premier cas, une certaine unanimité se dé- taques contre la crédibilité de Shapiro et le re- naliste avant d’ajouter, études à l’appui, que les gage, on constate beaucoup plus de nuances fus du premier ministre de collaborer à l’en- femmes sont les principaux gagne-pain des dans le second.quête d’un officier du Parlement que celle-ci économies de subsistance, qu’elles y travaillent Ainsi, d’un bout à l’autre du pays, rares sont soit juste ou non.Selon le Globe, l’attitude «dis- plus longtemps que les hommes et qu’elles les voix qui exigent la tenue d’un vote sur le gracieuse» et «belliqueuse» du premier ministre consacrent une plus large portion de leurs re- nouveau mandat des troupes canadiennes en transforme cette dispute en affaire r Dresse venus que les hommes au bien-être Afghanistan.S’il avait fallu en tenir un, il aurait personnelle, surtout qu’il s’était en- ^ de leur famille.Dans les pays en dédû avoir lieu l’année dernière, lorsque les libé- gagé à ne jamais renverser un juge- ^ veloppement, elles représentent la raux ont décidé de modifier la mission du ment d’un officier du Parlement.majorité des mierœntrepreneurs et contingent canadien.Le faire maintenant ris- Plusieurs quotidiens indiquent qu’il font la majorité des tâches agricoles, querait trop, répète-t-on, d’envoyer un messa- ne revient pas au premier ministre conclut la journaliste, ge d’hésitation aux troupes, de tergiversation de délimiter le champ d’action de Changement de sujet.Vous vous aiL\ forces talibanes et d’incoherence aux alliés ces officiers.Le chroniqueur An- , ,, souvenezdelasolutiondel’ex-astro- afghans et autres du Canada.Par contre, peu drew Coyne, du National Post, note au Canada naute et candidat Hbéral défait Marc de gens comprennent le refus du gouverne- que c’est au Parlement d’en décider.Carneau pour contrer l’attrait de la ment Harper de tenir un débat.Il y en a eu un La place des femmes dans la société cana- souveraineté?Il avait fait la joie des caricatu-! en novembre dernier, mais à la veille de la chu- dienne a aussi suscité moult reportages, ce qui listes pendant la dernière campagne électorale te des libéraux, il est passé inaperçu.Or.com- était fort prévisible en cette semaine du 8 mars, en proposant un voyage dans l’espace aux lea- me plusieurs quotidiens et analystes, «si le gou- Mais certains textes faisaient plutôt suite à la ders souverainistes.Depuis, Marc Carneau l entement Harper a de bons arguments à offrir sortie, la semaine dernière, du chroniqueur de semble avoir approfondi sa réflexion.Dans un en faveur de cette présence, qu'il les expose.Si- h chaîne Sun Media.Michael Coren.en faveur discours prononcé à Halifax la fin de semaine non, cela signifie qu ’il ne nous fait pas confiance du retour des femmes à la maison.Sa collègue dernière et reproduit en partie dans ie Te «onto pour comprendre les faits», écrit Susan Riley du Calgary Sun, licia Corbella, a offert la ré- Star, il se fait l’apôtre d’une resolution du désé- dans le Ottawa Citizen.Pour le Globe and Mail, pBque la plus inattendue.Se disant chrétienne à quilibre fiscal comme première étape vers un un débat obligerait les politiciens à assumer l’instar de Coren, elle s’est employée à démon- renforcement de l’unité du pays et d’un exa- pleinement leur responsabilité d’envoyer des trer qu'il était contraire aux Ecritures d’affirmer men approfondi de la place du Québec au sein Canadiens au combat.Creg Weston, du Otta- que la place des femmes est à la maison.Elle a de la fédération.Pour franchir cette première itw Sun, fait remarquer que la resistance de la noté qu’on ne trouve rien de tel dans la Bible et étape, il propose que chaque province évalue population, affichée dans les derniers son- que, au contraire.Salomon y dit qu’une femme ses besoins en fonds fédéraux pour assumer dages, n’est pas étrangère au peu d’informa- de noble caractère devrait fournir de la nourri- ses responsabilités.Le total, croit-il.dépasse- tion qu elle détient au sujet de cette mission, ture à sa famille et à ses serviteurs.«En d'autres rait sûrement les capacités de payer d’Ottawa Un débat contribuerait à pallier cette lacune.mots, écrit Corbella en citant le verset 31 des Une négociation multilatérale et non bilatérale La décision du commissaire à l’éthique Ber- Proverbes, la femme devait gagner son pain.» (comme sous Paul Martin) devrait donc avoir nard Shapiro d’enquêter sur le premier mi- Pour quelle y parvienne, on lui conseillait lieu afin de trouver un compromis qui, il nistre Stephen Harper et le ministre David d’acheter un champ, d’y planter des vignes, de l’avoue, exigera un immense effort.Dans le Emerson à la suite du passage de ce dernier s’assurer un commerce profitable et de fabri- cas du Québec, il ne suggère pas de pis*'* au Parti conservateur a fait plus de remous, quer des tissus et des vêtements.Corbella fait concrète.Il prône la créativité et la comprehen- Personne n’applaudit à cette défection, mais de ensuite la liste des professions contemporaines sion et prévient qu’«
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