Le devoir, 8 avril 2002, Cahier B
DEVOIR.LE L l \ D I 8 AVRIL 2 0 0 2 L E Natation en petit bassin: la Montréalaise Jennifer Carroll est championne du monde Page B 4 TECHNOLOGIE Final Cut 3.0: pour monteurs avides de performances Page B 7 LE DEVOIR •ECONOME FONDS D’INVESTISSEMENT I» O R T R A 1 T Michel Marcotix ?Croissance ou valeur ?n 1999, le meilleur gestionnaire au monde, Warren Buffet, avait été dénoncé sur la place publique par la majorité des observateurs des marchés financiers: on disait que son style de gestion axé sur la valeur des titres était dépassé.Dans le domaine financier, la valeur d’un titre est souvent mise en relation avec la croissance d'un titre, et finalement les termes valeur et croissance se sont vus apposés à l’expression style de gestion.Qu’en est-il au juste?Valeur et croissance qualifient la démarche utilisée par un gestionnaire quand il choisit un titre qui composera son portefeuille.Dans le style croissance, le gestionnaire choisit un titre avec une méthode dite de haut en bas.11 déterminera d’abord un secteur où il lui semble qu'il y a des perspectives d’investissement intéressantes, puis il s’attardera à trouver un titre en particulier.Evidemment, le gain demeure l’objectif fondamental.Dans cette catégorie, le fonds Fidelity Expansion Canada nous semble un excellent exemple.Son gestionnaire, Alan Radio, est l’un des meilleurs gestionnaires de son groupe en Amérique du Nord.Les 24 derniers mois, malgré une légère reprise en octobre 2001, ont été caractérisés par une baisse de rendement par rapport aux années antérieures.Son approche ne laisse aucun doute: même si l’investisseur est bien récompensé en retour, la volatilité de son fonds est plus élevée que la moyenne de cette catégorie.Le style valeur caractérise un gestionnaire qui cherche d’abord une entreprise offrant un potentiel de gain, sous forme de dividende ou d’augmentation potentiel de la valeur du titre à la bourse.Par la suite, il évaluera le secteur ciblé par rapport à l’ensemble de son portefeuille.C’est un style de gestion ascendant.L'évaluation des ratios financiers sera d'une importance déterminante.Le fonds C.l Signature dividendes du gestionnaire Éric.B Bushell, géré selon l’approche valeur, est l'un des fonds d’actions canadiennes le moins volatil de sa catégorie.Son rendement et sa volatilité n’ont jamais rien de bien excitant, mais «petit train va loin».Pendant qu’Alan Radio obtenait de peine et de misère, une piètre moyenne annuelle de -0,5 % au cours des 24 derniers mois, Eric.B Bushell voguait avec un rendement annuel moyen de 17,4 %, et ce, pour la même période.Le tout devient encore plus intéressant quand nous suivons les exploits du TSE 300: -7,2 % en moyenne pour les deux dernières années.Un style supérieur à l’autre ?En général, nous pouvons affirmer que le style croissance est plus volatil, donc plus à risque que le style valeur.Tenez-en compte dans l’élaboration de votre portefeuille.Pour l’instant, aucune étude n’a montré hors de tout doute la supériorité de l’une des méthodes par rapport à l’autre.Ces deux méthodes sont complémentaires: pour une période donnée, une méthode semble rapporter pendant que l’autre donne de moins bons résultats.L'idéal, irréaliste, serait de pouvoir prévoir la durée et la période où un style réussira mieux que l’autre.Certains gestionnaires pensent pouvoir prédire ces périodes: ils optent pour le style «momentum».Ils sont assez rares, et leurs résultat sont très variables.David Picton du fonds Synergy momentum canadien est un gestionnaire «momentum» intéressant.H a cependant connu une baisse moyenne de -8,8 % par année depuis deux ans.La volatilité d’un tel fonds se situe généralement entre celle d’un fonds croissance et celle d’un fonds valeur.Vous devez en permanence équilibrer votre portefeuille: autant de produits financiers avec une approche valeur que de produits avec une approche croissance.Votre conseiller financier saura bien vous guider dans la détermination du style de vos gestionnaires.Et attention, les styles ne sont pas toujours aussi évidents à distinguer.Nous avons connu depuis un peu plus de 18 mois une période dite valeur au détriment de plusieurs investisseurs qui n’avaient que des produits de croissance principalement concentrés dans le secteur technologique et celui des communications.Le réveil a été brutal: des pertes de plus de 30 % et, dans certains cas, de 70%.Sur une période de quatre ans, dans nos recommandations, le fonds de croissance a procuré à son détenteur un rendement moyen annuel de 8,9 %, le fond valeur 6 % et le fonds «momentum», 10,1 %.Toutes ces données sont en date du 28 février 2002.Maintenant, faites vos choix, mais n’oubliez pas que la répartition d’un portefeuille a plus d’influence sur le rendement que les fonds eux-mêmes.q uestionC&a vantages, com Michel Marcoux est président de Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.Cultiver ses affaires Pépinière Abbotsford engrange aujourd’hui des revenus de huit millions par année CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Jean-Claude Paquette avait 16 ans quand il fut embauché en 1950 dans une pépinière de Saint-Paul d’Abbotsford appartenant à la compagnie ontarienne Dunham Nursery.Il y travailla pendant 12 ans.Puis, en 1962, il en fit l'acquisition pour la somme fabuleuse de 40 000 $, grâce entre autres à un prêt obtenu de son père pomi-culteur.Il était alors loin de prévoir l’énorme évolution qui allait survenir dans la société en général et dans l’industrie de l'horticulture ornementale en particulier.En 1962, Pépinière Abbotsford, installée au pied du mont Yamaska en Montéré-gie, s’étendait sur quatre hectares, le reste du domaine étant boisé.Elle avait au plus fort de la saison, c’est-à-dire au printemps, une dizaine d’employés.Elle vendait ses conifères, ses arbustes et ses arbres au détail et de porte en porte dans la région immédiate.En 1963, le chiffre d’affaires était d’environ 100 000 $.C’est surtout à partir de 1980 que la croissance de l’entreprise a pris de l’ampleur, à cause d’un boom de la construction résidentielle dans les banlieues, note M.Paquette.Ainsi, les revenus qui atteignaient 1,5 million en 1980 se retrouvaient à cinq millions en 1990.Ils seront de huit millions cette année.La pépinière emploiera ce printemps près de 130 personnes et pas plus de 75 au cours de l’été.En hiver, il ne reste qu’une douzaine d’employés permanents pour la vente, l’administration et l’entretien de la propriété qui s’étend désormais sur une superficie de 68 hectares, dont la moitié en location dans la municipalité.Croissance en pot Au Québec, à cause du climat, l’industrie de l'horticulture ornementale doit forcément concentrer ses activités sur une courte période.Pépinière Abbotsford obtient 70 % de son chiffre d’affaires en l’espace de deux mois et demi.En 1980, M.Paquette a fait de ses deux fils des partenaires dans l’entreprise.Clément a la vocation de producteur tandis que Pierre a fait des études en horticulture.Les voyages en Europe et aux Etats-Unis ont fait découvrir aux Paquette la technique de la culture en pot, laquelle permet de faire pousser plus de plantes que la culture dans le sol sur une même superficie.En outre, la culture en pot permet de vendre des plantes au cœur de l’été, ce qui serait impossible avec une plante dans le sol puisque le traumatisme de la transplantation serait alors trop grand et la ferait mourir.Pépinière Abbotsford fut vraisemblablement la première entreprise horticole à utiliser cette technique au Québec, ce qui a certainement contribué à son expansion.Aujourd’hui, elle produit 500 000 plantes en pot en même temps pour une rotation de 18 à 36 mois.Pépinière Abbotsford offre une variété en espèces et grosseurs différentes de 5000 plantes, arbres, arbustes, conifères, plantes grimpantes, arbres fruitiers, rosiers, vivaces et annuelles.Grande visibilité D’autres facteurs importants ont contribué à l’épanouissement de l’entreprise, qui fut par exemple fournisseur officiel de plantes décoratives et d’arbres à Expo 67, aux Jeux olympiques de 1976, notamment au Centre équestre de Bromont, aux Floralies, etc.Pépinière Abbotsford a gagné en visibilité et en notoriété et des concours comme celui de Villes et villages fleuris et sa participation à une émission de télévision comme Fleurs et Jardins contribuent bien sûr à amener de l’eau à son moulin.Il y a 25 ans, M.Paquette a innové en créant le premier centre de jardins Botanix.Sa compagnie a conservé la propriété de ce nom de commerce, dont elle retire des redevances de la part des 65 jardineries qui affichent ce nom, en affiliation avec Rona, dont Pépinière Abbotsford est un actionnaire et le plus important fournisseur de produits horticoles ornementaux.La famille Paquette aurait pu réorienter sa vocation en développant elle-même le réseau Botanix, mais elle a préféré concentrer son attention sur des forces, à savoir la production et le marché de gros.Ses clients sont essentiellement les jardi- A Pierre et Jean-Claude Paquette ont accueilli, en l’entreprise familiale.JACQUKS C.RENIKR I.E DEVOIR 996, Pierre Choquette à titre d'actionnaire dans C’est surtout à partir de 1980 que la croissance de l’entreprise a pris de l’ampleur, à cause d’un boom de la construction résidentielle dans les banlieues neries, d’autres pépinières et des municipalités, dont Montréal qui est pour elle un important client.Pépinière Abbotsford effectue 80 % de ses ventes au Québec, 10 % en Optario et dans les Maritimes et 10 % aux Etats-Unis.Malgré la grande popularité de la production en serre, les Paquette n’ont pas exploité cette méthode qui est surtou,t utilisée pour la production de légumes.A part certains producteurs de roses, l’horticulture ornementale n'a pas vraiment de marché toute l’année puisque les gens achètent pour planter dans leur jardin au printemps.Tout en restant une entreprise familiale, M.Paquette a accueilli en 1996 un actionnaire qui n’était pas de la famille mais qui connaissait déjà fort bien cette PME pour y avoir travaillé pendant des années.Pierre Choquette, C.A.et MBA, est devenu actionnaire et vice-président exécutif.Il s’occupe évidemment d’administration.Jean-Claude Paquette a aujourd’hui 68 ans et il célèbre cette année le quarantième anniversaire de l’acquisition de cette entreprise.Quelques chiffres Ly industrie de l’horticulture ornementale au Québec: est i en plein essor.Elle compte près de KXX) entreprises qui prcxluisent un éventail très varié de plantes d’ornement.Depuis cinq ans, la production a augmenté de 6 % par année ixrnr totaliser 170 millions de dollars en 2(X)1, ce qui englobe la floriculture, It'S pépinières et le gazon.Toutefois, si l’on ajoute à la production tout ce qui se vend au détail dans les jardineries, chez les fleuristes, les magasins à grande surface, les entreprises d’entretien et d’aménagement paysager, on arrive à un marché annuel de plus d’un milliard et à près de 40 (XX) emplois permanents et saisonniers, selon des informations provenant du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.Au cours de la dernière décennie, la valeur des exportations internationales québécoises en horticulture ornementale a augmenté de 24 % pqr année pour atteindre 18 millions en 2(XX), dont 99 % aux États-Unis.lit région de la Montérégie arrive au premier rang dans la production avec près de 25 % de la superficie totale du Québec en horticulture ornementale.lii grande région de Montréal y compris la Montérégie, Uinaudière, Dival et les Uiurentides représente près de 55 % de la superficie totale en production.C.T.L’avenir Sa succession est déjà prévue, mais que réserve l’avenir pour une pépinière comme celle-là, qui est tout de même parmi les plus connues et les plus importantes au Québec?Fin 2000, elle a d’ailleurs obtenu la médaille d’or de l’Ordre national du mérite agricole décernée par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.Les Paquette en sont très fiers puisque c’était la première fois en 111 ans qu’une entreprise d’horticulture ornementale obtenait cet honneur.En ce qui concerne l’avenir, M.Choquette pense que le marché va continuer de grandir pour les cinq ou six prochaines années.Après cela, l’arthrose va se répandre dans la génération du baby-boom et on verra de moins en moins de monde se mettre à genoux pour pratiquer le jardinage ornemental.En revanche, il faudra développer le marché des paniers en hauteur.11 y a déjà eu une forte évolution dans la mise en marché, puisque les pépinières travaillent désormais avec des architectes paysagers, font des montages, vendent un décor, une ambiance et du rêve.H n’est pas impossible que dans 10 ans peut-être il y ait dans la jardinerie ornementale un mouvement de consolidation semblable à ce qui s’est produit dans l’alimentation, la quincaillerie et autres secteurs de ventes au détail.Pour l’instant, souligne M.Choquette, il y a un risque de surproduction, ce qui fait que les prix au Québec sont parmi les plus bas.11 faudrait, ajoute-t-il que les prix augmentent pour que l’industrie puisse se développer et possiblement prendre de l’expansion sur les marchés internationaux.f ROLEX Cosmograph Daytona en or jaune 1 8 carats Bracelet en cuir -O CHÂTEAU D’IVOIRE D«pui» 1978 2020 rue de la Montagne, juste au nord de Maisonneuve (514) 845-4651 LE DEVOIR.LE LUNDI 8 AVRIL 2 0 0 2 B 2 LES F 0 N D S C 0 M MUSS DE PL A C E M E S T Ces données, fournies per Fundata Canada inc.présentent le rendement des fonds communs de placement pour la semaine se terminant jeudi (sauf pour les rendements sur un mois (1 m%) et un an (1 an%), calculés à la fin du mois dernier) La valeur de chaque unité, i.e la valeur de l'actif net par action (VANPA), est exprimée en dollars canadiens à moins d'indication contraire Les données ne doivent servir qu'â titre d'information, une confirmation du pnx devrait être obtenue auprès des gestionnaires du tonds ou d’un vendeur autorisé.t/ar% et Var $ indiquent les variations en pourcentage et en prix depuis une semaine Fonds d’investissement R cr & 'ev me la sfa* fl y
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