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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-03-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 MARS 2 0 0 2 Les Faisans dans la volière - matinée à Cap To (détail) techniques mixtes sur bois.1990 À la fin de sa carrière, Riopelle fait volte-face.La figure revient dans ses compositions.Lui-même dira que l’opposition entre abstrait et figuratif est inopérante.C Jean-Paul Riopelle - SODRAC (Montreal) 2002 LE DEVOIR Cap sur la lecture deFOutaouais RACHEL GRIFFITH la semaine prochaine s’ouvrira à Hull le 23' Salon du livre de l’Outaouais.Le programme prévoit des rencontres avec 350 auteurs, la participation de quelque 600 maisons d’édition, qui occuperont 229 stands.Ce salon est parmi les neuf salons régionaux qui se tiennent chaque année à travers le Québec.Autant d’initiatives qui visent la promotion de la lecture et du livre dans différents coins de la province.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR entreprise n’est pas superflue, si l’on en croit les récentes statistiques soumises à un groupe de travail réuni par la ministre de la Culture et des Communications, Diane Lemieux.Il semble en effet que les Québécois n’aient pas un intérêt démesuré pour la lecture.De 1994 à 1999, selon les données du ministère, on a constaté que la lecture de livres était en baisse chez les adultes, plus particulièrement chez les hommes, parmi lesquels elle avait perdu 10 points.Les femmes ont, elles aussi, diminué leur rythme de lecture, au cours de la même année, l’indice de leurs habitudes de lecture étant en bais- se de sept points.On a aussi assisté, de 1994 à 1999, à une baisse de la lecture des quotidiens et des revues chez les Québécois et les Québécoises.Dans 32 pays et dans toutes les provinces canadiennes, les jeunes filles sont plus habiles que les garçons en lecture.Cependant chez les jeunes de 25 à 34 ans, la fin des études entraîne une diminution de la lecture, et ce, depuis 1989.C’est ce dont le ministère a fait part aux participants à cette réunion, qui venaient autant du milieu des municipalités et du monde de l’éducation que de celui du livre.Lors de cette rencontre de travail, le ministère de la Culture et des Communications a dégagé trois facteurs qui influencent le rendement en matière de lecture: le premier étant le plaisir de lire; le second, le statut socioéconomique et le nombre de livres à la maison; et le troisième, un milieu plus discipliné, moins sujet aux perturbations de toutes sortes.Pour relancer une politique du livre et de la lecture qui n’a pas, après avoir engouffré 231 millions de dollars en trois ans, donné de résultats concluants, la ministre de la Culture et des Communications s’apprête à resserrer cette politique de lecture autour de trois axes déterminés: l’éveü à la lecture dès la petite enfance, le renflouement des bibliothèques scolaires et l’aide aux éditeurs.le ministère accordera ainsi 21 millions de dollars à différentes initia- tives qui seront précisées sous peu.Par ailleurs, bon an mal an, les salons du livre sont l’un des moyens déployés avec l’aide du gouvernement du Québec pour stimuler les habitudes de lecture au sein de la population.À grand renfort d’animations en tout genre, en invitant des auteurs et des éditeurs variés, on espère attirer une clientèle qui, a priori, ne fréquente pas les livres et les librairies.Le Québec compte neuf de ces salons, qui se tiennent respectivement à Montréal, Québec, Jonquière, Trois-Rivières, Hull, Rimouski et Sept-îles, ainsi qu’en Abitibi et en Estrie.Ces neuf salons réunis reçoivent chaque année un demi-million de dollars de la SODEC (Société des entreprises culturelles).Les éditeurs qui participent aux neuf événements peuvent également disposer d’une subvention totale de quelque 5000 $ chacun.Contrairement au nombre de lecteurs québécois, les habitués de ces événement?littéraires, eux, sont en croissance constante.A Hull, le nombre de stands a encore crû cette année, et à Montréal, l’espace vient à manquer pour abriter tous les éditeurs intéressés à participer.•L’an prochain, le Salon du livre de Montréal fêtera son 25' anniversaire», note Louis Dubé, de la SODEC.Où mettra-t-on les activités spéciales liées à cet anniversaire?Ces salons sont financés en partie par la SODEC, mais surtout par des montages financiers de commandites et par l’argent de la location des stands.Leur défi, c’est précisément d’attirer cette clientèle non lectrice, autour de visages, d’activités qui les intéressent Le Salon du livre de l’Ou-taouais n’a-t-il pas connu une fréquentation record, quelque 45 000 visiteurs, lorsque Gilles Vi-gneault en était le président d’honneur?Chose certaine, les éditeurs qui s'inscrivent généralement plus nombreux chaque année, semblent y trouver leur compte.«Pour nous, le Salon du livre de l’Outaouais, c'est un salon important.On sort sept nouveautés pour le Salon du livre de l’Outaouais», constate Stefan Pse-nak, des Editions L’Interligne, une maison qui a pignon sur rue à Ottawa et qui publie des romans, des essais et de la poésie.Ce salon est pour lui particulièrement intéressant parce qu’il donne une place significative aux auteurs et aux éditeurs de l'Ontario français, puisque l’Outaouais est une région limitrophe du Québec et de l’Ontario.•Chaque année, il y a un auteur de l’Ontario français parmi les invités d’honneur», dit-il.los trois salons qui attirent le plus de visiteurs chaque année, donc, soit ceux qui sont potentiellement plus rentables pour les éditeurs, sont ceux de Montréal, de Québec et de Hull.Ce sont aussi ceux qui se tiennent dans les régions les plus peuplées de la liste.Tous n’ont pas la même chance.Plus tôt cette VOIR PAGE D2: SALON On espère attirer une clientèle qui, a priori, ne fréquente pas les livres et les librairies Paul Wyczynski Album Nelligan Une biographie en images m 448 pages • 59,95 î I !) 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 MARS 2 0 0 2 -?r Livres SALON SUITE DE LA PAGE D 1 année, plusieurs éditeurs avaient décidé de ne pas envoyer de personnel au Salon du livre de Sept-îles, région éloignée qui suppose, par sa position géographique, des frais plus élevés pour les éditeurs.De même, le Salon du livre de l’Abitibi, également très éloigné des centres et qui change de ville à chaque année, implique des dépenses accrues pour les participants venus du sud.*// faut aussi préparer les livres, les mettre dans des boites, les envoyer, régler les frais de séjour du personnel, puis ramener les invendus et les remettre dans l’entrepôt», explique Pascal Assathiany, des Editions du Boréal.Selon l’éditeur, on pourrait repenser certaines formules de promotion du livre dans les régions.Dans certains cas, les éditeurs pourraient envoyer des livres et des auteurs, et confier aux librairies locaux le soin de les organiser et de les mettre en valeur.«Ces formules-là sont très courantes et très expérimentées», ajoute Louis Dubé, de la SODEC.Même s’ils sont plus coûteux pour les éditeurs, les salons des régions éloignées offrent aussi la possibilité d’acquérir une visibilité dans des régions où les maisons d’édition sont d’emblée mojns connues.Editeur franco-ontarien, Stefan Psenak dit par exemple apprécier le salon du livre de Hearst, dans le nord de l’Ontario, ou celui de l’Est ontarien, parce qu’ils se déploient dans des régions peu desservies par les librairies.C’est dans ces régions que les éditeurs doivent profiter au maximum de l’occasion de montrer des livres, leurs livres, à un public qui par ailleurs n’en voit pas souvent.POÉSIE ESSAIS Dis-moi qui je suis Mystère de l’origine DAVID CANTIN De la poésie destinée aux ados.On sait que la tâche est loin d’être facile.Comment ne pas tomber, en cours de route, dans la caricature ou le ridicule?Heureusement, La Courte Echelle a vu juste, en commençant par le choix des trois premières au-teures de cette collection, mais aussi jusqu’aux moindres détails graphiques de ces très belles plaquettes de poèmes.Louise Du-pré, Rachel Leclerc et Elise Turcotte ont décidé de renouer avec un certain état qui précède l’âge adulte, pour ce trajet unique.Une véritable réussite qui ne s’adresse pas seulement aux jeunes.Qui a dit que le doute, l’incertitude et la crainte ne concernaient que les adolescents?La principale qualité de ces trois recueils réside dans le fait qu’ils ne cherchent pas à atteindre uniquement un «public cible».Plutôt que de faire dans le ronron poétique ou les clichés, ces livres laissent entendre une parole où la transparence de l’écriture se mêle à l’exigence du questionnement La révolte, la solitude, l’angoisse, tout concourt à rendre intelligible le monde qui gravite sans cesse autour du quotidien.Le défi le plus exigeant est probablement d’avoir su maintenir un certain niveau de lisibilité, sans trahir pour autqnt une démarche personnelle.A la lecture de ces recueils, on reconnaît immédiatement la voix typique de ces auteures.Le baromètre du livre au Quebec du 6 au 12 mars 2002 1 Érotisme Qc BANQUETTE, PLACARD, COMPTOIR ET AUTRES UEUX.W.ST-HILAIRE LancUt 7 4 2 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD IP E VARGAS Viviane Hamy 15 3 4 Psychologie Spiritualité QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?J.SPENCER Michel Lafon 65 M.CARON Marjolaine 3 5 6 Roman MADEMOISELLE LIBERTÉ A.JARDIN Gallimard 7 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES AP S.VIZINCZEY du Rocher 45 7 Roman QUELQU'UN D'AUTRE VP T BENACQUISTA Gallimard 7 8 Sc.Fiction L'ULTIME SECRET B.WERBER Albin Michel 16 9 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION ¥ F.OEIAVIER Vigot 197 10 Psychologie cessez D'Etre gentil, soyez vrai i ?T.DANSEMBOURG L’Homme 61 11 Roman LE TUEUR AVEUGLE ?M.ATIMOD Robert Laffont 8 12 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR.T.1, T.2 et T.3 ¥ M.1ABERGE Boréal 66 13 Roman LE PIANISTE ¥ W.SZPILMAN Robert Laffont 56 14 Roman ROUGE BRÉSIL ¥ - Prix Concourt 2001 - J.-C.RUFIN Gallimard 28 15 Arts COUECTIF des Arènes 12 16 Histoire LES JUIFS, LE MONDE ET L'ARGENT ¥ J.ATTALI Fayard 4 17 Roman Ûc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ A.-M MACDONALD Flammarion Qc J] 18 Essai Qc LE LIVRE NOIR OU CANADA ANGLAIS N LESTER Intouchables 17 19 Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ G.HALE Manise 151 20 Sc.Sociale E.ENSLER Balland 155 21 Psychologie LA PUISSANCE DES ÉMOTIONS M.URIVEY L'Homme 4 22 Actualité L'EMPIRÉ ET LES NOUVEAUX BARBARES J.-C.RUFIN JC Lattès 4 23 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 77 24 Jeunesse J.ROBERT L'Homme 2 25 Polar P CORNWELL Calmann Lévy 2 26 Roman OÙ ES-TU ?M LÉVY Robert Laffont 17 27 Biograph Qc Y.SAINT-CYR Trait d'Umon 2 28 Linguistique HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE ¥ H.WALTER Robert Laffont 50 29 Guide Qc Gtlts ET AUBERGES DU PASSANT AU QUÉBEC 2002 COLLECTIF Ulysse 3 30 Jeunesse CHANSONS DRÔLES, CHANSONS FOLLES (Lrm JDC) ¥ H.MAJOR Fides 76 31 Psychologie E.ZELINSKI Stanké 5 32 Psychologie LES HASARDS NÉCESSAIRES J.-F.VÉZINA L'Homme 24 33 Polar LA TRAHISON PROMÉTHÉE ¥ R.LUOLUM Grasset 5 34 Roman PENSÉES SECRÈTES ¥ D.LODGE Rivages 8 35 Roman Qc PUTAIN ¥ N ARCAN Seuil 27 36 Psychologie LÂCHER PRISE G.FINLEY Le Jour 441 37 Cuisine LE VÉGÉTARISME A TEMPS PARTIEL ¥ LAMBERT/DESAUWERS L’Homme 24 38 Roman L'ÉTERNITÉ N'EST PAS DE TROP ¥ F.CHENG Albin Michel 6 39 Psychologie PARENT RESPONSABLE.ENFANT ÉQUILIBRE F.DUMESNIL L'Homme 199 40 Esoterlsme LE RÊVE ET SES SYMBOLES ¥ M.COUPAL de Mortagne 884 41 Roman N.ROBERTS Beltond 3 42 Biograph.Qc MON AFRIQUE ¥ L.PAGÊ Libre Expression 21 43 Psychologie LES HOMMES VIENNENT DE MARS.LES FEMMES.¥ J GRAY Logiques 419 44 80 PETER PAN.T.5 - Crochet LOISÉL Vents d'Ouest 3 45 Polar LA CONSTANCE DU JARDINIER ¥ J LE CARRÉ Seuil 21 V : Coud de cœur RB Nouvelle entrée Nbrc de semaines depuis parution J N B Sont exclus les livres prescrits et scolaires.24 succursales au Québec / Pour commander : S (shi .vt>->8is ^ - w w w.r e il a u d - b r a y.c o ni [ - I SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et [ I AGMV Marquis La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke Dans Les Mots secrets, de Louise Dupré, une adolescente cherche à mieux comprendre l’écho d'une détresse en elle-même.Une parole tente d’émerger d’un silence protecteur, d’une blessure profonde: des vers fragiles pour dire «cette boule qui emplit [la] gorge».Les images, la limpidité de la phrase, le non-dit et l’étonnement avancent sans jamais se perdre dans une morale réductrice.Il faut suivre, avec confiance, cette poésie qui ne veut qu’exprimer l’essentiel: «J’entends souvent des paroles / semblables à ces natures / mortes / avec leurs fleurs toutes raides / qui ne fanent pas / Ces paroles-là laissent des araignées / sous le crâne / des toiles grises / une suie assez dense / pour ensevelir l’amitié / Car nos amis sont vulnérables / Ils espèrent un élan / un sourire ou un geste / ces fêtes de rien / qui répandent dans les cheveux/des parfums délicats.» L’Ourse de Rachel Leclerc met en scène un personnage féminin assez rebelle, mais bien discret, qui vit dans une «maison austère pleine de soupirs et de mains blanches».Un récit se met en place d’une page à l’autre.La jeune fille en colère n’a pourtant pas besoin de hurler pour faire entendre sa fougue.Il suffit de se tourner vers la rédaction de lettres qui basculent, sans cesse, dans l’imaginaire.C’est alors que la certitude prend la couleur du jour et la forme sauvage de la nature: «Fraîcheur de l’air à mes chevilles / voici la robe pour le chemin qui s’annonce / et le tricot des saisons sans demeure / je retourne à la nécessité d'être / chaleur aux mains comme une aspi- Us nut* ration / je marche à la rencontre / dans la soif et le jaillissement des phrases / car voici venir le nom des choses.» Avec Voyages autour de mon lit, Elise Turcotte s’intéresse plus particulièrement à un éveil au monde où la naïveté du regard prédomine.Dans ces poèmes aux vers courts, la beauté des choses s’emplit de questions.Un timbre assez direct ne cesse de prendre plaisir aux saisons, aux mystères, de même qu’à tout ce qui émerge du cœur.Le matin se transforme en une autre planète où il est encore possible de rêver: «Les forêts perdent / des plumes / c’est écrit / sur le dos / des anges-animaux / les banquises / se rapprochent / des êtres / Les édifices géants / se tiraillent / dans la fumée / j’ouvre ma valise / je retrouve en bouquet / les images / que j’y ai plantées.» Les eaux-fortes ainsi que les lithographies de Jean-Benoît Pou-liot, Daniel Sylvestre et Elmyna Bouchard ajoutent beaucoup à la lecture de ces textes.La qualité du travail graphique mérite bien plus qu’une simple mention.D’ailleurs, les maquettes de couverture devraient séduire et amener plusieurs nouveaux lecteurs à jeter un œil sur ces petits livres irrésistibles.LES MOTS SECRETS Louise Dupré L’OURSE Rachel Leclerc VOYAGES AUTOUR DE MON LIT Élise Turcotte La Courte Échelle, coll.«Poésie» 2002, respectivement, 39,38 et 35 pages N AÏ M KATTAN Peut-être faut-il aborder ce livre par la fin.Shmuel Trigano met en question la sociologie.En étudiant le rapport entre la société et le réel et en cherchant à expliquer l’être, son analyse ne pouvait pas feûre l’économie de la transcendance et des rapports entre la sociologie et la religion.La conclusion de Trigano est nette: «[.] la transcendance, ce qui surpasse l’objet quantifiable est la condition sine qua non de la connaissance.» D’après lui, la transcendance est l’expérience de l’autre et fut défigurée par la modernité.Trigano est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le judaïsme.Il a également étudié la présence du religieux sous différents angles: la démocratie, la loi, l’amour, l’exiL Dans Qu’est-ce que la religion?D remonte aux débuts de la sociologie.Durkheim a étudié la religion comme phénomène social et s’est intéressé à la séparation entre le sacré et le profane plutôt qu’à la spiritualité, sans distinguer les diverses religions.Ce qui importe pour lui, c’est la recherche d’une cohésion dans la société et l’expression d’une volonté commune à travers les totems et les mythes.Max Weber installe le religieux au cœur de sa théorie.Ce qui l’intéresse en premier lieu est le rapport entre le religieux et le politique.Il insiste sur la recherche du sens qu’une société peut atteindre par le politique et condamne impie citement la religion à la disparition.Le charisme permet la conquête du pouvoir politique.«Derrière la religion, affirme-t-il, le pouvoir politique.» Karl Marx, quant à lui, occulte la religion.Il y voit un symptôme de l’économie politique, une invention, un recours des dominants pour établir leur exploitation.Le dernier sociologue dont parle Trigano est Bourdieu, qui synthétise la pensée de ses prédécesseurs.Il emprunte à Durkheim la structu- re symbolique du social afin de mettre en lumière l’importance primordiale de l'éthos.D poursuit l’enquête de Weber sur la présence des professionnels et des non-professionnels de la religion et soutient que les dominants ont comme arme la connaissance alors que les dominés sont soumis en raison de leur méconnaissance.D existe une -religion civile» qui se déploie dans la politique.Le communisme athée en est un exemple.Toutes ces théories, pense Trigano, ne mettent pas un terme au mystère persistant, celui de l’origine.L’explication de la religion par le politique aboutit à l’explication de la société par elle-même.L’aliénation signalée par Marx ne se règle pas par l'économie.«Tous ces arguments, conclut-il, fondateurs de théories qui récusent officiellement toute idée de transcendance, s’apparentent — pourrait-on dire — à des substituts de religion et promeuvent des arguments de type religieux, inavoués et déniés comme tels en vertu même des problématiques qu 'ils fondent.» Aussi faudrait-il réaffirmer la centralité de la religion, mais non comme un phénomène social, une manifestation du politique: «En somme, dit Trigano, il faudrait penser à nouveaux frais la théorie de l’économie générale de l’être.» C’est sans doute le thème d’un prochain ouvrage.Les conflits qui déchirent le monde actuel, dont le terrorisme est l’expression la plus dramatique, ont pour fondement apparent la religion.Dans les faits, il s’agit d’une entreprise de domination, d’une recherche de pouvoir qui exploite la religion et l’utilise comme masque.L’un des mérites de cet ouvrage est de rappeler que la religion n’est nullement cela QU’EST-CE QUE LA RELIGION?Shmuel Trigano Editions Flammarion Paris, 2001,329 pages Iconoclastes et déila^rateurs, tous K O textes des chansons de Lucien I rancoeur édition: Triptyque et la revue Mœbius vous invitent au lancement de leurs nouveautés et au coup d’envoi de leur 25e anniversaire le lundi 18 mars 2002 dès 17 H 30 à la Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis (métro Berri-Uqam) Informations : (514) 597-1666 triptyque@editiontriptyque.com / www.generation.net/tripty SALC V&r\ez; TetvcOfVT'&T ï\oS avt&vTS.[1 iü ht * * Isabelle fie@ûdin Mireille ViencCV ;vc ¦ "V," 1 < c - '-‘e JWile l^ar coite ^element présents : Çéhé&îc Iroissart, J^drce-feie (aratlon.l^icriclc [^framboise et [oûLsc luxireac-IcVert Les 4oo coups ÉDITIONS MILLE LE DEVOIR, LES S A NJ E D 1 1 t» ET DIMANCHE 17 MARS 2 0 0 2 i) ?r Roman d’outre-tombe \1 i c h e l Biron Le titre du nouveau roman de N mg Chen a la beauté énigmatique d'un vers: Le Champ dans la mer.Il coiffe l'histoire d’une femme morte accidentellement dans sa jeunesse.Morte?Pas tout à fait, puisque cette femme raconte elle-même sa mort Et si eDe semble parler d’outre-tombe, elle n'en est pas moins étrangement vivante.Abandonnée par son mari dans une auberge dont elle est aussitôt expulsée, elle se retrouve sur la plage voisine, entre mer et terre, les yeux fixés sur un horizon immense dans lequel se superposent le passé et le présent, la vie et la mort II n’y a plus de frontière nette entre le champ, d’un côté, et la mer, de l'autre; les deux univers sont versés l'un dans l’autre, mais au profit du second terme.Le champ, c'est avant tout le sol qu’on cultive, la terre vivante autour de laquelle les sociétés traditionnelles se sont construites.La mer, c’est ce que René Char appelait méchamment un «pèse-néant».Mettre le champ dans la mer revient à inverser la perspective habituelle et à considérer la vie du point de vue de la mort Pourquoi un tel parti pris pour la mort?Ying Chen, on s’en souvient a déjà fait un usage remarquable de ce procédé dans L’Ingratitude (1995).La narratrice y reconstituait une fois morte, le scénario de son accident présenté d’abord com-me un suicide programmé de longue date, vengeance ultime contre une mère asphyxiante.Avec Le Champ dans la mer, la romancière adopte une position d'écriture similaire, mais, cette fois, on ne l'a pas enterrée assez profondément, de sorte qu’elle surgit, telle une plante bizarre, hors de sa tombe, hors de la terre, comme une repousse imprévue.Certains y verront une allégorie de l’exilée transplantée loin de la terre natale et à l’abri des regards de sa mère.D’autres y liront une métaphore de sa propre écriture, car celle-ci recycle les personnages des romans antérieurs.Ying Chen renoue ex- plicitement avec les figures à’Immobile (1998).celle de A., le mari archéologue, «l'homme moderne-, et celle de S.„ l’amant qui devient id V.„ le premier amour de la narratrice.Ainsi, rien ne meurt vraiment le monde ancien de l’héroïne ne cesse de refaire surface et de hanter sa mémoire.Mais surtout ce monde passé ne semble pas moins actuel que le monde present — et celui-ci pas moins archaïque que celui-là.Recyclage, réincarnation, repousse, renaissance, tous ces termes évoquent bien quelque chose qui est central.Peu importe comment on le dit, l’essentiel est de constater que la mort, dans l'univers de Ying Chen, n’a rien d’une fin ou d’une rupture, encore moins d’un drame.D s’agit pourtant d'un événement au sens le plus fort, peut-être même du dernier des événements dans un monde voué à une sorte de loisir permanent.La mort prend d'ailleurs tout son sens en ce quelle contredit de la façon la plus violente le côté quasi irréel de cette société des loisirs qui tourne à vide.Elle restitue le monde dans sa réalité concrète.le grand avantage romanesque de la mort consiste surtout à défamiliariser le monde, c’est-à-dire à le présenter comme pour la première fois, comme à travers un regard d’étranger.Ying Chen a le sens du réel et elle trouve, par le biais de cette écriture d’outre-tombe, le moyen d'échapper à l'abstraction des réminiscences.«f essaie de me concentrer ici sur les faits», écrit la narratrice.Les faits sont simples: c’est devant la maison de V.que la narratrice est morte, frappée par une tuile.Le toit meurtrier n’en était pas à son premier crime; le père de la narratrice, unique poseur de briques dans un village de cultivateurs, s’était écrasé peu de temps auparavant en glissant du haut de cette même maison.En dehors des faits, la réaction de la mère et de V.„, l’amoureux, demeurera une énigme, La narratrice voudrait bien la découvrir, mais les faits sont mystérieux et le resteront CARREFOURS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ying Chen FRANÇOIS GRAVEL Je ne comprends pas tout Son histoire est toute simple, comme l'écriture qui a su la rendre et qui appartient au registre de la meilleure littérature populaire.Réginald Martel, La Presse Une approche originale du triangle amoureux [.] Jean Vigneau] t, Le Courrier de St-Hyacintbe François Grave» -Wm QUÉBEC AMÉRIQUE A?www.quebec-amerique.com Y*Y LC CHAMP DANS LA MER Pourtant, elle ne peut pas y renoncer totalement.Ni nostalgique ni amnésique, elle va et rient d'un monde à l’autre, constamment ramenée au récit en creux de ses origines.La force de ce récit en creux rient justement de ce que le monde révolu, celui dans lequel la narratrice n’est jamais qu’un spectre, est plus réel, plus rivant, plus chaud que le monde présent de sa demi-mort.Elle se souvient des grenouilles qu’elle allait regarder avec V., du chandail que sa mère tricotait avant sa mort et quelle n’a probablement jamais tenniné, du précieux coffre dans lequel se trouve la chemise que portait son père le jour de sa mort Pour accomplir ce qu’elle appelle «la besogne de naître*, il lui faut retourner en arrière, se défaire de son corps et se projeter dans une durée neuve par laquelle se profile un désir d'éternité.Cette rage d’exister passe chez Ymg Chen par une prudente retenue des mots.Ici et là, il y a bien quelques élans de colère («Ko«s avez de l’orgueil?Vous aimez la solitude?Eh bien, crevez seul maintenant»), mais ils sont rares.Les phrases courtes et simples sont modalisées par des marques d’atténuation qui semblent interdire toute emphase.Ce n’est pas un hasard si l’œuvre de cette romancière a déjà attiré l’attention de la critique et fait l’objet de quelques études.Elle appelle une relecture, car sa sobriété apparente, comme celle d’un Jacques Poulin, est l’une des plus travaillées qui soit parmi les écritures actuelles.Ce travail ne concerne pas seul» ment la mémoire du sujet comme on l'a souvent note à propos de Ying Chen, mais aussi le rythme et la scansion de sa prose.Aux phrases d’ouverture, souvent brèves et percutantes, correspondent des chutes qui entraînent le lecteur vers un élargissement soudain de la perspective.1» meilleur exemple est la dernière phrase du roman qui, par un rythme plusieurs fois relancé, donne à lire et à entendre le mouvement de va-et-vient qui structure tout le roman.Cette chute reprend l’image du coffre dans lequel se trouve le vêtement du père; «le jour où je le retrouverai, je monterai seule sur ce coffre qui.même disloqué par les .flots, saura m’emporter vtrs le large, loin de A., loin de ce lieu étrange où Ion a envie de frapper, où je ne cesse de m'enir.» lu glissement final du «on» au «je» n’a rien de spectaculaire et il est probable que le lecteur ne le remarque qu'à peine à la pr» mière lecture.C’est pourtant à de tels détails que l'on mesure l’efficacité patiente d'une écriture.Il m’est arrivé de regretter, en lisant Le Champ dans la mer, qu’un tel talent ne s’exerce pas sur une plus grande surface.Il n’y a pas assez de place pour que se déploient réellement les personnages secondaires, notamment le père vers qui la narratrice revient souvent sans pour autant lui donner une véritable consistance.Certaines images du début, comme celle de la cabine téléphonique qui disparaît dès que la narratrice touche à la poignée de la porte, ont une allure surréaliste qui demeure peu exploitée par la suite.Même le rire qu'on devine ici et là semble empêche d'éclater, limité par le sérieux de l’intimisme.Mais un roman d'outr»tombe a forcément ses mystères, ses silences.Si la voix poétique de Ying Chen est parfaitement à l’aise dans des romans miniatures comme ceux qu’elle a écrits jusqu’ici, c’est peut-être justement parce qu’elle arrache ses personnages au bavardage du monde.LE CHAMP DANS LA MER Ying Chen Boréal Montréal, 2002,120 pages souvînt la nlut 1U T t RÉVEILLES l a nuit est laite pour rêver, non pour rélléchir à l’absurdité de l'existence.ROM AN • 21.95 S • l’HEXAGOME www.edhexagone.com Des fleurs pour Nerval DAVID CANTIN Qu’ont en commun les fleurs et les livres?l’ne fragilité, un parfum et peut-être de donner accès à quelques vertiges insondables.Dans Rouges Roses de l'oubli, la Française Corinne Bayle traverse de nombreux jardins où le rêve s'unit à la mémoire.De Maria Callas à Emily Dickinson.de Van Gogh à Sylvia Plat h.cette œuvre de fiction passe par l’intermédiaire de certaines figures mythiques afin de mieux comprendre ce que cherche à dire l’absence.Du début à la fin, on suit l’ombre d’un poète romantique qui porte le prénom de Gérard.11 s’agit de Nerval, évidemment, mais l’écrivaine dépassé le simple portrait réaliste.Elle s’inspire plutôt du personnage comme point d’horizon d’un certain génie du romantisme.Cette prose aérienne avance donc de manière à expliquer le sens d'une quête où les motifs de la rose et de la mort deviennent indissociables.Bayle renvoie aux découvertes de Goethe au sujet de la botanique, aux enjeux du drame de Faust ou encore à la Divine Comédie.«Au moment où il vient d’écrire le récit de sa folie, une Descente aux Enfers d la manière de Dante, le poète choisit de se tuer, laissant à jamais inachevée son œuvre, particulièrement celle qu’il avait entreprise comme un témoignage quasi médical sur son cas singulier.L’ironie à l'encontre des médecins l'a en quelque sorte rattrapé.» Empruntant à l’étude littéraire comme au journal intime, ce court récit fascine tout au long de son enquête introspective.Les livres comme les variétés de fleurs, qu’ils soient d’Orient ou d’Occident, apparaissent comme autant d’indices à propos de différents états intérieurs.Une meditation funèbre traverse ces pages pour mieux saisir les traits de pinceau, les contrastes d’une feuille, un air de Verdi, tout comme les incertitudes du poète.«.1 quoi bon crier?», demande la narratrice.Bayle se faufile parmi les chemins offerts, l’émerveillement, le calme, ainsi que la tristesse.11 ne faudrait surtout pas lire dans ce texte quelque démonstration savante.Bayle a déjà écrit un long essai qui a pour titre GY tard de Nerval: la marche d /’Etoile.Ce livre se présente comme l’envers du projet.L’attente qui fait appel au souvenir.Un écho de la langue, semblable au contact immédiat des «couleurs mélangées sur la palette au couteau».Rouges Roses de l'oubli évoque de nombreux destins dans un lieu qui resterait, à jamais, immobile.Plutôt qu’à l’essayiste, on revient alors à l’écrivaine, qui ne cesse de s’intéresser à la distance tout en appelant à la fusion.1» lyris me du réel reformule ainsi la grande question de l’amour.Une promenade à travers les époques, où la transparence guide à jamais l’obscurité.ROUGES ROSES DE L’OUBLI Corinne Bayle Champ Vallon, coll.«Recueil» Paris, 2001,125 pages YING CHEN « Une œuvre forte, contrôlée, J'une (jramie puissance poétique, » Caroline Montpctit l e Devoir « Des tmaejes évocatrices qui savent faire leur chemin et f rappent à retardement.» Benny Vigneault Le Soleil LE CHAMP DANS LA MER Roman 120 pages • 17,95 $ Boreal www.editiahsboreal.qc.ca t i LE DEVOIR, LES SAMEDI IR ET DIMANCHE 17 M \ K S 2 O O 2 Les Presses de l'Université de Montréal L’éthique de la recherche GukU pour U chercheur en sciences de la santé Hubert Doucet Cet ouvrage présente les principales règles auxquelles un chercheur doit se soumettre, en lui indiquant les éléments dont il faut tenir compte dans la rédaction d’un protocole de recherche et en le sensibilisant aux raisons de ces exigences.Coll.Paramétres 270 pages.24,95 $ Lethique de la recherche U- L'idée d’université Une anthologie des débats sur l’enseignement supérieur au Québec de 1770 à 1970 Claude Corbo avec la collaboration de Marie Ouellon Une illustration des différents courants de pensée qui se sont affrontés sur l'idée d’université au Québec.Coll.PU M/Corpus }8o pages • *4.95 * I .i< lcr * TU A NC H V H DW A» «I //nr tiu*cn rie Té/fAn/ « au GMdt G Elizabeth Abbott Histoire universelle de la chasteté et du célibat Cet ouvrage étudie l'abstinence sexuelle depuis l'Antiquité jusqu’à nos jours.On y découvre que loin d'être rétrograde et contre nature, la chasteté a joué un rôle considérable tout au long de l’histoire de l'humanité.Elle a souvent contribué à l'émancipation des femmes et reste aujourd'hui encore une question d'actualité.624 pages • 29,9s 5 Mary Gordon Jeanne d’Arc Avec le talent qu'on lui connaît pour dépeindre les caractères féminins, Mary Gordon dissèque les pulsions contradictoires qui sont à l'origine du parcours fulgurant de Jeanne d'Arc.Toutes les facettes de ce mythe impérissable sont mises en lumière dans cette biographie dont l’auteure et l'héroïne étaient faites Tune pour l’autre.Coll.Grandes figures, grandes signatures 216 pages • 19,95 S Sherwin B.Nuland Léonard de Vinci L'auteur de cette biographie s’aventure au cœur du premier esprit scientifique vraiment moderne de l’histoire.Il explore l'extraordinaire multitude de talents qui a permis à Léonard de Vinci de devancer ses contemporains de plusieurs siècles.Coll.Grandes figures, grandes signatures 216 pages • 19,95 S Henriette Major Chansons douces, chansons tendres Des chansons pour endormir ou apaiser les tout-petits, ou pour le simple plaisir de retourner au pays de son enfance.Après le succès de 100 comptines et de Chansons drôles, chansons folles, Henriette Major présente dans ce livre-disque 30 des plus belles tierceuses et chansons douces de tous les temps.128 pages ?CD • 24.95 5 F I D E S i I) (J E DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 MARS 2 O O 2 -'Littérature' LITTÉRATURE A FRANÇAISE LE FEUILLETON Etre ou ne pas être Robinson ?DAVID CANTIN Est-ce un roman, de la poésie ou un texte à la limite du théâtre?Difficile de répondre, puisque le cinquième titre d’Olivier Cadiot n'a de cesse d’échapper au cloisonnement des genres.Retour définitif et durable de l’être aimé préfère avancer parmi de courtes strophes qui défilent, à toute vitesse, sous les yeux du lecteur.Il se retrouve cette fois dans le cerveau de Robinson, personnage qui tente de survivre, par le biais du langage, à une fête qui l’obsède et le gêne.On peut dire que ce texte ne défend aucune histoire.Cadiot greffe des idées, des phrases, du réel et du non tangible à un improbable récit Il ne s’empêche pas de rire ou de penser tout haut, de repiquer au hasard ou de faire rapidement.L’émotion fulgurante côtoie l’anecdote la plus ridicule.Le lapin fluo des premières lignes deviendra le symbole d’une marche à suivre: un guide hors du commun, une manipulation génétique fragile.Coincé parmi ces gens qu’il déteste, Robinson décide de fuir dans sa tête.Il s’invente alors des mondes parallèles où le burlesque se mêle au satirique, où l’instant présent devient du passé comme du futur.Critique d’une société à la dérive et du néoréalisme littéraire français, Retour définitif et durable de l’être aimé décoiffe, sans pour autant devenir illisible.Cadiot aime surprendre mais soigne aussi l’oralité première de ses morceaux de prose.On peut ouvrir ce livre au hasard pour mieux comprendre qu’il n’entre aucunement dans les règles prévisibles de la vie mondaine.On passe d’une référence à la mécanique quantique au refrain d’une chanson populaire de Daft IHink, du livre mal compris à la trouvaille lexicale magnifique: «Je couvre leur voix par mes pensées, ça marche, c’est ma spécialité, c'est mon nouveau sport, c’est délicat, je réduis le son de leurs mots, ça marche, je suis absorbé dans l'eau noire, je suis au fond, je suis à l'envers au fond de l'œil du monstre, c'est une découverte, je suis avalé dans les lentilles vert cru, je suis dans la vase, j'occupe le terrain en silence, Marivaudage sur fond savant Q SOURCE ESPACE GO Olivier Cadiot intervention au sol, je suis dans l’œil du poisson, ça marche, je vois: une main énorme au premier plan et un paysage rond à l’arrière, arbres courbes, le ciel lucarne, un corps en angle, moi, jambes grêles immenses, tête loin décadrée, cheveux tordus, des branches en l’air, ciel gris.» Avec ce livre, sans doute son meilleur, Cadiot affine son rapport à la littérature.La technique du cutup n’est plus simplement renouvelée, elle cherche dorénavant à faire sens avec le souffle qu’elle dégage.L’ensemble peut se lire par bribes ou d’un seul trait C’est ce qui rend l’objet littéraire assez fascinant Retour définitif et durable de l’être aimé met en question les possibilités d'un art de l’écrit au XXL siècle.Alors que certains s’acharneront à trouver une logique interne derrière les aventures de ce Robinson, il est préférable de se laisser prendre au jeu des rêves, des images ou des constats.Olivier Cadiot signe une œuvre qui déjoue les attentes et brille par son audace nerveuse.Enfin, un monologue intérieur à plusieurs voue qui ne fait pas que déballer de la théorie.RETOUR DÉFINITIF ET DURABLE DE L’ÊTRE AIMÉ Olivier Cadiot PO.L Paris, 2002,260 pages ui n’a pas entendu parler de David Lodge, ce romancier anglais qui s’est fait une spécialité du monde universitaire, de ses grandeurs et, surtout, de ses misères, insistant particulièrement sur le jeu amoureux qui, là plus qu’ailleurs, prend souvent des allures de farce ou de comédie, sans doute parce que l’amoureux savant est aussi démuni que n’importe quel quidam quand il rencontre l’amour et que donc, par contraste, il a l’air plus bête?L’amour?.Disons plutôt le sexe.Car dans cette machine à performer et à s’illustrer qu’est l’université — où l’on se rapproche des joutes de chevaliers du Moyen Age —, l’image de soi dépend souvent des conquêtes faites au sein de la gent féminine.Ét la libido sciendi finit toujours par se rabattre sur la libido tout court L’universitaire y met-il plus de moyens, s’y montre-t-il plus pervers, plus inventif ou plus créatif qu’ailleurs, y est-il plus libre, plus souverain?Cela dépend.Mais généralement, malgré son haut degré dévolution intellectuelle, malgré son sens de la critique sociale et des conventions, malgré sa liberté de pensée, il est soumis aux mêmes lois et aux mêmes conventions qui gouvernent l’ensemble de ses contemporains.En d’autres mots, il parait finalement aussi stéréotypé, aussi peu novateur, aussi peu valeureux ou libre que l’ouvrier du coin.Tromperies, jalousies, mensonges, petitesses y régnent en maîtres.Ce qui le distingue peut-être, c’est son incroyable capacité de déplacement (au sens freudien) et d’auto-justification, son cynisme aussi, qu’il soit bon enfant ou non.On ne la lui fait pas, à lui.N’est-il pas le docteur machin, maître ès quelque chose?C’était un filon rêvé pour un esprit comme celui de Lodge, fin observateur des mœurs de son temps, des simagrées et palinodies de ses pairs (il a lui-même enseigné dans de prestigieuses universités) , ironique à souhait, débordant par ailleurs d’humour et de bonhomie.Car I xxlge aime la légèreté.Il se plaît à raconter le cirque des passions avec la délica- LOUI ( MiinJ prix littéraire Archambault Thana , t ' T La fille-rivière (tome I ) f I ¦ .1 24AS $ Jean-Pierre Denis ?tesse d’un chirurgien spécialisé dans la découverte et l’ablation des tumeurs bénignes.Un délice, et plus encore dans ce dernier roman où Lodge, me semble-t-il, est au faîte de son talent Sciences cognitives et sentiments amoureux Dans son dernier roman, nous nous retrouvons dans une université (semi-fictive) du sud de l’Angleterre, à Gloucester.Université construite sous les auspices de la science (intelligence artificielle, sciences cognitives et tout le bataclan), affiliée indirectement à l’armée dont dépend une partie de ses subventions, on y mène des recherches de pointe dans le domaine des processus de conscience et de reproduction des schémas cognitifs et affectifs par des ordinateurs.Science du cerveau bien imprécise encore, mais qui croit pouvoir parvenir un jour à décrire parfaitement le fonctionnement de la pensée et à en reproduire les paramètres.Ralph Messenger, le héros principal de ce roman, est le type même du scientifique qui croit cette tâche possible.Pour ce faire, et parce qu’il a la certitude qu’on ne peut approcher du phénomène de la pensée que si on la prend dans ses conditions d’exercice normal, il se contraint à dicter les pensées qui l’occupent ou le traversent à un dictaphone car «[.] il est aisé de simuler la pensée humaine lorsqu’elle est orientée vers une tâche, qu’elle vise un objectif comme gagner une partie d’échecs ou résoudre un problème mathématique, mais comment reproduire les aléas, le cours imprévisible de la pensée ordinaire non spécialisée, de la pensée oisive, comment inclure ça dans le programme, pour VIA., c’est un vrai problème qui se pose, et que cet exercice pourrait éventuellement contribuer à résoudre [.] ?».En cela, il rejoint les fameuses théories du philosophe américain William James (1842-1910), qui avançait le concept de «courant de la conscience» qu’allait reprendre Joyce.Il se trouve qu'Helen Reed, nouvellement arrivée sur le campus à titre de professeur invité pour un cours de creative writing, est une spécialiste du frère de William, le romancier Henry James, et que son point de vue est radicalement différent de celui de Ralph.Comme bien souvent les contrastes s’attirent, et unç idylle finit pas naître entre eux.Équation difficile, pé- rilleuse même, car Ralph est marie et Helen vient de perdre son mari dont elle n’a pas encore fait le deuil.Il faudra attendre une certaine révélation post mortem au sujet de son mari pour qu "Helen, auteur catholique pleine de principes et armée d’une foi naïve dans l'intégrité des êtres, ne s’abandonne a l’insistant Ralph.Le roman est construit à trois voix.L'une est celle du dictaphone de Ralph, l’autre, celle du journal intime que tient Helen, et la troisième est tenue par un narrateur omniscient (rare, cependant).Il faut encore ajouter un certain nombre de courriels, reproduisant les lacunes de cette écriture cursive où les fautes n’ont guère d’importance.C’est brillamment construit, exploratoire à souhait (pensez à tout ce que Ralph peut confier à son dictaphone, allant de son dépucelage par une fermière du Yorkshire à ses parties de jambes en l’air avec telle ou telle assistante en passant par ses pensées secrètes au sujet d’Helen), d’un marivaudage délicieux et en même temps plein de considérations philosophiques et scientifiques sur le champ de la conscience.Et puis, le titre le dit bien, il s’agit d’entrer dans les pensées secrètes des gens, c’est-à-dire de tout ce qu’ils taisent généralement, y compris à eux-mêmes.Car qui voudrait s’avouer avoir eu du désir s; •
de

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