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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-03-30, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 M A R S 2 0 0 2 LE DEVOIR Génatr Wes Joanette En 1998, les hommes pouvaient espérer vivre jusqu'à 75 ans et les femmes jusqu'à 81 ans.Pour ce qui est de leur espérance de vie en bonne santé, celle-ci se situait respectivement à 65 et 68 ans.Il y a là un décalage.Vit-on mieux notre vieillissement depuis 10 ou 15 ans?Page 4 Recherche Sylvie Belleville «Perdre la mémoire, c'est un peu perdre son identité», explique Sylvie Belleville.C'est que la mémoire dépend d'un ensemble de processus et de systèmes relativement indépendants, mais interactifs, dont la fonction commune est de contribuer à l'emmagasinage, au maintien et au rappel des souvenirs.Page 6 ‘-•ff'C SîSlisilf èmwm " , » , / » - JACQUES GRENIER LE DEVOIR M iLci-i I t m i Au XVTir siècle, dans l'AnKle terre industrielle, deux sociétés cohabitaient.L’une était constituée par la classe possédante et dirigeante, l’autre par celle des travailleurs, les conditions de vie étaient si différentes qu’il était possible de raconter qu’un fils de dirigeant d’entreprise fréquentait un ouvrier dans sa jeunesse pour être, aux termes de sa vie, le patron de l’arrière-petit-fils de celui-ci.Il fut des sociétés où un travailleur minier avait une espérance de vie de 28 ans, ce qui lui donnait toutefois le temps de mettre au monde une future main-d'œuvre constituée d’une dizaine d’enfants, quand il était fréquent de voir les bien-nantis connaître un séjour terrestre qui recouvrait huit décennies.Il existe une littérature qui raconte ses disparités démographiques.Plus près de nous, quand dans l’immédiat après-guerre, le monde syndical a combattu pour obtenir des compagnies qu’elles cotisent pour assurer une retraite payée à leurs travailleurs, les données du temps supposaient une vie active cessant à 65 ans et deux à trois années de non-travail: mourir alors à 70 ans était se rendre à un âge avancée.Depuis ce temps, l’espérance de vie augmente toujours et, fréquemment, l’information circule où il est question de ces années à venir, pas très lointaines (on parle ici de 2030), où, au Québec comme dans les pays économiquement favorisés, c’est plus du quart de la population qui sera constitué de retraités.la statistique oblige à repenser l’organisation économique des sociétés et à revoir les structures sociales: les débats sur l’avenir des systèmes de santé publics et privés, comme sur le financement des régies des rentes, en témoignent Vivre vieux, d’accord, mais à quel prix?Espérances «A ce propos, il y a deux données, soit celle de l’espérance de vie et celle de l'espérance de vie en bonne santé.Depuis une vingtaine d'années, on s’inquiète du fait que l’espérance de vie progresse légèrement plus rapidement que l'espé-rance de vie en bonne santé.À titre d’exemple, en 1998, les hommes pouvaient espérer vivre jusqu’à 75 ans et les femmes jusqu’à 81 ans.Pour ce qui est de leur espérance de vie en bonne santé, celle 1)’ Louise Demers en compagnie d’une patiente en processus de réadaptation.Dans notre système de santé, en plus des interventions visant à réduire les effets des maladies, des efforts considérables sont consentis pour la réadaptation des personnes âgées.GROUPE (A.G.I.) INC.Les dons servent à soutenir financièrement les services de : Ligne d’écoute et consultation / Support / Répit pour personnes aux soins des malades / Formation et ateliers / Recherche / Curatelle / Bibliothèque multi-média 5800 bout Cavendish, #311, Côte St.Luc, QC.H4W 2T5 Tel.: (514) 485-7233 Fax: (514) 485-7946 E-mail: alzheimergroupe.mc@videotron,ca www.alzheimergroupe.org « Certains aiment les cartes à jouer.d'autres préfèrent les cartes à puce ! » Des cartes à jouer aux cartes à puce, en passant par les activités physiques et de plein air, la FADOQ propose aux aînés une vie active et dynamique, à la mesure de leurs aspirations : Les Clubs Sympatico Bell : un programme de formation conçu par et pour les aînés sur les nouvelles technologies de l’intormation; Vùtctive : un programme pour améliorer et maintenir sa condition physique; Randonnées cyclistes, récitals de poésie, jeux des aînés et bien d’autres.POUR RENSEIGNEMENTS 1 800 828-3344 www.fadoq.ca ¦ADOQ Le Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal fête ses vingt ans.Voué à la recherche en santé et vieillissement, le Centre figure parmi les plus importants établissements canadiens du genre et réunit une centaine de chercheurs de l'Université de Montréal issus de nombreuses disciplines aménagement, audiologie, linguistique, kinésiologie, médecine, nutrition, optométrie, orthophonie, psychologie, réadaptation, sciences infirmières, etc.Grâce aux efforts concertés de ces passionnés de la recherche, l'Université de Montréal est mieux placée que quiconque pour faire face aux défis liés au vieillissement de la population.i A : - 'A'*- i t F 4 I.E DEVOIR.LE A M E D 3 0 ET DI M A X C H E 3 M A R S 2 0 0 2 GERIATRIE Entrevue avec le DrYves Joanette Vivre vieux et mieux L’espérance de vie en bonne santé est un concept qui est plus approprié que la simple espérance de vie JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le D' Yves Joanette et son équipe du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.RÉGINALD HARVEY Les êtres humains qui commencent à vieillir dès leur naissance et dont la longévité ne cesse de progresser sont naturellement et étroitement préoccupés par la qualité de l’existence au troisième âge de la vie.Depuis 20 ans, les chercheurs de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal poursuivent des travaux dans le but de faire en sorte que les personnes âgées se portent de mieux en mieux sur les plaps intellectuel et physique.A l’aube du 20 anniversaire du Centre de recherche de l’Institut et de son congrès annuel, les aspects sociaux du vieillissement et le caractère interdisciplinaire des équipes de travail émergent dans une perspective d’avenir de la recherche sur la santé des aînés.Le Dr Yves Joanette, directeur de la recherche du Centre, est bien conscient que des progrès immenses ont été réalisés par la science au cours du dernier siècle pour assurer à l’homme une plus longue durée de vie.Néanmoins, il relativise ce constat: «C’est une dimension du problème, mais ce ne sont que des chiffres en ce qui a trait à la longévité.A ce propos, il y a deux données, soit celle de l'espérance de vie et celle de l’espérance de vie en kmne santé.Depuis une vingtaine d'années, on s’inquiète du fait que l’espérance de vie progresse légèrement plus rapidement que l’espérance de vie en bm-ne santé.À titre d'exemple, en 1998, les hommes pouvaient espérer vivre fusqu’à 75 ans et les femmes jusqu’à 81 ans.Pour ce qui est de leur espérance de vie en bonne santé, celle-ci se situait respectivement à 65 et 68 ans.Il y a là un décalage.Vit-on mieux notre vieillissement depuis 10 ou 15 ans?C’est probablement un défi qui se pose de nous assurer que tel est le cas, parce que nous n ’en 'sommespas convaincus.» Sur la scène mondiale A l’échelle universelle, les chercheurs abordent des sujets de même nature.Les Américains occupent le peloton de tête dans la recherche en santé.Ils ont mis sur pied The National Institute on Aging (NIA), un centre très bien nanti, dont les coffres sont généreusement garnis, là, comme le rapporte Yves Joannette, les questions majeures abordées par les spécialistes américains de cette institution «portent sur l’amélioration de la qualité de vie lors du vieillissement et sur les maladies qu'occasionne ce dernier.On s’interroge aussi sur les mécanismes du vieillissement parce qu’on les connaît trop mal encore.Mais, on s'intéresse parallèlement aux disparités et aux iniquités entre les personnes âgées de classes sociales et de revenus distincts.Ce sont là des considérations sociales qui représentent un très grand défi.» En fait, en tous lieux, les recherches sur le vieillissement re- vêtent à la fois un caractère très fondamental ou bio-médical et un aspect clinique sur des maladies telles l’abcheimer et l’ostéoporose.Celles-ci sont aussi orientées vers une réflexion sur l’organisation des soins et de services de santé, qui impose de porter une attention particulière à l’impact de la maladie sur la famille.Finalement, elles couvrent en quatrième lieu les contraintes sociales et culturelles, au nombre desquelles figure toute l’évolution qui se produit entre le monde du travail et le vieillissement.Les champs d’intérêt du Centre Au cours de ses 20 ans d’existence, le Centre s’est développé autour de lignes de force clairement inscrites dans le parcours de ses activités.«La première de ces lignes, c’est la recherche clinique qui s’est plus particulièrement penchée sur les problèmes de la cognition, tels les troubles du langage et de la mémoire relatifs à des maladies comme l’alzheimer et le parkinson.Le Centre a occupé ce champ dès son départ il y a vingt ans et ça s'est révélé la force créatrice de celui-ci.De quatre chercheurs au début, on en compte maintenant plus d'une trentaine», raconte le médecin.Les équipes ont en outre travaillé sur les soins et les services dispensés à la personne âgée et à la famille.Ix's personnes atteintes d’une maladie comme l’alzheimer vivent en situation de perte grave d’autonomie et, dans de nombreux cas, il échoit aux membres de la famille de s’occuper du malade.«Ces gens deviennent souvent malades eux-mêmes.Donc, la santé des “aidants” naturels et le support à leur apporter nous préoccupent beaucoup.Ces “aidants” sont très importants parce que le système de santé ne peut pas tout faire», constate-t-il.A ce sujet, il fait encore observer que 90 % des per-sonnes de 65 ans et plus et 80 % de celles de 75 ans et plus demeurent encore à la maison.Ces gens sont dans bien des cas malades et cette situation cause des impacts sur les aidants qui, dans la majorité des cas, sont des femmes.«La santé des femmes âgées et celle des femmes qui les aident nous interpellent particulièrement», dit-il.Les problèmes connexes à la nutrition se sont eux aussi avérés un élément de force du Centre.Chez les personnes âgées, plusieurs d’entre elles se nourrissent mal, ce qui entraîne des conséquences fâcheuses sur leur état de santé.Cependant, le véritable défi à relever en la matière se situe ailleurs.«Comment on fait pour promouvoir la santé?La nutrition occupe beaucoup de place dans ce domaine.Vous et moi, que devrions-nous manger aujour- d’hui qui va nous rendre mieux portants lorsque nous serons plus âgés?», demande-t-il.Il évoque enfin deux autres sujets de prédilection des chercheurs.n y a la question de la mobilité.Sur ce point, toute l’approche relative au maintien à domicile a particulièrement retenu l’attention du Centre.D’autres spécialistes de la santé se sont parallèlement attaqués à toutes les difficultés qui sont sous-jacentes à l’audition et à la vision.En ce qui concerne l’ouïe, il se pose chez les gens âgés des problèmes d’acou-phène et, en ce qui concerne les yeux, surviennent les cataractes et divers troubles de la rétine.Le plan de développement et l’objectn de base Dans son plan d’action qui s’étend jusqu’en 2005, le Centre a ajouté toute la dimension de «Vieillissement et société» sur la liste de ses activités.Le docteur déplore que ce pan de la recherche demeure quelque peu embryonnaire partout au pays, bien qu’il gagnerait à recevoir des appuis et à profiter de développement dans le contexte vécu actuellement.«Par exemple, on connaît au Québec tout le phénomène de la multiplicité des cultures.Est-ce que le vieillissement est perçu de la même façon par chacun des groupes?Im réponse est évidemment non.Mais alors, quelle est la place occupée par les personnes âgées dans chacune de ces cultures?On n’a qu’à penser ici au rôle plus grand qu’on souhaiterait voir jouer par les grands-parents auprès des petits-enfants dans la société québécoise», dit-il à ce sujet Questionné sur l’avenir de la recherche en gériatrie, il se demande d’abord quel est l’objectif fondamental du Centre et répond ainsi: «C’est de mettre en contact et de rassembler des chercheurs qui proviennent de tous les domaines, de toutes les disciplines, de tous les départements ou facultés de l’université.Voilà pourquoi, nous avons rassemblé ici des gens de la médecine, des sciences infirmières, de la psychologie, de l’optométrie, de l’ergothérapie, des sciences fondamentales et autres.Les problèmes auxquels on s’attaque ne peuvent être résolus par une seule personne.De nos jours, ceux-ci sont tellement disséqués de façon précise qu’on a besoin de réunir les gens et de conjuguer les compétences pour trouver des solutions».Le Centre se veut par conséquent un lieu de rencontre et de synergie multidisciplinaire.Yves Joanette envisage l’avenir sous l’angle de l’interdisciplinarité et de la vision globale afin que les problèmes de vieillissement soient examinés sous toutes leurs facettes.Comprendre les problèmes d’audition liés au vieillissement L’équipe du Dr Sylvie Hébert cherche à augmenter la qualité de vie et la sécurité des aînés JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le D'Sylvie Hébert poursuit des recherches sur l’acouphène chez les personnes âgées.SYLVIE HÉBERT La capacité de bien traiter les sons de notre environnement est non seulement un trait biologique important pour la survie, mais également une habileté à la source de nombreux plaisirs qui contribuent à la qualité de la vie.Par exemple, la capacité d’entendre un détecteur de fumée peut être déterminante pour sauver sa propre vie et de même, la possibilité de converser avec ses petits-enfants ou d’aller au concert ajoutent grandement au bonheur de vivre et de se retrouver en société.Or, avec l’âge, les capacités auditives peuvent diminuer un peu, beaucoup ou grandement.Les recherches sur l’audition menées par mon équipe pourraient donc aider à augmenter la qualité de vie et la sécurité des aînés.; De fait, beaucoup de personnes âgées se plaignent que leur «oreille est moins fine» que par le passé.Cette perte de sensibilité auditive attribuable à l’âge est normale.Quoiqu'elle ne soit pas présente chez tous, on estime que chez les personnes de 70 ans, une sur deux éprouve une perte auditive suffisamment importante pour nuire à sa vie quotidienne.Plusieurs se plaignent, par exemple, de leur diffi- culté à suivre une conversation lorsqu’il y a du bruit de fond, comme au restaurant.Malheureusement, même un appareil auditif qui amplifie les sons ne sera dans ce cas que d’une aide limitée, puisque le bruit de fond se trouvera, lui aussi, amplifié par l’appareil.Le défi de l’acouphène Au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, plusieurs projets de recherches sont menés pour comprendre les problèmes reliés à la détérioration du système auditif, par exemple, un problème répandu qu’on appelle acouphène.La personne qui est atteinte d'acouphène entend des bourdonnements et des sifflements constants.Ces bourdonnements peuvent causer une détresse considérable chez la personne qui en souffre, car ils fluctuent en intensité et peuvent parfois devenir intolérables.On estime que 12 à 20 % des personnes de plus de 55 ans sont affectées par des acouphènes de sévérité variable.Quoique l'acou-phène ne soit pas exclusivement associé au vieillissement, ce trouble auditif est plus répandu chez les aînés.Dans nos recherches, l’acouphène pose un défi particulier puisqu’il est difficile à cerner.En ce sens, décrire l'acouphène est un peu comme tenter de décrire un mal de dos: la personne qui souffre est la seule à vraiment connaître l'ampleur de son mal.Nos travaux en cours visent à comprendre les mécanismes et les zones du cerveau impliqués dans les acouphènes et dans le traitement de l’information sonore.D'autres travaux visent à comprendre comment la perception auditive de façon générale se mo- difie avec le temps.Jusqu’à maintenant, les travaux menés au centre de recherche ont permis de constater que plus d’un tiers des personnes avec acouphène présentent des symptômes dépressifs à divers degrés.Cette donnée préoccupante souligne l’urgence de poursuivre la recherche afin que les intervenants de la santé puissent offrir les soins adéquats à ces personnes parfois très souffrantes.En somme, la perte auditive et les troubles qui en découlent sont des changements sensoriels majeurs au cours du vieillissement.Parfaitement invisibles, ils constituent pourtant une menace à l’autonomie.Aussi, et peut-être surtout, ils menacent le bien-être psychologique en diminuant la capacité et le plaisir de profiter de la vie sociale et d'établir des relations.Les avancées de la recherche permettront certainement de développer, à court ou moyen terme, de véritables solutions à ces problèmes.Le D Sylvie Hébert est chercheuse et responsable de l’axe de recherche sur les troubles sensoriels et le vieillissement du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.SERVICES SUITE DE LA PAGE F 3 une augmentation des maladies liées au vieillissement et on prévoit que 20 % des personnes âgées de 65 ans et plus nécessiteront un jour des soins spécialisés en gériatrie.D faut donc se préoccuper de l’efficacité de ces soins.C’est l’objectif que poursuit mon équipe de recherche en réalisant des travaux scientifiques d’évaluation et de mesure des services offerts aux personnes âgées.Comparativement aux adultes, les problèmes présentés par les personnes âgées de 65 ans et plus sont particulièrement complexes, par leurs manifestations autant que par leurs causes.Ils impliquent différents systèmes du corps et les répercussions des déficiences, minimes prises individuellement, peuvent devenir sévères lorsqu'elles s’additionnenL Dans notre système de santé, en plus des interventions visant à réduire les maladies, des efforts considérables sont consentis donc pour la réadaptation des personnes âgées.La réadaptation étant un processus qui permet de récupérer des capacités perdues et de limiter les situations de handicaps, malgré la persistance de certains déficits.Les programmes de réadaptation destinés aux aînés se développent, se diversifient et sont devenus partie intégrante du continuum de soins offerts aux personnes âgées.Mais comment en mesurer les impacts?Efficacité et rentabilité des interventions Prenons l’exemple d’une dame âgée de 85 ans, vivant seule dans un logement situé au deuxième étage.En sortant de chez elle, elle glisse sur la glace et se fiacture la hanche.Elle est opérée puis transférée en unité de réadaptation fonctionnelle.Sur place, les intervenants notent des problèmes d’équilibre, de marche et de la faiblesse musculaire.Ces problèmes créent des incapacités dans plusieurs des activités qu’elle devra réaliser pour réintégrer seule son appartement.Les interventions de réadaptation se mettent en place: exercices de mobilisation, renforcement, attribution d’une canne, adaptation domiciliaire, orientation vers un centre de jour.Elle reçoit son congé.Avons-nous réussi la réadaptation?Devant la rareté des ressources, il faut pouvoir établir l’efficacité et la rentabilité de ces interventions.C’est ce que les recherches menées par mon équipe se proposent de faire en développant une batterie d’évaluations s’appuyant, par exemple, sur le degré d'habiletés physiques, la reprise d’activités dans la communauté, la qualité de vie ou l’absence de douleur.Je me suis aussi intéressée au nombre croissant de personnes âgées qui auront besoin d’aide technique et humaine, soit temporairement, par exemple d’un fauteuil roulant à la suite d’une chute bénigne, soit de façon définitive dans le cas de maladies dégénéres-centes ou de traumatismes plus graves.De fait, depuis le virage ambulatoire et avec le vieillissement de la population, les aides techniques (fauteuil roulant manuel ou électrique, lève-personne sur rail, etc.) connaissent un essor important En réponse à cette diversité, l’équipe a réalisé l’un des premiers instruments dans le domaine de l’évaluation des aides techniques qui est reconnu et diffusé dans plusieurs pays.Toujours dans le domaine de la mesure, mes recherches portent également sur les échelles estimant l’efficacité des médicaments utilisés pour traiter la maladie d'Alzheimer.De fait, il existe une panoplie d’échelles de mesure, chacune couvrant un petit aspect des résultats souhaités.Avec d’autres chercheurs du Centre d'épidémiologie clinique et de recherche en santé publique, j’ai réalisé une série d’études détaillant les forces et faiblesses des principales échelles utilisées dans les essais cliniques randomisés.Cette recherche pourrait avoir des répercussions tangibles face aux enjeux cliniques et financiers liés au développement de médicaments pour traiter la maladie d'Alzheimer.Comme on peut le constater, il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine de l’évaluation des services de santé mais les résultats de recherches sont déjà très prometteurs.Le H Louise Demers est chercheuse au Centre de recherche de l’Institut unit'ersitaire de gériatrie de Montréal On prévoit que 20 % des personnes âgées de 65 ans et plus nécessiteront un jour des soins spécialisés en gériatrie I LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 M A R S 2 0 0 2 ?GERIATRIE ?¥ 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les logements destinés aux personnes âgées devraient d’abord satisfaire aux besoins et aux désirs de leurs usagers.Vieillir chez soi Le point sur les tendances actuelles / aux Etats-Unis MADELEINE LEBLANC Plusieurs facteurs ont amené Gerald Weisman, professeur d’architecture et directeur de la chaire de l’institut sur le vieillissement et l’environnement de l’Ecole d'architecture et de planification urbaine de l’Université de Wisconsin-Milwaukee, à se préoccuper de la question de l’hébergement des personnes âgées.Sa carrière multidisciplinaire reflète cet état de fait.Dès son plus jeune âge, il savait qu’il voulait être architecte.Rappelant que si Frank Lloyd Wright s’est fait la main avec ses blocs Froebel, il disposait lui, d’un prosaïque ensemble de briques en plastique.Quoi qu’il en soit, après quelques années d’études en architecture, il constate que les questions qui l'intéressent le plus touchent moins les bâtiments comme tels que les gens qui les utilisent et la façon dont les immeubles doivent satisfaire aux besoins et aux désirs de leurs usagers.«Ces préoccupations intéressaient peu mes professeurs.Pour eux, l'architecture relevait davantage du champ de l’esthétique ou de la technologie mais pas de celui des comportements sociaux.» Apres avoir obtenu son diplôme d’architecture, il poursuit à l’Université du Michigan pour découvrir l’aspect humain du design qui avait manqué, jusque-là, à sa formation.«J’ai pu ainsi créer un programme de doctorat conjoint entre les facultés de psychologie et d’architecture en travaillant avec des gens des deux disciplines.C’était l’époque — début des années 1970 — où, stimulés par le mouvement écologique, de tels liens entre les sciences du comportement débutaient.» U «action research» L’essentiel de sa recherche et de son travail professionnel porte donc sur l’environnement des personnes âgées et des personnes qui ont des difficultés à se déplacer.«Cela comprend tant les maisons familiales dans la communauté — dans lesquelles la majorité des personnes âgées vivent toujours — et ce qu’on désigne comme aide à domicile a.'t traditionnelles maisons de retraite.À l’Institut de vieillissement et d’environnement, nous avons deux membres de la faculté et une douzaine d’étudiants de maîtrise et de doctorat qui se penchent sur ces questions.» Leurs nombreux projets et études s’efforcent d’effacer les distinctions traditionnelles entre la recherche et son application.Fidèle à la tradition mise de l’avant par Kurt Le-win, fondateur de la psychologie sociale des années 1940, l'approche veut «qu’il n’y ait rien d’aussi pratique qu’une bonne théorie» et que les plus importantes percées théoriques émergent souvent de l’analyse de problèmes rencontrés dans le vrai monde plutôt qu’en laboratoire.Invité par l’Institut de recherche en gériatrie de Montréal, le D' Weisman entend présenter une conférence relatant l'approche de Kurt Lewin et de ce qu’il appelait \’«action research».Il mettra l’ac-çent sur ce qui a été accompli aux Etats-Unis ces 30 dernières années en matière de projets destinés aux personnes âgées ou à celles qui ont des difficultés à se déplacer.«Je décrirai les types de buts thérapeutiques —par exemple le respect de la vie privée des gens, le besoin d’appui pour l’orientation sociale, dans le temps et dans l'espace qui devrait déterminer la nature de ces projets de même que des concepts et des solutions qui permettent de satisfaire ces besoins.» Il proposera cinq conditions nécessaires et jumelées pour amener un changement social et environnemental.Parmi les difficultés rencontrées, les soins de santé posent actuelle-ipent un problème majeur aux Etats-Unis tant pour les jeunes que les moins jeunes.La sous-urbani-sation du pays représente un autre problème peu reconnu jusqu’à VOIR PAGE F 6: VIEILLIR RECHERCHE Pour une approche intégrée Survol des influences sociales et politiques au Royaume-Uni MADELEINE LEBLANC Face à une population vieillissante, plusieurs spécialistes s’activent à mieux comprendre les besoins propres à ce segment de la population et s’assurent que ces gens soient bien entendus.Le I> Hazel Qureshi.professeure en services sociaux de l’Université de York et directrice adjointe de l’unité de recherche de politique sociale, poursuit des travaux en santé et services sociaux depuis plus de 25 ans.Formée initialement en mathématiques, elle a «dévié» vers les services sociaux d’abord de façon bénévole et s’est intéressée aux gens souffrant de maladies chroniques, aux invalides et à leur famille.Elle a voulu connaître leur appréciation des services sociaux, une préoccupation toujours présente.«Pour effectuer le travail actuel à l’unité de recherche, nous avons combiné cet intérêt avec le travail de recherche et de développement en collaboration avec des agences qui fournissent des services de santé et de services sociaux conçus pour que les tra-vailleurs puissent agir et partager les intes des usagers et de leur famille.» Les obligations familiales Lors de la conférence qu’elle prononcera sous peu à Montréal à l’invitation de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, le I> Qureshi offrira un survol des influences sociales et politiques sur les services offerts aux personnes âgées au Royaume-Uni au cours des 20 dernières années.Elle essaiera de retracer, à travers le temps, l'histoire des influences sociales generales — par exemple les modèles changeant du mariage et du divorce, le vieillissement de la population, l'évolution de la santé, l’augmentation de la diversité culturelle et la situation économique — et observera l’interaction de ces facteurs avec les croyances politiques et les valeurs reliées aux responsabilités des soins prolongés offerts aux personnes âgées et la contribution de ces dernières en tant qulndividus, famille, gouvernement et marché.Elle mettra égalé ment en relief certains enjeux importants pour l’avenir.«Je suis certaine qu 'il y aura plusieurs points communs avec l’expérience canadienne, ce qui devrait être l’occasion d’un apprentissage mutuel mais je crois aussi que plusieurs personnes seront soulagées à l'idée qu une partie de l’expérience britannique ne reflète pas leur situation.» Le D1 Qureshi croit que son travail a d’abord permis de mieux comprendre les soins familiaux et les obligations familiales.Si par le passé, les politiciens espéraient pouvoir diminuer les dépenses publiques grâce à une recrudescence des soins apportés par les familles, cette croyance est révolue.«Avec plusieurs autres, j’ai contribué à démontrer la nature des obligations familiales, l’apport fourni par les gens face à leurs obligations et nous avons clairement démontré qu'il ne s’agissait pas d’une ressource à la disposition de l’État fai d’ailleurs approftm-di cette réflexion à l'intérieur du livre The Caring Relationship: elderly people and their families que j'ai co- écrit avec,Alan Walker.Son travail actuel sur la distribution des services sociaux comprend une etude en profondeur qui s’intéresse aux attentes des personnes àgees.Il ressort que la qualité du servkv et celle de la gestion des soins comptent pour beaucoup.On a trop souvent travaille à partir de certaines idées sur la qualité des servkes offerts d’après l’évaluation qu'en faisaient les professionnels ou les dirigeants.Ce déséquilibre devrait, selon elle, être corrigé.«Des groupes de persimnes àgees sont parfois marginalisés au moment de réunir l’information necessaire à cause de notre difficulté à communiquer avec eux.Mon équipe de chercheurs s’est efforcée d'inclure des gens qui sont sourds, des gens des mintni-tés ethniques, ceux qui ne peuvent quitter la maiscm, des gens qui souffrent de démence et d’autres maladies mentales et des gens qui ont des problèmes de vue.L'intégration est très importante pour nous».Elle explique que les préoccupations de ceux-ci sont très terre à terre, les gens veulent être propres et à l’aise, être en sécurité, avoir des contacts sociaux et de la compagnie, rester alertes et actifs et avoir le contrôle de leur vie de tous les jours et de leur routine.Ils sont bien sûr préoccupés par la façon dont les préposés les traitent «Nous avons travaillé en collaboration avec des fournisseurs de services pour trouver des façons de faire où la pratique quotidienne peut être centrée davantage sur les résultats à atteindre et nous avons mis au point un ensemble d'instruments pour sou- tenir cette gestum de soins auprès des gtns âges et des membres de' leurs familles qui leurtümnent des sinns.» Les plus grands défis Lorsque interrogée sur les plus grands défis à venir, elle rappelle que It's problèmes de santé qui tou ehent particulièrement les per sonnes àgees — attaques, chutes, démence, depression, arthrite — devraient être davantage prioritaires.Et ce que nous savons maintenant sur la prévention, le traitement ou la façon d'aborder ces enjeux devrait être mieux disséminé à ceux qui ont le pouvoir d’agir à iwr tir de cette information, la coordination de la recherche et la pronxr tion de la pratique basée sur les résultats de recherches sont les pierres angulaires de ces défis.Elle reconnaît la volonté du gouvernement britannique d’investir davantage d’argent dans les services sociaux.11 y a aussi des efforts de consentis aiin que les chercheurs soient davantage réunis pour pennettre une approche plus stratégique de la recherche, les gens âgés eux-mêmes font do plus en plus entendre leur voix même si leurs associations sont davantage préoccupées par des questions reliées aux factures de gaz, aux transe ports et aux pensions.«Ces problèmes sont importants mais espérons que les services sociaux et de santé senmt de plus en plus renmnus comme étant essentiels.lentement, on reconnaît tout de même qu 'il est souhaitable que les citoyens en général aient davantage accès à l’information.par Internet par exemple, et deviennent des consommateurs avises des sendees publics.On devrait aussi assister a l'amélioration des traitements îles maladies rrliees à la tùMesse».croit-elle.Le manque de sensibilité de l'opinion publique à ces questions la préoccupe également Elle pelle que lors d’un récent sondage télévisé, 150 (XX) personnes ont affirme que les soins jjrolongés pour les personnes âgées devraient être une priorité.Durant la même se-maine, doux millions de personnes ont vote pour choisir le gagnant d'un concours d’idole populaire.Ces chiffres signalent avec éloquence.d'après elle, ce à quoi les gens s’intéressent surtout.Elle croit que le Royaume-Uni a échoué à développer une approche intégrée de planification pour la population vieillissante.«Il n’y a pas de plan élaboré qui aborde le vieillissement de façon globale et qui relierait la distribution des soins, les politiques d’allocation, de santé, d'éducation, d'habitation et île soins sociaux».la relation entre la recherche et la pratique devrait aussi retenir l'attention.«On doit reconnaître que de mettre en pratique les découvertes découlant de la recherche, c’est plus qu inf inner les gens.Cela requiert souvent des changements majeurs de comportement et d’organisation, et les dénn4i
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