Le devoir, 11 mars 2006, Cahier E
DEVOIR.LES L E SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 2 0 0 (î THEATRE Le faux comme point de départ Page E 3 ’I $ jr CINÉMA Manderlay: la liberté au bout du fusil Page E 9 ?LE DEVOIR ?© g C’est un opéra de Mozart peu connu du grand public, La Cle-menza di Tito, qui prend l’affiche de l’Opéra de Montréal ce soir pour cinq représentations.Bernard Labadie et le metteur en scène Chas Rader-Schieber sauront-ils nous convaincre que cette Clémence de Titus est le chef-d’œuvre tardif de Mozart tant vanté?CHRISTOPHE HUSS S % il y a un mystère / dans le monde lyrique des dix dernières années, c’est vraiment l’engouement universel des directeurs d’opéras pour cet opera séria en deux actes composé par Mozart en six semaines sur le chemin de Prague dans les derniers mois de son existence, parallèlement à La Flûte enchantée, créée le même mois — septembre 1791 — à Vienne.Dans l’une de ses très rares entrevues, James Levine, directeur artistique du Metropolitan Opera, décrivait il y a deux mois au New York Magazine l’évolution de sa relation à certaines œuvres en prenant pour exemple archétypique La Clemenza di Tito: «C’est comme quand vous aimez quelqu’un et que vous découvrez des facettes de cette personne qui vous la font aimer toujours plus.» Un opéra sérieux On comprend que les programmateurs riaient pas voulu, en cette année commémorative, abonder dans la consécration répétée des Noces de Figaro, de Cosi fan tutte, de Don Giovanni et de La Flûte enchantée.Mais, étonnamment, La Clémence de Titus a tout raflé, au nez et à la barbe dTdome-née, un authentique chef-d’œuvre, et de L’Enlèvement au sérail.Ne déduisez pas de ce préambule que La Clemenza, totalement oubliée du répertoire du milieu du XDC siècle au milieu du XXe siècle et, semble-t-il, qualifiée par l’impératrice Marie-Louise à l’issue de sa création de «cochonnerie allemande», est un opéra inintéressant On y trouve une très belle ouverture et au moins trois moments fascinants: le quintette avec chœur Deh, conservate, o Dei, qui scelle l’acte 1 et rappelle la dernière scène du Commandeur dans Don Giovanni: l’air de Sextus Deh, per questo isante solo au deuxième acte et l’air ultime de Vitellia Non più di fiori vaghe catene.Chacun ajoutera, selon ses goûts, quelques moments à ce noyau, par exemple le trop bref duetto Àh, perdona la primo affetto du premier acte.On remarquera également la place de la clarinette dans cet opéra, Mozart s'étant alors entiché de cet instrument D avait d’ailleurs composé l’air très escarpé de Vitellia antérieurement à l’opéra pour une fameuse cantatrice tchèque et son ami le clarinettiste Anton Stadler.Titus, bon empereur, pardonne à tout le monde pour le bien de Rome.Amen! Si La Clemenza di Tito n’est pas un opéra aussi immédiatement enthousiasmant que les plus fameux des ouvrages lyriques de Mozart c’est sans doute essentiellement une question de rythme.Le genre de l'opera séria, ou opéra sérieux, ne prête pas à la rigolade, contrairement à Yopera buffa, une comédie en musique.Né à Naples, Yopera séria, qui marque l’opéra italien du XVIIP siècle, aime utiliser des sujets mythologiques pour en tirer des leçons et participer, par sa rhétorique, à l'édification du public.D alterne récitatifs, qui racontent l’histoire, et airs, dans lesquels les personnages livrent leurs états d’âme.Ces confessions se répètent parfois (arie da capo), ce qui peut donner l’impression que l’ensemble tourne en rond.Le prince du genre en matière de textes pour Yopera séria fut Retro Metastasio (1698-1782), qui est aussi à l’origine du livret de Ca-terino Mazzolà pour La Clemenza.La Clémence de Titus déroge au code strict de Yopera séria par plusieurs aspects: l’action est ramassée en deux actes plutôt que trois et Mozart et son librettiste y ont introduit des ensembles (duos, trios).Le Festival Orford, l’an passé, avait eu l’idée de remplacer les récitatifs par une narration, arguant du fait (avéré) que les récitatifs secco sont en fait de Süssmayr — Mozart ne pouvait quand même pas tout faire en six semaines.Mauvaise idée, cette narration fut un naufrage.Tant qu’à trouver La Clemenza trop longue ou potentiellement ennuyeuse, autant ne pas la monter! Une vengeance L’action de La Clémence de Titus se déroule à Rome vers l’an 80.Vitellia, personnage central, prépare une vengeance contre Titus, l’empereur.Titus est amoureux de Bérénice, fille du roi de Judée.Vitellia, anciennement amoureuse de Titus, voit son amour déçu et son ambition de pouvoir s’évanouir.Elle essaie de faire tuer Titus par Sextus, ami de l’empereur mais qui est amoureux d’elle.Lorsque Titus renonce à Bérénice.Vitellia reprend espoir et suspend ses projets d'assassinat.pour peu de temps, car Titus a jeté son dévolu sur Servilia, sœur de Sextus.Comme les choses seraient trop simples sans une péripétie supplémentaire, ladite Servilia a été promise par Sextus à un de ses amis, un dénommé Annius.VOIR PAGE E 2: CLÉMENCE JACQUES O RENIER LE DEVOIR Gahiers DU 27 JUIN UNE REVUE INDEPENDANTE AU CARREFOUR DE L ACTION ET DE LA RÉFLEXION LANCEMENT 5 à 7 jeudi 16 mars à Montréal au Va-et-Vient 3706, rue Notre-Dame Ouest (Métro Lionel-Groulx) Renseignement et achat de la revue : (514) 729-4933 DOSSIER PRIVÉS OU PUBLICS?FORUM Jocelyn Létoumeau et Jonathan Valois sur l'avenir du Québec EDITORIAL Pour un progressisme pragmatique.Dialogue sur la lucidité LA PHILOSOPHIE DANS LE MONDE ACTUEL Luc Bégin : Qu’est-on en droit d'attendre des éthiciens?DIALOGUE Dialogue avec Nancy Neamtan et Ruth Rose sur le Québec et les mouvements sociaux » LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MARS 2 0 0 6 E 2 -•('allure- Le métro aux artistes ! Odile Tremblay Les stations de métro, c’est pas toujours jojo: des inconnus qui se croisent sans se regarder, absorbés dans leurs bulles.Des aires de pas perdus, tellement perdus qu’on n'y voit à vrai dire personne à travers la nuée.Lundi, après avoir entendu parler de l’événement «Mozart dans le métro-, j’ai couru m’y pointer, traversant les courants d’air de l’effet piston, intriguée.L’Opéra de Montréal, en collaboration avec la Société des transports de la ville, 250 ans après la naissance de Mozart, conviait cette semaine la vaste population des transports en commun dans plusieurs stations de métro.Au milieu du brouhaha général, des jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal allaient entonner des airs tirés du répertoire mozartien.Oyez! Oyez! J’ai assisté à un de ces concerts publics à la station Place-des-Arts, mais les spectacles se sont échelonnés toute la semaine ailleurs aussi: stations Bonaventure, Berri-UQAM, Atwater, etc.Toujours à 16h30, heure où les bureaux déversent leur Ilot humain.L’anniversaire du compositeur prodige était l’occasion d'une rencontre entre l’art lyrique et le grand public, au moment où l’Opéra de Montréal, mal en point, se cherche de nouveaux auditoires.Entre 700 000 et 800 000 personnes prennent le métro chaque jour.Ça fait beaucoup de convives à inviter aux Noces de Figaro.Le fantôme de Mozart devait s’y sentir bien loin des fastes et des coupe-gorges de la Vienne et du Prague d’an tan, tout en trouvant miraculeux que les Montréalais du XXIe siècle ferment leurs baladeurs, éteignent leurs cellulaires pour se baigner de ses harmonies.Les gens allaient-ils s’arrêter quelques minutes avant de s’engouffrer vite fait dans leurs wagons respectifs?Mais non.Tout un attroupement s’est bel et bien formé autour des chanteurs.Même la sans-abri qui me quête des trente sous, quand je la croise rue de Bleury, a soudain fendu la foule comme un oiseau, sitôt posée, sitôt envolée.Des étudiants émergeant de ITJQAM, des badauds, jeunes et vieux, des parents avec leurs enfants en relâche scolaire se sont mis à l’arrêt attentifs aux arias, aux duos, aux trios chantants qui tiraient leurs airs de Dm Giovanni, de Cosi fan tutte, des Noces de Figaro, de Im Flûte enchantée.Entonnant des lieder aussi.«C’est fin* à quel point Mozart marche fort auprès des enfants», m’a fait remarquer une amie musicienne.De fait les petits étaient là bouche bée, sauf un tout jeune qui pleurait un peu.les rames faisaient leur bruit derrière, comme un roulement de fond.Un baryton, Alexandre Sylvestre, comédien-né, amusait la foule en bombant le torse, avec des mimiques et des grands gestes, nous servant surtout sa belle voix Celle de Pascale Beaudin s'envolait plus haut, comme celle d’un rossignol Chouette concert, sans chapeau tendu.Des spectateurs y allaient même de demandes spéciales.Mozart aime bien le métro.C’est son fantôme qui nous l’a dit Elles sont tellement déprimantes au départ ces entrailles urbaines là, au coude à coude anonyme, au cocktail d’odeurs corporelles.Et que je te pousse! L’art à la rescousse de la grande déprimé souterraine.pourquoi pas, au juste?J’ai couru au devant des gens qui désirent transformer notre métro en agora culturelle.D y en a Le phénomène est dans l’air du temps, à Londres comme à Paris, à Montréal aussi Et c’est vraiment une bonne idée.Prenez DanieDe Shelton, par exemple.Depuis l’automne 2003, cette éditrice (chez Adage) s’est démenée pour insuffler de la poésie dans le ventre urbain, dégo-tant des commanditaires (le Conseil des arts du Canada, entre autres).Sur des afficheurs électroniques du métro, des capsules de poésie sont apparues.«Nous poreux et perméables à la souffrance / sommes pleins de trous d’espérance / nous croyons encore à la plaine promise.» Les mots de Jacques Brault ont défilé un moment D’autres lui ont succédé.Depuis deux ans et demi, 96 capsules par année sont lancées comme des bouteilles à la mer, des mots de poètes québécois vivants.Danielle Shelton a l’impression, à travers eux, de participer à une campagne contre le suicide.Aucune poésie noire, seulement des portes ouvertes.«On veut remonter le moral des usagers du métro», m’at-eDe dit Vaste programme! Du coup, elle a semé d’autres poemes depuis six mois sur des affiches des quais, jusque sur le haut des autobus.L’été prochain, elle oiganise un jumelage avec le métro de Paris.Poésie québécoise à Paris, poésie française à Montréal A l'événement Mozart dans le métro, j’ai rencontre aussi ma copine Sylvie Bussières.Elle est conseillère corporative à la Société de transport de Montréal mais issue du milieu des arts, brûle de mettre un peu de beauté dans le grand va-et-vienl Ses projets la rendent tout excitée, à vrai dire.C’est qu’elle désire une vraie programmation culturelle pour le métro, avec des activités tous les mois.D’ici un an au plus, Sylvie se propose de créer des partenariats avec le milieu des arts pour offrir ces lieux de diffusion souterrains.Ça se traduirait en expos de photos, de sculptures, en concerts, en spectacles de théâtre, de danse.Skyisthe limit.«On veut rendre les déplacements agréables, mais aussi faire connaître des disciplines méconnues.Bref, ce serait bénéfique pour tout le monde», conclut Sylvie Bussières.h fut un temps où Agrès Grossman présentait des miniconcerts dans le métro avec son Orchestre métropolitain.Suffit de s’y remettre, en somme, toutes disciplines confondues.Mozart a goûté l’expérience.Pourquoi pas les autres?On a envie, comme ça, de les y encourager.otremblayfiledevoir.com CLÉMENCE SUITE DE LA PAGE E 1 Pour clarifier tout cela, Mozart fait chanter les rôles d’Annius et de Sextus par des femmes! Apprenant que Servilia aime Annius, et touché par ces grands sentiments, Titus décide finalement d’épouser Vitel-lia.Mais celle-ci a déjà relancé Sextus aux trousses de l’empereur.Eüe ne peut plus l'arrêter: les conjurés mettent le Capitole en flammes.Eîn de l’acte 1.S’il y a un acte 2 c’est parce que, comme Arnold Schwarzenegger ou Bruce Willis dans les meilleurs films hollywoodiens, Titus surgit des flammes (ou presque).Sextus lui avoue sa culpabilité et décide de protéger la réputation de Vitellia.Titus, le grand benêt de service, qui veut que son pouvoir soit fondé sur l’amour, ne comprend pas comment son ami a pu se retourner contre lui mais le condamne à mort, avant de se raviser.Or Vitellia, qui n’a pas eu vent de la grâce, s’accuse à son tour.Titus est à nouveau torturé, mais, bon empereur, pardonne à tout le monde pour le bien de Rome.Amen! Nouveautés le bouillonnement autour de La Clémence de Titus se manifeste chez les éditeurs de CD et de DVD.Le seul mois dernier nous a apporté deux nouveaux enregistrements.Chez Deutsche Grammophon, une nouvelle intégrale en CD met en valeur le Sextus de Magdalena Koze-na et la Vitellia d’Hillevi Martinpel-to sous la baguette de Charles Mackerras.Hélas, cette intégrale ne compte pour rien dans la discographie en raison de prestations masculines calamiteuses.Les hpmmes du chœur de chambre d’Ecosse éructent leurs notes, le ténor Rainer Trost a l’air de se gargariser plutôt que de chanter et John Re-lyea en Public est inexistant En DVD, Opus Arte publie La Clémence de Titus enregistrée à l’Opéra Garnier, à Paris, en mai et juin 2005.Gérard Mortier, le nouveau directeur, a voulu effacer un spectacle monté par son prédécesseur Hugues Gall.Ce spectacle type, affectionné par Mortier, se déroule dans un décorum glacé (1" acte) qui pourrait être celui d’un sanatorium.Il y a pourtant quelques images esthétisantes réussies, dont celle qui orne le DVD.Le spectacle vit par des éclairages très élaborés et la présence de deux chanteuses belles et enflammées: Susan Graham en Sextus et Catherine Na-glestad en Vitellia.Mais les deux hommes sont tout aussi épouvantables, le pauvre Christoph Prégardien (Tito) s’époumonant presque autant que dans la Passion selon saint Jean de Bach à Montréal.Les amateurs de spectacles cliniques Encore une fois, si vous permettez i.Mî ‘S* 1 J J Bsa Une production du Théitre t« gens d'en bas en codiffusion avec le Ttiêjtre d'Aujourd'hui tance à (t «Çse en itène Martin Émond avec Louison Danis et Daniel Simard Décor Richard Lacroix - Costumes Mérédith Caron Environnement sonore Larsen Lupin Diwitio» *rtlittt)ue Eudore Belzile Masque de la production Régions ZOO1» «.)e ne m* souviens pas avoir vu une ovation aussi spontanée » Franco Nuovo, Radio-Canada « Louison Danis.un souffle impressionnant, un naturel déconcertant, une sensibilité admirable.et un bonheur évident! • Dominique Lachance, journal de Montreal « .Michel Tremblay ouvre ta porte sur ses retrouvailles personnelles tout en nous offrant une œuvre artistique entière.» jade Ben/hé, La Presse « ?.louison Danis, pétillante de vie et émouvante.r.Daniel Simard très juste.Une mise en scène remarquable de Louise Laprade » Solange Levesque, le Devoir « Une mère plus vraie que vraie, theàtraie, héroïco conuque, aimante mais véhémente.Louison Danis la reçoit dix sur dix » jean St-Hitaife, Le Soleil I du 28 février au 25 mars au Théâtre d’Aujourd'hui 39QQ.rue Saint-Denis, Montréal (Métro Sherbrooke) www.theatredaujourdhui.qc.ca 514 282-3900 .É.â Coiwerl dm Art* tan*da Council du Canaria , fof the Att* centrés sur les seuls acteurs seront peut-être intéressés.Pour l’instant, trois enregistrements discographiques dominent les débats—ceux dlstvan Kertesz à Vienne en 1967 (Decca), de John Eliot Gardiner en concert à londres en 1990 (Archiv) et de Nikolaus Harnoncourt à Zurich en 1993 (Teldec).opus’* A R T t La Clemenza diTito Collaborateur du Devoir IA CLÉMENCE DE TITUS Opéra en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart et Caterino Maz-zolà (Prague 1791).Avec Frédéric Antoun (Titus), Emma Bell (Vtel lia), Monica Groop (Sextus), Julie Boulianne (Annius), Hélène Guil mette (Senilia), Joshua Hopkins (Publius).Chœur de l’Opéra de Montréal, Les Violons du Roy, dir.: Bernard labadie.Mise en scène: Chas Rader-Shieber pour l’Opéra de Santa Fe.Décors et costumes: David Zinn.Eclairages: Lenore Doxsee.A la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 11,15,18, 20 et 23 mars à 20h.Renseignements: (514) 985-2258.fUiîîilîTïiri de FRAME KAFKA Adaptation et mise en scène Jeon-Norie PflPflPIETRO assisté de Oeon-Sebostien PILOU Traduction d'Alexandre Vialatte et de Bernard Lortholary Roch Aubert, Jean-Robert Bourdage, Christine Filteau, Claire Gagnon, Denis Gravereaux, Georges Molnar, Christophe Rapin, Aurélie Spooren, François Trudel, Jean Turcotte DU 7 AU 25 MARS ¦ théâtre* ON JOUE AU [PROSPERO] ! Billetterie 526 6582 Admission 790 1245 Une production du Théâtre de Fortune en codiffusion avec Le Groupe de la Veillée LE THEHTRE DE LR HRIUIFRCTURE duction TRRIlS-THÊflTRE présentent GREGuRV BURKE Traduction VUfifl EIEFlUEflUE Mise en scène niEHEL HORTV DRUID BDUTin DRllIEL GRD0UR5 STEPHRflE JRCQUE5 FRRflCIS PGULin mars SUPPLEMENTAIRES 18 mars - 25 mare -1" Samedi -15 heures Pan«niir»s de ta < 4SS9.PAPIN EAU-MONTRÉAL-QC www.theatrelalicorne.corn LA LICORNE S14.S23.2246 RÉSEAU ADMISSION SI 4.790.1245 ou 1.800.361.4595 Télé-Québec LE TOR Wit Texte _ MARGARET EDSON Traduction _ MARYSE WARDA Mise en scène _ DENISE GUILBAULT Avec _ Charles Baillargeon.Pascale Dénommée.Françoise Faucher, Ève Gadouas, Robert Lalonde.Jean-François Nadeau.Dominique Pétin, Louise Turcot Concepteurs _ Étienne Boucher, Florence Cornet, Catherine Gadouas, Mathieu Catien, Ève-Une Leduc, Pierre-Étienne Locas Une production du Théâtre de Quat'Sous DU 13 FÉVRIER AU 18 MARS 2006 514 845-7277 COMPLET 11, 14, 15, 16, 17 et 18 mars SUPPLÉMENTAIRES 21 et 22 mars à 20 h * -Æi— www.quatsous.com I 1» % >4 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 2006 - Culture *- TH É A T R E Le faux comme point de départ Un étrange Turandot masqué prend l’affiche au Théâtre Denise-Pelletier Fasciné tout autant par les masques de la commedia dell’arte que par les traditions théâtrales orientales, le metteur en scène Hugo Bélanger propose un objet théâtral non identifié (otni) avec le Turandot qu’il présente au TDP.Plongée en apnée dans un monde où la qualité du faux définit le vrai.MICHEL BÉLAIR Comme tout le monde (enfin presque tout le monde), j’ai pensé à Puccini en voyant qu’un Turandot allait prendre l’affiche au Théâtre Denise-Pelletier.Eh bien, je me suis mis le doigt dans l’œil; j'avais tout faux.Ce n’est pas du côté du maître de l'opéra italien qu’il fallait regarder mais bien plutôt du côté de Carlo Gozzi, un contemporain de Goldoni, peu joué de nos jours, qui a consacré toute sa vie à la commedia dell’arte et qui est l’auteur de la «fable exotique» dont s’est inspiré Puccini pour son dernier opéra.C’est Hugo Bélanger qui me raconte tout cela (enfin presque tout puisque j’avais quand mème googlé sur le sujet avant de me pointer).Nous sommes dans un pçtit café sympathique non loin de l’Ecole nationale, rue Saint-Denis.Et le jeune metteur en scène prend un plaisir non déguisé à me faire partager son enthousiasme.Le kibuka Je savais de ce verbomoteur qu’il dirige sa propre compagnie, le Théâtre Tout à Trac, et que les gens du Théâtre Denise-Pelletier lui ont donné le mandat d’amener Turandot chez eux, confiants que la production allait connaître autant de succès auprès de ses jeunes spectateurs que Le Comte de Monte-Cristo et autres Edmond Dantès qui triomphent là depuis quelques années.C'est au TDP aussi qu’on m’a précisé que Bélanger aimait bien travailler avec des masques et des marionnettes.En fouillant un peu, on peut aussi découvrir qu’il a déjà monté un spectacle portant le titre de L’Amour des trois oranges sur un canevas de Carlo Gozzi, encore, et que c’est lui qui a signé la mise en scène de L’Oiseau vert (d’après Gozzi toujours.) à Fred Barry en 2004, un spectacle dont on a dit beaucoup de bien et qui tourne encore un peu partout au Québec.Hugo Bélanger parle d’abondance donc, et de façon absolument passionnante, de Carlo Gozzi, de la commedia dell’arte et de son Turandot.De cet étonnant assemblage de conventions, de ce faux conte arabo-chinois au départ qui mettra en scène, dès mercredi qui vient, de faux Italiens et de faux Orientaux se rencontrant sur une montagne de têtes coupées.«Au départ, j’avais le goût de travailler cette histoire tragique avec des masques», explique le metteur en scène — tragique parce que, rappelons-le, la princesse Turandot propose une énigme à ses prétendants et qu’elle leur fait trancher la tête s’ils n’en trouvent pas la clé.«Comme la commedia dell’arte, la tradition théâtrale asiatique s’appuyait aussi beaucoup sur le masque, qui est à l’origine des maquillages trà typés qu’on retrouve aujourd’hui dans des formes comme le no, le kabuki ou même le bunraku pour les marionnettes.Mais nous ne prétendons surtout pas faire du no ou du kabuki ü faut des années pour en maîtriser la pratique./aime mieux parler d’un ‘espace théâtral asiatique’.En fait, fai demandé à tous les membres de l’équipe, comédiens, musicien et concepteurs, de trouver l’Orient en eux, de s’orienter quoi.» Sous ses facéties, Hugo Bélanger parie d’abord de riguçur C’est avec les finissants de l’École de théâtre de Saint-Hyacinthe — qui forment d'ailleurs encore la moitié de la distribution du nouveau Turandot — qu’il a abordé l’œuvre pour un spectacle de fin d'année.«Mais c’est en creusant davantage le spectacle pour le TDP, en en reprenant la conception, que nous nous sommes inventé une nouvelle forme de théâtre, dit-il en riant le “kibuka’.C’est en fait un espace traditionnel asiatique complètement faux.Une sorte de tradition redécouverte qui n’a jamais vraiment existé et sur laquelle nous avons beaucoup travaillé.Et c’est en faisant du prince qui va résoudre l’énigme un Italien qu’on a fait le lien avec la commedia defl'arte.Ce qui nous a permis de creuser aussi tout un espace de dualités, de rencontres: le tragique et le comique; l’Orient et l’Occident; l’homme et la femme, aussi, puisque la princesse n’accumule pas les têtes coupées sans raison.» Passages et rencontres Commedia dell'arte et tradition orientale: l’idée n’est pas si farfelue qu’il y paraît Bien au contraire.À l’époque de Gozzi, Venise était encore une grande capitale mondiale.C’est de là qu’est parti Marco Polo.C’est là qu’arrivaient les bateaux chargés des richesses de l’Orient.Et c’est là aussi qu’a pu se manifester un des premiers amalgames entre la Culture orientale et l’Occident.Va pour le «kibuka», pourquoi pas.Mais il y a aussi que Gozzi — l’auteur de la «fable exotique», ne l’oublions pas — travaillait à partir de canevas et que les rares manuscrits qu’on a retrouvés laissaient beaucoup de place à l’improvisation.Hugo Bélanger abordait là un territoire qu’il connaît fort bien puisqu’il est aussi de l’école du théâtre de rue.«Comme tous les comédiens à son époque, Gozzi jouait dans la rue, n'importe où.Ces gens-là devaient absolument réussir à attirer l’attention des passants s’ils voulaient manger; c’est leur survie qui en dépendait et ils n’avaient pas le choix d’être bons Comme ceux qui font du théâtre de rue aujourd’hui, ils se définissaient autant par l’urgence que par le plaisir de jouer.Et pour eux aussi, les masques et les codes inventés contribuaient à la magie du théâtre.» Avec son équipe du Tout à Trac, Hugo Bélanger a donc greffé une nouvelle série de codes inventés à ceux qu’on utilisait à l’époque de Gozzi, une sorte d’esthétique asiatique pour public occidental.«Il était important, poursuit-il, de trouver des référents qui aient un écho ici, même s’ils n’en ont aucun dans MARC-ANTOINE DUHAIME La princesse Turandot et son père l’empereur «Au départ, j’avais le goût de travailler cette histoire tragique avec des masques » La robç demanee de Gisele Schmidt Texte et mise en scène Julie Vincent Avec Éric Cabana Jacinthe Laguë Paul Savoie Julie Vincent Une coproduction Théâtre PàP et Singulier Pluriel À Espace GO du 21 mars au 15 avril 2006 4890, boulevard Saint-Laurent, Montréal Réservations; 514.845.4890 Réseau Admission; 514.790.1245 Comp^tn : Angelo Banetli Obvier Girard.Catherine La Freniere.Karine Lapierrc Genevieve liïtrtle, Franco» Kouprma*.Michel Smith Direction artistique ; Claude Poissant JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour sa Princesse Turandot, le metteur en scène Hugo Bélanger s’est inspiré de Carlo Gozzi, un contemporain de Goldoni, peu joué de nos jours, qui a consacré toute sa vie à la commedia dell’arte et qui est l’auteur de la «table exotique» dont s’est inspiré Puccini pour son dernier opéra.la tradition théâtrale orientale.Comme le tatami, par exemple.Vous n’en verrez nulle part dans les productions traditionnelles, mais ici, un tatami est tout de suite perçu comme un symbole oriental qui implique presque automatiquement l’idée d’un rituel.En approchant tout cela avec rigueur et sérieux, en plaçant clairement les codes de ces nouvelles conventions, en trouvant toujours ce qui est juste plutôt que ce qui est vrai, les espaces de jeu s’en trouvent multipliés.» Dans cette fausse Asie rêvée où se déroule la pièce, le metteur en scène a choisi de travailler à partir de grands tableaux où l'on sera happé autant par un style de jeu que par des images très «parlantes».Tous les rôles d’Asiatiques y seront joués par des femmes et tous les Italiens, par des hommes.Et c’est d’abord de rencontres qu’il sera question.«Cela deviendra évident dans la deuxième partie du spectacle, qui est moins tragique puisque le prince italien aura résolu l’énigme de la princesse Turandot, ce qui rendra possible le mélange entre ces deux univers culturels si différents.Au bout du compte, ils arriveront à cohabiter sans que l’un écrase l’autre, sans qu'il y ait conquête, et c’est à ce moment que toutes les dualités évoquées tout au long du spectacle devraient apparaître comme autant de lieux de passage.» N’empêche que ce mélange des genres est pour le moins intrigant et qu’il faudra constater sur place si la mayonnaise prend.On s’y verra peut-être.Le Devoir LA PRINCESSE TURANDOT D’après Carlo Gozzi.Adaptation et mise en scène: Hugo Bélanger.Au Théâtre Denise-Pelletier du 15 mars au 6 avril.allet national du Canada ïl'Orchestredu CNA f?ka « '' ‘ .;:V I CANRIL I IBP 1 iiiniii r> .i J""’ J LL rmém INFO : WWW.NAC-CNA.CA BILLETS A PARTIR DE 38 $! (613)755-1111 ticketmasterca wc crouvi kt'tri Cf LA §4i£ TTtJBI rx> ru A PSfTFOHfArrs fXfBWUPf Endirec LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 2 0 0 6 Culture DANSE Femmes indisciplinées FRÉDÉRI DOYON De petite manifestation marginale, Edgy Women est devenu un festival international s’étalant sur tout le mois de mars.L’événement met en lumière le travail de femmes œuvrant dans les arts interdisciplinaires.•J'aime mieux dire “arts indisciplinés” ou “inclassables”, affirme Miriam Ginestier, directrice artistique du Studio 303 qui produit l’événement.Ce sont des artistes qui ne pensent même pas en termes de disciplines.» Considérés pendant longtemps comme des arts de la marge, les pratiques interdisciplinaires se taillent une place de plus en plus importante sur nos scènes, grâce notamment à la création du Bureau inter-arts du Conseil des arts du Canada il y a quelques années.Depuis sa fondation en 1989, le Studio 303 leur fait la part belle.Discipline très perméable aux autres formes artistiques, la danse, à laquelle l’organisme lut d’abord dédié, a naturellement conduit le diffuseur sur cette voix, comme Edgy Women en témoigne.N’em- SOURCE STUDIO 303 Délirant, drôle et troublant, The Part met en scène une femme en quête d’identité.JJ I/danse DANSE saison 2005.6 « (.) LE FEU BRULANT DE LA SENSUALITE SOUS L'ÉLÉGANCE.» Le Monde «ON QUITTE LA SALLE AU COMBLE DU BONHEUR.» 0 Estado de Sâo Paulo «rupo Corpo Enfin de retour ! Lecuona / Onqotô ,9,10,11 mars 2006-20 h Il Théâtre Maisonneuve {J Place des Arts I Onqotô : musique originale \ de Caetano Veloso \ et José Miguel Wisnick (514) 842-2112 .Admission (514) 790-1245 fflMr.dansedanse.net d&y&t 14 AU 18 MARS 8006, 80 H PALE FIRE U JANE MAPPIN DANSE CHORÉGRAPHE _JANE MAPPIN INTERPRÈTES SUSAN GAUDREAU.HANAKO HOSHIMI-CAINES JANE MAPPIN ANTONIA MAPPIN KASIRER.MARIO RADACOVSKY COMPOSITEUR ET VIOLONCELLISTE ERICH KORY PHOTOGRAPHE/VIDÉOGRAPHE_ MICHAEL SLOBOOIAN ÉCLAIRAGES.ARMANDO GOMES RUBIO CONSEILLÈRE ARTISTIQUE SOPHIE FAUCHER COSTUMES .MARIROSA RÉPÉTITRICE NEELANTHI VAOIVEL pêche, l’événement a maintenu le cap chorégraphique.•Je favorise le travail très physique et sans texte, étant donné qu’on a un public anglophone et francophone», explique Mme Ginestier.Quelques figures frayant aussi dans les rangs de la danse parsèment d’ailleurs la programmation.Rendez-vous de choix, Antonija Livingstone, performeuse subversive, présente de nouveau The Part, qu’on avait pu voir à Tangente en 2005.Elle a concocté ce solo en Europe en travaillant notamment auprès des Québécois Benoît La-chambre et George Stamos, de l’Américaine basée en Allemagne Meg Stuart et de la Portugaise Vera Mantero.Délirant, drôle et troublant, The Part met en scène une femme en quête d’identité.La puissante danseuse Sarah William vient aussi faire son manège dans un solo qu’elle a commandé à la performeuse Nathalie Claude.La pièce, qui explore la frontière parfois ténue entre les genres, s’inscrit dans une trilogie de solos qui seront présentés à l’automne au Studio 303.Edgy Women démarrait la semaine dernière avec un stage qu’ont suivi sept artistes professionnels auprès de l’artiste britannique Anita Ponton et qui culmine ce soir avec la présentation du fruit de leur travail Dans le même esprit la chorégraphe et performeuse Isabel Mohn proposera un solo qu’elle a conçu au cours d’un laboratoire de création offert par Edgy Women.«R y a beaucoup de thèmes récurrents, note Mme Ginestier.Plusieurs œuvres traitent d’identité sexuelle sur le mode de l’humour noir; et le propos féministe est là, sous-jacent.» Ce n’est donc pas un hasard si l’événement démarre peu après la Journée internationale de La femme.Le Devoir L’irrépressible pulsion de la création L’esprit de Vladimir Nabokov plane sur Pale Fire, de Jane Mappin FREDERIQUE DOYON Jane Mappin danse souvent avec la littérature.The Bird-Feeders et Seuil bleu (1991) faisaient écho aux poèmes de Rainer Maria Rilke, A Perfect Dwelling s'inspirait d’Une chambre à soi de Virginia Woolf.Sans se référer littéralement à l'œuvre de Vladimir Nabokov, hormis l’emprunt d’un titre, sa nouvelle création.Pale L'ire, épouse la vision élevée de l’art de l’auteur russo-américain.«Je suis intriguée par la motivation [drive] de l’artiste, ce qui fait qu’“il n’a pas le choix, qu'il ne peut pas imaginer la vie autrement”», explique la chorégraphe, qui voit dans le titre Pale Fire l’oxymoron décrivant le mieux cette pulsion de créer envers et contre tout et tous.«Pire» pour flamme, bien sûr, et «pale» pour «le trajet très personnel et solitaire» que constitue l’acte de créer pour chaque artiste.C’est donc davantage la poétique du titre qui l’a interpellée que le contenu précis de ce roman — que la chorégraphe considère néanmoins comme un «chef-d’œuvre» plein d’humour.Par ce choix, Jane Mappin fait toutefois un clin d’œil à l'esprit qui traverse toute la vie et l’œuvre littéraire de l’écrivain.«Je partage ses préoccupations pour l’artiste et ce qu’il produit; son œuvre va au-delà de sa vie.L’artiste pâlit devant sa création.» Si l’acte de créer est fondamentalement solitaire, la chorégraphe s’est tout de même entourée de solides collaborateurs.D’abord ses danseurs, Susan Gaudreau au premier chef, moteur de la création, Ldanse contemporaine «¦¦¦• Tangênt^I Ü40 Cherrier (metro Sherbrooke) Billetterie : 525 1500 16-17-18 mars 2006 a 20h30 ¦ 19 mars 2006 a 16h00 mute /.sense veu / en silence une creation de Florence Flqols 81 AU 85 MARS 8006, 80 H FUSE 2''22t123 LOLA DANCE mM RS 2 0 0 6 De Vi s u Prendriez-vous encore un peu de peinture ?(SANS) HORIZON Peter Krausz Maison des arts de Laval 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval Jusqu’au 23 avril (Lancée au Centre d’exposition de l'Université de Montréal) RENÉ VIAU Prendriez-vous encore un peu de peinture?Oui, de ce paysage.Il y aurait de hautes montagnes.Des saveurs de champs blonds.Des touches de ronces et de topazes.Des sillons terre de sienne.Des bosquets assombris au violet profond.Des ravines ocres.Des coulées.Des routes et des rivières serpentant les vallons.Ce serait une longue errance sur les terres d’une enfance lointaine.Ce serait en Transylvanie, il y a longtemps.Peut-être avant la guerre.On y sentirait l’air et les feuilles qui bruissent.On y entendrait le paysage bouger, les paysans frémir.Des gitans y joueraient des rhapsodies.Cette vue serait peinte à la fresque selon une technique ancienne.La lumière y ressemblerait à celle de la Toscane.On y sentirait la chaleur des rayons sur la terre en fin de journée.On y verrait des bosquets.Des pierres empilées au fil des ans par des générations de paysans.Des ifs.Des chênes.Des taillis.Des pins parasols.Là des violons se lamentent.Un enterrement tzigane.La jeune femme qui est morte est vêtue de blanc comme pour la noce.Des fleurs parsèment ses cheveux.On y serait sur ses pieds, battant la campagne, foulant le sol irrégulier mais rapidement, parcourant à faible épaisseur la surface de la toile.Il y aurait comme une manière de planter ses pinceaux en fouillant et en découvrant les haies et les herbes 1 nu .j r .SOURCE MAISON DES ARTS DE LAVAL Le Chanl de la Tcrn n° l (2003), de Peter Krausz.Gracieuseté de la Galerie de BeUefeuiUe.Pour cette suite établie à la technique traditionnelle de la peinture à la fresque, le paysage se découpe en une vingtaine de tableaux horizontaux, comme autant de parcelles le recadrant.hautes.Non pas enfoncer ces buissons, cette végétation de bruits et d’évidences.Effleurant seulement cette terre, on y respirerait.Malgré l’enterrement, on s’y sentirait battant tout contre la beauté des choses, comme quand on est heureux.L’oeil se perdrait dans les méandres entre la poussière des chemins de terre et celle dorée des blés au vent.Ce peintre au- rait fait transporter ailleurs cette nature, ces arbres, pour les replanter.Une pratique du terrain, en somme.Ses pigments, ses pinceaux se piquent sur les feuillus, sur les dénivellations de cette vallée.Puis de là, le peintre atteint les endroits plus dégarnis et rocheux qui, en un bond plus loin, plus haut, cernent des lieux, les encavent.Aucun enracinement.Ce n’est plus possible.m 11111 K|j|ÉMW^S a - ! H -ncont « m Il tente de se fier à tous les artifices possibles de la peinture, son jeu savant à reconstituer ce que l’on voit.Si possible, capter les traces.C’est qu’il n’en reste plus.Et même les embellir.Humaniser encore plus une nature cultivée depuis toujours par l’homme.Faire revivre une zone d’ailleurs.Entendre de nouveau cette musique toujours encore haletante.Se fondre à cette nostalgie perdue.Ce serait des fragments de forêt, de ruisseau, de montagne, des fragments sans fin de pays mobile.Là-haut, la masse brute de la montagne, austère, met en péril l’existence de ces champs, de ces vignes.L’heure entre chien et loup a commencé à poindre.La réalité, c’est la chaîne brisée des métamorphoses qui font le gros dos à l’instar de cette montagne si massive qui n’opère pas par lente conversion mais par sauts, par chutes abruptes, par dévale-ment dans la brutalité.Des dates et des noms de lieu sur des nuages de flammes, peints Se fondre à cette nostalgie perdue.Ce serait des fragments de forêt, de ruisseau de montagne, des fragments sans fin de pays mobile à la lueur des guerres, de batailles au goût amer de sang et de cendres.L'horizon est la mort.Il n’existe plus que la mémoire, l’attente et, abandonnés, ces vieux papiers jaunis et déchirés.Lyrisme et désenchantement L’exposition s’ouvre et se termine sur les rayons où sont rangés de vieux recueils d’archives et d’actes ternis.Ces liasses de documents écornés sont reliées de cartons ployés sous les ans.Les feuilles sont grugées par le temps.Installant une cohérence, la mise en forme privilégie à la suite un ensemble de photos couleurs illustrant les scènes d’un enterrement gitan.Sur un carton rapiécé, plié en accordéon, une immense composition au fusain transmet une vu,e du paysage de montagne.À côté, le même paysage grandiose se découpe en une vingtaine de tableaux horizontaux, comme autant de parcelles le recadrant afin de le ramener à une dimension où il peut être saisi.Pure et saturée, la couleur s’établit en couches successives de pigments.La gamme se limite aux violets, aux bruns, aux jaunes, aux orangés, aux verts sombres.D’origine juive et roumaine, le peintre montréalais Peter Krausz a passé une partie de son enfance en Transylvanie.Le chant de la terre, cette suite picturale de longue haleine aux accents émouvants, s’attache à recroiser le regard à partir de ces visions portées par le souvenir.La peinture est ici habitée par une tradition, par un désir de durée.Le regard peu à peu erre et se perd.A cette ferveur lyrique dont témoigne ce cycle panoramique en deux immenses tableaux fait contrepoids le désenchantement.Il apparaît comme une brisure, une crevasse ouverte au tranchant des choses, à la charge des événements.Basculant dans le désordre du monde, cette vision sereine du paysage s’oppose à l’expressionnisme des corps dépeints avec tourments.Regroupés en une centaine d’esquisses, les corps convulsés se tordent Enfin, deux séries Ciels de plomb et Nymphéa représentent des plaques de plomb peintes avec des cieux inquiétants.Les nuages s’accumulent Sur chacu-qe, des dates, des noms de lieu.A sang et à feu, la présence du désastre.Pogrom.Camp de la mort.Goulags.Désolation.Les photos de l’enterrement tzigane renforcent ce dualisme vie-mort.L’exposition se clôt sur d’autres archives poussiéreuses masquant, d’une tablette à l’autre, des petits tableaux avec d’autres paysages.D’autres saisons {Landscape and Memory).Au chant de la terre et au paradis des souvenirs enfantins, l’exposition en polarité dissonante fait jaillir le point de rupture, la crasse et la lave du volcan de l'histoire.Ses spasmes éructent et pulvérisent les destins.«La nature est ici jumelée au monstrueux, à l’inavouable de la nature humaine, souligne Peter Krausz dans un entretien publié lors d’une exposition au Musée de Rimouski en 2003.Un autre aspect qui me fascinait était la facilité et la rapidité avec lesquelles la nature recouvre les vestiges des champs, des villes ou des charniers jusqu’aux traces de leur existence.J’ai été très impressionné par les images du film Shoah, de Claude Lanzmann, où ce dernier visitait des camps de concentration en Pologne.Ces sites étaient magnifiques.Les forêts de bouleaux avaient fini par recouvrir et oblitérer les fosses communes, la mémoire des populations de l’endroit.» Collaborateur du Devoir .'¦v.""'-'r'.le vendredi 17 mars 2006 \ Vers le Sommet Montréal, métropole culturelle 2007 i 8 h 30 Convocation |9h Conférence d'ouverture k New York et Montréal : des défis semblables Conférencière invitée : Robin Keegan, Centre for an Urban Future, New York Ateliers de travail sur Montréal : I • avantages stratégiques; I • infrastructures culturelles; ; • gouvernance culturelle.13M8-17h Assemblée générale annuelle Élection du conseil d'administration 17h Cocktail de clôture Auditorium, Bibliothèque nationale du Québec 475, bout, de Maisonneuve Est (entrée rue Béni) Montréal , Métro : Berri-UQAM | Renseignements et inscriptions : (514) 845-0303 j info®culturemontreal.ca www.cultitfemontreal.ca Joignez-vous à nous ! , Culture Montréal est une organisation indépendante rassemblant 600 membres intéressés à promouvoir la culture comme élément ' essentiel du développement de Montréal.Culture Montré*! r»çoit f.ppu.ftnarwitr du d* I* ( ctiions.de la Vü« d* Montreal «t du Cirqu» du SeM.de rOnfarto Ï17 rv* Peindre vers la lumière LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MARS 20’ 0 6 SOURCE FIFA La violence, le sang, la chair sont au cœur de l’œuvre de Francis Bacon.FIFA Figures de l’angoisse BACON’S ARENA Royaume-Uni, 2005.Anglais, français, espagnol.96 minutes.Au Musée d’art contemporain, samedi 11 mars à 19h et vendredi 17 mars à 19h (www.artfija.com).RENÉ VIAU Suspendue entre la vérité de l’être et celle des apparences, la peinture de Francis Bacon a quelque chose d’hallucinant.Dès les premières images, appuyées par le leitmotiv de la corrida, dérivant comme cette bouteille à la mer du générique.Bacon donne le ton.«Mon travail est un reflet de ma vie.» Dans Bacon 's Arena, le réalisateur Adam Low soulève «ces écrans» derrière lesquels, affirmait Bacon, notre existence se dissimule et que sa peinture voulait écarter comme autant de voiles.La violence, le sang, la chair sont au coeur de son œuvre.Chez Bacon, l’être humain exprime une solitude grinçante et un abandon qui relève d’une attention compulsive à l'aspect inévitable de la mort Les êtres se parent avec une furieuse sensualité de ce sentiment de n’être rien.Le film se déroule en six volets par période et par amant Un par décennie.Un tel découpage biographique — devenu une recette du genre après avoir fait ses preuves chez Picasso —, prend ici un aspect sulfureux.Mort en 1992, Bacon cultivait autant le goût de la répartie que celui de l'alcool.Avant d’entraîner le spectateur dans les nombreux extraits où l'artiste se livre, des images-chocs cernent son univers.Le nazisme.La crucifixion.Le pape.Sa série de toiles représentant des papes hurlant s’inspire du portrait d’innocent X de Velâzquez, ré-inteiprété par Bacon avec une texture ressemblant «à de la peau d’hippopotame».Cette figure paternelle obsessionnelle renvoie à la relation de Bacon avec son père.Asthmatique, Bacon était allergique aux chevaux qu’élevait en Irlande cet ex-capitaine de l’armée britannique.«Ma mère et mm père, dit Bacon, les yeux vitreux et dans un français un peu hésitant étaient dégoûtés de moi car j’étais pédéraste.Mon père m'a offert à l’un de ses amis éleveur de chevaux de course.Ce dernier est tombé amoureux de moi.Il m’a amené à Berlin à 17 ans.Après Berlin, j’étais complètement déformé.» Après ce sera Paris.Il subit l’influence de Picasso et du cinéma de Bunuel.Convulsions.Période Roy de Maistre.Il a 15 ans de plus que lui.Ils partagent en peinture un même goût pour les modernes.Puis la guerre, le blitz de Londres, les premières Crucifixions.Période Peter Lacy et sadomaso.À Tanger, sa peinture s’éclaircit En 1962, le jour même où s’ouvre sa première exposition majeure, à la Tate, il reçoit un télégramme.Lacy est mort En octobre 1971, un autre amant Georges Dyer, se suicide également la veille du vernissage de sa rétrospective parisienne au Grand Palais.Exorcisant cette mort Bacon peint tout au long des années 70 une série de triptyques.A la mémoire de Georges Dyer représente dans sa partie centrale un homme tournant la clef d'une porte au pied d’un escalier éclairé d’une ampoule dénudée.In tentation narrative contraste avec la manière impitoyable dont il traite le nu et l’autoportrait en visages tordus et phosphorescents.• Autodidacte, Bacon s'inspire de Muybridge, des photos découpées qui contaminent ses citations à l'histoire de l’art II se défend de faire apparaître les images sur la toile.Celles-ci viennent à lui.«Tout ce que je fais va dans ma peinture.» L'amour.Le sexe.Le film se clôt sur les dernières constations de Bacon sur ces thèmes qui y occupent presque toute l’arène.Collaborateur du Devoir Lesi beaux à détours CIRCUITS CULTURELS Histoire et musique à la Salle Claude-Champagne SAMEDI I" avril Narval Morrisseau à Ottawa SAMEDI 22 avril Art inuit de la collection Brousseau au Musée du Québec SAMEDI 29 avril Demandez la brochure de la saison! (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Musée d’art de Joliette Les pays de François Lanoue 18 septembre 2005 - 28 mai 2006 Question d’échelle volet 2 : Petit et concis 12 février - 16 avril 2006 Mark Ruwedel Written on the Land 12 février -16 avril 2006 MUSÉE o, D’ART ¦ JOUETTE www.musee.joliette.org (450) 756-0311 - De Visu «- Armand Vaillancourt : retour sur un pionnier ARMAND VAILLANCOURT LA MARCHE DU TEMPS Centre Henri-Lemieux Galerie Les Trois C 7644, rue Édouard Du 9 au 26 mars RENÉ VIAU Soixante-seize ans.Toutes ses dents.Bien blanches comme les cheveux toujours longs.Dans la rue, les gens le reconnaissent: «Lâche pas, Armand!» 11 a sept filles.Un fils de 13 ans dont il parle avec chaleur, émerveillé de le voir grandir.Top-modèle à sa manière, il pose pour des photos de mode, des publicités.«Je le fais pour le fua» Il est aussi le grand frère, le grand père, le «working class hero» ou héros culturel, le père Noël, le confident et tout simplement l’ami de centaines et de centaines d’enfants et d'adolescents.Il va à leur rencontre aux quatre coins du Québec dans leur école.11 leur communique son incroyable énergie à revendre, son insatiable goût de la liberté et de la création.Créer, mais aussi expliquer à la cantonade qu’il faut agir selon ses idées.Est-ce pour ces sessions dans les écoles qu'il récupère et recycle le moindre bout de corde, n'hésitant pas à fouiller dans les poubelles?Vaillancourt est un récupérateur compulsif.Ces emballages, ce morceau de goudron, ce nid de guêpes qu’il me montre «pourraient devenir une sculpture de bronze.La nature fait tellement de belles choses».Ce matin-là, avant notre rencontre, il venait de transporter des planches trouvées dans le rue et un lourd rouleau de linoléum.«Cela peut toujours servir.» «Cela» s’entasse par tonnes et par tonnes rue Esplanade.Au piedmont du mont Royal, sa maison est un capharnaüm, un inventaire insolite mais aussi un dépôt de ses propres archives impeccablement classées.On enjambe des matériaux en tous genres, des centaines de dessins et de sculptures d'enfants, autant de rouleaux de tissu — «je m’en sers pour des performances» —, des cibles au tir, 2000 crosses de fusils sans canon.Quelquefois emergent de cette caverne d'Ali Baba des sculptures.Bronze.Acier.Bois.«1! ne m 'en reste plus tellement j’en ai tellement donné pour des encans destinés à amasser des fonds pour les causes pour lesquelles je milite.» Les formes s’y accumulent, se multiplient, comme mues par un irrépressible modèle biologique de profusion, de surgissement.Ce surgissement ce verbomoteur en fait depuis belle lurette son principe.Il guide son art, anime ses propos.Armes de destruction massive.Droit des autochtones.Irak.La torture.Bébés phoques.L'Afghanistan.Tout y passe.Précurseur, Vaillancourt, à l’instar de beaucoup de vedettes pop actuelles, ne cesse de proclamer ses convictions et d’afficher sa révolte.Mais cette mobilisation est pour lui un refus d’incarner le créateur dans le champ du spectaculaire.«Je ne peux pas détacher mon petit moi d’artiste des problèmes de la société.Si tu savais le paquet d’ennuis que cela m'a causé.» Un même combat Sur la table, il a découpé un article sur les finances incertaines de Leonard Cohen.«Je le vois encore de temps en temps.Suzanne, tu sais la chanson-, c'était mon ancienne femme.» Les objets qu'il a accumulés sont aussi un voyage, pas fpreément aveugle, dans le temps.Échappé des années 60! Infatigable vieux beatnik toujours prêt à ferrailler et à croiser le fer de ses convictions mais aussi sage et zen.Plus calme avec des temps de méditation, d’émerveillement, c'est un incroyable dynamo.Toujours mince et musclé, Armand Vaillancourt n’a toujours aucun goût pour Blanc silence Exposition de groupe jusqu'au 25 mars GALERIE SIMON BLAIS 5420, boul.Samt-laurenl H2TISI 514^49.1165 Ouvert du mardi au vendredi 10h à 18h, samedi lOh à 17h GALERIE PARCHEMINE I VENTE DE RÉNOVATION lusqu’à 50% sur certains articles Une opportunité de s’offrir une œuvre de qualité 40, rue Saint-Paul Ouest, Vieux-Montréal 514-845-3368 tous les jours de 10H à 18h » ' Musée McCord .V .« 690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Métro McGill ou autobus 24 Tél.: (514) 398-7100, poste 222 info@mccord.mcgil!.ca www.muiee-mccord.qc.ca A.ÏÏ-ht OSaarttf V i*i rr- s=: Armand Vaillancourt les compromis.L’art?Sur ses minées de formation.Vaillancourt, qui a fréquenté les beaux-arts, avoue ne pas avoir subi d’intluence decisive d’un artiste, pur exemple, dont l'œuvre aurait été jxiur lui un phare.«J'avais une telle energie.II me fallait taire quelque chose.J'ai passé 17 ans, 18 ans dans une ferme pauvre dans les Cantons-de-TEst.l-e seizième d’une famille de 17 enfants.Travailler.L’hiver, dans la maison, Teau gelait.Il fallait aller chercher des barils de 90 gallons tous les jours.Bûcher.Ramasser Teau d’érable au printemps.La ferme m'a construit.Je trouvai le temps de dessiner et d’écouter Radio-Collège.Mon père avait été opéré.Il ne fallait pas qu 'il force et il y en avait, du boulot.Trois cents acres de terre.Une sucrerie.Deux cents érables.De temps en temps des cochons.Huit cents-neuf cents livres à saigner.Quand cela crie, c'est épouvantable.Comment avions-nous toute cette énergie?Quand mes parents ont vendu la firme en 1949.qu'est-ce que je fais moi?La sculpture, c’est arrivé comme cela.Je ne me pose pas la question.On ne se demand^ pas comment on fait pour marcher.On avance.» Réunissant une trentaine d’œuvres sculpturales et picturales, une exposition à caractère rétrospectif propose- un retour sur le travail de Vaillancourt.A partir de L'Arbre de la rue Durocher (1953-1955) qui fait scandale, Vaillancourt a pratiqué en extérieur l’art monumental.«Je suis arrivé à Montréal en 1951.Je n 'ai jamais eu de commandes publiques.Aucun contrat ne m'a été donné par la Ville ou le gouvernement.Des 1 %, je n ’en ai jamais Jait Au symposium du mont Royal, c'est un mécène qui a payé pour faire rouler le métal.» On y verra des œuvres comme J'ai faim (1999), Regard d’Afrique (1967-1999), Aux Rre-mières Nations (2tX)5) ou encore The Accidentai President (2000), qui reflètent son engagement En 1971, lors de l’inauguration de YEtnbarcadero Piazza à San Francisco, le critique d'art Robert Hughes, dans Time Magazine, lui donne la parole après avoir affirmé que «dans sa furie il refuse d'admettre toute séparation entre art et politique».Vaillancourt réplique et conclut le texte consacré à son œuvre: «Pour moi, c’est la même chose.Et ceux qui n 'aiment pas cela n’ont qu'à aller se faire f.» Traduction libre.On aura compris toutefois de quel mot anglais il s'agit.Trente-cinq ans plus tard.même combat! Collaborateur du Devoir Le Musée d'art de Mont-Saint-Hilaire __________________présente_____ PicaSSO protéiforme DESSINS ET ESTAMPES OU MUSEE DES Bf-.AUX ARTS DU CANADA jusqu'au 2 avril 2006 | 150.rue du Centre Civique 450-536-3033 _________ www mamsh.qc.ca Colloque international Max et Iris Stern ARTS, DE MEMOIRE.MATERIAUX, MEDIAS, MYTHOLOGIES 22 AU 24 MARS 2006 Inscription dès maintenant Entrée : 20 $ (Étudiants et Amis du Musée : 10 $) Organisé par le Musée d'art contemporain de Montréal en collaboration avec le Centre canadien d'études allemandes et européennes et le Centre de recherche sur l'intermédialité de l'Université de Montréal Tenu pendant la présentation de l'exposition Anselm Kiefer : Ciel - Terre Exposition organisée par te Modem Art Museum of Fori Worth.Texas An*w4m Kwter Buch mt f hjgetn Ojvr»mm a*w), 19W-1994 Perspectives sur Claude Tousignant une exposition virtuelle à voir absolument sur le site du Musée au www.macm.org dès le 22 mars 2006 == MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :: 185, rue Sainte-Catherine Ouest (514) 847-6226 / www.macm.org © Place-des-Arts Colloque : (5141847-6239 / colloque®macm.org LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MARS 2 0 0 6 Culture CINÉMA Le monde entier dans mon quartier SOURCE ALLIANCE ATLANTIS Le personnage de poète et dramaturge, qu’incarne Johnny Depp, possède tous les defauts des qualités qu’on admire chez les grands personnages.Belle occasion ratée THE LIBERTINE (Rochester: Le Dernier des libertins) De Laurence Dunmore.Avec Johnny Depp, Samantha Morton, John Malkovich, Paul Ritter, Stanley Townsend, Francesca Annis.Scénario: Stephen Jeffreys, d'après sa pièce.Image: Alexander Mehnan.Montage: Jill Bilcock.Musique: Michael Nyman.Grande-Bretagne, 2(XM, 114 minutes.MARTIN BILODEAU Les premières minutes de jhe Libertine sont éclairantes.A la caméra, John Wilmot, comte de Rochester sous le règne de Charles II, se présente à visage découvert pervers, concupiscent, infidèle, narcissique, agnostique, inverti, bref un esprit libre, avant toute chose.11 termine par cette mise en garde: «Je.ne veux pas que vmts m’aimiez.» Sa mission est à moitié accom- plie.Le personnage de poète et dramaturge, qu’incarne Johnny Depp avec panache et un rien de la frivolité de son pirate des Caraïbes, possède tous les défauts des qualités qu’on admire chez les grands personnages.Or il inspire en même tempsTadmiration, pour son opiniâtreté et son esprit iconoclaste.Un esprit que le roi Oohn Malkovich, qui a créé le personnage sur la scène londonienne) a tenté, en vain, de faire fleurir à la gloire du royaume; que son épouse et sa mère (Rosamund like et Francesca Amis) ont essayé, en vain, d’enfermer dans la domesticité; que sa maîtresse (émouvante Samantha Morton), une actrice dont il a été le Pygmalion, a voulu, en vain, fidéliser; que ses amis ont pensé, en vain, pouvoir cerner.Le premier long métrage de l’Anglais Laurence Dunmore trace le portrait d’un esthète indomptable, sadien un siècle avant Sade, «glamrock» 3(X) ans avant Bowie, dont la mort autant que l’œuvre (il a légué à la postérité quelques poèmes et pièces paillardes) constituent un affront (trop délicieux Billets .30%.25$, 12$ ( étudiants ) (taxes et fiais en sus) en vente à la Place des Arts : 842-2112 Renseignements ; Pro Musica, 845-0532 www.promtisica.qc.ca OajM
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