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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-03-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE LUNDI 13 MARS 2 0 0 6 FORMULE 1 Alonso débute en beauté Page B 6 LE MONDE MUSIQUE Opéra de Montréal : la clémence a bon dos! Page B 10 François Brousseau % m Souvenirs de Belgrade Mais qu'avait-il donc, ce Slobodan Milosevic, pour susciter l’adhésion enthousiaste de la majorité du peuple serbe à son aventure sans issue, à son entreprise de guerre et de conquête dans les Balkans?Une aventure qui a semé le chaos dans l’ex-Yougoslavie des années 90.Mais, aussi, une aventure qui a plongé la Serbie elle-même dans une régression et une crise politique dont elle a —jusqu'à ce jour, alors même que disparaît Milosevic — du mal à se sortir.?Cette question, je commençais déjà à me la poser, en ce dimanche gris de novembre 1988, dans une immense plaine de Novi Beograd.Ce jour-là, plusieurs centaines de milliers de personnes s’étaient réunies dans la partie neuve de Belgrade pour acclamer celui qui était, à l’époque, le nouveau leader du peuple serbe, l'espoir apparent de toute une nation.Quoi?Un chef charismatique, cet homme banal en paletot gris, au physique d'apparatchik communiste, à la voix monocorde, qui débitait des slogans où il était question d’humiliation serbe, de Kosovo à reconquérir et d’un «peuple [qui] ne sera plus jamais à genoux»! Pourtant, la plaine était remplie à perte de vue: la plus grosse foule de ma vie, après Jean-Paul II à Cra-covie en juin 1979.Journaliste pigiste en cet automne 1988, j’avais longtemps conservé mon ticket d’accréditation de presse, sur lequel on pouvait lire le titre officiel du meeting: «Bratsvo i jedinstvo», c’est-à-dire «Fraternité et unité».Un slogan qui fleurait le jargon de la belle époque communiste et de la «solidarité» forcée qui l’accompagnait.Pourtant, ce jour-là, la ferveur n’était pas feinte.Tout Belgrade endimanché s’était fait un devoir d’être là.Sur la tribune, Milosevic s'avançait flanqué de prélats orthodoxes serbes.Dans la foule, un bataillon d'anciens combattants arborait, oui, des uniformes de la Première Guerre mondiale.Un peu partout, des affiches et des slogans: «Peuple serbe, ré-veilledoi !» «Le Kosovo est à nous».Frappante était l’unanimité derrière ce cocktail nationaliste détonant Une charmante intellectuelle polyglotte de Belgrade, traductrice de l’italien, libérale de style et de discours, qui avait beaucoup voyagé, m’a dit ce jour-là: «Vous savez, Milosevic n’est pas mon genre.Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit.Et je sais d’où ü vient.Mais c'est lui qui exprime le mieux, aujourd’hui, l'état d'esprit et les aspirations du peuple.Le maréchal Tito avait menotté et bâillonné les Serbes.Maintenant, c'est fini!» L’article sous ma signature, que Le Devoir avait daigné mettre en une le lendemain matin, portait le titre de «Les Serbes grognent.» Ce titre n’était pas de moi.Mais c’était un titre prophétique.Plus que l’espoir et la promesse d’une nation qui se réveille pour construire quelque chose, cette manifestation était en effet un grognement Un menaçant grognement qui exprimait le sentiment d’injustice, l’obsession du passé, la frustration et la douleur.Une douleur qui allait bientôt se transformer en cri de rage et en agression.?Dix-huit ans, quatre guerres et beaucoup de morts plus tard, certains se désoleront de voir Milosevic s’éteindre en prison avant la conclusion de son procès.Conclusion qui aurait pu avoir valeur de catharsis pour le peuple serbe.Et surtout de justice rendue pour les nombreuses victimes du leader serbe, de ses sbires et des quatre guerres qu’ils ont déclenchées.C’est possible.Mais la disparition de cette horrible figure du passé peut également représenter l’occasion de tourner la page.On a assez dit que les Serbes avaient été obnubüés par le passé.Après tout les Serbes ont perdu — et bien perdu — toutes ces guerres, l’une après l’autre.Milosevic a fini ses jours en prison, et dans l’ignominie.Y compris aux yeux de son propre peuple — hormis, peut-être, un dernier carré de fidèles.Alors, foin du passé et des louables catharsis! Il est peut-être temps de regarder devant.Et, dans un premier temps, de liquider l’ardoise de ces horribles années 90.Parce que, dans les Balkans, tout n'est pas réglé.L’avenir proche s'annonce même fort chargé.La mort de Milosevic coïncide de façon extraordinaire avec un fort retour, de toute manière, des Balkans dans l’actualité.En quelques mots: ¦ la question du Kosovo va revenir hanter l'Europe en 2006.L'indépendance apparait de plus en plus comme incontournable; ¦ les fugitifs Radovan Karadzic et Ratko Mladk, les plus fameux criminels de guerre des Balkans, voient aujourd’hui l'étau se resserrer autour d’eux.On annonce même l’arrestation du second d’ici quelques semaines; ¦ les Monténégrins tiendront en mai un référendum sur l’indépendance — donc sur la séparation d'avec la Serbie.Avec cette perte probable de deux autres morceaux — Kosovo et Monténégro — la Serbie aura achevé de payer pour les crimes de ses dirigeants des années 80 et 90.Et les Serbes pourront peut-être, alors, commencer à regarder vers l'Europe.et à reconstruire leur nation sur de nouvelles bases.François Brousseau est chroniqueur et affectateur responsable de l’information internationale à la radio de Radio-Canada.francobroussashotmaiL com Milosevic a succombé à Le rapport préliminaire ne permet pas de tirer une conclusion sur un éventuel empoisonnement de Vex-homme fort de Belgrade NICOLA LESKE La Haye — Slobodan Milosevic, l'ancien président yougoslave, a succombé à un infarctus du myocarde, a fait savoir hier le Tribunal pénal international sur les aimes de guerre commis dans l’ex-Yougoslavie (TPIY).Le tribunal a ajoute que des examens toxicologiques se poursuivaient puisque le rapport préliminaire ne permet pas de «tirer la moindre conclusion» sur un éventuel empoisonnement de l’ex-hom-me fort de Belgrade.Les conclusions communiquées par le TPIY sont basées sur un rapport préliminaire de l'autopsie de Milosevic réalisée par des médecins légistes néerlandais en présence de collègues serbes.Ils ont déterminé que Milosevic, qui souffrait d'hypertension, était aussi atteint de deux affections cardiaques qui pourraient expliquer l’infarctus.La procureure du TPIY, Carla del Ponte, avait dé- claré un peu plus tôt qu'il était possible que Milosevic se soit suicidé, tandis que des informations laissaient entendre que des médicaments auraient pu aggraver l'état de santé de l’ex-president yougoslave.Milosevic, jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant les guerres en Bosnie, en Croatie et au Kosovo, a été retrouvé mort samedi dans sa cellule du centre de détention du TPIY, situé près de La Haye.L- TPIY a précisé que sa dépouille serait remise aujourd’hui à sa famille.Une délégation serbe, le Conseil national pour la coopération avec le TPIY, a do claré dans un communiqué que l'autopsie avait été pratiquée de manière très professionnelle.La rédaction du rapport final de l'autopsie de Milosevic pourrait prendre plus d'un jour, a relaté une porte-parole du TPIY, .goûtant que Carla del Ponte ne ferait aucun commentaire avant la publication de ce rapport final.la procureure avait auparavant estimé que Milosevic — premier homme d'Etat déféré devant fa jusfict* internationale pour crimes de guerre — avait peut-être cherché à éviter le verdict qui l'attendait au terme de son procès-marathon.Elle a noté que son décès était le second enregistre en une semaine au centre de détention du tribunal.Un anden dirigeant serbe de Croatie, Milan Ba-bic, s’y était suicidé dimanche dernier.Selon son avocat Zdenko Tomanovic, l’ancien «maître des Balkans» craignait d'être empoisonné et avait envoyé, la veille de sa mort, une lettre à Moscou dans laquelle il affirmait qu’on le soignait avec des médicaments inadéquats — notamment contre la lèpre — pour le réduire au silence.Des informations diffusées hier tendent à accréditer la présence de traces suspectes dans son sang ou le fait qu’il n'avait pas pris les médicaments qu’on lui donnait.VOIR PAGE B 2: MILOSEVIC Slobodan Milosevic Le Venezuela à l’heure de Simon Bolivar mm KsggiËg FRANCESCO M'OiORNO REUTERS UN SOLDAT vénézuélien arborait hier les couleurs de son nouveau drapeau national lors d'une parade militaire à Caracas.U président Hugo Châvez a fait redessiner le drapeau de son pays afin de rendre hommage à Simon Bolivar.Parmi les changement apportés, notons que le cheval blanc va galoper vers la gauche plutôt que vers la droite.«Le cheval est maintenant libéré, libre, vigoureux, et trotte vers la gauche, représentant ainsi le retour de Bolivar et de son rêve», a dit M.Châvez, dont le projet a été qualifié de frivole par les dissidents.ENTREVUE FRANCE L’antiaméricanisme au pluriel Montréal abritera le secrétariat permanent de VAssociation internationale de science politique GUY TA1LLEFER La guerre d’Irak est-elle en train de causer des torts irréparables à l’image américaine sur fa scène internationale?Jamais, de mémoire de sondeur, selon le réputé politologue américain Robert O.Keohane, le sentiment antiaméricain a-t-il été aussi répandu dans le monde.La question est de savoir, dit ce théoricien des relations internationales, dans quelle mesure ces opinions négatives à l’égard de l’empire risquent de virer aux préjugés inaltérables.M.Keohane.professeur a l’université Princeton {New Jersey), se penche là-dessus dans un essai à paraître en août, Anti-America-nisms in World Politics Sans oser formuler une réponse, malgré sa ferme opposition à la guerre déclenchée en 2003 par le président George W.Bush.Sa réputation le précède aujourd’hui à Montréal, ou il expose les grandes lignes de son livre a F occasion de l’inauguration officielle du secrétariat permanent de l’Association internationale de science politique (AISP), à l’université Concordia.Un événement universitaire à double sens: d’abord, le secrétariat de F AISP.une organisation internationale fondée en 1949 sous les auspices de FUNESCO et regroupant aujourd’hui des miniers de po- fON ROEMER/WOODKOW W11.SOV SCHOOL MOS Robert O.Keohane litologues de 45 pays, a toujours été itinérant QuU s’installe en permanence à Montréal constitue une belle prise pour la communauté politologue québécoise et ravit Guy Lachapelle, son secrétaire général actuel Ensuite, M.Keohane est le spécialiste des relations internationales le plus en vue de l’heure, selon un palmarès récemment établi par la non moins prestigieuse et spécialisée revue Foreign Policy D vient de remporter ce qui est considéré dans le milieu comme le «prix Nobel de la science politique»: le prix Johan-Skytte en science politique de l’Université d’Uppsala, en Suede.Agé de 65 ans, il est Fauteur de nombreux ouvrages, dont Power and Governance in a Partially Globalized World (2002).«Libéral» au sens américain du terme — «libéral internationaliste», précise-t-il — comme le sont fa majorité des professeurs ep relations internationales aux Etats-Unis, M.Keohane est un multilatéraliste, un tenant de la «puissance douce» qui se méfie comme de fa peste de l’usage de la force militaire comme arme politique.Sauf peut-être pour ce qui concerne fa défense des droits humains, puisqu’il fut favorable a l’intervention militaire au Kosovo, en 1999 A 20 ans, il militait contre la guerre au Vietnam — et sa conscience du monde en a été marquée.«Cela m'a rendu plus sceptique quant au recours à l’intervention militaire et plus humble et moins arrogant au sujet de ce que nous savons des autres sociétés, dit M.Keohane, joint fa semaine demiere a Princeton.Il n'a plus jamais été question pour moi de faire confiance, par acte de foi, au gouvernement américain ou de croire qu'il savait ce qu’il faisait » VOIR PAGE B 2: PLURIEL Villepin exclut un retrait du contrat-jeunes Paris — Ije premier ministre français, Dominique de Villepin, a exclu hier soir un retrait du nou-I veau contrat-jeunes, qui a suscité fa colère des syndicats et des étudiants, tout en appelant au dialogue pour lever les «malentendus» Intervenant lors du journal du soir de la chaîne privée TF1, le plus regardé de France, M.de Vilk-pin a assuré que fa loi adoptée fa semaine dernière par le Parlement, qui institue le contrat première embauche (CPE), «s'appliquera» Alors que 1a fronde contre le CPH semble s'installer dans fa durée, M.de Villepin a lancé simultanément un appel au dialogue aux partenaires sociaux, en souhaitant que «de nouvelles garanties» soient négociées avec eux.«Im Un qui a été votée s’appliquera, elle sera mise en œuvre, mais je souhaite, comme c'est prévu dans Ui fai, compléter les garanties qui sont apportées par de no* velles garanties qui doivent être négociées avec les par tenaires sociaux», a-t-il déclaré.C’était fa première fois que M.de Villepin, qui a fait du CPE un outil phare dans fa lutte contre le chômage.s'exprimait a fa télévision depuis fa journée du 7 mars, qui a rassemblé de 400 000 a un million de manifestants dans les rues du pays.Plusieurs autres manifestations contre le CPE sont prévues fa semaine prochaine, notamment de la part des étudiante, alors qu'une quarantaine d’université* sont touchées par un mouvement de grevé.Réservé aux moins de 26 ans, ce contrat est particulièrement décrié pour fa possibilité offerte a un employeur de se séparer, sans donner de justification, d’un salarié pendant les deux premières année*.Des garanties supplémentaires, a promis hier M.de ViDepin, vont être proposées aux partenaires sociaux pour encadrer le CPE, notamment en matière VOIR PAGE B 2: VILLEPIN / t L £ DEVOIR.LE LUNDI 13 >1 A R S 2 0 0 6 LE MONDE PLURIEL SUITE DE LA PAGE B 1 Les antiaméricanismes Est donc bien loin de le rassurer la méthode bushienne en Irak, sa façon d’y faire la promotion de la démocratie, les répercussions de la guerre sur le Proche-Orient et sur le conflit israélo-palestinien, l’antisémitisme que tout cela aiguise, l’actuelle flambée rhétorique sur la question nucléaire iranienne.M.Bush, dit cet expert, a exposé le monde a une crise de rage antiaméricaine qui pourrait laisser des traces profondes.Une définition de l’antiamérica-nisme?«Tendance psychologique à avoir des opinions négatives sur les États-Unis».Mais c’est une définition insatisfaisante, affirme-t-il, «trop générale pour être révélatrice».L’antiaméricanisme doit s’écrire avec un «s», comme l’indique le titre du livre de M.Keohane, qui voit ces mauvais sentiments s’exprimer de quatre façons plus ou moins entrecroisées.La première est «libérale»: on partage les mêmes valeurs que les Etats-Unis, mais on déplore qu’ils ne les respectent pas, en particulier en politique étrangère.La deuxième est «sociale», comme cela se voit en Europe et au Canada: la société américaine est jugée déficiente pour des questions comme la peine de mort et le filet de sécurité sociale.La .troisième est «souverainiste»: les Etats-Unis écorchent les sensibilités nationales par leur ten-dapce à intervenir dans les affaires d’Etats souverains.la quatrième est la plus «radicale»: c’est celle d’al-Qaïda, qui prône carrément la destruction de la société et du mode de vie américains.L’histoire instruit.«Il est clair que les États-Unis ont été populaires dans le monde de façon presque continue jusqu'au printemps 2002, selon les sondages menés par PEW [un important centre de recherche américain] auprès d’une quarantaine de pays.Les opinions antiaméricaines existaient, mais n’étaient pas VILLEPIN répandues, à l’exception du Proche-Orient.Depuis le début des années 1950, 60 à 70 % des Européens ont presque toujours été proaméricains, sauf pendant l’épisode, début 80, au cours duquel la “crise des missiles" a opposé le président Ronald Reagan aux Soviétiques.» L’histoire montre par ailleurs, souligne M.Keohane, que les antiaméricanismes se résument souvent à des sautes d’humeur sans grandes conséquences: en 1982, les Soviétiques ont reculé et la popularité de M.Reagan s’est remise à grimper, en particulier chez les.Français.Dans la même veine, les Etats-Unis ont regagné en popularité auprès des Indonésiens pour être venus en aide aux victimes du tsunami de décembre 2004, alors que les Américains avaient été très sévèrement condamnés en Indonésie, foyer de la population musulmane la plus nombreuse au monde, pour leurs interventions en Irak et en Afghanistan.0 volatilité des opinions.N’empêche que la situation s'est aujourd’hui complètement renversée, alors que, depuis quatre ans, la majorité des pays sondés par PEW entretiennent de façon persistante des çpinions négatives à l’égard des Etats-Unis.«L’Irak a mis le feu aux poudres», dit M.Keohane.«Une opinion, c’est relativement objectif, encore que je n’aime pas utiliser ce mot.En tout cas, elle peut se modifier en fonction des faits.À l’autre extrême, ilya le parti pris, le préjugé profondément ancré, la conviction que les Etats-Unis ont tort “no matter what”.» Où le second prend-il le pas sur la premiere?Il est maintenant possible, dit M.Keohane, que ces mauvais sentiments, s’inscrivant dans la durée, ne puissent plus être renversés.Mais il n’aspire pas à faire des prédictions, a-t-il dit l’année dernière dans le cadre d’entretiens que l’université de Berkeley en Californie appeUe des Conversations avec l’histoire.L’essentiel est pour lui, af-tinnait-il, «de chercher à comprendre les dynamiques et les structures qui forment et contraignent les acteurs des relations internationales».Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 de rémunération.Il leur a aussi proposé de les retrouver «tous les six mois» pour procéder à une évaluation du CPE.Se présentant, comme il aime le faire, en «homme d’action», il a rappelé que 23 % des moins de 25 ans sur le marché du travail en France sont au chômage.Une proportion qui atteint 40 % dans les banlieues défavorisées ayant été secouées par des émeutes en novembre dernier.Il a également indiqué qu’il voulait rencontrer en avril «l'ensemble des partenaires sociaux» pour trou- Téléphone: 985-3322 Télécopieur: 985-3340 ver «des réponses concrètes» à «la précarité dans l’emploi».«Au-delà du CPE, il y a une inquiétude dans notre pays sur la précarité, qui concerne les jeunes mais aussi les salariés à temps partiel, notamment toutes ces femmes qui s’inquiètent pour le lendemain, et les salariés peu qualifiés», a-t-il assuré.Il a aussi estimé qu’il y avait eu sur ce dossier «beaucoup de malentendus.de confusion, beaucoup d’in-compréhension».«Mais est-ce que je peux, comme chef de gouvernement, ne pas prendre en compte cette situation de précarité des jeunes, qui n a fait que s'accroître depuis 20 ans?Est-ce que nous pouvons rester sans rien faire?», a ajouté M.de Villepin.Agence France-Presse Milosevic, l’homme du malheur serbe MARC SEMO Depuis un peu plus de quatre ans, les télévisions le montraient régulièrement: air renfrogné, visage aux traits vaguement poupins, assis entre deux gardes de l’ONU dans le box des accusés du Tribunal pénal international de La Haye.Cette image restera comme un symbole: l’ex-homme fort de Belgrade a été jusqu’ici le seul ancien chef d’Etat à devoir répondre de ses crimes devant la justice pénale internationale.L’acte d’accusation et de nombreux témoignages ont souligné le rôle central joué par cet ancien apparatchik communiste dans les conflits qui ont ravagé l’ex-Yougo-slavie entre 1991 et 1995.Assurant lui-même sa défense, il tentait d’utiliser les audiences comme une tribune pour dénoncer la «justice des vainqueurs» et les «complots impérialistes» contre son pays.Mais l’opinion, y compris en Serbie, était de plus en plus indifférente.La page était déjà tournée.«Les Serbes ont rejeté sur cet homme leur honte, leurs crimes, leurs peurs, leurs haines, leurs rêves souillés, et, sous le nom de Milosevic, on enterrera les immondices d’une époque», souligne l’écrivain Vidosav Stevanovic, auteur d’une biographie de l’homme politique serbe.Celui que des foules de centaines de milliers de personnes avaient adulé en hurlant «Slobo» ne suscitait déjà plus que de la gêne, y compris au sein de son propre parti, le SPS, dont il restait formellement le président Serial loser Le total fiasco de la politique de Milosevic ne l'a jamais troublé.«J’ai le sommeil paisible et la conscience tranquille», confiait-il après son éviction du pouvoir, en octobre 2000, sous la pression des manifestations de rue contre les fraudes électorales.En juin 2001, il a été transféré à La Haye sur décision du premier ministre réformiste, Zoran Djmdjic, qui fat assassiné un an plus tard.C’était un animal a sang froid.«U n’a jamais montré la moindre compassion même pour un Serbe et les gens semblent n ’être à ses yeux que des pions dans un grand jeu de stratégie», raconta Warren Zimmerman, ambassadeur américain à Belgrade de 1989 à 1992.«Un serial loser», résuma un diplomate britannique.Milosevic a en effet raté tout ce qu’il a entrepris.En s’installant à la présidence de la Serbie en 1990, il rêvait d’une Serbie forte qui recentraliserait autour d’elle la Yougoslavie.Ces velléités de reprise en main entraînèrent en 1991 l’éclatement de la fédération, créée en 1945 par le Croato-Slovè- ne Tito.Sur ces décombres, il tenta alors d’édifier par la force la plus grande Serbie possible en armant les extrémistes serbes de Croatie, puis de Bosnie.Son objectif était de regrouper tous les Serbes dans un même Etat comme le souhaitaient nombre d'intellectuels nationalistes.Cette politique de conquête et de nettoyage ethnique fit plus de 250 000 morts et plus d’un million de réfugiés dont, au final, des centaines de milliers de Serbes ayant fui en 1995 les régions reconquises par les forces croates et bosniaques.A l’époque, Slobodan Milosevic réussissait encore à faire illusion sur les Occidentaux, qui le considéraient selon la formule de Richard Holbrooke, émissaire de Bill Clinton pour les Balkans, comme «la source du problème mais aussi sa solution».Il avait su se poser en homme de paix en marginalisant les plus radicaux de ses alliés et en signant les accords de Dayton en 1995, qui mirent fin aux guerres de Croatie et de Bosnie.Quatre ans plus tard éclatait la crise du Kosovo, région du sud de la Serbie peuplée en majorité d’Albanais de souche qui voulaient l’indépendance.Il refusa tout compromis.Après trois mois de bombardements de l'OTAN au printemps 1999, le président yougoslave a jeté l’éponge.Le Kosovo a été placé sous protectorat inter-nadonal avant une future indépendance jugée inéluctable par les Occidentaux Autocrate Bourreau des Croates, des Bosniaques et des Albanais, Slobodan Milosevic n’eut jamais besoin d’utiliser la terreur contre son peuple.Autocrate plus que dictateur, il décidait de tout mais il laissait ses ennemis politiques le critiquer publique ment II n'y avait pas de camps de concentration et guère de prisonniers politiques.Sous son régime, des élections pluralistes se déroulaient régulièrement même si elles étaient loin d’être libres et honnêtes.C’était avant tout un redoutable tacticien qui savait acheter et diviser ses adversaires.Opposant de la première heure, le cinéaste Goran Markovic, qui a consacré un film à l’ironie amère sur cette décennie, a souligné: «Nous devons tous nous interroger sur ce que nous avons fait à l’époque, sur tout ce que nous n’avons pas fait et surtout sur ce que nous aurions pu faire.» Pour la plupart des Serbes, Milosevic représente, surtout maintenant qu’il est mort, un commode bouc émissaire.Le travail de mémoire s’annonce long et difficile.Libération SUITE DE LA PAGE B 1 Selon un conseiller du TPIY cité par la télévision publique néerlandaise NOS, un échantillon de sang prélevé sur Milosevic entre novembre et janvier contenait des traces de médicaments administrés aux patients atteints de la lèpre et de la tuberculose.Ces médicaments pouvaient neutraliser ceux qui lui étaient donnés pour lutter contre l'hypertension et les problèmes cardiaques.Le président du TPIY, Fausto Pocar, a ordonné une enquête complète et précisé que les autorités néerlandaises participeraient aux investigations.Pocar et del Ponte ont tous deux regretté la mort de l’ancien homme fort de Belgrade.Ce décès «prive les victimes de la justice qu ’elles méritent et dont elles ont besoin», a déclaré la procureure lors d'une conférence de presse tenue à I^i Haye.«Aujourd’hui plus que jamais, I j’attends de la Serbie quelle arrête et transfère enfin Ratko Mladic I et Radovan Karadzic à La Haye MILOSEVIC IVAN MILUTINOVIC REUTERS Une fillette regarde des chandelles déposées à la mémoire de Milosevic devant les bureaux de son ancien parti, à Belgrade.le plus tôt possible.La mort de Slobodan Milosevic rend encore plus urgent leur rendez-vous avec la justice.» Comme elle, la communauté internationale presse la Serbie de transférer à La Haye l’ancien dirigeant bosno-serbe Karadzic et le général Mladic, accusés de génocide.Le président serbe, Boris Ta- dic, a déclaré que Milosevic n'aurait pas droit à des obsèques nationales et qu’aucune amnistie ne serait accordée à sa veuve.Mira Markov,c, qui risque d’être arrêtée en Serbie pour abus de pouvoir si elle rentrait de son exil russe.On ignore si Mira Markovic viendra se recueillir sur la dépouille de son époux à La Haye, où elle lui avait rendu visite jusqu’en 2003, date à laquelle elle s’est réfugiée en Russie pour échapper à l’arrestation dans son pays.Huit femmes serbes ont déposé des fleurs hier à l’entrée du TPIY.Aucune grande manifestation publique d’hommage au défunt n’a eu lieu à Belgrade, hormis une veillée organisée par une centaine d'inconditionnels au siège de son ex-Parti socialiste.Les Serbes ont en revanche marqué hier le troisième anniversaire de l’assassinat de Zoran Djindjic, le premier ministre réformateur qui avait évincé Milosevic du pouvoir.LES PETITES ANNONCES Courriel: petitesannonces@ledevoir.com AVIS DE DECES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI ÂiTVENDREDI DE 8H îinr 1 7 H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesan nonces @ ledevoir.com Conditions de paiement ; cartes de crédit REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100 • 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 • 150 Achat-vente-^change 160*199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 * 250 Achat-vente-achange 251 • 299 Location MARCHANDISES OFFRES D’EMPLOI PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES VÉHICULES Sudoku par Fabien Savary 5 9 2 8 7 8 5 Niveau de difficulté : FACILE Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide Chaque ligne, chaque colonne et chaque botte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une botte 3x3.i du dernier numéro 4 2 1 6 3 8 7 5 9 5 9 3 4 7 2 6 1 8 6 8 7 5 9 1 4 3 2 7 1 2 3 6 5 9 8 4 8 4 5 2 1 9 3 6 7 9 3 6 7 8 4 1 2 5 1 7 9 8 2 6 5 4 3 3 5 8 1 4 7 2 9 6 2 6 4 9 5 3 8 7 1 SUDOKU : le logiciel 10 OOO sudoKus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En «xcKjsnnté sur (• vt# .ms Mordus 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