Le devoir, 29 mars 2002, Cahier A
PROCHE-ORIENT MURDOCH VILLE Arafat appelle au cessez-le-feu; Israël rejette le plan saoudien Page A 5 A ti Noranda ferme la Fonderie Gaspe Page B 5 w w w .1 t'(l e v o i r .c o ni ?LE DEVOIR V o L .X C I ! 1 NT 0 6 8 ?L E V E N D R E D I 2 I) M A R S 2 O O 2 8 7 TANKS» I $ Plus de souplesse pour les universités Québec sera tolérant envers celles qui ne respecteront pas les contrats de performance MARIE ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Tout indique que le nouveau ministre de l’Éducation, Sylvain Simard, sera clément à l'endroit des universités qui n’atteindront pas les cibles du contrat de performance signé par son prédécesseur, François Legault, et qu’Ù jouera la politique de la souplesse en donnant sa chance au coureur au lieu de le pénaliser financièrement À Paris, la guerre aux voitures ne fait que commencer CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR Paris — «]e ne travaille pas pour toi et ta Safrane.Je travaille pour tes électeurs.Eux prennent l’autobus, et aujourd'hui, ils roulent mieux.» C’est ainsi que le nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë, a répondu à un maire de banlieue qui se plaignait du trafic provoqué par l’apparition, l’été dernier, de voies protégées sur les deux principales artères de la rive droite.Rivoli et Sébastopol.Imaginez qu’on déménage en pleine nuit, sur les rues Sainte-Catherine et Saint-Denis par exemple, la voie actuellement réservée aux autobus sur le boulevard Pie-K.Voilà la petite révolution qui s’est produite l’été dernier à Paris.L’initiative a immédiatement fait jaillir de ses gonds l'automobiliste parisien, qui n’est pas particulièrement réputé pour sa courtoisie.Soutenues par les élus de droite, les associations d'automobilistes ont prédit la pire héçatombe.A la surprise de tous, le cataclysme annoncé ne s'est pas produit.Les automobilistes ont fini par s’y faire.Ils ont réduit leur vitesse ou modifié leur trajet.Étrangement, le trafic ne s’est pas reporté sur les voies parallèles.La vitesse des bus a par contre été doublée et les cyclistes parisiens découvrent pour la première fois de leur vie le plaisir de rouler en ville en toute sécurité.Ces voies réservées sont devenues depuis quelques mois le symbole de la guerre aux voitures qu’entend intensifier la nouvelle administration parisienne, élue il y a à peine un an.D faut savoir que quelques voies réservées étaient auparavant délimitées par un simple trait de peinture.Résultat: elles étaient obstruées en permanence.La construction de murets de béton permet dorénavant de traverser la ville en bus presque aussi vite qu’en métro.La capitale a fait d'une pierre deux coups puisqu’elle oblige ainsi les automobilistes à respecter les pistes cyclables, autrefois transformées en terrains VOIR PAGE A 8: PARIS TRANSPORTS LE DEFI DES VILLES CULTURE Bernard Labadie à la direction artistique de l’Opéra de Montréal Bernard Labadie sera nommé mercredi prochain au poste de directeur artistique de l’Opéra de Montréal.Selon les informations obtenues par Le Devoir, l’actuel directeur musical et artistique des Violons du H Roy et du chœur La Chapelle de Québec, ensembles dont il est le fondateur, remplacera le controversé Bernard Uzan, qui a quitté l’organisme l’année dernière après 13 ans à sa tète.Depuis plusieurs semaines, les rumeurs allaient bon train quant aux noms des candidats pressentis, tous prestigieux, actifs à l’étranger comme au Québec.Bernard Labadie est également directeur artistique et musical de l'Opéra de Québec.Lors du dévoilement de la prochaine saison de l’Opéra de Montréal, le 19 mars dernier, la directrice générale de l’organisme, Kim Gaynor, avait pourtant laissé entendre que le processus de nomination n’allait être complété que d'ici un mois.¦ Nos informations en page B 7 INDEX Annonces.A 4 Avis publics.B6 Bourse.B 4 Cinéma.B 8 Culture.B 7 Économie.B 5 Éditorial.A 6 9 MARS 2 O O 2 A 5 ?LE DEVOIR ?LE MONDE Arafat appelle au cessez-le-feu Israël, qui a opposé une fin de non-recevoir au plan de paix saoudien entériné par le sommet arabe, jugera le leader palestinien «sur ses actes» Le gouvernement israélien a entamé hier soir une réunion pour décider d une riposte à l'attentat suicide palestinien qui, la veille, a coûté la vie a 20 personnes à Netanva.Le premier ministre Ariel Sharon a accusé avant la réunion le président palestinien Yasser .Arafat d’être responsable de la ALI HASHISHO REUTERS Dans un camp de réfugiés palestiniens du sud du liban.poursuite des violences.REUTRS ET AEP Ramallah — Affirmant vouloir des actes et non des paroles, Israël s’est montré peu convaincu par les propos tenus hier par le président palestinien Yasser Arafat, qui s’est dit prêt à mettre immédiatement en place un cessez-le-feu.«Il sera jugé sur ses actes, pas sur ses paroles.C’est le dixième cessez-le-feu qu’il déclare et qu’il violera probablement.Il n’a pas pris une seule mesure pour mettre fin à l’activité terroriste», a déclaré Raanan Gissin, porte-parole du premier ministre israélien, Ariel Sharon.Un haut responsable de la sécurité palestinienne a rétorqué que le président palestinien ne pouvait pas prendre dans l’immédiat de dispositions contre les activistes en raison du bouclage israélien des villes palestiniennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza et des attaques contre les bâtiments de la police palestinienne.«Nous voulons regarder de plus près ce qu Arafat a dit», a déclaré pour sa part un responsable américain s'exprimant sous le sceau de l’anonymat II a ajouté que Wa- * shington souhaitait avoir un éclai- |r rage de son émissaire Anthony Zinni avant de réagir officiellement au discours d'Arafat.«J’affirme notre disposition à mettre en place un cessez-lefeu immédiat, comme nous en avons informé le général Zinni», a déclaré Arafat lors d’une conférence de presse donnée depuis Ramallah, où il est cantonné depuis début décembre.«Nous l’avons informé que nous étions prêts à mettre en place immédiatement et sans condition le plan Tenet tel qu’il a été écrit, ainsi que le rapport Mitchell», a-t-il ajouté.Il faisait référence aux propositions du directeur de la CIA George Tenet faites en juin dernier et au rapport établi par l'ancien sénateur américain George Mitchell sur la manière de ranimer le processus de paix.Arafat a également condamné l’attentat suicide commis par un Palestinien, qui a fait une vingtaine de morts mercredi soir dans un hôtel de Netanya, dans le nord d’Israël.Les Palestiniens s’attendent à une riposte de l’Etat hébreu à la suite de cette attaque revendiquée par le Hamas.Hier soir, des membres des forces de sécurité palestiniennes ont signalé des mouvements de chars israéliens sur une route conduisant à une base de l'armée israélienne de la banlieue nord de la ville cisjordanienne de Ramallah.Arafat a déclaré que l’État hé- breu préparait «une agression à grande echelle» pour ébranler fini- j tiative de paix saoudienne, qu'il a lui-même saluee, et l'Autorité palestinienne.Dans la soirée, un Palestinien armé a pénétre dans une colonie juive du nord de la Cisjordanie, tuant quatre colons avant de se rr trancher dans une maison, où il était encerclé par l’armée et des colons en armes.l.e premier ministre israélien devait réunir hier soir son cabinet pour envisager une réponse à la hauteur de l’attentat suicide de Netanya.Hier, le sommet arabe de Beyrouth a adopté à l’initiative de l’Arabie Saoudite un plan de paix pour le Proche-Orient, immédiatement jugé «inacceptable» par Israël et approuvé par l’Autorité palestinienne.Le plan propose à Israël une paix globale en échange de son retrait total des territoires arabes occupés en 1967, y compris le Golan syrien et les portions du liban sud encore sous occupation, ainsi qu’une solution au problème des réfugiés palestiniens.Israël estime que ce plan conduirait à la destruction de l’État juif, tandis que M.Arafat a salué l’initiative «courageuse» de Riyad.Ben Laden s’amuse-t-il à envoyer des courriels ?Le quotidien panarabe al-Quds al-Arabi le croit EZZEDINE SAÏD AGENCE FRANCE-PRESSE Dubai' — Un journal arabe a relancé hier les conjectures sur le sort d’Oussama ben Laden en publiant un message électronique qu’il juge authentique du terroriste présumé dénonçant violemment l’initiative de paix saoudienne au Proche-Orient Dans ce message, paru dans le quotidien panarabe al-Quds al-Arabi, basé à Londres, Oussama ben Laden qualifie de «trahison» l’offre du prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz proposant des relations normales entre les pays arabes et Israël en échange d'un retrait total de ce pays des territoires arabes occupés depuis 1967.«Le langage et la formulation du message sont ceux de ben Laden, ce qui porte à croire que ce message est authentique», a déclaré à l’AFP le rédacteur en chef du journal, Abdel Bari Atwan.«Cela dit, je ne peux pas en être sûr à 100 % car, après tout, cet homme n’a pas un bureau où je peux le joindre pour m’en assurer», a ajouté M.Atwan, qui a rencontré Oussama ben Laden en 1996 en Afghanistan.Selon lui, le commanditaire présumé des attentats du 11 septembre a fait circuler sur Internet plusieurs messages ces trois derniers mois.«Il a voulu que la publication de ce message coïncide avec le sommet arabe de Beyrouth et, pour cette raison, il l'a envoyé à un journal qui peut le publier», a ajouté M.Atwan.Les deux autres principaux journaux panarabes, al-Hayat et Asharq al-Awsat, sont à capitaux saoudiens et, de ce fait, s’abstiennent de publier la moindre critique contre les dirigeants d’Arabie.«J'estime que ben Laden est toujours vivant et se cache quelque part.Aucune indication qui prouve le contraire ne m’est parvenue», a ajouté M.Atwan.Dans «son» message, Oussama ben Inden a affirmé que «l’initiative du prince Abdallah, un plan américano-sioniste sous habillage saoudien, constitue un complot et Tune des multiples trahisons de nos causes, qui ont marqué l’histoire des dirigeants de la région».Ben Laden, déchu de sa nationalité saoudienne en 1994, reste introuvable malgré la débauche de mqyens déployés par les États-Unis pour le débusquer.Le président George W.Bush a affirmé récemment qu’il ne savait pas s’il était vivant ou mort Ben Laden estime qu’avec son initiative de paix, le prince Abdallah «suit la voie tracée par son père [le roi Abdel Aziz], qui avait fait avorter la révolte [arabe en Palestine] m 1936 par la promesse mensongère qu’il avait présentée avec le gouvernement britannique».«Ainsi, les Palestiniens avaient été trompés et cessé leur soulèvement mais l’occupation britannique s'était poursuivie jusqu'en 1948, quand la Palestine a été livrée aux Juifs», aurait ajouté ben Laden dans son message, intitulé «Communiqué du cheikh Oussama ben Ijaden à propos de l'initiative du prince Abdallah».Se référant à la première guerre israélo-arabe de 1948, ben Laden affirmerait que le prince Abdallah suivait l’exemple «des dirigeants [arabes) traîtres comme lui qui ont envoyé leurs armées [combattre Israël] sous le commandement de l’homme du gouvernement britannique Glubb Pacha [.] et ont fini par signer une armistice en 1949».Le général britannique Glubb Pacha commanda de 1939 à 1956 la Légion arabe, qui prit part à la pre- mière guerre israélo-arabe, au lendemain de la création de l’État d’Is raël.Les Palestiniens ont été les premières victimes de cette guerre.Les accords d’armistice signés par Israël et ses différents adversaires en 1949 enlérineqt l’agrandissement d’un tiers de l’Etat juif tel que le plan de partage en avait défini les frontières.Mais «la plus grande trahison» des dirigeants arabes demeure, selon ben laden, «l’anéantissement de la première intifada avec les accords d’Oslo», sur l’autonomie palestinienne, signés en 1993.L’initiative du prince Abdallah est au cœur du sommet arabe qui s’achève aujourd’hui à Beyrouth.Dans son message, ben Laden évoquerait également Içs attentats du 11 septembre aux États-Unis, dont il est le principal suspect «Ces grands événements» ont, selon lui, réfuté le fatalisme arabe qui consiste à dire «mais que pouvons nines faire?» face à la puissance américaine.L’ennemi numéro un Peine de mort requise contre Moussaoui Paris «regrette» la décision de la justice américaine Le tueur de Nanterre se défenestre en détention AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Richard Dura, auteur de la tuerie de Nanterre qui a fait huit morts dans la nuit de mardi à mercredi, s’est suicidé hier en se jetant par une fenêtre de la Brigade criminelle à Paris où il était interrogé.Une enquête conjointe a été ouverte par les ministères français de la Justice et de l’Intérieur.Le tueur, 33 ans, s’est jeté par une petite fenêtre placée dans le toit d’un petit bureau mansardé au quatrième étage du 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire, où il était interrogé depuis une vingtaine de minutes par un lieutenant et un brigadier.Ce bureau comprenait une seule fenêtre de taille normale, qui était fermée, selon la police.«Au moment où Richard Durn était invité à se lever pour venir consulter un document à la table de l’enquêteur, il a soudain bondi en direction du Vélux.qu ’il a ouvert, et s’est précipité vers le toit, a affirmé la préfecture de police.Les deux fonctionnaires ont tenté de le retenir par les jambes mais la détermination du forcené [.] a rendu vaine cette tentative.» Pour le ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant il y a eu un «dysfonctionnement grave».L'annonce de ce suicide, 24 heures à peine après le carnage à la fin de la séance du conseil municipal dans la mairie de Nanterre, a provoqué l’indignation de la maire (communiste), elle-même rescapée.«Les élus ont risqué leur vie pour l’arrêter, la police et la justice ne sont pas capables de le surveiller», s’est indignée Jacqueline Fraysse.AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — La France, opposée à la peine de mort «regrette» la décision américaine de requérir celle-ci contre le Français Zacarias Moussaoui, accusé de participation «active» aux attentats du 11 septembre, et limitera dans cette affaire sa coopération avec Washington, ont indiqué hier des ministres français.La France, qui a aboli la peine capitale en 1981, fera en sorte que les éventuelles pièces quelle pourrait être amenée à communiquer aux États-Unis dans le cadre de cette affaire «ne puissent pas être utilisées comme fondement d’une réquisition de peine de mort, d’un verdict ou d’une sentence en ce sens», a notamment indiqué le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, conformément, a-t-il souligné, à un AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Des chercheurs américains viennent pour la première fois de mettre en évidence les effets à long terme de la violence télévisée chez les adolescents sur leurs comportements d'agressivité à l’âge adulte.Selon une équipe de psychologues dirigée par le D'Jeffrey Johnson, de l'université Columbia et, de l’Institut psychiatrique de l'État de New York, les adolescents et les jeunes adultes qui passent plus d’une heure par jour devant la télévision sont plus susceptibles de faire preuve ultérieurement d’agressivité.Ces travaux, publiés dans la revue américaine Science à paraître aujourd'hui, sont les premiers du traité d’entraide judiciaire signé entre les deux pays.«Tout document qui sera transmis, en particulier dans le cas de Moussaoui, ne le sera que si le document n'est pas versé à un dossier qui conduise à une sentence de peine de mort», a affirmé pour sa part la ministre de la Justice, Marylise Lebranchu.Le département américain de la Justice a annoncé hier son intention de requérir cette peine lors du procès de l’accusé, âgé de 33 ans, qui doit s’ouvrir à la mi-octobre en Virginie.«Cette décision que nous regrettons intervient au moment où des consultations avaient lieu conformément au traité franco-américain d’entraide pénale de 1998 pour déterminer les conditions dans lesquelles cette entraide, qui n'est pas remise en cause, serait mise en genre à se pencher sur les effets à long terme de la télévision sur les comportements adultes.Ces recherches ont été réalisées auprès de plus de 700 jeunes suivis sur une période de 18 ans allant de l'adolescence à l’âge adulte.La méthodologie a consisté à les classer en trois groupes: moins d'une heure de télé quotidienne, entre une et trois heures, plus de trois heures.L’agressivité a été évaluée lors d’entretiens (quatre en 18 ans avec les jeunes et leur mère) ainsi que par l'analyse des fiches d'arrestation de la police et des casiers judiciaires.Les actes violents ont été regroupés par âge de survenance (autour de 16,22 ou 30 ans).De trois à cinq actes violents par heure surviennent en moyenne à la télévision aux heures de grande œuvre», a également indiqué M.Védrine.La convention de coopération franco-américaine signée le 10 décembre 1998 autorise la France à limiter sa coopération dans des cas où les autorités américaines requièrent une peine de mort Zacarias Moussaoui, né dans une famille musulmane d’origine marocaine en Françe, avait été arrêté le 16 août aux États-Unis pour séjour irrégulier.Il se trouvait en prison le jour des attaques perpétrées par 19 pirates de l’air, qui ont fait plus de 3000 morts.Il est notamment açcusé d’avoir appris à piloter aux États-Unis et d’avoir suivi un entraînement en Afghanistan, dans un camp d’al-Qaïda, le réseau d’Oussamq ben Laden, soupçonné par les États-Unis d’être le commanditaire des attentats.écoute (prime time) et entre 20 à 25 par heure dans les programmes destinés aux enfants.Les chercheurs ont donc postulé que la durée passée devant la télévision était fortement corrélée avec la quantité de violence médiatisée absorbée par les jeunes.Ils ont trouvé que seulement 5,7 % des adolescents qui passaient moins d’une heure chaque jour devant la télévision commettaient des actes violents à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte, contre 22,5 % de ceux qui regardent la télévision entre une et trois heures et 28,8 % qui la regardent plus de trois heures.«Ces résultats suggèrent, au moins durant la jeune adolescence, que les parents responsables doivent éviter d'autoriser leurs enfants à re- Plusieurs associations d’avocats et de défense des droits de l’homme ont accusé les autorités françaises d’avoir pris le risque de voir Moussaoui exécuté en acceptant de collaborer avec les États-Unis sans obtenir de garanties préalables contre l’application de la peine de mort L’avocat français de Moussaoui, François Roux, a quant à lui «regretté» la décision américaine tout en assurant qu’il «continuerait à se battre» contre la peine capitale, «bannie par la communauté internationale».«Je rappelle que, quelle que soit la gravité de la tragédie du 11 septembre», Zacarias Moussaoui, qui est accusé de participation «active» dans les attentats, «était en prison ce jour-là et qu’il a droit à la présomption d’innocence», a déclaré M’ Roux à Montpellier.garder la télévision plus d’une heure par jour.C'est le seuil à partir duquel le risque augmente», affirme le Dr Jeffrey Johnson.Les psychologues Craig Anderson et Brad Bushman, du département de psychologie de l’université de l’Etat de ITowa, soulignent la portée de cette étude pionnière, la «première à lier l’exposition à la télévision durant l’adolescence et le début de l'âge adulte à l’agression ultérieure, et qui contredit l’hypothèse commune selon laquelle la violence dans les médias n’affecte que les enfants».«En dépit du consensus parmi les experts, ajoutent-ils, la population ne semble pas recevoir le message de la presse selon lequel la violence dans les médias contribue à une société plus violente».Trop de télévision rend les enfants violents Bagdad fait le beau, y compris avec le Koweït F A RO U K CHOU K RI A G E N C E K R A N C E - P R E S S E Bagdad — L’Irak a marqué hier un point contre Washington en obtenant à Beyrouth le soutien des pays arabes contre une éventuelle frappe américaine en échange d’un engagement à respecter l’indépendance du Koweït, qu'il avait envahi il y a 12 ans.Dans son communiqué final, le sommet arabe de Beyrouth a «refusé la menace d’agression contre certains pays arabes, notamment Tlrak, et affirmé le refus catégorique d’une frappe contre ce pays».C’est la pr tat, Richard Boucher, affirmant que «l'Irak a pour habitude déplorable de bafouer ses obligations internationales».Ijes États-Unis, qui soupçonnent l’Irak de développer des annes de destruction massive, ont menacé à maintes reprises de frapper ce pays s’il refuse le retour des inspecteurs de l’ONU en désarmement Un texte de compromis, basé sur les documents présentés par l’Irak et le Koweït, a été inclus dans les résolutions finales du sommet de Beyrouth.I,e document stipule que «l'Irak respecte l’indépendance, la souveraineté et la sécurité du Koweït, ce qui garantira d’éviter Unit ce qui peut mener à une répétition des événements de 1990», a déclaré le chef de la diplomatie irakienne, Naji Sabrj.Le Koweït s'est félicité de l’accord.A son retour au Koweït, le chef de la diplomatie koweïtienne, cheikh Sabah al-Ahmed Al-Sabah, a affirmé que son pays «est satisfait à 100 %» du document conclu à Beyrouth.Au sujet des excuses que le Koweït exigeait de l’Irak avant toute réconciliation, le ministre koweïtien s’est borné à dire qu’il n’y avait pas plus imixirtant que «l’engagement à ne plus répéter» l’invasion.Pendant la séance de clôture du sommet, hier, le numéro deux irakien Kzzat Ibrahim et cheikh Sabah se sont salués et ont échangé quelques mots, selon des témoins.Et, comme pour donner le nouveau ton des relations des riches monarchies du Golfe avec l’Irak, le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz et M.Ibrahim se sont embrassés sous les applaudissements des délégations.Devant les caméras de télévision, M.Ibrahim a aussi donné l'accolade au chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al-Fayçal.Peu aprè$ la fin du sommet, le secrétaire d’Etat adjoint américain John Wolf a affirmé à Moscou que Russes et Américains s’étaient mis d’accord sur une liste de produits civils que l’Irak pourra importer dans le cadre de la révision des sanctions de l’ONU contre Bagdad.la révision de la liste des produits soumis à l’embargo de l’ONU contre l’Irak devait être achevée avant la tenue d'une réunion, prévue fin mai, du Conseil de sécurité, qui doit se prononcer sur l’instauration d’un régime modifié de sanctions contre l’Irak à partir du 1 " juin.L’Irak n’a pas encore réagi à cet accord mais Bagdad avait toujours rejeté une modification des régimes de sanctions, demandant purement et simplement la levée sans conditions de l’embargo multiforme qui le frappe depuis 1990.EN BREF Fatigue papale Cité du Vatican (AFP) — Pour la première fois depuis 23 ans, Jean-Paul Il n’a pas célébré personnellement le rite du lavement des pieds, qui évoque chaque jeudi saint le geste du Christ à l’égard des apôtres, se contentant de présider la cérémonie comme le matin même pour la messe évoquant l’institution du sacerdoce.Ije souverain pontife, qui aura 82 ans le 18 mai prochain et souffre de la maladie de Parkinson, a été rerqplacé par le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano et par le cardinal français Roger Etchegaray. EDITORIAL Le sommet hypocrite Quel fouillis désespérant que ce sommet des pays arabes à Beyrouth ! Certes, la proposition de paix émanant des Saoudiens a été entérinée par les membres de la Ligue arabe, mais au prix de tellement de contorsions et de chausse-trapes posées ici et là par les Syriens, sans oublier l’attentat suicide, que le mince espoir né il y a quelques semaines a été réduit à l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette.DI était plein de promesses, le plan de paix présenté par le prince saoudien Abdallah, il y a plus d’un mois de cela.Articulé en fonction du principe «la terre contre la paix», on proposait aux Israéliens une «normalisation complète» des relations avec les nations arabes, ainsi qu“ des garanties quant à leur sécurité, a la condition que Tel-Aviv ordonne un retrait des territoires occupés et que la capitale de l’État palestinien soit bel et bien Jérusalem-Est.Pierre d’achoppement lors des pourparlers tenus à Camp David, le retour des réfugiés palestiniens n’était pas abordé.Tel était donc l’essentiel du plan signé par le régent de l’Arabie Saoudite.Dans les jours et les semaines qui ont suivi, cette initiative a été saluée par l’Autorité palestinienne en la personne de Yasser Arafat, par le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, et certains autres de ses confrères.Pour sa part, Ariel Sharon a affiché un scepticisme certain avant d’indiquer qu’il demandait à voir.Étonnamment, les États-Unis ont décidé de donner une impulsion à la proposition saoudienne, faisant voter par le Conseil de sécurité élargi de l'ONU une résolution renforçant de facto l’existence de l’État palestinien.Afin de ne pas être en reste, l’Union européenne s’est impliquée avec enthousiasme dans toutes les tractations par l’intermédiaire de Javier Solana.Simultanément à toutes ces initiatives diplomatiques, la grande majorité des 22 pays qui forment la Ligue arabe ont apporté leur caution au plan Abdallah jusqu’à ce que la Syrie amorce son travail de sape.Au sommet des ministres des Affaires étrangères, réunis au Caire, les Syriens ont effectué des soustractions dans le plan Abdallah, soustractions que plusieurs ont adoptées.Plutôt qu’une normalisation complète, on a avancé le principe de paix globale, histoire de ramener les relations entre pays à des échanges strictement diplomatiques.On a décidé que Jérusalem, et non Jérusalem-Est, devrait être la capitale des Palestiniens.Puis, on a ramené sur le tapis le retour des réfugiés.Dans les jours qui ont suivi cette édulcoration du plan Abdallah, le ballet diplomatique a repris de son intensité afin de convaincre les parties de rester calmes, si l’on ose dire, tant et aussi longtemps que le sommet de Beyrouth ne serait pas terminé.Rien n’y fit.Le Djihad palestinien et le Hamas, deux groupes qui ont ceci qui les oppose à Arafat qu'ils sont formés d'intégristes religieux, ont commis autant d’attentats avant que la brigade al-Aqsa, quant à elle rattachée au Fatah d’Arafat, en signe un troisième.Si Sharon s’est cette fois-ci abstenu de réagir, il n’a pu s’empêcher d’interdire bêtement à Arafat d'aller à Beyrouth malgré l’avis contraire de la Maison-Blanche.Et voilà qu’à la veille de la première journée des travaux, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi jordanien Abdallah, soit les chefs des seuls États ayant signé des traités de paix avec Israël, annoncent qu’ils ne se rendront pas à Beyrouth.Dans le cas de Moubarak, il est fort probable que son désistement soit attribuable au dégoût qu'il affiche pour les ambitions régionales d’un pays, l’Arabie Saoudite, qui soutient depuis toujours une association, les Frères musulmans, qui ne vise rien de moins que l’implosion d'un régime laïque instauré par Nasser.Ce faisant, l’Égypte a laissé à la Syrie toute la latitude souhaitée pour imposer ses diktats.Héritier du trône comme des ambitions territoriales de son père, le rêve de la Grande Syrie, Assad a profité du fait que ce sommet se tenait dans ce qui est devenu sa colonie, soit le liban, pour torpiller le tout.Le chef d’État syrien a manipulé selon son bon vouloir le président libanais de manière à contrarier les représentants d’Arafat qui, il ne faut pas l’oublier, est le frère ennemi du Hamas et du Djihad palestinien.Deux organisations que Damas instrumentalise à des fins qui, au fond, ont peu à voir avec la cause palestinienne.En ayant abandonné le plan initial du prince Abdallah pour mieux adhérer aux visées guerrières du jeune Assad, qui est allé jusqu’à suggérer à l’Égypte et à la Jordanie de rompre avec Israël, la ligue arabe a encore une fois fait la preuve quelle se moque de la cause palestinienne.Navrant! Serge Truffaut ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE PffolrÉf.TfcpiS K s/oS ami* UVC avamtvou*/ ouàCHt ! LTAl» SiCN SAIT/ wPà» '' *3 PiLAÎf ft fAfPAi&C fRiSON.Abolissons le droit de vote ! D'ici juin 2003, le Québec vivra des élections générales.Cela m’amène à m’interroger plus profondément sur la politique et ce que la société en fait Je constate, à mon grand désarroi, que la plupart des Québécois ne connaissent absolument rien à la politique et ne désirent pas en savoir plus.Nous bénéficions de multiples moyens de transmission de l’information mais la société d'aujourd’hui fonctionne sur le mode du je-m’en-foutisme et préfère d'emblée rester ignorante.Les citoyens s’indignent par la suite contre le système en affirmant que «les politiciens sont des menteurs», que «le gouvernement nous vole» ou bien que «nous payons trop de taxes».Mais ils ne prennent même pas connaissance des enjeux politiques et ils sont les premiers à se plaindre.Quelle tristesse! Ce que je propose, c’est qu'aux prochaines élections, tous les électeurs devront répondre à un petit questionnaire très général et très élémentaire portant sur l’actualité politique.Si une personne échoue le test, elle se verra refuser son droit de vote.Aussi simple que ça De cette façon, nous saurons que les décisions qui seront prises par le peuple seront bel et bien réfléchies et analysées.Dans une démocratie comme la nôtre, les gens se doivent de s’informer et de participer aux décisions.A quoi ça sert d’accorder le droit de vote aux gens qui n'en ont rien à foutre?Tant qu’à choisir un gouvernement, aussi bien tirer à pile ou face! Catherine Gaudreau Cap-Saint-Ignace, 20 mars 2002 LETTRES -4- L’union civile non rejetée À propos d’un texte paru dans Le Devoir du samedi 23 mars 2002 sous le titre «Mariage ou union civile?», nous aimerions apporter une précision très importante.Malgré le contenu de cet article, nous n’avons pas rejeté l’union civile.Au contraire, le 22 mars 2002, sous serment, nous avons informé la juge Louise Lemelin, de la Cour supérieure du Québec, que nous avons l’intention de nous unir civilement si jamais cet avant-projet de loi est adopté.Nous avons expliqué à la juge que nous continuons aussi de lutter pour l’accès au mariage civil car, pour nous, le mariage civil signifie la reconnaissance sociale complète de notre relation et donc la citoyenneté entière pour nous, les couples de même sexe du Canada.Michael Hendricks René Lebœuf Mars 2002 Reproches aux évêques et aux prêtres Qu'y a-t-il de nouveau sous le soleil?La chronique de Jean-Claude Leclerc le dit bien: ce qui est reproché aux prêtres et aux évêques n’a rien de nouveau.La question préalable à poser est la suivante: pourquoi sort-on ces histoires dans Ip public à ce moment précis de l’histoire des États-Unis?Le «qui n 'est pas avec nous est contre nous» de M.Bush, lors de sa déclaration de guerre contre le «terrorisme», peut-il avoir quelque vague rapport avec cette décision de Netvsweek, des avocats de la Couronne et autres de s’acharner à déterrer les cas d'agression sexuelle des deux ou trois dernières décennies?Je n'essaie pas de justifier le clergé: ceux qui enfreignent les lois doivent répondre de leurs actes devant la loi, prêtres ou pas.Et ceux qui essaient de couvrir de tels actes doivent répondre à des chefs d’accusation de complicité.C’est, normal.L’Église catholique s’est rendue coupable de graves méfaits idéologiques contre la justification morale de la guerre actuelle.Après que Billy Graham, en pleine télévision, le 14 septembre, eut justifié la guerre, «au nom de Dieu», le pape s’est empressé de convoquer une rencontre des leaders religieux à Assise, où tous se sont mis d’accord pour refuser de justifier la violence ou le terrorisme par l’qtilisation de la religion.De plus, aux États-Unis mêmes, les évêques et les activistes catholiques sapent le moral des troupes en semant le doute sur la pureté des motifs et des moyens employés pour éradiquer le terrorisme.Pour ma parti je continuerai de soupçonner les forces qui ont intérêt à ce que les États-Unis pestent en guerre d’essayer de discréditer l'Église catholique par tous les moyens à leur disposition.C’est de bonne guerre, comme on dit.Mais Le Devoir n’est pas obligé de collaborer.Louise Royer Mars 2002 Une erreur de lecture sur une date Une lectrice réagissait récemment à un texte d’Hervé Fischer sur les ordinateurs et l’humain.Malheureusement, elle a commis une erreur de lecture: elle a en effet mal lu la date dont Kurzweil parlait: 2099, et non pas 2009! Ceci prouve à quel point l’ordinateur de la cervelle humaine est faillible et imparfait et démontre par la même occasion la plausibilité de la thèse de Kurzweil.Henri Gabrysz Mars 2002 LIBRE OPINION -?- Plus de 1360 arrestations à caractère politique depuis 1999 au Québec FRANCIS DU P U IS-DÉRI Enseignant de science politique à l'Université de Sherbrooke et au cégep Sainte-Marcelline Le 15 mars, la police de Montréal arrêtait 371 citoyens qui participaient à la manifestation organisée par le comité Citoyens opposés à la brutalité policière (COBP).Les manifestants voulaient dénoncer le harcèlement et la brutalité dont sont victimes les jeunes de la rue, de sinistres histoires d'abus de pouvoir, et commémorer la mémoire des trop nombreux Montréalais innocents tués par des policiers.Du côté de la police, le commandant André Duro-cher a décidé d’éviter toute allusion publique au message politique des citoyens rassemblés, expliquant à un quotidien montréalais qu’il s’agissait principalement de «jeunes marginaux» qui «n'ont qu'un but.c'est de faire de la casse».On comprendra que les policiers n'avaient pas ces citoyens en très haute estime.Mais qu’en est-il de cette fameuse «casse»?Une demi-douzaine de carreaux brisés et une camionnette de la police barbouillée de graffitis, le tout en début de manifestation.Plutôt inefficaces, donc, ces citoyens ayant la «casse» pour unique but.Bien sûr, les policiers exhiberont par la suite quelques billes d'acier retrouvées dans les sacs de manifestants.Mais cet arsenal rudimentaire et les dégâts causés ne peuvent à eux seuls expliquer une arrestation d'une telle ampleur, la plus importante à Montréal depuis 15 ans.Le lendemain, la police arrêtait 16 étudiants qui occupaient des locaux du cégep du Vieux-Montréal pour protester contre l'affichage publicitaire dans leur établissement d’ensei- gnement.Toutes ces arrestations portent à plus de 1360 le nombre de citoyens arrêtés lors de manifestations politiques au Québec depuis 1999.Détaillons ce total si élevé: 66 étudiants arrêtés devant l'UQAM alors qu'ils dénonçaient une entente entre leur université et Coca-Cola (Montréal, automne 1999); sept membres du collectif féministe Les Sorcières arrêtées après l'occupation d’une église (Montréal, 7 mars 1999); 112 arrestations lors d'une manifestation de COBP (Montréal.15 mars 2000); 157 arrestations lors d’une marche à Westmount célébrant la fête des Travailleurs (1" mai 2000); 46 arrestations lors de manifestations contre le G-20 (Montréal, 24 et 25 octobre 2000); 463 arrestations lors des manifestations contre la libéralisation des échanges commerciaux et financiers panaméricains (Québec, avril 2001); 43 arrestations liées aux squats et aux manifestations de solidarité aux squatteurs (Montreal, été 2001); 82 arrestations lors d'une manifestation propalestinienne (Montréal, 29 septembre 2001).Cette liste n'est pas exhaustive, faute d'espace, mais ce total partiel de plus de 1360 arrêtés représente plus d'une arrestation à caractère politique par jour depuis l’automne 1999.Il ne semble donc pas exagéré de parler d’une véritable opération d'intimidation politique.Certains objecteront que les manifestants qui transgressent la loi n'auraient qu’à accepter la conséquence de leurs actes.Soit, mais alors, comment justifier que la police arrête 371 citoyens pour six carreaux brisés, à moins de croire que les citoyens s’y soient mis à 60 à la fois pour lancer chaque caillou?Et si la police prétend avoir arrêté tous ces citoyens à titre préventif, le droit de mani- fester et la présomption d'innocence seraient alors foulés du pied botté.De toute façon, les policiers eux-mêmes ne cherchent pas à distinguer les manifestants respectueux des lois des contrevenants.Voilà quelques années que j'étudie la contestation politique et c’est ainsi que j’assiste régulièrement à des manifestations.En tant qu’observateur, je me tiens souvent en retrait, et c’est précisément ce qui m’a permis de ne pas être arrêté le soir du 15 mars lorsque les policiers, jusque-là bien cachés, ont rapidement manœuvré et encerclé presque tous les manifestants.Je pieux donc témoigner que les quelque 400 citoyens rassemblés écoutaient calmement des discours.Devant ces citoyens calmes et immobiles, les autorités policières auraient pu déployer lentement leurs unités pour encourager les manifestants à se disperser.Au contraire, les policiers ont décidé d’agir par surprise et sans discernement et d’arrêter un maximum de citoyens.Ils n'ont à aucun moment cherché à distinguer les «casseurs» des pacifistes.Il est scandaleux que des policiers arrêtent presque 400 citoyens parce qu'une poignée d’individus ont cassé quelques vitres une demi-heure plus tôt et duc coins de rue plus loin.De plus, que des journalistes et des photographes de presse soient régulièrement au nombre des arrêtés (exemples: à Westmount le 1" mai 2000 et à Québec en avril 2001) indique également que les policiers n’ont pas le souci de distinguer le journaliste du manifestant ni, selon la même logique, le manifestant «casseur» du «pacifiste».Les journalistes s'en tirent bien sûr grâce à leur carte de presse, mais les autres se retrouvent pris dans l'engrenage de la justice, chanceux si, au passage, ils n’ont pas été bousculés et brutalisés par les policiers si pressés d’arrêter en vrac leurs concitoyens.La clef de l’explication semble être politique.Ces citoyens que la police s’acharne à intimider sont généralement associés à l'extrême gauche et au mouvement d’opposition à la mondialisation du libéralisme économique.Certains individus au sein de cette mouvance posent des actes que le Conseil de l’union européenne vient explicitement d’assimiler au «terrorisme» (n° doc.5712/1/02-Enfopol 18).C’est dire qu'ils n’ont pas la cote.Les policiers savent que les organisations politiques plus traditionnelles, comme les partis politiques et les syndicats, se désintéressent du sort de ces citoyens — pardon: ces «jeunes marginaux» — à qui on fait d’ailleurs porter le blâme dès qu’une manifestation tourne mal, même si la violence des manifestants est sans proportion avec celle des policiers (371 arrestations pour quelques carreaux brisés).Le sommet de l'absurde fu( atteint lorsqu'à Gênes, à l’été 2001, les chefs d’Etat du G8 accusèrent les manifestants de violence excessive le lendemain même où un policier avait tiré à bout portant et tué un citoyen.Les policiers ont compris qu'ils ont le champ libre pour casser les manifestations sans craindre d’être critiqués, si ce n’est par quelques médias «marginaux».1360 citoyens arrêtés en moins de trois ans pour leurs activités politiques.N’y aurait-il pas là matière à scandale?Sur la scène du théâtre de l’absurde, les policiers arrêtent 371 citoyens protestant contre la brutalité policière et les spectateurs applaudissent.Par ce texte, j'entends signifier ma révolte.Je m'en veux d'avoir si longtemps tardé à l’écrire. LE DEVOIR, LE VENDREDI '* O MARS 2 0 0 2 A 7 IDEES Changement de dirigeants en Chine Conflit à Radio-Canada l nnu i c,iw Ce n’est pas qu’un simple changement de noms ou de personnes qui aura lieu mais bel et bien un changement de cap pour ce pays de plus de 1,3 milliard d’habitants.La révolution silencieuse La succession de Jiang Zemin affectera durablement les orientations de la Chine du XXIe siècle ALEXANDRE MICHEL Enseignant à l’Université de Ningbo, en Chine lors que vient d’avoir lieu la session annuelle du Congrès national populaire, au cours de laquelle les 2987 délégués régio- naux se sont retrouvés en grande pompe à Pékin, d’importants changements se préparent à la tête de l’Etat chinois et devraient être rendus officiels lors du XVIe Congrès quinquennal du Parti communiste, à l’automne prochain.Ce n’est pas qu’un simple changement de noms ou de personnes qui aura lieu mais bel et bien un changement de cap pour ce pays de plus de 1,3 milliard d’habitants.Jiang Zemin, l’actuel président de la République, âgé de 75 ans, a déjà engagé le processus que Deng Xiaoping avait inspiré avant lui: il a encouragé l’accélération des réformes économiques, imprimé à sa politique extérieure un pragmatisme payant et occasionnellement lancé des indices doctrinaux clairs, révélant ainsi la révolution silencieuse qui est en train d’avoir lieu au sein de la nomenklatura pékinoise.Récemment, par exemple, il a sans détour remis en cause l’analyse marxiste du travail et prôné sa «relecture à la lumière de la situation actuelle», provoquant immédiatement une levée de boucliers chez ses opposants, politiciens ou universitaires.Sa succession, soigneusement préparée, constituera un événement considérable qui affectera durablement les orientations de la Chine du XXI' siècle.Un successeur Dès son accession officielle à la plus haute fonction exécutive du gouvernement chinois, il y a une dizaine d’années, Jiang s’était choisi un protégé et successeur potentiel en la personne de Hu Jintao.Celui-ci est désormais presque assuré de devenir président à son tour, et son ascension ne fait pas mystère.On l’a d’ailleurs vu récemment en Europe, où il a noué des contacts utiles avec les dirigeants, actuels ou futurs, des principaux pays de l’Union européenne.Hu, à lui seul, est un symbole.Né en 1942, il sera le premier dirigeant à n’avoir pas participé à la guerre civile et à la révolution de 1949, événements fondateurs de la légitimité du Parti, et le premier représentant de ceux que la presse officielle appelle la «quatrième génération de dirigeants».D’autre part, il a fait l’essentiel de son ascension au sein du Parti dans des régions reculées de la Chine extérieure, où une partie de la population est constituée de minorités ethniques: au Guizhou, au Gansu et surtout au Tibet, qu’il fut le premier civil à administrer, et ce, juste après les émeutes de 1988 et la sanglante répression qui s’ensuivit.Hydraulicien de formation, c'est donc un homme de terrain qui a l'expérience des situations délicates et qui possède un vaste réseau de contacts (les fameux guanxi, ou relations, sans lesquels on ne peut rien obtenir en Chine).On le décrit comme un homme austère, voire franchement aride: c’est un gestionnaire plutôt qu’un tribun.Et c’est ce «fonctionnaire idéal» qui dirigera le pays le plus peuplé du monde à un moment crucial de sa longue histoire, en s’entourant pour cela d'une équipe relativement nouvelle.En effet, avec Jiang, l’essentiel d’une génération se retirera de tous les échelons de l'appareil politique, et notamment le premier ministre, Zhu Rongji.A 73 ans, il quittera un poste qu’il a occupé pendant cinq ans pour laisser la place.très vraisemblablement, à Wen Jia-bao, l'un des quatre vice-premiers ministres, âgé de 59 ans.Selon un diplomate occidental en poste à Pékin, il est encore difficile de prévoir quelle sera la portée des changements politiques que cette succession provoquera, mais le changement de style, lui, sera certain.Wen possède une solide réputation de politicien consensuel, laissant volontiers la parole à ses interlocuteurs, et on s'attend à ce que sa gestion soit de type plus collégial que celle de Zhu, dont le caractère bien trempé et le charisme en avaient fait un dirigeant très populaire auprès des étrangers.Géologue de formation, Wen fit ses études à la prestigieuse université de Qinghua en même temps que.Hu Jintao; il fit par la suite une carrière d’apparatchik sans histoires.Sa spécialisation en politique agricole laisse à penser que le problème des campagnes chinoises va enfin obtenir sa place à l’ordre du jour du gouvernement au cours des années à venir.Un symbole Mais Wen est également un symbole: il figure, aux côtés de Zhao Ziyang, alors secrétaire du Parti, sur une photographie historique publiée en une du Quotidien du peuple le 20 mai 1989, au lendemain d’une journée d'importantes manifestations étudiantes sur la place Tiananmen.On y voit les deux dirigeants sympathiser avec une foule pleine d’espoir et de jeunesse.Peu après, Zhao fut purgé, mais Wen, au prix de contorsions politiques encore mal éclaircies, conserva son poste et poursui-vit son ascension, fi n’en reste pas moins associé aux contestations de ce triste printemps, et son accession prochaine à un poste aussi élevé que celui de premier ministre (le n° En effet, avec Jiang, l’essentiel d’une génération se retirera de tous les échelons de l’appareil politique 3 de l’appareil d’Etat, selon la hiérarchie officielle actuelle) en sera d’autant plus retentissante.Les chantiers qui attendent cette nouvelle génération sont immenses: gérer la reconversion des entreprises d’Etat, mal entamée par Zhu, limiter les inévitables dégâts sociaux provoqués par l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), assurer la stabilité des prix agricoles, combattre la corruption rampante, garantir l’afflux d'investissements étrangers, organiser la réforme du système éducatif.Mais au delà des enjeux à court ou moyen terme, cette succession historique suggère un bouleversement de plus grande ampleur encore: la fin d’une Chine où l’idéologie seule régnait sur la politique, où la politique était toujours enfouie dans le secret des alliances et des trahisons et où le peuple se désintéressait de ses sinueuses trajectoires.Avec la nouvelle génération de dirigeants, on peut envisager le développement du système judiciaire et donc, dans une certaine mesure, un plus haut degré de transparence; la multiplication d’engagements internationaux qui obligeront le pouvoir à garantir sa crédibilité; la modernisation des structures du Parti, qui permettront son rapprochement d’une base sociale très diversifiée et prête à se mobiliser; l’abandon progressif d’une propagande nationaliste archaïque en faveur d’une plus grande souplesse et, pourquoi pas, de l’ouverture d'espaces consacrés au débat public.Enfin, dans un pays où l’on juge aussi les dirigeants à la qualité de leur calligraphie, la nouvelle génération apportera peut-être la finesse, la grâce et la fermeté qui manquaient au pinceau des derniers maîtres de l’Empire fleuri.La société publique méprise le public ne institution publique, telle Radio-Canada, appartient au public.Elle n'appartient ni à ses gestionnaires ni à ses artisans.C'est le public qui est l'employeur des patrons et des employés de RadioCanada.Ce publie est terriblement laisse pour compte depuis que des gestionnaires de Radio-Canada se sont approprié les ondes publiques en interdisant à des employés du public de produire des émissions pour lesquelles il paie.Certes, les 1200 employés de production, membres du Syndicat des communications de Radio-Canada, avaient privé le public de ses émissions le vendredi 22 mars dernier, résultat du refus des gestionnaires de RadioCanada de discuter de la précarité de la moitié du personnel, de l’iniquité du traitement selon le sexe ou selon la province et des conditions indécentes proposées ceux que la maladie rend inaptes au travail.Signaler ces faits au public contribuable valait bien une journée d’arrêt de service.Des gestionnaires de Radio-Canada ont vu là une atteinte à leur droit privé sur une société publique et, ainsi, quelques personnes ont décidé de bloquer l'accès des bu-reaux et (It's studios de RadioCanada à Paris, Washington, Jérusalem, Rio de Janeiro, Mexico, Moncton, Matane.Rimouski.Quebec, Sept-Ill's, Bak'-Comeau, Chicoutimi, Ro berval, Sherbrooke, Trois-Rivières, Rouyn et Montréal.la télévision perd des centaines de milliers de dollars en revenus publicitaires, les cotes d’écoute de la radio chuteront radicalement et 1200 personnes se retrouvent sans salaire.Et des gestionnaires de Rie dio-Canada continuent de prétendre être au service du public! Ma rie- Era nee Huzza Jacques Boulanger Myra Créé Françoise Davoine Frank Desœr Camille Ihtbè Jean Dussault Cilles Cougeon Chantal Jolis Michel Lacombe Ginette Lamarche René Maillhot Pierre Maisonneuve Minou Petrowski René Pothier Claude Quenneville Jean Racine Opposition entre le 388 et le Centre Robert-Giffard Pourquoi faire disparaître ce qui a fait ses preuves depuis 20 ans ?L PIERRE PAUL PARENT Professeur à l’Université du Québec à Rimouski e 388, qui a été ainsi appelé parce qu’il est situé au numéro 388 de la rue Saint-Vallier Ouest, à Québec, est un centre de traitement psychanalytique des psychotiques qui œuvre dans la ville, dans, l’environnement de la population.A la différence du Centre Robert-Giffard, qui traite en s’appuyant sur une approche fondamentalement neurobiologique de la maladie mentale, l’approche psychanalytique privilégiée par le 388 s’adresse à la personne qui vit une expérience d’ordre psychotique en faisant appel à elle en tant que sujet qui peut assumer une positon éthique face à ce qu’elle vit et trouver des modalités singulières d’inscription sociale du lieu même de cette expérience.Ce sont là, on peut le constater, deux approches diaméfra-lement opposées de la psychose, ainsi que des modalités de traitement aux antipixles l’une de l’autre.Dans un monde social, culturel, voire politique, marqué par une idéologie d’efficacité, de rentabili-, té économique et d’économie des ressources, il est difficile de faire reconnaître ce qui ne vient pas s’inscrire dans les créneaux socialement approuvés.Et pourtant, dans le conflit entre le 388 et le Centre Robert-Giffard, il n’est même pas question d’obstacles de Tordre de la rentabilité économique puisque les économies que représentait la fermeture de ce centre seraient prétendument réinvesties dans le communautaire.Alors, pourquoi s’acharner à faire disparaître ce qui fait ses preuves depuis plus de 20 ans?Au delà de la biochimie Dans le contexte psychiatrique, le médecin est constamment livré à une impuissance face à des problématiques d’ordre psychique dont des dimensions essentielles lui échappent; il peut alors être facilement tenté de penser que la neuro-biologie viendra à son secours et apportera une solution à une telle absence de réponse.Mais au delà des moyens biochimiques pour réduire l’angoisse, par exemple, beaucoup ne voient en la bkxdiimie que la seule réponse à la maladie mentale, pour réduire les symptômes, évacuer toute manifestation «dérangeante», éliminer toute conduite inacceptable.Les modalités de traitement de la psychose, approuvées ou reconnues par une certaine intelligentsia psychiatrique, sont essentiellement dominées par l’idéologie neurobiologique selon laquelle, un jour ou l’autre, on parviendra à découvrir et à traiter les gènes déficients ou défectueux dans telle ou telle maladie, la schizophrénie en particulier.Ici, on fait f i de la trame historique de la personne, de même que ell's facteurs d’origine' familiale, sejciale et culturelle en cause dans toute expérience psychique.Ce qui e;st de Tordre de la re-cherche théeirique' de*vie'nt ainsi le lieu d’un e-njeu de |x>uve>ir.La neu-robieilogie contre la rex-emnaissan-ce de l’univers psychique, le neurone plutôt que la raison.Ce |xhi-voir semble être utilisé' afin d’«éli-miner» toute approche qui, elle, laisse place au sujet qui souffre, et plus particulièrement toute place a sa parole de sujet.Une telle vision assujetti! la personne au contrôle de l’autre, en fait un objet de soins, ne semble pas tenir compte de sa souffrance.Dans ce qui apparaît comme une lutte à finir intentée par le Centre Robert-Giffard contre le 388, c’est un monde qui tente d’imposer son hégémonie à un autre.Deux mondes s’affrontent à travers ce débat, un premier qui a pour visée ultime l’assujettissement des personnes, leur «robotisation», et un autre qui prend le parti des sujets comme Tunique instance créatrice d’une quelconque liberté humaine.Le Centre Robert-Giffard nous apparaît être le révélateur d’un contexte social ou il n’y a rien de plus suspect que les sujets puisqu’ils peuvent résister.À ce propos, la réflexion d’auteurs tels Alain Touraine, Edgar Morin et, plus près de nous, Gilbert Renaud nous revient à l’esprit: selon eux, face à un monde déshuma-nisant, il faut opter pour la résistance et la vigilance critique.Nous souhaitons de tout cœur que David aura raison de Goliath et saura faire reconnaître une donnée essentielle de l’être humain: sa singularité, sa possibilité d’une parole de sujet C’est ce à quoi s’applique auprès des jeunes personnes psychotiques le 388, fruit d’une élaboration clinique et théorique du Groupe interdisciplinaire freudien de recherche et d’intervention clinique et culturelle (GIFRIC).Bien au delà d’une problématique uniquement d’ordre économique, la tentative du Centre Robert-Giffard de fermer le 388 vient en fait mettre en cause une dimension fondamentale de l’humain.LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine GéraM i)allaire [adjoint au dirteteur de l'information).Valérie Dufour {générai).François Cardinal (actualité municipale).Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (iports), Paule des Rivières (éditorialiste).Jean Dion.I-nuif^illes Francœur (environnement).Benoit Monger (responsable du site Internet), Dominique Reny.Josée Boileau, Éric Desrosiers, Pauline Gravel (scientifique).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à Tinformiitkin culturelle Michel Belair (responsable), Stéphane BaiUargeon (théâtre), Paul ( auction (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard l\«r«wt wWerg cuisine française qui fait bonne impression ?CE MIDI : Entrée + brandade de morue à la tomate sechee gratinée + dessert • I \ $ ^ CE SOIR: Souper au son du Duo Jazz Gutenberg JOYEUSES PÂQUES A TOUTE NOTRE CLIENTELE! 359,av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) • ©Place des Arts •Tél.: 285-8686 .gutenberg@qc.aira.com
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.