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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-04-15, Collections de BAnQ.

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2 0 0 6 LE DEVOIR LES ~ir SAMEDI 15 Ces plastiques qui nous empoisonnent Page C 6 ET D I M A N (HE AVRIL IDÉES Landry ne boycottera pas P œuvre de Tremblay Page C 5 * PERSPECT VES M _ .I.' RYAN RKMIORZ PRKSSF.CANADIEN N K Jean Charest (au centre) en compagnie de ses homologues provinciaux cette semaine à Montréal.Question de gros sous Québec est prêt à abandonner le transfert de points d’impôt pour une hausse des transferts fédéraux en espèces Un transfert de points d’impôt qui aboutit sur tout autre chose: des négociations sur une hausse des transferts fédéraux en espèces et sur une nouvelle formule de péréquation.ROBERT DUTRISAC Québec — Le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, a beau s’indigner des recommandations sur la péréquation contenues dans le rapport sur le déséquilibre fiscal intitulé Réconcilier l’irréconciliable, il est pris au jeu.C’est lui qui a commandé ce rapport au même titre que les autres premiers ministres au Conseil de la fédération.C’est même lui qui a choisi la coprésidente du comité, Janice Stein, de l’université de Toronto.Pour le premier ministre du Québec, Jean Charest, la situation est diamétralement opposée.Tout le chapitre sur la péréquation, qui se conclut sur la définition d’une nouvelle formule qui permettrait au Québec d’obtenir beaucoup plus d’argent, aurait pu être écrit par le ministère des Finances du Québec.Pour le calcul de la péréquation, la norme des duc provinces telle que proposée par le comité — plutôt que la formule actuelle des cinq provinces — est une demande traditionneUe du Québec.Contre toute attente, il n’y a pas eu d’alliance entre les deux provinces les plus riches du pays.Le premier ministre de l’Alberta.Ralph Klein, a refusé de se ranger aux côtés de M.McGuinty.Alors que les Albertains, par habitant, contribuent le plus à la péréquation, M.Klein s'est dit d’accord avec une hausse des sommes versées par ce programme de distribution de la richesse.Certes, il s’oppose toujours à l’inclusion des revenus pétroliers et gariers dans le calcul, mais il reste ouvert à la discussion.Ralph Klein appuie ainsi son ami Jean Charest un vrai conservateur comme lui, a-t-il déjà dit La diffusion par le bureau de Dalton McGuinty d’un communiqué distinct de celui du Conseil de la fédération, mardi soir, n’a fait que confirmer son isolement Le premier ministre ontarien est d’autant plus isolé qu’il est libéral et qu’il n’a plus son allié Paul Martin comme vis-à-vis à Ottawa.On n’a guère de peine à imaginer tout l’avantage que le gouvernement libéral de M.Martin aurait tiré d'une dissidence de l’Ontario dans une négociation avec les provinces.La dynamique actuelle favorise Jean Charest dont l’intérêt politique coïncide avec celui de Stephen Harper au Québec.Si le premier ministre conservateur veut éviter de s'aliéner l’Ontario aux prochaines élections, il entend aussi gagner du terrain au Québec pour assurer une majorité à son gouvernement Réconcilier l’irréconciliable, n’est-ce pas, comme l’écrivent les auteurs du rapport Au Secrétariat des affaires intergouvemementales canadiennes (SAIC), on note que les racines conservatrices de Jean Charest facilitent grandement ses relations avec Stephen Harper mais aussi avec les cinq premiers ministres conservateurs des provinces.Outre Ralph Klein, Bernard Lord (Nouveaq-Bruns-wick), Rodney Macdonald,(Nouvelle-Ecosse), Pat Binns (île-du-Prince-Edouard) et Danny Williams (Terre-Neuve-et-Labrador) font tous partie de la grande famille conservatrice.Jean Charest s'entend aussi très bien avec Gary Doer, le premier ministre néo-démocrate du Manitoba, en partie parce que cette province reçoit de la péréquation, ce qui en fait un allié du Québec dans la prochaine négociation avec Ottawa.De fait, au sein du Conseil de la fédération, la loi du nombre joue pour les provinces qui reçoivent de la péréquation: sept provinces sur dix y ont droit L’Ontario peut bien exprimer sa dissidence, les négociations n’auront pas lieu avec Queen’s Park mais avec Ottawa: la péréquation, dont le principe est inscrit dans la Constitution de 1982, est un programme fédéral financé par des taxes et des impôts récoltés par le gouvernement fédéral, a répété Jean Charest au Conseil de la fédération.Le rapport établit un nouveau quantum pour le déséquilibre fiscal: 3,9 milliards au Québec seulement, soit 2,7 milliards de plus en péréquation et 1,2 milliard de plus pour le Transfert social canadien, dont le ra[>-port recommande la hausse.Le ministre des Finances, Michel Audet, a confirmé ce chiffre à l’Assemblée nationale en soulignant que c’est la nouvelle demande du Québec.•C'est ce que nous avons demandé et c’est ce que nous allons discuter dans les prochains mois», a-t-il dit.Pour sa part, Jean Charest n’a pas voulu se mouiller, refusant comme à son habitude d’avancer un chiffre.Or Michel Audet aurait dû se renseigner auprès de ses fonctionnaires.Selon un expert en péréquation du ministère des Finances, le rapport recommande en réalité une hausse de la péréquation de 1,7 milliard pour le Québec quand on applique notamment la méthode que les auteurs suggèrent pour atténuer les fluctuations à la hausse comme à la baisse d’une année à l’autre (une moyenne mobile retardée de deux ans).Si on ajoute la hausse du Transfert social canadien réclamée par les provinces, le Québec recevrait 2,84 milliards au lieu de la somme théorique de 3,9 milliards qui a circulé dans les médias.La croisade dans laqueDe le premier ministre Jean Charest s’est lancé en 1997, comme il aime tant le rappeler, quand il était chef du Parti conservateur, en faveur d'un transfert de points d’impôt, aboutit sur tout autre chose: une négociation sur une hausse des transferts fédéraux en espèces et sur une nouvelle formule de péréquation particulièrement favorable au Québec.Certes, le premier ministre continue de dire que le règlement du déséquilibre fiscal requiert »une approche globale» qui comporte quatre volets: les transferts en espèces, la péréquation, le transfert de points d’impôt et la cession d’un champ fiscal, en tout ou en partie, à l'exemple de celui de la taxe sur les produits et services (TPS).Or ni Ottawa ni l'opinion publique au Canada anglais ne sont disposés à céder des points d’impôt aux provinces.Dans le rapport signé par Mme Stein et M.Gagné, le transfert de points d’impôt, qui remplacerait les transferts en espèces, n’est pas une voie envisagée; il est à peine évoqué.En conférence de presse mardi, Janice Stein a reconnu que le comité n’avait pas étudié sérieusement cette possibilité parce que le gouvernement fédéral la rejetterait d’entrée de jeu.lx?s transferts en espèces sont souvent conditionnels au respect de normes dites nationales.11 est vrai qu’un point d’impôt au Québec vaut moins au Québec qu’en Ontario: il vaut aussi moins que la moyenne canadienne.C’est son désavantage par rapport à l’actuel transfert en espèces.Mais il comporte l’avantage, une fois consenti, de ne pas être soumis à l’arbitraire d’Ottawa Quant à la péréquation, elle consacre la dé- fndance des provinces moins nanties comme Québec envers le gouvernement fédéral.Michel Audet voit dans cette péréquation versée au Québec un argument contre l’indépendance.•Comment pourrait-on se séparer et garder un paiement de cinq milliards?(,.J C’est ca, la vraie question», a-t-il dit à l’Assemblée nationale mercredi.L'autre parti fédéraliste, l’Action démocratique du Québec, favorise plutôt le transfert de points d’impôt, plus conforme à sa vision autonomiste, •fl n'y a rien de pire que la péréquation comme système», a livré Mario Dumont cette semaine au Devoir.Le Devoir La dynamique actuelle favorise Jean Charest Améliorez vos perspectives de carrière.Réalisez votre potentiel et allez de l'avant grâce aux programmes d'études à temps partiel et cours du soir crédités offerts dans les disciplines suivantes : La date limite poor présenter votre demande d'admhsion aux programmes : l" juin pour l'automne 2006 ?Comptabilité ?Fiscalité et Trésorerie-finances ?Commerce électronique et Systèmes d'information ?Commerce international ?Gestion de la santé et Services sociaux ?Gestion des ressources humaines ?Gestion de la production ?Relations publiques ?Leadership ?Marketing ?Transport et logistique ?Traduction I T É www.mcgill.ca/conted coa U N J V E F W McGill Centre (T«duration permanent* > LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AVRIL 2 0 0 6 C 2 PERSPECTIVES Jean Dion Toute une problématique I ayons pas peur des mots, Grand Flanc mou, c’est une authentique beauté que de vous voir aller.A pied d’œuvre jours fériés y compris.Même un vendredi tout ce qu’il y a de plus saint ne vous arrête pas.Je vous crois tellement lorsque vous affirmez qu’il n’y a pas de position «fermé» sur l’interrupteur du génie.— Qu’est-ce tu veux, Zachée, c’est comme ça quand on se réalise dans son travail.On se trouve chanceux d’être à pied d’œuvre plutôt que hors d’œuvre, sans trait d’union.Cela étant, je te conjure de parler moins fort, on pourrait nous entendre.Je te rappelle que le Vendredi saint est une fête chrétienne et que son évocation pourrait, à l’instar d’un sapin de Noël, bousculer dans leurs convictions intimes des citoyens citoyennes qui ne croient pas à ça.Voilà d’ailleurs l’un des grands paradoxes de notre formidable époque: d’une part, on a l’impression que les gens ne s'offusquent plus de rien, qu’ils sont blindés contre tout, vaguement engourdis par l’avalanche d’informations inutiles sous laquelle ils surnagent, comme disait le poète, et de l’autre, ils sortent les baguettes en l’air à propos de tout et de rien.Remarque, c’est peut-être moi qui suis fucké dans ma tête en raison de connexions synaptiques défectueuses.— Pas du tout, Suprême de volaille, vous êtes l’ampoule 60 watts en verre dépoli qui inonde le monde de son flux.Mais quelle solution voyez-vous à ce choc des allégeances métaphysiques dans une société démocratique de droit libre et gratuite?Enfin, presque gratuite?— Ce que je crains par-dessus tout, mon Lazare, c’est que toutes ces susceptibilités ne finissent par déboucher sur une catastrophe.Ben non, pas des émeutes ni une guerre civile, tata, bien plus grave que ça.Prenons un exemple au hasard: le capitalisme profitophile exploiteur (CPE).Tu sais un peu comment il est, le capitalisme profitophile exploiteur: tout pour le fric, et son passe-temps favori consiste à diviser pour régner.Aussi, je ne serais pas étonné le moins du monde qu’il prenne prétexte du fait que personne ne s’entend sur le sens des fêtes rituelles pour abolir les congés.Regarde un peu ce qu'ils sont en train de faire avec le week-end du Grand Prix qui se double de celui de la Fête nationale/barre oblique/Saint-Jean-Baptiste/re-barre oblique/24 juin: vendre, vendre, vendre.Faire rouler l’économie sur les chapeaux de roues même si elle nous mène direct dans le mur.— Vous çtes très habile pour soulever des problématiques, Eminence gris foncé tirant sur le drabe, mais je vous ai interrogé à propos d’un solutionnaire.— Ce que tu viens de dire est crucial, Zébédée.Si tu veux mon avis, l’un des grands problèmes de notre société, ici et maintenant, réside dans l’utilisation du mot «problématique» en tant que substantif.Comment dire, ce mot gomme tout, en plus de me tomber joyeusement sur les nerfs.Tiens, je te donne un autre exemple au hasard, c’est survenu pas trop loin de chez moi.11 y avait une «problématique» liée à la circulation urbaine.Or, afin de «solutionner» cette «problématique», on a convenu de mandater un comité pour qu’il s’adresse à une direction qui à son tour devra faire des études pour voir si.Moi, je te dis que si on n'avait pas eu d’abord affaire à une «problématique», ce chemin tortueux n’aurait jamais été emprunté.Me semble que les choses se régleraient plus facilement si on avait simplement des problèmes à résoudre, mais non, faut que tout soit compliqué.Faut donner l'impression de faire quelque chose alors que rien ne se fait, et pour ça, il n’y a rien comme une bonne vieille «problématique», qui connote en elle-même l’idée que rien ne presse.C’est excellent pour les gouvernements qui ne veulent plus gouverner.— Alors, Super Marché, comment résolver la problémisation du congé?— Il n'y a pas cinquante pistes à explorer, Barthélémy: nous devons surmultiplier les occasions païennes de fêter.Des jours fériés civils.Prenons ce Vendredi saint, mettons.Il tombe quand, d’après toi?C’est ça, le 14 avril.Mais ce 14 avril marque aussi un autre événement historique de la première importance.Aussi, moi, j’en ai profité pour commémorer le troisième anniversaire de l'arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Charest.Déjà trois ans.Le temps passe tellement vite, je n’en reviens pas d'allure.Tout comme le Messie avait prophétisé son propre destin, j’ai donc célébré la réalisation des grandes promesses du Parti libéral: la disparition des files d’attente dans les hôpitaux, l’allégement à coups de milliards du fardeau fiscal, le maintien des garderies à 5 $, les défusions municipales totales, le bradage du mont Orford.J’ai eu énormément de plaisir, cela bien que j’aie été seul.— Heu.Grand Crème, le mont Orford.il n’en av:iit pas été question pendant la campagne.— Justement.Zorobabel, je t’invite à admirer toute la subtilité du procédé: il nous faut des congés agnostiques.En d'autres termes, des journées chômées non pas |K>ur les croyants croyantes, mais pour celles et ceux qui, au contraire, ne croient plus en rien.Ainsi, si tu examines la liste des objets de festivités, tu constateras que s’y trouvent des promesses non tenues et une non-promesse qui, eue.je serais prêt à parier là-dessus, sera tenue.Tout un stock d'occurrences éveillant l’incrédulité.Moi, je trouve que ça se fête, la perte des illusions.— Ce n'est guère édifiant, tout ça.Sommet des générations.Vous contribuez à alimenter le cynisme, à faire reculer la démocratie, à décourager l’organisation sociale, à hacher menu le bonheur de vivre dans un pays libre.Si.contrairement à vous, je ne méprisais le calembour vaseux, je vous dirais que votre fête, c’est un Vendredi malsain — Arrête-moi ça.mon Qohélet Au lieu de favoriser les divisions au nom d’une divinité ou de je ne sais trop quoi, mon approche est source d'unité.Tiens, dans ma liste, j'ai d’ailleurs oublie l’abolition du droit de protestation quand les skkioo font trop de bruit.Or s'il y a un phénomène à propos duquel tout le monde s’entend, c’est bien que le ski-doo est une invention extraordinaire et que ceux celles qui le chevauchent sont des visionnaires du divertissement qui font rouler l’économie.Personnellement, je n'ai qu’une chose à dire au monde: merci, merci, merci.Vous êtes tous et toutes, comment dire, non problématiques.jdioMftledevoir.com Après la fête, au travail Malgré son succès d’estime à la partielle de lundi, tout reste à faire pour Québec solidaire À peine deux mois après sa naissance, Québec solidaire s’est lancé tête baissée dans l’élection partielle de Sainte-Marie-Saint-Jacques.La nouvelle formation politique de gauche s’en est tirée honorablement, mais elle devra encore relever d’importants défis pour arriver à se structurer d’ici le prochain scrutin général.CLAIRANDRÉE CAUCHY Les militants de Québec solidaire ont sauté de joie lundi soir quand ils ont constaté que 22 % des électeurs de la circonscription montréalaise de Sainte-Ma-rie-Saint-Jacques — peu nombreux à être allés voter— les avaient appuyés.Ce moment de grâce passé, la formation politique a encore beaucoup du pain sur la planche pour entrer de plain-pied sur l’échiquier politique québécois.L’agenda des prochains mois est chargé: former des associations de circonscription, recruter des candidats crédibles, se doter d’une caisse électorale, accqucher d’une plate-forme et, bien sûr, se faire connaître.A cette longue liste, il faut ajouter en prime des tractations avec le Parti vert et, phis hypothétiquement, avec le PQ pour négocier un pacte électoral facilitant l’entrée d’un député de gauche à l’Assemblée nationale.Dès le lendemain de la partielle, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, prenait la route du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour un séjour de deux jours avec un agenda digne de celui d’un chef en campagne, inaugurant au passage l’association de la circonscription de Roberval.C’est le type de tournée qu’Amir Khadir et elle comptent multiplier à l’été aux quatre coins de la province.La formation, qui s’appuie sur un bassin de 5000 membres potentiels (soit les membres combinés d’Op-tion citoyenne et de lUFF), compte actuellement 48 associations de comté réparties dans 13 régions et entend bien dépasser le nombre de 50 d’ici l'été.Se rendra-t-on à 125 d'ici aux élections?«Je ne sais pas», répond prudemment Françoise David.Le parti n’a pas encore décidé s’il se déploiera sur tout le territoire aux prochaines élections ou s’il se concentrera sur les circonscriptions où il est à même de mener une campagne sérieuse.•Dans combien de circonscriptions pourra-t-rter à confusion, il est éthiquement et déontologiquement douteux qu’un journaliste insinue que ce sont les messages du GRIP Pour la musique et l’ambiance Par ailleurs, vous semblez aussi insinuer, en plus de souhaiter un gouvernement plus religieux et une jeunesse encartonnée dans des dogmes, que les jeunes sont à la dérive et que la société ne s'en préoccupe pas ou, pire, cautionne leur exploitation.Notre rôle n’est pas de défendre ni d’encourager le mouvement rave et les divertissements des jeunes, mais, en plus de souligner que les jeunes y vont d’abord pour écouter de la musique, pour l’ambiance, pour danser et socialiser (Newcombe, 1997), ce qui est en soi positif, il est très important de préciser que le Bal en blanc est un événement pour les 18 ans et plus! On ne parle pas d’adolescents, mais d’adultes majeurs et vaccinés.Affirmer que ce sont des «jeunes sans défense» est facile et semble relever d’un paternalisme farouche.Rappelons que la clientèle du GRIP est composée de milliers de jeunes qui consomment déjà des drogues ou qui sont des consommateurs potentiels.Les études scientifiques le montrent, les approches visant l’abstinence et informant seulement sur les dangers des drogues sont inefficaces et contre-productives alors que celle visant la réduction des méfaits est au moins prometteuse, et ce plus que toute autre, avec cette clientèle.La réduction des méfaits, plutôt que de viser des objectifs utopistes, se base sur deux principes: l’humanisme et le pragmatisme.Un pragmatisme réaliste utilisant des moyens et des objectifs concrets et intermédiaires, teinté d'un humanisme qui propose d'aller dans le milieu des jeunes, de parler leur langage, de les prendre où fls sont pas là où la morale voudrait bien les emmener.Reconnue partout La réduction des méfaits, après moult résistances, est maintenant reconnue et réputée partout dans le monde.Elle est complémentaire aux autres approches et non en contradiction avec celles-ci.Au Québec, ça fait huit ans que le MSSS en fait son approche privilégiée pour intervenir auprès de certaines clientèles et concernant des problèmes où les autres approches ont échoué.Elle est même l’ap proche privilégiée dans le plan d’intervention qui vient d'être adopté par le gouvernement Il semble donc que vous fassiez partie de ceux qu’une rigoureuse étude américaine a sondés et qui, même si la réduction des méfaits démontrait solidement ses vertus, n'accepteraient pas son application.Comme le fait le spécialiste Stanton Peele dans sa formation aux intervenants, il serait opportun que vous exploriez comment vous pouvez vous affranchir de vos résistances internes à cette approche.Les cimetières regorgent de gens qui voulaient un monde utopique mais qui n'ont eu aucun effet pour améliorer la situation, alors que la réduction des méfaits y Si Jésus revenait sur terre aujourd’hui, il irait sûrement au Bon Dieu dans la rue, chez Cactus et chez NAOMI parvient.Sans elle, le VlH/sida aurait eu raison d’une bonne partie de l’humanité.(Généralisation à outrance En conclusion, vous ne reconnaissez pas que les effets de la consommation ne sont pas uniquement tributaires de la substance, mais aussi de l’individu et du contexte.C’est là que les messages du GRIP prennent toute leur importance.Vous dites aussi que personne ne prétend que les jeunes consomment «seulement des comprimés qui donnent de l’énergie» dans les raves.Eh bien, je vous?annonce que le GRIP et d’autres le font.A partir de nos propres enquêtes, nous pouvons confirmer que c’est le cas de 10 à 20 % des fêtards.En plus de tomber dans l’amalgame, vous tombez dans la généralisation à outrance.Vous ajoutez aussi que le Palais des congrès et le MSSS cautionnent «l'exploitation d'un public sans défense».Ce qui se produit dans les bars de la métropole, où l’on exploite les consommateurs d’alcool et où l’on tente parfois de les accrocher sur d'autres drogues, serait-il moins grave à vos yeux?Vous revenez sur l’exploitation des jeunes à 90 $ le billet.Madonna vient donner un spectacle où on consommera plein d’alcool et de drogue; laissera-t-elle une obole?Toutes les grandes productions pourraient être visées.Le Centre Bell n'exploite-t-il pas encore plus les amateurs de hockey en vendant 8,50 $ la bière, que l’on insiste pour vous vendre (on en dorme même aux plus bruyants)?Devons-nous interdire toute forme de festivité qui flirte avec la décadence et la transgression ou qui tente d’assouvir les sombres pulsions humaines?Pourquoi s’en prendre aux raves?Il ne faut vraiment pas comprendre les transformations sociales actuelles pour vouloir les censurer ainsi et tomber dans votre manichéisme.S Jésus revenait sur terre aujourd’hui, il irait sûrement au Bon Dieu dans la rue, chez Cactus et chez NAOMI.Il viendrait probablement aussi soutenir les bénévoles du GRIP pour aider les jeunes à célébrer tout en conservant leur santé et leur dignité dans l’amour plutôt que dans le mépris.Aberration de société, dites-vous?Idéologie et dogmatisme, plutôt JEAN SÉBASTIEN FALLU, PH.D.Professeur École de psychoéducation Université de Montréal Président du GRIP BENOIT T R O TT 1ER, MD Médecin Clinique L’Actuel CHUM, pavillon Saint-ljuc Vice-président du GRIP MONT O K F O R D Charrue, chariot, charrette à vendre ! CLAUDE SAINT JACQUES MIRABEL i vec le projet de privatisation partielle du Parc national du Mont-Orford.la vente à la criée est redevenue à la mode au Québec.Charrue, chariot, charrette à vendre! L'affaire est bien mal partie, car on a d'abord mis la charrue avant les bœufs.Alors que la plupart des pays conscientisés de la planète luttent pour la sauvegarde des milieux naturels, notre gouvernement provincial veut défricher, labourer fa terre du mont Orford.Non pas pour y créer un paysage agraire comme le font, en luttant pour leur propre survie, les populations des pays souvent cités pour leur déforestation des régions vitales du globe, mais pour y faire pousser des condominiums.Charrue, chariot, charrette à vendre! La charrue est devant les bœufs puisqu’il y a d;ms l'attitude actuelle du gouvernement un mépris évident de 1a loi sur les pares et des intentions du législateur.D’ailleurs, la loi définit avec beaucoup de précision l’objectif d’un parc national: «L'objectif prioritaire est d'assurer la conservation et la protection permanente de territoires représentatifs des régions naturelles du Quebec ou des sites naturels à caractère exceptionnel, notamment en raison de leur diversité biologique» (article 1b).Ainsi, en rendant accessible au publk ce territoire, et ce malgré les contraintes de protection des aires naturelles, le législateur a clarifié ce qu'on entend par « récréation extensive»: «un type de recreation caractérisée par une.faible densité d'utilisation du territoire et par l’exigence d’équipements peu élaborés» (article le).Qui présume, dans cette affaire, que les intentions des Québécois ont changé à propos de leur patrimoine national et de leurs pares depuis fa mise en application de cette k>i?Charrue, chariot, charrette à vendre! Bien entendu, il y a aussi le charron qui veut activer le roulement des chariots (sièges (lu remonte-pente) de sa station de ski, de sa boutique ou du tiroir-caisse.Devons-nous alors «crier au charron» (i e : crier au voleur) |)arce que le propriétaire de la station de ski du mont Orford participe à la criée?Mais non! Du moins pas pour le moment, puisqu’il a le droit comme nous de concourir librement au tohu-bohu, au chaos, au désordre provoqué par la volonté déraisonnable de notre gouvernement de mettre aux enchères l’un de nos parcs nationaux.Charrue, ch» riot, charrette à vendre! Des idées à revendre ! Et pourquoi pas céder le Parc national du Mont-Tremblant aux papetières du voisinage, qui souffrent cruellement d’un marché mondial qui lui est complètement défavorable?Après tout, cela nous procurerait une immense piste de ski et il n'y aurait plus d'attente sur 1a montagne.Ou encore, pourquoi ne pas sollk’iler Vélo Québec Association pour qu’il devienne le maître d'œuvre de la construction d'un vélodrome géant et d’un complexe hôtelier dans le Parc national du Bic?le panorama féerique des îles du Bic vaut déjà le détour de bien des cyclistes.Imaginez la rentabilité d’une telle construction si elle permettait au cyclotourisme de s’y tenir à Puînée.Certes, il y aurait un prix à payer pour nous, les citoyens du Québec, propriétaires de ce patrimoine naturel, mais il ne faut pas se le cacher, la plupart de nos parcs nationaux ne sont pas rentables.Nous pourrions améliorer cette situation en cédant 1a plage de l’un des seuls parcs qui fait ses frais, celui d’Oka, à l’entreprise privée, qui saurait augmenter les profits en construisant des glissades d'eau, des condominiums et beaucoup plus de stationnements.Rentabilité et création d’emplois, n’est-ce pas la volonté que nous avons inspirée au législateur lors de 1a création des parcs nationaux?Charrue, chariot, charrette à vendre! Un engagement Nous avons tous, nous, Québécois, quelque part dans notre patrimoine collectif, une vieille charrette qui nous appartient de plein gré; soit que nous l’ayons choisie, soit qu'elle nous ait été donnée.Nous pouvons nous en départir sans aucun remords si elle est du domaine privé.Par contre, lorsque le premier ministre du Québec nous dit qu’il veut privatiser une partie du mont Orford envers et contre tous.Il a en apparence ce pouvoir, en effet, la loi accorde ce privilège à son ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs.Cependant, ce dernier semble ignorer son engagement comme représentant du peuple québécois lorsqu’il traite cette propriété, du domaine public, comme une vulgaire charrette que l’on peut mettre en vente en faisant fi de la volonté du peuple.Le philosophe français Jean-Paul Sartre décrit ainsi fa liberté de celui qui a un engagement envers autrui: «Dis qu ’il y a engagement, je suis obligé de vouloir en même temps que ma liberté la liberté des autres, je ne puis prendre ma liberté pour but que si je prends également celle des qutres pour but.» (^existentialisme esf un humanisme, Ed.Nagel, 1970).A défaut d’en reconnaître l'existence, Sartre appelle «lâches» ceux qui se cachent cette liberté, et ceux qui situent leur B-berté comme une nécessité, il les appelle «salauds».Charrue, chariot, charrette a vendre! Ce qui effraie le plus avec fa vente déraisonnable à fa criée qui a cours, ce n’est pas l'enjeu économique de rentabiliser les parcs nationaux, étant donné que, par définition, les Québécois n’ont jamais voulu créer de parcs nationaux pour en faire des moteurs de notre économie.Dans ce cas, autant céder des partions de route, du béton ou autre infrastructure du genre.Non, ce qui est troublant c’est cette idée de céder sans raison valable une partie des joyaux de notre patrimoine national.l.j Je crois qu’il est temps pour k- premier ministre de remettre les bœufs devant 1a charrue et de valider auprès du peuple québécois l’existence même de cette volonté extravagante qui consiste a mettre aux enchères nos parcs nationaux ou bien de surseoir simplement à son projet avant que.Charrette une fois! Charrette deux fois! Charrette trois fois! Vendu ! UÊQlttPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Joumafistn à nrform»**» ttoenk rt n^ropoGttmr Onld DiQart la4m«t a* * éirrclnr dt fmton*atum\.Irtxmt Com**» (affaira mmampaUn.Fofctrn De«fi*r.Miri* An*** Owuimrd (Uaratumi.Joo** Boürou lUrUmalwtr rapomaMr it la paft hUa/ Brian Mjrlm /mat ta o .tails it société).Clairandr** Caodiy (Géttérêl).Jean Dion.LooivOiürs Franctror (tnetroantmtnv.Benoit Munfer irtspanutbit 4a tttt Inttrnrt Laurence Ciaèei.Jran-Guülaome I ru mont (rammu lattrntfi Inabeik Par* (lomtéi.Loviae-Maude Uyrut Soocjr fCaÜart).Pautmr Oraeei (ttuntés/ ; Michel Carneau (caricatunsUJ : Diane Preneur! (nspaasabte its pafts tkématiçaei) : Martin DucJoa, Michéle Malenfant et ChriMine Dumazet (reltettmrs).Renée Léo Guimont et Serge Faquin (rtlttltart surmumératm) : Jarque» Grenier et Jar quea Nadeau pàtéatmpka) ¦.à rirrformabon culturelle Michel Belarr {làeofra ef coèrer Catonrl.JuBe Carpmtirr (papttrr).Paul Bennett (pupitn rakim tptaams rt rattarrU iu stttktni/.Stejihane Bailiargenn /rtporut).Paul Cauchon tmiiua/ Carutne MontpeW (lèrrai Odüe TremMar (cinéma), Frédérique Doyon saraamérairt) : à l'information économique Gérard Béfsbé taijatat au itrectear it l'information), Dominique Reny (paptlrt).Philippe Papineau (tnrnumèrairé), Éric De*ro*ier*.Claude Turcotte.Françoia fie»;ardin« (lurnumiraira); * l’information internationale Jean-fVrre Legault {pnpttrr mtrruatvmol rt paft nhlortait/ Claude Lèvenque, Guy TaiHeier aOrnm; au isnctrur it tnfarmatvm).Serge Truffaut (tisumaltstt).a l’information poMqur Hèlene But mil Manou Cunrfhr et Aie» C aaumguay (rorrnptmiantt parttmmlaim à ’Marna) Antoine Robrtaùlle et Robert Dutmac (carrapauiants parlrrntutaira i (éutPtt, Kathleen Lémque .Manfjn* Hamelui (ttcrttatn i la réiactxm).Marir Pier Frappier.Alexandre Shield» (rammu/ La documentation Cille» Pare (iirttttur).Manon Derome.Rachel Rwheiort ((Marna).LA PCBUCrrÉ ET LE MARKETING Jeun de BŒy.Jean-Fraoçoia Borné.Marlene Cim Dane Caanerai.Yen Hamel.Chrimiane LegauH.Amélie Makai».Jacquen A Nadeau.Claire Paquet.Martme lûopelle Michrbnr Rue Band Nadia Sehui.Metnande Simard (puhhtttatrts) Laurence TbétimiR litrtetna ai tutti.Svfvie Laporte Martine Berube istrmaim LA PRODUCTION Chriaban Goulet (itrrctcur it pnimtttau Michel BernaRhez.Johanne Brunet DameBe Cantan.Richard Dr» Cormier».Donald Fife*.Yanmrt Motin Nmhafie Zemaéit, Ofteier Zindi f.VFORMATIQUE Yanirt Martei (rnpntaaMé) PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE .Alexandre Gaudrrau (ctoriouuaitur i It pramatiau rt i la sallicitatiaul.Caroline Simard Irtipauiailt strner a la clttuttlt, par tulérimi.Manon Blanchette.Moniqoe L'Heureui.Rac hello Lee 1er i L’ADMINISTRATION F-ancrm Btsson inmfrdiruri.Nicole Cmmrl (rttpcnsaUi its stmess rrmptuUm.Céine Furoy Gfmtaine Labeur Claude» BeBeezu radmair atmsumtmtm/.Claudine Chenier.Monique Protean.DarueSe Rom C 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 AVRIL 200 SCIENCES EN BREF Vous avez la grosse tête Les Européens font-ils la grosse tête ?On le dirait bien.Pour en être sûr, il faut toutefois pouvoir étudier plusieurs crânes d’une même époque et les comparer avec ceux de notre époque, mais cela peut rarement être accompli puisqu’on découvre généralement des squelettes un par un.Or des chercheurs britanniques ont justement pu se pencher sur 30 squelettes décédés pendant la peste des années 134849 et 54 autres coulés avec leur navire dans un port anglais en 1545.Il en ressort que nos crânes sont en moyenne plus lourds de 15 % que tous ces crânes d’il y a quelques siècles.On savait que nous étions plus grands que nos ancêtres, grâce en partie à une meilleure alimentation, mais c’est la première fois qu'on se rend compte que la taille des cerveaux peut elle aussi s’être accrue, plus particulièrement les lobes frontaux, cette partie associée à l’intelligence.Elle est, toutes proportions gardées, plus large dans les crânes modernes.-Agence Science-Presse Occupation : relaxer La société des loisirs qu’on nous promettait est peut-être un mythe à nos yeux mais nos grands-parents ne seraient pas du même avis.Depuis 19Ç5, le temps consacré aux loisirs a bondi de 40 % aux Etats-Unis.Selon deux économistes, les salariés ont de six à huit heures de plus par semaine à consacrer à leurs loisirs, et ce, en dépit du fait que le nombre d’heures travaillées soit demeuré stable.Il faut dire que l’écoute de la télé gruge les deux tiers de ce temps de loisirs, un temps qui, jadis, aurait été consacré aux tâches familiales ou à l’entretien de la maison.-Agence Science-Presse Le rire est le propre de la femme On est généralement d’accord pour dire que le sens de l’humour rend un futur compagnon ou une future compagne plus attirants.Mais voilà que des psychologues affirment que les femmes jugent cette qualité plus importante que les hommes.A 210 étudiants et étudiantes de l’Université McMaster (Ontario), Eric Bressler et Sigal Balshine ont montré des photos de beaux représentants de l’autre sexe, assorties de huit déclarations supposément faites par ces gens.Dans certains cas, toutes les déclarations étaient sérieuses, clans d’autres, seulement trois sur huit étaient humoristiques.En grande majorité, les étudiantes ont jugé plus attirants ceux qui avaient fait des blagues, tandis que les étudiants, eux, n’étaient pas impressionnés et continuaient d’évaluer les femmes en fonction de leur apparence physique.-Agence Science-Presse / Ethique et société Les débats éthiques se multiplient en science.Les sciences de la vie, avec des problématiques comme le clonage et les OGM, occupent le haut du pavé mais les technologies, des systèmes de surveillance aux bases de données, n’y échappent pas non plus.L’UNESCO vient de lancer à cette fin un répertoire de plus de 500 experts en éthique et de plus d'une centaine d'organismes concernés, ce à quoi devrait s'ajouter d'ici la fin de 2006 une base de données des législations et des guides de pratique d;uis plusieurs pays, http://www.Unesco, org/shs/ethics/geobs.- Agence Science-Presse La préhistoire du stress post-traumatique Le syndrome de stress post-traumatique ne faisait pas partie du vocabulaire au moment de la guerre civile américaine (18(>0-65).Et pourtant, en remontant le temps pour examiner les dossiers militaires et médicaux de l’époque, une équipe américaine en a retrouvé tous les symptômes.Ceux-ci, écrivent ces chercheurs dans les Archives of General Psychiatry, étaient plus fréquents chez les soldats qui ont vu mourir plusieurs de leurs camarades ou frirent prisonniers de guerre, le portrait qui se dégage de cette étude offre des ressemblances troublantes avec le portrait des vétérans du Vietnam: un taux plus élevé de troubles physiques et mentaux et une espérance de vie plus faible que le reste de la population.On n'en saura jamais plus, les dossiers médicaux d'alors ayant leurs limites — et le vocabulaire de l'époque pour distinguer «fous» et «sains d’esprit» étant singulièrement limité.Mais tous les indices pointent dans ki direction de traumatismes sévères et durables qu’on ne savait pas encore nommer.- 4ge«re Science-Presse Au tour de papa de travailler Prenez un nid de guêpes.Retirez toutes les femelles qui étaient occupées à nourrir les bébés (les larves).Que se passe-t-il ?Eh bien, les mâles qui jusque-là restaient dans les environs à ne rien taire.se mettront à nourrir les larves.Ou du moins certaines des larves.Et ils ne le feront pas avec autant d'efficacité que les femelles mais ils le feront tout de même: prendre ki nourriture que leur déposent les chercheurs.la mâchouiller puis la régurgiter au bénéfice des larves, la surprise est d'autant plus grande pour les biologistes que la guêpe est un insecte social, c’est-à-dire chez qui les tâches sont clairement definies à la naissance (source : Animal Behaviour).-Agence Science-Presse Planètes sans nom Le débat qui déchire' les astronomes sur le statut de Iluton — est-ce ou non une planète?— laisse indifférent le reste de la population.Mais il a un impact tangible : les nouveaux corps célestes découverts ces dernières années dans les parages de Phiton ne peuvent pas être baptises.C'est qu'il existe tui seul organisme autorisé à nommer ce qu'on découvre dans le ciel: l’Union astronomique internationale (UAD.Or celle-ci a des.regies très strictes suivant que le nouveau corps céleste est une planète, un astéroïde ou autre chose dont le statut reste à inventer.Ainsi, en début d'année, les astronomes ont confirme la découverte de 2003UB313, un objet qui est encore phis gros que Phiton.Mais tant qu'on n aura pas decide si Phiton est une planète ou un astéroïde, on ne saura pas non plus quel statut il fuit donner à ce nouveau venu.L'«épineuse» question pourrait être résolue au prochain congrès de IT ’AI, en août, à IVague -Agence Science-Presse .fVJW Jù Oc m •AS- ' • .^ - B j " , k , , .JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AGENCE FRANCE-PRESSE .‘f,Pht.al,ates contenus dans les plastiques sont lentement libérés dans l’air ambiant, ce qui fait que les humains y sont exposés, notamment en ingérant des aliments qui ont été enveloppés dans une pellicule plastique ou insérés dans un sac de plastique.Ces plastiques qui nous empoisonnent Les phtalates, une famille de composés chimiques omniprésents dans notre environnement, causent certains problèmes de santé Participant à la composition de tous les plastiques mous, les phtalates, comme on les appelle, sont omniprésents dans notre environnement.Depuis quelques années, on les soupçonne d’empêcher la descente des testicules chez les fœtus mâles, une anomalie qui constitue le principal facteur de risque du cancer des testicules.Pour ces raisons, certains pays en ont banni l’utilisation.PAULINE GRAVEL Il s'agit de liquides qu'on mélange aux plastiques pour les ramollir.C'est pourquoi ils sont surnommés les assouplissants à plastique.On les retrouve à l’intérieur des voitures, dans les cosmétiques, certains jouets, maints accessoires médicaux, les sacs de plastique et la pellicule moulante qui sert à emballer les aliments.Les phtalates contenus dans les plastiques sont lentement libérés dans l’air ambiant, ce qui fait que les humains y sont exposés, notamment en ingérant des aliments qui ont été enveloppés dans une pellicule plastique ou insérés dans un sac de plastique, souligne le biologiste moléculaire Jacques J.Tremblay, du Centre de recherche en biologie de la reproduction de l'Université Laval, qui étudie les effets des phtalates sur le système reproducteur.Même les personnes qui se soucient de leur santé et font leurs emplettes dims des épiceries d'aliments naturels n'y échappent pas car, là aussi, on emballe legumes, fruits, riz et autres noix dans du plastique contenant des phtalates.Des jus de fruits biologiques sont parfois proposes dans des bouteilles de plastique phitôt que des contenants de verre ou de carton davantage inertes, minimisant ainsi leurs vertus.Les sacs à biberons jetables et la plupart des jouets pour enfants en plastique mou que les bambins portent à leur bouche contiennent également des phtalates susceptibles de porter préjudice à leur santé.Heureusement, les suces (petites tétines à bébé) en sont dépourvues.Après l'ingestion, la deuxième principale voie d'exposition aux phtalates est l'absorption par la peau.Or les phtalates permettent de stabiliser les odeurs dans les produits de beaute tels que les parfums, les deodorants, certaines crèmes et poudres pour la peau, les remis à ongles et les gels parfumés pour les cheveux.Autant de produits qui peuvent induire une certaine absorption de phtalates par la peau.Les phtalates abondent aussi dans maints accessoires medicaux dont les sacs de sang et d'urine, les cathéters qui serrent à acheminer sang ou solute, les tentes à oxygène ainsi que les seringues.Jusqu'à 40 % du poids des tubulures utilisées dans les hôpitaux est constitue de phtalates.11 s'ensuit que les personnes atteintes d'insuffisance rénale, qui subissent régulièrement des dialyses, ont des taux circulants de phtailates très élevés et nettement supérieurs à ceux de la population générale.Les enfants gardés aux soins intensifs à la naissance présentent des doses circulantes de phtalates jusqu’à 50 fois plus élevées que ceux ne nécessitant pas ce genre de soins.Le personnel soignant, qui manipule à longueur de journée maints de ces dispositifs, y est aussi exposé et des regroupements d’infirmières se préoccupent de ce phénomène.Informé du problème, Santé Canada publiait en 2002 un rapport rédigé par un groupe consultatif d’experts qui soulignent l’importance de trouver des solutions de rechange dès que possible à l’utilisation des phtalates dans les instruments médicaux.Parce qu'ils sont libérés dans l'air ambiant, les phtalates peuvent aussi être inhalés, affirme Jacques Tremblay, qui souligne que les phtalates sont souvent ajoutés aux PVC (chlorure de polyvinyle), lesquels sont présents dans une multitude d'accessoires de jardin et de produits ménagers, comme le scellant à calfeutrage, les housses à chaises de jardin, les boyaux d'arrosage.le linoléum, les napperons en plastique, les rideaux de douche et les persiennes en PVC, Les phtalates sont également très abondants dans les automobiles, où ils s'immiscent entre autres dans les tapis et le recouvrement des banquettes, et embaument l’habitacle des voitures neuves de cette odeur si caractéristique.La descente des testicules Depuis quelque temps, une littérature de phis en phis abondante dénonce le danger potentiel des phtalates sur la santé.On dénombre une quantité grandissante d'évidences circonstancielles entre une exposition aux phtalates et la migration incomplète des testicules chez les fœtus mâles, une anomalie appelée cryptorchidie en termes scientifiques.•Chez l'humain, la cryptorchidie a vu son incidence doubler au cours des 20 à 30 dernières années».souligne Jacques Tremblay, spécialiste du système reproducteur mâle au département d’obstétrique et gynécologie du Centre de recherche du CHUL •Au lourd hui.près de 5 % des nouveau-nés de sexe masculin en sont atteints à divers degrés: les testicules peuvent être demeures très haut dans l ’abdomen cm être tout près de leur position finale dans le scrotum.La cryptor-ckufie est devenue la principale anomalie pédiatrique chet les nourrissons Le Canada n’a pas encore décidé d’agir alors que certains pays de la Communauté européenne ont déjà sévi.mâles.Or elle constitue le principal /acteur de risque du cancer des testicules, lequel est en croissance et représente actuellement la forme de cancer la plus fréquente chez les jeunes hommes de moins de 35 ans.» Des enquêtes ont ainsi montré une incidence accrue de cryptorchidie chez l’enfant dans certaines régions du monde où les femmes travaillent dans des usines de production de phtalates ou d’autres dérivés du genre.Upe étude effectuée récemment dans lEtat de New York, au cours de laquelle on a mesuré le taux de phtalates dans l’urine de femmes enceintes à différents moments de leur grossesse, a révélé une corrélation entre les niveaux élevés de phtalates chez les femmes enceintes et les problèmes du système reproducteur de leur rejeton de sexe masculin.Cette étude a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis.Certains ont mis en doute les résultats, arguant que le groupe de femmes était trop peu nombreux (une centaine) pour permettre de tirer des conclusions catégoriques.Mais pour répondre à la critique, les chercheurs s'appliquent à répéter l’étude avec un plus grand nombre de femmes, qui atteint maintenant quelques dizaines de milliers.Alors que les études chez l'humain ne sont pas encore très convaincantes, le phénomène est très bien documenté chez l'animal.Chez les rongeurs, rats et souris, qui en reçoivent une dose quotidienne ou tous les deux ou trois jours, les effets néfastes se manifestent surtout chez les fœtus mâles des femelles ges-tantes, phis précisément au niveau du système reproducteur.Plusieurs études ont démontré que les testicules ne descendent pas et les organes génitaux des petits rejetons ne subissent pas une masculinisation complète.Les scientifiques ont également identifié les cellules qui.dans les testicules des fœtus mâles, sont particuliérement sensibles aux phtalates.Dénommées cellules de Leydig, ces cibles produisent normalement la testostérone et IIN'SLS (pour InsuHn-like 3), un petit peptide apparenté à Hnsu-line dont la présence est essentielle pour la descente des testicules, explique Jacques Tremblay.•Si ce peptide est absent, les testicules demeureront dans l'abdomen et ne descendront pas dans le scrotum, poursuit le chercheur.La testostérone participe aussi à la descente des testicules mais elle est avant tout responsable du processus de masculinisation qui procède à la /ois au développement des organes génitaux mâles et à la répression des organes génitaux fomeües •Les recherches en génomique chez l'animal nous ont aussi appris que les gènes impliques dans la synthèse de la testostérone et de ITNSL3 sont réprimés, voirr éteints par les phtalates», indique le chercheur, qui étudie comment les cellules de Leydig se développent et comment œ développement peut être perturbé ou affecté par certains composés environnementaux «On sait que les phtalates agissent sur les cellules de Leydig et qu’au bout du compte, les gènes responsables de la synthèse de la testostérone et de l’INSL3 sont réprimés Mais on ne sait pas comment ils parviennent à provoquer ces effets.Or, si nous arrivons à le savoir, peut-être pourrons-nous trouver des moyens pour les empêcher de les réprimer.» Les sceptiques jugent toutefois excessive la dose administrée aux animaux de laboratoire dans ces diverses études.•!! ne fout pas oublier que le métabolisme des rongeurs est beaucoup plus rapide que celui des humains, réplique Jacques Tremblay.Et comme les phtalates ne s’accumulent pas dans l'organisme et qu’ils sont métabolisés et excrétés dans l’urine, ils n’auraient pas le temps d’agir si on n'administrait pas une dose plus élevée que celle à laquelle la population générale est exposée.» Par ailleurs, une équipe de l’Environment Protection Agency (EPA) des Etats-Unis a démontré qu'on peut donner à des femelles gestantes une dose de phtalates n’induisant aucun effet sur la physiologie des rejetons.Par ailleurs, lorsqu’on administre diverses formes de la grande famille des phtalates — qui comprend une soixantaine de membres — à des doses pour lesquelles on n’observe aucun effet particulier, on note que cette combinaison entraîne des répercussions plus que cumulatives, voire un effet de synergie.*Ces résultats sont inquiétants puisque nous, les humains, sommes exposés dans notre vie de tous les /ours à plus d’un type de phtalates, voire à une multitude de ces composés contenus dans les plastiques», fait remarquer Jacques Tremblay'.Recommandations Les femmes enceintes devraient être vigilantes face aux produits de PVC et de plastique durant le premier trimestre de leur grossesse car c’est à ce moment précis que le système reproducteur mâle a besoin de la testostérone et de FINSL3.Apres le premier trimestre, tout est joué, prévient Jacques Tremblay.Le Canada n’a pas encore décidé d’agir alors que certains pays de la Communauté européenne ont déjà sévi.La France, entre autres, a banni l’utilisation de certains phtalates très courants tels que le DEHP (di2éthytex-hylphtalate), qui est probablement te plus répandu, te DBF (pour dibutylpte talate), et le DEP (diéthylphtalàte), couramment employé dans la preparation des cosmétiques.D est urgent de trouver des solutions alternatives, martelé Jacques Tremblay, affirmant que l'industrie ne cesse de fire pression au Canada pour continuer à utiliser ces composés qui ne coûtent pratiquement rien à produire.Le Devoir
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