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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-03-19, Collections de BAnQ.

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CLANDESTINS PAUVRETÉ Rapport accablant de l’ONU à l’aube du sommet de Monterrey Page A 4 L’Italie accepte de recevoir les réfugiés kurdes du Monica Page A 5 ?w w w .ledevo r .e o ni ?LE DEVOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une neige lourde et abondante tombait sur les amis de Jean-Paul Riopelle qui marchaient lentement derrière le corbillard.Le dernier hommage Adieux enneigés au prodigieux Riopelle STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Les flocons lourds et mouillés ont commencé à tomber quelques minutes avant l’arrivée du corbillard transportant la dépouille de l’artiste Jean-Paul Riopelle.La bordée de colle blanchâtre a pris de la vigueur pendant la cérémonie.Quand les cloches de l'église ont tinté lentement du glas des funérailles, la première véritable neige d’une saison hivernale jusqu’ici morne et grise avait complètement blanchi et purifié la ville en deuil de son prodigieux créateur, amoureux fou de la nature.Le premier ministre du Québec n’a pu s’empêcher d’évoquer cette situation symboliquement chargée à la toute fin de son discours élégiaque, hier après-midi.«À cause de [son] œuvre puissante, on peut regarder cette mort avec tristesse, certes, mais lui dire fermement: où est ta victoire, a dit Bernard Landry dans un discours chargé d'émotion, très apprécié et même applaudi par la foule.C'est le trappeur qui a gagné et pour toujours.Aujourd’hui, alors que ta patrie regrette ton départ, la neige a neigé sur elle, comme pour contribuer à l’hommage suprême quelle t’adressa en pleurant, mais aussi dans la joie de ton œuvre et de ta vie.» Malgré le mauvais temps, les funérailles du peintre Jean-Paul Riopelle ont attiré plus de 900 personnes — dont beaucoup de dignitaires et de personnalités publiques —, en l’église Immacu-lée-Conception, à l’angle Papineau et Rachel, sur le plateau mont-Royal.L’artiste canadien le plus célèbre et le plus célébré dans le monde était né à quelques rues de là, en 1923.11 avait 78 ans au moment de sa disparition, il y a une semaine.Jean-Paul Riopelle est mort dans son petit domaine de l’île aux Grues.Dans sa courte adresse introductive, une sorte de mot de bienvenue, le curé a rappelé que son plus distingué paroissien s’était déjà fait baptiser et qu’il avait épousé sa première femme dans cette même église.L’hôte en a également profité pour glisser une toute petite allusion aux croyances des chrétiens en la vie éternelle.Mais la remarque aura été la seule référence religieuse dans une cérémonie par ailleurs entièrement profane.N’empêche, des amis du peintre, Pierre Gauvreau et Madeleine Arbour, eux aussi cosignataires du manifeste Refus global, n’ont pas assisté à la cérémonie pour protester contre le choix d’un lieu de culte religieux pour un incroyant Hier, les funérailles ont ras- Certains cosignataires du Refus global continuent obstinément de pourfendre «le goupillon» comme ils le disaient dans leur mythique manifeste.Faut-il en rire ou en pleurer?Stéphane Bailla r g e o n Le Devoir Dieu, qui voit tout, aura vu ces derniers jours de vieux et très respectables personnages des arts du Québec se disputer autour des hommages, religieux ou non, à rendre à la dépouille du plus grand d’entre eux, le génial et fabuleux Jean-Paul Riopelle.L’artiste était athée ou à tout le, moins incroyant La cérémonie organisée hier par l’État à sa mémoire se déroulait dans l’église où il avait été baptisé et marié.D'où la controverse.Pierre Gauvreau et Madeleine Arbour, deux cosignataires du Refus global avec Riopelle ont boudé la cérémonie.«/Z s’agit d'un manque total de respect pour la pensée de cet homme», déclarait ce dernier la se- semblé de nombreux autres amis de Riopelle.Le mouvement critique n’a donc pas été suivi, ici.A Paris, en revanche, la cérémonie retransmise par satellite n’a guère plu à ses anciens compagnons de route français, réunis au Centre culturel canadien.Paul Rebeyrolle, vieil ami du peintre, a parlé d’un «enterrement ridicule», de «singeries», d’une trahison VOIR PAGE A 8: HOMMAGE Lire aussi en page B 8 ¦ Paris se recueille sur fond de polémique maine dernière en claironnant sa décision de bouder le lieu de culte catholique du plateau Mont-Royal.«De quel droit le gouvernement du Québec décide-t-il qu'on doit mourir à l’église?», a rajouté Mme Arbour.Des amis franco-français du peintre ont relayé la critique anticléricale.Ija fille du peintre, Yseult Riopelle, souhaitait que les funérailles de son père se déroulent au Musée des beaux-arts de Montréal.Elle était quand même présente hier, avec des centaines d’autres admirateurs.Nicole Bouchard, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi, présentée comme une spécialiste des rites de passage, a même parlé d’une forme de ^prostitution de l’institution catholique.«L’Église est prête à toutes les concessions et, ultimement, à se prostituer, pour conserver son monopole sur les funérailles, a déclaré Mme Bouchard au Soleil.Elle se sert de ça pour évangéliser et encore plus quand il est question d'une cérémonie publique comme c'est le cas avec Riopelle.Ethiquement, l’Eglise devrait laisser aller» VOIR PAGE A 8: GARDE Début de retrait israélien L’émissaire américain pourrait obtenir le cessez-le-feu espéré D'APRÈS REUTERS ET AFP Jérusalem — Israël a entamé hier soir le repli de ses forces des zones autonomes palestiniennes ré-occupées, une initiative qui pourrait faciliter le cessez-le-feu que l’émissaire américain au Proche-Orient, Anthony Zinni, tente d’arranger entre Israéliens et Palestiniens.Ces derniers exigent en effet le retrait complet dr's territoires autonomes comme préalable à une trêve mettant fin à 18 mois d’effusions de sang.Parallèlement, le vice-président américain Dick Cheney en visite à Jérusalem a appelé le président palestinien Yasser Arafat «à renoncer à la violence», alors que l’armée israélienne se retirait des zones autonomes de Bethléem et Beit Jala en Cisjordanie.les chars et l’infanterie de Tsahal étaient déployés à Bethléem et aux environs, et, selon des responsables palestiniens de la sécurité, dans 20 % environ du territoire autonome palestinien de la bande de Gaza.le retrait devrait également toucher certaines parties de la bande de Gaza, réoccupées depuis le début du mois.VOIR PAGE A 8: RETRAIT Les «amis» du régime Charest et Dumont réclament une enquête publique KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR A la lumière de faits nouveaux dans le délicat dossier du lobbying, Jean Charest et Mario Dumont réclament du gouvernement du Parti québécois qu’il ouvre une enquête publique sur le mode de rémunération appliqué par des entreprises privées, dont Oxygène 9 et le Groupe Vaugeois, sous forme de commissions sur des fonds publics.Comme le révélait D Devoir samedi, le Groupe Vaugeois, dont le président Sylvain Vaugeois est un péquis-te de longue date qui ne cache pas sa «proximité» avec Bernard Landry, reçoit des ristournes sur les crédits d’impôt obtenus pour la création d’emplois dans la Cité du multimédia Grâce aux ententes conclues avec une VOIR PAGE A 8: ENQUÊTE PERSPECTIVES L’arrière-garde absente Bernard Landry: «C’est le trappeur qui a gagné et pour toujours» ACTUALITÉS ARCHIVES LE DEVOIR Don Boudria Travaux publics: un rapport pour le prix de deux ¦ À lire en page A 3 INDEX oï oü O'* Annonces .B 4 Idées .A7 Avis publics .B6 Le monde.A5 Bourse .B2 Mots croisés .B 6 Culture .B 6 Météo .B 4 Économie .B 1 Sports .B 5 Éditorial .A6 Télévision .B 7 La Loi de Veau ou du silence ?Nouveau documentaire-choc du duo Monderie-Desjardins ACPAV Une grenouille à six pattes, exemple des mutations qui se produisent dans les cours d’eau agricoles à cause des pesticides.LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Robert Monderie, le réalisateur-complice de Richard Desjardins dans L’Erreur boréale, récidive, mais cette fois dans le dossier de l’eau.Si Monderie a réalisé ce film seul, cette fois, son complice depuis 20 ans l’a quand même bien servi en «collaborant» aux textes plutôt pimentés de cet autre documentaire-choc, diffusé ce soir à Télé-Québec (20 heures).Le défi était d’autant plus casse-cou que Monderie ne pouvait livrer n’importe quoi après le succès pratiquement historique de L’Erreur boréale, ui a accéléré une réforme dont la fa-eur croissante en amène certains à rêver d’une récidive.Certes, La Loi de l’eau, qui aurait pu tout aussi bien s’intituler La Loi du si- lence, ne frappera pas autant l’imagination du grand public que les montagnes chauves que le Québec a découvertes comme un scandale national dans L’Erreur boréale, la plupart des aspects du dossier de l’eau ont donné lieu, en effet, à divers grands reportages qui ressemblaient à des hit and run médiatiques, sans lendemain, faute de couverture suivie et en profondeur par les salles de nouvelles.Im ImI de l’eau fournit cependant une syn- thèse percutante du dossier, habilement structurée, qui fait le pari de souligner et de relier les enjeux souvent occultés de ce dossier complexe.C’est un secret de Polichinelle: le duo Monderie-Desjardins a fait école.Bacon, le film, d’Hugo latulipe, se situe dans la même lignée.Sans préjuger de la suite, gageons que d’autres sujets environnementaux passionnants, boudés par les grands médias, vont suivre, laissant à une nouvelle race de réalisateurs l’exclusivité entière des dossiers-chocs que des médias aseptisés n’osent plus traiter.La Loi de l’eau démarre sur la «pé-trolisation» des eaux qu’une poignée de multinationales veulent transformer en marchandise, une opération présentée comme le fin du fin de la rationalisation économique.Un banquier explique qu’il suffira de subventionner VOIR PAGE A 8: EAU LE DEVOIR, LE MARDI 19 MARS 2 0 02 A 2 • L E S A C T U A LIT E S • Maintien à domicile Procès de Maurice Boucher Heureusement, il y a la famille Les CLSC ont besoin d'au moins 70 millions de plus pour répondre aux besoins de la population Sept des 12 jurés sont choisis Le juge a accepté 85 demandes d’exemptions et en a rejeté 26 ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Aux prises avec une liste d’attente de 3000 personnes, les CLSC de la région de Montréal sont incapables de suffire à l’explosion des demandes d’aide à domicile.Une enquête interne révèle que jusqu’à 60 % des personnes âgées en perte d’autonomie ne reçoivent pas du CLSC les services nécessaires et que la moitié de l’aide reçue est dispensée par des proches.Toujours acculés à un manque de budgets qui les oblige à de nouvelles réductions de services, les CLSC de l’île de Montréal ont décrié de nouveau hier le fossé qui se creuse entre leur capacité à rendre des services d’aide à domicile et les besoins de la population.Fort d’une étude réalisée en décembre 2001, le Regroupement des CLSC de la région de Montréal affirme qu’en moyenne, au moins 20 % des services nécessaires pour les 20 000 personnes desservies par le programme d’aide à domicile ne sont pas dispensés.Au surplus, la moitié de l’aide obtenue à l'heure actuelle tient au support apporté par le mari, l’épouse, un membre de la famille ou un proche.«Dans le cas de l’hygiène, 25 % des besoins sont non comblés.Dans le groupe des personnes âgées en Perte d’autonomie, c'est 60 % dont les heures nécessaires n'ont pas été comblées.», a expliqué hier Joëlle Khalfa, auteure de l’enquête menée par le Regroupement.Dans plusieurs cas, ces manques de services acculent la famille à une décision de placement pour leurs proches ou relèguent les patients aux urgences des hôpitaux.«Pourtant, la preuve est faite qu’une personne maintenue à domicile est en bonne santé plus longtemps.Si elle va chercher les services ailleurs, dans les urgences et les hôpitaux, ça coûte beaucoup plus cher», soutient Cécile Iégaré, présidente du Regroupement Pour parvenir à répondre aux besoins de la population, les CLSC jugent qu’il faudrait ajouter 70 millions en quatre ans aux budgets actuels de 125 millions destinés au maintien à domicile.Ces dernières années, la grosse part des hausses de budgets des CLSC a toutefois été accaparée par la hausse des services post-hospitaliers destinés aux personnes récupérant d’une opération ou d’un séjour à l’hôpital, favorisée par le virage ambulatoire.«Im loi nous oblige désormais à traiter ces personnes en priorité, alors ce sont les personnes en perte d'autonomie, notamment les personnes âgées, qui voient leurs services réduits», a soutenu hier Mme Légaré.L’an dernier, Québec a relevé de 30 millions le budget destiné aux services à domicile pour toute la province et de ce total, la région de Montréal n’a hérité que 1,5 million, vite dépensé pour couvrir les déficits subis, a déploré Mme Légaré.«Cela n’a même pas comblé l’augmentation des besoins.Entre le discours sur le virage ambulatoire et la réalité, il y a deux mondes», relance-t-elle.Selon Mme Khalfa, la moitié des CLSC ont déjà entrepris cette année d’amorcer des mesures de redressements budgétaires qui se traduiront par des compressions dans les services.Certains cesseront d’accepter de nouvelles demandes, alors que d’autres choisiront de saupoudrer les services pour répondre au plus grand noqibre de personnes.A l’heure actuelle, au moins 3000 personnes sont en attente de services d’aide à domicile dans les CLSC de Montréal pour des périodes variant de un à trois mois.BRIAN MYLES LE DEVOIR 10h30, début de la sélection du jury dans le procès de Maurice Boucher; 10h31: premier motif d’exemption valable invoqué par un homme: «Mon frère a un beau-frère assassiné par un membre des Hells Angels, semble-t-il.» La recherche d’un jury impartial pour décider du sort de Boucher, accusé du meurtre de deux gardiens de prison, montre à quel point six ans de guerre des motards ont marqué le tissu social de la métropole.Trois des 111 personnes qui ont imploré la justice de les décharger de leur devoir de citoyen ont affirmé que ce conflit a fait des victimes dans leur entourage immédiat Le juge Pierre Béliveau les a toutes renvoyées à la maison sans autres questions.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR ex-rédacteur en chef de la r prestigieuse et très renommée revue scientifique Nature, Sir John Maddox, dénonce les freins que plusieurs veulent imposer au développement scientifique et économique.Physicien de formation, journaliste, écrivain et rédacteur en chef de la revue Nature pendant 22 ans, ce britannique d’origine galloise est cette semaine l’invité d’honneur de l’université McGill à l’occasion des grandes conférences publiques Beatty.Dans son allocution intitulée What remains to be discovered.Sir Maddox se fera devin ou du moins exposera ses vues quant aux voies que devrait prendre le développement scientifique au cours du prochain siècle.Avec son esprit futuriste, John Mais la mission s’est avérée moins difficile que prévu.Le jury a commencé à prendre forme en fin de journée.Sept candidats sur une possibilité de 12 ont été retenus d’un commun accord de la Couronne et de la défense.Il s’agit d’un ingénieur stagiaire, d’une analyste en communication, d’un machiniste, d’un employé d’hôpital à la retraite, d’une caissière, d’un enseignant et d’un entrepreneur.L’effort de sélection reprend aujourd'hui.Environ 220 citoyens du district judiciaire de Montréal se sont rendus au palais de justice hier matin sans connaître la tâche qui les attendait Une sourde clameur s'est propagée dans la salle où ils étaient tous réunis quand Pierre Béliveau leur a annoncé que l’homme à juger était nul autre que Maurice Boucher.Le choix Maddox considère très sérieusement l’éventualité qu’un astéroïde percute la Terre et anéantisse du coup l’humanité.Un tel caillou venu du ciel a bien entraîné l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années, dit-il.Afin de faire face à cette éventualité, il souhaiterait que les grandes puissances dotées de l’arme nucléaire s’accordent pour autoriser son usage dans le but de détruire un astéroïde qui ferait route en direction de la Terre.Car les traités internationaux qui ont actuellement cours interdisent tout déploiement de l’arme nucléaire, s’inquiète-t-il.Le réchauffement climatique a été grandement surestimé, soutient par ailleurs M.Maddox.Pour cette raison, il ne voit absolument pas l’urgence d’adopter des modes de production d’énergie plus propres et renouvelables comme {’éolienne.Le Protocole de Kyoto lui apparaît une contrainte irréali- du jury n’allait pas être facile.Deux dames ont fondu en larmes lorsqu’elles ont dû justifier leur demande d’exemption en présence de l’accusé, du juge et des avocats.«Ça m’énerve ces affaires-là, je ne suis vraiment pas capable», a tremblé l’une d’elles.D’autres ont invoqué leur cœur malade, qui ne supporterait pas un procès d’une telle intensité.Un homme d’origine asiatique semblait parachuté directement de l’Orient, ne comprenant même pas le rituel judiciaire qui consiste à jurer sur la Bible.Son air ébahi a déclenché le fou rire dans la salle.Ils ont tous été épargnés.Le juge Béliveau a accordé 85 exemptions, il en a refusé 26.Une propriétaire d’immeuble à revenus, notamment, a bénéficié d’une exemption parce qu’elle compte sable pour son pays.La protection de l’environnement dont les coûts sont assumés par la communauté exige une augmentation de la richesse, obtenue par une plus grande croissance économique.Sur un autre registre, John Maddox ne voit aucun problème éthique à produire des embryons à des fins de recherche.«71 n’y a aucune offense à la dignité humaine étant donné le potentiel que ces recherches [sur des embryons] offre en termes de bénéfices thérapeutiques pour un grand nombre de personnes», affirme-t-il sans ambages.Par ailleurs, il s’inquiète de la détérioration du chromosome sexuel Y qui représente aujourd’hui l’une des principales causes d’infertilité chez l’humain.et qui pourrait mener éventuellement à une extinction de l’espèce humaine.Devant une telle menace, John Maddox croit que la population acceptera finalement que les parmi ses locataires le père de.Maurice Boucher.Un homme a pris un air content lorsqu’il a énuméré ses antécédents judiciaires: facultés affaiblies, possession de stupéfiants.«Monsieur a l’air très heureux d’avoir un casier judiciaire», a lancé la procureure de la Couronne, France Charbonneau.Mais l’argument du casier ne justifiait pas une exemption.Idem pour les mères qui évoquaient la peur ressentie par leurs enfants, les citoyens d'origine portugaise ou italienne qui ne comprenaient pas bien le français, les asthmatiques chroniques et cette jeune fille dont le copain portait le nom de famille de Boucher, sans lien avec l’accusé, a-t-elle fini par dire.Tous les candidats étaient appelés en Cour par un numéro, une mesure destinée à protéger.généticiens interviennent au niveau des cellules germinales — produisant ovules et spermatozoïdes —, chose qu’ils se sont jusqu’à maintenant refusés à faire.L’élimination d'un défaut génétique sur ces cellules permettrait d’effacer ce défaut chez tous les descendants d’un individu.Il serait ainsi possible d’éradiquer des maladies graves comme la fibrose kystique et l’hémophilie.mais aussi de glisser vers l’eugénisme.John Maddox l’admet sans avoir mauvaise conscience.«Si nous découvrions comment favoriser le développement des cellules nerveuses du cerveau de sorte à accroître l’intelligence, et que cette manipulation soit sans danger, je l’encouragerai», lance-t-il.La discussion qui suivra la conférence que donnera Sir John Maddox demain soir (18 heures) à l’université McGill promet d’être animée.Ex-rédacteur en chef de Nature John Maddox défend la science avant tout Il définit toujours la catégorie automobile qu'il a créée.¦ afiss Le RX300 fut le premier véritable utilitaire sport de luxe.Et c’est toujours le seul à offrir un confort de roulement digne d’une Lexus tout en vous faisant bénéficier des capacités hors route d’un utilitaire sport pur-sang.Dotés d’un dispositif de contrôle du dérapage du véhicule, de quatre roues motrices, d’un régulateur de traction et de freins ABS, les RX 300 2002 répondront à toutes vos attentes.L’équipement des deux versions comprend : intérieur cuir, sièges avant chauffants, panneau de 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kilométrage 24 000 km par surance et toutes taxes applicables en sus Vovez votre concessionnaire Lexus le plus près pour plus de détails L'offre prend fin le 1* avril 2002 Le modèle peut êi n équipement en option x véhicules en stock chez le concessionnaire et elle ne peut être combinée à aucune autre offre EXEMPLE DE PAIEMENT RX 500 ) km par an Frais de 0.15$-**—Ul—*-—— L"-v- • ¦ p modèle peut être montré avec un an Frais de 0.15 $ nour chaque kilomètre supplémentaire (0.10 $ par kilomètre si convenu au moment de la signature du équipement en option % LE DEVOIR.LE MARDI 1 R MARS 2 0 0 2 A A COiM IUIS> Pour participer, adressez-vous i&m au responsable de votre collège.Michel D a v i d ?Encore les amis Le bureau du premier ministre Landry vit depuis des semaines dans la hantise de nouvelles révélations sur les pratiques lucratives ou les fréquentations des amis du régime.Les rumeurs les plus folles circulent jusqu'à Toronto.La question n'est plus de savoir si d'autres histoires vont être publiées, mais plutôt où et quand.C'est le genre de situation qui use rapidement les nerfs.Après les 200 000 $ touchés par le directeur général du PQ, Raymond Bréard, à l’époque où il était le coactionnaire de la firme de lobbying Oxygène 9, ma collègue Kathleen Lévesque révélait, dans Le Devoir de samedi dernier, comment la création de la Cité du multimédia allait rapporter des millions à une vieille connaissance de M.Landry et de l’ex-ministre Gilles Baril, Sylvain Vaugeois.La méthode est aussi simple que rentable: en vertu de contrats d’une durée de dix ans conclus avec une dizaine d’entreprises, le Groupe Vaugeois pourra toucher jusqu’à 10 % de la valeur du crédit d’impôt accordé pour chaque emploi créé dans la Cité du multimédia, en vertu d’un programme gouvernemental imaginé par M.Landry, à l’époque où il était ministre des Finances.Pour le seul contrat signé avec la firme Tecsys, les projections de revenus du Groupe Vaugeois étaient de 7,4 millions pour la période 1998-2008.Si on extrapole à la dizaine d’entreprises mises sous contrat, on arrive à plusieurs dizaines de millions, n est vrai qu’il y a eu un sérieux ralentissement dans le secteur du multimédia, mais ça ne change rien au principe.Comme dans le cas d’Oxygène 9, il n’y a là rien d’illégal, mais l’éthique est pour le moins douteuse.Cette pratique de paiement par commission sera d'ailleurs interdite par la nouvelle Loi sur le lobbying, dont le gouvernement a promis l’adoption d’ici au mois de juin.?Sylvain Vaugeois est un personnage controversé, visionnaire pour les uns, fùmiste pour les autres, dont on peut critiquer les méthodes, mais qui ne manque certainement pas d'imagination.Au début des années 80, il voulait cultiver des tomates en serres dans les villes minières du Nord.H est devenu une sorte de célébrité en attirant Ubi Soft au Québec, mais il s’est également intéressé à la privatisation des hôpitaux, au TGV Montréal-New York et, encore une fois avec la bénédiction de M.Inndry, à la création d’une nouvelle chaîne de journaux, dont Le Devoir aurait été le navire amiral.Aux dernières nouvelles, il avait été hospitalisé à la suite d’un accident d’hélicoptère survenu à sa sortie d’un bar de danseuses de Pointe-du-Lac, dont le quotidien Le Nouvelliste évoquait la semaine dernière les circonstances assez nébuleuses.M.Vaugeois a largement contribué à la naissance de la Cité du multimédia.On peut difficilement lui reprocher d’avoir voulu en tirer profit.Après tout, il n’a aucune responsabilité en matière d’éthique publique.On ne peut cependant pas en dire autant de M.Landry, qui a visiblement choisi de fermer les yeux.Une porte-parole d’investissement-Québec, l’organisme chargé d’accréditer les entreprises admissibles au crédit d’impôt attaché à l’installation dans la Cité du multimédia, a déclaré à Kathleen Lévesque: «Personne à l’interne n ’est au courant d’une telle pratique.» Si les fonctionnaires n’étaient pas au courant, M.Landry, lui, pouvait difficilement l'ignorer.Peut-être n'y voyait-il aucun problème à l’époque, estimant que les avantages économiques résultant de la création de la Cité du multimédia l’emportaient largement sur les inconvénients de ce mode de rémunération peu orthodoxe, de la même façon qu’il est prêt à distribuer aux alumineries des blocs d’électricité qui nécessiteront la construction de nouveaux barrages, sans trop s’arrêter aux impacts environnementaux.M.Landry a toujours justifié l’octroi de crédits d'impôt aux entreprises en expliquant qu’il s’agissait de revenus fiscaux que l’Etat n'aurait pas touchés de toute manière, si ces entreprises n’avaient pas investi.Ce n’est cependant pas une raison pour que cet argent se retrouve dans les poches d’un lobbyiste, dont les services ne sont aucunement nécessaires pour avoir accès à un programme gouvernemental.?Si contestée quelle soit la Cité du multimédia n’en est pas moins devenue une sorte de symbole de cette «nouvelle économie» dans laquelle le PQ prétend frire entrer le Québec.M.Landry lui-même en a frit une affaire personnelle, une sorte de monument élevé à sa propre contribution.Pour les libéraux, cette nouvelle «affaire Vaugeois» est donc doublement intéressante, dans la mesure où elle leur permet de s’attaquer à la fois à la philosophie interventionniste du gouvernement et à l'image du premier ministre.Remarquez, s’il connaît M.Landry depuis plus de vingt ans, M.Vaugeois se présente aussi comme «un camarade de jeunesse» de Jean Charest Depuis la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, la semaine dernière, l'opposition a vainement réclamé la tenue d’une enquête sur l’affaire Bréard.Les révélations du Devoir vont lui donner de nouveaux arguments.C'est très bien d’adopter une loi sur le lobbying, mais ça ne peut pas constituer une absolution rétroactive.Au moment où il cherche désespérément à retrouver son équilibre, après un début d’année tout simplement catastrophique, qui a repoussé le PQ à dix points des libéraux, M.Landry va de nouveau s’empêtrer dans des questions d'intégrité.Pauline Marois semble avoir réussi à concocter un mini-budget susceptible de redonner un peu de bonne humeur à la population, mais à quoi lui sert-il de s’échiner, si les amis du premier ministre viennent encore tout anéantir?LE DEVOIR ACTUALITES Ml Travaux publics Un rapport pour le prix de deux Le document perdu puis retrouvé ne serait qu’une copie d’un autre qui a coûté, lui aussi, plus d’un demi-million de dollars Les contribuables canadiens pourraient bien avoir payé deux fois plutôt qu’une pour obtenir le même rapport sur les possibilités de commandite du gouvernement fédéral au Québec, un dédoublement ayant coûté la rondelette somme de 1,125 million de dollars.HÉLÈNE BUZZ E TT I DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Ly opposition a éclaté de rage hier à la Chambre ' des communes à propos de ce mystérieux rapport de 550 000 $ commandé par les Travaux publics, alors sous la gouverne du ministre Alfonso Ga-gliano, qui était introuvable jusqu’à vendredi dernier.Ce rapport rédigé par Groupaction et prétendument remis au ministère en février 1999 ne se trouvait plus nulle part à Ottawa et c’est finalement la firme montréalaise qui a passé au peigne fin les disques durs de ses employés et reconstitué la majeure partie du document, reconstitution qui a été remise aux parlementaires et à la presse vendredi.Le hic, c’est que ces documents sont quasiment identiques à ceux fournis aux Travaux publics à l’automne 1999, toujours par Groupaction, pour un autre contrat ayant coûté 575 000 $.En apparence, le gouvernement aurait donc payé deux fois, pour un total de 1 125 000 8.pour se faire remettre à quelques details près la même chose par Groupaction: une liste d’événements culturels et sportifs pouvant être commandités.Si ce n’est pas le cas, accuse l’opposition, alors le rapport de février 1999 n'a jamais existé et on en aurait fabriqué un à toute vitesse, vu la tourmente, pour «camoufler» la situation.Groupaction a verse 70 tXX) $ à la caisse élec totale du Parti libéral entre 1998 et 2000.«De 90 à 95 % du contenu des documents que le ministre a fait distribuer et a présentés comme étant le rapport manquant sont en fait tirés du second rapport», a lancé le bloquiste Michel Gauthier.«Tout ce qu'il démontre, c’est que nos appréhensions sont bel et bien vérifiées, et qu'en plus d’être en face d’un scandale politique, c’est une tentative de camouflage de sa part?» L’Alliance canadienne a pour sa part demandé un remboursement pour «un deuxième rapport qui n 'a jamais été écrit», alors que le Parti conservateur a parlé «d'une simple photocopie».Le ministre responsable des Travaux publics, Don Boudria, s’est montré prudent, soulignant à maintes reprises que le rapport introuvable puis reconstitué n’avait pas été officiellement déposé devant la Chambre des communes.Aux journalistes, il a lancé: «Je ne défends pas l’indéfendable, je ne défends rien du tout.Je mets les faits tels que je les ai sur la table.» M.Boudria estime qu’étant nouveau au ministère, il ne peut pas dire si le gouvernement en a eu pour son argent.«Ça devient difficile de faire cette évaluation-là.Je dois di>nc reposer mes commentaires sur les faits suivants: si on m’offre des attestations qui st>nt raisonnables qu il s'agit bien d'un document — et laissons .faire pour le moment si ça vaut le coût ou pas le coût — mais bel et bien que le travail a été.tait.» En fin de journée, Groupaction a produit une déclaration sous serment laconique attestant que les documents envoyés la semaine dernière «ont été retracés sur le serveur où nous avons transféré le contenu des disques durs des ordinateurs utilisés d l’époque par l'équipe de gestion de commandites», écrit Diane Donnelly.la déclaration n'atteste pas que les documents transmis constituent bien le rapport de février 1999 tant recherché.Lorsqu’il a été remis à la presse, M.Boudria n’était plus disponible pour commenter.Par ailleurs, c’est ce matin que le prédécesseur de M.Boudria, Alfonso Gagliano, comparaîtra devant le comité des Affaires étrangères concernant sa nomination à titre d'ambassadeur au Danemark, la» Bloc québécois tentera de le questionner sur cette affaire.«Il devra expliquer en quoi son expérience politique lui a permis d'etre ambassadeur et, parmi ces expériences politiques, il n'est pas impensable de croire qu 'on pourrait s'intéresser à cette période où il était ministre des Travaux publics et responsable de l’attribution des contrats», a averti M.Gauthier.Chose promise.i il JACQUES NADEAU LE DEVOIR AUX COMMANDES de la pelle mécanique, le premier ministre Bernard I/indry a donné hier le coup d’envoi symbolique aux travaux de construction de la ligne de métro à Laval.L’excavation du tunnel de 5,2 kilomètres reliant la station Henri-Bourassa au Collège Montmorency à Ixival débutera cette semaine et les travaux s’échelonneront sur quatre ans.Si Ton se fie aux assurances données hier par Florence Junca-Adenot, PDG de l’Agence métropolitaine de transport, le budget prévu de 378,8 millions sera respecté.Le processus d’acquisition de terrains le long du tracé est achevé à 70% et les dernières ententes avec les propriétaires devraient être conclues au mois de juin.Im nouvelle ligne de métro, attendue depuis plus de treize ans, entrera en service en janvier 2006.Elles ont donné 246 000 $; elles reçoivent 158 millions PRESSE CANADIENNE Toronto —¦ Les trois premières entreprises de communications participant au programme controversé de commandites du gouvernement Chrétien, qui se sont vu octroyer des contrats de près de 158 millions, ont versé 246 000 $ dans les caisses du Parti libéral du Canada, a révélé hier le quotidien 'Die National Post.Le montant des contributions représente plus de 80 % des dons versés aux libéraux par des sociétés concernées par le programme de communication.Ce programme a fait l’objet d’allégations de favoritisme et a été qualifié de «caisse noire» par l'opposition.Le député allianeiste Peter Goldring a déclaré que les cabinets de relations publiques avaient été généreusement payés pour monter des listes de clients et leur accorder des commandites.Ces sociétés œuvrent comme intermédiaires entre le gouvernement et des événements à la recherche de commanditaires; elles perçoivent une commission représentant 12 % de chaque contrat.Des documents obtenus grâce à la Ixii d’accès à l'information ont révélé que trois organismes montréalais étaient en tête de liste des soutiens au PLC.Entre 1997 et 2002, Groupaction Marketing a reçu pour 61,7 millions de contrats.L'agence a fait des dons de 112 162 $ au PLC depuis que Jean Chrétien est arrivé au pouvoir en 1993, révèle le National Post.le Groupe Everest, qui a obtenu des contrats d’un montant total de 55,7 millions en cinq ans, a fait des dons de 77 033 $ depuis 1993.Lafleur Communications Marketing a reçu 40,4 millions de contrats lors des cinq dernières années et a versé 56 834 $ au PI G.f ù: m-: V 7 ^ iaSi if r 4 ¦.rmÉ Enfants (à partir de 4 ans) et adolescents Jan, funky, chanté-dansé, vidéo, mode et théâtre Spectacle à chaque camp Tout ce que vous auriez voulu faire à leur âge ! L'École pour tous/ LOUISE LAPIERRE DANSE Au V du cœur du plateau Mont-Royal (514) 521-3456 danse-louiselapierre.qc.ca Venez apprendre tout en vous amusant à r rEcole de langue estivale BCS Un programme d'immersion en résidences pour garçons et filles de 11 à 15 ans.• Cours de français ou d’anglais en salle de classe • Petits groupes d’étudiants de diverses nationalités • Gamme complète de sports et de loisirs en français et en anglais Du 30 juin au 27 juillet 2002 Bishop’s College School ¦ LennoxvMIe (Québec) ?Canada JIM IZ8 Tél.: 819.566 0227 poste 319- Téléc : 819 822.8917 Courriel : summer@bishopscollegeschool,com Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Micheline Rueiland au 985-3322 ou à mruellandfa ledevoir.com PROGRAMME COMPLET EXCURSION DE CANOT APPRENTISSAGE DE L’ANGLAIS PROGRAMME DE FORMATION www.wabikon.com (416) 483-3172 Programme intensif d'IMMERSION ANGLAISE 30 juin au 20 juillet 2002 pour garçons et filles de 11 à 14 ans - neuf heures déclivités dirigées por jour - cours, sports, oteliers, excursions et voyoges • formotion de petits groupes homogènes yjyp 'Sl,e enchanteur oux portes du Vermont (2km) L'anglais! ÉTÉ 2002 College des Ursolines S00, we ftrfftb*, Stwsleod (Onebet) M8 3M TéL : (tlt) 174-2795 • lélét.: (!19) 174-2797 www.wwliite.pua mdandéUedevoir.com A 4 E DEVOIR, LE MARDI 19 MARS 2 0 0 2 LES ACTUALITÉS Soldats canadiens en Afghanistan Chrétien ne souhaite pas être davantage informé HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Avoir été tenu dans l’ignorance pendant huit jours avant d’apprendre que les soldats canadiens avaient fait des prisonniers en Afghanistan n’a pas dérangé le premier ministre.Au point que Jean Chrétien n’estime pas nécessaire d’être informé plus régulièrement des faits de guerre des troupes.M.Chrétien a ainsi reconnu en entrevue hier soir sur CBC qu’il ne savait pas si les soldats canadiens avaient arrêté d’autres talibans ou membres du réseau al-Qaida.«S'ils en ont fait, je ne sais pas.Ils ne me disent pas chaque jour combien de personnes ont été abattues, a-t-il dit.Ce n’est pas de l’information que j’ai besoin de savoir.S’ils sont en situation de combat, ils ne se disent pas qu'ils doivent informer le premier ministre qu’il y a un, deux ou trois corps là.Ils font leur travail.» «En autant qu 'ils respectent les règles d’engagement, ils doivent faire leur travail.Ce n’est pas un paquet de bureaucrates, ces soldats.» M.Chrétien a dit ne pas ressentir la nécessité d’être informé plus régulièrement.«Les forces cana- diennes font du bon travail et ils (sic] nous informent régulièrement.je ne pense pas que j’ai besoin d’être informé d’heure en heure.J’ai confiance en eux.» lit controverse avait éclaté à Ottawa à la fin janvier parce que le premier ministre avait qualifié A’«hypothétiques» les questions concernant le traitement qui serait accordé aux prisonniers afghans faits par les Canadiens puisque la situation ne s’était pas encore présentée.Or, au moment de cette déclaration, les soldats canadiens déjà avaient fait trois prisonniers.Le ministre de la Défense Art Eggleton, qui avait été mis au courant, n’avait tout simplement pas jugé nécessaire d’en faire part au premier ministre.«Le fait que je n’aie pas été informé n 'a pas eu de conséquence.Il a dit qu’il ne m’a pas informé plus vite parce que c’était un peu confus.[.] Cela n'a pas changé la situation matérielle que je sois informé ou pas.» La chose a toutefois eu des conséquences sur son ministre, qui a dû comparaître devant un comité pour dire exactement à quel moment il avait été informé et expliquer pourquoi il avait fourni deux versions des faits à la Chambre des communes.Décès du chroniqueur politique Dalton Camp PRESSE CANADIENNE Fredericton, N.B.— Dalton Camp, qui est devenu un commentateur politique influent au Canada anglais après avoir occupé les coulisses du parti conservateur sous John Diefenbaker, est décédé hier des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 81 ans.À son zénith, Dalton Camp était le roi des hommes de l’ombre; c'était un homme à la fois adoré et hai par les conservateurs, mais il était généralement admiré pour sa fidélité inébranlable à ses amis et à ses convictions.L’actuel chef des conservateurs fédéraux, Joe Clark, a déclaré que Dalton Camp allait lui manquer.«Il a apporté un sens de la perspec- tive et d’humour et de joie dans la vie publique.Il a changé profondément l’histoire de mon parti à un moment très difficile, au début des années 60», a estimé M.Clark.La gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, a salué «ses livres et ses chroniques qui étaient des modèles d’équilibre, de jugement et d’ironie».Ces dernières années, il écrivait des chroniques politiques pour le quotidien Toronto Star.Dalton Camp avait frôlé la mort en 1993 en raison d’une maladie cardiaque.Une transplantation de cœur controversée lui avait sauvé la vie et lui a donné presque une décennie de plus pour haranguer les politiciens de droite et critiquer l’état de la démocratie au Canada BUDGET Publications Québec “S 2002-2003 ISt IHil.T iOOi-ilHI.A lAioncé complémentaire à la politique budgétaire du «ouveniement Québec Ut- 20,95 $ Also available in English En vente le 19 mars à compter de 16 h à la librairie Renaud-Bray du Complexe Desjardins (514) 288-4844 et à la librairie Les Publications gouvernementales 1185, rue Université (514) 954-1633 Les Publications du Québec Téléphone: Télécopieur: (418)643-5150 (418)643-6177 1 800 463-2100 1 800 561-3479 www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca AVIS AUX ENTREPRISES INDIVIDUELLES ET AUX SOCIÉTÉS IMMATRICULÉES AU QUÉBEC 30 avril 2002- Date limite de production de la déclaration annuelle 2002 pour les entreprises individuelles (personnes physiques) et les sociétés.L'Inspecteur général des institutions financières rappelle qu’il est obligatoire de produire la déclaration annuelle 2002 avant le 30 avril 2002.Si vous avez reçu une déclaration annuelle préimprimée de ITGIF, elle doit être vérifiée, complétée s’il y a lieu, signée, accompagnée des droits prescrits et retournée à ITGIF dans l’enveloppe préadressée ou encore être déposée électroniquement dans les services en ligne Internet de l'IGIF (www.igif.qouv.qc.ca) lorsqu'il n’y a pas de modification.S'il s'agit de votre première déclaration annuelle à produire et qu'elle parvient à nos bureaux avant le 30 avril 2002, cette dernière est gratuite.Notez qu'après cette date, les droits pour production tardive sont exigibles, soit 50% du tarif qui aurait été applicable en situation régulière.Pour les entreprises individuelles, 16 $ (32 S X 50%) et les sociétés 24 S (48 SX 50 %).Si vous n'avez pas reçu votre déclaration préimprimée, communiquez avec ITGIF aux numéros de téléphone suivants : Renseignements: Région de Québec : (418)643-3625 Ailleurs au Québec : 1 -888-291 -4443 Inspecteur général des institutions financières Québec SS On prépare l'avenir ÿ r.z.v tétecj T*" V 4 „r • r ARCHIVES LE DEVOIR Au Mexique, comme ailleurs dans le monde, nombre de personnes doivent fouiller dans les déchets pour À l’aube du sommet de Monterrey, un rapport accablant sur l’aide internationale Uavarice des pays riches Plus d'un milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, et pourtant l'aide internationale ne cesse de diminuer GUY TAILLEFER LE DEVOIR \ A moins d’une réforme en profondeur des institutions financières internationales et des comportements des pays riches à l’égard du Sud, «l’aide étrangère sera de plus en plus considérée comme une activité négligeable, un simple rouage dans un ordre établi où la pauvreté est jugée acceptable», dit un rapport international produit par une coahtion de 35 ONG des quatre coins du monde.Alors que s’ouvre à Monterrey, au Mexique, le sommet de l’ONU sur le financement du développement, cette importante étude rendue publique aujourd'hui pointe un doigt accusateur en direction des pays riches et documente leur stupéfiante avarice.Elle note que sous les beaux discours tenus depuis trente ans, on assiste dans les faits à une détérioration massive de l'aide internationale, pendant que 1,2 milliard de personnes dans le monde, pour la plupart des femmes et des enfants, doivent encore se débrouiller avec moins d'un dollar américain par jour — et que 150 millions d’enfants, disait encore un tout récent rapport de ITINICEF, souffrent de malnutrition dans les pays en développement Peut-on espérer que le sommet de Monterrey procédera aux profondes réformes réclamées dans ce rapport intitulé Bilan de Taide 20021 Pas très optimistes, ses auteurs prophétisent une nouvelle fournée de phrases creuses.Le «consensus de Monterrey», la dé- claration finale du sommet concoç-tée par l’ONU et que les chefs d’Etat seront invités à entériner en fin de semaine, «est un document profondément stérile, sans aucun engagement à l’égard d'une série même modeste de nouvelles propositions sur l’élimination de la pauvreté».Un document «vide comme une cloche», affirmait hier Gerry Barr, pdg du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), membre de la coalition.Jamais les 30 pays membres de l'OCDE n’ont été aussi riches et jamais «ils n'ont été aussi radins», écrit-on dans le rapport.Il y a des statistiques qui ne mentent pas: ¦ La richesse par habitant dans les pays donateurs a doublé depuis 1961, pour se rapprocher de 30 000 $ par année en 2000, alors que leur aide par habitant est inférieure à ce qu’elle était il y a quarante ans; ¦ L’aide s’est particulièrement tarie dans les années 90: elle a régressé de 12 % depuis le Sommet de la terre de Rio en 1992.lœs donateurs y consacrent aujourd’hui «une part lamentable de leur richesse» — 0,19 % de leur PNB en 2000.«Ça n 'a jamais été aussi insignifiant.» C’est en tout cas très loin de l'objectif de 0,7 % que les riches s’étaient promis d’atteindre dès 1909.Avec le résultat que l'aide des Etats-Unis (que le président George W.Bush veut faire passer, vient-ü tout juste d’annoncer, de dix à 15 milliards sur trois ans) dépasse à peine 0,1 % de son produit national brut.Celle du Canada (2,2 milliards de dollars canadiens pour 2002-2003) représente 026 % de son PNB.Si tant est que l’on puisse encore parler d’aide, ajoute le Bilan., qui étudie les tendances de l’aide au développement depuis une dizaine d’années, les compressions budgétaires en ce domaine «ont été beaucoup plus marquées que dans les autres secteurs de dépenses publiques».11 n'a aucun scrupule à soutenir que les pays riches ont au moins en partie effacé leurs déficits budgétaires sur le dos des pays pauvres.Plan d’action Encore que l’augmentation de l’aide, bien qu’essentielle, ne serait pas pour autant une panacée.Car non seulement cette aide a-t-elle diminué, mais elle est aussi très mal utilisée.«Sauf à tracer la voie d’une restructuration des relations financières, commerciales et écologiques dans le monde, il sera impossible d’éliminer la pauvreté par le seul moyen de Taide.» Dans l'état actuel des choses, dit la coalition, les pratiques de coopérations dictées par le Nord dans l'irrespect des situations locales aggravent souvent la pauvreté et les inégalités.Dans un plan d’action en six points, le Bilan.plaide pour l'application de la règle du 0,7 % du PNB, ce qui dégagerait une somme de 100 milliards.Ce qui n’est pas tant demandé au regard des dizaines de milliards dégagées au nom de la «guerre contre le terrorisme» depuis le 11 septeçnbre dernier; ou du fait que les Etats-Unis dépensent 33 fois plus pour l’armée que pour l’aide.Le document recommande l’an- nulation inconditionnelle de toutes les dettes des 52 pays les plus pauvres (une somme de 71 milliards en comparaison des 53 billions que totalisent les actifs financiers des pays avancés de l’OCDE).Il propose en outre que soient réduites les obligations pour les pays pauvres d’avoir recours à la coopération technique (CT) provenant des pays donateurs.Les pays en développement sont souvent obligés de payer pour des «conseils coûteux et souvent inadaptés».Le Japon est un beau cas; pour lui acheter des services dans le cadre de son aide bilatérale, le Népal est tenu de conclure des contrats en yen avec des ressortissants japonais par ailleurs exonérés d’impôts et de droits de douane.Dans les faits, signale par ailleurs le rapport, «une bonne partie de Taide étrangère est dépensée à l’intérieur du pays donateur».Dans la même veine, il faudrait absolument renverser la tendance des donateurs et des institutions internationales à lier leur aide à des dizaines de conditions.Le FMI a fixé en moyenne 114 conditions pour les prêts accordés aux pays de l’Afrique subsaharienne en 1999.Les exigences des créanciers, souligne le rapport, sabotent trop souvent la capacité des autorités locales à lutter contre la pauvreté.Un peu plus de souplesse, dit M.Barr sans se faire d’illusions, ne ferait pas de tort Dans la plupart des pays pauvres, faut-il le rappeler, on consacre plus d’argent à payer sa dette qu’à faire des dépenses en santé et en éducation.M t \ i \ f.K S i 1 F Concordia Jeudi, 21 mars 2002 Vendredi et samedi, 22 et 23 mars 2002 Université Concordia 1455, boulevard de Maisonneuve Ouest Pavillon Henry F.Hall, salle H-110 Métro Guy-Concordia UQÀM Université du Québec à Montréal Pavillon Judith-Jasmin (J-M400) 405, rue Sainte-Catherine Est Métro Berri-UQAM * -*ii BOUTIQUE Wm vM' 1970-1976 COLLOQUE SUR LES LEADERS DU QUÉBEC CONTEMPORAIN Robert Bourassa Un bâtisseur tranquille Commanditaire principal Hydro Québec Québec ! ÉÜS* ¦ 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Tél.: 274-2442 ?» SNCLAVALIN -4 LE DEVOIR, LE MARDI 19 MARS 2 0 0 2 A 5 LE DEVOIR LE MONDE -f- en bref Seize tués près de Kandahar W ashington (Reuters) — Des soldats américains ont tué 16 personnes lors de l'attaque d'un convoi transportant des fiigitife présumés d’al-Qaida dans l’est de 1 Afghanistan et ont capturé 31 personnes près de la ville méridionale de Kandahar, a annoncé hier le Pentagone.Des troupes d’élite à bord d’hélicoptères MH47 sont intervenues dimanche contre trois véhicules à environ ! 0 km au sud-ouest de Gardez, a expliqué le général John Rosa Les membres du convoi ont selon lui répondu par des tirs aux coups de semonce des soldats américains.«Seize ont été tués, un a été blessé et un autre capturé sans être blessé», a-t-il dit, précisant qu’il s agissait d’hommes, tandis que des femmes et des enfants voyageant dans une quatrième voiture avaient été autorisés à poursuivre leur route.Selon d’autres responsables américains de la Défense, les membres de ce convoi fuyaient l’opération afghano-américaine «Anaconda» lancée contre des poches de résistance de membres d al-Qaïda et des taliban dans les environs de Gardez.La fin de cette opération, qui fut la plus grande bataille de la campagne américaine en Afghanistan, a été annoncée officiellement hier.Tous contre Mugabe Harare (AFP) — La confédération des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) a appelé hier les Zimbabwéens à ne pas se rendre au travail de demain à vendredi, a annoncé à l’AFP son Secrétaire général Wellington Chibebe.«Nous disons à la population de rester chez elle», a déclaré M.Chibebe qui a précisé de pas s’attendre à recevoir d’autorisation de la police pour ce mouvement de protestation.«Nous défendons les droits des travailleurs», a expliqué M.Chibebe, «particulièrement après le harcèlement qu’ils ont subi après l’élection présidentielle» du 9 au 11 mars.La ZCTU est la principale centrale syndicale dont est issu le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) de Morgan Tsvangirai, qui a rejeté la réélection du président Robert Mugabe dont il était le principal adversaire.Un nouveau geste cubain La Havane (4FP) — Cuba a fait hier un nouveau geste envers les Etats-Unis, en réitérant sa volonté de coopérer dans la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme, qui pourrait précéder la participation encore gardée secrète de Fidel Castro au sommet de l’ONU de Monterrey (Mexique) où sera George W.Bush.Le gouvernement cubain a révélé hier dans un communiqué publié en première page de l’organe officiel du comité central du parti communiste cubain Granma avoir remis aux autorités américaines, à leur demande, en janvier dernier Jesse James Bell, un citoyen américain en fuite, lié au trafic de drogue et arrêté à Cuba en possession de faux papiers.Le gouvernement cubain souligne que l’extradition de Jesse James Bell s’est réalisée «de manière exceptionnelle, car en dépit de la volonté manifestée par le gouvernement cubain et ses propositions, il n’existe aucun accord de coopération en matière de lutte contre la drogue» entre les deux pays, sans relations diplomatiques depuis 40 ans.Mme Robinson s’en va Genève (AP) — Mary Robinson a annoncé hier à Genève qu’elle ne solliciterait pas de nouveau mandat en septembre prochain à la tête du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.Selon certains observateurs, cette décision serait liée à l’opposition des Etats-Unis aux positions défendues par l’ancienne présidente irlandaise.Reed Brody de l’ONG américaine Human Rights Watch a estimé que Mme Robinson «paie le prix» pour s’être opposée à plusieurs reprises à Washington sur divers sujets comme le traitement des prisonniers talibans à Guantanamo ou la question du racisme, débattue de façon houleuse lors de la conférence de Durban en septembre dernier.L’an dernier, Mme Robinson avait annoncé son départ après son premier mandat de quatre ans, mais le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan l’avait convaincue de rester une année de plus.Sa décision a été annoncée hier à l’ouverture de la session annuelle de la Commission des droits de l’homme qui, pour la première fois depuis sa création, s’est faite en l’absence des Etats-Unis.Ces derniers ont été en effet exclus l’an dernier et relégués au titre d’observateur.Mme Robinson avait pourtant confié récemment en privé qu’elle se voyait bien rester trois ans de plus à la tête du Haut-Commissariat Elle n’a pas souhaité commenter hier les allégations selon lesquelles les Etats-Unis étaient plus que tièdes à l’égard de son bilan.Suicide à Bruxelles Bruxelles (AFP) — Soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat en 1991 d’une figure de la politique belge André Cools, l’ancien ministre Alain Van der Biest s’est donné la mort alors qu’il attendait de savoir s’il serait renvoyé devant une cour d’assises.Selon le médecin légiste, il a mis fin à ses jours dimanche après-midi au domicile de sa mère, décédée récemment à Grâce-Hologne près de Liège.Son corps n’a été découvert par son épouse qu’hier matin.«De nombreux médicaments anxiolytiques et anti-dépresseurs ont été retrouvés sur place et les premières constatations médico-légales semblent bien confirmer la thèse du suicide», a précisé le parquet de Liège dans un communiqué.D a «laissé à son épouse un mot manuscrit d'adieu à l'occasion duquel il clame encore son innocence», selon le communiqué.«Betty, mon amour, Je veux que mon calvaire s’achève! Pardon.Je suis innocent.Je t'aime.Je t’aime.Alain», a-t-il écrit dans ce mot rendu public par son avocat Alain Van der Biest 58 ans, ancien dirigeant socialiste et plusieurs fois ministre, était soupçonné par la justice d’avoir commandité l’assassinat d’André Cools, son mentor en politique, mais il avait toujours clamé son innocence.Selon le ministère public, il aurait été le «cerveau» du complot contre André Cools, qui menaçait sa carrière politique.L’assassinat d’André Cools, tué le 18 juillet 1991 au petit matin devant le domicile de sa compagne dans les faubourgs de Liège, reste une des énigmes majeure de l’histoire politico-judiciaire belge.Les auteurs de l’assassinat deux Tunisiens, ont été condamnés en 1998 dans leur pays à 25 ans de prison.J L* V ?Vi / Nt#1 i)i , OAr.TONY GENTILE REUTERS rlus de dUO entants, dont de nombreux bébés, étaient à bord du Monica, et des mères menaçaient de les jeter par-dessus bord si on les renvoyait dans leur i • pays.Un millier de Kurdes à bord d’un navire marchand LTtalie reçoit les clandestins du Monica Les passagers du vieux cargo ne seront pas expulsés REUTERS Catane — Un navire marchand transportant 928 immigrés clandestins est arrivé hier dans le port sicilien de Catane, après que certains passagers eurent menacé de jeter leurs enfants par-dessus bord si on les renvoyait dans leur pays d’origine.Le ministre italien de l’Intérieur, Claudio Scajola, a annoncé que le gouvernement accorderait l’asile aux passagers du Monica, des Kurdes irakiens pour la plupart Le ministre des réformes institutionnelles, Umberto Bossi, a aussitôt accusé l’exécutif de laxisme en matière d’immigration clandestine.Il s'agit de l’arrivée d’immigrés clandestins la plus massive depuis près de cinq ans en Italie.Des équipes médicales ont aidé les personnes malades ou fragiles à descendre de ce navire long de 80 mètres, qui battrait pavillon tonguien.Les plus faibles ont été transportés dans des hôpitaux.Une jeune femme de 21 ans a été héliportée dans la nuit de dimanche à lundi après avoir accouché d’une petite fille.Mère et fille se portent bien.L’ensemble des immigrés devraient être accueillis sur la péninsule dans le prochains jours.Les demandeurs d’asile, parmi lesquels figurent 361 enfants et quelque 200 femmes, ont passé plus d’une semaine en mer dans des conditions difficiles.Des responsables ont dit craindre que certains d’entre eux ne soient gravement malades.Scajola a annoncé qu’un état d’urgence serait décrété en Sicile, afin de débloquer plus rapidement les fonds publics nécessaires à la gestion de cette arrivée massive.«R y a parmi les passagers 850 Irakiens qui fuient la dictature irakienne; nous avons le devoir de garantir l’asile aux personnes persécutées», a-t-il dit à l’agence de presse An sa.«Nous avons besoin de fonds d’urgence pour gérer la situation.» Bossi, numéro trois du gouvernement et dirigeant de la Ligue du Nord, a estimé que les autorités savaient depuis plusieurs jours que le Monica se dirigeait vers l’Italie.«Ce navire a quitté la partie turque de Chypre il y a dix jours, et le gouvernement le savait très bien, mais apparemment il n'a pas estimé cela suffisant pour prendre une décision ferme», a-t-i! déploré.Les responsables italiens affirment ne pas connaître le pays de provenance du navire.Il a d’abord été dit qu'il avait quitté le I iban il y a cinq à sept jours, mais le ministère libanais des Transports a démenti cette information.Des membres de la coalition gouvernementale de droite dirigée- par Silvio Berlusconi, notamment la frange démocrate-chrétienne, ont regretté les propos de Bossi.Le gouvernement Berlusconi, au pouvoir depuis les élections législatives du 13 mai dernier, s’est engagé à réprimer sévèrement l’immigration clandestine.Un projet de loi qui autorise la marine à jouer un rôle majeur dans la protection des côtes a été- présenté le mois dernier.Plus de 20 000 immigrés clandestins sont entrés en Italie l'an dernier en provenance d’Afrique du Nord, de Turquie ou d’Asie, à bord de navire marchands bringuebalants, ou d’Albanie à bord de petits bateaux gérés par la mafia des passeurs.Regard féroce de jeunes Algériens sur leur pays .FLORENCE BEAUGÉ ENVOYÉE SPÉCIALE DU MONDE Alger — La guerre d’Algérie?Le sujet étonne, paraît presque déplacé.Et d’abord, de quelle guerre parle-t-on?De celle qui a pris fin il y a tout juste quarante ans, ou de l’autre, celle qui a ravagé le pays ces dix dernières années et qui n’est toujours pas terminée?Ici, le désespoir est si grand que le temps semble s’être arrêté.Tout se mélange: le passé et le présent L’avenir?On ne l’évoque pas.En revanche, on parle, et avec une liberté que l’on ne peut pas imaginer ailleurs.C’est la seule consolation.Se nourrir, se loger, trouver un travail et de l’eau — Alger n’en dispose qu'un jour sur trois, voire un jour sur six — sont des tâches obsessionnelles, qui relèguent tout le reste à l’arrière-plan.Beaucoup se disent convaincus qu’il leur faudra «deux ou trois générations pour s’en sortir» et qu'ils ne verront pas, de leur vivant une Algérie prospère et heureuse.«La guerre d'indépendance?Ça m’emmerde, et je trouve qu’on est mal placé pour en parler parce que ça veut dire quoi, indépendance?Ça veut dire liberté, et ça, on ne l’a pas, s’exclame Selim, 20 ans.On a fait la guerre pendant sept ans, on a eu un million et demi de martyrs, mais, depuis 1962, ce sont les militaires qui commandent.Et l'Algérie, elle est bousillée!» Dans ce pays où 70 % de la population a moins de 25 ans, les jeunes portent un regard féroce, souvent injuste, sur leurs parents, qu’ils tiennent pour responsables de leurs malheurs actuels, au point que l’on constate une cassure entre générations.«Ils ont accaparé le pouvoir après l’indépendance et mené la barque jusqu’à la faillite totale, gronde un jeune.En 1962, une colonisation s’est terminée, mais une autre s’est installée.» La «famille révolutionnaire», comme on la surnomme ici avec ironie, est synonyme de caste et pour cette raison, ne mérite pas le respect «On en a ras le bol de la "légitimité historique’' qui permet aux anciens combattants de tout nous imposer sur l'air de "vous nous devez bien cela !", s’exclame Adlene, 26 ans.Ceux qui ont fait la révolution ne sont tout de même pas des demi-dieux!» Comme beaucoup d’autres de son âge, il «Ce sont les militaires qui commandent et l’Algérie est bousillée !» admet qu'il connaît mal l’histoire de son pays, mais souligne que, de toute façon, cela le passionne peu.«R y a eu tellement de mensonges, entre ceux qui prétendent avoir fait la révolution, et ceux qui l’ont faite réellement, ils ont tellement brouillé les cartes, qu'on a fini par tous les rejeter!», déclare pour sa part Hassan, 36 ans, convaincu que l’histoire de l’Algérie, tek le qu’il l’a apprise autrefois à l’école, n’était rien d’autre que de la propagande.«On a sacralisé la révolution et il reste certaines lignes rouges qu’il est difficile de franchir, notamment les massacres perpétrés par le FLN (Front de libération nationale?ou la question des harkis», déplore de son côté Fayçal, 30 ans, l’un des rares à ne pas se laisser emporter par la rage et à reconnaître que les choses évoluent cependant tout doucement.I.e mérite du président Bouteflika dans ce domaine aura été, estime-t-il, de «réhabiliter les proscrits», notamment Messali Hadj, le père du nationalisme algérien, et de tenter de «réconcilier tout le monde».Rarissimes sont les jeunes qui ne jettent pas un regard totalement négatif sur leur pays.«Je travaille dans le domaine de la construction, je vois bien ce que la France nous a laissé et ce que le pouvoir algérien, lui, a fait.On a créé des Aïn Nadja — banlieue déshéritée d'Alger — et des Babezouar, autrement dit des futurs Bronx, crie Farouk d’un ton désespéré.Et la Mitidja — plaine agricole située à la sortie de la capitale —, on l’a bouffée avec du béton.Regardez ce qu'ils" ont fait de ce pays ! En quarante ans, "ils" l'ont massacré!» Mourad ricane de son côté sur cet «excellent fonds de commerce qu'a été la révolution» et dit ouvertement qu’il «vomit» le pouvoir, sans faire de distinction entre les différents cercles qui le composent «Depuis dix ans, ils ne cessent de nous dire: "Choisissez entre ces bêtes féroces — les groupes armés — et nous." Mais il y en a marre.On a perdu trop de temps.Ce qu’on veut, c’est la paix, une gestion transparente des deniers publics et la démocratie.On veut également savoir où est le pouvoir en Algérie, car on n’y comprend rien!» Comme en écho, Said reprend d’un air fervent «Qu "ïls" plient bagage, et on leur pardonnera.Mais surtout qu’"ils" s’en aillent! Et pourquoi ne quitteraient-ils pas le pouvoir pour ce quarantième anniversaire?Ce serait tout à leur honneur!» JOSÉ MIGUEI.GOMEZ REUTERS Les funérailles de M" Isaias Duarte ont lieu ce matin à Cali.M8’ Duarte devait témoigner sur le narcotrafic Bogota (AFF) — L’archevêque de Cali, Mr Isaias Duarte, a été assassiné samedi par deux tueurs à gages à la sortie d’une messe avant d’avoir pu être entendu par la justice sur ses accusations contre le rôle du trafic de drogue dans la politique colombienne.Cette révélation a été faite hier par le procureur de Bogota, Imis Camilo Osorio, à la veille des funérailles du prélat ce matin à la cathédrale de Cali.Avant les élections du 10 mars pour le renouvellement du Congrès, M" Isaias Duarte avait mis en cause «l’argent brûlant» de la drogue dans la campagne électorale au cœur du département du Valle del Cauca, dont Cali est le chef-lieu, et appelé les électeurs à «choisir des candidats propres».«Nous devions avoir un entretien [avec lui) pour voir s’il développait cette accusation, a déclaré à la presse Luis Camilo Osorio, sans préciser à queUe date avait été fixée l’audition.M" Isaias Duarte, 63 ans, a été abattu à coups de pistolet par deux tueurs à gages d'une vingtaine d’années, après avoir célébré une messe et marié soixante-dix couples à l’église du Bon pasteur, samedi soir à Cali (sud-ouest).«Ijes courageuses déclarations de l'archevêque contre l’argent du trafic de drogue dans les campagnes électorales doivent nous contraindre à continuer de travailler dans cette direction», a souligné Luis Camilo Osorio.Les accusations de M*1 Duarte avaient provoqué une réaction irritée du président Andrés Pastrana contre l'archevêque de Cali.lœ chef de l’Etat avait appelé le prélat à préciser ses accusations et à fournir les noms des candidats visés, sous peine d’apparaître comme quelqu’un qui «jette la pierre et cache la main».Cette critique du président colombien avait été qualifiée de «lamentable» par le secrétaire de l’archevêché de Cali, Fred Potes.Condamné par l’ensemble de la classe politique colombienne et qualifié de «barbare» par le pape Jean-Paul II, le meurtre de l’archevêque de Cali, qui avait toujours refusé la présence de gardes du corps autour de lui, n’avait toujours pas été revendiqué hier en fin de matinée.Les sommes colossales brassées par les barons de la drogue en Colombie et leur influence occulte, de longue date, dans la vie politique locale, ont ainsi été remises en lumière après cet assassinat. LE DEVOIR.LE MARDI 1 » Ni A R S 2 0 0 2 A 6 EDITORIAL La hache dans SdM ! Le responsable des questions de transport pour la nouvelle ville de Montréal, Claude Dauphin, aurait confié au Journal de Montréal que le comité exécutif de la Ville envisageait la reprise du contrôle de la gestion du stationnement sur le territoire, une responsabilité cédée à la Chambre de commerce par l’équipe du RCM de Jean Doré, en 1994.Après sept années, cette expérience d’impartition, de «partenariat», n’a rien rapporté de valable.Avec la fusion des 29 villes de lUe, l’occasion est merveilleuse de faire table rase* de cette expérience sans lendemain.S tationnement de Montréal (SdM) a été créé à une époque où l’on voulait croire qu’il y aurait d’importantes économies à tirer d’une gestion privée des biens publics.L’administration d’alors avait accepté une proposition de la Chambre de commerce locale qui offrait d’acheter les actifs de la Ville en matière de stationnement et de les gérer pendant une période de trente ans, renouvelable.Pour financer la transaction, la Chambre a emprunté 60 millions d’une banque, emprunt dont les intérêts seraient réduits du montant des redevances annuelles dues à la Ville.En d’autres mots, la Chambre emprunte, mais c’est la Ville qui paie les intérêts sous prétexte que cette vente d’actifs lui permet de diminuer sa dette et «d’éviter» ainsi des millions d’intérêts à payer chaque année.Cherchez l’erreur.A cause des conventions collectives, SdM prenait à sa charge les employés municipaux affectés aux stationnements et leurs conventions collectives, donc aucune économie possible.Pire, depuis que le service, qui était auparavant administré par deux ou trois cadres de la Ville, a été privatisé, on a ajouté des cadres et un conseil d’administration, tous payés selon les habitudes coûteuses du secteur privé (salaires élevés, coupons de présence pour les administrateurs, primes au rendement même sans rendement, etc.).Afin de maximiser les retombées de son acquisition, la Chambre a créé une société en commandite, Stationnement de Montréal, et une société commanditaire, Accesum, qui elle-même a donné naissance à d’autres filiales privées avec pour mandat de fournir des services à SdM.Ce fut le cas de Parcoflex, une compagnie dans laquelle on a injecté près d'un million en quelques années pour concevoir un parcomètre électronique révolutionnaire.Si l’affaire avait abouti, Parcoflex aurait empoché les bénéfices et pas un cent n’aurait été versé à la Ville.Mais comme le parcomètre n’a jamais vu le jour, Parcoflex a fait faillite, engloutissant le million qui provenait des revenus de SdM, privant ainsi la Ville d’une partie de ses redevances.Dans deux de ses plus récents rapports annuels, le Vérificateur de la Ville, Guy Lefebvre, a emboîté le pas aux nombreux détracteurs de la formule que l’administration Bourque avait choisi de maintenir, non sans en avoir amélioré le rendement pour la Ville.Malgré ces amendements, la Ville de Montréal n’a jamais reçu beaucoup plus que les 10 ou 11 millions qu’elle tirait déjà de cette activité avant la privatisation.Pour la période initiale de trente ans prévue au contrat, le Vérificateur a évalué à une centaine de millions le manque à gagner potentiel de la Ville.Sans parler de l’absence de transparence qui accompagne la gestion de SdM et des institutions qui l'entourent, une tare inconciliable avec la nature publique du service.Jean-Robert Sansfaçon ?Devant cette réalité, il allait de soi que la nouvelle administration de Montréal devait revoir le dossier.Selon un membre du comité exécutif, Claude Dauphin, on envisagerait de confier la gestion des stationnements municipaux de l’île aux 27 conseils d’arrondissement récemment créés.On ne partirait pas de rien puisque les villes de banlieue jouaient déjà ce rôle.Il suffirait de compléter le tableau en redistribuant les activités de Stationnement de Montréal, limitées à l’ancienne ville, entre les neuf nouveaux arrondissements créés sur le territoire.Ce faisant, il faudrait cependant éviter de faire de chaque quartier de Montréal une entité indépendante en matière de politique de stationnement.11 ne peut plus y avoir deux règlements différents dans la même ville ou deux façons différentes de faire appliquer le même règlement.Le stationnement est une fonction sensible du plan de transport et d’urbanisme.Que les conseils d'arrondissement soient chargés d’appliquer les orientations du conseil municipal, cela se conçoit.Mais ce n'est pas à eux qu'il appartient de décider des règlements, des tarifs ou même du nombre de places de stationnement qui sera offert sur l’ensemble de l’île.Par ailleurs, le rapatriement du stationnement par la Ville doit se faire sans coûts supplémentaires pour les contribuables qui ont déjà payé le prix de cette expérience.Les administrateurs de la Chambre de commerce doivent collaborer pleinement à la transition qui s’annonce et s’abstenir de tenter de tirer profit de ce revirement de situation.Ils seraient fort malvenus de parler de bris de contrat après avoir si longtemps prétendu qu'ils travaillaient dans l’intérêt premier des Montréalais.jrsa n s façon® ledevo ir.ca 4- LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESGÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE lW, Nixon ÎRAiTA'T TRiÆfAU Vi H PuTf fuTf Ground Zero Nos voisins du Sud ont une grande habileté à créer des expressions-chocs pour qualifier des situations ou des événements particuliers, heureux ou malheureux.Ainsi, on a tôt fait de qualifier la place de l’effondrement des tours du commerce international à New York de Ground Zero.Mais, en fait, plus le temps passe, plus le discours politique sur le terrorisme s'instille lentement dans les esprits, plus les actions guerrières et l'intoxication médiatique s'accroissent, plus c'est à une autre «table rase», à un autre ground zero que nous sommes conviés.L'expression terrorisme, terroristes, constitue un moyen de mise à distance exceptionnel qui enlève à tous ces individus le statut d’êtres humains.On peut les tuer par centaines, comme en Afghanistan, effectuer des assassinats ciblés, comme en Palestine ou en Tchétchénie, les mettre en cage, pratiquer le viol et la torture impunément, l’opinion publique internationale s’en émeut, tantôt à peine, tantôt davantage.Mais une espèce de torpeur s’est installée et des dirigeants politiques misent sur cette tétanisation pour faire table rase.Il est loin, le temps où le poète pouvait ironiser en chantant: «Moi, mon colon, celle que je préfère, c'est là guerre de 1914-18.» Il est révolu, le temps des «guerres ordinaires».Comme l’écrit fort justement Desaulniers dans Le Devoir du 12 mars, nous sommes passés à l’ère des guerres à «technologie totale et mort zéro» pour les plus puissants et k ground zero pour les autres, avec l’aval de l’opinion internationale à la clé.Et maintenant que nous avons accepté l'idée que des êtres humains qui meurent, sont mutilés, torturés ou violés fassent partie de ces sous-humains nommés terroristes, on passe à la deuxième phase, dixit M.Bush: nous nous réservons le droit de lancer des bombes nucléaires là où sévit le terrorisme.Souhaitons que les Poutine et autre Sharon n'emboîteront pas le pas et que les dirigeants occidentaux lèveront la voilette dont ils se cachent pudiquement le visage pour faire davantage que pousser quelques gé- LETTRES -?- missements incrédules sur le sort de l’humanité.Il faut se méfier des dirigeants politiques petits, obtus, prétentieux, mal dans leur peau.Ils deviennent de véritables fossoyeurs de l’humanité.Plusieurs d’entre eux sillonnent le monde présentement Ils font hardiment table rase, ground zero', mort zéro pour les vaillants guerriers des puissances guerrières, et mort zéro chez les terroristes aussi qui, somme toute, ne sont pas des humains.Serge Genest 12 mars 2002 Un gratteux avec ça?Félicitations à Gaétan Frigon pour la nouvelle orientation de Loto-Québec.On va maintenant se préoccuper du sort des joueurs compulsifs.Espérons que le gouvernement sera un peu moins «accro au jeu», pour citer le ministre Ménard.Par contre, j’aimerais bien que M.Frigon donne la directive aux détaillants de Loto-Québec de cesser de harceler les gens en leur offrant des billets de loterie.J’en ai assez de me faire importuner par la caissière du dépanneur.«Un gratteux avec ça?Un billet de 6/49pour ce soir?» Personnellement, j’ai cessé d’acheter des billets de loterie.Et je gagne à tout coup: au moins cinq dollars par semaine! Daniel B.Bouchard Montréal, 13 mars 2002 La désolante mort d’un policier Les évennements qui ont conduit à la mort du policier Bernard L'Ecuyer m’ont amenée à me poser la question suivante: est-il nécessaire d’engager une poursuite en dégainant son arme si le délit commis n’est pas une menace à la vie humaine?Si les policiers n'avaient pas menaçé de tirer et effectivement tiré, ce policier serait-il vivant aujourd’hui?Autrement dit, est-il nécessaire d’engager une poursuite dans ce climat de violence qui menace tout autant les policiers que les malfaiteurs par la provocation qu’elle comporte, lor-qu'un délit mineur est commis?Si ce malfaiteur, Stéphane Boucher, avait échappé temporairement à ses poursuivants, c’aurait été, il me semble, un moindre mal que la désolante mort de ce policier.Hélène Bruderlein Montréal, mars 2002 Vitaminothérapie ou saines habitudes de vie Je m’étonne de la décision de Santé Canada de faire la promotion de la vitaminothérapie à cause de l’augmentation du nombre de femmes enceintes souffrant de carences alimentaires, en particulier d’acide folique.Cette carence est source de malformations de la moelle osseuse chez l’enfant à naître.Je m’étonne qu’une agence gouvernementale choisisse de faire la promotion de l’industrie pharmaceutique plutôt que celle d’une alimentation saine et équilibrée.En effet, si toutes les femmes enceintes sont aujourd’hui capables de savoir qu’elles doivent.boire du lait, elles seraient tout aussi capables -d’apprendre à manger du brocoli et d’autres légumes verts, qui sont de grandes sources d’acide folique.Je reconnais que le lobby des grandes compagnies pharmaceutiques est puissant, mais Santé Canada ne devrait pas utiliser les fonds publics pour leur promotion.li me semble que ces fonds seraient mieux utilisés si Santé Canada investissait notre argent dans la promotion d’habitudes de vie saines, qui orientent les Canadiennes vers l’autonomie de la santé plutôt que vers une dépendance grandissante envers les compagnies pharmaceutiques.Quelque chose me dit que le problème de carence alimentaire de la mère est plutôt d’un autre ordre et qu’il ne trouvera pas de solution dans une bouteille de vitamines prises pendant neuf mois.Brunhilde Pradier Herboriste Montréal, 13 mars 2002 LIBRE OPINION -4- Foin d’une Constitution monarchique! PIERRE DE BELLEFEUILLE CLAUDE-G.CHARRON GORDON LEFEBVRE Membres du Cercle Godin-Miron Réunies par la gouaille persuasive de l’ex-juge Marc Brière, d’excellentes personnes de bonne volonté viennent de fonder le Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise (MONOCOQ).Si la question n'était pas sérieuse, nous dirions, sourire en coin, que nous préférons le catamaran, moins porté à chavirer.Nous nous demanderons plutôt si ce projet est de nature à donner un nouvel élan au Québec sur la voie de l’émancipation.Il est vrai que l'actuelle Constitution du Québec-laisse beaucoup à désirer, éparpillée qu'elle est dans l'Acte de l’Amérique du Nord britannique (AANB), dans des lois fédérales et provinciales et dans des traditions non éc-rites inhérentes à la monarchie et au parlementarisme de type britannique.Il est tout aussi vrai que dans ce fatras, nous sommes gênés aux entournures.A cet égard, notre démocratie est boiteuse.Un principe aussi essentiel que la solidarité ministérielle, n’étant écrit nulle part, est foulé aux pieds, par exemple lorsque le ministre Legault, Lan dernier, lançait publiquement un ultimatum au gouvernement dont il faisait partie.De leur côté, les députés, simples figurants dans notre Parlement, s’affairent de leur mieux dans les lambeaux d'un pouvoir législatif phagocyté par l’exécutif.Les partis politiques promettent de réformer le mode de scrutin mais, parvenus au pouvoir, ils ont des trous de mémoire.Il existe déjà le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MD N) qui milite pour la réfonne du mode de scrutin.Cet objectif nous parait plus réaliste que l’élaboration d'une nouvelle Constitution qui se heur-terait à de nombreux obstacles.Pierre Trudeau a lé gué aux Canadiens un mode d’amendement de Î’AANB qui le sacralise et le copie dans le béton.Ainsi, le Canada est un pays figé.A terme, il s’en plaindra amèrement.Quant au Québec, à moins de devenir souverain, il aura toujours la reine ou le roi d’Angleterre comme chef d’Etat.Celle-ci (ou celui-ci) est représentée à Ottawa par une gouverneure générale audacieuse qui prétend modifier son rôle, de sa propre initiative, et dont le consort se moque du devoir de réserve attaché à cette fonction.Ainsi, la «monarchie constitutionnelle» périclite, cela dit sms vouloir faire de la peine à Mme Thibault qui.lieutenante-gouverneure à Québec, sait respecter son devoir de réserve et se contente d'appuyer de bonnes causes.Lire Victor Hugo Pour améliorer les institutions fondamentales du Québec, il existe une voie plus propice, la voie républicaine.Et pour que le Québec devienne une république, il doit d’abord choisir la souveraineté.Nos ancêtres.sous l’influence du clergé traumatisé par les crimes imputables à la Révolution française, se méfiaient des idées républicaines.Celles-ci se sont pourtant répandues à travers le monde.Mieux, évidemment, que la dictature, mieux aussi que la monarchie constitutionnelle, vestige stérile, elles permettent de se rapprocher de l'idéal démocratique.Ces idées ont connu l'un de leurs plus ardents défenseurs en Victor Hugo, dont l’œuvre devrait être fréquenté et enseigné, surtout son carnet posthume Choses vues.Le moment est propice, au bicentenaire de sa naissance.(On ne nous fera sûrement pas grief de cette allusion voilée au débat qui a cours sur l'enseignement des lettres françaises et québécoises.) Interrogé par Le Devoir (21 février), Marc Brière évoque «l'impasse sur la question nationale».C’est donc, semble-t-il, qu'il renonce à la souveraineté.A notre avis, il n’y a pas impasse mais plutôt une profonde indécision attribuable à plusieurs facteurs, notamment une hésitation parfaitement compréhensible devant un changement gigantesque.Mais si ce changement est un gémit, ce gémit est bienveillant et généreux, qui nous donnera un pays.Aux indépendantistes d’en convaincre le plus grand nombre de futurs citoyens de notre république.D aucuns, dont Gérald Larose, dans son rapport sur la langue, voudraient que soit créée dès maintenant une citoyenneté québécoise.Le problème, c’est que cette citoyenneté serait bidon, une citoyenneté sans passeport, reconnue nulle part Rien n’empèche d instituer une cérémonie d’accueil des immigrants, mais la citoyenneté, c’est autre chose.Déjà, la citoyenneté canadienne repose sur une base fragile, étant donné que.strictement parlant, les Canadiens ne sont que des sujets de Sa Majesté.Mais, au moins, à peu de choses près, le Canada est souverain et répond ainsi à la première condition.Constitution, citoyenneté: des fuites en avanL Les ¦ instituer avant la souveraineté, c’est consolider le régime actuel.C est créer des illusions.C'est faire comme si le Québec pouvait se passer de la souveraineté.En revanche, les hommes et les femmes de bonne volonté seraient bien avisés de s’interroger sur le contenu de l’éventuelle Constitution républicaine du Québec souverain.Quelle sorte de république?Quelles institutions?Quel type de Parlement?Quelle répartition des Pouvoirs?Rappelons que le philosophe Jacques Dufresne s est penché sur ces questions dans son ouvrage Le courage et la lucidité (Septentrion, 1990).Voilà comment préparer l’avenir. LE DEVOIR.LE MARDI 19 MARS 2 0 0 2 A IDEES Lutte contre le terrorisme La Guerre noire L’Amérique fait face à la tentation de tout utiliser, même des armes nucléaires miniaturisées, pour en découdre avec les forces du mal ALBERT LEGAULT Titulaire de la chaire de recherche du Canada en relations internationales.Université du Québec à Montréal.ux deux extrémités du spectre de la lumière se situent le blanc, qui ré-unit toutes les couleurs, et le noir qui dénote l’absence de lumière.Depuis le 11 septembre, une nouvelle guerre des pénombres de la mort a commencé: la Guerre noire.Il s’agit de celle des services secrets et du renseignement, celle des coups bas et tordus contre les régimes méprisés ou honnis, celle des arcanes de la diplomatie secrète et celle de la technologie qui plonge l’Amérique dans la tentation de tout utiliser, y compris des armes nucléaires miniaturisées, pour tenter d’en découdre avec les forces du mal.Ces dernières ont encore du sang sur les mains, celui des attentats du 11 septembre.Leurs armes: la destruction de civils innocents, l’anéantissement annoncé d’un empire infidèle souillant la Terre sainte d’Arabie Saoudite et la préparation de nouveaux attentats qui se produiront sans doute un jour.Le tout dans la pénombre du secret dans le maintien de commandos fanatisés, tous aussi décidés à mourir pour entrer dans le paradis d’Allah! Boileau pensait avoir tout dit lorsqu’il écrivit dans ses satires: «Voilà l’homme en effet, il va du blanc au noir.» Or Boileau s’est trompé! Le blanc a disparu! La machine de la propagande américaine est en marche.L’information est livrée au compte-gouttes.Les plans les plus funestes sont en voie d’élaboration — renverser Saddam Hussein! Le vice-président Dick Cheney poursuit sa tournée dans les pays arabes pour leur annoncer la «bonne nouvelle», le secrétaire Ronald Rumsfeld tente de rassurer Moscou en promettant aux Russes un semblant d'accord officiel sur la réduction des armes nucléaires, tandis que le secrétaire Colin Powell sort des tiroirs poussiéreux la fameuse résolution 1397, celle-là même qu’on avait prévu, n’eussent été les attentats sanglants du 11 septembre, de présenter au cours du même mois à l’occasion des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies.Les caractéristiques de la Guerre noire Elle sera longue.Le président Bush l’a dit et martelé! Et l’Amérique, encore sous le choc de septembre, continue d’approuver aujourd’hui à 90 % l’engagement de ses soldats en Afghanistan.Le traumatisme de septembre a touché l'Amérique dans ses entrailles et ses viscères, dans tous les sens du terme.La peur ne disparaîtra pas.Ceux qui comptent sur un retournement rapide de la politique américaine se trompent Ceux qui ont encore foi en la démocratie se leurrent aussi.Seul le secrétaire Powell réussit à maintenir une po- li -¦ * >* JV- FM».¦ : 4 TV* m ?-s - Up!* v A KMMIKS Un soldat américain survole l’est de l’Afghanistan à bord d’un hélicoptère Chinook.Les Américains, encore sous le choc de septembre, continuent d’approuver aujourd’hui à 90 % l’engagement de leurs troupes en Afghanistan.sition centriste, voire même à expliquer au président que le recours à des armes nucléaires miniaturisées serait des «nouvelles déplaisantes» pour les alliés! La réalité est simple.L’Amérique se sent menacée et elle agira seule, si besoin est Elle sera sale.L’Irak sera un tournant majeur dans l’évolution de cette Guerre noire.Elle déstabilisera le FYoche-0rient, nous annoncent bien des Cassandre européens! Ce à quoi Washington répond qu’on «rendra service au monde arabe» qui rêve de paix et de stabilité! Elle sera sale parce qu’on a déjà commencé à légitimer une intervention américaine en demandant le retour des inspecteurs de l’ONU en Irak.C’est un pur prétexte.L’ultimatum viendra tôt ou tard, même si le président Moubarak s’emploie aujourd’hui à convaincre Saddam Hussein d’accepter le retour des inspecteurs dans son pays.On a dit la même chose pour le Kosovo.Il fallait d’abord épuiser tous les moyens diplomatiques avant de recourir à la force.Et puis, on a frappé ensuite.Le même scénario se dessine déjà en filigrane.L’objectif est fixé.On renversera le régime, quels qu’en soient les coûts pour l’Amérique.Elle sera profitable pour quelques-uns.Après avoir tout détruit, il faudra reconstruire.Le phénomène a déjà commencé avec ceux qui souhaitent aider l’Amérique dans sa guerre des «civilisés» contre les «barbares».Du Soudan aux Philippines, en passant par la Géorgie et tout l’arc des pays arabes dont le Yé- men et la Syrie, c’est à coup de centaines de millions de dollars accordés aux pays coopérant avec Washington, et d’exportation de technologies douteuses, que se livre désormais la guerre contre le terrorisme.Au Proche Orient, il faudra six mois au minimum pour préparer les opérations contre l’Irak, en espérant que le tout sera bouclé en un mois, ou peut-être deux, si les choses tournent mal.L’Arabie Saoudite vise juste.Il faut qu’Israël et les pays arabes «vivent dans des frontière sûres et reconnues».De nouveaux plans Marshall sont-ils en préparation?On peut le penser, car on ne peut moralement détruire sans s’engager du même coup à reconstruire.Or, en ce domaine, il vaut mieux être circonspect.Les quatre ou cinq milliards de dollars promis pour l’Afghanistan se font toujours attendre.Mais le geste de l’Arabie Saoudite est significatif.Le commerce ne se fait bien qu’en période de paix.Il faudra attendre le sommet de la Ligue arabe qui doit se tenir à Beyrouth, fin mars, pour savoir si le plan saoudien a des chances de réussir ou non.Elle sera structurante.«Vous êtes avec nous ou avec les terroristes», a déclaré le président Bush dans son pathétique discours au Congrès du 20 septembre dernier.Ceux qui comptent sur un retournement rapide de la politique américaine se trompent Ceux qui ont encore foi en la démocratie se leurrent aussi.Les États, et les pays européens ont eu tort de ne pas prendre le président américain au pied de la lettre.Ils doivent aujourd’hui baisser les bras, car Washington presse le pas.Dans cette gigantesque restructuration du monde qui s’annonce, ceux qui suivront l’empire seront récompensés, et les autres laissés pour compte.Ce faisant, Washington est obligé de (aire des concessions.A l’origine, en septembre dernier, ni le Hamas ni le Hezbollah n’ont été désignés dans la liste originale des mouvement terroristes dont il importait de geler les avoirs financiers, au grand dam d’ailleurs d’Israël.Mais il y allait du sauvetage des soldats américains en Afghanistan depuis l’Iran.On a donc épargné à l’époque ces mouve-ipents.Depuis, les États-Unis ont décidé que des armes de destruction massive ne tomberaient pas dans des mains scélérates ou irresponsables.Trois pays viennent ainsi de tomber dans les critères de définition de l’«axe du mal», l’Irak étant le pays considéré au premier chef.Le président Bush l’a déclaré comme un «problème» dont il «s’occupera», a-t-il encore juré le 13 mars! La restructuration se poursuivra aussi lors des prochaines réunions du Conseil atlantique et surtout lors du Sommet de Prague de l’OTAN, en novembre.La plupart des pays est-européens abandonnés à leur sort lors du cinquième élargissement de l’OTAN, seront sans doute invités à se joindre à cette organisation, y compris les pays baltes.Que fera la Russie?On nous promet, s’il faut en croire les Britanniques et les Américains, une organisation restructurée sous une forme nouvelle, peut-être des réunions conjointes OTAN-Russie tous les deux mois.Les États-Unis mettront à profit la prochaine rencontre du Conseil atlantique pour enfourcher leur dada: le renforcement de la lutte antiterroriste et celui des capacités militaires de l’Alliance.Les dés sont jetés; ni l’Europe ni la Russie ne pourront résister, en dépit de leurs déclarations auxquelles Washington ne prête qu’une oreille distraite.Ce qu’un correspondant du Nouvel Observateur, Érançois Schlosser, résume bien: «L’Amérique de George Bush ne semble plus avoir envie ni de coopérer ni de consulter».La vérité va bien au-delà de ce constat.La restructuration de l’OTAN pourrait déboucher sur un renforcement des procédures d’échange de renseignement entre les différents services alliés et l’extension à l’appareil militaire de l’Alliance des renseignements livrés par les appareils policiers mondiaux.Que deviendront dans ces conditions l’UE ou Europol?Elle sera antidémocratique.la fermeté américaine et le désir de Washington de s’affranchir des affres de la terreur, au mépris souvent des conventions interna- tionales les plus élémentaires, comme le sort réservé aux prisonniers afghans à Guantanamo, en disent long sur l’état d’esprit de l’administration américaine.Des centaines et des centaines de personnes sont toujours détenues en rapport avec les événements de septembre; d’autres, pour la plupart des sujets faits prisonniers en Afghanistan, sont trans-férées dans leur pays d’origine où l’interrogation, la torture et les sévices sont monnaie courante, et, enfin, de nombreuses libertés civiles sont sacrifiées sur le sacro-saint autel de la sécurité nationale.la's universitaires s’expriment, mais timidement; la presse questionne mais se tient à carreau; et les plus modérés sont emportés dans le courant de la pulsion violente qui déchire aujourd’hui une administration humiliée et soucieuse de rétablir son ordre dans le monde.Cela étant dit, l’Amérique ne pourra pas agir seule indéfiniment.les pièces du «puzzle» commencent à prendre forme les unes après les autres.Personne ne pourra convaincre les moins incrédules que la nouvelle alliance entre le renseignement et la police ne portera pas atteinte aux droits les plus élémentaires du citoyen innocent Elle sera impériale.Tous ceux qui pensaient que la société civile sortait gagnante de la guerre froide sont aujourd'hui décontenancés.Même l'ancien ministre Axworthy, pourtant tenu à un droit de réserve, se permet de critiquer les politiques du gou-vernement en place et d’insister sur son cheval de bataille, la securité humaine.Or, Axworthy a raison.11,ne nie pas le rôle central de l'Etat dans la protection du citoyen, mais il le juge insuffisant, étant donné les violations flagrantes du droit humanitaire et des droits de la personne à travers le monde.Or, l’empire du Sud a décidé d’imposer son ordre, le Canada s'est-il engagé les yeux fermés dans cette terrible lutte impériale contre les forces du mal?Deux constations s'imposent.La première, c’est que l'Afghanistan est un cas particulier.La suite sera pénible pour les autorités canadiennes, car les événements qui s’annoncent obligeront le Canada à prendre partie.Comme d'habitude, il ménagera la chèvre et le chou, ce qu’il a su fort bien faire durant la Guerre du Golfe ou durant les opérations de l’OTAN au Kosovo.Mais on ne peut suspendre la conscience humaine.Ce qui se trame et se prépare relève de l’arrogance.Il est loisible de le dire en toute humilité.Il est aussi permis de se demander, comme le Russe Evgueni Primakov l’a si bien chuchoté en 1990, si le dictateur Saddam Hussein, «dur jusqu’à la cruauté», a encore le droit d’exister.Il semble que les États-Unis aient décidé que non.I^i guerre froide a duré quarante-cinq ans et l’après-guerre froide dix ans.Nous entrons désormais dans une guerre noire dont les effets imprévisibles s'étendront encore sur dix ou vingt ans.ou plus longtemps encore.C’est selon! Elle sera longue, sale, profitable pour quelques-uns, structurante, antidémocratique et impériale! Place des femmes en politique Le Québec doit devenir le leader d’une véritable démocratie CAROLINE ST HILAIRE Députée de Longueuil Leader adjointe du Bloc québécois =“n e débat entourant les réformes électorale Let parlementaire qui s’amorcera prochainement au Québec sera le moment privilégié de remettre en perspective l’importance de la place des femmes dans notre - société et de trouver les moyens d’atteindre la parité avec les hommes dans l'ensemble de nos institutions démocratiques.Parce qu’en dépit du fait qu’elles forment 52 % de la population, les femmes sont toujours largement sous-représentées dans nos institutions politiques.A l'Assemblée nationale, elles ne forment que 23,2 % des parlementaires alors qu'à Ottawa, la situation n'est pas plus rose puisqu’elles ne sont représentées qu’à 20,6 %.Au sein des conseils de ville, les femmes ont commencé à envahir ce champ sans pour autant être paritaires aux conseils exécutifs.Parce que les politiques publiques touchent nécessairement les femmes et qu’une large partie de la solution aux réalités qu’elles vivent sont entre les mains des législateurs.Parce que le système actuel ne correspond plus aux attentes des citoyens et qu’au moment où les politiciens sont au plus bas taux d’appréciation, je souhaite que le gouvernement de Bernard Landry entreprenne la plus grande révolution démocratique qui soit Certes l’électorat voudrait choisir le chef du gouvernement, certes un plus grand respect des régions, certes des mandats à date fixe.Toutes ces briques menant à l’édification d'une démocratie nouvelle me réjouissent et méritent une analyse approfondie.À l’étranger J'ajouterais, cependant, qu’il serait intéressant que le ministre responsable des réformes électorale et parlementaire, Jean-Pierre Charbonneau, profite de ce grand chantier pour se pencher sérieusement sur ce qui se fait ailleurs, en France notamment, pour assurer une meilleure représentativité des femmes en politique.Et que contrairement au gouvernement fédéral, qui n’a pas voulu profiter de la réforme de la Loi électorale canadienne pour favoriser une représentation plus paritaire des femmes au Parlement, le gouvernement péquiste fasse preuve d’audace en proposant des mesures visant à redresser cette situation.Toutefois, même s’il est prouvé qu'il faille des actions émanant des gouvernements, il faut aussi une volonté collective de prendre part à la vie démocratique, et ce, dans toutes les instances décisionnelles.En ce sens, les femmes doivent continuer de s’approprier la place qui leur revient et être parties prenantes au débat que nous propose M.I.andry.Plus que jamais, les hommes et les femmes du Québec doivent trouver les solutions au déficit démocratique et, plus particulièrement, les moyens pour arriver à une parité reflétant la réalité.Ce qu’il faut, et ça presse, c’est une véritable révolution démocratique.L’apport des femmes en politique est capital.Élles ne feront pas nécessairement mieux que leurs collègues masculins, mais parions qu’elles le feront autrement et sous un éclairage différent! L’ÉQUIPE DU DEVOIR I.A RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dalïaire (adfmnt au dinetnr
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