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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-03-08, Collections de BAnQ.

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PROCHE-ORIENT C’EST LA VIE! Israël refuse qu’on lui fasse la leçon Page A 5 ~*rrrr) •________________ Existe-t-il encore une vie hors du Plateau Mont-Royal?Page B 1 ?w w w .I e d e v o i r .(‘ o m ?LE DEVOIR V 0 L .X C 1 I 1 X ° 5 O ?L E V E X I) H E I) i 8 M A R S 2 O O 2 8 7 O * TAXES» l $ Pour le rapatriement de la TPS La commission Séguin recommande aussi l’abolition du programme de transfert social canadien et une révision des règles de la péréquation ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Loin d’être le mythe que prétend Ottawa ou de se résoudre d’elle-même, la tension créée par l’accroissement des revenus du gouvernement fédéral alors que s’alourdissent les responsabilités financières des provinces ira en s’aggravant au cours des prochaines années au pays, conclut la Commission sur le déséquilibre fiscal, qui a déposé son rapport hier à Québec.Pour résoudre cette crise, la commission présidée par l'ancien ministre libéral Yves Séguin recommande notamment l’abolition du programme de transfert social canadien, la récupération par les provinres de la TPS et une révision des règles de fonctionnement de la péréquation.Se basant sur une étude commandée au très conservateur Conference Board du Canada, la commission Séguin constate que le gouvernement du Québec est condamné à connaître, au cours des 20 prochaines années, des déficits annuels moyens de trois milliards de dollars et de voir sa dette accumulée passer de 100 milliards à 160 milliards si on ne change rien aux structures fiscales actuelles.Pendant ce temps, le gouvernement fédéral devrait être en mesure de réaliser des surplus qui passeront de 17 milliards à 90 milliards au cours de la même période, en plus d’effacer presque totalement sa propre dette, qui frisait les 600 ntilliards l’an dernier.Les causes de ce déséquilibre sont multiples et dé passent les effets de conjoncture, note le rapport de 214 pages, qui boucle dix mois de recherche, de consultations auprès d’experts et d’audiences publiques.Ces causes tiennent notamment au fait qu’Ottawa dispose des sources de revenus les plus importantes, par exemple avec 60 % des impôts sur les particuliers, alors que ce sont les provinces qui font face aux plus fortes hausses de leurs dépenses, induites notamment par les tendances démographiques, comme dans le cas de la santé.Pour remédier à la situation, la commission Séguin propose d’abord qu’Ottawa abolisse son programme de Transfert canadien en matière de santé VOIR PAGE A 8: TPS ¦ «Il faut répandre la bonne nouvelle», page A 8 De larges extraits du rapport Séguin, page A 7 Virage à droite : Ménard pourrait faire marche arrière FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le ministre des Transports, Serge Ménard, n’exclut pas l’idée de renverser la décision, prise par son prédécesseur, qui aura pour effet d’autoriser le virage à droite au feu rouge en août prochain.Dans la foulée des révélations faites par Le Devoir hier, M.Ménard avoue être moins convaincu qu’il ne l’était de la pertinence d’étendre cette pratique à toute la province.M.Ménard a indiqué qu’il lira en profondeur le document qui a plongé l’ex-ministre Guy Chevrette dans l’embarras, hier, et qu'il se fera par la suite «une tête» sur la question.Etes-vous moins convaincu qu’avant?, lui a-t-on demandé.«Exactement, a-t-il ré pondu, parce que je ne connaissais pas l’existence de l’autre rapport.Ily a, à la Société de l’assurance automobile [SAAQ], comme dans bien des organisations, des opinions divergentes.Personnellement, je trouve ça sain d’être en présence d’opinions divergentes, ça va me permettre de me faire une meilleure idée.» C’est en ce sens que M.Ménard a rencontré hier après-midi la Coalition contre le virage à droite au feu rouge.Il a indiqué qu'il prendra bientôt rendez-vous avec les auteurs du bilan des projets-pilotes sur le virage à droite au feu rouge.En effet, nous révélions hier que sous l'impulsion de M.Chevrette, ce bilan VOIR PAGE A 8: VIRAGE Le Zimbabwe aux urnes REUTERS % £ y»-j*.* A L’APPROCHE du scrutin présidentiel qui se déroulera en fin de semaine au Zimbabwe, un membre de la brigade jeunesse a fort à faire pour retenir les partisans du président Robert Mugabe (à gauche) venus l’accueillir à son arrivée hier à Chinoyi, à 120 kilomètres au nord-ouest d’Harare.U parti d'opposition accuse les militants appartenant à cette brigade d’avoir eu recours à la violence contre les adversaires du régime tout au long de la campagne électo- Après le bras canadien, le robot foreur ira sur Mars « Croire en soi-même » Le moment avait quelque chose de touchant.L’équipe féminine canadienne de hockey venait tout juste de remporter la médaille d’or dans l’euphorie.Au milieu de ses filles, Danielle Sauvageau y allait d’un dernier mot d’encouragement: «Ne jamais abandonner.Toujours croire en soi-même.» C’était il y a quelques jours à peine, mais c’est déjà loin dans la tête de Danielle Sauvageau.COUR SUPRÊME La veuve d’un poseur de bombe peut-elle toucher Tassurance-vie?¦ À lire en page A 3 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Agence spatiale canadienne (ASC) présentait i hier à Sudbury un prototype d’un robot foreur qui pourrait être lancé sur la planète Mars afin de vérifier s’il s’y trouve bel et bien de l'eau, ou plutôt de la glace, enfouie sous la croûte martienne.Et si ce robot foreur mettait finalement la main sur des cristaux de glace, l’hypothèse de la présence actuelle ou passée de vie sur la planète rouge n’en serait alors que plus crédible, voire renforcée.C’est le Northern Centre for Advanced Technology Inc.(NORCAT), une société ontarienne sans but lucratif, qui est le concepteur de cette nouvelle technologie d’extraction minière robotisée et montée sur une plate-forme adaptée à l’exploration de la planète Mars.«L’héritage technologique des mineurs de Sudbury pourrait bien devenir l’héritage des pionniers de Mars», a déclaré Diane Mar-leau, députée de Sudbury.«Nous tentons de marier l'expertise canadienne dans le forage minier à celle acquise en robotique spatiale pour VOIR PAGE A 8: MARS N D E X JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Je ne suis pas devenue entraîneuse pour prouver qu'une femme peut être entraîneur.C'est parce que j’aime coacher», dit Danielle Sauvageau.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Peu de gens au pays ignorent désormais son nom.«On me dit que je suis la coach la plus connue du Canada: c’est quelque chose que j’ai encore de la difficulté à croire», souligne simplement la principale intéressée.Depuis son retour des Jeux olympiques, pourtant, Danielle Sauvageau ne peut pas ne pas remarquer toute l'attention qu’on lui porte.Les entrevues se multiplient.Les offres d’emploi aussi.Même Le Devoir\\f\ a demandé un entretien dans le cadre de la Journée internationale des femmes.Difficile, en effet, de passer à côté de cette femme énergique qui a su se démarquer dans le milieu plutôt fermé et macho du hockey.«Le sport en général est encore un monde d’hommes, et cela en grosse partie parce que le pouvoir décisionnel leur appartient encore», tranche-t-elle.Policière de métier, elle ajoute cependant que, si les femmes s’investissent de plus en plus dans le sport la population finira par oublier quel sexe a la personne en uniforme ou derrière le banc.Et elle ne parle pas à travers son chapeau.En 1999, Danielle Sauvageau est devenue la première femme à occuper un poste d’en-traineuse adjointe dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec le Rocket de Montréal.Un couple peut-il survivre à une sc pet ni lion te m par a ire?CAROL SHIELDS BLANCHE HOWARD fié ttfi 190 Carol Shiilds et Blanche Howard Une saison DE CÉLIBAT 256 PACES • 19,95 J VOIR PAGE A 8: HOCKEY LE DEVOIR.LE VENDREDI 8 MARS 2 0 0 2 LES ACTUALITES LE 8 MARS L’une tourne, l’autre aussi! Dans les années 80, Carole Poliquin se faisait dire de faire des sujets de femmes; aujourd’hui, Sophie Bissonnette a grand peine à trouver preneur pour ses films, jugés trop féminins JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Faut-il encore souligner le 8 mars?«Oui, parce que c’est seulement là que mes films sont présentés!», dit en riant Sophie Bissonnette.La réalisatrice, qui compte 25 ans de «films de femmes» à son actif, blague à moitié.Car cette année ne fait pas exception à la règle.Son plus récent documentaire, un portrait de la syndicaliste et féministe Madeleine Parent, sera diffusé dans deux semaines sur les ondes de Canal D.Carole Poliquin fait elle aussi dans le cinéma engagé.Son dernier film, Le Bien commun, a d’ailleurs été diflusé hier soir à Télé-Québec (en rediffusion samedi à 13h).Un pur hasard car ce do cumentaire n’a rien à voir avec le 8 mars.Il s’intéresse plutôt à la privatisation du monde à petites doses: l’eau, la santé, les brevets, le génome humain.A priori, ces deux documentalistes d’expérience ne se rejoignent donc pas.Pourtant, elles sont comme les deux faces d’une même médaille: l’une s’affichant comme féministe — dans le ton et dans le choix des sujets—, l’autre en appliquant en sourdine les mêmes convictions dans des champs traditionnellement masculins.Mais nos sociétés ont encore bien de la peine à s’adapter à ces regards multiples.L’un ou l’autre, ça va, mais les deux à la fois.Ainsi, depuis quelques années, Carole Poliquin vogue de succès en succès.Modestes, bien sûr: on est quand même dans le documentaire, pas dans les fictions à gros budgets! Mais ^a série de films sur l’économie — L’Age de la performance.Turbulences, L’Emploi du temps — lui a valu une certaine notoriété depuis le milieu des années 90, ce qui la sert dans ses nouveaux projets.Malgré tout, la cinéaste ne se leurre pas.«J’ai la chance d'être dans l’air du temps et j’en profite.Mais dans les années 80, j’avais les mêmes préoccupations et j’étais à l’aide sociale!», rappelle-t-elle.C’est qu’à l'époque, nul ne savait où classer cette cinéaste qui voulait sortir des sujets «féminins».Pour son premier film, en 1983, elle a connu les embûches de tout débutant, mais au moins, le thème — les garderies — était acceptable.Ensuite, efle a voulu faire un film sur la gestion participative chez General Motors.«Les travailleurs n’étaient plus des ouvriers mais des partenaires.Ce changement m’intéressait», raconte-t-elle.Son intérêt n’a jamais pu se concrétiser.«On me disait: “Tu peux aller au JACQUES NADEAU LE DEVOIR Leurs films les distinguent, leurs intérêts les rapprochent.Documentaristes renommées, la blonde Sophie Bissonnette et la brune Carole Poliquin sont féministes chacune à leur manière.Mais il n’est pas si simple de tourner selon ses convictions.studio des femmes de l’ONF, mais comme tu ne Jais pas des films de femmes, ça va être compliqué de te financer.” Et on se demandait bien pourquoi je m’intéressais à une usine de gars, à des chars, à un gros syndicat masculin.» Elle a fini par faire un autre film.sur la dénatalité.Le Dernier Enfant, sorti en 1990.«Rétrospectivement, je me pose la question: est-ce qu 'on m'a finalement donné les moyens de faire ce film — alors que jusque-là, j’avais eu des refus — parce qu’on identifiait cette problématique aux femmes?S’est-on dit: “OK, ça, elle va être capable, c’est pas trop compliqué, elle parle de ce qu 'elle connaît”?» Il n’y a pas de paranoïa dans cette question, seulement un constat des fluctuations des goûts du jour, qui affectent particulièrement les femmes, comme le constate Sophie Bissonnette, qui écoute Carole Poliquin en opinant Elle, elle a vécu le cheminement inverse.Au début des années 80, elle a été lancée par un film qui a connu un beau succès: Quel numéro?What number?, sur les téléphonistes de Bell Canada.Quelques années plus tard, en 1989, elle a signé un documentaire remarqué sur la militante Léa Roback, Des lumières dans la grande noirceur.«Aujourd’hui, dit-elle, j'ai de plus en plus de difficulté à faire les films que je veux.On me reproche une approche trop féminine, qui était pourtant acceptée dans les années 80.J’ai eu quatre fois moins d’argent pour mon film sur Madeleine Tarent que pour celui fait il y a plus de dix ans sur Léa Roback, qui est moins connue!» C’est que le cinéma n’est plus de l’artisanat comme à leurs débuts, mais une industrie.Ne tournera que celui qui aura un diffuseur assuré.Certes, ces diffuseurs sont plus nombreux grâce à la multiplication des chaînes spédalisées.«Mais ces chaînes, privées, ont moins de moyens que les dijfuseurs publics, et elles doivent répondre à des commanditaires qui pensent en termes de cotes d’écoute.Alors moi, avec mes sujets de femmes, j’ai du mal à trouver du financement», explique Sophie Bissonnette.C’est encore pire quand un projet comporte des risques.Avec les hommes, les organismes subventionnaires osent Beaucoup moins avec les femmes, même lorsqu’elles ont 25 ans de métier.«Récemment, j’ai eu un projet différent, personnel.Il demandait un vote de confiance: je ne l’ai pas eu.Oh, on ne m’a pas dit, comme on disait aux femmes il y a 30 ans: “tu ne seras pas capable” ou “ton sujet n'est pas intéressant”.Mais le résultat est quand même là», dit-elle.Sophie Bissonnette persiste malgré tout En décembre, par exemple, elle a présenté Partition pour voix de femmes, qui rend compte de la Marche mondiale des femmes dans 23 pays.Carole Poliquin tient aussi à ses sujets.Son cycle de films sur la mondialisation est terminé, elle veut maintenant toucher au domaine scientifique.Et tant pis si ce n’est pas aussi vendeur que l’économie.Car leurs films, disent-elles en chœur, répondent à un besoin.H n’y a qu’à voir à quel point ils sont demandés et discutés dans les réseaux de l’éducation, des syndicats, du monde communautaire.«Je pourrais passer une année à temps plein à accompagner mes films», dit Carole Poliquin.Elles comptent aussi sur la relève, leurs propres filles comme leurs jeunes collègues.Des filles énergiques et confiantes, qui n'ont pas encore connu leurs premiers refus et qui n’y réagiront sans doute pas comme leurs aînées.«J’ai 45 ans et je me dis qu’il y a peut-être des choses que moi, je ne réussirai pas, constate Sophie Bissonnette.Mais j’ai bon espoir que les jeunes femmes vont prendre leur place et la tenir! Et j’espère aussi que les garçons viendront davantage sur le terrain des femmes: celui des enfants, des relations personnelles.Qu’il y ait enfin autre chose, pour tous, que le seul modèle très masculin de la compétition.» Exportation de gaz naturel Ottawa veut obtenir sa part des crédits deGES LOUIS GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Ottawa pourrait, l’automne prochain, menacer une nouvelle fois la communauté internationale de ne pas ratifier l'accord de Kyoto s’il n’obtient pas de nouvelles concessions de nature à réduire substantiellement ses engagements.C’est ce qu’ont confirmé hier deux sources gouvernementales dignes de foi, selon lesquelles le premier ministre Jean Chrétien et son ministre de l’Environnement, David Anderson, sont aussi déterminés à faire face à l’opposition actuelle des lobbys du pétrole et de certaines provinces quant à la ratification du protocole qu’à obtenir de nouvelles concessions de la communauté Internationale au chapitre des exportations d’énergie propre, i.e.de gaz naturel et d’électricité.Le Globe and Mail affirmait hier avoir eu confirmation ministérielle qu'Ottawa pourrait tenter d’obtenir des réductions aussi substantielles que 70 mégatonnes de gaz à effet de serre (GES), soit pratiquement le tiers de l’objectif de 240 mégatonnes, qui permettrait de ramener les émissions nationales à 6 % sous le niveau de 1990.Mais à Ottawa, on précisait que les visées canadiennes pourraient dans les faits s'avérer plus modestes compte tenu des gains réalisés à Bonn et à Marrakech sur la question des puits de GES, soit sur des moyens de récupérer du carbone atmosphérique pour l’emprisonner dans les plantes, les arbres ou le sol au lieu de procéder à des réductions dans les usines, le secteur du transport, le domaine du chauffage, la production d’énergie, etc.Ottawa a déjà soulevé la question des exportations d'énergie propre dans les comités techniques du proto cole, fl estime par exemple que s’il permet aux Américains d'extraire du gaz naturel de l’Dede-Sable, en Nouvelle-Ecosse, pour remplacer du charbon et du pétrole en Nouvelle-Angleterre, il ne faudrait pas que les États-Unis accaparent tous les crédits de GES associés à ces réductions.A son avis, le Canada devrait obtenir une part de ces crédits pour réduire son bilan d’émissions.Le transport du gaz exige autour de 8 % du combustible transporté, qui se perd ou qui est utilisé dans les pompes, etc.L’exportation du gaz augmente les émissions canadiennes mais Ottawa estime qu’au minimum, cette portion devrait être déduite du gain enregistré par l’importateur de cette énergie propre.Les experts internationaux ne voient pas les choses du même œil et craignent soit une double comptabilité, soit une diminution par cette pratique de l’intérêt des substitutions d’énergie en les rendant moins payantes en matière de crédits.Entre-temps, le ministre Anderson signait hier à Washington une entente de partenariat technologique et politique pour intensifier la lufte contre les changements climatiques même si les États-Unis ont une stratégie indépendante du protocole de Kyoto.D’autre part, hier à Ottawa, une coalition d’organismes québécois a réclamé une ratification rapide du protocole de Kyoto.Cette coalition regroupait le Bloc québécois, la CSN, la FTQ, Greenpeace, Environnement Jeunesse, la Fédération étudiante collégiale du Québec, Force jeunesse, le Club 2/3 de l’Université Laval et le groupe Équiterre.b l! * r-sm ^ fe î t- , m ! S » I I P&l I V, .ionale des femmes En toute complicité Femmes du monde entier Travailleuses, mères, épouses, sœurs, amies En alliance avec les hommes du monde Édifions une Terre de paix EN BREF Revoir les priorités (Le Devoir) — Québec devrait aider financièrement les groupes écologistes locaux dits «de base», les plus démunis, au lieu d'ajouter aux sommes déjà substantielles accordées aux Conseils régionaux de l’environnement (CRE).C’est ce qu’a soutenu hier le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) à la suite de la décision de Québec d'ajouter 600 000 $ au financement statutaire des groupes, dont 400 000 $ aux CRE.Les CRE sont en principe formés majoritairement de groupes de base mais, pour l'instant un grand nombre d’entre eux sont carrément exsangues, sinon moribonds, faute de financement statutaire, ce qui réduit leur vitalité et celle de la problé matique environnementale au niveau local et même au niveau des CRE.Si on n’aide pas ces groupes de base, soutient le RQGE, les CRE risquent de devenir dans certains cas de véritables «coquilles vides».Le Réseau québécois a par ailleurs déploré le fait de ne pas avoir été consulté sur les besoins de ces groupes de base, dont plusieurs lui sont affiliés.Un appel ou des dollars (Le Devoir) — Le Procureur général du Québec et ancien ministre de l’Environnement, Paul Bégin, doit en appeler rapidement du jugement rendu par la Cour supérieure mercredi, qui confirme la valeur juridique de l’autorisation accordée à la petite centrale hydroélectrique projetée par la société Boralex sur la rivière Batiscan.C’est ce qu’a affirmé hier la porte parole des Amis de la Batiscan, Anne-Marie Lafontaine.Selon elle, si Québec ne va pas de l’avant par un appel dans ce dossier, il devra songer très sérieusement à financer la poursuite que les citoyens ont eux-mêmes intentée pour faire invalider l’autorisation accordée à ce projet en contravention du règlement sur l’évaluation des impacts environnementaux.La poursuite des citoyens porte sur le nœud du problème, à savoir que des fonctionnaires ont approuvé ce projet même s’il ne respecte pas les dispositions réglementaires, de l’aveu même de l’ex-mi-nistre Bégin, qui a tenté de l’annuler, un droit que vient de lui refuser la Cour supérieure.RECTIFICATIF Dans notre publication de mercredi, nous avons par erreur fait paraître une publicité de la chaîne télévisée RDI annonçant que l'émission «L'Attentat., Pourquoi on a voulu me tuer.» avec Michel Auger aurait lieu le soir même à 20 heures.Cette émission sera cependant diffusée le mardi 12 mars à 20 heures.TOUTES NOS EXCUSES AUX AUDITEURS DE RDI POUR CETTE MÉPRISE. A 3 LE DEVOIR.LE VENDREDI S MARS 2 0 0 2 LE DEVOIR ® îâ ACTUALITES sA/irté et spiritueux J \ de Montréal ^ JU Christian R i o u x ?L’Allemagne brise un tabou Munich — Il y a quelques années, l’Allemagne a brisé un tabou.Pour la première fois, elle a accordé la citoyenneté aux immigrants qui vivaient depuis un certain temps dans le pays.Ceux qui connaissaient l’histoire de l’Allemagne ont alors compris la petite révolution qui prenait forme au cœur de l’Europe.La semaine dernière, le gouvernement social-démocrate de Gerhard Schroder a brisé un autre tabou.Le 1er mars, le Bundestag a adopté la première loi allemande sur l’immigration.Vu d’Amérique, cela semble banal.Mais vu d’Allemagne, il s’agit d’un vrai chambardement des mentalités.La loi propose d’ouvrir les frontières aux travailleurs qualifiés, selon les «capacités d’intégration» et les besoins du marché du travail.Elle fixe les conditions du regroupement familial et les critères de sélection des candidats: profession, formation, connaissance de la langue du pays d’accueil, etc.Afin d’éviter le «multiculturalisme», elle rend obligatoires les cours de langue, de culture et d’histoire allemandes.Le pays veut ainsi rompre avec la situation créée dans les années 60.Des centaines de milliers d’immigrants turcs avaient alors été considérés comme de simples «hôtes» provisoires.Même s’ils ont fait leur vie en Allemagne.Mais le 22 mars, la loi doit encore passer l’épreuve de la Chambre haute, le Bundesrat.En pleine lutte électorale et alors que la droite se cherche des sujets de campagne, l’aventure est plus périlleuse que jamais.Un exemple qui pourrait inspirer les fédéralistes canadiens ?Si cette ratification n’est pas une formalité, c’est que les Allemands ont un vrai sénat Pas une assemblée de dévots nommés pour services rendus au premier ministre.Pas une maison de retraite pour les anciens courtisans du pouvoir.Ni une sinécure pour les artistes de variété qui ne font plus recette.Un sénat, quoi, comme on en trouve dans toutes les fédérations qui se respectent Une chambre haute comme en rêvait la classe politique canadienne à l’époque où elle s’accordait encore le droit de rêver.Le Bundesrat regroupe les représentants des 16 lander du pays (les provinces allemandes).Il peut forcer le réexamen de toutes les lois.Mais son accord est indispensable à l’adoption de plus de la moitié d'entre elles.La chambre a un vrai droit de veto sur tout ce qui concerne ou modifie les prérogatives des lander.Imaginez que sur n'importe quelle question débattue à Ottawa, Bernard Landry puisse à tout moment prendre la parole au Sénat et nouer des alliances avec les premiers ministres des autres provinces pour censurer le gouvernement.Imaginez que les belles manifestations d’unanimité des provinces contre la réduction des fonds fédéraux en santé ne se fassent plus dans un hôtel des Rocheuses mais sur la colline parlementaire, où elles forceraient les ministres à négocier en tenant compte de la volonté majoritaire des provinces.Le Sénat allemand est associé à toutes les étapes de rédaction de la plupart des lois.En cas de désaccord, des commissions de conciliation proposent des compromis.Il arrive d’ailleurs que les représentants des lander votent contre leur propre parti au pouvoir à Berlin.?Comme la coalition rouge et verte qui dirige l’Allemagne depuis quatre ans n’est pas majoritaire au Bundesrat, Gerhard Schrôder ne peut sauver son projet de loi qu’en négociant avec les lânder.En particulier ceux où les sociaux-démocrates partagent le pouvoir avec les démocrates chrétiens (CDU) et les anciens communistes de l’Est (PDS).De son côté, le nouveau chef de l’opposition, le ministre-chancelier de Bavière, Edmund Stroiber (CSU), pourra difficilement ne pas soulever cette question délicate à sept mois seulement des élections.Surtout que l’Allemagne compte 4,3 millions de chômeurs.Ce faisant, il risque pourtant de se tirer dans le pied puisque les votes qui lui manquent ne sont pas à droite mais au centre.Car les mentalités allemandes ont changé.Le patronat soutient largement l'immigration sélective dans les secteurs où il y a pénurie de main-d’œuvre.On soupçonne d’ailleurs Gerhard Schrôder d’avoir volontairement glissé cette pelure de banane sous les pieds de son adversaire.Le chancelier allemand n'a pas tort de rappeler qu’ü est préférable d’avoir une mauvaise loi sur l'immigration que pas de loi du tout En se donnant une loi, les Allemands cessent enfin d’ignorer les sept millions d’immigrants (plus un million d’illégaux) qui vivent sur leur territoire.En s'obligeant à réexaminer périodiquement leur attitude à leur égard, ils cessent de se cacher la tête dans le sable, comme le font encore plusieurs pays européens.Même la France, qui a longtemps été un pays d’immigration, refuse toujours d'aborder ouvertement la question dans une loi.Or le débat sur «l'insécurité» qui est en train de pourrir la campagne électorale française concerne justement l'intégration de toute une génération d'enfants d’immigrants qui a le sentiment de ne pas avoir de place.Au lieu de stigmatiser les jeunes «sauvageons» qui brûlent des voitures, les dirigeants politiques français feraient mieux de suivre l'exemple allemand et de s’interroger sur ce qu'ils font pour intégrer la jeunesse immigrante.Même les fédéralistes canadiens pourraient profiter de l’exemple allemand pour réfléchir au simulacre de démocratie («friendly dictatorship», dit le columnist Jeffrey Simpson) qui se joue impunément au Sénat d’Ottawa.crioux@ledevoir.com Cour suprême La veuve d’un poseur de bombe veut toucher l’assurance-vie Deux tribunaux inférieurs ont déjà ordonné à la compagnie de verser l'indemnité de 50 000 $ VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Et boum! La Cour suprême du Canada tranchera ce matin une intéressante question de droit: peut-on bénéficier de l'assurance-vie de son conjoint déçédé en posant une bombe?A première vue, la cause a l’air anecdotique.Le tout est de savoir si la police d’assurance-vie d’une personne qui meurt en commettant un acte criminel est toujours valide.Le 22 janvier 1994, Roger Arbic se rend à l’aéroport de Dorval.Selon la preuve, il installe alors une bombe dans une voiture ne lui appartenant pas.Mais voilà, le véhicule explose et l’homme d’une cinquantaine d’années meurt sur le coup.Le 11 octobre 1990, M.Arbic a souscrit à une police d’assurance-vie d’une valeur de 50 000 $ avec la compagnie Transamerica du Canada.Le contrat stipule que seuls une fraude ou un suicide durant les deux ans qui suivent la date de signature de la police justifieraient le non-paiement du capital.Pour expliquer son refus de payer, la compagnie d’assurances se réfère au Common law et soutient que le geste commis par Roger Arbic était contraire à l'ordre public.En gros, le Code civil en vigueur ailleurs au Canada anglais interdit à une personne de bénéficier de son crime, quel qu’il soit De son côté, la veuve, Danielle Goulet, maintient que le décès de son conjoint était accidentel et qu’aucune clause de la police d’assurance-vie ne prévoit une exclusion si l’assuré commet un acte criminel.Certaines questions de droit des assurances ont déjà été soulevées devant les tribunaux et sont réglementées.Tel est le cas pour une assurance habitation, par exemple.Si un assuré met le feu à son commerce ou simule un vol dans sa propre maison, l’assurance n’est pas valide.1-e même principe s'applique si une personne s’in-llige des mutilations dans le but de soutirer une assurance-invalidité.En assurance-vie, on ne verse pas d’indemnités si le bénéficiaire d’une police assassine l’assuré.On parle ici d’actes intentionnels.Ainsi, Transamerica veut démontrer que M.Arbic savait qu'il allait entraîner sa propre mort en ixisant une bombe sous le véhicule d'une autre personne.L'argumentaire a été entendu en Cour supérieure et en Cour d’appel.Chaque fois Mme Goulet a eu raison.«Ce qui est intéressant dans ce dossier, c’est qu'il peut permettre l'application de deux règles émanant de deux systèmes de droit la Common Imw du Canada anglais et le droit civil du Québec», souligne son avocat, Mc Jean Blaquière.«Est-ce qu’on doit jalousement préserver le droit civil québécois ou alors ouvrir une petite brèche p O O 2 a r> Le Devoir LE MONDE Zaher Shah contredit Hamid Karzaï La guerre est inutile, dit r ex-roi AGENCE FRANCE-PRESSE Rome — L’ex-roi afghan, Mohamed Zaher Shah, a jugé que l’actuelle guerre menée par les forces occidentales en Afghanistan est «stupide et inutile- dans une entrevue au quotidien La Stampa publiée hier.C’est «une guerre stupide et inutile, et ce serait mieux si elle s'arrêtait immédiatement.Mon peuple a toujours combattu pour la liberté et la démocratie.Le terrorisme, al-Qaïda, sont des phénomènes étrangers, non ajghans.Ce sont des étrangers venus d’autres parties de l'Asie, habitués à vivre isolés et à voler», a affirmé l’ancien monarque.L’ex-roi, qui n’a pas expliqué comment il pensait débarrasser le pays des membres d’al-Qaïda qui y sont toujours présents, s’est ainsi mis en porte-à-faux par rapport au chef du gouvernement intérimaire afghan, Hamid Karzaï.«J’ai dit au gouvernement américain mardi que je voulais que cette opération dure aussi longtemps que nécessaire.Nous n allons pas nous montrer impatients», a dit M.Karzaï'.Zaher Shah doit rentrer dans son pays dans les prochains jours, avant le 21 mars, date qui marque Nawroz, début de la nouvelle année pour les Afghans, dont le calendrier commence en 1381, mais la date précise est encore tenue secrète.L’ancien roi, âgé de 87 ans et en exil à Rome depuis 1973 après avoir été déposé par son cousin Mohammed Daoud, doit présider une «Loya Jirga d’urgence», l’assemblée traditionnelle afghane, convoquée au printemps pour nommer un nouveau gouvernement chargé de gérer le pays dans une deuxième phase d’une durée d’environ deux ans.«Je suis content autant que triste» de rentrer à Kaboul, a-t-il dit «Je suis heureux à l’idée de revoir l'Afghanistan mais j’ai aussi peur de l'état dans lequel je le retrouverai, détruit, avec les gens morts, les amis disparus.Je sais que seuls certains seront contents de mon retour, d’autres non.Des élections libres décideront de mon éventuel rôle» dans le pays, a-t-il ajouté.«L’heure est venue pour la reconstruction.Nous en avons les moyens, l’Europe aussi nous a aidés et elle doit rester proche de nous.J’espère vivre assez longtemps pour voir la reconstruction du pays», a conclu Zaher Shah.Les Irlandais trouvent la loi antiavortement suffisamment sévère REUTERS Dublin — Le non l’a emporté d’une courte tête au référendum de mercredi sur le projet d’amendement à la Constitution qui proposait de renforcer la loi anti-avortement, déjà la plus stricte de riJnion européenne, selon les résultats officiels proclamés hier.Le non recueille 629 041 suffrages, contre seulement 618 485 pour le oui.Le taux de participation n'atteint pas 43 % des 2,8 millions d’Irlandais appelés aux urnes, soit un niveau bien inférieur à celui enregistré (68 %) lors du dernier référendum sur l'avortement en 1992.«Le peuple a parlé et nous devons respecter son choix, a déclaré le premier ministre, Bertie Ahern.Le prochain gouvernement devra étudier et comprendre le résultat et les implications de ce référendum.» A la veille des élections législatives du printemps prochain, ce résultat est un revers majeur pour la coalition gouvernementale de centrtMlroit emmenée par le Fian-pa Fail qui, comme la puissante Église catholique, avait vivement soutenu le oui.Le débat va porter à présent sur ce que ce non signifie, s'il appelle à une ouverture majeure sur la question de l'avortement ou pas.Ce référendum était le cinquième en 20 ans sur cette question qui est l’une des plus délicates, dans ce pays profondément catholique.Israël refuse qu’on lui fasse la leçon ¦ Le président Katsav invoque le droit à l'autodéfense à Ottawa ¦ Washington renvoie son émissaire au Proche-Orient Israël a poursuivi hier ses représailles contre les Palestiniens, alors que les États-Unis se montrent plus critiques vis-à-\is de la politique d’Ariel Sharon.Le président israélien Moshé Katsav a rejeté les reproches faits au premier ministre Sharon.HELENE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le président israélien Moshé Katsav, en visite officielle au Canada, n’apprécie pas les remontrances que lui ont faites Washington et Ottawa mercredi, rappelant que l’État hébreu a le droit de défendre son peuple.Il demande au Canada de diriger son action diplomatique vers le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, pour le convaincre de se prononcer sans équivoque contre la violence.«Aucun pays démocratique ne devrait s'opposer à notre droit d'autodéfense et personne dans ce monde n’a le droit de nous condamner parce que nous protégeons nos citoyens», a-t-il déclaré lors d’un dîner officiel.Mais le président Katsav ne croit pas que le Canada ait franchi cette limite.«Je crois que vos intentions à notre endroit sont très pures, très amicales.Vous avez le droit d’être en désaccord avec toute position que ce soit, et nous avons le droit d’être en désaccord avec vous.Mais en bout de parcours, nous resterons des frères.» Par la suite, M.Katsav a indiqué que les divergences d'opinion entre le Canada et Israël à propos de la politique interne de l’État hébreu n’étaient pas «profondes».Quant au discours de la veille du ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, qui déplorait que la disproportion de la riposte israélienne entache l’image de compassion d’Israël, le président s’en est tiré en disant qu’il n’était pas présent lors de l’allocution du ministre.«Je ne l’ai pas entendu et il ne me l’a pas dit» lors de l'entretien privé qu’ont eu les deux hommes, a-t-il fait valoir.«J'ai réussi à le convaincre que notre politique n’est pas excessive.» Par ailleurs, le président Katsav a demande au Canada de se montrer plus strict face à Yasser Arafat et de le menacer de ne plus le reconnaître connue un interlocuteur crédible s’il ne se prononce pas clairement contre les attentats terroristes.«Yasser Arafat n'est pas sensible aux tries humaines.Il n 'est pas sensible au bain de sang.U n est pas sensible aux souffrances du peuple palestinien.Il n est pas sensible aux forces de défense israéliennes.Mais il est très sensible à la voix internationale.» Cheney et Zinni en tournée le président américain George W.Bush a annoncé hier après-midi sa décision de renvoyer la semaine prochaine dans la région l’émissaire américain au Proche-Orient, .Anthony Zinni.«Compte tenu de notre engagement pour la paix, je renverrai la semaine prochaine le général Anthony Zinni», a déclaré M.Bush, qui était entouré du vice-president Dick Cheney et du secrétaire d’État Colin PowelL M.Cheney a de son côté annoncé qu’il partira dimanche en tournée au ProcheOrient.M.Bush s’est affirmé «très préoccupé» par l’escalade de la violence et le nombre croissant des victimes au Proche-Orient II a déclaré que les récentes idées avancées par le prince héritier saoudien Abdallah Abdul ben Aziz «avaient créé une ouverture pour discuter du contexte plus large de la paix et de la nonnalisation des relations araboisraéliennes».«Les États-Unis entendent explorer cette ouverture», a affirmé M.Bush tout en soulignant que la réduction de la violence et la mise en œuvre du plan élaboré par le directeur de la CIA, George Tenet pour obtenir un cessez-le-feu durable demeurent «la première étape» avant de pouvoir passer à la mise en œuvre des recommandations de la commission JIM YOUNO RlîUTliRS 1-0 président Katsav (à droite) a rencontré le ministre canadien des Affaires étrangères, Hill Graham.Mitchell et la reprise du processus politique entre les deux parties.«Les États-Unis, a-t-il dit, ont la vision d'un Croche «Orient dans lequel Ums les peuples, Arabes comme Israéliens, peuvent vivre en voisins, en pleine paix et en sécurité.» M.Bush a pressé de nouveau le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, de faire le maximum d’efforts pour mettre un terme au terrorisme contre Israël.Mais il a également affirmé qu’il comptait sur toutes les parties dans la région, y compris le premier ministre israélien Ariel Sharon, pour tout faire afin de faciliter le succès des efforts de paix, jugeant «bien équilibrés» les avertissements adressés la veille tant à M.Arafat qu’à M.Sharon.«Je comprends parfaitement qu'une natitm veuille se (léféndre, a-t-il dit en référence à Israël.Mais il faut aussi avoir une vision pour la paix qui aille au delà de la sécurité.U faut chercher à atteindre une paix durable et j’espère que mon ami le premier ministre Shanm est d’accord avec cette appréciation.» M.Bush a estimé que l’envoi de M.Zinni au ProcheOrient, parallè lement à la tournée qu’entreprendra M.Cheney à partir de di- manche dans douze pays, |x)urrait avoir «un impact positif».Ijos forces israéliennes ont mené hier de nouvelles représailles contre les Palestiniens, suscitant de vives critiques internationales.Treize Palestiniens ont péri chuis la dernière vague de violences, au cours desquelles des navires, hélicoptères et avions de combat israéliens ont à nouveau pilonné les bâtiments de la sécurité palestinienne.Tsalial a aussi fait des incursions dans deux camps de réfugiéset d;uis la ville cis jordanienne de Toulkarem.Avec l'Agence France-Presse Mercredi soir, au téléphone, MM.Arafat et Peres ne s’entendaient plus parler «Shimon, on est en train de me bombarder!»* Yasser Arafat AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — Le ministre israélien des Affaires étrangères.Shimon Peres, a implicitement confirmé hier qu’il discutait au téléphone avec le président palestinien Yasser Arafat, mercredi soir, lorsque des hélicoptères israéliens ont tiré des roquettes près des bureaux de ce dernier, à Ramallah.Mercredi soir, un responsable palestinien avait indiqué qu'au moment de cette attaque sur Ramallah, en Cisjordanie, M.Arafat discutait au téléphone avec M.Peres.Le quoti- dien israélien Yediot Aharonot a pour sa part utilisé hier en gros tifre une citation attribuée au président Arafat disant à M.Peres: «Shimon, on est en train de me bombarder» Interrogé à la radio publique sur cet entretien, M.Peres a refasé d’en préciser le contenu.«J’ai ensuite vérifié avec le ministre de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, qui m ’a précisé que les bombardements n’avaient pas eu lieu à quelques dizaines de mètres des bureaux de Arafat mais à trois à quatre cents mètres», a déclaré M.Peres.«Mais je ne peux pas donner de détails car je dois la discrétion à mes in- terlocuteurs qui se sentent menacés en me parlant», a ajouté le chef de la diplomatie.Selon des responsables palestiniens, des hélicoptères israéliens ont tiré mercredi soir deux roquettes contre un bâtiment jouxtant les bureaux du président Arafat alors que celui-ci recevait l’émissaire européen au Proche-Orient, Miguel Angel Moratinos.C’est la première fois que des roquettes tombent aussi près des bureaux du président palestinien à Ramallah, où celui-ci est cerné par l’armée israélienne depuis le 3 décembre 2001.L’attaque n’a pas fait de victime.r.\ Shimon Peres Violences en Inde L’opposition réclame la démission du ministre de l’Intérieur AGENCE FRANCE-PRESSE New Delhi — Les partis d’opposition en Inde ont réclamé hier la démission du ministre fédéral de l’Intérieur et du chef du gouvernement régional au Gujarat pour n’avoir pu empêcher les massacres entre hindous et musulmans, qui ont fait au total 660 morts.«Si vous n'êtes pas en mesure de protéger les vies, j’ai le regret de dire, monsieur le ministre de l’Intérieur, que vous n’avez pas l’autorité morale pour rester à votre poste», a déclaré Pranab Mukherjee, haut dirigeant du Congrès, le principal parti d’opposition en Inde.«Il n’y a pas de doute: le gouvernement [régional] du Gujarat n'a pas été en mesure de protéger les vies et les biens des minorités» musulmanes, a-t-il ajouté, lors d’un débat à la Chambre haute du Parlement Le gouvernement fédéral à New Delhi et le gouvernement régional du Gujarat sont contrôlés par les nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP).Ils ont été critiqués pour n’avoir pas agi de manière rapide et décisive afin d’empêcher les représailles à la suite du massacre de 58 hindous dans un train le 27 février.Les violences, qui se sont poursuivies ensuite pendant cinq jours, ont fait 602 morts supplémentaires, selon le dernier bilan cité hier par des responsables de la police au Gujarat Outre la démission du ministre fédéral de l’Intérieur Lal Krishna Advani, l’opposition a exigé le limogeage du chef du gouvernement du Gujarat, Narendra Modi, et de l’ensemble de iV ’Ai*”* REUTERS À Ahmedabad, l’heure est à l’enlèvement des carcasses d’autos.l’administration régionale.Par ailleurs, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, a proposé hier une levée de l’interdiction de survol du territoire pakistanais par les appareils indiens, priant l’Inde de prendre des mesures réciproques, lors d’une conférence ministérielle régionale à Islamabad.Après avoir écouté les ministres de l’Information de la communauté régionale d’Asie du Sud (SARC), dont la deuxième conférence se tient dans la capitale pakistanaise, le général Musharraf a répété son souhait d’une «désescalade» dans le conflit qui oppose son pays à l’Inde à propos du Cachemire.«Il y a de la haine des deux côtés, et s’il y a de la haine, il ne peut y avoir de coopération régionale», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse impromptue, sollicitée par les journalistes indiens venus couvrir la réunion.«Supprimons l’interdiction des survols», a-t-il dit Il a également proposé que les interdictions en cours empêchant les journalistes du Pakistan et de l’Inde d’obtenir des visas pour se rendre dans le pays voisin soient supprimées, prenant à témoin le ministre indien de l’Information.«Nous voulons la paix, nous voulons une désescalade, nous voulons enlever tous les obstacles, nous sommes ouverts à toutes sortes d’accords», a-t-il encore ajouté.Il s’est également déclaré prêt à rencontrer le premier ministre indien Atal Behari Vajpayee n’importe quand.|*| Environnement Canada Environment Canada Montréal Prévisions météo & AUJOURD'HUI CE SOIR Neige intermittente Nuageux avec max 9 quelques averses min 2 SAMEDI Nuageux avec quelques averses max 11.min 2 DIMANCHE Averses de neige max -2, min -4 LUNDI Ciel variable max 5, min -10 La météo en un clin d’œil Max.Min.Normales -0.7 -10.4 Precip.0 0 mm Phases de la lune • € O Cl 3/14 3/22 3/28 4/4 .-10/-1J/ Chicoutimi -3/-13 .totoll y I 6:20 Coucher du «otoil 17 52 ‘"jtP —?Canada Le monde St John’s -3\-5 New York £_ 15\3 Halifax Z» 0\-6 Chicago ÊG 17V7 Ottawa ?1V9 Atlanta e- 25\6 Toronto m-3 Miami 28\20 Winnipeg Z» -12V16 Los Angeles c 19\8 Edmonton &.-12V25 Rio de Janeiro c- 35\24 Regma Cri -14V28 Amsterdam c- 12\5 Vancouver & 3J-3 Moscou r> -2V3 Whitehorse Zr -12V22 Tokyo £- 11\5 Yellowknife (V -20N-26 Sydney 24\20 1J Parler dlractamant avec un préviatonniata Ul Météo Conseil Frala applicable* Pour le dernier bulletin météo en ligne, consultez le élte Web météo à I URL www.meteo.ec.gc.ca La météo canadienne sur le Web LE DEVOIR, LE VENDREDI 8 MARS 2 0 0 2 A 6 EDITORIAL Étrange ministre Que le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, ait tronqué son exposé sur le Proche-Orient a ceci de sidérant qu’il n’a pas osé souligner ce que son homologue israélien Shimon Peres clamait simultanément: la politique suivie par Ariel Sharon depuis un an est un échec.L Serge Truffaut ?a chronologie du dernier acte écrit par les premiers rôles du conflit israélo-palestinien est intéressante à plus d’un égard.En début de semaine, le premier ministre israélien Ariel Sharon a révélé à quel point sa pensée politique se réduit à l’épaisseur d’une gâchette en martelant qu’il faut infliger davantage de pertes aux Palestiniens avant d’amorcer éventuellement des négociations de paix.Le lendemain, le secrétaire d’État américain.Colin Powell, a mis un terme au soutien sans faille observé jusqu’alors par l’administration Bush à l’endroit d’Israël en soulignant que l’attitude adoptée par Sharon ne mène nulle part.Le surlendemain, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, est quelque peu sorti de la réserve inhérente à sa fonction de grand commandeur du concert des nations.Sans nommer qui que ce soit.Annan s’est dit horrifié par le «carnage» et par «la rhétorique agressive croissante» qui a cours dans cette région du monde.Après tous ces atermoiements, toutes ces craintes exprimées, ces constats formulés, Shimon Peres a donc livré son jugement, que le ministre Graham devait connaître puisqu’il était public avant que celui-ci ne prononce son discours à Ottawa.À la sortie d’une réunion du cabinet Sharon, le chef de la diplomatie a confié que s’il avait su que la situation prévalant actuellement serait aussi mauvaise, il aurait refusé d’être membre de ce gouvernement Mieux — ou pire, c’est selon —, le coauteur des accords d’Oslo est allé jusqu’à affirmer ceci: «Certaines personnes en Israël ont des vues qui me terrifient.Elles veulent une autre guerre et la paix ensuite.Mais on n ’a pas besoin d’une autre guerre pour faire la paix.» Conséquence logique, Peres et les quatre autres travaillistes qui participent au gouvernement Sharon ont décidé de réunir aujourd’hui les membres de leur parti pour décider s’il y a lieu de quitter le gouvernement, ainsi que l’exigent un nombre grandissant d’observateurs de la politique israélienne.Cela posé, le ministre Graham n’était pas sans savoir que les grognements à l’endroit de Sharon, proférés par cette société qu’on appelle civile, sont plus prononcés et plus nombreux que jamais.Pour souligner la première année au pouvoir du chef du likoud, des sondages ont évidemment été menés.Des sondages qui indiquent clairement que le degré d’insatisfaction est désormais plus élevé que son contraire.Ce désamour découle tout simplement de ceci: le bilan de Sharon, sur tous les fronts, est aussi mince que du papier à cigarette.Lors de la campagne électorale qui l’avait opposé à Ehoud Barak, Sharon avait promis la sécurité aux Israéliens.Comme chacun sait, le niveau de violence est plus marqué aujourd’hui qu’il y a douze mois.Tellement que le nombre d'Israéliens tués au cours de cette période s’avère le plus important depuis une génération.Économiquement, le pays est plongé dans les limbes de la récession la plus grave depuis 50 ans.Le taux de chômage a dépassé les 10 %.Le contingent de ceux et celles qui souhaitent quitter le pays est plus imposant que jamais.Enfin, la politique suivie par Sharon pour tout ce qui a trait aux relations avec les Palestiniens a suscité la contestation jusque dans les rangs de l’armée.Une armée dorénavant dans l’obligation de faire ce qui avait causé sa perte au Liban et qu’elle ne sait toujours pas faire: la guérilla.À la lecture de ce bilan, de plus en plus d’observateurs israéliens s’accordent pour avancer qu’au fond.Sharon n’a pas de plan, pas de politique, pas de vision.Pire, qu’en jouant les va-t-en-guer-re, il fait le lit des extrémistes palestiniens.Éffectivement, attaquer le terrorisme en démolissant les infrastructures des territoires occupés revient à se tromper de cible, non?Cela étant, il faut espérer que les travaillistes, Peres à leur tête, vont reprendre leur liberté d’action et de parole en claquant la porte du gouvernement Sharon, ou alors que la prédiction du ministre de la Défense va se réaliser, à savoir qu’il y aura des élections en novembre.En attendant, on retiendra que Peres a eu le courage de ses opinions alors que le ministre Graham n’a pas eu la franchise des siennes.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE oK/.üu*T€4 un awi VoulAÎT PA5 t*î t,Ai$Ç£R s/iRÇR VA T>Ro»T£ S.Au ffuRPU&E-' > L_5-2—5 Sun ffu S? L- \ igaVajog In pax tranquilitate Voilà la devise de L’île-Dorval, où nous avons acheté un chalet il y a quelques années.Cet achat a été fait par l'entremise d'un agent immobilier et par un contrat notarié en bonne et due forme.Au moment de notre achat, nous ne connaissions pas Peter Yeomans.Si certains médias ou certaines instances ayant des intérêts politiques accusent M.Yeomans de collusion avec nous pour jouir du bien public, ce n’est que pure diffamation.Avant sa fusion forcée, L’île-Dorval avait pleine autonomie par rapport à Dorval.Elle possédait sa propre administration, avec maire et conseillers bénévoles; l’essentiel des taxes municipales perçues (soit environ 200 000 S) servait à l’entretien et aux services pour les résidants estivants, et la Ville de L’Ile-Dorval n'jivait pas de dettes.Par ailleurs, la Ville de L’île-Dorval payait une quote-part à la Communauté urbaine de Montréal (CUM).Nous avons choisi d’y établir notre résidence secondaire pour le caractère écologique, paisible et communautaire de cette île unique et pour ainsi contribuer à l’entretien et au respect du patrimoine québécois.Il faut savoir que tous les résidants participent à la sécurité et au maintien de l’environnement.Et nous sommes fiers d’avoir M.Yeomans comme voisin; comme nous, il ouvrira son chalet lui-même au printemps et il transportera ses outils dans sa brouette.Aurait-il mieux fait d’aller s’établir ailleurs?Aurions-nous tous commis une erreur en croyant pouvoir nous établir tranquillement en ces terres du Québec?Nous demandons encore pourquoi la Ville de L’Ile-Dorval devrait être intégrée à la métropole alors qu’elle ne présente aucun intérêt économique.à moins qu’il n’y ait un quelconque projet caché pour s’en approprier certains espaces?Nous trouvons indigne que le gouverne- LETTRES -?- ment du Québec dépense l’argent public en frais juridiques pour discuter du cas particulier de L’Ile-Dorval, une communauté à la gestion saine mais qui a apparemment pour grand dé faut de vouloir protéger ses intérêts et son mode de vie.D nous semble par ailleurs indé cent d’en faire la une du Devoir, suivie d’un édi-torial, prenant à partie l'un des citoyens de L’île-Dorval sous prétexte qu’il aurait pu influencer nos décisions alors que celles-ci ont été prises lors d’assemblées démocratiques ré unissant tous les résidants.Clémence Préfontaine Robert Roy L’Ile-Dorval, Montréal, 24 février 2002 Chapeau, voisins ! «Roots fait fortune avec ses bérets», prétend le fil de presse.Les avez-vous bien vus, ces bérets?Alors, vous aurez remarqué qu’ils sont la ré plique exacte de celui que portait la très sulfureuse Monica Lewinsky, médaillée d’or américaine en pipathlon, en 1998.Ainsi donc, dans leur fièvre patriotique, nos chers voisins perdent la tête pour un couvre-chef qui a fait perdre la tète à leur ancien chef.Chapeau, voisins! Renald Tremblay Montréal, 1" mars 2002 Les Olympiques d’un autre œil Le texte de M.Ohl, publié dans Le Devoir du 23 février sur l’olympisme, m’a captivé.Avec l’événement désormais célèbre Jamie Salé et David Pelletier, les Jeux, pour moi, n’ont plus le même portrait Et on n’a qu'à lire ses livres intitulés La Guerre olympique et Les Gladiateurs de l'Amérique pour connaître l’olympisme et ses marchands de muscles.Ces manuscrits sont des livres cultes et des classiques de grande littérature sportive.On le sait, l’olympisme, comme d’autres sphères sociales d'activité, n’est plus à l’abri des magouilles.D'ailleurs, l’a-t-il déjà été?À mon humble avis, l’athlète contemporain est un robot performant Aurons-nous un jour des dieux du stade clonés en laboratoire ?Des champions seront-ils créés par des scientifiques en quête de gloire et, qui plus est de reconnaissance?Chose certaine, sans les techniques modernes d’entraînement et l’usage de produits dopants, l’athlète contemporain ne monterait pas sur le podium.On a devant nous des machines à battre des records.Mais sont-ce des pions de l’échiquier olympique?Notre ère sportive est celle du syndrome du record et de la consommation de son produit le dieu du stade.Autre chose: des athlètes étaient-ils dopés en grand nombre aux Jeux de Salt Lake City?Combien dupaient le système et la population?Quant à moi, je ne jette pas l’éponge, espérant que l’olympisme, ses bonzes et ses marchands de muscles ne plient pas l’échine et rétablissent une éthique qui, avouons-le, en prend pour son rhume depuis longtemps.Comme le dit M.Ohl, et je suis d’accord, l’athlète contemporain olympique est un esclave du sport et de la performance.D’autres littérateurs et penseurs sportifs européens corroborent ses dires dans d’autres livres de littérature élitiste.Sans lui et cette intelligentsia, on ne connaîtrait pas intrinsèquement l’olympisme et ses coulisses.Certes, la technologie et la science sont de bonnes choses, mais sans leur omnipotence, le sport olympique ne serait rien.A mes yeux, l’athlète olympique est un forçat du chronomètre.Et pour des scientifiques, le dieu du stade moderne est un laboratoire chimique dont la finalité doit être un produit parfait Yves Préfontaine Sherbrooke, 27février 2002 LIBRE OPINION -4- Les femmes à la direction des entreprises québécoises PIERRE-ANDRÉ JULIEN MARTIN MORIN RICHARD LACHANCE Institut de recherche sur les PME Université du Québec à Trois-Rivières LJ arrivée en masse des femmes dans les départe ments de gestion de nos universités, à la fin des I années 70 (elles sont devenues majoritaires en 1991), devait finir par avoir des effets non seulement sur la création d'entreprises mais aussi sur les postes de direction de cellesci.Ainsi, du côté de l’entreprena-riat, on constate la multiplication, dans les dernières décennies, d’entreprises dirigées par des femmes même ri ces entreprises sont le plus souvent petites et se limitent plutôt au secteur des services aux individus et à ceux de l’hôtellerie et de la restauration.Mais on peut aussi constater la place croissante des femmes dans les postes supérieurs des entreprises.Selon une étude récente dépouillant les rapports annuels de 1999 des 500 plus grandes entreprises canadiennes, on retrouvait parmi les 5746 postes de direction mentionnés 690 femmes, soit 12 %.La chaire d’études socioéconomiques de l’UQAM avait calculé un pourcentage de 8,9 % en 1994 et de 2 % en 1985, démontrant ainsi une augmentation constante.Toutefois, en 1999, on trouvait encore 43,5 % des plus grandes entreprises canadiennes qui n'avaient aucune femme cadre alors que 27,9 % en avaient une et 28,8 % plus d’une.Ces études ne couvrent que les plus grandes entreprises.Nous avons pour notre part dépouillé deux banques de données, une de 1990 et l’autre de 2000, donnant le nom des principaux cadres pour chacune des entreprises manufacturières québécoises.Nous avons pu dresser un tableau beaucoup plus complet de la présence féminine au sein des entreprises en 2000 et son évolution ces dix dernières années.Les chiffres montrent que pour les postes les plus élevés, la féminisation n’a pas fait beaucoup de progrès.Ainsi, le poste de p.-d.g.(ou président du conseil d’administration ou chef de la direction) apparaît encore bien peu occupé par des femmes: seulement 6,3 % en 1990 et 6,4 % en 2000.Par contre, le titre de propriétaire (ou d’associé) s'est un peu plus féminisé, passant de 13,8 à 15,4 %.De même, pour le poste de vice-président, la part des femmes est passée de 20 à 21 %.Celui de directeur général a progressé de 11,4 à 14 %.Celui de directeur d’usine a cependant décru, passant de 5,6 à 4,5 %.Le poste de trésorier a progressé légèrement, de 39,7 à 44,4 %.Même chose pour les postes reliés à la production; ceux portant le titre de directeur ou de vice-président à la production, à la fabrication ou aux opérations sont passés de 7 à 9,3 % de présence féminine au total.Enfin, les postes de l’ingénierie demeurent toujours très masculins, passant de 2,5 à 3.4 % de femmes seulement.Aux autres postes, le changement a toutefois été beaucoup plus important.En particulier, dans les postes en comptabilité et en finance, la féminisation a progressé d'au moins 15,6 % et 19,2 % respectivement.Dans le cas de la comptabilité, la présence féminine était déjà élevée en 1990, à 27 %; elle atteint en 2000 près de 43 %.A la direction des finances, leur part est passée de 6 % en 1990 à 25,2 % en 2000.La féminisation des postes en ressources humaines a aussi augmenté sensiblement, passant de 36,8 à 45,9 %, une augmentation de 9.1 %.Le poste marketing a aussi connu une évolution de même ampleur que celui des ressources humaines, passant de 14,6 % en 1990 à un taux de féminisation de 23,9 % en 2000, soit une augmentation de 9,3 %.Un autre important poste, celui des ventes, similaire à celui du marketing, a progressé, moins que ce dernier cependant, passant de 10 à 13,3 %.Celui ayant trait aux achats et à l'approvisionnement a grimpé de 18,9 à 24,3 %, une progression de 5,4 %.Cette variation diffère cependant selon la taille des entreprises.Ainsi, à l’encontre de ce qu’on aurait pu penser, les plus petites entreprises engagent une proportion de femmes plus élevée que les grandes, ce qui permet de croire à une percée de l’entreprenariat féminin dans l’industrie manufacturière, même si les données ne le montrent pas bien encore.Ainsi, en comptabilité et en finance, la présence des femmes a augmenté de beaucoup chez les petites entreprises.Pour la comptabilité, l’augmentation varie de 15 à 25 % dans les établissements de moins de 100 employés.Pour le poste finances, ces gains sont de 35 % pour les établissements de moins de 20 employés et de 10 à 20 % par la suite.Les progressions que nous pouvons observer chez d’autres postes sont de moindre ampleur.Dans le cas du marketing, la présence des femmes s’est accrue de 10 à 15 %, et ce.chez les établissements de moins de 200 employés.Dans le domaine similaire des ventes, l’augmentation est plus modeste, de 5 à 8 %, et touche uniquement les établissements comptant entre 20 et 100 employés.En ce qui concerne les ressources humaines, la progression s’est faite dans les établissements de plus de 50 employés, avec des gains entre 6 et 20 %.Plus de cadres féminins 11 reste à examiner la présence des femmes par secteur d’activité et par région.Pour ce faire, nous avons restreint notre analyse à l’année 2000 et aux établissements comptant au moins dix employés.Signalons une plus grande présence féminine aux postes de cadre dans l’industrie du vêtement compte tenu d’une présence déjà très forte de travailleuses; au niveau de la direction et même à la production, les taux de féminisation atteignent même le double de la moyenne.Dans quelques autres industries, la féminisation touche un seul groupe de cadres, comme dans l’industrie du cuir, dans celle-ci, la direction est plus féminisée que la moyenne: 21 % sont des femmes, comparativement à la moyenne d’ensemble de 10 %.Dans l’industrie du vêtement de l’imprimerie et des industries diverses, la présence de femmes est plus élevée aux postes de comptable et de finance, les relations de travail, les ventes et le marketing, soit respectivement 46, 44 et 49 %, comparativement à 36 % pour l’ensemble.Trois industries présentent moins de femmes dans les postes de direction : les produits métalliques avec seulement 6 %, les produits électriques et électroniques et les produits minéraux non métalliques, avec toutes deux seulement 5 %, comparativement à 36 % pour l’ensemble.Dans cette dernière industrie, on retrouve aussi moins de femmes dans les postes d'affaires (26 %).Enfin, seulement 6 % de femmes sont présentes dans l’industrie du papier au niveau de la production.Une évolution en accélération Bref, la féminisation des postes de cadre est plus lente qu'on pouvait le penser.Toutefois, elle est plus rapide dans les fonctions dites d’affaires (notamment en finance, ensuite en comptabilité, enfin en marketing) que dans les autres fonctions.Dans celles touchant les opérations, le changement commence à être perceptible aux achats.Quant aux fonctions de direction, seule la direction générale est lentement touchée.De même, les entreprises les plus jeunes ont tendance à engager plus de cadres de direction féminins que les plus anciennes.Comme la part des femmes dans les écoles d'ingénierie s'accentue aussi, on peut penser que la féminisation dans les fonctions de production s'accélérera dans les prochaines années.Et il est fort possible que cette pénétration et la féminisation actuelle des fonctions d’affaires servent de tremplin pour une présence de plus en plus grande des femmes, y compris dans les postes plus élevés.Mais il reste encore beaucoup à tore pour en arriver à une plus grande égalité entre les hommes et les femmes sur le plan économique. L K DEVOIR.LE VENDREDI 8 M A R S L* O O 1 Commission sur le déséquilibre fiscal Pour un nouveau partage des moyens financiers au Canada Voici un très large extrait du sommaire du rapport de la Commission sur le déséquilibre fiscal, présidée par le fiscaliste Yves Séguin, rendu public hier.YVES SÉGUIN Président ANNE-MARIE D’AMOURS RENAUD LACHANCE ANDRÉE LAJOIE NICOLAS MARCEAU ALAIN NOËL STÉPHANE SAINTONGE Commissaires a Commission sur le déséquilibre fiscal a été mise en place par le gouvernement du Québec le 9 mai 2001 afin de déterminer et d’analyser les causes du déséquilibre fiscal existant entre le gouvernement fédéral et le Québec, ses conséquences pratiques et les solutions concrètes qui pourraient être mises en œuvre afin de le corriger.Le rapport de la commission répond à ces différentes questions en confirmant d’abord au préalable la réalité et l’ampleur de ce déséquilibre fiscal.La commission a considéré que sa réflexion se plaçait dans le cadre constitutionnel actuel et que, lorsque cela était pertinent et possible, son analyse devait s’étendre à l’ensemble des provinces canadiennes.La nature du problème Le déséquilibre fiscal constitue l’un des enjeux majeurs de la fédération canadienne depuis le milieu des années 90.C'est à ce moment en effet que le gouvernement fédéral a procédé à des compressions importantes dans les versements effectués au titre du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux (TCSPS) alors que les dépenses sociales des provinces connaissaient une forte croissance.Même si l’existence d'un déséquilibre fiscal est contestée par le gouvernement fédéral, les audiences publiques tenues par la conunission ont confirmé la présence d’un vaste consensus au Québec à cet égard.Un sondage effectué à l'initiative de la commission au Québec et dans l’ensemble du Canada confirme cet état de fait la population comme les intervenants plus directement impliqués dans le débat sont sensibilisés à l’existence d’un important déséquilibre fiscal au détriment des provinces.Les soldes budgétaires actuels et projetés des deux ordres de gouvernement représentent une première manifestation directe de ce déséquilibre et de son ampleur.L’étude effectuée par le Conférence Board du Canada à la demande de la commission est riche d'enseignements à cet égard: selon les projections effectuées par cet organisme, en maintenant les revenus et les programmes dans leur structure actuelle, le gouvernement du Québec réaliserait des déficits récurrents moyens de trois milliards de dollars chaque année d’ici 2019-20.A l’inverse, le gouvernement fédéral dégage-rait des excédents sans cesse croissants, atteignant pratiquement 90 milliards de dollars en 2019-20.Les causes du déséquilibre fiscal Le déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et le Québec, et plus généralement entre le gouvernement central et les provinces, s'explique essentiellement par trois causes distinctes, soit le déséquilibre entre les dépenses et l’accès aux sources de revenus, le caractère inadéquat des transferts intergouvemementaux effectués depuis le gouvernement fédéral vers les provinces et le «pouvoir fédéral de dépenser».Dans son étude, le Conference Board du Canada a explicitement déterminé la première cause du déséquilibre fiscal: il existe ime différence structurelle entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec pour ce qui est du rapport entre les revenus et les dépenses.¦ Dans le cas du gouvernement fédéral, l’écart actuellement positif entre les revenus et les dépenses va se prolonger à l’avenir, et ne cessera de s’amplifier, en raison du remboursement de la dette que cet écart va permettre d’effectuer.¦ Pour ce qui est du Québec, l’équilibre entre revenus et dépenses est beaucoup plus précaire, ce qui explique que le gouvernement ne puisse s’engager dans un processus de réduction de sa dette et que le solde budgétaire projeté soit négatif sur l’ensemble de la période.Une analyse plus fine et systématique des principales catégories de dépenses et de revenus des deux ordres de gouvernement confirme que les provinces sont soumises à des pressions très importantes en matière de dépenses alors que le partage des revenus ne correspond pas à cette dynamique.Par ailleurs, le service de la dette et son remboursement — souvent invoqués par le gouvernement fédéral pour justifier ses excédents budgétaires — accentuent en fait le déséquilibre fiscal en permettant au gouvernement fédéral d'amplifier année après année sa marge de manœuvre.Deuxième cause du déséquilibre fiscal, les transferts existant entre le gouvernement fédéral et les provinces expliquent plusieurs des difficultés que vit actuellement la fédération canadienne sur le plan des relations financières entre les gouvernements.¦ Le TCSPS est le plus problématique d’entre eux.Il s’applique à des champs de compétence confiés aux provinces, et les conditions qui l’accompagnent, de même que les modalités selon lesquelles il est défini, limitent indéniablement l'autonomie décisionnelle et budgétaire des provinces dans ces champs de compétence.Les compressions effectuées au cours des dernières années par le gouver- Y K ¦ En mai dernier, le premier ministre Bernard Landry confiait la présidence de la Commission sur rendu public hier le résultat de ses travaux.ARCHIVES PRKSSIÎ CANADIKNNi; le déséquilibre fiscal à Yves Séguin.Celui-ci a Le déséquilibre fiscal constitue donc bien un dysfonctionnement du système fédéral nement fédéral donnent à ces difficultés une dimension particulière.¦ l,a péréquation, qui a pour objet de réduire les écarts de capacité fiscale entre les provinces, laisse subsister des différences majeures entre les capacités fiscales de chaque province en raison de l’application de la «norme des cinq».Le plafonnement des droits de péréquation impose une limite arbitraire aux paiements, ce qui éloigne encore le programme de son objectif.la formule de répartition des impacts du plafond sur les versements de péréquation est inéquitable et pénalise particulièrement le Québec.Les assiettes fiscales retenues pour déterminer les droits de péréquation sont mal définies ou incomplètes.C’est ainsi que l’assiette des impôts fonciers est calculée à partir d’une formule qui ne correspond pas à la réalité des valeurs foncières, ce qui pénalise le Québec chaque année d’environ 800 millions de dollars.Les versements de péréquation varient parfois considérablement dans le temps, et cette variabilité s’explique en partie par la mécanique de révision des données et des changements d'ordre technique — ce qui est difficilement acceptable.Par ailleurs, l’«effet de récupération fiscale», que la commission a souhaité traiter spécifiquement est susceptible d’aggraver le déséquilibre fiscal pour les provinces concernées.Le «pouvoir fédéral de dépenser» Les transferts conditionnels, tel le TCSPS, constituent l’une des manifestations du «pouvoir fédéral de dépenser» que le gouvernement fédéral invoque pour intervenir dans des champs de compétence qui relèvent des provinces.¦ En raison des montants en cause, les interventions du gouvernement fédéral par l’intermédiaire du «pouvoir fédéral de dépenser» ont un impact majeur sur les politiques définies par les provinces dans leurs champs de compétence.Ces effets sont devenus déstabilisateurs lorsque le gouvernement fédéral s’est retiré de plusieurs programmes ou, plus globalement, lorsqu’il a diminué l’ensemble des transferts sociaux.De tels effets sont susceptibles de se reproduire dans les nouveaux secteurs d’intervention du gouvernement fédéral, en santé et en éducation par exemple, où les dépenses directes ponctuelles et visibles sont privilégiées au détriment des dépenses de système, qui demeurent largement à la charge des provinces.Plus globalement, les différentes initiatives fédérales introduisent des distorsions dans les choix budgétaires des provinces en privilégiant certains secteurs ou certaines approches au détriment d'autres options.¦ Les interventions effectuées par le gouvernement fédéral en invoquant un «pouvoir de dépenser»- dans les champs de compétence des provinces ne sont possibles, en dernière analyse, qu’en raison des ressources dont le gouvernement fédéral dispose — des ressources par ailleurs supérieures à celles qui lui seraient nécessaires pour assumer ses propres compétences.Le «pouvoir fédéral de dépenser» est ainsi directement lié au partage de l’espace fiscal entre les deux ordres de gouvernement.Un écart fiscal en faveur du gouvernement fédéral ne peut qu’alimenter et encourager une politique d’intervention dans les champs de compétence des provinces grâce à la possibilité pour le gouvernement fédéral de mobiliser des ressources majeures et de les affecter de façon discrétionnaire dans des domaines jugés stratégiquement ou politiquement intéressants.Les réponses traditionnelles apportées par le Québec au «pouvoir fédéral de dépenser» rejoignent la logique de l’équilibre fiscal et sont analogues aux moyens par lesquels il serait possible de mettre fin au déséquilibre fiscal actuel.equer du déséquilinre fiscal Le déséquilibre fiscal, en raison de son ampleur, affecte de façon significative le déroulement des fonctions gouvernementales assurées par les provinces et donc les prestations de services offertes aux citoyens.De plus, la remise en cause de l’autonomie décisionnelle et budgétaire des provinces a ix>tir résultat concret que les choix des citoyens ne sont pas pris en compte là où ils devraient l’être.Lors des audiences publiques quelle a tenues, la commission a entendu de nombreux témoignages qui confirment l'impact du déséquilibre fiscal et des insuffisances de ressources qu’il entraîne pour le Québec pour ce qui est de la couverture des besoins.Les conséquences du déséquilibre fiscal ne se mesurent cependant pas uniquement en termes de besoins non ou mal couverts.Les différents dysfonctionnements existant dans les relations financières entre les gouvernements font en sorte que les prestations de services offertes aux citoyens subissent des pertes d’efficacité.La définition, la gestion et la livraison des programmes sociaux et des services publics souffrent en effet directement des problèmes relevés, en particulier des modalités de fonctionnement des programmes de transfert ¦ L’ampleur des sommes distribuées dans le cadre des programmes de transfert est incertaine.¦ Certaines modalités de versement des transferts introduisent une dynamique qui fausse la priorisa-tion des besoins à couvrir.¦ Les interventions fédérales dans les champs de compétence des provinces entraînent des pertes d’efficacité en raison des dédoublements qui en découlent la commission insiste notamment sur le problème d’imputabilité soulevé par la présence simultanée de deux ordres de gouvernement dans un même domaine d’intervention.Une autonomie décisionnelle et budgétaire compromise À un niveau encore plus fondamental, le déséquilibre fiscal soulève toute la question du respect de l’autonomie décisionnelle et budgétaire des provinces, donc la capacité des citoyens d’effectuer leurs propres choix, dans les domaines définis par la Constitution — ce qui est le fondement même du fédéralisme.Le Québec, qui a des besoins spécifiques et des préférences collectives liés à sa situation unique en Amérique du Nord, est évidemment très sensible à cette capacité d’effectuer ses propres choix dans des domaines aussi fondamentaux que la santé, l’éducation ou l’aide sociale.Les recommandations de la commission Le déséquilibre fiscal constitue donc bien un dysfonctionnement du système fédéral.Pour y mettre fin, des transformations d’envergure devraient être apportées aux relations financières intergouvemementales au sein du Canada.Les transformations relevées par la commission permettent de dessiner ce que devrait être une fédération canadienne respectant davantage les principes du fédéralisme, à court comme à moyen terme.¦ Les provinces doivent bénéficier de moyens financiers supplémentaires pour répondre aux besoins qu’elles ont a satisfaire dans leurs champs de compétence.Dans le cas du Québec, ces moyens financiers sont évalués annuellement à deux milliards de dollars à court terme, à trois milliards de dollars à moyen terme et à au moins huit milliards de dollars pour l’ensemble des provinces.¦ Il faut modifier les modalités selon lesquelles ce partage des ressources est actuellement effectué en abolissant le TCSPS et en libérant un nouvel espace fiscal en faveur des provinces.¦ Ui commission recommande la suppression du , TCSPS et son remplacement par un nouveau partage , de l’espace fiscal en raison du caractère assuré et prévi- ' sible de la source de financement à laquelle les pro- ’ vinces auraient ainsi accès, de son caractère incondi- 1 tionnel et de l’imputabilité accrue qui en résulterait.¦ La commission marque sa préférence pour l’occupation par les provinces du champ fiscal de la FI’S.Fin raison de l’objectif financier retenu, c’est l’ensemble du champ de la FI'S qui devrait être évacué par le gouvernement fédéral au bénéfice des provinces.la commission ne souhaite cependant pas pour autant rejeter le scénario d’un nouveau partage du champ de l’impôt sur le revenu des particuliers.¦ Dans les deux cas, le nouveau ixirtage de l’espace fiscal porterait sur l’équivalent de 26 à 27 milliards de dollars |x>ur l’ensemble du Canada, soit le montant actuel du TCSPS auquel s’ajouteraient les moyens financiers supplémentaires dégagés en faveur des provinces.¦ Ut commission est d’avis que le nouveau partage fiscal ne doit pas conduire le gouvernement fédéral à des déficits budgétaires.Cela est possible si le nouveau partage est effectué de façon graduelle et si l’on tient compte des surplus réels du gouvernement fédéral.il importe en effet que les surplus à venir soient consacrés prioritairement à ce nouveau partage d’espace fiscal en faveur des provinces.lœ nouveau partage de l’espace fiscal recommandé par la commission aurait |xmr effet de rétablir un financement auparavant assuré par le TCSPS: l’espace fiscal obtenu par le Québec représenterait de 18,4 à 19,7 % du financement de la santé, de l’éducation postsecondaire et de la sécurité du revenu en 200!> 06, alors que la part de ce financement provenant du TCSPS atteignait 19,8 % en 1994-95 et n’était plus que de 11,9 % en 2000-01.Ix- programme de péréquation doit être améliore ¦ la commission recommande que toute nouvelle méthode ou donnée soit présentée aux provinces et analysée de façon satisfaisante préalablement à sa mise en application.Aucune modification de méthodologie ou de données ne devrait être mise en œuvre pendant la période quinquennale qui suit un renouvellement du programme de péréquation.¦ la commission souligne que le nouveau partage des moyens financiers qu’elle recommande aurait pour effet de limiter les initiatives futures du gouvernement fédéral au titre du «pouvoir fédéral de dépenser» en réduisant sa marge de manœuvre financière disponible à cette fin.Un processus véritable d’échange et de discussion entre les deux ordres de gouvernement doit être amorcé à propos de toute la question des relations financières intergouvemementales.La commission recommande au gouvernement du Québec de poursuivre les efforts entrepris auprès des autres provinces pour définir à terme un véritable processus d’échange et de discussion permanent et efficace entre les deux ordres de gouvernement sur leurs relations f inancières.La commission est convaincu*' que les recommandations qu’elle a formulées permettraient de corriger le déséquilibre fiscal qui caractérise actuellement les relations financières intergouvemementales au sein de la fédération canadienne.Ce rétablissement de l’équilibre fiscal bénéficiera directement aux citoyens.Il leur permettra de recevoir des provinces un niveau de services adéquat dans des domaines qu’ils jugent prioritaires.Il leur donnera par ailleurs la pleine capacité d'effectuer des choix qui leur sont propres dans les champs définis par la Constitution comme relevant des provinces.Il s’agit là d’un fondement du fédéralisme auquel les citoyens québécois sont particulièrement sensibles.Ix rétablissement de l’équilibre fiscal au sein du Canada, grâce à un nouveau partage des moyens financiers, doit le respecter et le garantir.Dion, Pages visuels)] l’information économique : Gérard Bérubé {adjvtnt au directeur ae t tn/ormatwn).uaude umuque.uiauae I urcoue, Kene u*wanaowHKi; a i Informatjon internatumalu jean-nerre urgatm, uuy lameier, renje i runaui teniu>naiisii*j a i imormanon ponuque nnene miMeiu, mwion Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Marie (secrétaire à la rédaction) Louiae-Maude Rioux Soucy Uommis) l-a documentation Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome Sertre Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PI BLICITE ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté.Marlène Côté.Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt.Christiane I.egault.Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Micheline Ruelland )bublicitaires) laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard IVs Cormiers DonàldFilion.Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable), PROMOTION, DISTRIBl TÏON ET TIRAGE, Ünda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage).Hélène (iervais, Marie-Kve Santerre.(coordonatrice à la promotion et à la sollicitation), Monique L’Heureux lise Lachapelle Kachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Olivier lachambre (contrôleur).Ghislaine l^fleur.Claudette Béliveau (adjointe-administrative).Danielle Japerrière, Caroline Perrier.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) i LE I) E V 0 i K , L E V E X i) R EDI 8 M A R S 2 0 0 2 A 8 11-» LE DEVOIR ?— ACTUALITES VIRAGE TPS SUITE DE LA PAGE 1 avait été considérablement remanié par les fonctionnaires de la SAAQ afin qu’il épouse davantage les vues du ministre des Transports de l’époque.Les trois auteurs ont refusé de signer la seconde version.M.Chevrette a tenu une conférence de presse hier à Joliette afin de donner sa version des faits.Il a confirmé que deux versions du même document existaient.Il a cependant précisé que la première était un «rapport préliminaire» et que cette version, en effet, ne lui avait pas plu à l’époque où il était à la tète du ministère des Transports.Il avait alors demandé aux fonctionnaires de la SAAQ de le remanier.«Le rapport préliminaire n’était qu’un tissu de recommandations et de jugements de valeur sur les opportunités mais on n’avait pas respecté le mandat que j’avais donné précisément, c’est-à-dire d'être rigoureux et professionnel dans l’élaboration du rapport.[.J J’ai donc écrit au président de la SAAQ pour avoir un rapport [fait] avec rigueur et professionnalisme.» L’ex-député de Joliette a précisé que dès le moment où l’idée d’étendre le virage à droite au feu rouge a été discuté, les fonctionnaires de la SAAQ étaient contre.«Dès le départ, ces gens ne voulaient pas entendre parler du virage à droite, ils prédisaient des catastrophes dans l’expérience-pilote, ils ont tout fait pour empêcher que la décision soit prise.» Cela expliquerait que la première version du document concluait au grand danger du virage à droite au feu rouge, contrairement à la seconde, beaucoup plus complaisante envers cette idée.Mais pourquoi toutes les données retirées, sans exception aucune, étaient-elles défavorables au virage à droite?«C’étaient des jugements de valeur sur l'opportunité et non des faits.(Les auteurs] se permettaient de prêcher leur idéologie, leur mission.» Pourtant, bien des données soustraites ne sont en fait que des chiffres, comme ceux-ci: de 20 à 25 % seulement des automobilistes respecteraient l’arrêt obligatoire lors du virage à droite si la pratique était étendue à l’ensemble Québec; seulement 29,8 % des conducteurs font un virage à droite selon la manière prescrite; seulement 50,8 % des conducteurs font un arrêt complet avant de tourner au feu rouge; etc.Malgré cela, M.Chevrette soutient que «les expé-riences-pilotes, contrairement aux prédictions de ces tourtereaux qui organisent des fuites dans des enveloppes brunes [.], se sont avérées assez formidables: pas de décès, pas d'accidents graves avec blessures graves.[Les fonctionnaires] ont plutôt fait valoir les points négatifs pour revenir contre un citoyen qui a retrouvé sa liberté, en l’occurrence le ministre des Transports d’alors».M.Chevrette a par ailleurs écorché M.Ménard, qui se disait «troublé par l’existence de ces conclusions différentes» hier.«J’avais exposé, à la séance du conseil des ministres en décembre dernier, ce que je recommandais: l’uniformité pour le reste du Québec et une exception pour Montréal.Je suis surpris qu’il y ait des gens troublés, parce que tout a été dit au conseil des ministres.» Invité à commenter sur les ondes de CKAC, le premier ministre Bernard Landry a refusé de fustiger son ex-collègue: «M.Chevrette est un honnête homme, un ministre dynamique, qui ne faisait pas les choses à moitié, autant pour la recherche que pour l’action.Je regrette beaucoup qu’il ne soit plus avec nous et j’ai totalement confiance en lui.Je n’ai pas changé parce qu’il est parti.» Pour sa part, la Coalition contre le virage à droite au feu rouge, qui regroupe majoritairement des organismes représentant les personnes à mobilité réduite, s’est dite satisfaite de sa rencontre avec M.Ménard.«M.Ménard a considéré ça comme important, comparativement à notre ami Guy qui, lui, s’en fautait carrément», a indiqué Serge Poulin, un porte-parole.«U veut se donner du temps pour étudier la question et prendre sa propre décision.[.] Ça nous donne une petite lueur d'espoir.» LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com SUITE DE LA PAGE 1 et de programmes sociaux (TCSPS), qui a rapporté un peu phis de 18 milliards aux provinces cette année mais dont les montants et les conditions peuvent être changés à tout moment par le fédéral et auquel on reproche bien des dédoublements et des inefficacités.On propose en échange que les provinces héritent des-revenus de la TPS, qui s’élevaient à un peu plus de 27 milliards, ce qui aurait l’avantage, en plus d'assurer une source de revenus stable et indépendante des humeurs d’Ottawa, d’apporter aux provinces les huit milliards qui leur font actuellement défaut, selon l’étude du Conference Board.Associées à une réforme des méthodes de calcul de la péréquation, ces mesures permettraient au gouvernement du Québec de disposer de 13 milliard supplémentaire l’an prochain, de cinq milliards de plus à partir de 2011 et de 83 milliards de plus à partir de 2016, soit essentiellement un rétablissement de la proportion des dépenses en santé, en éducation et dans les services sociaux qu’assumait le fédéral avant qu’il ne réduise unilatéralement ses transferts, au milieu des années 90.Comme il fallait s’y attendre, les réactions au rapport n’ont pas été les mêmes à Québec qu’à Ottawa.Selon le premier ministre Bernard Landry, qui avait mandaté Yves Séguin et les six autres membres de la commission de fouiller cette question, le rapport fournit «une preuve absolue, claire et facile à comprendre que le Québec, comme d’autres provinces, est en train d’être asphyxié par le gouvernement du Canada».Une vision des choses à laquelle s’est rallié le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, mais que le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a continué à nier hier.Interroge à propos des chances de réussite de telles recommandations, le president de la commission s’est pour sa part montré relativement optimiste.«Je pense qu’on vient de percer le silence qui entourait le sujet, at-il déclaré.Continuer de dire désormais que ce phénomène est un mythe serait complètement erroné.H n’y a d’ailleurs qu'à voir les sondages: les Québécois et les Canadiens sont presque unanimes à dire qu’il y a un problème.» Qu’est-il advenu de l'idée d’un transfert de points d’impôt du fédéral vers les provinces, idée derrière laquelle tout le monde semblait prêt à se rallier au Québec?I.a commission Séguin ne l’écarte pas complètement et invite à continuer à en débattre.Pour obtenir un effet équivalent au changement de main de la TPS, explique le rapport, cette voie de solution nécessiterait qu’Ottawa permette à Québec de disposer non plus seulement de 41 % du champ de l’impôt sur les particuliers mais de 58 %.Une telle mesure assurerait à terme aux provinces des revenus encore plus grands que la TPS, reconnaît la commission.Cette mesure profiterait toutefois beaucoup plus aux provinces riches comme l'Ontario et l'Alberta, augmentant d’autant les inégalités entre les provinces et donc, par un étrange retour des choses, la dépendance du Québec envers des revenus de péréquation sujets à l’arbitraire d’Ottawa De plus, le recours à une mesure semblable à la fin des années 70 a déjà démontré que rien n’empêcherait Ottawa de regagner le terrain perdu en augmentant simplement ses impôts sur le revenu de nouveau.Contrairement à cela une fois complètement sorti du champ de la taxe à la consommation au profit des provinces, il parait peu probable qu’Otta-wa pourrait décider aussi facilement d’y revenir.Ayant l’avantage de bénéficier à peu près également à l’ensemble des provinces, la solution privilégiée par la commission devrait être bien reçue ailleurs au pays, pense Yves Séguin.Il en veut pour preuve les résultats d’un sondage de la firme léger Marketing commandé par la commission et révélant que 71 % des Québécois et 64 % des autres Canadiens pensent que le gouvernement fédéral dispose de trop de revenus par rapport à ses responsabilités alors que c’est le contraire pour les gouvernements provinciaux.M.Séguin fait peu de cas du risque que l’idée d’abolir purement et simplement le TCSPS puisse être perçue comme une atteinte à une institution centrale du fédéralisme canadien.D précise que les changements proposés ne doivent pas nécessairement tous être introduits d’un seul coup afin de laisser à Ottawa le temps de s’ajuster et que ces changements laisseraient au fédéral suffisanunent de ressources pour continuer à réduire sa dette.Fiscaliste et ancien ministre du Revenu au sein du gouvernement Bourassa, Yves Séguin était entouré de six experts au sein de la commission: Anne-Marie D’Amour, présidente de la firme Capimont Technologies, Renaud Lachance, professeur d’économie à l’Ecole des hautes études commerciales, Andrée Lajoie, pro-fesseure de droit public à l’Université de Montréal, Nicolas Marceau, professeur d’économie à l’Université du Québec à Montréal, Alain Noël, professeur de science politique à (Université de Montréal, et Stéphane Sain-tonge, avocat associé au cabinet Legault Joly Tiffault.MARS SUITE DE LA PAGE 1 créer une nouvelle technologie de forage qui sera adaptée à l’exploration de Mars», a expliqué au Devoir Alain Berinstain, chargé du projet Mars de l’ASC.«Nous prévoyons ainsi mettre au point un système intégré d’acquisition d'échantillons souterrains et de manipulation de ces échantillons en préparation des analyses scientifiques qui seront effectuées par des robots sur place, à la surface de Mars.Les analyses scientifiques exigeront notamment que les roches soient pulvérisées ou que leur surface soit polie.Les résultats d’analyse seraient finalement renvoyés par ondes radio vers la Terre.» Le robot foreur présenté à Sudbury est un système de forage rotatif doté d’un cylindre qui excavera des carottes jusqu’à 10 mètres de profondeur.Le cylindre pourra rapporter à la surface une grande diversité de matériaux, allant du sable à la roche en passant par la glace.La force exercée lors du forage pourrait également fournir des renseignements sur les caractéristiques physiques des matériaux.En calibrant au préalable les forces requises pour forer différents types de roches à la surface de la Terre, on pourra en effet identifier certaines particularités des minéraux que la foreuse traversera dans le sous-sol martien.Le prototype qui était présenté à Sudbury hier est plus gros que l’appareil qui sera envoyé sur Mars, mais sa fonne devrait être comparable, précise Alain Berinstain.«En exploration minière, m ne s’inquiète pas du poids du système et de son alimentation en énergie.Par contre, dans le domaine spatial, il s’agit de grandes contraintes.» Une étude de faisabilité est en cours afin d’évaluer les risques, les coûts et l’ingénierie qui serait le mieux adaptée à une mission sur Mars.«Dans un an, nous croyons être prêts à créer une version qui volerait vers Mars en 2009», ajoute-t-il avec optimisme.Cette démonstration de la contribution canadienne à l’exploration spatiale concordait avec l'annonce des premiers relevés de la sonde Mars Odyssey, qui a commencé la semaine passée à scruter la surface de la planète rouge.Grâce à son spectromètre à rayons gamma.Mars Odyssey révélait la présence de quantités appréciables d’hydrogène à près d'un mètre de profondeur sous la surface, dans la légion du pôle Sud de la planète.Le spectromètre à rayons gamma capte à la fois l’énergie des rayons émis par les éléments chimiques à la surface de la planète ainsi que leur signature spectrale (ou spectre d’émission).L’interprétation de ces informations permet ensuite de déterminer la nature de ces éléments et leur concentration.Un spectromètre à rayons gamma avait été monté à bord de la sonde Ixtnar Prospector, qui, depuis son orbite autour de la Lune, avait aussi repéré en 1999 de fortes concentrations d’hydrogène sur notre satellite naturel.«Nous ne savons toutefois pas si ces atomes d'hydrogène sont attachés à des atomes d’oxygène, précise Pierre Chastenay, astronome au Planétarium de Montréal.Sauf qu’une très grande quantité d’hydrogène sur une surface planétaire pourrait être la signature de la présence d’eau», ajoute-t-il.Les observations effectuées par un détecteur d’infrarouge, également à bord de Mars Odyssey, devraient permettre quant à elles de détecter des minéraux qui se forment normalement en présence d’eau.«Si ce détecteur retrace de tels minéraux, nous aurons un deuxième indice sérieux en faveur de la présence d’eau sur la planète rouge, ajoute Pierre Chastenay.Mais cela ne veut toujours pas dire qu’il trouve de l’eau.La seule façon de le savoir sera d’aller forer le sol de Mars.Or ce sont justement les objectifs des futures missions que la NASA développe actuellement.» Ces prochaines missions tenteront de résoudre la grande énigme qui résiste toujours.Y a-t-il eu de la vie sur Mars et y en a-t-il encore?Parmi les indices qui parlent en faveur de l’existence d’une forme de vie présente ou passée sur cette planète se trouve d’abord cette météorite en provenance de Mars qui fat découverte en Antarctique en 1994.Les scientifiques qui l’ont analysée à l’aide d’un microscope électronique y ont reconnu des structures ressemblant fortement à des nanobactéries.«Il ne s’agit que d’une ressemblance morphologique, prévient M.Chastenay.Rien ne nous permet d'affirmer que ces structures ont été farmées par du matériel mvant Sauf que ça remet sur la sellette la question de la vie sur Mars» Sachant que la vie sur Terre est apparue il y a près de quatre milliards d’années et que, pendant très longtemps, les formes de vie sont demeurées microscopiques et primitives, il n’est pas impossible que la vie soit apparue sur Mars à la même époque, poursuit-il.Surtout que nous disposons d’indices de plus en plus nombreux qui nous incitent à croire qu'il y a déjà eu de grandes quantités d’eau sur cette planète.Entre autres, à proximité des gigantesques canyons qui balafrent la surface martienne, s’étirent des canaux qui ressemblent énormément à des lits de rivière.Dans les environs du pôle Nord de la planète se trouve aussi une immense étendue plane qui pourrait fort bien être l’ancien lit d’une mer intérieure.Des photographies croquées de la bordure de cette plaine révèlent également des structures s’apparentant à des couches sédimentaires.«Voilà autant d’indices indirects suggérant qu’il y a probablement déjà eu de l’eau liquide sur Mars, il y a plusieurs milliards d’années», résume l’astronome.Le climat martien se serait ensuite refroidi au point d’entraîner la disparition de cette eau de surface, qui se serait évaporée ou engouffrée sous la surface, où elle se serait transformée en glace.Ce changement climatique a pu être provoqué par une gigantesque collision avec un astéroïde de grande taille qui aurait soufflé l'atmosphère martienne dans l’espace, avance Pierre Chaste-’ nay.Et comme en l’absence d’atmosphère l’eau liquide ne peut exister, elle se serait évaporée et en partie enfouie sous la surface, où elle se serait éventuellement transfonnée en glace.C’est ce que le robot foreur canadien nous révélera peut-être dans quelques années.Satifaction générale à Québec ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le rapport de la Commission sur le déséquilibre fiscal présidée par l’ancien ministre libéral Yves Séguin a été généralement accueilli avec enthousiasme hier à Québec, où tout le monde, désormais, ne soqhaite plus que répandre cette bonne nouveüe.A l’origine de la création de la commission, le 9 mai dernier, le premier ministre Bernard Landry avait dit souhaiter que le rapport connaisse la plus grande diffusion possible au sein de la population québécoise afin qu'elle se rende compte qu’il y a «une sorte de tragédie».Il a de plus estimé qu’il ne sera pas facile, cette fois-ci pour Ottawa, d’ignorer la gravité de la situation.«Là, nos responsables élus à Ottawa, qui souvent sont des Québécois — c’est le cas du premier ministre, des ministres Stéphane Dion et Paul Martin —, vont devoir regarder la population en face et reconnaître que pour la santé, il n’y a pas assez d’argent à Québec», a-t-il déclaré sur les ondes d’une radio montréalaise.«D’année en année, le Québec va être écrasé sous les dettes et le gouvernement fédéral va faire des surplus faramineux, de près de 100 milliards.» Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, s’est lui aussi dit très satisfait du rapport, qui reprend essentiellement, selon lui, les arguments qu’il avait lui-même défendus lors des audiences publiques.Il s’est dit convaincu que des exemplaires ne tarderont pas à être envoyées dans les officines des gouvernements provinciaux aux quatre coins du pays et que cela ne pourra que contribuer à faire évoluer le débat «La balle est maintenant dans le camp des provinces, a-t-il expliqué.Le gouvernement fédéral ne bougera pas tant que les gouvernements provinciaux n ’auront pas fait leur travail» Un conseil que n’a pas suivi le ministre fédéral des Fr nances, Paul Martin, qui a une fois de plus rejeté l’idée qu’il puisse y avoir un déséquilibre fiscal au pays.«Lorsqu’on regarde la capacité fiscale des provinces en comparaison avec le gouvernement fédéral, on voit qu’elles ont strictement la même assiette que nous, même qu’elles ont en plus les loteries et les royautés», a-t-il déclaré lors d’un bref point de presse à Regina «Et en plus, nos transferts aux provinces vont augmenter, dans les cinq prochaines années, trois fois plus que nos revenus.Alors, ça démontre vraiment qu’il n’y a pas de déséquilibre fiscal» Principale voix discordante au Québec, Gilles Taillon, président du Conseil du patronat du Québec, a lui aussi rejeté les conclusions de la commission Séguin.«Pour nous, le mythe du surplus fédéral, ça n’existe pas [sfr].C’est un surplus qui devrait être redistribué à ceux qui paient la caisse d’assurance-emploi et qui devrait servir à rembourser la dette fédérale», at-il déclaré Avec la Presse canadienne Comment nous joindre?La rédaction HOCKEY Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ® ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est txiblié du lundi au samedi par l* Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060.rue De Bleury.9* etage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 8(X), boulevard Inchistriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.t>12.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Dexvir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 «Quand je suis arrivée avec le Rocket, on m’a dit: 'Tu es connue, mais tu n’es pas reconnue en tant que coach de hockey dans le monde masculin." Quand je suis Partie, c’était fait.» A peine 10 % des postes d’entraîneurs et 20 % des postes de direction des fédérations sportives canadiennes sont occupés par des femmes.«C’est d'alxrrd un manque d’occasions, croit Danielle Sauvageau.On voit beaucoup, dans les sports féminins, des emplois à temps partiel avec des salaires moindres Pour les hommes, il y a beaucoup plus d’emplois à temps plein.C'est sûr qu’à un moment donné, la sécurité Joue dans la balance.» Danielle Sauvageau a elle-même été employée à contrat pour mener l’équipe nationale à la médaille d’or.Et jusqu’à l’année olympique, elle avait «une tâche à temps plein avec une rémunémtum à temps partiel», «fai toujours eu deux emplois et ce n’est pas parce que Je voulais travailler 80 heum par semaine, c’est parce que je devais mre.» Le sexisme, Danielle Sauvageau en a été victime au fil des ans, mais elle l’a interprété comme un défi à relever.«Ry a des choses à changer et il faut les changer une à une.la frustration nous enlève nos moyens.[.] R faut rester soi-même et ne pas tenter de penser ou d’agir différemment.On voit ça dans plusieurs métiers, des femmes qui agissent ou pensent comme des gars pour faire leur place.Je ne crois pas que c’est la solution.R faut simplement prendre la place qui nous retient.» «Ça m’a beaucoup aidée, dans le hockey comme dans la police, ajoute-t-elle.On me demande qui ont été mes modèles.Je les ai trouvés dans la police.Les premières femmes se sont jointes à la police il y a 25 ans, et moi, fai 14 ans de service.Je me suis servie de leur expérience.» «Est*vl C_5\»te wberg cuisine française qui fait bonne impression i CE MIDI: Entree + pavé de bœuf grillé sauce dijonnaise + dessert • 17$ y y CE SOIR: Souper au son du Trio Jazz Gutenberg \ \ 3S9, *v.du Président-Kennedy (coin de Bleury).© Place des Arts .Tél,: 285-8686 .gutenberg@qc.aira.com
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