Le devoir, 16 avril 2002, Cahier A
Al-Jazira diffuse le «testament» d'un kamikaze du 11 septembre Page A 5 N La direction reste de glace devant les grévistes Page B 1 ?w w w .1 (' (1 e v o i r .c o m ?DEVOIR Vr o L .X C 1 I I N 0 8 2 ?1.E MARDI I ti AVRIL 2 O O 2 TANKS I $ Israël capture un haut dirigeant du Fatah Sharon évoque un retrait de plusieurs villes de Cisjordanie, à ïexclusion de Bethléem et de Ramallah D’APRES L’AGENCE FRANCE-PRESSE Ramallah — Israël a fait prisonnier hier l’un des principaux lieutenants du président palestinien Yasser Arafat, Marwan Barghouthi, accusé par l’Etat juif d’être l’instigateur de plusieurs attentats suicide.Le premier ministre israélien Ariel Sharon a évoqué un retrait de plusieurs villes de Cisjordanie d’ici à une semaine, mais la liste n'inclut ni Bethléem, ni Ramallah, où M.Barghouthi a été appréhendé.Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, qui poursuivait sa médiation, doit rencontrer cet après-midi le premier ministre israélien Ariel Sharon et envisage de voir demain M.Arafat, après des visites éclairs à Beyrouth et à Damas destinées à réduire la tension à la frontière israélo-libanaise, mais n’ayant apparenunent pas donné de résultats.La capture à Ramallah, en Cisjordanie, de M.Barghouthi, 42 ans, chef en Cisjordanie du mouvement Fatah de M.Arafat, membre du Conseil législatif et un des dirigeants de l’Intifada, constitue un important succès pour l'armée israélienne, que M.Sharon a félicitée.L'Autorité palestinienne a mis en garde Israël contre toute atteinte à la vie de M.Barghouthi, le plus important dirigeant palestinien arrêté depuis le début de l'Intifada en septembre 2000.Accusé par Israël d'être responsable d'attaques, en particulier contre des colons, il était dans la ligne de mire des services de sécurité israéliens.Les Bri- gades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé issu du Fatah et responsable de plusieurs attentats suicide sanglants anti-israéliens, l’ont présenté début avril pour la première fois, comme leur dirigeant.Dans la soirée, M.Sharon a indiqué qu'Israël pourrait se retirer d'ici à une semaine de villes de Cisjordanie, mais a exigé pour évacuer Ramallah et Bethléem la reddition d’hommes recherchés par l'Etat juif.VOIR PAGE A 8: FATAH Fonction publique Facal veut simplifier l’embauche des immigrants Le ministre souhaite une plus grande ouverture de la part des ordres professionnels KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, entend prendre les mesures nécessaires pour augmenter la représentation des personnes issues des communautés culturelles au sein de la fonction publique québécoise.Devant les piètres résultats obtenus après un an d’application du programme d’accès à légalité en emploi, le ministre Facal s’est dit prêt lors d’une entrevue au Devoir, à reconsidérer la façon d’évaluer les connaissances des personnes immigrantes.Québec pourrait ainsi reconnaître la formation, en en évaluant la qualité, plutôt que d’établir l’équivalence des diplômes.L’opération nécessitera toutefois une grande collaboration entre le Conseil du trésor et le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration.Déjà, M.Facal affirme avoir partagé ses vues avec ses collègues Rémy Trudel et André Boulerice, respectivement ministre d’Etat et ministre délégué à l’Immigration.«Il va falloir passer progressivement de la reconnaissance de l'équivalence des diplômes à la reconnaissance de l’équivalence de la formation.C’est une nuance très importante», a affirmé le ministre Facal qui ne nie pas que l’opération risque d’être ardue.M.Facal explique que c’est son passage à l’Immigration l’an dernier qui l’a amené à ce constat.«Le gouvernement doit accepter avec humilité de retourner à sa planche à dessin, car, clairement, ce qui a été fait avec une infinie bonne foi, n’a pas donné les résultats escomptés.Quelles nouvelles mesures, que nous n ’avons pas encore mises en branle, pourraient être envisageables?Nous en sommes là.Nous en sommes au début d’un nouveau long périple», affirme-t-il.En un an d’application du programme d’accès à l’égalité en emploi, seulement 461 personnes parmi les 6197 nouvelles recrues de la fonction publique proviennent des groupes cibles, soit les membres des communautés culturelles, les handicapés, les autochtones et les anglophones.Ainsi, le gouvernement atteint-il à peine le tiers de son objectif de 25 %.En mars dernier, on ne comptait que 2,3 % de personnes immigrantes dans la fonction publique.S le ministre Facal se dit déçu par les «progrès lents» de son gouvernement dans l’intégration des communautés culturelles dans la fonction publique, il refuse tout de même de parler d’échec.Mais pour simplifier l’embauche des immigrants, Joseph Facal devra affronter les corporations professionneDes dont il dénonce le manque d’ouverture.En commission parlementaire la semaine dernière, le président du Conseil du trésor allait jusqu’à affirmer que les attitudes de ces corporations étaient «un peu médiévales».VOIR PAGE A 8: FACAL ACTUALITES Le EastWest Institute déclare Jpan Chrétien homme d’Etat de Tannée ¦ À lire en page A 4 N’ D E X Annonces.B 7 Avis publics.B 5 Bourse.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Le monde.A 5 Mots croisés .B 5 Météo.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 Manifestation pro-Israël près du Capitole hOiV h ai M w- b-isT AGENCE FRANCE-PRESSE PLUSIEURS dizaines de milliers de personnes, encouragées par un message du président américain, George W.Bush, se sont rassemblées hier près du Capitole, à Washington, pour soutenir Israël et proclamer que son offensive contre les activistes palestiniens équivaut à la guerre engagée par les Etats-Unis contre le terrorisme.L’ancien premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, le secrétaire adjoint américain à la Défense, Paul Wolfowitz, l’ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, le Prix Nobel Elie Wiesel et plusieurs membres du Congrès figuraient parmi les orateurs.Achat de deux avions Challenger Chrétien fait fi des sarcasmes de l’opposition N A H LA II AYE1) PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre fédéral Jean Chrétien a plaidé la modestie, hier, tandis qu'il était accusé d’avoir visiblement l'ego d’une vedette de rock pour doter le gouvernement de nouveaux avions à réaction de type Challenger, alors que les Forces armées canadiennes doivent se contenter d'appareils plus anciens.Pour la première fois depuis que cette transaction a été annoncée en toute discrétion, le vendredi ayant précédé le congé pascal, d’une durée de deux semaines, M.Chrétien était présent aux Communes, hier, afin de répondre aux critiques de l’opposition.Ottawa a annoncé l’acquisition de deux Challenger du constructeur montréalais Bombardier, au coût total de 101 millions, afin de remplacer deux appareils en service depuis 19 ans.La flotte aérienne du gouvernement fédéral, qui compte quatre avions, est utilisée par M.Chrétien et ses ministres.Il a par la suite été révélé que les appareils actuels étaient encore fonctionnels, et que l'acquisition des Challenger avait été précipitée.Les deux questions avaient soulevé l’ire des membres de l’opposition, qui ont finalement eu l’occasion, hier, d’exiger des explications de la part de M.Chrétien.«Est-ce que le premier ministre va redescendre sur Terre, annuler la commande des Taj Mahal volants et verser l’argent à nos troupes qui en ont besoin?, VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN «Est-ce que le petit gars de Shawinigan est devenu le sultan de Shawinigan?» se demande le député conservateur Scott Brison Québec prépare un programme d’inspection des véhicules moins sévère LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le ministère québécois de l’Environnement se prépare à remplacer le programme d'inspection obligatoire des véhicules lourds et légers, promis en 1997 par l’ancien ministre de l'Environnement, Paul Bégin, pour un système moins sévère, basé sur la chasse aux «minounes» fumantes avec des télédétecteurs de fumée et des diagnostics limités à la lecture des senseurs et ordinateurs de bord des voitures plus récentes, de loin plus imprécis que les outils de diagnostic professionnels.C’est ce que révèle un document interne du ministère, intitulé Proposition d’un programme d’inspection et d’entretien pour les véhicules automobiles.Cette «proposition» remplacerait le programme d’inspection obligatoire recommandé par l'industrie automobile et les différents intervenants écologistes et de la formation professionnelle, dans le rapport intitulé Un air d'avenir, dont le dernier volet a été remis à Québec en juin 2001.Québec avait alors annoncé qu’il consacrerait deux millions à la mise en place de ce programme, défini comme la priorité de son plan d’action de lutte contre les changements climatiques.Il existe en Amérique 43 programmes d’inspection,obligatoire pour les véhicules légers, soit 41 aux Etats-Unis et deux aq Canada, dont un chez notre voisin ontarien.Les Etats voisins de la Nouvelle-Angleterre en ont tous un.I^es tests réalisés par Québec lors des inspections-pilotes financées pendant trois ans ont montré qu’un véhicule lourd sur cinq dépassait les normes antipollution du Les détecteurs tenteraient de recenser à distance les véhicules aux émissions ayant atteint depuis des mois la cote d’alerte constructeur et qu’environ 16 % des automobiles et camions légers (fourgonnettes et 4x4 compris) étaient dans la même situation.Le pourcentage de voitures hors normes pourrait être plus élevé si l'on tient compte du fait que ce sont les automobilistes les plus scrupuleux qui se sont présentés à ces inspections volontaires.Mais, pour ne pas indisposer l’électorat québécois et fàire l’économie des sommes annoncées par communiqué le 22 juin dernier, le ministère de l’Environnement se propose maintenant d’asseoir son programme révisé sur le contrôle des véhicules avec des télédétecteurs d’émissions opaques, contrôle qui serait effectué par une vingtaine d’inspecteurs de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).Ces opacimètres ou détecteurs de fumées opaques tenteraient de recenser à distance les véhicules aux émissions ayant atteint depuis des mois la cote d’alerte totale, ce que le programme d’inspection voulait plutôt prévenir.Cette option, selon le document obtenu par Le Devoir, «évite d’inspecter quelque 93 % de véhicules conformes».A long terme, même les télédétecteurs de fumée seraient abandonnés.Québec se fierait uniquement aux ordinateurs de bord des nouveaux véhicules (postérieurs à 1998).Quant aux véhicules lourds, les plus âgés et ceux qui crachent du noir, ils seraient soumis à une inspection par un spécialiste.Ceux qui contreviennent aux normes seraient mis à l’amende.L’avantage de cette formule, selon la proposition a l’étude, c’est VOIR PAGE A 8: VÉHICULES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au Québec, au moins 16% des voitures et des camions légers ne respectent pas les normes antipollution des constructeurs. — A 2 L E I) E V 0 I R , L E MARDI 16 AVRIL 2 0 0 2 $ US ACTUALITES L’homosexualité, « ça s’attrape pas! » Une campagne d'information s'attaque aux préjugés des jeunes hétérosexuels M A R I E - A N D R É E CHOUINARD LE DEVOIR Le communiqué de presse s’intitulait «J’ai peur de virer fif!».In campagne d’information démarre ainsi: «Ça s’attrape pas! Peur de quoi?- De quoi s’agit-il?D’une initiative de la Fondation Emergence de Gai écoute pour détruire les préjugés des jeunes hétérosexuels, selon lesquels à fréquenter un gai, on peut «attraper- l’homosexualité.Pour «désamorcer la peur qu'éprouvent bon nombre de garçons envers l'homosexualité-, la Fondation Emergence, liée au centre d’écoute téléphonique et de renseignements des gais et lesbiennes du Québec (Gai écoute), a conçu une campagne d’information destinée aux jeunes hétérosexuels des écoles secondaires.la Fondation se base sur une recherche et un sondage effectués par léger Marketing à propos des perceptions qu’ont les jeunes et aussi les adultes a l’égard de l’homosexualité.Si 78 % des Québécois in- terrogés estiment que le fait d’avoir un ami homosexuel n’influence pas l’orientation sexuelle d’un garçon de 12 à 17 ans, seuls 49 % croient que le même garçon accepterait facilement d’avoir un ami homosexuel.51 % des répondants affirment aussi que les adultes interviennent occasionnellement pour «calmer des manifestations d’hostilité envers les homosexuels-.«H peut sembler étonnant de lancer une campagne d’information qui cible les jeunes hétérosexuels, affirme durent McCutcheon, prési- dent de la Fondation Émergence.Il faut comprendre que le problème n ’est pas l’homosexualité en soi.Ce qui fait problème, ce sont les manifestations d’hostilité et le rejet dont les jeunes sont victimes.- La campagne d’information, qui circulera dans les écoles secondaires notamment par l'entremise de dépliants et d’affiches véhiculant des messages directs, s’articule autour des préjugés des jeunes, qu'on s’évertue à détruire.«Si je fréquente un gai, je pourrais le devenir-, y lit-on.«Si je me retrouve avec un gai, il va me faire des avances et me toucher-, ajoute-t-on, poursuivant ensuite avec des affinnations anéantissant ces mythes.La campagne, intitulée Ça s’attrape pas! Peur de quoi?, fait donc le pari d’«utiliser des messages accrocheurs, simples et directs-, Ët-on dans le compte rendu de la recherche effectuée par Léger Marketing.«La subtilité ne semble pas porteuse auprès des jeunes, notamment auprès des jeunes garçons de 14-17 ans qui constituent le cœur de la cible-, pour-suit-on en guise d’explication.CONNAISSEZ-VOUS CETTE PERSONNE?WP » J Sill I ¦¦ - ¦' ¦: FORT PROBABLEMENT QUE NON.Et c'est normal.Cependant, le Directeur de l'état civil, lui, doit pouvoir identifier les personnes à qui il délivre des documents aussi importants que les certificats de naissance, de mariage et de décès.Voilà pourquoi de nouvelles mesures de sécurité ont été mises en place.TROIS CHOSES SONT À RETENIR: 1) La délivrance d'un certificat est restreinte aux personnes mentionnées à l'acte ou ayant un intérêt.2) L’identification au moyen de deux documents, dont l'un contient une photo, est obligatoire pour obtenir un certificat.3) Les demandes de traitement accéléré sont réservées à des situations particulières seulement.Le Dlrect«uT de l’état cW»l *mande mficaL % d’acte LE CERTIFICAT DE NAISSANCE EST NOTAMMENT UTILISÉ POUR • Demander un passeport* • Réclamer vos allocations de retraite • Obtenir un permis de conduire • Inscrire votre enfant à l'école primaire ou secondaire • Vous inscrire au cégep ou à l'université • Le baptistaire n'est plus accepté par les bureaux des passeports canadiens, SOYEZ PRÉVOYANT! Procurez-vous le tout nouveau formulaire à l'un des bureaux du Directeur de l'état civil, dans les bureaux de Communication-Québec, dans les CLSC, dans les palais de justice et dans les caisses Desjardins.Vous pouvez aussi en imprimer une copie en visitant notre site Internet.Votre identité est précieuse.Il faut AGIR pour la protéger.Québec: (418) 643-3900, Montréal: (514) 864-3900 Ailleurs au Québec: 1 800 567-3900 www.etatcivil.gouv.qc.ca Québec n « On prépare l'avenir Une allianciste s’excuse d’avoir tenu des propos homophobes PRESSE CANADIENNE Ottawa — La députée Cheryl Gallant, de l’Alliance canadienne, s’est excusée hier, à la Chambre des communes, d’avoir tenu des propos homophobes la semaine dernière.Au cours de la fin de semaine, Mme Gallant avait reproché aux médias d’avoir entrepris une campagne de diffamation, mais elle a déclaré hier que sa remarque était déplacée.La députée de Renfrew-Nipis-sing-Pembroke, dans la région d’Ottawa, avait lancé une boutade, mercredi, alors que le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, répondait à une question en Chambre.Il n’a pas été établi si elle a dit «Demande-le à ton petit ami!», ou: «Comment va ton petit ami?».M.Graham a déclaré hier que Mme Gallant s’était excusée et que le chapitre était clos.«Je n 'ai pas entendu sa remarque et je pense que ses excuses s’adressaient aux personnes qui se sont senties offensées, a-t-il déclaré.Je crois que nous devrions considérer que cette affaire est réglée.» Mme Gallant, qui a été élue députée pour la première fois en 2000, a quitté la Chambre des communes peu après avoir présenté ses excuses, sans parler aux journalistes.A la suite de l’incident, elle avait fait parvenir à un journal de Pembroke, en Ontario, une lettre dans laquelle elle reprochait aux médias de donner une importance exagérée à sa remarque.Le député néo-démocrate Svend Robinson, qui se proposait de soulever la question en Chambre si Mme Gallant ne présentait pas d’excuses, s’est dit satisfait «Cheryl Gallant a dû être traînée de force en Chambre pour faire ce qu’elle devait faire, mais elle l’a fait, à contrecœur», a-t-il déclaré.«Je soupçonne que Stephen Harper a dû lui tordre le bras et j’espère qu’il l’a fait, mais je pense que c’est une leçon pour certains Néanderta-liens du caucus de l’Alliance, qui vont comprendre que l'époque où l'on pouvait faire des remarques homophobes ou sectaires sur n’importe quel député est révolue.» M.Robinson a aussi reproché à Stephen Harper de pas avoir commenté publiquement l’incident E N B R E F Contamination aux OGM (Le Devoir) — Le Center for food safety (CFS) américain vient de découvrir des traces d’un canola génétiquement modifié n’ayant pas encore été autorisé aux Etats-Unis parmi des stocks de semences commerciales.L’organisme redoute que les semences achetées par les agriculteurs ne soient contaminées par cette variété transgénique, nommée GT 200, créée par Monsanto pour résister à l’herbicide Roundup.Le géant de l'agroalimentaire était, semble-t-il, au courant de la possibilité d’une telle contamination alors qu’il cherchait à obtenir des autorités américaines l’autorisation de commercialiser le GT 200.Si Monsanto se voit contraint de retirer du marché tous les produits alimentaires susceptibles de contenir du canola, ce serait une véritable catastrophe financière pour lui car le canola entre dans la fabrication de centaines de produits.Dave Hilton perd en Cour d’appel (PC) — Un tribunal a rejeté hier la requête de Tex-champion de boxe Dave Hilton, qui souhaitait une réduction de peine — de sept à quatre ans de prison — pour avoir agressé sexuellement deux jeunes filles.Trois juges de la Cour d’appel du Québec ont estimé à Tunanimité, hier après-midi, que la sentence de sept ans décidée par un tribunal inférieur devait être maintenue.Me Lamontagne a indiqué que son client n’avait pas l’intention d’en appeler de cette décision en Cour suprême.«Nous sommes très déçus, mais nous allons respecter la décision du tribunal-, a-t-il indiquç à sa sortie de la salle d’audience.Agé de 38 ans, Hilton avait été déclaré coupable en mars 2001 des neuf chefs d’accusation de nature sexuelle qui pesaient contre lui.Les agressions avaient commencé alors que les deux jeunes filles — deux sœurs — étaient âgées de 12 ans.Elles se sont poursuivies de 1995 à 1998. Lt DEVOIR.LE MARDI IR AVRIL 2 0 0 .A 3 LE DEVOIR ACTUALITES ?Sauver son âme Au moment de mettre cette première édition sous presse, les bureaux de vote étaient toujours ouverts dans Anjou, Viser et surtout Saguenay, mais les 14 points d’avance que la maison Crop accorde maintenant avaient déjà dissipé les quelques illusions que le PQ pouvait encore entretenir en ce qui concerne la prochaine élection générale.Comme dirait Bernard Derome: «Le prochain gouvernement sera formé par le Parti libéral et il sera majoritaire.» Comme par hasard, dès le lendemain de la publication des résultats du sondage, samedi dernier, le premier ministre Landry a senti le besoin de dire que la tenue d’un référendum sur la souveraineté faisait toujours partie de ses plans.Coïncidence, il l’a fait à l’occasion de l'assemblée d’investiture du ministre de la Santé, François Legault, qui est sans doute le plus ardent partisan d’une mise en veilleuse de l’option au sein du cabinet Bien sûr, M.Landry ne s’est pas engagé à tenir un référendum coûte que coûte, si jamais le PQ était réélu pour un troisième mandat, mais il a clairement voulu envoyer aux militants péquistes l’assurance que la souveraineté serait bel et bien un thème de la prochaine campagne électorale.Dans mie récente entrevue à TVA, Jacques Pari-zeau avait menacé de ne pas y participer, si on tentait de l’occulter.Cet avertissement n’est sûrement pas étranger à la mise au point de M.Landry.Que l’ancien premier ministre décide de rester dans son vignoble, il ne s’en plaindrait peut-être pas, mais beaucoup d’autres souverainistes risqueraient de suivre son exemple.D’ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à croire qu’un séjour dans l’opposition ne ferait ' pas de mal au PQ.| Depuis quelques mois, M.Landry a paru tenté .d’emprunter une voie de contournement, par .exemple en tenant un référendum sur le rapatriement : de points d'impôt L’automne dernier, M.Parizeau disfat lui-même trouver «adorable» l’idée de faire coïncider cette consultation avec la prochaine élection générale, mais il semble qu'il ait changé d’avis depuis.Son successeur vient d’en prendre acte.?En réalité, le sondage de Crop n’a pas dû surprendre beaucoup M.Landry.Depuis un certain temps, les sondages internes du PQ confirmaient que les libéraux avaient encore creusé l'écart au cours des dernières semaines.Pendant longtemps, il s’est accroché à l’espoir que le taux de satisfaction à l’endroit de son gouvernement qui demeurait étonnamment élevé, finirait par se refléter dans les intentions de vote.Malheureusement c’est le contraire qui s’est produit Pourtant les choses ne vont pas si mal pas.L’économie a résisté beaucoup mieux qu’on ne le prévoyait après les événements du 11 septembre, les fusions municipales ne semblent pas vouloir se transformer en apocalypse et le tandem Legault-Levine a fait plutôt bonne impression jusqu’à présent à la Santé.Si la cote de popularité du gouvernement continue malgré tout de dégringoler, c’est que le désir de changement est devenu irrésistible.De toute évidence, la multiplication des révélations sur les pratiques douteuses des amis du régime n'a pas aidé, mais M.Landry sait d’expérience qu’une tendance aussi lourde ne s’explique pas par un seul facteur et qu’elle est pratiquement impossible à renverser.?À la fin de 2001, on pouvait encore calculer qu’en gagnant trois ou quatre points, le PQ se retrouverait pratiquement à égalité avec les libéraux.Dans ces conditions, la mise en veilleuse de l’option au profit d’une confrontation avec Ottawa sur la question du déséquilibre fiscal pouvait apparaître comme une bonne stratégie pour rallier les nationalistes modérés.Avec 14 points de retard sur les libéraux, on peut douter que le jeu en vaille encore la chandelle.Peu importe la stratégie qui sera retenue, le PQ a toutes les chances de se retrouver dans l’opposition.Alors, pourquoi prendre le risque d'aggraver les choses en doublant la défaite d’une crise d'orientation?Mieux encore, faire le plein des voix souverainistes constituerait déjà un progrès pour le PQ.Aux yeux de plusieurs souverainistes, qui trouvent déjà suspecte la nouvelle «union confédérale» à l’européenne de M.Landry, le rééquilibrage de la fédération proposé par la commission Séguin ressemble dangereusement à un renouvellement du fédéralisme.C’est déjà assez de perdre l’élection, pourquoi sacrifier aussi son âme?Après plus de trente ans de militantisme, M.Landry n’a certainement pas envie de passer à l’histoire comme celui qui aurait tourné le dos à la souveraineté, mais il ne doit pas avoir très envie non plus de présider à l’effondrement du PQ.Au printemps 1995, il ne voulait pas être le commandant en second qui conduirait la Brigade légère au massacre.On ne voit pas pourquoi il voudrait le faire aujourd'hui en qualité de général en chef.La question n’est pas teUement de savoir si Pauline Marois ou François Legault seraient en mesure de faire mieux que lui.Probablement pas.En fait, l’un et l’autre doivent plutôt prier le ciel pour que le premier ministre accepte de boire son calice jusqu’à la lie.L’exemple des frères Johnson ou, pire encore, de Kim Campbell illustre bien le triste sort qui attend les nouveaux chefs brûlés par une défaite dès le départ Tout le monde au PQ se souvient que M.Landry a tout laissé tomber sans crier gare au beau milieu de la course à la succession de René Lévesque.La situation actuelle n’est sans doute pas comparable, mais il sera néanmoins très difficile pour un homme se sachant condamné de jouer le jeu jusqu’au bout.Il aura beau répéter qu’il entend faire la pro-chaîne campagne électorale, les spéculations ne cesseront vraisemblablement qu’à l’émission des brefs d’élection.mdavid@ledevoir.com Procès de Maurice Boucher Paul Fontaine serait encore vivant Le délateur Serge Boutin a revu son associé du crime à la fin de 1999, deux ans après l’arrestation du chef présumé des Hells Un nouveau délateur issu de l’opération Printemps, Serge Boutin, a fait ses premiers pas dans l’arène judiciaire hier dans le procès pour meurtre de Maurice Boucher.Sa mission?Rehausser la crédibilité de Stéphane Gagné, le témoin-vedette de la Couronne sur qui repose l’essentiel de la preuve.BRIAN MYLES LE DEVOIR Le nouveau délateur Serge Boutin a décrit hier le mode d'opération cloisonné des Hells Angels, un gang dans lequel la main gauche remplie de poudre blanche ignore ce que fait la main droite avec un doigt sur la détente.L’ex-membre des Rockers a clairement départagé «le côté business» du «côté guerrier» des Hells dans son témoignage au procès que subit Maurice Boucher pour les meurtres de deux gardiens de prison.Les motards ignorent à peu prés tout des activités de leurs frères.A titre d’exemple, les Rockers versaient 10 % des profits de la drogue dans un fonds de guerre au plus fort des luttes territoriales contre les Rock Machine, sans connaître la valeur de leur placement «Le côté guerrier, ça ne me regardait pas», a dit Boutin.«Dans un groupe de motards, c’est pas tout le monde qui est au courant de ce que les autres font.» En 1997, Serge Boutin s’imposait déjà comme un vendeur de drogue hors pair qui touchait entre 5000 et 10 000 $ par semaine.Stéphane Gagné travaillait sous ses ordres dans le quartier gai, un territoire que Boutin exploitait dans les moindres fissures du bitume avec l’aide de son ami et associe, Paul Fontaine, qui agissait comme responsable «de la job de bras».L’introuvable Fontaine a survécu à la vague de délation qui a mené à l’arrestation de Maurice Boucher à la fin de 1997.Recherché pour l’assassinat du gar dien de prison Pierre Rondeau, Fontaine s’est caché dans la région de Quebec.Selon Boutin, des membres des Hells Angels se relayaient pour lui prêter assistance financière.Boutin a verso quant à lui «au minimum» 1000 $ par semaine à la femme et aux enfants de Fontaine pendant environ 72 semaines.«C’était une bonne femme qu 'il avait, et je trouvais qu elle faisait pitié», a-t-il dit en guise de justification.Le témoignage de Boutin porte à croire que Paul Fontaine est toujours vivant Boutin l’a revu une seule fois depuis qu’il a pris la poudre d’escampette en décembre 1997.C’était vers la fin de 1999 ou le début de 2000, soit deux ans après la tourmente générée par le passage de Stéphane Gagné dans le camp des délateurs et l’assassinat de son complice André Tou signant, soupçonné du meurtre de Diane Lavigne.C’est un ami «magané» que Boutin a rencontré au Château Frontenac, en compagnie de la femme et des enfants de Fontaine.«C’était un gars qui aimait ben gros ses enfants, sa vie familiale.Ça l’avait démoli, ü avait pris un coup de vieux», a-t-il dit Fontaine fuyait la police plus que les Hells.Dans sa cavale, il est devenu membre en règle des Nomads, si l’on en croit les confidences rapportées hier par Boutin.Boutin ignorait tout du meurtre des gardiens de prison Diane Lavigne et Pierre Rondeau.Il ne figurait pas dans les cercles des intimes de Maurice Boucher.Fidèle à la régie d’or du monde interlope, il s’ef- forçait «d'en savoir le moins possible» sur les activités des Hells et de ses filiales, une ignorance érigée en système.Lorsque les policiers ont démantelé son réseau, le 4 décembre UK17, ils ont arrêté une centaine de petits revendeurs dans le centre-ville.Boutin ne connaissait qu'une dizaine de ses employés.Devenu délateur dans la foulée de l'opération Printemps, en mars 2001, Boutin joue un rôle capital dans ce procès même s'il ne i>out, en aucun cas, relier Boucher aux assassinats.La Couronne se sert de son témoignage dans l'espoir de confirmer la version de Stéphane Gagné sur des faits secondaires, ce qui rehausserait du coup la crédibilité de soi) principal témoin.A titre d’ex-membre des Rockers, Boutin a également su démontrer l’importance de Boucher, un membre «très tris influent» des Hells Angels Nomads et fondateur de la tilifae des Rix kers.Peu importe leur rang, tous les membres des Hells et du cercle d’élite des Nomads lui vouaient «une bonne admiration».Boutin s'est pour sa part senti «mal» lorsqu'il a rencontré Maurice Boucher au lendemain de l'arrestation de Steve Boies, un petit caïd qui travaillait sous ses ordres.C’est grâce aux déclarations de Boies que les policiers ont réussi à convaincre Gagné de passer aux aveux pour l’assassinat des gardiens de prison et de témoigner contre Boucher.«Ouin.Steve Boies», aurait dit Boucher à Boutin lors d’une promenade à quatre en voiture.Boutin n’a pas répondu, mais il se sentait responsable de la conduite de Boies.Boucher et son lieutenant, Normand Robitaille, sont descendus dans le stationnement d’un centre commercial.Boutin a saisi une bribe de la conversation entre les deux hommes.«On va “toutte"se faire arrêter», aurait dit Boucher.Réduction des GES Le Canada paie le prix de sa négligence, disent les écologistes LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le gouvernement Chrétien est responsable du retard croissant du Canada dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de la même façon qu’il a couru au devant de la rebuffade essuyée en fin de semaine à Banff en tentant d’obtenir des crédits supplémentaires pour ses exportations d’énetgie propre de ses partenaires du G8.C’est en ces termes qu’ont réagi hier autant la Fondation Suzuki à Vancouver que Greenpeace à Montréal ou l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphé tique (AQLPA) dans la région de Québec.Mais au Parlement l’AUiance canadienne voyait dans cette rebuffade un prétexte justifiant le Canada d’oublier le Protocole de Kyoto au profit d’un pacte nord-américain.Mais de son côté, le premier ministre Jean Chrétien demeurait catégorique: le Canada, réitérait-il en substance, se propose toujours de ratifier le protocole mais entend consulter préalablement les Canadiens.Pour Steven Guilbeault, porte-parole de Greenpeace dans le dossier des changements climatiques, le fait que le Canada avait dépassé en l’an 2000 de 20% son niveau d’émissions de 1990 démontre «que le gouvernement est en réalité responsable du retard qu’il a luimiême créé en ne passant pas à l’action dès 1997-98 comme l’ont fait les Européens.Ça démontre aussi qu’il y a un prix à trainer la patte et que les milieux économiques et financiers, qui plaident pour un retard sup- plémentaire, seront les premiers responsables des augmentations de coûts qu’ils invoquent pour ne pas ratifier le protocole».Pour André Bélisle, de l'AQLPA le Canada «s’embourbe actuellement dans les sables de l’Athabaska tandis que Québec renie l’esprit de Kyoto» en misant sur le thermique et en retardant l’entrée en vigueur d’un programme d’inspection des véhicules automobiles.Pour la Fondation David Suzuki, de Vancouver, c’est le «pari du gouvernement» fédé ral d’obtenir des crédits supplémentaires de GES, qui se retourne contre lui et qui semble en voie de devenir l’excuse pour se dérober aux exigences du protocole de Kyoto.Selon Gerry Scott, porte-parole de la fondation, «le premier ministre Chrétien devrait donner ordre à ses ministres de cesser de rechercher de nouveaux crédits d’émissions pour des combustibles supposément propres et les inciter à chercher des moyens concrets pour mettre en branle un train de réductions concrètes: on semble plutôt en face d’une tactique de diversion et d’une négociation de mauvaise foi» avec les partenaires internationaux.Le porte-parole de la fondation pense qu’il n’est pas farfelu d’établir un lien «entre l’insistance du Canada de mettre au point de nouvelles échappatoires et l’augmentation importante des gaz à effet de serre constatée en l’an 2000», dont Le Devoir révélait le bilan samedi.«Mais, ajoutait Gerry Scott, de Vancouver, c’est une fausse voie car un vrai changement de cap peut se financer lui-même, peut faire ses frais, malgré ce qu ’en dit le lobby du pétrole.» Alliance Québec Accrochage entre Brent Tyler et des jeunes militants JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Avec pour toile de fond la course à la direction d'Alliance Québec, une altercation est survenue dimanche entre le président intérimaire et candidat aux élections du mois de mai, Brent Tyler, et le président de l’aile jeunesse de l’organisation, Christopher Dye.Un événement qui témoigne de la dissidence manifestée par les membres jeunesse envers les dirigeants d’ADiance Québec.L'incident est survenu alors que se tenait, dans un hôtel de Pointe-Claire, une réunion des membres de la section de l’ouest de File d’Alliance Québec pour l’élection de délégués en vue du scrutin de mai.Selon des témoins, alors que les deux hommes discutaient, M.Tyler aurait été incommodé par le comportement d’un individu qui filmait la scène en tenant sa caméra à quelques pouces de son visage.Excédé, M.Tyler aurait repoussé l’individu — il s’agissait en fait du frère de Christopher Dye — et la lentille de la caméra serait tombée sur le sol, a relaté hier Peter Romaniuk, directeur de campagne de M.Tyler.Les trois hommes auraient ensuite échangé des insultes.Appelés sur les lieux, les policiers ont interrogé les belligérants ainsi que les témoins pendant plusieurs heures.Christopher Dye a pour sa part déposé une plainte pour voies de faits contre Brent Tyler.Il faut dire que les relations entre la direction d Alliance Québec et le comité jeunesse ne sont pas au beau fixe.Les membres jeunesse ne cachent pas leur opposition à la candidature de M.Tyler et ont tenté sans succès dimanche de faire élire des délégués favorables à son adversaire, Sam Guglielmi.Mais, surtout le conseil d’administration d’Alliance Québec s’interroge sur les motifs qui ont incité le comité jeunesse à accorder une subvention de 2500 $ à une troupe de théâtre d’Hudson, le Village Theater West A ce sujet le directeur de campagne de M.Tyler accuse le comité d’avoir accordé cette subvention contre la promesse des membres de la troupe de rejoindre les rangs d’Alliance Québec et de voter selon les directives de certains membres du comité jeunesse.Qualifiant ce procédé d’antidémocratique, M.Romaniuk a déposé une plainte au comité responsable de l’application des règlements lors de la campagne électorale (Rules and Nominations Committee).De son côté, le conseil d’administration d’Alliance Québec songe à mettre en tutelle le comité jeunesse dirigé par M.Dye.« Un livre qui pose un diacjnostic sévère.» Isabelle Paré, Le Devoir YANICK VILLEDIEU Un jour la santé Un jouP la santé a Analyste rigoureux, Yanick Villedieu se t runs for me, au fil de son ouvrage, en éditorialiste virulent.» Lilianne Lacroix / ?LE DEVOIR * l.E MONDE Al-Jazira diffuse le «testament» d’un kamikaze du 11 septembre La chaîne de télévision qatariote présente en même temps des images d’Oussama ben Laden et des commentaires de son lieutenant Ayman al-Zawahiri sur les attentats Aljazew-ai A.ü* timor REUTERS Selon le FBI, Ahmed Al-Haznawi figurait parmi les pirates de l’air de l’appareil qui s’est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre.AGENCE FRANCE-PRESSE Doha — La chaîne de télévision qatariote Al-Jazira a dif-fusé hier un enregistrement vidéo présenté comme le testament d’un des Saoudiens auteurs des attentats du 11 septembre, la première preuve selon elle de l’implication du réseau al-Qaïda dans ces attentats.«Nous les avons tués en dehors de leur terre grâce à Dieu, et nous allons les tuer aujourd’hui chez eux», proclame Ahmed Al-Haznawi Al-Ghamdi sur cet extrait d’une durée de quelques minutes.C’est la première fois qu’un enregistrement montrant un des auteurs des attentats suicide du 11 septembre est diffusé par une télévision.Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a affirmé que la cassette semblait être un «montage d’extraits» datant de l'année dernière et non une nouvelle vidéo.«La cassette est nouvelle, mais elle ne montre rien de Ben Laden datant d’une période récente», a-t-il dit, en référence au chef d’al-Qaïda Oussama ben laden, commanditaire présumé des attentats du 11 septembre.«On m’a indiqué que ce que je regardais était très probablement un montage d’extraits anciens avec [.] des commentaires plus récents», a affirmé M.Rumsfeld.La police fédérale américaine, le FBI, affirme que Ahmed Al-Haznawi figurait parmi les pirates de l’air de l’appareil qui s’est écrasé en Pennsylvanie le 11 septembre.Son portrait correspondait à celui diffusé par le FBI.Ahmed Al-Haznawi lisait un texte rédigé à la main.Le papier, montré quelques secondes en gros plan est daté de 10/12/1421 du calendrier lunaire musulman (Hégire) qui correspond au 6 mars 2001 dans le calendrier grégorien, soit six mois avant les attentats.Ben Laden silencieux «D’après des informations qu’elle contient», la cassette, reçue avec le titre «les testaments des martyrs des batailles de New York et Washington» a été enregistrée à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, où vivait M.Ben Laden a affirmé Al-Ja-zira dans un communiqué.«L’époque de l’humiliation et de l’esclavage est finie, et il est temps pour nous de tuer les Américains chez eux, près de leurs forces et de leurs services de renseignements», a lancé Haznawi dans un «message adressé au monde entier, aux amis comme aux ennemis».«Il est temps que nous prouvions que les États-Unis se trompaient lorsqu'ils pensaient pouvoir affronter les moudjahidines [combattants musulmans]», a poursuivi Ahmed Al-Ghamdi, barbu, en tenue de combat et coiffé d’un keffieh à damier noir et blanc palestinien.Il a terminé son intervention en implorant Dieu de «m’accepter en martyr et de m’admettre au paradis».Sur la même cassette diffusée par Al-Jazira, un des principaux dirigeants d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri.qualifie les attentats du 11 septembre de «grande victoire».M.Zawahiri y apparaît en compagnie de M.Ben laden, qui reste silencieux.«Dieu choisit parmi ses fidèles ceux qui méritent Sa clémence et Sa grâce [.].Et ces 19 qui ont sacrifié leur âme pour Dieu en font partie», a-t-il souligne, fi se référait aux 19 auteurs présumés des attentats suicide du 11 septembre et dont une quinzaine, selon Washington, sont des Saoudiens.la chaîne a précisé quelle avait été en mesure de confirmer l’identité d’Ahmed Al-Haznawi, estimant que cet enregistrement représentait la «première preuve de la participation» du réseau al-Qaï-da aux attentats de New York et Washington.Al-Jazira annonce pour jeudi une émission spéciale sur «l’enregistrement et son contenu», diffusé sur fond d’une peinture représentant un immeuble soufflé par le feu et portant l’inscription suivante en arabe: «Chassez les mécréants de la péninsule arabique».Selon le communiqué d’Al-Jazira, la cassette, d’une durée d’une heure, contient des images de plusieurs dirigeants d’al-Qaïda accompagnées d’une voix-off qui «semble avoir été enregistrée récemment».Depuis les attentats aux Etats-Unis, Al-Jazira, première chaîne arabe d'informations en continu, a diffusé plusieurs messages vidéos préenregistrés de M.Ben laden et ses principaux lieutenants.«USA-Israël, même combat!» Des dizaines de milliers de personnes manifestent à Washington leur soutien à VÉtat juif AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Des dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont apporté hier leur soutien à Israël, faisant le parallèle avec la guerre menée par les Etats-Unis contre le terrorisme lors d’un rassemblement massif devant les marches du Congrès américain.Organisée au lendemain de la réunion à Ramallah, eq Cisjordanie, entre le secrétaire d’Etat américain Colin Powell et le Président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, cette «manifestation nationale de solidarité avec Israël», comme l’ont baptisée les organisateurs, a rassemblé des groupes pro-israéliens venus des quatre coins des Etats-Unis, d’anciens responsables, des intellectuels, ainsi que des douzaines d’élus démocrates et républicains du Congrès.la police s’est refusée à fournir une estimation officielle du nombre des participants, mais les organisa- teurs et médias locaux ont cité la présence d’entre 20 000 à 40 000 personnes.Le rassemblement s’est déroulé à l’appel de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines.Sous le slogan «Nous sommes aux côtés d’Israël» dans sa «guerre contre le terrorisme», il s’agissait du premier rassemblement dans la capitale depuis le début de l’offensive militaire israélienne contre les Palestiniens il y a une quinzaine de jours.Ces appels de solidarité avec Israël interviennent alors que les États-Unis ont récemment intensifié leurs efforts de médiation au Proche-Orient et que le président George W.Bush a appelé le chef du gouvernement israélien Ariel Sharon à retirer son armée des villes palestiniennes occupées.«Le combat d’Israël = le combat de l’Amérique», a-t-on pu lire sur de multiples pancartes, alors que les orateurs invités à s’exprimer ont largement insisté sur le droit d’Israël à se défendre contre le terrorisme palestinien, comme l’Amérique après les attentats du 11 septembre.Wolfowitz chahuté Venu représenter l’administration du président Bush, le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz a déclaré à la foule: «Le président Bush veut que vous sachiez qu’il est solidaire avec vous.» Mais il a été chahuté à plusieurs reprises, notamment lorsqu’il a évoqué la mort de «Palestiniens innocents», aux cris de: «Plus d’Arafat» ou «Arafat doit partir».L’ancien premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, qui mène campagne aux États-Unis pour expliquer la position d’Israël, s’en est pour sa part pris avec virulence à Yasser Arafat sous les applaudissements de la foule.«Arafat est un terroriste comme il n’en a jamais existé», a-t-il lancé en saluant, par ailleurs, «le plus grand rassemblement de soutien à Israël ja- mais organisé dans notre histoire».Parmi les autres orateurs figuraient l’écrivain et Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, l’ancien maire de New York Rudolph Giuliani, ainsi que des dirigeants du Congrès qui ont exprimé leur «solidarité» avec Israël.In présence d’un important nombre de parlementaires traduit une hostilité croissante au Congrès à l’égard d’Arafat, même si nombre d’entre eux rechignent pour l’instant à saper la mission qu’effectue Colin Powell au ProcheOrient Arrivés de Chicago dans la matinée, Sam et Tirza Kahan ont indiqué à l’AFP être là afin qjue le monde comprenne que les États-Unis, lancés dans une guerre contre le terrorisme en Afghanistan, et Israël «sont engagés dans un même combat.Il porte simplement m visage différent».«C’est une chose terrible, terrible que d’entendre les gens critiquer Israël parce qu’il se défend», a relevé de son côté une retraitée de New York, Pearl Moskowitz.Processus électoral à l’afghane Compte à rebours pour la Loya Jirga SAVED SALAHUDDIN REUTERS Kaboul — L'Afghanistan a engagé hier le processus complexe de choix des délégués appelés à participer à la Loya Jirga, assemblée coutumière dont la réunion, du 10 au 16 juin à Kaboul, devrait aider le pays à retrouver la paix après deux décennies de guerres.L’ONU, chargée de mener à bien les préparatifs de ce rendez-vous, a organisé hier les premiers scrutins à bulletin secret dans la région de Mazar-i-Sharif.Le processus devrait à terme permettre l’élection de 1.051 représentants appelés à participer à la loya Jirga, a expliqué Mohammad Ka-zim Ahang.membre de la commission d’organisation de l'assemblée.Aux représentants élus viendront s'ajouter 450 délégués désignés par la commission, dont au moins 160 femmes, à qui les talibans au pouvoir jusqu'en décembre dernier interdisaient de travailler ou d'aller à l’école.Le processus électoral débute à quelques jours du retour attendu en Afghanistan du roi Zaher Shah, en exil depuis 30 ans.le souverain âgé de 87 ans présidera la cérémo- nie d’ouverture de la Loya Jirga, prévue le 10 juin.«Les 1501 représentants nommeront le futur dirigeant, prendront des décisions sur les structures et les personnalités du gouvernement», a indiqué Ahang.L’assemblée décidera notamment de maintenir ou non au pouvoir Hamid Karzaï, désigné président par intérim en décembre dernier, jusqu’aux élections prévues d’ici deux ans.Organisées tous les 20 ans environ depuis trois siècles, les Loya Jirga sont une manière particulière à l'Afghanistan de prendre des décisions importantes pour le pays, composé de multiples ethnies.Généralement hautes en couleur, les assemblées sont souvent l’occasion de houleux débats.En 1987, une fusillade avait éclaté pendant une Loya Jirga à la validité contestée, faisant une trentaine de morts et de blessés.En 1773, un dirigeant, Zaman Shah, avait même fait assassiner tous les participants qui venaient de décider de le remplacer.En 1964, l’assemblée avait débouché sur la ratification d'une nouvelle constitution devant transformer l’Afghanistan en démocratie parlementaire.E N Milosevic dénonce un «montage» La Haye (AFP) — Slobodan Milosevic a réaffirmé hier devant le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye la thèse selon laquelle les événements survenus à Racak (Kosovo), le 15 janvier 1999, avaient été un montage des indépendantistes albanais.Le drame de Racak, où 45 Albanais ont trouvé la mort après la prise de la ville par les forces serbes, avait été un élément déterminant dans la décision de l’OTAN d’engager une campagne de bombardements contre la Yougoslavie en mars 1999.Vingt-quatre corps avaient été retrouvés dans un chemin raviné au sommet d'une colline surplombant le village.A l’audience, M.Milosevic a dit que les corps étaient ceux de soldats de ITJCK, l'armée de libération du Kosovo, tués au combat et ensuite empilés dans le fossé pour faire croire à un massacre.M.Milosevic s’exprimait lors du contre-interrogatoire d’un ancien commandant de la mission de vérification au Kosovo (MKV), le général bri-tannique à la retraite Karol Dre-wienkiewicz.«À mon avis, a rétorqué le général Drewienkiewicz, ces gens ont été tués sur place et personne n'a bougé les corps.» L'ancien président yougoslave a laissé entendre que la présence d'armes sur les lieux confirmait que les victimes n’étaient pas des villageois, mais des combattants de 1T1CK.BREF Enquête sur un inspecteur de rONU New York (AFP) — Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan est «inquiet» des informations de presse selon lesquelles le chef de la mission des inspecteurs chargés de vérifier le désarmement de l’Irak a fait l’objet d’une enquête de la CIA Fred Eckhard, le porte-parole de Kofi Annan, a déclaré en réponse à une question ne pas savoir si l’article «était exact» mais que «si ce qui y est décrit s’est bien passé, il s’agit d’une tentative d’intimidatüm d’un fimctionnaire civil international et ce serait bien évidemment inacceptable».Selon le Washington Post d’hier, le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz a demandé à la CIA d’enquêter sur la qualité de l’inspection du programme nucléaire irakien menée par l’ONU sous la direction du diplomate suédois Hans Blix, depuis plus d’un an à la tête de la Commission de surveillance, de vérification et d’inspection des Nations unies.Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a démenti hier que le Pentagone ait ordonné une «enquête» sur M.Blix, mais n’a pas voulu s’expliquer sur le fait de savoir s’il avait cherché à avoir une évaluation de la CIA de son travail dans son poste précédent à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne.Chavez se montre conciliant, Washington est dans l’embarras D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE Caracas — Le président du Venezuela.Hugo Chavez, a annoncé hier la création d'un «conseil fédéral de gouvernement pour ouvrir le chemin du dialogue», dans un nouvel appel à «l'union de tous les secteurs» du pays.Au lendemain de son retour au pouvoir après l'échec du putsch I contre lui dirige par le patron des j pqtrons.Pedro Carmona, le chef de l’Etat a annoncé avoir «convoqué tous les gouverneurs ainsi que les représentants des maires et des pouvoirs constitués» pour installer et' conseil fédéral aujourd’hui.Dès son retour au palais dimanche à l’aube après avoir été détenu durant quarante-sept heures, le président vénézuélien avait garanti qu'il n'y aurait «aucune chasse aux sorcières» après le putsch manqué, et avait appelé «au calme et à l’unùm».Entre vendredi et dimanche, le chef de l’État avait été mis aux arrêts par des putschistes.Il avait été remplacé après un soulèvement d’une partie de l’année par Pedro Cannona, à son tour détenu samedi par les fidèles du président, dont le vic^président, Diosdado Cabello, a assuré l’intérim quelques heures avant son retour au pouvoir.M.Carmona, et cinq officiers de haut rang étaient toujours détenus hier sous 1’accusation de rébellion militaire, a déclaré hier à la presse le ministre de la Défense, José Vicente Rangel.Pedro Cannona est aux arrêts au siège de la police politique (DISIF) à Caracas, et les cinq officiers sont en prison à Fort Tiuna, principale base militaire de la capitale.Les cinq officiers détenus sont le contre-amiral Carlos Molina Tamayo, qui s'était publiquement rebellé contre Hugo Chavez en février, le vice-amiral Hector Ramirez Perez, ministre de la Défense de M.Cannona, et le commandant général de l'année de terre, Efrain Vasquez, ainsi que les généraux Chacon Quintana et Pereira, dont les prénoms n’ont pas été communiqués.Washington, en se frottant trop vite les mains après la chute du président vénézuélien Hugo Chayez, a commis un impair qui met les États-Unis en porte-à-faux avec l’Amérique latine, notaient hier plusieurs analystes.Washington «s’est trompé en se pressant un peu trop» dans sa réaction au départ de Chavez du pouvoir au Venezuela, troisjème fournisseur de pétrole des États-Unis, selon le directeur pour l’Amérique du Sud du Centre des études stratégiques internationales (CS1S), Miguel Diaz.Le président Chavez est arrivé au pouvoir en 1998 en promettant une révolution et, peu après, il avait commencé à prendre ses distances de Washington.«Le gouvernement intérimaire, qui a remplacé Chavez pendant quelques heures, a commis des erreurs grossières et .ùst mêlé presque aussi dictatorial que le gouvernttnent qu 'il était supposé chasser du pou-wir», a estimé Miguel Diaz.Aveuglement Et dimanche, au retour d’Hugo Chavez au pouvoir, la Maison-Blanche s'est bornée à demander au dirigeant vénézuélien qu’il profite de l'occasion pour mettre en place un régime «totalement démocratique».«U désir des États-Unis de vouloir chasser Chavez les a aveuglés», a encore déclaré M.Diaz en regrotUuit que l'administration américaine n'ait ))as pris le temps d'analyser ce que représentait le gouvernement de transition.Selon Diaz, la position américaine augmente également les chances de voir «certains éléments antidémocratiques lùms l’hémisphère» comprendre la position améri-caine comme une justification pour une violation des libertés fonda-ipentales.De par leur position, les Etats-l Inis «se stmt retrouvés seuls au sein de l’Organisafitm des Etats américains |OEA], a ajouté M.Diaz.Nous nous sommes marginalisés ce week-end et maintenant nous devons non seulement reconstruire nos relations avec le Venezuela mais aussi avec le reste de l'hémisphère.» Le Conseil permanent de l’OEA a demandé dans la nuit de samedi à dimanche «la normalisation de la démocratie institutionnelle au Venezuela dans le cadre de la Charte démocratique interaméricaine» et a décidé d’envoyer au Venezuela le secrétaire général de l’OEA, César Gaviria., l es États-Unis ont fini par céder à la pression de leurs pars au sein de l’OEA et ont approuvé la condamnation faite par l’Organisation des Etats Américains de la rupture de l’ordre constitutionnel au Venezuela, ont affirmé des diplomates.Seuls le Salvador, et l’Equateur étaient du côté des Etats-Unis.«Washington était l’unique grand acteur international qui n’ait pas condamné le coup et était même ouvertement satisfait de la chute de Chavez», affirme Carol Graham, de l’institut d’analyse Brookings.Quant à l’avenir des relations entre Caracas et Washington, elle souligne qu’elles «étaient mauvaises avant et seront encore mauvaises.Comment peuvent-elles empirer?».Chavez avait provtxjué l’ire de Washington en critiquant en octobre les frappes américaines en Afghanistan.Durs relations ont été ternies également ixir ses visites en I jbye, ai Irak ou encore à Cuba, ennerçiis jurés de Washington.Mais les Etats-Unis, bien qu’écoutant l’opposition vénézuélienne, n’ont jamais appuyé des désirs de coup d’Etat contre Chavez, a assuré un hjaut responsable du département d'Etat américain ayant demandé l’anonymaL LA CLÉ DE VOS AFFAIRES Soyez au rendez-vous de la plus prestigieuse tribune de Montréal Mardi avril Hilton Montréal Bonaventure jRéal Raymond Président et chef des opérations Banque National» La première conférence de M.Raymond à titre de président et chef de la direction BgII BOMBARDIER 'V Dcsj.irdins Fiducie DesJardins O) I M< FRASER MILNER CASGRAINsxL avocats 0 Pratt & Whitney Canada Un* •or.'élé 0* Un«*e document met le doigt sur un certain nombre de problèmes sérieux, mais semble incapable de tirer les conclusions auxquelles devrait aboutir un tel diagnostic, soit une réforme en profondeur de ce réseau.L Pau le des Rivières ?es suggestions que formule le CSE pour améliorer le réseau collégial sont de divers ordres.Certaines sont ponctuelles et fort pertinentes, comme par exemple celle d’effacer la mention échec du relevé de notes si le cours a été repris avec succès.le CSE s’interroge par ailleurs avec raison sur la tendance au contingentement à laquelle succombent un nombre grandissant de collèges.Concluant à la dictature des notes, l’organisme se demande également s’il ne serait pas possible de prendre en considération, lors de l’inscription de l’étudiant, des facteurs comme la motivation et la maturité intellectuelle du candidat.Pourquoi pas?En usant d’une telle mesure avec souplesse, l’égalité des chances sera peut-être mieux servie.Car, Lavons-nous oublié, la création des cégeps visait à accroître l’accessibilité aux études supérieures.Or, force est de constater, 35 ans plus tard, que le chemin qui reste à parcourir est considérable.Au milieu des années quatre-vingt, un quart des jeunes du début de la vingtaine détenaient au moins un diplôme, alors que la moitié de leurs parents n’en avaient aucun.Mais ce rattrapage n’a pas soutenu le rythme.Aujourd’hui, le Québec affiche un taux de décrochage catastrophique au secondaire.Au niveau collégial, les choses se passent à peine mieux, puisque seulement 55 % des jeunes du secteur préuniversitaire décrochent leur diplôme quatre ans après leur entrée au collège, un pourcentage qui tombe à 49 % au secteur technique.Chaque secteur est aux prises avec un certain nombre de problèmes, de nature différente.Mais attardons-nous au secteur préuniversitaire, creuset des sciences humaines, devenu au fil des ans une véritable voie de garage où s’engouffrent tous les indécis, tous ceux que les notes empêchent d’aller ailleurs, tous ceux dont la motivation est en panne.D’ailleurs, le rapport du CSE souligne que les jeunes issus du secteur préuniversitaire sont moins nombreux qu’avant à poursuivre leurs études à l’université.le CSE refuse de porter un jugement sur ce phénomène, se contentant de relever «un changement de trajectoire par rapport à ce qui est attendu».En effet! le CSE admet que tout ne tourne pas rond, surtout pendant cette fameuse première année au secteur préuniversitaire.Elle attribue une partie de ces problèmes à un «malaise au regard de l’orientation des élèves».L’organisme plaide pour une plus grande indulgence à l’égard des jeunes qui se cherchent.Personne dans les collèges ne nie le droit d’un jeune incertain de son choix à changer d’orientation.D’ailleurs, le nombre d’années que mettent les jeunes à achever leurs études traduit bien ces hésitations.Comme tous ceux qui se sont penchés sur ce curieux patient qu’est le réseau collégial, le CSE revendique un meilleur encadrement.Plus, il parle de «réorganiser la première année» afin qu’elle colle davantage à la réalité des jeunes.Fort bien.Mais le resserrement réclamé par le CSE ne suffira pas.Pas plus qu’une meilleure écoute des besoins des jeunes ne saurait remplacer la nécessité pour les jeunes eux-mêmes de comprendre l’importance de la discipline personnelle et de la réussite.Ne pas tout sacrifier sur l’autel de la performance, soit mais minimiser l’importance d’effectuer ses études collégiales en bonne et due forme, jamais.Une telle conception de l’éducation desservirait le Québec tout entier, en faisant croire qu’un passage au cégep peut être réussi même sans avoir obtenu le diplôme.En ce sens, l’insistance du ministère de l'Éducation est une excellente orientation.Mais, finalement, au fil des constats et des rapports, relevant tous des manquements sérieux, le temps est peut-être venu de remettre en question l’organisation du cégep, de manière fondamentale.Le cégep n’a jamais accepté son rôle d’accompagnement, jouant beaucoup trop tôt la carte de l'autonomie des jeunes.'Fout doit être revu.A quand une commission d’enquête spécifique au réseau collégial?Qui perd gagne (range histoire que ce coup d’État mi-militaire, mi-pa-tronal, qui a mis Hugo Chavez sur la touche pendant quarante-huit heures.Président maniant ces accents populistes qui lui confèrent une forte popularité au sein des nombreux laissés-pour-compte du Venezuela, Chavez a regagné son siège mais perdu gros sur un front qui lui tenait à cœur, celui du pétrole bien évidemment Plus politiciens qu’administrateurs, les amis du régime qu’il avait nommés à la tête du géant pétrolier PDVSA en février dernier ont tous été «démissionnés» dans les heures qui ont suivi son retour.Tout, semble-t-il, part de là.De ces nominations de personnes sans expérience particulière de l’univers pétrolier.C’est ce geste qui avait convaincu les centrales syndicales ainsi que les associations patronales d’agiter la rue pour faire connaître bruyamment son désaccord.la suite, on la connaît mieux, tes militaires sont intervenus pour mieux nommer Pedro Carmona, président de l’association patronale, chef par intérim du Venezuela.Ce dernier est célèbre en son pays pour être un adversaire farouche de la présence du quatrième producteur mondial de pétrole au sein de LOFER Pour lui et bien des acteurs de l’élite économique de Caracas, en étant membre de l’OPEP la nation est prisonnière des décisions prises par cet organisme.Pour Carmona et les siens, le pays devait retrouver toute sa liberté de mouvement en sortant de l’QPEP Cette politique était l’exact contraire de celle suivie par Chavez, réputé pour être justement un des membres, si ce n’est le membre, observant avec beaucoup de discipline les quotas fixés par l’OPEP.Il va sans dire que, pour tous les membres de l’OPEP, le retour de Chavez au pouvoir se révèle un sacré soulagement S’il avait fallu que Cannona et les militaires s’accrochent au pouvoir, alors les vannes du pétrole auraient été grandes ouvertes avec une chute des prix à la clé.Cela étant la politique arrêtée par Chavez pour tout ce qui a trait à l’administration de la rente pétrolière et la place prépondérante qu’elle occupe sur l’échiquier économique s’est soldée par un désastre.Pour la seule année 2001, l’État a vu ses revenus pétroliers diminuer de 20 % sur l’année antérieure.Résultat net de cette déconfiture économique, on s’attend à ce que l’inflation atteigne 40 % cette année.A l’évidence, la saison économiquement très sombre du Venezuela n’est pas terminée.E Serge Truffaut O O O LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LA (fth/É WZ U
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