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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-04-01, Collections de BAnQ.

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IMMIGRATION r Les Etats-Unis à fleur de peau Page C 3 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 2 AVRIL 2 0 0 6 IDÉES Sauvons la maison Lafontaine Page C 5 * PERSPECTIVES Pas de tempête en vue Aucun parti n’a d’appétit pour une campagne électorale hâtive imm -v Tout sera prêt pour l’arrivée des députés.GEOFF ROBINS REUTERS Stephen Harper a tenu une conférence de presse hier au Mexique.CHRIS WA TF! E REUTERS Les dernières élections fédérales ont porté au pouvoir un gouvernement conservateur minoritaire fragile et en apparence instable qui domine la Chambre des communes par une courte marge de 23 députés.Mais en réalité, à la veille d’entreprendre la première session parlementaire sous un règne conservateur depuis près de 13 ans, aucune crise ne se profile à l’horizon.Stephen Harper sera évidemment sous tension et surveillé de près, mais puisque aucun parti ne peut se permettre de retourner aux urnes, le gouvernement passera le printemps sans trop de difficultés.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Près de quatre mois après le déclenchement de la campagne électorale et la dissolution de la Chambre des communes, les partis politiques ont recommencé les négociations de coulisses qui caractérisent un parlement minoritaire.Mais, cette fois, le contexte est complètement différent et la joute politique est beaucoup plus calme.Le premier ministre Stephen Harper a récemment rencontré les autres chefs de parti en vue du discours du Trône qui sera prononcé mardi, question de tâter le terrain et de comprendre la position de chacun à quelques jours de cet exercice important qui engage la confiance des Communes envers le gouvernement Le leader conservateur est d’ailleurs sorti de ces réunions le cœur un peu plus léger.S'il y a bien quelques nuages à l’horizon, il n’y a toutefois pas de tempête.Et ce, non seulement pour le discours du Trône, mais également pour l’ensemble de la session qui s’amorce.C’est qu’à moins d’une grosse erreur de la part du gouvernement conservateur, qui aurait la maladresse de mettre sur la table une politique très controversée, aucun parti n’a d’appétit pour une campagne électorale hâtive.Le Nouveau Parti conservateur (NPD), avec la composition actuelle du parlement n’a pas la possibilité de faire chanter le gouvernement à sa guise comme ce fut le cas avec les libéraux.De plus, le parti de Jack Lay-ton, avec ses dix députés de plus que lors du dernier parlement (il en a à), n'a aucune envie de tout risquer aussi rapidement.11 veut prendre du temps pour solidifier ses percées en Ontario et en Colombie-Britannique.Le Bloc québécois n’est pas plus affamé.L’émergence des conservateurs au Québec n’a pas encore été bien analysée au sein de la formation souverainiste et le plan de contre-attaque n’est pas prêt Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a d’ailleurs bien fait comprendre à Stephen Harper que si ce dernier concrétisait ses promesses sur le Québec, notamment le règlement du déséquilibre fiscal et la place du Québec sur la scène internationale, il serait un joueur conciliant Le contraire aurait été étonnant puisque les conservateurs ont promis de régler des dossiers que le Bloc mène à bout de bras depuis des années.Dans ce contexte, comment torpiller celui qui promet de répondre à nos demandes?Le Bloc laissera donc la chance au coureur.Gilles Duceppe l'a d’ailleurs confirmé cette semaine, alors qu'il s’exprimait sur le discours du Trône à venir.*Un certain nombre de propositions faites par les conservateurs sont en liens avec des luttes menées par le Bloc, comme par exemple le déséquilibre fiscal.On va exiger maintenant qu’ils livrent la marchandises promises», a-t-il dit ajoutant que si ces priorités sont inscrites dans le discours du Trône, le Bloc •jugera l’ensemble du discours» et «s’t/ y a assez de choses pour l’appuyer», il le fera.Et si le Bloc et ses 51 députés agissent ainsi, les conservateurs (125 députés) n’auront phis à s'inquiéter, peu importe la position des autres formations, puisque la majorité aux Communes est de 155 éhis.Les libéraux en eaux troubles La situation des libéraux (102 députés) est par contre plus difficile et le discours public incohérent du chef intérimaire, Bill Graham, montre à quel point l’opposition officielle nage en eaux troubles pour les mois à venir.Il y a deux semaines, Bill Graham a soutenu que c’était au NPD et au Bloc de maintenir en vie le gouvernement puisque son parti a le mandat de s’opposer aux conservateurs.Si c’est vrai en théorie, la réalité est toutefois plus complexe.Par exemple, si le Bloc et le NPD décident de ne pas appuyer le gouvernement sur une mesure qui engage la confiance de la Chambre, que fera le Parti libéral?Prendra-t-il le risque de retourner en campagne électorale alors qu’il n’a pas de chef officiel, qu’une course au leadership bat son plein et que les coffres du parti sont à sec?Certaines situations pourraient donc obliger les libéraux à beaucoup de contorsions pour sauver la face sans avoir à renvoyer les Canadiens aux urnes.Un peu à l’image des conservateurs qui ont été forcés de s’abstenir lors du budget fédéral de 2005, une première, sans quoi le gouvernement tombait C’est ce contexte délicat qui a fait dire à BiD Graham, dans la même phrase, qu’il désirait faire fonctionner le Parlement mais qu’il était aussi prêt à renverser le gouvernement Devant ce choix déchirant quel serait son vote?Un budget chargé Le discours du Trône, à moins d’un imprévu, devrait donc passer la rampe sans trop de difficultés.Un autre test important viendra toute-fois assez rapidement: le budget.Fin avril ou début mai, les conservateurs présenteront ce qui sera le gros morceau de la session puisque ce document contiendra deux des cinq grandes priorités du gouvernement: la réduction de la PI’S de 7 à 6 % et l’octroie aux familles de 1200 $ par enfant de moins de six ans.C’est d'ailleurs probablement sur cette dernière mesure que les premières frictions feront monter la pression puisque le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD s’affichent ouvertement contre la mise à mort des ententes sur les garderies conclues avec les provinces, qui doivent être remplacées par l'allocation de 1200 $.Comment chacun louera ses cartes pour éviter de faire tomber le gouvernement?C’est l’un des rares suspens à l’horizon.A moins que le budget soit assez digeste dans son ensemble pour que la pilule des garderies soit avalée avec seulement quelques grimaces.Outre le discours du Trône et le budget, les deux gros tests du gouvernement, les autres lois et mesures des conservateurs seront jugées à la pièce par les partis d’opposition.Déjà, le Bloc prévient qu’il n'appuiera pas le gouvernement sur l’une de ses cinq priorités, à savoir le durcissement des peines d’emprisonnement pour les mineurs qui commettent un crime d'adulte et les sentences minimales garanties pour les crimes graves.•Le virage très conservateur en justice, on ne sera pas d'accord avec (a», a affirmé Gilles Duceppe* mercredi.Toutefois, comme le chef du Bloc l’a souligné, le NPI) et le Parti libéral semblent plus disposés à soutenir le gouvernement dans ce cas précis.•On verra, ça va se jouer dossier par dossier», souligne Gilles Duceppe.En avant les priorités Stephen Harper et son entourage sont très clairs depuis plusieurs semaines: pas question de déroger aux cinq grandes priorités du gouvernement.Mardi, devant son caucus et plusieurs employés des bureaux conservateurs — et étrangement, le premier ministre libéral de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, qui était présent à cet événement partisan —, Stephen Harper a ressorti la même cassette.•les Canadiens nous ont fait confiance et nous devons nous montrer dignes de cette confiance, et nous allons honorer nos promesses, a-t-il lancé.Mes amis, les Canadiens ont vu le passé et ils sont tannés, ils ne veulent plus regarder en arrière, I.) C'est maintenant à nous de régler les problèmes et de mettre en place les conditions d’un futur prometteur.Nous savons ce que nous avons à faire.Nous savons ce que nous voulons faire.Et, mes amis, ne vous y trompez pas, les Canadiens sont avec nous.» le premier ministre a réaffirmé son désir de mettre de l’avant ses priorités, soit une loi sur l'imputabilité (qui sera probablement appuyée par tous les partis politiques), un système de justice plus sévère, La réduction de ht TPS, l’allocation de 12(X) $ aux familles avec enfants en bas âge et, finalement, le règlement du déséquilibre fiscal et la réduction des temps d'attente en santé.Le message était sans équivoque mardi: les autres partis devront suivre le rythme de ces priorités ou alors être prêts à faire face à l’électorat Pour les autres mesures, le gouvernement laisse planer un commode «on verra».Et les conservateurs n’ont pas l’intention de perdre de temps.Stephen Harper et son équipe veulent se bâtir un bilan rapidement, question d’avoir quelque chose de solide sur lequel s’appuyer en cas d’élections hâtives à l’automne 2006 ou au printemps 2007.D'ailleurs, mis à part le réglement du déséquilibre fiscal et la réduction des temps d’attente dans le domaine de la santé, deux mesures plus longues à mettre en place en raison des négociations avec les provinces, les quatre autres priorités du gouvernement conservateur pourraient fort bien avoir été expédiées avant la relâche de l’été.Stephen Har per fait la même analyse que tout le monde, il sait qu'il a devant lui une courte période de grâce dont il doit profiter.Le Devoir Stephen Harper et son équipe veulent se bâtir un bilan rapidement, question d’avoir quelque chose de solide sur lequel s’appuyer en cas d’élections hâtives Améliorez vos perspectives de carrière.Réalisez votre potentiel et allez de l'avant grâce aux programmes d'études à temps partiel et cours du soir crédités offerts dans les disciplines suivantes : ?Comptabilité ?Fiscalité et Trésorerie-finances ?Commerce électronique et Systèmes d'information ?Commerce international www.incgill.ca/conted > Gestion de ta santé et Services sociaux ?Gestion des ressources humaines ?Gestion de la production > Relations publiques > Leadership > Marketing ?Transport et logistique ?Traduction La date limite pour présenter votre demande d'admission aux programmes t* juin pour l'automne 2006 K* -1*./ McGill Centra d'éducation permanente LE DEVOIR, LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 AVRIL 2 0 0 6 C 2 PERSPECTIVES Jean Dion Jasons au CPE Une maison d’édition révolutionnaire réalisera un sensationnel coup de marketing aujourd’hui même en publiant Jasons fédéralisme au CPE, un vade-mecum à l’intention des tout-petits visant à favoriser la dissémination des valeurs canadiennes et la connaissance de la structure constitutionnelle bicamérale décentralisée qui fait la force du pays et l’a donné en exemple au monde entier.Et il ne s’agit pas d’un poisson d’avril, a-t-on appris auprès de sources extraordinairement bien informées dans le domaine du temps à perdre.•Ce n’est pas de la propagande», a prévenu l’auteur, qui tient à garder l’anonymat étant donné que son ouvrage, disponible dans tous les bons stationnements de centres d'achats de la banlieue, a reçu une contribution financière de l'organisme occulte Option Canada.«Nous avons confectionné un outil pédagogique servant de contre-propagande devant l’envahissement du mental de nos enfants par les thuriféraires de la sécession.La jeunesse est notre plus grande richesse, on ne la laissera pas grandir dans la désinformation et l’endoctrinement.» l>e manuel est publié dans les deux langues officielles, de même qu’en 14 langues autochtones et en 253 autres langues et dialectes afin de faire vachement multiculturel.«No child left behind.Non enfant gauche derrière», s’est réjouie une ministre de l’Héritage fluente dans toute la palette discursive d’un océan à l’autre, et à l’autre.«Les CPE sont une création typiquement québécoise, voire séparatiste, a renchéri un intervenant.Il était temps que se fasse jour un contrepoids idéologique afin que soit garanti l’équilibre pédopsychologique des générations futures.» Selon le concepteur de Jasons fédéralisme au CPE, les troupes de la discorde sont à pied d’œuvre dans les institutions destinées à la jeunesse et salissent la tête des gamins en refusant de les exposer à certaines réalités irréfragablement positives.«C'est un fait que dans certains milieux particulièrement infestés par la gangrène autonomiste, on décourage les jeunes de soutenir le Canadien de Montréal, on interdit l’utilisation de cahiers brouillons de marque Canada, on raille la fréquentation régulière de succursales Canadian Tire, on punit le port de la canadienne et on raconte plein de choses qui n ont pas d’allure sur la valeur nutritive des biscuits feuille d’érable», a-t-il commenté, furibard.Au lieu de «tout centrer sur la division, la chicane et le taponnage», le manuel met l’accent sur les résultats, l’entraide et la concorde.«Les désaccords qui peuvent survenir de temps à autre au Canada ne sont rien à côté des accords qui nous unissent, peut-on lire.Mee-ch et Charlottetown, par exemple.Deux idées dont on peut au surplus se servir pour faire des mathématiques, avec Meech plus et les 31 gains de Charlottetown.Cest ça qui est ça.» Dans le bouquin, on retrouve toutes sortes d'affaires full cool.Dans la section «Exercices pratiques», les bambins sont invités à gosser une tour de la Paix en galets du labrador, à aménager dans la cour de récré un carré de sable bitumineux de l’Athabasca, à dessiner au crayon de cire un quadrilatère parfait épousant les contours de la Saskatchewan et à construire un bateau de carton chargé d’investir file de Hans et d'assurer la souveraineté dans l’Arctique.«A l'ile de Hans, que les sociaux-démocrates révisionnistes danois traîtres veulent perfidement annexer, il ne peut y avoir qu ’un drapeau.Pas deux, un.Un jour, il y aura juste un drapeau», mentionne le manuel.L’on trouve également des contes à message, comme Le Petit Chiffon rouge, dans lequel la mère-grand, résolument nationaliste, pâtit d’avoir essayé d'obtenir le petit pot de beurre et l'argent du petit pot de beurre.Dans Blanche-Neige et les sept provinces qui reçoivent de la péréquation, la jeune fille constate qu'en raison des compressions, elle ne peut placer ses copains à l’assurancechômage et les fait donc travailler comme tout bon Canadien, finissant par obtenir une réforme du Sénat U Petit Poussah explore l'origine de la bedaine de Stephen Harper et conclut à l’excellence pour la santé et la corpulence du bœuf de l'Ouest.Pour sa part, La Belle au bois d'œuvre dormant voit une Canadien Canadienne embrasser un frog qui st' change en gouverneur général dont toute la vie sera consacrée à combattre l’imposition de tarifs à l’exportation.U' manuel contient par ailleurs des formules à l’emporte-pièce susceptibles d’être utilisées par les enfants federalist's pour en boucher un coin à leurs parents séparatisants.« Tu pourrais m'acheter beaucoup plus de jouets si tu disposais du pouvoir fédéral de dépenser», dit un petit garçon à son père.Un autre, à qui sa mère reproche de ne pas obéir, lui rétorque: «Tes questions ne sont pas claires.» Une fillette dont les parents blâment taxes et impôts pour leur indigence leur fait remarquer que «ça ne serait pas de même si on habitait en Alberta».Un groupe d’enfants dans une classe de maternelle se soulève contre la maîtresse qui évoque les coupes dans le réseau de l'éducation pour expliquer le manque de matériel: «Tarais juste à devenir mirntbre en vue du Parti liberal du Canada et accepter une participation au programme de commandites».la sermonnent-ils.«Tout est là», a mentionne l'auteur en guise de conclusion.«Ni les ensiignements que rrn/rrme Jasons fédéralisme au CPE sont judicieusement appliqués, il ne se trouvera plus un séparatiste dans une génération.» Toutefois, a-t-il convenu, la démarche elle-même peut porter à controverse.«Le plus étonnant, le plus ahurissant, le plus ébouriffant, le plus décoif jànt.le plus sciant, le plus à-timber-en-bas-de-sa-chaise-tout-en-sopétant-la-tète-sur-lomur-et-n-décollant-la-ta-pisserie, c'est que (dus plusieurs dizaines de persitnnes, à différents niveaux, ont pris part à la confection de ce manuel ou ont etc consultées, et que parmi ces dizaines de personnes, pas un chrétien, pas un taouin.pas un intellectuel de centre-droite n ’a levé le doigt à un moment donné pour dire qu un supposé guide pedago gique piditique à l'intention des entants, c'est une cal-lette d'idee ridicule.» Neanmoins, profitant de la mode, un autre auteur, qui se sacre ben raide de la politique celui-là, a annoncé hier la parution prochaine d'un manuel de l'indécis.Discutons abstention à la taverne (bienvenue aux dames).jdiorralcdevoir.corn La coexistence israélo-palestinienne «Vous nous oubliez et nous vous oublions » « Lorsque le Hamas dit “houdna tawila”, une longue trêve, il faut le prendre au mot.Cela peut faciliter le processus de fixation des frontières » Lassitude, fatalisme ou refus délibéré de savoir ce qui se passe dans les Territoires: les Israéliens se résignent à l’édification et au renforcement du mur, symbole de l’échec de la coexistence avec les Palestiniens.JEAN-LUC ALLOUCHE Jérusalem — Promis, juré.L’Israël qu’Ehoud Olmert dirigera sera «un pays ou il sera chouette de vivre».A une condition: «Ne pas être otages des Palestiniens», surtout depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas.Et donc, il faut «fixer, dans les quatre prochaines années, les frontières définitives» d’Israël.Et, à l’instar d’Ariel Sharon à qui il doit, de manière inespérée, sa soudaine chance, Olmert a forgé son propre concept, en un mot «blanchi» l’idée d’un nouveau retrait, cette fois de Cisjordanie: hitkansout.Le «regroupement», le «retour à soi», bref, la séparation d’avec les Palestiniens, afin de ne pas dire l’évacuation des territoires occupés.«Séparation», disait Ariel Sharon à propos de Gaza.«Regroupement», proclame donc désormais son successeur à l’est de la barrière de sécurité, il ne devrait plus y avoir de colons, et celle-ci fera fonction de frontière.Les colons rejoindront soit l’Israël d’aujourd’hui, soit les «blocs de colonies» de Maalé Adou-mim (à l’est de Jérusalem), de Gouch Etsion (au sud de Jérusalem) ou d’Ariel (au sud de Naplouse), qui seront conservés.Son rival le plus acharné lors de la campagne électorale.Benjamin Nétanyahou, ne s’y trompe pas: «Ces élections sont un référendum sur la carte d’Isrçël», a-t-il dit avant les élections.A quoi Ehoud Olmert a rétorqué: «Si je suis élu, n’entreront dans ma coalition gouvernementale que ceux qui accepteront mon programme de regroupement.» Séparation, écrivait, il y a peu, Amos Oz, l’écrivain canonique de la paix: «Je ne suis pas quelqu’un de sentimental, je ne crois donc pas en une soudaine lune de miel entre les Juifs israéliens et les Palestiniens.Si je m'attends à quelque chose, c’est plutôt à un divorce, un divorce juste et équitable, entre Israël et la Palestine.Mais tout vaut mieux que cette sorte d’enfer que nous traversons en ce moment, dans ce pays que nous [Israéliens et Palestiniens] aimons.» «Quel divorce?, s’insurge Abraham B.Yehoshua, écrivain non moins iconique, de gauche et ami d’Oz.Il n’y a jamais eu de mariage, mais bien une occupation.» Dans son kibboutz décrépi de Yad Hana, Pnina Feiler.militante inlassable de la paix à plus de 80 ans, n’a pas un regard pour le mur qui lui barre l’horizon de Tulkarem, la ville palestinienne d’en face.«Je préfère me souvenir du temps où nous allions là-bas, librement, où nous nous entraidions entre le kibboutz et la municipalité.» Dans la voisine Bat Héfer, cité résidentielle qui a eu la primeur du mur érigé dès 1995 «contre les chapardages» puis surélevé pendant l’Intifada, on évoque avec regret les «achats à bon marché à Tulkarem, les relations de bon voisinage».Shabtai Gold, lui, se rend toutes les semaines dans les territoires occupés.Porte-parole des Médecins pour les droits de l’homme, il participe aux séances de soins hebdomadaires donnés dans les villages palestiniens par ces médecins israéliens volontaires.«De toute façon, cela fait longtemps qu’il n’y a pas de relations entre les deux sociétés.Il n’y a jamais eu d'autre lien pour les Israéliens que le commerce ou aller manger un humus dans les villages, ironise-t-il.Le Hamas offre un bon prétexte pour cette mesure unilatérale.Nous, nous avons déjà travaillé dans des villages dirigés par le Hamas.Nous y allons avec une attitude différente et sommes accueillis en conséquence.Et nous continuerons.» Pour le mur Bourgeois cossus de Tel-Aviv, Adiva et Ahrélé Géfen incarnent le «bel Israël» d'antan.De gauche, bien sur, contre l'occupation «dès 1967», ils ont voté travailliste sans état d'âme.Elle est écrivaine, lui, à la tète d'une importante société de la grande distribution.«Je suis pour la barrière, pour les barrages, parce que je veux pouvoir aller au jardin avec mes petits-enfants.Dans ce périmètre, 200 personnes ont été victimes de l'Intifada», lance-t-elle d’emblée.«Qui a ramené la prospérité ces.derniers mois?Nétanyahou [ministre de l'Économie d'Ariel Sharon, jusqu'à sa demission l'été dernier]?Non.c'est Avi Dichter, le chef des renseignements intérieurs, en menant la vie dure aux terroristes!, tranche Ahrélé.La nuit, je ne dors pas parce que mon fils étudie à Jérusalem, et je ne veux pas le voir déchiqueté dans un attentat comme le fils de nos voisins.U faut donc une barrière "comme il.taut", avec beaucoup de passages.De Tautre côté, je sais que ma sécurité porte atteinte aux Palestiniens.En fait, je suis comme tout le monde dans ma bulle de Tel-Aviv, je ne l'eus pas savoir ce qui se passe là-bas.• Adiva.elle, sait: toutes les deux semaines, elle se rend au barrage de Hawara, à l'entree de Naplouse.avec les femmes de Mahsom Watch, une organisation d'Israeliennes bénévoles, «comme une jardinière d'enfants pour faire en sorte que les soldats que nous avons envoyés là-bas.en notre nom.se conduisent mieux avec les Palestiniens».Ces derniers le savent, ils s'adressent à ces femmes pour les aider à accélérer le passage, débrouiller des situations inextricables.«Le pire?Ce sont les colons qui me traitent de pute nazie — heureusement que je suis vieille, je ne leur réponds pas.Je crains plus que tout leur haine, et moins le Hamas».\ [J I ! Un soldat israélien montant la garde en bordure du «mur de sécurité» israélien.REUTERS Éhoud Olmert s’emporte Adiva.«Moi non plus, je ne crains pas le Hamas, renchérit Ahrélé.Au contraire.Sharon, c’est notre hamasnik [membre du Hamas], Lui seul a eu la force d’évacuer Gaza.Eux seuls auront la force de faire des compromis.» Du béton et des dollars Dany Gerber construit des maisons de qualité à Jérusalem et peine à trouver de bons ouvriers: «Naguère, la main-d’œuvre venait des Territoires, c’est la meilleure.Avec les bouclages qui vont de Pourim à Pâques, en passant par les prochaines élections, il est impossible de planifier nos chantiers.De plus, il faut avoir plus de 35 ans pour obtenir un laissez-passer de travail en Israël, et le paradoxe veut que des hommes âgés doivent nourrir leurs fils valides et leurs fjmilles.On utilise la main-d'œuvre arabe de Jérusalem, mais elle est moins bonne.» Il ne croit pas à la fin de l'emploi de travailleurs palestiniens, annoncée pour 2008.«On aura toujours besoin d'eux.La situation est fluide, on ne peut pas enfermer un peuple tout entier! Si le calme revient, s’il n’y a pas d'attentats, alors, tout sera possible.» Pour l'écrivain Sami Michael, né en Irak et dont les premiers récits ont été écrits en arabe, «de profondes raisons psychologiques enracinent le mur dans la conscience des Israéliens.Autrefois, nous pensions être les 'maitrès du monde”, nous avons occupé les Palestiniens et nous sommes, du coup, occupes: la terreur est chez nous.La barrière a plus ou moins réduit la guerre, mais c’est une illusion qui intéresse l'extrême droite, qui veut prolonger l'occupation.C’est une illusion inutile que le gouvernement vend au peuple.Même avec un mur de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, il restera des colonies, des villages arabes enclos et Jérusalem-Est.avec plusieurs milliers de Palestiniens On a dépensé des millions de tonnes de béton et de dollars pour une illusion psychologique, en augmentant la souf fronce des Palestiniens.» Pis.se désole l'écrivain de Haïfa impliqué dans la lutte pour les droits de l’homme, «nous ne voulons pas regarder l’autre peuple, ne pas être au Proche-Orient et avoir, quand même, un Etat au Proche-Orient.C’est tout l'absurde de notre existence: vivre au milieu des Arabes et les ignorer, les occuper et ne pas vouloir en tenir compte.» •Je suis contre la barrière de sécurité, intuitivement et intellectuellement, precise Dan Bilan, l'un des fondateurs de «la Paix maintenant».très engagé dans la cooperation scientifique avec Palestiniens.C’est une catastrophe.mais cela reflète la majorité des Israéliens: ils ne veulent pas avoir les Palestiniens styus les yeux.Or je ne suis pas sûr que cela soit efficace.Si les attentats ont baissé, c'est à cau- se d’une décision politique des Palestiniens.Car, au-dessus du mur, il y aura des roquettes Qassam, ou ce sera à Paris, ou ailleurs — le terrorisme a de l’imagination.» La seule solution à ses yeux, ce sont des frontières ouvertes, avec des échanges économiques.Pour lui, l’Intifada a eu une influence très dure sur Israël, avec son cortège de peur et de haine: «Le “il n’y a pas de partenaire” d'Ehoud Barak a bien fonctionné.Cette conception a convaincu même la gauche, qui se sépare en deux camps: d'un côté, la coexistence et, de l'autre, un État palestinien, certes, mais loin de nous.C’est le “eux là-bas, nous ici” des travaillistes.Nous sommes en pleine tragédie: l’occupation a aidé la montée du Hamas et, ceux-là, en retour, justifient notre rigidité.Nous avons aidé le Hamas et assommé le Fatah.Je deviens de plus en plus pessimiste pour les années prochaines.Pourtant, il faut essayer de parler avec le Hamas: une partie est certes plus extrémiste, mais il faut approcher avec les autres.» Renoncement provisoire Au fond, analyse Denis Charbit professeur de sciences politiques et historien, «les gens s’enfichent.Après trois années terribles, ils veulent être tranquilles.La muraille symbolise ce retour sur sot.comme une convalescence, sans se préoccuper de ce qui se passe de l’autre côté.Ra-mènera-t-elle l’équilibre?Se préoccupera-t-on de la chose publique, des problèmes sociaux?Je ne le crois pas.Cela reflète la fin des idéologies fortes, d’où le succà de Kadima, monté de bric et de broc, sans la rhétorique ancienne des grands rêves: le Grand Israël et "la Paix maintenant”, pourtant différents, se sont effondrés.On a congédie l'idee même de paix.Il faut donc gérer et non résoudre la fin du conflit, d’où cette barrière: pour ne plus en entendre parler.Vous nous oubliez et nous vous oublions, on ne se parle plus.Un renoncement provisoire, mais peut-être durable.Cette attitude est très consensuelle, d'où le score d'Olmert égal à celui de Sharon, lexpression dune troisième voie"pragmatique, plus gestionnaire».De son côté.A.\ehoshua ironise sur ces «frontières définitives» décrétées de manière unilatérale, «sauf à revenir à celles de 1967 et à résoudre le problème des réfugiés et de Jérusalem».Mais il ne désespère pas.Pour lui.la seule solution: des accords partiels avec le Hamas.«rendre par exemple toutes les colonies au sud de Hébron, et y laisser les religieux qui veulent y rester.Un petit modèle qui peut servir ailleurs: entre religieux, cela peut fonctionner, car ils ont une autre conception du temps de THistoire.Lorsque le Hamas dit “houdna taui-la”.une longue trêve, il faut le prendre au mot Cela peut faciliter le processus de fixation des frontières car l'unilatéralisme n apportera pas le calme.» Libération LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 AVRIL 2 0 0 0 C 3 PERSPECTIVES : - - .Michel David Un homme dangereux Washington a construit une clôture à la frontière avec le Mexique.JORC.K ni’F N FS R FUTE RS Les États-Unis à fleur de peau Les républicains se déchirent au Congrès au sujet de l’immigration illégale La frontière entre le Mexique et les États-Unis, l’une des plus fréquentée au monde, pourra-t-elle jamais être totalement contrôlée?Vue de l’esprit, disent les critiques d’une politique d’immigration américaine qui s’emploie depuis 15 ans, sans résultats probants, à fermer la frontière aux illégaux en érigeant des clôtures et en multipliant les effectifs policiers.Le débat enflamme actuellement le Congrès, où le désir de renforcer radicalement les contrôles frontaliers le dispute à la nécessité de régulariser enfin la situation des illégaux qui vivent aux États-Unis.Inquiets, les Latinos ont bruyamment ajouté leur voix au débat cette semaine, manifestant par centaines de milliers dans les rues des grandes villes américaines, de Detroit à Los Angeles, pour dénoncer ceux qui veulent criminaliser leur contribution à l’économie américaine mande à Washington si cet effort de réforme aboutira.Plutôt improbable, alors, que le président mexicain Vicente Fox, qui rencontrait hier et jeudi, à Cancün, le président George W.Bush et le premier ministre Stephen Harper, voie se concrétiser d’ici la fin de son mandat, en décembre prochain, la grande tâche diplomatique qu’il s’était fixé en arrivant au pouvoir en 2000: obtenir que soit régularisée la situation des 6 millions de sans-papiers mexicains qui travaillent aux États-Unis, irritant ancien des relations mexico-américaines.Le président Bush, doté grâce à ses origines texanes de certaines sensibilités latinos, pense aussi à son héritage et plaide depuis un an pour une réforme de l'immigration qui comprendrait une programme de travailleurs invités, semblable à celui « Vous verrez qui permet à des travailleurs agricoles mexicains de venir travailler au Canada pendant l’été, auquel seraient admissibles les étrangers qui combleraient des postes dont les Américains ne veulent pas.GUY TAILLEFER Jamais le désert n’aura autant tué qu’en 2005: 473 migrants sont morts de soif, de chaleur et de froid, parfois tués par les passeurs en tentant de traverser la frontière américaine.Ils sont les victimes tragiques du jeu du chat et de la souris que se livrent les illégaux et la Border Police, dont les effectifs n’ont du reste cessé d’augmenter depuis le début des années 1990.L’année dernière, près de 10 000 policiers ont intercepté 1,2 million de personnes dans les déserts de l’Arizona, du Nouveau-Mexique et du Texas.L’équivalent d’une arrestation toutes les 30 secondes.Un autre record.On ignore avec précision combien complètent la traversée mais, selon le Pew Hispanic Center, quelque 12, millions d’illégaux vivent aujourd’hui aux États-Unis, dont 56 % de Mexicains.Le nombre d’illégaux, toutes nationalités confondues, a crû de près de 4 millions en cinq ans.C’est la preuve que les mesures actuelles sont à la fois utiles et insuffisantes, soutiennent des républicains comme Tom Tancredo, représentant du Colorado, grand pourfendeur d'immigrants et tenant d’une frontière hermétiquement close.Il défend le projet de construire une double clôture de 1125 km le long de la frontière (qui court sur 3200 km).dis vont arriver en parachute», lui réplique ironiquement le sénateur républicain modéré, John McCain, que l'approche strictement sécuritaire de certains de ses collègues n’est pas loin d’exaspérer.Lui croit que l'obsession policière ne peut plus faire l'économie d’une réforme de l'immigration et d’un processus de régularisation du statut des illégaux.Si les démocrates souffrent de certaines divisions à ce sujet, elles sont insignifiantes en comparaison du fossé que creuse la question de l'immigration illégale dans les rangs républicains, écartelés entre différents intérêts électoraux.L’horizon électoral étant celui des législatives de mi-mandat de novembre prochain, où le tiers des sièges du Sénat et l’ensemble de ceux de la Chambre des représentants sont en jeu, mais aussi de la présidentielle de 2008, en prévision de laquelle certains aspirants commencent déjà à se positionner.D y a longtemps qu'on n’avait vu le Congrès, où les républicains disposent de la majorité, être divisés à ce point sur cette délicate question.Telles sont les divergences, qu’on se de- REITERS Un des opposants à la réforme de l'immigration a été arrêté cette semaine.Le tabou de l’amnistie La Chambre des représentants a fermé la porte à cette possibilité en décembre dernier, adoptant un projet de loi exclusivement policier et répressif.En amont, le projet prévoit l'augmentation des effectifs policiers et la construction d’une clôture sur le tiers de la frontière mexicaine, complétée par un »m«r virtuel» — comprenant surveillance aérienne, caméras et détecteurs de mouvements.Il va même jusqu'à réclamer que des études soient entreprises sur l’érection de pareilles barrières sur certaines parties de la frontière avec le Canada.En aval, les employeurs seraient tenus de vérifier le statut de leurs employés et seraient passibles d’amendes ceux qui embauchent des illégaux en connaissance de cause.En outre, le projet de Ipi criminalise le fait de vivre illégalement aux États-Unis, ce qui constitue une infraction civile au regard de la loi actuelle.Ces dispositions font hurler les gens d’affaires et la communauté latino-américaine, exaspérée par l’hypocrisie qui consiste à nier leur contribution à l’économie du pays.•Vous verrez qu’en supprimant la perspective d’un emploi, les gens retourneront chez eux par millions, a déclaré le républicain Tom Tancredo.Ceux qui ne rentrent pas, vous les déportez» Fait également partie du projet de loi un article qui pénaliserait les Églises et les organisations sociales qui viennent en aide à des illé-gaux.Dénonçant début mars •l’hystérie» antiimmigrante qui balaie le pays, le cardinal Roger M.Mahony, de Los Angeles, est allé jusqu’à déclarer qu’il appellerait les prêtres à défier la loi si elle était adoptée.Le projet de loi, qualifié à Mexico de •honteux», a pour l'essentiel été repris au Sénat par le leader de la majorité républicaine.Bill Frist, candidat potentiel a la présidentielle de 2008.Cela augurait cette semaine d'un affrontement avec un autre clan républicain réuni au sein du Comité judiciaire du Sénat favorable, lui, à un plan de légalisation du statut des illégaux.La proposition du comité sénatorial entérine le volet policier du projet de la Chambre, tout en ouvrant aux immigrants en situation irrégulière une porte vers la citoyenneté.Encore que la voie est semée d’embûches: ceux qui se trouvaient aux États-Unis avant 2004 pourraient obtenir un permis de travail temporaire, à condition de payer une amende de 1000 SUS et d'étre sans antécédents criminels.Au bout de six ans, ils deviendraient admissibles au statut de résidence permanente apres avoir appris l'anglais, payé tout arriéré en taxes et une amende additionnelle de 1000 SUS.D’un côté comme de l'autre de la barricade qu en supprimant la perspective d’un emploi, les gens retourneront chez eux par millions » politique, l’octroi éventuel d'une amnistie tient du tabou absolu dans le discours politique américain.Ou s'agit-il d’une amnistie qui ne dit pas son nom?La polémique traduit en tout cas la position électorale très inconfortable dans laquelle se trouvent les républicains: plaire aux plus conservateurs des leurs en adoptant la manière dure, ou défendre une position plus modérée afin de faire des gains parmi un électorat latino en pleine croissance et, donnée économique fondamentale, ne pas se mettre à dos les gens d’affaires, ces électeurs républicains dont les profits dépendent de la présence d’une main-d’oeuvre à bon marché dans l'industrie de l’agriculture, de la construction et de la restauration.Effets pervers Les opposants à la «militarisation» de la frontière pointent les effets pervers qu'a eu l’installation de la première clôture qui fut construite au début des années 1990, près de San Diego, longue d’une soixantaine de kilomètres.Sa construction, combinée à l'ajout d’effectifs policiers, a réduit radicalement le nombre de passages illégaux dans cette région, tout en poussant massivement les immigrants à tenter leur chance en d’autres points frontaliers, autrement plus dangereux.En conséquence, le renforcement de la surveillance migratoire a moins servi à décourager les immigrants qu'à faire le bonheur des organisations criminelles de passeurs.Le passage clandestin devenant plus dangereux, les coyotes, devenus plus nécessaires, ont augmenté leurs tarifs — qui peuvent atteindre 1000 $US.Résultat: pour faire leurs frais, les immigrants qui réussissent à passer demeurent de plus en plus longtemps aux États-Unis.On commet depuis trop longtemps l’erreur d’articuler la discussion sur l'immigration mexicaine autour du contrôle de la frontière physique, déplore l’expert Peter Andreas, auteur de Border Games: Policing tiie US-Mexico Divide, alors qu’il devient urgent d’y voir avant tout un enjeu de développement du marché du travail.Les clôtures auront un impact dissuasif limité, martèlent nombre des spécialistes, tant que leç écarts de revenus entre le Mexique et les Etats-Unis demeureront aussi grands.•Im tentation est forte pour les politiciens de vouloir durcir la frontière dans les moments de crise, quand l'opinion réclame que “quelque chose” soit fait.Politiquement, c’est peut-être irrésistible, mais ça n’est jamais qu’un show de force symbolique hautement inefficace», plaide M.Andreas dans une analyse récemment paru dans la revue Current History Anxiétés antiterroristes La crise est aiguisée par la crainte légitime que cette frontière, l’une des plus fréquentées au mpnde, soit utilisée pour aller commettre aux États-Unis des attentats terroristes.les événements du 11 septembre 2001 ont laissé des traces profondes.La polémique sur l’immigration illégale recouvre celle sur la sécurité des frontières, contre laquelle le Canada n’est pas immunisé.Selon le ministère de la Sécurité intérieure (Homeland Security), de •fortes indications» suggèrent que la perméabilité de la frontière sud fait saliver aKjaida.En 2fX)5, la Border Patrol a intercepté 155 000 illégaux provenant de pays «autres que le Mexique», soit quatre fois plus qu’en 2002.Six cent quarante-neuf d’entre eux venaient de pays juges menaçants, comme l’Irak, l’Alghanistan et le Yémen La peur est de plus en plus grande que les mêmes groupes, les mêmes méthodes et les mêmes routes utilisés pour passer en contrebande la drogue et les immigrants servent à faire passer clandestinement des terroristes et des armes de destruction massives Un nouveau rapport émanant du Congres a affûté les craintes: munis de faux certificats, des enquêteurs sont parvenus a faire entrer aux États-Unis.depuis le Canada et le Mexique, assez de matériaux radioactifs pour fabriquer deux •bombes sales».Le Devoir Avec BBC, The Christian Science Monitor, The \etc York Time* et The Los Angeles Times Thomas Mulcair uand Jean Charest est devenu chef du PI Q, au printemps U>98, il a expliqué à ses députés qu’ils devaient apprendre à «haïr» leurs vis-à-vis péquistes.Pour illustrer sa pensée, il leur avait donné l’exemple de Thomas Mulcair.le député de Cho-medey était la terreur des ministres péquistes, qui tremblaient presque en le voyant se lever à l’As semblée nationale.11 alliait une vive intelligence à une totale absence de scrupules.À la période de questions, il ne visait que la jugulaire.Dans son esprit.il ne suffisait pas de marquer de points, il fallait saigner l’ennemi.Comme M.Charest a-t-il pu oublier combien il est dangereux?Peu importe la difficulté qu’on peut avoir à le contrôler, M.Mulcair est le genre d'homme qu'il est toujours préférable d’avoir dans son camp.En l'expulsant du cabinet, le premier ministre s’en est fait un ennemi infiniment plus dangereux que n’importe quel «ami d'en face».Il était déjà inimaginable que M.Mulcair puisse accepter le ministère bidon qu’on lui offrait.C'était le connaître encore plus mal de penser que cette humiliation l'amènerait à démissionner sur-le-champs.M.Mulcair est peut-être bouillant, mais plus encore, il est vindicatif.S’il s’était répandu en médisances au lendemain de son expulsion du cabinet, on aurait pu conclure à un coup de sang, mais le ministre déchu a pris le temps de se calmer.L'offensive médiatique qu’il a lancée hier contre le gouvernement dont il faisait partie n'a rien d’impulsif.L’attaque a été froidement planifiée.11 a même annoncé une suite télévisée en fin de semaine.?le bureau du premier ministre a commis une autre erreur en tentant de faire croire que M.Mulcair était d’accord avec le principe de la vente du Mont-Orford, alors qu'il a désobéi délibérément à un ordre du secrétaire général du conseil exécutif, André Dicaire, qui l’avait intimé de préparer les documents requis.Orgueilleux comme il est, il ne pouvait pas laisser passer cela.La série d’entrevues qu'il a accordées à des journalistes de son choix va cependant bien au-delà d’une simple mise au |>oint sur le rôle qu'il a pu jouer dans le dossier du Mont-Orford ou celui du port méthanier Rabaska.En expliquant qu'il n'avait pas pu si' résoudre à sacrifier le patrimoine public aux intérêts d’un promoteur immobilier, l’ancien ministre de l’Environnement accuse implicitement le gouvernement, plus particulièrement le bureau du premier ministre, de l'avoir fait.De la même façon, par effet de contraste, son o|> position au projet Rabaska souligne en caractères gras la complaisance de son successeur, Claude Béchard.Dans les deux cas, il fait passer M.Bé-chard pour un exécutant servile, qui manque ouvertement à ses responsabilités.la présence de ce mouton noir au caucus pourrait devenir de plus en plus embarrassante, mais M.Charest devra vraisemblablement s’en accommoder.Un premier ministre a tout le loisir de mettre un ministre a la porte, peu importe la raison.En revanche, expulser un député du caucus exige des motifs très graves.Én 1982, Claude Forget avait recommandé, sans succès, l'expulsion des sept députés libéraux qui avaient refusé' de condamner le rapatriement unilatéral de la Constitution.Finalement, c’est M.Forget qui est parti.l/'s entrevues que M.Mulcair a accordées sont peut-être lourdes de sous-entendus, mais il a bien pris soin de ne pas attaquer directement le gouvernement ou son chef.la ministre des Relations in ternationales, Monique Gagnon Tremblay lui a reproché d’avoir manqué à son serment d’office, en révélant des faits survenus alors qu’il était en forte tion.Il devra s’expliquer devant le caucus mercredi prochain, mais il y a fort à parier que les choses n’iront pas plus loin.Pour le moment, du moins.Déjà, son expulsion du cabinet avait créé de sérieux remous au sein du caucus.Sévir davantage risquerait de provoquer une véritable révolte, D’autant plus que des députés sont d’accord avec M, Mulcair.Même ceux dont la conscience environnementale n’est pas troublée outre mesure par la vente du Mont-Orford sont parfaitement conscients du mécontentement qu’elle crée.Encore une fois, un manque de jugement politique du premier ministre, doublé d’une remarquable maladresse, a transformé un dossier régional en psychodrame national, qui vient compromettre une conjoncture qui s’annonçait plus favorable aux libéraux.?Au sein du PIAJ, M.Mulcair est également en terrain solide.Fin septembre 2(X)3, le conseil général avait adopté à l’unanimité une résolution présentée par l’association d’Orford, qui visait précisément a préserver l’intégrité du parc national.Ixi question reviendra inévitablement sur le tapis lors du conseil général qui doit avoir lieu au début de mai à Trois-Rivières Manifestement, il y a de la nervosité dans Tair.Le responsable du dossier de l’environnement au comité du suivi des engagements électoraux du PLQ, Jean-Guy Dépôt, qui milite activement contre la vente du Mont-Orford, a été invité a s'intéresser plutôt aux questions d'éducation Dans l'état actuel des choses, M.Charest n’est tout simplement pas en position d’affronter une fronde.Apres l’embellie passagère provoquée par l’arrivée du gouvernement Harper, le dernier sondage Crop révèle que le faux d’insatisfaction a l'endroit du gouvernement est retombé au niveau antérieur aux élections fédérales du 23 janvier.Hus le temps passe sans que leurs chances de réélection semblent «’améliorer, phis les libéraux vont s’interroger sur l'a-propos de garder un chef qu’a peine un Québécois sur quatre juge le plus apte a diriger le Québec.M.Charest n’a pas intérêt à leur donner d’autres motifs de vouloir le remplacer.mda vidée lede roi r.corn LE DEVOIR, LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 AVRIL 2006 C 4 I K EDITORIAL Un premier pas Le décor change, les participants aussi, mais les problèmes demeurent.Tel est le constat qu’il faut faire au terme de la rencontre trilatérale qui a réuni, ces deux derniers jours à Cancün, le Mexicain Vicente Fox, l’Américain George W.Bush et le Canadien Stephen Harper.Ce dernier revient à Ottawa avec, toutefois, l’espoir que des progrès pourront être faits ces prochains mois dans certains dossiers.e sommet de Cancün constituait la première grande sortie internationale du premier ministre Harper.Il comptait profiter de l’occasion pour asseoir sur de nouvelles bases les relations canado-américaines mises à mal par son prédécesseur Paul Martin.Visiblement, le contact a été positif.Renouer le dialogue avec les Etats-Unis était également l’objectif que poursuivait M.Martin lorsqu’il s’était rendu à Monterrey en janvier 2004, quelques jours après son assermentation comme premier ministre, pour participer à ce même sommet avec les présidents Fox et Bush.Il se faisait fort lui aussi de rétablir la communication C entre Washington et Ottawa, coupée depuis la décision du gouvernement Chrétien de ne pas participer à l’invasion de l’Irak.Les dépêches de presse publiées à l’issue du tête-à-tête qu’avaient eu MM.Bush et Martin parlaient de «dégel significatif des relations canado-américaines».Les Etats-Unis avaient alors accepté d’ouvrir aux entreprises canadiennes les appels d’offres pour la reconstruction de l’Irak.«Les vibrations étaient très bonnes des deux côtés», avait dit M.Martin à l’issue de la rencontre bilatérale qu’il avait eue avec le président américain.Stephen Harper et le président Bush se devaient d’avoir des propos plus mesurés à la suite de leur entretien privé de jeudi soir.Venant de discuter de deux problèmes, le conflit du bois d’œuvre et la fluidité aux frontières, qui avaient fait l’objet d’échanges entre MM.Martin et Bush à Monterrey, ils étaient à même de comprendre que les bonnes «vibrations» ne sont garantes de rien.Les relations entre le Canada et , les Etats-Unis sont plus complexes que cela.Beaucoup plus.Cette rencontre de Cancün n’était pas sans importance pour le gouvernement canadien, qui cherchait à remettre, symboliquement, le compteur à zéro.A cet égard, ce ne sont pas tant les atomes crochus que pourront avoir développés MM.Bush et Harper qui faciliteront les choses pour l’avenir.Le locataire de la Maison-Blanche a surtout retenu les politiques nouvelles que mettent en place présentement à Ottawa les conservateurs.Le démontre bien son commentaire approbateur à propos de la récente visite rendue par Stephen Harper aux militaires canadiens en Afghanistan.Ce gage de bonne foi de l’allié canadien aura contribué plus que tout à dissiper le climat de méfiance qui s’était installé ces deux dernières années entre les deux pays.De cette rencontre à Cancün, il ne fallait évidemment rien attendre de concret, si ce n’est l’expression d’une volonté renouvelée de régler les dossiers qui constituent les principaux irritants de part et d’autre de la frontière.On peut y voir un premier pas qui en appellera d’autres ces prochains mois.In résolution selon des conditions satisfaisantes pour le Canada du dossier du bois d’œuvre ainsi que celui de la sécurité aux frontières constituera un test important pour le premier ministre Har-per.Celui-ci a soutenu en campagne électorale, il faut le rappeler, qu’il saurait réussir, par un dialogue ouvert et franc, là où les libéraux de Paul Martin ont échoué en jouant de provocation.Mais pas plus que ces derniers, il ne pourra se permettre de compromis.On le soupçonne déjà d’être pro-américain, et ses adversaires seraient prompts à l’accuser de brader les intérêts du Canada.bdescoteaux@ledevoir.ca Bernard Descôteaux Le CHUM.en 2015?Lin ' ‘"1 a construction des deux grands hôpitaux universitaires, le CHUM et le CUSM, qui devait commencer quelque part l’an prochain, pourrait être retardée de quelques années encore.Placé devant l’évidence qu’on a sous-évalué les coûts de ces hôpitaux specialises dès iw=====J le départ, le bureau du premier ministre Charest semble maintenant tout à fait disposé à concéder leur réalisation au secteur privé.Alors que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, se disait plutôt réfractaire à la formule de PPP pour les grands hôpitaux, il semble que les dépassements de coûts révélés récemment aient affaibli sa position au conseil des ministres.Le ministre se montre désormais beaucoup plus ouvert à la formule de PPR De son côté, la présidente du Conseil du trésor.Mme Jérôme-Forget, responsable de l’Agence de PPR n’a jamais cache son intérêt.Lors d’un entretien téléphonique, hier après-midi, Mme Jérôme-Forget n’a pas voulu confirmer que le gouvernement irait de lavant.mais presque.D’ici peu.Québec devrait donc annoncer son intention et demander à l’Agence de comparer les avantages d’une construction en PPP par rapport à une construction conventionnelle.Quant au type de PPP la présidente du Conseil du trésor nous a souligne qu’on se limiterait à la construction, à la gestion et à l’entretien des immeubles et non pas à l’achat des équipements médicaux ou à la gestion des soins hospitaliers.En somme, il ne serait pas question de confier les hôpitaux au secteur prive, mais seœ lement leur construction et leur entretien pendant une trentaine d'annees.Après quoi, ils seraient remis au gouvernement.Qui financerait les travaux?Probablement une grande institution intéressée à investir dans l'immobilier, 4a Caisse de dép TAÛBAWS Mo N* AU CANAPA* tfAjM/plïÊ Bravo M.Chirac, pour ce geste de désapprobation! Je dis bravo au président français Jacques Chirac.Quelle fière décision il a prise de sortir de la salle du Conseil européen à Bruxelles pour refuser d’entendre son compatriote Ernest-Antoine Seillière prononcer un discours en anglais.«On ne va pas fonder le monde de demain sur une seule langue et donc une seule culture, ce serait une régression dramatique», a-t-il donné en guise d’explication.Un petit geste de désapprobation en apparence, mais important à mon sens, car posé par la plus haute personnalité politique du monde francophone, qui donne la ligne à suivre dans les rencontres internationales.En tout cas, son message a été reçu cinq sur cinq au Québec, où nous devons lutter pied à pied pour préserver ce qui nous caractérise.La fascination qu'exerce l'anglais sur nombre de locuteurs francophones européens ne lasse pas de surprendre.Quand de bien-veillants anthropologues s’occuperont de protéger le français, comme certains le font actuellement [x>ur le boro, il sera trop tard.Syhio Le Blanc Montréal, le 31 mars 2006 LETTRES -?- Propagande directe et indirecte Depuis la parution du manuel Parlons de souveraineté à l’école publié par le Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) et taxé de propagande, il y a eu toute sorte d’interventions ridiculisant leur maladroite stratégie de diffusion.Stratégie maladroite, oui, et peut-être surtout trop directe et trop franche.Consolons-nous, le CSQ n’est pas financé par l'État Ce qu'on ne dit pas, c’est que le fédéral commandite et développe des projets de propagande, bien sûr financés par les contribuables.En effet le gouvernement du Canada envoie insidieusement et régulièrement du matériel de propagande vantant les bienfaits du Canada dans les écoles du Québec et même en mater-qelle, sans que personne ne s’en offusque.Épinglettes, calendriers, vidéocassettes telles que Faites découvrir le Canada et sa capitale à vos élèves, ou d'autres sur le Sénat la Chambre des communes, la GRC, sur les services du Canada pour les enfants, tout ça gratuitement puisque payé par les contribuables.Voyez, cette propagande en douce est habilement diffusée sans que les médias s’en mêlent et crient au loup.Y a-t-il deux poids, deux mesures?Lucette de Gagné Montréal, le 30 mars 2006 Comment desservir une cause Au-delà de l’étonnant manque de jugement de ces apôtres du Conseil de la souveraineté, ce triste document de propagande de ces illuminés qui tentaient, par la porte d’à-côté, de s’introduire de la maternelle aux classes supérieures, pose surtout sur la place publique la question de la légitimité du fascisme politique.Lorsqu’on se permet d’influencer en douce le jugement de jeunes citoyens encore fragiles aux manigances sournoises et feutrées des adeptes de quelque cause que ce soit, on donne alors la mesure de son intolérance et d’une certaine fourberie politique.Ce document, es-pérons-le mort-né, vient desservir plus que toute propagande fédéraliste la cause qu'il prétendait défendre.Il nous reste à espérer que cet organisme sans vision et sans assise populaire finira par mourir de sa belle mort Les artistes qui se permettent de s’y asservir donnent la vraie mesure de leur incohérence.Jacques Léger Morin-Heights, le 29 mars 2006 REVUE DEPRESSE -— Le message et l’image Manon Cor ne Hier Ne sursautez pas! Les médias anglophones du pays sont, comme leurs vis-à-vis francophones, outrés par la stratégie de communication du premier ministre Stephen Harper, axée sur un accès limite de la presse et un contrôle étroit des ministres.Mais la manie du secret n'est pas l'apanage des conservateurs et peut s’exercer de façon plus subtile, le journaliste spécialisé en matière de défense David Pugliese, du Ottawa Citizen, a tenté de montrer, dans une série de textes longs et bien documentés, comment, sans que les Canadiens ne s'en rendent trop compte, le Canada s’est retrouvé engagé dans la mission actuelle à Kandahar et à modifier l'orientation de notre politique de defense.Cette chronique est trop courte pour lui rendre justice mais disons qu'il montre combien les libéraux, sans être cachottiers.n'ont rien fait pour préparer les Canadiens à ce qui les attendait, n’y pour débattre %isière levée du changement de rôle ainsi imparti aux forces canadiennes.Car il s'agit d'un changement d'orientation majeur, que les documents confidentiels obtenus par Pugliese admettent, mais sur lequel le gouvernement precedent n’a jamais vraiment insisté une fois la décision prise par le cabinet le 12 mai 2005.En fait, comme le montre PugUese, c’est à peine si le ministre de la Défense de l'époque et le chef d’etat-major, le general Rick Hillier.ont insiste sur le changement de mission lors de leur comparution devant un comité parlementaire.quatre jours plus tard.On sait maintenant que les soldats canadiens seront appelés au combat, mais on ignore toujours sur quels critères le gouvernement entend s’appuyer pour déclarer «mission accomplie».Le gouvernement n’a jamais fait état des consequences de cette mission afghane sur le rôle du Canada dans le monde mais, selon Pugliese.cet engagement a déjà amené Ottawa à rejeter des demandes des Nations unies.Il révélé entre autres le refus par le gouvernement Martin de fournir aussi peu que quatre experts à la mission de maintien de la paix au Congo.?Championne toute catégorie en matière d’immigration, l'Ontario est agitée par un dé bat sur l’expulsion d’immigrants illégaux portugais travaillant dans le secteur de la construction.Le gouvernement portugais a lui-mème exigé des explications puisque, pré tend-on, ces personnes auraient été attirées au Canada sous de faux prétextes.On leur aurait dit qu’elles pouvaient réclamer le statut de ré fugié à l'expiration de leur visa de touriste, ce qu’elles ont fait.Déboutées, elles ont été encouragées à épuiser leurs recours, assurant leur gagne-pain en travaillant au noir dans le secteur de la construction.Cette industrie est montée aux barricades, d’ailleurs, affirmant ne pouvoir subir la perte de ces ouvriers.Certains, comme le Toronto Star, préconisent une solution qui permettrait d'aider les travailleurs au noir tout en corrigeant pour l'avenir les problèmes du système d'immigration.Nombreux cependant cachait mal leur impatience.Lorrie Goldstein.du Toronto Sun, en est un exemple.Selon lui.cette controverse illustre plusieurs problèmes, dont ceux du système de revendication du statut de réfugie qui affirme-t-il erronément permet d'étirer sans fin les procédures.Mais ce qui envenime le tout et le fait visiblement rager, c'est l'avidité de ceux qui profitent des lacunes du système, en particulier les employeurs et les consultants et avocats en immigration.«La cupidité peut se trouver parmi certains employeurs — nullement confinés au secteur de la construction — qui embauchent en toute connaissance de cause des réfugiés illégaux, y trouvant une source de ‘cheap labor'facile à exploiter.» Goldstein rappelle qu’il s'agit d’un crime dans ce pays, passible d'une amende pouvant atteindre 50 000 $ et de deux années de prison.Mais la loi est rarement appliquée.A l'industrie de la construction qui craint la paralysie sans ces travailleurs illégaux.Goldstein rappelle que cela équivaut à dire qu elle ne peut survivre sans un marche du travail ai noir.Pour kà ceb n'est pas une excuse pour ignorer la ki Et pour conclure Les conservateurs ont promis phis de fer- meté en matière de justice pour adolescents, dont l’imposition de peines d’adulte pour un plus grand éventail de crimes graves commis par des jeunes.Une décision rendue par la Cour d'appel de l’Ontario pourrait freiner leurs ardeurs, rapporte Janice Tibbetts, de la chaîne Can West Fait à noter, son texte a surtout été repris par les journaux de l’Ouest, une région qui pousse depuis longtemps pour un durcissement de la loi.Tibbetts nous apprend que la cour ontarienne a invalidé la section de la loi disant que les jeunes de 14 à 17 ans reconnus coupables d'un crime violent grave seraient passibles d’une peine pour adulte, à moins qu’ils puissent convaincre le juge du contraire.Les trois juges ont conclu que cette inversion du fardeau de la preuve allait à l'encontre de la Charte des droits.Selon eux, il revient à la Couronne de démontrer que le jeune mérite une peine pour adulte.Cette décision a de bonnes chances d’aboutir devant la Cour suprême.croit Tibbetts, qui nous apprend dans un autre texte que.malgré les craintes exprimées au Québec, le nombre de jeunes mis en détention à travers le Canada a chuté, plutôt qu'augmenté, depuis l'adoption de la nouvelle Loi sur la justice pénale pour adolescents.Et pour finir! Il y avait le tour de faille de Stephen Harper, il y a maintenant sa garde-robe.Personne n'a manqué la photo de Harper à Cancün.en compagnie des présidents mexicain et américain Vicente Fox et George W.Bush.D en a même été question à Newsworid, le pendant de RDI.«Stephen, what the heck are you wearing?» (Stephen, que portes-tu pour l’amour du del?), titrait le Globe and Mail hier.Dans un article paru dans les pages politiques, la chroniqueuse de mode Leah McLaren se demande si Harper a manqué de temps, depuis son voyage en .Afghanistan, pour magasiner.s’il a besoin d'un conseiller vestimentaire ou tout simplement d'un miroir.EDe lui rappelle qu’il est premier ministre et doit s'habiller en conséquence.Sans une once d Indulgence, elle note que ses pantalons sont passés de mode depuis dix ans et qu'avec sa veste de pèche, il ne hii manque qu’un seau à la main pour ressembler à «M Canadian Tire».Ce sont les caricaturistes qui vont être contents.mcomellieriJedevoir.com La presse du Canada LE DEVOIR.LES* SAMEDI 1 ** E T DIMANCHE AVRIL 2 0 0 6 C 5 D E E Sauvons la maison Lafontaine, mais érigeons aussi un monument à lord Elgin NORMAND LESTER Journaliste et auteur du Livre noir du Canada anglais ==^^==^1 our une fois, je suis d’accord Pavée Serge Joyal, Desmond Morton et John Ralston Saul, ex-prince consort du Canada.Il faut absolument sauver de la démolition la maison du premier mimstre canadien ^Louis-Hippolyte Lafontaine (*À la défense de la maison Lafontaine», Le Devoir, 30 mars 2006).Je note que ces Canadians in- - sistent sur le rôle de l’homme dans l’établissement du gouvernement responsable au Canada, mais passe sous silence l’intérêt historique particulier de sa maison.Un bel exemple de la façon dont l'appareil de propagande fédéraliste occulte des pans de l'histoire pour favoriser l’unité canadienne.La maison Lafontaine n’a rien à voir avec l’établissement d’un gouvernement responsable.Elle témoigne de l’épisode le plus noir de l'histoire démocratique du Canada et du racisme méprisant qui a caractérisé la minorité anglo-montréalaise, depuis la conquête jusqu’au mouvement défusionniste actuel.Elle a été au cœur d’événements sanglants que ceux que René Lévesque appelait les «Rhodésiens blancs» du Québec aimeraient mieux oublier.Appel au soulèvement En avril 1849, le parlement du Canada-Uni siège à Montréal à l’endroit où se situe la Place d’Youville.Les réformistes, dirigés par Lafontaine, sont au pouvoir.Le parti Tory, dont les membres les plus fanatiques sont des Anglais de Montréal, forme l’opposition.La première loi adoptée par le gouvernement Lafontaine est le bill des indemnités.D s’agit de dédommager les fermiers de la Rive-Sud qui ont été victimes des représailles de la soldatesque britannique et des milices anglo-montréalaises sous les ordres du «Vieux Brûlot» Colborne lors des troubles de 1837-1838.Une pareille mesure avait déjà été adoptée, alors que les Tories étaient au pouvoir, pour indemniser les victimes de saccage en Ontario sans que cela provoque la moindre controverse.Quand le gouverneur lord Elgin donne la sanction royale à la loi le 25 avril 1849, les Anglais de Montréal grimpent aux rideaux.The Gazette, toujours à l’avant-garde quand il s’agit d’attiser la haine anticanadienne française, lance ce que l’historien américain Mason Wade qualifie A'«appel au soulèvement racial»: «Anglo-Saxons, vous devez vivre pour l’avenir; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême, si vous êtes vrais à vous-mêmes.Vous serez Anglais, dussiez-vous n’être plus Britanniques.[.] La foule doit s’assembler sur la Place dArmes, ce soir à huit heures.AU COMBAT, CESTLE MOMENT» L'appel est entendu.Le soir même, ils sont de 1200 à 5000, selon les comptes-rendus, à répondre aux exhortations du journal.Les Anglais en colère s’enivrent tout en écoutant d’odieux orateurs, dont le rédacteur en chef de The Gazette James Moir Ferres, cracher des injures contre les Canadiens français.Soudain, le chef d’une des brigades des pompiers de Montréal, Alfred Perry, proclame que le temps du verbiage est terminé et entraîne la meute de soudards anglais vers le Parlement qui est en session.La brigade de pompiers de Perry est là au grand complet pour le soutenir.Elle défonce la porte de l’édifice en se servant de la grande échelle comme bélier.Alors que les parlementaires fuient.Perry pénètre dans l’enceinte et lance une brique sur un lustre, dont plusieurs brûleurs se cassent Le feu se répand.Bientôt, un gigantesque brasier illumine la nuit montréalaise.«Notre désastre d’Alexandrie» Sous les acclamations des Anglais ivres d’alcool et d’autosatisfaction, le feu s'étend à la bibliothèque du Parlement A l’instigation de la Montreal Gazette, les barbares anglo-montréalais détruisent cette nuit-là, la plus importante bibliothèque du Canada François-Xavier Carneau parlera de «notre désastre d’Alexandrie».:« r ^ % hV i La maison Lafontaine, aujourd’hui.La bibliothèque du Parlement du Canada-Uni avait été créée à partir de la bibliothèque législative du Bas-Canada qui datait de 1802, une des toutes premières d'Occident avec celles du Congrès à Washington et de la Chambre des députés à Paris.Elle précédait de 16 ans celle de la Chambre des communes de Grande-Bretagne.Les Canadiens-français, ce peuple d’illettrés, d’ignorants et d'incultes, avaient réussi à se constituer une des premières bibliothèques parlementaires du monde.La haine raciste de The Gazette et des Anglo-Montréalais l’a, en une nuit, réduite en fumée.Mcyris tiKKNiKR i r ukvoir h Cet autodafé n’apaisera pas la rage destructrice des Anglais.Dès le lendemain, 26 avril, après avoir tenté de tuer le premier ministre Lafontaine qui est sous la protection de l’armée, les vandales anglo-saxons se dirigent vers sa demeure et la saccagent en s’acharnant sur sa bibliothèque.La police, dominée par des oran-gistes, laisse faire.Le gouvernement a tellement perdu le contrôle de la situation qu’il ne peut assurer la protection de lord Elgin.Les Anglais veulent le tuer comme Lafontaine.Pendant des semaines, il ne reparaîtra plus au Château Ramezay, siège du gouvernement Nouvelle tentative Quatre mois plus tard, les Anglais veulent toujours assassiner Lafontaine.Un groupe armé tente de nouveau d’envahir sa maison, celle qui sera bientôt démolie: «En arrivant vis-a-vis de la maison de M.Lafontaine, qui est isolée dans un verger [rue de l’Aqueduc, entre les rues Saint-Antoine et Dorchester), les émeutiers, au nombre d’environ 200, forcèrent la porte d’entrée de la cour qui s’ouvre sur la rue; les plus effrontés entrèrent dans la propriété et commencèrent à lancer des pierres sur la maison.«M.Lafontaine n’était pas chez lui, ce soir-là, et la garde de la maison avait été confiée à une poignée d’amis déterminés, armés de fusils et de pistolets.[.] Quelques coups de feu furent tirés par les assaillants qui retraitèrent à la première fusillade de la garnison.Les émeutiers amenaient avec eux le jeune Mason, atteint au côté d’une blessure mortelle, et six autres grièvement blessés.Mason était le fils d’un forgeron de la rue Craig, près de la rue Saint-Urbain.Il expira le lendemain matin.«Avant de mourir, il avoua que l'intention des émeutiers était d’incendier la maison du premier ministre et de le pendre lui-mème à un arbre de son jardin, puis de trainer son cadavre dans les rues.La corde qui devait servir à l'exécution était portée par un des bandits qui faisaient partie de l'expédition.» (Hector Berthelot et Edouard-Zotique Massicotte, Le Bon Vieux Temps, Beauchemin, Montréal, 1916.) Voilà comment les Anglais de Montréal entendaient le mot démocratie représentative.Les incendiaires, le journal Lhe Gazette, de même que ceux qui participèrent aux Louis- ratonnades contre les Canadiens français Hippolyte qui se poursuivirent pendant des se-Lafontainc maines, ne furent jamais punis.Au contraire, ils furent considérés comme des héros.Un pavillon de l’hôpital Douglas de Verdun immortalise la mémoire du pompier-incendiaire Alfred Perry, sans doute pour sa contribution à la démocratie au Canada.Un traître Quant à lord Elgin, les Anglos de Montréal le considèrent comme traître à sa race.Ils l’ont banni à jamais de la mémoire collective.Alors que dans plusieurs villes canadiennes, des rues, des édifices ou des lieux publics rappellent lord Elgin, il ne s’en trouve pas à Montréal.La ville rend pourtant un hommage immodéré dans sa toponymie à d'obscurs et insignifiants impérialistes qui ont pataugé dans toutes les sanglantes expéditions coloniales britanniques.Nous devrions oser honorer sa mémoire.Une grande rue de Montréal, comme la rue Sherbrooke, devrait porter son nom.Mais cela risquerait d'indisposer les Anglais de Montréal qui n’ont pas perdu leur mentalité coloniale, comme l’a si bien démontré, ces dernières années, le mouvement partitionniste et défusionniste.[.] Admettons qu’en tant que peuple masochiste, nous avons un besoin viscéral de passer quotidiennement devant des monuments érigés à la gloire de nos conquérants.Au moins, choisissons-en un qui soit sympathique.Remplaçons la morgue suffisante de Nelson sur sa colonne par la bonne bouille rondouillarde de lord Elgin.Crise des CPE en France Rien à voir avec des enfants gâtés LAËT1TIA TANKWE Economiste es événements qui agitent la société française ces derniers mois ont été largement commentés par l’ensemble des médias étrangers.J'aimerais apporter quelques nuances, car la question va bien au-dela du CPE (contrat première embauche).Et contrairement à ce que j’ai pu entendre ou lire à plusieurs reprises, les jeunes Français savent depuis longtemps qu'on ne fait plus carrière au même endroit toute sa vie et peu ont d’ailleurs envie de passer leur vie dans la même entreprise.Nous souhaitons aussi évoluer, pasr ser d’une entreprise à une autre.Et contrairement au mythe nord-américain, les jeunes français ne rêvent pas tous d'être fonctionnaires.Ce que nous voulons, c'est conserver notre dignité.La possibilité qu’a le Québec de licencier quelqu’un à 16h45 sans lui donner la chance de ramasser ses affaires et de saluer ses collèges n'est pas selon moi un modèle à suivre.Travaillons-nous pour vivre ou vivons-nous pour travaüler?Nous refusons d’être uniquement considérés comme du capital humain, que l'on prend et que l'on jette sans la moindre humanité.Nous refusons de devenir un vulgaire bien consommable.Par ailleurs, quels sont les effets induits d’une telle réforme?Notamment sur l’implication réelle des travailleurs dans la vie et le succès de leur entreprise?Sur la fierté du sentiment d'appartenance et l’importance de l’identité sociale par le biais du travail?Comment se trouver un logement dans un pays où la crise du logement est telle que, pour accéder à un logement décent, il faut un poste permanent et la garantie des deux parents?Cette discrimination «positive» se traduira-t-elle vraiment par une baisse du chômage des jeunes ou juste par leur remplacement avant l’atteinte des deux ans fatidiques?Crise de confiance Il est vrai que la société française avance par soubresauts.Chaque grande évolution s’est faite dans la tension, dans l’affrontement.Après chaque soubresaut nous reconstruisons l’unité grâce aux valeurs de la République.Nous faisons face, par ailleurs, a une crise de confiance vis-à-vis de nos pob- EMMANUEL FRADÏN REUTERS Manifestante française devant un cordon de sécurité.tiques.Qu'est-ce qui motivent leurs réformes?L’intérêt commun ou l'arrivée des prochaines échéances électorales?Dans quelles mesures les réformes sont-elles nécessaires?Ne s'agit-il pas juste de nous faire avaler des püuk-s idéologiques amères?Problème de confiance, donc, et manque de communication Je pense que les tensions françaises reflètent un engagement de tous les ci- toyens dans l’avenir du pays.Nous sommes tous enfants de la République, y compris les jeunes insurgés de l’automne dernier qui hurlaient leur envie d’ètre mieux intégrés et non l'envie de sortir de la République.Nous refusons l’indifférence, le consensus mou à la nord-américaine.Alors que dans certains pays les groupes sociaux qui ne se sentent pas directement concernés par une réforme ne s’impliquent pas dans les discussions et s’agacent des perturbations que les revendications des autres leur font supporter, alors que dans certains pays les groupes qui souffrent se contentent de courber l’échine, la France refuse de s'avouer vaincue.Oui, la France est en crise.la France est a un tournant elle se remodelé.J’aimerais que nous apprenions a communiquer dans le calme J'aime les commissions d'enquêtes publiques a la québécoises.Nos cicatrices seraient probablement moins longues a refermer Quoi qu’il en soit les révoltes françaises illustrent le refus du cynisme individualiste et le repli sur soi, l’envie qu'on nous redonne la possibilité d'un Futur.Ne les réduisez pas a des caprices d'une société trop gâtée.Denise Bombardier Le 1er avril n ce jour où traditionnellement l’on joue des tours, force est de constater que nos rapports aux autres ont perdu ce côté bon enfant, reflet d’une légèreté, que l'époque trouble ne favorise plus.Le conformisme social auquel s'ajoutent, en dépit des apparences, une codification rigide des échanges et l'influence de la technologie pèse lourd.Avant de jouer un tour à quelqu'un, de nos jours, et un tour est souvent un mauvais tour, il vaut mieux s'assurer de fa susceptibilité de fa victime, de sa plus ou moins grande inclination à réagir en fonction de ses droits ou de sa tendance à dénoncer 1a discrimination à tort ou à raison.Autrement dit.avant de faire courir le poisson d’avril à une personne en lui faisant traverser 1a ville pour prendre livraison d'une morue ou d’un bébé requin, il faut s’assurer que cette personne n’est ni féministe, ni noire, ni musulmane, ni autochtone, ni gaie, ni infirme, sous |X“ine de se retrouver dans de mauvais draps.Dans le Québec, temple national du rire, l’on ne trouve pas ces choses particulièrement drôles.Ix's gens adorent les émissions genre Surprise-Surprise parce que ça n'arrive qu'à d'autres.On rit d'autant plus des tiers qu'on est soi-même à l'abri.L'autodérision, qualité fondamentale qui comme la pomme quotidienne nous met à l’abri du médecin et désamorce les faux drames, est pratiquée par peu de gens.Car ce trait de caractère suppose une assurance de soi, une distance face aux situations et un sens aigu de la hiérarchie des valeurs, toutes caractéristiques plus ou moins absentes de notre monde civilisé.L’ère se croit sérieuse, mais elle est surtout triste et les gens dits sérieux pèchent par manque d'imagination et sont plutôt lourds.L’allègement psychologique ne devrait-il pas remplacer l’allègement fiscal en tant qu’objectif social?On n’a qu’à marcher dans les rues en regardant la tête des gens, les sourires sont rares, les rires plus rares encore, les enfants n’ont plus l’air de s’amuser, ils s’activent, même que plusieurs d’entre eux s’hyperactivent.Normal dans une société qui programme les moindres détails de la vie, qui enrégimente les activités ludiques et encadre par la technologie les échanges interpersonnels.Pour les anniversaires de naissance, l’on engage de parfaits inconnus qu’on ap|X'l-le professionnels de la fête afin d’animer les soirées, on réalise des vidéos sur les jubilaires plutôt que de prononcer des discours où chacun risque d’intervenir à sa guise avec des facéties, bref on met en scène la fête avec comme résultat d’éliminer l’imprévisible, terreau favorable, entre autres, à la drôlerie, fai spontanéité et l’improvisation, autres ingrédients nécessaires à la fabrication du plaisir, ont aussi de moins en moins d’adhérents.De là peut être la baisse de tours plus ou jnoins pendables du 1" avril.À vrai dire, il faut se demander si nous n’avons pas perdu le sens commun, cette vertu qui sup|>ose qu’on fait confiance au jugement personnel fa professionnalisation de toutes les activités humaines semble avoir réussi à nous plonger dans l’impuissance.On se croit incompétent pour élever les enfants, donc on recourt aux psys, on va vers les amuseurs publics |X)ur se faire rire, on fait appel aux conseillers en «n’importe quoi» plutôt que de se fier à son instinct, à son goût, à ses proches, on pratique le sport avec un entraîneur, obsédés qu’on est de performer plutôt que de s'amuser.Et justement l'amusement a cédé aussi le pas à la moquerie plus ou moins cruelle.Cette dernière se pratique à grande échelle par des gens qui se croient drôles en faisant fi de toutes les convenances, mais surtout en s'installant dans une position de hauteur face à celui dont on se moque, le contraire des gamineries qui se déroulent dans un contexte d’égalité de rapports même si nous fonctionnons bien davantage dans des relations de force et de droit.Ixi vie sociale sous contrainte des chartes enlève à plusieurs l'envie de rigoler et ça se comprend.le côté bon enfant des relations social*-s a l’avantage de décoincer fa rigidité des uns, de dégonfler l’hystérie des autres, bref de dédramatiser ce tnonde sombre et décourageant que nous renvoient les médias au quotidien.En nous payant la tête fies autres comme aujourd’hui, c’est de la nôtre aussi que nous rions.En taquinant l’entourage, c’est vers soi égal*-ment qu’on attire la taquinerie.11 faut entretenir ces petites manifestations qui brisent le carcan de l'ordre social.N’y a-t-il pas un côté thérapeutique a voir la vie avec légèreté, à créer des atmosphères (Ai l’amusement est si réel (pie personne ne songe a se défoncer avec des substances douteuses, à se saouler jusqu'à oubli«T son propre nom et a jouer a détruire l'autre phis faible, plus vulnérabk-, phis dependant?Jouer des tours est un mouvement de réciprocité et d'affection.Le contraire de la revanche et de Hnéquité.Cela appartient aux manifestations qu’on appelle tes petits bonheurs de fa vie.L’ère se croit sérieuse, mais elle est surtout triste denbombardiePa videotron.ca Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution a 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons a utiliser le courriel (redactvmd/Udtwnram) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.UÉQITPE DD DEVOIR LA RÉDACTION Joanufam * nMormabon *« nrf«rapolit*ae GeraM DaBart (»*»!« a» Am-vitr it l«annt Cornwau iaffam [**»»• Mart» Aodr** Chouirard ttduratum, y**» fUÀltm '«Monalu» mponuM* it ta paft litm.Srtan M6»» Oiortt» «faits dt .société) Clairandr»» Cauchy (Générot).Jean Dkm.Louis-GïE»* Francoror ) cncrrooncmcnt).Benoît Monger (respomseèU dm site ImUrmci).Laurence CMeeï, JeanOuiRaum» Dumont kommu Internet) Insbefle Paré (tes nié), Loutae-Maud» Rjoux Sonry (Culiuret, Pauline Graeel /temees) ; Michel Carneau fetneatnriste) Diane Précourt (resyemtaMe its potes thématismes I Martin Dncloa.Michéle Maienfant et ChrUtine Dumazet (reltcltart) Renée Léo Cuimont et Serge Paquin teeleelfun inrnnmératrn) : Jacquet Grenier et jacquet Nadeau pfan^rapka) -.à rtadoemnboo cuhurrOe Mkhei Beim (farotre et c+str Cnttmer).Juhr Carpentier ipmpstrri Paul Bennett ipmpar, eakstn sptrtstsst et cmtlmrets dm wttPtad, 'sephaty Batllanrenn treporter), Paul ( author 'médsas/.Caroline Montpett 'htm/, 'édile Tremblay rcntnsa).Frédérique l»yon smrmmmérairt) à l’information économique Gérard Berubé imdjotmt am dtrtettmr dt linfoematton).Dominique Reny tpmpttre.Ph :>pe Papineau ‘tmemmmérairt).Fric Detrotiert, Claude Turcotte.Frençoit Deu|ardiat (tmrmmmératrt)-, * f—*___ntim .ri-,- JtMi lynx Legault Ipnpstr* international tt pote édxtonoiti Claude Léteuqae.Guy Talefcr tad/osni on imeltnr dt linfoemotumi Serpe ?rulfaut téésumaltsdt) .A Endue «aMoa poStiqiar Hélène Buzzetti Manon Cor nether et Alec Caàoopuay le/rrrespetndants poetememtairm à Ottasea ! .Antoine Robitaiile et Robert Dutraac (rorrtspondana paettmtmtams i QmtPtc), Kathleen léteuque ; Marüyue HameSn (leerétoee a la ridaetsoni MarîePSer Frapper Alexandre Ve-ida leommis) La docwaaeiMatkm '/diet Par» retponsaPie strniet a la clttnltlt, par intérim).Monique L’Heureui.Rachelie Leclerc L’ADMINISTRATION Lç^luui nnninhré-¦—r— rn.i—¦ t .a— ri—i-«- n-t- .r- -e—t-nnrir Rrm I t V LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DIMANCHE 2 AVRIL 2 0 0 6 C 6 Montféol, jeudi S ««H IWD MOACTION tT ADMINISTRATION 410 1ST.NOTAI-OAME MONTREAL TOUS LU SERVICES TELEPHONE j lllli'r 1161 SOIRS.DIMANCHES ET PETES Admimitruticn : BEluir Û36Ô RedAelion ¦ BElj.r 2984 Cérant : BEUir 2239 LE DEVOIR OÊrccftHr-giraal : C««r|«i NLLITiER FAIS CE QUE DOIS RuAkicw m cW : Omtr HEROUX VOLUME XXXI - No 97 TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR U POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA $600 .Sauf Montréal et la béni eu* I E.-Uno cl Emeiro britanni^uo B 00 UNION POSTALE 10.00 EDITION HUDOMADA1RE CANADA 2.00 C.-UN1S «t UNION POSTALE 3.00 26 AVRIL 1940 À QUÉBEC Depuis hier soir, le suffrage féminin est devenu loi dans la province de Québec Le Conseil législatif adopte le bill Godbout par un vote de 13 contre 5 — Uamendement Martin, pour un referendum sur la question, est rejeté — Le lieutenant-gouverneur sanctionne la loi — Protestations féminines pendant le discours de M.Médéric Martin Thérèse Casgrain suffragette, première femme à diriger un parti et sènatrice A**»** wv»» le* rMta.'mi tump* «a* wnutoii axa üMvisasf : MHb WTflFSAw fràa atumim » M».w «i iMw Ht* ^ ***&>*(*+* t aa« » nst#* sw.«ürf • #*** vw è üw *üxk * e^-r ti ** Ÿ* .W ér cSÇxjf * SmnmtHm SOURCE ELECTIONS CANADA Thérèse Casgrain a mené la campagne pour le droit de vote des femmes au Québec et est devenue la première femme élue à la tête d’un parti politique au Canada.Québec, 26 - Depuis hier soir, le suffrage féminin est devenu loi.Le droit de suffrage sera valable à compter du 1er janvier 1941.Après un débat de trois heures, le Conseil législatif a adopté par un vote de 13 contre 5 le principe du bill, en seconde lecture.MM.Chapais, Giroux, Baribeau, Bertrand et Martin ont voté contre le bill tandis que MM.Laferté, Brais, Simard, Car-rell, DuTremblay, Grothé, Thériault, Ni-col, Roy, Moreau, Lemieux, Scott et Fisher l’ont appuyé.MM.Daniel, Choquette, Raymond et Ouellet étaient absents.Lorsqu’on a pris le vote, le greffier avait apparemment oublié M.Martin, parmi les votes dissidents.Sur quoi M.Martin, d’une voix énergique, s’écria: — Oubliez-moi pas! M.Brais proposa alors la troisième lecture, M.Martin se leva aussitôt.— Je propose, dit-il, que le bill ne soit pas lu une troisième fois, mais qu’il soit renvoyé pour un amendement.Sir Thomas Chapais déclare qu’il appuiera volontiers M.Martin, si ce dernier expose son amendement.M.Martin suggère qu’il vaudrait mieux soumettre toute la question du suffrage féminin aux femmes elles-mêmes, en tenant un referendum, lors des prochaines élections provinciales.— Je regrette, dit-il, de ne pouvoir m’accorder avec mes amis de la droite.J’ai toujours été contre lé suffrage féminin.Je suis convaincu que 95 p.c.des femmes n’en veulent pas.C’est ce que les élections ont prouvé récemment.Les femmes elles-mêmes ont démontré carrément quelles ne désiraient pas le suffrage, car elles ont battu les femmes qui se sont présentées.Il y en a une qui s’est présentée dans Saint-Denis et elle a eu 28 votes."C’est faux!" dit Mlle Idola St-Jean.Mlle Idola Saint-Jean, visée en l’occurrence, et qui était assise dans la salle, eut un grand sursaut d’indignation, et dit à mi-voix: — C’est faux.J’en ai eu 2,(XX).Mais M.Martin, qui n’avait pas entendu cette protestation, continua son discours.— Je n’ai pas changé d’idée, dit-il, et je ne vois pas pourquoi j’en changerais aujourd'hui.Je me demande pourquoi le premier ministre de la province ne donnerait pas à la population de Québec l'occasion de se prononcer sur cette question.Les femmes que je vois ici, ce sont les mêmes que je voyais il y a vingt ans.Mêmes cris protestataires Il y eut dans les rangs féminins de violents murmures, de menus cris protestataires.Et les dames se regardaient, le regard enflamme, puis avisaient la figure romaine de M.Martin, avec des coups de menton méprisants.Mais M.Médéric Martin considérait les femmes d’un air paisible, sans autrement s’émouvoir.A la vérité il exagérait, car s’il y avait quelques dames chenues et enlunettées, d'autres, par contre, étaient dans la fleur de l’âge.M.Martin regarda d’un oeil bénévole et paternel les dames protestataires, puis il dit qu’au temps où il était maire de Montréal, il avait toujours désapprouvé les demandes féminines pour le suffrage féminin.— Je suis rendu à 82 ans, et je n'ai jamais eu l’occasion de constater que le vote des femmes avait amélioré quoi que ce soit, dans cette province.Une dame irascible et dont les sourcils froncés indiquaient la violence du sentiment, dit à mi-voix, près de la table des journalistes: — Quand nous serons députées, nous fixerons une limite d’âge pour les conseillers législatifs.M.Martin dit en terminant qu’il n'avait pas rencontré une seule femme, en ces derniers temps, qui tint réellement au droit de suffrage.M.Brais riposte que M.Martin doit mener une vie paisible et fort calme, car, pour lui, ce fut exactement le contraire.M.Giroux a demandé si le gouvernement a l'intention de présenter d'autres lots pour étendre à la femme les autres privilèges politiques dont jouissent les hommes.M.Bm'« répond qu'il suggéra ra au gouvernement de permettre aux femmes d’exercer les professions libérales, etc.L’amendement Martin On prend le vote sur l’amendement Martin, qui est rejeté par 13 contre 5, puis sur la troisième lecture, adoptée sur le même vote inversé.I.] Le débat sur le suffrage féminin M.Brais, leader du conseil, dit que le gouvernement libéral, qui s’y était engagé lors de la convention de 1938, doit accorder le droit de suffrage aux femmes.Il prétend que l’opinion publique a fort évolué sur ce point Comme arguments en faveur du suffrage féminin, et de la valeur des dames, il cite Jeanne d'Arc, Jeanne Mance, Florence Nightingale, les Soeurs de l'hôpital St-Michel-Archange de Québec, des Ursulines et de l’Hôtel-Dieu.de Québec, de l’hôpital du Sacré-Cœur à Cartiervil-le, et des Soeurs de Jésus-Marie, à Outremont, des Soeurs Grises, des Soeurs de la Ste-Famille, de la Présentation, et autres.Il en conclut que ces institutions sont admirablement administrées et prouvent la valeur des femmes.11 cite comme dernier exemple l'hôpital St-Jean de Dieu, qui renferme 7,228 personnes.Donc, si les femmes sont compétentes en administration publique, il n'y a pas de raison pour qu’elles ne votent pas.D’ailleurs, elles sont généralement plus instruites que les hommes et com- prennent mieux que les hommes une foule de questions économiques.Elles s’y entendent tout autant en questions politiques.Comme preuve, il cite le voyage de la Reine au Canada, son appel à l'unité canadienne, et le fait quelle a invité le régiment du 22ème à monter la garde au Palais Buckingham.Ces deux exemples paraissent à M.Brais, d'une puissance écrasante.M.Brais croit que la présence des femmes aux assemblées publiques va en rehausser le ton.La présence des femmes dans le domaine fédéral n’a pas provoqué de désordre ni de désunion dans les foyers.Et puis, les femmes des autres provinces votent.M.Jacob Nicol M.Jacob Nicol prétend que la majorité des femmes sont favorables au droit de suffrage, que les temps ont changé, et que la législature doit octroyer ce droit aux femmes.H dit que les temps ont véritablement changé: des démocraties ont disparu, des rois sont tombes, etc.C’est la fin d'un monde.Dans notre province, la femme est entree dans l'industrie, la vie sociale publique.11 faut donc suivre le temps.Les adversaires du projet prévoient des dangers sérieux pour la femme dans le suffrage féminin.On exagère ces prétendus dangers, ainsi que l’application du droit de suffrage féminin dans les élections fédérales l’a démontré.M.Nicol croit que la femme, la ménagère, sera d’un utile appoint pour apprendre aux pouvoirs publics à économiser, à dépenser prudemment et sagement M.Nicol prétend que la présence des femmes dans les assemblées en a beaucoup amélioré la tenue.Il voit dans le suffrage féminin un rempart pour la foi, la liberté, la démocratie, la religion.D’ailleurs, la femme est très souvent beaucoup plus intelligente que l’homme et beaucoup plus instruite.On parle de conserver les coutumes et traditions.C’est fort beau, mais on ne peut empêcher le monde de marcher.M.Nicol termine en prévoyant le jour où les femmes jouiront de toutes les libertés civiles et politiques dont jouissent les hommes, où elles seront commissaires d’écoles, conseillères municipales et échevines, avocates, notaires, etc.M.Frank Carrell Il dit que c’est une humiliation pour la femme québécoise de ne pas voter lorsque les femmes des autres provinces votent."Nos femmes, dit-il, sont à peu près la seule classe de femmes dans notre monde civilisé qui ne bénéficie pas encore du droit de franchise électorale".Il trouve que c’est une humiliation pour les femmes de Québec de voir que leurs maris et frères ont seuls le droit de vote.M.Carrell parle ensuite de la défense de la civilisation sur les champs de bataille, et dit que c’est une raison pour voter le bill.M.J.-L.Baribeau On ne voit pas bien, dit M.Baribeau, en quoi le suffrage féminin va améliorer quoi que ce soif d’autant que les femmes n’en veulent pas.Si les femmes en veulent réellement, pourquoi a-t-on peur de le leur demander, et pourquoi refaser un referendum?M.Baribeau cite un article du R.R Villeneuve, avant qu’il ne devînt cardinal, sur la question du suffrage féminin, et où il expose les graves inconvénients du suffrage féminin.L’erreur commise dans cette question du droit des femmes, c’est que certaines femmes s’imaginent que les femmes doivent imiter les hommes en tout et partout, avoir exactement les mêmes pouvoirs et droits.En fait, il ne s'agit pas d’égalité, mais de fonctions différentes.La femme a un rôle à remplir qui est de garder le foyer.L’homme a celui de le défendre, de donner sa vie et son sang pour cela, s’il le faut; les deux rôles sont grands.Que chacun reste dans le rôle qui lui a été tracé par la Providence, et c’est ainsi que les choses iront bien.Quand on aura entraîné la femme dans le bourbier électoral, dans les querelles, les haines de partis, qu’aura-t-elle gagné?Quand l’homme vote, il ne vote pas contre son foyer, sa femme, ses enfants.Il vote comme le protecteur des siens.M.Baribeau ne voit pas ce que le suffrage féminin peut ajouter, dans ces conditions.De plus, on favorisera, au détriment de la réputation et du respect de la femme, les manoeuvres électorales frauduleuses.Et ce sera la femme qui, en définitive, y perdra.M.L.-A.Giroux Il est un fait patent dit M.Giroux, c’est que les femmes, en grande majorité, ne veulent pas du droit de suffrage.La preuve c’est que depuis vingt ans, elles n’ont élu que deux femmes à Ottawa.A Verdun, lors des dernières élections, la femme candidate contre sept concurrents masculins, a perdu son dépôt M.Giroux dit que si le gouvernement veut donner égalité de statut à l’homme et à la femme dans le domaine politique, il devra sans doute continuer, et sans doute retrancher du code civil l’article qui dit que la femme doit être soumise à son mari, ouvrir les carrières libérales aux femmes, et ainsi de suite.M.Giroux dit qu’il est nuisible de saboter des coutumes, des traditions, quand surtout la majorité des gens s’y oppose.On invoque l’argument de similitude avec les autres provinces, comme si pour certains le progrès consiste à singer ce que font les autres.Québec a ses traditions, ses coutumes, et elles sont sa force et sa grandeur.Alexis GAGNON 30 AVRIL 1940 Un saint Jean-Baptiste à l’âge d’homme Le char allégorique consacré à saint Jean-Baptiste sera de nouveau différent cette année.Il se composera d’un saint Jean-Baptiste à l’âge d’homme, comparaissant devant Hérode et Salomé.L’an dernier, à la demande d’un certain nombre de membres de la Société St-Jean-Baptiste de Montreal, notamment la section Côme-Cherrier, la Société a rompu avec sa tradition de personnifier saint Jean-Baptiste par un enfant blond aux cheveux bouclés, le corps recouvert d’une peau de mouton et accompagné d’un agnelet.L’an dernier, il n’y eut pas de saint Jean-Baptiste du tout sur le char allégorique consacré au patron des Canadiens français.Le public n’a pas paru priser ce changement et il a fait entendre, dit-on, qu’il voulait un saint Jean-Baptiste.Cette année, la Société, écoutant de nouveau la voix d’un certain nombre de ses membres, a déride de rétablir le personnage dans le char allégorique qui tenue le défilé, mais à l âge d’homme cette fois.?30 AVRIL 1940 Les Olympiades sont contremandées Bruxelles, 30 - le comte Henri BaiDet-Latour, président du comité olympique, a déclare aujourd’hui que les olympiades de 1940 avaient été officiellement "annulées".La Finlande a déridé de ne pas tenir les olympiades à Helsinki à la suite de la récente guerre qui affecta ce pays et le comité general se voit dans l’obligation de contremander ces jeux pour l’année courante.Recherche et adaptation: Pierre Rousseau 29 AVRIL 1940 Une journaliste suisse condamnée à mort pour espionnage Paris.29 (A P).- La première sentence de mort pour espionnage prononcée par le tribunal militaire de Paris et la deuxième imposée en France à une femme, depuis le debut de la guerre, l’a ete aujourd’hui.La condamnée à mort est une journaliste suisse de 34 ans, Carmen Mory.Fritz Emer, 34 ans, cinéaste allemand, arrête en octobre 1938 en même temps que Carmen Mory.a aussi été condamné à mort.La police a révélé que les deux condamnés travaillaient de concert lorsqu'ils ont été arrêtes par des agents du contre-espionnage français.1^3 première femme condamnée à mort en France depuis le debut de la guerre est Eugenie Lupz, une Allemande qui reçut sa sentence à Marseille le 13 mars dernier, le président de La République a l'habitude de commuer en emprisonnement à vie les sentences de mort imposées à des femmes, pour les crimes ordinaires.Mais pour les crimes d'es- pionnage en temps de guerre, on a un précédent, celui de la célèbre Mata Hari.qui fut exécutée.?23 AVRIL 1940 Le R.F.Marie-Victorin aux Antilles Le Frère Marie-Victorin.qui passe quelques semaines sous un climat plus doux en raison de sa santé, séjourné actuellement dans les .Antilles.Il a fait un séjour en Jamaïque et est retourné à Cuba Le directeur de l'Institut et du Jardin botanique de Montreal se ( mettra à la fin du mois en route vers Montreal.Il commencera par faire un bref séjour dans le Yucatan.Mexique, s'arrêtera en d’autres endroits de ce dernier pays, puis fera une halte en Floride, toujours, le directeur du Jardin botanique multiplie dans ses voyages les excursions scientifiques.Il rapportera de nouveau à Montréal, au début de mai.durteressantes collections de plantes et de photographies.Chemises pour hommes Séri«* dièret offertes è prix de solde ChBffitm confectionneet dt b'OidclotH de cotan -rvi «f ouidriîie.Jrlntas pour le prlnfemps et l'Eta.Bleu, brui, vert.pris, et besucouo de Vme.CH tarent eu tau* col.Encokur»; lîli à 17.Mon* cHes: 33, 34, 35 dons le M.Articles 1 .00 «'T.EATON 1 i « l
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