Le devoir, 9 mars 2002, Cahier D
LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2 0 0 2 ROMAN Kressmann Taylor Page D 5 DE VISU François Laçasse Page D 8 ?LE DEVOIR » H I S,T O I R E LITTERAIRE 'AS Délit de fuite CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR CJ est l’anniversaire douloureux de la disparition d’un homme de lettres, le quart de siècle d’une mort violente et brutale, laissant derrière l'amertume d’une déception annoncée.Le 15 mars 1977, l’écrivain québécois Hubert Aquin se suicidait, à l’arme à feu, sur le terrain du collège Villa-Maria, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, après en avoir avisé ses proches.De son immense culture, de son élégance dangereuse, de son goût du risque, de sa plume emportée, le public québécois n’a plus, pour se souvenir, que les noms évocateurs de ses œuvres bouleversées, Neige noire, Trou de mémoire, Prochain épisode, titres témoins d’une identité québécoise blessée qu’il a, pour plusieurs, incarnée jusqu’au dernier souffle.Pour peu que l’on tourne les couvertures de ses œuvres, se lève l’univers tour à tour glauque et brillant, tourmenté mais direct, à bout de souffle, toujours au bord du gouffre, l’univers en noir et blanc, hésitant entre la vie et la mort, le monde à la fois souterrain et translucide d’Hubert Aquin.Homme vivant obsédé par la mort, homme brillant diminué par la condition de son peuple, homme souffrant surtout, peut-être, dont les premiers mots du premier roman, qu’il avait coiffé d’un titre désarmant: L’Invention de la mort, étaient déjà: «Tout est fini».Fréquenter Hubert Aquin de son vivant comportait des risques.Sa veuve, Andrée Yanacopoulo, l’a abondamment dévoilé, en 1981, dans un livre qu’elle a cosigné avec Gordon Sheppard, Signé Hubert Aquin, et qui vient d’être réédité en poche dans la Bibliothèque québécoise.Cet ouvrage troublant raconte dans le détail, non sans une certaine odeur de soufre, les dernières années de la vie agitée de l'homme, qui flambait à une même allure alcool et argent D relate l’annonce de sa propre mort.Le créateur, comme ses œuvres, était téméraire et intransigeant audacieux, ardent «Sexe, mort, vitesse» étaient ^es maîtres mots, reconnaît l’éditeur Éric Blackburn, qui vient par ailleurs de rassembler un livre en hommage à l’écrivain.Urgence aussi, urgence vertigineuse de vivre alors que l'on sent cette VOIR PAGE D 2: FUITE Y i -n g ILLUSTRATION: TIPFET C’est un lieu inconnu, fictif.Un endroit traversé par l’odeur de la mer de Chine orientale qui borde Shanghai et la blondeur des champs de maïs des Cantons-de l’Est québécois.Les livres de Ying Chen se déroulent souvent dans des lieux et des temps énigmatiques, sur une sorte de terre universelle.Son der-nier-né, Le Champ dans la mer, paru chez Boréal, un bonheur de lecturé, ne fait pas exception.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Lors de notre entretien téléphonique, c’était à Paris que l’écrivaine québécoise d’origine chinoise s’était installée pour écrire.Mais qu’importe la ville.Pour écrire, Ying Chen ne plonge son regard nulle part ailleurs qu’à l’intérieur d’elle-même.«J’écris face à un mur, et je ferme les volets», confie-t-elle d’ailleurs.Alors, sur la page blanche survient cet univers tout en ellipses, allusif, un univers où gravitent les premières amours, ces relations fondatrices et indélébiles que jamais on ne pourra remplacer.La mer, pour Ying Chen, c’est l’odeur de Shanghai, où elle a passé son enfance.«Chaque fois que je sens l’odeur de la mer, je suis fascinée», dit-elle.Ses premiers champs de mais, elle les a vus par ailleurs au Québec, où elle vit à la campagne, dans les environs de Magog.«J’aurais pu voir des champs de maïs dans le nord de la Chine, mais je vivais au sud», dit-elle.Vivre à la campagne, c’était pour elle, qui n’avait connu que les pavés surpeuplés de Shanghai, un rêve de jeunesse.La nature lui rappelait la poésie ancienne chinoise.«En Chine, il y a toujours cette espèce de romantisme selon lequel il faut aller vivre à la campagne, dans la simplicité, cultiver son esprit», dit-elle en riant Car l'histoire de Ying Chen, c’est aussi une histoire scindée.Aujourd’hui mère de deux enfants, la jeune femme est arrivée seule au Québec il y a douze ans, avec en tête le projet de devenir écrivain.Depuis, c’est dans la langue de Molière qu’elle s'applique, malgré les difficultés, à tracer une œuvre forte, contenue, contrôlée, d’une grande puissance poétique.L’apprentissage du français a été ardu, pour cette femme qui avait d’abord apprivoisé cette langue dans un contexte non francophone.Paru en coédition chez Leméac/Actes Sud, son roman L’Ingratitude, acclamé par la critique, a été finaliste au prix Femina, décerné en France.Dans sa vie, comme dans ses romans, il y a un avant et un après, avec, entre les deux, un point de non-retour.En 1997, l’écrivaine acceptait de participer à un documentaire, intitulé Le Voyage illusoire, tourné par Georges Dufaux, qui la suivait au cours d’un voyage à Shanghai.On y mesurait toute la distance qui s’était creusée, avec les années, entre elle et son pays d’origine.«Une langue seconde, avait-elle alors dit, est un objet d'amour, qui vous tient à distance et vous aspire du meilleur de vous-même.» La langue maternelle, croit-elle, est quant à elle comme une mère dont on connaît chaque détail, mais dont on peut ignorer l’âme toute sa vie.Dans Le Champ dans la mer, la narratrice, anonyme, réfléchit sur ses amours successives entre V.et A Dans ce roman, l’amour de V.est le premier à survenir dans la vie de la jeune femme et, par conséquent, le plus grand.C’est autour du nom de V.que se greffent les premiers souvenirs amoureux, les promenades, les devoirs partagés.«Ce que je veux dire, et c’est écrit dans le livre, c’est que les premiers instants de bonheur, le premier amour, ne sont pas remplaçables.On peut toujours dire que chaque fois c’est nouveau, on veut montrer quelque chose de nouveau, mais ce n’est qu’une illusion.» Le ton, intimiste, demande qu’on s’attarde à chaque mot, que le lecteur ferme lui aussi les portes de l’univers extérieur pour entrer dans le monde quasi onirique de Ying Chen.Et en arrière-plan de ces premières amours, un drame se vit.Un drame économique, social, politique.VOIR PAGE D 4: VOIX Chaque foin que je Htm» l’odeur de la mer, je *uin IWinée AfcharTimoutchin Marcelo Otero Laurent Malleret Marie-Andrée Lamontagne Jérémie Leduc‘Leblanc J / Serge Canfm Robert Melançon j'lichel Savard Hossein Shorang Jean Mpnsset Porfirio Yamani Macedo J.F.Dowd e.iquebec.com http://revueliber \ I.E DEVOIR, LES SAMEDI 9 I) 2 ET DIMANCHE 10 M A R S 2 0 0 2 Livres FUITE «Il était habité par la mort, mais en même temps, il vivait à 200 %» SOURCE CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE SUITE DE LA PAGE D 1 mort qui nous guette, urgence d’écrire: Prochain épisode n’a-t-il pas été rédigé en deux mois, au cours d'un séjour en hôpital psychiatrique, après l’annonce qu’Aquin gagnait la clandestinité et qu’il rejoignait une cellule terroriste réclamant l’indépendance du Québec?«Pour moi, la clé d’Hubert, c’était son intensité, et cette intensité portait autant sur la vie que sur la mort.lorsqu'il vit, forcément il pense à la mort, et penser à la mort, ce n ’est pas ne pas penser à la vie, mais penser un certain aspect de la vie», écrit Yanacopoulo clans Signé Hubert Aquin.«Il était habité parla mort, ajou-te-t-elle en entrevue, mais en même temps, il vivait à 2(X) %.» A travers les hommages que de nombreux écrivains ont rendus à Hubert Aquin, dans un ouvrage a tirage liijiité, publié conjointement par )es Editions du Temps volé et les Editions La Mise en quarantaine, qui sera justement lancé le 15 mars à Montréal, à la Cinémathèque québécoise, la mort est aussi omniprésente.La consigne était simple: les participants devaient écrire une fiction de quelques feuillets inspirée des thèmes chers à Hubert Aquin ou du personnage lui-même.Ces textes sont pour la plupart inédits, quoique l’un d’eux soit de feu l’écrivain Jacques Perron (lire l’encadré ci-contre).Parmi les autres signatures de ces textes, on trouve celles du fils d’Aquin, qui est aussi écrivain, Emmanuel Aquin, de sa veuve Andrée Yanacopoulo, mais aussi de Nicole Brossard, Gaétan Brûlotte, Dominic Lapointe, Marie-Sissi La-brèche, Louis Gauthier, André Carpentier, Aline Apostolska et Rober Racine.Hubert Aquin au cinéma.Nicole Brossard invente une Hubertine B.flânant, en voyage, Jacques Perron se souvient A’«un jeune homme inconnu, élégant, parlant un français idoine», qui rétorquait, dans une assemblée, «à coups de Balzac».«.même si je le trouvais un peu trop de droite, futile et désinvolte, il m’impressionna: il était sans illusions, habile stratège, et il parlait bien, ne disant pas un mot de trop», écrit Perron.Et, comme dans l'œuvre d’Aquin, mais sans son incandescence, la mort s’infiltre partout dans ces hommages, la mort de soi, la mort de l’autre, le désir de la mort.Ici, les mots d’Emmanuel Aquin, fils parti, né, poussé sur les traces de ce père évanescent, touchent particulièrement.«Entre Cuba et Québec, quelque part entre le premier et le dernier épisode, perdu sur une route sinueuse à double sens, je file à toute vitesse à la recherche de son reflet.Il anticipe chacun de mes détours et se joue de moi en m'entraînant dans un dédale de prose dangereuse et de discours existentiel, qu’il me faut naviguer prudemment pour ne pas y perdre mon nom.» Son père, ajoute-t-il, à l’heure de mourir, était pour une fois en avance au rendez-vous.Pour ceux qui auront envie de replonger dans l’œuvre d’Aquin le scénariste, la Cinémathèque québécoise présente à Montréal, pour l’occasion, du 13 au 23 mars, toute une série de films, dont plusieurs signés de sa main.Qn y trouve des documentaires, A Saint-Henri le cinq septembre, par exemple, ou des fictions, dont Oraison funèbre, qui nous replonge dans le Québec hésitant du début des années 60, gravé en noir et blanc.De VincenfGuignard, on présentera aussi Élégie helvétique, un court métrage «retraçant le passage réel et imaginaire d’Hubert Aquin en Suisse».Ce film a gagné la bourse Claude-Jutra en 2001 et le prix du meilleur espoir de l'Association québécoise des critiques de cinéma.Deux épisodes dans la vie d'Hubert Aquin, de Jacques Godbout, qui est aussi au programme, met en scène le personnage et sa légende.Car légende il y a.Et c’est peut-être un drame.Est-ce possible de rester un héros toute sa vie?Pour ceux qui ne jurent toujours que par la lecture, le classique qu’est devenu Prochain épisode, à force d’être enseigné dans les collèges, est aussi réédité sur le joli papier crème dans la «Collection du Nénuphar», chez Fides.En guise de préface, on y a reproduit un texte de Jacques Godbout, lu un an apres la mort d’Aquin, au moment d’un hommage rendu à la Bibliothèque nationale.«“Nous le tenons enfin notre grand écrivain!” affirma, à la parution de Prochain épisode, la critique», rappelle Godbout.Des légendes de sa trempe, il en existe d’ailleurs encore peu au Québec.Sur l’empreinte encore chaude du fugitif, on cherchait les causes de la mort.«Il nous laisse nous dépêtrer dans une intrigue policière comme il les aimait», disait alors sagement Godbout.Car, comme passaient les secondes, «Hubert Aquin, vivant, produisait à mesure son mythe et ses mystifications, sa deuxième œuvre, comme le dit Borges, son image», ajoute Godbout.Cette image, on l’imagine encore se mirant dans les pages de la prose éclatée de l’écrivain, anticipant, au prix de sa propre existence, un prochain épisode encore à venir.Premier épisode JACQUES PERRON Il y a de l’aquosité dans son patronyme, mais aussi de la sécheresse, de l’aridité par la terminaison.L’aquosité se manifeste d’emblée, au tout début de son roman pénal: il commence en dessous de l’eau.Hubert Aquin adopte le point de vue aquatique sans doute par souci d’authenticité, pour partir de soi, après y avoir plongé.Puis rapidement l’œuvre émerge, montant de collines en montagnes, de montagnes en glaciers; elle s’égoutte et ne passe pas par les torr ents mais par des routes sinueuses, toutes asphaltées, qui donnent lieu à des péripéties rapides, bien calculées.C’est un roman alpin.La densité de l’air à l’altitude de la Suisse a quelque chose de vide.Tel est le pathétique de Monsieur Hubert Aquin.Pourquoi, diantre! s’est-il servi de ce pays sans bon sens, de ce pays d’horlogerie, de produits pharmaceutiques et de calendriers, de ce pays qui n’en est pas un?Parce que c’est aussi un lieu de banques muettes et de négociations secrètes?Pour mettre le Québec sur la carte, comme il en a été pour d’autres pays, en particulier l’Algérie?Cela se peut.De plus, en y cachant la clef d’une intrigue québécoise, on pourrait prétendre qu’il a repris une vieille recette des contes arabes.Mais ce n’est pas si simple.L’érudition de Mon- sieur Aquin est grande.Peut-être savait-il que déjà la Suisse avait servi de coulisse à la guerre de Sept Ans, quand le Canada passa de la France à l’Angleterre, et que le changement d’allégeance avait préparé la venue de beaucoup de Suisses français?A folle vitesse, Hubert Aquin aurait eu les moyens de faire un petit détour, par politesse, pour aller serrer la main à l’intendant Bigot, tiré de la Bastille et finissant ses jours à Lausanne, tel un brave rentier, aux frais de l’armateur de La Rochelle, De Gradis, dernier et seul fournisseur de la Nouvelle-France.S’il s’est épargné ce détour, sans doute avait-il appris que la Belgique avait pris la relève de la Suisse et qu’il n’y a pas de tumulte au Québec sans l’appoint décisif de quelques braves et gentils Belges, ou de gens de pays plus lointains, tout aussi braves et gentils, qui ont fait escale en Belgique pour apprendre la langue et se former à leur mission.Extrait de Aquin des écrivains, ouvrage collectif publié en coédition chez Le Temps volé/I-a Mise en quarantaine, à paraître le 15 mars.L’article de Jacques Perron, dont est tiré ce passage, a d’abord paru dans la revue Le Québec littéraire, n° 2,1976.Il a donc été rédigé avant la mort d’Hubert Aquin.Reproduit avec l'aimable autorisation de la succession Jacques-Ferron.Jacques Perron VARGAS « Fabuleusement distrayant.une surprenante découverte.» René Homier-Roy, Radio-Canada Entre elle et lui, il y avait un long échange de livres et de lettres.Et un océan d'amour.ALBIN MICHEL www albin michel fr Palmarès Renaud-Bra Le baromètre du livre au Québec rw* Polar PARS VITE a REVIENS TARD 4P F.VARGAS Viviane Hamy r ü 2 Érotisme Qc BANQUETTE, PEACARD, COMPTOIR ET AUTRES LIEUX.W.ST-HILAIRE Lanctôt Roman MADEMOISELLE LIBERTÉ A.JARDIN Gallimard 6 Histoire LES JUIFS.LE MONDE ET L'ARGENT 4P J.ATTALI Fayard • Roman QUELQU'UN D'AUTRE T.BENACQUISTA Gallimard 6 6 Roman LE TUEUR AVEUGLE 4P M.ATWOOD Robert Laffont 7 ] Roman OÙ ES-TU M.LÉVY Robert Laffont 16 JS Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, T.1, T.2 et T.3 4P M.LABERGE Boréal 65 9 Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ G.HALE Manise 150 li Polar LA TRAHISON PROMÉTHEE¥ R.LUDLUM Grasset 4 n Roman ROUGE BRÉSIL V - Prix Concourt 2001 - J.-C.RUFIN Gallimard 27 j 2 Psychologie CESSEZ D'ÉTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! ¥ T.D'ANSEMBOURG L'Homme 60 II Roman LE PIANISTE ¥ W.SZPILMAN Robert Laffont 55 14 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION ¥ F.DELAVIER Vigot 196 > Essai Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N.LESTER Intouchables 16 II Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 76 ]7 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ A.-M.MACDONALD Flammarion Qc 70 II Roman Qc PUTAIN ¥ N.ARCAN Seuil 26 II Roman PENSÉES SECRÉTES ¥ D.LODGE Rivages 6 20 Roman L'ÉTERNITÉ N'EST PAS DE TROP ¥ F.CHENG Albin Michel 5 IL Cuisine LE VÉGÉTARISME A TEMPS PARTIEL ¥ IAAKRT/DESAUNERS L'Homme 23 22 Biograph.Qc MON AFRIQUE L.PAGÉ Libre Expression 20 23 Actualité J.-C.RUFIN JC Lattès 3 24 BD.LOISEL Vents d'Ouest 2 25 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES ¥ S.VIZINCZEY du Rocher 44 11 Psychologie M.LARIVEY L’Homme 3 IL Polar U CONSTANCE DU JARDINIER ¥ J.LE CARRÉ Seuil 20 28 Roman Qc IL N'Y A PLUS D’AMÉRIQUE L.CARON Boréal 2 LL Sc.Fiction L'ULTIME SECRET B.WERBER Albin Michel 15 E Psychologie LES HASARDS NÉCESSAIRES J.-F.VÉZINA L'Homme 23 11 BD.AGRIPPINE N° 6 - Agrippine et la secte à Raymonde V C.BRETÉCHER Claire Bretécher 6 32 Psychologie PARENT RESPONSABLE, ENFANT ÉQUILIBRÉ F.DUMESNIL L'Homme 198 33 Essai Qc POUR UNE ÉTHIQUE URBAINE M.-O.M0UT1ER EUet pourpre 3 34 Psychologie LÂCHER PRISE G.FINLEY Le Jour 440 35 Érotisme Qc HISTOIRES DE FILLES J.PELLETIER Québécor 7 36 Guide Qc COLLECTIF Ulysse 2 IL Loisir DICTIONNAIRE DES MOTS CROISÉS L BEAUDRY Québécor 73 38 Jeunesse —¦" t CHANSONS DOUCES CHANSONS TENDRES (bm A DC) ¥ H.MAJOR Fides 24 39 Roman C.JACQ XOéd.2 II Roman Qc CHERCHER LE VENT ¥ G.VIGNEAULT Boréal 20 il Roman M.CALMEE XO éd.2 11 Cuisine Qc COLLECTIF Trécarré 3 II Psychologie LES HOMMES VIENNENT DE MARS.LES FEMMES.¥ J.GRAY Logiques 418 44 Biographie GRAND-PÈRE ¥ M PICASSO Denoêl 15 45 Jeunesse CHANSONS DROLES, CHANSONS FOUiS (Um » DC) ¥ H.MAJOR Fides 75 V Coup de cœur R6 ¦¦¦¦ Nouvelle entree N.B Sont exclus les livres présents et scolaires Nbre de semaines depuis parution f T^üccûrsâlëTâî^ûeCêc Pour commander : 8 r t I % LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2002 LE DEVOIR De i isu ARTS VISUELS Bondir en peinture PKINTURES 1992-2002 François Laçasse Musée d'art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 28 avril BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) fait un geste d’une grande signification en consacrant une exposition-bilan à un peintre dont la carrière n’est pas si étendue que cela.François Incasse élabore sa peinture depuis à peine plus de dix ans maintenant, sans attirer l’attention de manière flamboyante mais toujours en faisant en sorte 4e retenir le regard.À vrai dire, l’exposition couvre une grande partie de la production de Incasse, lui qui a commencé à diffuser son travail dans le milieu des années 80.A ce titre, la décision de lui consacrer une exposition d’une Mie ampleur — une trentaine de tableaux sont exposés — pourrait sembler léméraire de la part de l’institution muséale de la rue SainteCatherine.En effet, d’aucuns pourraient croire qu'il est prématuré de consacrer une exposition-bilan à une production encore fragile, dans la mesure où celle-ci n’aurait soi-disant pas franchi l'épreuve du temps.Cela étant, ce n’est pas la première fois que le musée propose de tels bilans.En s’intéressant à laçasse (né en 1958) — initiative heureuse et qu’on espère voir renouvelée par les instances décisionnaires du musée —, le MACM remplace un acteur important de la scène des arts contemporains montréalais.En effet, le Centre international d’art contemporain (CIAC), qui a cessé d’organiser des expositions régulières en 1999, occupait une case stratégique sur l'échiquier de la diffusion de l’art; sa position était intermédiaire entre les galeries et les musées.Or la présentation des œuvres de laçasse entre précisément dans ce créneau, et le musée assume cette fonction intermédiaire, cruciale pour faire périodiquement le point sur des carrières en cours.Mais encore, le travail de laçasse n’aurait pas pu mieux figurer dans le cadre de cette formule.Sa production picturale est en effet d’une densité remarquable pour une période aussi réduite.Cette présentation particulièrement bien ciblée est l’occasion de démontrer non seulement l'extrême cohéren- ce, la densité et la pertinence de ce travail, mais aussi comment Laçasse bondit d'une idée à l’autre sans jamais se reposer sur les lauriers de chacune de ses découvertes.Plus d’une dizaine de séries sont convoquées par les fragments sélectionnés par le commissaire Réal [ussier, qui signe l’exposition à titre de conservateur.A l’intérieur de la période 1992-2002, le visiteur prend le pouls de cette production qui creuse quelques questions fondamentales sans jamais céder à l’immobilisme.Il est fascinant de voir Laçasse chercher, trouver, puis passer constamment à d’autres manières de soulever les problèmes qu’il affectionne.Le surplace, Laçasse ne connaît pas, la facilité non plus.Du voilé au voile lu production de Laçasse au début des années 90 est parfaitement inscrite dans les problématiques du moment, articulées autour des principaux axes de l'art dit postmoderne: citations d’œuvres prises dans l’histoire de l’art, recyclage d’images, hybridation.Dans les œuvres accrochées au début du parcours de la visite, soit celles allant jusqu’au milieu des années 90, le problème de la lisibilité des images est soulevé avec une grande acuité.Imbriquées, des œuvres GALERIE RENE BLOUIN Humeurs III, 1999.puisées dans l’histoire de l’art (peintures, gravures et mosaïques) s’enchevêtrent jusqu’à ne plus être reconnaissables, dans un filet impénétrable de signes picturaux.Puis, à travers les séries qui se talonnent, Laçasse à chaque pas modifie sa proposition.A ce sujet, il faut lire les lignes d’une grande précision, dans le très beau catalogue de l'exposition, écrites par un, théoricien de la peinture, Jean-Emile Verdier, qui a suivi de près cette peinture au fil du temps.Avec une clarté et une finesse à rendre jaloux, Verdier analyse chacune des séries et ce qu'elle apporte dans le développement de la peinture de Laçasse.Cette évolution, dans des entretiens entre Lussier et le peintre retrouvés dans la publication, Laçasse la résume en cette formule d’une grande économie: «le voilé comme effet laisse la place au voile lui-même».Au fil du temps, Laçasse a laissé de côté les citations de tableaux anciens, dont il est possible d’imaginer qu’ils sont passés derrière les rideaux de peintures qu’il dresse dans les œuvres de 1999.Dans ces toiles impressionnantes, de grandes dégoulinades d’acrylique coulent le long de ces surfeces, ondoyant au gré des accidents aménagés par les légers reliefs du support Auparavant, en 1998, dans des œuvres de la série Seuil, le peintre est parvenu à intriquer le médium translucide à l’encre, alors qu’il met en péril notre capacité à soulever le feuilleté du tableau, autrement dit la succession des strates de pigment Les derniers tableaux de l’exposition, réalisés l’an dernier, poursuivent et déplacent encore ces propositions et produisent des effets stupéfiants.Il y a vraiment quelque chose derrière ces drapés et ces marbrures de couleur.En investissant de plus en plus la matérialité de la matière acrylique, matière avec laquelle Laçasse a développé une expertise au fil des ans, jusqu'à lui faire prendre l’apparence de la cire, le peintre démontre la vitalité de ses questionnements en peinture.Le trajet de cette peinture est brillant Le MACM donne l’occasion de CAROL BERNIER Voir rouge Exposition d'œuvres récentes Jusqu'au 30 mars GALERIE SIMON BLAIS f 4S2I, rueLldtk Montreal H2Î 2T3 S14.849.1I6S Ouvert du mardi an vetuliedi 9h Ml a HhîOel le samedi 10h a I7h GALERIE BERNARD 90 av.Laurier Ouest Montréal (Québec) H2T 2N4 Téléphone: (514) 277-0770 Exposition 5 artistes Jusqu’au 30 mars 20Q2 « Idée et souffle dans les signes de l'estampe originale » Horaire de la galerie : du mardi au vendredi de 11 h à 17 h, samedi de 12 h à 17 h et sur rendez-vous Francine Turcotte Talleen Hacik>an Lillianne Daigle Louise lavoie-Maheux Manon Lambert Seuil IV, 1998, de François Laçasse.PATRICK ALTMAN, MUSÉE DU QUEBEC ERIC DAUDELIN Blanc, noir et lassitude et exposition de l’arehiteete Paul Laurendeau Lasliioniab Galerie Yergeau du Quartier Latin du 7 mars au 20 avril 2002 Ouverture: du mercredi au samedi de lia I i lu tin, et le vendredi de H à 21 heures 20(>0 jolv, Montreal Int: S 1 -4.S4 >.0lBS MELVIN CHARNEY DU 22 FÉVRIER AU 28 AVRIL 2002 MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Québec ss • • Paul Bureau Jusqu'au 23 mars 2002 Galerie Mustt d'aiI nniU inpi 18S, nu SaiMH -CallK I WWW von ( fi MACM ) Ronsocjnements : (514) 847-6226 www.macm.org Î72.rue Ste-Cathenne Ouest espace 520 Montreal (Quebec) Canada HÎB 1A2 Tel 51
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