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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-04-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AVRIL 2 0 0 8 Education MANUELS SCOLAIRES DENIS VAUGEOIS Du livre au manuel, la distance est énorme Page5 AMM* ÉDUCATION Un musée pour la mémoire d’un patrimoine Page 6 «Je me souviens » des livres de classe Si d’aventure on s’avisait de déterminer, dans l’histoire du Québec et sans doute ailleurs dans le monde, les genres littéraires qui furent et sont encore les plus anciens, les plus lus, les plus répandus, et qui donnèrent et donnent encore lieu aux plus importants tirages, le manuel scolaire se classerait, sans aucun doute, aux premiers rangs du palmarès.Et si au manuel nous ajoutions les autres outils didactiques en usage dans les salles de cours, c’est-à-dire tout objet utilisé par l’enseignant afin de soutenir son enseignement et faciliter l’apprentissage des élèves, cette catégorie se situerait alors résolument au premier rang.MICHEL ALLARD Au Québec, le premier livre à être imprimé est un manuel scolaire.En effet, en 1765 est publié chez Brown et Gilmore, imprimeurs protestants de Québec, Le Catéchisme du diocèse de Sens.Cet ouvrage, rédigé par M8' Jean-Joseph Languet, est aussi considéré comme le premier livre de classe ou manuel scolaire à avoir vu le jour sur le territoire canadien.Certes, sous le régime français, des livres de classe circulaient dans la colonie de la vallée du Saint-Laurent Mais faute d’imprimerie, dont la mise en place avait été prohibée par le pouvoir royal, tous les livres étaient nécessairement imprimés en France, y compris le fameux Catéchisme de Québec rédigé, à la fin du XVDT siècle, à l'intention des Canadiens par l’évêque de Québec, M*’ de Saint-Vallier, mais publié à Paris.Quelque cinq ans plus tard, Jean-Baptiste de La Brosse, missionnaire jésuite, publie encore une fois chez Brown un premier livre en langue amérindienne destiné à la fois à l’apprentissage de la lecture et des prières.Puis, en 1772, le catéchisme d’Henry Tu-berville.An Abstract of the Douay Catechism for the Use of Children and Ignorant People, est considéré comme le premier manuel en langue anglaise publié sur le territoire du Québec.Il faut attendre 1796 pour que le premier manuel profane de langue française soit imprimé au Québec.Ce sont les Éléments de la grammaire latine de l’abbé Lhomond.Et en 1804, c’est au tour de l’abbé François Pigeon de faire paraître, chez John Neilson à Québec, une Géographie à l’usage des écoliers du petit séminaire de Québec et de devenir le premier auteur québécois à rédiger et à publier au Québec un manuel portant sur un autre sujet que la religion.Ainsi, Le Catéchisme du diocèse de Sens est-il devenu le premier d'une longue suite d’ouvrages publiés à l’intention des élèves et des maîtres d’école québécois.On a repéré jusqu’à ce jour près de 20 000 livres de classe ou manuels qui furent impimés au Québec.Certes, certains d’entre eux se résument à l'impression sur le territoire québécois d'ouvrages scolaires rédigés ailleurs, notamment en France, en Grande-Bretagne ou encore aux Etats-Unis.D’autres se réduisent à l'adaptation plus ou moins importante d’ouvrages conçus et rédigés ailleurs.Toutefois, beaucoup sont l’œuvre d’auteurs québécois.Des millions de copies Au total, le livre de classe demeure le genre littéraire qui, au Québec, a connu et connaît encore le plus de succès.Certains manuels peuvent être considérés comme des bestsellers de l’édition québécoise.Citons à titre d'exemples le Nouveau Traité des devoirs du chrétien envers Dieu, dans lequel chaque chapitre et chaque article sont suivis de traits historiques analogues aux vérités qu'on y traite, qui aurait connu plus de 60 réimpressions entre 1841 et 1904, ou encore l'Explication littéraire et sommaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa, Rimouski, Sherbrooke et Chicoutimi qui, si on se fie au chiffre inscrit sur la page de titre de l’édition de 1954, aurait atteint un tirage cumulatif de 1 035 000 exemplaires.De quoi rendre jaloux de nombreux écrivains et quelques éditeurs! Malgré leur relative popularité et leur influence indéniable, les manuels scolaires, si l’on excepte quelques commissions d’enquête, quelques travaux universitaires et quelques publications, ont fait l’objet de peu d’études.Et pourtant, du moins au Québec, les sources documentaires sont multiples.Notons d’abord les collections de manuels, en commençant par celle de l’université Laval et ceDes des communautés religieuses.Pour ce qui est des outils autres que les manuels, citons ces mêmes communautés, sans oublier la collection Jacques-Cloutier acquise par le Musée de la civilisation.Panni les autres sources documentaires fourmillant d’informations, soulignons la correspondance du Département de l’instruction publique, les rapports annuels du surintendant et ceux des inspecteurs.Les catalogues des éditeurs et des libraires ainsi que de l’éphémère Dépôt du livre s’avèrent aussi des sources pertinentes d'information.Somme toute, la documentation écrite et visuelle existe et ne demande qu’à être consultée et exploitée.Une équipe composée de chercheurs de l’université Laval et du CIEQ, le Centre interuniversitaire d’études québécoises, a entrepris il y a quelques années de procéder à la recension de tous les manuels scolaires qui circulèrent au Québec depuis les tout débuts de la colonisation française.Ces travaux conduisirent à la publication de quelques articles et, surtout, à la production d’un volumineux inventaire analytique des manuels scolaires.On peut le consulter dans le site Internet suivant: http://www.bibl.ulaval.ca/ress/ma nscdf.Michel Allard est professeur associé au département d’éducation et pédagogie de l’UQAM.Il faut attendre 1796 pour que le premier manuel profane de langue française soit imprimé au Québec SOIJRCK NRW8COM COM ^ r V Université Laval Page 2 «D’ici et d’ailleurs, d’hier à demain» Page 3 Historique Page 3 France Page 4 Catéchisme Page 6 SYMOny" DICTIONNAIRE DES SYNONYMES ET DES ANTONYMES rroBuMTOMy^ Édition entièrement revue et augmentée Près d’un million d’exemplaires vendus Le plus précis et le plus fiable ! TU pages • «1.95 S SA F I D E S www.editlonsfldtt.com - 4 f \ ns p*gMMi.*5$ LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AVRIL 2006 G 2 MANUELS SCOLAIRES Université Laval Trésors publics La plus importante collection de manuels scolaires québécois Pour les chercheurs et étudiants qui désirent analyser l’histoire de l’imprimé ou encore de l’éducation, la bibliothèque de l’université Laval s’avère une ressource incontournable.Elle s’enorgueillit de la plus importante collection de manuels scolaires utilisés, imprimés ou édités au Québec.DENIS LORD En latin, en français et en anglais.en langues autochtones, on compte à la bibliothèque de l’université laval 5300 titres publiés entre 1664 et 1964, et 7700 datant d'après la création du ministère de l’Éducation.Le plus vieil ouvrage de l’université, imprimé en 1809, est le Traité d’arithmétique pour l’usage des écoles, de Jean-Antoine Bouthillier.C’est au début des années 1960 que la bibliothèque de l’université Laval a vraiment commencé à s’intéresser à ce type de littérature.«Nous avions déjà des manuels, précise Claude Bonnelly, qui fut directeur de ladite bibliothèque entre 1988 et 2005, mais il n’y avait pas de corpus.Im réforme de l’éducation a rendu désuets ces manuels.Plusieurs institutions voulaient s'en départir alors que l’université laval était soucieuse de conserver ce patrimoine.Des historiens ont manifesté leur intérêt et créé des incitatifs.On pense à Claude Ga-larneau par exemple, qui dirigeait alors une équipe de chercheurs sur l'histoire des mentalités au Québec.Des directeurs de la bibliothèque comme Bernard Vinet et ensuite Céline Robitaille-Cartier, dans les années 80, se sont beaucoup impliqués dans le développement de la collection.» Une histoire de dons C’est grâce à des dons provenant d’individus, de communautés religieuses et d’institutions d’enseignement que la bibliothèque, au fil des décennies, a pu ériger sa collection.Vers liJZO, elle reçoit la collection de l’Ecole normale bival puis, dans les années 1980, deux acquisitions majeures: les collections du Service des bibliothèques de l’UQAM et de Jacques Cloutier, collectionneur et libraire.Cette dernière contenait 3000 manuels, dont 659 imprimés avant 1900.Dans les années 1980 également, la bibliothèque bénéficie de subventions du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada qui lui permettent de dresser un inventaire de sa collection, de confirmer sa valeur et de repérer ses lacunes.Deux catalogues verront le jour en 1983 et en 1988.Au cours de la décennie suivante, les communautés religieuses, les ursulines, les frères des écoles chrétiennes et Notre collection de manuels scolaires est peuplée de spécimens étonnants.ZEBRE rlt-'lLLOH SI J» O K V VACHE olitiN U, DINDON La Bibliothèque de TUniversité Laval possède la plus importante collection de manuels scolaires imprimés, édités ou publiés au Québec, de 1764 à aujourd'hui.Plus de 20 000 manuels sont répertoriés dans son catalogue accessible en ligne.Jetez-y un œil.www.bibLulaval.ca/ress/manscol UNIVERSITÉ LAVAL BiNtotMque les augustines feront également des dons importants.La collection intéresse en premier lieu les gens qui font des études interdisciplinaires: sociologie, histoire, religion, etc.«Ces manuels, explique Claude Donnelly, ont façonné des générations de citoyens: leur étude permet de soutenir les recherches sur l’interaction entre éducation, société et culture, sur l’histoire des systèmes d’éducation, des méthodes et des outils pédagogiques, et sur l'influence exercée par le clergé.Les pistes sont très larges.» Un grand nombre d’étudiants et de chercheurs qui se documentent ici proviennent du Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ) et de l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (AQEI).Un rôle déterminant Paul Aubin, chercheur associé au CIEQ, est certainement l’un de ceux qui connaît le mieux la collection de manuels scolaires de l’université Laval et qui a le plus contribué à son rayonnement.Avec son assistant de l’époque, Louis-Marie Côté, il vient de terminer l’Inventaire de la production en histoire du Canada et du Québec pour le compte de l’Institut québécois de recherche sur la culture lorsqu’il propose à Claude Bonnelly, vers 1993, de mettre en valeur la collection de la bibliothèque et d’en favoriser l’exploitation.«Il était fort admiratif devant notre collection, rappelle Claude Bonnelly.Je lui ai offert de s’instal- SOURCE UNIVERSITE LAVAL Nouvelle géographie illustrée à l’usage des écoles chrétiennes, un «vieux» manuel scolaire appartenant à la collection de la bibliothèque de l’université Laval.1er en résidence, avec des infrastructures adéquates.Ça été une association très fructueuse.» «La condition première avant de développer un projet de recherche, explique Paul Aubin, était d’avoir un catalogue.Pour le constituer, j'ai dû visiter une trentaine de bibliothèques.Je ne voulais pas me fier aux listes d’œuvres qui existaient parce qu’elles manquaient souvent de rigueur.» Au fil des années, le chercheur a publié une vingtaine d’articles sur l’histoire des manuels sco- Quand l’éducation va, tout va.Faculté des sciences de l’éducation uqam.ca laires au Québec.Ses recherches ont principalement porté sur les aspects éditoriaux.Paul Aubin a entre autres analysé la question de l’adaptation; plusieurs manuels utilisés au Québec au XIX" siècle provenaient de Fraqce, d’Angleterre et des États-Unis.«Il y a eu des adaptations très rigolotes, se rappelle Aubin, comme ce livre de chants publié en France contenant des chansons militaristes sur le Rhin et qu Archambault, l’éditeur québécois, a laissé tel quel.» Dans d’autres cas, le clergé québécois a modifié les exemples proposés dans un précis de grammaire publié en France, qui reflétaient trop librement la laïcisation de l’enseignement ayant alors cours dans l’Hexagone.Un des plus récents travaux du chercheur, Le manuel scolaire: une censure en douce, le modèle québécois, a été présenté à un colloque de l’Université de Saint-Quentin-en-Yve-lines (France).«Il y a peu de véritables cas de censure, note Paul Aubin.C'est davantage de l'autocensure.Tout de même, dès qu’on instaure un système d’approbation, on met en place un système de censure.Depuis 20 ans, on retrouve beaucoup de guides à l'intention des auteurs, et même des textes à l’intention des analystes du gouvernement.» Mais Paul Aubin considère que sa principale contribution à la bibliothèque aura été la mise au point du site Internet Mans-col (bibl.ula val.ca/ress/manscol).En ligne depuis 1997, Manscol est au départ une banque de données sur près de 20 000 manuels scolaires québécois localisés dans environ 50 collections privées ou institutionnelles réparties dans l’ensemble du Çanada, mais aussi aux États-Unis, en France et en Angleterre.Mais Manscol est davantage qu’un catalogue et un moteur de recherche.Le site propose des informations permettant de contextualiser l’évolution des manuels scolaires (histoire, législation, etc.), des cartes et des illustrations.Une section est.aussi ouverte à la communauté internationale des chercheurs afin qu’ils puissent partager leurs recherches.De concert avec la Bibliothèque nationale du Québec, la bibliothèque de l’université Laval procède actuellement à un projet majeur de numérisation des manuels scolaires répertoriés sur son site.La première phase consiste à numériser toutes les éditions princeps (premières éditions) de manuels d’enseignement du français imprimés au Québec avant 1964, plus de 700 ouvrages de grammaire, de littérature, de composition, etc.Au moment d’écrire ces lignes, quelque 250 titres avaient été numérisés.Ces livres, comme ceux de la seconde phase — possiblement les manuels d’histoire du Canada — seront bientôt disponibles pour téléchargement sur Manscol et on pourra les interroger mot à mot Collaborateur du Devoir La réforme de l’éducation a rendu désuets ces manuels.Plusieurs institutions voulaient s’en départir alors que l’université Laval était soucieuse de conserver ce patrimoine.Boo! Design inc Communication Visuelle Faites le saut dans l'édition ! * cG Conception graphique et publicitaire • Édition Correction et traduction • Mise en page • Impression et finition 3575, bout St-Laurent bur.536, Montréal (Qc) H2X 2T7 www.boodesign.ca • info@boodesign.ca 514.842.3992 — À l’occasion de la séance d'ouverture du colloque international Le manuel scolaire d’ici et d’ailleurs, d’hier à demain nous vous invitons : à la conterence inaugurale de Guy Rocher, professeur titulaire au departement de sociologie et chercheur au Centre de recherche,en droit public à l’Université de Montreal « Le manuel scolaire et les mutations sociales v au lancement de l'ouvrage collectif « Le manuel scolaire, un outil à multiples facettes » sous la direction de Monique Lebrun, publie aux Presses de i'Universite du Quebec L’événement sera sous la présidence d’honneur de Monsieur Roch Denis.:ecteur de i’Universite du Quebec à Montréal et de Madame Lise Bissonnette.présidente et directrice generale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.H aura lieu le 11 avrS 2006.à 19 heures, à la Salle MariertSetin-Lajoie (J-M400) de l’Université du Québec à Montréal, au pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Sainte-Catherine Est.Montreal {statiomde métro Berri-UQAM) Un cocktail sera servi Pour plus d’information: www.Entrée libre.sites, uqam.ca’grenvcolioque/ ' -i LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AVRIL 2 0 0 6 MANUELS SCOLAIRES « Le manuel scolaire d’ici et d’ailleurs, d’hier à demain » Tour de livres «Des réponses d’Europe, du Brésil et même d’aussi loin que la Chine» Le premier livre publié au Québec, autour de 1756, est un manuel scolaire, plus précisément le petit catéchisme de l’Église catholique.De nos jours, l’importance du manuel scolaire n’a pas diminué et tout le monde, un jour ou l'autre, en a tenu un dans ses mains.Un colloque pour faire le point sur le sujet.PIERRE VALLÉE A K Québec, le manuel scolaire est le type littéraire, si je peux dire ainsi, le plus publié et il dépasse toutes les autres formes de publication», explique Anik Landry, membre du comité organisateur d'un prochain colloque portant sur le sujet.En effet, c’est du 11 au 14 avril que se tiendra à Montréal le colloque international «Le manuel scolaire d’ici et d’ailleurs, d’hier à demain», une première de l'avis d’Anik Landry.L'idée de ce colloque est née lors d’une table ronde sur le manuel scolaire organisée par Monique Lebrun, professeure à ITJQAM, dans le cadre du congrès annuel de l’Acfas en 2004.«Cette table ronde, qui portait sur le manuel scolaire au Québec, avait suscité beaucoup d'intérêt.Les participants ont cru bon d'élargir le concept et d’inviter des gens d’ailleurs, d’où l’idée d'un colloque international.» Déjà un succès Ce que les organisateurs n'avaient pas prévu, par contre, c’est l’engouement que susciterait pareil sujet dans le monde.«C’est un thème qui s’est révélé très rassem-bleur.on a eu des réponses d’Europe, du Brésil et même d’aussi loin que b Chine.Bien sûr, Internet a facilité b tâche de communication, mais ça n’explique pas l'intérêt pour le sujet.On s’attendait à 50 communications, on en aura 120.Nous sommes un peu victimes de notre succès.» Fait à souligner, la moitié de ces communications provient de participants étrangers en provenance de 20 pays différents.De plus, le colloque est multidisciplinaire.«Les participants ne sont pas tous des pédagogues et des didac-ticiens et ils proviennent de plusieurs disciplines.Certains sont intéressés par le manuel scolaire parce qu’ils s’intéressent à l’enseignement de leur propre discipline.» De plus, le manuel scolaire est aussi un reflet de la culture et des valeurs d’une société à une époque donnée, de quoi alors piquer la curiosité de l’historien et du sociologue.La multidisciplinarité de ce colloque présente aussi un autre avantage, selon Anik Landry.«Ceb permet aux personnes de diverses disciplines et de préoccupations différentes de se réunir autour d’un même objet, le manuel scobire.Cest nouveau parce que, en règle générale, ce sont des gens de b même discipline que b nôtre que l’on rencontre dans les colloques.» Multiples facettes Les activités commencent par une séance d’ouverture qui se tiendra dans la salle Marie-Gérin-La-joie de ITJQAM le mardi 11 avril en soirée.On pourra y entendre.SOURCE UQAM Une exposition, «Lire, toute une aventure.quand le musée va à l’école», est présentée actuellement à la bibliothèque des sciences de l’éducation de l’UQAM.entre autres, une allocution de Guy Rocher, professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal, qui portera sur le manuel scolaire et les mutations sociales.Par la suite, il y aura le lancement d’un ouvrage collectif, sous la direction de Monique D'brun, intitulé: Le manuel scolaire, un outil à multiples facettes.Le tout sera suivi d’un cocktail.La soirée est gratuite et ouverte à tous.Le lendemain, le colloque déménage ses pénates à la Grande Bibliothèque et pour assister à la suite des événements, il faudra alors s’inscrire.Chaque matin commence par une séance plénière durant laquelle un conférencier-vedette prononcera une allocution.Le reste de la matinée et l’après-midi sont consacrés à des séances thématiques.Les conférenciers invités et leurs sujets respectifs sont: Paul Aubin, chercheur à l'université Inval, sur le manuel scolaire d’ici et d'ailleurs; Pierre Ansart, professeur à l’Université de Paris Ml sur le manuel scolaire et le politique; et Bernard Shapiro, commissaire à l'éthique du gouvernement canadien, sur le manuel scolaire et l’éthique.Un simple coup d'oeil sur le programme des séances thématiques suffit pour comprendre la diversité des sujets qui seront abordés par les participants à ce colloque.En vok’i.choisie au hasard, une courte liste: la fonction éducative des manuels; les manuels et la démarche d’enseignement; le rôle du manuel dans l’éducation civique; manuels et nation, manuels et bilan historique et géographique; et manuels et culture.Hier, aujourd’hui et demain Au Québec, avant 1964, les manuels scolaires étaient surtout l’affaire des communautés religieuses.Depuis ce temps, c’est de venu l’affaire de l’entreprise privée.Et l’importance et la popularité du manuel scolaire tient dans son utilité et en fait un objet rentable pour les auteurs et les éditeurs.«Mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus», soutient Anik Landry.D’une part, un manuel scolaire au Québec doit en premier lieu obtenir l'approbation du ministère de l'Education avant d'être publié et distribué.Et pour obtenir cette ap probation, on ne peut pas seulement présenter un projet de manuel, on doit déposer un manuel scolaire complet et terminé.«Ceb demande temps et investissement, et c’est pourquoi le manuel scobire est un livre difficile à développer.» Puisque le manuel scolaire est aussi un retkt de l'histoire de la didactique et de l'évolution de l'enseignement, il en subit aussi les modes et les tendances.Non seulement l'apparence change — il est passé du texte en caractères noirs à la couleur et aux illustrations de toutes sortes — mais l'approche pédagogique aussi.11 fut un temps au Québec où l’approche pédagogique était le behaviorisme.«On pense aussitôt au chien de Pavlov.Dans ce cas.le manuel scolaire est un exerciseur pour l’enfant, qui apprend alors par repetition.» Aujourd'hui, Tap proche est devenue le «socio-constructivisme».«Ici, le manuel scobire accompagne l’élève et l aide à construire ses connaissances selon une démarche d’apprentissage qui lui est propre.• C'est ce que Ta dernière réforme scolaire, avec ses compétences transversales et son approche par projets, vient d'introduire dans le réseau scolaire québécois.Que deviendra le manuel scolaire à Tère des télécommunications et d’Internet?Déjà l’enseignement «à distance et en ligne se développe-, permettant du même coup l'utilisation rie manuels scolaires numérisés.Verra-t-on ces derniers se multiplier et finir par concurrencer le manuel scolaire imprimé le jour où ils seront facilement accessibles à partir de l’ordinateur pirtatif de l'étudiant?«Il y a un questionnement sur l’avenir du manuel scolaire mais pour le moment, personne ne peut dire quelle direction ceb prendra.» Un autre sujet qui sera sans doute débattu lors de ce colloque.Collaborateur du Devoir littérature distincte Le livre scolaire sous surveillance Outil d’apprentissage, le manuel est aussi — et peut-être davantage — outil de socialisation: quand on apprend à l’enfant la règle du participe passé avec le verbe avoir, on illustre ce précepte grammatical avec un exemple qui contient souvent un message, de la même façon qu’un message publicitaire conditionne l'auditeur pour lui faire acheter le produit PAUL AUBIN On ne sera donc pas surpris de voir Québec, principal bailleur de fonds du monde scolaire, intervenir directement dans le choix des livres utilisés en classe: c’est la politique d’approbation des manuels votée une première fois en 1856, mise en pratique quatre ans plus tard et toujours en vigueur, quoique fortement remaniée.Ainsi, l’État dresse la liste des manuels autorisés et comme c’est lui qui, en définitive, solde la note par l’intermédiaire des commissions scolaires, il lui est facile d’imposer ses directives dans ce domaine.Jusqu’au milieu de la décennie 1940, soit jusqu’à l’instauration de la gratuité de l'enseignement préuniversitaire, la politique d’approbation n'était pas très stricte.On a d’abord commencé par confier aux commissions scolaires locales la prérogative de choisir les manuels autorisés sur le territoire contrôlé: c’est la loi de 1841.Devant le succès plus que mitigé, on déplace cette responsabilité depuis les administrations locales vers un pouvoir central, le Conseil de l’instruction publique créé en 1856, auquel on confie le rôle de choisir les manuels pour l'ensemble du territoire québécois.Si Ton se fie à la littérature impri-mée, la politique semble porter fruit Le Conseil publie régulièrement les listes de livres approuvés et les éditeurs recherchent cette approbation, comme en font foi les milliers de lettres adressées au sur-intendant et sollicitant cette consécration, de même que la mention d'approbation affichée en page de titre des manuels effectivement agréés.Mais on note aussi les nombreux rappels aux commissaires leur enjoignant de n’utibser que ces manuels, et les menaces, maintes fois proférées mais jamais suivies de sanctions, de couper les fonds aux contrevenants.Rare censure À côté de la politique, il y a la pratique.Notons en premier lieu le faible taux de manuels auxquels on refuse l'approbation, et encore, habitueDement pour des raisons pédagogiques — le livre ne correspond pas aux programmes — ou economiques, lorsqu Tl y a suffisamment de manuels approuvé?dans la discipline concernée.A peine peut-on retracer quelques rares cas de véritable censure, comme pour ce livre de lecture des Frères des écoles chrétiennes en 1880 dont on devra, dans les prochaines rééditions, changer un poème jugé inconvenant on y discourait sur les bécots amoureux de deux pigeons pour terminer par une dizaine de vers consacrés «au bon gros porc angbis».En fait peut-on pratiquer un véritable dirigisme quand les critères d’approbation ne sont jamais énoncés?Jusqu’à la fin de la décennie 1960, on ne publie jamais le moindre texte pour définir ce dont on doit parler dans les manuels ou ce qui est tabou, auteurs et édi- teurs devant se rapporter aux énoncés des programmes pour leur servir de guides; à ce chapitre, les programmes définissant les objectifs de l'enseignement de l'histoire sont éloquents.Nouvelles valeurs Lu situation change radicalement à partir des années 1970.L'émergence de nouvelles valeurs dans les sociétés occidentales, la prise de conscience de la diversité des idéologies, l’accès des groupes minoritaires aux médias d’information, la hantise du politically correct vont amener les autorités du ministère de l’Éducation à produire une nouvelle littérature: aux programmes destinés en premier lieu aux professeurs auxquels incombe l’obligation de préparer les élèves aux examens de fin d’année, vont s’ajouter une floraison de textes destinés aux éditeurs et éventuels auteurs, et rangés d’abord dans la catégorie des «normes» et ensuite daps celle des «devis».A titre d’exemple, le programme d’histoire du Canada de 4' secondaire de 1982 compte 67 pages, et le texte destiné aux rédacteurs du manuel devant correspondre à ce programme s'étend sur 119 pages! Encore faut-il s’assurer que les politiques clairement énoncées soient scrupuleusement respectées; aussi, le ministère de l’Éducation publie-t-il, à l’intention de ses propres fonctionnaires, des guides pour évaluer les textes soumis aux fins d’ap probation.Toujours en 1982,1e MEQ pubhe un imposant document de 153 pages truffé de tableaux de toutes sortes et se terminant par pas moins de 28 questions servant à traquer toute expression ou illustration, formelle ou subliminale, que l’auteur doit absolument éviter, particulièrement aux chapitres litigieux du sexisme et du racisme.Partie d’un souci d'uniformisation des manuels dans le but d’en réduire les coûts, la politique d’approbation, d'abord très souple pour ne pas dire permissive, en est arrivée à un contrôle non seulement des contenus, mais aussi des formules, tout au moins celles proscrites.Auteurs et éditeurs y gagnent dans la mesure où le respect des normes leur permet d'entrevoir l'acceptation de leurs textes; qu'en est-il des élèves?Paul Aubin est chercheur associé au Centre interuniversitaire d’études québécoises, lequel est rattaché à l'université IaivoI et à l’Université du (Québec à Trois-Rivières.bien^ à la Grande Bibliothèque GRANDE BtRUOTHÈOUE SiBlio'heqoe et Archives nationales du Québec 475, bout D« Maisonneuve Eat.Montréal (Méoo Bern UOAMi Pour en savoir plus : www.banq.qc.ca (514) 8?3-1100 > 1 800 363-9028 ^v0,% .«i.0/ *ilills v» nsfiotruttot Québec 300 ANS DE MANUELS SCOLAIRES AU QUEBEC Une exposition produite par Bibliothèque et Archives nationales du Québec Dès novembre 2006 Entrée libre Premier livre feuilleté par des générations entières de Québécois, le manuel scolaire a connu une progression spectaculaire depuis près de 300 ans Ou premier manuel rédigé a l’intention des Québécois mais publié en France en 1702 le Catéchisme du diocese de Quebec en passant par le Catéchisme du.diocese de Sens, premier livre imprimé au Québec en 1765, on atteint une masse de plus de 3 600 manuels édités durant la décennie 1990 Cependant, lintérèt du manuel ne s* limite pas à l'importance de son tirage En effet, il informe sur le contenu du.savoir dispensé .dans les salles de cours et sur les méthodes d'enseignement et d'apprentissage Le manuel scolaire reflete les valeurs transmises aux générations montantes H s’inscrit dans le erreuit de production des biens et des services depuis sa rédaction jusqu a sa diffusion Lexposition illustre la complexité du manuel, les forces qui le modèlent, le savoir-faire des artisans qui Font produit Elle évoque également le milieu dans lequel il a été utilisé Intermédiaire privilégié entre le savoir et l’apprenant, le manuel se présente comme un premier Instrument de libération, grâce a lui, l’enfant tient l'école entre ses mains Commissaires Paul Aubin et Soraya Bassil Guenn l'éditeur des écoles 4501, ru* Drolat Montreal I Quebec) H2T 2G2 Canada Téléphone: (5141842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Courriel : francel@guerin-editeurqc.ca Site Internet : http://wvvw.guerin-editeur qc.ca » • » • LIDEC l'éditeur qui répond à vos besoins pédagogiques 4350, avenue de l'Hotel-de Ville Montreal (Quebec) H2W 2H5 Telephone (5141 843 5991 Télécopieur : (614) 843-b?!>?Sans (rais : 1 800 350 5991 Site Internet http://www.lidflc.qc ca Courriel tidec@lidec qc ca !• F b b b • b b b b b • b b : IÆS ÉDITIONS LA PK1YSÉK Inp.Maternelle primaire secondaire 4370, avenue de l'HOtel-da-Villa Montréal (Québec) H2W 2H6 Téléphona : (5141 848-9042 San* frais : 1 800 667-5442 Télécopiaur : (514) 848-9836 Site Internet : http: / / wwwedrtlons-lapensee.qc.ca Courriel : information@editions- lapentee qc ce */brn\ COÉÏ^ 168 170, rue Sainte-Catherine Est Montreal (Quebec) H2X1K9 Tel.; (514) 861 5647 Téléc.: (514) 861-5307 SPECIALITE: livres universitaires et collégiaux, sciences medicales, gestion, sciences comptables 4440, rue Saint Denis Montreal (Quebec) H2J2L1 Tel : (514) 843 6241 Téléc : (514) 843 6298 SPECIALITE livres d’occasion 4560, rue Saint-Denis Montreal (Quebec) H2J 2L3 Tel : (514) 849 1112 Telec : (514) 849 636Q LIBRAIRIE GENERALE manuels scolaires : primaire et secondaire LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE » AVRIL 2006 G 4 MANUELS SCOLAIRES Des Yvette.Un manuel au cœur de la campagne référendaire Mars 1980.Le débat référendaire bat son plein.Le clan du «oui» a le vent dans les voiles.Celui du «non» semble piétiner.Lise Payette, alors ministre d’Etat à la Condition féminine, qualifie l’épouse de Claude Ryan d’«Yvette».C’est le nom donné par certains manuels scolaires au modèle de jeune fille.Mais quelle est cette Yvette, ce modèle?C’est le manuel de lecture des auteurs Forest et Ouimet qui nous l’apprend: «Guy pratique les sports — la natation, la gymnastique, le tennis, la boxe, le plongeon.Son ambition est de devenir champion et de remporter beaucoup de trophées.Yvette, sa petite sœur, est joyeuse et gentille.elle trouve toujours le moyen de faire plaisir à ses parents.Hier, à l’heure du repas, elle a tranché le pain, versé l’eau chaude sur le thé dans la théière, elle a apporté le sucrier, le beurrier, le pot de lait, elle a aussi aidé à servir le poulet rôti.Après le déjeuner, c’est avec plaisir qu’elle a essuyé la vaisselle et balayé le tapis.Yvette est une petite fille bien obligeante.» Il n'en fallait pas plus pour déclencher une polémique.Le 30 mars 1980, à l'occasion d’un «brunch des Yvette» organisé au Château Frontenac à Québec par la vice^présidente du Parti libéral, Monique Lehoux, plusieurs conférencières dont Madeleine Ryan, Michelle Tisseyre, Monique Bégin, Thérèse üivoie-Roux, Solange Chaput-Rolland et la sénatrice Thérèse Casgrain dénoncent l’insulte de Lise Payette envers la femme au foyer.le 7 avril, 14 000 femmes réunies au Forum clament leur attachement aux valeurs familiales et au fédéralisme.Le vent vient de tourner.Le «non» l'emportera.Michel Allard Edition française Une double page pour un sujet «Pour plusieurs, dont des parents, le manuel [actuel] semble complexe, voire incompréhensible » Symbole de l’éducation, le manuel scolaire français a fait peau neuve.En trois décennies, il est passé d’un ouvrage qui reproduit et développe le programme conçu par le ministère de l’Éducation nationale à un outil d’apprentissage «flexible», adapté à l’enseignement.Alain Choppin, spécialiste français de l’édition scolaire, esquisse les grandes lignes de cette évolution.ULYSSE BERGERON Le manuel scolaire français n’est phis ce qu’il était II «est aujourd’hui très flexible.Il s’est peu à peu complexifié en adoptant une structure réticulaire», résume Alain Choppin, maître de conférences et chercheur à l’Institut national en recherche pédagogique.Le squelette de l’ouvrage prend donc forme autour de la notion de réseau, c'est-à-dire qu’il n’a plus d’enchaînement préétabli.IjC professeur se l’approprie selon l'enseignement dispensé et les thématiques abordées.C’est qu'avant 1975, l’incontournable ouvrage était «consommé de manière linéaire».Structuré en chapitres, il suivait de façon quasi littérale le programme que concevait le ministère de l’Education nationale.«On peut presque dire que la table des matières, c’était le programme.C’est-à-dire qu’m commençait au début et on finissait à la fin.C’était très progressif comme approche; on pouvait le lire comme un livre», commente-t-il Vint la réforme La profonde transformation provient d'une réforme scolaire majeure, la réforme Haby.En 1975, René Haby, alors ministre de l’Éducation, propose de nombreuses modifications dans le secteur de l’éducation qui ont pour effet d’abolir les «filières» — niveau de compétences scolaires — jusque-là parties intégrantes du système scolaire français.Dès lors, les groupesclasses auparavant organisés par niveau de compétence — ce qu'on appelle au Québec les classes de douance ou SA SAUVEGARDE ET SA VALORISATION oeq GREM M- UQÀM touiîiMüNois 3 T jcoiâirâ Vous te cordialement invité au lancement de l'ouvrage Le l’utrimome notaire: sa sauvegarde et sa valorisation.Dirigé par Anik Meunier, professeure au Département d’éducation et pédagogie et au Programme de maîtrise en muséologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et publié aux Éditions MultiMondes.l e lancement sera présidé par madame Danielle laberge, vice reetrice à la vie académique et vice reetrice exécutive de l'Université du Quebec à Montréal (UQAM), et madame Ionise Mainviile, commissaire a la Commission scolaire de Montréal (CSDM).Un cocktail sera servi.j le jeudi 13 avril ?006.à 18 h AlîsallelaCapitale 4 eiage Hotel Gouverneur Wacc Dupuis 1415, rue Saint Huiieit Montreal Metro tetri UMM les classes de cheminement particulier — s’effacent au profit de filières uniques, qui réunissent dans une même classe les élèves san$ discrimination de compétences.«A partir de ce moment, on peut retrouver dans une classe aussi bien des surdoués que des quasi-analphabètes», constate le spécialiste.Du même coup, l’enseignement se modifie et les manuels scolaires doivent s’adapter.Ils deviennent des outils servant à la «gestion de l’hétérogénéité» des groupesclasses plutôt que des ouvrages de référence.Le manuel est plus flexible; il se transforme en une sorte de boîte à outils pédagogique et didactique sur laquelle s’appuie l’enseignant Le manuel ne propose donc plus un exposé suivi et articulé des connaissances; il juxtapose plutôt des rubriques repérées par un titre, une couleur ou un logo.«Pour plusieurs, dmt certains parents, le manuel semble complexe, voire incompréhensible», admet-il.Ije fonctionnement du manuel se fait sur un modèle de «double page».Une des pages est consacrée à l’exposé des connaissances, et la page suivante prolonge et illustre le cours en proposant des documents, des expériences, des exercices.La double page doit former un tout.L’unité de mesure n’est définitivement plus le chapitre, indique M.Choppin.«À la croisée des chemins» Trente ans phis tard, le spécialiste avance «qu 'm se trouve présentement à la croisée des chemins».Il affirme que le manuel entre aujourd'hui en concurrence, entre autres choses, avec les nouvelles technologies de l'information — Internet en tête de liste — ainsi qu’avec l’utilisation d’outils multimédias numérisés.Même si elles ne sont pas enepre soutenues financièrement par l'Etat français, des ressources sur Internet mm Une classe du primaire en Alsace.existent bel et bien.À titre cj’exemple, depuis quelques années, Éducasource et Éducaclic, deux répertoires en ligne, offrent une panoplie de ressources didactiques.Lorsqu’on lui demande d’analyser l’effet de ces nouvelles technologies sur l’utilisation des manuels, il répond sagement qu'on ne peut, pour l’instant estimer l'impact réel d’une telle concurrence sur l’évolution des manuels scolaires: «Il est encore trop tôt.» Mais selon lui, le manuel est certainement «en phase d’adaptation», sans pour autant être menacé.Néanmoins, l’émergence d’Internet offre, il est vrai, une nouvelle possibilité aux enseignants français qui, depuis 1880 (au primaire) et 1881 (au secondaire), ont le libre choix de leurs outils didactiques.En ce sens, Internet est perçu par certains comme un changement majeur dans l’univers de l’édition scolaire, car l'enseignant peut passer outre l’étape obligée que représentait jusqu'ici l’éditeur.Partenariats En France, l’édition scolaire est souvent représentée comme une histoire de relations entre trois acteurs majeurs: l’État, l'éditeur et les auteurs — qui, pour la vaste majorité, sont des enseignants.C’est d’ailleurs sous cet angle qu’Alain Choppin décrit l’édition scolaire à l’intérieur de son ouvrage Les manuels scolaires: histoire et actualité (Hachette, 1992).«Je ne crois pas qu’à court ou moyen terme l'édition scolaire soit en danger ou tout simplement déstabilisée», dit-il II précise que l’État n'offre pas, jusqu’à présent, de subventions ou de subsides pour les initiatives informatiques.Par le fait même, peu d’éditeurs se lancent dans l’aventure Internet ce qui aurait pour effet de freiner le développement potentiel que représente ce secteur.EL comme M.Choppin le souligne, la principale caractéristique du manuel est d’être prescrit et subventionné par l’État Autre facteur majeur «Le manuel, qu’on l’aime ou le déteste, reste SOURCE FREDERIC DE LA MURE / M.A.E.un symbole très fort en France.Je ne crois pas qu’on soit prêt à s’en départir aussi facilement.» Si concurrence il y a, elle provient davantage des ouvrages para-scolaires.Comme l’indique le spécialiste de l’édition scolaire, les manuels ne sont qu’un type parmi d’autres d’outils scolaires.«Pour ma part, je distingue le livre scolaire du manuel scolaire.On peut distinguer deux types d’outil: ceux qui sont écrits pour la classe, dans une intention scolaire, et d’autres qui sont utilisés en classe, mais qui ne sont pas, au départ, voués à une destination scolaire», explique-t-il.Au nombre des ouvrages conçus pour une utilisation scolaire, on retrouve les «parascolaires», des ouvrages qui ne sont pas prescrits par l’enseignant mais «que tous les parents d’élève achètent dans les grandes surfaces pour faire travailler les enfants».Leur usage serait de plus en plus fréquent Collaborateur du Devoir • y* czeq Centre interuniversitaire d'études québécoises Plusieurs domaines de recherche l'Atlas historique du Québec Une collection novatrice, scientifique, éducative et culturelle, s’adressant au grand public Présent à l'Université du Québec à Trois-Rivières et à l'Université Laval, le CIEQ est reconnu par le FQRSC Un lieu de formation et d'échanges intellectuels Une expérience collective d'interdisciplinarité Espace-économie-société Populations, âges de la vie et transmission Cultures religieuses Institution Réseaux et mouvements sociaux S9 uNMMirt l_Jtp-T-f=R (gï§ LAVAL *««.Venez nous visiter! ; www.cieq.ulaval.ca] www.cieq.uqtr.ca FORMER L'ESPRIT, LE CŒUR ET LE CORPS Collège secondaire privé pour les filles et les garçons de 1' à 5e secondaire 3791, chemin Queen Mary, Montréal (Québec) H3V 1A8 (514) 739-3371 www.collegenotre-dame.qc.ca Le Collège Notre-Dame est fier de s ’associer au colloque international Le manuel scolaire d’ici et d’ailleurs, d’hier à demain.MATHEUKOCK designer ¦« *> GRAPHISME ILLUSTRATION DESIGN D’EXPOSITION 406?boulevard Samt-Laurent (bureau 203) Montréal (Québec) H2W 1Y7 t.514.284 4444 f LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AVRIL 2 0 0 6 • MANUELS SfOLA 1RES • Mise aux normes «Un manuel de mathématique, de géographie ou encore de français engage des investissements de près de 1,5 million de dollars» Au Québec, le secteur de l’édition du manuel scolaire générait des ventes de l’ordre de 80 millions de dollars en 2005.I n chiffre qui impressionne à première vue, mais qui ne dit pas tout.Car, pour produire un nouveau titre, il faut prévoir des investissements de quelque 1,5 million de dollars.D’autant plus que ce secteur d’activité est circonscrit, voire milli métré, par des règles strictes émanant du ministère de l’Éducation (MEQ).Appréciations à.manuel ouvert.THIERRY HAROUN T a seule chose qu ont en corn-un livre [de littérature] et un manuel scolaire, c’est que ce sont des livres parce que, autrement, tout est différent», juge Denis Vaugeois, ancien ministre de la Culture sous René Lévesque et président du conseil d’administration de l’événement Montréal, capitale mondiale du livre.Par exemple, soumet-il, dans le cas du roman, «vous pouvez insulter qui vous voulez, vous pouvez être raciste, sexiste, qu’importe, c’est votre liberté.Tandis que, pour le manuel scolaire, c’est tout le contraire.H faut respecter une infinité de règles en fonction du programme élaboré par le ministère de l’Éducation».Les maisons d’édition qui se spécialisent dans ce secteur «constituent des équipes pour publier des manuels scolaires.Remarquez qu'un individu peut également prendre l’initiative de préparer un manuel et le proposera une maison d’édition.Mais dans la plupart des cas, cette initiative est prise par l’éditeur», estime M.Vapgeois, également président des Editions du Septentrion.A noter que cette maison d’édition ne publie pas de manuels scolaires.Et la marge de manœuvre dans la production de ce type d’ouvrages est «très étroite».Tout est encadré, «le type de reliure, la typographie, le type de papier, et ainsi de suite».Et la liste des règles et autres critères auxquels doit se conformer l’édition du manuel scolaire est exhaustive.Les critères C'est la Loi sur l’instruction publique qui encadre les ouvrages indispensables à l’éducation préscolaire et à l’enseignement primaire et secondaire.Ces ouvrages correspondent à ce qu’il est convenu d’appeler le «matériel didactique de base», qui comprend deux types d’ouvrage: les ensembles didactiques et les ouvrages de référence d'usage courant, tels les diction- naires usuels, les grammaires, les atlas et les bibles.La publication d'un manuel scolaire doit, par exemple, se conformer aux aspects dits «pédagogiques».Ce volet s'articule autour de plusieurs critères, comme le fait de s’assurer de l’adéquation de la conception de l'apprentissage et des propositions d’approche pédagogique avec les exigences d’une approche par compétence, ainsi que de l'adéquation du traitement des contenus d’apprentissage avec les orientations et les éléments prescrits par le programme de formation; de contribuer au rehaussement culturel et à la qualité de la langue; de s'assurer de l'exactitude des contenus du matériel didactique; et de s’assurer que le maté riel didactique comporte des éléments qui favorisent et facilitent l'enseignement et l’apprentissage.A cela s’ajoutent les aspects dits «socioculturels».Ceux-ci consistent à s’assurer que le matériel repré sente adéquatement fa diversité de la société québécoise et qu’il est exempt de discrimination.Le crité re de 1a représentation démocratique et pluraliste de fa société s’articule autour de cinq éléments.Ainsi, il s’agit de retrouver dans le inatériel didactique une juste représentation des personnages issus des groupes minoritaires, à savoir que, dans les illustrations et les textes suivis, environ 25 % de l’ensemble des personnages doivent être associés à une minorité; de retrouver des rapports égalitaires entre les personnages des deux sexes; de retrouver une représentation diversifiée et non stéréotypée des caractéristiques personneUes ou sociales des personnages; de voir à une interaction des personnages de groupes minoritaires dans des situations de la vie courante; et de s’assurer d’une rédaction non sexiste des textes.La qualité du matériel doit aussi être prise en compte.Dans ce cas, il faut s'assurer de fa durabilité de la couverture et de la reliure du manuel de l’élève; d’une présentation convenable du matériel; de l’accessibilité à l’information et de fa lisibilité du texte et des illustrations.Bien sûr, le placement de produits est interdit, tout en s’assurant de l'absence de promotion qui pousse à la consommation, ainsi que de faire l’économie d’une promotion éditoriale; et enfin, de voir à ce que le matériel respecte les valeurs morales et religieuses de tout un chacun lœ tout est encadré par le Comité dévaluation des ressources didactiques.Ce comité est composé d’une douzaine de personnes issues du milieu parental, du réseau scolaire et du secteur de l’édition.11 a pour principale mission de conseiller le ministre de l’Éducation sur toute question relative au manuel scolaire et au matériel didactique.lin défi Malgré ce chapelet de contraintes, 1a production de tels ouvrages destinés à l'éducation de nos jeunes est «un défi professionnel qui est tout à fait réel et valorisant.Car si vous vous rendez compte que c’est votre manuel qui a la faveur des fi S T PUBLIÉ PAR L fi H fi V 0 I R Responsable: NORMAND THERIAULT Htlirriaultolcdf'Ynir.ca TH.: (514) 985-3333 redactionoledrvoir.coni F A I S C E Q U E I) Presses de TUniversité du Québec Collection Éducation-Recherche L* manue SCO aire Un outil à multiples facettes Le manuel scolaire Un outil à multiples facettes ¦f Commandez en ligne et économisez WWW-0CKJ •ca • Son utilisation lors de l’intervention éducative • Les pratiques relatives à sa conception, à sa production et à sa diffusion • L'analyse disciplinaire, didactique et sociologique de ses contenus Sous la direction de Monique Lebrun 42* Commande téléphonique 1 800 859.7474 ARCHIVFS LE DEVOIR Denis Vaugeois enseignants, il y a là matière à satisfaction».indique Denis Vaugeois.Et le fait d’entreprendre 1a production d’im manuel scolaire «exige de gros investissements car ça coûte cher de nos fours: il faut prévoir une reliure cartonnée, cousue; il faut de la couleur partout; il faut prévoir des frais pour le graphisme; et la présentation doit être très soignée et très claire, La productim de chaque page d’un manuel représente un important investissement.Et pour amtrrtir les frais de production, il faut prévoir un bon tirage.Si vims n ’ètes pas certain de vendre 10 000 exemplaires, vaux mieux de pas s'engager».Qu’en est-ü de 1a marge de pro- fit?«Elle ne se compare pas aire le monde du roman.Prenons par exemple un titre de Marie Laberge qui se l'end 30 $.L’éditeur touche environ 33 % de la vente», le reste étant reparti entre le distributeur, le libraire et l’auteur.«Or.dans le cas d'un manuel scolaire qui est vendu directement aux commissions scolaires, l’éditeur touche la totalité de la t'ente.» Seulement, s'inquiète M.Vaugeois, «tm a assiste au cours des dernières années à une concentration que Ton peut qualifier de considerable du côte de l’édition scolaire.Bon.pour l’instant, la propriété québécoise est encore là, mais il suffirait de deux transactions pour perdre le contrôle de ce marché».Pour l'instant.on peut «se croiser les doigts», mais fa concentration fait en sorte que notre marché «est vulnérable».prévient-il.Un instant, rétorque de son côté Jacques Rochefort, président et çhef de 1a direction de Chenelière Education: «Im concentration est bien réelle, mais celled n'est pas une chose negative en soi.Im concentration a permis à notre industrie d’infecter des sommes de plus en plus importantes.Car le fait de développer un manuel de mathématique, de geographic ou encore de français engage des investissements de près de 1,5 million de dollars, et ce, avant même datair vendu un seul exemplaire.Un investissement risqué à 100 %.» Car encore faut-il que ce titre en devenir obtienne la sanction du Bureau d’approbation du matériel didactique du ministère avant de pouvoir être introduit sur fa marché du livre scolaire.De manière générale, cette industrie se porte bien, soutient M.Rochefort, ajoutant que cela s'explique notamment par la réforme scolaire qui a cours tant au niveau primaire que secondaire.Cette réforme — pour ne pas dire ces réformes — a en quelque sorte dy namisé de manière «assez exception nelle notre industrie».Une industrie toute québécoise, insiste-t-il: «i'ette filière est conduite par des prolessumnels et des artisans du Quebec, à savoir les auteurs, les conseillers denfifiques, les conseillers pedagogiques, les réviseurs linguistiques, les recherehistes, les charges de projet.les müicteurs, etc » On compte au Québec un peu moins d’une dizaine de maisons d’édition de manuels scolaires, dont Guérin, Içs Editions Grand Due HRW, les Éditions dg Renouveau pédagogique, les Éditions CEC et Chenelière Education.Collaborateur du Devoir CHENELIÈRE EDUCATION Eeauchemin ïhenelière éducation JÊT* Chenelière L* McGraw-Hill Kiiëtsm morin éditeur L'éditeur francophone le plus important en Amérique dans le domaine de l'éducation, du préscolaire à l'université GRAFICOR Nous publions plus de 2 600 auteurs issus de tous les ordres d'enseignement.Nos catalogues comptent au-delà de 4 200 titres utilisés dans près de 5 000 établissements d'enseignement au Canada et distribués dans l'Europe francophone ainsi qu'aux Etats-Unis.% T»*l (514) 273 1066 * Trilrir '514) 2/6 Q374 1 800 814 0374 Service a la clientele (S14) 273 8055 ou 1 800*565 5531 wwwehene • */«chencl»' Au service des personnes en mouvement avec son temps ü La CSQ^est fière d'appuyer le projet de création d’un Musée de l’Education au Québec Ccntrak det syndicat» du Québec www.csq.qc.net LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 AVRIL 2006 G 6 * MANUELS SCOLAIRES * Musée de l’éducation Et dire que tous et toutes sont passés par l’école ! «Le Québec est en train de perdre son patrimoine en matière d’éducation» Le musée national de l’éducation pourrait sous peu voir le jour.Une équipe de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) travaille activement à l’élaboration d’un projet de musée voué au secteur de l’éducation.La directrice de l’initiative, Anick Meunier, nous propose une visite guidée de ce qui devrait être une première au pays.ULYSSE BERGERON Professeure au département d’éducation et de pédagogie de 1TIQAM, Anick Meunier ne mâche pas ses mots lorsque vient le temps de commenter l’état actuel du patrimoine matériel du secteur de l’éducation.Elle souligne l’urgence d’agir afin de préserver les éléments du passé qui nous renseignent sur ce pan de l’histoire québécoise, soutenant vigoureusement que «le Québec est présentement en train de perdre son patrimoine en matière d’éducation».Faute de lieux de rassemblement et de conservation, de nombreux documents, objets et témoignages risquent sous peu d’être détruits ou dispersés, soutient Mme Meunier.«Les communautés religieuses, entre autres, ont conservé plusieurs objets qui ont une valeur historique.Mais nous devons nous assurer de les rassembler afin de pou- voir les conserver dans les meilleures conditions possibles», ajoutet-elle.Et c’est justement pour sauvegarder ces trésors culturels qu’une équipe de spécialistes de l’UQAM — issus des secteurs de l’éducation, de l’histoire et de la muséologie — s’affaire à développer et peaufiner un projet de musée strictement destiné à l’éducation.Patrimoine et histoire Les paramètres du projet ne sont pas encore totalement définis.Néanmoins, les grandes lignes sont tracées, assure la responsable.La mission du musée devrait graviter autour de deux axes: le patrimoine scolaire et l’histoire de l’éducation.Plusieurs idées de développement ont jusqu’à présent été mises de l’avant.Une collaboration avec l'Institut national de recherche pédagogique (1NRP) de la France est envisagée.Cette coopération permettrait d’échanger ressources professionnelles et expertises dans les secteurs de la recherche et de la muséologie.Des expositions pourraient être mises sur pied conjointement afin d’assurer une diffusion étendue des initiatives entreprises.L’objectif est clair et déclaré: devenir le pôle de référence du patrimoine scolaire dans la province.Pour y parvenir, le musée en devenir se concentre sur les volets recherche et exposition.Quatre projets d’exposition sont développés.Ceux-ci se concentrent sur le rapport Parent, les manuels scolaires, le patrimoine scolaire bâti et l’apprentissage de la lecture.Actuellement, l’exposition Lire, toute une aventure.quand le musée va à l’école est présentée à la bibliothèque des sciences de l’éducation delTJQAM.Pour tous «On part du principe que tout le monde est allé à l’école, donc que l’école fait vibrer une fibre émotive pour une majorité d’entre nous parce qu’elle a occupé une place centrale dans nos vies», indique Mme Meunier.Il est donc possible, note-t-elle, de «développer une approche intergénérationnelle» en présentant, historiquement, les écoles d’autrefois et d’aujourd’hui «On pense d’ailleurs à reconstituer une classe du début du siècle» afin de permettre aux visiteurs d’observer l’organisation «ou la non-organisation» qui prévalait dans les écoles de rang.Toutefois, outre la recherche et la sauvegarde du patrimoine scolaire, le musée de l’éducation devrait jouer un rôle de vulgarisateur scientifique auprès de divers publics: étudiants des niveaux primaire, secondaire, collégial et universitaire, adultes, enseignants et chercheurs.Jusqu’ici, le projet soulève l’enthousiasme.Les appuis proviennent d’unités, de départements et de facultés de l’université ainsi que d’acteurs politiques et d’institutions d’enseignement Plusieurs communautés religieuses s’associent également au projet en faisant des dons d’objets et en transférant une partie de leur fonds documentaire.La Congrégation des sœurs de Sainte-Anne a même transféré l’ensemble de son fonds.Autre exemple: «Lors de la fermeture de la maison mère de la Congrégation Notre-Dame, on a pu récupérer beaucoup de documents et de manuscrits, mais également la maquette de la première école de Marguerite Bourgeoys», souligne la professeure.Le frère I ntel en première L’initiative a officiellement été lancée lors d’un colloque international commémorant le dépôt du premier tome du rapport Parent, en 2003.«Le comité organisateur avait demandé au Groupe de recherche sur l’éducation et les musées [GREM] d’organiser une exposition pour illustrer les 40 ans du rapport», rappeDe Anick Meunier, alors commissaire de l’exposition.Pour l’occasion, plusieurs documents avaient été rassemblés afin de commémorer de façon matérielle des réalités très souvent abstraites.Elle souligne qu’il s’agit «d’ailleurs là du principal défi d’un musée comme celui-ci: arriver à représenter matériellement des réalités qui ne le sont pas».Pour y arriver, l’exposition Regard sur le rapport Parent avait, entre autres choses, reconstitué le bureau de Jean-Paul Desbiens (alias le frere Untel), importante figure de la réforme de l’éducation et de la Révolution tranquille.De cette exposition ont émané deux constats.Tout d’abord, «il n’y a aucune institution à vocation muséale qui conserve et sauvegarde des témoins matériels relatifs à l’éducation, explique Mme Meunier.H y a certaines initiatives comme celles des communautés religieuses, mais il ne s’agit pas de musées à proprement parler.Le deuxième constat, c’est qu’on avait rassemblé un ensemble d’éléments qu'on a dû disperser par la suite».La directrice affirme que le projet dépend maintenant de décisions «qui relèvent davantage du politique» et elle précise que «le calendrier est plein d’espoir» et que si tous les acteurs nécessaires à la concrétisation du musée s'assoient autour d’une même table, celui-ci pourrait voir le jour d’ici quelques mois.A l’heure actuelle, les collections sont entreposées dans l’édifice Be ni, situé aux coins de la rue Berri et du boulevard René-Lévesque.Sans vouloir confirmer quoi que ce soit, Anick Meunier confie: «On a l’impression qu’on a déjà un pied dans la demeure.On peut facilement dire que l’édifice Berri, qui appartient à la Commission scolaire de Montréal, est pressenti pour accueillir le musée.Et ce qui est intéressant, historiquement parlant, c’est de savoir que c’est à cet endroit précis que le Refus global a été signé.» Collaborateur du Devoir Catéchisme En 1702, M" de Saint-Vallier promulgue un catéchisme qui doit promouvoir un enseignement uniforme à la grandeur du diocèse de Québec.Par la suite, et malgré certaines divergences, les évêques du Québec finissent par s’entendre sur la nécessité d’un manuel unique pour l’unité religieuse et culturelle des Québécois, en situation minoritaire en Amérique du Nord.À quelques reprises, ils ont changé de catéchisme officiel; le nouveau devenait alors le seul autorisé.BRIGITTE CAULIEK Appris à l’église paroissiale le dimanche et surtout à l’école, le catéchisme constitue le manuel le plus diffusé et le seul certainement aussi mémorisé.Cet ap- Î>rentissage qui se fait déjà dans es écoles tenues par les religieuses et les religieux sous le Régime français, pénètre le système scolaire public qui se développe au XIX'' siècle.[.] Les programmes scolaires catholiques québécois ont longtemps comporté une hiérarchisation des matières qui place la religion au sommet des disciplines.Non pas que celles-ci soient négli- gées pour autant, mais la religion oriente la philosophie générale des programmes.L’apprentissage du catéchisme se fait dans les premières années de l’école élémentaire.Il est basé sur la mémorisation des questions et de leurs réponses.Truffé de procédés mnémotechniques pour en faciliter l’assimilation, il se scinde au début en deux volumes pour permettre de distinguer les connaissances essentielles de l’approfondissement.L’enfant doit le connaître par cœur pour faire sa première communion, vers 10-12 ans.Dims le programme scolaire de 1879, l’abrégé du catéchisme figure aux deux premières années: le FINANCIÈRE BANQUE NATIONALE www.equipeparent.com Le premier livre De l’église à l’école petit catéchisme s’assimile en 2?et 3' années.La 4e, qui marquait alors la fin de l’élémentaire, s’attaquait au grand catéchisme.Trois années d’école modèle poursuivaient cette étude.Un peu moins d’une décennie plus tard, on réaménage l’apprentissage en se contentant d’un enseignement oral en première année, de l'abrégé du petit catéchisme l’année suivante et du petit catéchisme en 3' et 4' années.Après une année de révision en 5% les jeunes abordaient le grand catéchisme en 6’.On a donc repoussé vers des degrés moins fréquentés l’approfondissement du catéchisme.Avec le nouveau catéchisme de 1888 qui aura la vie longue (une cinquantaine d’années), ces grandes distinctions disparaissent et son enseignement, en un ma- nuel unique, traverse les six ans — sept ans de l’école élémentaire, à partir de 1923.Le «Catéchisme catholique» de 1951, dernier par questions-réponses, ne change en rien l’apprentissage scolaire sur ce plan.Le livre est incontournable.fi affirme les devoirs envers Dieu, l’Église et le prochain.S’il fournit les connaissances essentielles sans lesquelles l’homme ne peut être sauvé, il permet d’inculquer les comportements moraux, les modèles de vie en société et dans la communauté paroissiale.Ce corpus à mémoriser donne lieu à un diplôme d’instruction religieuse.Remis lors de la communion solennelle au XX’ siècle, ce diplôme dit aussi les hiérarchies de l’intelligence.Certains se souviennent de l’expression «avoir fait son catéchisme COOPSCOjBMI COOP UQAM La librairie universitaire Coop UQAM est fière de participer au Colloque international sur le manuel scolaire.Cet événement représente une occasion unique de contribuer à la diffusion du savoir d'ici et d'ailleurs.Piirtriuiirt' (>ri> ilrgir tir- PI y i rrttr nnasioa.Presses de l'Université du Quebec dans les étoiles» qui évoque les difficultés d’apprentissage des uns, connues de tous.On se limitait alors aux questions essentielles marquées de l’étoile.[.] À chacun sa matière Même si la loi sur l’instruction obligatoire n’apparaît que tardivement, en 1943, l’élargissement progressif de la clientèle scolaire depuis le XIXe siècle met en contact celle-ci avec l’enseignement de la religion à l’école; et le catéchisme à la paroisse régresse; l’initiation sacramentelle sera également transférée dans les murs de l’école.Comment le clergé, les curés, les institutrices et les instituteurs vont-ils se répartir les responsabilités?Traditionnellement à l’Église le dépôt doctrinal, l’interpréta- tion; aux maîtres l’apprentissage des connaissances.Cette répartition simple des rôles, affirmée au XDC siècle dans les programmes, subit des inflexions sous les coups de butoir des nécessités pédagogiques.Comment expliquer un catéchisme aride sans déborder de la lettre?Même si les communautés religieuses fournissent des effectifs considérables dans le personnel enseignant des laies — hommes et femmes — vont également avoir à transmettre un enseignement longtemps réservé aux prêtres.(.] Brigitte Caulier, du département d’histoire de l’université Laval, est membre du Centre interuniversitaire d’études québécoises.Maquillage de véhicules Supports à affiches Affiches lumineuses Bannières iJgr Kiosques Murales Impression numérique FORMAT AND 5555, me Cartier, Montréal, Québec H2H 1X8 T.(514) 523-1002 F.(514) 523-0950 www.grandformat.com I Colloque international 11 au 14 avril 2006 Le manuel scolaire d i et d ailleurs, d'hier à den
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