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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-04-13, Collections de BAnQ.

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0 (I LE DEVOIR.LES SAMEDI I 3 ET DI M A \ C H E 14 THÉÂTRE ALIS et ses merveilles Page C 4 jnoüLLnon ! A V R I I > LE DEVOIR ?CINÉMA Entre maladie mentale et illumination Page C 6 GALE RESEARCH CO MUSIQUE Tout Wagner à Berlin JEAN JACQUES NATTIEZ COLLABORATION SPÉCIALE On sait que Richard Wagner a contribué, après les Britanniques, à forger la notion moderne de festival.Chaque été, les wagnérolâtres, après avoir attendu parfois plusieurs années pour obtenir des billets, se rendent en pèlerinage dans la petite ville de Bayreuth, gravissent la «colline sacrée» et se pâment de ravissement en écoutant l’orchestre sourdre de «/’abîme mystique» — l'acoustique de Bayreuth est une des meilleures au monde, si ce n’est la meilleure, et justifie à elle seule le déplacement Il règne autour de l’œuvre et de la personne de Wagner un climat d’admiration et de passion mais aussi de controverse qui ne tient pas seulement à la qualité fabuleuse du compositeur ou aux proportions gigantesques de ses opéras mais aussi aux résonances idéologiques et politiques de ses écrits et du contenu de ses œuvres: son antisémitisme évident, souligné au XXe siècle par le culte qu’Hitler lui vouait n’est pas la moindre zone d’ombre de son génie créateur.Encore aujourd’hui, on le sait, il est en principe interdit de jouer du Wagner en Israël, et quand un chef s’y hasarde, comme Daniel Barenboim récemment, il déclenche des tornades de polémiques.Ce que l’on sait moins, c’est que de grands intellectuels allemands, comme le philosophe Jürgen Habermas, se rdusent par principe, à assister à une représentation de ses opéras.Chez d’autres, l’œuvre et la pensée de Wagner provoquent des réactions à la fois enthousiastes et embarrassées: à son sujet, écrivait Thomas Mann, «la mauvaise Allemagne, c'est la bonne qui a mal tourné.Voilà pourquoi il est tout à fait impossible à un esprit allemand de renier complètement la mauvaise».Trop de maisons d’opéra à Berlin ?Pour la plupart des wagnériens, hors de Bayreuth, point de salut.Mais les choses vont peut-être changer.En effet, le festival de Bayreuth ne présente jamais, chaque été, la totalité des opéras de Wagner inscrits au répertoire.Or une maison d’opéra berlinoise, et non des moindres, le Staat-soper, répète l’exploit qu’elle avait accompli en mai et juin 1933 lorsque, pour la première fois, «tout Wagner» avait fait l’objet d’un festival.En deux cycles, l’un eq mars dernier et l'autre en avril, l'opéra d’Etat de l’ex-Berlin-Est offre dans l'ordre chronologique ses dix ouvrages majeurs.D’abord, Le Vaisseau fantôme, Tannhauser et Lohengrin-, puis, la Tétralogie, cet ensemble de quatre opéras intitulé L’Anneau du Nibe-lung et qui comprend L’Or du Rhin, Im Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux, enfin, Tristan et Isolde, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg et Parsifal.En présentant l’ensemble des opéras qui ont donné à Richard Wagner une stature probablement définitive dans l'histoire de la musique, le Staatsoper de Berlin se construit une position enviable sur l'échiquier allemand et international des maisons VOIR PAGE C2: WAGNER «NMI Karmen Un film de Joseph Gaï Ramaka (Sénégal) SOURCE: VUES D'AERIQUE des o n s Aux 18” Journées du cinéma africain et créole qui s’ouvrent jeudi avec Karmen de Joseph Gaï Ramaka, certaines thématiques reviennent plus souvent que d’autres: tel le sort réservé aux femmes, dans la société musulmane, entre autres.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Sauter de film en film aux Journées africaines et créoles, c’est prendre le pouls de la production cinématographique des Antilles et d’Afrique, mais aussi entrer de plain-pied dans des cultures tantôt en évolution, tantôt en panne d’évolution.Le septième art est un miroir qui renvoie parfois une terrible image de sociétés immobiles.Prenez la condition des femmes.Dans plusieurs pays en voie de développement, leur sort est tout sauf enviable, tant le poids des traditions et de la religion les accable.Pas étonnant que cette thématique soit sans cesse reprise dans ce 18' cru de Vues d'Afrique.L’art devient alors une arme de dénonciation pour combattre une hiérarchie qui condamne bien des femmes à une condition qui frôle celle d’esclaves.Sensualité et tragédie Pourtant, en guise de film d’ouverture, c’est la libération d’une femme qui se voit célébrée en musique.H s’agit de Karmen, qui inaugure la fête le 19 avril prochain avant de gagner nos salles le vendredi suivant.La danseuse gitane qui rendait les hommes fous était née de l'imagination de Prosper Mérimée, avant d’être reprise par Bizet dans son célèbre opéra, sans cesse adaptée par la suite à l’écran, par Lubitsch, Feyder, Saura, Rosi, etc.En 1954, il y eut même une version «black» de la belle: Carmen Jones d’Otto Preminger.Cette fois, Karmen de Joseph Gai' Ramaka est transposée en Afrique, musique de Bizet en moins et épisode homosexuel en plus.Loin des interdits qui frappent souvent les femmes africaines, cette Karmen noire de Dakar est portée par la danse, la musique des chœurs et une sensualité vibrante.Car la grande séductrice (incarnée par Djeinaba Diop) est une bombe ébène de liberté sexuelle qui enflamme tous ceux qui l’approchent, dont une sensible directrice de prison incarnée par Stéphanie Biddle.Le mythe est ici souverain et se transforme en figure moderne où la sensualité étreint la tragédie, en explosant sans la moindre entrave.Bienheureuse Karmen qui brûle sa vie et nargue la mort L’autonomie de cette flamboyante danseuse bourreau des cœurs ne trouve guère d'écho dans la plupart des films consacrés à la condition féminine aux 18" Journées africaines et créoles.Ceux-ci abordent plutôt la prison à vie que leurs sociétés réservent aux femmes.Le cinéma éclaire de l’intérieur des sociétés dïnégali-té, et même s’il n'apporte pas de réponses, du moins fait-il sortir certaines réalités douloureuses du placard.Des œuvres de malheur et d’enchai-nement viennent décrire la condition des femmes d’Afrique, avec sommet dans le monde musulman où mieux vaut naître homme que femme.Ces films sont aussi des pieds de nez et des répliques cinglantes faits par des réalisatrices à leur univers phallocrate.Le plus bouleversant des longs métrages sur la question est l’excellent La Saison des hommes de la cinéaste tunisienne Moufida Tatli.Celle-ci devait déjà son renom à des films à la fois grand public et sensibles comme Halfaouine et Les Silences du palais, où elle rendait audibles des voix muselées.VOIR PAGE C2: TRADITIONS SOURCE: VUES D'AFRIQUE des hommes A*/ La Saison WB3Ê ! £ de Moufida Le septième art Tlali EST UN MIROIR QUI RENVOIE PARFOIS UNE TERRIBLE IMAGE DE SOCIÉTÉS IMMOBILES.(Tunisie) r* v I.E DEVOIR, L E S S A M EDI I 3 ET I) I M A X ( HE 14 AVRIL 2 0 0 2 WAGNER Barenboim tient à souligner l’universalité et la modernité de Wagner Culture SUITE DE LA PAGE C 1 d’opéra pour des raisons qui ne sont pas seulement d’ordre esthétique et qui] convient de considérer.On le sait, la réunification des deux Allemagnes a coûté fort cher à la nouvelle république fédérale, et les crédits sont aujourd'hui plus limités qu’ils ne l’étaient au moment de l’euphorie déclenchée par la chute du mur de Berlin.I^e résultat, bien sûr, c’est que la nouvelle capitale allemande se retrouve bien souvent dotée d’institutions qui semblent faire double emploi.Ainsi, les mélomanes ont aujourd’hui accès à la fois au Deutsche Oper de l’ancien Berlin-Ouest, superbement équipé, d’une capacité d’environ 2000 places et bénéficiant d’une acoustique somptueuse, ainsi qu’à deux institutions de l’ex-Berlin-Est: le Komische Oper, ouvert en 1947, et le Staatsoper, installé dans un très bel édifice construit en 1742 par Frédéric le Grand.La population berlinoise compte suffisamment de mélomanes cultivés pour que ces maisons d’opéra affichent complet tout au long de saisons particulièrement denses et ne détestent pas avoir la possibilité de choisir, une même année, entre plusieurs productions d'une même œuvre.Mais alors que le déficit de la Ville a atteint 30 milliards de dollars, des voix se sont élevées pour souhaiter la «rationalisation» des politiques de subvention, qui se montent, chaque année, à 120 millions de dollars (c’est la version berlinoise et artistique de la concurrence entre Dorval et Mirabel).Un sénateur berlinois à la ARCHIVES LE DEVOIR Daniel Barenboim Culture, Christoph Stôlzl, a pu proposer de regrouper les trois opéras sous une même administration et de leur assigner des mandats distincts: les opéras légers au Komische Oper, bien sûr, les grands opéras comme ceux de Wagner, Verdi, Bellini ou Puccini au Deutsche Oper, et le répertoire baroque et les œuvres de Mozart au Staatsoper.Mais pourra-t-on imposer cette politique à une institution qui a répondu à une menace de fermeture pour restauration en organisant le premier festival Wagner complet du XXL siècle?Barenboim dirige tout Wagner., A cette rivalité exacerbée par la situation économique s’ajoute une querelle d’ordre esthétique: qui est le plus apte à incarner l’«identi- LE GRAND SUCCÈS DU TNM ENFIN EN REPRISE À L’OUTREMONT ! Variations énigmatiques i« VÉRITABLE THRILLER SI6HI ERIC fMMANIKl SCHMITT ! « Vous aimerez Variations Énigmatiques.f.) Cynisme, humour féroce: l'estocade est aussi brillante qu'hargneuse «> Jean St-Hilaire.LE SOLEIL «.un théâtre où l'Intelligence est au service de l’émotion.» Luc Boulanger, VOIR gagnant PRIX DU PUBLIC AU GALA DES MASQUES au THEATRE OUTREMONT LES 17,18,19, 20 ET 21 AVRIL DES MERCREDI PROCHAIN ! quelques bons billets encore disponibles Billets en vente au guichet du Théâtre Outremont www.theatreoutremont.ca, sur le réseau Admission, au (514) 790-1245 ainsi que sur www.admission.com.^ L‘hrttt* 4® en J Œ=.in AUS est par excellence l’art de notre époque: celui qui reste à inventer.Laurence Louppe ALIS .ou2 (France) 3 soirs seulement "Avec les mois, ils créent (tes images el avec les images, ries mois.Duchamp et Perec ne sont pas très loin." Libération "Us mettent ta réalité sens dessus dessous pour la décortiquer, construisant un theatre d'objets et de mots, comme autant de pièges qui culbutent le sens, basculent les certitudes " Le Monde 18 au 20 avril USINE 0 514.521.4^93 514.790.1245 té musicale allemande»?Christian Thelemann, directeur musical du Deutsche Oper, partisan de productions allemandes d’opéras allemands et rebelle aux audaces scé-nographiques, plus berlinois que les Berlinois?Ou Daniel Barenboim, directeur musical de l’Orchestre symphonique de Chicago et du Staatsoper, régulièrement invité a Bayreuth, où il a déjà dirigé la Tétralogie, Tristan, Les Maîtres chanteurs.et Parsifal, artiste cosmopolite — comme le souligne son site Web (www.daniel-baren-boim.com) — dont une certaine presse n’hésite pas à rappeler qu’U a un passeport israélien?Et cela, sans parler de la succession à la direction du festival de Bayreuth lorsque Wolfgang Wagner, le petit-fils de Richard, se décidera à prendre sa retraite.Thelemann devrait diriger une nouvelle Tétralogie à Bayreuth à partir de 2006, mais Barenboim n’est-il pas en train de se mettre en lice comme candidat possible à la direction?Pour une simple raison: c'est lui, et lui seul, qui dirige tout Wagner à Berlin au cours de ces deux cycles.Si ce cycle Wagner est possible aujourd’hui, c’est parce que, ces dernières années, le Staatsoper a monté les dix opéras de Wagner les uns après les autres.Qui plus est, avec toujours le même tandem Daniel Barenboim-Harry Kupfer.Ce metteur en scène avait proposé, avec lui, il y a quelques années à Bayreuth, une Tétralogie digne de l’ère électronique.Barenboim tient à souligner l’universalité et la modernité de Wagner.Si un Wie-land Wagner a mis en scène la totalité de l’œuvre wagnérienne, en revanche, c’est probablement la première fois, et cela relève de l’exploit, qu’un même chef dirige tous ses opéras en une période de temps aussi courte.On sera donc en présence d’une vision esthétique et musicale de l’œuvre wagnérienne particulièrement cohérente puisque confiée à la même équipe de bout en bout Au delà de la crise économique et des luttes de pouvoir qui tissent la toile de fond de ces cycles Wagner, ce sont avant tout la qualité et la signification esthétiques de l’entreprise berlinoise qu’il faudra examiner, avec des artistes aussi réputées que Waltraud Meier ou Deborah Polaski.J’aurai le plaisir de rendre compte des dix représentations du deuxième «cycle Wagner» du Staatsoper dans deux articles à venir.SOURCE VUES D’AERIQUE Inch’Allah dimanche de Yamina Benguigui (Algérie) a remporté la Vague d’or du meilleur film au Festival de Bordeaux en 2001.TRADITIONS SUITE DE LA PAGE C 1 Avec La Saison des hommes, Tatli explore davantage encore la vie de femmes qui ne s’appartiennent pas mais se contentent d’une existence asphyxiée.Place à une œuvre chorale où plusieurs épouses recluses dans une grande maison de File de Djerba dépérissent, faute de liberté, faute d’amour aussi ou même de sexe car les maris travaillent à Tunis ou les ont abandonnées.L’héroïne principale, la tisseuse de tapis Aïcha (Rabiaa Ben Abdallah), exploitée, délaissée, tyrannisée par une terrible belle-mère n’est qu’attente sans cesse brimée.Dans cette sorte de gynécée ou de harem sans hommes, le pouvoir viril est néanmoins omniprésent et régente les moindres mouvements de ces captives, esclaves sacrifiées au besoin éventuel de ces messieurs qui ne se manifestent pas souvent Ce film étonne quand l’on songe que la Tunisie est considérée au sein du monde arabe comme un modèle d’émancipation où la polygamie et la répudiation unilatérale, par l’homme seulement, se voient entre autre interdites.«Quatorze siècles de tabous ne s'effacent pas en une génération», a confié Moufida Tatli dans une récente entrevue.A ses yeux, un RE Une (rëation envoûtante - peut-être même la plus envoûtante de toutes les œuvres de Vasconcelos depuis les dernières années -originale el particulièrement imaginative/où les anges sont déchus et la quête de soi sans fin.Réellement poétique.Andrée Martin, U Devoir ir L'Autre prouve sans nul doute qu'il n'existait pas de meilleur moyen que la puissance métaphorique des chorégraphies de Vasconcelos pour copier sur scène la rhapsodie perpétuelle des rapports entre les hommes.Christian St-Pierre, Les cahiers de théâtre | L’Autre is a stunning integration of dance and theatre performed with awe-inspiring grace, intensity and passion.Sarah Gignac.The Other Press - Vancouver The primal joy of dancing (and running) until you drop is celebrated fust when you think the revels are ended, there’s one more exuberant fling.Bravely innovative.Pat Donneiy, The Gazette Envoûtant et paradoxal.Comme le rêve.Pierre Thibeauit, ICI Montréal Mise en scène et chorégraphies Paula de Vasconcelos SI Décor Raymond Marius Boucher Costumes Louis Hudon Anne-Marie Veevaete lean-Charles Martel Avec Daniel Despuleau Gregory Hlady Anne Le Beau Caria Ribeiro Bruno Schiappa Catherine Sènart Paul-Antoine Taitleh écart important existe entre une minorité citadine éclairée de Tunisie et une majorité rurale réfractaire au changement.«Nous pouvons observer dans nos sociétés arabo-méditerranéennes réputées plus ouvertes, des constantes toutes liées à la place de la femme au sein de la famille et de la société, dit-elle.Ces constantes sont l’émanation d’un ordre moral rigide et d’un ordre social immuable.Transmises par la mère, les traditions séculaires sont forgées d’une génération à Vautre.» Servitude Ces traditions s’exportent d’un continent à l’autre.Inch’Al-lah dimanche, de Yamina Benguigui, témoigne lui aussi avec éloquence de la servitude des femmes musulmanes.On devait déjà à cette cinéaste française d’origine algérienne Le Jardin parfumé, un documentaire sur la sexualité dans le monde arabe, primé l’an dernier à Vues d’Afrique et représenté dans cette 18e édition.Inch’Allah dimanche semble pour sa part faire suite à La Saison des hommes de Tatli, mais une étape plus tard, quand les femmes délaissées empruntent la route de l’exil.Dans cette fiction, Zouina (Fe-jria Deliba) arrive dans une petite ville française avec ses enfants pour y rejoindre un époux qu’elle n’a à peu près pas fréquenté depuis dix ans.Le choc culturel est au rendez-vous.Là encore, une terrible belle-mère persécute la bru.Et le mari, violent, bat sa jeune femme, la séquestre, la brime alors qu’elle tente tant bien que mal de s’adapter à son nouveau milieu, sous les brimades de voisins.Ce film assez manichéen, avec bourreaux et victimes, mais néanmoins touchant et bien noué, aborde la perte de repères d’une femme doublée du désir éperdu de nouer des liens, de grandir.Il aborde aussi le fossé qui existe entre époux.Leurs modes de vie et leurs droits sont si différents qu’ils peuvent à peine communiquer.Cette absence de langage commun, cette incapacité de s’atteindre est à l’origine de bien des drames que les traditions perpétuent.Elles ne sont pas sorties de l’auberge, les femmes musulmanes, et des histoires révoltantes viennent en images démontrer leur servitude à qui mieux mieux.Un petit film de la Marocaine Narjiss Nejjar, Le Septième Ciel, décrit une situation tellement pathétique qu’on se croirait dans le conte La Petite Fille aux allumettes.L’héroïne est une jeune bergère, privée d’école par son père instituteur, reléguée à la compagnie des moutons et persécutée par un groupe d’écoliers qui la torturent de toutes les manières possibles.Cette enfant a parfois hâte d’aller retrouver sa mère morte, tant son existence est dure, mais elle rêve aussi d’étudier comme les garçons.Son destin sera pourtant transformé par des bons samaritains qui la prendront sous leur aile.Tout est bien qui finit bien.Mais auparavant, que de malheurs! Parfois, les vies décrites dans ces films au départ sont si tragiques, le sort réservé aux femmes si injuste qu’on a peine à y croire.Le poids des traditions pèse pourtant sur elles.«L’homme est aussi victime d’un système, estime Moufida Tatli.Un système qui le protège et lui confère des privilèges qu’il n’a pas envie de changer.» 18ES JOURNÉES AFRICAINES ET CRÉOLES à Montréal, du 19 au 27 avril au Cinéma Impérial, au Cinéma ONF, au Goethe-Institut et à la Société des arts technologiques rw Tu K AT R F (“O ¦ H r»u Nouveau NI on of _^ans TREMBLAY NOUVEAU EST ARRIVÉ ! L'ÉTAT DES ÜEUX Comédie dramatique de Michel TREMBLAY Mise en scène de André BRASSARD * Marthe TURGEON ° !£ Kathleen FORTIN Denys PARIS Rita LAFONTAINE | < Laurent Duceppe-Deschênes Louis-Olivier Mauffette Concepteurs : Jean Bélanger Danièle Lévesque François Laplante Michel Beaulieu Larsen Lupin Normand Blais Jacques-Lee Pelletier Jean-François Marleau Une production de PIGEONS international à l’USINE c du 4 au 13 avril billets: 521-4493 Un» présentation | BANQUE I NATIONALE IHTHl I Dès le 23 avril Réservations 866-8668 www.tnm.qc.ca LE DEVOIR.LES SA M EDI 1 3 ET DI M A \ ( HE 14 A \ R I I O O Culture Le théâtre anglophone à Montréal Survivre, à tout petits pas Dans les communautés culturelles menacées, l’activité dramatique l’est encore plus.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Pas simple de tracer le portrait du théâtre anglophone à Montréal.Pas rose non plus.Même que le constat est plutôt triste.Quelques coups de fil et un bref survol du terrain permettent de peindre un bien désolant tableau: le public ne se renouvelle pas; les comédiens locaux prennent le chemin du ROC ou d'Hollywood, et les metteurs en scène aussi, pour les mêmes raisons.Le théâtre anglophone à Montréal est en crise.Pire: le théâtre anglo est en train de s'éteindre à petit feu.Triste, qu’on disait.Profitons du moment où les grandes salles font connaître leur prochaine saison pour plonger dans cet univers que l’on connaît si mal.Première surprise: on y constate rapidement que le sort du théâtre anglophone à Montréal ressemble à celui du théâtre francophone à Edmonton, Saint-Boniface ou Halifax.Il est question de la survie d’une culture: là-bas la nôtre, ici la leur.Or, sans prétendre à quelque etude scientifique que ce soit, on peut penser que dans les communautés culturelles menacées, l’activité dramatique l’est encore davantage.Etincelles Bien sûr, le mot «agonie» («n.f.- moments, heures précédant immédiatement la mort») est un peu fort pour décrire la situation du théâtre anglophone à Montréal: on n’en est pas encore immédiatement avant le trépas.Quelques étincelles fusent encore, parfois.A Montréal, tout le monde connaît le Centaur Theatre, le TNM des anglophones, qui s’est lentement creusé une niche dans l’ancien édifice de la Bourse depuis les années 70 et qui offre une programmation annuelle comptant bon an mal an six spectacles.«de qualité souvent inégale», souligne notre critique Hervé Guay.On verra pourquoi.Il y a aussi le Saydie Bronfman, qui réussit encore parfois à se démarquer du Centaur, sauf que, prétendent certains, faute de moyens et faute de public sur-tout, le Saydie, comme on dit fami-lièrement, semble se condamner à faire des choix de plus en plus conservateurs.Certains considèrent désormais que l’institution est devenue un roadhouse, une sorte d’arrêt facultatif sur le circuit des salles nord-américaines.Evidemment, du côté du Centaur — où l’arrivée de Gordon McCall comme directeur artistique est perçue comme un souffle d’air frais — et du Saydie Bronfman, on n’est pas d’accord Il est question de la survie d’une culture : ici la leur, là-bas la nôtre avec cette vision des choses.Barbara Ford, du Saydie, parle de la prochaine saison avec enthousiasme.On n’en connaîtra les détails que dans quelques jours (le 16, en fait), mais on sait déjà que deux des membres du Montreal Young Company, Chris Abraham et Bill Glasco, signeront chacun une mise en scène alors que trois spectacles extérieurs en provenance de l’Angleterre, de Winnipeg et du Yiddish Theatre compléteront la saison.De son côté, le Centaur offre une programmation 2003 toute faite de premières.Première anglophone du topt nouveau Michel Tremblay, L'Etat des lieux, qui deviendra Impromptu On Nun’s Island en anglais (dans une traduction de Unda Gaboriau); première en anglais du récent succès d’Evelyne de la Chenelière, Des fraises en janvier (Strawberries in January).Première aussi de la nouvelle full-length comedy du duo d’humoristes Bowser & Blue, The Paris of America.Première montréalaise également de Vinci, de la Canadienne Maureen Hunter, et de Proof, de David Auburn, une pièce américaine qui a reçu et le Pulitzer et le Tony du théâtre en 2001.Reste cependant, comme le souligne Harry Standjovsky, un comédien anglophone basé à Montréal et dont la carrière a aussi un volet pancanadien, que «les Anglos d’ici sont de moins en moins intéressés par le théâtre; c’est presque une activité réservée aux personnes âgées.Je suis sans doute de la dernière génération pour laquelle le théâtre est le summum des arts de la scène.On est beaucoup plus cinéma, maintenant.Les comédiens autant que le public».Un bien petit milieu Pourtant, officiellement, le théâtre anglo-québécois compte une cinquantaine de compagnies regroupées sous le parapluie de la Quebec Drama Federation ( www.quebecdrama.org/about/ab outqdf.html).Une fois par année, on entend parler de quelques petites compagnies.Le Montreal Young Theatre, l’une des plus prometteuses, est en relâche pour une période d’un an; l’Infinitheafre, qui a succédé à la compagnie 1774 de Mariane Ackermann, s’est fait silencieux; The Other Theatre, de Stacey Christodolou, dont on a parlé à quelques reprises dans nos pages alors qu’elle montait des spectacles en français; Teesridu-nya, qui considère les tensions multiculturelles comme un lieu théâtral fécond, comme vient de le montrer son récent et controversé Bhopal, et le Black Theatre Workshop qui, selon certains observateurs, ne re- théâtre du rideau vert v f DU 23 AVRIL AU 18 MAI 2002 ' LeT i veuye rusée Goldoni Trrtclüction I Marco Micone_| Mise en scène < Guillermo de Andrea Avec Geneviève Rochette Emmanuel Bilodeau Pierrette Robitaille Tony Conte Ginette Chevalier Andreas Apergis Isabelle Drainville Jean Harvey Guillaume Choumard Yvan Benoit Bernard Meney Reda Guerinik Florence R Turgeon Décor Yvan Gaudin Costumes François Barbeau Lumières Stéphane Jolicoeur Masques Donate Sarton Musique Osvaldo Montes Accessor es Jean^ane Guay.Alain Jenkins RÉSERVATIONS : (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Hydro Vocrbin dÔwlCé ’VtxiUvn SI UN THRILLER AU RYTHME RAPIDE AU TOURNANT INATTENDU.M ZMCttr NRO-TV.CMCIM «FASCINANT! «CRIMES ET POUVOIR* EST UN THRILLER AU RYTHME EFFRÉNÉ QUI VOUS INTRIGUERA JUSQU’À LA FIN.ÏMY TOtCMN.¦lU-TÏ.SMI IU! Ht Y ASHLEYJÜDD MORGAN FREEMAN CRIMES ET POUVOIR version française de HIGH CRIMES • «juc vous croyez.Inut ce que vous savez.1st peut être- un mensonge iMKSH-K «iiïïi'jimEiJiriiHuwwi t»i«rpt wr.jijwn reiu jk.hw: ib«ni cjiuwisnjMr* wm.m «kiubim ubvi manii «kikm * jmtmr^ui rwiaun jmt ' JUMHi nr MB* ilUPt JM1 «v* Mi I JW.¦ il MV« IV Ml M’I SW «A «*¦ «M HTBI «m (* Vl i : : U Mil, t.mRn II I *\< MR1 I RK R< >! IMI R lAnc.laise & le Duc: * , JEAN CUUDE DREYFUS .LUCY RUSSELL 1 r m Menu.Tous In jour*: 14h30 - I7h00-I9h2s-21M5 Le scénario de Frailty succombe à la tentation du coup de théâtre SOURCE CHRISTAL FILMS Entre la maladie mentale et Pillumination FRAILTY De Bill Paxton.Avec Matthew McConaughey, Bill Paxton, Powers Boothe, Matt O’Leary, Jeremy Sumpter.Scénario: Brent Hanley.Image: Bill Butler.Montage: Arnold Classman.Musique: Brian Tyler.Etats-Unis, 2002,100 minutes.MARTIN BILODF.AU Bill Paxton n’a jamais vraiment fait de grandes étincelles à titre de comédien, et Hollywood, qui pourrait en être la cause autant que l'effet n'a pas jusqu’ici nourri de grands espoirs à son sujet Or voici que le tra-queur de tornades de Twister et le chasseur de trésors de Titanic s’investit pour la première fois dans un long métrage à titre de cinéaste.Contre toute attente, Paxton se révèle fort habile à sculpter des atmosphères et à agencer les pièces d’un récit puzzlesque et vertigineux qui se promène sur la frontière entre la maladie mentale et l’illumination, l’expliqué et l’inexplicable — quitte à perdre la foi au dernier acte, ce sur quoi nous reviendrons.Frailty est le récit d’un dérapage, raconté à la première personne par un enfant à qui le père (défendu par Paxton, et très bien avec ça), veuf depuis peu, annonce, à lui et à son frère, par une nuit tranquille, qu’un ange apparu l’a chargé d’éliminer des démons qui circulent sous une apparence humaine.Paxton, dès cet instant, explore les divers décalages qui surviennent D’une part entre les deux garçons, dont le cadet embrasse le discours de son père tandis que l’ainé s’effarouche et décrète qu’il est fou, puis entre ce dernier et son père, qui cherche à lui imposer sa raison en le faisant assister à ses carnages meurtriers, et enfin entre l’agent du FBI (Powers Boothe), chargé 20 ans plus tard d’élucider les crimes rituels commis en série par un tueur impossible à pister, le jeune homme (Matthew McConaughey), venu dans son bureau lui livrer son histoire, et son frère, qu'il soupçonne, dit-il, de perpétuer la mission de son père.Le récit agencé par Paxton et son scénariste Brent Hanley, un nouveau venu, se présente à première vue comme une critique du fanatisme religieux, voire un plaidoyer pour les innocents que ce fanatisme prend en otages.Le tout est assujetti à une construction rigoureuse dont les effets se télescopent au ralenti, comme si le film épousait le rythme de la conscience, cherchant moins à la bousculer qu’à la subordonner.Hélas, au dernier acte, tout se gâte, alors qu’à l’instar de l’impossible Training Day et de l’impuissant High Crimes, le scénario de Frailty succombe à la tentation du coup de théâtre, discréditant du même souffle les arguments sensibles et convaincants évoqués en amont dans l’unique but de surprendre le client Or ne serait-il pas plus surprenant à ce titre, de se faire proposer une argumentation qui se tienne jusqu’au bout?Et n’est-ce pas plus difficile à produire, tout bien considéré?Un scénario de blockbuster bien charpenté CHANGING LANES De Roger Michel].Avec Ben Affleck, Samuel L Jackson, Toni Collette, Sidney Pollack, William Hurt Amanda Peet Scénario: Chap Taylor, Michael Tolkin.Image: Salvatore Totino.Montage: Christopher Tellefsen.Musique: David Arnold.Etats-Unis, 2002, environ 105 minutes.MARTIN BILODEAU On doit au Britannique Roger Michell l’adaptation la plus aboutie d’un roman de Jane Austen.Persuasion.On lui doit aussi deux comédies toniques, Titanic Town, sur le conflit irlandais, et Not-ting Hill, dont le succès l’a catapulté dans la cour hollywoodienne.Le premier film en ces lieux labyrinthiques prenant toujours, pour les cinéastes venus d'ailleurs, valeur de test, Michell s'est vu confier un pro jet diamétralement opposé à ce qu'il a connu jusqu'ici.Après les Stephen Frears, Neil Jordan, Mike Newell, convoqués avant lui pour un séjour dans le même donjon électoral, Michell, contre toute apparence, a relevé le défi.Comme ces films pour enfants desquels on dit que les adultes y trouvent leur compte, Changing Lanes séduit les masses et plaît aux cinéphiles plus exigeants.Entre les solives d’un scénario de blockbuster bien charpenté, Michell formule une réflexion sur le pouvoir malheureux de l'argent, la solitude des individus, l’indifférence urbaine et la pression sociale dont les mâles sont les victimes.Suivant la courbe accidentée de deux hommes vulnérables et en colère investissant Manhattan comme Wyatt Earp O.K.Corral, le film de Michell emboîte dans une forme consensuelle aux artifices apparents un discours d’auteur qui évoque par sa pertinence le cinéma des Lumet, Pakula et Pollack de la période seventies.S’ils n’avaient pas été tous deux impliqués dans une collision sur l’autoroute métropolitaine de Manhattan, les deux désespérés de Changing Lanes ne se seraient jamais rencontrés.En ce matin pluvieux, l’avocat Gavin Banek (Ben Affleck) a faussé compagnie à son co-sinistré, sous prétexte qu’il était attendu en cour pour une affaire d’abus de confiance impliquant sa firme.Attendu lui aussi en cour, pour faire valoir ses droits de père auprès d’une ex-épouse déterminée à déménager à l’autre bout du pays avec leurs deux garçons, Doyle Gibson (Samuel L Jackson), en retard de 20 minutes au rendez-vous, sera mis en échec par la cour.Or, pendant leur bref entretien, Banek a perdu un dossier, indispensable pour la défense de sa cause, que Gibson a recueilli.Pendant toute la journée, les deux hommes joueront au chat et à la souris, laissant leur hostilité respective croître jusqu’à un point de non-retour, dans l’espoir de récupérer ces 20 minutes perdues qui ont changé pour le pire le cours de leur existence.L'unité de l’interprétation étonne, étant donné que la plupart des acteurs jouent en solo, ou deux par deux (avec plusieurs combinaisons possibles).Michell pousse Affleck plus loin qu’il n’est jamais allé, le montrant sous un jour moins flatteur.Samuel L Jackson se révèle étonnant, bouleversant, dans son rôle d’alcoolique sur la corde raide cherchant à racheter en un geste, en un jour, tout son passé.L’excellentè Toni Collette se métamorphose une fois de plus, cette fois en secrétaire et maîtresse de Banek; un rôle ingrat qu’elle transforme, par sa force et son naturel, en repère moral.En beau-père et patron de Banek, Sidney Pollack continue pour sa part de développer cette personnalité perverse que le Kubrick de Eyes Wide Shut a fait naître en lui.Nul doute que ce dernier a appris à Michell comment donner à un film pertinent l’aura d’un blockbuster.Mal sucré THE SWEETEST THING De Roger Kumble.Avec Cameron Diaz, Christina Applegate, Thomas Jane, Selma Blair, Jason Bateman, Parker Posey.Scénario: Nancy M.Pimentai.Image: Anthony B.Richmond.Montage: Wendy Greene Bricmont, David Rennie.Musique: Edward Shearmur.États-Unis.2002, nviron 80 minutes.MARTIN BILODEAU Depuis le succès de Sex and the City (Sexe à New York), qui se poursuit pour le plus grand bonheur de plusieurs, le cinéma amfr ricain cherche à emboîter le pas à la série inspirée des chroniques de Candace Bushnell sans toutefois parvenir à s’en approprier le discours.J’en veux pour preuve les trois jeunes héroïnes de The Sweetest Thing qui, le soir, se payent du bon temps avec les gars et revendiquent le droit de causer cul et petites culottes et se réveillent au matin comme des Barbies sans Ken se remettant d’une intoxication au gaz hilarant Réalisateur d’un premier long métrage.Cruel Intentions, qui transposait l'intrigue des Liaisons dangereuses dans un high school californien, Roger Kumble a conçu celui-ci comme un véhicule tout-terrain pour Cameron Diaz, une des vedettes les plus pétillantes d'Hollywood.Celle-ci campe une San-Franciscaine hip et bien dans sa peau, qui s’envoie des amants les uns après les autres en rêvant' au prince charmant qu’elle a peut-être trouvé, pense-t-elle — et nous avec elle —, en la personne d’un beau gosse de banlieue (Thomas.Jane) sur le point de se marier.' Avec ses copines Courtney (Christina Applegate, qui vole le show) et Jane (Selma Blair), comme elle attachantes mais sans attaches, Christina, dépeinte par ses ex' comme une viveuse inconsciente, met au point un stratagème qui lui vole en éclats au visage.Sans rien perdre de ce cocktail de blagues, pas toujours du meilleur goût mais néanmoins distrayantes, le spectateur imaginera le monticule de pellicule sur le plancher de la salle de montage, laissée là pour des raisons que la mise en scène, incompétente de bout en bout, ne suffit pas à expliquer.Que • font ces trois filles dans la vie pour gagner leur croûte?A quel épisode de l’intrigue appartiennent toutes ces images montrées dans la publicité et pas dans le film?Le décollage s’était pourtant fait en douceur.L’espace d’une séquence, le cinéaste nous montre la jungle san-franciscaine, nous installe dans son décor, nous présente ses héroïnes et leur point de vue sur l’amour.Aussitôt dit, ce point de vue se dissipe, l’action s’enroule sur elle-même et la comédie dé rape pour aller emboutir un géné rique lâché hâtivement, à 80 minutes au compteur (autant dire un court métrage, selon les standards d’Hollywood), sur lequel défilent une série de bloopers et saynètes qui donnent l’impression de prolonger l’angoisse d’un avortement Contrairement à ce que prétend l’affiche, tout ce que ce film possède en commun avec There’s Something About Mary et My Best Friend’s Wedding, c’est Cameron Diaz.Or, si cette dernière a su récemment se tirer d’affaire dans un film détestable (Vanilla Sky, pour ne pas le nommer), elle ne sauve rien de celui-ci.A l’inverse de Christina Applegate, de qui on n’attend rien et qui, pour cette raison, assume seule tous les risques et porte en elle les promesses lubriques et sarcastiques abandonnées en cours de route.LE CONSERVATOIRE D’ART DRAMATIQUE DE MONTRÉAL PRÉSENTE Les Oiseaux du Mercredi mise en scene de Reynald Robinson assistance à la mise en scène de Sébastien Ventura avec les finissants et finissantes du 19 au 27 avril, à 20 heures (relâche le dimanche 21 avril) Cinquième salle Place des Arts 175, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (métro Place des Arts) ENTREE GRATUITE ïlaissez-gasser obligatoires disponibles à la billetterie de la Place,des Arts et au Conservatoire d art dramatique.4750 avenue Henri-iulien.t1 étage) RENSEIGNEMENTS (514) 873-4283, poste 236 Conserve tot recto nnistqur ef cfWrt r1r*m*tiQitr __ __ rfU pi‘"rrt,*sTr,r"e Québec MÏÏ , ?* Pour s’exprimer avec facilité, avoir le mot juste, un jeu s’impose.IA fOUE PE* MOTS * * * a «?1 En vente dans les librairies et les boutiques de jeux.On p'ep.ire l'avetm Un thème, une ville et plusieurs découvertes 1 LE ROMANTISME ET PARIS du 22 août au 2 septembre Séance d'information spéciale chez CadrF.xpert Saint-Sauveur le dimanche 14 avril à 16h30.jf Les j beaux a détours rsvp (514) 276-0207 Et.de l'île d’Orléans au pays de Menaud, ^ poésie, musique, sculpture et jfrç r ItCUITS CimuSElS autres plaisirs pour r une IS' saison avec vous! En collaboration avec Brochure disponible en mai Gub Vnvagcs Rosemont L E l> E V (I LES S A M EDI I H ET D I M A N ( H E IT AVRIL 2 0 0 2 Cull lire Les blues du paradis Le plus récent album du duo Susie Arioli-Jordan Officer est aussi séduisant que convaincant SERGE TRUFFAIT LE DEVOIR Pennies From Heaven est peut-être bien le disque du printemps, voire de l'eté.C’est frais, pétillant joyeux.C’est surtout paresseux.Plus prosaïquement, le nouvel album du duo Susie Arioli-Jordan Officer est fort bien fait II est aussi séduisant que convaincant.Atteindre ce résultat n’était pas évident.Cela ne l’était pas parce que goupiller un bon coup après en avoir fait un bon revient à signer un coup double.Souvent, on le sait, vouloir enchaîner de belles pirouettes se conclut par un casse-gueule.Il y a des musiciens qui maîtrisent parfaitement l’art du bon coup suivi du mauvais qui précède le bon.etc.Qu’on pense à Caria Bley.Un coup, ça va; un coup, c’est bonjour les dégâts.Cela posé, la réussite de Pennies From Heaven tient évidemment à plusieurs choses.A leur combinaison, à un agencement bien orchestré de celles-ci.Pêle-mêle, soulignons le choix des thèmes, la voix toute naturelle de Susie Arioli, le jeu balancé de Jordan Officer à la guitare, la présence de Michael Browne, Solon McDade, Jeff Healey, Colin Bray et.Ralph Sutton! Déclinons le tout Le choix des morceaux: on dit et on répète fréquemment que 50 % du succès d’un album réside dans la sélection des sujets abordés.Sur ce front, notre duo n’a pas lésiné.Il a puisé dans ce qui est ou forme la catégorie classique du jazz, à commencer par le morceau-titre.Les autres?Honeysuckle Rose de Fats Waller, Night And Day de Cole Porter, Don’t Explain d’Arthur Herzog et Billie Holiday, Do Nothing Til You Hear From Me, les standards Fooling Myself, I’ll Never Smile Again, He Needs Me et No Regrets, ainsi que les blues Having Fun de Peter Chapman alias Memphis Slim et Sit Doom Baby d'Otis Rush.Le tout s’accompagne de deux originaux, l’instrumental Jordan ’s Boogie et Walter’s Flat.Le Walter en question étant un chat.La voix de Susie Arioli: ainsi qu’elle l’a confié, elle s’est inspirée SOURCE JUSTIN TIME Le duo formé du guitariste Jordan Officer et de Susie Arioli a puisé dans les classiques du jazz.des interprétations signées par Billie Holiday et Frank Sinatra.On mentionne cela parce que cela est très révélateur d’une esthétique qui loge à l’enseigne de la simplicité, de ce dépouillement qui permet de mieux calibrer les mots, de mieux raconter l’histoire.Si elle avait fait écho au travail d’une Sarah Vaughan ou d’une Betty Carter, alors il y aurait eu ce scat qui brise la cadence.Sa voix, à la Susie, est juste.Pas au sens technique, mais bien.comment dire?Elle est ce qui convient parfaitement au Night And Day.A la guitare, Jordan Officer se révèle ou s’affiche comme un partisan des manouches.Un militant du style développé par Django Reinhardt.C’est fluide, ça coule, ça balance à la perfection.Jamais il ne se perd dans les méandres de solos qui n’en finissent pas.Officer a ceci de réjouissant que son sens de la ponctuation est très précis.Sa rythmique est toujours à propos.A ses côtés, Michael Browne.Michael Jerome Browne, c’est bien simple, est l’une des plus fines lames qui soit.It's croisements et supports qu’il cisèle sur sa guitare ajoutent, ou plutôt rehaussent la balance du tout.Qui plus est, l’étendue de sa connaissance du vieux jazz et du blues a certainement eu ceci de bien: rassurer les autres.Les rendre plus confiants.Ralph Sutton était connu dans le monde en tant que grand maître du stride.Il était un héritier de cette école ou style que les Pete Johnson, Albert Ammons et Willie Ihe lion Smith avaient inventé et développe'.Toujours est-il que sur un morceau, et un seul hélas!, on en tend ce piano à nul autre pareil.On entend cette manière de faire d’un autre temps.Un temps dépassé.Celui qui avait fait la gloire de Chicago.Son jeu sur Don't Explain a ceci de très singulier qu’il s'avère le dernier que Ralph Sutton ait signé.Deux ou trois semaines après séance, le cœur a lâché.Passons.Cet album, ce Pennies From Heaven paru sur étiquette Justin Time, c’est la plus parfaite version montréalaise des belles et grandes histoires racontées par Billie Holiday, Lester Young, Helen Humes et autres tailleurs du temps musical.L’OPERA DE MONTREAL Fbur«THERESE RAQUIN» de Tobias Picker PREMIÈRE MONDIALE EN FRANÇAIS Les 24, 27, 29 avril et 2 mai 2002 à 20 h Avec JESSIE RAVEN, Thérèse - GORDON GIETZ, Camille NATHAN WENTWORTH, Laurent - DIANA SOVIERO, Madame faquin L’ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN DU GRAND MONTRÉAL sous lo direction de MARK FLINT Mise en scène de FRANCESCA ZAMBELLO Décors et costumes de MARIE-JEANNE LECCA Traduction de NORMAND CHAURETTE En collaboration avec compüware.ÇJ Billets à partir de 38,50$ ^ (514) 985-2258 www.operademontreal.com prenez te x° Bernard Primeau Jazz Ensemble Joliette > (450) 759-6202 ¦' Salle Roland-Brunelle L Assomption > (450) 589-9108 Théâtre Hector-Charland n Ste-Geneviève > (514) ezs-isis Salle Pauline-Julien Théâtre Maisonneuve P'.u (4501 434-4006 Salle du Collège Lionel-Groulx OPtStÙLAjLMŒ , niSPONBUc 1514)985-2258 Longueuil > (450) 670-16)6 Théâtre de la ville PRIX SPtÇWÎ r8-30ANS Baie-Comeau > (4181295-2000 Cégep de Baie-Comeau 985-2258 Terrebonne > 14501492-4777 Théâtre du Vieux-Terrebonne Il tMfAtM
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